27 Jan

Retour sur la réédition de l’une des premières adaptations (réussies) du prince albinos d’heroic fantasy, Elric

On a beaucoup parlé en Mai dernier de la sortie du quatrième et dernier volume de l’adaptation BD consacrée à la saga tragique du héros d’heroic fantasy phare de l’auteur anglais Michael Moorcock, Elric. Une véritable réussite, pilotée par deux scénaristes français et qui s’achevait en beauté avec l’adaptation de La Cité Qui Rêve, tout premier texte consacré au prince maudit Elric et publié à la base en 1961. Sauf que ce n’était pas la première adaptation. Et aujourd’hui, cette première tentative (re)fait opportunément surface.

Si l’on met de côté celle réalisée par Druillet en 1971 (non autorisée, elle n’a jamais été republiée) cette vraie-fausse ‘première’ adaptation a donc été publiée à l’origine en 1982. Elle est alors pilotée par Roy Thomas, véritable ‘star’ du monde des comics grâce aux deux décennies qu’il avait alors passé au sein de MARVEL en tant que responsable éditorial et scénariste. Parmi ses nombreux succès, on lui doit, notamment, Conan Le Barbare et au détour d’un épisode de 1977 resté célèbre parmi les fans, il s’était d’ailleurs amusé à imaginer le Cimmérien rencontrant, justement, un Elric coincé entre deux dimensions.

Elric reste un anti-héros à part, le dernier représentant d’une longue lignée de prince de Menilboné, peuple cruel et craint  jadis dominateur mais désormais en pleine décadence. Elric lui-même est un albinos à la santé fragile, l’obligeant à avoir recours à la magie et à des potions pour tenir son rang. Â la fois exalté et cynique, il est amoureux de sa cousine dont le frère Yrkoon rêve de lui subtiliser le trône. Jouet des dieux mais surtout d’Arioch, souverain du chaos, il voit sa destinée liée à Stormbringer, une épée magique consciente qui se nourrit de l’âme des êtres dont elle prend la vie. Ensemble, les deux vont provoquer la chute du royaume de Melniboné et la mort de la bien-aimée d’Elric, les condamnant à un exil éternel.

© Delcourt / Roy Thomas & P. Craig Russell

On l’a oublié mais c’est à partir des années 80 que ce héros maudit a enfin été consacré par la pop culture, notamment grâce à la scène rock (Hawkwind) ou heavy-metal (Cirith Ungol, Magnum) en enfin par la tribu jeu de rôle. Or le mouvement a été bien accompagné par la publication par MARVEL de cette première adaptation dont le premier volume fut discrètement traduit deux ans plus tard en France avant de disparaître des écrans radars depuis.

Alors avant d’apprécier l’objet, deux postulats s’imposent : primo, le tout s’adresse avant tout aux connaisseurs de la saga. Pas d’introduction des personnages, pas de retour en arrière, pas de mise en contexte ici, non on entre de plein pied dans l’aventure, à prendre ou à laisser. Et secundo, même si les noms de Thomas et de Moorcock sont tout en haut de l’affiche, la vraie star ici se nomme P. Craig Russell.

© Delcourt / Roy Thomas & P. Craig Russell

Dire que ce dessinateur américain, hélas peu connu en France, a un style flamboyant est un doux euphémisme. Ultra-coloré, presque psychédélique par moments et en même temps ouvertement influencé par certains grands peintres comme Klimt, le contraste avec le côté très cyberpunk et ultra-noir de la dernière version en date de ce récit tragique saute aux yeux, littéralement. Même constat en terme de ligne éditoriale : même si les deux versions sont très fidèles à l’œuvre originale, alors que celle réalisée par les Français ont fait d’Elric un être torturé en même temps très cruel et violent, quasi-cyberpunk sur le plan visuel, il devient ici une sorte d’héros wagnérien, balloté sur les eaux du destin et impuissant à changer le cours des choses.

Si sa brièveté (65 pages) et ce choix d’un format intermédiaire ne permettent forcément de profiter pleinement de l’expérience, on croise juste les doigts que DELCOURT sorte par la suite les quatre autres volumes, également sortis dans les années 80. Et ce malgré le relatif demi-succès en France des trois tomes préalablement sortis et consacrés à CORUM, une autre création d’heroic fantasy signée Michael Moorcock…

Olivier Badin

Elric – La Cité Qui Rêve de Roy Thomas et P. Craig Russell. Delcourt. 13,50 euros.

11 Jan

Esad Ribic ou comment sublimer le tragique chez les super-héros

Esad Ribic ne rentre dans aucun moule. Ce croate, qui fêtera cette année ses cinquante ans, détonne aussi bien par son style très sculptural que par son parti-pris graphique à la fois majestueux et froid. Et comme il se fait très rare ces dernières années, préférant se consacrant à la réalisation de couvertures, chacune de ses sorties est un mini-événement en soit. Ça tombe bien, il y en deux ce mois-ci !

