14 Déc

Chroniques de Noël : Max l’Explorateur, un recueil de strips signés Guy Bara

Noël approche et vous séchez affreusement côté cadeaux ? Pas de panique, les Chroniques de Noël sont là pour vous venir en aide avec des bandes dessinées qui pourraient faire de l’effet au pied du sapin. Comme ce Max l’Explorateur de Guy Bara aux éditions Dupuis, un bel album au format à l’italienne logiquement approprié aux strips…

Son nom ne vous dit peut-être pas grand chose mais il fait partie du club des plus grands cartoonists européens de la deuxième partie du XXe siècle.

Décédé en 2003, Guy Willems, alias Guy Bara, dessinateur humoriste belge de son état, n’a pas laissé des dizaines d’albums à la postérité comme un Franquin ou un Jijé. Il est principalement connu dans le milieu de la bande dessinée pour ses strips de Max l’Explorateur publiés dans une multitude de titres de la presse écrite, en France (France Soir), en Belgique (Le Soir) mais aussi dans une quarantaine d’autres pays à travers le monde, et, entre 1964 et 1985, dans les pages du journal Spirou.

En trois cases, d’un trait simple et efficace, sans un mot, Guy Bara apportait une touche d’humour dans des pages souvent noircies par les malheurs du monde. Ce très bel album publié par les éditions Dupuis nous permet de replonger dans cet univers burlesque et de retrouver ce personnage sympathique, affublé d’un costume de colon belge des années 30, dans une sélection serrée de quelque 285 strips sur plusieurs milliers existants.

Eric Guillaud

Max l’explorateur, de Guy Bara. Dupuis. 55€

© Dupuis / Bara

08 Déc

Demon : La réédition en intégrale du récit complètement déjanté de Jason Shiga !

Vous êtes peut-être de ceux qui ont découvert Demon dès sa parution initiale en France entre octobre 2016 et mars 2018. Pour ma part, je le découvre aujourd’hui à travers cette belle intégrale que les éditions Cambourakis ont eu l’excellente idée de proposer à l’approche de Noël…

Le prix est élevé, certes, mais vous en aurez pour votre argent comme dit mon libraire. 42€ mais plus de 750 pages et une histoire complètement dingue qui se lit quasiment d’une traite, la tête plongée dans le bouquin, avide d’en connaître l’issue. Et quand je dis complètement dingue, je suis peut-être encore loin du compte.

Au centre de tout ? Jimmy Yee, un homme de 44 ans, originaire d’Oakland en Californie, un démon, oui, un démon, du genre à se suicider et se retrouver aussi sec dans la peau d’un autre. Pour bien comprendre la problématique, ne sautez pas les premières pages de l’album (bon ok il faudrait être un peu dingue), on y voit notre homme se pendre haut et court et se réveiller le lendemain frais comme un gardon. Visiblement agacé, il se tire une balle dans la tête et hop même pas une petite migraine au réveil. Il finit par se couper les veines dans sa baignoire mais pas la moindre cicatrice, pas la moindre tâche de sang…

C’est un peu désespérant pour ceux qui pourraient avoir de réelles envies de suicide, pour les autres ça peut servir. À s’échapper d’une prison par exemple en empruntant le corps d’un des matons de service. L’immortalité à côté, c’est plutôt banal, voire has-been.

Un tel pouvoir donne envie d’en savoir un peu plus sur le bonhomme. Ok, on connaît son nom, son âge, sa ville d’origine mais après ? Le FBI a enquêté. « On a parcouru tous ses relevés de carte bancaire des 15 dernières années. Il n’a pas acheté un seul DVD, CD ou bouquin. Pas intéressé par le ciné, les matchs ou la religion. Pas d’amis, ni famille, jamais inscrit sur les listes électorales. A mon avis, braquer la banque d’Oakland, c’est ce qu’il a fait de plus excitant dans sa vie ».

