23 Sep

Fais péter les basses Bruno!, de Baru. Editions Futuropolis. 20 euros.

Un livre d’Hervé Barulea, alias Baru, ça ne se lit pas comme ça entre deux portes, dans une salle d’attente ou sur le coin d’une table le midi en grignotant. Non, un livre de Baru, ça vous emporte, ça vous kidnappe et donc ça se savoure, ça se mérite même ! Ce n’est pas pour rien si l’auteur a reçu en janvier dernier le Grand prix du festival d’Angoulême consacrant une oeuvre pas franchement conséquente mais à l’évidence riche, novatrice et engagée. Quéquette blues,  La Piscine de Micheville, Cours camarade!, Le Chemin de l’Amérique, L’Autoroute du soleil, Bonne année, l’extraordinaire diptyque intitulé L’enragé ou encore Pauvres zhéros et Noir, Baru nous parle depuis près de trente ans de la vie quotidienne et des gens qui la font, qui la vivent, avec une acuité exemplaire, un amour de l’être humain évident.

 Fais péter les basses Bruno! parle aussi de la vie quotidienne, notamment à travers un jeune Africain arrivé en France clandestinement et prêt à tout pour devenir footballeur. Mais c’est aussi, et surtout, un polar bien noir qui met en scène quelques truands aux gueules d’atmosphère et au verbe haut, façon Lautner/ Audiard. Baru ne s’en cache d’ailleurs pas, Fais péter les basses Bruno! est plus qu’un clin d’oeil à Lautner. « L’album lui rend hommage… », confie-t-il, « un hommage discret, mais j’ai ajouté à cette référence une problématique contemporaine. Je n’ai pas pu m’empêcher de parler de la clandestinité aujourd’hui et de mettre en scène un gamin qui vient en France pour trouver un travail ». Malgré la reconnaissance et le succès, Baru reste Baru. « Je suis venu à la bande dessinée pour mettre la classe ouvrière au premier plan. Au début des années 1980, cela ne se faisait pas beaucoup. Ma démarche se situait dans le prolongement d’une activité politique à laquelle j’aspirais mais que je n’ai jamais vraiment eue. J’étais trop réfractaire aux organisations de masse et j’avais beaucoup trop de mal à seulement me satisfaire de suivre la ligne! ». Au final, Fais péter les basses Bruno! est un polar contemporain qui sent bon les années 50 avec des truands qui éparpillent façon puzzle. Grandiose ! E.G.

16 Sep

Ma prof de calcul, Le petit Spirou présente… (tome 3), par Janry et Tome. Editions Dupuis. 7,50 euros.

Elle est grande, brune et très sexy, elle manie les nombres à rallonge mais porte la jupe courte, très courte. De quoi mettre notre brave Petit Spirou dans tous ses états et de lui faire découvrir une passion subite pour le calcul, matière justement enseignée par la dite personne, Mademoiselle Chiffre. Claudia de son prénom ! 

Après Monsieur Mégot, le prof de sport, et le grand-père du Petit Spirou, c’est donc le troisième personnage de la série à avoir l’immense privilège d’un album réunissant les meilleurs gags le mettant en scène. Ce nouvel opus contient également une lettre de notre personnage de BD dans laquelle il confie son amour débordant pour Mademoiselle Chiffre et une histoire inédite intitulée Mon mariage avec ma prof de calcul. Tout un programme ! E.G.

13 Sep

La Grande escroquerie, Le Casse (tome 4), de Duval, Quet et Basset. Editions Delcourt. 13,95 euros.

