20 Oct

Jean-Luc Mélenchon et l’accent toulousain : Nadia Pellefigue (PS) entre humour et condamnation

Jean-Luc Mélenchon s’est moqué de l’accent du Midi d’une journaliste. La Toulousaine Nadia Pellefigue trouve un point positif dans la polémique : la médiatisation d’un mot exprimant une discrimination en raison de l’accent.

Nadia Pellefigue

Le lendemain d’une série  de perquisitions (agitées), Jean-Luc Mélenchon s’est moqué, lors d’un point presse, de l’accent d’une journaliste. Le leader de la France Insoumise a justifié son attitude par un retour à l’envoyeur. Le député des Bouches-du-Rhône a cru que la journaliste d’origine toulousaine se moquait de l’accent…marseillais.

Cette défense n’a pas calmé la tempête médiatique. Pour la Toulousaine Nadia Pellefigue la polémique va profiter à une catégorie de la population (avec ou sans accent toulousain) : les amateurs de Scrabble. Pour la vice-présidente du conseil régional c’est « la semaine où tu augmente tes chances au Scrabble en découvrant la glottophobie ».

Nadia Pellefigue vient de publier un Abécédaire qui contient du vocabulaire « toulousain » (pur sucre) avec Chocolatine à la lettre C. La prochaine édition pourra intégrer le G de glottophobie avec un « spécial dédicace » à Jean-Luc Mélenchon. Sans la langue (fourchue) du leader de la France Insoumise, le vocable serait resté confiner au cercle des linguistes.

La conseillère régionale ne réagit pas seulement en amatrice de la langue de Molière.

Nadia Pellefigue est une Toulousaine qui a pris la plume. Mais c’est surtout une élue de Toulouse. Et pas n’importe laquelle. On prête une ambition municipale à Nadia Pellefigue Son chemin vers le Capitole croisera forcément la France Insoumise. Avant le 1er ou à la veille du  2nd Tour, sous forme d’une alliance ou d’une fusion de liste. Cela complique un peu les choses s’agissant des « sorties de route » de Jean-Luc Mélenchon. Impossible de ne pas condamner à l’image de la présidente de Région et d’autres élus « à accent ». Difficile de « taper » sur le leader d’alliés encore virtuels mais incontournables.

Aussi, s’agissant de l’aspect politique, Nadia Pellefigue se contente d’un « la démocratie n’a pas marqué de points ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

 

 

18 Oct

Campagne #Balance Ton Maire : le député (En Marche) du Gers, Jean-René Cazeneuve, dit STOP

La République En Marche (LaRem) a lancé une campagne #BalanceTonMaire et publie la liste des communes ayant augmenté leur fiscalité. Le député (En Marche) du Gers, Jean-René Cazeneuve prend ses distances et dénonce une dérive populiste.

Jean-René Cazeneuve, député En Marche du Gers. Photo : MaxPPP

Les contribuables bénéficient d’un abattement de 30% sur leur taxe d’habitation 2018. C’est un prélude à une disparition étalée sur 3 ans.  Cette réforme fiscale butte toutefois sur un obstacle. Des communes ont augmenté leur fiscalité locale. Dans certaines localités, cette hausse annule le cadeau fiscal du gouvernement.

Gérald Darmanin a réagi en publiant la liste des communes concernées.

LaRem est allée plus en loin. Le parti d’Emmanuel Macron a lancé un hastag #BalanceTonMaire. L’opposition pointe un parallèle avec la campagne #BalanceTonPorc. Une campagne lancée en octobre 2017 pour dénoncer les agressions sexuelles.

Le député du Gers, Jean-René Gers, est un Marcheur. Mais il n’apprécie pas non plus l’initiative de ses compagnons de parti. Le parlementaire « condamne fermement ». Jean-René Cazeneuve assimile #BalanceTonMaire » à du populisme.

 

Le parlementaire Gersois n’est pas le seul membre de la majorité à prendre ses distances. Le président du groupe LaRem à l’Assemblée, Gilles Legendre, parle d’une « erreur » et d’une initiative « de militants marginaux ».  La nouvelle ministre des Collectivités, Jacqueline Gourault, a également fait un mea culpa.

Les relations sont très tendues entre la « macronie » et les élus locaux. Le gouvernement et une partie de la majorité ont compris qu’il est inutile de jeter de l’huile sur le feu.