Oui, Jimmy Yee a braqué une banque pour ramasser 12 000 dollars. Alors qu’il a un demi-million sur son compte en banque. Étrange non ? Pas plus que le reste du récit, tout est dingue ici à commencer par le personnage principal et tous ceux qui vont lui courir après pendant plus de 700 pages. Car Demon est aussi drôle que dynamique, c’est un road trip impulsif qui nous embarque dans une course folle à travers la planète. On dirait une aventure du Lapinot de notre Trondheim national sous amphétamine.

Sorti initialement en quatre volumes à la fois chez l’éditeur français Cambourakis et l’Américain First Second, Demon arrive aujourd’hui en un seul morceau, de quoi faire plaisir à tous les amoureux de Jason Shiga, à qui l’on doit déjà Fleep, Bookhunter et Vanille ou Chocolat ? Un graphisme minimaliste, presque simpliste, mais rudement efficace, une narration moderne et une mise en page originale, aérée, propice à un rythme de lecture rapide. Complètement incontournable !

Eric Guillaud

Demon, de Jason Shiga. Cambourakis. 42€

© Cambourakis / Jason Shiga

05 Déc

Winnebago Graveyard : l’horreur (très) graphique en roue libre

Une famille innocente, un endroit perdu qu’on ne peut pas retrouver sur la carte et l’horreur qui, tapie, attend la nuit pour frapper… Le scénariste de 30 Jours de Nuit se fait plaisir en rendant hommage au cinéma d’horreur des années 70 appuyé par une débauche d’hémoglobine… Quitte à aller un peu vite en besogne.

Comment l’horreur surgit-il dans le banal, le quotidien morose ? C’est l’une des deux thématiques de ce délire graphique, l’autre étant de rendre hommage à une certaine frange de l’imaginaire horrifique tel qu’il fut façonné par des réalisateurs comme John Carpenter dans les années 70 mais aussi des faits divers sanglants comme les crimes des adeptes de Charles Manson. En soit, pas de grand scénario, pas de grandes explications sur le pourquoi-du-comment ici. Non, juste la terreur qui s’abat sur une famille recomposée en pleine (re)construction dont la seule erreur est d’avoir voulu arrêter son camping-car (le Winnebago du titre en est d’ailleurs une marque célèbre aux Etats-Unis connue pour ce type de véhicule) pour visiter une fête foraine décrépie quelque part en Californie du Sud…

D’accord, parti de ce postulat a priori basique pour, en quelques pages, comprendre que les personnages sont tombés sur une petite ville gangrenée par une secte satanique dont les soi-disant paisibles habitants sont à la recherche d’innocents à sacrifier est, disons, des plus abrupts. Tout comme la violence graphique, affichée dès l’introduction. D’ailleurs, malgré un scénario signé Steve Niles (30 Jours de Nuit), la construction du récit et surtout son rythme saccadé alternant temps forts et grands moments de vide sont franchement mal foutus, empêchant le lecteur de s’attacher aux héros.

Sauf que paradoxalement, tous ces défauts ne font que mettre plus en valeur le travail de la dessinatrice anglaise Alison Sampson au style assez peu orthodoxe. Architecte de formation, chez elle, même les mouvements les plus rapides sont comme figés, tout comme les expressions faciales, ce qui donne au tout un côté très théâtral. Et comme le coloriste, français, s’en donne à cœur joie niveau couleur et que surtout les passages gore le sont vraiment, le résultat est très grandiloquent. Parfois trop certes car pas soutenu comme il faut par une scénographie en béton armée mais quasi-baroque par moments, sans demi-mesure. Après, ‘condamné’ à un seul tome réparti en quatre chapitres, l’histoire semble hélas un peu trop expédiée, même si comme les films d’horreur de série B dont elle se réclame, la conclusion laisse la porte (grande) ouverte à une potentielle suite. Mais si vous aimez bien mettre beaucoup de sauce tomate dans vos plats et que vous n’avez pas peur de vous salir les mains, Winnebago Graveyard a le mérite d’assumer son rôle de croquemitaine.

