13 Nov

Des régionales en juin : la proposition fait l’unanimité ou presque

Faut-il reporter les élections régionales (et les départementales ?) au moins de juin ? C’est ce que recommande Jean-Louis Debré dans son rapport sollicité par le Premier Ministre. Covid oblige, la plupart des partis en présence y sont favorables. Mais les modalités varient.

Premier tour des élections Municipales à Toulouse, le 15 mars dernier. Photo MaxPPP Michel Viala.

S’il y a bien un point sur lequel tout le monde s’accorde, c’est le refus de revivre le scénario des élections municipales. « Si c’est pour recommencer comme en mars dernier, non merci  » s’exclame Julien Léonardelli conseiller régional RN, alors candidat à Fronton en Haute-Garonne. « Nous ne voulons pas à nouveau d’élections en deux rounds » prévient Myriam Martin pour La France Insoumise.

Les leçons des Municipales

« Les leçons ont été tirées par le Président et le Premier Ministre » assure Pierre Casteras qui « ne veut pas refaire le match ». « Ce que je salue c’est la méthode et l’objectif de la démarche de ce rapport » souligne aussi le porte-parole de LREM en Haute-Garonne.

« La proposition fait consensus, non ? »  Pour Pierre Esplugas, il faut « s’adapter à la situation de manière raisonnable ». Or de l’avis du porte-parole de LR 31, « un report de mars à juin c’est raisonnable ».

Côté socialiste, la Présidente sortante Carole Delga n’a pas souhaité s’exprimer. Mais pour Sébastien Vincini, « ce report était souhaité ». Le premier fédéral du PS en Haute-Garonne approuve « cette décision de bon sens ».  Quant à Valérie Rabault, la présidente du groupe socialiste à l’Assemblée elle ne fera pas de commentaire étant donné que cette proposition de report « va dans le sens de ce que qu’elle avait dit à Jean-louis Debré ».

« Ce qui est important pour nous c’est que la décision soit prise rapidement pour ne pas museler la démocratie » précise Antoine Maurice tête de liste EELV.

Vote par correspondance

A l’inverse la préconisation d’utiliser le vote par correspondance fait la quasi-unanimité contre elle, comme lorsqu’elle avait été évoquée pour les Municipales. « Ça doit être utilisé à la marge » recommande Myriam Martin. « On voit ce que ça a donné aux Etats-Unis où ils recomptent une semaine après » ironise Julien Léonardelli.

Pierre Esplugas se dit lui carrément « hostile » au vote par correspondance. « Pour le professeur de droit public que je suis, rien ne remplace l’unité de temps et de lieu du bureau de vote. le fait de se déplacer, de faire un effort répond au rituel électoral ».

Antoine Maurice « partage la prudence de Jean-Louis Debré sur la question ». « Il ne faut pas décider de nouvelles modalités de vote à la hâte » commente le candidat écologiste.

« Je suis assez partagé » avoue également Pierre Casteras. « C’est assez lourd à organiser. On en peut pas l’imposer à quelques mois d’une élection. Il faut en débattre sereinement » préconise-t-il.  »

Procurations facilitées ?

Guère plus d’enthousiasme sur la facilitation des procurations pour certains. « Actuellement on a des bureaux de Poste, des entreprises et même des mairies ouverts. Alors pourquoi ne pourrait-on pas assurer de bonnes conditions sanitaires dans les bureaux de vote » affirme Julien Léonardelli. « On doit être dans les meilleures conditions pour aller voter. Les procurations, ça doit rester à la marge » estime Myriam Martin.

« Un aménagement numérique doit sans nul doute être envisagé » estime Pierre Esplugas. Pour l’élu Les Républicains, « le point désuet et obsolète, c’est de les faire valider par des policiers ou des gendarmes qui ont autre chose à faire actuellement ».

Même analyse sur cette facilitation des modalités pour Pierre Casteras. « Que chacun n’arrive pas avec 10 procurations bien évidemment » explique cet ancien maire, « mais, sans tomber dans le tout numérique, il faut vivre avec son temps ».

