22 Déc

Chroniques de Noël : What a wonderful world!, un Zep pour les grands et les pas trop petits

ZEpppAïe ! Noël approche à la vitesse de la lumière et vous séchez affreusement question cadeaux? Alors voici rien que pour vous une sélection de BD qui feront à coup sûr de l’effet au pied du sapin.

Demander aux pires tyrans de la planète de prendre la pose et de sourire le temps de leur tirer le portrait, il n’y a qu’un Zep pour imaginer la scène et la représenter de quelques coups de crayon. Cet excellent dessin ouvre l’album What a wonderful world! paru aux éditions Delcourt en octobre dernier. 180 pages d’histoires courtes de 1 à 3 ou 4 planches dans l’esprit des dessins de presse.  « J’ai retrouvé le plaisir d’une forme de dessin d’actu… », confie Zep, « même si l’actualité en question était surtout celle de mon atelier ».

L’actu de son atelier mais aussi du monde. Zep évoque en vrac et dans le plus grand désordre J.J. Cale, la drague, le sport, la sexualité des super-héros, les poils dans les urinoirs, la bande de Gaza, la guerre en Syrie, l’érection matinale, le porno, les choux de Bruxelles, les musées, les jeunes qui s’engagent pour le djihad, les bonnes résolutions de la nouvelle année… autant de questions essentielles qui font la vie. « Le dessin est une sorte de sixième sens. Je dessine pour raconter. Je me raconte, mais en vrai, je raconte le monde dans lequel je vis à travers mon personnage ».

What a wonderful world! est à l’origine un blog hébergé par lemonde.fr que Zep a lancé en 2014. Même s’il entretient « des rapports assez conflictuels » avec Internet, Zep met rapidement son blog sur orbite avec plus d’un million de pages vues dès les débuts. Alors pourquoi repasser en mode papier ? « Parce que j’aime les livres! », explique Zep, « Mes livres sont mes propres balises. Plus que mon âge, ce sont mes livres qui me font grandir… ». Dire que c’est du grand Zep sous-entendrait qu’il existe du petit Zep ou du moyen Zep, ce qui n’est pas le cas. Alors, disons simplement que c’est du Zep !

Eric Guillaud

What a wonderful world!, de Zep. Editions Delcourt. 19,99€

Chroniques de Noël : Flora et les étoiles filantes de Chantal Van Den Heuvel et Daphné Collignon

BD-FloraAïe ! Noël approche à la vitesse de la lumière et vous séchez affreusement question cadeaux? Alors voici rien que pour vous une sélection de BD qui feront à coup sûr de l’effet au pied du sapin.

À 20 ans, Flora rêvait d’être grand reporter, de parcourir le monde à la recherche des derniers gorilles du Kilimandjaro, Finalement, à 40 ans, elle travaille comme pigiste dans Coucou, la feuille de chou d’une société de logements sociaux. Rien de très jouissif, un boulot alimentaire comme tant d’autres qui lui permet quand même, mais jusqu’à quand, de payer l’emprunt pour sa maison. Et c’est déjà pas mal. Flora fait partie de ces célibataires non volontaires, divorcée, et bien décidée à retrouver l’âme soeur. Mais comment faire ? Par l’intermédiaire du site de rencontres sur lequel elle s’est inscrite ? Ce n’est pas gagné…

Les bandes dessinées sur les quarantenaires en crise font ployer les étagères des librairies spécialisées. Certaines sortent tout de même du lot comme celle-ci, parue en octobre dernier au Lombard. Flora est une héroïne attachante, très attachante, et plutôt mignonne, qui nous raconte son quotidien de femme violemment plaquée par son homme et à la recherche d’un « petit coin où être heureuse et trouver l’amour… comme à peu près sept milliards d’individus!« . Un graphisme sobre et raffiné, une histoire simple mais joliment racontée, un album sympathique pour les quarantenaires et les autres !

Eric Guillaud

Flora et les étoiles filantes, de Chantal Van Den Heuvel et Daphné Collignon. Editions Le Lombard. 14,45€ 

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20 Déc

Chroniques de Noël : des chats qui ne vous laisseront pas de poils sur le canapé

encyclopedieCurieuseBizarreT2Non seulement, ces chats là ne vous laisseront pas de poils sur le canapé mais ils ne vous réveilleront pas non plus à 5h00 du matin dans l’espoir d’un festin de croquettes. Non, ces chats-là sont des chats de papier, des héros de BD. Aucun risque donc si vous êtes allergique à nos amis félins.

