28 Juin

Municipales : Quentin Lamotte, candidat du RN  à Toulouse

Quentin Lamotte (au centre) entouré de Julien Léonardelli délégué départemental du RN 31 et de Maïthé Carsalade, conseillère régionale RN ce matin, place du Capitole (Photo RN31)

Il s’était révélé lors de son élection au conseil régional dont il est le benjamin. Quentin Lamotte, 31 ans, vient d’être investi par le Rassemblement National pour briguer la Mairie de Toulouse.

Le délégué départemental du RN sourit. A l’heure où d’autres partis se déchirent pour désigner leur candidat, le sien se targue d’être « discipliné ». « Nous avons tout simplement une commission nationale d’investiture » déroule Julien Léonardelli.

D’autres candidats ont également voulu participer au débat mais je soutenais Quentin Lamotte qui était le candidat légitime » (Julien Léonadelli).

Investi au RN sur la ville et le département depuis une dizaine d’année, Quentin Lamotte y pense en se rasant depuis une bonne année. Depuis douze mois, en effet, le Rassemblement National dit avoir « maillé » le territoire toulousain avec des référents pour chaque quartier. Un maillage qui va désormais servir pour les prochaines Municipales.

Je n’ai jamais caché mon appartenance politique »

« Contrairement à d’autres, je n’ai jamais caché mon appartenance politique. Ma liste sera clairement identifiée Rassemblement National. Maintenant, je n’oblige aucune personnalité de la société civile qui nous a rejoint ou nous rejoindra à prendre sa carte au RN » affirme sans détour la tête de liste. Une liste qui se veut « ouverte » mais qui se revendiquera du parti de Marine Le Pen.

Seulement Toulouse n’a jamais vraiment réussi au Rassemblement National aux municipales. « Même si Toulouse est une grande ville et que la bataille y sera aussi politique, il y a un enjeu local » tempère le délégué départemental du RN 31. Julien Léonardelli ne cesse de le marteler : «la politique, c’est pas des mathématiques ! ».

L’objectif ? Etre au second tour ! »

De son côté Quentin Lamotte a quand même fait ses calculs. « Notre objectif est clairement d’être au second tour. On a le socle électoral pour ça, entre 15 et 20 000 voix. Depuis 2014, hormis lors des Législatives de 2017 (NDLR : où il était aussi candidat sur Toulouse), on a régulièrement franchi le nombre de voix pour avoir les 10%. »

Mais le jeune courtier en crédits immobiliers ne veut pas s’en tenir à une logique comptable. « Maintenant, notre travail va être de mobiliser notre électorat mais aussi de lancer un appel aux électeurs LR qui ne sont pas partis chez LREM ».

Ces bulletins qui les feraient basculer au second tour, le candidat RN compte aussi aller les chercher dans les quartiers qu’il qualifie de « sensibles » et où il dit avoir « des marges de progressions ». Pour cela, la thématique de la sécurité sera forcément encore très présente dans le futur programme. « Jean-Luc Moudenc avait des bonnes intentions en la matière. Mais les résultats ne sont pas là . Il avait pourtant les relations politiques pour obtenir des policiers nationaux supplémentaires. Mais on ne peut rien faire si on est défaitiste».

Stop à la densification massive ! »

Autre grief à l’encontre du maire sortant, urbanistique celui-ci : la densification « massive ». « La métropole accueille 7000 nouveaux logements par an dont la moitié à Toulouse. Mais les transports publics ne suivent pas. Prenez le quartier Malepère. 1200 logements vont y être construits et il n’y a qu’une ligne de bus. Que vont faire ces nouveaux arrivants ? Se déverser avec leurs voitures sur une rocade déjà saturée» assure Quentin Lamotte.

Son programme doit encore être affiné. « Nous le consoliderons en juillet-août, avant de le présenter en septembre » précise-t-il. L’agenda semble déjà bien ficelé. Premier sur la ligne de départ ne signifie pas forcément premier sur la ligne d’arrivée. Mais le RN a d’ores et déjà lancé sa campagne et ne compte pas attendre les autres pour conquérir l’électorat toulousain qui lui fait défaut pour atteindre ses objectifs.

Patrick Noviello (@patnoviello)

06 Juin

Départ de Valérie Pécresse des Républicains : le référent de son mouvement en Haute-Garonne réagit

C’était il y a tout juste un an, le mouvement « Libre » de Valérie Pécresse tenait son premier séminaire de travail et Pierre Esplugas-Labatut y était désigné référent territorial pour la Haute-Garonne. L’échec de LR à la Présidentielle était encore dans toutes les têtes. Mais qui pouvait imaginer la crise qu’allait vivre le parti aujourd’hui ?

