18 Fév

Le coin des mangas : Dragon Ball, Pilote sacrifié, Sengo, Ulysse, L’Illiade et L’Odyssée, Terrarium, La Sorcière aux champignons, L’École emportée, My Capricorn friend…

Bientôt la fin des vacances pour certains, alors autant profiter des derniers jours, des dernières heures, pour s’offrir une bonne bouffée d’oxygène, une bonne rincée d’aventures, pourquoi pas venues du pays du Soleil Levant. En voici une sélection abusivement subjective mais totalement assumée…

10 mangas avant le retour à l »école

Pratiquement quarante ans d’existence, autant de volumes publiés, plus de 330 millions d’exemplaires écoulés, ce qui en fait le deuxième manga le plus vendu au monde derrière One Pièce!… Bref, Dragon Ball méritait bien son guide officiel et c’est chose faite depuis novembre dernier. Dragon Ball – Le Super livre rassemble sur près de 350 pages tout ce qu’il faut savoir sur l’univers imaginé par Akira Toriyama. Au sommaire, deux parties, l’une portant sur l’histoire, l’autre sur le monde, une interview de l’auteur, quantité d’illustrations… Une bible pour les fans. (Dragon Ball – Le super livre tome 1, de Akira Toriyama. Glénat. 32€)

De la même façon que les samouraïs, les kamikazes ont rejoint l’imaginaire collectif au Japon et bien au-delà. Combien furent-ils ? Des centaines, des milliers, sacrifiés sur l’autel de la guerre. Sasaki Yuji fut l’un d’eux. Avec une particularité puisque l’homme survécut à 9 missions suicide et mourut en 2016 à l’âge de 92 ans. De sa vie, de sa guerre, l’écrivain Shoji Kokami en fit un roman qui remporta un franc succès au Japon. Il est aujourd’hui adapté en manga par Naoki Azuma. Une histoire vraie, passionnante, un trait nerveux et efficace, une bonne entrée en matière, le second volet est annoncé pour mai 2022. (Pilote sacrifié chroniques d’un kamikaze, tome 1, de Naoki Azuma et Shoji Kokami. Delcourt Tonkam. 7,99€)

Après la guerre et la défaite des forces de l’Axe, l’après-guerre ! C’est ce que raconte Sengo dont le septième et dernier volet est sorti en novembre. Un véritable chef d’œuvre initialement publié entre 2013 et 2018 au Japon qui reçut le Grand prix de la Japan Cartoonist Association en 2019. Aux manettes, l’excellent mangaka Sansuke Yamada et côté histoire, un plongeon dans le Japon d’après-guerre, en ruine et occupé par les Américains. Il y est question de vie quotidienne, de survie devrait-on plutôt dire, de combine à deux balles, de misère totale, de sinistrose mais aussi d’amitié et d’espoir. (Sengo, de Sansuke Yamada. Casterman. 7 tomes parus. 9,45€ le volume)

Après Le Rouge et le noir, La Divine comédie ou encore Les Misérables, la collection Classiques des éditions Soleil s’enrichit d’un nouveau titre et pas n’importe lequel puisqu’il s’agit d’Ulysse de l’écrivain irlandais James Joyce adapté ici en manga par Team Banmikas, une équipe de production spécialisée dans le manga. Imprimé dans le sens de lecture européen, Ulysse nous embarque pour l’Irlande et plus précisément Dublin au début du XXe siècle pour partager une journée ordinaire de la vie de Leopold Bloom et Stephen Dedalus, respectivement Ulysse et Télémaque. Un beau bébé de près de 200 pages. (Ulysse de James Joyce. One shot. Soleil Manga. 7,99€)

Toujours dans la collection Classiques des éditions Soleil Manga et toujours respectant un sens de lecture européen, voici l’adaptation de L’Illiade et l’Odyssée d’Homère, deux chefs d’œuvre de la Grèce antique, deux épopées mythiques où l’on croise des dieux, des rois, des cyclopes, un cheval de bois… (L’Illiade et l’Odyssée, d’Homère. One shot. Soleil Manga. 7,99€)

Manga repéré par les libraires français lors d’un voyage au Japon organisé à l’occasion des 50 ans de la maison d’édition glénat, Terrarium est un petit bijou graphique et poétique qui nous embarque dans un monde en ruine, dévasté par la guerre, où déambule un tandem bien étrange, Chico, technologue d’investigation, et son petit frère Pino. Tous les deux explorent ce monde ou du moins ce qu’il en reste, une succession de colonies délabrées où les robots poursuivent inlassablement leurs tâches, ici soigner des êtres humains réduits à l’état de squelettes depuis longtemps, là distribuer du courrier à des destinataires qui ne sont plus en état de lire quoi que ce soit. L’auteur, Yuna Hirasawa, expliquait en postface du premier volet paru en juin 2021 répondre ici à certaines des interrogations qu’il avait à l’adolescence. Qu’est-ce qu’être humain ? Qu’est-ce que vivre ? Qu’est-ce que je suis ? Tout un programme. (Terrarium, de Yuna Hirasawa. 4 tomes parus. Glénat. 7,60€ le volume)

Ne vous fiez pas à son air angélique, Luna est une sorcière, une vraie, que les gens de la ville ont finit par appeler la sorcière aux champignons. Il faut dire qu’elle habite dans une maison aménagée dans des champignons vénéneux au fin fond d’une forêt sombre, que son souffle et sa peau émettent des spores toxiques et que des champignons ont une fâcheuse tendance à pousser sur les objets qu’elle a touchés. Les gens de la ville s’en tiennent à distance, seul l’apothicaire reste courtois, soucieux de s’approvisionner en remèdes divers dont elle garde le secret de fabrication. Une vie de solitaire jusqu’au jour où Luna fait une rencontre qui va tout changer. Un graphisme agréable, une bonne dose de magie, une belle couverture avec champignons en relief… Un bon début pour cette série signée Tachibana Higuchi. (La Sorcière aux champignons, tome 1, de Tachibana Higuchi. Glénat. 6,90€)

Considéré comme le chef d’œuvre du mangaka  Kazuo Umezz, L’École emportée est ici proposé dans une nouvelle édition en six tomes, quatre sont d’ores et déjà disponibles. L’histoire : la disparition brutale d’une école primaire et de tous ses occupants mystérieusement projetés dans un monde désertique. Plus de maisons, plus de routes, plus personnes, plus une trace de l’ancien monde. Sidérés, choqués, les adultes se sont tous suicidés laissant les enfants à leur triste sort. Tous suicidés sauf un, le professeur Wakahara qui s’est donné pour objectif d’éliminer chaque enfant… Pour ceux qui aiment les récits d’horreur. (L’Ecole emportée, de Kazuo Umezz. 4 tomes parus. Glénat. 10,75€ le volume)

Pas le temps de se mettre en condition, My Capricorn friend s’ouvre sur une énumération sordide de suicides de jeunes élèves harcelés à l’école. 1984, 1986, 1994, 2006… les années se suivent et se ressemblent jusqu’à ce 2 novembre, le corps d’un élève est découvert noyé. Il s’agit de Kaneshiro, un lycéen qui effrayait, harcelait, son entourage. Une de ses victimes, le jeune Naoto Wakatsuki, psychologiquement à bout, aurait éliminé son tortionnaire. Matsuda, un camarade, décide de le cacher… Un manga sur le harcèlement et ses lourdes conséquences ! (My Capricorn friend, d’Otsuichi et Marasu miyokawa. One shot. Delcourt. 7,99€)