Pourquoi les chats enterrent-ils leurs cacas ? Eh oui, pourquoi ? Je suis persuadé que cette question vous taraude l’esprit depuis toujours. Tout simplement pour éviter d’être repérés par leurs prédateurs. C’est l’une des nombreuses réponses qu’apporte L’Encyclopédie curieuse et bizarre dont le deuxième volume fraichement sorti est consacré aux chats. Vous pourrez aussi y découvrir la liste de leurs super-pouvoirs, leurs techniques d’intimidation, le sens du ronronnement, leurs caractères… et des millions d’autres choses. Trois parties dans cet ouvrage, l’ABC du chat pour tout savoir de lui, des histoires de chats et pour finir des trucs et astuces matoumatiques, le tout illustré avec bonheur et humour par Billy Brouillard (L’Encyclopédie curieuse & bizarre (tome 2), de Billy Brouillard et Guillaume Bianco. Editions Soleil. 14,95€)9782756047898_1_75

Une autre question : savez-vous ce qu’est un ocelot ? Un félin qui vit en Amérique du sud et en Amérique centrale. Et celui que vous voyez sur la couverture de cet album paru aux éditions Delcourt s’appelle Doudou de la Gür Gandine et vient de remporter le premier prix du concours « La France qui miaule ». Autant dire que sa maîtresse n’est pas prête à confier l’animal à n’importe qui. Sauf que notre Doudou de la Gür Gandine finit par tomber entre les mains de gens peu scrupuleux qui vont le kidnapper pour en tirer de l’argent. Le Doudou parvient à s’échapper et se retrouve seul à errer dans les rues de Paris. Pas longtemps, Doudou de la Gür Gandine croise le chemin de quelques matous parigots. Et le voilà parti pour une nouvelle aventure, simple mais merveilleusement bien mise en images par Agnès Fouquart. (Ocelot le chat qui n’en était pas un, de Morvan, Tréfouël et Fouquart. Editions Delcourt. 12,50€)

Eric Guillaud

Chroniques de Noël : Malabar, le super-héros qui fait des bulles chez Dupuis

Couv_258376Aïe ! Noël approche à la vitesse de la lumière et vous séchez affreusement question cadeaux? Alors voici rien que pour vous une sélection de BD qui feront à coup sûr de l’effet au pied du sapin.

Il a combattu les animaux les plus sauvages, affronté les monstres les plus terribles, renvoyé dans leurs manoirs les fantômes de la pire espèce, exploré les territoires les plus lointains, sauvé la vie de millions de gens, c’est un héros, un super-héros, qui arbore fièrement un gros « M » sur son torse, un « M » qui veut dire Malabar.

Forcément, ça vous rappelle quelque chose. Un personnage hors du commun, un gars du genre costaud, du genre qu’on ne contredit pas, un Malabar quoi !

Depuis 1969 et jusqu’à peu son physique de Monsieur Propre croisé Tintin a hanté le papier d’emballage des fameux bubble-gum du même nom reconnaissables à leur couleur rose.

Un rose que même les garçons les plus teigneux du quartier adoraient. Un Malabar par-ci, un Malabar par-là… Et ça masticotait du matin au soir, du soir au matin. Ça masticotait et ça tatouait ! Car dans chaque Malabar se cachait un tatouage qui donnait l’air d’un dur, d’un pirate, d’un cow-boy… au service du bien quand même.

Disparu des écrans radar il y a quelques temps, Malabar refait surface grâce au travail minutieux d’Alain Lachartre consigné dans le livre Malabar, Histoires de bulles paru aux éditions Dupuis, un ouvrage costaud lui-aussi, près de 400 pages, qui réunit les plus belles réalisations, vignettes, tatouages, planches publicitaires… autour du personnage.

Et on y apprend que Maurice Rosy, notamment scénariste des premières aventures de Tif et Tondu, mais aussi Franck Margerin, Mic Delinx, Régis Loisel ou encore Philippe Luguy, des grands noms du Neuvième art, ont travaillé sur les aventures de Malabar.

Un livre très complet, parfois un peu trop commenté, abondamment illustré, complété par une timeline des concepteurs, créateurs ou dessinateurs invités à plancher sur les aventures de notre blondinet musclé.

