27 Jan

Spirou chez les fous de Jul et Libon : Angoulême à la folie

Quand deux grandes pointures de l’humour se réunissent autour d’une aventure de Spirou, il faut s’attendre à tout et surtout au meilleur. Sortez vos camisoles, bienvenue chez les fous…

Attention, attention… Si vous êtes actuellement sur Angoulême, pour le festival international de la bande dessinée ou pour tout autre chose, fuyez ! Une étrange épidémie est tombée sur la ville et risque de vous frapper à tout moment.

On signale déjà ici et là des habitants ayant un comportement étrange, une femme se prenant pour la Castafiore serait venue interpréter L’Air des Diamants nue, complètement nue, devant l’hôtel de ville, d’autres se prendraient pour les Schtroumpfs, Largo Winch, Titeuf ou encore Obélix.

Si vous-même commencez à faire houba houba hop à tout bout de champ, si vous ne pouvez plus supporter autre chose que du whisky en boisson, alors peut-être êtes-vous atteint. Dans ce cas, une seule solution : rejoindre l’hôpital psychiatrique le plus proche, en l’occurrence celui du professeur Herquin-Frangé où sont internés les cas les plus graves et désespères. On y aurait même aperçu un groom se prenant pour Spirou et un blondinet pour Fantasio. C’est dire !

Eric Guillaud

Spirou chez les fous, de Jul et Libon. Dupuis. 12,50€

25 Jan

Festival International de la bande dessinée d’Angoulême 2023 du 26 au 29 janvier : 10 bonnes raisons d’y aller !

C’est LE rendez-vous incontournable de la bande dessinée en France, l’un des plus grands et réputés au monde, il fête cette année ses cinquante ans. Et si vous cherchez encore une bonne raison pour vous y rendre, vous la trouverez ici…

Obélix sous les Bulles du FIBD 2019 • © MaxPPP – Renaud Joubert

1. C’est la cinquantième édition ! Et rien que pour ça, le festival mérite le détour. Lancé en janvier 1974, on ne parlait pas encore de festival mais de salon de la bande dessinée avec tout de même une envergure internationale fièrement affichée, l’événement rassemble près de 10 000 passionnés et quelques pointures du neuvième art, parmi lesquels Hermann, Jacques Martin, Dany, Tibet, Burne Hogarth, André Franquin, Jean Giraud, Alexis, Gotlib, Claire Bretécher, Harvey Kurtzman. Hugo Pratt signe l’affiche. Coup d’essai, coup de maître, la ville d’Angoulême n’est pas encore la capitale mondiale de la bande dessinée comme le prétendit alors le journaliste d’un grand quotidien national mais elle va s’y atteler pour le devenir !

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12 Jan

Pim Pam Poum, retour en enfance et à la naissance des comics strips

Après Hagar Dunor, c’est au tour des petits vauriens de Pim Pam Poum de revenir dans une réédition de qualité du même acabit, après avoir fait le bonheur des lecteurs du Journal de Mickey pendant des décennies. Un vrai bout d’histoire du neuvième art et un premier volume classieux de 250 pages.

Il y a deux niveaux d’intérêt avec ce très beau livre au format ‘à l’italienne’, c’est—dire s’étalant dans le sens de la largeur. Le premier est avant tout historique : sous sa première forme et sous le nom de The Katzenjammer Kids ce strip fut publié à partir de 1897, ce qui en fait l’un des tous premiers de l’histoire. L’autre est purement nostalgique car certains d’entre nous les ont connu dans les pages du Journal De Mickey, magazine où ils sont apparus pour la première fois en 1935-36 avant de revenir trente ans plus tard de façon épisodique, jusqu’en 1989. 

Renommée en VF Pim Pam Poum, cette bande dessinée a contribué à établir certaines des bases sur lesquelles le genre se repose encore aujourd’hui : un cadre unique (l’île imaginaire de Bongo), deux garnements toujours à la recherche de nouvelles bêtises à faire (Hans et Fritz), un souffre-douleur attitré (le Capitaine) plus la petite morale qu’il faut à la fin de chaque épisode.

© Urban Comics / Harold Knerr

Accessoirement, c’est aussi un cas d’école car suite à un désaccord entre leur créateur Rudolph Dirks et son premier éditeur, ce dernier l’a confié à partir de 1912 à un autre dessinateur Harold Knerr. Furieux, Dirks décide de continuer de publier sa version chez un éditeur concurrent. S’en suit un procès dont le jugement fait depuis jurisprudence, statuant qu’un personnage appartient à son éditeur, non pas à son créateur. Ce qui n’a pas empêché les deux séries de continuer d’exister, en parallèle.