Aussi talentueux qu’il soit par contre, cela ne l’empêche de se ‘rater’ parfois… Comme avec cette nouvelle adaptation de la série Les Éternels, à l’occasion de la sortie de l’adaptation cinématographique sortie un peu en catimini en France en Novembre dernier. Il faut dire que sur le vieux continent, la série est loin d’avoir l’aura qu’elle a aux Etats-Unis.

 l’origine, Les Éternels est une création du ‘king of comics’ Jack Kirby, la superstar absolue de la maison MARVEL. Kirby était intouchable dans les 60’s (Quatre Fantastiques, Thor, Captain Americaetc.) mais après s’être fâché avec MARVEL, il avait filé à la concurrence avant de revenir finalement quelques années au bercail. Publié en 1976, Les Eternels est peut-être sa dernière grande œuvre. On y découvre une race d’être immortels (ces fameux éternels donc) crées par des extra-terrestres il y a un million d’années dans le but alors avoué de faire évoluer ensuite l’espèce humaine. Mais leur conflit avec les plus génétiquement instables déviants, leurs cousins en quelque sorte, les obligent à se cacher pendant des siècles, jusqu’à ce qu’ils soient redécouverts par hasard.

Pour faire simple, jamais avant ou après Kirby (qui signait ici aussi le scénario) n’a été aussi mystique, jonglant avec des concepts assez complexes tournant autour de l’immortalité, de l’ordre du cosmos et ce genre de choses assez fumeuses. On ne comprenait pas tout mais c’était beau, très beau car rarement le King n’avait été aussi emphatique.

© J.M. Straczynski et Esad Ribic

Et bien avec cette nouvelle mini-série de cinq épisodes tous réunis pour cette version française, c’est un peu la même chose. Le scénariste Kieron Gillen a beau essayer à la fois de réinventer la mythologie tout en y restant fidèle, les longues plages de dialogues assez abscons – avec d’incessantes références antérieures au récit que seuls les initiés comprendront – risquent de décourager même les plus braves. Même le d’habitude très expansif Ribic semble un peu étriqué dans cet univers bavard malgré les couleurs très chatoyantes et où les quelques scènes d’actions ou l’intervention du super-méchant Thanos ne semblent avoir été rajoutés que pour tenter de raviver l’intérêt général.

Non, en fait, si on veut vraiment prendre la pleine mesure du croate, il faut se jeter sur Silver Surfer : Requiem, édité qui plus est en version grand format. Il fallait au moins ça pour s’en prendre plein les mirettes et ainsi assister à la mort de l’un des personnages les plus christiques si l’on peut dire de MARVEL et ancien héraut de Galactus le mangeur de planète.

© Kieron Gillen et Esad Ribic

C’est simple, avec Loki et Thor : Le Massacreur de Dieu, ceci est sûrement LE chef d’œuvre de Ribic, un chant du cygne (littéralement) aux accents tragiques presque shakespeariens et d’une force émotionnelle intense. Presque un comble, tant la critique récurrente qu’on entend à propos du croate est justement le côté parfois trop figé et donc peut-être un désincarné de ses dessins.  Sauf qu’ici, tout a été fait pour magnifier son style majestueux. Il faut dire que le scénario est (volontairement) des plus minimaliste : atteint d’une sorte de cancer et se sachant condamné, le surfeur d’argent décide ici en quelque sorte de solder les comptes et d’aller revoir son monde natal une dernière fois avant de mourir.

© Kieron Gillen et Esad Ribic

Ce n’est pas pour rien que le quatrième de couv’ parle d’une édition « qui met en valeur les (…) peintures de l’artiste ». Parce qu’on parle bien ici de véritables peintures, où cet être impassible au corps intégralement chromé et lancé à travers l’espace sur sa planche cosmique devient des plus émouvants alors qu’il apprend petit-à-petit à accepter son destin. Impossible d’ailleurs de ne pas penser au mythique La Mort De Captain Marvel sorti en 1982 et où le scénariste Jim Starlin avait réalisé un récit introspectif aussi tragique qu’émouvant et où le héros mourait, déjà, d’un cancer.

Pas de bastons épiques, pas de convulsions scénaristiques et encore moins de coups de théâtre. Juste un dessinateur au sommet de son art et un personnage stoïque face à son destin. Chef d’œuvre !

Olivier Badin

Le Éternels : Seule La Mort Est Éternelle de Kieron Gillen et Esad Ribic. 20,99€.

Silver Surfer : Requiem de J.M. Straczynski et Esad Ribic. 28€.

16 Déc

L’heure du dragon, la dernière et très épique addition à la série d’adaptations en BD des aventures de Conan le barbare par le scénariste d’Elric

Du drame, de l’action digne d’un blockbuster américain, un méchant XXL, un ton plus sombre que jamais… L’heure du dragon est l’une de aventures les plus grandioses du cimmérien et Glénat, qui s’est lancé dans l’adaptation de l’œuvre de Robert E. Howard depuis 2018, ne pouvait pas passer à côté. Et c’est réussi !