Eric Guillaud

Malabar, histoires de bulles, de Alain Lachartre. Editions Dupuis. 28€

19 Déc

Chroniques de Noël : Bye-bye Maggie, une saga romanesque dans l’Amérique contemporaine signée Jaime Hernandez

album-cover-large-27627Aïe ! Noël approche à la vitesse de la lumière et vous séchez affreusement question cadeaux? Alors voici rien que pour vous une sélection de BD qui feront à coup sûr de l’effet au pied du sapin.

L’album Bye-bye Maggie peut sans souci se lire comme un one-shot mais il s’inscrit dans une vaste série connue sous le nom de Love and Rockets initiée en 1981 par les frères Jaime, Gilbert et Mario Hernandez et parvenue en ordre totalement dispersée de ce côté-ci de l’Atlantique. Publiée un temps chez Comics USA, Albin Michel, Seuil, Rackham puis Vertige Graphic, la série semble finalement trouver éditeur à sa mesure en 2009 avec Delcourt et la collection Outsider.

Peu connue en France, Love and Rockets est pourtant considérée aux Etats-Unis comme une oeuvre essentielle de la bande dessinée indépendante, une oeuvre partagée en deux sous-séries, Palomar animée par Gilbert et se déroulant en Amérique centrale, Locas écrite par Jaime et  s’inscrivant pour sa part dans une banlieue hispanique de Los Angeles. Deux univers qui ne se croisent pas même si les deux récits, publiés simultanément, racontent tous deux la vie de personnages ordinaires à plusieurs époques de leur vie.

Dans ce nouvel album de Jaime, Maggie approche de la cinquantaine, elle vit toujours en coloc mais deux gars rodent autour d’elle, Ray un ex et Reno un artiste…

Un graphisme en noir et blanc raffiné, un esprit underground omniprésent, une histoire subtile, des personnages attachants, « un vrai cours magistral de bande dessinée » dixit le grand Adrian Tomine, bref la lecture de Bye-bye Maggie vous permettra de comprendre comment la série a inspiré et inspire aujourd’hui encore une génération entière d’auteurs de bande dessinée. Extra !

Eric Guillaud

Bye-bye Maggie, de Jaime Hernandez. Editions Delcourt. 16,95€

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13 Déc

Chroniques de Noël : Eloge de la névrose en 10 syndromes de Leslie Plée

eloge-de-la-nevrose-en-10-syndromesAïe ! Noël approche à la vitesse de la lumière et vous séchez affreusement question cadeaux? Alors voici rien que pour vous une sélection de BD qui feront à coup sûr de l’effet au pied du sapin.

A quoi reconnaît-on un adulte ? C’est simple, selon Leslie Plée, l’adulte est sérieux, fiable, rarement malade, sans angoisses, il fait du ménage régulièrement, aime les endives, écoute France Inter le matin, regarde Arte le soir, paie ses impôts, prend le temps de faire de la cuisine… Bon, autant dire que vu comme ça, ça ne fait pas forcément très envie. Enfin pour ceux qui n’y sont pas encore arrivés. Ça ne fait pas très envie et pourtant les adolescents passent leur temps à mimer l’âge adulte. C’est le syndrome de l’adultisme, l’un des dix syndromes des névroses du quotidien que décortique Leslie Plée dans ce livre paru en août aux éditions Delcourt. C’est fin, c’est drôle, ça se mange sans faim comme tous les albums de l’auteure, depuis Moi vivant vous n’aurez jamais de pauses à Michel un chat sauvage en passant par Vivre vieux et gros : les clés du succès ou L’Effet kiss pas cool. Parmi les autres syndromes abordés, celui de la personne normale, volonté malsaine d’être une personne dite normale en dépit de sa personnalité fantasque ou celui de l’imposteur procrastinateur, trouble psychologique semi-permanent rencontré par un sujet inhibé qui se reconnaît aucun talent. Bref, il y en a pour tout le monde…

Eric Guillaud

Eloge de la névrose en 10 syndromes, de Leslie Plée. Editions Delcourt. 15,95€

12 Déc

Chroniques de Noël : Le Piano oriental de Zeina Abirached

9782203092082Aïe ! Noël approche à la vitesse de la lumière et vous séchez affreusement question cadeaux? Alors voici rien que pour vous une sélection de BD qui feront à coup sûr de l’effet au pied du sapin.

