19 Mar

Mince alors ! A la recherche du petit poids, de Carol Lay. Editions Delcourt. 16,50 euros.

Après le printemps vient l’été. Enfin… logiquement. Plus que quelques mois donc pour maigrir et faire bonne figure sur les plages. Mais comment faire ? Telle est la question que nous nous posons tous, ou toutes, un jour ou l’autre et à laquelle Carol Lay semble avoir trouvé une réponse. Lorsqu’elle tombe, à plus de quarante ans, sur une photo d’elle, cette auteure américaine comprend que toute sa vie elle a pesé 12 kilos de trop. Malgré les différents régimes, malgré les consultations d’hypnotiseurs et malgré les cures de pilules pour maigrir. Bref, c’est le déclic et dès lors, Carol Lay n’aura de cesse de chasser les kilos en trop en faisant de l’exercice et, surtout, en comptant la moindre calorie avalée. Un combat de tous les jours qu’elle nous relate dans ces pages d’une originalité, d’une fraîcheur, d’une drôlerie, d’une légèreté tout à fait admirables. Cerise sur le gateau, ou plutôt cerise sur le légume, Mince alors ! propose une trentaine de recettes adaptées au public français et des conseils pour une alimentation saine et équilibrée. Une BD autobiographique à l’humour allégé que vous pouvez consommer sans modération ! E.G.

Happy slapping, de Jean-Philippe Peyraud et Marc Villard. Editions Casterman. 17 euros.

Cécile va bientôt avoir 25 ans. Une jeune femme en apparence bien dans ses baskets. En apparence seulement ! Car Cécile a des blessures profondes, très profondes… Mais comment se plaindre quand  tous les soirs on croise la détresse la plus totale sur les trottoirs de Paris ? Cécile travaille au Samu social. Et son quotidien ressemble à ce visage de grand mère virée de chez elle par ses propres enfants et condamnée à dormir dans la rue… Ou à celui de cet homme qui s’est fabriqué un abri fait de tôles et de planches le long du périphérique. Pas franchement gai ! Alors, histoire d’extérioriser un peu ses blessures, Cécile s’arrête parfois chez les Addicts anonymes. « Je m’appelle Cécile et j’ai commencé la coke à dix-huit ans. Ma mère est morte quand j’étais gosse… ». Définitivement pas gai ! Ajoutez à celà un père lui aussi décédé ou, plus exactement, qu’on a voulu faire croire décédé, et qui est SDF quelque part dans Paris. Depuis dix ans ! Avec le Samu social, Cécile essaie de reprendre l’histoire de sa vie là où elle s’est arrêtée. Avec l’espoir un jour de retrouver ce père…

Après la série Premières chaleurs et l’album Quand j’étais star, parus chez Casterman, Jean-Philippe Peyraud signe ici l’adaptation d’un polar, Bird, publié en octobre 2008 par l’écrivain Marc Villard aux éditions Joëlle Losfeld. 80 pages en noir et blanc qui nous entraînent dans le Paris nocturne, celui des SDF et des paumés, des misérables et des laissés-pour-compte, avec au coeur du récit cette jeune femme à la recherche de son père et le meurtre - sordide - d’un SDF par un jeune bourgeois qui sera protégé par son père, un homme politique alors en pleine campagne électorale. Noir, très noir ! E.G.

Festival Des planches et des vaches 9e édition…

Le 9e festival de bande dessinée Des Planches et des Vaches se déroulera les 3 et 4 avril prochains sur le site de La Fonderie à Hérouville-Saint-Clair. Sous la présidence de Christian De Metter, plus de 40 auteurs seront accueillis, parmi lesquels Boiscommun, Bourgne, Djian, Efix, Félix, Floc’h, Kokor, Margerin, Tieko, Diaz Canales, Crossley… Outre les incontournables séances de dédicaces et les remises de prix, le public pourra participer à des ateliers BD, assister à des performances graphiques,  visiter les divers stands (librairie, fanzine…) et découvrir une exposition sur Christian de Metter réunissant plusieurs planches originales de ses albums Shutter Island, Marylin ou encore L’oeil était dans la tombe. Et en ouverture, le 2 avril à 20h00 au BBC : le concert de Bijou SVP ! E.G.

