07 Déc

Les Fantômes du Louvre : Quand Bilal hante les salles du musée…

Bilal au Louvre ! C’est presque une évidence. Et c’est aujourd’hui une réalité. D’abord avec ce livre paru chez Futuropolis et Louvre Editions. Ensuite avec l’exposition qui lui sera consacrée du 20 décembre au 18 mars au sein de la salle des sept cheminées du prestigieux musée parisien. Un livre donc, pas une bande dessinée mais plutôt, par son fond et sa forme, un livre d’art. Et dans ce livre, l’auteur a réuni 22 créations, des photos d’oeuvres d’art exposées dans le musée et sur lesquelles il a dessiné à l’acrylique et au pastel le portrait de fantômes. Des fantômes auxquels il a inventé un nom, une histoire, en rapport plus ou moins direct avec l’oeuvre évoquée, et rédigé une biographie, date et poids de naissance compris.

Après Nicolas de Crécy (Période glaciaire), Marc-Antoine Mathieu (Les Sous-sols du révolu), Eric Liberge (Aux heures impaires), Christian Durieux (Un enchantement), Hirohiko Araki (Rohan au Louvre), Bernar Yslaire et Jean-Claude Carrière (Le ciel au dessus du Louvre), David Prudhomme (La Traversée du Louvre), Bilal nous donne une toute autre vision du musée, une vision très personnelle qui devrait hanté chacun de nous lors de notre prochaine visite dans ce haut lieu de la culture. EGuillaud

Les Fantômes du Louvre, de Enki Bilal. Futuropolis et Louvre Editions. 25 euros

05 Déc

Ceppi plonge Stéphane Clément dans Le Piège Ouzbek

7 ans qu’on avait pas entendu parler de lui et voilà que Stéphane Clément refait surface du côté de la frontière ouzbeko-afghane. Mort ! Tué officiellement dans un accident de voiture. Officieusement dans un guet-apens. Mais dans quelle histoire s’est donc embringué notre baroudeur ? Et s’il y avait eu simplement une erreur d’identification ? Selon certaines sources, Stéphane ne serait effectivement pas mort mais seulement blessé et retenu en otage. Mais par qui et pourquoi?

Lancées par les Humanoïdes Associés à la fin des années 70 avant d’être reprises par Casterman, puis à nouveau par Les Humanoïdes Associés, les aventures de Stéphane Clément se poursuivent aujourd’hui au Lombard. Le Piège Ouzbek, paru ce mois-ci, clôt un diptyque commencé il y a deux ans avec L’Engrenage turkmène, un plongeon dans une région d’Asie centrale au bord de l’explosion, sur fond de trafic de drogue, de complots djihadistes et de guerre en Afghanistan. Comme toujours, ce voyage de Stéphane Clément est un subtile mélange d’aventure et de reportage. EGuillaud

Le Piège ouzbek, Stéphane Clément (tome 13), de Ceppi. Editions Le Lombard. 14,45 euros

04 Déc

Le Petit prince, Le Petit Spirou, Lou, Yoko Tsuno… une sélection de BD pour les plus jeunes

Le Petit Prince est de retour avec les volumes 11 et 12 de la série initiée chez Glénat sous la direction artistique de Didier Poli. Il s’agit là d’une création originale qui comptera à terme 24 albums, autant d’histoires réalisées par toute une équipe de scénaristes et de dessinateurs. Direction la planète des Libris cette fois où les livres disparaissent mystérieusement et privent les habitants de lecture. Le Petit Prince enquête et plonge au coeur d’une jalousie amoureuse… Un petit vol de nuit et hop Le Petit Prince débarque sur une planète de fous comme dirait Renard où deux rois, un noir et un rouge, doivent régulièrement s’affronter autour d’une partie de Ludokaa pour savoir qui va gouverner. Une manière originale et pacifique d’accéder au pouvoir dont certains pourraient allègrement s’inspirer !