Comment faire campagne ?

Dernier point qui préoccupent les futurs candidats : la tenue de la campagne. « Ni les français, ni les élus n’ont l’esprit à des campagnes électorales en ces temps troublés » reconnaît Sébastien Vincini. « Aujourd’hui, notre action est exclusivement tournée vers la gestion de la crise sanitaire et ses conséquences sociales, psychologiques et économiques » certifie le vice-président socialiste du département de Haute-Garonne.

Pour Antoine Maurice, ce sera une campagne « en mode Covid ». « A défaut de meeting, qu’on puisse au moins aller à la rencontre des habitants » espère la tête de liste EELV.

Un désamour attendu

« D’avance je pense que la participation va être faible » annonce Myriam Martin. « On va avoir un désintérêt parce que le désamour se poursuit entre citoyens et élus. Ça c’est le vrai sujet » martèle la conseillère régionale de La France Insoumise.

« Comment allons-nous mener campagne » se demande Julien Léonardelli. « Y-aura-t-il des meetings ou pas ? Ce qui est sûr c’est qu’on va devoir innover » prévient l’élu régional du Rassemblement National.

Patrick Noviello (@patnoviello)

22 Oct

Néonicotinoïdes : les apiculteurs d’Occitanie piqués au vif s’en prennent aux députés

Des actions ont été menées ces mercredi et jeudi par le syndicat des apiculteurs d’Occitanie. Leur cible : les députés qui ont voté ou se sont abstenus sur le projet de loi ouvrant un retour de ces pesticides.

Manifestation d’apiculteurs ce mercredi 21 octobre devant la permanence parlementaire d’Elisabeth Toutut-Picard à Toulouse. Photo Syndicat des Apiculteurs d’Occitanie.

« Votre député Monique Iborra n’a pas voté pour les abeilles, ne votez plus pour elle ». Voilà ce qu’ont pu lire, dès le levé du jour hier, les columérins sur certaines colonnes Morris de leur commune.

Quelques heures plus tard, c’était la permanence d’Elisabeth Toutut-Picard qui était cernée par des apiculteurs en tenue de travail et des pancartes dénonçant les néonicotinoïdes.

Elisabeth Toutut-Picard explique son abstention

« La porte de ma permanence est toujours ouverte et je vais proposer à ces apiculteurs de les recevoir » nous a-t-elle répondu en marge d’une réunion du groupe interministériel Santé Environnement qu’elle présidait ce jour à l’Assemblée. De plus, elle assure avoir publié les explications de son abstention sur son site internet.

Mais quelle mouche a donc piqué les éleveurs d’abeilles ? Ils dénoncent un vote issu d’un lobbying, notamment de l’industrie du sucre. Le 6 octobre dernier par 313 voix contre 158 le retour des néonicotinoïdes a été entérinée au Palais Bourbon via la possibilité d’introduire des dérogations notamment pour les producteurs de betteraves qui ont à faire face à des maladies.

Betteraves de Lot et Garonne

Pour information, les premières cultures de fleurs de betterave les plus proches de notre région se trouvent en Lot et Garonne. »1500 hectares » précise Olivier Fernandez avant de rappeler que  » les abeilles, elles, ne connaissent pas les frontières ».

Là où certains députés a une mesure obligatoire pour sauver des emplois, les apiculteurs d’Occitanie, eux, une atteinte directe à leur travail mais au delà à la santé des insectes et à plus grande échelle des espèces vivantes. « La betterave est un prétexte. Toutes les filières obtiendront des dérogations notamment le maïs » prévient Olivier Fernandez.

Comment peut-on voter en conscience contre 1322 études internationales ? »

Pour le Président des apiculteurs de la région « ce pesticide est un poison peu importe sa quantité ». « A cause de lui les abeilles mettent quatre fois plus de temps à travailler, on le retrouve jusque dans la graisse des ours polaires mais aussi chez les oiseaux ». Des apiculteurs qui dans un communiqué ne comprennent pas « comment on peut voter en conscience contre 1322 études internationales ».

