18 Juin

Vega : la nouvelle maison d’édition dédiée au manga dévoile ses premiers titres

Née de l’association entre le groupe Steinkis (Jungle, Steinkis, Vraoum, Warum) et Nexusbook, la maison d’édition Vega proposera des mangas pour adultes (seinen).

Début des opérations en octobre avec les sorties des titres Peleliu de Takeda Kazuyoshi, Survivant – shonen s no kirkoku – de Takao Saito et Akira Miyagawa, Deep Sea Aquarium Magmell de Sugishita Kiyomi…

Eric Guillaud

16 Juin

Le coin des mangas : Un pigeon à Paris, L’Académie musicale Alice, The Legend of Zelda, Blue Giant, Mon voisin Totoro et One Pièce Party

Et on commence par le mythique Mon voisin Totoro. Vous allez me dire que Mon Voisin Totoro est un film d’animation et non un manga. C’est vrai… et faux. D’abord parce qu’il est l’adaptation d’un livre que Miyasaki avait commencé à dessiner dans les années 70. Ensuite parce que le Studio Ghibli a à son tour adapté le film en livre. Certes, ce n’est pas un manga me diront les puristes, c’est un anime comics, en couleurs, mais on ne va pas chipoter et bouder notre plaisir de retrouver cette oeuvre aujourd’hui trentenaire et qui n’a rien perdu de sa magie. Magnifique ! (Mon voisin Totoro, de Miyazaki. Glénat. 15,50€)

Et si vous êtes un inconditionnel de Mon voisin Totoro, un fou de Hayao Miyazaki, alors je ne peux que vous conseiller ce livre paru lui-aussi chez Glénat. L’Art de Mon voisin Totoro nous permet de découvrir les coulisses de la réalisation de l’anime, plus de 170 pages d’illustrations, de croquis, de secrets de conception et d’anecdotes de production. Rigoureusement indispensable. (L’Art de Mon voisin Totoro, de Miyazaki. Glénat. 24,90€).

Changement de style et d’univers avec Blue Giant dont le premier des dix volumes prévus vient de sortir. Blue Giant nous embarque dans le monde de la musique et plus spécialement dans celui du jazz en compagnie de Dai Miyamoto, lycéen membre de l’équipe de basket, travailleur à mi-temps dans une station service et surtout fou de jazz depuis des années. « je serai le meilleur jazzman au monde », s’auto-persuade-t-il lorsqu’il rejoint les berges de la rivière Hirose à Sendai, une grande ville située à 300 km au nord-est de Tokyo, ou il s’entraîne des heures et des heures, à en oublier la météo, à en oublier l’école, à en oublier les contraintes. Mais c’est sa vie qui se joue là, il en est certain même si le chemin vers la réussite ne s’annonce pas vraiment de tout repos… Après Vertical qui traitait de la haute montagne, l’auteur Shinichi Ishizuka offre à ses lecteurs un somptueux voyage au pays du jazz. (Blue Giant, de Shinichi Ishizuka. Glénat. 7,60) .

C’est un retour, un grand retour même insistent les éditions Soleil, que celui de The legend of Zelda avec l’adaptation du jeu vidéo Twilight Princess développé par Nintendo en 2006. Direction le royaume d’Hyrule et plus précisément le paisible village de Toal où on y retrouve le jeune Link, heureux de son intégration dans la petite communauté mais inquiet que son passé resurgisse en même temps que les être maléfiques du monde de la pénombre…  (The legend of Zelda Twilight Princess, de Nintendo et Akira Himekawa. Soleil. 7,99)

Vous avez aimé L’Académie Alice avec ses élèves dotés de pouvoirs spéciaux ? Alors vous aimerez L’Académie Musicale Alice. Prévue en trois tomes, L’Académie Musicale Alice reprend l’univers de la série initiale en le plongeant dans celui de toutes ces comédies musicales qu’adore l’auteure Tachibana Higuchi. L’héroïne Hikari Andô, dépourvue de pouvoirs spéciaux parvient à intégrer cette fameuse école nationale de musique. Elle espère retrouver ainsi son frère Tsubasa enlevé à sa famille et incorporé d’office dans l’Académie. (L’Académie Musicale Alice tome 2, de Tachibana Higuchi. Glénat. 6,90€)

