19 Nov

[Edito] Gilets jaunes : combien de divisions ?

Manifestation des gilets jaunes au péage de Muret, en Haute-Garonne. Photo MaxPPP Frédéric Charmeux

« Je n’ai pas réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants » a reconnu Emmanuel Macron avant même le 1er jour d’action des gilets jaunes ce samedi. Mais la question après ce 17 novembre où près de 300 000 personnes ont manifesté est désormais : comment le peuple français va-t-il se réconcilier avec lui-même ?

Je ne parle pas ici de division entre classes sociales ou entre ruraux et urbains, bobos et prolos, écolos et consuméristes… Je parle par exemple d’une jeune femme insultée et moquée par ceux qui se réclament du « peuple » pour être  partie gagner, samedi dernier malgré les blocages, ses 1200 euros mensuels dans un supermarché de l’agglomération toulousaine

Mais qui est ce « peuple » d’ailleurs ? Que signifie encore ce mot dans notre société si individualiste, morcelée, corporatiste ou tout simplement « libérale » comme la qualifient certains ? Je n’aurais pas la prétention de répondre ici à cette question si vaste voire insoluble.

« Un cri d’injustice ». Voilà comment plusieurs de mes confrères qualifient le mouvement des Gilets Jaunes. Mais là encore, de quelle injustice parle-t-on ? De celle qui fait que de plus en plus de personnes ne peuvent plus habiter près de leur travail et sont obligées d’utiliser chaque jour leur voiture pendant des heures (et des litres) souvent au milieu des embouteillages.

Mais à qui la faute ? Aux maires qui ne tiennent plus les loyers de leurs villes et en donnent les clés aux promoteurs ? Aux Français qui veulent à tout prix leur maison, le carré de jardin qui va avec et le calme alentour ? Aux chefs d’entreprise qui ne font pas le pari de s’installer trop loin de la métropole ou de la ville préfecture ? A l’Etat enfin, qui voit (qui fait ?) s’envoler les prix du carburant et le coût de la vie, sans rien faire, ou pire en disant : « c’est pas moi » ?

Le prix de l’essence n’est pas la seule raison de la colère des gilets jaunes. Mais la voiture individuelle, après avoir longtemps été un symbole de liberté mais aussi un marqueur social, devient aujourd’hui plus que jamais clivante, entre ceux qui peuvent s’en passer et les autres. Clivante aussi entre ceux qui pourraient s’en passer et ceux qui leur font la morale à ce sujet. Perdre sa voiture ou la possibilité de l’utiliser quand on le souhaite, au mieux inquiète, au pire peut faire sortir de ses gonds.

Ce qui semble aussi irriter les gilets jaunes, et cela revient souvent dans les discussions, c’est ce sentiment, ou cette impression, que « tout le monde n’est pas logé à la même enseigne ». Une fois de plus « les pauvres paieraient pour les riches » c’est-à-dire pour ceux qui peuvent se payer une « hybride » ou encore ceux qui ne regardent jamais les prix à la pompe. Mais là encore qu’est-ce qu’un »pauvre » et qu’est-ce qu’un « riche » ? D’ailleurs les gilets jaunes ne se réclament-ils pas, pour beaucoup d’entre eux, de « la classe moyenne », là encore un terme de plus en plus flou par les temps qui courent.

Face à autant de questions et de manques de repères fiables, comment ne pas générer affrontements et rancœurs ? « Il ne faudrait pas se tromper de cible » vitupèrent ceux qui ont laissé leurs gilets jaunes dans la boite à gants. Ceux qui les ont sur les épaules leur répondent : « Si vous n’êtes pas avec nous, alors vous êtes contre nous ». Un réservoir de protestations qui pourrait bien faire le plein de divisions.

