17 Oct

Nouveau groupe politique à l’Assemblée : les explications de la députée Jeanine Dubié.

Un record dans l’histoire de la cinquième République,  un huitième groupe appelé « Libertés et Territoires » s’est constitué aujourd’hui. Il compte 16 députés dont deux PRG, la députée des Hautes-Pyrénées et l’élue de Tarn et Garonne Sylvia Pinel. Jeanine Dubié nous explique la genèse et l’objectif de ce groupe.

Jeanine Dubié, lors d’une séance de questions au gouvernement, le 19 juin dernier. Photo Thomas Padilla/MAXPPP –

Le Blog Politique : Comment se situe ce groupe sur l’échiquier politique ?

Jeanine Dubié : Ça c’est une question de l’ancien monde (rires) ! Nous sommes un groupe indépendant qui balaie tout le panel de l’échiquier politique. La liberté de vote en est le socle. On est inclassable. Personne ne pourra engager le groupe sauf si nous sommes tous d’accord.

La liberté de vote est notre socle »

Le Blog Politique : Comment vous situez-vous par rapport au groupe des marcheurs et à la majorité présidentielle ?

Jeanine Dubié : Si un projet de loi nous convient, nous le voterons. Si ce n’est pas le cas, nous nous y opposerons. C’est ce que chacun de nous a fait jusqu’à présent. Vous savez, au moment des Législatives, j’aurais pu choisir de rejoindre En Marche. Dans la nuit du 10 au 11 mai 2017, j’ai reçu un coup de fil. « Si tu t’inscris chez En Marche, tu n’auras pas de candidat en face » m’a-t-on annoncé. J’ai choisi de rester sous l’étiquette PRG et j’ai été élue.

Le Blog Politique : Sylvia Pinel n’a pas eu de candidat En Marche face à elle en Tarn et Garonne…

Jeanine Dubié : Manuel Valls non plus ! Il y a eu des exceptions comme celles-là et d’autres, notamment pour les anciens membres du gouvernement.

Ancrés dans nos territoires »

Le Blog Politique : Où en est le PRG aujourd’hui ?

Jeanine Dubié : Dans ce huitième groupe, il ne reste que Sylvia et moi issues du PRG historique. La réunification des deux familles radicales a créé des bouleversements. De toute façon, toutes les formations politiques ont été ébranlées après la Présidentielle. Et nous, avec une implantation concentrée dans le sud-ouest, encore plus.

Le Blog Politique : Comment est né ce groupe que vous avez donc intégré aujourd’hui ?

Jeanine Dubié : Cela fait neuf mois qu’on y travaille. Nous, radicaux, avions un groupe sous l’ancienne mandature, mais comme certains sont partis à En Marche, ça n’était plus possible. Le chemin a été long. Le fait d’être tous ancrés dans nos territoires face aux peu d’égards du pouvoir central nous a réunis. Il ne fallait pas s’unir pour s’unir. S’il n’y a pas de socle dans un groupe, il y a toujours la menace que certains s’en aillent. Il y a des dossiers qui nous tiennent à cœur comme celui de la fin de vie, la PMA, la justice sociale aujourd’hui oubliée ou encore l’objectif d’obtenir plus de libertés individuelles.

D’autres vont nous rejoindre ! »

Le Blog Politique : Mais comment comptez-vous peser à seize députés à l’assemblée nationale ?

Jeanine Dubié : Comme quand nous étions 17 dans notre groupe radical sous la précédente mandature. Nous sommes deux par commissions. Il faut travailler voilà tout. Mais je pense que nous ne resterons pas seize très longtemps. D’autres vont nous rejoindre. Il faut porter une voix différente sans être des aboyeurs permanents. Quand j’entends qu’on veut réduire le nombre de parlementaires, je dis « ok mais équitablement ! » Je  vois difficilement comment enlever un député dans les Hautes-Pyrénées.  Je le dis d’autant plus librement que je ne me représenterai pas. Aujourd’hui on entend dire qu’il faut recentrer le travail des députés sur le travail parlementaire plutôt que sur sa circonscription. Sauf que le mode d’élection, lui, n’a pas changé…

Propos recueillis par Patrick Noviello (@patnoviello)

05 Oct

Le Toulousain Nicolas Tissot quitte le PS et « sulfate »

Figure toulousaine du PS, Nicolas Tissot claque la porte du PS. Une démission en forme de réquisitoire et sur fond de municipales.

Nicolas Tissot

C’est l’ultime étape d’un divorce consommé. En novembre 2016, Nicolas Tissot a abandonné ses dernières responsabilités au sein du PS. Après 23 ans de militantisme, le Toulousain quitte le parti. Nicolas Tissot incarnait l’aile gauche du PS. Son départ risque d’entraîner de nouvelles démissions au niveau de secrétaires de sections et dans les rangs des militants.

La démission de l’ex-députée Catherine Lemorton est symboliquement lourd. Celle de Nicolas Tissot est politiquement sensible. Et l’impact ne se limite pas au nombre de carte. Le départ de Nicolas Tissot prend la forme d’un véritable réquisitoire contre le fonctionnement de la Fédération.