Laurent Dubois (@laurentdub)

17 Oct

Nouveau groupe politique à l’Assemblée : les explications de la députée Jeanine Dubié.

Un record dans l’histoire de la cinquième République,  un huitième groupe appelé « Libertés et Territoires » s’est constitué aujourd’hui. Il compte 16 députés dont deux PRG, la députée des Hautes-Pyrénées et l’élue de Tarn et Garonne Sylvia Pinel. Jeanine Dubié nous explique la genèse et l’objectif de ce groupe.

Jeanine Dubié, lors d’une séance de questions au gouvernement, le 19 juin dernier. Photo Thomas Padilla/MAXPPP –

Le Blog Politique : Comment se situe ce groupe sur l’échiquier politique ?

Jeanine Dubié : Ça c’est une question de l’ancien monde (rires) ! Nous sommes un groupe indépendant qui balaie tout le panel de l’échiquier politique. La liberté de vote en est le socle. On est inclassable. Personne ne pourra engager le groupe sauf si nous sommes tous d’accord.

La liberté de vote est notre socle »

Le Blog Politique : Comment vous situez-vous par rapport au groupe des marcheurs et à la majorité présidentielle ?

Jeanine Dubié : Si un projet de loi nous convient, nous le voterons. Si ce n’est pas le cas, nous nous y opposerons. C’est ce que chacun de nous a fait jusqu’à présent. Vous savez, au moment des Législatives, j’aurais pu choisir de rejoindre En Marche. Dans la nuit du 10 au 11 mai 2017, j’ai reçu un coup de fil. « Si tu t’inscris chez En Marche, tu n’auras pas de candidat en face » m’a-t-on annoncé. J’ai choisi de rester sous l’étiquette PRG et j’ai été élue.

Le Blog Politique : Sylvia Pinel n’a pas eu de candidat En Marche face à elle en Tarn et Garonne…

Jeanine Dubié : Manuel Valls non plus ! Il y a eu des exceptions comme celles-là et d’autres, notamment pour les anciens membres du gouvernement.

Ancrés dans nos territoires »

Le Blog Politique : Où en est le PRG aujourd’hui ?

Jeanine Dubié : Dans ce huitième groupe, il ne reste que Sylvia et moi issues du PRG historique. La réunification des deux familles radicales a créé des bouleversements. De toute façon, toutes les formations politiques ont été ébranlées après la Présidentielle. Et nous, avec une implantation concentrée dans le sud-ouest, encore plus.

Le Blog Politique : Comment est né ce groupe que vous avez donc intégré aujourd’hui ?

Jeanine Dubié : Cela fait neuf mois qu’on y travaille. Nous, radicaux, avions un groupe sous l’ancienne mandature, mais comme certains sont partis à En Marche, ça n’était plus possible. Le chemin a été long. Le fait d’être tous ancrés dans nos territoires face aux peu d’égards du pouvoir central nous a réunis. Il ne fallait pas s’unir pour s’unir. S’il n’y a pas de socle dans un groupe, il y a toujours la menace que certains s’en aillent. Il y a des dossiers qui nous tiennent à cœur comme celui de la fin de vie, la PMA, la justice sociale aujourd’hui oubliée ou encore l’objectif d’obtenir plus de libertés individuelles.

D’autres vont nous rejoindre ! »

Le Blog Politique : Mais comment comptez-vous peser à seize députés à l’assemblée nationale ?

Jeanine Dubié : Comme quand nous étions 17 dans notre groupe radical sous la précédente mandature. Nous sommes deux par commissions. Il faut travailler voilà tout. Mais je pense que nous ne resterons pas seize très longtemps. D’autres vont nous rejoindre. Il faut porter une voix différente sans être des aboyeurs permanents. Quand j’entends qu’on veut réduire le nombre de parlementaires, je dis « ok mais équitablement ! » Je  vois difficilement comment enlever un député dans les Hautes-Pyrénées.  Je le dis d’autant plus librement que je ne me représenterai pas. Aujourd’hui on entend dire qu’il faut recentrer le travail des députés sur le travail parlementaire plutôt que sur sa circonscription. Sauf que le mode d’élection, lui, n’a pas changé…

Propos recueillis par Patrick Noviello (@patnoviello)

Tarn-et-Garonne : incident(s) au conseil départemental après le refus d’une minute de silence pour les victimes de l’Aude

Le conseil départemental du Tarn-et-Garonne a vécu une matinée agitée . Un premier incident est intervenu après le refus d’organiser une minute de silence pour les sinistrés de l’Aude. Ce sont ensuite les syndicats qui ont perturber la réunion pour protester contre leur condition salariale.

conseil départemental du Tarn-et-Garonne.

