20 Mar

Municipales à Toulouse : grandes manoeuvres autour d’un tandem « Raynal-Pellefigue »

Nadia Pellefigue et Claude Raynal en tandem pour les Municipales à Toulouse. C’est le scénario mis sur la table lors d’une réunion des socialistes de la Haute-Garonne.

Siège du PS de la Haute-Garonne à Toulouse; Photo : MaxPPP

Deux candidats (socialistes) pour une même élection (municipale). Un homme et un femme. Un candidat à la Métropole et une candidate pour la mairie.  Ce scénario (en forme de tandem) était à l’ordre  du jour d’une réunion. Selon plusieurs sources,  elle s’est déroulée, ce mercredi 13 mars, à Portet-sur-Garonne.  La présidente de Région, Carole Delga, le patron du département de la Haute-Garonne, Georges Méric et le 1er Fédéral du PS, Sébastien Vincini, se sont retrouvés autour d’une table. Les principaux intéressés, Nadia Pellefigue et Claude Rayna, étaient également présents.

Contactés par France 3 Occitanie, Sébastien Vincini et Nadia Pellefigue ne confirment pas la tenue du « sommet » et (donc) ne donnent aucun détail.

Mais, selon nos informations, la rencontre n’a pas débouché sur un résultat. Nadia Pellefigue aurait réservé sa réponse et surtout soulevé une objection : sa candidature hors PS. Difficile de revenir en arrière. Face à ce refus de principe, un seul point s’est dégagé. Un échéancier a été fixé. Nadia Pellefigue doit donner une réponse début avril.

En toute hypothèse, un protagoniste reste à l’écart. Romain Cujives est le premier socialiste a s’être lancé dans la course aux Municipales. Mais il n’est pas concerné par les grandes manœuvres en cours.  Romain Cujives se content de préciser : « je n’étais pas présent à cette réunion. Et je ne sais pas si elle a eu lieu. Les discussions d’appareil ne me concernent pas. J’agis en transparence vis-à-vis des Toulousains et des militants de mon parti. Je travaille. Je m’oppose et je propose avec détermination des idées novatrices pour Toulouse ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

18 Mar

Interdiction de manifester à Toulouse : le « oui mais » du maire de la ville, Jean-Luc Moudenc

Le Premier ministre, Edouard Philippe, annonce une interdiction de manifester sur la place du Capitole, à Toulouse. Le maire de la ville est satisfait. Mais Jean-Luc Moudenc rappelle que d’autres quartiers sont touchés par les violences.

Jean-Luc Moudenc, maire LR de Toulouse et Président de « France urbaine » (Crédit : MaxPPP)

Face aux violences de samedi dernier, le Premier ministre durcit le ton et annonce qu’une interdiction de manifester va s’appliquer dans plusieurs villes françaises. Toulouse et sa place du Capitole sont concernées.

Le maire de la ville estime « positif que le gouvernement ait compris que les Français sont exaspérés ». Il est « heureux de l’attention portée à la ville de Toulouse. Une ville martyrisée par les épisodes de ces derniers mois ».  Jean-Luc Moudenc juge que « la symbolique (ndlr de l’interdiction de manifester) est bonne »

Mais le maire de Toulouse ajoute : « il ne faut pas que les aspects pratiques remettent en cause la symbolique ».

Le maire de Toulouse ne veut pas « que les effectifs de police se concentrent place du Capitole ». Jean-Luc Moudenc souligne un point : « le Capitole n’est pas l’épicentre des violences commises le samedi. D’autres quartiers subissent de fortes dégradations, par exemple Saint-Cyprien ». Dans ce contexte, une interdiction ciblant la Place du Capitole, « ne doit pas déshabiller les effectifs de police ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

Municipales : le maire (LR) de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, dénonce le chantage d’En Marche

La République En Marche (LaRem) propose un deal à Jean-Luc Moudenc. Un soutien aux Européennes contre un soutien aux Municipales. Le maire de Toulouse qualifie la méthode de « chantage ».

Jean-Luc Moudenc Photo MaxPPP

C’est du « donnant-donnant ». Si Jean-Luc Moudenc s’affiche aux cotés de la liste Macron pour les Européennes, il n’aura pas de liste En Marche en face de lui aux Municipales. Cet échange de bons procédés a été défini lors d’une réunion des instances nationales de La République En Marche.