© Urban Comics / Harold Knerr

Ce premier volume reprend la version de Knerr et les planches publiées à partir du 20 septembre 1936, soit les plus anciennes retrouvées dans un état jugé suffisamment acceptable. Dirks étant un immigré allemand, il avait glissé dans la version originale pas mal de références à sa culture germanique, notamment dans le choix des prénoms des héros ou dans les dialogues, mélange d’argot américain et allemand. Dans l’excellente introduction de ce volume, le spécialiste Tristan Lapoussière explique que ces traits ont dû être gommés dans la version française pour des raisons pratiques : impossible de retranscrire correctement nombre d’expressions intraduisibles de patois, à moins de les dénaturer. Les héros, aussi, ont été rebaptisés, devenant Pam et Poum, leur tante devenant, elle, Pim. 

© Urban Comics / Harold Knerr

Ces recadrages n’entachent en rien le rendu, bien au contraire. Grâce notamment au superbe travail de reproduction (du même niveau que celui effectué par le même éditeur pour les Dailies de Batman signés Bob Kane) et au séquençage étonnement moderne et dynamique pour un comics des années 30, le tout garde une fraicheur et une simplicité qui transcende assez vite son caractère historique. Oui, peut-être que la façon dont des personnages secondaires, comme le roi Bongo et ses sujets, sont décrits est un chouia caricaturale et cela fera peut-être tiquer ceux qui aujourd’hui considèrent qu’une BD comme Tintin Au Congo est trop colonialiste. Mais il faut remettre les choses dans leur contexte et ne pas oublier que la série s’adressait avant tout à des enfants des années 30, ni occulter le superbe travail de restauration effectué.

Olivier Badin

Pim Pam Poum – 1936 – 1942  de Harold Knerr. Urban Comics. 29 euros.

08 Jan

Ce livre devrait me permettre de réduire les inégalités entre les riches et les pauvres, d’écrire une symphonie et de rembourser ma femme : un mini format au titre qui en dit long signé Sylvain mazas

Les deux premiers volets n’ont jamais permis de résoudre le conflit au Proche-Orient, le troisième tiendra-t-il ses promesses ? Une seule solution pour le savoir : l’acheter, le lire et attendre le suivant…

La barre était haute, l’objectif ambitieux et le résultat forcément incertain. Non, les deux premiers volets de cette série, parus chez Vroum en 2012, 2014 et 2016 pour l’intégrale n’ont pas permis de résoudre le conflit au Proche-Orient, on le saurait, mais ils ont tout de même permis à leur auteur de décrocher un diplôme et accessoirement de trouver une femme. C’est déjà pas mal !

Avec un taux de réussite de 66%, Sylvain Mazas méritait bien d’écrire un troisième volet, c’est chose faite en ce mois de janvier 2023 avec de nouveaux objectifs affichés dès la couverture. Exit le règlement du conflit au Proche-Orient, place à la réduction des inégalités entre les riches et les pauvres, à l’écriture d’une symphonie et au remboursement de sa femme.

Pour permettre à l’auteur de réaliser au moins un de ces objectifs, c’est très simple, jetez-vous sur l’album, ça lui permettra d’empocher un peu d’argent et d’éponger ses dettes. Quant à vous, ça vous permettra de rigoler un bon coup. Car oui, au-delà de son titre à rallonge et son bavardage à tous les étages, ce livre est un concentré d’humour et de réflexions tous azimuts sur notre monde contemporain. 

Vous avez loupé les deux premiers tomes ? Pas de panique, les éditions Delcourt rééditent l’ensemble dans un élan de générosité contrôlé.

Eric Guillaud

Ce livre devrait me permettre de réduire les inégalités entre les riches et les pauvres, d’écrire une symphonie et de rembourser ma femme, de Sylvain Mazas. Delcourt. 10,50€

© Delcourt / Mazas

02 Jan

Sélection officielle Angoulême 2023 : T’Zée, une tragédie africaine de Brüno et Appollo aux éditions Dargaud

Après Biotope et Commando colonial, le tandem Appollo au scénario et Brüno au dessin se reforme autour d’un récit qu’ils auront mis plus de 10 ans à coucher sur le papier, une tragédie contemporaine en cinq actes mettant en scène les derniers instants d’une dictature fictive largement inspirée du parcours de Mobutu…

Ni vraiment documentaire, ni vraiment fiction, un peu des deux à la fois, T’Zée, Une tragédie africaine est un docu-fiction imaginé par Appollo et dessiné par Brüno, docu-fiction qui nous emmène au cœur de la forêt équatoriale, dans le palais d’un dictateur qui vit les dernières heures d’un règne sans partage.

