15 Mar

Législative en Haute-Garonne, pour le candidat PS, Joël Aviragnet, ce n’est pas encore « un printemps socialiste »

Après le candidat En Marche, Michel Monsarrat, c’est au tour de Joël Aviragnet. Le socialiste, sorti largement en tête du 1er tour, s’exprime sur les résultats de dimanche dernier. Le député sortant évoque notamment le soutien de la présidente PS de la Région, Carole Delga.

Joël Aviragnet.

Le Blog Politique. A quoi attribuez vous votre score du 1er tour ?

Joël Aviragnet. Notre score au 1er tour reflète le résultat d’un travail de terrain minutieux. Je pense que ce score élevé au 1er tour est un signe de confiance des électeurs vis-à-vis de mon travail, de mon action à l’Assemblée nationale et sur le terrain. C’est aussi le résultat d’une forte mobilisation des militants et des sympathisants qui travaillent avec Marie-Claire Uchan et moi.

Une forte mobilisation des militants et des sympathisants

Le Blog Politique. Vous bénéficiez du soutien de la présidente de région et du président du département. Pensez-vous que cela explique le fait que vous soyez largement en tête ?

Joël Aviragnet. Le soutien de la présidente de région, Carole Delga est évidement déterminant. C’est le soutien de l’ancienne députée de la circonscription, dont j’étais le suppléant, qui avait un très bon bilan et c’est aussi le soutien d’une élue commingeoise, Carole, comme on l’appelle ici, qui a commencé Maire de Martres puis est devenue Présidente de la région Occitanie sans jamais oublier ses origines. D’autant que son action est saluée partout en Comminges / Savès : un nouveau lycée à Cazères en 2020, réouverture de la ligne Montréjeau-Luchon, accompagnement des entreprises…

Le soutien de la présidente de Région est déterminant

Enfin, le soutien de Georges Méric, président du département de la Haute-Garonne était précieux pour moi, tant du point de vue politique que du point de vue humain. Georges Méric est un fervent défenseur des territoires ruraux. En outre, le bilan du département en Comminges / Savès est reconnu. Vous l’aurez compris, le soutien de deux élus de terrain qui agissent pour les gens est logiquement un atout pour moi.

Le Blog Politique. Selon vous le vote de dimanche est-il un vote local ou national ?

Joël Aviragnet. Il s’agit d’un vote éminemment local à mon sens ; mais il a des ressorts nationaux. C’est un vote local, parce qu’il s’agit de l’élection du député de notre territoire, celui du Comminges et du Savès. Cela vous confère une grande une responsabilité, il faut connaître ce territoire, ses spécificités et savoir le défendre. C’est ce que j’ai fait pendant 6 mois à l’Assemblée nationale. C’est un vote local aussi parce que nous avons travaillé dans chacune des 283 communes de la circonscription et nos concitoyens ont apprécié cet engagement local. Mais c’est un vote qui a des ressorts nationaux parce que les gens sont touchés par les mesures nationales. Ils sont concernés par la baisse du pouvoir d’achat, par la baisse des APL, par la suppression des contrats aidés votés par ce Gouvernement. Ils sont indignés par la suppression de l’ISF concomitante à la hausse de la CSG.

Le Blog Politique. Certains commentateurs estiment que votre score est le bourgeon d’un printemps socialiste. Une réaction ?

Joël Aviragnet. Vous faites référence à un article de Libération paru cette semaine. C’est un beau titre. Mais je ne crois pas qu’on puisse parler de « printemps socialiste » pour l’instant. Aujourd’hui, l’heure est au travail et à l’humilité. Les socialistes doivent connaître une renaissance par une pratique politique renouvelée, de l’utilité, de la proximité au quotidien et du collectif. Avec Carole, nous sommes dans cette dynamique de gauche renouvelée et rassemblée.

Je ne crois pas que l’on puisse parler de « printemps socialiste » pour l’instant.

le Blog Politique. Des candidats à la tête du PS vous ont-ils contacté ? Si c’est le cas que vous ont ils dit ?

Joël Aviragnet. Oui ils m’ont contacté, comme de nombreux autres socialistes d’ailleurs. Ils m’ont félicité et m’ont apporté tout leur soutien. Ils m’ont transmis leurs vœux de réussite.

Le Blog Politique. Vous êtes largement en tête, le match est-il plié ?

Joël Aviragnet. Le match n’est jamais plié. Je respecte le candidat qui est face à moi dans ce deuxième tour et je sais qu’il faudra faire une excellente campagne jusqu’au bout. Donc vous ne verrez aucun relâchement de mon côté. Depuis lundi matin 6h, je suis sur le terrain, au contact des gens, avec mon équipe pour transformer l’essai et l’emporter dimanche.

Propos recueillis par Laurent Dubois (@laurentdub)

 

13 Mar

Législative en Haute-Garonne : « une mauvaise compréhension des mesures du gouvernement » pour le candidat En Marche

5 jours avant le second tour, Michel Monsarrat, revient sur le vote du dimanche 11 mars. Interview cash sur les raisons de son dévissage au 1er tour. Le candidat En Marche évoque également sa campagne et affirme pouvoir encore gagner

Michel Monsarrat. Photo Facebook

Michel Monsarrat. Photo Facebook

Le Blog Politique. Vous perdez plusieurs milliers de voix entre juin dernier et le vote de dimanche. Comment expliquez-vous cette chute ?