Patrick Noviello (@patnoviello)

 

17 Mai

L’écrivain toulousain, Pascal Dessaint, agacé par la tournée des librairies de François Hollande

Ce vendredi 18 mai, François Hollande vient à Toulouse pour dédicacer son dernier livre. Cette nouvelle virée dans une librairie agace l’écrivain toulousain, Pascal Dessaint. Le romancier n’a toujours pas digéré le bilan de l’ancien président et le traitement  qu’il a réservé aux écrivains.

Pascal Dessaint. Photo : MaxPPP

Dans son roman Le chemin s’arrêtera là, Pascal Dessaint donne vie à des cabossés, des abîmés. L’écrivain pourrait voir en François Hollande l’un de ces personnages. L’ancien président n’a pas été épargné par les affres de la vie publique. Pascal Dessaint a de quoi piocher dans le parcours chaotique du « jeune » retraité. Notamment depuis que François Hollande a pris la plume et multiplie les séances de dédicaces.

Mais ce n’est pas le cas. Bien, au contraire, l’ex-président devenu écrivain reste, aux yeux de Pascal Dessaint, un chef de l’Etat avec son passé et surtout un passif.

Pascal Dessaint n’a toujours pas digéré le bilan du président poussé vers la sortie. Le romancier dresse un tableau noir : « jamais depuis Jospin, on n’avait accentué de la sorte la précarité de la profession ». Pascal Dessaint évoque une circulaire de 2011, appliquée par le gouvernement Valls, qui, selon lui, « complique notre activité : limitation de revenus accessoires et limitation du nombre d’ateliers d’écriture dans l’année ».

L’écrivain toulousain n’a pas attendu la retraite forcée de François Hollande pour exprimer publiquement ses critiques. En 2015, Pascal Dessaint a signé une tribune contre un décret modifiant la retraite complémentaire des auteurs.

Trois ans après cette colère publique, Pascal Dessaint est toujours remonté.

François Hollande peut toutefois se consoler. Il n’est pas le seul à en prendre pour son grade. Pascal Dessaint épingle également son successeur. « Sous Macron, c’est encore pire » estime l’écrivain.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

09 Avr

SNCF : les éléments de langage de la députée (En Marche) du Tarn Verdier-Jouclas suscite la « compassion » de la CGT

La députée du Tarn, Marie-Christine Verdier-Jouclas, est allée au contact des cheminots albigeois pour défendre la réforme ferroviaire. La rencontre suscite la « compassion » de la CGT : la parlementaire a « récité » des éléments de langage contenu dans un argumentaire qui a « fuité » et dont dispose le syndicat.

Photo : MaxPPP/Vrel

Ce samedi 7 avril, pendant 30 à 45 minutes, la députée En Marche du Tarn a rencontré les cheminots dans les locaux de la gare d’Albi-Ville. Le rendez-vous a été organisé par la CGT-Cheminot. Marie-Christine Verdier-Jouclas a donné son accord par SMS.

 

Vers 11 heures du matin, la discussion a débuté et les propos échangés n’ont pas vraiment surpris les syndicalistes. Et pour cause. Comme le précise un des participants, Valery Augereau, « j’aurais pu faire les réponses à sa place. C’était l’argumentaire envoyé à tous les députés et dont nous avons eu connaissance. C’est toujours les mêmes 2 ou 3 chiffres et toujours les mêmes arguments ».

Des éléments de langages, clés en main, cela suscite la « compassion » pour le représentant de la CGT : « Franchement, je les plains les députés. Ils débarquent face à des cheminots et ne connaissent rien au fond ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

28 Mar

Haute-Garonne : un militant socialiste en colère contre le 1er fédéral du PS, Sébastien Vincini

Le 1er fédéral du PS de la Haute-Garonne, Sébastien Vincini, est candidat à sa propre succession. Cette candidature met un militant en colère.

Sébastien Vincini; 1er Fédéral du PS31. Photo : MaxPPP.

