19 Juil

Pages d’été : L’inversion de la courbe des sentiments, un roman graphique de Jean-Philippe Peyraud chez Futuropolis

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C’est l’été, les doigts de pied en éventail, le cerveau en mode détente et enfin du temps pour lire et éventuellement rattraper le retard. Sur la table de chevet, quelques livres en attente. C’est le moment…

Robinson, c’est le jeune homme qui court sur la couverture, un peu à la manière de Tintin. Sauf que lui ne court pas après les méchants mais après les aventures féminines. Il sort d’ailleurs du lit d’une conquête d’un soir quand il croise deux amoureux sur le pont des Arts affairés à accrocher leur cadenas d’amour. « Vous pouvez me dire ce que ça signifie ? », leur lance-t-il, avant de continuer « y-a-t-il une explication sensée au fait de symboliser votre amour par un cadenas ». Lui aurait volontiers vu un boulet chaîné ou une ceinture de chasteté. Mais pas un cadenas. Et de jeter, rageur, leur appareil photo dans la Seine.

Pas commode le Robinson, Il faut dire que sa journée à mal débuté, viré manu militari par sa fameuse conquête. Et il ne sait pas encore que son ex l’attend au pied de son immeuble pour récupérer ses affaires, que son père va débarquer, mis à la porte lui-aussi par la mère de Robinson, que son neveu Gaspard a mystérieusement disparu, qu’il va passer la nuit prochaine avec MissCampingLaBaule grâce au site pechounkeum.com, qu’il va rencontrer un garçon qui prétend être son fils… Une journée pour le moins chargée imaginée par Jean-Philippe Peyraud, à qui on doit déjà quelques comédies sentimentales sur fond de chroniques sociales – ou l’inverse – telles que Grain de beauté (Treize Etrange, 1999), Première chaleurs (Casterman, 2001) ou encore D’autres larmes (Glénat, 2012).

On y parle d’amour bien sûr, de désamour, d’illusions et de désillusions, d’amitié et de famille, de sentiments d’une façon générale autour d’un personnage légèrement désabusé plongé dans une atmosphère que l’auteur qualifie lui-même d’aigre-douce, une « bédénovela » qui enchaîne les rebondissements « parfois dignes de sitcoms ou du théâtre de boulevard », explique Jean-Philippe Peyraud dans une interview accordée à bdzoom.com.

Avec L’Inversion de la courbe des sentiments, Jean-Philippe Peyraud nous offre une exploration sensible du quotidien, aussi légère qu’essentielle, aussi juste qu’habile, 192 pages de bonheur à partager. Caractères des personnages, dialogues, dessin, narration… un album qui fait mouche.

Eric Guillaud

L’inversion de la courbe des sentiments, de Jean-Philippe Peyraud. Editions Futuropolis. 26 €

© Futuropolis / Peyraud

© Futuropolis / Peyraud

12 Juil

Pages d’été : Un maillot pour l’Algérie ou l’histoire de combattants en short racontée par Rey, Galic et Kris

kSC98R5cmgH57R33hvf9AICXWOMvLkaw-couv-1200C’est l’été, les doigts de pied en éventail, le cerveau en mode détente et enfin du temps pour lire et éventuellement rattraper le retard. Sur la table de chevet, quelques livres en attente. C’est le moment…

Un instant, je me suis demandé s’il était opportun de parler de cette bande dessinée au lendemain de la défaite des Bleus face au Portugal. Un instant seulement. Car, si Un Maillot pour l’Algérie parle de football, il parle aussi et surtout de la lutte du peuple algérien pour son indépendance, sa liberté. Et nous rappelle que le football, le sport plus généralement, a parfois d’autres enjeux qu’une simple victoire dans un tournoi. Nous sommes en 1958, à la veille d’un autre grand rendez-vous footballistique, la Coupe du monde. Nous sommes aussi en pleine guerre d’indépendance de l’Algérie, de simples « événements » comme on les désigne à l’époque du côté français. Et c’est à ce moment précis que douze footballeurs algériens en contrat avec des clubs français de Première Division décident de rejoindre les rangs du FLN pour créer la première équipe nationale de ce qui n’est pas encore un pays, l’Algérie.