Pierre Esplugas-Labatut et Valérie Pécresse lors du premier séminaire de travail de « Libre » en juin dernier à Orléans (Photo DR)

Pierre Esplugas-Labatut ne s’en cache pas, il ne s’attendait pas au départ de Valérie Pécresse. Il n’est pas pour autant pris de cours quand on lui demande s’il va quitter Les Républicains à son tour : « La différence entre elle et moi, c’est qu’elle est sur une trajectoire nationale, moi je suis pleinement engagé sur les Municipales à venir et ne compte pas déstructurer d’avantage Les Républicains, notamment en Haute-Garonne ».

A Paris, c’étaient les conservateurs qui avaient pris le pouvoir »

« J’ai acquis la conviction que la refondation de la droite ne pourra se faire à l’intérieur et qu’elle doit se faire à l’extérieur du parti » a expliqué Valérie Pécresse ce mercredi soir au 20H de France 2. Mais alors que ce soit dans le parti actuel ou en en créant un autre que peut-il advenir d’un courant de droite modérée que veut incarner la présidente de la Région Île de France et auquel adhère Pierre Esplugas-Labatut ?

« Ce courant de droite modérée il était déjà incarné dans ma fédération locale. C’est un élément de plus pour que je ne parte pas. Mais à Paris, dans la structure nationale c’étaient des conservateurs qui avaient pris le pouvoir » analyse le porte-parole de LR 31.

Je sentais que ça allait craquer »

Un courant conservateur à qui il attribue l’échec des Européennes et une crise qu’il avait vu venir. « Oui, je sentais que ça allait craquer car les résultats aux élections sont têtus et ce résultat marque l’échec du courant conservateur». Espère-t-il pour autant un futur président tendance droite modérée ?

« Peu importe. Les prochains patrons ce seront ceux qui porteront la droite dans les futures élections locales, municipales, départementales, régionales » affirme sans détour celui qui est aussi adjoint au maire de Toulouse. « Il faut d’abord un réseau d’élus locaux pour incarner la droite sinon là le parti peut vraiment mourir ». Et le porte-parole de LR en Haute-Garonne de se dire prêt à parier que les résultats des Municipales ne seront pas ceux des Européennes.

Pierre Esplugas-Labatut ainsi que Brigitte Barèges, Aurélien Pradié et Arnaud Viala seront les invités de « Dimanche en Politique » cette semaine. « Quel avenir pour Les Républicains ? » c’est dimanche à 11h25 sur France3 Midi-Pyrénées

Patrick Noviello (@patnoviello)

27 Mai

Européennes : Hamon prend du recul, ses troupes continuent

Au lendemain de son score décevant aux Européennes, le fondateur de Génération.s a annoncé qu’il allait prendre du recul. Mais ses représentants toulousains, eux, comptent bien continuer à structurer la formation et à travailler à des alliances en vue des Municipales.

Benoît Hamon, le 11 avril dernier, en débat à la Mutualité à Paris. (Photo Anne-Christine POUJOULAT / AFP)

« C’est une prise de recul médiatique. Il ne se retire pas » tempère Salah Amokrane. L’ex colistier de Benoît Hamon se satisfait d’avoir passé la barre des 3%. « Avec ce remboursement de nos frais de campagne par l’Etat, notre jeune mouvement va pouvoir continuer à se construire » souffle l’ex Motivé-e-s.

« C’est normal que Benoît Hamon ait besoin de se ressourcer. C’est un recul sans disparaître » rassure aussi Isabelle Hardy. La Présidente du groupe Génération.s à la mairie de Toulouse annonce que la formation va rentrer dans une nouvelle période « où de plus en plus de responsabilités vont être données aux comités locaux ».

Si c’est pour envisager les choses dans les mêmes conditions qu’aux Européennes, on se trompe d’avance »

Le bras droit de Benoît Hamon prévient : « Génération.s entend jouer un rôle pour les municipales, après un score qui n’est pas ridicule. Et Guillaume Balas d’annoncer la couleur : « nous sommes disponibles pour des alliances ». Plus facile à dire qu’à faire mais chacun veut y croire. « Il va falloir faire des efforts sur nous-mêmes, les uns les autres. Si c’est pour envisager les choses dans les mêmes conditions qu’aux Européennes, on se trompe d’avance » affirme sans détour Salah Amokrane.

« On a déjà commencé à y travailler depuis plus d’un an »rappelle Isabelle Hardy avec notamment des réunions unitaires sur la mobilité. La chef de file du mouvement à la mairie de Toulouse évoque « une responsabilité à se rassembler ». Même si elle relève les 4,8% de son mouvement dans la ville rose, elle aurait évidemment « préféré une liste d’union de la gauche sur ces Européennes ».