Le plus intéressant dans cette série d’adaptations est la diversité qu’elle offre. En plus de livres tous indépendants les uns les autres (aucune obligation d’acheter toute la série pour tout comprendre), chaque nouvelle entrée est confiée à un nouveau couple de scénariste/dessinateur qui apportent donc à chaque fois ‘leur’ patte aux aventures du cimmérien. Un choix éditorial plutôt intelligent car malgré la myriade d’adaptations préexistantes, cela permet de varier les ambiances et ainsi de passer par exemple en terme de style graphique d’un Conan parfois limite manga (Les Clous Rouges) à un autre, plus rêveur (La fille du géant du gel). La greffe ne marche pas toujours mais elle a le mérite de permettre à chacun d’imprimer leur marque et surtout de montrer que plus de quatre-vingt-dix ans après sa première apparition, il y a encore quelque chose à dire sur le barbare le plus réputé de la fantasy.

© Glénat / Blondel, Sécher, d’après Robert E. Howard

L’Heure du dragon est son seul roman que Howard a consacré à son héros, tous les autres textes, nombreux, étant des nouvelles paru entre 1935 et 1936. Il est à la base paru sous forme d’un feuilleton dans la célèbre revue Weird Tales qui a aussi révélé HP Lovecraft. Pour les fans, c’est aussi celui qui introduit l’un des ‘méchants’ les plus terrifiants du bestiaire Conan si l’on peut dire, un nécromancien maléfique du nom de Xaltotun, ressuscité 3,000 ans après sa mort par des hommes louchant sur le trône d’Aquilonie, trône occupé presque accident par un Conan devenu donc roi presque malgré lui.

© Glénat / Blondel, Sécher, d’après Robert E. Howard

Comme il est très bien expliqué dans le texte inclus en bonus, L’heure du dragon est une quête, Conan partant à la recherche du cœur d’Ahriman, source du pouvoir de Xaltotun qu’il doit donc détruire pour vaincre son adversaire. Une sorte de quête du Graal donc mais en beaucoup plus sombre mais toute aussi mystique. L’énorme avantage avec Howard est que les aventures qu’il a créées se passent toutes à des époques différentes de la vie de son héros et la version présentée ici est inédite : plus âgé, barbu et ployant presque sous le poids de ses responsabilités en tant que souverain, il n’est plus ici le jeune barbare parti à la conquête du monde et dénué d’attaches. Quant au récit lui-même, son envergure, ses thèmes (la potentielle destruction de toute vie par le Mal incarné, un peuple mise en esclavage etc.) et sa violence exigeaient de solides auteurs à la barre.

D’où le choix très judicieux de faire appel au scénario à Julien Blondel qui a prouvé avec sa brillante adaptation de la sage d’Elric (cousin pas si éloigné que ça de Conan) chez le même éditeur en quatre tomes qu’il était l’homme de la situation. Surtout lorsqu’il est allié comme ici au style très détaillé de Valentin Sécher (La caste des Méta-Barons) qui donne à l’ensemble un côté très adulte. Bref, un cru de très haut niveau pour une série qui ne cesse de se bonifier avec le temps !

Olivier Badin

Conan le cimmérien : l’heure du dragon de Julien Blondel et Valentin Sécher, d’après Robert E. Howard. Glénat. 12,50 euros.

© Glénat / Blondel, Sécher, d’après Robert E. Howard

15 Déc

Tarzan ou l’aventure avec un grand A, pleine de pulp !

Tarzan fait partie de héros emblématiques que tout le monde connaît… Sans vraiment le connaître. Le pagne, Cheeta, la jungle, Jane tout ça, ok. Mais qui se souvient vraiment du roi de la jungle tel qu’il avait été inventé et défini par l’auteur anglais Edgar Rice Burroughs en 1912 ? Le scénariste Christophe Bec fait sûrement partie de ses happy few et cela se sent dans cette nouvelle adaptation porté par un souffle épique.

Extrait de la couverture © Soleil / Christophe Bec, Rob de la Torre & Stefan Raffaele

Ce nouveau récit, après un premier tome en Mars dernier racontant la genèse du héros, est l’adaptation en BD de Tarzan au centre de la Terre, roman paru initialement en 1930. La particularité du texte original ? C’est l’un des premiers crossover du genre, Burroughs y mélangeant son héros le plus connu (Tarzan) et l’une de ses autres séries, Pellucidar.

Le thème central de la saga Pellucidar est assez simple : la Terre est creuse et qu’en son sein vit toute une faune et des hommes ‘figés’ en quelque sorte à l’époque préhistorique. Bien que parti initialement à la recherche d’une mythique cité d’or, Tarzan décide d’aller au pôle Nord pour y découvrir l’entrée censée y être cachée de ce monde perdu pour sauver son ami explorateur, parti plusieurs mois à sa découverte et disparu depuis.

