20 Nov

Gers : des fidèles à Macron toujours En Marche mais en ordre dispersé     

Christophe Castaner élu à la tête de LREM ce samedi à Lyon. Et après ? PHOTO AFP JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

Christophe Castaner élu à la tête de LREM ce samedi à Chassieu, près de Lyon. Et après ? PHOTO AFP JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

A l’image de la contestation qui est montée dans les rangs du mouvement à la veille du congrès national, certains marcheurs gersois n’hésitent pas à faire part de leur déception. Mais côté état-major, on nuance en parlant de « fronde » menée par des « déçus qui voulaient des postes et ne les ont pas eus ». Alors LREM, un mouvement toujours En Marche ? Les avis divergent.

Sylvie Theye ne s’est pas « désinscrite » d’En Marche Gers mais elle considère qu’elle n’y est plus. L’ancienne référente du mouvement dans le département n’a toujours pas digéré d’avoir été démise de ses fonctions en octobre dernier. « On m’a juste dit qu’il y avait des problèmes à régler avec certains adhérents et que quelqu’un d’autre s’en chargerait mieux que moi. Mais vu qu’on n’a pas de pouvoir, même en temps que référent, je ne vois pas comment ils vont faire ».

Rien ne fonctionne réellement. On est toujours dans le bluff ».

Jean-Luc Davezac, toujours En Marche, fait sans doute partie de ces adhérents qui posent problèmes. Il ne se cache d’ailleurs pas d’avoir contribué au départ de Sylvie Theye et confirme une gestion flottante du mouvement. « Rien ne fonctionne réellement. On est toujours dans le bluff ». Et ce rocardien socio-démocrate revendiqué de dénoncer une structure verticale qui l’a poussée à se présenter lors des Législatives face à Christopher Soccio pourtant investi sur la deuxième circonscription. « On a écrit des lettres recommandées notamment à Richard Ferran (NDLR : alors secrétaire général d’En Marche) pour lui dire que nous ne voulions pas de ce candidat. Nous n’avons eu aucune réponse» explique Jean-Luc Davezac.

Le nouveau référent du mouvement dans le Gers évoque des « attaques pas du tout acceptables sur le plan éthique à l’encontre de Christopher Soccio». « A En Marche, nous avons une charte de valeur et il faut qu’ils se conforment à notre ADN » prévient Bertrand Gonthiez. Jean-Luc Davezac estime pourtant représenter la majorité des adhérents, avec ses comités alliés, soit 70% des 400 marcheurs du Gers. « Complètement faux » rétorque son référent départemental préférant parler d’ «une poignée de frondeurs ». « Il  y a forcément des déçus, des personnes qui visaient des postes par ambition personnelle. Je suis prêt à discuter mais maintenant, s’ils veulent partir, qu’ils partent ».

Christopher Soccio, candidat officiel à la députation, battu après le ralliement de Davezac et de ses 5% à la candidate socialiste sortante Gisèle Biémouret, ne comprend pas ceux qui critiquent le mouvement. « Tous ceux qui veulent s’engager aujourd’hui peuvent le faire. Jeudi dernier encore, nous tractions dans les rues d’Auch pour expliquer le projet présidentiel ». Celui qui se décrit comme issu de la société civile et délégué syndical, ne trouve aucune justification au mouvement des Marcheurs en colère. « Ils se servent du congrès de ce week-end pour faire parler d’eux. D’ailleurs leur leader veut monter son propre parti. »

Un stock de main d’œuvre pour distribuer les tracts et coller les affiches »

Pierre Painblanc est unanimement reconnu comme celui qui a lancé le mouvement dans le département en 2016. Ce citoyen belge, installé dans le Gers depuis une dizaine d’année, estime avoir désormais un certain recul sur les choses. « Quand les comités ont commencé à travailler, nous nous réunissions tous les quinze jours pour débattre autour de thèmes définis par la direction nationale. Nous devions ensuite faire remonter les éléments de notre réflexion pour alimenter le programme présidentiel. Mais on s’est aperçu que Paris ne tenait absolument pas compte de nos travaux. L’objectif réel de ces thèmes imposés était simplement de créer un sentiment d’appartenance et d’avoir un stock de main d’œuvre pour distribuer les tracts et coller les affiches ».