En Haute-Garonne, le référent départemental d’En Marche, Pierre Castéras, a plusieurs fois martelé le leitmotiv dans les colonnes de la presse locale. Un soutien de Jean-Luc Moudenc aux Européennes conditionne l’attitude du parti « macroniste » pour les Municipales. Jean-Luc Moudenc n’apprécie pas le marchandage. « Me faire du chantage, de surcroît public, n’est pas la bonne méthode pour me convaincre. Bien au contraire » estime le maire de la 4ème ville de France.

« Ma position sur les élections européennes sera déterminée selon mes convictions et non en fonction  de considérations politiciennes ou de petits calculs en vue d’autres scrutins, totalement différents de la désignation du Parlement Européen. L’Europe est un sujet trop important pour faire l’objet d’une instrumentalisation à des fins partisanes.  Les Toulousains attendent de leur maire qu’il s’occupe de la ville et non du scrutin européen  » déclare Jean-Luc Moudenc.

« C’est en fonction de la composition des listes et en présence du projet européen qu’elles porteront » que Jean-Luc Moudenc « décider(a) de (son) vote du 26 mai ».

15 Mar

Municipales : le soutien d’En Marche à Jean-Luc Moudenc passe par les Européennes

Le parti d’Emmanuel Macron est prêt à soutenir Jean-Luc Moudenc pour les Municipales. Mais il existe une condition : un soutien du maire de Toulouse à la liste En Marche pour les Européennes. Un timing est fixé pour cette clarification : avant la fin du mois de juin et la désignation des têtes de liste « macronistes » pour les Municipales.

Jean-Luc Moudenc (Photo : Vincent Isore / MaxPPP)

Ce jeudi 14 mars, une réunion s’est déroulée au siège national d’En Marche. L’état-major, en charge de la stratégie pour les Municipales, s’est réuni et a procédé à des auditions. La situation de Toulouse a été évoquée. Selon nos informations, un point décisif ressort. Les instances « macronistes » attendent une clarification de Jean-Luc Moudenc au sujet des Européennes.

Un responsable d’En Marche est catégorique. « On ne pourra rien faire si Jean-Luc Moudenc ne se positionne pas en faveur de la liste LaRem pour les Européennes. Ce sera vrai partout, pour tous les sortants en France. C’est la condition. Il n’y a pas d’exception ».

Le maire Les Républicains de Toulouse a déjà exprimé son alignement sur la conception européenne d’Emmanuel Macron. Mais ce n’est pas suffisant. En Marche demande un soutien électoral pour les échéances de mai prochain. Jean-Luc Moudenc se retrouve « coincé » entre son appartenance au parti de Laurent Wauquiez et les exigences d’En Marche.

Selon nos informations, une rencontre doit avoir lieu (prochainement) entre le maire de la 4ème ville de France et l’état-major d’En Marche. Mais les termes du « contrat » sont clairs : un soutien affiché aux Européennes de 2019 ou une liste autonome En Marche face à Jean-Luc Moudenc aux prochaines municipales.

D’ailleurs, localement, ce scénario est non seulement souhaité. Il est activement préparé. Selon nos informations, le député (LaRem) Jean-François Portarrieu offre ses services et a évoqué (ouvertement) l’hypothèse avec…Jean-Michel Baylet. Une autre piste (plus que surprenante) circule. Une figure de la société civile. En soi, rien de très original. Ce qui est beaucoup plus décoiffant, c’est le nom de celle-ci. Selon plusieurs « marcheurs », Marie-France Marchand-Baylet ferait une bonne candidate pour En Marche.

La compagne de Laurent Fabius et présidente du groupe La Dépêche est perçue comme un atout. Cette recherche de casting démontre une évidence. Si Jean-Luc Moudenc ne cède pas au marchandage d’En Marche, le parti d’Emmanuel Macron devra relever un vrai défi : trouver une tête de liste.

Laurent Dubois (@laurentdub)

14 Mar

Christophe Castaner à Toulouse pour la commémoration des attentats de Mohamed Merah

Info France 3 Occitanie. Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, participera à la commémoration des attentats de 2012.

Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur. Photo : Tanguy/MaxPPP

Le ministre de l’Intérieur se rendra, ce mardi 19 mars, à l‘école Ozar Hatorah. Le 19 mars 2012, pour la première fois en France, un attentat est perpétré dans un établissement scolaire. Mohamed Merah pénètre dans l’école juive et assassine froidement un enseignant, Johnatan Sandler et ses 2 enfants, âgés de 4 et 5 ans. Casqué, le terroriste poursuit ensuite la petite Myriam Monsonego, 7 ans, dans la cour et l’exécute.