© Soleil / Christophe Bec, Rob de la Torre & Stefan Raffaele

Paris à la Belle Epoque, un duel au petit matin, un dirigeable, une cité mystérieuse remplie de goules, des dinosaures monstrueux… On navigue ici en plein univers pulp – du nom de ces magazines bon marché vendus entre les deux guerres plein de récits de récits d’aventures et de fantasy – et c’est assumé, comme si Indiana Jones rencontrait Jurassic Park et un univers sorti de l’imagination de Jules Vernes. Mais le choix des dessinateurs se révèle assez judicieux. Rob de la Torre, pour la première partie et Stefano Raffaele, pour la seconde, ont tous les deux un style très réaliste mais aussi assez sombre, où le roi de la jungle devient une espèce de barbare à la Conan à la musculature idoine et surtout à l’attitude de prédateur limite inquiétante. Cette version de Tarzan a donc beau s’exprimer comme un lord et conserver un pragmatisme très viril, à aucun moment il ne cherche à cacher ou adoucir son animalité, bien au contraire. Une approche qui confère au récit une authenticité et une tension bienvenues.

Même si on préfère le trait plus fin et adulte de la Torre à celui, moins sombre te précis de Raffaele, cette nouvelle adaptation est en tous cas une belle réussite, doublée d’un hommage à une forme de récit d’aventures un peu rétro mais racé et complètement dépaysant.

Olivier Badin

Tarzan au centre de la Terre de Christophe Bec, Rob de la Torre & Stefan Raffaele. Soleil. 16,95 euros.

© Soleil / Christophe Bec, Rob de la Torre & Stefan Raffaele

02 Déc

Parce que la folie des hommes donnera toujours naissance à plus de monstres…

Les monstres du titre, ce sont eux, nous, tout le monde. Fresque monumentale de 364 pages sur la folie des hommes, Monstres ne signe pas que le grand retour du trop souvent négligé Barry Windsor-Smith, c’est aussi l’un des romans graphiques les plus puissants de l’année 2021.

Extrait de la couverture © Delcourt / Barry Windsor-Smith

Barry Windsor-Smith est une exception, un électron libre dont ce volumineux roman graphique apparaît presque comme l’œuvre testamentaire. C’était surtout jusqu’à peu un auteur quasiment porté disparu qui, ici, réussit un brillant comeback à l’âge de soixante-douze ans.

Pour les fans de comics, cet anglais restera avant tout cet orfèvre au style presque préraphaélite et raffiné, tranchant fortement avec le reste de la production Marvel lorsqu’il fut choisi par le scénariste Roy Thomas pour illustrer la toute première série Conan en 1971. Même s’il n’en dessinera que les vingt-quatre premiers épisodes, citant le rythme « trop frénétique » de parution pour expliquer sa lassitude, il marquera de sa patte délicate la série, laissant le tôt baigner dans une atmosphère mystérieuse et envoûtante. Hélas, il disparaît par la suite progressivement des écrans radars, ne cachant pas sa désillusion face au marché « dévorant » des comics, ne laissant pas assez de place à l’artistique selon lui.

© Delcourt / Barry Windsor-Smith

Monstres est d’ailleurs né d’une désillusion, un script a priori écrit d’abord pour la série HULK où il voulait explorer les potentiels traumas d’enfance de Bruce Banner qui auraient pu expliquer, en partie, sa transformation en géant vert fou furieux. Le refus de Marvel l’a forcé à réécrire progressivement l’histoire sur une période de plus quinze ans pour aboutir à un impressionnant volume qui ne cesse de surprendre le lecteur tout en dressant petit-à-petit un portrait d’une noirceur absolue de l’âme humaine, sentiment renforcé par le noir et blanc ultra-classieux et marqué de forts contrastes choisis par l’auteur.  

Le titre et la toute première partie de l’histoire semblent pourtant d’abord presque mensongers. L’histoire commence lorsqu’on découvre et suit Bobby Bailey, jeune orphelin visiblement perdu et borgne qui se porte volontaire pour un programme top-secret de l’armée visant à créer un ‘super soldat’ du nom de Prométhée. Un point de départ ultra-classique rappelant forcément nombre de ‘naissances’ de super-héros célèbres : l’un des personnages n’est-il pas fier de montrer à son fils sa collection de comics des années 60 dessinée par Jack Kirby ? Captain America n’est-il pas né le jour où le maigrichon mais patriote Steve Rodgers a accepté de boire un sérum expérimental visant le même but ? 

© Delcourt / Barry Windsor-Smith

Sauf que le parallèle s’arrête là : alors que l’expérimentation tourne mal, on découvre que le scientifique qui en est à l’origine est en fait un ancien nazi réfugié aux USA. Pendant ce temps-là, l’officier recruteur qui a signalé le futur cobaye aux services secrets commence à avoir des remords, sentiment renforcé par ses visions de médium, don qu’il a légué à sa petite fille. Et lorsqu’il réussit finalement à faire évader Bailey, celui-ci est devenu un monstre grotesque de 4 mètres de haut, sorte de Frankenstein des temps modernes à la laideur absolue. Â partir de cette évasion, Windsor-Smith remonte ensuite le temps pour revenir au trauma originel de Bailey, celui qui lui a fait perdre son œil alors qu’il n’était qu’un enfant mais qui était, déjà, lié au projet Prométhée.