Pour faire de l’effet, cet album-là, sorti en septembre, devrait assurément en faire. D’abord parce qu’il est beau, beau comme un piano à queue. Ensuite parce qu’il raconte une drôle d’histoire, véridique, celle de l’arrière grand-père de l’auteure, Abdallah Chahine, pianiste, accordeur de piano et inventeur du piano oriental à Beyrouth dans les années 60. Qu’est-ce qu’un piano oriental me direz-vous ? Un instrument qui permet de rapprocher les musiques d’Orient et d’Occident, une histoire de ruse mécanique et de quart de ton. Un piano bilingue en fait dont il n’existera au final qu’un prototype d’usine, toujours conservé par la famille d’Abdallah Chahine.

Mais le récit ne s’arrête pas à ce destin déjà singulier à cheval sur deux cultures. Il raconte aussi l’histoire de l’auteure, Zeina Abirached, née en 1981 à Beyrouth, étudiante à l’Académie libanaise des Beaux-Arts durant cinq ans, et arrivée en France à l’âge de 23 ans. Il y a donc une dizaine d’années.

Parfaitement bilingue, comme le piano de son arrière grand père, Zeina établit un pont entre les deux pays, les deux cultures, avec ses deux histoires racontées en parallèle. « Je me suis rendu compte que le Français et l’arabe sont intimement liés en moi, inextricables, le français et l’arabe sont ma langue« . Bilingue ou plutôt trilingue car le graphisme, reconnaît-elle, est « comme une troisième langue« .

Ce graphisme justement, un noir et blanc -comme les touches d’un piano- comparé parfois et à juste titre à celui de Marjane Satrapi, l’auteure de Persepolis. Il est à la fois simple et très appliqué, très élaboré, ornementé, inventif et poétique. Le Piano oriental est un bonheur aussi bien visuel qu’intellectuel, un petit bijou franco-libanais.

Eric Guillaud

Le Piano oriental de Zeina Abirached. Editions Casterman. 22€

@ Casterman / Zeina Abirached

@ Casterman / Zeina Abirached

07 Déc

Chroniques de Noël : Spooky et les contes de travers, un livre pour filer droit sous la couette

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Aïe ! Noël approche à la vitesse de la lumière et vous séchez affreusement question cadeaux? Alors voici rien que pour vous une sélection de BD qui feront à coup sûr de l’effet au pied du sapin.

Voilà un bien étrange journal intime que celui de Spooky, une gamine grande comme trois pommes en extension. Originaire du pays des contes de fées – c’est elle qui le dit – Spooky est une grande amatrice de ces sombres histoires qui font peur. D’ailleurs, son journal intime est voué à devenir un grand livre de contes. En attendant, on y croise trois petits cochons, propriétaires d’une pension pour monstres à Londres, mais aussi un miroir magique, un stylo d’enfer qui écrit noir et fait des tâches de couleurs, un tee-shirt avec des ailes dans le dos, des bestioles en pagailles, des lieux dépaysants et exotiques, des chats croquants, une tourte de l’horreur, des plans affreusement machiavéliques, des mystères radicalement mystérieux, des affaires pas vraiment claires, un bouquet écarlate et des centaines d’autres petites choses qui pourraient bien changer vos jours et vos nuits.

Bon, pas de panique, keep calm comme diraient les English, la lecture de cet ouvrage ne devrait pas vous perturber plus que ça, ni vous coller la frousse aux trousses pour l’éternité et au delà. C’est plutôt drôle et frais, imaginé par deux auteurs passionnés du genre, Carine-M et Élian Black’Mor, responsables et coupables par ailleurs de L’Epouvantable Encyclopédie des fantômes et de L’Effroyable encyclopédie des revenants. Monstrueusement drôle !