Le jeudi 29 mars les militants de la Haute-Garonne vont désigner leur 1er secrétaire. L’actuel patron du PS31 brigue un nouveau mandat. Sébastien Vincini a officialisé sa candidature en adressant sa profession de foi aux militants de sa fédération. Un des destinataires n’apprécie pas vraiment. Il se défend de toute animosité personnelle et reconnaît des qualités à Sébastien Vincini : « j’apprécie humainement Sébastien« .

Mais ce militant, qui souhaite conserver l’anonymat, dresse un véritable réquisitoire :

Sébastien Vincini fait partie de tous ceux qui n’ont rien vu, rien écouté, rien fait pendant des années au PS ; ceux qui sont responsables de la déliquescence de ce parti et de ses idées. Il n’a, par exemple, pas exclu les soutiens de Macron. Belle contradiction avec ce qu’il écrit d’avoir pris ses responsabilités… Il a, 2 minutes après la défaite de 2017, appelé à la démission de Jean-Christophe Cambadélis qu’il a accusé de maux dont il était lui-aussi coupable ! Que n’a-t-il pas lui-même démissionné ? Voilà qu’il demande à ce que les socialiste y lui renouvellent leur confiance. Pour faire quoi de différent de ce qu’il a déjà mal fait depuis des années

Après le « constat », c’est le ressentiment qui s’exprime :

Quel simulacre ! Quel scandale intellectuel ! Je suis en colère. Rien ne change, lui, Faure et les autres n’ont rien compris, ou plutôt ils ont compris mais n’ont pas admis qu’ils sont le problème. C’est nul !

Bien évidemment, la voix d’un militant reste la voix d’UN militant. Ce n’est pas une pétition agrégeant des signatures ou un courant traduisant un mouvement collectif. Mais l’expression, même isolée, d’un dépit n’est pas neutre. Surtout dans le contexte actuel. En effet, le PS31 a connu plusieurs départs d’élus et de militants vers le mouvement de Benoît Hamon, Génération-s.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

01 Mar

Le député du Tarn, Philippe Folliot, et sa défense « poétique » de la ruralité

Matière fécale et orifice anal. Le député du Tarn, Philippe Folliot, réagit avec des mots « poétiques » à des propos tenus lors d’un cocktail parisien et assimilant son village au « trou du cul du monde ».

Philippe Folliot. Député du Tarn. Photo : Twitter

Philippe Folliot. Député du Tarn. Photo : Twitter

La défense de la ruralité est un thème classique et même banal, surtout en plein salon de l’Agriculture. De nombreux élus mettent la main sur le cœur pour vanter les charmes de nos campagnes et les vertus de l’élevage. Mais le député du Tarn, Philippe Folliot, ajoute un nouveau chapitre.

Un chapitre pour le moins original. Dans son « édito » du mois, le parlementaire respecte la règle de base de l’ode à la ruralité. Philippe Folliot exprime des sentiments forts, digne d’une histoire d’amour :

Je parlais avec passion de mon village, de ma montagne

Mais ce qui est moins banal et pas vraiment « fleur bleue », c’est la suite de l’histoire. Après avoir déclaré sa flamme au milieu d’un cocktail parisien, Philippe Folliot reçoit, en plein visage, une phrase de l’un des invités

Pour lui, j’habitais au « Trou du cul du monde »

L’incident aurait pu en rester là. Mais Philippe Folliot a décidé de prendre sa plume pour rendre public sa réaction ou plutôt son émotion :

Au début, je me suis dit que c’était peut-être de l’humour noir. Je n’ai pas immédiatement saisi « la haute portée symbolique » d’assimilation de ma ruralité viscérale à l’orifice anal, peut-être synonyme de plaisir pour quelques-unes et pour quelques, mais d’évacuation de matières fécales pour tous

Après ces propos, très torchés, Philippe Folliot retrouve un ton plus basique  en évoquant la situation des routes départementales et des collèges en zone rurale.