© Delcourt / Barry Windsor-Smith

Malgré ses fréquents aller-retours entre plusieurs époques et ses longs dialogues, il fait preuve ici d’un vraie sens de la narration et surtout d’une attention peu commune aux détails, jusqu’à peaufiner les tapisseries au mur ou la collection de tubes à essai au troisième plan dans le laboratoire. Au-delà de cette façon de raconter très cinématographique, l’auteur fait surtout en sorte que dessins et scénario exaltent tout à tour subtilement ce qu’il y a de plus beau mais aussi de plus laid chez l’être humain. Monstres est aussi une dénonciation désespérée mais brillante de la façon dont de pauvres hères sont manipulés par le pouvoir en place pour asseoir leur soif de conquête, où comment il y a toujours des monstres pour donner naissance à d’autres monstres. Puissante, désespérée mais graphiquement et dramatiquement intense, voici sûrement l’une des plus belles BD de l’année 2021.

Olivier Badin

Monstres de Barry Windsor-Smith. Delcourt. 34,95 euros

22 Nov

L’intégrale des réalisations de Richard Corben pour Creepy et Eerie : l’œuvre ultime du maître de l’horreur gothique ?

Initialement publiés en France en 2013 et 2014 via deux volumes, tous les contes macabres réalisés par le regretté Richard Corben pour deux des meilleurs magazines de BD d’horreur outre-Atlantique dans les années 70 sont aujourd’hui réunis dans une édition de toute beauté.

Entre les années 50 et la fin des années 70, le marché américain est inondé de magazines plus ou moins éphémères entièrement consacrés à l’horreur et au macabre, à base de petites histoires de six ou huit pages à la conclusion souvent funeste et en général assez cruelles. The Haunt Of Fear, Tales From The Crypt, Nightmare, Horror Tales et autres Psycho abordaient souvent sous des couvertures plus ou moins osées selon l’époque (plus on se rapproche des 70’s et plus les femmes y exhibaient des tenues légères !) des thèmes flirtant avec délice avec l’interdit et la morale. Or si parmi elles, les publications Eerie et Creepy restent toutes les deux encore aujourd’hui des références dans le genre, c’est avant tout parce qu’elle ont eu le pif pour débaucher de vrais artistes. Et aux côtés de Frank Frazetta, responsable de nombreuses couvertures aujourd’hui iconiques, leur plus belle trouvaille se nommait Richard Corben.

© Delirium / Corben

Ce n’est pas la première fois que nous parlons dans ce blog du grand prix d’Angoulême 2018, qui nous a hélas quitté l’année dernière, ni du travail effectué depuis 2013 en France par DELIRIUM pour réhabiliter cet auteur trop souvent ignoré et aux œuvres semées jusqu’à lors aux quatre vents. Mais au milieu de leurs nombreuses collaborations, celle-ci est peut-être l’une des plus belles et les plus imposantes.

© Delirium / Corben

Alors qu’elles avaient été initialement réparties en deux volumes, les quarante et quelques histoires que Richard Corben a réalisé pour le compte des éditions Warren (éditeur de Creepy et Eerie) entre 1970 et 1978 ont toutes été ici réunies dans un seul et même volume costaud de près de 400 pages, relié avec bords cartonné et écrin luxueux. On peut presque parler ici d’édition ultime ici car au-delà de son côté exhaustif, impressionnant, l’éditeur français s’est démené pour ne numériser que des planches originales, soit fournies par Corben lui-même, soit par des collectionneurs d’à travers le monde. DELIRIUM a même fait appel à Frédéric Manzano, commissaire de l’exposition consacrée à Corben en 2019 au festival d’Angoulême, pour restaurer les planches les plus abimées et compléter là où il manquait une partie du texte, du second plan etc.

© Delirium / Corben

Mais tous ces efforts auraient bien vains s’il n’y avait pas le talent, immense, de Corben. Son style presque cartoonesque par moments et en même temps grotesque, son  sens du détail et surtout cette vision, grandiloquente, désespérée et superbe à la fois, capable aussi bien de mettre en images le poème d’Edgar Allan Poe ‘Le Corbeau’ que de revisiter certains grands mythes (le trio tragique mari-femme-amant, le loup-garou, la vengeance d’outre-tombe etc.).

Une édition d’autant plus indispensable qu’elle contient, en bonus, un cahier iconographique de ses plus belles couvertures et, surtout, les trois nouvelles histoires mises en images en 2012, et inédites jusqu’à lors en France, réalisées pour la nouvelle formule de Creepy en 2012.

Un MUST !