7 ans, jour pour jour, après les faits, Christophe Castaner assistera, à 10 heures 30, à une cérémonie dans l’école toulousaine. Le ministre de l’Intérieur se rendra ensuite au square de Gaulle, derrière la place du Capitole.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

Europe : le maire (LR) de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, « vote » Macron

Emmanuel Macron a signé une tribune sur l’Europe. Le maire (LR) de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, est (totalement) sur la ligne du chef de l’Etat.

Jean-Luc Moudenc et Emmanuel Macron. Photo : AFP/Pavadi

La campagne des Européennes est lancée. Et, du côté de l’Elysée, le lancement a pris la forme d’une tribune. Emmanuel Macron a pris sa plume pour développer sa vision de l’Europe. Le président Français a convaincu au moins un lecteur : le maire de Toulouse.

L’ancien premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, s’engage aux côtés du chef de l’Etat pour les Européennes. Cela lui vaut d’ailleurs un rappel à l’ordre de la part de Laurent Wauquiez. Jean-Luc Moudenc (membre comme Jean-Pierre Raffarin de LR) est plus subtil que l’ex locataire de Matignon. Le maire Les Républicains de Toulouse se « contente » d’un soutien sur l’Europe.

Mais c’est un soutien sans faille. Jean-Luc Moudenc se « reconnai(t) tout à fait dans (l’)approche à la fois réaliste et volontariste » d’Emmanuel Macron. L’élu toulousain estime que ‘la tribune du président Macron est en phase avec l’idéal européen auquel j’ai toujours adhéré, et qui est celui de ma famille politique ».

Laurent Dubois (@laurendub)

 

13 Mar

Municipales – Parti Socialiste : les militants toulousains écartés de la désignation de la tête de liste ?!

[Fact-checking] Un tête de liste socialiste aux Municipales. Mais des militants écartés de la désignation. L’hypothèse est-elle crédible ? Politique fiction ou vraie éventualité ?

Dans les locaux du PS 31 (Photo : MaxPPP)

Il s’agit de simples supputations. Mais elles existent et circulent dans les couloirs du PS. Les militants socialistes pourraient être écartés de la désignation de la tête de liste aux prochaines municipales. Ce scénario de politique fiction est démenti par le patron des socialistes, Sébastien Vincini. Néanmoins, l’hypothèse existe.

Pour Sébastien Vincini, elle n’est pas d’actualité et elle ne le sera jamais. Pas question de déposséder les militants de leur vote. Ce serait une atteinte à la démocratie interne. Néanmoins, les statuts prévoient cette éventualité. Les instances nationales peuvent prendre la main et désigner une tête de liste, sans passer par la case « vote militant ».

Un responsable du PS est catégorique : « statutairement il est possible de le faire »

Mais il existe un méthode plus douce. Après le vote militant, une ratification par le national est nécessaire. Le candidat choisi par la « base » peut être « trappé » par le « natio ».

Dans le Tarn, les militants ont déjà vécu ce genre d’expérience. Une candidate « locale » a du laisser sa place à une « sortante » investie par Paris.

Laurent Dubois (@laurentdub)

Loi anticasseurs : le sénateur (Centriste) du Tarn, Philippe Bonnecarrère, vote « contre »

Le Sénat a adopté la loi anti-casseurs. Mais le sénateur du Tarn, Philippe Bonnecarrère, a voté contre le texte défendu par le gouvernement. Le parlementaire tarnais est hostile à une mesure phare de la réforme : les interdictions préventives de manifester.

Philippe Bonnecarrère, sénateur Union Centriste. Photo : LDubois/France3MidiPyrénées

La proposition de loi a soulevé l’hostilité de plusieurs députés de la majorité. Le Sénat vient d’adopter le texte voté à l’Assemblée. Mais, une nouvelle fois, la loi anticasseurs soulève réserves et résistances. Les sénateurs En Marche ont été plus disciplinés que leurs collègues du Palais-Bourbon. Pas d’abstention record chez les « macronistes » du Sénat. Mais, sur les 343 votants, on dénombre 115 votes « contre ».

Le sénateur du Tarn, Philippe Bonnecarrère, figure dans la liste des opposants. Le 6 mars dernier, la commission des lois a voté et le parlementaire tarnais a choisi le « non ». « J’ai soutenu la suppression de l’article 2 et ai été battu à mains levées » précise le sénateur Centriste.