Michel Monsarrat. Les résultats du 1er tour sont la conséquence d’une forte abstention, ce qui est le cas de toutes les partielles. Mais c’est également un manque de compréhension des mesures du gouvernement qui ne porteront tous leurs fruits, en faveur notamment du pouvoir d’achat, qu’à moyen terme. Enfin ce qui a pesé, c’est une mobilisation de l’appareil socialiste départemental et régional, qui dans ce contexte fait le plein de ses voix.

Un manque de compréhension des mesures du gouvernement

Le Blog Politique.  Votre contre-performance est-elle liée à votre campagne ?

Michel Monsarrat. J’ai le sentiment d’avoir fait une campagne collective, sincère et positive. Toute mon équipe et moi-même poursuivons notre campagne de terrain et d’explications.  Notre objectif est  de mobiliser les abstentionnistes. Ils  auront à choisir entre l’immobilisme des socialistes  et ma volonté, avec  La République en Marche,  de changement et de progrès. Notre circonscription et la France en ont besoin.

Choisir entre l’immobilisme des socialistes et ma volonté de changement

Le Blog Politique. Au sein d’En Marche, des voix pointent le manque d’implication et de méthode de votre directeur de campagne. Une réaction ?

Michel Monsarrat. Notre campagne a été menée avec toute notre énergie, et notre équipe s’est comportée comme un pack parfaitement soudé.

Le Blog Politique. Comment jugez-vous le résultat de votre adversaire socialiste ?

Michel Monsarrat. Comme je l’ai dit plus haut le PS a fait le plein de ses voix.

Le PS a fait le plein de ses voix

Le Blog Politique. Comment allez-vous mener la campagne d’entre deux tours ?

Michel Monsarrat. En redoublant  nos efforts pour convaincre les abstentionnistes.

Convaincre les absentionnistes

Le Blog Politique. Vous êtes en ballotage très défavorable. Vous pensez pouvoir encore gagner ?

Michel Monsarrat. Bien entendu.

Propos recueillis par Laurent Dubois (@laurentdub)

14 Déc

Le premier ministre, Edouard Philippe, dans le Lot : Carole Delga « espère que ce n’est pas un coup de com »

La présidente de la région Occitanie réagit à la délocalisation de Matignon et d’Edouard Philippe dans le Lot. Carole Delga livre son opinion sur cette initiative et met en garde contre le risque d’un « coup de com' » qui aggraverait la colère et la défiance des élus envers le gouvernement. Mais l’ancienne ministre propose également à Emmanuel Macron d’ouvrir un grand débat sur un nouvel élan « décentralisateur ».

Carole Delga, présidente de la Région Occitanie. Photo : MaxPPP/Isorel

Carole Delga, présidente de la Région Occitanie. Photo : MaxPPP/Isorel

Le Blog Politique. Que pensez-vous de l’idée de la venue du premier ministre, Edouard Philippe, dans le Lot durant 3 jours ?

Carole Delga. Par nature, j’apprécie tout ce qui favorise une proximité plus grande avec les citoyens. Vous le savez, je crois en la République des Territoires, celle qui fortifie la République une et indivisible . C’est ce que j’ai d’ailleurs dit lors de la table ronde organisée avec le Premier ministre. Si le rôle de l’Etat est selon moi de fixer des ambitions fortes au niveau national, l’échelle locale, et notamment régionale, permet de rendre concret ces politiques. Economie, transition énergétique, formation professionnelle, mobilités… La Région peut être l’organisatrice efficace de ces politiques vitales pour l’avenir du pays. Il faut vraiment changer de logiciel entre l’Etat et les territoires, sinon beaucoup de choses décidées depuis Paris, restent des slogans.

Il faut changer de logiciel entre l’Etat et les territoires

Le Blog Politique. La venue d’Edouard Philippe est une bonne idée ou coup de com ?

Carole Delga. J’espère que ce n’est pas un coup de com’ sinon cela ne fera qu’augmenter la colère et la défiance des élus, des citoyens, déjà échaudés par certaines décisions venues d’en haut et mal vécues parce que sans aucun dialogue préalable. Nous sommes en 2017 et il serait temps que chacun admette, à Paris, qu’on ne gère plus le pays comme dans les années 60. La question des mobilités (trains du quotidien, LGV, routes) en est l’illustration : les décisions se prendraient d’en haut avec uniquement une logique comptable ? les concitoyens, les élus que je rencontre chaque jour, ne le comprennent plus , ne le supportent plus.

« J’espère que ce n’est pas un coup de com’ sinon cela ne fera qu’augmenter la colère et la défiance des élus

Le Blog Politique. Les Régions ont claqué la porte de la Conférence nationale des territoires. Le dialogue est-il rompu avec le gouvernement ?