Nicolas Tissot dénonce « un niveau de confusion dément entre le niveau fédéral et le département ». Autrement dit, c’est le tandem « 1er Fédéral/Président du conseil départemental » qui mène la danse et monopolise les manettes. La mise en orbite de Claude Raynal pour les municipales illustre cette mainmise « Vincini-Méric ».

« Sébastien Vincini demande à toute le monde de se taire et ensuite on assiste à une déclaration en conseil fédéral en faveur de Claude Raynal » déplore Nicolas Tissot. Au delà de la méthode, l’ex socialiste déplore le choix du sénateur de la Haute-Garonne. Nicolas Tissot n’a « rien contre Claude Raynal. Mais l’image qu’il renvoie, c’est catastrophique ».

Le côté « sénateur » et « notable installé » de Claude Raynal incarne « l’incapacité du PS à se renouveler » selon l’ex socialiste. Pour NicolasTissot, le PS de la Haute-Garonne est véritablement en danger. « Il est possible que la gauche soit unie pour les prochaines municipales mais sans le PS ».

S’agissant des municipales, Nicolas Tissot a d’ailleurs fait son choix : « Je soutiendrai Nadia Pellefigue ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

01 Oct

Budget participatif : le département du Gers lance une votation pour choisir les projets

Ce lundi 1er octobre, le conseil départemental met au vote, pour un mois, 370 projets proposés par les citoyens et sur lesquels ces derniers devront se prononcer. Des urnes seront disposées en mairie et sur les marchés. Le vote pourra également se faire en ligne. Explication de cette démarche.

Philippe Martin, président PS du Conseil Départemental du Gers. Photo MaxPPP-Aurelien Morissard

Philippe Martin s’était déjà illustré avec son référendum sur les OGM, l’expérimentation du revenu de base et maintenant voici le budget participatif. « Nous y consacrerons désormais 3% de notre investissement soit un million d’euros chaque année » explique le président de la collectivité. Seulement, les 370 projets déposés, chiffrés, et validés comme réalisables, représentent 5 millions d’euros. Il faudra donc les sélectionner en votant.

Alors comment ont été recueillis et constitués ces dossiers ? De mars à avril des réunions publiques ont ainsi été organisées sur le territoire ainsi que des ateliers participatifs. De mars à juillet, les gersois ont déposé leurs idées. D’août à septembre ces idées ont été analysées et évaluées pour déterminer leur faisabilité. Sur le millier de projets déposés, certains ont été réorientés vers d’autres programmes plus adaptés, d’autres ont été fusionnés et d’autres, enfin, « nécessitant d’être retravaillés » seront peut-être présentés à nouveau l’an prochain.

Renouer le fil avec les citoyens »

« Nous voulions renouer le fil avec les citoyens, leur dire vous allez co-construire avec nous. C’est une façon, quelque part, à notre échelle, d’essayer de traiter de la crise démocratique » s’enthousiasme l’ancien ministre de l’environnement de François Hollande. Jardins partagés, sentiers de biodiversité, aires de jeux, bus solidaire, radars pédagogiques… Les projets déposés coûtent de 500 à plusieurs milliers d’euros. Leurs porteurs seront réunis ce lundi au dôme de Gascogne à Auch pour le lancement du vote.

Un catalogue a été réalisé et sera mis à disposition des gersois pour faire leur choix. Catalogue également mis en ligne car ne sont d’ailleurs pas uniquement appelés à voter les habitants du département mais aussi les gersois expatriés ou les résidents temporaires « comme Ariane Daguin ou le couple Gayet/Hollande par exemple » plaisante Philippe Martin. 463 mairies sont d’ores et déjà équipées d’urnes à cet effet, urnes qui seront également disposées sur plusieurs autres lieux de passage. « Quand on va sur les marchés en dehors des périodes d’élection, on est regardé autrement » assure le président du conseil départemental du Gers.

Patrick Noviello (@patnoviello)

06 Sep

Pierre Laurent : « On sent qu’on peut se diriger vers une rentrée politique combative. »

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF. Photo AFP Jean-François Monier.

Le secrétaire national du PCF sera ce jeudi soir à Toulouse. Il poursuit ainsi sa tournée des fédérations pour mobiliser ses troupes alors que la gauche tente de se reconstruire et que de nouvelles échéances électorales arrivent.

Le Blog politique : Tout d’abord, pourquoi cette visite aux étudiants et enseignants de l’université Jean Jaurès ?

Pierre Laurent : Parce que la bataille de Parcoursup’ continue. On sait que beaucoup d’étudiants n’ont pas d’affectation ou n’ont pas obtenu ce qu’ils avaient demandé. Ce système a créé beaucoup d’angoisse. Nous sommes inquiets par ce dispositif qui instaure une sélection alors que les besoins de la société ne sont pas ceux-là. Dans l’avenir, on aura besoin de personnes qualifiées.

Le Blog politique : Vous venez aussi rencontrer à Toulouse les communistes de Haute-Garonne. Qu’allez-vous vous dire ?