L’article 2 est la disposition qui a mis le feu aux poudres. Il prévoit l’instauration d’interdiction préventive de manifestation. Philippe Bonnecarrère craint que cette « arme » législative tombe entre des mauvaises mains : « Je fais confiance au gouvernement actuel, comme j’aurai fait confiance à celui d’hier pour ne pas abuser. Mais il peut aussi être fait demain un mauvais usage de l’interdiction préventive de manifester ».

Une telle mesure existe en matière sportive. Mais, pour Philippe Bonnecarrère, ce n’est pas transposable. « La liberté de manifester et celle d’assister à un match ne semblent pas de même nature ».

Le parlementaire Centriste estime que « nous sommes devant un texte de circonstance (ndlr s’agissant de la loi anticasseurs) » et il est clairement hostile à un renforcement de la législation. « Notre police et notre justice ont les moyens d’agir et de maintenir l’ordre public républicain. Des interpellations ont lieu. 2000 manifestants ont fait l’objet d’une judiciarisation lors des épisodes successifs des gilets jaunes  et le juge pénal a les moyens de sanctionner les auteurs de violences d’une interdiction de manifester ou de déplacement au titre de l’article L131-10 du Code pénal ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

12 Mar

Livre : radiographie des élus macronistes

L’ouvrage est présenté comme « la première véritable enquête sur le mouvement macronien et ses représentants ». Une enquête dans laquelle sont forcément évoqués ou cités certains députés de notre région.

Photo Robert Laffont

« Le problème avec les costumes, c’est qu’ils anonymisent encore plus les inconnus ». La première phrase du livre est assassine mais plante bien le décor. Comme la plupart des députés LREM présents ce jour de juin 2017 dans les jardins de l’Assemblée Nationale, Manon Rescan est toute nouvelle, elle aussi, mais comme journaliste au service politique du Monde. Elle vient de raconter la campagne présidentielle et va maintenant suivre La République En Marche pour ses premiers pas au pouvoir.

Elle consacre aussi une partie de son livre à la campagne des Législatives. Elle évoque notamment « un panel parfait », « digne d’une campagne de pub Benetton », le 6 avril 2017 sur le plateau de l’Emission Politique de France2. Figurent parmi ses premiers candidats officiels au poste de député, Elisabeth Toutut-Picard, future parlementaire de Haute-Garonne ou encore Mireille Robert qui sera élue dans l’Aude.

Cette deuxième campagne, après celle de la Présidentielle, sonne déjà la fin pour certains pionniers du mouvement.  « Qu’importe qu’il y ait sur la circonscription un comité local d’En Marche avec d’autres aspirants à l’investiture » fait remarquer la journaliste quand elle évoque la candidature de Bruno Bonnell à Villeurbanne face à Najat Vallaud Belkacem. Plus proche de nous, on se souvient des fondateurs d’EM 32 qui ont quitté le navire, écoeurés, avant même que l’aventure de la gouvernance du pays ne commence vraiment.

Nouveau monde ? Pas vraiment…

En Marche, la politique autrement ? Pas vraiment si l’on en croit l’auteur qui dénonce un « renouvellement en trompe-l’œil ». Lors de sa première année à suivre l’Assemblée, elle se dit notamment frappée par « la quantité de membres du Parti Radical de Gauche » qu’elle rencontre dans les rangs de la majorité. Parmi eux, le député de l’Aveyron Stéphane Mazars. « Dans sa vie, cet élu nouveau monde ne s‘est pas contenté d’être sénateur. Auparavant, il fut adjoint au maire de Rodez, candidat aux législatives en 2012 sous l’étiquette PRG-Modem et conseiller départemental de l’Aveyron ».

Cité également comme « recalé du Parti Socialiste » ayant intégré LREM, M’Jid El Guerrab que nous avions connu ici alors qu’il avait intégré le cabinet de l’ariégeois Jean-Pierre Bel quand ce dernier était Président du Sénat. Manon Rescan s’appuie enfin sur le sociologue Luc Rouban qui « conclut que sur les trois cent huit députés La République en Marche élus en juin 2017, les deux tiers ont déjà eu une expérience politique ou « para-politique » ».

