23 Jan

Grand Débat, un an après : des chercheurs toulousains ont analysé les contributions

Un laboratoire de sciences sociales toulousain, le LERASS, a non seulement traité des données issues du Grand Débat mais a également analysé celles issues du « Vrai Débat » initié lui par les Gilets Jaunes. Un bon moyen de faire la synthèse des préoccupations mais aussi un début de comparaison entre les stratégies du gouvernement et des Gilets Jaunes.   

Edouard Philippe lors de la restitution du Grand Débat National, en avril dernier, à Paris. Photo Philippe LOPEZ / AFP

« Au départ nous étions partenaires de la Commission Nationale du Débat Public avec qui nous avions déjà travaillé lors du débat sur l’Identité Nationale. Puis la CNDP a été désinvestie au profit de deux Ministres et cinq garants » explique Pascal Marchand. « Les Gilets Jaunes ont alors suspecté une récupération et ont dit « on va organiser notre propre débat. Comme ils ont vu que nous étions cité comme organisme de référence par la CNDP, ils nous ont sollicité » poursuit celui qui dirige le Laboratoire d’Etudes et de Recherches Appliquées aux Sciences Sociales.

Il faut dire que le LERASS installé sur le campus de l’université Paul Sabatier de Toulouse possède les outils adéquats. « Si on prend le Grand Débat National, c’est 167 millions de mots. Ce n’est pas le plus gros que l’on ait eu à traiter avec nos logiciels et notre technologie. Il manque des données mais on peut en sortir quelque chose » précise le chercheur.

L’exploitation des cahiers de doléances sera très difficile voire impossible »

Mais alors pourquoi ces données n’ont-elles pas encore été traitées ? « Nous sommes piégés par un appel d’offre de l’Agence Nationale de la Recherche et du CNRS qui n’a toujours pas été lancé » précise Pascal Marchand. Plusieurs laboratoires et une cinquantaine de chercheurs sont sur les rangs pour y répondre. Faute d’appel d’offre pour l’instant, aucun d’entre eux ne va se lancer dans ce travail colossal sans un budget dédié.

Une partie des données issues du Grand Débat National, sont pour l’instant consultables dans leur ensemble sur un site du gouvernement dédié. Elles sont principalement issues des réunions publiques. L’exploitation des cahiers de doléances sera, elle, très difficile voire impossible. Ces documents ont été numérisés en format image sur des fichiers qui sont désormais très lourds. Et encore, un certain nombre pas tous. Plusieurs ont été égarés, d’autres ont rejoint des services d’archives locaux.

Il existe beaucoup plus de données à exploiter en revanche sur « le vrai débat » organisé principalement en « Agora 2.0 » par les Gilets Jaunes. De là à dire que le Grand Débat National n’a pas été organisé pour être utilisé mais pour « refroidir les ardeurs », il n’y a qu’un pas que certains n’hésitent pas à franchir.

Le R.I.C toujours un enjeu majeur pour les Gilets Jaunes ou leurs sympathisants »

Le LERASS a d’ores et déjà publié un rapport sur l’interprétation des données du « vrai débat » lancé à l’initiative des Gilets Jaunes. Parmi plus de 92000 arguments énoncés, « les contributions visent à établir une négociation voire à l’imposer ». Plus dans le détail voici les thématiques principalement évoquées :

  • 27% concernent l’économie, les fiances, le travail et les comptes publics
  • 17% la démocratie, les institutions, le référendum d’initiative citoyenne
  • 15% l’expression libre et les sujets de société
  • 14% la transition écologique solidaire, l’agriculture et l’alimentation

Même s’il n’arrive pas en tête des thématiques citées, le RIC s’inscrit toutefois comme un enjeu majeur pour contrôler les lois et le respect des engagements électoraux mais aussi pour revitaliser la démocratie « via l’introduction de procédures directes de décision collective ».

Les élus pointés du doigt, pas le système »

Autre constat qui ressort de cette analyse du « vrai débat », « la contestation porte moins sur le système lui-même que sur la légitimité des élus, leur procès en compromission ou en incompétence ». Le citoyen reste donc « la dernière figure collective  légitime afin de rediscuter le contrat social de départ » selon le rapport du LERASS.

Parmi les enseignements tirés du « vrai débat » des Gilets Jaunes une phrase qui prend un sens particulier alors que le mouvement de contestation sociale face à la réforme des retraites notamment se durcit : « le débat a commencé avant, a continué pendant et se poursuivra après ». Une assemblée des assemblées de Gilets Jaunes devrait d’ailleurs se réunir prochainement pour faire émerger une synthèse des propositions.