Pierre Laurent : On sent qu’on peut se diriger vers une rentrée politique combative. Les réformes et les luttes sociales du printemps ont laissé des traces. Ce gouvernement est affaibli et moins sûr de lui. Des brèches nouvelles peuvent s’ouvrir. Beaucoup de besoins sociaux remontent du terrain. Cette rencontre avec les communistes de Haute-Garonne va nous permettre de faire le point sur tout cela.

Nous voulons une Europe de la solidarité »

Le Blog politique : Cette saison politique va aussi être marquée par les Européennes. Quels sont les thèmes que vous allez mettre en avant dans cette campagne ?

Pierre Laurent : Il y aura pour nous deux questions centrales. Nous voulons en finir avec une Europe où les travailleurs, les entreprises et les services publics sont poussés à la concurrence à outrance et les salaires tirés vers le bas en facilitant les délocalisations à l’intérieur de l’Union Européenne. Nous défendons une Europe qui protège contre une Europe qui divise les salariés.

Nous voulons aussi une Europe de la solidarité. Nous sommes inquiets de l’ultralibéralisme et du populisme de l’extrême droite. Nous allons travailler à porter la voix d’une gauche sociale.

Le Blog politique : Une gauche qui doit se reconstruire après la séquence Présidentielle/Législatives. Comment vous situez-vous par rapport aux autres formations de gauche ?

Pierre Laurent : On est effectivement rentré dans une période de reconstruction. La victoire d’Emmanuel Macron a semé le trouble. Le « ni droite, ni gauche » a mis la gauche devant ses responsabilités de devoir se reconstruire de manière claire. Cette reconstruction se fait aussi sur une opposition à la politique d’Emmanuel Macron. Ce qui peut nous rapprocher aussi c’est la définition d’objectifs de progrès sociaux. C’est ce travail de propositions qu’il nous faut entreprendre. Mais ça ne se fera pas simplement entre personnalités politiques nationales.

Les Municipales vont être l’occasion de construire des rassemblements à gauche »

Le Blog politique : Localement justement, est-ce que les futures élections municipales peuvent favoriser ces rapprochements à gauche ?

Pierre Laurent : C’est certain. Les élections municipales vont être l’occasion de construire de tels rassemblements, larges, mais avec une forte dimension citoyenne. Des millions de gens en France se reconnaissent dans les valeurs de la gauche mais n’ont plus la certitude d’être les électeurs de telle ou telle de ses formations. Ils doivent se réunir pour constituer des majorités de progrès dans les communes.

Le Blog politique : La semaine prochaine devraient être présentés par le gouvernement les plans pauvreté et hôpitaux. Vous avez fait un tour de France des établissements hospitaliers. Qu’attendez-vous de ces plans ?

Pierre Laurent : Il y a des situations d’urgence. Notre tour de France nous l’a montré. Beaucoup de personnels sont en souffrance, notamment à cause des regroupements hospitaliers encouragés par le gouvernement. Il faut repenser l’ensemble du système de santé. On manque de médecins en zone rurale mais aussi dans les quartiers populaires. Il faut des centres médicaux de proximité pour ceux qui ont peu de moyens. Il faut aussi repenser la couverture à 100%.

En matière de pauvreté, nous craignons aussi que le guichet unique que le gouvernement veut mettre en place débouche sur des pertes de prestations. Nous suivrons donc les annonces avec attention.

Propos recueillis par Patrick Noviello (@patnoviello)

 

28 Juin

Toulouse Métropole : les groupes Ecologistes et Métropole Citoyenne fusionnent

L’annonce officielle s’est faite ce jeudi 28 juin à l’occasion du Conseil de Métropole. Une union « pour le meilleur et pour l’avenir » qui peut ouvrir sur les futures Municipales. Mais une fusion également pour peser plus sur les débats. Explication.

Marc Péré et Michèle Bleuse ce jeudi au Conseil de Métropole Photo DR

Que ce soit pour « Métropole Citoyenne » ou « Toulouse Vert Demain » cette fusion s’imposait d’elle-même. « Elle émane du constat de nos prises de position depuis le début du mandat » explique Michèle Bleuse du groupe écologiste. « On se retrouve sur 90% des décisions » complète Marc Péré de « Métropole Citoyenne ». Et le maire Divers Gauche de l’Union de poursuivre : « En plus nous sommes complémentaires, Toulouse Vert Demain étant très toulousain et nous plutôt sur les communes autour de Toulouse ».

Un groupe qui se veut citoyen »

D’Europe Ecologie Les Verts à La France Insoumise, ce nouveau groupe de neuf membres se veut donc ouvert aux élus encartés comme aux citoyens sans affiliation à un parti. Mais pourquoi ces conseillers à forte tendance de gauche ne sont-ils pas rapprocher des autres groupes comme ceux du PS, de Génération.S ou du PC pour peser plus ? « Nous sommes un groupe citoyen. On accueille autour d’une parole libre. Nous n’avons pas de valises ou de dossier sur lesquels on pourrait nous contrer en nous disant « mais pourquoi n’avez-vous pas fait ceci ou cela quand vous étiez aux manettes » » se justifie Marc Péré. Et de donner en exemple leur dernier travail sur un projet de réseau RER métropolitain. Michèle Bleuse, elle, pointe ceux qui « appellent au rassemblement tout en se divisant, comme le PS et Génération.s ».