Et une question de tarauder d’autres marcheurs : « peut-on émettre des critiques contre le mouvement sans passer pour des pestiférés ? » Cette question, Jean Pierre Laurens se la pose plus que jamais. «Dans la philosophie de LREM, il y a « la bienveillance ». Un mot terrible car si vous êtes critique vous n’êtes plus bienveillant ». « Ce parti est complètement démocratique » répond le référent LREM du Gers. « On peut bien entendu débattre  chez nous. Quant à la verticalité du parti, je ne suis pas du tout d’accord. On fait régulièrement remonter les problématiques de notre territoire au Conseil National dont je fais partie » assure Bertrand Gonthiez.

« On distingue bien Macron et sa politique de son appareil. Du côté de l’appareil, ça ne va plus du tout » alerte Pierre Painblanc. L’initiateur du mouvement dans le Gers n’hésite pas à parler aujourd’hui de « deux clans qui se haïssent » dans ce département. « Gonthiez est le plus petit dénominateur commun. Il est arrivé avec un grand vœu de réconciliation œcuménique mais je lui ai dit que ça ne marcherait pas comme ça» affirme sans détour celui qui dit qu’il suffirait de peu de choses pour qu’il envoie balader son engagement.

On peut bien entendu débattre  chez nous »

Lui n’en est peut-être pas encore là mais Jean-Pierre Laurens s’interroge sur « le fonctionnement démocratique particulier » du mouvement. Pour lui, l’élection à la Présidence du mouvement de Christophe Castaner en est l’illustration. « Mais en même temps c’est logique » sourit-il avant d’enchaîner : « la logique n’empêche pas la critique ». « Nous ne sommes pas obligés de fonctionner comme un parti politique classique » explique Bertrand Gonthiez. « Notre projet collectif est de faire en sorte de placer les citoyens au cœur de l’action. Nous voulons faire émerger des initiatives pour l’amélioration de leur vie quotidienne à l’échelle d’une commune ou d’un quartier ».

Tout en voyant en son nouveau référent «un gars très bien», Jean-Pierre Laurens se permet toutefois d’émettre  des réserves et de revenir aux fondamentaux. « L’objectif d’un parti politique c’est d’avoir un maximum d’élus à chaque scrutin, mais aussi de développer un corpus idéologique. A En Marche, il n’y en a pas. » « LREM est obligé de gagner les Municipales parce que, pour l’instant, le mouvement n’a pas d’assise dans la population » prévient Pierre Painblanc. Vu le climat actuel, pas évident que LREM retrouve, pour les prochaines échéances électorales, sa « main d’œuvre » comme certains se qualifient.

Patrick Noviello (@patnoviello)

La conseillère régionale (ex-LR) Jennifer Courtois-Périssé intègre la direction d’En Marche : et maintenant ?

Jennifer Courtois-Périssé, vient d’être élue au bureau exécutif d’En Marche. La conseillère régionale va-t-elle utiliser ses nouvelles responsabilités comme un tremplin ?

Jennifer Courtois-Périssé. Conseillère régionale d'Occitanie

Jennifer Courtois-Périssé. Conseillère régionale d’Occitanie

 L’entrée de Jennifer Courtois-Périssé dans les instances nationales d’En Marche était acquise d’avance. Le vote, formalisé à Lyon ce samedi 18 novembre, était une simple formalité. La jeune conseillère régionale d’Occitanie figurait sur une liste archi-favorite, concoctée par Christophe Castaner et composée des principales figures de la « macronie ». Le plus dur était d’intégrer la « short list ». Et Jennifer Courtois-Périssé disposait des bonnes clés. La jeune élue dispose de solides entrées et sérieux appuis à Paris. Jennifer Courtois-Périssé a notamment le soutien d’un des hommes forts du gouvernement, le ministre des Comptes Publics, Gérarld Darmanin.