Sondage façon XXème siècle contre Agora 2.0″

Le LERASS, de son côté, n’abandonne pas l’idée de synthétiser le Grand Débat National. Ses chercheurs devraient même publier dans les mois qui viennent une comparaison entre les deux formules. Quelques faits marquants émergent déjà. « Si on prend la couverture dans la presse par exemple, pour un article qui parlait du « Vrai Débat » des Gilets Jaunes, 800 traitaient du Grand Débat National »  assène sans détour Pascal Marchand.

Les publics ayant participé aux deux contributions sont aussi très différents. « Le Grand Débat National a été réalisé sous la forme d’un sondage modèle XXème siècle, sans savoir qui répond vraiment. La population y est plus hétérogène que dans le « Vrai Débat » des Gilets Jaunes » commente Pascal Marchand. Le premier rassemble des propos plus techniques, le second réfléchit plus particulièrement à « comment remettre du fonctionnement démocratique ». Une problématique qui apparemment reste plus que jamais d’actualité.

Patrick Noviello (@patnoviello)

 

 

20 Déc

Municipales : quand un maire prépare le budget de sa commune avec les candidats à sa succession

Il l’avait dit, il le fait. Après trois mandats successifs de maire de Castanet-Tolosan en Haute-Garonne, Arnaud Lafon (LR) ne se représente pas. Et il va plus loin puisqu’il prépare la suite. Ainsi il a reçu mercredi en mairie trois prétendants à sa succession pour établir avec eux le prochain budget de la commune.

Arnaud Lafon, maire (LR) de Castanet-Tolosan. Photo Pascal Pavani/AFP

« Tous les trois se sont prêtés au jeu » explique sereinement Arnaud Lafon. Le maire sortant explique toutefois que sur les 8,6 millions d’euros de budget, 600 000 seulement restaient à arbitrer. Si la pratique est peu courante, elle consiste, selon celui qui fut élu pour la première fois à 25 ans, à « assurer la continuité républicaine ».

Des choix qui ont fait consensus

Concrètement des choix ont largement fait consensus comme la réfection du toit d’un groupe scolaire ou encore le gel des travaux d’embellissement de la piscine pour y résoudre seulement les problèmes de fuite. Mais le futur maire aura au moins une vision fiable des chantiers lancés,  comme l’école de musique ou le centre de loisir, et connaîtra précisément les fonds à sa disposition.

Depuis 2001, début de la mandature Lafon, la capacité d’investissement de la commune a été multipliée par quatre. Une évolution largement corrélée à celle de la population passée, selon la dernière notification Insee, de 10 400 à 13 700 habitants. Soit 30% de population en plus.

Si l’Etat tient ses engagements, ils bénéficieront de deux millions d’euros supplémentaires

« Nous avons aussi bénéficié d’un élargissement de nos foyers fiscaux de 4200 à 6500 » analyse aussi le maire actuel. Toujours au chapitre des finances, Castanet attend une compensation de l’Etat de deux millions d’euros après la disparition de la taxe d’habitation voulue par Emmanuel Macron. « Là encore si les engagements de l’Etat sont tenus, le futur maire disposera de cette recette supplémentaire ».

Arnaud Lafon s’abstient bien en revanche de choisir un candidat entre les trois successeurs potentiels qu’il a reçu : Bernard Bagnéris (PS) « Castanet avec nous », Thomas Berger (Soutenu par LREM) « Ensemble Castanet Vivant » et Xavier Normand (EELV) « Castanet en Commun ». Mais il leur laissera plus que les clés puisqu’une une restitution d’audit sur les comptes publics de la commune aura également lieu en janvier.

Patrick Noviello (@patnoviello)

13 Nov

Municipales à Toulouse : Archipel Citoyen teste ses candidats à la tête de liste

Toujours plus participatif ? Avant de désigner sa tête de liste, Archipel Citoyen organise ce mercredi 13 novembre une soirée de confrontation de ses candidats avec les toulousains, entre ateliers et questions/réponses avec la salle. Explication.

Claire Dujardin, Michel Kaluszynski, Maxime Le Texier, Antoine Maurice, François Piquemal : voici les cinq candidats qui briguent la tête de liste d’Archipel Citoyen pour les élections municipales à Toulouse. « Le but n’est pas de les mettre en mode compétition ce mercredi soir » explique la porte-parole Caroline Honvault.  Exit donc la recette traditionnelle du débat à cinq.

