23 Jan

Défilé de ministres et de personnalités nationales pour la législative partielle en Haute-Garonne

Les législatives partielles sur la 8ème circonscription de la Haute-Garonne se transforment en tribune nationale. Trois ministres et des personnalités comme Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon sont attendues.

Christophe Castaner. Secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement. Photo : MaxPPP/EMalot

Christophe Castaner. Secrétaire d’Etat chargé des Relations avec le Parlement. Photo : MaxPPP/EMalot

La campagne semble morne. Un « tir-croisé » sur l’avenir du tribunal de Saint-Gaudens, une conférence de presse et des publications sur les réseaux sociaux. C’est le bilan pour le moment et il n’est pas très brillant. L’élection d’un nouveau député dans le Comminges ne brille pas vraiment par son dynamisme. Dans les rangs d’En Marche, cette léthargie commence à inquiéter. Mais le rythme doit s’accélérer.

Du côté du candidat En Marche, Michel Montsarrat, trois ministres vont faire le déplacement. Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, va ouvrir le bal le 31 janvier prochain. Le ministre de la Cohésion des Territoires, Jacques Mézard, est ensuite annoncé. Le patron d’En Marche ! et secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement, Christophe Castaner, clôturera, début mars, la campagne.

Du côté de la France Insoumise, pas de certitude sur la venue de Jean-Luc Mélenchon. Mais l’hypothèse d’un déplacement est dans les tuyaux. Comme le précise  Manuel Bompard, « c’est à l’étude ».

En revanche du côté du Front National, deux personnalités nationales sont programmées. L’avocat et député du Gard, Gilbert Collard, sera dans le Comminges ce dimanche 28 janvier. Le numéro 2 du Front National, Louis Aliot, viendra soutenir la candidate FN, Marie-Christine Parolin. Le secrétaire départemental du FN31, Julien Leonardelli, évoque également une possible visite de Marine Le Pen mais « l’agenda est compliqué ».

Quant au candidat du Parti Socialiste, le sortant Joël Aviragnet, il n’est pour l’instant pas d’actualité de voir « descendre » des personnalités nationales. Il faut dire que le PS est en pleine campagne interne pour se choisir un nouveau premier secrétaire. Mais surtout, les principaux soutiens du candidat socialiste sont locaux, départementaux et régionaux.

Laurent Dubois (@laurentdub)

Le mouvement de Benoît Hamon, Génération-s, se développe en Ariège

Le mouvement de Benoît Hamon lance un quatrième comité local en Ariège.

Benoit Hamon. Photo ; MaxPPP/esdourrubaihl

Benoit Hamon. Photo ; MaxPPP/Esdourrubaihl

Après Mirepoix, Ax-les-Thermes et Saint-Girons, Génération-s inaugure un nouveau comité local à Pamiers. Le porte-parole du Mouvement, Mickaël Trovalet, estime que c’est encore « une phase de lancement et qu’une dizaine de personnes » doivent rejoindre le comité de Pamiers-Basse Ariège. Le représentant ariégeois de Benoît Hamon est formel. Il n’y aura pas de secrétaire départemental pour chapeauter les comités locaux : « il s’agit de garder la liberté des comités locaux et de conserver une horizontalité« .

Génération-s revendique une démarche citoyenne avec des débats internes. Des débats qui s’articulent autour des propositions de Benoît Hamon lors de la présidentielle de 2017 : écologie, internationalisme, social et démocratie. Mais Mickaël Trovalet met également en avant les problématiques locales : « l’Ariège a des enjeux forts au niveau social. C’est un département pauvre avec beaucoup de personnes vivant des minimaux sociaux. S’agissant de l’écologie, il y a également les carrières de la Basse Ariège ou encore la mine de Salau.