Au niveau départemental, Jennifer Courtois-Périssé a été confrontée à des résistances et même à une franche hostilité. Des responsables d’En Marche n’ont pas apprécié l’arrivée dans leur mouvement de la conseillère régionale. Une « campagne » locale a « tapé » sur  son parcours et son profil. Jennifer Courtois-Périssé est issue des rangs de la droite. Elle a travaillé au ministère de l’Emploi aux côtés de Laurent Wauquiez. Ce pedigree déplaît à des « marcheurs » issus du parti socialiste. Ils l’ont fait savoir et ils ne font pas toujours dans la « dentelle ». Monique Iborra soutient Jennifer Cortois-Périssé. En revanche, certains de ses ex-camarades s’opposent à la conseillère régionale du Comminges.

Ces péripéties n’ont absolument  pas entravé la « marche » de Jennifer Courtois-Périssé. Peu de temps après sa démission de Les Républicains et son adhésion à En Marche, la jeune élue régionale se retrouve dans le cénacle du nouveau parti d’Emmanuel Macron. Cette arrivée « en trombe » alimente toutes les rumeurs. La première concerne une place sur la liste de Jean-Luc Moudenc aux prochaines municipales. L’hypothèse d’une ouverture aux « macronistes » circule et le nom de Jennifer Courtois-Périssé avec.

Contactée par France 3 Occitanie, la conseillère régionalise rejette cette éventualité :

Je suis très à ma mairie de Rieumes. Ce n’est pas dans mon esprit et dans mes projets. Et je pense que ce n’est pas non plus le projet de Jean-Luc Moudenc

Une candidature aux législatives est également évoquée. Dans le Comminges, il existe un risque d’annulation de l’élection de Joël Aviragnet. Le conseil constitutionnel doit se prononcer dans les prochaines semaines. Jennifer Courtois-Périssé candidate ? Des adhérents d’En Marche en parlent. Mais, selon nos informations, le candidat malheureux de juin 2017, Michel Montsarrat reste le candidat naturel.

Dans toutes ces spéculations, il existe au moins une certitude. Jennifer Courtois-Périssé reste au groupe Union des Elus de la Droite et du Centre au conseil régional. La nouvelle responsable d’En Marche a démissionné de son ancien parti, Les Républicains. Suite à cette démission, Jennifer Courtois-Périssé a laissé le choix à ses camarades : stop ou encore. Selon la conseillère régionale, c’est la seconde option qui est ressortie. Jennifer Courtois-Périssé n’a donc pas besoin de basculer chez les « non inscrits ». C’était la seule option possible en l’absence d’un groupe En Marche au conseil régional d’Occitanie.

Dans les prochains jours, l’organisation du nouveau bureau exécutif d’En Marche va se mettre en place. Une réunion avec Christophe Castaner est prévue et des annonces doivent intervenir. Jennifer Courtois-Périssé va pouvoir se consacrer à ses nouvelles responsabilités sans se soucier des formalités pour un changement de groupe au conseil régional.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

17 Nov

Fusion des Radicaux : l’opposition de la députée européenne (PRG), Virginie Rozière

Les radicaux doivent mettre fin à 45 ans de division et fusionner dans une nouveau parti. Une partie du PRG s’oppose à cette réunification.

Virginie Rozière, députée européenne (PRG). Photo : MaxPPP

Virginie Rozière, députée européenne (PRG). Photo : MaxPPP

Ce mercredi 15 novembre, le comité directeur du PRG s’est prononcé sur une ré-union des radicaux de gauche et « valoisiens ». Depuis 1972 et la création, par l’aveyronnais Robert Fabre, du Mouvement des Radicaux des Gauche, la famille radicale est divisée. Un processus de réunification est en cours. Il doit aboutir, le 9 décembre prochain, à la création d’un « grand » parti radical . Mais ce scénario se heurte à des résistances. Ou du moins des réticences. Les deux partis radicaux pratiquent le « centralisme démocratique ». La fusion est « décrétée » par le Haut. L’issue ne fait pas de doute. L’adresse du nouveau siège est même connue d’avance

Les « opposants » ne pourront pas bloquer le processus. Mais ils font entendre leurs voix. Dans le département de la présidente du PRG, Sylvia Pinel, des militants ne cachent pas leur refus de rejoindre leurs anciens frères ennemis du centre droit. Dans les couloirs du conseil régional, une figure radicale de gauche, Dominique Salomon, exprime des réserves. Mais toutes ces expressions restent confiner.Une parlementaire d’Occitanie, Virginie Rozière, s’exprime, quant à elle, sur sa page Facebook.