Le Petit Spirou aurait-il dépassé le grand en notoriété ? On peut légitimement se poser la question à voir l’engouement de ses aventures chez les plus jeunes lecteurs. Mais une chose est sûre, le petit n’aurait pas existé sans le grand. T’es gonflé! est le nouveau recueil tout juste sorti de ses aventures. On retrouve avec bonheur notre groom mais aussi Vertignasse, Ponchelot, Cassius, l’abbé Langélusse, la tante Phlébite, le prof de sport Monsieur Mégot ou encore Grand-Papy. Au menu, de l’humour, de l’humour et encore de l’humour !

Les Cinq légendes, c’est le nom du dernier film d’animation made in Dreamworks en salles depuis le 28 novembre. C’est aussi le nom de cet album paru chez Glénat. on y croise le Lapin de Pâques, le Marchand de Sable, le Père Noël avec son traineau, autant de personnages qui appartiennent au monde merveilleux et imaginaire de l’enfance, tous unis ici contre une terrible menace…

Attention best-seller ! Avec ses 1,6 millions d’exemplaires vendus, sa traduction dans vingt langues différentes, son adaptation en série animée pour la télé et prochainement au cinéma, Lou! fait partie des incontournables de ce Noël 2012. Alors pourquoi tant de succès allez-vous me dire ? Peut-être parce que Julien Neel, l’auteur de la série, y met beaucoup de sa vie personnelle, de ses obsessions, de ses sensations, décrivant le sentiment adolescent – Lou est une ado – avec une très grande justesse. Ajoutez à celà un contexte futuriste, une touche fantastique, un dessin nerveux, une mise en scène dynamique, des couleurs pastels… et vous aurez peut-être la recette miracle de ce succès !

Une héroïne absolument mythique pour finir : la belle, la très belle, Yoko Tsuno. Esquissée dès 1968 par son papa Roger Leloup puis lancée en 1970 dans les pages du journal Spirou, Yoko Tsuno préfigurait l’héroïne des temps modernes, libérée, capable de vivre les mêmes aventures que les garçons. 42 ans et 26 albums plus tard, les aventures de notre électronicienne japonaise allient toujours avec le même bonheur action, suspense et fantastique. Cette fois, une histoire d’héritage et de complot la propulse dans les années 30, 1930, en compagnie de son amie Emilia…

EGuillaud

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Le Petit prince (tomes 11 et 12). Editions Glénat. 11,50 euros le volume

T’es gonflé!, Le Petit Spirou (tome 16), de Tome et Janry. Editions Dupuis. 10,60 euros

Les Cinq légendes. Editions Glénat. 9,95 euros

L’âge de cristal, Lou! (tome 6), de Julien Neel. Editions Glénat. 10,45 euros

Le maléfice de l’améthyste, Yoko Tsuno (tome 26), de Leloup. Editions Dupuis. 10,60 euros

02 Déc

Les Tuniques Bleues de Lambil et Cauvin en ordre de bataille…

44 ans d’existence, 56 épisodes, des centaines de batailles à leur palmarès, des milliers de disputes aussi… mais rien n’y fait, Blutch et Chesterfield ne parviennent pas à s’éloigner l’un de l’autre de plus de 10 mètres. Un vrai petit couple. Mais cette fois, rien ne va plus ! Le sergent Chesterfield a cru bon de droguer le cheval de Blutch pour qu’il aille vaillamment au combat. Depuis, Blutch rumine seul dans son coin. Il rumine sa vengeance. Et elle sera terrible. Mais dans le même temps, Chesterfield apprend qu’il va être papa. Chesterfield papa !!! Difficile d’y croire. Même lui ne sait pas comment il a pu s’y prendre. En attendant, le voilà obligé de quitter l’armée, de renoncer à sa belle carrière et de filer ventre à terre chez la mère de son futur enfant. Enfin chez celle qui aurait pu être la mère de son futur enfant…

Avec une régularité de métronome, Willy Lambil et Raoul Cauvin nous livrent chaque année un nouvel épisode des Tuniques Bleues. Et le dernier en date, Dent pour dent, ne déroge pas à la règle que les deux auteurs se sont depuis longtemps fixés. Un mélange d’action, de réalité historique et d’humour. Une valeur sûre ! EGuillaud