+ d’infos sur le site www.planchesetvaches.com

04 Mar

Rencontre avec Tébo, auteur de Cosmik Comiks, septième volet des aventures de Samson et Néon paru aux éditions Glénat…

 
  
Un septième volet de Samson et Néon dans les bacs, l’album In Pipi véritas annoncé pour mars, un cinquième Captain Biceps sur la table de travail et des adaptations en dessin animé actuellement diffusées sur France3… Bref, il y a suffisamment de raisons pour que nous ayons eu envie de poser quelques petites questions à Tébo. Cinq questions pas plus, car l’homme est très occupé même s’il sait rester disponible et accessible… 
 
Vous êtes vraiment caennais ou c’est la seule ville qui a accepté de vous accorder un visa ?
 
Tébo. Je suis né à Caen et je vais mourir à Caen. Et ma maman m’a interdit de déménager de cette ville… Je suis un enfant très obéissant… 
 
Néon, extraterrestre rose, Captain Biceps, super-héros à la combinaison rouge et jaune… Vous n’en avez pas assez de dessiner des héros improbables ? N’auriez-vous pas envie de faire des albums un peu plus sérieux ? Des autobiographies, des BD-reportages ou même des livres de poésie ? Quel regard portez-vous sur la BD ?
 
Tébo. J’adore les héros improbables. Je viens de finir d’écrire un scénario pour Nicolas Kéramidas (dessinateur de Luuna, Donjon et Tyko des sables) qui parle d’Alice au Pays des merveilles qui se retrouve téléportée dans une jungle où tous les singes l’appellent Tarzan. Je pense continuer à faire des albums peu sérieux tout au long de ma vie et de ma carrière… Mais j’ai encore un paquet d’idées et de scénarios dans mon cabas et j’ai envie de réaliser des histoires d’horreur, de science fiction, de polar et d’heroïc fantasy. Par contre, je n’ai rien dans mes poches pour l’autobiographie, la bd-reportage et le livre de poésie. J’ai toujours un regard d’enfant quand je lis de la BD. J’en lis tous les soirs avant de me coucher. J’espère que le format papier existera encore longtemps.
 
Deux séries qui connaissent le succès, dont une réalisée avec Zep, deux adaptations pour la télévion… Vous êtes plutôt du genre à avoir la grosse tête, les chevilles qui enflent ou les doigts qui démangent ? Comment vivez-vous le succès et comment l’expliquez-vous ?
 
Tébo. Ce sont mes héros qui sont des stars. Moi, je suis un inconnu… On ne me reconnait pas dans la rue, les filles ne m’envoient pas leurs slips… Auteur de BD, c’est pas très rock. Donc, non, je n’ai pas la grosse tête. Avoir des séries qui marchent est vraiment agréable et surtout rassurant pour l’avenir. J’ai toujours eu peur de ne plus avoir de boulot dans la BD. Plus maintenant (enfin, pas pour cette année). J’ai des demandes d’éditeurs qui veulent travailler avec moi (généralement, c’est plutôt l’auteur qui demande à l’éditeur) ainsi que des producteurs de séries animées qui me demandent de leur trouver des concepts pour des futurs projets. Sinon, je n’explique pas le succès d’une série… Je ne fais pas d’étude de marché sur les lecteurs pour savoir de quoi va parler mon prochain album. Je travaille dur pour que les lecteurs aient du plaisir à lire mes albums tout en ayant du plaisir à les réaliser.
 
Sincèrement, pouvez-vous nous dire où vous allez chercher tout ça ? Quelles sont vos influences, vos inspirations ? Croyez-vous donner une bonne image aux enfants ? Que vous disent-ils quand ils vous croisent sur les festivals ou ailleurs?
 
Tébo. Ce n’est pas très simple d’expliquer d’où viennent les idées… Je pense que c’est une mécanique, une habitude que l’on a (et que l’on travaille) depuis tout petit. Depuis que je sais tenir un crayon, j’ai toujours inventé des personnages, des monstres, des héros. Une fois le personnage créé, je leur inventais une vie, des ennemis, des aventures. On commence par des histoires simples qui au fil du temps deviennent plus complexes, plus abouties. En bref, ça ne me tombe pas tout cuit sur la page blanche, je bosse ! Mes influences lorsque j’étais enfant et ado, il y en a eu plusieurs : Jack Kirby (créateur de Hulk, Les 4 fantastiques, Captain America…), Gotlib (Rubrique-à-brac…), Franck Margerin (Lucien) et Liberatore (Ranxerox). Savoir si je suis une bonne image pour les enfants ? Boah !! Je veux juste être une cour de récréation pour eux. Ce qui est drôle, c’est que l’image de la BD a changé auprès des parents. A mon époque, elle était mal vue. Maintenant, les parents me remercient durant les festivals car leurs progénitures ont pris goût à la lecture. C’est plutôt un beau compliment de leur part. Tandis que les enfants sont généralement intimidés lorsqu’ils me voient et ne me décrochent pas un mot (les parents sont les premiers surpris). Mais si les mêmes gamins viennent me voir avec un copain, ça devient la nouba ! C’est à celui qui parlera le plus fort pour me raconter ce qu’il a aimé dans l’album. J’ai vraiment un super public !
 
