Municipales à Toulouse : les écologistes restent au sein d’Archipel Citoyen mais…

Dysfonctionnements et dévoiement de la démarche. Les écologistes critiquent la démarche d’Archipel Citoyen. Mais ils restent…pour le moment.

Photo MaxPPP

Le rendez-vous est fixé depuis plusieurs mois. L’assemblée générale d’Europe Ecologie qui s’est déroulée ce 17 octobre a toutefois pris une tournure particulière. Le but initial était de faire un point sur l’engagement des écologistes dans la démarche d’Archipel Citoyen. La réunion s’est transformée en « stop » ou « encore ».

Les militants devaient se prononcer sur deux motions dont l’une proposait de sortir d’Archipel.

Une sortie motivée par deux constats : l’arrivée imprévue d’un ex-socialiste et le ralliement encombrant de la France Insoumise. En adhérant à la démarche d’Archipel Citoyen, les écologistes n’envisageaient de se retrouver sous le même toit que Romain Cujives.

Mais, surtout, ils doivent composer avec les Insoumis. Des écologistes vivent mal l’entrisme, les demandes (changement de nom et de procédure) et le manque de soutien financier des représentants de Jean-Luc Mélenchon.

Comme le précise un écologiste, « les gens viennent pour une vraie démarche citoyenne, ouverte et moderne. On se retrouve avec les vieilles méthodes et sur 12 candidats, ils nous en envoient 24 ».

Quelques heures avant le vote des militants, l’hypothèse d’un divorce était donc bien réelle. Mais elle s’est transformée (à l’unanimité) en un maintien… conditionnel. Antoine Maurice, conseiller municipal d’opposition et chef de files d’EELV à Toulouse, critique ouvertement et durement l’évolution d’Archipel.

« Nous observons aujourd’hui des dysfonctionnements et même un dévoiement de l’esprit de la démarche citoyenne au sein d’Archipel Citoyen » (Antoine Maurice)

Mais il précise : « Nous avons décidé de donner une dernière chance de réussir ce défi. Les jours qui viennent seront pour nous déterminants ».

Antoine Maurice ajoute : « En tout état de cause, l’écologie sera au rendez-vous ». Ces propos laissent la porte ouverte à une liste autonome et en dehors d’Archipel.

Une liste « autonomiste » ouvertement défendue par Régis Godec:

Face aux difficultés rencontrées dans la constitution de la liste participative, il ne faut pas écarter la possibilité de présenter une liste EELV aux municipales avec toutes les bonnes volontés et notamment tous ceux avec qui nous travaillons dans le projet Archipel Citoyen

Cette crise ouverte intervient à la veille de la désignation des candidats figurant sur la future liste d’Archipel Citoyen.

Laurent Dubois (@laurentdub)

11 Oct

Conseil Régional : le patron de la CFDT Occitanie au cabinet de la présidente (PS) Carole Delga

Le secrétaire général de la CFDT en Occitanie, Gregory Martin, rejoint le cabinet de la présidente socialiste du conseil régional.

Grégory Martin CFDT. Photo : radio Totem

En juin dernier, lors du Congrès de Carcassonne, Grégory Martin a pris la direction de la CDFT Occitanie. Dans quelques jours, le syndicaliste va passer la main et changer d’horizon. Selon nos informations, Grégory Martin doit intégrer le cabinet de Carole Delga.

Un « transfuge » sans précédent

Le « transfuge » d’un syndicaliste est inédit au conseil régional, du moins côté ex Midi-Pyrénées. Sous la présidence de Martin Malvy, un représentant de la CGT a intégré le conseil régional mais en tant qu’élu. Après son mandat, Denis Parise a été recruté par le groupe socialiste. Mais il ne s’agissait  pas d’un poste de cabinet.

Un profil utile

Son parcours syndical, outre une connaissance des questions sociales, peut se révéler utile.

Aux élections professionnelles, la CFDT représente environ un tiers des votes dans les services de l’hôtel de région. Une grogne existe au sein des syndicats « maison ». Ils dénoncent (notamment) une rupture du dialogue social. Grégory Martin étaient en charge du secteur privé au sein de la CFDT. Mais il pourra toujours servir d’interface entre la présidence de Région et les agents de la collectivités.