Dent pour dent, Les Tuniques Bleues (tome 56), de Lambil et Cauvin. Editions Dupuis. 10,60 euros

29 Nov

Les Ignorants d’Etienne Davodeau – Futuropolis

Le Grand Paris de la BD n° 7

Couverture Les Ignorants - DR Futuropolis

Rencontre inhabituelle dans un théâtre parisien. Richard et Etienne vivent dans le même village de la campagne angevine. Le premier est vigneron, le second auteur de bandes dessinées. Tous les deux sont au début ignorants ou presque du métier de l’autre. Cet album est le fruit d’une rencontre qui donne lieu à une initiation croisée. A l’origine d’un double plaisir pour le lecteur qui, au travers des deux personnages, tour à tour candides et spécialistes, découvre toute la richesse de leur art respectif.

Richard Leroy (à gauche) avec Etienne Davodeau (à droite) DR Futuropolis

L’auteur, Etienne Davodeau, s’est fait connaître avec des polars dessinés, puis des récits à hauteur d’homme et de femme, comme Lulu femme nue. Il n’est pas le premier à repousser les limites de la bande dessinée classique franco-belge. Cabu avait par exemple dessiné des ses reportages pour Charlie Hebdo, il ya plus de 30 ans. Mais avec ses chroniques du réel, comme Rural et Les Mauvaises Gens, Etienne Davodeau a montré toute la force de son récit en s’impliquant à la première personne et se mettant en scène dans ses planches. Trois niveaux de narration se superposent : ce que ses personnages disent, ce que le personnage dessinateur dit et ce que l’auteur raconte en voix off, sans oublier la mise en abyme où le dessinateur présente ses planches à ses personnages pour vérifier avec eux qu’il ne leur fait pas dire de bêtises.

Les Ignorants - DR Futuropolis

Les Ignorants s’inscrit dans cette lignée. C’est l’histoire de sa rencontre avec son voisin vigneron Richard Leroy, qui a donné cet album publié en 2011. Mais ici, Etienne Davodeau n’est plus le chroniqueur, observateur du monde des agriculteurs ou de celui des ouvriers. Il devient un protagoniste à part entière. Cela lui permet de mettre en scène de manière vivante son univers d’auteur de BD et de proposer au lecteur un parcours condensé et historique de la BD contemporaine.

Ce qui lui permet aussi de mettre en scène le monde de la viticulture dite bio, celui de Résistants face à une économie productiviste dominante.

Le projet n’est pas que sociologique ou didactique : il retrace aussi la naissance d’une amitié, le lecteur découvre deux hommes, deux individualités. Une amitié qui s’est prolongée bien au delà du projet d’écriture, qui les conduit à aller ensemble à la rencontre de leur public.

Pour aller plus loin, les éditions Futuropolis ont donc proposé aux deux compères de traverser la page. Cela a eu lieu dans un théâtre parisien, le théâtre des Mathurins, le mercredi  21 novembre 2012. Ce qui frappe et trouble de prime abord, c’est la justesse du dessin d’Etienne Davodeau. Dans le réel, « Son vigneron », dès qu’il se met à parler, est bien tel qu’il l’a représenté, lui et sa façon de travailler sa vigne avec passion.

Richard Leroy, ce vosgien a fait des études de sciences économiques et n’a aucun vigneron dans sa famille. Il ne vient même pas d’une région viticole. Avant il travaillait dans la banque, un monde économique qu’il a quitté pour un nouveau projet de vie. Il est allé vers le vin par passion. Il s’est installé dans la vallée du Layon, à Rablay-sur-Layon au milieu des années 1990, avec l’achat de sa première parcelle sur le lieu-dit les Noëls de Montbenault, complétée quelques années plus tard par une seconde parcelle, le Clos des Rouliers.