Dénoncer le manque de concertation »

L’un de leur cheval de bataille ? La dénonciation de « décisions souvent arbitraires » de la part de la majorité et « le manque de concertation avec les habitants ». « Ce qui se passe à la métropole est le reflet de ce qui se passe à la mairie de Toulouse où les réunions de concertation sont des formalités administratives. Jean-Luc Moudenc ne cesse de nous dire de faire des propositions mais nous ne sommes jamais entendus » regrette Michèle Bleuse qui prend pour exemple le débat public sur la troisième ligne de métro.

« Avec le maire de Brax et le collectif « Eau Toulouse », nous avons lancé aux autres maires de la métropole la proposition d’organiser un référendum d’initiative citoyenne sur la municipalisation ou pas de l’eau. Nous espérons l’organiser vers la mi-octobre. On verra bien combien de communes y participent » annonce Marc Péré.

Un signe avant les Municipales ? »

Dans leur communiqué commun, les deux groupes évoquent enfin « une ambition politique commune » et une union « pour le meilleur et pour l’avenir ». Doit-on y voir une rampe de lancement pour les prochaines Municipales ? « On ne l’exclut pas mais il est encore trop tôt » tempère Michèle Bleuse. « Mais nous unir maintenant permet d’expérimenter d’ici ce scrutin ». « On envoie un petit signe » retient Marc Péré. « Je me garderai bien de dire qu’on trace un chemin. On veut juste montrer qu’autour d’un rassemblement citoyen, on peut réussir ».

Patrick Noviello (@patnoviello)

Les élus de ce nouveau groupe : Michèle Bleuse, Régis Godec, Patrick Jiména, François Lépineux, Antoine Maurice, Marc Péré, Cécile Ramos, Bernard Sancré, Nathalie Simon-Labric

20 Juin

Une année à l’Assemblée : deux députés livrent leurs regards.

L’une est une élue sortante qui en plus préside le groupe socialiste au Palais Bourbon : Valérie Rabault. L’autre effectue son premier mandat, dans le Gers, sous l’étiquette En Marche. Comment ont-ils vécu cette année 1 du gouvernement Macron ? Comment se sont-ils organisés entre Paris et leurs circonscriptions ? Et puis comment envisagent-ils leur mission ? Regards croisés.

L’Assemblée Nationale lors des questions au gouvernement, le 20 juin dernier. Photo Philippe Lopez/AFP

« Je ne suis pas assez en circo et je ne suis pas assez à l’assemblée ». L’affirmation en forme de boutade de Jean-René Cazeneuve symbolise une année parlementaire hors du commun, notamment pour les néo-députés. L’élu LREM du Gers reconnaît la charge de travail importante de ces douze derniers mois d’exercice mais ne se plaint pas : « On a été élu pour changer la France ».

Un bloc de la majorité  qui vote sans se poser de questions »

« Un bloc de la majorité  qui vote sans se poser de questions » selon Valérie Rabault. « Dans le fond, l’exécutif n’en a rien à faire du parlement » affirme sans détour la députée du Tarn et Garonne. « Je suis même allée interroger les uns et les autres pour savoir si on était comme ça quand on était dans la majorité. On m’a répondu que non » s’amuse la chef de file du groupe PS.

Et Valérie Rabault de noter un deuxième point marquant pour cette année 1 d’une assemblée aux couleurs LREM. « Il y a un manque flagrant d ‘organisation dans l’agenda. Les deux premiers mois, nous n’avons presque rien eu à faire. Puis on est passé à une série de loi à voter notamment sur l’agriculture et l’apprentissage. Nous n’avons pas eu suffisamment de temps pour une bonne écriture de la loi ».

Je ne comprends pas comment faisaient ceux qui cumulaient »

« C’est vrai que même si on choisit les textes dans lesquels on s’investit, il y a beaucoup de travail » tempère Jean-René Cazeneuve. « Si vous voulez bien faire les choses, et peser, travailler en amont avec les ministères pour infléchir la loi, ça demande beaucoup d’investissement » explique le néo-député. « Je ne comprends pas comment faisaient ceux qui cumulaient. La loi qui a mis fin au cumul a été une réforme extrêmement saine et positive » reconnaît le député gersois.

Cela veut-il dire pour autant qu’on ne voit plus les députés en circonscription, notamment ceux d’En Marche ? « Je ne peux pas vous répondre. Je fais partie d’un des seuls départements de France où les deux sortantes ont été reconduites (NDLR : elle-même pour le PS et Sylvia Pinel pour les Radicaux) » sourit Valérie Rabault. « La circonscription c’est l’essence même du travail. J’ai été élue pour avoir ce contact-là avec les citoyens. Les amendements que je dépose portent tous le nom de personnes que j’ai rencontrées sur le terrain » précise la présidente du groupe PS.