Olivier Badin

Eerie & Creepy : Intégrale Richard Corben de c, 60€.

08 Nov

Carnage : un super-méchant qui tient bien son nom

Chez les super-héros, il y a toujours eu des super-méchants (forcément). Mais maintenant, il y a des super-super-méchants. Effrayants, sadiques, surpuissants et carrément flippants. Dont Carnage, monstre peu connu du public français mais ici mis à l’honneur à l’occasion de sa première apparition cinématographique.

Maintenant que le géant Marvel a au cinéma quelques sagas bien établies (Spiderman, Avengers…) mais aussi sur le petit écran (Loki, Wanda Vision), il a désormais les coudées franches et peut se permettre de tenter des ‘coups’, quitte à se planter. Même en cherchant bien, vous aurez par exemple du mal à trouver un spectateur ayant vu l’adaptation ciné des nouveaux Mutants par exemple mais bon, ils retentent ici leur chance avec un personnage a priori mineur de la mythologie maison. Sur les écrans depuis le 20 Octobre dernier, Venom : Let There Be Carnage est donc non seulement le deuxième film tournant autour de l’antihéros Venom mais aussi le premier à faire entrer dans la danse Carnage, son demi-frère en quelque sorte et l’un des méchants les plus sadiques jamais engendrés par la Maison des Idées. Cela valait donc bien quelques petites rééditions et sorties opportunes, histoire que le public français se souvienne à qui il a affaire.

© Panini Comics / Marvel

Déjà, commençons par le commencement, c’est-à-dire par Venom lui-même. Â la base, tout est parti du premier gros crossover de Marvel au milieu des années 80, ces fameuses Guerres Secrètes où, transportés dans un lointain univers, toute une ribambelle de héros et de super-méchants s’écharpaient sous l’œil amusé du Beyonder, être omniscient. Spiderman était de la partie bien sûr et vu que la série était alors en perte de vitesse, ses créateurs en avaient profité pour lui refiler un nouveau costume plus ‘seyant’ noir et blanc, lui offrant aussi au passage des pouvoirs supplémentaires. Sauf qu’avec le temps, cette nouvelle enveloppe s’être révélée être une entité extra-terrestre vivant en symbiose avec son hôte pour mieux le ronger de l’intérieur, comme une sorte de super parasite. Lorsque Spiderman réussit enfin à s’en débarrasser, la bestiole jette alors son dévolu sur un journaliste raté du nom d’Eddie Brock. Ensemble, ils deviennent Venom, reflet hypertrophié et toutes dents acérées de son modèle. Le seul but sur terre de ce monstre schizophrénique parlant toujours de lui-même à la première personne du pluriel ? Tuer le monte-en-l’air.

© Panini Comics / Marvel

Une confrontation qui donne lieu à quantité d’aventures, jusqu’à ce que Brock se retrouve finalement sous les verrous. C’est en prison qu’il rencontre alors un dangereux tueur-en-série, Cletus Kasady. Infecté à son tour, Kasady devient une espèce de démon à l’agressivité décuplée du nom de Carnage. Voilà. Oui, on sait, niveau pitch on a déjà fait largement plus inspiré mais au final, cette volonté d’aller droit au but et de ne pas donner de grandes explications sur les motivations de ce méchant XXL leur a permis de concentrer leurs efforts sur ces exactions. Et c’es là où Carnage, beaucoup plus que son ‘papa’ Venom en somme, tranche avec ses collègues.

Pour faire simple, Marvel n’avait jamais fait avant, ou depuis, de bad guy aussi pervers et violent. Carnage, c’est le monde des super-héros passé en mode Seven. Ou encore le Joker mais sans les vannes et avec plus de rouge dedans. Sorte de vision cauchemardesque de Spiderman et un être uniquement intéressé par la violence et dont l’alter-ego, le dénommé Cletus Kasady, paraît finalement presque fade.

© Panini Comics / Marvel

Comme avec chaque sortie de film, l’éditeur Panini a compilé plusieurs de ses apparitions dans Je Suis Carnage, livre ne cachant d’ailleurs pas ses débuts un peu hésitants. Le hasard fait que la même année (1992) Todd McFarlane avait dégainé de son côté Spawn à qui Carnage fait d’abord invariablement penser et la comparaison penche alors clairement du côté du premier (tiens d’ailleurs, qui retrouve t’on d’ailleurs au dessin sur la série Venom au milieu des années 90 si ce n’est McFarlane lui-même ?). Mais rendons à César ce qui lui appartient. Progressivement, le symbiote a pris de l’épaisseur en devenant plus pernicieux, plus complexe, moins caricatural et surtout de plus en plus effrayant. L’ouvrage collectif se termine d’ailleurs par l’histoire d’introduction de l’excellente mini-saga Absolute Carnage : Le Roi Du Sang publiée il y a quelques mois et qui en 2019 a remis les choses à plat. D’abord en faisant revenir sur scène un Eddie Brock désormais passé du côté des bons. Puis en introduisant Knull, dieu des symbiotes et véritable père en quelque sorte de Carnage. Le tout donne une dimension cosmique dantesque à l‘ensemble, parfaitement mise en valeur par le trait de Ryan Stegman. Au point que le ‘Marvel-Verse’, ces livres à petit format et petit prix piochant dans les archives une poignée d’histoire autour du même personnage, consacré à Venom paraît bien gentillet en comparaison. Bref, si vous aimez les bad guys XXL et vous n’avez pas peur de l’hémoglobine…