La députée européenne reconnait qu’une « majorité nette » est favorable au projet de Fusion. Mais Virginie Rozière s’appuie sur la consultation du comité directeur (1/3 des membres ont voté contre une Fusion) pour réaffirmer sa position :

Les orientations politiques divergentes des valoisiens et des radicaux de gauche se manifestent tous les jours dans nos choix politiques respectifs, nationaux – soutien à Nicolas Sarkozy pour les uns, à François Hollande pour les autres – ou européens : CETA et TAFTA, contrôle des émissions polluantes, harmonisation sociale, lutte contre l’évasion fiscale, nos désaccords sont trop nombreux et trop profonds pour être balayés d’un revers de main. La fusion des deux partis dans ces conditions ne peut qu’être source de confusion quant à nos propositions politiques

Le nom de Virginie Rozière circule pour les prochaines municipales à Montpellier. Mais une échéance politique bien plus proche attend la députée européenne du Sud-Ouest. Virginie Rozière va devoir se positionner dans les prochaines semaines, lors de la Fusion des radicaux. La création du nouveau parti radical risque d’entraîner le départ d’une personnalité forte du PRG.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

Grogne Intersyndicale au Conseil Régional d’Occitanie

Deux syndicats du Conseil Régional manifestent, la semaine prochaine, contre une augmentation du temps du travail sans compensation salariale.

Hôtel de Région - Montpellier

Hôtel de Région – Montpellier

Les 21 et 23 novembre prochains, l’intersyndicale CGT et Sud du conseil régional d’Occitanie organise des rassemblements à Toulouse et Montpellier. Cette mobilisation porte sur un projet d’augmentation du temps du travail dans les services généraux et pour le personnel en charge de l’entretien dans les lycées. Un agent réalise actuellement 1556 heures de travail par an. L’administration régionale veut ajouter, en fonction des postes, entre 40 et 140 heures à ce volume horaire. Cette mesure tient compte des préconisations d’un rapport de la Cour des Comptes.

Pour l’intersyndicale, il s’agit de maintenir le dispositif actuel et l’application de dispositions législatives permettant de compte des situations particulières. Actuellement, le personnel du conseil régional d’Occitanie ne respecte pas le quota (1607 heures) mis en avant par la Cour des Comptes. Mais, le représentant de la CGT, Didier Praneuf, « la loi n’a pas changé et elle prévoit de tenir compte de sujétions particulières. L’entretien et la restauration sont des métiers usant. La loi autorise des diminutions de temps de temps. On demande simplement de maintenir l’existant« . Pour le syndicaliste, la mesure envisagée par l’administration régionale est contre-productive : « augmenter de 9 à 12 minutes par jour le temps de travail ne va pas améliorer la productivité mais cela va démotiver les agents« .

L’autre sujet qui fâche concerne l’absence de compensation salariale. Le 7 décembre prochain, le régime indemnitaire sera fixé. Mais, pour le moment, la représentante de Sud, Diane Guenot, estime que rien n’est prévu pour compenser l’augmentation du temps de travail des agents. Même constat du côté de la CGT.

L’Hôtel de Région n’a pas la même version des faits. L’administration régionale évoque une préservation du volume global des jours de congés mais également d’une « harmonisation par le haut des régimes indemnitaires pour les rémunérations les plus basses dès le mois d’octobre 2016 et (qui) se poursuivra en 2018 pour l’ensemble des personnels » et d’une « politique volontariste forte en matière d’amélioration des conditions de vie de tous les agents régionaux ».