Carole Delga. Des engagements n’ont pas été tenus en matière budgétaire. Notamment les 450 millions d’euros pour les régions inscrits dans la Loi de Finances 2017, rayés d’un simple trait de plume, sans discussion. Ce trou d’air budgétaire ne sera pas sans conséquence sur les politiques que nous menons. Pour la Région Occitanie, on parle d’un total de 50 millions d’euros ! Je vous laisse imaginer ce que cela pourrait représenter, par exemple, en nombre d’entreprises qui seront moins aidées, d’aides concrètes à des projets structurants du territoire qui seront diminuées, si justement cette majorité régionale ne faisait pas le choix clair de l’investissement… Je suis évidemment pour le dialogue et la co-construction, mais cela veut dire abandonner l’idée de mise sous tutelle des collectivités, accepter que les Régions pilotent dans la proximité un certain nombre de grandes politiques (mobilités, transition énergétique, emploi et formation) pour agir plus près, plus vite et mieux. Je suis une pragmatique et je suis cohérente avec mes valeurs . Je constate les besoins des territoires, des populations. Ce pays ne doit pas se re-centraliser mais au contraire pousser les feux d’une décentralisation responsable et efficace. J’invite le gouvernement, le président de la République, à ouvrir ce grand débat.

J’invite le gouvernement, le président de la République à ouvrir le grand débat…d’une décentralisation responsable et efficace

Le Blog Politique. Dans le Lot, le Premier Ministre doit annoncer des mesures pour le haut débit. L’Etat est-il à la hauteur sur ce sujet ?

Carole Delga. 100 millions de plus sur les foyers les plus isolés, la 4G sur tous les territoires : les annonces de ce jour du Premier Ministre répondent à une grande colère sur certains territoires que je partage. Je reçois beaucoup de courriers d’entreprises ou de particuliers sur ce sujet. L’Etat doit effectivement plus se mobiliser. En Occitanie, le haut débit est mis en place par les Départements mais la Région investit 220 millions d’euros à leurs côtés. Au-delà, il y a un vrai problème d’accès à toutes les mobilités. Attirer des entreprises et donc favoriser l’emploi, et notamment local, dans certains territoires nécessitent surtout de ne pas fragiliser les services publics d’éducation, de santé ou de transports.

Le Blog Politique. Edouard Philippe doit annoncer des mesures sur les villes moyennes. Quelles sont selon vous les mesures les plus urgentes et pertinentes ?

Carole Delga. La question de la mobilité (rail, routes) est fondamentale. Pour les déplacements, mais surtout pour attirer les entreprises. La question numérique aussi, avec le haut-débit, la 4G. Et puis j’insiste sur les services publics qui doivent garantir une présence forte de l’Etat. Quand une entreprise, ou une famille, s’installe, elle regarde s’il y a des écoles, des médecins, des hôpitaux. Si la France a su attirer de grands investisseurs nationaux, et notamment dans ses métropoles, c’est bien parce que le service public a souvent fait la différence. Il y a véritablement un grand plan national à construire sur les villes moyennes mais aussi la ruralité. Ce pays a été capable de mettre des moyens sur les quartiers urbains en difficulté en créant l’ANRU. Il faut désormais se pencher, et rapidement, sur ces territoires. Car tout le monde ne pourra pas vivre dans les métropoles ou leur périphérie. Voilà pourquoi par exemple la Région investit dans l’enseignement supérieur dans les villes moyennes ou dans la revitalisation des bourgs centre ( commerces de proximité , logement , espaces publics …) Moi, je veux irriguer la croissance. Mais il y a encore, hélas, dans ce pays un regard différent sur « la campagne », comme on dit souvent « la province » à Paris. Beaucoup de nos compatriotes vivent et travaillent dans ces territoires. Il faut  les respecter.

Propos recueillis par Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

 

 

 

06 Oct

Bernard Carayon : « la gauche et les macronistes ont fait le choix des riches et des immigrés »

Candidat à la présidence du parti Les Républicains, Laurent Wauquiez est dans le Tarn ce vendredi 6 octobre. A cette occasion, le président de LR81, Bernard Carayon livre son analyse sur la situation de la droite française, la présence au gouvernement de Bruno Le Maire et Edouard Philippe. Deux personnalités issus des rangs LR. Le maire de Lavaur donne également son point de vue sur les premiers pas du député « macroniste », Jean Terlier.

Bernard Carayon, maire de Lavaur.

Bernard Carayon, maire de Lavaur.

Le Blog Politique. Vous recevez, ce vendredi 6 octobre, Laurent Wauquiez dans votre ville de Lavaur. Quel est le sens politique de cette venue ?

Bernard Carayon. Le choix d’une petite ville du Tarn de 11 000 habitants, comme Lavaur, n’est pas innocent : c’est celui de la France des terroirs où l’on aime son pays comme sa famille, la France des gens qui se lèvent tôt pour gagner souvent peu, la France des « territoires oubliés de la République », mais c’est aussi la ville qui a su attirer le groupe Pierre Fabre, un groupe industriel à la fois enraciné et ouvert sur le monde.  C’est aussi une marque d’encouragement et d’amitié pour celui qui coordonne avec bonheur la campagne d’un homme remarquable dans les départements de l’ancienne région Midi-Pyrénées…

Le Blog Politique. Laurent Wauquiez est accusé par La République En Marche de pousser à un rapprochement entre Les Républicains et Marine Le Pen.