Nous sommes un mouvement horizontal qui se co-construit avec les militants »

Le grand vainqueur à gauche de ce scrutin reste donc, à Toulouse comme ailleurs, EELV. Guillaume Balas ne s’y trompe pas qui déclare que Génération.s est « disponible » pour bâtir avec EELV une « maison commune ». « Dans cette campagne et dans une ville comme Toulouse, l’écologie reste un sujet déterminant. Mais j’aurais de par mon parcours et mon histoire, le devoir de ne pas oublier la question sociale. Les écologistes d’ici le savent. Je veux croire qu’on peut trouver des solutions » explique Salah Amokrane.

La tête d’affiche Hamon s’efface donc pour quelques temps mais « des gens vont émerger » assure Isabelle Hardy. « Nous sommes un mouvement horizontal qui se co-construit avec les militants » explique-t-elle. Et d’annoncer un séminaire de Génération.s à Toulouse le 15 juin prochain.

Patrick Noviello (@patnoviello)

 

02 Avr

Européennes : Sébastien Nadot rejoint la liste « Urgence Ecologie » de Batho et Waechter

Le porte-parole du Mouvement des Progressistes, désormais député Non-Inscrit (et non plus majorité présidentielle) rejoint Delphine Batho (Génération Ecologie) et Antoine Waechter (Mouvement Ecologiste Indépendant ». L’objectif : expliquer qu’écologie et justice sociale sont liées autrement dit si la catastrophe climatique n’est pas évitée ce sont les plus fragiles socialement qui seront les premiers touchés.

Sébastien Nadot, député de Haute-Garonne. Photo : MaxPPP

Le Blog Politique : Pourquoi rejoindre cette liste « Urgence Ecologie » ?

Sébastien Nadot : Je suis désormais assis aux côtés de Delphine Batho à l’Assemblée. Cela fait maintenant un moment que nous discutons et travaillons ensemble. On a également travaillé avec Antoine Waechter. Et puis nous avons une géographie qui se recoupe assez bien aux regards de nos implantations. Par exemple, Génération Ecologie n’est pas représentée à Toulouse alors que le Mouvement des Progressistes oui.

Le Blog Politique : Rappelez-nous ce qu’est le Mouvement des Progressistes ?

Sébastien Nadot : Historiquement emmenés par Robert Hue nous sommes positionnés sur les questions sociales et la lutte contre les inégalités. Aujourd’hui, on s’oriente plus vers l’écologie avec une pensée simple : les dégâts liés à l’environnement vont d’abord toucher les plus modestes.

Le Premier Ministre n’est pas convaincu que l’écologie est une priorité

Le Blog Politique : Cette candidature et ce ralliement de votre mouvement marque une rupture définitive avec LREM. Le gouvernement vous a-t-il déçu sur la question environnementale ?

Sébastien Nadot : Hulot a fait une tentative sur l’eau. J’ai essayé de travailler avec lui mais c’était trop tard. Il pensait déjà à partir. Il n’a pas été suffisamment politique pour faire passer ses idées. De Rugy, lui, est un Ministre d’Etat. Il a des ambitions de carrière. Il n’y a donc pas de grand coup de volant prévu, sachant que le Premier Ministre n’est pas convaincu que l’écologie est une priorité. Sauf à changer le gouvernement, ça ne bougera pas. J’ai voulu construire autre chose à gauche de LREM où la question centrale serait celle du rapport de l’Homme à la terre ou de l’Homme au climat.

Le Blog Politique : Avez-vous discuté avec les autres listes de gauche ou écologistes aux Européennes ?

Sébastien Nadot : J’ai discuté avec Olivier Faure (Liste Place Publique/PS), j’ai aussi discuté avec les communistes.

Jadot ne souhaite discuter avec personne

Le Blog Politique : Et avec Yannick Jadot ou Benoît Hamon ?

Sébastien Nadot : Jadot ne souhaite discuter avec personne. Lui c’est « ne m’embêtez pas ! Moi j’ai mon siège et on va en placer dix ». Hamon, lui, fait croire qu’il veut discuter avec tout le monde alors qu’il ne discute avec personne. Moi ce qui m’intéresse, c’est d’être sur un programme politique plus large. En discutant avec Delphine Batho, on se retrouve sur le fait qu’on ne veut pas de concession. Il y a une reconfiguration politique où on ne va pas assez vite et il y a l’urgence climatique. Ce matin, j’étais avec le directeur de recherche de Météo France. Or on se rend bien compte que politiquement, personne ne tient compte des recommandations de ces spécialistes. On va à la catastrophe.