Pas en mode compétition »

« Chaque candidat se présentera et pourra donner son avis en fonction des questions posées par le public». Et quid des grands dossiers (transports, urbanisme,…) ? « Nous n’avons pas encore de positions. En revanche quand nous les aurons, nous les tiendrons » insiste Carole Honvault. « On ne veut pas faire le catalogue du père Noël des promesses non tenues. Notre ambition est de renouer la confiance avec les citoyens ».

Lors de la première heure de cette soirée, les candidats participeront à des tables-rondes en petits groupes où ils pourront être appuyés par l’ensemble de la liste. « Je n’ai pas préparé quelque chose de spécial avoue François Piquemal. Je suis prêt depuis un moment. Là c’est une présentation à un public plus élargi que les colistiers, je donnerai mon avis quand j’en aurai un mais j’aurai aussi la lucidité d’écouter le collectif ».

La méthode Condorcet »

Deuxième temps fort de cette soirée après les ateliers, les candidats tireront au sort des questions posées par le public et y répondront. « Tout ce qui va se dire ce soir va nourrir chacun des 70 colistiers explique Caroline Honvault. Chaque regard se vaut ». Parce qu’au final, ce ne seront que ces 70 qui désigneront leur tête de liste dimanche. Il ne s’agira alors pas simplement de déposer un bulletin dans une urne mais de passer par la méthode Condorcet. Autrement dit un système de vote où le gagnant est le candidat qui, comparé tour à tour à chacun des autres s’avère être le préféré.

« C’est la règle qu’on s’est donnée dès le début de l’aventure rappelle François Piquemal. L’objectif étant que la tête de liste fasse l’unanimité ». C’est aussi la condition sine qua non qu’avait fixée Europe Ecologie les Verts pour rester dans le mouvement. La tête de liste d’Archipel Citoyen et l’ordonnancement de cette même liste devraient donc être connus en début de semaine prochaine. Une fois ce choix fait à 70, il sera ensuite temps, comme le revendique le mouvement, de « redonner le pouvoir aux citoyens ».

Patrick Noviello (@patnoviello)

23 Oct

Nouvelle direction de LR : Aurélien Pradié nommé secrétaire général

Le député du Lot intègre l’un des postes-clé de la nouvelle direction du parti de droite. Une droite qu’il veut désormais « sociale et non plus ultra-libérale ».

Aurélien Pradié, hier, au siège des Républicains à Paris. Photo Christophe Morin IP3/Max PPP

« Je dois vous avouer que je n’ai pas fait campagne pour ce poste. Il y a donc un effet de surprise » reconnaît avec humilité le lotois. « Je n’ai pas le profil type car très jeune (NDR : 33 ans) et je n’ai pas grandi dans le parti » argumente-t-il. Et pourtant c’est bien sur lui ainsi que sur Guillaume Peltier qui avait renoncé à se présenter face à lui que Christian Jacob le patron des Républicains va s’appuyer.

« J’ai confiance en lui comme lui a confiance dans la nouvelle génération» affirme Aurélien Pradié. Et l’ancien maire de Labastide-Murat d’expliquer que s’il a accepté cette fonction c’est parce que « la direction a été profondément remaniée ». Son crédo : « une droite sociale en rupture avec une droite ultra-libérale ».

Le chantier est juste colossal »

« Le chantier est juste colossal » admet sans détour le nouveau secrétaire général de LR qui veut remettre tout le monde au travail « avec discrétion et beaucoup d’humilité ». « Il faut montrer aux français qu’on a compris le message qu’ils nous ont adressé dans les urnes ». Les Républicains souhaitent désormais s’emparer de thématiques plus sociales. Parmi elles, certains sur lesquelles il a déjà travaillé contre le handicap ou les violences conjugales.

Le nouvel état-major cogitera aussi sur l’alimentation, les salaires ou encore le logement. « Pour cela, nous ferons aussi rentrer des gens qui vont nous perturber dans notre réflexion » n’hésite pas à préciser le député du Lot. D’ici le printemps un congrès fondateur sur les idées devrait d’ailleurs être organisé.

Les Municipales : une étape importante parce qu’elles marquent l’ancrage territorial »

Première échéance électorale sur laquelle Aurélien Pradié étrennera sa nouvelle fonction : les élections municipales en mars prochain. « Elles seront une étape importante parce qu’elles marquent l’ancrage territoriale » souligne-t-il. A ce sujet, il l’assure, nommé secrétaire général du parti, il ne compte pas pour autant oublier sa terre d’élection : « je ne passerai jamais plus de temps à Paris que dans le Lot ». Une démarche que bon nombre d’anciens dirigeants de LR n’avaient sans doute pas suffisamment appliquée.