Ces garanties ne suffisent visiblement pas. Les rassemblements prévus devant les hôtels de Région de Toulouse et Montpellier, devant les lycées et les maisons de la Région dans les départements doivent permettre une réouverture des négociations. Du côté de l’administration régionale, une chose est certaine. Un éventuel dialogue ne peut pas se traduire par un retour en arrière. Contacté par France 3 Occitanie, le conseil régional précise :

La Région respecte tout simplement la loi. La collectivité se met en conformité avec la durée annuelle légale du temps de travail, fixée à 1600 heures, plus la journée de solidarité. Conformément au décret du 12 juillet 2001 ainsi qu’à l’arrêt du Conseil d’Etat, cette durée annuelle constitue un plancher et un plafond. Ce n’est pas une décision unilatérale de la Région Occitanie, c’est la loi qui l’impose

L’Hôtel de Région précise :

Une concertation sur le temps de travail avec les organisations syndicales s’est déroulée de février à octobre 2017, au cours de 8 sessions de travail, selon la feuille de route annoncée dès le mois de février par la présidente

Malgré cela, des critiques existent côté syndicat. Un syndicaliste appelle à un changement de méthode : « on rencontre souvent le directeur général des services et des directeurs généraux adjoints mais on ne connait pas les limites de leurs missions. Carole Delga, c’est elle la patronne et on ne la voit pas. Elle n’est jamais là« .

Au-delà d’un problème de management, l’intersyndicale pointe également l’impact de la fusion des deux ex-régions, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. La création de l’Occitanie a bouleverser le rythme de vie des agents. Notamment celle des cadres. Un syndicaliste déclare : « la navette (ndlr Toulouse-Montpellier) est saturé. Les réservations des voitures sont saturés. Les temps de déplacements ont explosé. C’était inévitable à partir du moment ou l’on travaille sur deux sites, Toulouse et Montpellier« .

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

15 Nov

En Marche ! se met en Mouvement dans le Tarn

Première réunion publique pour La République En Marche à Mazamet ce 15 novembre à 18 heures 30. D’autres rencontres sont prévues, sur l’ensemble du Tarn, dans les prochains mois.

Siège national de LREM à Paris. Photo : MaxPPP

Siège national de LREM à Paris. Photo : MaxPPP

Le nouveau parti d’Emmanuel Macron a du mal à franchir une marche. Celle d’un véritable mouvement, organisé et actif. La République En Marche a permis d’envoyer des députés à l’Assemblée. Il a franchi le cap des législatives. Mais En Marche doit s’inscrire dans la durée et s’implanter localement. Dans certains départements, à l’image de la Haute-Garonne, les réunions sont quasiment inexistantes. Dans d’autres coins et recoins d’Occitanie, c’est l’absence de moyens financiers et une impression de « bricolage » qui décourage les troupes.

Dans ce contexte morose, les « marcheurs » du Tarn se bougent. Le Tarn n’échappe pas à un certain vague à l’âme. Mais le référent départemental, Clément Baller, réagit et prend des initiatives. Ce 15 novembre, à Mazamet, Clément Baller organise une réunion publique, ouverte à tous les citoyens. Le député de la circonscription, Jean Terlier, sera à la tribune. Pas de thème particulier. Le patron des marcheurs tarnais estime que l’actualité est suffisamment riche pour permettre le dialogue. Les échanges et un jeu de « questions-réponses » sont le but affiché de cette « première ».

D’autres événements sont prévus. A Gaillac et à Réalmont, les personnes intéressées pourront, prochainement, rencontrer les députés Philippe Folliot et Marie-Christine Verdier-Jouclas.

Parallèlement à ces animations dans les circonscriptions, Clément Baller annonce des rencontres thématiques sur la loi de Finances ou les questions d’éducation.

Le responsable d’En Marche dans le Tarn pense que cette mobilisation sur le terrain peut permettre de renouer les liens entre les citoyens et la politique.

Le succès de l’entreprise se mesurera à un premier indice : le nombre de chaises occupées. C’est un vrai challenge et même un véritable défi. Pas évident de remplir les salles. Les « vieux » partis de l’Ancien monde en savent quelque chose. Même le très implanté parti socialiste a vu, en moins de dix ans, ses réunions se vider. Y compris dans une vieille terre socialiste comme le Tarn. S’agissant des citoyens « ordinaires », la mobilisation est encore plus compliquée. Le pari de Clément Baller est risqué. Les opérations d’En Marche dans le Tarn peuvent faire « pschitt ». Mais elles ont au moins une vertu : démontrer qu’En Marche est en Mouvement.

