20 Avr

Haute-Garonne : les chiffres du vote PS pour l’élection du 1er Fédéral, Sébastien Vincini

Sébastien Vincini a été reconduit à la tête de l’une des plus importantes fédérations PS de France. Quel a été son score ? Quelles sont les sections les « Vincinistes » ? France 3 Occitanie s’est procuré le détail du vote.

Sébastien Vincini, 1er fédéral du PS31

Le patron du PS31 occupe un poste stratégique dans la nouvelle équipe d’Olivier Faure. Sébastien Vincini doit cette promotion à son implantation locale. Depuis ses premières responsabilités au sein du parti en 2003, l’ancien secrétaire de section a gravi les échelons depuis 2003. Sébastien Vincini entame son deuxième mandat de 1er Fédéral. Le 29 mars dernier, les militants ont renouvelé leur confiance.

 

 

Le détail de l’élection doit être présenté en conseil fédéral le 3 mai prochain. France 3 Occitanie s’est procuré un document interne détaillant le nombre de votants et le vote des sections.

Document Vote PS

3829 militants sont inscrits sur la liste électorale. 1679 électeurs se sont présentés aux urnes et 1503 voix se sont portées sur le seul candidat en piste à savoir Sébastien Vincini.

Sur les 39% de participants, Sébastien Vincini obtient 89% des votants.

C’est dans la section de Colomiers que le 1er Fédéral obtient son meilleur résultat (113 voix). C’est ensuite Toulouse V qui a le plus voté pour Sébastien Vincini (96 voix). Les sections les plus « Vincinistes » sont ensuite : le Carbonnais (56 voix), Saint-Gaudens (53 voix) et Portet-sur-Garonne (44 voix).

A noter que la Haute-Garonne est parmi les fédérations qui se sont le plus mobilisés. Trois fédérations dépassent les 1500 votants et la Haute-Garonne figure

Laurent Dubois (@laurentdub)

10 Avr

Réforme SNCF : un changement de statut voté par… 2 députées d’Occitanie seulement

L’Assemblée Nationale a adopté le nouveau statut de la SNCF. Une réforme votée par… 2 députées sur l’ensemble des parlementaires d’Occitanie.

Photo : MaxPPP/Loos

La réforme de la SNCF bouscule le quotidien des Français et fait la Une des médias. Mais, du côté des députés, ce n’est pas la bousculade pour traiter le dossier. Le chantier ferroviaire a été lancé à l’Assemblée ce lundi 9 avril. Un amendement a été soumis au vote. Le texte est essentiel puisqu’il transforme l’entreprise « en groupe public unifié avec une société national à capitaux publics« . C’est la fin d’une statut qui remonte à…1983.

Face à un tel bouleversement, on pouvait espérer une mobilisation des députés, surtout dans les rangs de la majorité. Le président du groupe En Marche, Richard Ferrand, demande à ses troupes de se mobiliser et incite même les députés « macronistes » à se rendre au contact des cheminots.

Visiblement, l’appel n’a pas été entendu s’agissant du travail parlementaire. Le 1er acte de la réforme SNCF a mobilisé 60 députés sur les 312 membres du groupe La République En Marche.

En Occitanie, c’est encore plus flagrant. Le statut de la « Nouvelle SNCF » a été adopté uniquement  par… 2 députées de la majorité : la Tarnaise Marie-Christine Verdier-Jouclas et la Lotoise Huguette Tiegna.

Tout un département est aux « abonnés absents » : en Haute-Garonne, aucun député En Marche sur les 8 parlementaires que compte le parti d’Emmanuel Macron n’a voté ce changement de statut.

A noter que le dernier député PS du département, Joël Aviragnet  n’a pas (non plus) participé au vote.

Du côté de la France Insoumise, 6 députés (dont Jean-Luc Mélenchon) ont voté « contre ». Mais une seule représentante de l’Occitanie (Muriel Resseguier, Hérault) était présente au moment du vote.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

27 Fév

Absentéisme des conseillers régionaux : quels sont les élus sanctionnés financièrement ?

Le conseil régional d’Occitanie publie le taux d’absence des élus régionaux. Une évaluation unique en France et qui conduit à une sanction financière.

Assemblée Plénière du conseil régional d'Occitanie. MaxPPP/Esdourrubailh

Assemblée Plénière. conseil régional d’Occitanie.Photo : MaxPPP/Esdourrubailh

Pour la deuxième fois depuis le début du mandat, le conseil régional pointe les absences de élus régionaux. Cette transparence était totalement absente dans l’ex-région Languedoc-Roussillon. Mais elle existait, avant la création de la Grande Région, côté Midi-Pyrénées. Néanmoins, c’était un dispositif peu efficace. En effet, un mécanisme d’excuses permettait à un élu d’être considéré comme « présent à 100% » alors qu’il pouvait être absent en permanence.

Après son élection à la tête de la nouvelle région, Carole Delga a introduit un nouveau pointage. Les excuses sont limitées et encadrées. Il existe 3 cas de figure : un mandat de représentation de la Région empêchant de participer à une réunion, une raison de santé justifiée par un certificat médical, des empêchements professionnels ou personnels. Cette dernière catégorie d’excuse comporte 3 « jokers ».