Le Blog Politique : Serez-vous sur cette liste « urgence Ecologie »?

Sébastien Nadot : Je serai sur la liste. On se réunit ce week-end pour la constituer. Nous avons d’ores et déjà placé en 1 le philosophe Dominique Bourg parce quelqu’un capable de tenir un discours plus complexe à l’heure où nous demande de faire trop simpliste, c’est bien. Après, peut-être arrivons-nous trop tôt pour ces Européennes ? Mais dans nos trois mouvements, il y a beaucoup de jeunes, de très jeunes même. Moi-même, en réunion de coordination, j’ai l’impression d’être un grand-père. La réponse traditionnelle ne leur correspond pas. On va notamment essayer de traduire politiquement les marches pour le climat.

Avec LREM, ça a donné ce que ça a donné

Le Blog Politique : Comment va s’organiser concrètement votre campagne ?

Sébastien Nadot : Des meetings sont à venir. J’ai de mon côté quelques télés de prévues. L’image de Delphine Batho est également intéressante. Elle a su claquer la porte du gouvernement quand elle était Ministre.

Et vous de LREM…

Sébastien Nadot : (Rires) On construit cette candidature comme une alternative dans un panorama politique tristounet. On essaie de faire quelque chose de différent comme avec le Mouvement Des Progressistes. C’est ce qui a valu que je tente l’expérience avec La République En Marche. Ça a donné ce que ça a donné.

Propos recueillis par Patrick Noviello (@patnoviello)

 

23 Jan

Foulards rouges : quelle mobilisation à Toulouse ?

Le mouvement se veut « apolitique ». Il ne souhaite pas défendre le Président Macron mais les institutions face au mouvement des gilets jaunes. Les foulards rouges marcheront dimanche à 14h à Paris. Mais qu’en est-il de la mobilisation à Toulouse où manifestations des gilets jaunes et exactions des casseurs se succèdent ? Dominique, l’un des représentants de ces foulards rouges nous répond.

Dominique, Foulard Rouge toulousain. Photo Luc Truffert

 

Le Blog Politique : Quelles sont vos motivations ?

Dominique : L’idée a été lancée le 10 décembre dernier par Laurent, un toulousain, suite aux manifestations des gilets jaunes via un message sur les réseaux sociaux : « stop, ça suffit ». C’est une des nombreuses pages qui se sont créées sur Facebook. Nous trouvions que la parole était monopolisée par les gilets jaunes. Il n’y a pas qu’eux qui représentent le peuple.

Pas une marche pro-Macron »

Le Blog Politique : Comment fonctionnez-vous ?

Dominique : Beaucoup par les réseaux sociaux et par conférence. Nous avons deux représentants nationaux, Corinne Chabert d’Annecy et Théo Poulard de Quimper. Sur Toulouse, le groupe s’est constitué il y a deux semaines, nous sommes entre 110 et 120, mais ce chiffre monte depuis le début de notre médiatisation. Nous pensons regrouper environ 40 000 personnes en France. D’après l’estimation de la Préfecture de Paris, la moitié devrait nous rejoindre dans la capitale.

Le Blog Politique : Comment mobilisez-vous ici à Toulouse alors que votre marche aura lieu à Paris ?

Dominique : L’idée est d’abord avant tout de nous faire connaître et éventuellement de faire monter des gens sur Paris. Il est faux de dire que ce sera une marche pro-Macron. Ce serait un autre gouvernement, on l’aurait fait quand même. On n’est pas pro ou anti-gilets jaunes mais leurs formes d’actions sont devenues selon nous illégitimes pour deux raisons. D’abord dans une démocratie, on a le droit de manifester mais s’il y a impossibilité de dialoguer avec le gouvernement en place. Du moment où il y a eu des réponses et un canal de communication d’ouvert, il faut que cela cesse. Ensuite, ces manifestations, on a la preuve par dix, si j’ose dire, qu’elles dégénèrent systématiquement. Et je peux vous dire que nous sommes extrêmement bien accueillis chez les commerçants. C’est de pire en pire et pas qu’à Toulouse. Les organisateurs de ces manifestations sont incapables de les contrôler. On appelle à ce qu’ils arrêtent de manifester.

Nous n’avons absolument pas vocation à devenir un parti politique »

Le Blog Politique : Et s’ils arrêtaient ?

Dominique : Nous n’avons absolument pas vocation à devenir un parti politique mais on pourrait rester une association de citoyens vigilants.

Le Blog Politique : Et les politiques dans tout ça justement ?

