18 Déc

Chroniques de Noël : Ma vie d’artiste, un récit autobiographique de mademoiselle Caroline

Et sinon ma chérie, c’est quoi ton vrai métier ? Combien d’artistes ont été un jour confrontés à cette question, tantôt posée avec un brin de naïveté, tantôt avec un vrai fond de méchanceté. Cette question, Mademoiselle Caroline la balaie d’un silence qui veut tout dire et passe à la suite, à savoir comment on devient artiste. Ça, c’est une vraie question. Et Ma vie d’artiste y répond…

Artiste, Mademoiselle Caroline l’est assurément. Un vrai métier, une vraie passion, des études, de longues études même, du travail, beaucoup de travail, et des albums.

De Chute libre à La Différence invisible, de Enceinte! C’est pas une mince affaire à Maman?! Quoi encore ?, de Quitter Paris à Je commence lundi, le régime anti-régime!, Mademoiselle Caroline s’est fait un nom dans le genre autobiographique tendance drôle.

Mais elle sait aussi aborder des thèmes plus graves comme la dépression ou l’autisme (en compagnie de Julie Dachez) avec tact, avec légèreté, et toujours avec bonheur.

Dans ce nouvel opus, Mademoiselle Caroline nous raconte SA vie d’artiste, son parcours pour arriver là où elle est aujourd’hui. Depuis sa plus tendre jeunesse, ses premières feuilles griffonnées en regardant Récré A2 à la télévision, jusqu’à la parution de ses premiers albums chez City puis chez Delcourt. La consécration ! 3 T dans Télérama, une équipe complète aux petits soins de ses livres, des tournées de dédicaces, la rencontre avec le monde du neuvième art…

Et c’est là que l’album devient très intéressant. Mademoiselle Caroline nous raconte son quotidien, les festivals à courants d’air, les dédicaces sur tirage au sort, les libraires BD qui se prennent pour Flynn Rider, le beau gosse de Raiponce, le regard des hommes peu habitués à voir des auteurs femmes, les bouquins qui se vendent ou pas, l’argent que ça rapporte ou pas, les illusions et désillusions…

Et pour raconter ce parcours, Mademoiselle Caroline adapte son dessin à chaque période de SA vie d’artiste. Un trait enfantin en noir et blanc pour sa prime jeunesse, en couleurs quand on lui offre sa première boîte de crayons, plus affirmé lorsqu’elle est admise à l’école Penninghen, un dessin sur fond sombre lorsque la technique est à l’étude ou à la mode, et enfin le style graphique qu’on lui connaît aujourd’hui lorsqu’elle devient officiellement auteure de BD. Oui, auteure de BD. Ce n’est pas un gros mot. Et si vous vous demandez encore ce qu’est son vrai métier, alors reprenez la lecture de cette chronique à son début.

Eric Guillaud

Ma Vie d’artiste, de Mademoiselle Caroline. Delcourt. 19,99€

© Delcourt / Mademoiselle Caroline

17 Déc

Chroniques de Noël : Violette Morris ou le destin d’une femme pas comme les autres par Galic, Kris et Rey

On le sait, il n’y a pas eu que des héros résistants pendant la guerre, certains et certaines ont délibérément choisi le camp de la collaboration avec l’Allemagne nazie. Violette Morris est l’une d’entre elles, une force de la nature qui déroula une extraordinaire carrière sportive avant de prendre un chemin bien sombre. Ce livre est une fiction, une enquête imaginaire autour du personnage…

Athlétisme, football, cyclisme, natation… et même sport automobile, Violette Morris a marqué le sport des années folles en remportant une quantité incroyable de prix, une championne multicartes connue pour ses exploits bien sûr mais aussi pour un physique et un caractère atypiques.

Mais son destin a basculé en 1936 à l’occasion des Jeux Olympique de Berlin. Approchée par les Allemands, elle devient alors espionne pour le compte de l’Allemagne nazie et travaillera un peu plus tard pour la SS et la Gestapo française, gagnant son surnom de Hyène de la Gestapo.