Près de 90 tomes, 900 chapitres, 440 millions d’exemplaires, One Pièce est le manga le plus vendu au monde. Alors forcément, il se retrouve cuisiné à toutes les sauces, en anime pour la télévision dès 1999, en long métrage pour le cinéma, en jeux vidéo… et en spin-off, avec des séries telles que Chopperman chez Kazé Manga et One pièce Party chez Glénat dont voici le 3e volume. Cinq histoires courtes au sommaire et pas mal d’humour… (One pièce party 3, de Eiichiro Oda et Ei Andoh. Glénat. 6,90)

On termine avec le retour de notre pigeon préféré, il est tout blanc, tout rond, déambule dans les rues de Paris et parle japonais. C’est le personnage imaginé par Lina Foujita pour raconter son séjour en France. Partie sur un coup de tête ou presque de son Japon natal, Lina Foujita débarque à Paris avec une énorme valise sur le dos et son tout jeune métier de mangaka dans les doigts. Lorsqu’elle découvre les nombreuses subtilités de la société française et les petites complications quotidiennes de la vie parisienne, elle entreprend de raconter ça en dessin à ses compatriotes dans un manga hyper coloré, drôle et, j’imagine, très instructif pour ceux qui sont restés du côté du soleil levant. Pour nous aussi d’ailleurs ! Un peu ovniesque mais franchement original, un manga documentaire en quelques sortes qui met en scène le choc des cultures. (Un pigeon à Paris, de Lina Foujita. Glénat. 10,75)

Eric Guillaud

06 Juin

Superman : quand John Byrne le meilleur auteur des X-Men s’attaque au mythe !

Quiconque a été biberonné aux comics dans les années 80 par l’intermédiaire d’augustes revues comme Strange ou Spidey se souvient forcément, et avec émotion, de John Byrne. Durant la première moitié de cette décennie, ce canadien d’origine anglaise était la star absolue de l’écurie Marvel dont il avait complètement reboosté deux des séries phares : les Quatre Fantastiques et les X-Men. Mais on avait presque oublié qu’en 1987, il était passé à l’ennemi et s’était emparé de Superman pour une réécriture enfin rééditée en France alors qu’on est sur le point de fêter les quatre-vingt ans du héros venu de Krypton.

Lorsque DC Comics appelle Byrne en 1986, le pourtant très vénérable superman était plus ou moins moribond. Toujours respecté mais ‘ringardisé’ depuis quelques années à cause de sa vision très noir et blanc d’un monde qui avait bien changé depuis qu’il avait castagné ses premiers vilains en 1938. Il lui fallait un bon électrochoc, ce seraMan of Steel, titre d’ailleurs repris pour la dernière adaptation cinématographique en date de l’homme d’acier, en 2013. Alors que quatre volumes sont prévus et le premier vient tout juste de sortir, trente ans après sa publication originale aux USA.

© Urban Comics/DC – John Byrne, Jerry Ordway et Marv Wolfman

La force ou la faiblesse (au choix) de ce reboot est d’avoir choisi de revenir aux origines mêmes du personnage mais sans pour autant en altérer vraiment les grandes lignes. On retrouve donc ici tous les éléments clefs de son histoire (la fin de sa planète d’origine Krypton, la découverte de sa vocation, son arrivée au ‘Daily Planet’, ses premières rencontres avec la journaliste Lois Lane et son plus grand adversaire Lex Luthor etc.) réinterprétés par Byrne à sa sauce mais au final, très (trop ?) fidèlement. L’autre point de discorde vient du fait que comme son habitude, le dessinateur signe aussi le scénario et sa vision (imposée par DC ?) est, disons, très monochrome. On n’est pas chez Frank Miller ici ! Superman est plus que jamais un boy-scout très lisse où rien ne dépasse, Luthor un infâme homme d’affaires aux méthodes de gangster et Lois Lane une journaliste un brin caricatural (notamment aux niveaux des choix capillaires, très 80’s) qui vendrait père et mère pour un scoop. Même si les comics n’avaient pas encore entamé leur mue vers un style plus ‘adulte’ et sérieux, ce choix de s’inscrire dans une certaine tradition assez datée au final risquera donc d’en refroidir quelques uns. Et bien que même si officiellement le tout ressort pour fêter les 80 ans de Monsieur Super, c’est avant tout aux fans ‘nostalgiques’ de Byrne que le tout s’adresse.