Dominique : Un certain nombre d’élus nous soutiennent et nous ont contactés. On leur a demandé de ne pas afficher leur étiquette politique et de se présenter dans notre rassemblement sans leur écharpe d’élus. D’ailleurs la décision de LREM de ne pas appeler à marcher avec nous nous va très bien. Notre mouvement regroupe des personnes de sensibilités politiques différentes mais nous nous voulons apolitique.

Le Blog Politique : Comptez-vous vous investir dans le grand débat national ?

Dominique : A priori, oui. Il n’est pas exclu non plus qu’on en organise.

Le Blog Politique : Pourriez-vous un jour appeler à une marche sur Toulouse ?

Dominique : Nous avons eu un débat interne pour organiser des rassemblements à Paris et en province. Nous finançons nous-même notre service d’ordre. Or ce n’était pas possible financièrement d’organiser plusieurs événements. Assurer la sécurité du cortège n’est pas simple. Nous avons des consignes très précises de la Préfecture de Police de Paris en cas d’infiltration ou de provocations lors de notre marche. Mais il n’est pas impossible que nous organisions, un jour, le même type de marche sur Toulouse.

Propos recueillis par Patrick Noviello (@patnoviello)

17 Oct

Nouveau groupe politique à l’Assemblée : les explications de la députée Jeanine Dubié.

Un record dans l’histoire de la cinquième République,  un huitième groupe appelé « Libertés et Territoires » s’est constitué aujourd’hui. Il compte 16 députés dont deux PRG, la députée des Hautes-Pyrénées et l’élue de Tarn et Garonne Sylvia Pinel. Jeanine Dubié nous explique la genèse et l’objectif de ce groupe.

Jeanine Dubié, lors d’une séance de questions au gouvernement, le 19 juin dernier. Photo Thomas Padilla/MAXPPP –

Le Blog Politique : Comment se situe ce groupe sur l’échiquier politique ?

Jeanine Dubié : Ça c’est une question de l’ancien monde (rires) ! Nous sommes un groupe indépendant qui balaie tout le panel de l’échiquier politique. La liberté de vote en est le socle. On est inclassable. Personne ne pourra engager le groupe sauf si nous sommes tous d’accord.

La liberté de vote est notre socle »

Le Blog Politique : Comment vous situez-vous par rapport au groupe des marcheurs et à la majorité présidentielle ?

Jeanine Dubié : Si un projet de loi nous convient, nous le voterons. Si ce n’est pas le cas, nous nous y opposerons. C’est ce que chacun de nous a fait jusqu’à présent. Vous savez, au moment des Législatives, j’aurais pu choisir de rejoindre En Marche. Dans la nuit du 10 au 11 mai 2017, j’ai reçu un coup de fil. « Si tu t’inscris chez En Marche, tu n’auras pas de candidat en face » m’a-t-on annoncé. J’ai choisi de rester sous l’étiquette PRG et j’ai été élue.

Le Blog Politique : Sylvia Pinel n’a pas eu de candidat En Marche face à elle en Tarn et Garonne…

Jeanine Dubié : Manuel Valls non plus ! Il y a eu des exceptions comme celles-là et d’autres, notamment pour les anciens membres du gouvernement.

Ancrés dans nos territoires »

Le Blog Politique : Où en est le PRG aujourd’hui ?

Jeanine Dubié : Dans ce huitième groupe, il ne reste que Sylvia et moi issues du PRG historique. La réunification des deux familles radicales a créé des bouleversements. De toute façon, toutes les formations politiques ont été ébranlées après la Présidentielle. Et nous, avec une implantation concentrée dans le sud-ouest, encore plus.

Le Blog Politique : Comment est né ce groupe que vous avez donc intégré aujourd’hui ?

Jeanine Dubié : Cela fait neuf mois qu’on y travaille. Nous, radicaux, avions un groupe sous l’ancienne mandature, mais comme certains sont partis à En Marche, ça n’était plus possible. Le chemin a été long. Le fait d’être tous ancrés dans nos territoires face aux peu d’égards du pouvoir central nous a réunis. Il ne fallait pas s’unir pour s’unir. S’il n’y a pas de socle dans un groupe, il y a toujours la menace que certains s’en aillent. Il y a des dossiers qui nous tiennent à cœur comme celui de la fin de vie, la PMA, la justice sociale aujourd’hui oubliée ou encore l’objectif d’obtenir plus de libertés individuelles.

D’autres vont nous rejoindre ! »

Le Blog Politique : Mais comment comptez-vous peser à seize députés à l’assemblée nationale ?