Rabelais a laissé à la postérité des pages sur le plaisir de satisfaire les besoins naturels. Mais il manquait dans la prose politique une sortie sur les déjections qui ne sont pas canines. Philippe Folliot vient de combler ce manque.

Laurent Dubois (@laurentdub)

29 Jan

Législatives partielles : la théorie du test

Photo MaxPPP/MBoyer

Photo MaxPPP/MBoyer

Val d’Oise, Territoire de Belfort, Loiret, Mayotte, Réunion et…Haute-Garonne. « Les partis d’opposition face au test des législatives partielles » titre ce vendredi matin Le Figaro, « un test pour l’exécutif » embraie Le Monde. Mais que représentent finalement quelques scrutins à l’échelle de la majorité écrasante de LREM à l’Assemblée ? Une goutte d’eau dans une mer d’huile électorale. Voilà bien longtemps que plus personne ne sent le vent. Présidentielle et Législatives l’ont bien prouvées. Pour gagner, l’heure n’est plus aux prévisions mais à l’alignement des planètes.

Revers et symbole »

Comme souvent oubliées, les sénatoriales de septembre dernier ont toutefois laissé des traces dans l’état-major de La République En Marche. Le mouvement macroniste ne pensait pas obtenir aussi peu d’élus. A scrutin différent, résultat différent. La vague « En Marche » s’est finalement ensablée face aux grands électeurs et au maintien des partis du « vieux monde » des jardins du Luxembourg.

En quoi l’élection partielle du Comminges, notamment, peut-elle donc être un test ? Sans doute, vaudra-t-elle pour savoir si le symbole du dernier bastion socialiste en Haute-Garonne tient encore ou pas. Elle prouvera, quoi qu’il arrive que la gauche, au sein de laquelle le PS n’est plus majoritaire, est plus que jamais divisée. Elle rappellera aussi que les éternels outsiders, FN et FI, gagnent encore du terrain et peuvent jouer les invités du second tour. Quant à la droite traditionnelle, elle fera acte de présence.

En campagne mais pour qui ? »

D’ici mars, cette partielle commingeoise devrait toutefois s’animer. Des têtes d’affiche y feront le déplacement comme dans les autres circonscriptions de France où élection il y aura. Les deux finalistes du scrutin annulé et leurs adversaires ont déjà repris leurs bâtons de pèlerins, non loin de Saint-Bertrand de Comminges. Iront-ils foulé, en campagne, le tapis rouge du festival de Luchon ? Une victoire est toujours bonne à prendre, un siège de député encore plus.

Seulement, les citoyens ont-ils la tête à voter ? Ils devraient toujours l’avoir me direz-vous… Mais la séquence électorale du printemps a été une fois encore celle qui a mis en avant les abstentionnistes, au pire totalement désintéressés, au mieux en plein doutes. Si cette forte abstention était à nouveau au rendez-vous, la théorie du « test » ferait flop. Et la victoire électorale serait une nouvelle fois attribuée à un bon alignement de planètes plus qu’à la volonté du peuple.

Patrick Noviello (@patnoviello)

29 Juin

« Camping 4 » à Martres-Tolosane pour des cadres de la Région Occitanie

Quatre étoiles pour la haute hiérarchie du Conseil Régional. Les Directeurs Généraux Adjoints (DGA) de la nouvelle grande région vont pouvoir profiter d’un écrin de verdure de 12 hectares, d’une piscine extérieure chauffée et du confort d’un Mobil Home ou d’un Chalet Tradition. Les contribuables peuvent se rassurer. Ce cadre idyllique n’est pas celui d’un château mais du camping de Martres-Tolosane (Haute-Garonne)

Carole Delga et Manuel Valls dans les rues des Martres-Tolosane. Photo @MaxPPP

Carole Delga et Manuel Valls dans les rues des Martres-Tolosane. Photo @MaxPPP

Les esprits grognons en seront pour leurs frais. Les DGA de Toulouse et Montpellier ne partent pas en vacances. Pas de serviettes de bains et de chaises longues. Les cadres dirigeants de la Région vont participer à un séminaire de travail. Un séminaire qui est organisé dans la commune de leur patronne, la présidente Delga, courant juillet.