Plusieurs actions en justice sont en cours. Mais les éleveurs d’abeilles espèrent maintenant que le Sénat retoquera le projet de loi. Il doit être examiné ce mardi 27 octobre au palais du Luxembourg.

Patrick Noviello

14 Oct

Avec l’épidémie de Covid et la vague verte, la réflexion sur l’encadrement des loyers de retour mais pas à Toulouse

Avec l’arrivée de majorités de gauche et/ou vertes dans certaines métropoles (Lyon, Montpellier), la question de l’encadrement des loyers revient sur le devant de la scène. A Toulouse, le maire (LR) réélu en juin ne prendra pas cette option comme il l’avait déjà annoncé en décembre dernier après la formation d’un groupe de travail. Mais son opposition a toutefois déposé un vœu pour que la mesure soit à nouveau étudiée en raison notamment de la crise économique. Sans succès.

Photo Eric Cabanis/AFP

Les communes candidates à l’encadrement des loyers ont jusqu’au 24 novembre pour déposer leur dossier. « Il n’y aura probablement pas de conseil municipal d’ici là, c’est pour ça que nous avons déposé ce vœu » explique François Piquemal.

 

L’élu d’opposition à la Mairie de Toulouse justifie aussi cette initiative par le fait que la situation a changé. « La crise sanitaire et économique va mettre des milliers de toulousains en difficulté. Les étudiants ont de plus de mal à accéder à un logement. Et enfin, une étude du site Appartager annonce une hausse des loyers de 12% en trois ans sur Toulouse ».

Le contexte sanitaire et sociale n’a pas modifié la donne en matière d’évolution des loyers » Bertrand Serp, conseiller municipal délégué au logement

« Le contexte sanitaire et sociale n’a pas modifié la donne en matière d’évolution des loyers sur les trois derniers trimestres 2019-2020 » affirme Bertrand Serp en Conseil Municipal lors de sa réponse à François Piquemal. « L’IRL qui est l’indice de référence des loyers indexé sur la consommation est inférieur à 1%. Il est de 0,66% pour les derniers indices connus, marquant donc un infléchissement par rapport aux indices de l’année précédente » précise le conseiller municipal délégué au logement.

 

Personnellement, ce n’est pas ce qu’a constaté François Piquemal. « Il y a deux ans et demi, je payais 741 euros par mois. Aujourd’hui mon loyer est 758 euros. Soit une augmentation de 204 euros sur l’année ».

 

Lors du conseil du 8 octobre dernier, Bertrand Serp a aussi rappelé pour la majorité que fin 2019, un groupe de travail avait déjà conclu à la non utilité d’encadrer les loyers. Les arguments d’alors mettaient en avant entre autres un faible écart entre loyers du parc public et loyers du parc privé et un taux de logement construit suffisamment élevé pour empêcher une flambée des prix.

Ce que je crois s’il y a un encadrement des loyers, c’est qu’on repousse les investisseurs » Jean-Luc Moudenc, maire (LR) de Toulouse

Dès juillet 2019, sur France3 Midi-Pyrénées, Jean-Luc Moudenc avait justifié son opposition à cette mesure. « Ce que je crois s’il y a un encadrement des loyers, c’est qu’on repousse les investisseurs, que l’on diminue donc la production de logements. Et s’il y a moins de logements sur le marché, alors que la demande est forte, on risque tout simplement d’avoir le contraire de ce qu’on veut, c’est à dire une hausse des prix. »

 

« C’est une candidature que doit faire la municipalité auprès du Ministère. On demande juste la mise en place d’un nouveau groupe de travail, représentatif cette fois-ci, avec associations étudiantes, Fondation Abbé Pierre ou encore le DAL. Et après, le Ministère peut dire non » précise François Piquemal.