Jeanine Dubié : Comme quand nous étions 17 dans notre groupe radical sous la précédente mandature. Nous sommes deux par commissions. Il faut travailler voilà tout. Mais je pense que nous ne resterons pas seize très longtemps. D’autres vont nous rejoindre. Il faut porter une voix différente sans être des aboyeurs permanents. Quand j’entends qu’on veut réduire le nombre de parlementaires, je dis « ok mais équitablement ! » Je  vois difficilement comment enlever un député dans les Hautes-Pyrénées.  Je le dis d’autant plus librement que je ne me représenterai pas. Aujourd’hui on entend dire qu’il faut recentrer le travail des députés sur le travail parlementaire plutôt que sur sa circonscription. Sauf que le mode d’élection, lui, n’a pas changé…

Propos recueillis par Patrick Noviello (@patnoviello)

05 Oct

Le Toulousain Nicolas Tissot quitte le PS et « sulfate »

Figure toulousaine du PS, Nicolas Tissot claque la porte du PS. Une démission en forme de réquisitoire et sur fond de municipales.

Nicolas Tissot

C’est l’ultime étape d’un divorce consommé. En novembre 2016, Nicolas Tissot a abandonné ses dernières responsabilités au sein du PS. Après 23 ans de militantisme, le Toulousain quitte le parti. Nicolas Tissot incarnait l’aile gauche du PS. Son départ risque d’entraîner de nouvelles démissions au niveau de secrétaires de sections et dans les rangs des militants.

La démission de l’ex-députée Catherine Lemorton est symboliquement lourd. Celle de Nicolas Tissot est politiquement sensible. Et l’impact ne se limite pas au nombre de carte. Le départ de Nicolas Tissot prend la forme d’un véritable réquisitoire contre le fonctionnement de la Fédération.

Nicolas Tissot dénonce « un niveau de confusion dément entre le niveau fédéral et le département ». Autrement dit, c’est le tandem « 1er Fédéral/Président du conseil départemental » qui mène la danse et monopolise les manettes. La mise en orbite de Claude Raynal pour les municipales illustre cette mainmise « Vincini-Méric ».

« Sébastien Vincini demande à toute le monde de se taire et ensuite on assiste à une déclaration en conseil fédéral en faveur de Claude Raynal » déplore Nicolas Tissot. Au delà de la méthode, l’ex socialiste déplore le choix du sénateur de la Haute-Garonne. Nicolas Tissot n’a « rien contre Claude Raynal. Mais l’image qu’il renvoie, c’est catastrophique ».

Le côté « sénateur » et « notable installé » de Claude Raynal incarne « l’incapacité du PS à se renouveler » selon l’ex socialiste. Pour NicolasTissot, le PS de la Haute-Garonne est véritablement en danger. « Il est possible que la gauche soit unie pour les prochaines municipales mais sans le PS ».

S’agissant des municipales, Nicolas Tissot a d’ailleurs fait son choix : « Je soutiendrai Nadia Pellefigue ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

01 Oct

Budget participatif : le département du Gers lance une votation pour choisir les projets

Ce lundi 1er octobre, le conseil départemental met au vote, pour un mois, 370 projets proposés par les citoyens et sur lesquels ces derniers devront se prononcer. Des urnes seront disposées en mairie et sur les marchés. Le vote pourra également se faire en ligne. Explication de cette démarche.

Philippe Martin, président PS du Conseil Départemental du Gers. Photo MaxPPP-Aurelien Morissard

Philippe Martin s’était déjà illustré avec son référendum sur les OGM, l’expérimentation du revenu de base et maintenant voici le budget participatif. « Nous y consacrerons désormais 3% de notre investissement soit un million d’euros chaque année » explique le président de la collectivité. Seulement, les 370 projets déposés, chiffrés, et validés comme réalisables, représentent 5 millions d’euros. Il faudra donc les sélectionner en votant.

Alors comment ont été recueillis et constitués ces dossiers ? De mars à avril des réunions publiques ont ainsi été organisées sur le territoire ainsi que des ateliers participatifs. De mars à juillet, les gersois ont déposé leurs idées. D’août à septembre ces idées ont été analysées et évaluées pour déterminer leur faisabilité. Sur le millier de projets déposés, certains ont été réorientés vers d’autres programmes plus adaptés, d’autres ont été fusionnés et d’autres, enfin, « nécessitant d’être retravaillés » seront peut-être présentés à nouveau l’an prochain.