I hate Pink Floyd ! Ce n’est pas moi qui le dit mais un des personnages de l’album, un message clair et précis inscrit en grosses lettres noires sur un tee-shirt blanc. Forcément, ça vous rappelle quelque chose ! Nous sommes en 1977 quelque part dans la banlieue de Londres. Et ici plus qu’ailleurs, les temps ne sont plus au rock progressif ou autres pop gentillettes. Non, les punks ont pris le pouvoir, au moins sur scène, et leurs dieux s’appellent The Clash, The Damned, et, bien entendu les Sex Pistols, véritables emblèmes du mouvement naissant. Droits dans leurs Creepers et la crête impeccable, les punks déferlent alors sur la capitale britannique avec la ferme intention de faire trembler les petits bourgeois pétris de bonnes manières et pourquoi pas de faire vaciller le pouvoir en place, à commencer par la sacro-sainte reine qui se prépare à célébrer son jubilé d’argent. Les Sex Pistols, interdits d’antenne et de concerts, ont décidé eux-aussi de fêter l’événement en donnant un concert à bord d’un bateau sur la tamise. La police est sur les dents ! Et pendant ce temps là, l’une des plus grosses cargaisons d’héroïne, 367 kilos purs à 97%, est sur le point d’être revendue quelques part dans le port de Londres…

On ne présente plus les Rouennais Fred Duval et Christophe Quet. Tous deux sont aux commandes de la série Travis depuis maintenant 13 ans, le premier comme scénariste, le second comme dessinateur. Avec cet album paru dans la collection Le Casse, dirigée par David Chauvel, le tandem de choc change radicalement de genre et de style, délaissant - provisoirement bien-sûr - la SF pour le polar avec une fiction plongée dans un bain de réalité pure et dure : l’Angleterre de l’année 1977. « La période punk se prête bien au polar… », explique Fred Duval, « car c’est une époque de rupture sociale. Au-delà de l’intrigue, le roman noir a toujours cherché à décrire la société, alors que la science-fiction permet de mettre en scène nos rêves, nos utopies, nos angoisses. J’ai situé le récit en 1977 car le mouvement punk m’a concerné de près et a nourri mon analyse politique… ». Et La Grande escroquerie, bien que truffée de clins d’oeil et de références à toute cette époque, n’est à aucun moment caricatural. « Nous avons surtout voulu aller au-delà de l’image caricaturale véhiculée par les médias. Les punks étaient d’authentiques intellos venus des facs d’arts plastiques et proches du mouvement situationniste. le punk n’était rien d’autre qu’une radicalisation de certaines idées de Mai 68. C’était une rupture musicale et politique mais beaucoup plus radicale car la société anglaise était devenue bien plus violente…. ». Côté graphisme, Christophe Quet négocie un virage avec un trait beaucoup plus nerveux, moins léché, un peu punk quelque part. « Les punks jouaient fort et parfois un peu faux… », constate Christophe, « mais avec une énergie et une rapidité que j’ai voulu retrouver en dessinant cet album ». Un récit à découvrir au son du seul et unique disque des Sex Pistols, Never mind the bollocks.  E.G.

Demi-tour 2.0, de Boilet, Peeters et Guibert. Editions Dupuis. 13,50 euros.

Demi-tour 2.0 n’est pas la dernière console de jeux vidéos à la mode, ni l’ultime concept de quelques parfumeurs en manque d’inspiration. Non, Demi-tour 2.0 est la réédition d’un petit chef d’oeuvre de la bande dessinée, un petit chef d’oeuvre signé Frédéric Boilet et Benoît Peeters, initialement paru en 1997 sous le titre Demi-tour. Alors pourquoi ajouter 2.0 au titre préexistant ? Parce que l’album est paru une première fois en France, une seconde au Japon et une troisième à nouveau en France, offrant à chaque fois une version complétée, améliorée, enrichie… Bon, je vous l’accorde, partant de ce principe, il aurait été peut-être plus judicieux d’appeler ce nouvel album Demi-tour 3.0 ou Demi-tour 1.3… 