Cette histoire prévue en quatre tomes est signée par les auteurs d’Un maillot pour l’Algérie paru il y a deux ans aux éditions Dupuis, Javi Rey au dessin, Bertrand Galic et Kris au scénario. Et le résultat est tout aussi réussi. Violette Morris, à abattre par tous moyens raconte la vie de cette femme hors du commun à travers une enquête sur son assassinat sur une petite route de la campagne normande en 1944, une enquête menée par un personnage fictif cette fois, la détective juive Lucie Blumenthal.

Graphisme, couleurs, scénario… que du bon pour ce récit qui nous plonge au coeur de l’histoire du XXe siècle.

Eric Guillaud

Violette Morris (tome 1), de Galic, Kris et Rey. Futuropolis. 16€

14 Déc

Chroniques de Noël : Black in white America : quand l’éditeur de BD Steinkis fait dans la photographie

Noël approche et vous séchez affreusement côté cadeaux ? Pas de panique, les Chroniques de Noël sont là pour vous venir en aide avec des bandes dessinées qui pourraient faire de l’effet au pied du sapin, des bandes dessinées mais pas seulement. Voici un livre autour des photos de Leonard Freed sorti chez un éditeur plus connu sur ce blog pour son catalogue de bandes dessinées…

Ne cherchez pas, ce livre Black in white America n’a aucun lien avec le neuvième art si ce n’est effectivement l’éditeur qui s’est fait un nom sur le marché du livre avec des bandes dessinées.

Mais, comme le rappelle son site internet, Steinkis publie des livres qui « déclinent les thèmes des relations entre les peuples, les cultures, les civilisations ; des questions d’identité et d’appartenance ou du rôle et de l’intégration des minorités, qu’elles soient religieuses, ethniques, sexuelles, etc ».

Black in white America s’inscrit pile-poil dans ce créneau-là. Il s’agit d’un reportage photographique de Leonard Freed, publié initialement en 1968 après six années passées à sillonner les États-Unis et à amasser une conséquente collection de clichés autour de la vie quotidienne des Noirs, un périple qui l’a entraîné de la Louisiane à New York, en passant par la Géorgie, la Caroline du Nord ou la Virginie.

Dans ces photos, on y lit bien évidemment la misère du peuple noir encore soumis à la ségrégation raciale mais aussi ces moments de bonheur qui émaillent forcément toute vie, ici des enfants jouant autour d’une bouche à incendie, là des musiciens de jazz, des femmes endimanchées ou des sportifs, et puis ces moments de lutte, de joie intense et d’espoir aux côtés du révérend Martin Luther King ou durant la marche sur Washington pour les droits civiques.

Des photos prises su le vif qui hier témoignaient du bienfondé et de l’urgence du mouvement des droits civiques et aujourd’hui d’un passé qui a profondément marqué le pays au point que, comme le souligne la préface, « la question raciale demeure enracinée dans conscience nationale américaine ». Forcément riche d’enseignements !

Eric Guillaud

Black in white America, de Leonard Freed. Steinkis. 35€

Chroniques de Noël : Max l’Explorateur, un recueil de strips signés Guy Bara

Noël approche et vous séchez affreusement côté cadeaux ? Pas de panique, les Chroniques de Noël sont là pour vous venir en aide avec des bandes dessinées qui pourraient faire de l’effet au pied du sapin. Comme ce Max l’Explorateur de Guy Bara aux éditions Dupuis, un bel album au format à l’italienne logiquement approprié aux strips…

Son nom ne vous dit peut-être pas grand chose mais il fait partie du club des plus grands cartoonists européens de la deuxième partie du XXe siècle.

Décédé en 2003, Guy Willems, alias Guy Bara, dessinateur humoriste belge de son état, n’a pas laissé des dizaines d’albums à la postérité comme un Franquin ou un Jijé. Il est principalement connu dans le milieu de la bande dessinée pour ses strips de Max l’Explorateur publiés dans une multitude de titres de la presse écrite, en France (France Soir), en Belgique (Le Soir) mais aussi dans une quarantaine d’autres pays à travers le monde, et, entre 1964 et 1985, dans les pages du journal Spirou.

