19 Fév

Yémen : Sébastien Nadot déploie une banderole à l’Assemblée pour dénoncer la vente d’armes à l’Arabie Saoudite

Le député Sébastien Nadot a déployé une banderole en pleine séance des questions au gouvernement. Le parlementaire dénonce la vente d’armes à l’Arabie Saoudite. Des chars Leclerc et des munitions utilisées dans le conflit qui déchire le Yémen.

Sébastien Nadot. Photo : MaxPPP

La séquence dure à peine quelques secondes. Lors des questions au gouvernement, le député Sébastien Nadot a brandi une banderole « la France tue au Yémen ». Le président de l’Assemblée Nationale, Richard Ferrand, a immédiatement suspendu la séance et demandé aux huissiers d’intervenir.

Quelques minutes après l’incident, le parlementaire explique son geste. « J’ai la preuve, avec des photos satellitaires, que des chars Leclerc sont utilisés au Yémen. La France fournit des munitions à ces chars. Nous ravitaillons des avions et nous avons des forces spéciales sur place, mon geste veut traduire l’existence d’un problème démocratique. Plusieurs pays européens se sont prononcés sur la vente d’armes à l’Arabie Saoudite et en France, il n’y pas de débat » déclare Sébastien Nadot.

 

Le député a envoyé « un mail au président de l’Assemblée et un autre à la présidente de la commission des Affaires Etrangères » au sujet d’un conflit qualifié de « pire crise humanitaire du monde » par l’ONU. Sébastien Nadot n’a pas reçu de réponse. Face à ce silence, le parlementaire a choisi de frapper les esprits.

Son geste lui vaut une inscription au procès-verbal de séance. Il risque une sanction financière. Mais il assume : « 3 ou 4 000 euros, c’est rien par rapport aux enfants qui sont tués au Yémen ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

Divorce entre Radicaux de Gauche et « Valoisiens » : les vrais chiffres de la division en Occitanie

Les radicaux de Gauche quittent le Mouvement Radical et reconstituent le…Parti Radical de Gauche. L’ex présidente du PRG, Sylvia Pinel, et le nouveau patron des Radicaux de Gauche, Guillaume Lacroix, affirment qu’ils récupèrent la « grande majorité » des troupes. Une affirmation démentie par les chiffres.

Sylvia Pinel, ex co-présidente du Mouvement Radical et Guillaume Lacroix. Photo Max PPP

Sylvia Pinel et Guillaume Lacroix claquent la porte du Mouvement Radical. Un nouveau parti né, en 2017, de la fusion des Radicaux de Gauche et des « Valoisiens« . Les deux anciens responsables du PRG  recréent leur ex-parti. Sylvia Pinel et Guillaume Lacroix affirment que les ex Radicaux de Gauche vont très majoritairement les suivre. Les chiffres montrent le contraire.

4 fédérations (ex PRG) sur 24 suivent Sylvia Pinel

Le Mouvement Radical est composé de 28 instances départementales présidées par des ex-PRG. 4 présidents (seulement) rejoignent le « nouveau » parti radical de gauche. Parmi les fidèles, on compte une fédération « historique », le fief de Jean-Michel Baylet : le Tarn-et-Garonne. En revanche, la fédération du Lot ou encore du Gers restent au Mouvement Radical.

 3 sénateurs (ex-PRG) ne rejoignent pas le PRG

La sénatrice de la Haute-Garonne, François Laborde, ne retournera pas dans son ancien parti. Le sénateur du Gers, Raymond Vall, est sur la même ligne. Le président du groupe RDSE au Sénat, Jean-Claude Requier ne suivra pas non plus Sylvia Pinel et Guillaume Lacroix.