Si, malgré ces excuses justifiées, un élu n’est pas présent, une sanction financière financière s’applique : une retenue sur les indemnités. Cette pénalité s’applique à partir de 10% d’absences et elle est proportionnelle : 10% d »absence = 10% de retenue, 20% = une retenue de 20%….La retenue s’applique sur quatre mois .Après cette période, le compteur est remis à zéro.

Sur la base de ce système, des conseillers régionaux vont donc perdre une partie de leur indemnité.

  • France Jamet (FN) : 10% de retenue correspondant à un taux d’absence de 13,89%
  • Jean-François Fons (UEDC) :  20% de retenue pour un taux d’absence de 27,27%
  • Jean-Christophe Sellin (Non Inscrit) : 10% de retenue pour un taux d’absence de 17,24%
  • Sacha Briand (UEDC) : 10% de retenue pour un taux d’absence de 13,04%
  • Emmanuel Crenne (FN) : 20% de retenue pour un taux d’absence de 20%
  • Yoan Gillet (FN) : 10% de retenue pour un taux d’absence de 16,67%

La retenue la plus importante concerne Anne-Marie Collard (FN) : 40% de retenue pour un taux d’absence de 42,86%

Le conseiller régional du Lot, Aurélien Pradié, figure également parmi les plus gros « perdants » : 30% de retenue pour un taux d’absence de 36,6%. Mais c’est sans conséquence.  En effet, Aurélien Pradié a démissionné de son mandat régional pour se consacrer à son activité parlementaire. De ce fait, il n’y aura pas de sanction financière pour le jeune élu du Lot puisqu’il ne perçoit plus d’indemnité au titre de son ex-mandat régional.

Tous les conseillers régionaux ne perçoivent pas la même indemnité. La rémunération dépend des fonctions exercées au sein du conseil régional (membre de la commission permanente, vice-présidence) mais aussi d’un éventuel cumul de mandat (parlementaire ou local).Evidemment, plus d’indemnité est importante et plus la sanction financière est élevée. Au regard de ces critères, voici le montant des retenues :

  • France Jamet (FN) : 157,93 euros.
  • Jean-François Fons (UEDC) : 410,30 euros.
  • Jean-Christophe Sellin (Non Inscrit) : 186,50 euros
  • Sacha Briand (UEDC) : 63,95 euros
  • Emmanuel Crenne (FN) : 315,23 euros
  • Yoan Gillet (FN) : 191,12 euros

Logiquement, c’est Anne-Marie Collard (FN) qui va perdre le plus d’argent : 766,44 euros

Ses sanctions financières sont relatives car elles reposent sur un système de contrôle qui a des failles. Selon nos informations, des élus contournent les règles. Au moment des Assemblées Plénières (AP), des conseillers régionaux signent en fin de matinée la feuille de présence. Ils déjeunent puis pointent en début d’après-midi avant de quitter la réunion. Lors de chaque AP, le pointage se fait par demi journée : matinée, après-midi et éventuellement soirée. Il suffit d’être présent entre 11 heures 30 et 14 heures 30 pour avoir de bonnes statistiques. Ainsi, des élus affichent  un taux d’absence à 0% alors qu’ils se contentent d’une présence minimale. De plus, les indicateurs portent sur un nombre limité de réunion : 3 assemblées plénière par an, 10 commissions permanentes par an, 10 commissions sectorielles par an. Les réunions dans les organismes extérieurs ne sont pas comptabilisés. Et, évidemment, le travail sur le terrain n’est pas contrôlé.

Ces limites relativisent l’intérêt et la portée du taux d’absence des élus régionaux. Mais le système a un intérêt indéniable : il existe.

Laurent Dubois (@laurentdub)

24 Nov

LGV Toulouse-Paris : toujours pas sur les rails et 360 millions d’euros déjà dépensés

Le gouvernement pousse le projet de LGV Toulouse-Paris vers une voie de garage. Mais les collectivités ont déjà dépensé 360 millions d’euros.

Photo MaxPPP

Photo MaxPPP

Ce mercredi 15 novembre le Conseil Régional d’Occitanie  a annoncé le déblocage de 5 millions d’euros pour le projet de LGV Montpellier-Perpignan. Cette somme va permettre le financement d’études et d’acquisitions foncières. Ce n’est pas la première fois que la collectivité régionale engage une dépense pour la LGV. Selon les chiffres fournis par l’hôtel de Région, ce sont 171 millions qui ont été engagés sur les projets « Toulouse-Paris » et « Montpellier-Perpignan » ces dernières années.

Le conseil régional n’est pas le seul à avoir dépensés de l’argent sur ce qui reste encore un projet. Un projet qui est remis en cause par le gouvernement.

Pourtant des sommes substantielles ont été engagées. S’agissant du tronçon Tours-Bordeaux, une convention de financement et de réalisation a été signée en 2011.