En trois cases, d’un trait simple et efficace, sans un mot, Guy Bara apportait une touche d’humour dans des pages souvent noircies par les malheurs du monde. Ce très bel album publié par les éditions Dupuis nous permet de replonger dans cet univers burlesque et de retrouver ce personnage sympathique, affublé d’un costume de colon belge des années 30, dans une sélection serrée de quelque 285 strips sur plusieurs milliers existants.

Eric Guillaud

Max l’explorateur, de Guy Bara. Dupuis. 55€

© Dupuis / Bara

20 Déc

Chroniques de Noël. Un peu de politique entre la dinde et la bûche

Trump-enorme-1Aïe ! Noël approche à la vitesse de la lumière et vous séchez affreusement question cadeaux? Alors voici rien que pour vous une sélection de BD qui feront à coup sûr de l’effet au pied du sapin et animeront peut-être la fin de soirée.

Et si on parlait politique ! En commençant par ce qui se passe à l’étranger histoire de ne pas se fâcher trop vite et par un homme qui fait finalement l’unanimité contre lui. Je veux parler bien sûr de Trump. Vous le trouvez caricatural ? Garry B. Trudeau explique en ouverture de son livre Énorme! 30 ans de BD-enquête sur Trump que pour certains Trump est même au-delà de la satire et que « les professionnels savent très bien qu’il est en fait la satire incarné, pure, brute, disponible pour tous ceux qui veulent s’en servir et samuser. Pour cela, nous lui sommes reconnaissants. Pour notre pays, malheureusement, c’est à pleurer ».

Et il sait de quoi il cause Gary B. Trudeau, ça fait seulement 30 ans qu’il le croque à toutes les sauces. il en a même fait le personnage principal de Doonesbury, comics strip humoristique diffusé dans plus de 1400 journaux et qui lui valut sept prix prestigieux, dont le Pulitzer du dessin de presse. Oui quand même !

À l’époque des premiers strips, Trump n’était bien évidemment pas président9782818941393 des États-Unis mais – qui s’en souvient ? – l’homme avait déjà des velléités de ce côté-là. Pouvoir, argent, luxe, femmes… finalement, l’homme a peu changé en trois décennies, peut-être est-il juste un peu plus riche, une peu plus odieux, un peu plus misogyne qu’à ses débuts. Pour le reste, il suffit de lire ce livre qui réunit les meilleurs strips et vous comprendrez qu’on savait déjà tout du zigoto et qu’il n’y a finalement aucune surprise.  Énorme! 30 ans de BD-enquête sur Trump, Garry B. Trudeau. Hachette Comics. 19,95€

On revient sur nos terres avec Le Député – La noble assemblée, une bande dessinée de Xavier Cucuel et Al Coutelis qui à défaut d’être très marquée idéologiquement nous permet de pénétrer le Palais Bourbon, d’en découvrir la face cachée, les coulisses de la démocratie en quelques sortes, mais aussi les coutumes, les règles non écrites, le protocole et bien évidemment les secrets, les coups bas, les luttes d’influence…

L’histoire ? Celle d’un médecin de campagne, Jean-René Galopin, maire d’un petit village d’Aquitaine, qui décide un beau jour de se présenter sans étiquette à une législative partielle qu’il remporte. Dès le lendemain matin, le député fraichement élu débarque à Paris, direction l’Assemblée nationale où il va vite devoir prendre ses marques et de l’assurance pour faire – ce qu’il a promis – de la politique autrement. Le Député – La noble assemblée est une fiction mais une fiction qui s’appuie très fortement sur la réalité grâce à l’aide d’un homme qui connaît par coeur le Palais Bourbon et les rouages du monde politique, Jean-Louis Debré, qui en plus d’avoir fourni Couv_309893aux auteurs toutes les clés du lieu signe une préface. Passionnant ! Le Député – La noble assemblée, Xavier Cucuele et Al Coutelis. Éditions Bamboo. 21,90€