Qu’importe, l’essentiel est de pouvoir redécouvrir – ou découvrir – ce récit de l’intime qui s’arrête sur les petites choses de la vie, le quotidien, les détails qui ne se remarquent pas forcément, avec en toile de fond, tout de même, l’élection présidentielle de 1995. « Nous nous intéressons à l’éphémère, aux signes invisibles… », souligne Benoît Peeters dans une interview accompagnant cette nouvelle édition. « Nous avions mis au point cette méthode peu à peu, avec les repérages et la façon de filtrer le quotidien dans Love Hotel et Tôkyô est mon jardin. Avec Demi-tour, nous avons voulu porter ce regard sur quelque chose de beaucoup plus près de nous que le Japon, loin de tout exotisme. Nous voulions non seulement montrer la France, mais le quotidien de l’année en cours, dans des lieux banals. Bien sûr, Demi-tour ce n’est pas du Depardon, mais il y a quelque chose, dans son regard de photographe dont nous avons pu nous inspirer…« . L’histoire ? Celle de deux personnages, d’un côté une jeune femme de 19 ans qui ne parvient pas à avoir de rapports sexuels avec son petit ami, de l’autre un homme proche de la quarantaine, lassé de ses nombreuses liaisons. Ils se rencontrent dans la gare de Dijon, lieu impersonnel par excellence, et partagent un moment de leur vie avant de négocier un virage, peut-être un demi-tour… Un récit intemporel et universel ! E.G.

12 Sep

Dernière station avant l’autoroute, de Hugues Pagan, Didier Daeninckx, Mako. Editions Casterman. 17 euros.

Une jeune black tuée d’une balle dans la tête dans son appartement, des corps retrouvés calcinés dans un squatte, des dizaines de morts dans un accident ferroviaire, des flics corrompus qui font leurs petites affaires… Aucun doute, le personnage central de ce récit, officier de police judiciaire, chef du groupe nuit, en a vu de toutes les couleurs pendant sa longue carrière… Alors aujourd’hui, l’homme s’avoue franchement lassé, usé, écoeuré. Plus rien à foutre de rien, du boulot, de la vie, des nanas. Il vient d’ailleurs de mettre un terme ce matin-là  à une relation sans avenir. Il n’y pense déjà plus ! Et lorsqu’il tombe sur le cadavre d’un sénateur retrouvé dans une chambre d’hôtel, l’affaire ne lui fait ni chaud, ni froid. C’est un cadavre de plus. Même si ce sénateur était impliqué dans plusieurs enquêtes parlementaires et détenteur d’informations pour le moins sensibles… De toute façon, bientôt, il sera muté dans un commissariat de jour. Sa place est courtisée. Plus rien à faire…

Publié dans la collection Rivages/Casterman/Noir, l’album Dernière station avant l’autoroute est un polar adapté du roman éponyme d’Hugues Pagan, un ancien flic qui signe aussi des scénarios pour la télévision et le cinéma (Police District, Diamant 13…). Inutile de préciser qu’il connaît le milieu comme personne et que ses histoires sentent le vécu. C’est une autre grande signature du polar, un auteur particulièrement prolifique, Didier Daeninckx, qui a signé l’adaptation en bande dessinée. Enfin, c’est Mako qui assure la mise en images, une mise en images sombre qui nous plonge corps et âme dans le récit. Un Noir lumineux aux dialogues percutants et aux personnages à forts caractères ! E.G.

09 Sep

La Narration, Les Clés de la bande dessinée (tome 2), de Will Eisner. Editions Delcourt. 17,50 euros.

Qu’est-ce qu’une histoire ? Comment raconter une histoire ? Et quelle sorte d’histoire pour quel lecteur ? Autant de questions auxquelles ce livre apporte des réponses. De très bonnes réponses ! Il faut dire que son auteur n’est autre que l’Américain Will Eisner, grand parmi les grands, génie du trait et de la narration, du cadrage et de l’encrage, créateur de la série mythique The Spirit, en 1940, et du premier roman graphique Un pacte avec Dieu, en 1978. De sa longue, très longue carrière, plus de 60 ans au total, Will Eisner tirera pour les amateurs du genre une bible théorique qui sera publié en deux volumes chez Vertige Graphic avant de trouver une nouvelle jeunesse chez Delcourt, avec cette édition corrigée et augmentée, en trois volumes cette fois. Après L’art séquentiel, c’est donc la narration qui est ici décortiquée permettant à chacun, fin connaisseur ou simple amateur, de découvrir les secrets du Neuvième art et dans le même temps de pénétrer au coeur du travail de création de Will Eisner. Le prochain volet portera sur les personnages et paraîtra en mars 2011. Essentiel ! E.G.