Quels sont vos projets pour tout à l’heure, demain et après-demain ?
 
Tébo. J’ai commencé le tome 5 de Captain Biceps avec mon ami Zep au scenario. Je suis l’invité d’honneur du festival de Pau (qui a lieu du 2 au 4 avril) et du festival de BD de Caen (Bulles en folies les 19 et 20 juin). Je dois leur fournir des idées et  réaliser leurs affiches. Je vais me lancer dans la création (scenario et dessin) d’une nouvelle série pour la télévision avec mon ami Tehem (auteur de Zap collège et de Malika Secouss) et écrire un polar un peu fantastique avec de l’action dedans pour mon ami Jérome d’Aviau (auteur de Inès et de Ange le terrible). Peut-être qu’après je prendrai deux jours de vacances avec ma femme et mon fils.

Propos recueillis par Eric Guillaud le 4 mars 2010.

  

Retrouvez la chronique de l’album ici !

  

28 Fév

Championzé, de Vaccaro et Ducoudray. Editions Futuropolis. 20 euros.

Saint-Louis du Sénégal, à l’aube du XXè siècle. Amadou M’Barick Fall est un gamin pour le moins vif et rusé. Au point de se faire remarquer et embaucher par deux jeunes artistes hollandaises de passage dans le pays. Avec elles, Amadou M’Barick Fall rejoint la France et découvre le monde du théâtre. Habillé comme un bourgeois européen, il monte sur scène pour réciter des poèmes et, bien souvent, se faire huer et traiter de singe par des spectateurs survoltés. Mais ce n’est pas sur les planches qu’il va se faire un nom. C’est sur les rings. Car, au hasard des rencontres, M’Barick Fall devient boxeur. Et pas de ces boxeurs d’opérette. Non, M’Barick Fall, que l’on va surnommer Battling Siki, sera le premier Français champion du monde de boxe… noir ! C’est en 1922 qu’il conquiert ce titre en battant un autre Français, blanc celui-là, Georges Carpentier. Mais la gloire aura vite un goût amer. La société bien pensante ne peut admettre qu’un noir soit champion du monde et représente à ce titre la France. Il sera accusé de tricherie, perdra son titre avant de le récupérer, partira pour les Etats-Unis où on lui refusera un combat avec le champion américain blanc et moura sur les pavés new-yorkais de cinq balles dans la peau !

_________________________________________________

retrouvez l’interview des auteurs ici-même

_________________________________________________

Bien sûr, ceux qui s’intéressent un minimum à la boxe connaissent Battling Siki, peut-être moins son histoire et le contexte dans lequel il a évolué. Et c’est là tout l’intérêt de Championzé. Car au-delà d’un portrait sur l’homme, Aurélien Ducoudray et Eddy Vaccaro nous brossent dans ces pages le tableau d’une époque que l’on espère révolue. Celle du colonialisme et du racisme sans retenue. M’Barick Fall aura beau s’être illustré pendant la Grande guerre, jamais il ne sera considéré comme un Français. Publiée chez Futuropolis, Championzé est une biographie réellement passionnante qui, comme L’Enragé, le fameux diptyque de Baru publié aux éditions Dupuis en 2004, parle du milieu de la boxe en s’adressant à un public large et pas seulement aux initiés… C’est beau, c’est fort, c’est poignant et on en redemande. Ca tombe plutôt bien puisque les deux compères ont en projet deux autres biographies de boxeurs et une adaptation du Club du suicide de Stevenson… A suivre donc ! E.G.

Jessica Blandy, Le Choucas, Jérôme K. Jérôme Bloche, Ethan Ringler, Docteur Poche, Spirou et Fantasio… Des intégrales comme s’il en pleuvait !