Génération-s ne souhaite pas simplement organiser des débats et susciter la réflexion. Mickaël Trovalet évoque ouvertement une perspective électorale : « à terme le mouvement va se structurer et le but est de peser et pour peser il est utile d’avoir des mandats ». Les européennes de 2019 sont le prochain rendez-vous électoral. Des membres de Génération-s pourraient donc être en piste en Ariège. Sur la ligne politique, le porte parole du mouvement est clair : « on veut rester sur un engagement citoyen ouvert à toutes les forces de gauche et cela sans hégémonie ».

La main est tendue vers les écologistes et la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon. Cet appel à une gauche plurielle n’est pas un pur produit ariégeois. C’est également le discours tenu en Haute-Garonne. C’est parfaitement normal puisqu’il s’agit de la ligne nationale de Génération-s. Une ligne défendue, au moment de la présidentielle, par Benoît Hamon.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

22 Jan

Conseil Régional : le groupe « Nouveau monde en commun » explose

Le Nouveau Monde En Commun n’existe plus. Les Écologistes et les communistes ont constitué un nouveau groupe au sein du conseil régional. Un groupe excluant les représentants de la France Insoumise.

Photo AFP

Photo AFP

C’était une innovation des dernières élections régionales. Le groupe d’élus régionaux Nouveau Monde en Commun est directement issu d’une expérience présentée, à l’époque, comme « inédite ». En 2015, les écologistes, le PCF, le parti de gauche et des régionalistes se rassemblent sous une même bannière. Emmenée par Gérard Onesta, la liste fusionne, avant le 2nd tour des régionales, avec Carole Delga et les socialistes. Une fois installé dans l’hémicycle régional, Nouveau Monde se transforme en groupe d’élus. Mais c’est fini. L’attelage constitué en 2015 se disloque.

Les écologistes, les communistes, des représentants régionalistes et des personnalités de la société civile ont déposé un nouveau groupe : Nouveau Monde. Le qualificatif En Commun disparaît. Avec lui, ce sont 4 élus (Myriam Martin, Liem Haong Noc, Guilhem Serieys et Jean-Christophe Sellin) qui se retrouvent dans la nature. Les 4 conseillers régionaux dénoncent une éviction et une volonté de les faire taire. Guillhem Serieys parle d’une « manœuvre bassement politicienne » et d’une « méthode du vieux monde politique peu ragoutante et qui exaspère les gens ».

L’élu insoumis estime qu’il n’y a pas eu « une minute de discussion préalable » et trouve cela « hallucinant ». Pour Guilhem Serieys, « des intérêts partisans étriqués cassent une logique unitaire ». Mais il insiste surtout sur le sort de deux collaborateurs qui, selon lui, vont perdre leur emploi. Guilhem Serieys estime que ses anciens camarades de groupe visent une seule chose : « les transformer en non-inscrits » et les « priver de moyen d’expression ».

Guilhem Serieys reconnait que le « groupe ne fonctionnait pas ». Mais, pour lui, une scission aurait pu être négociée et l’élu aveyronnais refuse d’entériner la fin de Nouveau Monde En Commun. Guilhem Serieys menace de saisir le tribunal administratif et les prud’hommes s’agissant du sort des 2 collaborateurs.

Du côté des nouveaux « Nouveau Monde », c’est une toute autre version des faits. Le co-président du groupe, le communiste Nicolas Cossange, dément catégoriquement toute absence d’information préalable. Guilhem Serieys déclare avoir été informé par le cabinet de la présidence de Région de l’existence du nouveau groupe. Nicolas Cossange « s’inscri(t) totatalement en faux » et affirme que la création de Nouveau Monde « fait suite à une réunion avec eux (ndlr : Guilhem Serieys et ses 3 camarades) ». Cette « réunion a eu lieu dans les locaux du parc des expos de Montpellier avant l’assemblée plénière de décembre dernier ».

S’agissant du sort des deux collaborateurs de l’ancien groupe Nouveau Monde En Commun, Nicolas Cossange souligne que « c’est dans la nature de ces emplois d’être précaires à partir du moment ou il s’agit de travailler avec des élus ». Le conseiller régional communiste précise également que « l’un des collaborateurs est proche de la retraite et peut faire valoir ses droits. S’agissant de l’autre, Guilhem Serieys et ses amis peuvent continuer à lui verser un salaire. Ils en ont le moyen ».