Le seul président (ex-PRG) de département (d’Occitanie)

Michel Pelieu est une figure historique du PRG en Occitanie. Maire, conseiller général et sénateur, il préside (actuellement) le conseil départemental des Hautes-Pyrénées. Il ne retournera pas dans son ex-parti. La députée de la 2ème circonscription a suivi Sylvia Pinel lors de la formation d’un groupe parlementaire à l’Assemblée. Jeannine Dubié ne s’est pas encore exprimée. Mais il est fort probable qu’elle rejoigne le « nouveau » PRG. En revanche, Michel Pelieu a manifesté son intention de rester au Mouvement Radical. Après la perte du Tarn-et-Garonne, les Hautes-Pyrénées était le dernier département détenu par le PRG.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

18 Fév

Municipales à Toulouse-Nadia Pellefigue : (Episode 1) bientôt exclue du PS ?

Vice-présidente (socialiste) du conseil régional, Nadia Pellefigue est candidate aux municipales à Toulouse. Une candidature en dehors du PS et qui pose deux questions : Nadia Pellefigue risque-t-elle une exclusion de son parti ?

Nadia Pellefigue

L’hypothèse circulait depuis plusieurs mois. Elle est devenue réalité ce week-end. Nadia Pellefigue a annoncé sa candidature aux municipales à Toulouse. Une candidature originale puisque la vice-présidente du conseil régional se revendique socialiste mais elle refuse de passer par une investiture du PS.  Le maire de Montpellier, Philippe Saurel, se qualifie de « socialiste freestyle », malgré (ou plutôt à cause) de son exclusion du PS. Nadia Pellefigue est une socialiste « newstyle » : dans et dehors du parti socialiste.

Cette situation (inédite dans les annales du PS de la Haute-Garonne) peut-elle perdurer ?

Un risque d’exclusion ?

« Ça traduit la désagrégation du PS. Sébastien Vincini a de quoi être très embêté ». Le constat (en forme de cri du cœur) émane d’un responsable national du parti socialiste. La candidature de Nadia Pellefigue ouvre une crise au sein du PS 31. Officiellement, Sébastien Vincini « trouve louable » la démarche de Nadia Pellefigue. Le 1er Fédéral de la Haute-Garonne rappelle que la socialiste « n’est pas la première camarade à se doter d’un mouvement ».

Néanmoins, Sébastien Vincini précise :  » il y aura un vote des militants. C’est notre cadre démocratique ». Autrement dit, il y aura bien un candidat investi par le PS et…la socialiste Nadia Pellefigue.

C’est une simple question de temps. Mais le face à face est inévitable puisque le patron du PS31 réaffirme les règles statutaires (un vote militant) et que Nadia Pellefigue (évidemment) ne peut plus reculer. Une première conséquence est évidente. Nadia Pellefigue ne pourra pas mettre le logo du PS sur ses affiches électorales. Les mauvais esprits (ou les plus lucides) diront : ce n’est pas une grande perte. La marque PS n’est plus porteuse électoralement.

Une autre conséquence pour la socialiste risque d’être plus radicale : une exclusion. Statutairement, un socialiste ne peut se présenter contre un candidat investi par le PS. Sébastien Vincini a bien précisé que le candidat « adoubé » par les militants ne sera pas forcément « tête de liste ». Il peut simplement figurer sur une liste de rassemblement, avec d’autres candidats issus d’autres horizons. Dans ce cas, la jurisprudence est la même. Le couperet d’une exclusion est censé tomber.

Sébastien Vincini précise simplement, « ce n’est pas d’actualité. Nadia (ndlr Pellefigue) n’est pas tête de liste et n’a pas de liste. C’est une camarade socialiste, membre d’un exécutif socialiste et qui m’a tenu informé de sa démarche ».

Nadia Pellefigue (avec des accents Macronistes) veut « dépasser les appareils politiques ». Les foudres éventuelles du parti ne comptent donc pas. La (désormais) candidate avait toutefois un moyen de les écarter définitivement. Un départ du PS aurait clarifié la situation. Mais cette clarification ouvrait un nouveau front : la vice-présidence de Nadia Pellefigue au conseil régional. La présidente (socialiste) de la Région aurait du tirer les conséquences politiques d’un divorce (officiel) avec le PS.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

Municipales à Toulouse-Nadia Pellefigue (Episode 2) : comment trouver l’argent de sa campagne ?