C’est bien simple, depuis quelques temps, il est impossible de détourner la tête plus de deux secondes sans que de nouvelles intégrales surgissent sur les étagères de nos libraires préférés. L’occasion de nous replonger dans quelques séries phares du Neuvième art et de vider définitivement nos comptes en banque…

A tout seigneur, tout honneur, commençons par les stars incontestées de la bande dessinée franco-belge : les légendaires Spirou et Fantasio. Le neuvième volume de l’intégrale qui doit réunir à terme toutes leurs aventures dans l’ordre chronologique vient de sortir avec, au menu, des oeuvres signées Jean-Claude Fournier. Moins connu que le Maître André Franquin, précédent animateur de la série, et peut-être moins apprécié par une certaine frange d’aficionados de la BD, Jean-Claude Fournier a tout de même écrit neuf grandes aventures, publiées en album entre 1970 et 1980, ainsi qu’une tripotée de récits courts parus dans le journal Spirou. Trois volumes de cette intégrale seront consacrés à ce Breton pure souche. Le premier réunit les aventures Le Faiseur d’or, Du glucose pour Noémie, L’Abbaye truquée et plusieurs autres récits courts, inédits en album. Si Le Faiseur d’or porte encore la marque Franquin, notamment à travers le Marsupilami qu’il a continué à dessiner ici, très vite, Jean-Claude Fournier va imposer son style et provoquer une rupture en imaginant de nouveaux personnages et en ajoutant une touche de poésie et de fantastique. A l’instar des précédents volumes de l’intégrale, celui-ci contient un dossier d’une vingtaine de pages dans lequel l’auteur revient sur son parcours avec de nombreuses illustrations, photos et documents.

    

    

   

  

  

  

  

  

Le noir en pleine lumière ! Les éditions Dupuis lancent toute une série de nouvelles intégrales petit format autour de quelques bons polars maison. Entre Jessica Blandy, Ethan Ringler, Le Choucas, Jérôme K. Jérôme Bloche et Kogaratsu, chacun devrait trouver chaussure à son pied. Et si vous hésitez, je ne saurais que trop vous conseiller de débuter par Le Choucas et Jérôme K. Jérôme Bloche, deux personnages aux antipodes l’un de l’autre mais deux personnages essentiels, plein de charme et de caractère. Chacune de ces intégrales réunit entre 3 et 5 aventures ainsi qu’un bonus : portfolio, histoire courte inédite ou interview des auteurs.

« Wasterlain est un des plus grands auteurs que je connaisse. Un style, une poésie, une facilité, une qualité de transposition dans le dessin… C’est bien simple, si je pouvais choisir, je choisirais de dessiner comme Wasterlain ». Ces quelques mots particulièrement élogieux le deviennent plus encore lorsqu’on en connaît l’auteur. Et cet auteur est… l’immense André Franquin ! Et c’est vrai, ce dernier admirait réellement le travail de Wasterlain, disciple de Peyo, qui, se trouvant à l’étroit dans le style « gros nez », va tenter d’apporter - avec succès - un peu de fraîcheur et de modernité. Comme l’écrit l’éditeur en ouverture de cette intégrale, les aventures de Marc Wasterlain offraient « …un mélange d’aventure humoristique classique, de poésie, de fantaisie, de fantastique et de générosité. ». C’est au milieu des années 70 que son personnage fétiche, Docteur Poche, apparaît pour la première fois dans les pages du journal Spirou. Signe particulier : son nez. Pas rond, plutôt fin et long. Un nez qui fera dire à Jijé : « … un nez comme cela, c’est un trait esthétique qui ne correspond à rien ».  Pourtant, avec ce nez, son style graphique et sa façon de raconter, Wasterlain va s’imposer et influencer nombre d’auteurs comme Yslaire. Dans ce très beau premier volume de L’Intégrale Docteur Poche, sont réunies les trois premières grandes aventures en version restaurée ( Il est minuit Docteur Poche, L’Ile des hommes-papillons et karabouilla) ainsi que des récits inédits et un dossier avec dessins, esquisses, croquis, photos… E.G.

  

Dans le détail :

Intégrale Spirou et Fantasio (volume 9), de Fournier. Editions Dupuis. 19 euros.

Intégrales petit format Jessicca Blandy, Ethan Ringler, Le Choucas, Jérôme K. Jérôme Bloche et Kogaratsu. Editions Dupuis. de 18 à 27 euros.