© Urban Comics/DC – John Byrne, Jerry Ordway et Marv Wolfman

Or malgré des couleurs parfois un chouia criardes, ceux-là seront aux anges car on retrouve ici, intact, tout ce qui fait le grand style de ce (encore plus) grand Monsieur, la netteté des trait et l’humanité générale qui ressort de tous les personnages. D’ailleurs, quelques épisodes sont signés Jerry Ordway et clairement, ce dessinateur plus confidentiel au talent plus confus souffre grandement de la comparaison. Et puis une fois le décor bien posé, quand Monsieur Byrne commence à quitter le plancher des vaches et à toucher à des sujets plus cosmiques (notamment avec l’apparition du super-méchant Darkseid, modèle avoué de Thanos, le super-vilain du dernier carton Marvel au cinéma), on prend vraiment du plaisir. Profitant d’être chez DC, il fait même intervenir Batman lors d’un épisode et s’amuse, par contraste, à donner (enfin) une coloration bien plus sombre et torturé à Bruce Wayne…

En fait, sans s’adresser pourtant particulièrement aux enfants (quoique…) cette réinterprétation du ‘mythe’ Superman est limite la porte d’entrée parfaite pour qui voudrait commencer à plonger dans ce bain de kryptonite mais sans ressortir la série d’origine qui a, elle, salement vieilli. Et puis 80 ans, ça se fête !

Olivier Badin

Superman, Man of Steel, Volume 1 par John Byrne, Jerry Ordway et Marv Wolfman, Urban Comics/DC, 35 euros

Incroyables histoires de la Coupe du monde en BD : un album collectif pour les amoureux du football mais pas que

À quelques jours du lancement de la Coupe du monde de football en Russie, les éditions rouennaises Petit à Petit publient un recueil collectif sur des histoires incroyables mais vraies, des histoires d’hommes et de ballon rond forcément belles et tragiques…

Inutile de cacher mon ignorance totale et mon relatif désintérêt pour le football, ça se sentirait au bout de quelques lignes. Mais cet album paru aux éditions Petit à Petit m’a littéralement captivé et ce dès la première page. Peut-être justement parce que je connais mal cet univers et que ma surprise a été grande de découvrir certaines de ces histoires vraiment, vraiment, incroyables.

Comme cette première édition de la Coupe du monde organisée en 1930 en Uruguay. Pas de lignes d’avion régulières à l’époque, deux semaines de traversée pour les équipes européennes qui comptaient s’y rendre. Les équipes de France, de Belgique, de Roumanie mais aussi le président de la FIFA Jules Rimet accompagné de trois arbitres et du trophée embarquèrent sur le paquebot Conte-Verde à Gênes.

Comme celle aussi de Matthias Sindelar, considéré comme le plus grand sportif autrichien du XXe siècle, à la tête de l’équipe d’Autriche, qui refusa de rejoindre l’équipe nationale allemande lorsque Hitler les fusionna sous le nom de Nationalmannschaft.

Et des histoires comme celles-ci, des petites histoires toujours liées à la grande histoire, ce recueil en compte une bonne trentaine. On y évoque bien sûr la victoire des Bleus en 1998, la débâcle du Brésil en 2014, le fameux coup de tête de Zizou en 2006…

C’est passionnant de bout en bout, les pages documentaires alternent avec les pages de BD signées par un collectif international d’auteurs, 1 scénariste et 28 dessinateurs. Pour les plus mordus, un tableau donne en fin d’ouvrage le palmarès de toutes les équipes. La France apparaît en sixième position avec une première, une deuxième et deux troisièmes places. Mais l’histoire n’est pas terminée. Rendez-vous le 14 juin pour la suite de l’aventure…

Eric Guillaud

Histoires incroyables de la Coupe du monde en BD, collectif. Petit à Petit. 19,90€ 

03 Juin

Curiosities : un somptueux art-book de Benjamin Lacombe aux éditions Maghen

Écrire que l’art-book Curiosities est somptueux sonne presque comme une évidence tant il réunit deux signatures de talent, celui de Benjamin Lacombe, auteur, et celui de Daniel Maghen, éditeur pour le moins exigeant.

Qu’il s’agisse de la SF avec On Mars, de la biographie avec Mystères! (Tibet) ou Mirages (Will) ou de l’aventure maritime avec Les Voyages d’Ulysse, chaque ouvrage des éditions Daniel Maghen est d’abord un magnifique écrin.