05 Sep

Alerte aux Zorkons, Les Aventures de Spirou et Fantasio (tome 51), de Yoann et Vehlmann. Editions Dupuis. 9,95 euros.

Des catastrophes, le village de Champignac en a connu un certain nombre. Un nombre certain même ! Et toutes étaient dues aux expérimentations un peu folledingues du comte et néanmoins savant Pacôme de Champignac. Alors bien sûr, cette fois, le responsable est tout trouvé. Et pour beaucoup, cette fois est celle de trop ! Tout le village a été littéralement grignoté par une jungle luxuriante, grouillant d’animaux pour le moins inconnus et monstrueux, gluants et hargneux… Appelés à la rescousse par le comte, Spirou et Fantasio débarquent à Champignac. Mais des militaires ceinturent la région, interdisant tout passage dans la zone. Qu’importe, nos deux amis sont prêts à tout pour découvrir ce qui s’est vraiment passé… et ils ne vont pas être déçus !

Après avoir permis à Munuera et Morvan de réaliser quatre de leurs aventures entre 2004 et 2008, les éditions Dupuis remettent aujourd’hui la destinée des célèbres Spirou et Fantasio entre les mains de Yoann et Vehlmann. Ces deux auteurs sont déjà bien connus dans le milieu de la bande dessinée, le Nantais Yoann étant notamment le papa de Toto l’Ornithorynque (éd. Delcourt) et Vehlmann ayant multiplié depuis quelques années les collaborations avec des dessinateurs aux styles aussi variés que Matthieu Bonhomme (Le Marquis d’Anaon, éd. Dargaud), Frantz Duchazeau (Les Cinq conteurs de Bagdad, éd. Dargaud) ou encore Bruno Gazzotti (Seuls, éd. Dupuis). Mais surtout, les deux hommes sont connus pour avoir déjà visité l’univers de Spirou en réalisant Les Géants pétrifiés, un album paru en 2006 dans la fameuse collection Le Spirou de… Dynamique, drôle, ce cinquante-et-unième épisode de l’une des séries les plus mythiques de la bande dessinée franco-belge nous permet de retrouver un Spirou en habit de groom et un Zorglub plus fourbe que la légende. Un très bon cru ! EGuillaud

04 Sep

Les Années douces (tome 1), de Taniguchi et Kawakami. Editions Casterman. 15 euros.

« Je ne dis pas Monsieur le professeur. Je l’appelle le maître. Sans majuscule, le maître, simplement ». Ainsi commence ce récit adapté du roman d’Hiromi Kawakami par l’une des plus grandes signatures de la bande dessinée japonaise, Jirô Taniguchi. Et ces quelques mots, attribués à l’héroïne, Tsukiko, donnent la couleur de l’album. Comme le titre d’ailleurs, Les Années douces. Sur près de 200 pages, l’auteur du Gourmet solitaire, d’Un Zoo en hiver ou encore de Quartier lointain (Alph’Art du meilleur scénario 2003)  nous plonge effectivement dans un univers de douceur, de délicatesse, de bonheur ! L’histoire ? Simple comme une rencontre. Une rencontre entre une jeune femme célibataire de 37 ans, Tsukiko, et un homme de 30 ans son aîné, Harutsuna Masumoto. Autrefois, Harutsuna fût son professeur de japonais. Aujourd’hui, c’est un vieil homme veuf et solitaire. C’est au café qu’ils se sont rencontrés. Ils s’y retrouvent régulièrement au hasard de leur emploi du temps. Entre les deux, doucement, tranquillement, s’établit une relation amicale, complice, et bientôt, Tsukiko et Harutsuna provoquent les rencontres, les sorties, les promenades…  Comme tous les livres de Jirô Taniguchi, Les Années douces ne se consomme pas, il se déguste, se savoure, planche après planche, vignette après vignette, en prenant son temps, en flânant, en s’arrêtant sur un dessin, sur un mot, sur un silence. Une belle histoire d’amour et un récit intimiste comme seul Jirô Taniguchi sait les écrire ! E.G.