Parmi ces douze joueurs, on trouve Mokhtar Arribi (entraîneur à Avignon), Abdelhamid Kermali (Lyon), Abdelhamid Bouchouk (Toulouse), Mustapha Zitouni (Monaco), Amar Rouäi (Angers) ou encore Rachid Mekhloufi (Saint-Etienne). Tous quittent la France en avril 1958 et se retrouvent à Tunis pour lancer cette équipe de combattants d’un genre nouveau, une bande de révolutionnaires en short que d’autres rejoindront par la suite…

Entre 1958 et 1962, année des Accords d’Evian et de l’indépendance de l’Algérie, l’équipe du FLN aura joué 83 matchs pour 57 victoires et 14 nuls, marqué 349 buts pour 119 encaissés. Elle aura surtout représenté un peuple en lutte et une certaine idée de la liberté un peu partout sur la planète, depuis le Maroc jusqu’au Vietnam, en passant par l’Irak, la Roumanie ou encore la Russie.

Si comme moi, vous n’êtes pas assez passionné par le football pour en connaître son histoire dans les moindres détails, Un maillot pour l’Algérie vous permettra d’en découvrir un épisode étonnant, une aventure incroyable mettant en scène non pas des guerriers ou des terroristes, mais de simples footballeurs qui vont se battre pour l’indépendance avec leur talent et un ballon pour unique arme. Le résultat est passionnant, parfois surprenant, toujours très documenté, raconté et mis en images avec passion par trois vrais fans du ballon rond, le Bruxello-barcelonais Javi Rey et les deux Bretons Bertrand Galic et Kris.

Vous avez aimé Invictus de Clint Eastwood ? Alors vous aimerez Un maillot pour l’Algérie. Tous deux, dans des contextes très différents, démontrent avec force que le sport fait partie intégrante de nos sociétés, de notre histoire commune…

Eric Guillaud

Un maillot pour l’Algérie, de Galic, Kris et Rey. Editions Dupuis. 24 €

L’info en + Un dossier documentaire d’une quinzaine de pages accompagne le récit en bande dessinée. On y trouve une chronologie, une présentation des footballeurs algériens, une interview de Rachid Mekhloufi, des photos… pour un éclairage complet du contexte.

© Dupuis / Rey, Galic et Kris

© Dupuis / Rey, Galic et Kris

05 Juil

Pages d’été : Homicide, une immersion au sein de la brigade criminelle de Baltimore signée Philippe Squarzoni et David Simon

HOMICIDE 01 - C1C4.inddC’est l’été, les doigts de pied en éventail, le cerveau en mode détente et enfin du temps pour lire et éventuellement rattraper le retard. Sur la table de chevet, quelques livres en attente. C’est le moment…

240 meurtres par an. C’est énorme, à peine croyable, et c’est pourtant bien la réalité de Baltimore, ville du nord-est des États-Unis située dans l’État du Maryland. 240 meurtres par an et une brigade criminelle sur les dents. En 1988, David Simon, reporter au Baltimore Sun, décide de partager le quotidien de cette brigade pendant un an. Il en tire un livre, A year on the killing Streets, qui a servi de base à la série télévisée Homicide et largement contribué à une autre série culte, The Wire, diffusée sur HBO.

L’auteur français Philippe Squarzoni, connu et reconnu pour ses albums politiques, tels que Garduno en temps de paix, Zapata en temps de guerre, Dol ou encore Saison brune, a choisi d’adapter ce livre en bande dessinée, en conservant les choix narratifs de David Simon qui s’est évertué à effacer le travail du journaliste et donner la parole aux inspecteurs de la brigade.

« Je voyais les pages de bande dessinée apparaître à mesure que je lisais… », explique Philippe Squarzoni, « Je sentais quel type de narration il faudrait développer. Dans Homicide, David Simon a fait le choix de ne pas se mettre en scène, mais plutôt de privilégier la voix collective des détectives de la brigade (…) Et la perspective de faire un album sans recours à la première personne, la nécessité de renouveler mon approche de la BD documentaire, était une raison supplémentaire pour adapter ce livre ».