Dès le début, le choix de Richard Leroy s’est porté vers l’agriculture biologique et la biodynamie. Ce sont, selon lui, les seules pratiques à même de ne pas polluer la Terre et de ne pas dénaturer le terroir. Car ce à quoi aspire ce viticulteur exigeant, c’est de « travailler la vigne le plus simplement possible car le vin n’est rien d’autre que du raisin fermenté« . Tout ce qui éloigne de cette réalité, les produits phytosanitaires, les levures, la chaptalisation, le soufre en trop grande quantité est à proscrire pour lui.

Les Ignorants - DR Futuropolis

Quand le projet est né, Richard Leroy n’a pris que dix secondes pour accepter, s’inquiétant juste du risque de massacre de ses précieux ceps de Chenin Blanc, s’il confie pour la première fois un sécateur à un dessinateur. Car le principe de cette BD reportage est là : pour raconter son histoire, Etienne Davodeau a passé un an à suivre le travail de la vigne, s’initiant ainsi à la fabrication du vin naturel, avec en parallèle pour le vigneron la découverte de toutes les étapes de fabrication d’une bande dessinée. Comme il dit, « c’est un livre non pas sur les gens mais avec les gens, à leur hauteur. L’idée, c’est de quitter son atelier, pour se confronter au réel et raconter des histoires de façon subjective. » Cette idée lui est venue comme il le dessine dans les premières pages, quand Richard Leroy est venu dans son atelier « lui poser des questions tellement imbéciles » qu’il s’est dit : « Toi, tu m’intéresses ! »

Les Ignorants - DR Futuropolis

Des bandes dessinées, le vigneron n’en avait pratiquement jamais lu ; mais comme il dit, un rien provocateur : « Rural et Mauvaises Gens ce n’étaient pas des BD car c’était bon. » Et aujourd’hui après en avoir lu des dizaines, d’auteurs très différents, il confirme que Moebius cela ne lui parle toujours pas (ne manquez pas les planches sur leur visite à l’exposition de la Fondation Cartier). « Il y a des gens qui font des pages colorées, qui sont bien gentils. Je n’ai pas de temps pour ça. Ton bouquin, Etienne, est bien parce qu’il ne raconte rien. Il est en symbiose avec le type de vignerons que nous avons rencontrés. »

Au fil de la discussion, chacun confirme ce qui se devine au fil des pages, chacun a appris sur son propre métier : « Quand on doit amener quelqu’un dans son propre univers, on doit se poser des questions que l’on ne se posait plus. » En résulte un récit sincère qui est confirmé par les plus critiques, ceux qui partagent le savoir faire du vin bio et de la biodynamie, « c’est super cette BD, tu as vraiment parlé de nous ».

Un superbe récit en Noir et Blanc sur un beau papier ivoire, que Richard Leroy aurait préféré lire en couleurs pour retrouver toutes celles de son vignoble et de sa terre. Mais le choix d’Etienne Davodeau, c’est celui « d’un dessin pour lire, pas pour admirer. Le noir et blanc convient bien pour cela. En fait c’est l’ambiance du travail de la vigne qui est important. Peut-être cela permet au lecteur de mettre les couleurs lui-même, de laisser place à son imagination, sa part du travail. »

Les Ignorants - DR Futuropolis

Une rencontre qui se conclut par une mise en garde de la part du vigneron qui a « accepté ce projet car il vendait déjà très bien son vin et que là, cela ne lui rapporte que des em… » Tous les jours, l’album en main, des lecteurs téléphonent ou passent le voir pour en acheter, mais « toute la production est déjà vendue. Alors peut être dans trois ou cinq ans, ce sera possible. » Mais avec un point positif dont il n’est pas peu fier, ce livre fait aimer le vin pour ce qu’il est et non pas son étiquette. Il suscite aussi tout une série de vocations pour une nouvelle génération qui comme lui, souhaite acheter quelques hectares de vignes et devenir vigneron à sa façon.

Un livre qui donne envie de découvrir le vin naturel et bio-dynamique à celles ou ceux qui en boivent peu ou pas, un livre à déguster en toutes saisons.