Renouer le fil avec les citoyens »

« Nous voulions renouer le fil avec les citoyens, leur dire vous allez co-construire avec nous. C’est une façon, quelque part, à notre échelle, d’essayer de traiter de la crise démocratique » s’enthousiasme l’ancien ministre de l’environnement de François Hollande. Jardins partagés, sentiers de biodiversité, aires de jeux, bus solidaire, radars pédagogiques… Les projets déposés coûtent de 500 à plusieurs milliers d’euros. Leurs porteurs seront réunis ce lundi au dôme de Gascogne à Auch pour le lancement du vote.

Un catalogue a été réalisé et sera mis à disposition des gersois pour faire leur choix. Catalogue également mis en ligne car ne sont d’ailleurs pas uniquement appelés à voter les habitants du département mais aussi les gersois expatriés ou les résidents temporaires « comme Ariane Daguin ou le couple Gayet/Hollande par exemple » plaisante Philippe Martin. 463 mairies sont d’ores et déjà équipées d’urnes à cet effet, urnes qui seront également disposées sur plusieurs autres lieux de passage. « Quand on va sur les marchés en dehors des périodes d’élection, on est regardé autrement » assure le président du conseil départemental du Gers.

Patrick Noviello (@patnoviello)

06 Sep

Pierre Laurent : « On sent qu’on peut se diriger vers une rentrée politique combative. »

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF. Photo AFP Jean-François Monier.

Le secrétaire national du PCF sera ce jeudi soir à Toulouse. Il poursuit ainsi sa tournée des fédérations pour mobiliser ses troupes alors que la gauche tente de se reconstruire et que de nouvelles échéances électorales arrivent.

Le Blog politique : Tout d’abord, pourquoi cette visite aux étudiants et enseignants de l’université Jean Jaurès ?

Pierre Laurent : Parce que la bataille de Parcoursup’ continue. On sait que beaucoup d’étudiants n’ont pas d’affectation ou n’ont pas obtenu ce qu’ils avaient demandé. Ce système a créé beaucoup d’angoisse. Nous sommes inquiets par ce dispositif qui instaure une sélection alors que les besoins de la société ne sont pas ceux-là. Dans l’avenir, on aura besoin de personnes qualifiées.

Le Blog politique : Vous venez aussi rencontrer à Toulouse les communistes de Haute-Garonne. Qu’allez-vous vous dire ?

Pierre Laurent : On sent qu’on peut se diriger vers une rentrée politique combative. Les réformes et les luttes sociales du printemps ont laissé des traces. Ce gouvernement est affaibli et moins sûr de lui. Des brèches nouvelles peuvent s’ouvrir. Beaucoup de besoins sociaux remontent du terrain. Cette rencontre avec les communistes de Haute-Garonne va nous permettre de faire le point sur tout cela.

Nous voulons une Europe de la solidarité »

Le Blog politique : Cette saison politique va aussi être marquée par les Européennes. Quels sont les thèmes que vous allez mettre en avant dans cette campagne ?

Pierre Laurent : Il y aura pour nous deux questions centrales. Nous voulons en finir avec une Europe où les travailleurs, les entreprises et les services publics sont poussés à la concurrence à outrance et les salaires tirés vers le bas en facilitant les délocalisations à l’intérieur de l’Union Européenne. Nous défendons une Europe qui protège contre une Europe qui divise les salariés.

Nous voulons aussi une Europe de la solidarité. Nous sommes inquiets de l’ultralibéralisme et du populisme de l’extrême droite. Nous allons travailler à porter la voix d’une gauche sociale.

Le Blog politique : Une gauche qui doit se reconstruire après la séquence Présidentielle/Législatives. Comment vous situez-vous par rapport aux autres formations de gauche ?

Pierre Laurent : On est effectivement rentré dans une période de reconstruction. La victoire d’Emmanuel Macron a semé le trouble. Le « ni droite, ni gauche » a mis la gauche devant ses responsabilités de devoir se reconstruire de manière claire. Cette reconstruction se fait aussi sur une opposition à la politique d’Emmanuel Macron. Ce qui peut nous rapprocher aussi c’est la définition d’objectifs de progrès sociaux. C’est ce travail de propositions qu’il nous faut entreprendre. Mais ça ne se fera pas simplement entre personnalités politiques nationales.

Les Municipales vont être l’occasion de construire des rassemblements à gauche »

Le Blog politique : Localement justement, est-ce que les futures élections municipales peuvent favoriser ces rapprochements à gauche ?

Pierre Laurent : C’est certain. Les élections municipales vont être l’occasion de construire de tels rassemblements, larges, mais avec une forte dimension citoyenne. Des millions de gens en France se reconnaissent dans les valeurs de la gauche mais n’ont plus la certitude d’être les électeurs de telle ou telle de ses formations. Ils doivent se réunir pour constituer des majorités de progrès dans les communes.