© Delcourt / Squarzoni

© Delcourt / Squarzoni

Le résultat est là. Homicide, contrairement aux BD documentaires habituelles qui prennent le lecteur à témoin, nous place en immersion totale au sein de la brigade. On a parfois l’impression d’être dans une fiction mais la description du quotidien des détectives nous ramène très vite à une réalité brute et banale, le manque de moyens, les bâtiments mal ventilés, bourrés d’amiante, les sonneries de téléphones qui font un bruit de ferraille, les cadavres qui s’ajoutent aux cadavres, empêchant tout travail de fond, rien de très glamour, de très sexy, de très hollywoodien.

« Je crois…« , confie David Simon, « que personne ne s’intéresse à comment David Simon voit la vie d’un inspecteur de la crim’. Ce que les gens veulent savoir, c’est comment cet inspecteur pense, ou même comment il perçoit et exprime ce qu’il vit ».

Son avis sur l’adaptation de Philippe Squarzoni ? « Mon seul sujet d’interrogation portait sur le fait qu’il était absolument nécessaire que le roman graphique soit l’exacte mise en image des faits, car bien évidemment, on allait parler de vrais inspecteurs, de vraies victimes et de vrais événements. On allait utiliser leurs noms, leurs identités, sans maquiller quoi que ce soit. Et il a su me rassurer à ce sujet ».

Page après page, l’adaptation de Philippe Squarzoni nous interpelle, nous surprend, nous effraie sur l’état de la société, de la justice et de la police américaine. Un ouvrage absolument passionnant, beaucoup moins âpre que ses précédents, au graphisme, au découpage, aux dialogues tout à fait exemplaires. À dévorer d’urgence…

Eric Guillaud

Homicide, de David Simon et Philippe Squarzoni. Editions Delcourt. 16,50 €

© Delcourt / Squarzoni

© Delcourt / Squarzoni

02 Juil

Fantasio se marie : avec Feroumont, un vent de folie souffle sur la série Spirou

spirou-feroumont-couve_GDUne chose est sûre, cet album-là ne fera pas que des heureux… et des heureuses. D’abord pour toutes celles qui voyaient jusqu’ici en Fantasio un héros célibataire et donc éventuellement un coeur à prendre, ensuite et plus sérieusement parce que l’aventure proposée par Benoît Feroumont met à mal quelques codes élémentaires établis dans la série mère en 78 ans de bons et loyaux services…

On nous promettait un scoop, c’en est un ! Fantasio est amoureux et va se marier. Non, vous ne rêvez pas. Terminées les aventures effervescentes avec son compagnon Spirou, terminés les voyages à travers le monde et terminée la traque des méchants. Fantasio a quitté le domicile conjugal, pardon le domicile qu’il partageait jusqu’ici avec Spirou pour une maison de ville confortable en compagnie de sa tendre et douce, son petit chou, son sucre, son petit coeur de beurre, Clothilde, un fille de bonne famille, de très bonne famille même. De quoi faire tourner les têtes…

© Dupuis / Feroumont

© Dupuis / Feroumont

Et les têtes vont tourner. Nos deux tourtereaux veulent une noce grand format avec beaucoup d’invités dans un cadre idyllique, du beau linge comme on dit, du beau linge qui va mettre Fantasio dans de beaux draps, l’obligeant  à emprunter de l’argent à la mère de Spirou.

Et justement, Spirou dans tout ça ? Rien de changé si ce n’est un petit détail. Seccotine s’est installée chez lui. On ne parle pas de mariage mais plus simplement de colocation. Pour l’instant…

N’empêche, pour certains, le scoop vire au scandale. Sexualiser ainsi les héros, faire réapparaître la mère de Spirou qu’on donnait jusqu’ici pour morte, rendre le personnage de Fantasio à moitié benêt, faire de Seccotine la nouvelle faire-valoir de Spirou… c’est, pour certains puristes, aller un peu loin !

© Dupuis / Feroumont

© Dupuis / Feroumont

Pas de panique, Fantasio se marie s’inscrit dans le série Le Spirou de…, une série parallèle à la série mère aujourd’hui menée par les excellents Yoann et Vehlmann. Et justement, Le Spirou de… permet aux auteurs de réaliser leur rêve le temps d’un album et de donner leur propre vision de Spirou.