Bernard Carayon. C’est le procès d’intention classique et malhonnête de la gauche à l’égard d’une droite qui veut et doit renouer avec ses racines populaires comme avec le bon sens : l’autorité de l’État, la lutte contre les communautarismes, en particulier islamique, le choix du peuple contre les pseudo-autorités morales qui croient, avec arrogance, incarner l’intelligence, la raison, l’ouverture ; l’affranchissement, enfin, de la tutelle qu’exercent sur notre pays, technocrates bruxellois et financiers sans patrie. La gauche et les « macronistes » ont fait le choix des immigrés et des riches : la droite doit incarner le peuple français, l’espoir de ceux qui l’ont perdu, le progrès dans le respect de l’éthique, et des travailleurs.

La tutelle qu’exercent sur notre pays, technocrate bruxellois et financier sans patrie

Le Blog Politique. Quel diagnostic faites-vous au sujet de la droite française, après la double défaite des législatives et de la présidentielle ?

Bernard Carayon. La droite – de droite -, pas celle qui est « à droite » par commodité, c’est celle qui a une vision gaulliste de l’Histoire et de l’avenir de notre pays. Elle s’est laissée tétaniser depuis 30 ou 40 ans par les mots et les anathèmes de la gauche ; elle s’est laissée absorber par le discours lénifiant et gestionnaire de ceux qui, chez nous, dans le fond, s’intéressent plus au sort de ceux qui payent l’ISF qu’à ceux qui n’ont plus rien le 20 de chaque mois ! La droite ne peut plus laisser s’abîmer la France sur de seuls objectifs, économiques et budgétaires, déterminés par Bruxelles. La droite doit incarner une vision pour notre pays, ni mercantile ni mondialiste : patriote, conquérante, souveraine dans ses choix essentiels.

Depuis 30 ou 40 ans, la droite s’est laissée tétaniser par les mots et les anathèmes de la gauche

Le Blog Politique. Quelle est votre réaction en voyant des représentants de votre famille politique au gouvernement ?

Bernard Carayon. Ce sont des hommes de qualité intellectuelle qui ne peuvent ignorer que saisir une opportunité, même flatteuse en apparence, ne suffit pas à répondre aux défis de la France : tenir notre place diplomatique et économique parmi les grandes puissances, éradiquer de notre sol le salafisme, inspirer l’Europe dans sa reconstruction politique et morale, rendre à chaque Français l’espoir d’une vie meilleure et la fierté d’appartenir à un pays singulier.

Le Blog Politique. Comment jugez-vous les premiers pas du député En Marche, Jean Terlier, sur votre circonscription ?

Bernard Carayon. Il est la preuve que la fonction ne crée pas l’organe ! Autrement dit, que gagner au loto n’a pas de conséquences sur le code génétique.

Propos recueillis par Laurent Dubois (@laurentdub)

06 Sep

Gérard Bapt : « J’exclus totalement de redevenir maire »

Pendant 34 ans, les rentrées de Gérard Bapt se sont faites au Palais-Bourbon. Mais, en ce début septembre 2017, l’ancien député de la Haute-Garonne est à la retraite. Comment vit-il ce changement de vie ? Quels sont ces projets et ses nouvelles activités ? Interview

Gérard Bapt, ancien député de la Haute-Garonne. Photo : MaxPPP

Gérard Bapt, ancien député de la Haute-Garonne. Photo : MaxPPP

Le Blog Politique. Comment analysez-vous votre défaite aux législatives ?

Gérard Bapt. Le soir de l’élection, le fait de ne pas être au second tour a été une douche froide. Quand on me demande comment j’analyse le résultat, j’ai l’habitude de dire que c’est lié à l’age, au cumul des mandats et à la situation politique. J’ai été coincé, sur ma circonscription, entre Mélenchon et Macron. On peut ajouter le bilan subjectif de François Hollande et les zizanies en interne. Au final, au regard de tout cela, ce n’est pas étonnant.

une douche froide le soir du 1er tour

Le Blog Politique. Quelles sont vos activités désormais ?

Gérard Bapt. Je suis toujours membre du comité de suivi des plans de santé. Je pensais démissionner. Mais le ministère de la Santé a pensé que je pouvais être utile. D’ailleurs, à ce titre, je vais participer aux états généraux de l’agroalimentaire. J’ai également une sollicitation dans le privé mais je vais expertiser cette proposition. Je ne souhaite pas être en situation de dépendance vis-à-vis des laboratoires pharmaceutiques. Enfin, une association de patients m’a sollicité.

Une sollicitation dans le privé

Le Blog Politique. Vous être 1er adjoint à la mairie de Saint-Jean. Allez-vous redevenir le maire de votre commune ?

Gérard Bapt. Je vais rester 1er adjoint car je suis très attaché à ma commune. J’exclus totalement de redevenir maire de Saint-Jean. Je suis resté 1er adjoint pour accompagner Marie-Dominique Vézian (ndlr : maire de Saint-Jean). Je ne l’ai pas fait dans l’idée d’organiser un jeu de chaises musicales.

J’exclus de redevenir maire de Saint-Jean

Le Blog Politique. Vous avez écrit à la ministre de la Santé au sujet du Levothyrox. Quel est selon vous le problème s’agissant du changement de molécule du médicament ?