Olivier Badin

Je Suis Carnage, collectif,  26€. Absolute Carnage : Le Roi Du Sang de Danny Coates et Ryan Stegman, 22€. Marvel-Verse : Venom, collectif,  6,95€. Panini Comics/Marvel.

14 Oct

Joker vs The Mask : un sacré petit jeu de massacre

The Mask, un vrai-faux méchant drôle que pour les enfants ? Vous allez pouvoir réviser vos classiques, grâce à la réédition de cette double rencontre explosive… Attention, ça défouraille sec !

Pour le grand public, le personnage de The Mask restera éternellement associé à Jim Carrey et à sa prestation hystérique dans l’adaptation cinématographique en 1994 du même nom. Sauf que comme l’a rappelé récemment l’excellente anthologie parue chez Delirium et rassemblant ses toutes premières escapades, The Mask est avant tout une bande dessinée complètement délirante profitant à fonds de son postulat de départ – un masque aux origines mystérieuses confère à celui qui le porte des pouvoirs quasi-infinis tout en pervertissant subtilement sa personnalité – pour mieux partir dans des délires dignes d’un cartoon sous acide.

Or vu la personnalité du Joker – a-t-on besoin de vous rappeler que ‘joker’ peut être traduit par ‘bouffon’ ? – les deux étaient forcément faits pour se rencontrer un jour. Et c’est finalement arrivé dans ce crossover– The Mask est chez Dark Horse alors que le Joker est bien sûr l’une des têtes de gondole de DC Comics – datant du début des années 2000.

Oui, Batman apparaît sur la couverture (il faut bien attirer le chaland ma bonne dame) mais pour être franc, il fait ici limite de la figuration, histoire de mettre l’accent sur le combat entre les deux méchants. Combat intérieur si l’on peut dire car toute l’intrigue tourne autour d’un Joker trouvant par hasard ce masque ancien lors d’un casse improvisé du musée de Gotham avant de l’endosser pour devenir une espèce de mélange des deux.

© DC Comics – Dark Horse – Urban Comics / collectif

Autre potentiel malentendu : oui, le graphisme emprunte clairement aux séries animées contemporaines mettant en scène ses différents personnages et destinés, à la base, aux enfants. Sauf qu’ici ce ne sont pas vraiment nos bambinos qui sont visés mais plutôt leurs grands frères, vu comment tout ce petit monde tournant à 200 à l’heure redouble d’ingéniosité pour s’égosiller dans tous les sens.

Le résultat est assez réjouissant. Déjà, c’est franchement assez drôle, à condition d’aimer l’humour assez acide lancé à toute berzingue. Et puis il y a cette façon si particulière qu’a The Mask de se mettre constamment en scène, de changer de forme et de costumes ou de multiplier les clins d’œil aux lecteurs auxquels il semble constamment s’adresser directement, nous rappelant donc que le grand public a sûrement oublié combien ce anti-héros n’était pas si mignonnet et politiquement correct que ça.

© DC Comics – Dark Horse – Urban Comics / collectif

C’est d’ailleurs encore plus flagrant dans le bonus pas si anodin que cela rajouté en seconde partie, cet autre crossover autant si ce n’est encore plus explosif avec Lobo, le bad boy chasseur de primes intergalactique si populaire dans les années 90 mais aujourd’hui hélas un peu oublié. Ici, vous pouvez oublier le style plus enfantin de la rencontre avec le Joker et surtout, lâchez les chiens ! Les scénaristes assument complètement leur parti-pris de rapidement se débarrasser de toute intrigue alambiquée avec un point de départ des plus basiques : payé par un consortium d’aliens baveux, le flingueur à gros cigares débarque sur Terre pour envoyer à la casse The Mask. Voilà, c’est tout. S’ensuit baston sur baston à coups de délires visuels et gore adorant foutre ses doigts purulents dans son nez en disant des gros mots. Un véritable feu d’artifice où Tex Avery croise Evil Dead et LA pépite de ce volume plus subversif qu’il n’y paraît…

Olivier Badin

Joker vs The Mask de Henry Gilroy, John Arcudi, Alan grant, Ramon F. Bachs et Douge Mahnke. DC Comics/Dark Horse/Urban Comics. 23 euros

30 Sep

Wolverine en rouge et noir (avec un peu de blanc aussi)

Pur exercice chromatique, cette anthologie en grand format est l’occasion pour le héros le plus sauvage de l’univers Marvel de s’adonner à ses plus bas instincts…

Certains pourraient dire que pour le meilleur et pour le pire, tout est ici contenu dans le titre du livre : Wolverine, en noir, blanc et sang (rouge). Et c’est plutôt bien vu, même si on y a ajouterait le format A3, imposant et qui met encore plus en valeur cet espèce d’exercice de style décliné donc sur douze courtes histoires par douze équipes artistiques différentes. Les vieux fans seront contents de retrouver dans le lot le vétéran Chris Claremont, scénariste historique de la saga X-men entre 1975 et 1991.