  • 102,14 M€  à la charge de la Région Occitanie. Sur ce montant, 66,01 M€ courants versés à ce jour. La différence provient essentiellement de la retenue de garantie de 30-40% pour la réalisation du tronçon Bordeaux-Toulouse et des annuités restantes.
  • 178,43 M€ à la charge des autres collectivités territoriales d’Occitanie. Montant versé à ce jour non connu.

Dans une convention de 2012 et concernant la ligne LGV et l‘Aménagement Ferroviaire du Nord de Toulouse (AFNT), des études préalables à l’enquête publique ont été budgétées :

  • 19,5 M€ dont 50% engagés par la Région Occitanie.
  • 16.5 M€ pour des réserves foncières en 4 parts égales CG, CR, Etat, SNCF

Enfin une convention datant de 2016 (et incluant le débat public de 2005) porte sur des études et des actions foncières :

  • 18.71 M€ courants engagés par la Région Occitanie.
  • 23,71 M€ courants engagés par les autres collectivités territoriales d’Occitanie.

Au total cela fait presque 360M€ engagés par les collectivités d’Occitanie.

Laurent Dubois (@laurentdub)

26 Oct

13 députés d’Occitanie ont « oublié » de déclarer leurs assistants

En Occitanie, 13 députés n’ont pas déclaré leurs assistants parlementaires auprès de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP).

©Julien Mattia / Le Pictorium/MAXPPP - Julien Mattia / Le Pictorium - 12/07/2017 - France / Ile-de-France / Paris - Questions au gouvernement a l'assemblee Nationale. Julien Mattia / Le Pictorium - National Assembly: Questions to Government - 12/07/2017 - France / Ile-de-France (region) / Paris - Questions to the government at the National Assembly. (MaxPPP TagID: maxnewsworldfour326068.jpg) [Photo via MaxPPP]

Assemblée Nationale. Photo : MaxPPP

Les 49 députés d’Occitanie ont dû remplir une déclaration d’intérêts et d’activités. Le formulaire contient une rubrique « les collaborateurs parlementaires ». Depuis l’affaire Fillon et après le vote d’une loi interdisant les emplois familiaux, le job d’assistant est sorti d’un relatif anonymat. Avant la présidentielle de 2017, les « petites mains » de l’Assemblée n’étaient pas sous les projecteurs. Désormais, c’est un vrai sujet sensible. Dans ce contexte, on pouvait s’attendre à une certaine vigilance et à une véritable transparence. Mais plusieurs députés maintiennent une zone d’ombre. Ils ne mentionnent pas le nom et l’activité de leurs collaborateurs. Ces oublis volontaires touchent tous les partis et quasiment tous les territoires. Mais un département est particulièrement concerné : le Tarn.

Le Tarn, département le plus concerné

Les trois députés du département de Jaurès ne mentionnent pas le nom de leurs collaborateurs. Philippe Folliot, Jean Terlier, Marie-Christine Verdier-Jouclas appartiennent tous les 3 à la majorité présidentielle. Mais ce n’est pas le seul point commun. Les parlementaires du Tarn n’ont pas renseigné la case « nom » et « description des autres activités professionnelles exercées » de la rubrique « les collaborateurs parlementaires« . Cette absence d’information n’est pas synonyme d’une absence d’assistants à l’Assemblée. Ainsi, un parlementaire de la Haute-Garonne, Jean-François Portarieu, mentionne, dans sa propre déclaration, un assistant « partagé » avec le tarnais, Philippe Folliot. Il s’agit d’un collaborateur « basé » à Paris.

Dans un précédent article, Le Blog Politique a également évoqué le profil d’une assistante « locale » de Philippe Folliot : une suppléante qui est élue à la mairie d’Albi. Dans la même publication, le profil des assistants de Jean Terlier était mentionné : un couple d’enseignants. Bref, les assistants des députés tarnais existent bien…sauf dans les déclarations déposées auprès de la HATVP.

Des « oublis » dans tous les partis et quasiment tous les départements

Un département récolte la palme de l’exemplarité. Dans l’Aveyron, les trois députés (Anne Blanc, Stéphane Mazars, Arnaud Viala) ont non seulement mentionné mais également détaillé les noms et fonctions de leurs assistants. Même chose dans le Tarn-et-Garonne. En dehors de ces deux microclimats, tous les autres départements d’Occitanie sont concernés par des déclarations lacunaires. Tous les partis sont concernés. Même si La République En Marche est « bien » représentée : 9 députés sur les 13 « oublieux ». C’est paradoxal car le parti majoritaire est à l’origine d’un renforcement des règles sur la Transparence.

  • Ariège : Michel Larive (France Insoumise)
  • Aude : Danièle Hérin (La République En Marche), Alain Perea (La République En Marche), Mireille Robert (La République En Marche)
  • Gard : Annie Chapelier (La République En Marche)
  • Haute-Garonne : Elisabeth Toutut-Picard (La République En Marche), Jean-Luc Lagleize (Modem)
  • Gers : Jean-René Cazeneuve (La République En Marche)
  • Pyrénées-Orientales : Louis Aliot (Front National)
  • Hérault : Coralie Dubost (La République En Marche)

A côté de la catégorie des « mauvais élèves », on trouve une catégorie « intermédiaires ». Celle des députés ayant réduit la déclaration à sa simple expression

Des déclarations minimalistes

Un simple nom et pas de détail sur les fonctions exercées. Certains déclarants se contentent du strict minimum.