Le livre de David Servenay et Thierry Martin ne raconte pas une affaire d’état mais une affaire d’états. Avec un S. Car elle implique deux pays, la France et Djibouti, et deux chefs d’états, Jacques Chirac et Ismaël Omar Guelleh. Au centre de cette affaire, un homme, le juge Borrel qui se serait suicidé pour les uns, qui aurait été assassiné pour les autres. Nous sommes en octobre 1995, son corps est retrouvé partiellement brûlé à Djibouti où il occupait officiellement le poste de conseiller du ministre de la justice. Première à défendre la thèse de l’assassinat, sa femme, Elisabeth Borrel qui pendant des années et des années se bat pour que surgisse la vérité. Face à elle, deux états, deux raisons d’états, à ses côtés deux avocats et quelques journalistes dont David Sevenay qui enquête pendant des années sur l’affaire jusqu’à ce qu’il en soit débarqué par la direction de RFI, sur ordre de l’Elysée précise-t-il.

C’est cette histoire que David Savenay raconte ici avec le dessinateur Thierry Martin, une histoire éminemment politique qui ne trouve toujours pas d’issue judiciaire même si de nouvelles expertises ont cet été encore confirmé la thèse de l’assassinat. Un livre très instructif complété par une interview d’Élisabeth Borrel et de son avocat Olivier Morice.

Une affaire d’états, de David Servenay et Thierry Martin. Éditions Soleil. 17,95€

Eric Guillaud

19 Déc

Chroniques de Noël. Sexe et recettes inavouables, deux BD qui osent !

dirtybiologyAïe ! Noël approche à la vitesse de la lumière et vous séchez affreusement question cadeaux? Alors voici rien que pour vous une sélection de BD qui feront à coup sûr de l’effet au pied du sapin.

Depuis la nuit des temps, les hommes et les femmes font du sexe. Oui oui, ne jouez pas les pudibonds ! Sinon, comme le souligne l’un des auteurs de ce livre intitulé Dirtybiology La Grande aventure du sexe, nous ne serions pas là, nos parents n’auraient pas été là non plus, ni nos arrières grands-parents, bref l’espèce humaine n’existerait pas. Mais savez-vous ce qu’est vraiment le sexe ? Physiquement peu-être mais scientifiquement ? C’est la mise en commun de l’identité de deux individus qui en produit un troisième, différent.

Avec beaucoup d’humour mais aussi une grande précision scientifique, Léo et Colas Grasset répondent à toutes les questions que l’on peut se poser. Qu’est- ce que le sexe? Est-ce que ça a toujours existé ? A quoi ça sert ? Peut-on faire du sexe sans sexe ? Une adaptation en BD de la chaîne YouTube aux centaines de milliersc1775f40cd820666319723227f1899f6 d’abonnés et aux millions de vues. Dirtybiology La Grand aventure du sexe, de Léo et Colas Grasset. Éditions Delcourt. 19,50€

Après le sexe, direction la cuisine – en général, ça ouvre l’appétit – avec Les recettes inavouables illustrées. Pourquoi inavouables ? N’imaginez surtout pas qu’elles ont quelque chose que la morale réprouve. Non, plus simplement, ces recettes sont du genre très – trop? – faciles « tellement rapides, tellement faciles, tellement bon marché qu’on ose à peine les appeler recettes », préviennent les auteures, Seymourina Cruse Ware et Anne-Sophie Constancien. Et pourtant, en vrac, on découvre comment faire du canard à l’orange, du crumble de sardines, du dauphinois de saumon ou encore du porc laqué au carambar, le tout en deux trois coups de cuillère à pot et avec des beaux dessins. Miam… Les Recettes inavouables illustrées, de Cruse et Constancien. Éditions Delcourt. 18,95€