On ne fait pas bien la loi si on n’est pas sur le terrain »

Même si parfois c’est un peu périlleux niveau agenda, à l’image de la semaine dernière où la députée était en visite vendredi à Réalville jusqu’à 19h avant de s’envoler pour Paris, de siéger dans l’hémicycle pour la loi logement jusqu’au samedi 4 heures du matin et de redécoller vers sa terre d’élection pour le week-end. « Moitié en circo, moitié à Paris, je n’en démordrai pas » insiste Valérie Rabault. « On ne fait pas bien la loi si on n’est pas sur le terrain. L’amendement sur la revitalisation des zones rurales que j’ai déposé et qui a été accepté m’a été inspiré de la situation à Laguépie ».

Jean-René Cazeneuve sillonne également sa circonscription. « En amont des textes de loi, j’organise des tables rondes (formation professionnelle, agriculture) pour faire comprendre aux acteurs des secteurs concernés les enjeux spécifiques des lois. C’est un vrai travail de partage avec les concitoyens. » A l’occasion, une fois la loi votée, il assure aussi le service après-vente, pour « expliquer de façon pédagogique l’action du gouvernement ». Pour tout cela, il délocalise régulièrement sa permanence parlementaire à travers sa moitié de département.

Un boulot à temps plein à l’Assemblée et un boulot à temps plein dans sa circonscription »

Alors maintenant que le rythme est plus ou moins pris pour chacun d’entre eux, comment voient-ils l’année à venir ? « Je n’ai pas trop de perspectives » avoue Valérie Rabault. « Il y a plein de sujets qui pourraient arriver mais pour l’instant il n’y a rien sur la table. Nous allons nous pencher sur le vote de la loi de finance comme chaque année et puis il est aussi question d’une réforme constitutionnelle qu’on ne voit toujours pas arriver ».

Jean-René Cazeneuve, qui doit avoir des informations que n’a pas sa collègue socialiste, affirme en revanche : « quand on voit les lois qui arrivent, on voit le travail qui est devant nous ». « Après vous avez des implications très différentes d’un député à l’autre. L’hémicycle n’est pas toujours rempli. Certains sont déjà en logique de réélection… » Avant de conclure : « ce qui est sûr pour moi c’est qu’il y a un boulot à temps plein à l’Assemblée et un boulot à temps plein dans sa circonscription ».

Patrick Noviello (@patnoviello)

15 Mar

Législative en Haute-Garonne, pour le candidat PS, Joël Aviragnet, ce n’est pas encore « un printemps socialiste »

Après le candidat En Marche, Michel Monsarrat, c’est au tour de Joël Aviragnet. Le socialiste, sorti largement en tête du 1er tour, s’exprime sur les résultats de dimanche dernier. Le député sortant évoque notamment le soutien de la présidente PS de la Région, Carole Delga.

Joël Aviragnet.

Le Blog Politique. A quoi attribuez vous votre score du 1er tour ?

Joël Aviragnet. Notre score au 1er tour reflète le résultat d’un travail de terrain minutieux. Je pense que ce score élevé au 1er tour est un signe de confiance des électeurs vis-à-vis de mon travail, de mon action à l’Assemblée nationale et sur le terrain. C’est aussi le résultat d’une forte mobilisation des militants et des sympathisants qui travaillent avec Marie-Claire Uchan et moi.

Une forte mobilisation des militants et des sympathisants

Le Blog Politique. Vous bénéficiez du soutien de la présidente de région et du président du département. Pensez-vous que cela explique le fait que vous soyez largement en tête ?

Joël Aviragnet. Le soutien de la présidente de région, Carole Delga est évidement déterminant. C’est le soutien de l’ancienne députée de la circonscription, dont j’étais le suppléant, qui avait un très bon bilan et c’est aussi le soutien d’une élue commingeoise, Carole, comme on l’appelle ici, qui a commencé Maire de Martres puis est devenue Présidente de la région Occitanie sans jamais oublier ses origines. D’autant que son action est saluée partout en Comminges / Savès : un nouveau lycée à Cazères en 2020, réouverture de la ligne Montréjeau-Luchon, accompagnement des entreprises…

Le soutien de la présidente de Région est déterminant

Enfin, le soutien de Georges Méric, président du département de la Haute-Garonne était précieux pour moi, tant du point de vue politique que du point de vue humain. Georges Méric est un fervent défenseur des territoires ruraux. En outre, le bilan du département en Comminges / Savès est reconnu. Vous l’aurez compris, le soutien de deux élus de terrain qui agissent pour les gens est logiquement un atout pour moi.

Le Blog Politique. Selon vous le vote de dimanche est-il un vote local ou national ?

Joël Aviragnet. Il s’agit d’un vote éminemment local à mon sens ; mais il a des ressorts nationaux. C’est un vote local, parce qu’il s’agit de l’élection du député de notre territoire, celui du Comminges et du Savès. Cela vous confère une grande une responsabilité, il faut connaître ce territoire, ses spécificités et savoir le défendre. C’est ce que j’ai fait pendant 6 mois à l’Assemblée nationale. C’est un vote local aussi parce que nous avons travaillé dans chacune des 283 communes de la circonscription et nos concitoyens ont apprécié cet engagement local. Mais c’est un vote qui a des ressorts nationaux parce que les gens sont touchés par les mesures nationales. Ils sont concernés par la baisse du pouvoir d’achat, par la baisse des APL, par la suppression des contrats aidés votés par ce Gouvernement. Ils sont indignés par la suppression de l’ISF concomitante à la hausse de la CSG.