Patrick Noviello (@patnoviello)

18 Sep

Procès des responsables de La France Insoumise : le toulousain Manuel Bompard livre sa version des faits

Tout le monde se souvient de ces images de Jean-Luc Mélenchon et de la perquisition au siège de LFI en octobre dernier. Six responsables du mouvement politique comparaissent ces jeudi et vendredi devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour « actes d’intimidation contre l’autorité judiciaire, rébellion et provocation ».

Manuel Bompard. Photo : MaxPPP

« Les faits qui se sont déroulés en octobre ne méritaient pas un tel déferlement judiciaire. Mais maintenant, il est là ce procès et ça va être l’occasion pour nous de faire la démonstration qu’il est utilisé à des fins politiques et que la démocratie ne porte pas bien quand on utilise la justice à des fins politiques » confie avec combativité le député européen.

Procès politique ? Pas seulement pour les Insoumis »

« Ça n’est pas le cas que pour La France Insoumise. Ça a été vrai dans la mobilisation des gilets jaunes, c’est vrai face à ces jeunes qui se mobilisent contre l’inaction climatique et qui vont décrocher les portraits du Président de la République ». Pour Manuel Bompard, « quand on a  des divergences politiques, on doit les régler par le vote, le débat, l’argument, le respect de la démocratie, pas en utilisant la justice »

Autre argument avancé par l’insoumis : l’enquête n’a pas été diligentée par des juges d’instruction indépendants mais par le Parquet, dans le cadre d’une enquête préliminaire. «C’est le Parquet donc directement placé sous la hiérarchie du Ministère de la Justice qui a organisé cette opération de la perquisition » assène-t-il.

Manuel Bompard nie s’être opposé, ainsi que ses camarades, à ce que la perquisition puisse se tenir. « Les responsables de La France Insoumise ont souhaité pouvoir assister au déroulement des opérations comme la loi le leur permet. » Or pour LFI cette loi n’a pas été respectée. Le député européen explique que les responsables du mouvement présents veillaient notamment à ce que le fichier des adhérents de LFI ne soit pas emporté.

L’image de LFI »

Quand on lui demande s’il n’a pas peur qu’après ce fameux « La République c’est moi » lancé par Jean-Luc Mélenchon, l’image du mouvement soit écornée pour la campagne des Municipales, voici ce qu’il répond :

« On a été médiatiquement condamné par avance avec ces quatre minutes de vidéo sur quarante où on a tourné. Cette minute d’incompréhension qui a conduit à ce que le ton puisse un peu monter a été diffusée en boucle depuis un an dans notre pays sans qu’on puisse voir l’ensemble de la bande vidéo. J’essaie de dire aux gens de ne pas s’arrêter à cette minute. » C’est sans doute ce qu’il essaiera aussi de dire au juge.

Patrick Noviello (@patnoviello)

28 Juin

Municipales : Quentin Lamotte, candidat du RN  à Toulouse

Quentin Lamotte (au centre) entouré de Julien Léonardelli délégué départemental du RN 31 et de Maïthé Carsalade, conseillère régionale RN ce matin, place du Capitole (Photo RN31)

Il s’était révélé lors de son élection au conseil régional dont il est le benjamin. Quentin Lamotte, 31 ans, vient d’être investi par le Rassemblement National pour briguer la Mairie de Toulouse.

Le délégué départemental du RN sourit. A l’heure où d’autres partis se déchirent pour désigner leur candidat, le sien se targue d’être « discipliné ». « Nous avons tout simplement une commission nationale d’investiture » déroule Julien Léonardelli.

D’autres candidats ont également voulu participer au débat mais je soutenais Quentin Lamotte qui était le candidat légitime » (Julien Léonadelli).

Investi au RN sur la ville et le département depuis une dizaine d’année, Quentin Lamotte y pense en se rasant depuis une bonne année. Depuis douze mois, en effet, le Rassemblement National dit avoir « maillé » le territoire toulousain avec des référents pour chaque quartier. Un maillage qui va désormais servir pour les prochaines Municipales.

Je n’ai jamais caché mon appartenance politique »

« Contrairement à d’autres, je n’ai jamais caché mon appartenance politique. Ma liste sera clairement identifiée Rassemblement National. Maintenant, je n’oblige aucune personnalité de la société civile qui nous a rejoint ou nous rejoindra à prendre sa carte au RN » affirme sans détour la tête de liste. Une liste qui se veut « ouverte » mais qui se revendiquera du parti de Marine Le Pen.