On termine cette petite sélection avec un manga en trois tomes, tous parus. Secrets of Magical Stones est son nom, Mana, celui de son héroïne, une jeune femme passionnée depuis sa plus tendre jeunesse par les pierres précieuse, leur énergie et leur pouvoir magique. Et bonheur suprême, Mana intègre le prestigieux Ministère des pierres précieuses où elle entreprend une formation de chercheuses. Adieu son village natal, bonjour Lithos, cité dédiée aux minéraux, où elle pourra poursuivre sa passion contre vents et jalousies… (Secrets of Magical Stones, de Marimuu. 3 tomes parus. Vega Dupuis. 8€ le volume)

Éric Guillaud

05 Oct

Le coin des mangas : One Piece, Lucja, L’école emportée, Terrarium, L’Île aux escaliers, Shadows House, 100 Jours avant ta mort, Réimp’…

On en parle beaucoup en ce moment avec la sortie du tome 99 en version simple et collector, c’était le 15 septembre dernier, on en parlera encore beaucoup d’ici la fin de l’année avec la sortie du tome 100 annoncé pour le 8 décembre, la série du Japonais Eiichiro Oda continue son ascension dans le top One du manga le plus lu et le plus connu sur la planète Terre et peut-être au-delà. Plusieurs centaines de millions d’exemplaires vendus à travers le monde, un univers unique, un mélange d’aventure, de fantastique et d’humour, et un héros baptisé Lufy qui rêve de devenir le roi des pirates (One Piece, 99 tomes parus, de Eiichiro Oda. Glénat. 6,90€)

Étonnant manga que celui-ci, Lucja, c’est son nom, c’est aussi le nom de l’héroïne, se déroule en Pologne, oui oui, au XVe siècle dans un univers qui relève à la fois du médiéval et du steampunk, où se côtoient chevaliers en armure et automobiles, châteaux forts et machines à vapeur, folklore populaire et costumes traditionnels slaves. Sur cette terre de chevaliers, d’acier et de vapeur, la jeune Lucja combat pour le titre de roi-chevalier à la force de ses poings d’acier mus par la puissance… de la vapeur bien sûr. (Lucja, tome 1, de Coji Inada. Vega Dupuis. 8€)

Changement de décor et d’univers avec L’École emportée du mangaka  Kazuo Umezz. Considéré comme son chef d’oeuvre, il est ici proposé dans une nouvelle édition en six tomes, deux sont d’ores et déjà disponibles. L’histoire : la disparition brutale d’une école primaire et de tous ses occupants mystérieusement projetés dans un monde désertique. Plus de maisons, plus de routes, plus personnes, plus une trace de l’ancien monde. Sidérés, choqués, les adultes se sont tous suicidés laissant les enfants à leur triste sort. Tous suicidés sauf un, le professeur Wakahara qui s’est donné pour objectif d’éliminer chaque enfant… Pour ceux qui aiment les récits d’horreur. (L’Ecole emportée, tome 1, de Kazuo Umezz. Glénat. 10,75€)

Le jeune Nanakusa habite une île de 2000 habitants coupée du reste du monde et traversée par un escalier, immense. Tous les matins, il doit l’emprunter pour rejoindre l’école. Mais l’escalier continue encore plus loin, encore plus haut. On dit qu’il mène à la maison d’une sorcière que personne n’a jamais vue. de quoi donner des envies de fuite à certains. Mais pour quitter l’île, les candidats à l’exil doivent d’abord trouver ce qu’ils ont perdu en arrivant ici-même. Une belle énigme à résoudre. En attendant, Nanakusa, lui, n’a pas vraiment envie de partir, surtout depuis l’arrivée de la belle Yû Manabe…  (L’ïle aux escaliers, tome 1, de Yutaka Kono et Ai Uzuki. Delcourt/Tonkam. 7,99€)

Manga repéré par les libraires français lors d’un voyage au Japon organisé à l’occasion des 50 ans de la maison d’édition, Terrarium est un petit bijou graphique et poétique qui nous embarque dans un monde en ruine, dévasté par la guerre, où déambule un tandem bien étrange, Chico, technologue d’investigation, et son petit frère Pino. Tous les deux explorent ce monde ou du moins ce qu’il en reste, une succession de colonies délabrées où les robots poursuivent inlassablement leurs tâches, ici soigner des êtres humains réduits à l’état de squelettes depuis longtemps, là distribuer du courrier à des destinataires qui ne sont plus en état de lire quoi que ce soit. L’auteur, Yuna Hirasawa, expliquait en post-face du premier volet paru en juin répondre ici à certaines des interrogations qu’il avait à l’adolescence. Qu’est-ce qu’être humain ? Qu’est-ce que vivre ? Qu’est-ce que je suis ? Tout un programme. (Terrarium, 2 tomes parus, de Yuna Hirasawa. Glénat. 7,60€)

Vous rêvez de devenir mangaka comme à peu près le quart de la population planétaire ? Alors, cette nouvelle série baptisée Réimp’ et dont le premier volet vient tout juste de sortir est faite pour vous. Non seulement, il s’agit d’un manga dans la forme mais il parle du manga dans le fond avec une héroïne, Kokoro Kurosawa, judoka obligée de changer de métier à la suite d’une blessure, prête à tout pour se faire embaucher dans une maison d’édition. Libraires, graphistes, éditeurs, commerciaux, mangaka… C’est tout un univers qu’elle découvre et nous fait découvrir par la même occasion. En bonus, un entretien avec Quentin Gratpanche, responsable commercial pour les éditions Glénat. Il explique les différences entre la France et le Japon en matière d’édition et de commercialisation des mangas. Judicieux !(Réimp’!, tome 1, de Naoko Mazda. Glénat. 7,60€)

Une atmosphère victorienne gothique sophistiquée et un graphisme de caractère qui se démarque de la production classique, Shadows House du duo So-ma-to, Nori au scénario et Hisshi au dessin, s’affirme dès le départ comme une série à part. Et côté histoire, c’est la même chose, So-ma-to nous ouvre les portes du manoir de la famille Shadow avec une petite particularité : ses membres n’ont pas de visages et pallient cet état de fait en employant des poupées vivantes chargées de les servir et d’interpréter leurs émotions. Emilico est la poupée vivante de la jeune Kate Shadow. Tout juste arrivée à son service, elle doit apprendre à répondre à ses envies et à refléter sa personnalité. En attendant, elle frotte la suie que le vidage de sa jeune maîtresse laisse un peu partout dans la chambre… Faut-il mieux être que paraître ? Shadows House est un petit bijou de mystère et de douce réflexion. Le tome 6 vient de paraître… (Shadows House, 6 tomes parus, de So-ma-to. Glénat. 7,60€)

On termine avec le 4e volet de 100 Jours avant ta mort. Taro a un pouvoir : celui de visualiser un décompte sur tous les êtres vivants à qui il reste moins de 100 jours à vivre. Et c’est justement le nombre de jours qui s’affiche devant Umi son amie d’enfance à qui il vient de déclarer sa flamme. Un macabre compte à rebours qu’ils vont ensemble tenter de stopper. Comment augmenter l’espérance de vie de sa bien aimée ? Tout simplement en lui faisant battre son coeur… Mignon !  (100 jours avant ta mort, 4 tomes parus, de Migihara. Glénat. 7,60€)

Eric Guillaud

12 Avr

De l’autre côté de l’horizon, Une touche de bleu, Nos meilleures vies, Veil… le plein de mangas pour les vacances

On commence avec De l’Autre côté de l’horizon dont le premier des trois volets prévus est sorti en février dans la nouvelle collection Moonlight des éditions Delcourt, collection qui fait « la part belle à des titres touchants, mélancoliques et oniriques ». De mélancolie et d’émotions en tout genre, ce manga signé Hinata Nakamura n’en manque absolument pas. L’histoire ? Celle de Miyake, un jeune employé tokyoïte surmené qui décide un beau jour de tout plaquer pour rejoindre l’île de Tsukinowa où on lui propose de diriger un petit bureau de poste. Autant dire que Miyake va découvrir un autre mode de vie, la vraie vie peut-être, celle en tout cas qui laisse du temps au temps, permet de découvrir les autres, de se découvrir soi-même. (De l’Autre côté de l’horizon tome 1/3 de Hinata Nakamura. Delcourt Tonkam. 7,99€)