  • Haute-Garonne : Michaël Nogal (La République En Marche)
  • Haute-Garonne : Monique Iborra (La République En Marche)
  • Haute-Garonne : Sandrine Mörch (La République En Marche)
  • Tarn-et-Garonne : Sylvia Pinel (PRG)
  • Lozère : Pierre Morel-A-L’Huissier (UDI)
  • Pyrénées-Orientales : Sébastien Cazenove (La République En Marche)
  • Hérault : Philippe Huppé (La République En Marche)
  • Gers : Gisèle Biémouret (PS)
  • Gard : Olivier Gaillard (La République En Marche)

Tous les déclarants ne se contentent pas de remplir une case. Certains détaillent les activités professionnelles qu’exercent leurs assistants. Une activité parallèle à leur travail à l’Assemblée. Un député va plus loin et mentionne un lointain lien de parenté.

Les déclarations les plus complètes

Dans le Gard, Philippe Berta (La République En Marche) mentionne l’activité professionnelle de son assistant : professeur d’histoire. Même chose dans le Lot. La députée (LREM) Huguette Tiegna précise que sa collaboratrice est assistante de direction à mi temps et que son autre assistant est PDG d’une maison d’édition juridique. Toujours dans le secteur privé, la députée de l’Hérault Patricia Mirallès (La République En Marche) mentionne un assistant parisien inscrit au Barreau et avocat de profession. Le député héraultais, Christophe Euzet, indique employer comme assistant un chef d’entreprise. Dans le même département, ce sont un agent immobilier et un employé d’une société informatique qui sont déclarés par le député Nicolas Dumoulin.

Du côté du secteur public, on trouve plusieurs élus locaux qui exercent des fonctions d’assistant auprès d’un député :

  • Haute-Garonne : Joël Aviragnet (PS)
  • Hérault : Patricia Mirallès (La République En Marche)
  • Hérault : Emmanuel Ménard (Apparentée FN)
  • Pyrénées Orientales : Romain Grau (La République En Marche)

A noter que Romain Grau est le plus gros employeur d’élus locaux. Ses deux assistants sont maire-adjoint (Perpignan et Toulouges) et un des collaborateurs cumule un mandat municipal avec un mandat départemental.

La déclaration des assistants est née d’une volonté de transparence. Mais elle repose sur un principe : l’interdiction des emplois familiaux. Avant l’entrée en vigueur de cette disposition (en décembre prochain).Gilbert Collard continue à salarier sa femme. Mais deux parlementaires anticipent non seulement l’application de la nouvelle loi. Ils respectent scrupuleusement l’esprit de la nouvelle règle.

Le député (LR) de l’Aveyron, Arnaud Viala mentionne que l’un de ses assistants à un lointain lien de parenté avec lui : un cousin au…5ème degré. La députée (PS) du Tarn-et-Garonne, Valérie Rabault, mentionne dans sa déclaration que ses assistants n’ont avec elle aucun lien familial ou de parenté.

Enfin, dernière catégorie, la précision des fonctions. Le député (LR) Aurélien Pradié est incontestablement le « champion » en la matière. Le parlementaire lotois publie la fiche de poste de chacun de ses collaborateurs  : gestion de la permanence parlementaire en circonscription, gestion de l’agenda, accueil du public, administratif général, requêtes des citoyens, de projets des Collectivités et des dossiers d’actualité, communication, de l’information des citoyens, des actions participatives d’information sur la travail du député.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

26 Sep

Couple, suppléant, élu local : ces étonnants assistants parlementaires de députés de la région

Depuis septembre 2017, la loi encadre les emplois d’assistants parlementaires. Mais il reste des « bizarreries » ou des situations « cocasses ».

Photo MaxPPP

Photo MaxPPP

La promesse de campagne est devenue une loi. Le candidat Macron voulait interdire aux députés de salarier femmes et enfants. Les députés l’ont fait. Depuis la loi du 15 septembre 2017, les scandales à la Fillon appartiennent au passé. Le site de l’Assemblée continue à mentionner l’emploi d’assistante parlementaire de la femme du député du Gard, Gilbert Collard. Mais c’est juste un problème d’actualisation. Les peines sont sévères s’agissant d’emplois familiaux désormais illégaux : 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende.

Les mailles du filet sont étroites. Impossible de se faufiler, les noms des assistants sont publics. Mais il existe, toutefois, une hypothèse « familiale » qui échappe aux foudres de la loi.

Une exception « tarnaise » avec un couple d’assistants

Un couple, unis par les liens du mariage, peut travailler pour un même député. Ce cas de figure est parfaitement légal. Mais il reste peu banal. Selon nos informations, 1 seul parlementaire sur les 577 députés utilise cette formule. Il est tarnais. Il s’agit de JeanTerlier. Le député La République En Marche (LaRem) emploie sa suppléante et son mari.