Vice-présidente (socialiste) du conseil régional, Nadia Pellefigue, est candidate aux municipales. Une candidature en dehors du PS et qui pose la question du financement de la campagne.

Nadia Pellefigue

Une municipale à Toulouse coûte de l’argent, entre 500 et 600 000 euros, en fourchette basse. Un candidat peut lever les fonds de deux façons : des dons (plafonnés) et un crédit bancaire. Le crédit bancaire est facilité lorsqu’un candidat est adossé à un parti. Le banquier dispose d’un « bilan » électoral et peut évaluer la solvabilité de l’emprunteur. Une solvabilité qui repose sur un chiffre et un pourcentage : 5%. Le remboursement des frais de campagnes, par l’Etat, intervient quand le candidat dépasse la barre des 5% des suffrages exprimés.

Dans les faits, ce n’est pas toujours aussi simple. Un candidat de gauche, membre d’un parti bien implanté, s’est vu imposé l’hypothèque de sa maison. Les « bons » résultats aux Européennes, aux Municipales n’ont pas suffi. Mais le label d’un parti facilite tout de même les choses.

Sans le label PS, Nadia Pellefigue pourra uniquement compter sur son patrimoine et une hypothèque immobilière. Le montant du prêt bancaire pourra toutefois être diminué par des dons. Mais ils sont plafonnés. Et là encore, il vaut mieux disposer d’un parti. Les dons aux candidats sont limités à 4 600 euros. En revanche, le plafond est plus important lorsqu’il s’agit d’un groupement politique : 7 500 euros par personne. Il existe d’ailleurs une limite : 15 000 euros par an et par foyer fiscal.

Nadia Pellefigue dispose d’un carnet d’adresse en tant que vice-présidente en charge de l’Economie au conseil régional. Cela aide forcément à trouver des donateurs. Mais, en revanche, la participation des entreprises est interdite.

Qu’il s’agisse de sa place au sein du PS ou du financement de la campagne, pour Nadia Pellefigue, ce n’est que le début du commencement.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

14 Fév

Fusion Toulouse et département de la Haute-Garonne : ce n’est pas fini pour Jean-Luc Lagleize

Le maire de Toulouse renonce au projet de fusion entre la Métropole toulousaine et le département de la Haute-Garonne. Jean-Luc Moudenc estime que le gouvernement n’a pas la capacité de faire aboutir le projet. Le député (Modem-Majorité Présidentielle), Jean-Luc Lagleize pense qu’une « métropolisation » est toujours possible mais avec un nouveau périmètre. Interview.

Jean-Luc Lagleize, député (Modem-Majorité Présidentielle) de la Haute-Garonne. Photo : MaxPPP

Le Blog Politique. Comment réagissez-vous à l’annonce de l’arrêt du projet de fusion ?

Jean-Luc Lagleize. Depuis plusieurs mois, je déplore le climat de tension qui s’exacerbe entre les partenaires potentiels de cette fusion.De plus, je considère que même si le département de la Haute-Garonne dispose des atouts essentiels pour qu’une métropole d’envergure internationale y voit le jour, je m’interroge sur la pertinence du périmètre actuel.

L’annonce de l’arrêt du projet est une opportunité

Je pense donc que l’annonce de l’arrêt du projet de fusion actuel est une opportunité pour redéfinir le projet et l’adapter aux exigences locales.

Que pensiez-vous du projet ?