Seulement Toulouse n’a jamais vraiment réussi au Rassemblement National aux municipales. « Même si Toulouse est une grande ville et que la bataille y sera aussi politique, il y a un enjeu local » tempère le délégué départemental du RN 31. Julien Léonardelli ne cesse de le marteler : «la politique, c’est pas des mathématiques ! ».

L’objectif ? Etre au second tour ! »

De son côté Quentin Lamotte a quand même fait ses calculs. « Notre objectif est clairement d’être au second tour. On a le socle électoral pour ça, entre 15 et 20 000 voix. Depuis 2014, hormis lors des Législatives de 2017 (NDLR : où il était aussi candidat sur Toulouse), on a régulièrement franchi le nombre de voix pour avoir les 10%. »

Mais le jeune courtier en crédits immobiliers ne veut pas s’en tenir à une logique comptable. « Maintenant, notre travail va être de mobiliser notre électorat mais aussi de lancer un appel aux électeurs LR qui ne sont pas partis chez LREM ».

Ces bulletins qui les feraient basculer au second tour, le candidat RN compte aussi aller les chercher dans les quartiers qu’il qualifie de « sensibles » et où il dit avoir « des marges de progressions ». Pour cela, la thématique de la sécurité sera forcément encore très présente dans le futur programme. « Jean-Luc Moudenc avait des bonnes intentions en la matière. Mais les résultats ne sont pas là . Il avait pourtant les relations politiques pour obtenir des policiers nationaux supplémentaires. Mais on ne peut rien faire si on est défaitiste».

Stop à la densification massive ! »

Autre grief à l’encontre du maire sortant, urbanistique celui-ci : la densification « massive ». « La métropole accueille 7000 nouveaux logements par an dont la moitié à Toulouse. Mais les transports publics ne suivent pas. Prenez le quartier Malepère. 1200 logements vont y être construits et il n’y a qu’une ligne de bus. Que vont faire ces nouveaux arrivants ? Se déverser avec leurs voitures sur une rocade déjà saturée» assure Quentin Lamotte.

Son programme doit encore être affiné. « Nous le consoliderons en juillet-août, avant de le présenter en septembre » précise-t-il. L’agenda semble déjà bien ficelé. Premier sur la ligne de départ ne signifie pas forcément premier sur la ligne d’arrivée. Mais le RN a d’ores et déjà lancé sa campagne et ne compte pas attendre les autres pour conquérir l’électorat toulousain qui lui fait défaut pour atteindre ses objectifs.

Patrick Noviello (@patnoviello)

06 Juin

Départ de Valérie Pécresse des Républicains : le référent de son mouvement en Haute-Garonne réagit

C’était il y a tout juste un an, le mouvement « Libre » de Valérie Pécresse tenait son premier séminaire de travail et Pierre Esplugas-Labatut y était désigné référent territorial pour la Haute-Garonne. L’échec de LR à la Présidentielle était encore dans toutes les têtes. Mais qui pouvait imaginer la crise qu’allait vivre le parti aujourd’hui ?

Pierre Esplugas-Labatut et Valérie Pécresse lors du premier séminaire de travail de « Libre » en juin dernier à Orléans (Photo DR)

Pierre Esplugas-Labatut ne s’en cache pas, il ne s’attendait pas au départ de Valérie Pécresse. Il n’est pas pour autant pris de cours quand on lui demande s’il va quitter Les Républicains à son tour : « La différence entre elle et moi, c’est qu’elle est sur une trajectoire nationale, moi je suis pleinement engagé sur les Municipales à venir et ne compte pas déstructurer d’avantage Les Républicains, notamment en Haute-Garonne ».

A Paris, c’étaient les conservateurs qui avaient pris le pouvoir »

« J’ai acquis la conviction que la refondation de la droite ne pourra se faire à l’intérieur et qu’elle doit se faire à l’extérieur du parti » a expliqué Valérie Pécresse ce mercredi soir au 20H de France 2. Mais alors que ce soit dans le parti actuel ou en en créant un autre que peut-il advenir d’un courant de droite modérée que veut incarner la présidente de la Région Île de France et auquel adhère Pierre Esplugas-Labatut ?

« Ce courant de droite modérée il était déjà incarné dans ma fédération locale. C’est un élément de plus pour que je ne parte pas. Mais à Paris, dans la structure nationale c’étaient des conservateurs qui avaient pris le pouvoir » analyse le porte-parole de LR 31.