Emprisonné, donné pour mort, T’Zée réapparait dans son palais auprès des siens mais ne pourra qu’assister impuissant à l’effondrement de son régime.

Tragédie en cinq actes largement inspirée du parcours de Mobutu à la tête de la république démocratique du Congo de 1965 à 1997, mais aussi de quelques autres tyrans de l’Afrique noire, T’Zée, Une tragédie africaine sonne plus vrai que vrai, un voyage au cœur de ces puissants qui se pensent au-dessus de tout le monde, aussi mégalomanes que dangereux, aussi impitoyables que pitoyables. Un récit d’une force dramaturgique incroyable magnifiquement mis en images par Brüno, auteur par ailleurs de la série Tyler Cross, et en couleurs par Laurence Croix.

Eric Guillaud

T’Zée, Une tragédie africaine, d’Appollo et Brüno. Dargaud. 22,50€

© Dargaud / Appolo & Brüno

15 Déc

Sélection de Noël : dix BD qui pourraient faire de l’effet sous le sapin

Noël approche à la vitesse de la lumière et vous séchez affreusement question cadeaux ? Pas de panique, voici rien que pour vous une petite sélection de BD en tout genre à glisser sous le sapin le plus proche…

« Mon beau sapin roi des forêts, que j’aime ta verdure… « 

Vous êtes fin prêt(e)s à pousser la chansonnette mais pas vraiment au point question cadeaux ? Nous avons pensé à vous, lu des centaines d’albums et retenu dix d’entre eux, dans tous les styles, tous les formats, tous les prix. À vous de choisir…

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13 Déc

Bloodstar ou quand Richard Corben se frotte au papa de Conan et fait des étincelles

Après HP Lovecraft et Edgar Allan Poe, le grand prix Angoulême 2018 Richard Corben s’est aussi logiquement attaqué en 1975 à l’adaptation d’une œuvre du créateur de Conan le Barbare, Robert E. Howard. Le résultat est un Bloodstar crépusculaire, aujourd’hui enfin réédité plus de quarante ans après une première édition française dans la collection Métal Hurlant.

Extrait de la couverture © Delirium – Richard Corben & Robert E. Howard

Par contre, soyons clairs : même si c’est le nom de Howard qui l’on voit en premier sur la couverture, nous avons bien affaire ici à une œuvre avant tout dominée par Corben. Certes, dans les cas de Poe et Lovecraft, il avait approché le corpus avec révérence, mettant son art avant tout au service des textes originaux, véritables monuments de la littérature fantastique de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle. Or dans le cas de Bloodstar, et plus précisément de la nouvelle qui l’a inspiré La Vallée du Ver parue initialement en 1934, c’est comme si, à l’inverse, il avait décidé de s’attaquer volontairement à une œuvre mineure et peu connue afin de mieux la modeler à sa guise.

© Delirium – Richard Corben & Robert E. Howard

Après, il n’avait pas trop le choix non plus, vu que les éditions MARVEL avait déjà racheté (cher) les droits des personnages les plus connus de Robert E. Howard, en premier lieu Conan bien sûr mais aussi Kull… Cela dit, les thèmes étaient taillés pour lui : après un cataclysme qui a ravagé le globe, la Terre est revenue à l’état sauvage, les survivants étant revenus à une sorte d’âge de pierre, vivant désormais en tribu. Sur son lit de mort, un vieil homme raconte l’histoire de Bloodstar, homme banni par les siens pour avoir osé aimer une femme qui ne lui était pas destinée mais qui, pourtant, décide les sauver de l’extinction.

En soit, cette histoire contient la quintessence de ce qui a toujours été le fil directeur de nombreuses histoires de Corben : un héros solitaire, un destin tragique et solitaire auquel il ne peut se soustraire, la lâcheté des hommes, la transmission etc. En fait, le dessinateur a tellement retravaillé et tellement imprégné de son style l’histoire originale, aussi bien sur le plan graphique qu’en terme de dramaturgie, que la ‘patte’ pourtant en général assez imposante de Robert E. Howard s’efface très vite, lui laissant ainsi toute la place et lui permettant d’accoucher d’un roman graphique avant l’heure de haute volée.