Eric Guillaud

Spooky & Les contes de travers, de Elian Black’Mor et Carine-M. Editions Glénat. 25,50€

05 Déc

Chroniques de Noël : Buck Danny, Marsupilami, Jeremiah, Michel Vaillant, Les Tuniques Bleues, Le Petit Spirou… ces héros qui ne meurent jamais

51RNaAM74SL._SX361_BO1,204,203,200_Ils s’appellent Buck Danny, Chesterfield, Blutch, Michel Vaillant, Jeremiah, le Marsupilami ou Le Petit Spirou et nous accompagnent depuis pas mal d’années, depuis notre naissance pour certains d’entre eux et d’entre nous. Les héros ne meurent jamais, et surtout pas au moment de Noël…

On commence par le petit dernier, le plus jeune de notre sélection, 25 ans tout de même de bons et loyaux services, 17 albums et un hors série intitulé Sans interdits depuis toujours paru cette année pour fêter ce cap hautement symbolique. 25 ans d’aventures mais le héros, lui, n’a pas encore 9 ans, même si dans ce dernier épisode Le Petit Spirou devient grand, plus grand que 25 ans, en avalant un soi-disant élixir de jouvence. Vous suivez ? Non ? Il devient grand mais sans devenir Spirou, le vrai, celui du journal. C’est un autre grand. Oui, je sais c’est compliqué. Le mieux pour tout le monde c’est de le lire. Tout le monde te regarde est le titre de ce dix-septième album toujours signé Tome et Janry. Un titre accrocheur, des gags ravageurs, un 9782800164588graphisme rieur, c’est la recette du succès. (Le Petit Spirou tome 17, de Tome et Janry. Editions Dupuis. 10,60 €)

Un peu plus âgé, 36 ans et toutes ses dents ou presque, 34 albums au compteur, Jeremiah est de retour pour une nouvelle aventure dans cet univers post-atomique et crépusculaire que nous construit album après album l’un des maîtres de la bande dessinée franco-belge, Hermann. Relevant à la fois du récit fantastique et du western, les aventures de Jeremiah sont à chaque fois l’occasion de dénoncer les dérives de notre société, ici le capitalisme sauvage. Nouvelle étape donc pour Jeremiah et son ami Kurdy qui débarquent à Jungle City, nom de ce nouvel épisode, où se joue une guerre autour du contrôle de l’eau potable et donc de toute la population. Une histoire en forme de panier de crabes, une galerie de gueules d’atmosphère, des méchants vraiment méchants, une implication bien involontaire de nos deux héros dans le conflit, une maîtrise graphique époustouflante… tous les Les_Quatre_Evangelistes_Les_Tuniques_Bleues_tome_59ingrédients qui ont fait le succès de la série sont encore là. (Jeremiah tome 34, de Hermann. Editions Dupuis. 12 )

47 ans, non vous ne rêvez pas, 47 ans et 59 albums, ça roule pour Les Tuniques Bleues, ça roule ou plus précisément ça galope. Apparus dans le journal Spirou en 1968, le caporal Blutch et le sergent Chesterfield ont renouvelé le genre du western comique en insufflant une légère dose d’antimilitarisme. Au fil de leurs aventures, nos deux héros ont participé à toutes les plus grandes batailles de la guerre de Sécession sans jamais perdre la vie. C’est justement pour ça, pour leur longévité qu’ils ont été choisi pour une nouvelle mission impossible : déguisés l’un en religieux, l’autre en idiot du village, ils vont tenter de mettre hors de service une batterie d’artillerie confédérée placée sous le commandement d’un certain William N.08188906-photo-bd-et-automobile-michel-vaillant-collapsus Pendelton, ancien pasteur de l’église épiscopale. Seront-ils là pour une 60e aventure ? Réponse dans cet album. (Les Tuniques Bleues tome 59, de Lambil et Cauvin. Editions Dupuis. 10,60 )

Toujours plus vieux, 58 ans (ouf je n’étais pas né!), toujours plus d’albums, 74, Michel Vaillant s’est rangé des voitures pendant cinq petites années entre 2007 et 2012 juste le temps de reconstituer une nouvelle équipe pour imaginer des aventures relookées à notre héros national. Et c’est à fond le champignon qu’il est réapparu. Philippe Graton, le fils du créateur Jean Graton, Lapière, Bourgne et Benéteau s’occupent désormais de la destinée de l’écurie Vaillant. Collapsus, album qui vient de paraître, clôt de très belle manière le premier cycle de cette nouvelle saison. C’est beau, bougrement bien écrit et dessiné, dynamique, les pages ont un petit quelque chose de nostalgique et en même temps de très moderne, le Journal L’Equipe lui-même recommande la série, autant dire que notre héros est51Yxlrh3T8L._SX376_BO1,204,203,200_ reparti pour 58 ans de péripéties. (Michel Vaillant nouvelle saison tome 4, de Graton, Lapière, Bourgne et Benéteau. Editions Dupuis. 15,50 )