Olivier Badin

Winnebago Graveyard, de Steve Niles, Alison Sampson, Stéphane Paitreau et Aditya Bidikar, Glénat, 15,95€

04 Déc

Rampokan : un bijou graphique de Peter Van Dongen réédité chez Dupuis

Forcément, son nom ne vous est pas inconnu, le Néerlandais Peter Van Dongen vient de signer le dessin de la 25e aventure de Blake et Mortimer, La Vallée des Immortels. Mais c’est avec Rampokan qu’il s’est fait connaître en France, une histoire aujourd’hui rééditée en intégrale et en couleurs, un plongeon dans le passé colonial de son pays…

Il n’y a pas que la France à souffrir de son passé colonial, aux Pays-Bas aussi le sujet est douloureux et encore aujourd’hui largement tabou.

Au lendemain de la Deuxième guerre mondiale, les Néerlandais tentent de récupérer leur colonie indonésienne qui sortait d’une longue période d’occupation japonaise et avait proclamé son indépendance unilatéralement à la Libération. Résultat : quatre ans de guerre, près de 160 000 morts et des blessures qui auront bien du mal à cicatriser.

C’est à ce moment précis que débute le récit de Peter Van Dongen, lorsque les Pays-Bas décident d’envoyer leurs troupes pour remettre tout le monde dans le « droit chemin » et éliminer ce « virus nationaliste qui a transformé de paisibles indigènes en meurtriers ».

En 1946, l’intervention de l’armée coloniale ne suffit pas, un contingent de volontaires est envoyé en renfort. Johan Knevel, le héros de cette histoire, en fait partie. Mais lui qui s’est enrôlé pour avant tout retrouver les parfums, les odeurs, les couleurs d’une jeunesse passée dans les jupes d’une nounou néerlandaise se retrouve plongé dans l’enfer d’une guerre qui cache son nom, de simples « opérations policières » pour les Néerlandais, quand nous Français parleront cyniquement un peu plus tard « d’opérations de maintien de l’ordre » en Algérie. Ce n’est d’ailleurs pas le seul point commun avec finalement toutes les guerres d’indépendances. En cela, Rampokan a un petit quelque chose d’universel.

Trois ans de recherche et d’écriture, quatre ans pour la mise en images, Rampokan est un bijou de précision graphique et historique qui fut salué dès sa sortie en 1998, à la fois par la presse néerlandaise, les professionnels de la bande dessinée et le public. Il faut attendre cinq ans pour que l’ouvrage paraisse en France aux éditions Vertige Graphic, deux volumes en bichromie, et quinze années supplémentaires pour le voir édité par un grand éditeur, et une collection prestigieuse, Aire Libre. Une version en couleurs magnifiant le graphisme ligne claire exceptionnel de minutie de Peter Van Dongen.

Eric Guillaud

Rampokan, de Peter Van Dongen. Dupuis. 26€

© Dupuis / Van Dongen

01 Déc

Racontars arctiques : L’adaptation en BD du roman de Jørn Riel ressort en intégrale

Belle surprise aux éditions Sarbacane à la veille de Noël, l’adaptation en BD des Racontars arctiques du Danois Jørn Riel vient d’être rééditée sous la forme d’une très belle intégrale à édition limitée et tirage unique. Un petit bonheur à découvrir ou redécouvrir…

Il y a bientôt deux ans, je rencontrais Hervé Tanquerelle dans son atelier pour parler de l’album Groenland Vertigo qui venait alors de sortir chez Casterman, un album qui racontait sur le mode de l’autofiction un périple de trois semaines au Groenland à bord d’un voilier. Lui, si peu baroudeur, avait accepté de participer à une expédition polaire réunissant une dizaine d’artistes et de scientifiques renommés parmi lesquels l’écrivain Jørn Riel. Avec pour mission de « rendre compte de la beauté, de la diversité, de la complexité des fjords, d’échanger entre artistes et scientifiques ». Groenland Vertigo rendait compte de tout çà et bien plus encore.