C’est encore le cas cette fois avec Curioisities, un livre qui a exigé quelques spécificités techniques rares nous précise l’éditeur telles qu fer à chaud bleu métallisé, embossing, calques transparents… Les connaisseurs apprécieront !

Mais que serait le plus bel écrin au monde sans bijou à l’intérieur ? Le bijou cette fois s’appelle Benjamin Lacombe, un illustrateur français qui a signé une trentaine d’ouvrages en quinze ans de carrière et élaboré un univers singulier, reconnu jusqu’aux États-Unis où son livre Cerise Griotte, un projet de fin d’études, a été sélectionné par Time Magazine comme l’un des dix meilleurs livres jeunesse de l’année 2007.

Que trouve-t-on dans cet art-book, le premier consacré à Benjamin Lacombe ? Des illustrations bien sûr, parfois publiées au fil de ses albums mais aussi d’autres totalement inédites, des croquis, des travaux pour des films d’animation, des photos… Chaque page est une découverte, un bonheur de raffinement, de finesse, de poésie, de tendresse, un voyage permanent dans un univers incroyablement riche et passionnant.

Eric Guillaud

Curiosities, de Benjamin Lacombe. Daniel Maghen. 35€

22 Mai

Bloodshot : ça va saigner !

Chez Bliss, éditeur des séries comics Valiant en France, on aime les gros pavés. J’ai dit les GROS. Mais là, c’est le pompon : cette intégrale des premières aventures de Bloodshot parues initialement aux Etats-Unis entre 2012 et 2014, avoisine quand même les 900 pages ! Et attention, ici on ne fait pas de quartier…

Par contre, attachez vos ceintures, car même ceux qui ont croisé cet albinos à la peau blanche dans Book of Death, The Valiant ou dans Harbinger risquent d’être par moments un peu perdus, vu que les différents univers ne cessent d’entrer en collision et que la temporalité est régulièrement malmenée. En fait, cette intégrale sur les origines du – à priori – premier héros de l’écurie Valiant à avoir droit à une future adaptation cinématographique (Jared Leto et Vin Diesel seraient sur les rangs) a les défauts de ses qualités.

En se voulant exhaustif et en reprenant ainsi l’intégralité des 25 épisodes, le résultat est dense, très dense, limite trop même. Bloodshot est un peu comme une série à la 24h tellement pleine de rebondissements qu’un visionnage d’une traite devient rébarbatif. Surtout qu’ici, personne n’est celui qu’il semble être et les trahisons aussi nombreuses que les déchaînements de violence qui n’épargnent personne et surtout pas le personnage principal.

© Valiant/Bliss

Le point de départ est, a priori, plutôt simpliste : soldat super-entrainé, Ray est un habitué des missions quasi-impossibles qui, pourtant, commence à se poser des questions sur comment préserver sa famille et sortir de cette spirale de violence. Sauf qu’assez rapidement, on découvre que Ray n’existe pas, ou plus. Il est en fait Bloodshot, véritable machine à tuer crée une unité spéciale gouvernementale qui le manipule mentalement pour faire le sale boulot. Son corps est plein de nanites (des robots miniaturisés) capables de le régénérer de façon quasi-instantané, le rendant pratiquement invincible. Or lorsque le voile de sa réalité commence à se déchirer, il décide de s’émanciper mais rencontre sur son chemin des enfants mutants aux pouvoirs surnaturels (les Psiotiques), des agents du gouvernements lancés à ses trousses mais aussi d’autres personnages bien connus de l’univers Valiant comme Faith, Toyo Harada de la fondation Harbinger ou Archer et Armstrong. Et à partir de là, plus personne n’est à l’abri. Personne.

Sorte de croisement entre le Punisher et Terminator assez proche physiquement de Rai (autre héros de chez Valiant), Bloodshot est peut-être le personnage le plus désespéré de son éditeur, le plus violent aussi. Profitant de sa quasi-immortalité, les scénaristes qui se succèdent semblent prendre un malin plaisir à lui faire subir les pires traitements : œil crevé par télékinésie, membres découpés à la tronçonneuse, visage explosé par une balle tirée à bout portant et on en passe ! Pourtant, malgré son regard rouge vide, il y a quelque chose qui tient presque de la tragédie grecque chez lui, un côté désespéré qui lui donne une dimension supplémentaire et qui pousse à le suivre, même si on sait pertinemment que tout cela finira (forcément) mal.

Pas pour les petits enfants !