Eric Guillaud

16 Déc

Chroniques de Noël. Une année pour méditer, dessiner ou travailler. 3 BD, 3 approches de la vie…

Une-annee-pour-mediter-365-pensees-illustreesAïe ! Noël approche à la vitesse de la lumière et vous séchez affreusement question cadeaux? Alors voici rien que pour vous une sélection de BD qui feront à coup sûr de l’effet au pied du sapin

L’année 2018 sera celle du changement. En tout cas,  l’auteur anglais – et bouddhiste – Mike Medaglia nous a concocté pour cela un livre, petit par le format mais grand par l’ambition, réunissant 365 pensées illustrées, autant d’invitations à la méditation et à la pleine conscience.

Un jour, une pensée, celle du 4 janvier est signée de la romancière britannique George Eliot, de quoi se mettre de bonne humeur le matin…

« Il n’est jamais trop tard pour devenir ce que tu aurais pu être »

George Eliot, Anne Frank, Groucho Marx, Oscar Wilde, Vincent Van Gogh, Mère Teresa, Jack Kerouac, Gabriel Garcia Marquez ou encore Mark Twain, Mike Medaglia est allé chercher ses pensées auprès des écrivains mais aussi des philosophes, des personnalités religieuses, artistiques, politiques ou autres.2b5be04b172c195ad4ba6091a8492418

« Une bonne citation peut changer un point de vue, ne serait-ce qu’une seconde. Elle peut donner de l’espoir, inspirer le changement, faire rire et rappeler la richesse de la vie », nous explique Mike Medaglia en introduction. De quoi méditer ! Une année pour méditer, Mike Medaglia, Delcourt, 19,99€

Pendant que les uns méditent, les autres passent leurs nuits à dessiner, c’est le cas de l’auteure américaine Leslie Stein qui a pris comme résolution à la veille de l’année 2016 de dessiner une page de bande dessinée chaque jour ou plus précisément chaque nuit. Leslie est alors barmaid dans un bar de nuit. Sur un coin du comptoir, elle pose sa feuille et griffonne nuit après nuit son quotidien, ses pensées intimes, ses souvenirs d’enfance, ses doutes, ses interrogations, ses espoirs et vient de les réunir dans ce roman graphique.Unknown

Dans un style pâte de mouche, Elle nous embarque dans sa vie avec pas mal d’humour et beaucoup de folie. Toutes mes nuits sans dormir, Leslie Stein, Decourt, 25,50€

Le travail, c’est la santé ? Pas si sûr. En tout cas, Vaïnui de Castelbajac a pris le parti d’en rire avec une série d’illustrations et de gags affreusement drôles. Et ça, ça fait plutôt du bien par où ça passe. C’est tour à tour absurde, odieux, misogyne, ça sent le burn out à toutes les pages, on y parle de fusion d’entreprise dans un club échangiste, de promotion canapé, de productivité, de brainstorming au LSD, d’employé du mois, de harcèlement, d’ateliers de méditation, de tri sélectif au service RH… on rit, on grince des dents, on hurle et on retourne au boulot un peu soulagé ! Au taf, Vaïnui de Castelbajac, Delcourt, 16,95€

Eric Guillaud

22 Déc

Chroniques de Noël. Nancy Peña et Madame reviennent avec Un temps de chien et c’est drôlement bien !

Couv_294115Aïe ! Noël approche à la vitesse de la lumière et vous séchez affreusement question cadeaux? Alors voici rien que pour vous une sélection de BD qui feront à coup sûr de l’effet au pied du sapin.

Pluie et froid au balcon, apocalypse dans la maison ! C’est un proverbe qui a tout son sens quand on est l’heureux propriétaire d’un chat qui, de peur d’alourdir son doux pelage, préfère par temps de pluie ne pas poser les coussinets dehors et mettre le salon dans un état second, proche de la décharge municipale.