Enseignants de profession (musique et espagnol), les deux assistants travaillent sur la circonscription. Ce regroupement familial fait grincer des dents dans les rangs d’En Marche. Des adhérents estiment que les nouveaux députés ont été élus sur une exigence de moralité et de rigueur. Le fait de salarier des conjoints suscite des critiques dans les cercles LaRem de Castres. Des Marcheurs estiment que la compétence professionnelle doit primer sur les rapports amicaux et familiaux.

Cette grogne prouve que les Marcheurs ont pris au sérieux la promesse « macronienne » de renouvellement des pratiques.

Mais elle montre également une évidence. Plus les textes sont exigeants et plus la tolérance, envers les « spécialités » locales, est faible.

En Haute-Garonne, la pratique des « assistants-suppléants »

 Le sénateur du Tarn-et-Garonne, François Bonhomme, souhaitait interdire le cumul des fonctions d’assistant et de suppléant. La commission des lois de l’Assemblée a rejeté la proposition. Juridiquement, le débat est tranché. Les députés peuvent salarier leurs suppléants. Mais, politiquement,  la question a agité les nouveaux députés. En juin dernier, peu de temps après les législatives, des échanges ont eu lieu sur l’opportunité de transformer les suppléants en assistants. Des députés chevronnés ont rejeté l’hypothèse. Un parlementaire de la Haute-Garonne a notamment défendu un argument massue : le suppléants ont un rôle politique et les assistants sont des collaborateurs techniques. Il ne faut pas mélanger les genres. Malgré cette mise en garde des députés salarient leurs suppléants.

C’est particulièrement vrai en Haute-Garonne. Corinne Vignon, Pierre Cabaré, Michaël Nogal utilisent leurs suppléants comme assistants.

Une « assistante-super élue locale » dans le Tarn

Des parlementaires peuvent employer des élus locaux comme assistants. C’est rare. Mais cela arrive. Et quand cela se produit, il s’agit d’élus de petites communes. Sauf dans le Tarn. Le député Philippe Folliot salarie la deuxième adjointe d’une ville de plus de 50 000 habitants et qui occupe, de surcroît, une place de vice-présidente dans une Communauté d’Agglomération. 

Laurent Dubois (@laurentdub)

03 Avr

Depuis 1965, Toulouse a (presque) toujours voté à gauche à la présidentielle

On dit que Toulouse vote à gauche pour les scrutins nationaux et à droite pour les élections locales. Info ou intox ? Nous avons vérifié en nous plongeant dans les résultats de la ville pour les 9 élections présidentielles qui ont eu lieu depuis 1965.

Lors du débat Mitterrand-Chirac en 1998 (photo : AFP)

Lors du débat Mitterrand-Chirac en 1998 (photo : AFP)

Si Toulouse était la France, le pays aurait été dirigé par 8 présidents de la République de gauche sur les 9 qui ont été élus. Si Toulouse était la France, Mitterrand aurait été élu président dès 1965 et Lionel Jospin dès 1995. Si Toulouse était la France, le général De Gaulle, Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy ne l’auraient jamais été. Si Toulouse était la France, le pays se serait doté pour la première fois d’une femme présidente en 2007… 

Mais Toulouse n’est pas la France…

Pour autant ce que révèle la plongée dans les résultats des élections présidentielles successives à Toulouse, c’est qu’effectivement, depuis 1965 et l’instauration de l’élection au suffrage universel du chef de l’Etat, la ville a toujours choisi le candidat de gauche, à une exception près : en 1969. Même en 2002, la ville rose avait placé Lionel Jospin en tête au premier tour.

Mitterrand a battu De Gaulle en 1965

En 1965, pour la première élection du Président de la République au suffrage universel, De Gaulle paraît imbattable. François Mitterrand le pousse pourtant à un second tour inattendu. Alors que la France porte Charles de Gaulle à l’Elysée avec plus de 55 % des voix, Toulouse, dirigée alors par un maire socialiste , Louis Bazerque, inverse la tendance :

  • François Mitterrand : 55, 38 %
  • Charles de Gaulle : 44, 62 %

En 1969, Toulouse choisit Pompidou contre Poher

Après la démission de De Gaulle, désavoué lors d’un référendum, la gauche ne parvient pas à s’organiser divisée en le communiste Jacques Duclos, le SFIO Gaston Deferre et le PSU Michel Rocard. Le second tour oppose donc le Premier ministre Georges Pompidou et le président du Sénat Alain Poher. Pompidou est élu avec 58,61 % des voix. C’est la seule fois dans l’histoire que Toulouse choisit un président de droite. Et pour cause, il n’y a pas de candidat de gauche au second tour.

  • Georges Pompidou : 52,36 %
  • Alain Poher : 47,64 %

Mitterrand plutôt que Giscard en 1974

Après la mort de Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing s’impose à droite face à Jacques Chaban Delmas. A gauche, Mitterrand est presque en mesure de l’emporter mais s’incline de justesse (49,19 %) face au jeune ministre de l’Economie (50,81 %). A Toulouse, où Pierre Baudis a été élu maire en 1971, Mitterrand est largement devant.