Je sentais que ça allait craquer »

Un courant conservateur à qui il attribue l’échec des Européennes et une crise qu’il avait vu venir. « Oui, je sentais que ça allait craquer car les résultats aux élections sont têtus et ce résultat marque l’échec du courant conservateur». Espère-t-il pour autant un futur président tendance droite modérée ?

« Peu importe. Les prochains patrons ce seront ceux qui porteront la droite dans les futures élections locales, municipales, départementales, régionales » affirme sans détour celui qui est aussi adjoint au maire de Toulouse. « Il faut d’abord un réseau d’élus locaux pour incarner la droite sinon là le parti peut vraiment mourir ». Et le porte-parole de LR en Haute-Garonne de se dire prêt à parier que les résultats des Municipales ne seront pas ceux des Européennes.

Pierre Esplugas-Labatut ainsi que Brigitte Barèges, Aurélien Pradié et Arnaud Viala seront les invités de « Dimanche en Politique » cette semaine. « Quel avenir pour Les Républicains ? » c’est dimanche à 11h25 sur France3 Midi-Pyrénées

Patrick Noviello (@patnoviello)

27 Mai

Européennes : Hamon prend du recul, ses troupes continuent

Au lendemain de son score décevant aux Européennes, le fondateur de Génération.s a annoncé qu’il allait prendre du recul. Mais ses représentants toulousains, eux, comptent bien continuer à structurer la formation et à travailler à des alliances en vue des Municipales.

Benoît Hamon, le 11 avril dernier, en débat à la Mutualité à Paris. (Photo Anne-Christine POUJOULAT / AFP)

« C’est une prise de recul médiatique. Il ne se retire pas » tempère Salah Amokrane. L’ex colistier de Benoît Hamon se satisfait d’avoir passé la barre des 3%. « Avec ce remboursement de nos frais de campagne par l’Etat, notre jeune mouvement va pouvoir continuer à se construire » souffle l’ex Motivé-e-s.

« C’est normal que Benoît Hamon ait besoin de se ressourcer. C’est un recul sans disparaître » rassure aussi Isabelle Hardy. La Présidente du groupe Génération.s à la mairie de Toulouse annonce que la formation va rentrer dans une nouvelle période « où de plus en plus de responsabilités vont être données aux comités locaux ».

Si c’est pour envisager les choses dans les mêmes conditions qu’aux Européennes, on se trompe d’avance »

Le bras droit de Benoît Hamon prévient : « Génération.s entend jouer un rôle pour les municipales, après un score qui n’est pas ridicule. Et Guillaume Balas d’annoncer la couleur : « nous sommes disponibles pour des alliances ». Plus facile à dire qu’à faire mais chacun veut y croire. « Il va falloir faire des efforts sur nous-mêmes, les uns les autres. Si c’est pour envisager les choses dans les mêmes conditions qu’aux Européennes, on se trompe d’avance » affirme sans détour Salah Amokrane.

« On a déjà commencé à y travailler depuis plus d’un an »rappelle Isabelle Hardy avec notamment des réunions unitaires sur la mobilité. La chef de file du mouvement à la mairie de Toulouse évoque « une responsabilité à se rassembler ». Même si elle relève les 4,8% de son mouvement dans la ville rose, elle aurait évidemment « préféré une liste d’union de la gauche sur ces Européennes ».

Nous sommes un mouvement horizontal qui se co-construit avec les militants »

Le grand vainqueur à gauche de ce scrutin reste donc, à Toulouse comme ailleurs, EELV. Guillaume Balas ne s’y trompe pas qui déclare que Génération.s est « disponible » pour bâtir avec EELV une « maison commune ». « Dans cette campagne et dans une ville comme Toulouse, l’écologie reste un sujet déterminant. Mais j’aurais de par mon parcours et mon histoire, le devoir de ne pas oublier la question sociale. Les écologistes d’ici le savent. Je veux croire qu’on peut trouver des solutions » explique Salah Amokrane.

La tête d’affiche Hamon s’efface donc pour quelques temps mais « des gens vont émerger » assure Isabelle Hardy. « Nous sommes un mouvement horizontal qui se co-construit avec les militants » explique-t-elle. Et d’annoncer un séminaire de Génération.s à Toulouse le 15 juin prochain.