Une fois ce salon retourné, renversé, malaxé, Madame rêve devant la fenêtre. Madame, c’est le nom du félin de Nancy Peña. Et elle ne fait pas que rêver Madame, elle bouscule, elle dépense, elle pilote, elle souffre, elle fatigue, elle décompresse, elle panique, elle suggère, elle somatise, elle étudie… tout ça et bien plus.

Encore une histoire de chats diront les médisants. Oui c’est vrai, Madame est une histoire de chats mais on est loin de Chi de Konami Kanata, de Chat-Bouboule de Nathalie Jomard ou encore du Chat de Geluck. Madame, c’est beaucoup de tendresse, de poésie et d’humour, un concentré de vie, de poils et de griffes dans une enfilade de gags plus drôles les uns que les autres. On rit mais on s’émeut aussi.

80 pages, autant de gags, un album à lire par un temps de chien ou pas.

Eric Guillaud

Un temps de chien, Madame (tome 2), de Nancy Peña. Editions La Boîte à Bulles. 13€

PlancheA_294115

18 Déc

Chroniques de Noël : Le Passeur, récit post-apocalyptique signé Hermann et Yves H.

Hermann-LE-PASSEUR_GDOKAïe ! Noël approche à la vitesse de la lumière et vous séchez affreusement question cadeaux? Alors voici rien que pour vous une sélection de BD qui feront à coup sûr de l’effet au pied du sapin.

L’univers est post-apocalyptique à souhait, sombre, inquiétant et violent, les personnages principaux, Sam et Samantha, forment un tandem en errance ou plus précisément en quête de quelque chose, l’auteur s’appelle Hermann…, Il y a comme du Jeremiah dans l’air, mais ce n’est pas du Jeremiah, c’est le nouveau one shot du Grand Prix d’Angoulême 2016 sur un scénario du fiston Yves H.

Le Passeur, nom de ce nouveau one shot, nous entraîne dans une étrange ville frontière. Tout y est en ruine, figé, mort. Mais l’endroit, aussi sordide soit-il, serait le passage obligé pour le « Paradize ». Tout est dans le nom, une belle promesse dans un océan de désespoir. Alors Sam et Samantha s’y rendent et espèrent, contre une poignée de billets, qu’un passeur leur ouvre la porte de ce monde meilleur…

Noir, définitivement noir, ce récit à la croisée de l’anticipation et du thriller ne laisse aucune once d’espoir filtrer. Pourtant, jusqu’au bout de l’aventure, c’est bien l’amour qui guidera Sam et Samantha…

Eric Guillaud

Le Passeur, de Hermann et Yves H. Editions Dupuis. 15,50€

© Dupuis / Hermann et Yves H.

© Dupuis / Hermann et Yves H.

15 Déc

Chroniques de Noël : L’ours Barnabé en intégrale, de l’humour à toutes les pages

 9782849532737_1_75Aïe ! Noël approche à la vitesse de la lumière et vous séchez affreusement question cadeaux? Alors voici rien que pour vous une sélection de BD qui feront à coup sûr de l’effet au pied du sapin.

Un ours qui joue les funambules ou les astronautes, qui sait expliquer avec force la différence entre l’art classique et l’art contemporain, qui peint sous l’eau avec une flûte, qui sculpte des chevaux comme d’autres dessinent des moutons… il n’y en a qu’un et il s’appelle Barnabé.

Et il est de retour Barnabé. De retour pour quelque 190 pages d’humour à la Philippe Coudray. Une quatrième intégrale qui réunit les tomes 12 à 15 avec en prime quatre planches inédites. Que demandez de plus ? Les fans de la série – qui existe depuis la fin des années 1980 – seront aux anges, les autres pourront découvrir un univers léger en apparence où l’on cause quand même d’écologie, de productivisme… de choses parfois très sérieuses.

La série a reçu le Prix RTL Enfants en 1992, le Prix des écoles à Angoulême en 2011 et a été nommé pour l’Alph’Art du meilleur album humour toujours à Angoulême en 1990.

Eric Guillaud

L’Ours Barnabé, Intégrale tome 4, de Philippe Coudray. Editions La Boîte à bulles. 24€