L’encadrement des loyers nécessite une analyse préalable » Emmanuelle Wargon, Ministre chargée Logement

Si ce n’est que le Ministère semble renvoyer la balle aux maires. « Comme vous le savez l’encadrement des loyers, c’est une demande des maires et moi j’ai dit que je répondrais favorablement aux demandes » a déclaré la Ministre chargée du logement lundi 12 octobre sur le plateau du 19/20 Midi-Pyrénées Emmanuelle Wargon. Avant de nuancer : « Mais ça nécessite une analyse avec un observatoire des loyers, c’est un processus qui prend un peu de temps ».

 

A Toulouse la majorité estime avoir déjà fait cette analyse via son groupe de travail en 2019.  C’est ce que rappelle Bertrand Serp lorsqu’il répond à François Piquemal lors du dernier conseil Municipal. « Une réflexion métropolitaine conduite sous la présidence de Karine Traval-Michelet, le maire (NDR : PS) de Colomiers, alors vice-présidente de Toulouse Métropole en charge de l’habitat » précise-t-il. Comme pour souligner que l’opposition à l’encadrement des loyers dépassait la simple ville de Toulouse.

66% des toulousains sont locataires selon l’Insee. On ne retrouve pas cette tendance dans la majorité municipale » François Piquemal, élu Archipel Citoyen

Le vœu déposé par l’élu d’Archipel Citoyen a donc logiquement été rejeté par la majorité municipale. Toutefois François Piquemal l’évoquera à nouveau ce jeudi en conseil de métropole. « 66% des toulousains sont locataires selon l’Insee. On ne retrouve pas cette tendance dans la majorité municipale. Ce qui peut expliquer qu’ils balaient ainsi notre proposition » conclut-il.

Patrick Noviello

« En Commun » futur parti politique s’implante en Occitanie

« En Commun » incarné médiatiquement par Barbara Pompili et censé incarner une aile plus à gauche de LREM devient ce mercredi soir à l’issue d’une AG extraordinaire, un parti politique à part entière. Son Président a un pied en Occitanie. Ce qui explique peut-être l’implantation plus rapide de l’entité dans notre région. Revue des troupes et feuille de route de cette nouvelle composante de la majorité.

Université d' »En Commun » début septembre en Bretagne, avec de gauche à droite, Jacques Maire, Hugues Renson, Barbara Pompili et à la tribune Philippe Hardouin. Photo Bernard Galéron

Philippe Hardouin est conseiller municipal d’Ivry-sur-Seine (« une liste mi société civile, mi LREM » explique-t-il) mais il passe la moitié de son temps dans l’Aude où il a notamment intégré le Conseil d’Administration d’un musée à Lasgrasses. Il a bien fait de la politique dans sa jeunesse, mais rien qui le prédestinait à devenir président d’un parti politique.

 

Une sensibilité sur la solidarité qui manquait à LREM »

 

« Nous nous sommes créé au moment du confinement, après le premier tour des élections municipales » se souvient-il. « Il y avait la nécessité de générer à nouveau des débats comme lors de l’élection Présidentielle, de sortir des carcans idéologiques et de faire aussi valoir une sensibilité sur la solidarité qui nous manquait » justifie-t-il. Une sensibilité de gauche à LREM résumeront certains, « courant social et écologiste » diront d’autres.

 

Parmi les premières actions entamées depuis leur création, une lettre envoyée à Gérald Darmanin. Les membres d’En Commun, y contestent du Ministre de l’Intérieur sur l’aide aux migrants. Mais que les choses soient claires, ils ne créeront pas de groupe à l’Assemblée Nationale.

 

46 députés mais pas un groupe à part

 

46 députés ont actuellement rejoint le mouvement qui deviendra donc ce jour un parti. Parmi eux l’élues de Haute-Garonne Elisabeth Toutut Picard ou encore celle de l’Hérault Coralie Dubost.

 « On souhaite que les débats restent au sein du groupe. Ce n’est pas en fractionnant la majorité que nous ferons avancer nos idées » assène Philippe Hardouin.

