25 Juin

Pages d’été : Le Port des Marins perdus ou le souffle de la grande aventure par Teresa Radice et Stefano Turconi

album-cover-large-29212C’est l’été, les doigts de pied en éventail, le cerveau en mode détente et enfin du temps pour lire et éventuellement rattraper le retard. Sur la table de chevet, quelques livres en attente. C’est le moment…

Levez l’ancre, affalez les voiles, bordez… et prenez le large à bord de la frégate HMS Explorer au service de sa majesté britannique. À son bord, maître du navire, le premier officier William Roberts, pas mal de marins, d’élèves officiers et un jeune homme, un certain Abel découvert inanimé sur une plage des îles Andaman. Un naufragé qui ne se souvient que d’une chose, son prénom. Que faisait-il là ? Etait-il un marin aguerri ou un passager tombé d’un navire ? Impossible de le savoir…

Recruté comme simple mousse sur l’Explorer, le temps du voyage vers l’Angleterre, Abel se révèle cependant bien plus expert en matière de navigation que bien des marins présents. « Il connaît la mer plus qu’il ne le soupçonne lui-même », remarque le premier officier. Très observateur, très volontaire, très  courageux… ça en devient même un peu trop pour les membres d’équipage qui soupçonnent le jeune homme de leur attirer la poisse…

Dès la couverture et les premières pages de présentation, Le Port des Marins Perdus peut faire penser à un roman d’aventure à la Stevenson. Et ça tombe plutôt bien puisqu’il a tout d’un roman d’aventure à la Stevenson avec un petit côté fantastique en plus. D’ailleurs les deux auteurs, Stefano Turconi et Teresa Radice, mari et femme dans la vraie vie, ont signé précédemment une adaptation en BD de L’île au trésor pour le journal Mickey.

320 pages au total, un scénario force 8, des personnages crédibles, des dialogues efficaces et un dessin réalisé au crayon, délicat, presque fragile… Le Port des marins perdus vous fera changer d’horizon. Et c’est le principal !

Eric Guillaud

Le port des marins perdus, de Teresa Radice et Stefano Turconi. Editions Treize Etrange. 22 €

L’info en +

Le Port des marins perdus a reçu le Prix Gran Guinigi du meilleur roman graphique au festival de Lucca en 2015

23 Juin

Pages d’été : Gauguin, Monet, Egon Schiele, Géricault, Renoir… la vie des grands peintres en BD chez Glénat

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C’est l’été, les doigts de pied en éventail, le cerveau en mode détente et enfin du temps pour lire et éventuellement rattraper le retard. Sur la table de chevet, quelques livres en attente. C’est le moment…

Lancée en mars 2015, la collection Les Grands peintres des éditions Glénat compte aujourd’hui quinze albums, autant de portraits d’artistes qui ont marqué l’histoire de l’art. Après Léonard de Vinci, David, Courbet, Toulouse-Lautrec ou encore Goya, l’année 2016 s’est enrichie de Gauguin, Monet et Egon Schiele en mars, Géricault et Renoir en ce mois de juin.

Le principe est toujours le même, offrir un portrait de ces peintres en s’attardant sur un moment précis de leur vie et en restituant avec précision, nous dit le dossier de presse, « le contexte historique, artistique, politique ou personnel dans lequel il en est arrivé à peindre l’un de ses tableaux les plus emblématiques. L’objectif n’est pas de retracer une vie entière, mais bien de raconter à chaque fois une histoire permettant de capter au mieux la personnalité de l’artiste et de son œuvre« .

L’idée est bonne, le résultat pas toujours à la hauteur de notre attente – notamment graphiquement – même si quelques grands noms de la BD se sont prêtés au jeu comme Dodo & Ben Radis, Franck Giroud, Griffo, ou encore Nicoby.

Deux points importants à noter, chaque album s’achève sur un dossier pédagogique et une chronologie des peintres célèbres entre 1390 et et nos jours.

Eric Guillaud

Renoir, de Dodo et Ben Radis, Géricault, de Gilles Mezzomo, Egon Schiele, de Sure et Joannidès, Monet, de Gravé et Secka, Gauguin, de Weber et Nicoby. Editions Glénat. 14,50 € l’album.

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22 Juin

Pages d’été : Jean Valhardi en intégrale : le deuxième volet est disponible

Unknown-1C’est l’été, les doigts de pied en éventail, le cerveau en mode repos et enfin du temps pour lire et éventuellement rattraper le retard. Sur la table de chevet, quelques livres en attente. C’est le moment…

Spirou, Tif et Tondu, Yoko Tsuno, Natacha, Gil Jourdan, Théodore Poussin, Broussaille, tous les grands héros du journal de Spirou ont leur intégrale, une façon pour nous de revivre leurs aventures avec du recul mais aussi avec un oeil averti grâce au dossier copieusement documenté et illustré qui accompagne chaque volume.

Et revoici L’intégrale Jean Valhardi, un deuxième volet qui nous transporte dans les années d’après guerre, entre 1946 et 1950. Des deux créateurs de la série en 1941, seul le scénariste Jean Doisy signe encore les récits au lendemain de la guerre. Le dessinateur Jijé est pour sa part parti aux Etats-Unis avec ses amis Morris et Franquin, confiant le dessin au jeune Eddy Paape qui fait ici ses premières armes dans la bande dessinée.  « Si certaines de ses productions ultérieures comme L’Oncle Paul, Marc Dacier ou Luc Orient lui permirent de connaître le succès… », nous rappellent Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault en ouverture de l’album, « Valhardi fut plutôt synonyme d’un rendez-vous manqué, sa relation avec l’éditeur ayant souffert de beaucoup d’incompréhensions« . Quoiqu’il en soit, Eddy Paape signera en 1953 une aventure mythique de la série Valhardi avec Charlier au scénario, Le Château maudit, et deviendra l’un des plus talentueux auteurs de son époque.

Pour l’heure, ce deuxième volet nous permet de retrouver l’intégralité des aventures de Jean Valhardi dessinées par Eddy Paape entre 1946 et 1950, notamment les histoires Sur le rail, Valhardi et les Rubens, Les diamants artificiels, Valhardi détective, Le roc du diable et À la poursuite de Max Clair. Plus de deux cents de ces planches étaient jusque-là restées inédites en album. Ce n’est plus le Jean Valhardi des années d’occupation qui par sa probité était parvenu à dépasser en notoriété Spirou et devenu l’un des symboles de la résistance du magazine, ni le Valhardi moderne des années 50/60, mais un Valhardi d’entre deux, agent d’assurance de son état, des histoires au scénario dense et au dessin à la fois inspiré par la ligne claire européenne mais aussi par les productions américaines et transalpines. Un morceau de notre patrimoine !

Eric Guillaud

Intégrale Jean Valhardi (deuxième volet), de Paape, Doisy et Delporte. Editions Dupuis. 35 euros