Le Blog Politique. Certains commentateurs estiment que votre score est le bourgeon d’un printemps socialiste. Une réaction ?

Joël Aviragnet. Vous faites référence à un article de Libération paru cette semaine. C’est un beau titre. Mais je ne crois pas qu’on puisse parler de « printemps socialiste » pour l’instant. Aujourd’hui, l’heure est au travail et à l’humilité. Les socialistes doivent connaître une renaissance par une pratique politique renouvelée, de l’utilité, de la proximité au quotidien et du collectif. Avec Carole, nous sommes dans cette dynamique de gauche renouvelée et rassemblée.

Je ne crois pas que l’on puisse parler de « printemps socialiste » pour l’instant.

le Blog Politique. Des candidats à la tête du PS vous ont-ils contacté ? Si c’est le cas que vous ont ils dit ?

Joël Aviragnet. Oui ils m’ont contacté, comme de nombreux autres socialistes d’ailleurs. Ils m’ont félicité et m’ont apporté tout leur soutien. Ils m’ont transmis leurs vœux de réussite.

Le Blog Politique. Vous êtes largement en tête, le match est-il plié ?

Joël Aviragnet. Le match n’est jamais plié. Je respecte le candidat qui est face à moi dans ce deuxième tour et je sais qu’il faudra faire une excellente campagne jusqu’au bout. Donc vous ne verrez aucun relâchement de mon côté. Depuis lundi matin 6h, je suis sur le terrain, au contact des gens, avec mon équipe pour transformer l’essai et l’emporter dimanche.

Propos recueillis par Laurent Dubois (@laurentdub)

 

13 Mar

Législative en Haute-Garonne : « une mauvaise compréhension des mesures du gouvernement » pour le candidat En Marche

5 jours avant le second tour, Michel Monsarrat, revient sur le vote du dimanche 11 mars. Interview cash sur les raisons de son dévissage au 1er tour. Le candidat En Marche évoque également sa campagne et affirme pouvoir encore gagner

Michel Monsarrat. Photo Facebook

Michel Monsarrat. Photo Facebook

Le Blog Politique. Vous perdez plusieurs milliers de voix entre juin dernier et le vote de dimanche. Comment expliquez-vous cette chute ?

Michel Monsarrat. Les résultats du 1er tour sont la conséquence d’une forte abstention, ce qui est le cas de toutes les partielles. Mais c’est également un manque de compréhension des mesures du gouvernement qui ne porteront tous leurs fruits, en faveur notamment du pouvoir d’achat, qu’à moyen terme. Enfin ce qui a pesé, c’est une mobilisation de l’appareil socialiste départemental et régional, qui dans ce contexte fait le plein de ses voix.

Un manque de compréhension des mesures du gouvernement

Le Blog Politique.  Votre contre-performance est-elle liée à votre campagne ?

Michel Monsarrat. J’ai le sentiment d’avoir fait une campagne collective, sincère et positive. Toute mon équipe et moi-même poursuivons notre campagne de terrain et d’explications.  Notre objectif est  de mobiliser les abstentionnistes. Ils  auront à choisir entre l’immobilisme des socialistes  et ma volonté, avec  La République en Marche,  de changement et de progrès. Notre circonscription et la France en ont besoin.

Choisir entre l’immobilisme des socialistes et ma volonté de changement

Le Blog Politique. Au sein d’En Marche, des voix pointent le manque d’implication et de méthode de votre directeur de campagne. Une réaction ?

Michel Monsarrat. Notre campagne a été menée avec toute notre énergie, et notre équipe s’est comportée comme un pack parfaitement soudé.

Le Blog Politique. Comment jugez-vous le résultat de votre adversaire socialiste ?

Michel Monsarrat. Comme je l’ai dit plus haut le PS a fait le plein de ses voix.

Le PS a fait le plein de ses voix

Le Blog Politique. Comment allez-vous mener la campagne d’entre deux tours ?

Michel Monsarrat. En redoublant  nos efforts pour convaincre les abstentionnistes.

Convaincre les absentionnistes

Le Blog Politique. Vous êtes en ballotage très défavorable. Vous pensez pouvoir encore gagner ?

Michel Monsarrat. Bien entendu.

Propos recueillis par Laurent Dubois (@laurentdub)

14 Déc

Le premier ministre, Edouard Philippe, dans le Lot : Carole Delga « espère que ce n’est pas un coup de com »

La présidente de la région Occitanie réagit à la délocalisation de Matignon et d’Edouard Philippe dans le Lot. Carole Delga livre son opinion sur cette initiative et met en garde contre le risque d’un « coup de com' » qui aggraverait la colère et la défiance des élus envers le gouvernement. Mais l’ancienne ministre propose également à Emmanuel Macron d’ouvrir un grand débat sur un nouvel élan « décentralisateur ».