Après Tehem, Makyo et Toldac (La Grosse tête), Emile Bravo (Le journal d’un ingénu), Schwartz et Yann (Le groom vert-de-gris)…, Le Spirou de Feroumont revisite les aventures du mythique Spirou avec audace mais aussi beaucoup de légèreté, d’imagination et d’humour. Une aventure qui s’adresse aux plus jeunes mais aussi aux plus grands avec cette forte présence féminine qui, mine de rien, permet d’aborder les relations hommes femmes. Une idée pour le prochain album : Spirou change de sexe !

Eric Guillaud

Fantasio se marie, Le Spirou de… Benoît Feroumont. Editions Dupuis. 14,50 €

L’info en + Benoît Feroumont est en dédicace samedi 2 juillet à la librairie Bulle au Mans. Toutes les infos ici…

© Dupuis / Feroumont

© Dupuis / Feroumont

29 Juin

Étunwan, Celui-qui-regarde : une aventure intérieure au coeur des grands espaces de l’Ouest américain signée Thierry Murat chez Futuropolis

9782754811972_1_75La Conquête de l’Ouest, la destruction massive des bisons et par la même occasion le massacre des Amérindiens, chacun de nous en connaît plus ou moins l’histoire, souvent – pour les plus vieux d’entre nous au moins – à travers le prisme des westerns qui ont inondé les salles de cinéma au siècle passé. Mais Étunwan, Celui-qui-regarde n’est pas un western…

Du moins au sens commun et cinématographique du terme. Même si on y croise au fil des pages une tribu de Sioux, des troupeaux de bisons sauvagement abattus, des hommes blancs à la recherche de l’eldorado, Étunwan, Celui-qui-regarde est en fait un récit d’aventure et plus encore un récit d’aventure intérieure. L’intime au coeur des grands espaces !

Personnage central de l’histoire, ni héros ni anti-héros, Joseph Wallace, 33 ans, photographe de son état, tire le portrait de l’upper class, des notables et patrons de Pittsburgh en Pennsylvanie.

© Futuropolis / Murat

© Futuropolis / Murat

Jusqu’au jour où, pour une raison que lui-même ignore, le photographe confortablement installé décide de se joindre à une mission d’exploration des territoires encore sauvages, laissant femme et enfants, emportant l’essentiel, sa chambre photographique.

L’objectif de cette expédition est d’explorer de nouvelles zones à cartographier, de trouver peut-être de nouveaux gisements d’or ou de charbon, de nouvelles terres à coloniser, et pour notre Joseph Wallace, de photographier un monde en marche.

© Futuropolis / Murat

© Futuropolis / Murat

« Peut-être est-il vain de vouloir à tout prix saisir les choses et d’en arrêter, même l’espace d’un instant, le mouvement – ou même de donner l’illusion de cet arrêt – parce qu’au bout du compte tout continue sans nous, inévitablement ». Joseph Wallace n’a rien d’un chercheur d’or ou d’un conquistador, son truc à lui, c’est la photographie tout simplement. Et lorsque son objectif croise le regard d’une famille de Sioux Oglalas, la vie de Joseph Wallace en est à jamais transformée, l’homme cherchant dés lors à dresser de manière urgente un état des lieux photographique de la culture des Indiens des grandes plaines…

Une belle écriture, élégante, un trait noir et épais, des couleurs d’une grande sobriété, un très bel album en vérité de Thierry Murat, qui signe ici son premier livre en tant que dessinateur ET scénariste.

© Futuropolis / Murat

© Futuropolis / Murat

Sur son blog, l’auteur explique : « C’est donc la première fois que je signe un livre seul. Vraiment tout seul. Un récit que j’ai écrit pour tenter de parler « vraiment » du génocide amérindien, sans pour autant faire un énième western. J’y parle du travail de mémoire, de la place de l’artiste dans son rôle de témoin au milieu de toute l’absurdité humaine… Mais c’est un livre qui parle aussi et surtout de la photographie naissante (on est à la fin du 19ème siècle), et puis du regard et de sa capacité à raconter… Et de beaucoup d’autres choses encore, plus intimes et plus fragiles que l’histoire avec un grand H ».

En plus d’être passionné par la bande dessinée et ses possibilités narratives, Thierry Murat est également féru de photographie, ceci explique cela, Étunwan, Celui-qui-regarde est doublement une affaire de passion.