Nicolas Cossange a visiblement compris le risque politique d’une victimisation de ses ex-camarades de groupe. Il tend également la main. Le co-président de Nouveau Monde soutient la création d’un groupe réduit au 4 ex-Nouveau Monde En Commun. Le règlement intérieur de l’assemblée régionale fixe à 7 le nombre d’élus nécessaire pour constituer un groupe. Mais Nicolas Cossange est favorable à un aménagement des règles.

Nicolas Cossange n’éprouve aucun regret sur le fond. Le seul remord concerne Myriam Martin à qui il a été proposé 4 fois de rester avec les écologistes et les communistes. Mais, à part cette tentative de « sauvetage », Nicolas Cossange estime que le divorce est une simple formalité administrative. Il est surtout consommé depuis longtemps. Bref, il s’agit de prendre acte de différends politiques profonds et anciens.

Effectivement, la liste des votes contraires et des divergences est longue : vote du budget, conflit syndical au sein du conseil régional, aides aux structures catalanes et occitanes, nomination à des postes...

Les ex-compagnons de Nouveau Monde En Commun sont d’accords sur ce point. La cohabitation vire, depuis de longs mois, à la confrontation. Une confrontation qui a pris la forme d’une incompatibilité de personnes. Notamment au sein de la commission culture entre Serge Regourd, un proche de Gérard Onesta, et Jean-Christophe Sellin.

L’officialisation de la rupture clarifie une situation devenue lourde. Mais le conflit est loin d’être terminé. Une bataille de la communication débute avec double objectif. Du côté de la présidence de Région et de Carole Delga, il s’agit de conjurer l’image d’une majorité composite qui se fissure. La disparition du PRG et son remplacement par le parti Radical redessine le paysage politique et peut impacter l’hémicycle du conseil régional. Le schisme au sein de Nouveau Monde peut institutionnaliser une contestation à la gauche de la gauche

Mais, du côté du nouveau Nouveau Monde, l’enjeu est d’éviter d’apparaître comme un diviseur, inféodé au parti socialiste et à Carole Delga.

Guilhem Serieys et ses camarades ont commencé à jouer cette carte. Le conseiller régional de l’Aveyron estime qu’il n’est pas prêt à se laisser avoir par l’idée d’un cartel avec des écologistes qui servirait de « paillasson au parti socialiste ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

Réforme de la constitution : une universitaire toulousaine auteure du rapport sur la Corse

Wanda Mastor enseigne à l'Université Toulouse 1 Capitole (Photo UT1)

Wanda Mastor enseigne à l’Université Toulouse 1 Capitole (Photo UT1)

C’est à cette professeur agrégée de droit public de l’université Toulouse-Capitole que Jean-Guy Talamoni a demandé le rapport qu’il présente aujourd’hui et demain à Paris. Wanda Mastor nous explique le but de son travail pour que les spécificités corses soient prises en compte lors de la prochaine révision de la constitution.

Le Blog Politique : Pourquoi le président de l’assemblée de Corse a-t-il fait appel à vous ?

Wanda Mastor : Tout d’abord pour mes compétences constitutionnelles. J’ai effectué un travail de comparaison sur des exemples étrangers éclairants. J’ai co-rédigé en 2013 le rapport Carcassonne pour l’assemblée de Corse. Et puis enfin, je suis corse d’origine, je suis née sur l’île et y ai vécu jusqu’à mes 20 ans. J’ai donc une connaissance évidente de ce territoire et un attachement pour lui  également. C’est la plus belle mission de ma vie, mais je reste une scientifique.

Le Blog Politique : Scientifique donc indépendante ?