Olivier Badin

Bloodshot : Intégrale, Valiant/Bliss, 45 euros

© Valiant/Bliss

19 Mai

Irons : Luc Brahy et Tristan Roulot sur le pont pour un nouveau thriller

Jack Irons a un problème avec les ponts. C’est en empruntant l’un d’entre-eux en 1967 qu’il va perdre toute sa famille. Tremblement de terre, attentat ou défaut de conception, on n’en sait trop rien, mais quoiqu’il en soit la voiture familiale se retrouve au fond de la rivière. Il sera le seul à remonter à la surface…

Quand je vous dis que Jack Irons a un problème avec les ponts. Près de 50 ans après ce drame, on le retrouve au mauvais moment au mauvais endroit, en l’occurence sur le pont de la Confédération sur la côte est du Canada, un pont qui relie l’île du Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick en enjambant le détroit de Northumberland. Treize kilomètres de long, trente mètres au-dessus des glaces, et des locaux qui ne décolèrent pas depuis sa construction, notamment les pêcheurs qui ont vu la colonie de homards fuir vers des eaux plus tranquilles.

Alors forcément, quand le pont explose et s’écroule juste devant les roues du taxi que vient de prendre Jack Irons, il y a de quoi se poser des questions. Et il n’y a pas que lui qui s’en pose des questions. Comment un pont qui n’a que quelques années peut s’effondrer comme ça ? La réponse, c’est Jack Irons lui-même qui va la trouver. Est-ce en hommage à sa famille ou un drôle de hasard, l’homme est devenu un spécialiste des ponts, de leur construction et de leur destruction, un ingénieur-conseil !

Un trait réaliste élégant et dynamique, un scénario bien ficelé, un personnage principal au caractère trempé et au passé singulier, une bonne dose d’action, du suspense, une touche de sexe… et hop, voilà une nouvelle série qui devrait plaire au public le plus large, tout au moins aux fins amateurs de thriller.

Eric Guillaud 

Ingénieur-conseil, Irons (Tome 1), de Brahy et Roulot. Lombard. 12,45€

© Le Lombard / Brahy & Roulot

14 Mai

Trash de vie : une bonne tranche d’humour noir à la Jack Domon

Peut-on rire de tout ? Voilà bien une question que le monde se posera jusqu’à sa fin. Avec pour réponse provisoire : oui mais pas avec tout le monde. Quoique ! Jack Domon relève le défi mais prévient les lecteurs potentiels dès le titre. Sa bande dessinée est Trash, totalement Trash…

Si vous êtes vieux, jeunes, xénophobes, violents, pacifiques, dans la politique, les affaires ou les médias, militaires ou super-héros, filles ou garçons, éléphants ou lapins, surtout lapins… et que vous n’avez pas l’humour facile, alors ne lisez pas ce livre, ne l’ouvrez même pas, passez au large et oubliez-le. Ok, mais alors, me direz vous, à qui peut-il s’adresser ? Aux autres, à tous ceux et toutes celles qui rient de tout et même du pire en se disant que le pire appartient à la vie, et que d’en rire peut être finalement salvateur. 

En une page, un dessin ou quelques cases, Jack Damon nous conte à sa manière quelques tranches de vie qui finissent forcément mal à l’image du dessin de couverture.

Une chose est sûre, Jack Damon a de l’humour, au point de m’envoyer son album dédicacé avec ce petit mot : « Éric, non ! Ne fais pas ça, n’ouvre pas ce bouquin, il est l’ouvrage de Satan ». Satan ? Quand on fréquente depuis quelques années le haut lieu de l’enfer qu’est le Hellfest, on ne peut qu’être interpellé. Alors, je l’ai ouvert ce bouquin… et me suis au final bien marré. Et tant pis si je vais en enfer !

Eric Guillaud

Trash de vie, de Jack Domon. Michel Lafon. 16,95€

29 Avr

Valhardi, Jojo, Constant Souci… le patrimoine est de sortie

Pour apprécier et comprendre la bande dessinée d’aujourd’hui, rien de tel qu’un petit retour sur le passé, à la découverte du patrimoine. Jojo, Valhardi et Constant Souci en font assurément partie et ont chacun dans leur style contribué à la richesse du neuvième art…

Jojo est de retour avec sa bouille toute ronde, sa salopette rouge et sa casquette de poulbot bien vissée sur la tête. Ce personnage truculent imaginé par André Geerts, grand amateur de Franquin et Peyo, proche dans l’esprit d’un Fournier, d’un Hislaire ou d’un Frank Pe, a apporté au Journal de Spirou un vent de fraîcheur et de poésie bienvenue dans le milieu des années 80. Chacune de ses histoires met en scène avec une grande sensibilité le monde de l’enfance à travers ce petit garçon que l’on suit dans son environnement familial, il vit avec sa grand-mère, mais aussi scolaire et amical, avec notamment son copain et voisin Gros-Louis.