– Intégrale Docteur Poche (volume 1), de Wasterlain. Editions Dupuis. 24 euros.

Les enfants d’ailleurs, toi+moi.org, Trop top Linotte… Quelques albums en bref

 Publiées en album à partir de 2007, les trois premières aventures des Enfants d’ailleurs viennent d’être rééditées dans une intégrale intitulée L’Autre monde. Bannister, au dessin, et Nykko, au scénario, y mettent en scène quatre copains, Rébecca, Maxime, Théo et Noé, qui découvrent par hasard le passage vers un autre monde dont ils vont devenir les prisonniers et dont ils vont essayer, tout au long de ce premier cycle, de séchapper. Un récit fantastique au graphisme très agréable et aux textes adaptés pour les enfants à partir de 6 ans.

L’amour en quelques clics ! C’est ce que nous proposent de vivre Fred Jannin et Gilles Dal dans ce nouvel opus intitulé toi+moi.org. Vous vous en doutez, les deux compères, auteurs précédemment de l’album 300 millions d’amis qui abordait avec humour les réseaux sociaux, décortiquent ici les sites de rencontres sur internet et se moquent gentiment de nos contemporains qui espèrent y trouver l’âme soeur sans avoir à sortir de la maison. D’ailleurs, mieux vaudrait pour certains ne pas avoir à se montrer, à se rencontrer, comme Musclor-bouche-de-feu et Josiane-soif-d’absolu qui n’ont pas franchement le physique de leur pseudo. Mais l’amour rend – parfois – aveugle !

Pour finir, un album pour les enfants et plus particulièrement pour les filles passionnées d’équitation ! Linotte, personnage apparu dans les pages du journal Les Petites sorcières, vit désormais des aventures en bande dessinée, toujours sous la plume joyeuse de Catel qui se partage plus que jamais et mieux que jamais entre les ouvrages pour les petits et ceux pour les grands (Kiki de Montparnasse, Léo et Léa, Rose Valland, capitaine Beaux-Arts, Dolor…). Trop top Linotte permet de retrouver l’univers familier de la jeune Linotte, son école, ses copains et copines, sa maison, ses parents et surtout Pimpon, son inséparable poney. C’est frais et charmant ! E.G.

Dans le détail :

Intégrale Les Enfants d’ailleurs (premier cycle), de Bannister et Nykko. Editions Dupuis. 15,50 euros.

Toi+moi.org, de Jannin et Dal. Editions Dupuis. 9,95 euros.

Trop top Linotte (tome 1), de Catel, Bouilhac et Peignen. Editions Dupuis. 9,95 euros.

Une Piscine pour l’été, On dirait le sud (tome 1), de Cédric Rassat et Raphaël Gauthey. Editions Delcourt. 14,95 euros.

Eté 1976, dans une petite ville ouvrière du centre de la France. Il fait chaud ! Terriblement chaud. Et rien à l’horizon ne semble annoncer une quelconque amélioration. Les gens de la météo ont même prévenu qu’il fallait s’attendre à vivre l’un des étés les plus caniculaires du siècle. C’est bien simple, on dirait le sud, un temps à ne pas traîner dehors. Pourtant, dans une DS noire stationnée en plein soleil, deux hommes en costume cravate attendent . Ils attendent… et suent à grosses gouttes ! Mais ils ont une bonne raison pour celà. Ils ont rendez-vous avec Max Plume, syndicaliste apprécié de tous pour son honnêteté et son intégrité. Ils veulent lui proposer une mission assez particulière : sélectionner les heureux élus d’un dégraissage économique massif. Autrement dit, aider la direction à licencier les petits camarades de l’usine, en commençant par les moins méritants, peut-être même par les malades. Quoiqu’il en soit, il va y avoir un plan social dans la ville et il n’en fallait pas plus pour que les esprits s’échauffent…

Même si l’endroit ne ressemble pas exactement à la Louisiane ou à l’Italie, avec du linge étendu sur les terrasses, comme le chantait si bien Nino Ferrer, Cédric Rassat et Raphaël Gauthey ont réussi à envelopper la petite ville ouvrière dans laquelle se déroule l’action d’une atmosphère suffocante, accablante, étonante de réalisme, si bien qu’on dirait vraiment le sud. Nous sommes en 1976 et les années d’insousiance des trente glorieuses vont définititvement laissées place aux années giscardiennes, celles de la crise pétrolière, du chômage, des fermetures d’usines… Avec un graphisme original, des textes qui sonnent justes et une narration simplement efficace, les auteurs brossent le portrait d’une France qui a disparu, du moins en partie, une France un peu désuète mais pleine de charme, qui s’interrogeait encore sur l’utilité de maintenir la peine de mort, une France où les enfants n’étaient pas skotchés en permanence devant les écrans de console, d’ordinateur ou de télévion, une France qui se retrouvait au Sporting, le bar du coin, pour parler de tout et surtout de rien. Suite et fin dans le second volet ! E.G.