Les rapports avec les syndicats n’est pas vraiment dans la fiche de poste de Grégory Martin. Selon nos informations, le futur ex représentant de la CFDT va plutôt exercer une mission « transversale ». Une mission qui, d’ailleurs, ne peut pas se limiter ou se concentrer sur les questions sociales. En effet, c’est le conseil départemental et non le conseil régional qui est compétent en matière d’action sociale.

Une chose est certaine. Grégory Martin ne va pas complètement changer de planète en travaillant aux côtés de la présidente de Région.

Un engagement dans la campagne des municipales à Toulouse

Par nature, un emploi dans un cabinet a une dimension politique. Grégory Martin s’est fait connaître par son engagement syndical. Mais, avant de rejoindre le staff de Carole Delga, le syndicaliste a déjà des positions politiques. En 2017, au moment de l’élection présidentielle, Grégory Martin a appelé à faire barrage à l’extrême droite. Un mot d’ordre qui est d’ailleurs le leitmotiv de la présidente socialiste du conseil régional.

Au delà des prises de paroles, Grégory Martin est également engagé dans la campagne des municipales à Toulouse. Un engagement aux côtés de la candidate socialiste et vice-présidente du conseil régional, Nadia Pellefigue.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

10 Oct

Commission d’enquête sénatoriale sur l’incendie de l’usine Lubrizol : y-a-t-il eu un relâchement depuis AZF ?

« L’un des pires accidents industriels que la France ait connu depuis l’explosion de l’usine AZF en 2001 ». La catastrophe toulousaine est évoquée dès les premiers mots de l’exposé ayant donné lieu au vote du Sénat ce matin. Parmi les sénateurs qui ont présenté cette proposition de résolution, Jean-Claude Requier. Le sénateur RDSE du Lot revient pour nous sur ce qui a prévalu au vote à l’unanimité de la création d’une commission d’enquête sur l’incendie de l’usine de Rouen.

Incendie de l’usine Lubrizol le 26 septembre à Rouen. Photo AFP Philippe Lopez

« La véritable question est de savoir si la législation sur la prévention des risques n’a pas été un peu allégée ces derniers temps » lâche sans détour le parlementaire lotois. « Cet accident soulève la question des évolutions récentes du droit de l’environnement qui, sous couvert de simplification, paraissent aboutir à une régression au coup par coup des exigences imposées aux activités industrielles potentiellement dangereuses » a-t-il d’ailleurs déclaré en séance publique ce matin.

Pourquoi l’extension des capacités de stockage de produits dangereux a été autorisée ? »

Et le sénateur d’expliquer aussi que c’est toute la législation sur l’environnement qu’il faut peut-être réexaminer au regard notamment de « la faiblesse des sanctions prononcées en matière de droit pénal de l’environnement ». « Nous avons appris que l’extension des capacités de stockage de produits dangereux a été autorisée sans évaluation gouvernementale. Pourquoi ? »

La commission d’enquête devra répondre à cette question ainsi qu’à beaucoup d’autre. Elle dispose pour cela de prérogatives plus importantes qu’une simple mission d’information. Les personnes qu’elle souhaitera auditionner seront ainsi tenues de répondre à la convocation de témoigneront sous serment.

La réglementation environnementale n’est pas une variable d’ajustement »

« Il faut vraiment voir comment tout cela fonctionne » assène Jean-Claude Requier. Comme il l’a dit dans son intervention ce jeudi matin : « la réglementation environnementale n’est pas une variable d’ajustement économique, a fortiori avec plus de 100 sites Seveso dans notre pays.» Les 21 de la commission d’enquête sénatoriale seront désignés mercredi.

Patrick Noviello (@patnoviello)

07 Oct

Municipales à Toulouse : des cadres PS transformés en simples citoyens sur un tract de campagne

La candidate du PS aux municipales à Toulouse distribue son premier tract de campagne. Un tract qui met en avant des représentants de la société civile. Un cadre, un commerçant et un retraité qui sont, en réalité, des cadres…du Parti Socialiste.