La séquence ne va pas être de tout repos. Sans parler de l’ambiance. Pas vraiment détendue.

La Fusion impose une nouvelle organisation des Hôtels de Région. Beaucoup de dents grincent. A l’unanimité, les syndicats se sont (violemment) opposés au (nouveau) règlement intérieur et au (nouvel) organigramme présenté par le Directeur Général des Services, Simon Munch. Mais la grogne s’exprime à tous les étages. Y compris celui de la direction. Les directions générales adjointes sont remplacées par des directions déléguées. Les DGA ont l’impression de passer à la trappe. Selon eux, cette réforme vide de sa substance leur fonction.

Pour une fois, Toulousains et Montpelliérains font front commun.

Une rivalité existe entre les deux sites. Les Toulousains ont le sentiment d’être mis de côté. Mais, dans les rangs des DGA, le nouvel organigramme efface les rivalités entre ex-Midi-Pyrénéens et ex-Languedociens.

Le séminaire de Martres-Tolosane intervient dans un cadre de tension. Selon une source, « il doit permettre d’apprendre aux directeurs à travailler ensemble et relève de la calinothérapie ».

Une calinothérapie qui peut passer par un clin d’oeil aux fans de Franck Dubosc. Une virée au camping de Martres après la sortie (cette semaine) de Camping 3, cela peut plaire à certains haut-fonctionnaires.

Laurent Dubois (@laurentdub)

01 Juin

Quand Jean-Michel Baylet organise « des soirées du patrimoine » en son ministère

Les journées du patrimoine connaissent toujours un grand succès. Surtout quand il s’agit de découvrir les ors de la République et de visiter les Palais Nationaux. Seul inconvénient : l’affluence et les files d’attente. Mais il existe toutefois une solution pour profiter confortablement de  l’un des plus beaux ministère de France : une invitation de Jean-Michel Baylet. Le ministre de l’Aménagement du Territoire ouvre les portes de l’Hôtel de Castries. Des maires du Tarn-et-Garonne et les parlementaires de la région LRMP ont eu droit à une visite guidée.

(Photo : AFP)

(Photo : AFP)

A Paris, l’Hotel de Castries est un « local » PRG. Les lieux ont été occupés de mai 2012 à février 2016 par Sylvia Pinel. De 1997 à 2000, un autre ministre radical (actuellement président d’honneur du parti), Emile Zuccarrelli a également posé ses valises au milieu des sculptures en bois de Verbeckt. Tout naturellement, Jean-Michel Baylet se sent un peu comme chez lui rue de Varenne. Et tout aussi naturellement, le lendemain de sa nomination, l’actuel locataire a tout fait pour récupérer le bien « familial ». Quitte à expulser la ministre du Logement, Emmanuelle Cosse.

Jean-Michel Baylet pourrait invoquer des raisons sentimentales pour justifier son attachement à la prestigieuse adresse du faubourg Saint-Germain. Il n’a jamais confessé publiquement sa passion pour Stendhal et Mozart. Mais ces deux monuments de la culture ont fréquenté l’Hotel de Castries. Au delà d’un réflexe patrimonial, c’est (peut être) la petite et la grande histoire qui lient Jean-Michel Baylet à un édifice construit par le seigneur de Nogent.

En tout cas, une chose est certaine. Jean-Michel Baylet a souhaité partager son amour des lieux avec quelques privilégiés. Des maires du Tarn-et-Garonne et les parlementaires de sa région Languedoc-Roussillon/Midi-Pyrénées ont pu bénéficier d’un accueil VIP.