 

Mais alors pourquoi se constituer en parti ? Notamment en vue des élections prochaines pour éventuellement y soutenir ou y lancer des candidats. Et puis surtout pour constituer une entité à part entière de la future « maison commune » appelée de ses vœux par Emmanuel Macron pour repartir à la conquête d’un second mandat. « Mais on ne sait pas encore à quoi va ressembler cette maison » tempère Philippe Hardouin.

 

Contrairement à LREM, chez nous l’adhésion est payante »

 

En attendant, « En commun » se structure et annonce plus de 500 adhérents dans tout le pays (principalement en Haut de France, Grand-Est, Occitanie, lyonnais et Pays de Loire). « Première différence avec LREM, précise son Président, chez nous l’adhésion est payante ». Le futur parti a tenu sa première université d’été en septembre, sa première réunion régionale en Occitanie il y a trois semaines. Quant à son site internet, il ouvrira cette semaine.

Patrick Noviello

07 Oct

Une lotoise, ancienne plume de Macron, raconte ses « confusions » et les coulisses de la campagne

Marie Tanguy (c’est un pseudonyme) a grandi dans le Lot. Passée brièvement par le PS puis trois ans aux côtés de Laurent Berger à la CFDT, elle décide d’intégrer l’équipe de campagne d’En Marche pour y écrire les discours du candidat. Son livre, « Confusions », raconte son naufrage dans la tempête de la Présidentielle.

Marie Tanguy quittera l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron quelques jours avant le premier tour. Photo Olivier Roller

C’est l’histoire d’un burn-out, d’une erreur de parcours ou de direction. Mais c’est aussi à quelques mois d’une nouvelle campagne présidentielle, la description sans filtre et sans concession d’une machine à gagner l’élection suprême. Même si elle se défend d’avoir voulu nuire au Président, l’autrice, originaire du petit village de Gigouzac, livre un témoignage sans détour.

Dois-je préciser qu’à En Marche, j’ai rencontré de la bienveillance, de l’indulgence, de la politesse, camouflée en gentillesse, de louables intentions. Mais j’y ai rarement trouvé de l’humanité pure. Et comme c’est une chose dont j’ai besoin à fortes doses, c’est sans doute cela aussi dont j’ai crevé »

Marie Tanguy évoque sa fragilité, se rabaisse souvent face aux cerveaux brillants qui composent l’équipe du « candidat » qu’elle ne cite jamais. Sans doute peut-on aussi voir poindre entre les lignes un complexe d’infériorité entre Paris et la province. Mais cette ancienne militante décrit surtout une armée de génies totalement déconnectés du réel et souvent sans la moindre idéologie.

 C’est dans le rapport au doute que je me suis sentie le plus loin d’eux. J’ai toujours eu des convictions profondes tout en n’étant jamais sûre de rien. Pour eux en revanche, la vérité ne faisait pas débat : il suffisait juste de la mettre en œuvre. Une démonstration de force et de volonté, voilà ce que devait être une réforme à leurs yeux.

– On va niquer les régimes spéciaux, disait David. »

« Accélération de la dépolitisation du débat public », « impression qu’on parle plus de marketing que de politique », la radiographie du mouvement est sans appel. Mais la confusion règne aussi selon Marie Tanguy dans « l’absence d’organisation, la hiérarchie incertaine » qui caractérisent EM. « Aujourd’hui encore, je ne sais précisément qui est en charge de quoi » écrit-elle. Une seule certitude en revanche : celle qu’elle a fait fausse route. Elle le sait, à peine une journée après son arrivée au « pôle idée » dans « un bureau dangereux ».

L’un des passages clés à ce sujet : l’élaboration du « projet » préalable au « programme » qui, lui, mettra plus de temps à naître, on s’en souvient.

J’ai vu des impôts, des crédits d’impôts, des droits sociaux, des règles et des agences, naître, prendre leur élan et mourir sous mes yeux pour la plupart, tandis que d’autres parvenaient à résister à l’épreuve des filtres, des arbitrages, des revirements stratégiques ou des volte-face irrationnelles, pour se frayer un chemin vers le Graal d’une inscription sur un livret de 32 pages signé par le candidat ».