Dans les locaux du PS 31 (Photo : MaxPPP)

Ce week-end, Nadia Pellefigue a distribué son premier tract de campagne. Les logos du Parti Socialiste et du Parti Radical de Gauche sont relégués en bas de page. En revanche, 4 témoignages sont mis en avant, juste après une photo de la candidate. Une salariée, un retraité, un commerçant et un cadre du secteur culturel évoquent, en quelques lignes, leur expérience de mère de famille ou le pouvoir d’achat des retraités.

S’appuyer sur la « société civile » n’a rien de nouveau ni d’original. A chaque élection (surtout municipale), c’est même une figure imposée. Cela permet de montrer une proximité avec les « vrais gens de la vraie vie ». S’agissant de Nadia Pellefigue, l’exercice est encore plus incontournable. La candidate a annoncé sa candidature « hors « PS » avant de revenir dans le giron du parti socialiste.

Un premier tract avec des Toulousains à l’affiche permet de gommer le retour dans le « jeu classique ».

Problème. L’affichage ne correspond pas à la réalité des faits. 3 des 4 Toulousains mis en avant sont, en réalité, des cadres du…parti socialiste. Bernard (Rault) est secrétaire de la section II de Toulouse. une section à laquelle est, d’ailleurs, rattachée Nadia Pellefigue. Ousseynou (Diaw) est également responsable d’une section toulousaine et ancien candidat aux régionales sur la liste socialiste de Carole Delga. Laurie ( Marsonie) est membre du conseil fédéral du PS31.

Le tract de campagne ne mentionne pas le « CV » politique et militant du retraité, du commerçant et de la cadre dans le secteur culturel.

Trois cadres socialistes « repeints » en simples représentants de la société civile, ce n’est pas totalement de la manip’. Bernard est bien retraité. Ousseynou est commerçant et sa collègue Laurie travaille effectivement dans le domaine culturel.

Néanmoins, le gommage (volontaire) de leurs responsabilités au sein du PS n’est pas vraiment synonyme de transparence.

Laurent Dubois (@laurentdub)

30 Sep

Quand un élu à la mairie d’Albi « siège » depuis… la Guyane

Un élu albigeois  vit et travaille à…6980 kilomètres du conseil municipal dans lequel il est censé siéger. Un mandat (très) longue distance qui se traduit par une absence chronique mais aucune démission à l’horizon.

Albi. Photo : Max PPP

Un océan sépare un élu tarnais de son mandat. Délégué aux aménagements urbains et au patrimoine naturel, Pierre-Marie Senes a changé de vie professionnelle. Il s’est installé, avec toute sa famille, en Guyane. Plus de 8 heures de vol pour retrouver la mairie d’Albi, c’est évidemment compliqué.

Lors du dernier conseil municipal, au moment de l’appel, le nom de l’expatrié a été cité. Sans surprise, le conseiller municipal a été porté « absent ».

Juridiquement, il n’existe aucune obligation de résidence pour un maire, un adjoint ou un conseiller municipal. Il est également possible, au regard du Code Électoral, d’être élu dans une commune voisine. L’élu albigeois peut donc faire ses valises pour l’Amérique du Sud sans être obligé de démissionner.

Mais, il est évident que le mandat de l’élu albigeois est, de facto, virtuel.

Il reste encore 6 mois de mandat…et d’indemnité (à la hauteur d’environ 400 euros par mois). Mais l’élu albigeois va occuper jusqu’aux prochaines élections municipales le poste de directeur Ressources Organisation et Propectives auprès de la caisse générale de sécurité sociale (CGSS) de Guyane. La conciliation entre les délégations municipales à Albi et un poste directorial près de l’équateur relève (pratiquement) de la « mission impossible ».

Contactée par France 3 Occitanie, la mairie d’Albi n’a pas répondu au sujet d’une éventuelle démission.

Depuis le début du mandat, en 2014, la majorité municipale a subi une dizaine de démissions. Un départ supplémentaire pourrait contraindre la maire d’Albi a un nouveau jeu de « chaises musicales ».