Ruriko est une jeune fille comme les autres, à une tâche de naissance près, une tâche de naissance bleue sur le visage qu’on appelle naevus d’Ota. Ruriko a appris à vivre avec, à répondre aux interrogations des uns, à faire fi des regards moqueurs des autres. Enfin presque ! La jeune fille a l’impression de se mentir à elle-même, de faire comme si son visage se limitait à son seul profil gauche. Alors, quand son professeur principal la regarde fixement en prenant des notes, elle n’apprécie guère. Mais ce professeur souffre de prosopagnosie, un trouble de la reconnaissance des visages. Impossible pour lui d’identifier ses élèves si ce n’est par une particularité évidente. Et cette tâche de naissance bleue en est une. Une belle histoire d’amour doublée d’une réflexion sur l’acceptation de soi et des autres malgré les différences. (Une Touche de bleu, 2 tomes parus, de Nozomi Suzuki. Glénat. 7,60€)

Taro a un pouvoir : celui de visualiser un décompte sur tous les êtres vivants à qui il reste moins de 100 jours à vivre. Et c’est justement le nombre de jours qui s’affiche devant Umi son amie d’enfance à qui il vient de déclarer sa flamme. Un macabre compte à rebours qu’ils vont ensemble tenter de stopper. Comment augmenter l’espérance de vie de sa bien aimée ? Tout simplement en lui faisant battre son coeur… Mignon !  (100 jours avant ta mort, 2 tomes parus, de Migihara. Glénat. 7,60€)

Ils ont des rêves plein les yeux et la vie devant eux. Kii Kanna met en scène dans ce one-shot paru chez Casterman six jeunes Tokyoïtes qui n’ont pas la vingtaine et naviguent dans les milieux de la musique pour certains, dans celui de l’animation pour d’autres. Comme Kishi pour qui le travail en studio commence à peser. Il aimerait bien démissionner mais n’a pas de plan B. Et puis, il y a Chyo qui vient d’arriver et dont il rêve la nuit… Rencontres, amour, travail, illusions et désillusions… Wii Kanna dresse le portrait d’une jeunesse japonaise avec force dans le trait, douceur dans le fond.  (Nos meilleures vies, de Kii Kanna. Casterman. 12,95€)

Si vous aimez sortir des sentiers battus, découvrir une approche résolument nouvelle du manga, alors Veil, de la mangaka Kotteri, est tout simplement fait pour vous. Les deux premiers volumes publiés en novembre dernier marquaient le lancement aux éditions Noeve, spécialisées jusqu’ici dans le domaine du livre d’art, d’un label consacré aux mangas et aux artbooks d’illustration. Très original dans le fond et dans la forme, Veil raconte une histoire d’amour entre un policier et une jeune femme aveugle. Le récit est une succession de courtes scènes qui sont autant de moments de vie du couple. Tout en couleurs, avec un trait, des cadrages, un découpage, qui se rapprochent de la bande dessinée européenne, Veil est un petit bijou de tendresse, de raffinement et d’esthétisme. Un troisième volume est annoncé pour juillet 2021 (Veil, de Kotteri, 2 tomes parus. Editions Noeve Grafx. 12,90€)

Une atmosphère victorienne gothique sophistiquée et un graphisme de caractère qui se démarque de la production classique, Shadows House du duo So-ma-to, Nori au scénario et Hisshi au dessin, s’affirme dès le départ comme une série à part. Et côté histoire, c’est la même chose, So-ma-to nous ouvre les portes du manoir de la famille Shadow avec une petite particularité : ses membres n’ont pas de visages et pallient cet état de fait en employant des poupées vivantes chargées de les servir et d’interpréter leurs émotions. Emilico est la poupée vivante de la jeune Kate Shadow. Tout juste arrivée à son service, elle doit apprendre à répondre à ses envies et à refléter sa personnalité. En attendant, elle frotte la suie que le vidage de sa jeune maîtresse laisse un peu partout dans la chambre… Vaut-il mieux être que paraître ? Shadows House est un petit bijou de mystère et de douce réflexion. (Shadows House, 4 tomes parus, de So-ma-to. Glénat. 7,60€)

Vous êtes fan de Dr. Stone, la série de Riichirô Inagaki et Boichi vendue à plus de trois millions d’exemplaires dans le monde ? Alors, vous ne pourrez passer à côté de ce spin-off sorti en même temps que le tome 15. Réalisé par Boichi seul, Dr Stone Reboot : Byakuya nous embarque dans la station spatiale internationale où les astronautes apprennent la pétrification de l’humanité faisant des six astronautes les derniers représentants de l’espèce humaine. Pourront-ils sauver le genre humain ? Réponse dans ce récit de science-fiction pur et dur ! (Dr Stone Reboot : Byakuya, de Boichi. Glénat. 6,90€)

Dix-sept ans dans le coma ! C’est précisément ce qui est arrivé à l’oncle de Takafumi après avoir été renversé par un camion. Alors bien sûr l’homme a de quoi être un peu paumé à son réveil. Même s’il a été geek en son temps, les jeux vidéo dont il raffolait, les téléphones, internet, la technologie d’une manière générale, ont largement évolué. Takafumi le remet à niveau et lui permet de devenir YouTubeur. En contrepartie, l’oncle raconte son coma qu’il prétend avoir passé dans un monde médiéval fantastique et en avoir ramené des pouvoirs magiques. Pour les amoureux de l’univers du jeu vidéo. (Coma héroïque dans un autre monde, de Hotondo Shindeiru. Soleil Manga. 7,99€)

À l’origine, Ayako est un récit du dieu du manga Tezuka qui nous plonge dans le Japon au lendemain de la seconde guerre mondiale avec le retour des soldats japonais et la présence des Américains. Kubu Kurin en propose ici une transposition dans notre monde contemporain avec une touche d’érotisme et bien sûr, toujours, cette dramatique histoire de la famille Tengé, plus grand propriétaire terrien de la région, et de la jeune Ayako, née de l’union incestueuse du père de famille et de sa belle-fille, la femme de son fils, le tout sur fond d’héritage. (Ayako, l’enfant de la nuit, de Kubu Kurin. Delcourt Tonkam. 9,35€)

Kiyoshi Sumioka en est persuadé, il ne tombera jamais amoureux et pas une fille ne tombera amoureuse de lui. Jusqu’au jour où il croise le chemin de la jeune Sumi, une vendeuse de bento. C’est le coup de foudre, un coup de foudre réciproque. Et du coup, Kyoshi lui propose sans détour de l’épouser, avant même de l’avoir ne serait-ce qu’embrasser. L’un et l’autre sont sans expérience, l’un et l’autre vont découvrir ce qu’ils pensent être l’amour… Un deuxième tome est prévu pour le 19 mai. (Sans expérience, de Mayu Minase. Delcourt Tonkam. 7,99€)

09 Août

Golden Sheep, Maison Ikkoku, Mao, Shadows House , Les Légendaires Saga, Dans les pas de Nietzsche… Le plein de mangas pour la plage

En ces temps de transhumance estivale, les mangas ont un avantage : celui de ne pas prendre plus de place qu’un livre de poche. Encore faut-il ne pas emporter toute sa bibliothèque. Subjective mais assumée, voici une petite sélection de nouveautés qui pourrait satisfaire les boulimiques de lecture…