Mais cette méthode est-elle vraiment propre au « Nouveau Monde » ? Comme cette tendance du candidat à « promettre à son audience ce qu’elle a envie d’entendre ». Nul doute que Marie Tanguy, elle, ne se fera plus prendre aux sirènes de la politique.

Patrick Noviello

« Confusions » de Marie Tanguy, collection « La grenade », éditions JC Lattès.

05 Oct

Régionales 2021 : fin d’une « candidature » du ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, en Occitanie ?

Julien Denormandie, tête de liste aux régionales en Occitanie. L’hypothèse circule depuis plusieurs semaines. Mais le ministre de l’Agriculture, comme d’ailleurs tous les ministres du gouvernement, ne se lancera pas dans la bataille électorale. L’annonce a été faite en interne.

Julien Denormandie. Ministre de l’Agriculture. Photo : LeParisien/MaxPPP

Julien Denormandie n’a jamais exprimé publiquement ses ambitions régionales. Mais son nom circule beaucoup. Y compris d’un point de vue « géographique ». Une candidature du ministre de l’Agriculture a été évoquée par voie de presse en Île-de-France, en Normandie et en Occitanie. Dans cette dernière région, dont est originaire le jeune ministre, un vrai lobbying s’est mis en place.

Des courriers et des contacts avec des piliers de la « macronie » (notamment Richard Ferrand mais aussi Christophe Castaner) ont eu lieu. Il s’agissait de plaider une candidature Denormandie face à la présidente socialiste sortante, Carole Delga. Selon nos informations, le ministre a également été directement « sondé » pour connaître ses intentions.

Mais, finalement, il n’y aura pas de ministre-candidat dans la région la plus étendue de France. En tout cas, c’est ce qu’affirment plusieurs sources internes à La République En Marche (LaRem). L’annonce aurait été faite par les instances nationales du parti. D’ailleurs, Julien Denormandie ne serait pas le seul ministre à passer le tour des régionales. La ligne d’En Marche est de préserver les membres du gouvernement en évitant de les exposer dans des élections régionales qui s’annoncent difficiles pour la majorité présidentielle.

La question d’une tête de liste pour le scrutin de mars prochain reste donc entière. Elle vire au casse-tête en raison d’une absence (criante) de ressources humaines. Pour tenter de trouver une solution, le délégué général d’En Marche, Stanislas Guérini, a mandaté deux parlementaires pour faire remonter des candidatures.

Ce vendredi, une réunion doit concerner l’Occitanie.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

29 Sep

« Archipel citoyen » se fissure à Toulouse Métropole : fracture entre Insoumis et écologistes

Les élus écologistes et Insoumis, issus de la liste « Archipel Citoyen », devaient constituer un groupe à Toulouse Métropole. Les Verts prennent leur distance et préparent un autre groupe, sans la France Insoumise.

La première fracture est apparue au lendemain des municipales, en juin dernier. Deux conseillers d’opposition, élus sur la liste Archipel Citoyen, ont constitué un groupe autonome au Capitole. Après le PS et le PC, c’est au tour des écologistes de prendre le large.

Cette semaine, les groupes doivent se constituer à Toulouse Métropole. La composante Verte de l’ex liste des municipales est en passe de constituer un groupe autonome, en laissant sur le « rivage » leurs camarades Insoumis et d’autres anciens colistiers.

Parmi ces derniers figure le fondateur d’Archipel, Maxime Le Texier.

Ces 11 élus réagissent et  « regrettent que certain-e-s élues et élus, pourtant signataires de la charte commune du groupe et ayant participé à de nombreuses réunions pour sa constitution aient fait le choix d’en partir pour des raisons qui (leur) échappent ».

Selon nos informations, les raisons du divorce sont liées à des tensions. Les écologistes reprochent à leurs ex colistiers – et particulièrement aux Insoumis- leur comportement « hégémonique ». Un comportement qualifié par un membre d’EELV  » d’habituel avec les traditionnelles méthodes de noyautage afin de récupérer tous les leviers« .