Laurent Dubois (@laurentdub)

14 Nov

Le « vrai-faux » test municipal d’En Marche dans le Tarn

C’est une première nationale. Un représentant d’En Marche brigue un fauteuil de maire dans le Tarn. Mais le Marcheur-candidat aux municipales de Saint-Sulpice ne porte pas le dossard de son parti.

Photo : MaxPPP/Tanguy

Photo : MaxPPP/Tanguy

Le 26 novembre prochain, un scrutin municipal va se dérouler dans la commune de Saint-Sulpice. Il est lié à une cascade de démissions : 46 depuis 2014. Cette élection « anticipée » est censée être une première pour La République En Marche. C’est le 1er test local pour le nouveau parti du président de la  République.

En effet, un des candidats à l’Hôtel de Ville, Raphaël Bernardin, porte les couleurs du parti d’Emmanuel Macron. C’est le référent local du mouvement et il a dirigé la campagne du député LREM, Jean Terlier.

Au regard de ce « pedigree« , aucun doute possible, le 1er maire En Marche de l’Hexagone peut être tarnais.

Emmanuel Macron a des édiles locaux à ses côtés. Le plus célèbre et influent est le 1er magistrat de Lyon, Gérard Collomb. En Occitanie, le chef de l’Etat peut également compter sur le maire de Montpellier, Phillipe Saurel, et celui de Rodez, Christian Teyssèdre. Mais, pour le moment, aucun maire n’a été élu sous l’étiquette LREM. C’est parfaitement normal. Le parti « macroniste » n’existait pas, en 2014, lors des dernières municipales. La consultation « anticipée » de Saint-Sulpice transforme, de facto, le Tarn en « laboratoire politique » pour un test « grandeur nature ».

Cet aspect politique n’a pas échappé aux instances de La République En Marche. Selon nos informations, un mail a été envoyé aux Marcheurs pour les inciter à se mobiliser pour leur candidat. Plusieurs sources indiquent que le député En Marche Jean Terlier s’est aussi fortement impliqué. Néanmoins, cette mobilisation reste symbolique. Contacté par France 3 Occitanie, Raphaël Bernardin, précise qu’il s’est mis « en veille » de son rôle d’animateur local d’En Marche. La liste déposée en préfecture ne porte pas l’estampille du parti présidentiel. Raphaël Bernardin souligne que ses colistiers viennent du PS ou appartiennent à la société civile. La liste constituée par le responsable local d’En Marche contient, en tout et pour tout, 2 Marcheurs.

En cas de victoire, la République En Marche ne pourra pas revendiquer une première réussite locale. Mais, en cas d’échec, le parti d’Emmanuel Macron ne devra pas non plus encaisser un camouflet.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

13 Nov

L’ancien ministre (PS) Martin Malvy souhaite la réussite d’Emmanuel Macron…et s’explique auprès de ses camarades socialistes

L’ancien ministre (PS) et président de Région, Martin Malvy, déclare publiquement qu’il souhaite la réussite d’Emmanuel Macron. Il contacte ensuite la Fédération socialiste du Lot et dénonce un malentendu.

Martin Malvy, ancien président de Région et ex-ministre PS. Photo : MaxPPP

Martin Malvy, ancien président de Région et ex-ministre PS. Photo : MaxPPP

Ancien ministre, président de Région pendant 18 ans, conseiller général puis député du Lot, Martin Malvy est une figure du PS. C’est même LA personnalité socialiste de Midi-Pyrénées. Après un parcours politique exemplaire et son départ du conseil régional, Martin Malvy n’est pas simplement le président d’une importante communauté de Communes, Le Grand Figeac. C’est une véritable référence pour sa famille politique. Les paroles de Martin Malvy ont forcément du poids. Son interview sur le site d’un hebdomadaire local, La Vie Quercynoise, avait toutes les chances d’attirer l’attention. Mais, vu la teneur des propos, aucun doute, les oreilles vont se dresser.