Wanda Mastor : Le fait qu’un politique commande un rapport à un scientifique, ça c’est toujours fait. Jean-Guy Talamoni m’a laissé totalement libre d’écrire dans le sens où je l’entendais. De toute façon, je ne peux pas défendre quelque chose en quoi je ne crois pas. J’ai toujours agi ainsi. Et puis sur le plan politique justement, avec la victoire des nationalistes en Corse et le pacte girondin proposé par Emmanuel Macron, c’était le moment d’écrire un tel rapport.

L’autonomie interne d’une région n’entraîne pas la violation du principe de l’indivisibilité de la République »

Le Blog Politique : Quel est le but premier de ce rapport ?

Wanda Mastor : Inscrire la Corse dans la Constitution.  Savez-vous que le mot « Corse » ne figure pas dans la constitution alors que celui de l’île de Clipperton y est ? C’est une contradiction de fond sachant que de plus en plus de spécificités ont été accordées à l’île depuis les années 70. La Corse bénéficie déjà d’un statut législatif. J’essaie de résoudre cette contradiction. Je préconise un nouvel article spécifique à la Corse dans la constitution. L’autonomie interne d’une région n’entraîne pas la violation du principe de l’indivisibilité de la République. D’ailleurs je n’ai travaillé en rien sur les pouvoirs régaliens de l’état comme l’Armée.

Le Blog Politique : Justement sur les domaines d’autonomisation, vous en ciblez trois : le foncier, la fiscalité et la langue. Pourquoi ces trois-là ?

Wanda Mastor : Parce qu’ils ont une incidence directe sur la vie de l’île. C’est la beauté de l’île qui fait son bonheur mais aussi son malheur. L’accession à la propriété est difficile pour les corses. Ils ne peuvent même plus s’offrir une sépulture. Concernant la fiscalité, le rapport Carcassonne avait déjà soulevé la spécificité d’un régime. Il appartient à une loi organique de le définir.  Enfin, la langue Corse cristallise des tensions. Elle est de plus en plus parlée et enseignée dans les écoles. La définir dans la constitution permettrait de détailler certains de ses domaines.

Le Portugal n’a accordé d’autonomie à aucune de ses régions si ce n’est ses deux îles Madère et Les Açores »

Le Blog Politique : Vous évoquiez tout à l’heure l’opportunité politique d’une prise en compte des spécificités corses dans la constitution avec la victoire des nationalistes et l’appel d’Emmanuel Macron à un « pacte girondin ». Mais en sens inverse, est-ce que le spectre catalan n’a pas plané sur votre travail ou ne peut-il pas échaudé  certains décisionnaires ?

Wanda Mastor : Vous noterez que je n’ai jamais utilisé le mot « catalan » dans mon rapport. La Catalogne n’est pas un bon exemple. L’attitude des politiques catalans a brouillé le débat. Et puis l’Espagne a accordé l’autonomie à nombre de ses régions. Je me suis inspiré principalement du Portugal qui est le pays qui ressemble le plus à la France constitutionnellement. Il n’a accordé d’autonomie à aucune de ses régions si ce n’est à ses deux îles Madère et Les Açores.

Le Blog Politique : Quel est le destin de votre rapport à présent ?

Wanda Mastor : Beaucoup de mensonges et d’attaques à son sujet ont circulé sur les réseaux sociaux. Je l’ai remis en fin de semaine dernière à Jean-Guy Talamoni qui n’en a pas changé une ligne. Il l’a ensuite fait parvenir aux présidents de groupe de l’assemblée de Corse. Je l’ai aussi moi-même transmis à Matignon. L’heure maintenant est politique. Moi, j’ai fait mon travail. Certains à l’assemblée de Corse auraient préféré un débat. Mais c’est toujours comme ça qu’on a procédé. Mon rapport n’est qu’une base de discussion. Tout dépendra maintenant des rencontres de ce jour et demain à Paris entre Gilles Simeoni, Jean-Guy Talamoni et le Premier Ministre ainsi que les Présidents de l’Assemblée Nationale et du Sénat. Il revient à eux de les convaincre d’inscrire la Corse dans le projet de loi constitutionnel.