6 mois avant un scrutin, il n’est pas possible d’organiser une élection municipale partielle. Stéphanie Guiraud-Chaumeil est à l’abri d’un effet domino conduisant à un retour (anticipé) devant les électeurs.

Mais un remaniement de l’équipe sortante est toujours délicat. C’est probablement la raison qui explique le maintien en poste d’un conseil municipal dont le domicile et le travail se situent de l’autre côté de l’océan Atlantique.

Laurent Dubois (@laurentdub)

Suite à la publication de l’article ci-dessus, la maire d’Albi précise que la mutation professionnelle du conseiller municipal remonte à l’été dernier. Selon nos informations, elle est « actée » depuis au moins juin c’est-à-dire il y a 4 mois. Le site internet de la municipalité albigeoise mentionne toujours la délégation dont bénéficie l’élu en question. Mais la mairie précise que ses délégations ont été retirées le 24 septembre dernier. En revanche, l’intéressé et la mairie d’Albi n’évoquent pas une éventuelle démission. La dernière participation de l’élu à un conseil municipal remonte au 18 février 2019.

 

 

« Et si je me faisais un petit selfie aux obsèques de Jacques Chirac ? » : le député Folliot supprime son tweet

Philippe Folliot, député du Tarn, a été l’une des rares personnalités politiques à publier un selfie dans l’église Saint-Sulpice où étaient célébrées ce lundi les obsèques de Jacques Chirac. Avant de le dépublier.

« Ça va là ? On me voit bien ? Bon Pierre Lellouche a pas l’air content, mais bon j’y suis, autant que tout le monde le sache » (discussion intérieure reconstituée par nos soins)

Selfie pendant la cérémonie

Philippe Folliot, député du Tarn (membre du groupe LREM), a surpris ce lundi 30 septembre, jour de deuil national en publiant sur son compte Twitter une photo prise en mode selfie à l’intérieur de l’église Saint-Sulpice à Paris où se déroulait la messe des obsèques de l’ancien président de la République Jacques Chirac.

Sur cet autoportrait, on mesure l’étonnement des personnalités présentes, à l’arrière-plan, notamment le regard qui semble désapprobateur de l’ancien ministre Pierre Lellouche (à gauche sur la photo). Un parlementaire sur le mode « j’y étais », selfie à l’appui, c’est plutôt rare dans ce genre de circonstances.

Un tweet publié… puis supprimé !

Philippe Folliot a publié son tweet à 13h38 ce lundi. Il l’a supprimé ensuite, après la publication de notre article sur ce blog.

Une capture d’écran réalisée par nos soins montre toutefois ce tweet avant suppression (photo ci-dessus).

Au lendemain de la polémique des Invalides

Surtout cette publication intervient au lendemain d’une polémique : lors de la journée d’hommage à Jacques Chirac aux Invalides dimanche, de nombreux anonymes n’ont pas fait que se recueillir sur la dépouille du Président mais n’ont pas manqué de se prendre en photo devant le cercueil.

« Manque d’éducation », « impolitesse« … De nombreux messages de réactions négatifs ont fleuri dimanche sur les réseaux sociaux.

Apparemment, ils ont échappé à Philippe Folliot.

FV (@fabvalery)

27 Sep

Jean-Michel Baylet a-t-il imposé à l’Elysée d’annuler le débat sur les retraites à Rodez ?

Suite à la mort de Jacques Chirac, Emmanuel Macron a annulé sa venue à Rodez pour prendre la parole sur les retraites. Malgré l’absence du chef de l’Etat, le débat a été maintenu avant d’être supprimé. Une suppression décidée non par l’Elysée mais imposée par le co-organisateur de l’événement, le groupe de presse de Jean-Michel Baylet ?

Photo : France 3. Thierry Villeger

Ce jeudi, dans la matinée, le maire de Rodez reçoit un appel du directeur de cabinet d’Emmanuel Macron. L’Elysée informe Christian Teyssèdre que le chef de l’Etat annule son déplacement dans la préfecture de l’Aveyron. La mort de Jacques Chirac retient Emmanuel Macron à Paris. Le président de la République doit se rendre au domicile de son prédécesseur. Une allocation télévisée est également prévue en début de soirée.