Jean-Luc Lagleize. Un projet de simplification des strates administratives sur un territoire métropolitain est une bonne chose pour la lisibilité politique de nos institutions. Néanmoins, il convient au préalable d’en déterminer le contour le plus pertinent : la zone industrielle de Labège doit-elle faire partie de la future métropole ? La commune de Ramonville-Saint-Agne qui a exprimé le souhait de faire partie de la métropole est-elle éligible ? Les zones commerciales de Portet et de Roques ne doivent-elles pas également être partie prenante au projet ? Par ailleurs, un calendrier contraint demandant une mise en place dès 2019 en vue des élections municipales de 2020 ne semblait pas adapté à la sérénité d’une réflexion sur ce sujet.

Le Blog Politique. Selon vous, c’est un arrêt définitif ou un autre projet de métropolisation peut-il voir le jour ?

Jean-Luc Lagleize. J’ai demandé en décembre 2018 à Mme Jacqueline GOURAULT, Ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, de bien vouloir conduire une étude sur le périmètre le plus pertinent pour la mise en place d’une métropole à Toulouse. Ceci sans contrainte de calendrier.

Un autre projet de métropolisation peut voir le jour

Je renouvellerai cette demande officiellement dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale le 5 mars prochain. A mon sens, un autre projet de métropolisation, plus adapté à notre territoire et aux sensibilités de ses acteurs, peut voir le jour.

Propos recueillis par Laurent Dubois (@laurentdub)

12 Fév

Tarn-et-Garonne : En Marche refuse une interview sur la radio des gilets jaunes et déclenche une polémique

Les gilets jaunes du Tarn-et-Garonne ont ouvert une web radio. La référente départementale d’En Marche a décliné une demande d’interview. La députée socialiste Valérie Rabault critique ce refus. Les animateurs de la radio déplorent la décision.

Manifestation des gilets jaunes au péage de Muret, en Haute-Garonne. Photo MaxPPP Frédéric Charmeux

Depuis le mois de janvier, les gilets jaunes du Tarn-et-Garonne animent une radio. Musique et invités alternent à l’antenne. La municipalité de Montauban a fourni les murs et le mobilier. Mais les micros et les ordinateurs ont été achetés par une dizaine de bénévoles. Critiques et méfiants envers les médias traditionnels, les gilets jaunes respectent toutefois un « classique » : l’interview politique.

La maire de Montauban, Brigitte Barèges, a inauguré l’exercice. Une invitation a été lancé à la représentante départementale d’En Marche. La web radio a essuyé un refus. « On a reçu tous les partis. C’était dans l’optique d’une rencontre et d’un dialogue autour des doléances. On a été très surpris par le refus » déclare un des animateurs de la radio, Pascal Serrier.

Un des précédentes invitées de la radio, Valérie Rabault, condamne l’attitude d’En Marche. La députée socialiste estime que « ce refus illustre l’hypocrisie de La République En Marche qui veut bien un grand débat mais à condition qu’il soit organisé par elle et que seules les questions qu’elle a choisies soient posées. Ce refus traduit la déconnexion totale…de (la) représentante d’Emmanuel Macron dans le Tarn-et-Garonne face aux fractures et aux mouvements qui se font jour dans le pays ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

11 Fév

Juste mariés et déjà séparés : les raisons du (rocambolesque) divorce entre Radicaux de Gauche et « Valoisiens »

La fusion des Radicaux aura duré un peu plus de 2 ans. Motif (officiel) du divorce : les Européennes. Mais il existe d’autres raisons, moins « avouables ». Explication.

Sylvia Pinel (PRG) et Laurent Hénart (Parti Radical Valoisien). Photo : MaxPPP

En décembre 2017, les Radicaux fêtent leur retrouvailles. Après 42 ans de séparation, la famille Radicale se réunit dans un nouveau parti, le Mouvement Radical. La ré-union aura duré 2 ans et 2 mois. Ce mercredi 6 février, les Radicaux de Gauche ont claqué la porte du conseil national. L’annonce sera officialisée 2 jours plus tard, par Sylvia Pinel. Le mariage avec les Radicaux Valoisien vire au divorce consommé.

