21 Fév

Nouveauté 2025. Aquablue : retour sur la planète bleue avec Fred Duval, Stéphane Louis et Véra Daviet

N’ayons pas peur des mots : nous avons là l’une des plus grandes séries de science-fiction de la bande dessinée francophone qui a inspiré et continue d’inspirer aujourd’hui encore de nombreux auteurs, Aquablue est de retour avec un dix-neuvième épisode emmené une nouvelle fois par Stéphane Louis au dessin et par un petit nouveau qui n’en est pas vraiment un au scénario, Fred Duval…

Les choses ont bien changé depuis le lancement de la série en avril 1988. À commencer par la révolution numérique qui a profondément modifié nos vies. Mais une chose n’a pas évolué, ou plutôt si, elle a empiré, c’est cette capacité qu’ont les hommes à détruire l’environnement pour posséder toujours plus.

Retour vers le futur ! Un futur imaginé par Thierry Cailleteau au scénario et Olivier Vatine au dessin avec, dans le rôle-titre, Aquablue, une planète bleue, couverte essentiellement d’océans et habitée par une communauté de pêcheurs pacifiques. Le seul terrien dans les premières pages de l’album d’ouverture s’appelle Nao. Il est l’unique rescapé d’un naufrage spatial et a été élevé par les indigènes. Une vie de rêve jusqu’à l’arrivée d’autres Terriens ambitionnant de créer sur la planète un complexe industriel aux conséquences environnementales forcément désastreuses. Pour Nao et le peuple d’Aquablue, c’est le début d’une longue résistance à armes inégales.

© Delcourt / Duval, Louis & Daviet

Trente-sept ans et quelques péripéties plus tard, Nao reste au cœur des aventures, malgré les multiples changements d’auteurs et le décès de Thierry Cailleteau. Pour ce 19ᵉ volet, Stéphane Louis, déjà présent sur l’épisode précédent, reprend les pinceaux, tandis que Fred Duval, auteur prolifique de près de 200 albums, dont de nombreux récits de science-fiction (Carmen Mc Callum, Travis, Renaissance, Apogée…), signe le scénario. Un parcours impressionnant qui lui a valu d’être nommé chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres en 2020.

Un parcours qui a surtout débuté dans les années 90 dans le petit cercle formé alors par quelques auteurs rouennais dont faisaient partie Olivier Vatine et Thierry Cailleteau, les créateurs d’Aquablue. Autant dire que ce n’est pas tout à fait un hasard si on le retrouve aujourd’hui à la tête de la série, Fred Duval était l’homme de la situation.

© Delcourt / Duval, Louis & Daviet

Et l’histoire de ce nouvel épisode ? On retrouve avec plaisir l’univers qui a fait le succès de la série, les personnages, les décors, les vaisseaux spatiaux, une bonne dose d’action, une pointe d’humour et la belle petite touche écolo qui a fait la différence depuis le début, ici la mort mystérieuse de plusieurs Uruk Uru, ces monstres marins vénérés par la population locale. Pour en découvrir les raisons, Nao va devoir enfreindre l’interdiction qui lui est faite de mettre les pieds sur Aquablue et tenter par la même occasion de renouer le dialogue avec son fils Ylo. Et l’affaire ne sera pas des plus simples !

Côté graphisme, Stéphane Louis s’en sort très bien avec un dessin qui ne joue pas l’esbroufe mais vise l’essentiel, l’efficacité avant tout, les couleurs de Véra Daviet faisant le reste du boulot. Du divertissement avec un D majuscule !

Eric Guillaud

Clandestin, Aquablue tome 19, de Duval, Louis, et Daviet. Delcourt. 15,50€