Martin Malvy déclare :

Nous sommes à un moment de notre histoire politique qui est particulier et dont personnellement je souhaite qu’il réussisse. Parce que si Emmanuel Macron devait échouer, ce n’est pas seulement l’homme politique qui échouerait, c’est le pays tout entier qui échouerait, car aujourd’hui il ne resterait d’alternative que Mélenchon ou Le Pen. Je ne confonds pas les deux, mais je ne veux ni de l’un, ni de l’autre

Ces propos n’ont rien de provocateur. Un socialiste lotois, proche de Martin Malvy, précise : « Martin Malvy ne dit pas autre chose que Bernard Cazeneuve. Macron doit réussir parce qu’il n’y a pas d’autre solution« . Visiblement cette explication de texte n’est pas évidente. En tout cas, elle a échappé au principal intéressé c’est-à-dire à Martin Malvy. Selon nos informations, l’ancien président de Région a contacté la fédération socialiste du Lot pour démentir ou du moins revenir sur ses propos. L’ancien ministre socialiste aurait été mal compris. Ses propos sont mal retranscris. Dans une autre vie, Martin Malvy a été journaliste et il serait tombé sur un ex-confrère pas très professionnel.

Cette justification démontre une chose. Pour un socialiste « historique », il n’est pas simple de dire du bien d’Emmanuel Macron.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

Carole Delga lance des consultations citoyennes sur les Transports et l’Alimentation

La présidente de Région, Carole Delga, va organiser des « votes » citoyens sur la question des Transports et de l’Alimentation.

Carole Delga, ancienne ministre et présidente de la Région Occitanie. Photo : MaxPPP

Carole Delga, ancienne ministre et présidente de la Région Occitanie. Photo : MaxPPP

L’annonce a été faite lors de l’Assemblée Plénière du vendredi 3 novembre. Mais le principe remonte à une conférence des présidents de commissions organisée le 5 octobre dernier à Narbonne. Le conseil régional d’Occitanie va organiser, à partir du 1er semestres 2018, une consultation citoyenne. Les habitants de la région vont pouvoir s’exprimer sur les Transports et l’Alimentation. Cette grande concertation est le seconde du genre. Du 9 mai au 10 juin 2016, un « vote « sur le nom de la Région a été organisé. La LGV, l’Intermodalité et les « circuits courts » entre producteurs et consommateurs constituent le nouvel épisode d’une concertation citoyenne défendue par Carole Delga.

Des consultations identiques au « vote » sur le Nom de la Région

La présidente de Région a un slogan « le terrain est mon bureau« . Carole Delga souhaite également imposer une marque de fabrique : une démocratie régionale participative. Juridiquement, les consultations sur le nom de la Région, l’Alimentation ou les Transports, sont uniquement « consultatives ». Mais, comme le précise le président du Bureau du conseil régional, « plus la participation est élevée, plus le résultat est clair et plus la consultation s’imposera au conseil régional ».

Les consultations programmées pour 2018 reposeront sur le même format que le « référendum » sur le nom de la Région : 1 mois. Le corps « électoral » sera, très probablement, identique : les personnes habitants dans la Région et pas seulement les électeurs inscrits sur les listes électorales. Autrement dit, les lycéens devraient pouvoir participer.

En revanche, des leçons ont été tirées. Selon nos informations, le « vote » devrait se dérouler uniquement sur internet, pas de support papier. Pour le baptême de la Nouvelle Région, des encarts ont été publiés dans la presse hebdomadaire régionale. Ces « bulletins de vote » papiers représentaient 10% des « suffrages ». Mais ils ont absorbé 90% du budget de la consultation.

Des consultations « 100% Web »

Gérard Onesta affiche une impératif : la maîtrise des coûts. C’est donc une formule « 100% Web » qui se dessine. Pour assurer une ouverture optimale, les ordinateurs des Centres d’Apprentis et des Maisons de la Région dans les départements pourraient être accessibles. Si des « votants » potentiels ne disposent pas d’une tablette, d’un smartphone ou d’un PC, ils pourront malgré tout « voter ». Des consultations exclusivement numériques soulèvent des défis techniques. Lors de la consultation sur le Nom de la Région, des « bugs » se sont produits. Quelques heures avant l’ouverture du « vote », le logiciel n’était pas encore opérationnel. Le conseil régional va devoir « verrouiller » les aspects techniques. Des questions pratiques vont devoir être réglées. Une solution doit notamment garantir que seuls les habitants de la Région participent à la consultation. Le principe « 1 clic=1 vote » et l’impossibilité de votes multiples par une même personne sont également impératifs.