On commence avec une valeur sûre, une série culte, plusieurs fois rééditée. Il s’agit de Maison Ikkoku du Grand Prix d’Angoulême 2019, Rumiko Takahashi (Ranma 1/2, Mermaid Forest…). Le deuxième volet de l’intégrale sorti en juin poursuit l’histoire de Yusaku Godaï. Ce jeune étudiant raté a décidé un beau jour de quitter la pension de famille dans laquelle il vit reprochant à ses colocataires de faire trop la fête et trop de bruit. Mais le jour même de sa décision débarque la nouvelle responsable de la maison de famille, Kyoko Otonashi. Elle est belle, elle est jeune, elle est veuve… de quoi lui faire changer d’avis. Ce deuxième volet sur les dix de prévus débute un an après l’arrivée de Kyoto Otonashi. Yusaku a enfin décroché un dîner avec elle… (Maison Ikkoku volume 2 (Perfect Edition), de Rumiko Takahashi. Delcourt / Tonkam. 12,50€)

Vous aimez Rumiko Takahashi ? Alors voici Mao. La nouvelle série de la mangaka débarque en France avec deux volumes d’un coup d’un seul. Je rassure tout de suite ceux qui auraient développer une petite allergie à l’histoire avec un grand H durant leur cursus scolaire, Mao ne retrace pas la vie du fameux chef d’état chinois Mao Zedong, non, Mao est ici un chasseur de yôkai, ces petites créatures surnaturelles qui hantent la mythologie japonaise. Et Mao a une mission : aider Nanoka Kiba, une jeune gamine du XXIe siècle qui a perdu ses parents dans un accident et qui a été projetée un siècle plus tôt, à lever le mystère sur sa véritable nature… (Mao 1 et 2, de Rumiko Takahashi. Glénat. 6,90€ le volume)

Adieu Osaka ! À la mort de son père, la jeune Tsugu Miikura retourne dans sa ville natale avec ses soeurs et sa mère. Douze heures d’autoroute, un camion à décharger, un appartement à emménager… et Tsugu peut enfin retrouver ses amies d’enfance qu’elle avait quittées avec regret sept années plus tôt. Et joie ultime, elles seront dans le même lycée à la rentrée. Mais à la joie des retrouvailles succède bientôt la déception. Chacun à taillé sa route pendant ces années et l’amitié qu’elle croyait inaltérable a pris un sérieux coup de mou. Mais Tsugu n’a pas dit son dernier mot et compte tout faire pour rapprocher les unes des autres, peut-être grâce à sa guitare. Tsugu adore le rock…  (Golden Sheep, de Kaori Ozaki. Delcourt / Tonkam. 7,99€)

Inutile de présenter Les Légendaires, la fameuse série de Patrick Sobral aux millions d’exemplaires vendus, aux multiples séries dérivées et adaptations tous azimuts. Voici aujourd’hui l’adaptation officielle au format manga avec toujours Patrcik Sobral au scénario et Guillaume Lapeyre au dessin, un Guillaume Lapeyre déjà remarqué avec son manga City Hall. Le premier volet est sorti en mars juste avant le confinement, le second devait paraître en juin, il sera finalement disponible le 18 août. L’occasion de se replonger dans les 23 albums de la série avec un autre regard. En bonus, une jaquette réversible de Guillaume Lapeyre. (Les Légendaires Saga 1 et 2, de Sobral et Lapeyre. Delcourt / Tonkam. 7,99€)

Deux premiers volumes parus en juin, deux couvertures aux mêmes atmosphères victoriennes gothiques sophistiquées et un graphisme de caractère qui se démarque de la production classique, Shadows House du duo So-ma-to, Nori au scénario et Hisshi au dessin, s’affirme dès le départ comme une série à part. Et côté histoire, c’est la même chose, So-ma-to nous ouvre les portes du manoir de la famille Shadow avec une petite particularité : ses membres n’ont pas de visages et pallie cet état de fait en employant des poupées vivantes chargées de les servir et d’interpréter leurs émotions. Emilico est la poupée vivante de la jeune Kate Shadow. Tout juste arrivée à son service, elle doit apprendre à répondre à ses envies et à refléter sa personnalité. En attendant, elle frotte la suie que le vidage de sa jeune maîtresse laisse un peu partout dans la chambre… Vaut-il mieux être que paraître ? Shadows House est un petit bijou de mystère et de douce réflexion. (Shadows House volumes 1 et 2, de So-ma-to. Glénat. 7,60€ le volume)

Elle l’espérait de tout son corps, de toute son âme : faire une belle rencontre. Et elle l’a faite. Nietzsche, il s’appelle Nietzsche et prétend être la réincarnation du fameux philosophe. « Je suis là pour toi. Je vais t’aider à devenir un surhomme et à te débrouiller dans la vie », lui dit-il. Avec lui, la jeune Arisa Kojima pourrait effectivement obtenir enfin toutes les réponses à ses nombreuses questions et changer ce qui ne lui plait pas en elle. Arisa connaît un profond chagrin d’amour depuis qu’elle a vu son copain donner la main à sa meilleure amie. Elle veut devenir sage et réfléchie, accepter la chose, ne plus mourir de jalousie, mais ce n’est pas gagné. Pour tous ceux qui veulent s’initier à la philosophie façon Nietzsche… (Dans les pas de Nietzsche, de Harada Mariru, Sugimoto Iqura, Araki Tsukasa. Editions Soleil. 7,99€)

Eric Guillaud

17 Fév

Le coin des mangas : Libraire jusqu’à l’os, Sky Wars, Candy & Cigarettes, Le chat aux sept vies, Maison Ikkoku, Princesse Mononoké… 10 lectures pour les vacances

On commence avec une nouvelle série dont le premier volet est sorti début janvier chez Soleil Manga. Comme son titre peut aisément le suggérer, Libraire jusqu’à l’os est le récit autobiographique d’une libraire japonaise. « Mon boulot, c’est surtout de la relation client, de la gestion de stocks, et j’en passe. En ce moment ce qui me prend le plus de temps, c’est de gérer l’excentricité de mes clients ». Et elle la gère cette excentricité avec bonne humeur et humour comme on peut le voir tout au long du livre et au fil des rencontres dans les rayons de livres. Bien évidemment, la librairie pour laquelle travaille Honda est une librairie spécialisée mangas. Quatre tomes prévus et une adaptation en série animée d’ores et déjà diffusée en France sur Crunchyroll. (Libraire jusqu’à l’os, de Honda San. Soleil Manga. 7,99€)

Et de trois pour la série Sky Wars du mangaka Ahndongshik, série qui nous entraîne dans le petit royaume d’Eldura où sévit un despote de premier ordre qui interdit au peuple de fendre l’air par quelque moyen que ce soit. « Tenter de voler comme le font les oiseaux est interdit. Il paraît que le simple fait de les imiter, c’est faire un affront au roi », nous rappelle Knit, le héros de cette saga. Voler… il en rêve pourtant, comme son père, qui en son temps avait construit une machine volante. Il en rêve en secret jusqu’au jour où surgit dans les cieux du royaume un inconnu chevauchant une monstrueuse créature ailée. (Sky Wars, de Ahndongshik. Casterman. 6,95€ le volume).