Patrick Noviello (@patnoviello)

 

02 Avr

Européennes : Sébastien Nadot rejoint la liste « Urgence Ecologie » de Batho et Waechter

Le porte-parole du Mouvement des Progressistes, désormais député Non-Inscrit (et non plus majorité présidentielle) rejoint Delphine Batho (Génération Ecologie) et Antoine Waechter (Mouvement Ecologiste Indépendant ». L’objectif : expliquer qu’écologie et justice sociale sont liées autrement dit si la catastrophe climatique n’est pas évitée ce sont les plus fragiles socialement qui seront les premiers touchés.

Sébastien Nadot, député de Haute-Garonne. Photo : MaxPPP

Le Blog Politique : Pourquoi rejoindre cette liste « Urgence Ecologie » ?

Sébastien Nadot : Je suis désormais assis aux côtés de Delphine Batho à l’Assemblée. Cela fait maintenant un moment que nous discutons et travaillons ensemble. On a également travaillé avec Antoine Waechter. Et puis nous avons une géographie qui se recoupe assez bien aux regards de nos implantations. Par exemple, Génération Ecologie n’est pas représentée à Toulouse alors que le Mouvement des Progressistes oui.

Le Blog Politique : Rappelez-nous ce qu’est le Mouvement des Progressistes ?

Sébastien Nadot : Historiquement emmenés par Robert Hue nous sommes positionnés sur les questions sociales et la lutte contre les inégalités. Aujourd’hui, on s’oriente plus vers l’écologie avec une pensée simple : les dégâts liés à l’environnement vont d’abord toucher les plus modestes.

Le Premier Ministre n’est pas convaincu que l’écologie est une priorité

Le Blog Politique : Cette candidature et ce ralliement de votre mouvement marque une rupture définitive avec LREM. Le gouvernement vous a-t-il déçu sur la question environnementale ?

Sébastien Nadot : Hulot a fait une tentative sur l’eau. J’ai essayé de travailler avec lui mais c’était trop tard. Il pensait déjà à partir. Il n’a pas été suffisamment politique pour faire passer ses idées. De Rugy, lui, est un Ministre d’Etat. Il a des ambitions de carrière. Il n’y a donc pas de grand coup de volant prévu, sachant que le Premier Ministre n’est pas convaincu que l’écologie est une priorité. Sauf à changer le gouvernement, ça ne bougera pas. J’ai voulu construire autre chose à gauche de LREM où la question centrale serait celle du rapport de l’Homme à la terre ou de l’Homme au climat.

Le Blog Politique : Avez-vous discuté avec les autres listes de gauche ou écologistes aux Européennes ?

Sébastien Nadot : J’ai discuté avec Olivier Faure (Liste Place Publique/PS), j’ai aussi discuté avec les communistes.

Jadot ne souhaite discuter avec personne

Le Blog Politique : Et avec Yannick Jadot ou Benoît Hamon ?

Sébastien Nadot : Jadot ne souhaite discuter avec personne. Lui c’est « ne m’embêtez pas ! Moi j’ai mon siège et on va en placer dix ». Hamon, lui, fait croire qu’il veut discuter avec tout le monde alors qu’il ne discute avec personne. Moi ce qui m’intéresse, c’est d’être sur un programme politique plus large. En discutant avec Delphine Batho, on se retrouve sur le fait qu’on ne veut pas de concession. Il y a une reconfiguration politique où on ne va pas assez vite et il y a l’urgence climatique. Ce matin, j’étais avec le directeur de recherche de Météo France. Or on se rend bien compte que politiquement, personne ne tient compte des recommandations de ces spécialistes. On va à la catastrophe.

Le Blog Politique : Serez-vous sur cette liste « urgence Ecologie »?

Sébastien Nadot : Je serai sur la liste. On se réunit ce week-end pour la constituer. Nous avons d’ores et déjà placé en 1 le philosophe Dominique Bourg parce quelqu’un capable de tenir un discours plus complexe à l’heure où nous demande de faire trop simpliste, c’est bien. Après, peut-être arrivons-nous trop tôt pour ces Européennes ? Mais dans nos trois mouvements, il y a beaucoup de jeunes, de très jeunes même. Moi-même, en réunion de coordination, j’ai l’impression d’être un grand-père. La réponse traditionnelle ne leur correspond pas. On va notamment essayer de traduire politiquement les marches pour le climat.

Avec LREM, ça a donné ce que ça a donné

Le Blog Politique : Comment va s’organiser concrètement votre campagne ?

Sébastien Nadot : Des meetings sont à venir. J’ai de mon côté quelques télés de prévues. L’image de Delphine Batho est également intéressante. Elle a su claquer la porte du gouvernement quand elle était Ministre.