Le débat maintenu… puis annulé !

Ce bouleversement de l’agenda conduit à une annulation de la visite à Rodez. Dans un premier temps, le débat est maintenu. Emmanuel Macron est remplacé par son haut commissaire en charge des Retraites, Jean-Paul Delevoye. L’information circule dans les rédactions et elle est diffusée sur les réseaux sociaux par des membres de la majorité.

A Rodez, devant la salle des Fêtes qui doit accueillir l’événement, des participants (venus de Toulouse, de l’Hérault ou de l’Aveyron) disposent de la même information et attendent l’ouverture des portes.

Mais, vers 15 heures, la salle est vidée. Un membre du staff de l’Elysée, présent sur les lieux, fournit une explication : l’annulation vient d’une demande du co-organisateur du débat.

Un sms, envoyé par les services de l’Elysée, reprend et confirme le déroulé des événements. C’est bien le groupe de presse de Jean-Michel Baylet qui a pris l’initiative de supprimer le débat avec Jean-¨Paul Delevoye.

Le groupe La Dépêche co-organisateur

Le groupe La Dépêche du Midi, présidé par l’ancien ministre radical Jean-Michel Baylet, avait été choisi pour co-organiser le débat avec les services de l’Etat : captation vidéo, relais sur internet, recrutement des 500 invités-débatteurs parmi les abonnés des journaux du groupe, modération du débat par le rédacteur en chef de Midi Libre…

En l’absence du chef de l’Etat, l’événement perdait évidemment de son importance. De plus, rapidement après l’annulation de la venue d’Emmanuel Macron, plusieurs rédactions nationales ont décidé de rester sur Paris ou de rejoindre la Corrèze, terre d’élection et de prédilection de Jacques Chirac.

Dans ce contexte, le débat risquait de passer inaperçu ou pire de paraître incongru alors que la mort d’un ex-président occupait toutes les ondes.

Bref, le groupe de presse de Jean-Michel Baylet avait de (bonnes) raisons de tirer le rideau.

Mais, s’agissant de l’enchaînement des faits, le constat s’impose : c’est bien le co-organisateur qui a annulé le débat et l’Elysée n’a fait que suivre le mouvement.

Laurent Dubois (@laurentdub)

26 Sep

Coût de la fusion des régions : ce que les élus d’Occitanie en pensent

 

La cour des comptes vient de rendre son rapport. Notre région n’est pas parmi les plus économes. Les élus de la majorité défendent leur politique. Ceux de l’opposition crient au pire à la gabegie, au mieux à la mauvaise gestion. Le point.

Séance plénière du Conseil Régional d’Occitanie sur les orientations budgétaires au parc des expositions de Montpellier en 2017. Photo PQR/Le Midi Libre Vincent Pereira

+11,7% de hausse de frais de fonctionnement pour la région Occitanie, seule Centre-Val de Loire (+16%) semble faire plus selon la cour des comptes. Parmi les coûts occasionnés dans ce registre par la fusion, l’alignement des salaires des fonctionnaires territoriaux de Languedoc-Roussillon à ceux de Midi-Pyrénées. Un alignement qui ne doit sans doute pas être étranger à l’augmentation de la masse salariale de près de 8%. Ce qui n’empêche pas l’Occitanie d’être plutôt bonne élève dans ce domaine.

L’argument de l’explosion démographique

« Je me félicite que la Cour des comptes identifie la Région Occitanie comme celle dont le poids de la masse salariale dans les dépenses de fonctionnement est le plus faible de France : 14% de moins que la moyenne des régions » explique Carole Delga, toujours au Japon, dans un communiqué. Autre argument mis en avant par la présidente de région comme par sa vice-présidente en charge des finances, Claire Fita, l’explosion démographique que connaît l’Occitanie. « Nous sommes la région la plus démographiquement attractive de France. Avec 55 000 habitants de plus par an, c’est autant de services publics supplémentaires que nous devons apporter aux habitants ».