Ce mercredi, le conseil départemental du Tarn-et-Garonne s’est réuni pour discuter du budget. La séance a quasi immédiatement connu un incident. L’ouverture de la « plénière » se déroule sans un mot sur le drame de l’Aude.  La présidente du groupe socialiste, Dominique Sardeing-Rodriguez intervient alors et demande une minute de silence pour les victimes des inondations. Le président, Christian Astruc refuse. Motif : les élus n’ont pas demandé de minute de silence lors de l’accident de Millas. Un accident qui s’est déroulé dans les Pyrénées-Orientales en décembre dernier et qui a coûté la vie à 6 enfants.

Les 16 élus du groupe de Christian Astruc se sont alignés sur le refus de leur président. Mais un élu d’opposition, Jean-Luc Deprince, s’est levé pour faire, malgré tout, une minute de silence.

Ce geste de « résistance » a fait boule de neige. Tous les élus ont fini par faire une minute de silence. Y compris Christian Astruc et son groupe d’élus.

Après ce premier épisode houleux, la majorité départementale a du gérer un autre incident. Les trois syndicats de la collectivité (FO, FSU, CGT) ont perturber la réunion. Un face à face (tendu) s’est déroulé entre les représentants des agents et le président du département. Le conflit porte sur les conditions salariales et la rencontre (pas du tout improvisée) s’est soldée par…un préavis de grève.

Laurent Dubois (@laurentdub)

16 Oct

Perquisition visant Jean-Luc Mélenchon : manifestation de soutien devant la préfecture de la Haute-Garonne

Le domicile de Jean-Luc Mélenchon a été perquisitionné ce matin. Le leader de la France Insoumise dénonce « un coup de force ». Ses soutiens en Haute-Garonne organisent une manifestation de la préfecture.

Jean-Luc Mélenchon. Photo : MaxPPP

Une série de perquisitions se déroulent, depuis ce matin, dans l’entourage de la France Insoumise. Elles interviennent dans le cadre de deux enquêtes préliminaires visant Jean-Luc Mélencon, son parti et le Parti de Gauche. Des soupçons de surfacturation pendant la campagne présidentielle et des soupçons demplois fictifs au Parlement Européen sont à l’origine d’une quinzaine de perquisitions. L’une d’entre elle s’est déroulée au domicile de Jean-Luc Mélenchon et a été filmée par le leader de la France Insoumise.

Jean-Luc Mélenchon dénonce une « police politique » et interpelle publiquement la ministre de la Justice. La polémique a débordé dans l’hémicycle, avec une interpellation du Premier ministre. L’affaire descend dans la rue à Toulouse. Ce mardi 16 octobre, La France Insoumise et le Parti de Gauche appellent à une manifestation de soutien devant la préfecture de la Haute-Garonne.

Laurent Dubois (@laurentdub)

Municipales à Toulouse : « vrai-faux » contretemps pour le calendrier au PS

La Fédération socialiste de la Haute-Garonne veut avancer le calendrier des Municipales à Toulouse. Le conseil national du PS devait valider cette dérogation samedi dernier. La décision est reportée.

MaxPPP

Le 1er Fédéral du PS31, Sébastien Vincini, souhaite avancer la période d’investiture pour les Municipales. Au niveau national, le calendrier est fixé après les Européennes de mai prochain. La Haute-Garonne souhaite obtenir une dérogation et une nouvelle circulation. Samedi dernier, le conseil national a été saisi de la demande. La réponse est reportée. Ce lundi 15 octobre, le conseil fédéral de la Haute-Garonne a voté sur le principe d’un calendrier anticipé. Selon Sébastien Vincini, il s’agit d’un « vote à l’unanimité et en présence de tous et toutes les candidats potentiels ». L’échéance fixée par le calendrier Toulousain est janvier-février 2019.

Néanmoins, pour que le principe devienne réalité, il faut une validation du conseil national.

Sébastien Vincini est confiant : « le (dernier) conseil national s’est très bien déroulé. Circulaires sur les municipales sur le principe mais le détail de la circulaire sera entériné au BN du 23 novembre ».

Pour le 1er Fédéral de la Haute-Garonne c’est lui « qui (a) proposé de repoussé de quelques jours ».