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La BO à se mettre entre les oreilles pour prolonger le plaisir de cette BD :

I heard it through the Grapevine de Marvin Gaye

Pour découvrir les premières planches de l’album : Editions Futuropolis

Les Amazones ou le souffle de l’aventure version Clarke et Borecki

Octobre 1854. La guerre de Crimée bat son plein. Alors que les troupes anglaises et françaises s’apprêtent à attaquer Sébastopol et déloger l’armée russe, le jeune lieutenant James Gordon Parker débarque avec son cheval et son arrogance. Chargé de nettoyer une zone située au sud de la ville, il va prendre des risques inconsidérés. Lui et ses hommes sont faits prisonniers par des guerrières koumanes au service de l’armée russe. Ces amazones sans pitié les utilisent comme esclaves ou étalons. Prisonnier parmi les prisonniers, James Gordon Parker n’en perd pas pour autant de sa suffisance. Il s’autoproclame chef du groupe promettant de veiller sur tous…

Clarke ( Mélusine, Durant les travaux l’exposition continue…) et Ludo Borecki (Robin Dubois…) signent un récit d’aventure dans le contexte d’une guerre terrible marquée par de nombreuses atrocités, le choléra et surtout l’incompétence des chefs militaires. Une histoire en deux volumes d’ores et déjà disponibles. EGuillaud

Les Amazones, de Clarke et Borecki. Editions Treize Etrange. 13,90 euros le volume

Le Hobbit bientôt au cinéma et déjà en BD

A l’occasion de la sortie en décembre de la première partie du diptyque cinématographique de Peter Jackson Le Hobbit : un voyage inattendu, les éditions Delcourt rééditent une adaptation BD de l’oeuvre de Tolkien signée Charles Dixon et David Wenzel,  une adaptation maintes fois aperçue en France depuis 1989 chez plusieurs éditeurs et chez Delcourt depuis 2009. Considéré comme le prologue de la trilogie du Seigneur des Anneaux, ce récit nous permet de retrouver Bilbo Sacquet, alors jeune et paisible Hobbit jusqu’à ce que son chemin croise celui du magicien errant Gandalf et de ses treize compagnons nains. Embarqué pour reprendre un trésor des griffes du dragon Smaug, Bilbo vit alors sa première grande aventure. Un monument de l’heroïc fantasy ! EGuillaud

Le Hobbit, de Dixon et Wenzel d’après TolKien. Editions Delcourt. 16,50 euros

Le programme du 40e Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême

La prochaine édition du Festival International de la Bande Dessinée qui se tiendra du 31 janvier au 3 février a été officiellement présentée lundi 26 novembre à Paris dans l’auditorium de la Bibliothèque nationale de France. Un lieu prestigieux pour un événement qui ne l’est pas moins et qui fêtera  cette année sans tambour ni trompette, crise économique oblige, ses 40 ans.
Au programme : plusieurs expositions consacrées entre autres à Uderzo, au président Jean-C. Denis, à Mickey & Donald, à Andréas, Comès ou Pénélope Bagieu, des rencontres avec notamment Leiji Matsumoto, des spectacles, un concert de Lescop illustré par Bastien Vivès, une fête du polar et bien entendu les traditionnelles séances de dédicaces dans les immenses structures éphémères installées au coeur de la ville et réunissant les éditeurs, les auteurs, les libraires, les fanzines… et plusieurs milliers d’amoureux du genre. EGuillaud

Plus d’infos sur le site du festival et dans ce sujet de France 3 Poitou-Charentes

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Spirou et Fantasio, Gaston Lagaffe, Will… les éditions Dupuis mettent en avant leur patrimoine

A l’approche de Noël, les éditions Dupuis piochent dans leurs archives et nous proposent des albums avec un petit air rétro fort sympathique.