Gérard Bapt. Il y a une double légèreté de la part de l’agence du médicament. Elle a lancé l’opération sans tenir compte d’échecs internationaux, aux Pays-Bas et en Nouvelle-Zélande. Dans ces pays le Levothyrox a été retiré. L’autre légèreté concerne l’étude clinique. 50 patients c’est trop peu. Tout cela débouche sur une folie. On trouve toujours l’ancienne formule sur le marché en Allemagne, en Italie ou en Espagne. Un commerce se développe sur internet ou l’on trouve l’ancienne formule contre de l’argent et sans ordonnance. Sur le plan de la santé publique, je suis inquiet. Le changement de molécule peut influencer le développement du fœtus chez les femmes enceintes. Quand on connaît l’importance de la thyroïde dans le développement du cerveau, on peut se poser des questions.

Laurent Dubois (@laurentdub)

29 Juin

Valérie Rabault et le « bateau ivre » de l’Assemblée Nationale

Elle est l’une des rares députées sortantes socialistes de Midi-Pyrénées à être retournée à l’Assemblée Nationale cette semaine. Valérie Rabault, députée socialiste du Tarn et Garonne et ancienne rapporteure du budget revient pour nous sur cette folle semaine au Palais Bourbon.

Valérie Rabault. Photo AFP Eric Piermont

Valérie Rabault. Photo AFP Eric Piermont

Le Blog politique : Revenons tout d’abord sur votre candidature à la Présidence de la Commission des Finances où vous avez échoué ce jeudi. Pourquoi cette candidature ?

Valérie Rabault :Ma démarche reposait sur l’article 39 qui stipule que la présidence de cette commission doit revenir à un membre de l’opposition. Il n’y pas de règlement écrit mais la Vème République a toujours tenu à respecter l’opposition, par son temps de parole et sa représentativité.

Or certaines candidatures étaient plus vicieuses que d’autres à l’image du groupe des « constructifs » qui sur sa déclaration explique pourtant être « dans l’opposition ». Peut-on être « constructifs » et « dans l’opposition » face au gouvernement et à Emmanuel Macron ?

LBP : Mais ce vote était-il biaisé dès le départ ?

V.R : Je ne dirai pas ça… Tout est parti du désordre sans nom au moment de l’élection du poste de questeur hier soir. Au lieu d’élire un Républicain, l’Assemblée a choisi un « constructif », en l’occurrence Thierry Solère. Initialement Les Députés La République En Marche devait participer à cette élection pour la Commission des finances mais suite au pataquès d’hier soir, ils y ont renoncé. En 2012, la majorité (NDR : Socialiste) avait tenu à participer au vote.

Certains ont bien su exploiter les failles »

LBP : Et ça a donc donné le résultat qu’on connaît : l’élection comme président de la Commission des Finances du Républicains « non-constructif » Eric Woerth. Comment avez-vous vécu cette première semaine ?

V.R : Franchement ? J’ai eu l’impression d’être dans un bateau ivre sans commandant à bord. Nous sommes pour l’instant assis par ordre alphabétique et non par groupes politiques. Hier soir, mes voisins, nouveaux députés LREM étaient pour la plupart inquiets et ne comprenaient pas ce qui se passait pendant la suspension de séance de plus de deux heures. Ce n’est peut-être que le début, et il faut leur laisser le temps. Mais hier soir, tout a dérivé. Et puis certains ont bien su exploiter les failles comme Jean-Luc Mélenchon. Il a été malin. D’autres chefs de groupes  expérimentés comme Christian Jacob (LR) sont aussi capables de s’emparer de ces moments de flottement. Quand Claude Bartolone était au perchoir, il avait cette capacité à percevoir quand il fallait s’arrêter ou suspendre. Hier, je le répète, ça a dérivé.

Il faudra maintenant voir comment vont être abordés les dossiers de fond. Mélenchon veut s’imposer comme le seul opposant à Macron, mais ce n’est pas le cas. C’est aussi pour ça que j’ai tenu à me présenter à la Commission des Finances.

On peut encore faire bouger les lignes »

LBP : Dans ces conditions et dans l’opposition, quels sont justement vos objectifs sur cette mandature qui débute ?

V.R : Tout d’abord les volets de fond comme l’augmentation de la CSG. Je pense que sur ce dossier on peut encore faire bouger les lignes. Il y a 55000 retraités en Tarn et Garonne.

Ensuite, il y a les dossiers locaux comme la Ligne Grande Vitesse Toulouse-Paris. Je suis affligée par l’annulation de la déclaration d’utilité publique. Il est indispensable qu’en juillet-août des personnes sérieuses refassent une étude sur l’impact économique de cette ligne. Et puis la SNCF bloque également. Elle devait rendre ses études relatives au projet en janvier pour que nous puissions affiner le coût de la réalisation. Nous les attendons toujours. J’ai écrit à Guillaume Pepy pour le lui dire. Il faut maintenant que le gouvernement s’empare de ce dossier. Nous ne pouvons pas ne pas avancer sur ce projet et laisser pendant que les autres villes et métropoles déjà desservies par le TGV prospèrent.

Propos recueillis par Patrick Noviello (@patnoviello)

21 Mar

Jean-Christophe Lagarde : « L’UDI cherchera toujours des accords de programme avec Les Républicains »

En visite de soutien en Haute-Garonne à ses candidats pour les Législatives mardi 21 mars, le patron de l’UDI revient pour nous sur le départ de Philippe Folliot vers Macron. Il décrypte aussi cette campagne Présidentielle dans le sillon houleux de François Fillon.