La version des faits est différente pour une autre source. Un socialiste évoque une franche opposition notamment du côté d’une membre du conseil national, Ségolène Neuville. Il ne s’agirait pas d’un simple contretemps mais d’une bataille de tranchée. Des considérations totalement étrangères aux Municipales peuvent également jouer. Un socialiste estime qu’il existe une « guerre sourde entre les amis de faure et ceux de Le Foll et tous les points sont sujets à débat ».

En Haute-Garonne, les arrières-pensées politiques sont également présentes. Certains socialistes estiment qu’un calendrier resserré est « taillé sur mesure » pour le seul candidat socialiste officiellement en piste, Claude Raynal. Chez ses concurrents, encore potentiels, le report imposé par le conseil national est analysé comme « une mise en difficulté ».

La difficulté semble toutefois relative et la validation par le « national » s’annonce comme une simple formalité.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

12 Oct

Remaniement du gouvernement : « tout le monde préférait que ça se termine » pour le député (En Marche) du Gers, Jean-René Cazeneuve

L’attente dure et toujours pas de nouveau gouvernement. Le député (En Marche) du Gers regrette cette lenteur. Mais Jean-René estime qu’il faut du temps pour avoir une bonne équipe.

Jean-René Cazeneuve. Député du Gers. Photo : MaxPPP

7 jours d’attente et aucune fumée blanche à l’horizon. L’Elysée et Matignon travaillent encore à la composition d’un nouveau gouvernement. Le suspens pourrait prendre fin ce week-end ou en début de semaine prochaine. Mais, en attendant, les critiques fusent sur la longueur du feuilleton.

Le député En Marche du Gers partage un sentiment d’impatience :  » tout le monde préférerait que ça se termine et que l’on en sorte ». Jean-René Cazeneuve « regrette que cela prenne du temps ». Mais le parlementaire de la majorité ajoute immédiatement : « vaut mieux prendre 1 ou 2 jours et avoir une bonne équipe ».

Jean-René Cazeneuve estime que c’est le prix à payer pour respecter « la marque de fabrique » de la majorité à savoir l’ouverture à des personnalités de la société civile. « Cela va plus vite avec des politiques qui ne pensent qu’à ça, ne font que ça et qui restent à côté du téléphone ».

Pour le député du Gers, le fait de démarcher des personnalités ayant une activité professionnelle allonge le processus. Il faut faire vérifier les situations et gérer le passage du « professionnel » au politique.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

L’aile gauche du PS fait « scission » et quitte le parti socialiste : quel impact en Occitanie ?

Le représentant de l’aile gauche du PS, Emmanuel Maurel, quitte le parti socialiste. Ce courant est très implanté dans les Fédérations socialistes d’Occitanie. Des départs de cadres et d’élus sont sur le départ.

Photo : Tangui/MaxPPP

C’est désormais officiel. Le leader de l’aile gauche du PS, Emmanuel Maurel, quitte le PS. La perceptive d’une démission planait depuis des semaines. Le suspens prend fin et la forme d’une interview dans Le Monde. Emmanuel Maurel qualifie sa décision de « scission ». Une scission qui va atteindre les fédérations départementales. En Occitanie, l’impact n’est pas négligeable.

Au niveau régional, le courant « Maurel » a obtenu 15% du vote militant. Dans le Tarn-et-Garonne, la motion a obtenu seulement 7% des voix. Mais, dans la plus importante fédération d’Occitanie, en Haute-Garonne, l’aile gauche du PS est arrivée en deuxième position derrière le vainqueur, Olivier Faure.

Derrière le score, ce sont des secrétaires de section et des élus qui risquent de suivre Emmanuel Maurel et de quitter le parti socialiste.

En Haute-Garonne, Nadia Bakiri évoque explicitement ce scénario :

Cela n’a pas été tranché par les camarades. En revanche, c’est une forte possibilité

La « forte possibilité » concerne 5 personnalités, des élus régionaux et locaux qui occupent des postes de responsabilité au sein du PS 31 : Marie-Carmen Garcia, Sophie Adroit, David Olivier Carlier, Nadia Bakiri.

Dans l’Hérault, ce sont deux conseillers régionaux qui pourraient démissionner du PS : Danièle Azémar et Marie Meunier-Polge.

Dans le Lot, une sénatrice, Angèle Préville, figure également dans la liste des démissionnaires potentiels.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

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