Avec sa misérable retraite de flic, Raizô ne peut déjà pas subvenir à ses besoins. Alors, lorsqu’il apprend la maladie de son petit-fils et les frais astronomiques nécessaires pour le soigner ou plus exactement le maintenir en vie, Raizo n’a pas le choix. Il doit trouver un job très rémunérateur. Et il le trouve grâce à une rencontre improbable avec la jeune Miharu, 11 ans, tueuse à gage au service d’une organisation secrète. Un changement de vie radical qui les oblige à voir du pays. Les voilà arrivés en Italie où Miharu s’était promise d’éliminer Saburô Musô, une éminence grise de la pègre. Mais bien sûr, tout ne se passe pas comme prévu… (Candy & Cigarettes, Tomonori Inoue. Casterman. 8,45€)
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Encore des chats, allez-vous me dire. Et vous aurez raison. Mais ces chats-là sont bien loin des Chi et compagnie, pas le genre à se faire dorloter toute la journée sur le canapé du salon, à regarder la pluie tomber bien au chaud derrière la baie vitrée ou à jouer gentiment avec une pelote de laine en attendant l’heure des croquettes. Non, les chats de Gin Shirakawa sont des chats errants qui ne tolèrent la présence des humains que pour la nourriture. Et encore! Nanao et Machi sont de ceux-là. Un jour pourtant, ils font une rencontre qui va changer leur vie de chat…  Pour ceux qui aiment les félins qui parlent ! (Le chat aux sept vies, de Gin Shirakawa. Glénat. 7,60€)
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Une nouvelle collection aux éditions Delcourt / Tonkam. Moonlight, c’est son nom, fera la part belle, prévient l’éditeur, « à des titres touchants, mélancoliques et oniriques ». Quatre volumes viennent de sortir en ce début février, Le Prix du reste de ma vie, de Sugaru Miaki et Shouichi Taguchi, Derrière le ciel gris, de Sugaru Miaki et Loudraw et Parasites amoureux, de Sugaru Miaki et Yuki Hotate en version manga et en version roman. C’est l’une des particularités de cette collection qui pourra décliner une même série à la fois en manga et en light novel. Une approche nouvelle et un point commun à toutes ces nouveautés écrites par le romancier Sugaru Miaki : l’adolescence, ses questionnements, ses rêves, ses doutes, ses peurs, ses sentiments amoureux… (Derrière le Ciel gris, Parasites amoureux et Le Prix du reste de ma vie. Delcourt / Tonkam. 7,99€, 12,50 pour le roman)
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Toujours chez Delcourt / Tonkam, un gros carton éditorial au Japon, 145 000 exemplaires du premier tome vendus en six mois, Empereur du Japon raconte l’histoire d’Hirohito qui officia pendant la seconde guerre mondiale. Plus précisément, Junichi Nôjô au dessin, Issei Eifuku au scénario et Hidetaka Shiba à la supervision du tout explorent des passages méconnus de sa vie, notamment sa jeunesse, dans un style très réaliste et très documenté. (Empereur du Japon, Delcourt / Tonkam. 7,99€)
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Grand Prix d’Angoulême 2019, Rumiko Takahashi est l’auteure de plusieurs séries en cours de publication en France, parmi lesquelles Urusei Yatsura (perfect color edition), Ranma 1/2 et depuis le 20 janvier 2020 Maison Ikkoku (perfect edition). Série culte s’il en est, plusieurs fois rééditée, Maison Ikkoku nous raconte l’histoire de Yusaku Godaï. Ce jeune étudiant raté décide un beau jour de quitter la pension de famille dans laquelle il vit reprochant à ses colocataires de faire trop la fête et trop de bruit. Mais le jour même de sa décision débarque la nouvelle responsable de la maison de famille, Kyoko Otonashi. Elle est belle, elle est jeune, elle est veuve… (Maison Ikkoku. Delcourt / Tonkam. 15€)
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Attention chef d’oeuvre ! Initialement publié entre 2013 et 2018 au Japon, Sengo débarque enfin en France sous les couleurs de Casterman. Deux volumes d’un coup, de quoi profiter pleinement de cette série qui a reçu en 2019 le grand prix de la Japan Cartoonist Association. Aux manettes, l’excellent mangaka Sansuke Yamada et côté histoire, un plongeon dans le Japon d’après-guerre, en ruine et occupé par les Américains. Il y est question de vie quotidienne, de survie devrait-on plutôt dire, de combine à deux balles, de misère totale, de sinistrose mais aussi d’amitié et d’espoir. (Sengo, de Sansuke Yamada. Casterman. 9,95€ le volume)
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On termine avec deux beaux livres associés à l’univers de Princesse Mononoké du grand Hayao Miyazaki : un livre illustré et un fabuleux art book réunissant une multitude d’illustrations mais aussi des dessins extraits du story-board, des layouts (plans directeur indiquant la composition et la disposition sur l’écran), le journal de production et tout un chapitre sur la fabrication des images de synthèse, la technique du compositing multicouche, la colorisation par ordinateur… (Princesse Mononoké, et L’art de Princesse Mononoké, Glénat. 29,90 24,90€)

Eric Guillaud

23 Oct

Le coin des mangas : Dragon Ball, Blue Phobia, Sky Wars, La malédiction de Loki, Blue Giant, Frère à louer, Skip Beat, Ranma…

On commence par un livre qui n’est pas un manga, pas une bande dessinée, pas un comics, non, on commence par un livre de recettes. Mais pas n’importe quelles recettes, il s’agit ici des Recettes légendaires de Dragon Ball. Pour ceux qui connaissent la série, rien de très surprenant, pour les autres, une petite explication s’impose. Dans l’oeuvre d’Akira Toriyama, la gastronomie tient une place importante, il n’en fallait pas plus pour que Thibaud Villanova, chef cuisinier et expert en pop culture, dresse un pont entre ses deux passions avec ce livre de cuisine somptueusement illustré. Au menu : effiloché de briquet de boeuf mariné, traditionnel curry japonais au boeuf, bouillon de chou rouge, raviolis végétariens ou encore tentacules de poulpes snackés. (Les recettes légendaires de Dragon Ball, de Thibaud Villanova. Glénat. 20€)

Tout ça ouvre fortement l’appétit ! Alors voici quelques petites gourmandises qui devraient vous rassasier comme cette première oeuvre du Japonais Eri Tsuruyoshi, Blue Phobia, publiée au Japon en deux volumes, proposée en France en un tome unique au format perfect histoire d’apprécier pleinement le style graphique direct et nerveux de l’auteur. L’histoire ? Celle d’un jeune homme qui se réveille dans un laboratoire. Il ne se souvient de rien. Où est-il exactement ? Que fait-il attaché sur ce lit ? Pas le temps de se poser mille questions, une jeune fille au corps teinté de bleu l’aide à sortir du laboratoire. Ensemble, ils vont tenter de fuir l’île qui les retient prisonniers et ses mystères… (Blue Phobia, de Eri Tsuruyoshi. Glénat. 10,75€)

Les deux premiers volets ont été publiés un peu avant les vacances de l’été, la suite est prévue pour le début de l’année 2020, il est donc encore temps de se plonger dans cette aventure qui nous entraîne dans le petit royaume d’Eldura où sévit un despote de premier ordre qui interdit au peuple de fendre l’air par quelque moyen que ce soit. « Tenter de voler comme le font les oiseaux est interdit. Il paraît que le simple fait de les imiter, c’est faire un affront au roi », nous rappelle le héros de cette saga, Knit. Voler… il en rêve pourtant, comme son père, qui en son temps avait construit une machine volante. Il en rêve en secret jusqu’au jour où surgit dans les cieux du royaume un inconnu chevauchant une monstrueuse créature ailée. (Sky Wars, de Ahndongshik. Casterman. 6,95€ le volume)

Nouvelle série chez Delcourt avec ces deux volumes de La Malédiction de Loki parus simultanément au mois de septembre. L’auteur, Hachi, y raconte l’histoire de la jeune orpheline Aisya qui pense avoir un don, celui d’aider les gens en les peignant avec son sang. La rumeur dit qu’une jeune mariée malade aurait ainsi retrouvé la santé, qu’un paysan aurait vu repousser la jambe qu’il avait perdu ou encore qu’un honnête homme ruiné avait retrouvé tout l’argent qu’il lui fallait. Mais ses peintures n’apportent pas que le bonheur et sont bientôt baptisées « les peintures maudites de la sorcière ». Seule, très seule, Aisya créé en peinture le personnage de Loki et lui demande de brûler toutes ses œuvres…(La Malédiction de Loki , de Hachi. Delcourt Tonkam. 7?99€ le volume)