1/ L’occasion de redécouvrir des histoires, personnages ou auteurs mythiques à commencer par Will, le grand Will, connu pour avoir accompagné pendant de longues années les aventures de l’héroïne Isabelle et surtout Tif et Tondu. Mais l’oeuvre de l’auteur ne s’arrête pas là. Ses collaborations avec le journal Spirou ont été nombreuses et variées. Cet ouvrage, Will dans Spirou, réunit quelques-uns de ses travaux les plus significatifs, des histoires plus ou moins courtes, tour à tour fantastiques ou poétiques, écrites par une ribambelle de

scénaristes tels que Rosy, Vicq, Zidrou, Eric Maltaite ou encore Yann & Conrad. Autant de trésors qui nous permettent de voyager dans l’oeuvre de l’auteur mais aussi dans l’histoire du journal. Will, avec Franquin, Jijé et Morris, formaient ce qu’on appelle la bande des 4, les piliers de Spirou et de l’école de Marcinelle.

2/ Les personnages Spirou et Fantasio sont connus de tous ou presque. Et si la majorité de leurs aventures le sont aussi, certaines restent malgré tout plus confidentielles comme La Foire aux gangsters.  Cette histoire courte réalisée par André Franquin en 1958, entre Le Voyageur du Mésozoïque et Le Prisonnier du bouddha, plonge note tandem de choc dans l’univers forain pour une sombre affaire de kidnapping.

Surprise surprise, Spirou et Fantasio y croisent un autre personnage mythique du journal Spirou, Gaston Lagaffe. L’édition présentée ici permet de découvrir ou redécouvrir le récit mais aussi le contexte de création et l’ensemble des planches originales en noir et blanc, le top pour apprécier pleinement le trait magique du maître Franquin. Un album magnifique et indispensable pour tous les amoureux de la bande dessinée franco-belge des années 50.

3/ En parlant de Gaston Lagaffe, les éditions Dupuis poursuivent la réédition de ses aventures ou plus exactement de ses mésaventures de façon thématique. Après Des Gaffes et des chats, voici Le Génie de Lagaffe où l’on retrouve effectivement tout le génie du personnage, tout le génie de Franquin aussi, dans une série de gags autour de ses inventions les plus loufoques et géniales comme le gastomobile, la machine à boucher les  bouteilles ou celle qui lit le destin directement dans les astres. Le monde a quand même frôlé la catastrophe ! EGuillaud

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1/ Will dans Spirou, de Will. Editions Dupuis. 24 euros

2/ La Foire aux gangsters, de Franquin. Editions Dupuis. 24 euros

3/ Le Génie de Lagaffe, Gaston S2, de Franquin et Jidehem. Editions Dupuis. 10,60 euros

27 Nov

Baudoin retrace à sa façon la vie de Dalí

Il s’appelle Dalí par Baudoin. Tout est dit… ou presque dans le titre de ce livre. L’auteur de Couma acò (Futuropolis), du Chant des baleines (Dupuis) ou encore du Voyage (L’Association) retrace dans cet album au format inhabituel chez Dupuis la vie et l’oeuvre d’un créateur de génie et en même temps d’un personnage singulier, totalement fantasque, et un peu fou, Salvador Dalí. De sa plus tendre enfance au bord de la méditerranée à Figueres jusqu’à sa mort en 1989, Baudoin met en scène les moments clés de sa vie personnelle et artistique, ainsi que ses rencontres avec les plus grands artistes de l’époque comme Buñuel, Picasso, Miró, Garcia Lorca… et Gala qui deviendra sa femme. Connu pour son style expressif très noir, Baudoin se laisse aller ici à des figures de style surréaliste et onirique faisant corps de fait avec le sujet…. Un album audacieux publié à l’occasion de la grande rétrospective que le Centre Pompidou consacre à l’oeuvre de Salvador Dalí du 21 novembre 2012 au 25 mars 2013. A noter que cet album est coédité par Dupuis et les Editions du Centre Pompidou, ce qui en fait le premier titre de BD publié par le Musée national d’art moderne. EGuillaud

Dalí par Baudoin, de Baudoin. Editions Dupuis. 22 euros

L’info en +

Une exposition des plus beaux dessins originaux de cet album sera présentée au Musée de la bande dessinée d’Angoulême du 21 novembre au 24 mars.

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