Un schisme à la Métropole aura forcément des conséquences au niveau du conseil municipal toulousain. Difficile d’imaginer que des élus siègent dans le même groupe au Capitole et dans deux groupes distincts lorsqu’il s’agit du conseil métropolitain.

La politique révèle souvent de l’acrobatie. Mais les pirouettes ont des limites.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

28 Sep

Le Tarn département le plus « macroniste » de France : 100% des députés et sénateurs membres de la majorité présidentielle

Un sénateur, proche de la majorité présidentielle, vient d’être élu dans le Tarn. Avec cette élection, tous les parlementaires du département de Jaurès sont membres d’En Marche ou appartiennent au camp « macroniste ».

Emmanuel Macron dans le Tarn . Photo : MaxPPP/DDM/ECayre

Le Tarn a élu, en 2017, le premier maire de l’hexagone a être soutenu par En Marche. Au terme des sénatoriales 2020, le département de Jean Jaurès devient également le seul territoire (métropolitain et ultra-marin) à avoir une représentation parlementaire 100 % « macroniste ».

Avant le renouvellement de ce dimanche 27 septembre, le PS disposait d’un siège. Mais le sénateur sortant, Thierry Carcenac, ne s’est pas représenté. C’est un député, membre de la majorité, présidentielle qui succède au socialiste. L’autre siège était déjà occupé par un sénateur « Macron-compatible ». Philippe Bonnecarrère (Union Centriste) a été réélu.

Au final, les deux sièges du département reviennent donc au camp d’Emmanuel Macron. Mais ce n’est pas tout. Le député nouvellement élu sénateur va devoir laisser son siège à l’Assemblée à sa suppléante. Une suppléante, Murielle Roques-Etienne, qui est membre de…La République En Marche (LaRem).

La nouvelle députée va rejoindre, sur les bancs du Palais Bourbon, les deux autres élu(e)s tarnais qui, eux aussi, portent l’étiquette de…LaRem.

Le conseil départemental est toujours entre les mains du PS. Il semble, d’ailleurs, bien parti pour le rester. Comme pour les Municipales, En Marche manque de ressources humaines pour placer ses pions.

Mais, au niveau des parlementaires, c’est « carton plein ».

La sociologie du « macronisme » est du côté des CSP+ et des métropoles. Mais c’est un territoire rural qui offre sa plus forte implantation territoriale au chef de l’Etat.

La majorité présidentielle vient de subir une série de revers lors de législatives partielles. Le Tarn et les dernières sénatoriales offre à l’Elysée un « lot » de consolation.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

25 Sep

Robert Ménard : « nous partageons des idées » avec la maire (LR) de Montauban, Brigitte Barèges

Le maire de Béziers, Robert Ménard, va participer à une conférence organisée par la maire de Montauban, Brigitte Barèges. Cette rencontre, entre une élue LR et un maire élu avec le soutien du RN,  fait couler de l’encre sur le thème de « l’union des droites » [Interview].

Robert Ménard; maire de Béziers. Photo : PQR/MidiLibre/SBron

Le Blog Politique. Pourquoi avoir accepté l’invitation de la maire de Montauban, Brigitte Barèges ?

Robert Ménard. On se connait. Je l’aime beaucoup. Nous avons déjeuné ensemble à Béziers et c’est avec beaucoup de plaisir que j’ai accepté l’idée d’une conférence.

Le Blog Politique. Quel est le programme de cette conférence commune ?

Robert Ménard. On va parler sécurité, immigration et des dossiers sur lesquels les maires sont les plus compétents pour apporter des réponses. Béziers et Montauban ne se ressemblent pas. Mais il s’agit de villes moyennes qui ont des points communs. L’autre chose qui nous réunit, Brigitte Barèges et moi, c’est la conviction que les solutions viennent du local.

Le Blog Politique. Selon le quotidien Le Parisien, un autre sujet sera abordé : les régionales. Vous confirmez ?