Carole Delga, présidente de la Région Occitanie. Photo : MaxPPP/Isorel

Carole Delga, présidente de la Région Occitanie. Photo : MaxPPP/Isorel

Le Blog Politique. Que pensez-vous de l’idée de la venue du premier ministre, Edouard Philippe, dans le Lot durant 3 jours ?

Carole Delga. Par nature, j’apprécie tout ce qui favorise une proximité plus grande avec les citoyens. Vous le savez, je crois en la République des Territoires, celle qui fortifie la République une et indivisible . C’est ce que j’ai d’ailleurs dit lors de la table ronde organisée avec le Premier ministre. Si le rôle de l’Etat est selon moi de fixer des ambitions fortes au niveau national, l’échelle locale, et notamment régionale, permet de rendre concret ces politiques. Economie, transition énergétique, formation professionnelle, mobilités… La Région peut être l’organisatrice efficace de ces politiques vitales pour l’avenir du pays. Il faut vraiment changer de logiciel entre l’Etat et les territoires, sinon beaucoup de choses décidées depuis Paris, restent des slogans.

Il faut changer de logiciel entre l’Etat et les territoires

Le Blog Politique. La venue d’Edouard Philippe est une bonne idée ou coup de com ?

Carole Delga. J’espère que ce n’est pas un coup de com’ sinon cela ne fera qu’augmenter la colère et la défiance des élus, des citoyens, déjà échaudés par certaines décisions venues d’en haut et mal vécues parce que sans aucun dialogue préalable. Nous sommes en 2017 et il serait temps que chacun admette, à Paris, qu’on ne gère plus le pays comme dans les années 60. La question des mobilités (trains du quotidien, LGV, routes) en est l’illustration : les décisions se prendraient d’en haut avec uniquement une logique comptable ? les concitoyens, les élus que je rencontre chaque jour, ne le comprennent plus , ne le supportent plus.

« J’espère que ce n’est pas un coup de com’ sinon cela ne fera qu’augmenter la colère et la défiance des élus

Le Blog Politique. Les Régions ont claqué la porte de la Conférence nationale des territoires. Le dialogue est-il rompu avec le gouvernement ?

Carole Delga. Des engagements n’ont pas été tenus en matière budgétaire. Notamment les 450 millions d’euros pour les régions inscrits dans la Loi de Finances 2017, rayés d’un simple trait de plume, sans discussion. Ce trou d’air budgétaire ne sera pas sans conséquence sur les politiques que nous menons. Pour la Région Occitanie, on parle d’un total de 50 millions d’euros ! Je vous laisse imaginer ce que cela pourrait représenter, par exemple, en nombre d’entreprises qui seront moins aidées, d’aides concrètes à des projets structurants du territoire qui seront diminuées, si justement cette majorité régionale ne faisait pas le choix clair de l’investissement… Je suis évidemment pour le dialogue et la co-construction, mais cela veut dire abandonner l’idée de mise sous tutelle des collectivités, accepter que les Régions pilotent dans la proximité un certain nombre de grandes politiques (mobilités, transition énergétique, emploi et formation) pour agir plus près, plus vite et mieux. Je suis une pragmatique et je suis cohérente avec mes valeurs . Je constate les besoins des territoires, des populations. Ce pays ne doit pas se re-centraliser mais au contraire pousser les feux d’une décentralisation responsable et efficace. J’invite le gouvernement, le président de la République, à ouvrir ce grand débat.

J’invite le gouvernement, le président de la République à ouvrir le grand débat…d’une décentralisation responsable et efficace

Le Blog Politique. Dans le Lot, le Premier Ministre doit annoncer des mesures pour le haut débit. L’Etat est-il à la hauteur sur ce sujet ?

Carole Delga. 100 millions de plus sur les foyers les plus isolés, la 4G sur tous les territoires : les annonces de ce jour du Premier Ministre répondent à une grande colère sur certains territoires que je partage. Je reçois beaucoup de courriers d’entreprises ou de particuliers sur ce sujet. L’Etat doit effectivement plus se mobiliser. En Occitanie, le haut débit est mis en place par les Départements mais la Région investit 220 millions d’euros à leurs côtés. Au-delà, il y a un vrai problème d’accès à toutes les mobilités. Attirer des entreprises et donc favoriser l’emploi, et notamment local, dans certains territoires nécessitent surtout de ne pas fragiliser les services publics d’éducation, de santé ou de transports.

Le Blog Politique. Edouard Philippe doit annoncer des mesures sur les villes moyennes. Quelles sont selon vous les mesures les plus urgentes et pertinentes ?

Carole Delga. La question de la mobilité (rail, routes) est fondamentale. Pour les déplacements, mais surtout pour attirer les entreprises. La question numérique aussi, avec le haut-débit, la 4G. Et puis j’insiste sur les services publics qui doivent garantir une présence forte de l’Etat. Quand une entreprise, ou une famille, s’installe, elle regarde s’il y a des écoles, des médecins, des hôpitaux. Si la France a su attirer de grands investisseurs nationaux, et notamment dans ses métropoles, c’est bien parce que le service public a souvent fait la différence. Il y a véritablement un grand plan national à construire sur les villes moyennes mais aussi la ruralité. Ce pays a été capable de mettre des moyens sur les quartiers urbains en difficulté en créant l’ANRU. Il faut désormais se pencher, et rapidement, sur ces territoires. Car tout le monde ne pourra pas vivre dans les métropoles ou leur périphérie. Voilà pourquoi par exemple la Région investit dans l’enseignement supérieur dans les villes moyennes ou dans la revitalisation des bourgs centre ( commerces de proximité , logement , espaces publics …) Moi, je veux irriguer la croissance. Mais il y a encore, hélas, dans ce pays un regard différent sur « la campagne », comme on dit souvent « la province » à Paris. Beaucoup de nos compatriotes vivent et travaillent dans ces territoires. Il faut  les respecter.