 

Les élections européennes servent officiellement de motif de séparation. Les « Valoisiens » envisagent une alliance avec Emmanuel Macron. La ligne pour les Européennes devait être définie lors d’un Congrès en mars prochain. Mais Laurent Hénart a décidé de se positionner par voie de presse un peu moins d’un mois avant l’échéance. Pour les Radicaux de Gauche, pas question de s’aligner.

Un communiqué de presse exprime le désaccord et en tire les conclusions : la fin du Mouvement Radical.

Dans un courrier interne, envoyé aux adhérents, Guillaume Lacroix reprend l’argument. Le radical de gauche dénonce les intentions des « Valoisiens » : « un ralliement formel du Mrsl (ndlr : Mouvement Radical. Social. Libéral) à la majorité présidentielle en intégrant la liste pilotée par LREM » pour les Européennes de mai prochain.

Guillaume Lacroix ne se contente pas de soulever des divergences par rapports aux prochaines échéances électorales. Il dresse un véritable constat d’échec et parle d’une « l’incapacité du Mrsl (ndlr : Mouvement Radical. Social. Libéral) à exister politiquement depuis un an ». Le radical de gauche pointe « un manque de cohérence idéologique et stratégique au sein d’un mouvement radical qui n’est pas parvenu à organiser la convergence des idées ».

Des Radicaux (de gauche) invoquent d’autres raisons au divorce. Des questions d’argent et les rivalités autour du « Trésor du guerre » du PRG à savoir le financement électoral. Un financement public qui dépasse le million d’euros. Des tentatives d’OPA des « Valoisiens » sur les fédérations départementales ex-PRG sont également évoquées.

Une autre version circule, beaucoup moins favorable au PRG. Un parlementaire radical estime que la désunion est liée à une simple question de place. « Je ne suis pas surpris. J’ai toujours dit qu’à la première échéance électorale cela volerait en éclat. Les Valoisiens ont tendu la main à Macron. Ils obtiendront royalement une ou deux places et évidemment Sylvia Pinel et Guillaume ont compris qu’ils ne récupéreront pas grand chose ».

Une figure radicale estime que « Sylvia Pinel et Guillaume Lacroix se sont tardivement compte qu’ils sont minoritaires alors qu’ils pensaient prendre le pouvoir (ndlr : au sein du Mouvement Radical), ils ont préféré partir…la liste des signataires PRG qui restent au mouvement est édifiante ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

 

 

06 Fév

Un Référendum après le Grand Débat : « une idée intéressante » pour le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc

Un référendum, après le Grand débat, pour tirer les conclusions de la consultation. Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, estime que c’est une bonne idée.

Jean-Luc Moudenc, maire LR de Toulouse et Président de « France urbaine » (Crédit : MaxPPP)

Le Grand débat est lancé. Il doit continuer jusqu’au 15 mars et une synthèse est prévue en avril prochain. La question des suites éventuelles se pose. Pour le maire de Toulouse, un référendum permettrait de tirer les conclusions de la consultation. « L’idée d’un référendum en mai-juin prochain, pour mettre fin à la crise par le haut, c’est-à-dire par l’adoption d’orientations nouvelles issues du Grand débat national est intéressante du point de vue politique » estime Jean-Luc Moudenc.

Le maire de Toulouse estime qu’un référendum pourrait porter sur un élargissement du champ référendaire. « Il faut élargir et faciliter les conditions actuelles du référendum » déclare Jean-Luc Moudenc. Mais l’élu toulousain fixe une limite : « je suis totalement opposé à l’idée d’un référendum révocatoire des élus en cours de mandat ».

Jean-Luc Moudenc « comprends et approuve…l’aspiration à davantage de démocratie directe » incarné par le Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC) défendu par les gilets jaunes. Mais le maire de Toulouse ne reprend pas à son compte le volet « révocatoire ».