Changement de style et d’univers avec Blue Giant et la sortie du huitième volume sur les dix prévus, une série signée Shinichi Ishizuka. Blue Giant nous embarque dans le monde de la musique et plus spécialement dans celui du jazz en compagnie de Dai Miyamoto qui avec des amis a formé le trio de jazz “JASS”. Leurs performances habitées commencent à attirer le public mais le pianiste Yukinori a été vertement critiqué par une personne du club où il rêve de se produire. « Une performance sans le moindre intérêt ». Mais il faut se relever et Dai va l’y aider… Après Vertical qui traitait de la haute montagne, l’auteur Shinichi Ishizuka offre à ses lecteurs un somptueux voyage au pays du jazz. Pour un public un peu plus adulte. (Blue Giant 8, de Shinichi Ishizuka. Glénat. 7,60€)

Plus embarrassant qu’un chat, qu’un chien ou qu’un lapin, un ours. Bon, celui-ci ne vit pas dans l’appartement de son créateur, le mangaka Koromo. Il vit dans son milieu naturel, la banquise, où il tombe follement amoureux d’un jeune phoque. Oui, ça peut paraître étrange quand on connaît l’attirance du premier pour le second lorsqu’il s’agit de manger mais Koromo souhaite à travers cette histoire impossible lancer un message d’amour universel. Et dans ce second volet, une sérieuse rivale phoque pourrait tout remettre en question. Ahhh l’amour ! Un récit tout mimi ! (Polar Bear in love tome 2, de Koromo. Soleil Manga. 15€)

On ne choisit pas sa famille. Mais peut-on s’en fabriquer une moyennant finances ? Dans cette nouvelle série signée Ichiro Hako, déjà connu au Japon pour ses livres illustrés et ses jeux vidéos, la jeune Kanami va utiliser son héritage pour se payer un frère qui s’occupera d’elle contrairement à son vrai grand frère, odieux depuis la mort de leurs parents. Un premier manga pour l’auteur.  (Frère à louer tome 1, de Hako Ichiro. Delcourt Tonkam. 7,99€)

Énorme succès au Japon, tiré à plus de 10 millions d’exemplaires, adapté en série télévisée de 25 épisodes, Skip Beat! est le premier manga publié en France de Yoshiki Nakamura. Elle y raconte l’histoire de la jeune Mogami Kyôko venue à Tokyo pour accompagner son ami d’enfance Shô qui souhaite percer dans la musique. Mais très vite, Mogami Kyôko se rend compte que Shô abuse de sa gentillesse et la prend pour une bonne… (Skip Beat! tome 40, de Yoshiki Nakamura. Casterman. 6,96€)

Troisième volet de La Lanterne de Nyx et des aventures de Miyo, jeune orpheline qui n’a aucun talent, elle ne sait ni lire ni écrire, sauf celui de voir à qui a appartenu ou va appartenir un objet rien qu’en le touchant. Bon, sur le marché de l’emploi, ce n’est pas très vendeur mais Miyo finit par trouver un job chez Momotoshi, un marchand d’objets importés d’Europe. Une série prévue en six tomes au graphisme de caractère. (La Lanterne de Nyx, de Kan Takahama. Glénat. 10,75€)

On termine avec Ranma 1/2 sixième volet, un manga signé Rumiko Takahashi publié chez Glénat dont les jeunes garçons raffolent. Au menu, une bonne dose d’histoires d’amour, des personnages qui se transforment en animaux au contact de l’eau et des arts martiaux à gogo. Le tome 10 est sorti à la rentrée, le 11 le sera début novembre. (Ranma 1/2 tome 10, de Rumiko Takahashi. Glénat. 10,75€)

Eric Guillaud

12 Avr

Le coin des mangas : Chi mon chaton, Un Shiba en plus!, Globule, Polar bear in love, La Fille du temple aux chats, Une Drôle de famille, Candy & Gigarettes, Ranma 1/2, La lanterne de Nyx

Succès commercial oblige, Chi, le chaton imaginé par Konami Kanata, n’en finit plus de faire des petits. Après l’adaptation de ses aventures en roman, en manga grand format, en dessin animé 3D diffusé sur Piwi, Canal+ et Amazon Prime, le voici sous un nouveau format au sens de lecture européen, huit cases par page à lire de haut en bas. Rien de nouveau sous le soleil côté histoire, il s’agit toujours d’illustrer les pitreries du félin…. (Chi mon chaton, de Konami Kanata. Glénat. 10,75€)

Vous préférez les chiens aux chats ? J’ai ce qu’il vous faut. Il s’appelle Shibako, n’est pas réellement le chien idéal, il est même plutôt moche et n’arrive pas à trouver un maître. Alors, dans l’animalerie où il vit depuis des mois, on imagine un stratagème : l’offrir pour l’achat d’un adorable chiot. Et ça marche, une mamie finit par craquer et emmène les deux chiens pour le prix d’un… (Un shiba en plus!, de Mayumi Muroyama. Soleil Manga, 6,99€)

Et pourquoi pas un lapin ? Celui-cil ou plutôt celle-ci s’appelle Globule et vous la connaissez peut-être déjà. En 2015, le mangaka Mamemoyashi nous racontait son expérience de vie avec cet animal dans un one-shot vendu à plusieurs milliers d’exemplaires. Il y révélait les secrets les plus intimes sur la vie de ce lapin domestique et sur leur colocation dans l’appartement. Il revient avec Globule une vie de jeune lapin, où il raconte les premiers jours de son animal… (Globule une vie de jeune lapin, de Mamemoyashi. Soleil Manga. 6,99€)

Plus embarrassant qu’un chat, qu’un chien ou qu’un lapin, un ours. Bon, celui-ci ne vit pas dans l’appartement de son créateur, le mangaka Koromo. Il vit dans son milieu naturel, la banquise, où il tombe follement amoureux d’un jeune phoque. Oui, ça peut paraître étrange quand on connaît l’attirance du premier pour le second lorsqu’il s’agit de manger mais Koromo souhaite à travers cette histoire impossible lancer un message d’amour universel… (A Polar Bear love, de Koromo. Soleil Manga. 15€)

On change de style même si il est encore ici question de chats. Deuxième volet d’une série en six volumes, La Fille du temple aux chats raconte l’histoire de Gen, un jeune garçon qui visiblement ne supporte plus ses parents. « Du moment que c’était loin de mes vieux, j’étais prêt à vivre n’importe où », clame-t-il. Même dans la cambrousse la plus reculée, même dans un endroit vétuste. Et le voilà débarquant dans le temple où vit sa grand-mère mais aussi… surprise… une jeune-femme d’une vingtaine d’années, Chion, qu’il a connue enfant. De quoi rendre la campagne agréable à ce pur citadin… (La Fille du temple aux chats, de Makoto Ojiro. Soleil Manga. 7,99€)

Aucun animal en vue cette fois mais une drôle de famille, les Honda. Drôle ? Pas tant que ça en fait, plutôt une famille ordinaire, un couple et deux enfants, dont on suit le quotidien forcément mouvementé avec ses bons et moins bons moments. Après Un Drôle de père, la mangaka Yumi Unita explore ici dans une succession d’histoires courtes la vie d’une jeune-femme partagée entre sa vie professionnelle, sa vie de mère et sa vie amoureuse. un premier volume très réussi ! (Une Drôle de famille, de Yumi Unita. Delcourt Tonkam. 9,35€)

Avec sa misérable retraite de flic, Raizo ne peut déjà pas subvenir à ses besoins. Alors, lorsqu’il apprend la maladie de son petit-fils et les frais astronomiques nécessaires pour le soigner ou plus exactement le maintenir en vie, Raizo n’a pas le choix. Il doit trouver un job très rémunérateur. Et il le trouve grâce à une rencontre improbable avec la jeune Miharu, 11 ans, tueuse à gage au service d’une organisation secrète. Un changement de vie radical. (Candy & Cigarettes, de Tomonori Inoue. Casterman. 8,45€)