« Nous ne sommes pas la seule région de France dont le nombre d’habitants augmente » rétorque Elisabeth Pouchelon. « Je crois surtout qu’il faut améliorer la qualité du service public qui ne passe pas toujours par le nombre d’agents ou l’argent que l’on met dedans. Il n’y a pas la volonté politique de faire des économies. C’est assumé par l’exécutif qui dit qu’il faut toujours plus de services publics donc plus d’argent public » explique la conseillère régionale divers-droite qui prône aussi plus d’ouverture à la concurrence.

Au niveau de cet investissement, cour des comptes et majorité régionale ne sont pas d’accord. Alors que l’organisme de contrôle annonce un recul des dépenses d’investissement, -0,9%, Carole Delga, elle, affiche une hausse de 10% en la matière entre 2010 et 2015. Seulement, ces chiffres sont-ils comparables ? Ont-ils été calculés sur la même période ? « La vrai question n’est pas quel est l’impact de la fusion mais quel est l’impact de la politique qu’impulse Carole Delga. Selon moi, la cour des comptes compare des politiques différentes » avance Christophe Delahaye.

« Des économies, il y en a eu »

Ce conseiller régional PRG s’est vu confier au moment de La fusion une mission d’information pour en évaluer le coût. Une initiative unique en France que souligne la Cour des comptes. Et pour lui, trois rapports plus tard, pas de doutes, des économies ont été faites. « Assurances, informatiques, flotte véhicules, téléphone… Des économies il y en a eu. Il a fallu mettre en place une organisation pour cela. Nous avons rationnalisé nos satellites notamment. Les agences régionales ont vu leur nombre divisé par quatre » assure le vice-président de la commission des finances.

« Il n’y a pas eu de fusion dans beaucoup de domaine. Il y a eu juxtaposition de services » explique au contraire Elisabeth Pouchelon. Julien Léonardelli, évoque, lui, un « dédoublement des postes » « Il y a des postes, dans la communication par exemple, qui n’ont pas besoin d’être doublé » assène l’élu RN qui parle aussi « de deux hôtels de région qui aujourd’hui ne servent plus à rien puisque les assemblées plénières ont lieu au Parc des expositions de Montpellier ».

Mais Christophe Delahaye de surenchérir : « Nous avons également mené des actions communes sur le rail par exemple entre l’Aude et la Haute-Garonne. Tout ça n’est pas encore mesurable mais le sera un jour ». Au chapitre des transports d’ailleurs, la cour des comptes relève un bilan positif pour l’Occitanie. Elle est avec Centre-Val de Loire et La Réunion, une des régions à connaître une hausse supérieure à 10% hors recettes transférées pour la compétence.

Dans le trio de tête des régions où l’endettement a le plus augmenté

Là où le bât blesse en revanche pour notre région, c’est sur l’endettement. Même si seules trois régions en France ont enregistrée des baisses à ce niveau, l’Occitanie fait partie des trois mauvais élèves à l’autre extrémité du classement selon la cour des comptes qui lui attribue une hausse de 27,7% en la matière. Un endettement contesté par la présidente socialiste de la commission finance. « Nous restons sur un niveau d’endettement qui est bien en deçà de la moyenne des régions. En Occitanie, c’est 338 euros par habitants et par an, ailleurs, elle dépasse les 400 euros. Nous avons une des capacités de désendettement les plus courtes de France, nous avons besoin de moins quatre années pour nous désendetter» précise Claire Fita.

La cour des comptes relève enfin que, comme Nouvelle-Aquitaine, l’Occitanie n’a pas fourni ou recensé ses coûts de transition. Elisabeth Pouchelon parle d’un « problème dans la fiabilité des comptes » que la cour a selon elle relevé. « Elle dit que dans la façon dont les budgets sont montés et présentés, ils ne sont pas particulièrement fiables ». Paradoxe pour la seule région de France à avoir mis en place une mission d ‘information sur la fusion des région. Le président de cette dernière, Christophe Delahaye n’en démord pas : « Nous n’avons rien à cacher. A terme c’est évident, nous aurons fait des économies ». Bref, l’heure des comptes ne semble pas encore avoir sonné. Mais cette fusion des régions devra bien, un jour ou l’autre, livrer son bilan comptable.

Patrick Noviello (@patnoviello)

RSS