© Delirium – Richard Corben & Robert E. Howard

Bloodstar est donc du pur Corben, superbement servi ici par un travail de reproduction aux petits oignons, mettant plus que jamais tous ses jeux d’ombres et de lumière qu’il affectionnait tant grâce à un noir et blanc classieux. Même lorsque le tout bascule dans l’horreur cosmique, le récit est toujours porté par une espèce de souffle quasi-hollywoodien, surtout dans les pages en préambule où il décrit l’agonie du globe. Oui, du grand Corben, dans une grande édition, encore une fois grâce aux éditions Delirium qui continue avec sérieux de réhabiliter en France depuis 2013 ce grand maître la bande dessinée américaine d’après-guerre.

Olivier Badin

Bloodstar, de Richard Corben & Robert E. Howard. Delirium. 25€

07 Déc

Ma vie d’instit’ : Une BD d’Emy Bill qui sonne l’heure de la récré

Bêtises en tout genre, gros mots à la chaine, enfilade de perles, situations cocasses… Nos chères têtes blondes ont un certain talent pour nous faire rire. En première ligne, l’institutrice et autrice angevine Emy Bill n’en perd pas une miette et nous raconte tout ça et bien plus encore dans une série de bande dessinée…

© Thomas Lebras pour la photo

S’ennuyer ? Jamais. Émilie Billaud aka Emy Bill est professeur des écoles depuis une bonne quinzaine d’années et depuis dix ans à l’école Saint-Pierre à Angers. Elle aime son métier et n’en changerait pour rien au monde.

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01 Avr

BD. Naduah ou le destin tragique de Cynthia Ann Parker retracé dans un slow western du dessinateur nantais Vincent Sorel accompagné au scénario de Séverine Vidal

Vincent Sorel n’est pas un inconditionnel du western, il aurait même quelques retenues à l’égard du genre. Mais le jeune dessinateur nantais accompagné de Séverine Vidal au scénario nous livre avec Naduah un magnifique récit au coeur de la conquête de l’Ouest, le portrait d’une femme forte et déterminée au destin balloté entre deux mondes…

Extrait de la couverture de l’album Naduah

Encore un western diront certains. Mais non ! Ou du moins pas comme on pourrait l’imaginer. Naduah se déroule effectivement pendant la conquête de l’Ouest mais ne raconte pas une histoire de cowboys, de poursuite infernale ou de duel au soleil. Naduah est avant tout l’histoire d’une femme, Cynthia Ann Parker pour les colons blancs, Naduah pour les autochtones comanches, une femme au destin incroyable confrontée toute sa vie à la violence des hommes..

Cynthia Ann Parker n’a que 9 ans lorsqu’elle est enlevée et sa famille massacrée par les Comanches. Renommée Naduah, elle mène la vie normale d’une indienne, épouse Peta Nocona, a trois enfants quand en 1860, 24 ans plus tard, elle est à nouveau capturée, cette fois par une troupe de Texas rangers, et ramenée de force dans le monde des blancs, laissant derrière elle son foyer, son homme, ses enfants. Tout le reste de sa vie, Naduah n’aura qu’une obsession, fuir la communauté des colons pour retrouver les siens, les Comanches…

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14 Mar

Dix BD qu’il faut avoir impérativement lues avant le festival d’Angoulême

Plus que quelques jours, quelques heures, avant la ruée des amoureux du neuvième art vers Angoulême pour la 49e édition du festival. Histoire de se mettre en condition, voici une sélection de dix albums essentiels, dix coups de cœur, dont on vous recommande chaudement la lecture…

Des dizaines de milliers de visiteurs, auteurs, éditeurs ou passionnés, sont attendus à Angoulême pour le Festival international de la bande dessinée à partir de ce jeudi 17 mars, après une édition 2021 annulée en raison de la pandémie et une édition 2022 reportée.

Autant dire que l’impatience est grande de tous les côtés. Que vous y alliez ou pas, nous vous avons concocté une sélection de dix ouvrages qui reflète parfaitement la richesse de ce neuvième art. Autant de pistes pour découvrir d’autres albums, d’autres histoires, parmi les milliers de titres publiés cette année.

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