Propos recueillis par Patrick Noviello (@patnoviello)

Tarn : la bataille des députés pour reprendre la main sur le mouvement En Marche !

Un nouveau référent d’En Marche va être désigné dans le Tarn. Les députés profitent de l’occasion pour pousser des proches.

Photo : MaxPPP/Tanguy

Photo : MaxPPP/Tanguy

La direction tarnaise d’En Marche a collectivement démissionné. Officiellement, cette décision est uniquement liée à une envie : passer le relais une fois la mission accomplie. Mais il existe une raison inavouée et difficilement avouable publiquement. Le départ du staff dirigé par Clément Baller n’est pas étrangère au comportement des députés du Tarn. Il est faux de réduire la démission collective des Marcheurs a des bisbilles entre le Mouvement et les parlementaires. Mais il est tout aussi inexact d’occulter les tensions latentes entre l’équipe Baller et les députés Jean Terlier et Marie-Christine Verdier-Jouclas.

Les deux députés ont trouvé une solution pour éviter une nouvelle édition du scénario. Deux des trois candidats sont des proches des deux parlementaires tarnais. Ce samedi 20 janvier, un proche de Jean Terlier a officialisé sa candidature. Il s’agit du nouveau maire de Saint-Sulpice, Raphaël Bernardin. Jean Terlier c’est véritablement investi dans la campagne municipale de Saint-Sulpice. Il a quasiment endossé le costume de directeur de campagne. Jean Terlier a notamment décroché son téléphone pour organiser un meeting avec sa collègue de la Haute-Garonne, Monique Iborra.

Raphaël Bernardin a pris une certaine distance avec le mouvement En Marche ! le temps des municipales. C’était surtout au niveau de l’affichage.

Dans les faits, le député En Marche de la 3ème circonscription a mobilisé les Marcheurs.

Une désignation de Raphaël Bernardin a la tête du mouvement En Marche se traduirait par une forte synergie avec le député Jean Terlier. Sous le « mandat » de Clément Baller, Jean Terlier a affirmé à la tribune son autonomie vis-à-vis du mouvement En Marche ! Cette ligne ne serait plus d’actualité si son lieutenant est désigné par les instances nationales d’En Marche.

C’est le même schéma du côté de Danielle Maximilien. Sa nomination constituerait un tandem avec la députée Marie-Christine Verdier-Jouclas.

Le nouveaux députés ont rapidement adopté une règle de l’Ancien Monde : le contrôle du territoire et le placement de fidèles.

La décision finale appartient aux instances nationales d’En Marche. Ce sera un test sur le nature du mouvement et son éventuellement autonomie vis-à-vis des députés. Mais c’est également un test sur les relais nationaux des deux députés du Tarn et sur leur capacité à peser sur les choix de la direction d’En Marche.

Laurent Dubois (@laurentdub)

19 Jan

Congrès du PS : le Manifeste renonce et rejoint Olivier Faure

Les signataires du Manifeste opèrent une synthèse avec un des 5 candidats à la tête du PS : Olivier Faure.

Olivier Faure. candidat à la tête du PS. Photo MaxPPP/Isorel

Olivier Faure. candidat à la tête du PS. Photo MaxPPP/Isorel

Les patrons des fédérations du Tarn, de la Haute-Garonne, des Hautes-Pyrénées et du Tarn-et-Garonne ont signé un Manifeste pour « réveiller le PS ». Un des porteurs du texte, Sébastien Vincini, estime que l’initiative pouvait « se transformer en motion ou en incarnation ». Mais il n’y a aura pas de candidature et le dépôt d’une motion s’éloigne. Les auteurs du Manifeste rejoignent Olivier Faure. Une visite, ce vendredi 19 janvier, du président du groupe PS officialise la synthèse.