Le Blog politique : La semaine prochaine devraient être présentés par le gouvernement les plans pauvreté et hôpitaux. Vous avez fait un tour de France des établissements hospitaliers. Qu’attendez-vous de ces plans ?

Pierre Laurent : Il y a des situations d’urgence. Notre tour de France nous l’a montré. Beaucoup de personnels sont en souffrance, notamment à cause des regroupements hospitaliers encouragés par le gouvernement. Il faut repenser l’ensemble du système de santé. On manque de médecins en zone rurale mais aussi dans les quartiers populaires. Il faut des centres médicaux de proximité pour ceux qui ont peu de moyens. Il faut aussi repenser la couverture à 100%.

En matière de pauvreté, nous craignons aussi que le guichet unique que le gouvernement veut mettre en place débouche sur des pertes de prestations. Nous suivrons donc les annonces avec attention.

Propos recueillis par Patrick Noviello (@patnoviello)

 

28 Juin

Toulouse Métropole : les groupes Ecologistes et Métropole Citoyenne fusionnent

L’annonce officielle s’est faite ce jeudi 28 juin à l’occasion du Conseil de Métropole. Une union « pour le meilleur et pour l’avenir » qui peut ouvrir sur les futures Municipales. Mais une fusion également pour peser plus sur les débats. Explication.

Marc Péré et Michèle Bleuse ce jeudi au Conseil de Métropole Photo DR

Que ce soit pour « Métropole Citoyenne » ou « Toulouse Vert Demain » cette fusion s’imposait d’elle-même. « Elle émane du constat de nos prises de position depuis le début du mandat » explique Michèle Bleuse du groupe écologiste. « On se retrouve sur 90% des décisions » complète Marc Péré de « Métropole Citoyenne ». Et le maire Divers Gauche de l’Union de poursuivre : « En plus nous sommes complémentaires, Toulouse Vert Demain étant très toulousain et nous plutôt sur les communes autour de Toulouse ».

Un groupe qui se veut citoyen »

D’Europe Ecologie Les Verts à La France Insoumise, ce nouveau groupe de neuf membres se veut donc ouvert aux élus encartés comme aux citoyens sans affiliation à un parti. Mais pourquoi ces conseillers à forte tendance de gauche ne sont-ils pas rapprocher des autres groupes comme ceux du PS, de Génération.S ou du PC pour peser plus ? « Nous sommes un groupe citoyen. On accueille autour d’une parole libre. Nous n’avons pas de valises ou de dossier sur lesquels on pourrait nous contrer en nous disant « mais pourquoi n’avez-vous pas fait ceci ou cela quand vous étiez aux manettes » » se justifie Marc Péré. Et de donner en exemple leur dernier travail sur un projet de réseau RER métropolitain. Michèle Bleuse, elle, pointe ceux qui « appellent au rassemblement tout en se divisant, comme le PS et Génération.s ».

Dénoncer le manque de concertation »

L’un de leur cheval de bataille ? La dénonciation de « décisions souvent arbitraires » de la part de la majorité et « le manque de concertation avec les habitants ». « Ce qui se passe à la métropole est le reflet de ce qui se passe à la mairie de Toulouse où les réunions de concertation sont des formalités administratives. Jean-Luc Moudenc ne cesse de nous dire de faire des propositions mais nous ne sommes jamais entendus » regrette Michèle Bleuse qui prend pour exemple le débat public sur la troisième ligne de métro.

« Avec le maire de Brax et le collectif « Eau Toulouse », nous avons lancé aux autres maires de la métropole la proposition d’organiser un référendum d’initiative citoyenne sur la municipalisation ou pas de l’eau. Nous espérons l’organiser vers la mi-octobre. On verra bien combien de communes y participent » annonce Marc Péré.

Un signe avant les Municipales ? »

Dans leur communiqué commun, les deux groupes évoquent enfin « une ambition politique commune » et une union « pour le meilleur et pour l’avenir ». Doit-on y voir une rampe de lancement pour les prochaines Municipales ? « On ne l’exclut pas mais il est encore trop tôt » tempère Michèle Bleuse. « Mais nous unir maintenant permet d’expérimenter d’ici ce scrutin ». « On envoie un petit signe » retient Marc Péré. « Je me garderai bien de dire qu’on trace un chemin. On veut juste montrer qu’autour d’un rassemblement citoyen, on peut réussir ».

Patrick Noviello (@patnoviello)

Les élus de ce nouveau groupe : Michèle Bleuse, Régis Godec, Patrick Jiména, François Lépineux, Antoine Maurice, Marc Péré, Cécile Ramos, Bernard Sancré, Nathalie Simon-Labric