  • François Mitterrand : 53,75 %
  • Valéry Giscard d’Estaing : 46,25 %

Le raz de marée Mitterrand en 1981

François Mitterrand tient sa revanche en 1981 en devenant enfin Président de la République (51,76 %) face au président sortant (48,24 %). A Toulouse, Miterrand lamine Giscard dans les urnes :

  • François Mitterrand : 58,54 %
  • Valéry Giscard d’Estaing : 41,46 %

Mitterrand face à Chirac en 1988

7 ans plus tard, le président PS est réélu largement avec 54,02 % des voix face à son premier ministre de cohabitation Jacques Chirac (45,98 %). Toulouse, qui compte un maire de centre-droit après l’élection de Dominique Baudis en 1983, choisit encore largement Mitterrand, avec cependant un écart moindre avec le score national.

  • François Mitterrand : 56,61 %
  • Jacques Chirac : 43,38 %

En 1995, Jospin bat Chirac

Elu de Haute-Garonne, Lionel Jospin, candidat PS face à Chirac en 1995 aurait été élu Président de la République si la France avait voté comme Toulouse. Le candidat socialiste est pourtant largement battu au niveau national avec 47,36 % contre 52,64 % à Jacques Chirac. Un résultat inversé à Toulouse :

  • Lionel Jospin : 51,78 %
  • Jacques Chirac : 48,21 %

2002 : Jospin en tête au premier tour

Comme le reste de la France, Toulouse a voté Chirac (86,06 %) au second tour de l’élection présidentielle de 2002, face à Jean-Marie Le Pen (13,94 %). Mais ce qui est intéressant, c’est de regarder le résultat du premier tour… A Toulouse, ou l’UDF Philippe Douste-Blazy a succédé à Dominique Baudis au Capitole en 2001, Lionel Jospin sort en tête :

  • Lionel Jospin : 20,23 %
  • Jacques Chirac : 17,34 %
  • Jean-Marie Le Pen : 14,65 %

En 2007, Royal plutôt que Sarkozy

Alors que la France choisit Nicolas Sarkozy (53,06 %) plutôt que Ségolène Royal (46,94 %), Toulouse, dont Jean-Luc Moudenc est le maire après le départ de Philippe Douste-Blazy en 2004, inverse le résultat et donne la majorité de ses voix à la candidate socialiste.

  • Ségolène Royal : 57,6 %
  • Nicolas Sarkozy : 42,4 %

En 2012, Hollande dépasse les 60 %

Même rejet du candidat Sarkozy, président sortant en 2012. Cette fois, Toulouse a un maire de gauche, le socialiste Pierre Cohen élu en 2008 et offre à François Hollande, élu président, l’un de ses meilleurs scores en France :

  • François Hollande : 62,54 %
  • Nicolas Sarkozy : 37,46 %

Et en 2017 ?

Impossible de se projeter, à partir de ces résultats, sur ce que sera le scrutin présidentiel de 2017. D’autant que la situation sur l’échiquier politique est loin d’être clair. Rendez-vous au soir du second tour, le 7 mai, pour savoir si Toulouse a de nouveau fait entendre sa voix.

FV (@fabvalery) avec J. Leroy

22 Mar

Présidentielle : la présidente du PRG, Sylvia Pinel, soutien Benoît Hamon mais ne parraine pas…Benoît Hamon

La présidente du PRG apporte son soutien à Benoît Hamon. Mais Sylvia Pinel ne figure pas dans la liste, publiée par le conseil constitutionnel, des parrains du candidat socialiste.

Sylvia Pinel, présidente du PRG, et Benoît Hamon, candidat à la présidentielle. Photo MaxPPP

Sylvia Pinel, présidente du PRG, et Benoît Hamon, candidat à la présidentielle. Photo MaxPPP

Manuel Valls a refusé son parrainage à Benoît Hamon. La position de l’ancien premier ministre n’est pas isolée. Une Vallsiste n’a pas apporté sa signature au vainqueur de la Primaire. A la différence de l’ex locataire de Matignon, Sylvia Pinel ne met pas en avant une incompatibilité politique. Au contraire. La présidente du PRG a signé un accord électoral avec le socialiste.  A la tribune du (dernier) comité directeur de son parti, Sylvia Pinel a réaffirmé son soutien au candidat à la présidentielle.

Pour se ménager une porte de sortie et tenir compte de la « macronisation » du PRG, Sylvia Pinel laisse ses troupes libres. Les élus et cadres radicaux de gauche peuvent rejoindre Emmanuel Macron. D’ailleurs beaucoup n’ont pas attendu le « laissez-passer » pour basculer. Mais, du côté de la présidente du PRG, la ligne est claire. Sylvia Pinel est derrière Benoît Hamon.

Visiblement le soutien est verbal. Sylvia Pinel n’a pas joint  l’acte à la parole. La présidente du PRG n’a pas donné sa signature pour permettre à Benoît Hamon d’être candidat à la présidentielle. Evidemment, le geste est symbolique. Le candidat du PS avait impérativement besoin de 500 paraphes pour être présent sur la ligne de départ. C’est une obligation (juridique) posée par la loi organique du 18 juin 1976. Néanmoins, Benoît Hamon a facilement et largement passé la barre. La région Occitanie s’est d’ailleurs largement mobilisée et constitue le plus fort contingent de parrainages.