Une des principales signataires du Manifeste, Valérie Rabault, espérait aller au bout de la démarche. La députée du Tarn-et-Garonne estimait qu’une candidature pouvait émerger. Mais, dès le mardi 16 janvier, le scénario d’un ralliement à Olivier Faure se dessinait. Contacté par France 3 Occitanie, le 1er Fédéral de Paris, démentait catégoriquement, à titre personnel, toute candidature pour représenter le Manifeste. Emmanuel Grégoire, évoquait surtout clairement la perspective d’une intégration dans « un ensemble plus global ».

La différence entre la ligne Rabault et la position d’Emmanuel Grégoire traduit, visiblement, des divergences au sein du Manifeste. Mais les déclarations du patron de la Fédé de Paris montre surtout une chose : quatre jours avant l’officialisation d’un ralliement à Olivier Faure, une fusion-absorption était dans les tuyaux.

Pour un cadre du parti, signataire du Manifeste, la fin de l’histoire est « classique ». Elle laisse un goût amer à cet élu local. Pour ce sympathisant du Manifeste, il s’agit d’une synthèse à la sauce socialiste.

Olivier Faure donne des gages : « nous avons évoqué les 12 propositions du PS que le collectif a rendues publiques…Je m’y retrouve largement. Elles constitueront le socle du contrat de refondation du parti que je proposerai dans mon texte d’orientation qui sera soumis au vote des militants ».

Evidemment, c’est un accord  sur le fond qui est mis en avant. Pas question de donner l’impression que la tactique et les manœuvres d’avant Congrès ont pesé dans la balance.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

17 Jan

Fâché avec Mélenchon, le Parti Communiste cherche à rebondir

Ils n’ont pas forcément la même vision du PCF mais font tous les deux partie de son bureau national. L’une est désormais députée européenne, l’autre est le patron de la fédération haut-garonnaise. Marie-Pierre Vieu et Pierre Lacaze nous livrent leurs regards croisés sur l’avenir de leur formation et du communisme.

Marie-Pierre Vieu en mai 2014 lorsqu'elle elle était colistière de Jean-Luc Mélenchon aux Européennes. Photo Marc Salvet MaxPPP

Marie-Pierre Vieu en mai 2014 lorsqu’elle elle était colistière de Jean-Luc Mélenchon aux Européennes. Photo Marc Salvet MaxPPP

« 2018 doit être un rebond pour le PCF mais aussi pour la gauche ». Pierre Lacaze nourrit des espoirs en cette nouvelle année. Le secrétaire départemental du PCF 31 ne cesse d’appeler au rassemblement comme il l’a fait avant même les élections de 2017.  « La France Insoumise est rentrée à l’Assemblée le poing levé comme le Front Populaire en 1936 mais ces législatives ont été un échec ».  Selon lui, le fait que Jean-Luc Mélenchon ait refusé tout rassemblement a coûté une cinquantaine de sièges de députés à la gauche.

La France Insoumise ne veut plus nous parler »

Les relations entre la France Insoumise et le PC sont-elles forcément rompues ? « La France Insoumise ne veut plus nous parler » assène Marie-Pierre Vieu. « Ils veulent parler avec les communistes mais pas avec leur direction. Ce qui nous différencie, c’est que Jean-Luc Mélenchon a une stratégie populiste qui se construit sur la déstructuration de l’existant. Nous on pense que la gauche peut se reconstruire sur ce qu’elle est » explique la députée européenne qui n’est pas tendre avec celui dont elle était la suppléante et a récupéré le siège à Strasbourg.

Mais alors PC et FI ont-ils encore des points de convergence ? « Oui, notre histoire commune et le Front de Gauche » répond sans détour l’élue des Hautes-Pyrénées. Ce Front de Gauche existe-t-il encore ? « Dans certaines assemblées comme le Parlement européen oui » constate Marie-Pierre Vieu. L’Europe, un autre point de divergence entre communistes et insoumis. « Mélenchon est de plus en plus dans un discours souverainiste. On ne règlera pas les problèmes par la sortie de l’Euro et de l’Europe ».