Le ministre des Collectivités Territoriales est en plein Congrès des maires. Un congrès qui s’annonce compliqué et tendu. Grogne et fronde autour des baisses de dotation de l’Etat. L’actualité sociale est également brûlante. Manifestations à répétition contre la loi El-Khomri. Les invités pouvaient s’attendre à un discours politique ou du moins à quelques mots sur la situation et les tensions du moment. Pas du tout. C’était juste une opération « portes ouvertes« . En présence de Sylvia Pinel, députés et sénateurs ont eu droit à une vraie visite guidée avec un guide professionnel.

Evidemment, une collation a permis à ces visiteurs d’un soir de profiter pleinement du moment et de récupérer après le défilé dans les nombreuses pièces du Palais. L’autre « fournée » d’invités (une quarantaine d’élus tarn-et-garonnais avec leur conjoint) a bénéficié d’un supplément. Un supplément d’âme en forme de confession. Jean-Michel Baylet a souligné que c’est grâce au Tarn-et-Garonne qu’il est actuellement au 42 rue de Varenne.

En dehors de cette séquence « émotion », pas de propos sur les dossiers du moment. Des dossiers brûlants qui concernent les maires du Tarn-et-Garonne comme tous les maires de France.

C’est le grand avantage des belles adresses et des hauts murs des hôtels particuliers. Ils fournissent un écrin doré. Mais surtout ils étouffent les bruits et les clameurs de la rue.

Laurent Dubois (@laurentdub)

19 Avr

Edito : Des Primaires secondaires ?

Thierry Solère, président de la commission nationale de la primaire de la droite et du centre (Photo Max PPP)

Thierry Solère, président de la commission nationale de la primaire de la droite et du centre (Photo Max PPP)

Je suis peut-être de la vieille école mais n’ai jamais vraiment adhéré au concept de « Primaires ». En politique, un chef ne devrait-il mieux pas s’imposer de lui-même ? Un seul antécédent pour ce type d’expérience en France : la désignation à gauche  de François Hollande en 2012. On ne peut pas dire que ça lui a porté chance ou donner une réelle assise… Quant à une nouvelle tentative de la gauche en matière de Primaires, elle reste pour l’heure en suspend.

Onze au départ, combien à l’arrivée ?

Hier donc, Thierry Solère était de passage à Toulouse pour lancer les Primaires de la droite et du centre. 11 candidats officiellement en lice, pour l’instant, sans compter Nicolas Sarkozy. « Mais ils ne seront sas doute pas tous à l’arrivée », rassure le président de la commission nationale d’organisation.

Parce qu’il y a quand même des règles, qui forcément vont institutionnaliser ce vote mais le certifier également. On ne peut pas tout avoir… 250 parrainages d’élus dont vingt parlementaires et 2500 soutiens d’adhérents issus de quinze départements. Mais est-ce que ça légitime une femme ou un homme ? Pas sûr…

Etre électeur et de droite

Ensuite qui va voter ? Des électeurs, ayant leur carte, qui devront signer un engagement dans lequel ils se revendiquent des valeurs de droite. Obligation donc d’être déjà dans la boucle civique et de se positionner politiquement.  Avis aux amateurs mais pas évident que ces critères de participation séduisent de nouveaux citoyens qui souhaitent s’investir dans la vie politique du pays.

Autre paramètre en effet qu’il ne va pas falloir éluder pour « Les Républicains » et les partis centristes, ces primaires s’annoncent aussi comme un test grandeur nature sur l’état de mobilisation de leurs troupes. On sait qu’une Présidentielle (surtout au premier tour) se gagne sur un socle d’électeurs issus des partis.

Un débat malgré tout

Référence de base pour ces Primaires à forte connotation interne sans vouloir l’être, les trois millions d’électeurs qui s’étaient prononcés en 2011 pour départager François Fillon et Jean-François Copé à la tête du parti. Ils avaient alors aussi pu voter par internet, ce qui n’est plus le cas cette fois-ci. Seul hic de cette précédente expérience, la confusion qui en était ressortie des urnes : impossible par exemple de savoir qui l’avait emporté dans les 158 bureaux de vote de la Haute-Garonne.