Jean-Christophe Lagarde. Photo AFP

Jean-Christophe Lagarde. Photo AFP

Le blog Politique : Emmanuel Macron a fait imploser le PRG. Il crée également des dissensions chez vous avec le ralliement du député sortant, Président de l’Alliance Centriste, Philippe Folliot à l’ancien Ministre de l’Economie ?

Jean-Christophe Lagarde : On regrette le départ d’un de nos candidats sortant pour les Législatives. Mais c’est assez marginal. L’Alliance Centriste a 5 candidats en France. Quatre d’entre eux dont Patrice Gausseran à Gaillac et Jean-Marc Dumoulin à Villemur-sur-Tarn restent à l’UDI. L’UDI compte 30 000 militants dans le pays. L’alliance Centriste 400 dont 300 dans le Tarn. Pour la très grande majorité, pas question de suivre cette dérive.  Je prends donc acte du choix de Philippe Folliot.

Le blog Politique : Il va donc être radié de l’UDI et perdre son investiture. Qui pour le remplacer ?

Jean-Christophe Lagarde : Une commission d’investiture aura lieu demain à Paris. C’est une candidate Les Républicains qui va être investie. Nous perdons donc une circonscription qui nous était attribuée car celle d’un sortant UDI.

On aurait souhaité un changement de candidat pour la Présidentielle

Le blog Politique : Alors justement, vous avez des accords avec Les Républicains dans certaines circonscriptions comme à Villemur-sur-Tarn ou Gaillac et pas dans d’autres comme à Saint-Orens avec Dominique Faure. Comment expliquez-vous cela ?

Jean-Christophe Lagarde : Sur toute la France, nous avons 91 candidatures communes avec Les Républicains et 45 « Primaires » où les candidats LR et UDI vont s’affronter au premier tour. Pour Dominique Faure, c’est le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, qui a souhaité lui opposer un candidat Les Républicains (N.D.R : Arnaud Lafon, maire de Castanet).

Le blog Politique : Pour revenir à la campagne de la Présidentielle, n’est-elle pas plus difficile qu’à l’accoutumée pour vous après l’affaire Fillon ?

Jean-Christophe Lagarde : On aurait souhaité un changement de candidat. On l’a dit, moi le premier. Mais Les Républicains ne l’ont pas voulu. Nous avons souhaité malgré tout conservé notre alliance avec LR pour faire face à Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Il nous reste trente jours pour gagner. C’est plus difficile mais bon… Et puis il y a également, derrière la Présidentielle, les Législatives à emporter pour pouvoir gouverner. C’est ça le risque que fait courir Emmanuel Macron, ne pas avoir de majorité qui lui permette de diriger le pays s’il est élu.

 La vertu du programme Fillon, c’est qu’il ne raconte pas de bobards

Le blog Politique : C’est donc quand même plus difficile avec François Fillon ?

Jean-Christophe Lagarde : Oui c’est plus dur que si nous avions changé de candidat. Mais je vois beaucoup de gens qui disent aujourd’hui que de toute façon c’est le seul choix qui nous reste et que son programme est le meilleur. Il est le seul à ne pas vouloir faire payer les retraites à nos enfants. La vertu du projet Fillon, c’est qu’il ne raconte pas de bobards.

Le blog Politique : Et une fois ces scrutins passés, quel avenir pour l’UDI et le centre ? N’auriez-vous pas dû avoir un candidat à la Présidentielle ?

Jean-Christophe Lagarde :  Oui, personnellement, je pense qu’on aurait dû avoir un candidat. Mais la majorité dans notre camp croyait en la victoire d’Alain Juppé. Pour l’avenir de l’UDI, notre ambition c’est d’avoir la représentativité la plus forte possible.

Le blog Politique : Quel nombre de députés visez-vous ?

Jean-Christophe Lagarde : Difficile à dire. Tout dépendra de la Présidentielle. Nous avons également beaucoup d’espoirs pour les Sénatoriales. Mais quoi qu’il arrive, l’UDI cherchera toujours des accords de programme avec Les Républicains. Quand je vois ce qui est arrivé aux Verts et au PRG qui ont disparu de la représentation nationale… C’est en restant dans les assemblées que nous pouvons porter nos idées. Regardez notre TVA Sociale que nous avons présentée à l’Assemblée Nationale, aujourd’hui tout le monde l’a reprend.

Propos recueillis par Patrick Noviello (@patnoviello)

03 Nov

Emmanuel Macron : « Je vais au contact de la réalité et des Français »

Une conférence. Une rencontre avec des étudiants. Une réunion publique. Un rendez-vous avec le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc. La visite d’une entreprise à Colomiers. Ce vendredi 4 novembre, la journée haute-garonnaise d’Emmanuel Macron est chargée. L’ancien ministre de François Hollande continue son tour de France et à mettre en mouvement son En Marche ! 

Emmanuel Macron (Photo : AFP)

Emmanuel Macron (Photo : AFP)

Emmanuel Macron entretient le suspens sur ses intentions et une éventuelle candidature à la présidentielle de 2017. Mais son déplacement toulousain, comme tous ses autres déplacements dans l’Hexagone, a un air de pré-campagne. Interview.