Eric Guillaud

Étunwan, Celui-qui-regarde, de Thierry Murat. Editions Futuropolis. 23 €

© Futuropolis / Murat

© Futuropolis / Murat

25 Juin

Pages d’été : Le Port des Marins perdus ou le souffle de la grande aventure par Teresa Radice et Stefano Turconi

album-cover-large-29212C’est l’été, les doigts de pied en éventail, le cerveau en mode détente et enfin du temps pour lire et éventuellement rattraper le retard. Sur la table de chevet, quelques livres en attente. C’est le moment…

Levez l’ancre, affalez les voiles, bordez… et prenez le large à bord de la frégate HMS Explorer au service de sa majesté britannique. À son bord, maître du navire, le premier officier William Roberts, pas mal de marins, d’élèves officiers et un jeune homme, un certain Abel découvert inanimé sur une plage des îles Andaman. Un naufragé qui ne se souvient que d’une chose, son prénom. Que faisait-il là ? Etait-il un marin aguerri ou un passager tombé d’un navire ? Impossible de le savoir…

Recruté comme simple mousse sur l’Explorer, le temps du voyage vers l’Angleterre, Abel se révèle cependant bien plus expert en matière de navigation que bien des marins présents. « Il connaît la mer plus qu’il ne le soupçonne lui-même », remarque le premier officier. Très observateur, très volontaire, très  courageux… ça en devient même un peu trop pour les membres d’équipage qui soupçonnent le jeune homme de leur attirer la poisse…

Dès la couverture et les premières pages de présentation, Le Port des Marins Perdus peut faire penser à un roman d’aventure à la Stevenson. Et ça tombe plutôt bien puisqu’il a tout d’un roman d’aventure à la Stevenson avec un petit côté fantastique en plus. D’ailleurs les deux auteurs, Stefano Turconi et Teresa Radice, mari et femme dans la vraie vie, ont signé précédemment une adaptation en BD de L’île au trésor pour le journal Mickey.

320 pages au total, un scénario force 8, des personnages crédibles, des dialogues efficaces et un dessin réalisé au crayon, délicat, presque fragile… Le Port des marins perdus vous fera changer d’horizon. Et c’est le principal !

Eric Guillaud

Le port des marins perdus, de Teresa Radice et Stefano Turconi. Editions Treize Etrange. 22 €

L’info en +

Le Port des marins perdus a reçu le Prix Gran Guinigi du meilleur roman graphique au festival de Lucca en 2015

23 Juin

Pages d’été : Gauguin, Monet, Egon Schiele, Géricault, Renoir… la vie des grands peintres en BD chez Glénat

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C’est l’été, les doigts de pied en éventail, le cerveau en mode détente et enfin du temps pour lire et éventuellement rattraper le retard. Sur la table de chevet, quelques livres en attente. C’est le moment…

Lancée en mars 2015, la collection Les Grands peintres des éditions Glénat compte aujourd’hui quinze albums, autant de portraits d’artistes qui ont marqué l’histoire de l’art. Après Léonard de Vinci, David, Courbet, Toulouse-Lautrec ou encore Goya, l’année 2016 s’est enrichie de Gauguin, Monet et Egon Schiele en mars, Géricault et Renoir en ce mois de juin.

Le principe est toujours le même, offrir un portrait de ces peintres en s’attardant sur un moment précis de leur vie et en restituant avec précision, nous dit le dossier de presse, « le contexte historique, artistique, politique ou personnel dans lequel il en est arrivé à peindre l’un de ses tableaux les plus emblématiques. L’objectif n’est pas de retracer une vie entière, mais bien de raconter à chaque fois une histoire permettant de capter au mieux la personnalité de l’artiste et de son œuvre« .

L’idée est bonne, le résultat pas toujours à la hauteur de notre attente – notamment graphiquement – même si quelques grands noms de la BD se sont prêtés au jeu comme Dodo & Ben Radis, Franck Giroud, Griffo, ou encore Nicoby.

Deux points importants à noter, chaque album s’achève sur un dossier pédagogique et une chronologie des peintres célèbres entre 1390 et et nos jours.

Eric Guillaud

Renoir, de Dodo et Ben Radis, Géricault, de Gilles Mezzomo, Egon Schiele, de Sure et Joannidès, Monet, de Gravé et Secka, Gauguin, de Weber et Nicoby. Editions Glénat. 14,50 € l’album.