Attention, on commence à atteindre les âges canoniques, 63 ans et toutes ses tâches noires, 30 albums solo et de nombreuses apparitions dans la série qui l’a vu naître, Spirou et Fantasio, le Marsupilami est une star de la BD et du film d’animation créée par le génial André Franquin en 1952. Lorsque l’auteur arrêta de travailler sur la série, il garda les droits de son personnage, le Marsu n’apparaissant plus alors qu’épisodiquement avant de devenir propriété pleine et entière de Marsu-Porductions. Depuis 2013, les éditions Dupuis ont racheté cette maison d’édition et récupéré le personnage qui va faire son grand retour dans le prochain épisode de Spirou et Fantasio réalisé par Yoann et Vehlmann. En attendant, il continue à vivre formosaBuckdanny54ses aventures dans la série parallèle dessinée par Batem et scénarisée par Colman. Houba Houba ! (Marsupilami tome 29, de Franquin, Batem et Colman. Editions Marsu Productions. 10,60 €)

On termine avec le champion toutes catégories, 68 ans, 54 albums et une aura internationale. Papy mais encore beau gosse notre Buck Danny, même s’il a connu toutes les guerres ou presque depuis 1947 et testé pour nous toutes les avancées technologiques de l’aéronautique. Après Bergèse qui avait déjà donné un coup de neuf à la série mythique, Formosa poursuit le travail. La Nuit du spectre, dernier album en date, est une petite merveille graphique, encore un peu bavard, mais hyper dynamique et réaliste. Terminée depuis longtemps la guerre froide, Formosa COvWy7crucAK1IBSWxm7QBUpmYlhdeTf-couv-1200et le scénariste Zumbiehl nous entraînent dans la poudrière politique orientale où on retrouve une – aussi – vieille connaissance, Lady X.

Pour les amoureux du Buck Danny à l’ancienne, les éditions Dupuis poursuivent la réédition de ses aventures en intégrale. Le tome 11 est sorti en septembre dernier avec au menu trois récits des années 70, La vallée de la mort verte, Requins en mer de Chine, La Reine fantôme, le tout accompagné comme d’habitude d’un cahier graphique réunissant moulte informations sur le héros, la série, ses auteurs, avec des photos, des croquis, des illustrations, des couvertures, des documents souvent inédits. Décollage immédiat ! (Buck Danny tome 54, de Zumbiehl et Formosa. Editions Dupuis. 12€ – Buck Danny Intégrale 11, de Hubinon et Charlier. Editions Dupuis. 24€)

Eric Guillaud

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02 Déc

Chroniques de Noël : Chi, l’histoire d’un chat presque comme les autres

41OU422CkyL._SX355_BO1,204,203,200_Aïe ! Noël approche à la vitesse de la lumière et vous séchez affreusement question cadeaux ? Alors voici rien que pour vous une sélection de BD qui feront à coup sûr de l’effet au pied du sapin.

Raisonnablement, vous ne pouvez pas être passé à côté de Chi. 1 million d’albums vendus, des aventures publiées dans 13 pays à travers le monde, des adaptations en livres jeunesse, en romans, en dessins animés et des produits dérivés en pagaille, Chi est le chaton le plus connu de la planète BD made in Japan.

Et il revient, Chi, pour un ultime album, le douzième, le plus émouvant peut-être aussi. Chi est en effet face à un dilemme. Partir avec sa maman et ses frères qu’elle vient enfin de retrouver ou rester avec sa famille d’adoption, les Yamada, en partance pour la France. On apprend au passage que le véritable nom de Chi est Sara.

Avec un propos universel, un langage chat sans frontière, un graphisme épuré, un découpage simple, Konami Kanata a su conquérir un très large public. Parallèlement à ce douzième volume de la série manga sort le premier DVD de ses aventures en dessin animé. Treize épisodes sont réunis dans ce premier des quatre volumes annoncés.

Si Chi une vie de chat s’arrête, Choubi Choubi commence. C’est la nouvelle série de Konami Kanata et elle met elle aussi en scène un chat, un matou cette fois, qui découvre au fil de ses aventures la canicule, la neige, les cerisiers en fleurs, les sapins de Noël, la vie quoi…

Eric Guillaud

 Chi’s sweet home, Chi une vie de chat (tome 12), de Konagi Kanata. Editions Glénat. 10,75 €

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