Le Blog Politique. Vous participez à l’édition 2016 de Futurapolis. Une édition consacrée aux voitures sans pilotes et aux drones. Qu’est ce qui vous motive cette participation ?

Emmanuel Macron. C’est l’état d’esprit de tous ceux qui y participent que je suis venu saluer et soutenir. Je pense qu’il faut mettre en valeur cette France qui ose et qui entreprend. Je souhaite contribuer à la réconcilier avec celle qui a peur de l’avenir et que je comprends tout autant car la situation est difficile pour beaucoup.

Le Blog Politique. Vous allez passer une journée dans une des nouvelles grandes régions françaises. Que pensez-vous de la réforme territoriale menée par François Hollande et de la création de super-régions ?

Emmanuel Macron. C’est un pas dans la bonne direction ! Mais le principal est pour moi de rendre le pouvoir à ceux qui font et qui sont sur le terrain, je pense notamment aux élus locaux et la route est encore longue ! Ce n’est pas qu’une question de découpage administratif : c’est un enjeu d’efficacité et de démocratie.

Le Blog Politique. Votre déplacement en Haute-Garonne ne se limite pas à Futurapolis et à une rencontre avec des étudiants. Vous allez également visiter une entreprise et tenir une réunion publique. Cela ressemble beaucoup à l’agenda d’un candidat en campagne. C’est juste une impression ?

Emmanuel Macron. Je parcours le pays sans discontinuer depuis plus de deux ans, pour mettre en valeur les belles initiatives dont on ne parle jamais assez et soutenir celles et ceux qui souffrent et pour qui on ne fait jamais assez. Je n’ai pas changé de méthode depuis que je ne suis plus ministre : je vais au contact de la réalité et des Français. C’est cela qui me plaît et cela aussi de cela que se nourrit ma réflexion sur les changements nécessaires pour le pays.

Le Blog Politique. Depuis votre départ du gouvernement, vous avez entamé une nouvelle vie. Sans regret ? Quels sont les changements les plus notables et que vous trouvez les plus appréciables dans ce nouveau départ ?

Emmanuel  Macron. J’ai quitté avec tristesse une fonction que je suis honoré d’avoir exercée. Mais je n’ai aucun regret : toute mon énergie est maintenant consacrée à faire grandir le mouvement de l’espérance. Car notre pays vaut mieux que le découragement ambiant !

Le Blog Politique. Vous êtes libéré de votre agenda ministériel. A priori vous avez plus de temps pour lire. Avez-vous lu le livre qui « cartonne », au sens propre comme figuré  : « un président ne devrait pas dire ça » ?

Emmanuel Macron. Non.

Le Blog Politique. Dans une autre existence, vous avez été l’assistant de Paul Ricoeur. Le philosophe établit une filiation entre le vouloir et le désir : « le vouloir serait faiblement efficace s’il n’était aiguillonné par une pointe de désir ». On voit bien votre « vouloir ». Vous participez au débat public. Vous êtes un acteur de la vie politique, mais c’est quoi la « pointe de désir » d’Emmanuel Macron ?

Emmanuel Macron. L’action. Participer au débat public, c’est bien. Mais faire, c’est mieux.

Le Blog Politique. On sent bien que vous êtes tenté par une aventure présidentielle. Il existe des indices : nombreuses réunions avec vos soutiens, déplacements dans toute la France. Qu’est ce qui pourrait vous retenir ?

Emmanuel Macron. Rien d’extérieur à En Marche ou à ma réflexion personnelle.

Le Blog Politique. Jean-Luc Mélenchon vous qualifie de « droite moderne » et d’ultra-libéral. Ce genre d’étiquette, cela vous agace ?

Emmanuel Macron. Sur ce point, je suis un vrai claustrophobe : je n’aime pas être enfermé dans une case ! Ma conviction, c’est que l’offre politique actuelle reste structurée par des oppositions anciennes qui n’ont plus lieu d’être. Aujourd’hui, les partis politiques traditionnels sont traversés par des clivages entre progressistes et conservateurs. Et par delà les partis, des gens peuvent se retrouver, sur des sujets aussi essentiels que l’Europe, l’éducation, ou la sécurité. En Marche!, en permettant la double adhésion est un mouvement qui permet à tous les progressistes de se retrouver.

Propos recueillis par Laurent Dubois (@laurentdub)

21 Oct

Didier Martinez -SCP FO Police : « c’est la haine totale des policiers »

Didier Marinez SGP FO Occitanie

Didier Marinez
SGP FO Occitanie

Des cocktails Molotov mettent le feu dans les rangs de la police. Le 8 octobre dernier, 4 policiers ont été blessés par des engins incendiaires alors qu’ils effectuaient une mission de surveillance. Suite à ce fait divers, les policiers descendent dans la rue avec armes et véhicules de service. Le mouvement est né en région parisienne. En quatre jours, il s’étend à l’ensemble du territoire national. A Toulouse, une centaine de policiers a manifesté sa colère. Les syndicats sont court-circuités et critiqués. Le secrétaire général de SGP FO en Occitanie, Didier Martinez, revient sur ce mouvement inédit et attend une réaction concrète de la part du gouvernent. Interview.