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22 Juin

Pages d’été : Jean Valhardi en intégrale : le deuxième volet est disponible

Unknown-1C’est l’été, les doigts de pied en éventail, le cerveau en mode repos et enfin du temps pour lire et éventuellement rattraper le retard. Sur la table de chevet, quelques livres en attente. C’est le moment…

Spirou, Tif et Tondu, Yoko Tsuno, Natacha, Gil Jourdan, Théodore Poussin, Broussaille, tous les grands héros du journal de Spirou ont leur intégrale, une façon pour nous de revivre leurs aventures avec du recul mais aussi avec un oeil averti grâce au dossier copieusement documenté et illustré qui accompagne chaque volume.

Et revoici L’intégrale Jean Valhardi, un deuxième volet qui nous transporte dans les années d’après guerre, entre 1946 et 1950. Des deux créateurs de la série en 1941, seul le scénariste Jean Doisy signe encore les récits au lendemain de la guerre. Le dessinateur Jijé est pour sa part parti aux Etats-Unis avec ses amis Morris et Franquin, confiant le dessin au jeune Eddy Paape qui fait ici ses premières armes dans la bande dessinée.  « Si certaines de ses productions ultérieures comme L’Oncle Paul, Marc Dacier ou Luc Orient lui permirent de connaître le succès… », nous rappellent Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault en ouverture de l’album, « Valhardi fut plutôt synonyme d’un rendez-vous manqué, sa relation avec l’éditeur ayant souffert de beaucoup d’incompréhensions« . Quoiqu’il en soit, Eddy Paape signera en 1953 une aventure mythique de la série Valhardi avec Charlier au scénario, Le Château maudit, et deviendra l’un des plus talentueux auteurs de son époque.

Pour l’heure, ce deuxième volet nous permet de retrouver l’intégralité des aventures de Jean Valhardi dessinées par Eddy Paape entre 1946 et 1950, notamment les histoires Sur le rail, Valhardi et les Rubens, Les diamants artificiels, Valhardi détective, Le roc du diable et À la poursuite de Max Clair. Plus de deux cents de ces planches étaient jusque-là restées inédites en album. Ce n’est plus le Jean Valhardi des années d’occupation qui par sa probité était parvenu à dépasser en notoriété Spirou et devenu l’un des symboles de la résistance du magazine, ni le Valhardi moderne des années 50/60, mais un Valhardi d’entre deux, agent d’assurance de son état, des histoires au scénario dense et au dessin à la fois inspiré par la ligne claire européenne mais aussi par les productions américaines et transalpines. Un morceau de notre patrimoine !

Eric Guillaud

Intégrale Jean Valhardi (deuxième volet), de Paape, Doisy et Delporte. Editions Dupuis. 35 euros

14 Juin

La Bande dessinée c’est facile! : un manuel de Gilbert Bouchard pour tout piger ou presque du dessin et du scénario

9782344016206_cgFacile la bande dessinée ? Pas tant que ça. Combien de candidats et combien d’élus, combien surtout qui au bout du compte parviennent à vivre de cet art ? Très peu…

Alors non, il n’y a rien de facile dans la bande dessinée, ni le dessin, ni le scénario, ni les couleurs. Mais les bases peuvent effectivement s’apprendre assez rapidement. Comme on apprend le solfège. Après, c’est une histoire de travail, de talent et de rencontres au bon moment. Et là, autant dire que ce n’est pas gagné d’avance.

En attendant, voici un livre qui peut permettre aux plus jeunes d’acquérir ces fameuses bases, un livre réalisé par Gilbert Bouchard, auteur de BD et intervenant dans les établissements scolaires notamment.

Tout commence par le dessin d’un visage, de ses expressions, des mouvements de la tête, se poursuit avec la conception des bulles, des onomatopées, des dialogues, des décors, puis avec le respect des perspectives, les codes de la mise en page, de l’écriture du scénario…

Cinquante leçons, autant d’exercices à faire directement sur le livre, La Bande dessinée c’est facile est une méthode simple mais efficace pour découvrir le b.a.-ba de ce merveilleux mode d’expression.

Eric Guillaud

La Bande dessinée c’est facile!, de Gilbert Bouchard. Editions Glénat. 9,90 €

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