Robert Ménard. On va parler de problèmes de maires mais aussi d’autres sujets. Ce qui hallucinant, c’est la réaction offusquée du Rassemblement National et de Louis Aliot. Même si je m’en fous car je ne me suis pas membre du RN. Il faudrait ériger des murs de Berlin ou, c’est à la mode actuellement, mettre en quarantaine.La réaction des partis politiques est incroyable. Il ne faut qu’ils s’étonnent s’ils perdent  toutes les élections.  Avec Brigitte Barèges nous partageons des idées et peu importe que je ne sois chez Lr (ndlr : Les Républicains).

Propos recueillis par Laurent Dubois (@laurentdub)

24 Sep

Régionales 2021 : le retour d’Archipel Citoyen pour affronter la présidente (socialiste) sortante, Carole Delga ?

La France Insoumise, avec des syndicalistes et des responsables associatifs tend la main aux écologistes pour les prochaines régionales. La formule rappelle l’expérience des municipales à Toulouse avec une « maison commune » réunissant LFI, EELV et des citoyens.

Carole Delga. Présidente du conseil régional d’Occitanie. Photo : Max PPP

L’appel a été lancée ce lundi 21 septembre. Selon une des initiatrices, la conseillère régionale (LFI) Miryam Martin, il a recueilli plus de 1000 signatures. 100 noms ont été rendus publics parmi lesquels figurent l’euro-député Manuel Bompard mais aussi des élus locaux, des responsables d’associations et des gilets jaunes.

Les signataires s’inscrivent clairement dans le calendrier électoral. Les départementales sont visées mais aussi, et même surtout, les régionales de 2021. L’objectif est clair : fédérer  » les citoyennes et les citoyens engagés dans les combats écologiques, sociaux et démocratiques, avec les gilets jaunes, les membres des associations, ONG, syndicats et avec les forces politiques qui partagent…une autre ambition pour la région ».

Cela ressemble à une formule expérimentée à Toulouse, lors des municipales de juin dernier, à savoir la création d’un « Archipel » . Un Archipel baptisé Citoyen et comprenant écologistes, syndicalistes, LFI, associatifs et gilets jaunes. Il manque à la « version régionale » une composante essentielle : Europe Ecologie Les Verts. L’appel, initié par la France Insoumise, vise précisément à tendre la main aux ex-partenaires des municipales à Toulouse.

Les Verts sont (actuellement) sur une logique « autonomiste », comme aux régionales de 2015. De plus, l’expérience des municipales a laissé des traces. Des écologistes reproche à la tête de liste (EELV) d’Archipel Citoyen, Antoine Maurice, d’avoir laisser de trop de places aux Insoumis. Les relations entre LFI et les écolos ne sont pas au beau fixe. Mais une proposition d’alliance est mise sur la place publique par une partie de la gauche.

Le PS est ouvertement désigné pour l’adversaire à battre.

Le nom et l’étiquette politique de la présidente (PS) sortante ne sont pas mentionnés. Mais c’est (totalement) transparent. C’est bien Carole Delga qui est visée.  « Notre démarche vise à bâtir une alternative à la politique menée aujourd’hui par le conseil régional d’Occitanie » précise les signataires de l’appel.

Cette déclaration s’appuie sur un bilan critique de l’action de Carole Delga. « Comment cautionner le choix d’augmenter le temps de travail des agents régionaux sans hausse de salaire ? Comment comprendre le refus d’introduire de véritables contreparties sociales et écologiques aux aides publiques dispensées par la région ? Comment partager le soutien à des projets ruineux et désastreux pour l’environnement, comme l’extension du port de Port-La-Nouvelle, la gare de la Mogère à Montpellier ou à l’autoroute privatisée Castres-Toulouse ? Comment admettre la passivité de l’institution régionale face à la crise sociale qui frappe durement notre région, en particulier dans le domaine aéronautique » soulignent les signataires de l’appel.

Un appel qui s’adresse aux écologistes mais aussi au PC, à Génération-s, à la gauche républicaine et socialiste (GRS) et à la gauche démocratique et sociale (GDS).

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

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