Le Blog Politique. Les manifestations de policiers qui se déroulent à Lyon, Paris, Toulouse sont-elles inédites ? Au cours de votre parcours syndical, vous avez connu un tel mouvement ?

Didier Martinez. C’est absolument inédit. Ce qui est nouveau, c’est le côté récurrent. En 2001, suite à l’assassinat d’un collègue au Plessis- Trévise lors d’un cambriolage, la base s’est spontanément mobilisée. A l’époque Daniel Vaillant était ministre de l’Intérieur. Cette mobilisation a débouché sur une réforme indemnitaire et indiciaire. La prime de risque a notamment été augmentée. En 2012, nous avons défilé sur les champs-Elysées suite à la mise en examen après qu’il ait utilisé son arme de service. Mais, c’est pareil, comme en 2001, en deux, trois jours tout rentre dans l’ordre.

Le Blog Politique. Pensez-vous que le gouvernement a une responsabilité dans le mouvement actuel ?

Didier Martinez. Aucun gouvernement n’a eu autant de manifestations durant un quinquennat. Même sous Sarkozy. Ils n’ont jamais entendu le message. La contestation autour de la loi Taubira aurait dû les alerter. Il y a eu la signature d’un protocole. Mais il est totalement vide et creux. Le gouvernement, s’est contenté de paroles sympathiques et de compassion. Pour que ça bouge, il aura fallu que la base dise : ça suffit. Les syndicats vous n’arrivez à rien.

Le Blog Politique. Comme vous le précisez, le mouvement vient de la base et se déroule en marge des syndicats. C’est un constat d’échec pour le syndicaliste que vous êtes ? 

Didier Martinez. Jamais un syndicat ne peut donner de consignes qui exposent nos collègues à des sanctions. Nous avons tout mis dans la balance pour faire avancer les exigences de la base. Mais on ne peut pas utiliser certaines méthodes comme bloquer un périph. C’est injuste de nous reprocher notre inaction. S’agissant de l’action des collègues, ils l’ont fait et ça marche. Je m’en réjouis.

Le Blog Politique. Pensez que l’action de vos collègues va faire bouger le gouvernement ?

Didier Martinez. Le fait que François Hollande reçoive les syndicats prouve que le gouvernement a pris la mesure du malaise. Mais le gouvernement va devoir présenter une palette de réponses. Je sais notamment que les collègues attendent une réponse sur le pouvoir de riposter. Actuellement, c’est compliqué de sortir son arme. Quand une voiture refuse de s’arrêter et nous dépasse, on ne peut pas tirer dans les pneus. Nous sommes enfermés dans le cadre de la légitime défense et cela suppose d’être devant le véhicule. On ne peut pas tirer.  Il y a un risque permanent de révocation et de mise en examen. Le climat est devenu intenable. Nous n’avons pas les moyens de réagir. C’est la haine totale des policiers. Dans les manifestations, on voit des gens armés qui veulent se battre et crever du flic. Nos collègues ont un sentiment de vulnérabilité et l’exaspération a atteint son paroxysme.

Propos recueillis par Laurent Dubois (@laurentdub)

 

20 Oct

Primaire Ecolo-Guillaume Cros : « Cécile Duflot a trop joué le second tour à la Jospin »

Le PS et la droite ne sont pas les seuls à organiser des primaires. Les écologistes votent également pour désigner leur candidat à la présidentielle de 2017. Les résultats du 1er tour conduisent à l’élimination surprise de Cécile Duflot. L’échec est brutal pour l’ancienne ministre du logement : 24% des votes. Un de ses soutiens en Occitanie revient sur cette défaite brutale. Guillaume Cros est un vice-président (EELV) du Conseil Régional. Interview.

Guillaume Cros. Conseiller régional EELV. Photo : L.Dubois

Guillaume Cros. Conseiller régional EELV. Photo : L.Dubois

Le Blog Politique. Cécile Dufflot est éliminée dès le 1er tour de la primaire organisée par Europe-Ecologie. Comment expliquez-vous cet échec ?

Guillaume Cros. Cécile Dufflot avait envie depuis longtemps de cette primaire et elle s’est longuement préparée. Si on essaie de voir ce qui n’a pas marché, c’est peut-être que Cécile Dufflot a trop joué le second tour, à la Jospin. Des personnalités ont apporté son soutien à Cécile Dufflot, notamment des économistes. Cela montrait qu’elle gagnait en crédibilité. Si on rentre dans les détails, je pense que l’on a peut être mal évaluer le côté anti-Dufflot. Son passage au gouvernement. C’est vrai que l’on peut mettre davantage en avant son bilan. Il y avait des choses positives. Je sentais une mobilisation. C’est vraiment dommage car on n’a besoin qu’un écolo soit présent dans la présidentielle et Cécile Dufflot avait une vraie notoriété. Et elle a gagné en notoriété.

Le Blog Politique. Il reste deux candidats en piste pour le second tour : Yannick Jadot et Michelle Ravasi. L’un des deux candidats décrochera l’investiture pour la présidentielle. Vous êtes confiant ?

Guillaume Cros. Cela va être très difficile. La présidentielle va être sanglante. Je soutiendrai le ou la candidate qui va gagner la primaire. Mais ce sera d’autant plus compliqué avec un ou une candidate qui sort comme ça.

Propos recueillis par Laurent Dubois (@laurentdub)