« Ils n’ont pas les codes », un agent de l’Assemblée Nationale

Pour les vrais nouveaux en revanche, la campagne n’est pas forcément une partie de plaisir. « Les premiers visages des futurs députés En Marche qui se font connaître sont en effet ceux de ces femmes tétanisées sur les plateaux télé, qui perdent leurs moyens, bafouillent, ânonnent et deviennent la risée des réseaux sociaux ». Dans cette veine, la deuxième partie de l’ouvrage s’intitule « les amateurs de la République ». « Je ne sais pas ce que je trouve le plus risible commente l’auteur : ces députés qui se comportent en touristes dans le Palais de la République ou cette institution déboussolée par des fenêtres ouvertes et des trognons de pommes (semés dans le jardin) ».

Pour les guider dans leurs nouvelles fonctions, ces débutants peuvent toutefois s’appuyer sur celui qui est surnommé dans le livre « le caporal-chef », Richard Ferrand, qui « a conservé une pointe d’accent aveyronnais ». Interdiction de déposer des amendements en son seul nom, relecture de toutes les questions écrites avant leur dépôt, limiter ses contacts avec les journalistes… Les troupes sont semble-t-il tenues par celui qui opte pour « la loi du bâton ».

« Ne pas confondre renouvellement et prétention », Monique Iborra

Un « caporal-chef » qui va ensuite lâcher la bride à ses troupes pour briguer le perchoir. Et malheur à ses imprudents concurrents à ce poste, à l’image de Yaël Braun-Pivet ! La présidente de la commission des lois ne sera pas épargnée y compris dans son propre camp comme l’atteste cette petite phrase de Monique Iborra. « La situation politique aujourd’hui mérite aussi de l’expérience… ne pas confondre renouvellement et prétention » assénera la députée de Haute-Garonne pour légitimer la candidature de Richard Ferrand pas vraiment symbolique du « nouveau monde ».

Certains talents émergent toutefois comme la députée de l’Essonne Amélie de Montchalin dans le style « contrôleurs de gestion » comme les classifient l’auteur. « Elle fait l’unanimité de la socialiste Valérie Rabault (NDR : présidente du groupe PS et députée de Tarn et Garonne) qui a tressé ses louanges dans un portrait pour l’Obs, à l’ancien président de la commission des finances Gilles Carrez. Elle les a tous bluffés par sa capacité, non seulement à apprendre vite la mécanique législative, mais aussi, assure Valérie Rabault, à transformer la technique budgétaire en discours politique ».

« Transformer la technique budgétaire en discours politique », Valérie Rabault

Inexpérience politique, un « ni de droite ni de gauche » qui quoi qu’il en soit peut être source de division, les « soldats de la macronie » ne s’illustrent effectivement pas par leurs idées. « Bon nombre de députés sont même convaincus que l’idéologie est un poison dans lequel ils ne doivent pas tremper leur lèvres (…)  Eux dont les valeurs se sont durement affrontées par le passé ».

La journaliste ne se résout toutefois pas à « juger sévèrement ces députés débutants ». Certains n’espéraient-ils pas comme l’élu de Haute-Garonne, Sébastien Nadot venu du mouvement de Robert Hue, que « la politique ne devait plus être une profession mais l’affaire de tous » ? Comme l’auteur, il constate des querelles d’ego parmi certains de ses collègues ambitieux. « On vit probablement une nouvelle génération Mitterrand » soupire le prof de sport.

« Une grande trahison » pour Sébastien Nadot

Lui « a renoncé à être un bon petite soldat de la macronie ».  Sa rupture avec LREM est racontée dans le chapitre intitulé « une grande trahison ». « Il y a eu un changement des personnes, une féminisation sans précédent mais sur les pratiques où sont les nouveautés ». Et il sait de quoi il parle, lui qui a voté contre le projet de loi de budget 2019 et qui a déposé une proposition de résolution demandant une commission d’enquête sur les ventes d’armes de la France à l’Arabie Saoudite.

L’ouvrage s’achève sur un épilogue consacré aux gilets jaunes, « une terrible remise en question » pour les macronistes. L’auteur évoque les actes de vandalisme et intrusions dans leurs lieux de résidence dont ont été victimes certains députés LREM comme Mireille Robert dans l’Aude. « Avec son accent du Midi, ses rondeurs et son franc-parler, Mireille Robert, quoique femme de vigneron, avait tout pour montrer que la Macronie n’était pas qu’une famille politique urbaine, CSP+ et prônant la start-up nation. Mais ce ne sont pas ces femmes qui écument les plateaux télé pour incarner le pouvoir ».

Patrick Noviello (@patnoviello)

« Les grandes illusions-Enquête sur les soldats de la macronie », Manon Rescan, Robert Laffont

 

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