Pourquoi je vous raconte ça ? Tout simplement parce que l’auteur nantais y avait été justement invité suite à l’adaptation en BD, par lui-même et par Gwen de Bonneval, du livre de Jørn Riel intitulé Des Racontars arctiques

Et cette adaptation initialement publiée en trois volumes est aujourd’hui rééditée en intégrale aux éditions Sarbacane, une édition annoncée comme limitée et à tirage unique par l’éditeur.

Mais savez-vous ce qu’est un racontar ? « Une histoire vraie qui pourrait passer pour un mensonge, à moins que ce ne soit l’inverse ». Dans les pages de ce livre, Gwen de Bonneval et Hervé Tanquerelle mettent des visages sur des personnages hors du commun, des baroudeurs qui se réchauffent à la gnôle et racontent des histoires incroyables, improbables, tellement vraies et fausses en même temps. « Ouvrir ce livre… », confie Jørn Riel en ouverture, « est comme ouvrir la porte du monde arctique tel que je l’ai connu il y a tant d’années. Les trappeurs de ces dessins sont exactement comme je les ai découverts jadis, et de les retrouver ainsi a été une surprise et la source d’une grande joie ».

Racontars arctiques est une plongée au coeur du Groenland, avec ses chasseurs trappeurs barbus, ses ours, ses phoques, ses étendues blanches à perte de vue et même une femme imaginaire, oui, le tout filtré par un Gwen de Bonneval soucieux de préserver l’essence même du texte de Jørn Riel et la truculence des personnages, et mis en images par le jolie coup de pinceau d’Hervé Tanquerelle, des pages en noir et blanc, avec des nuances de gris à l’aquarelle… 380 pages de bonheur, de quoi réchauffer vos longues soirées d’hiver. En bonus, 10 pages d’études graphiques, dessins et aquarelles extraits du carnet de croquis d’Hervé Tanquerelle.

Eric guillaud

Racontars arctiques – L’intégrale, de De Bonneval, Tanquerelle et Riel. Sarbacane. 25€

30 Nov

REPORTAGE. Fred Duval et Emem sélectionnés pour le festival de bande-dessinée d’Angoulême

La rédaction de France 3 Normandie Rouen a rencontré les deux Normands Fred Duval et Emem auteurs avec le Nantais Fred Blanchard du premier volet de Renaissance, retenu dans la sélection officielle d’Angoulême 2019. Comme les 44 autres albums, le premier des trois volets de Renaissance concourra pour les quatre prix de la sélection officielle, à savoir le Fauve d’Or – Prix du meilleur album, le Fauve d’Angoulême – Prix Spécial du Jury, le Fauve d’Angoulême – Prix de la Série et le Fauve d’Angoulême – Prix Révélation…

 Reportage France 3 Normandie – M. Fourrier / P. Cornily

20 Nov

Angoulême 2019 : la sélection officielle du Festival International de la Bande Dessinée dévoilée

Le Festival International de la Bande Dessinée vient de dévoiler la sélection officielle des albums en compétition pour sa 46e édition qui se tiendra du 24 au 27 janvier 2019…

Extrait de l’affiche 2019 / Taiyou Matsumoto

45 albums ont été retenus dans la sélection officielle, parmi lesquels Andy, Un conte de faits de Typex, L’Arabe du futur tome 4 de Riad Sattouf, Les Grands espaces de Catherine Meurisse, Deux Femmes de Song Aram, Heimat de Nora Krug, Indélébiles de Luz, le tome 1 de Renaissance de Emem, Duval et Blanchard, Bolchoi Arena de Boulet et Aseyn, Charlotte impératrice de Fabien Nury et Matthieu Bonhomme, le treizième tome de Théodore Poussin de Frank Le Gall ou encore le Spirou d’Émile Bravo, L’espoir malgré tout.