Propos recueillis par Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

 

 

 

06 Oct

Bernard Carayon : « la gauche et les macronistes ont fait le choix des riches et des immigrés »

Candidat à la présidence du parti Les Républicains, Laurent Wauquiez est dans le Tarn ce vendredi 6 octobre. A cette occasion, le président de LR81, Bernard Carayon livre son analyse sur la situation de la droite française, la présence au gouvernement de Bruno Le Maire et Edouard Philippe. Deux personnalités issus des rangs LR. Le maire de Lavaur donne également son point de vue sur les premiers pas du député « macroniste », Jean Terlier.

Bernard Carayon, maire de Lavaur.

Bernard Carayon, maire de Lavaur.

Le Blog Politique. Vous recevez, ce vendredi 6 octobre, Laurent Wauquiez dans votre ville de Lavaur. Quel est le sens politique de cette venue ?

Bernard Carayon. Le choix d’une petite ville du Tarn de 11 000 habitants, comme Lavaur, n’est pas innocent : c’est celui de la France des terroirs où l’on aime son pays comme sa famille, la France des gens qui se lèvent tôt pour gagner souvent peu, la France des « territoires oubliés de la République », mais c’est aussi la ville qui a su attirer le groupe Pierre Fabre, un groupe industriel à la fois enraciné et ouvert sur le monde.  C’est aussi une marque d’encouragement et d’amitié pour celui qui coordonne avec bonheur la campagne d’un homme remarquable dans les départements de l’ancienne région Midi-Pyrénées…

Le Blog Politique. Laurent Wauquiez est accusé par La République En Marche de pousser à un rapprochement entre Les Républicains et Marine Le Pen.

Bernard Carayon. C’est le procès d’intention classique et malhonnête de la gauche à l’égard d’une droite qui veut et doit renouer avec ses racines populaires comme avec le bon sens : l’autorité de l’État, la lutte contre les communautarismes, en particulier islamique, le choix du peuple contre les pseudo-autorités morales qui croient, avec arrogance, incarner l’intelligence, la raison, l’ouverture ; l’affranchissement, enfin, de la tutelle qu’exercent sur notre pays, technocrates bruxellois et financiers sans patrie. La gauche et les « macronistes » ont fait le choix des immigrés et des riches : la droite doit incarner le peuple français, l’espoir de ceux qui l’ont perdu, le progrès dans le respect de l’éthique, et des travailleurs.

La tutelle qu’exercent sur notre pays, technocrate bruxellois et financier sans patrie

Le Blog Politique. Quel diagnostic faites-vous au sujet de la droite française, après la double défaite des législatives et de la présidentielle ?

Bernard Carayon. La droite – de droite -, pas celle qui est « à droite » par commodité, c’est celle qui a une vision gaulliste de l’Histoire et de l’avenir de notre pays. Elle s’est laissée tétaniser depuis 30 ou 40 ans par les mots et les anathèmes de la gauche ; elle s’est laissée absorber par le discours lénifiant et gestionnaire de ceux qui, chez nous, dans le fond, s’intéressent plus au sort de ceux qui payent l’ISF qu’à ceux qui n’ont plus rien le 20 de chaque mois ! La droite ne peut plus laisser s’abîmer la France sur de seuls objectifs, économiques et budgétaires, déterminés par Bruxelles. La droite doit incarner une vision pour notre pays, ni mercantile ni mondialiste : patriote, conquérante, souveraine dans ses choix essentiels.

Depuis 30 ou 40 ans, la droite s’est laissée tétaniser par les mots et les anathèmes de la gauche

Le Blog Politique. Quelle est votre réaction en voyant des représentants de votre famille politique au gouvernement ?

Bernard Carayon. Ce sont des hommes de qualité intellectuelle qui ne peuvent ignorer que saisir une opportunité, même flatteuse en apparence, ne suffit pas à répondre aux défis de la France : tenir notre place diplomatique et économique parmi les grandes puissances, éradiquer de notre sol le salafisme, inspirer l’Europe dans sa reconstruction politique et morale, rendre à chaque Français l’espoir d’une vie meilleure et la fierté d’appartenir à un pays singulier.

Le Blog Politique. Comment jugez-vous les premiers pas du député En Marche, Jean Terlier, sur votre circonscription ?

Bernard Carayon. Il est la preuve que la fonction ne crée pas l’organe ! Autrement dit, que gagner au loto n’a pas de conséquences sur le code génétique.

Propos recueillis par Laurent Dubois (@laurentdub)