Mais ce résultat a été obtenu sans la contribution de la présidente du PRG

Le détail n’a pas échappé à une sénatrice appartenant au parti de Sylvia Pinel.

Une simple consultation du site du conseil constitutionnel permet de vérifier l’information. Le nom de Sylvia Pinel n’apparaît pas dans le moteur de recherche. Il suffit de taper « Carole Delga »  pour obtenir son parrainage en faveur de Benoît Hamon. Si on effectue la même opération en mentionnant Sylvia Pinel la réponse est : aucun élément à afficher.

La publication (intégrale) de la liste des parrainages est une nouveauté de la présidentielle de 2017. A partir de 1976, le conseil constitutionnel se contentait de tirer au sort un échantillon.

Dans le passé, Sylvia Pinel aurait pu passer entre les mailles du filet. Mais, avec la nouvelle publicité instaurée en 2017, le coup de projecteur est imparable.

Comment expliquer l’acte manqué de Sylvia Pinel ?

Un mauvais tour de l’inconscient politique de la radicale de gauche ?

Sylvia Pinel est, politiquement, très éloignée de la ligne « à gauche toute » de Benoît Hamon. Proche de Manuel Valls, l’âme sociale-libérale de Sylvia Pinel a peut être retenu sa plume.

Le soutien de la présidente du PRG envers Benoît Hamon est un soutien de raison. Une raison largement liée à la promesse de 40 circonscriptions pour les législatives.

Face au formulaire de parrainage, c’est peut être le cœur (Vallsite) qui a paralysé la main.

A moins qu’il ne s’agisse d’un simple oubli.

Laurent Dubois (@laurentdub)

06 Fév

Le Front National a-t-il deux visages au Conseil Régional d’Occitanie ?

Vendredi 3 février, en pleine Assemblée Plénière du Conseil Régional, Carole Delga a arraché le micro d’un élu Front National. L’incident a rapidement circulé sur Facebook et Twitter. C’était prévisible. Mais, de manière plus surprenante, une contre-offensive a été immédiatement menée par le directeur de cabinet de la présidente de Région. Dans un tweet, Laurent Blondiau dénonce les postures qui virent à l’imposture du FN : le Front National « insulte » mais… vote les projets de Carole Delga. Vrai ou Faux ? Intox ou réalité ?

France Jamet  (Crédit : AFP)

France Jamet (Crédit : AFP)

Depuis le début du mandat, le nouveau conseil régional de la nouvelle grande région Occitanie est secoué par des incidents de séance. Un élu de gauche a fait cadeau d’un chapeau Panama à la présidente du groupe FN, France Jamet. Le geste faisait référence à un scandale (dit des Panama Papers) qui touche des proches de Marine Le Pen. Quelques temps plus tard, une altercation autour d’une prise de parole de l’élue Front de Gauche, Myriam Martin, et le cabinet de la présidente a tourné au pugilat verbal. De son côté le Front National n’est pas en reste. Une escarmouche entre un élu Frontiste du Lot, Emmanuel Crenne, et le représentant lotois des Les Républicains, Aurélien Pradié a manqué dégénéré en bagarre.

Dans ce « festival », la palme revient à la plénière du 3 février dernier. Pour la première fois, c’est la présidente de Région qui est directement descendue dans l’arène. Suivie de près par son directeur de cabinet. L’intervention de Laurent Blondiau prend la forme d’un Tweet. Un Tweet qui dénonce le double discours du FN : insultes d’un côté et votes positifs de l’autre.

France 3 Occitanie s’est procuré les chiffres des votes lors de 5 assemblées plénières de 2016 et des 7 commissions permanentes tenues en 2016. Pour les assemblées plénières cela représente 70 délibérations. S’agissant des commissions permanentes il s’agit de 1675 rapports.

Assemblées Plénières 2016 : un FN majoritairement « contre ».

Le Front National a voté « pour » 30 % des rapports présentés et « contre » 53 % des textes soumis au vote. Dans 20 % des votes, le FN s’est abstenu.

A titre de comparaison, l’opposition de droite « Union des Elus de Droite et du Centre » (UEDC) a voté « pour » 37 % des rapports présentés et contre 47 % des textes soumis au vote.

Commission Permanente 2016 : un FN majoritaitement « pour ».

Le Front National a voté pour 66 % des rapports présentés. Seuls 19 % des rapports sont rejetés. Preuve en en que dans son tweet, le directeur de cabinet de Carole Delga, qui parle de 80 % des décisions votés par le FN a un peu forcé le trait.