C’est une question de crédibilité politique. Un « couac » porterait atteinte au sérieux et à l’intérêt de la consultation. Mais, une « sécurisation » du « vote » est surtout une obligation juridique. Le conseil d’Etat s’est prononcé sur le choix du nom de la Région sur la base d’un « vote » citoyen. La plus haute juridiction administrative française a précisé que le périmètre (qui peut voter) conditionne la validité de la consultation. Le conseil régional a quelques semaines pour traduire dans les faits ce cahier des charges.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

10 Nov

Une élue d’Occitanie, l’ex-LR Jennifer Courtois-Périssé, à la direction d’En Marche ?

Une conseillère régionale d’Occitanie, Jennifer Courtois-Périssé, est sur une liste pour composer le 1er Bureau Exécutif du nouveau parti d’Emmanuel Macron. Particularité, elle vient de quitter le parti Les Républicains.

Jennifer Courtois-Périssé. Conseillère régionale d'Occitanie

Jennifer Courtois-Périssé. Conseillère régionale d’Occitanie

Le 18 novembre prochain, à Lyon, un vote à main levée va désigner le 1er Bureau Exécutif de La République En Marche (LaReM). Quatre listes sont en compétition et toutes n’ont pas les mêmes chances. Une jeune élue d’Occitanie est sur la liste « favorite ». La conseillère régionale, Jennifer Courtois-Périssé, est sur la liste qui doit, normalement, remporter le scrutin. C’est celle du futur délégué général du parti et actuel secrétaire d’Etat en charge des relations avec le Parlement, Christophe Castaner.

Une liste élue d’avance ?

Les élections internes peuvent toujours réserver des surprises. Mais LaReM est un parti créé par et pour Emmanuel Macron. Le chef de l’Etat a désigné Christophe Castaner. Le porte-parole du gouvernement est le seul candidat au poste de délégué général. Il est élu avant le vote. Mais Christophe Castaner « tire » également une liste pour le Bureau Exécutif et ses candidats sont bien partis pour être désignés. Ce scénario écrit d’avance fait grincer des dents en interne. Selon nos informations, des adhérents demandent un vote à bulletin secret. Ils ont bien compris que le vote à « mains levées » verrouille le scrutin car il est possible de savoir « qui vote pour qui ». Les éventuels dissidents doivent avancer à visage découvert et sont facilement identifiables. La crainte d’éventuelles « représailles » (sous forme, par exemple, de « black-listage ») peut retenir et contenir les « opposants » à la la liste Castaner. Une liste qui a d’ailleurs, sur le papier, 4 concurrentes. Malgré tout, la liste Castaner reste la mieux placée. La seule représentante d’Occitanie est bien partie pour décrocher le sésame.

Une ex-LR au Bureau Exécutif d’En Marche !

La liste Castaner repose sur des équilibres politiques. Elle inclut le président du groupe En Marche ! à l’Assemblée, Richard Ferrand. Mais elle intègre également le patron des sénateurs « macronistes », l’ex-socialiste François Patriat. Au-delà de la représentation des deux chambres, les origines politiques sont également prises en comptes. Des personnalités de droite et de gauche sont présentes. Les têtes d’affiches que sont Richard Ferrand et François Patriat sont issus du parti socialiste. Mais la droite n’est pas absente. C’est le cas de Jennifer Courtois-Périssé. La jeune élue locale a décroché des mandats locaux (conseil départemental, mairie de Rieumes, conseillère régionale) sous la bannière de la droite et du centre. Elle est la suppléante d’un sénateur qui a demandé à rejoindre le groupe LR au Sénat. Mais elle a démissionné des Les Républicains.

Jennifer Courtois-Périssé s’inscrit dans la mouvance de Gérald Darmanin. L’élue d’Occitanie est proche d’un ministre venant, lui aussi, des Les Républicains. C’est, d’ailleurs, cette proximité politique qui a permis à Jennifer Courtois-Périssé de gravir rapidement les échelons au sein de La République En Marche. Mais la conseillère régionale n’a pas souhaité rester dans son parti d’origine et faire jouer une « clause » des statuts d’En Marche : la double appartenance.

Laurent Dubois (@laurentdub)

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