Le personnage Wolverine, ou Serval tel qu’il était appelé en VF lorsqu’il a débarqué en France dans les pages de Strange, a toujours été l’un des plus populaires de la série X-Men. Notamment grâce à sa virilité assumée mais aussi à cause du caractère torturé de ce mutant aux capacités de régénération quasi-infinies et armé d’un squelette en adamantium, la même matière quasi-invincible avec laquelle le bouclier de Captain America a été fabriqué. Mais surtout, Wolverine a amené avec lui un élément de sauvagerie et de violence incontrôlée jusqu’à plutôt absent chez les élèves du professeur X.

© Panini Comics/Marvel. Collectif

Et c’est justement sur ce dernier élément que l’accent est mis ici, histoire de miser à fonds sur le concept du jour, avec une surabondance d’hémoglobine. Après, comme souvent dans ces œuvres collectives, il y a à boire et à manger. Mais c’est (forcément) lorsque les auteurs ont joué le jeu à fonds que cela marche mieux. Le meilleur exemple ici reste le très figuratif 32 Guerriers Et Un Cœur Brisé, scénarisé et dessiné par Jorge Fornés mais dénué de tout dialogue, comme pour mieux laisser parler les images. Ou encore Vacances Sauvages où Paulo Siquiera (Spider-Woman) profite du pitch un peu improbable (Wolverine face à un T-Rex !) pour se lâcher sur des dessins pleine page.

© Panini Comics/Marvel. Collectif

Pour le reste, même si elles s’enchaînent sans vraie distinction marquée, chaque histoire est indépendante, a sa propre patte et utilise à sa façon des personnages de la ‘mythologie’ Wolverine. Une façon ludique mais aussi très graphique d’explorer ce personnage culte.

Olivier Badin

Wolverine : Black, White & Blood, collectif. Panini Comics/Marvel. 26 euros.

30 Juin

L’épée à la main dans le creuset avec Conan !

Voici le troisième volume traduit en français de la dernière série en date dédiée au barbare le plus célèbre de la culture pulp, lancée en 2019 après son retour sous le giron Marvel. Avec, au passage, un retour aux fondamentaux, quitte à ne pas prendre (trop) de risque.

Avec sa couverture signée par Esad Ribic, son scénario du très apprécié Jason Aaron (‘Thor’, ‘Avengers’ etc.) et surtout son ton plus ‘adulte’, les deux premiers volumes de ce xième reboot de Conan le barbare avait mis tout le monde d’accord. Pour son retour chez Marve,l après presque vingt ans chez le concurrent Dark Horse, on avait clairement mis les petits plats dans les grands et cela a payé. Mais bon, il faut maintenant installer la série sur la durée.

D’où une nouvelle équipe artistique un chouia moins capée (même si le scénariste Jim Zub a déjà été récemment chargé d’écrire le destin du barbare) et le retour ici à un ton plus traditionnelle, moins sombre et collant plus aux standards imposés par le style ‘sword & fantasy’.

Cela se ressent particulièrement dans la première (et la meilleure) des deux histoires présentées dans ce volume, où notre héros se retrouve bien malgré lui piégé au sein d’un labyrinthe bourré de pièges et accompagné de vrai/faux alliés. Un scénario digne d’une bonne vieille partie de jeu de rôle et avec son lot de tyran, de créatures maléfiques et de cultes sanglants. C’est déjà vu et revu mais quand même très divertissant et tout à fait dans l’état d’esprit d’un ‘Savage Sword Of Conan’, la précédente incarnation de cette série dans les années 70.

Le second récit (‘La malédiction de l’étoile de nuit’) suit à peu près le même ton mais avec moins de réussite. Cette histoire d’épée maléfique et buveuse d’âmes mettant Conan sous sa coupe souffre d’une proximité bien trop grande, à la limite du plagiat, avec la saga d’Elric le nécromancien et de son épée Stormbringer, signée Michael Moorcock et adaptée de multiples fois en BD.

Un ‘petit’ Conan donc avec de bonnes choses dedans malgré tout mais à qui il manque ce petit plus qui aurait fait la différence.

Olivier Badin

Conan le barbare : dans le creuset de Jim Zub, Rogê Antönio, Robert Gill & Lucas Pizzari. Marvel/Panini Comics. 18€

© Marvel/Panini Comics – Jim Zub, Rogê Antönio, Robert Gill & Lucas Pizzari