Et de huit pour Ranma 1/2, un manga signé Rumiko Takahashi publié chez Glénat dont les jeunes garçons raffolent. Au menu, une bonne dose d’histoires d’amour, des personnages qui se transforment en animaux au contact de l’eau et des arts martiaux à gogo. (Ranma 1/2 tome 7, de Rumiko Takahashi. Glénat. 10,75€)

On termine avec La Lanterne de Nyx et les aventures de Miyo, jeune orpheline qui n’a aucun talent, elle ne sait ni lire ni écrire, sauf celui de voir à qui a appartenu ou va appartenir un objet rien qu’en le touchant. Bon, sur le marché de l’emploi, ce n’est pas très vendeur mais Miyo finit par trouver un job chez Momotoshi, un marchand d’objets importés d’Europe. Il revient d’ailleurs tout juste de l’Exposition universelle de Paris. Nous sommes en 1878, la France rayonne et le Japon s’ouvre au monde après 200 années d’isolationnisme. Pour la petite Miyo, cette nouvelle vie qui commence l’emmènera jusqu’à Paris… Une série prévue en six tomes au graphisme de caractère. (la Lanterne de Nyx, de Kan Takahama. Glénat. 10,75€)

05 Nov

Le coin des mangas : Signal 100, Blue Giant, Battle Royale, This is not love thank you, Hana Nochi Hare, La Fille du temple aux chats, Fruits Basket Another et Ranma 1/2

On commence avec du neuf, une série dont le premier tome est sorti en septembre et le deuxième est annoncé pour la fin du mois de novembre. Il s’agit de Signal 100, un récit à suspense d’Arata Miyatsuki et Shigure Kondo prévu en quatre volumes. Et que raconte Signal 100 ? L’histoire d’un professeur, M. Shimobe, malmené par ses élèves, sermonné par sa direction. À bout de nerf, il met en place une terrible vengeance en hypnotisant ses élèves et les soumettant à un jeu sinistre. Pour chacun d’eux, un geste anodin, aussi anodin que de se laver les dents, rire ou manger peut signer leur arrêt de mort. C’est le signal. Il en existe 100, 100 actions à ne surtout pas réaliser. À eux, les élèves, de tout faire pour les éviter… (Signal 100, de Arata Miyatsuki et Shigure Kondo. Delcourt. 7,99€)

Musique à présent avec Blue Giant dont le troisième des dix volets prévus, vient de sortir. Blue Giant nous embarque dans l’univers du jazz en compagnie de Dai Miyamoto, jeune lycéen membre de l’équipe de basket, travailleur à mi-temps dans une station service et surtout fou de jazz depuis des années. « je serai le meilleur jazzman au monde », se dit-il. Et pour cela, Dai Miyamoto bosse énormément, des heures et des heures à souffler dans son saxo, à en oublier la météo, à en oublier l’école, à en oublier les contraintes. Peu à peu, il se fait remarquer, par son professeur de musique et bientôt par ses camarades de lycée pour lesquels il prépare un concert. Après Vertical qui traitait de la haute montagne, l’auteur Shinichi Ishizuka offre à ses lecteurs un somptueux voyage au pays du jazz. (Blue Giant 3, de Shinichi Ishizuka. Glénat. 7,60€)

Battle Royale revient dans une nouvelle édition prévue en huit volumes, chacun d’entre eux réunissant deux tomes de l’ancienne édition. Ajoutez à cela de nouveaux scans des pages et un nouveau lettrage et vous aurez là – peut-être – toutes le bonnes raisons de vous jeter sur cette Ultimate Edition. Pour le reste, rien ne change, l’histoire est bien évidemment la même, celle d’un jeu de massacre organisé par une nation totalitaire d’Aise, 42 élèves de 3e isolés sur une île, 1 seul doit survivre, c’est l’heure des alliances, des trahisons… bref ça bastonne sec. Pour public averti ! (Battle Royale 1, de Koushun Takami et Masayuki Taguchi. Soleil Manga. 15€)

Beaucoup plus « love love », voici le premier volet de This is not love, thank you réalisé par une nouvelle auteure du catalogue Soleil Manga, Yuki Nojin. Prévue en trois volets, cette histoire raconte les aventures de Sara Izumi, 16 ans, une gamine comme les autres qui rêve depuis toute petite de vivre le grand amour, comme dans les films. Sauf que la vie n’a pas grand chose à voir avec le cinéma. Et que parfois, l’amour n’est pas réciproque. Sara en vivra l’amère expérience avec un beau garçon prénommé Tsubasa qui se moquera d’elle. Mais la jeune Sara n’a pas dit son dernier mot… (This is not love, thank you, de Yuki Nojin. Soleil Manga. 6,99€)

L’amour encore, l’amour toujours avec cette série de Yoko Kamio, Hana Nochi Hare, dont le 4e volet vient tout juste de sortir et nous embarque une nouvelle fois pour le lycée d’élite Eitoku, un lycée réservé aux plus riches dans lequel un groupe d’élèves, les Correct 5, s’évertue à débusquer et faire expulser les lycéens pauvres simplement pour préserver la réputation de l’établissement. La jeune Oto Edogawa pourrait être la nouvelle victime. Elle fait tout pour cacher les origines modestes de sa famille, jusqu’au jour où Haruto Kaguragi, leader des Correct 5, découvre que la jeune fille travaille dans une supérette. Ce qui ne les empêche pas de tomber amoureux… (Hana Nochi Hare tome 4, de Yoko Kamio. Glénat. 6,90€)

Premier volet d’une série en six volumes, La Fille du temple aux chats raconte l’histoire de Gen, un jeune garçon qui visiblement ne supporte plus ses parents. « Du moment que c’était loin de mes vieux, j’étais prêt à vivre n’importe où », clame-t-il. Même dans la cambrousse la plus reculée, même dans un endroit vétuste. Et le voilà débarquant dans le temple où vit sa grand-mère mais aussi… surprise… une jeune-femme d’une vingtaine d’années, Chion, qu’il a connue enfant. De quoi rendre la campagne agréable à ce pur citadin… (La Fille du temple aux chats, de Makoto Ojiro. Soleil Manga. 7,99€)

Vous êtes de ceux qui avaient aimé à la folie et dévoré les 23 volumes de Fruits Basket de Natsuki Takaya ? Alors voici Fruits Basket Another, à la fois spin-off et suite de la série culte vendue à plusieurs millions d’exemplaires à travers la planète Manga. Prévue en trois volumes, cette nouvelle série très proche finalement de l’originale, trop pour certains, raconte l’histoire de Sawa Mitoma, lycéenne maladivement timide qui va se retrouver bien malgré elle au conseil des élèves où elle se fait finalement de nouveaux amis… (Fruits Basket Another tome 2, de Natsuki Takaya. Delcourt Tonkam. 7,99€)

On termine avec Ranma 1/2 sixième volet, un manga signé Rumiko Takahashi publié chez Glénat dont les jeunes garçons raffolent. Au menu, une bonne dose d’histoires d’amour, des personnages qui se transforment en animaux au contact de l’eau et des arts martiaux à gogo. (Ranma 1/2 tome 6, de Rumiko Takahashi. Glénat. 10,75€)

Eric Guillaud

02 Juil

Osamu Tezuka : l’oeuvre du dieu du manga rééditée dans une collection prestige aux éditions Delcourt / Tonkam

Osamu Tezuka aurait eu 90 ans cette année. Pour célébrer cet anniversaire, les éditions Delcourt / Tonkam publient les trois premiers titres d’une collection exclusivement dédiée à la réédition des oeuvres emblématiques du « dieu des mangas » comme on le surnomme à juste titre…

170 000 planches, 700 titres… Comme le rappelle en préface Patrick Honnoré, traducteur du japonais, ces seuls chiffres suffisent « à mesurer l’immensité d’Osamu Tezuka » et à justifier ce surnom de « dieu du manga ». « Et il avait même une vie de famille ! », ajoute Patrick Honnoré. C’est dire !