Jean-Luc Mélenchon n’est pas une perspective d’avenir pour la gauche »

« Pour moi, Jean-Luc Mélenchon n’est pas une perspective d’avenir pour la gauche » affirme Pierre Lacaze. Pour lui, La France Insoumise est incontestablement présente dans les urnes mais pas sur le terrain, dans les luttes sociales ou dans les quartiers populaires. Seulement que pèse le PC seul aujourd’hui ? « 3%. Mais personne ne gagne à gauche sans le PC et le PC ne gagnera pas seul. De toute façon, aujourd’hui,  il n’y a plus aucun parti qui fasse 50% à lui tout seul » analyse Pierre Lacaze.

En attendant, il y aura un candidat communiste et un candidat France Insoumise aux Législatives de mars prochain dans le Comminges. « Au risque de voir un affrontement LREM/FN au second tour » prévient Pierre Lacaze. Mais les vrais tests seront les Européennes de 2019 et les Municipales de 2020. PC et LFI ne pourront pas l’économie d’une alliance. Mais d’ici là comment les communistes doivent-ils se reconstruire ?

Nous avons une fonction réparatrice »

« Nous devons rester un générateur de lien social, un réseau d’élus de proximité avec une fonction réparatrice et notre générosité fondatrice » répond Marie-Pierre Vieu. « Mais nous devons aussi réfléchir à comment donner une historicité nouvelle au Parti Communiste. » Moderniser le PC ? Possible aussi selon Pierre Lacaze. « Mais nous restons dans le rapport de classe dans une société où la précarité persiste voire s’accentue. Le PC doit se reconstruire dans ce cadre. Un PC plus visible dans l’affrontement travail/capital ». Prochaine échéance… capitale : le congrès extraordinaire de novembre prochain. En attendant, la lutte continue…

Patrick Noviello (@patnoviello)

Une fidèle de Brigitte Barèges quitte la mairie de Montauban

La directrice de cabinet de Brigitte Barèges quitte son poste à la mairie de Montauban.

Brigitte Barèges. maire de Montauban. Photo : MaxPPP/E.Cabanis

Brigitte Barèges. maire de Montauban. Photo : MaxPPP/E.Cabanis

Après 7 ans aux côtés de Brigitte Barèges, Laurence Got-Villier quitte le cabinet de la maire de Montauban. L’annonce a été officialisée ce mardi 16 janvier. Lors d’un pot d’adieu, en présence d’élus municipaux, Laurence Got-Villier n’a pas vraiment justifié sa décision. Selon nos informations, l’ex-directrice de cabinet a simplement indiqué qu’elle est fatiguée et qu’à 47 ans elle prend sa…retraite.

Au cœur du système Barèges, à la communication (2008-2011) puis à la direction du cabinet (2013-janvier 2018), Laurence Got-Villier est une fidèle de la maire de Montauban. Elle est présentée comme une pièce maîtresse du dispositif de Brigitte Barèges. Son départ interroge et l’absence de véritable justification alimente les spéculations.

Laurence Got-Villiers a bénéficié d’une spécialité « locale » : les « allers-retours ». Comme d’autres collaborateurs de Brigitte Barèges, Laurence Got-Villier, a quitté les services municipaux avant de revenir, deux ans plus tard, à la mairie de Montauban. C’est, d’ailleurs, ce « yo-yo » entre la direction dune boite de communication privée et la municipalité montalbanaise qui a motivé l’ouverture d’une enquête au sujet des marchés de la communication de la mairie de Montauban.

Contacté par France 3 Occitanie, Laurence Got-Villier n’a pas souhaité s’exprimer.

Laurent Dubois (@laurentdub)

Haute-Garonne Législative Partielle : polémique autour du maintien du tribunal de Saint-Gaudens

Le tribunal de Saint-Gaudens agite la législative partielle sur la 8ème circonscription de la Haute-Garonne. Le candidat En Marche, Michel Montsarrat, affirme qu’il n’existe pas de risque de disparition. Son principal adversaire, le député sortant, Joël Aviragnet, estime au contraire que le tribunal est en danger et promet de se mobiliser en cas de réélection.