Largo Winch (diptyque 5/8 et 6/8), de Francq et Van Hamme. Editions Dupuis. 22 euros.

Voir Venise… et mourir. Largo Winch, le héros de papier le plus riche et parmi les plus célèbres de la planète BD, vient illuminer cette rentrée 2010 avec deux histoires rééditées dans la fameuse collection Gold à tirage limité. Lancée début 2010 pour fêter le vingtième anniversaire de la série, cette somptueuse édition comptera à terme huit volumes qui pourront être rangés dans une mallette, tels de précieux lingots d’or. Il faut dire que Largo Winch, avec ses romans, ses récits en bande dessinée, ses adaptations pour la télévision ou le cinéma, vaut de l’or pour l’éditeur et pour ses créateurs, Francq et Van Hamme. C’est en tout cas une des plus belles réussites contemporaines alliant de façon très subtile action, aventure, glamour et intrigues politico-financières !

A peine le temps d’écrire cette chronique que le sixième volet de cette luxueuse édition est arrivé chez nos libraires préférés avec au sommaire deux nouvelles histoires, Golden gate et Shadow, et un plongeon dans le milieu du showbiz avec un Simon en vedette de feuilleton et un Largo en prise directe avec des escrocs sans scrupules ! E.G.

24 Août

Page noire, de Frank Giroud, Denis Lapière et Ralph Meyer. Editions Futuropolis. 17 euros.

Carson McNeal ! Dans le petit monde de la littérature new-yorkaise, on ne jure plus que par lui. Des livres qui se vendent comme des petits pains et une plume comme on n’en a plus vu depuis Steinbeck. C’est peu dire ! Bref un écrivain de génie comme le suggère Kerry Stevens, critique littéraire au grand magazine Tales & Writers. Un écrivain de génie mais totalement inconnu. McNeal n’est jamais paru en public, ne s’est jamais déplacé pour recevoir ses nombreux prix et n’a jamais été interviewé par qui que ce soit. De quoi alimenter tous les fantasmes et éveiller la curiosité naturelle de Kerry. Celle-ci va donc monter un stratagème pour récupérer l’adresse de Carson McNeal et provoquer leur rencontre. En plein travail d’écriture pour son prochain roman, McNeal accepte de lui ouvrir sa porte… et son coeur. En apparence du moins car McNeal va utiliser cette rencontre pour son héroïne du moment, Afia, une jeune Palestinienne qui a vu toute sa famille se faire massacrer par les Phalangistes au Liban…

Trois grands noms de la bande dessinée et à l’arrivée un album tout à fait remarquable, tant par son écriture que par sa mise en images. Et son histoire ? Franchement singulière et captivante avec ces deux récits racontés en alternance et ces trois personnages principaux très attachants et à forte épaisseur humaine, l’ambitieuse Kerry, le très secret Carson et la paumée Afia . « Page noire raconte l’histoire de deux femmes et d’un homme », explique Denis Lapière. « Le récit met en scène deux enquêtes qui, à un moment donné, vont se télescoper. Avec Frank, nous avons écrit chacun notre partition, lui les scènes avec Kerry, moi celles concernant Afia, soit les deux tiers du livre. Puis, ensemble, nous avons écrit le dernier tiers ». Un travail à deux mains très important selon Frank Giroud pour qui « l’écriture est au centre du récit à travers une réflexion sur la relation entre fiction et réalité. C’est un thème qui m’est cher et autour duquel je tourne depuis plusieurs années, notamment dans Le Décalogue ». Ajoutez à cela le traitement graphique de Ralph Mayer, imposant deux styles différents pour chaque récit, styles fusionnant lorsque les deux femmes, la critique littéraire et l’héroïne du roman, se rencontrent, et vous obtiendrez l’une des très belles surprises de la rentrée. Absolument incontournable ! E.G.

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