26 Fév

Cosmik Comiks, Samson et Néon (tome 7), de Tébo. Editions Glénat. 9,40 euros.

Un extraterrestre rose ! Vous en avez déjà vu, vous ? Moi, non. Des verts, oui. Des bleus, parfois. Des roses, jamais. Passons sur ce détail ! Celui-ci s’appelle Néon, comme les lampes, et est accompagné en permanence d’un petit garçon, un humain, répondant au doux nom de Samson. Comme Samson et Dalila. Mais sans Dalila. Enfin bref, Néon et Samson, ou l’inverse, sont de retour. Mais pour quoi faire me direz-vous ? Très bonne question à laquelle je vais m’empresser de ne pas répondre et simplement citer nos deux héros qui dès la première page de cet album parlent d’aventures qui puent – éloignez les enfants – le « trou de balle ». C’est classe ! En même temps, c’est vrai. Entre Michel, énorme monstre jaune et flasque recouvert de pustules vertes, le roi Sub-sub à la machoire proéminente, Bueearrg le bien nommé, gros bébé orange avec des dents de rhinocéros, ou encore la gelée mutante, le dentier de mamie, le parasite bleu (tous des seconds rôles remarquables par ailleurs ! )…  bref, nos deux héros ne vont pas pouvoir faire dans la dentelle. Et dire que le responsable de toutes ces horreurs est caennais ! Son nom ou plus exactement son nom de code : Tébo. Un récidiviste. Hormis les aventures de Samson et Néon, qui comptent d’ores ert déjà 7 volumes, l’homme est à l’origine, avec Zep au scénario, des super-aventures de Captain Biceps (4 tomes au compteur) et de quelques ouvrages plus ou moins recommandables tels que Comment dessiner ? ou In Caca Veritas.  Bref, un auteur qui déborde d’énergie, d’imagination et d’humour. Et ne cherchez pas dans ces pages un quelconque message ou la moindre leçon de morale, il n’y en a pas. Ca fait simplement du bien aux zygomatiques et, par les temps qui courent, c’est déjà beaucoup ! E.G.

Retrouvez une interview de Tébo ici même

L’info en +

Les aventures de Samson et Néon ont été adaptées en dessin animé pour la télévision. Elles sont diffusées sur France 3 depuis janvier 2010. La série compte 78 épisodes de 7 minutes chacun. L’un d’entre eux vous est offert en DVD avec l’album. Merci qui ?

L’hommage aux Tuniques Bleues, de Lambil et Cauvin. Editions Dupuis. 25 euros.

Le saviez-vous ? C’est pour parer au départ de Morris des éditions Dupuis, et donc de son fameux héros Lucky Luke, que sont nées Les Tuniques Bleues ? C’était en 1968. Morris rejoignait alors les éditions Dargaud pour poursuivre les aventures de l’homme qui tire plus vite que son ombre. Raoul Cauvin et Salvérius (décédé en 1972 et remplacé par Lambil) se lançaient dans le western historico-comique avec deux personnages aujourd’hui légendaires, le caporal Blutch et le sergent Chesterfield. Quelque quarante années d’aventures et cinquante-trois albums plus tard, la série des Tuniques Bleues est devenue une pièce maîtresse du  Neuvième art et qui plus-est, avec son côté anticonformiste, un élément fondateur de la bande dessinée contemporaine menée par des auteurs tels que Blutch, Larcenet… Cet ouvrage, paru à l’occasion de l’exposition Tuniques Bleues présentée au dernier Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, réunit des planches-hommages signées par quelques pointures ( Blutch, Conrad, Clarke, Larcenet, Zep, Laudec…) et une longue interview de Raoul Cauvin et Willy Lambil dans laquelle les deux compères abordent la naissance de la série, l’évolution du graphisme, la documentation… Un album indispensable pour tous les fans ! E.G.

RSS