Élément positif tout de même de ce scrutin prévu les 20 et 27 novembre prochain : le débat qu’il amorcera. Chacun va faire valoir son premier jet de programme, ses positions sur des grands thèmes de société et ses éventuelles orientations présidentielles. C’est peut-être, selon moi, le seul vrai intérêt de ces Primaires.

Patrick Noviello

Pour Jean-Christophe Sellin, « le FN est venu pour pourrir » la réunion du Conseil régional

Jean-Christophe Sellin réagit à l’interview de France Jamet publiée sur le Blog Politique de France 3 Midi-Pyrénées. L’élu régional du Front de Gauche donne sa version des faits.

Jean-Christophe Sellin conseiller régional "Nouveau Monde".

Jean-Christophe Sellin conseiller régional « Nouveau Monde ».

Pour Jean-Christophe Sellin, « la réaction de France Jamet, pour le Front National, est révélatrice du profil de son groupe. Elle se présente comme victime alors qu’elle est venue avec un lance-flamme et ses collègues avec des bidons d’essence ». 

L’élu du Front de gauche argumente en faisant référence aux « pancartes brandies par quarante élus stigmatisant le «Delgastan», assimilant notre région à une entité à consonnance orientale qui, pour eux , est forcément antidémocratique, musulmane et intégriste (…) puis, Jean-Guillaume Remise (FN Aveyron) qui a poursuivi par des propos sexistes accusant Carole Delga de faire du «népotisme en tailleur» ( on ne parle jamais de népotisme en pantalon, n’est-ce-pas…..) ».

  Le Front National est venu pour pourrir l’Assemblée Plénière

Pour lui, « le bilan, c’est que le FN était venu pour pourrir l’Assemblée Plénière mais au fur et à mesure de la journée et notamment après mon intervention sur l’orientation budgétaire, l’éthique de l’emprunt et les aventures au Panama avec l’argent public, le Front National a été secoué, déstabilisé et a complètement perdu pied ».

  Le fascisme est un courant politique et non une insulte

« Finalement, poursuit Jean-Christophe Sellin, c’est Julien Sanchez, conseiller régional et maire de Beaucaire qui a tenté de reprendre la main et de ressouder les rangs fascistes (je rappelle que le fascisme est un courant politique et non une insulte).
Il a mené la bronca pendant la présentation du voeu sur l’accueil des réfugiés avec hurlements et bruyants sarcasmes à l’encontre de ceux qui fuient la guerre, la misère, le dérèglement climatique avec puis a craché sa haine sur tout ce qui bouge. Pour ceux qui en doutaient, cette journée a très clairement prouvé que le FN ne sert en rien l’intérêt général. Il ne sert à rien. Sinon à distiller la haine ».

On savait que la composition de la nouvelle assemblée régionale avec le Front National comme premier groupe d’opposition (en nombre d’élus) amènerait des tensions. On en en eu la preuve avec les incidents de vendredi à Montpellier.

On sait aussi maintenant que l’attitude des élus FN peut être un moyen de souder une majorité de gauche, plurielle et parfois frondeuse. Jean-Christophe Sellin et trois de ses camarades de « Nouveau Monde » se sont abstenus lors de l’élection de Carole Delga à la présidence de la Région, en janvier dernier. La préparation du budget et le dossier de la LGV risquent de créer de nouvelles tensions entre la présidente socialiste et la « gauche de sa gauche ». Mais, le temps d’une « plénière » houleuse, Carole Delga peut se « féliciter » de l’action du FN.

Le Front National lui « offre » un front uni.

Laurent Dubois (@laurentdub) et Fabrice Valéry (@FabValery)