Le FN est loin du « score »  de la droite et du centre (UEDC) : 93 % de « pour » et 3 % de « contre ». Mais, au regard des chiffres, il est clair que le FN ne pratique pas l’obstruction systématique. Le principal groupe d’opposition (40 élus FN) vote largement les décisions prises par la majorité de la présidente (PS) du Conseil Régional. Contacté par France 3 Occitanie, la présidente du groupe FN, ne nie pas la réalité des statistiques. France Jamet justifie les votes majoritairement positifs en commission permanente  :

C’est en Plénière que se votent les projets et orientations. En revanche, en commission permanente, ce n’est pas politique. Ce sont des mesures individuelles. Quand on vote pour des agriculteurs ou des artisans, on ne vote pas « contre ». En commission permanente, on vote contre dès que c’est politisé. S’agissant des « Francas » (ndlr mouvement de jeunesse) ou des LGBT (ndlr associations Lesbien Gay Bi et Trans), on vote contre. Je trouve toute de même étonnant que l’on nous reproche de ne pas voter contre tout. C’est du masochisme ou une communication perverse. Carole Delga souhaiterait que l’on s’oppose à toutes les décisions ? C’est étonnant.

La prochaine Assemblée Plénière se déroulera le 30 juin prochain. Fin mars, le 24, une nouvelle commission permanente va se tenir. Ce sera l’occasion de vérifier si le FN maintient ses votes à géométrie variable.

Laurent Dubois (@laurentdub)

27 Jan

Ces député(e)s de la région qui emploient enfants et conjoints

Un énorme pavé dans la marre. Le Canard Enchaîné épingle François Fillon et déclenche un « Pénolopegate« . Un soupçon d’emploi fictif conduit à l’ouverture d’une procédure judiciaire. L’affaire réveille la question (polémique) des conjoints, enfants et parents proches salariés par les parlementaires. La pratique est légale. Mais elle choque l’opinion publique. Dans un récent sondage, 76% des français souhaitent interdire les emplois familiaux par les député(e)s. Combien de parlementaires sont concernés en Occitanie ? Fact-checking.

Assemblée Nationale. Photo MaxPPP

Assemblée Nationale. Photo MaxPPP

Depuis 2009, le Parlement Européen interdit de recruter des collaborateurs dans le cercle « familial ». La contrainte est relative.Marine Le Pen a pu employer (et rémunérer) son compagnon, Louis Aliot, à partir du moment ou ils ne sont pas mariés. En France, à l’Assemblée Nationale, la seule contrainte concerne le montant de la rémunération. Un(e) député(e) employant un(e) conjoint(e) ne peut lui attribuer plus de la moitié de l’enveloppe consacrée à la rémunération des collaborateurs. L’enveloppe (mensuelle) est de 9561 euros. La femme ou le mari d’un(e) député(e) est donc « plafonnée » à 4780 euros par mois.

Au Sénat, le recrutement est plus étroitement encadré : un seul collaborateur « familial » par parlementaire. En Occitanie, le sénateur (PS) du Tarn, Thierry Carcenac, est notamment concerné par cette disposition. Le parlementaire tarnais et président du conseil départemental emploie sa conjointe.

Dans une enquête publiée en 2014, Mediapart a chiffré le nombre de collaborateurs « familiaux ». D’après le site d’Edwy Plenel, l’Assemblée Nationale rémunére 52 épouses, 28 fils et 32 filles de députés en 2014. Le Blog Politique de France 3 actualise la liste. Cette actualisation a été réalisée à partir des déclarations d’intérêts déposées auprès de la Haute Autorité Pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP). Des déclarations qui doivent mentionner les noms de collaborateurs. Parfois la nature du contrat de travail (CDD ou CDI) et la durée du temps de travail (partiel ou temps complet).

L’enquête de Mediapart recensait 127 député(e)s (sur 577) employant un membre de leur famille. Autrement dit, 22% des parlementaires siégeant à l’Assemblée Nationale pratiquent le recrutement familial.

10 député(e)s sur 49 de la région (en ex-Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées) sont concernés : 

  • Ils (ou elles) emploient un de leurs enfants :
    • Yves Censi (LR-Aveyron),
    • Linda Gourjade (PS-Tarn),
    • Monique Iborra (DVG – Haute-Garonne),
    • Patrick Lemasle (PS-Haute-Garonne),
    • Dominique Orliac (PRG-Lot, emploie son fils et sa fille),
    • Patrick Vignal (PS- Hérault)
  • Ils (ou elles) emploient leur conjoint :
    • Philippe Folliot (UDI-Tarn),
    • Martine Martinel (PS-Haute-Garonne),
    • Philippe Martin (PS-Gers),
    • Gilbert Collard (RBM-Gard).

Mais ce chiffre  « tombe » à 9 et bientôt à 8. Contacté par France 3 Midi-Pyrénées, Philippe Martin déclare que sa conjointe n’est plus sa collaboratrice parlementaire. Le député du Gers quitte donc la « short list ». Le député du Tarn, Philippe Folliot, précise que sa conjointe cessera d’être sa collaboratrice parlementaire avant la fin du mandat c’est-à-dire dans les prochaines semaines. A ces données, il faut ajouter une précision. Le député de l’Aveyron Yves Censi a recruté son fils uniquement le temps d’un CDD d’été.

Au final, ce sont donc 8 député(e)s qui continuent à employer des membres de leur famille. Majoritairement des fils et des filles. Mais aussi des conjoints.

En Occitanie, la pratique des collaborateurs « familiaux » est donc marginale. Elle concerne près d’un député d’Occitanie sur 5. Ce chiffre est en dessous de la moyenne nationale.

Laurent Dubois (@laurentdub)