Ces 45 albums concourront pour les quatre prix de la sélection officielle, à savoir le Fauve d’Or – Prix du meilleur album, le Fauve d’Angoulême – Prix Spécial du Jury, le Fauve d’Angoulême – Prix de la Série et le Fauve d’Angoulême – Prix Révélation.

Par ailleurs, le festival a également dévoilé les 10 albums qui seront en compétition pour le Prix Jeunesse, les huit albums pour le Prix du Patrimoine et les 5 albums pour le Prix du Polar SNCF. La sélection complète et détaillée est disponible ici

Eric Guillaud

18 Nov

Un bébé à livrer, la réédition du premier album de Benjamin Renner

Ce n’est pas tous les jours qu’on a un bébé à livrer. Aussi, l’auteur Benjamin Renner a-t-il sorti les grands moyens pour cette mission, un trio de bras cassés qu’on a déjà croisé dans l’album Le Grand méchant renard. Et bien sûr, ce qui ne devait être qu’une petite formalité prend soudain une tournure inattendue…

La science ayant considérablement avancé ces dernières années, nous savons tous désormais que les bébés n’arrivent pas par l’opération du Saint-Esprit, ni par La Poste mais grâce aux cigognes. Sauf que celle de Benjamin Renner a une aile cassée qui la cloue au sol. Pas d’aile, pas de bébé !

Le hasard faisant – parfois – bien les choses, un cochon, un canard et un lapin passant dans le coin vont accepter, un peu contre leur gré quand même, de prendre en charge le fameux bébé. Pensant l’affaire facile à réglée, nos trois lascars prennent la direction d’Avignon où Monsieur et Madame Duchamel attendent avec impatience leur progéniture. Mais au fait, « C’est où ça Avignon? », s’interroge le lapin, « Par ici ou par là ? ». Et de demander leur route à un cheval qui a forcément dû voyager dans sa vie…

Un Bébé à livrer est le premier album de Benjamin Renner, initialement publié en 2011 aux éditions Vraoum!. Après le succès du Grand méchant renard, 150 000 exemplaires vendus, Fauve jeunesse au festival d’Angoulême en 2016, le voici donc réédité pour notre plus grand plaisir chez Delcourt. Un road trip complètement déjanté !

Eric Guillaud

Un bébé à livrer, de Benjamin Renner. Delcourt. 19,99€

© Delcourt / Renner

17 Nov

Lou et Julien Neel en route pour de nouvelles aventures

Initialement annoncée pour novembre 2017, la sortie du huitième volet de Lou! avait finalement été retardée d’un an au plus grand désespoir des centaines de milliers de fans. Mais nous y sommes ! Le Jour J, c’est le 21 novembre. Plus que quelques jours, quelques heures, juste assez de temps pour revenir sur l’histoire d’un succès…

Un succès d’édition

Huit tomes, trois millions d’exemplaires vendus, des traductions dans près de 20 langues. Ces trois chiffres parlent d’eux-mêmes. Lancées en 2004 par Julien Neel, alors âgé de 27 ans, les aventures de Lou rencontrent très vite le succès. Le premier tome remporte en 2005 le Prix jeunesse du festival d’Angoulême. Même chose pour le cinquième tome en 2010. Le sixième reçoit le Prix Saint-Michel Humour en 2013. Enfin, la série a été désignée 2e meilleure bande dessinée jeunesse de la décennie 2000-2009 par les internautes.

De la bande dessinée au ciné

Une histoire simple et contemporaine, des personnages attachants, des albums qui se vendent comme des petits pains, des récompenses… Il n’en fallait pas plus pour que la télévision et le cinéma lorgnent sur la série. Une première adaptation est imaginée pour la télévision, 52 épisodes diffusés sur Disney Channel et M6 entre 2009 et 2010.