Palais de Justice de Saint-Gaudens (31). Photo MaxPPP

Palais de Justice de Saint-Gaudens (31). Photo MaxPPP

Michel Montsarrat est formel. Saint-Gaudens va conserver son tribunal. Le candidat En Marche ! invoque un engagement de la Garde des Sceaux, Nicole Belloubet, et affirme que rien ne va changer. Joël Avirragnet est tout aussi affirmatif. Mais le candidat socialiste estime, au contraire, que le tribunal peut devenir « une simple annexe du tribunal de Toulouse ». Contacté par France 3 Occitanie, Joël Aviragnet déclare : « il faut garder un Procureur car sans Procureur, il n’y a pas de Barreau et d’avocats ».

Joël Aviragnet promet de se mobiliser s’il retrouve son siège de député : rendez-vous avec la ministre de la Justice, question orale et écrite au gouvernement. Le socialiste veut utiliser les outils qu’il a employé sur les déserts médicaux.

En réalité, la ligne de fracture entre les deux candidats ne passe pas par « suppression ou maintien ». Le ministère de la Justice répète en boucle qu’aucun tribunal ne va être rayé de la carte judiciaire. En récusant toute idée de disparition, Michel Monsarrat répercute la parole et les engagements du gouvernement qu’il soutient. Mais, en pointant un risque de déclassement du tribunal de Saint-Gaudens, Joël Avirragnet, se contente de tirer les conséquences des propos tenus par la Chancellerie.

Nicolas Belloubet rejette toute fermeture de tribunaux dans le Comminges comme ailleurs en France. Mais la ministre de la Justice précise également que des juridictions peuvent devenir, selon son expression, « des lieux de justice ». Autrement dit, des tribunaux « de plein exercice » peuvent se transformer en simple « salle d’audience », sans Parquet ni magistrats à demeure.

Au delà de la polémique, les échanges frontaux entre Michel Montsarrat et Joël Aviragnet montrent une évidence : la campagne va être « cash ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

16 Jan

Haute-Garonne : pourquoi le maire de Ramonville, Christophe Lubac, quitte le PS

Le maire de Ramonville ne quitte pas le PS. Christophe Lubac estime qu’il se contente de clarifier sa position et rejoint le nouveau mouvement de Benoît Hamon, Génération-s.

Christophe Lubac, maire de Ramonville. Photo : facebook

Christophe Lubac, maire de Ramonville. Photo : facebook

L’annonce a pris la forme d’une tribune sur une page Facebook. Christophe Lubac quitte le PS et explique sa décision.

L’ex-numéro du 2 du PS31 parle d’une clarification et pas vraiment d’un départ du PS. Christophe Lubac rappelle, d’ailleurs, que le 1er fédéral du PS31, Sébastien Vincini, lui a demandé de clarifier sa position politique. C’est ce qu’il fait. Et, pour le maire de Ramonville, son adhésion à Génération-s  est une évidence. Christophe Lubac est un « historique » chez Benoît Hamon. Le maire de Ramonville a accompagné l’ancien ministre de François Hollande lors des Primaires, de la Présidentielle. Mais il est également un soutien de la première heure dans les deux mouvements crées par Benoît Hamon : le mouvement du 1er Juillet puis Génération-s.

Christophe Lubac ne revendique aucune responsabilité dans le nouveau mouvement « hamoniste ». Le maire de Ramoville se veut un militant. Dans les prochains jours, des « cafés Générations » doivent être lancés à Toulouse. L’annonce officielle et le calendrier de ses rencontres seront arrêtés lors d’une réunion prévue ce mardi 16 janvier.

Mais la tonalité générale prend la forme d’une main tendue. Christophe Lubac invite autour de la table les écologistes et « tous les progressistes de la Gauche ».

Laurent Dubois (@laurentdub)