Les chiffres parlent d’eux-mêmes mais rien, il est vrai, ne remplace la lecture de ses livres pour juger pleinement de l’importance et de l’influence qu’a pu avoir le travail d’Osamu Tezuka sur le manga. « Avec Tezuka… », écrit Patrick Honnoré, « le manga passe dès les années 40 d’un récit séquentiel à la grammaire encore sommaire à un moyen d’expression total ». Les récits Ayako d’un côté, publié au Japon au milieu des années 70, et L’Histoire des 3 Adolf de l’autre, publié pour sa part une dizaine d’années plus tard, en sont la preuve la plus éclatante. Ils inaugurent de la plus belle façon qu’il soit la collection consacrée aux chefs-d’oeuvre de l’auteur.

Osamu Tezuka

704 pages pour Ayako, 624 et 736 pages pour les deux volumes de L’histoire des 3 Adolf, de quoi se replonger le temps d’un bon week-end dans l’univers de cet artiste singulier inspiré par la littérature populaire, les comics américains, le cinéma d’une façon générale, les dessins animés de Walt Disney en particulier, à qui d’ailleurs il emprunta les yeux ronds que l’on retrouve aujourd’hui dans quantité de mangas.

Son esthétique trouve son fondement dans toutes ces influences, il suffit de parcourir quelques pages des ouvrages présentement publiés pour en avoir la confirmation. Le graphisme est épuré, aussi simple qu’efficace, presque apaisé, en tout cas moins caricatural que ce que l’on peut trouver dans une partie des mangas contemporains. Un style graphique mais aussi un style d’écriture et un regard sur le monde singulier, humaniste jusqu’au bout de la planche, des histoires qui parlent de l’homme, du monde, de façon relativement positive dans un premier temps et un peu plus sombre dans un deuxième temps. Ses personnages sont les témoins privilégiés d’un Japon en plein bouleversement depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.

Après Ayako et L’histoire des 3 Adolf, devraient paraître La Vie Bouddha, Barbara, MW avant la fin de l’année 2018, puis Phénix, Demain les Oiseaux, Princesse Saphir, Kirihito en 2019. Des heures et des heures de belles lectures en perspective.Chefs d’oeuvre !

Eric Guillaud

L’histoire des 3 Adolf (2 volumes) et Ayako (1 volume), éditions Delcourt / Tonkam. 29,99€ le volume

16 Juin

Le coin des mangas : Un pigeon à Paris, L’Académie musicale Alice, The Legend of Zelda, Blue Giant, Mon voisin Totoro et One Pièce Party

Et on commence par le mythique Mon voisin Totoro. Vous allez me dire que Mon Voisin Totoro est un film d’animation et non un manga. C’est vrai… et faux. D’abord parce qu’il est l’adaptation d’un livre que Miyasaki avait commencé à dessiner dans les années 70. Ensuite parce que le Studio Ghibli a à son tour adapté le film en livre. Certes, ce n’est pas un manga me diront les puristes, c’est un anime comics, en couleurs, mais on ne va pas chipoter et bouder notre plaisir de retrouver cette oeuvre aujourd’hui trentenaire et qui n’a rien perdu de sa magie. Magnifique ! (Mon voisin Totoro, de Miyazaki. Glénat. 15,50€)

Et si vous êtes un inconditionnel de Mon voisin Totoro, un fou de Hayao Miyazaki, alors je ne peux que vous conseiller ce livre paru lui-aussi chez Glénat. L’Art de Mon voisin Totoro nous permet de découvrir les coulisses de la réalisation de l’anime, plus de 170 pages d’illustrations, de croquis, de secrets de conception et d’anecdotes de production. Rigoureusement indispensable. (L’Art de Mon voisin Totoro, de Miyazaki. Glénat. 24,90€).

Changement de style et d’univers avec Blue Giant dont le premier des dix volumes prévus vient de sortir. Blue Giant nous embarque dans le monde de la musique et plus spécialement dans celui du jazz en compagnie de Dai Miyamoto, lycéen membre de l’équipe de basket, travailleur à mi-temps dans une station service et surtout fou de jazz depuis des années. « je serai le meilleur jazzman au monde », s’auto-persuade-t-il lorsqu’il rejoint les berges de la rivière Hirose à Sendai, une grande ville située à 300 km au nord-est de Tokyo, ou il s’entraîne des heures et des heures, à en oublier la météo, à en oublier l’école, à en oublier les contraintes. Mais c’est sa vie qui se joue là, il en est certain même si le chemin vers la réussite ne s’annonce pas vraiment de tout repos… Après Vertical qui traitait de la haute montagne, l’auteur Shinichi Ishizuka offre à ses lecteurs un somptueux voyage au pays du jazz. (Blue Giant, de Shinichi Ishizuka. Glénat. 7,60) .

C’est un retour, un grand retour même insistent les éditions Soleil, que celui de The legend of Zelda avec l’adaptation du jeu vidéo Twilight Princess développé par Nintendo en 2006. Direction le royaume d’Hyrule et plus précisément le paisible village de Toal où on y retrouve le jeune Link, heureux de son intégration dans la petite communauté mais inquiet que son passé resurgisse en même temps que les être maléfiques du monde de la pénombre…  (The legend of Zelda Twilight Princess, de Nintendo et Akira Himekawa. Soleil. 7,99)

Vous avez aimé L’Académie Alice avec ses élèves dotés de pouvoirs spéciaux ? Alors vous aimerez L’Académie Musicale Alice. Prévue en trois tomes, L’Académie Musicale Alice reprend l’univers de la série initiale en le plongeant dans celui de toutes ces comédies musicales qu’adore l’auteure Tachibana Higuchi. L’héroïne Hikari Andô, dépourvue de pouvoirs spéciaux parvient à intégrer cette fameuse école nationale de musique. Elle espère retrouver ainsi son frère Tsubasa enlevé à sa famille et incorporé d’office dans l’Académie. (L’Académie Musicale Alice tome 2, de Tachibana Higuchi. Glénat. 6,90€)

Près de 90 tomes, 900 chapitres, 440 millions d’exemplaires, One Pièce est le manga le plus vendu au monde. Alors forcément, il se retrouve cuisiné à toutes les sauces, en anime pour la télévision dès 1999, en long métrage pour le cinéma, en jeux vidéo… et en spin-off, avec des séries telles que Chopperman chez Kazé Manga et One pièce Party chez Glénat dont voici le 3e volume. Cinq histoires courtes au sommaire et pas mal d’humour… (One pièce party 3, de Eiichiro Oda et Ei Andoh. Glénat. 6,90)

On termine avec le retour de notre pigeon préféré, il est tout blanc, tout rond, déambule dans les rues de Paris et parle japonais. C’est le personnage imaginé par Lina Foujita pour raconter son séjour en France. Partie sur un coup de tête ou presque de son Japon natal, Lina Foujita débarque à Paris avec une énorme valise sur le dos et son tout jeune métier de mangaka dans les doigts. Lorsqu’elle découvre les nombreuses subtilités de la société française et les petites complications quotidiennes de la vie parisienne, elle entreprend de raconter ça en dessin à ses compatriotes dans un manga hyper coloré, drôle et, j’imagine, très instructif pour ceux qui sont restés du côté du soleil levant. Pour nous aussi d’ailleurs ! Un peu ovniesque mais franchement original, un manga documentaire en quelques sortes qui met en scène le choc des cultures. (Un pigeon à Paris, de Lina Foujita. Glénat. 10,75)

Eric Guillaud