Et vous de LREM…

Sébastien Nadot : (Rires) On construit cette candidature comme une alternative dans un panorama politique tristounet. On essaie de faire quelque chose de différent comme avec le Mouvement Des Progressistes. C’est ce qui a valu que je tente l’expérience avec La République En Marche. Ça a donné ce que ça a donné.

Propos recueillis par Patrick Noviello (@patnoviello)

 

23 Jan

Foulards rouges : quelle mobilisation à Toulouse ?

Le mouvement se veut « apolitique ». Il ne souhaite pas défendre le Président Macron mais les institutions face au mouvement des gilets jaunes. Les foulards rouges marcheront dimanche à 14h à Paris. Mais qu’en est-il de la mobilisation à Toulouse où manifestations des gilets jaunes et exactions des casseurs se succèdent ? Dominique, l’un des représentants de ces foulards rouges nous répond.

Dominique, Foulard Rouge toulousain. Photo Luc Truffert

 

Le Blog Politique : Quelles sont vos motivations ?

Dominique : L’idée a été lancée le 10 décembre dernier par Laurent, un toulousain, suite aux manifestations des gilets jaunes via un message sur les réseaux sociaux : « stop, ça suffit ». C’est une des nombreuses pages qui se sont créées sur Facebook. Nous trouvions que la parole était monopolisée par les gilets jaunes. Il n’y a pas qu’eux qui représentent le peuple.

Pas une marche pro-Macron »

Le Blog Politique : Comment fonctionnez-vous ?

Dominique : Beaucoup par les réseaux sociaux et par conférence. Nous avons deux représentants nationaux, Corinne Chabert d’Annecy et Théo Poulard de Quimper. Sur Toulouse, le groupe s’est constitué il y a deux semaines, nous sommes entre 110 et 120, mais ce chiffre monte depuis le début de notre médiatisation. Nous pensons regrouper environ 40 000 personnes en France. D’après l’estimation de la Préfecture de Paris, la moitié devrait nous rejoindre dans la capitale.

Le Blog Politique : Comment mobilisez-vous ici à Toulouse alors que votre marche aura lieu à Paris ?

Dominique : L’idée est d’abord avant tout de nous faire connaître et éventuellement de faire monter des gens sur Paris. Il est faux de dire que ce sera une marche pro-Macron. Ce serait un autre gouvernement, on l’aurait fait quand même. On n’est pas pro ou anti-gilets jaunes mais leurs formes d’actions sont devenues selon nous illégitimes pour deux raisons. D’abord dans une démocratie, on a le droit de manifester mais s’il y a impossibilité de dialoguer avec le gouvernement en place. Du moment où il y a eu des réponses et un canal de communication d’ouvert, il faut que cela cesse. Ensuite, ces manifestations, on a la preuve par dix, si j’ose dire, qu’elles dégénèrent systématiquement. Et je peux vous dire que nous sommes extrêmement bien accueillis chez les commerçants. C’est de pire en pire et pas qu’à Toulouse. Les organisateurs de ces manifestations sont incapables de les contrôler. On appelle à ce qu’ils arrêtent de manifester.

Nous n’avons absolument pas vocation à devenir un parti politique »

Le Blog Politique : Et s’ils arrêtaient ?

Dominique : Nous n’avons absolument pas vocation à devenir un parti politique mais on pourrait rester une association de citoyens vigilants.

Le Blog Politique : Et les politiques dans tout ça justement ?

Dominique : Un certain nombre d’élus nous soutiennent et nous ont contactés. On leur a demandé de ne pas afficher leur étiquette politique et de se présenter dans notre rassemblement sans leur écharpe d’élus. D’ailleurs la décision de LREM de ne pas appeler à marcher avec nous nous va très bien. Notre mouvement regroupe des personnes de sensibilités politiques différentes mais nous nous voulons apolitique.

Le Blog Politique : Comptez-vous vous investir dans le grand débat national ?

Dominique : A priori, oui. Il n’est pas exclu non plus qu’on en organise.

Le Blog Politique : Pourriez-vous un jour appeler à une marche sur Toulouse ?

Dominique : Nous avons eu un débat interne pour organiser des rassemblements à Paris et en province. Nous finançons nous-même notre service d’ordre. Or ce n’était pas possible financièrement d’organiser plusieurs événements. Assurer la sécurité du cortège n’est pas simple. Nous avons des consignes très précises de la Préfecture de Police de Paris en cas d’infiltration ou de provocations lors de notre marche. Mais il n’est pas impossible que nous organisions, un jour, le même type de marche sur Toulouse.

Propos recueillis par Patrick Noviello (@patnoviello)