Et puis c’est au tour du cinéma. Julien Neel en signe lui-même la réalisation. Le film baptisé Lou! Journal infime sort en 2014 avec Lola Lasseron dans le rôle titre et Ludivine Sagnier dans celui de la mère. Huit millions de budget et au bout du compte une adaptation franchement réussie.

En route vers de nouvelles aventures

Avec ce huitième volume disponible le 21 novembre dans toutes les bonnes librairies, Julien Neel opère un tournant. « J’ai voulu le tourner au maximum vers l’avenir… », explique-t-il, « c’est d’ailleurs pour ça qu’il s’appelle En route vers de nouvelles aventures ».

Lou a désormais 18 ans, l’âge de l’émancipation, de la liberté, de la découverte de soi et des autres, l’âges aussi des expériences. C’est le moment pour elle de voyager seule. La voilà partie sur la route pour un road trip initiatique, sans sa mère, loin de son petit frère et de son univers.

Un album de transition

Dans le fond et dans la forme, cette nouvelle aventure s’éloigne sensiblement des précédentes. « J’ai cru pendant longtemps que ce huitième tome serait le dernier. Aujourd’hui, je le vois plus comme un tournant, un départ vers quelque chose de différent et en même temps complètement dans la continuité de la série (…) J’ai eu l’idée de relancer la série pendant l’écriture de ce tome 8 où j’ai trouvé une nouvelle fin, plus ouverte. Et puis comme je le dis toujours, mes histoires sont liées, connectées à ma vie. Il s’est passé un certain nombre de choses pendant les 2 ans que j’ai passés à faire cet album qui font que cette fin a, elle-même, été altérée en plein milieu de l’album! »

L’avenir de Lou… et de Julien Neel

En route vers de nouvelles aventures marque la fin d’un cycle, pas la fin de la série. Mais avant de retrouver l’héroïne dans un neuvième album, Julien Neel à d’autres projets, une série de petits livres jeunesse inscrite dans l’univers de Lou!, des projets audiovisuels et des petites aquarelles elles-aussi tournant autour de l’univers de la série.

Eric Guillaud

Lou!, En route vers de nouvelles aventures, de Julien Neel. Glénat. 10,50€ (sortie le 21 novembre)

16 Nov

Madame, grand reporter : le chat de Nancy Peña sort les griffes

Madame est peut-être un chat de gouttière comme le présument certaines mauvaises langues mais c’est un chat qui a des tuyaux, une patte tranchante et un oeil affuté. Bref, de quoi se faire embaucher comme reporter au journal Le Monde…

Et il s’y est fait embaucher le chat, 9 mois, le temps d’un CDD au sein de La Matinale qui lui a permis de poser son regard et sa griffe sur l’actualité de notre planète et pas seulement dans la rubrique des chiens écrasés. Et même si cette actualité n’est pas toujours drôle, le chat Madame et sa maîtresse Nancy Peña ont le don de nous rendre tout ça un peu plus léger.

Et tout y passe : Les Euroseptiques, les JO de 2024, le Brexit, Harvey Weinstein, la Catalogne, les nourrissons contaminés par du lait en poudre, les inondations, les Zadistes de Notre-Dame-des Landes, la grève des cheminots, Trump bien sûr…

C’est drôle, c’est surtout très lucide et un brin narquois. Après L’année du chat, Un temps de chien, ce troisième volume devrait vous permettre de voir le monde, la vie, le quotidien, d’un œil félin. Et si vous n’avez pas assez des 80 pages et autant de strips proposés dans ce mignon petit format broché en bichromie, vous pourrez toujours vous rabattre sur le blog de Madame toujours actif.

Eric Guillaud

Madame, grand reporter, de Nancy Peña. La Boîte à bulles. 9,90€

© La Boîte à bulles / Le Monde / Nancy Peña