Jean-Luc Moudenc peut se rassurer. Le RIC « hérisse » le Premier ministre, Edouard Philippe. En cas de référendum, au printemps ou à la rentrée 2019, le RIC (révocatoire ou pas) a fort peu de chance de figurer au menu.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

Loi « anti-casseurs » et interdiction de manifester : le député (Modem) Jean-Luc Lagleize propose un assouplissement

Le député (Modem-Majorité Présidentielle) Jean-Luc Lagleize défend un amendement pour assouplir l’interdiction de manifester prévu par la loi anti-casseurs. Le parlementaire veut restreindre cette interdiction aux personnes déjà condamnées.

Jean-Luc Lagleize, député (LREM) de la Haute-Garonne. Photo : MaxPPP

La loi « anti-casseurs » a été adoptée en 1ère lecture à l’Assemblée. Une adoption qui a suscité une vague d’abstention dans les rangs de la majorité. Le député (Modem) de la Haute-Garonne défend un amendement pour répondre à la principale critique adressée à la proposition de loi : la possibilité pour les préfets de prononcer des interdictions de manifestation. Jean-Luc Lagleize estime que cette prérogative administrative doit être réservée aux personnes ayant déjà fait  l’objet d’une condamnation ou de poursuites.

Lors du débat à l’Assemblée, le groupe Modem a déposé un amendement allant dans ce sens. Il a été rejeté par 2 voix. Jean-Luc Lagleize estime qu’en 2nde lecture (après le passage du texte au Sénat), les lignes vont bouger. Il est confiant et considère que « cela peut permettre de rassurer notamment la gauche ».

L’avenir et la poursuite de la navette parlementaire (entre le Sénat et l’Assemblée) diront si le pronostic de Jean-Luc Lagleize se confirme.

Mais une chose est certaine. Les votes « contre » et les « abstentions » ne visaient pas uniquement les modalités de l’interdiction de manifester. C’est l’absence de contrôle par un juge qui est au cœur des critiques émanant des rangs parlementaires mais aussi du milieu judiciaire.

L’éventuelle adoption de l’amendement Modem ne suffira pas à calmer les oppositions.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

05 Fév

Occitanie : 3 député(e)s En Marche refusent de voter la loi « anti-casseurs »

50 députés de la majorité se sont abstenus lors du vote de la loi « anti-casseurs ». 3 député(e)s En Marche d’Occitanie figurent parmi les « frondeurs ».

Assemblée Nationale. Photo : MaxPPP

L’Occitanie occupe une place à part dans la « macronie » et à l’Assemblée. En décembre dernier, un député En Marche de la Haute-Garonne a refusé de voter le budget présenté par le gouvernement. Trois mois après cet épisode, des parlementaires En Marche de notre région s’opposent à Edouard Philippe et Emmanuel Macron.

Le choc est moins brutal. Sandrine Mörch (Haute-Garonne), Patrick Vignal (Hérault) et Annie Chapelier (Gard) n’ont pas franchi le Rubicon d’un vote « contre ». Mais les 3 députés se sont abstenus. Ils ont donc refusé d’adopter la loi dite loi « anti-casseurs ».

A noter que le député En Marche du Gard, Olivier Gaillard n’a pas participé au vote.

Les députés d’Occitanie sont loin d’être isolés. Ils appartiennent à un groupe de 50 « abstentionnistes », tous membres du groupe parlementaire En Marche. Une telle dissidence est inédite. Des réticences et des réserves se sont élevées lors du débat législatif. Des abstentions, dans les rangs de la majorité, étaient attendues.

Une trentaine d’abstention étaient envisageables. Le résultat est plus important que prévu. Les raisons de la « fronde » ont été explicitées sur Twitter. Elles sont conformes aux propos tenus depuis le début de l’examen du texte. Les députés justifient leur abstention par un problème de fond : la possibilité pour les préfets (et non un juge judiciaire) d’interdire de manifestation une personne.

Le refus de vote des « abstentionnistes » n’a pas empêché l’adoption, à une large majorité, de la loi « anti-casseurs ».

Laurent Dubois (@laurentdub)