On n’en est pas encore aux enfants terribles de la bande dessinée, ceux qui feront les 400 coups dans quelques séries à succès, Le Petit Spirou et Titeuf pour ne citer qu’eux, mais les bases sont là. En cinq ans d’existence, Geerts a su « consolider les fondations de sa série », écrit Morgan Di Salvia en introduction, « et ce titre (Un été du tonnerre, ndlr) est sa première réussite totale ».

Après les années 1983-1991, ce deuxième tome de l’intégrale qui lui est consacrée s’intéresse aux années 1991-1998 autour de quatre récits, Un été du tonnerre, Le Serment d’amitié, Mamy se défend et Monsieur Je-sais-tout, enrichis de planches inédites pubiées dans le Journal de Spirou et d’un dossier d’une trentaine de pages pour tout savoir sur le personnage et son créateur. (Intégrale Jojo (tome 2), Geerts. Dupuis. 28€).

Lui aussi fait son retour, lui c’est Jijé, Joseph Gillain de son vrai nom. Dix ans après en avoir confié les rênes à Eddy Paape, Jijé reprend la destinée de Valhardi avec un épisode intitulé Valhardi contre le soleil noir.  Avec le temps et le contexte de guerre froide, notre personnage a quitté le monde des enquêteurs en assurances pour celui des détectives traquant les gangs internationaux. « Autour de lui… », écrit le journaliste Jérôme Dupuis en préface, « le monde n’est plus le même non plus : la société imprégnée de catholicisme, de la guerre, a laissé place aux trente glorieuses, avec son cortège d’avions de ligne, de voitures décapotables et de jolies filles ».

Jijé saura donner le bon coup de volant au bon moment à la belle Simca jaune de Valhardi pour le mettre sur la bonne direction, celle de la modernité. Soleil noir et Le Gang du diamant deviendront des classiques qui inspireront quantité d’auteurs, à commencer par, nous rappelle Jérôme Dupuis, l’immense Yves Chaland et derrière lui toute la jeune génération de Métal Hurlant. (Intégrale Valhardi (tome 4), Charlier, Jijé et Philip. Dupuis. 35€)

On termine avec l’un des premiers albums publiés par les éditions Glénat, un trésor d’éditeur en quelques sortes, une histoire méconnue du grand public signée du prolifique scénariste et dessinateur Greg (Achille Talon, Bernard Prince, Bruno Brazil, Comanche, Luc Orient…) sur une idée de Vicq (Taka Takata) et des décors de Dupa (Cubitus). Que du beau monde pour une série pour le moins éphémère puisqu’elle comptera uniquement cet épisode, Le Mystère de l’homme aux trèfles, prépublié dans le journal Tintin en 1967. Cette édition dans la collection Patrimoine BD des éditions Glénat nous permet de retrouver les planches en noir et blanc, idéal pour apprécier au plus près le génie graphique et narratif de Greg disparu en 1999. (Constant Souci Le Mystère de l’homme aux trèfles, Greg. Glénat. 15€)

Eric Guillaud

13 Avr

Un dessin de Philippe Druillet sur une série de guitares Fender à tirage ultra-limité

Si vous aimez le rock et la BD, c’est pour vous… Les amoureux de Jimi Hendrix s’en souviennent certainement, Philippe Druillet a réalisé en 1975 la pochette de la réédition posthume d’Electric Ladyland du fameux guitariste américain. Dessin qui a fait le tour du monde et revient aujourd’hui décorer une série à tirage ultra-limité de guitares, une Fender stratocaster et une Fender Telecaster, toutes deux tirées à 27 exemplaires seulement, en plus des 3 épreuves auteur et des 7 exemplaires hors commerce. La reproduction du dessin sur le corps de la guitare est accompagné de la signature de Philippe Druillet et d’un certificat d’authenticité. Tout ça pour le prix de… 4990 pour la Stratocaster, 3990 pour la Telecaster !

Plus d’infos ici