20 Juin

Une année à l’Assemblée : deux députés livrent leurs regards.

L’une est une élue sortante qui en plus préside le groupe socialiste au Palais Bourbon : Valérie Rabault. L’autre effectue son premier mandat, dans le Gers, sous l’étiquette En Marche. Comment ont-ils vécu cette année 1 du gouvernement Macron ? Comment se sont-ils organisés entre Paris et leurs circonscriptions ? Et puis comment envisagent-ils leur mission ? Regards croisés.

L’Assemblée Nationale lors des questions au gouvernement, le 20 juin dernier. Photo Philippe Lopez/AFP

« Je ne suis pas assez en circo et je ne suis pas assez à l’assemblée ». L’affirmation en forme de boutade de Jean-René Cazeneuve symbolise une année parlementaire hors du commun, notamment pour les néo-députés. L’élu LREM du Gers reconnaît la charge de travail importante de ces douze derniers mois d’exercice mais ne se plaint pas : « On a été élu pour changer la France ».

Un bloc de la majorité  qui vote sans se poser de questions »

« Un bloc de la majorité  qui vote sans se poser de questions » selon Valérie Rabault. « Dans le fond, l’exécutif n’en a rien à faire du parlement » affirme sans détour la députée du Tarn et Garonne. « Je suis même allée interroger les uns et les autres pour savoir si on était comme ça quand on était dans la majorité. On m’a répondu que non » s’amuse la chef de file du groupe PS.

Et Valérie Rabault de noter un deuxième point marquant pour cette année 1 d’une assemblée aux couleurs LREM. « Il y a un manque flagrant d ‘organisation dans l’agenda. Les deux premiers mois, nous n’avons presque rien eu à faire. Puis on est passé à une série de loi à voter notamment sur l’agriculture et l’apprentissage. Nous n’avons pas eu suffisamment de temps pour une bonne écriture de la loi ».

Je ne comprends pas comment faisaient ceux qui cumulaient »

« C’est vrai que même si on choisit les textes dans lesquels on s’investit, il y a beaucoup de travail » tempère Jean-René Cazeneuve. « Si vous voulez bien faire les choses, et peser, travailler en amont avec les ministères pour infléchir la loi, ça demande beaucoup d’investissement » explique le néo-député. « Je ne comprends pas comment faisaient ceux qui cumulaient. La loi qui a mis fin au cumul a été une réforme extrêmement saine et positive » reconnaît le député gersois.

Cela veut-il dire pour autant qu’on ne voit plus les députés en circonscription, notamment ceux d’En Marche ? « Je ne peux pas vous répondre. Je fais partie d’un des seuls départements de France où les deux sortantes ont été reconduites (NDLR : elle-même pour le PS et Sylvia Pinel pour les Radicaux) » sourit Valérie Rabault. « La circonscription c’est l’essence même du travail. J’ai été élue pour avoir ce contact-là avec les citoyens. Les amendements que je dépose portent tous le nom de personnes que j’ai rencontrées sur le terrain » précise la présidente du groupe PS.

On ne fait pas bien la loi si on n’est pas sur le terrain »

Même si parfois c’est un peu périlleux niveau agenda, à l’image de la semaine dernière où la députée était en visite vendredi à Réalville jusqu’à 19h avant de s’envoler pour Paris, de siéger dans l’hémicycle pour la loi logement jusqu’au samedi 4 heures du matin et de redécoller vers sa terre d’élection pour le week-end. « Moitié en circo, moitié à Paris, je n’en démordrai pas » insiste Valérie Rabault. « On ne fait pas bien la loi si on n’est pas sur le terrain. L’amendement sur la revitalisation des zones rurales que j’ai déposé et qui a été accepté m’a été inspiré de la situation à Laguépie ».

Jean-René Cazeneuve sillonne également sa circonscription. « En amont des textes de loi, j’organise des tables rondes (formation professionnelle, agriculture) pour faire comprendre aux acteurs des secteurs concernés les enjeux spécifiques des lois. C’est un vrai travail de partage avec les concitoyens. » A l’occasion, une fois la loi votée, il assure aussi le service après-vente, pour « expliquer de façon pédagogique l’action du gouvernement ». Pour tout cela, il délocalise régulièrement sa permanence parlementaire à travers sa moitié de département.

Un boulot à temps plein à l’Assemblée et un boulot à temps plein dans sa circonscription »

Alors maintenant que le rythme est plus ou moins pris pour chacun d’entre eux, comment voient-ils l’année à venir ? « Je n’ai pas trop de perspectives » avoue Valérie Rabault. « Il y a plein de sujets qui pourraient arriver mais pour l’instant il n’y a rien sur la table. Nous allons nous pencher sur le vote de la loi de finance comme chaque année et puis il est aussi question d’une réforme constitutionnelle qu’on ne voit toujours pas arriver ».

Jean-René Cazeneuve, qui doit avoir des informations que n’a pas sa collègue socialiste, affirme en revanche : « quand on voit les lois qui arrivent, on voit le travail qui est devant nous ». « Après vous avez des implications très différentes d’un député à l’autre. L’hémicycle n’est pas toujours rempli. Certains sont déjà en logique de réélection… » Avant de conclure : « ce qui est sûr pour moi c’est qu’il y a un boulot à temps plein à l’Assemblée et un boulot à temps plein dans sa circonscription ».

Patrick Noviello (@patnoviello)

Européennes : le toulousain, Manuel Bompard, tête de liste pour la France Insoumise

Le casting se dessine pour les Européennes de 2019. C’est le toulousain, Manuel Bompard, qui sera la tête de liste nationale pour la France Insoumise.

Manuel Bompard. France Inoumise. Photo : MaxPPP

Les prochaines Européennes ne ressembleront pas aux précédentes. Elles sont organisées sur une nouvelle base : des listes nationales. C’est la fin du scrutin régional et des 8 circonscriptions allant du Sud Est au Nord Ouest. Pour la France Insoumise, le casting se dessine.

La tête de liste nationale doit être toulousaine. Manuel Bompart a dirigé la campagne européenne de Jean-Luc Mélenchon en 2014. C’est maintenant à son tour de viser Bruxelles. Ce n’est pas un baptême du feu électoral pour Manuel Bompart. Le jeune ingénieur de 32 ans a été candidat aux législatives en Haute-Garonne.

 L’hypothèse Bompard circulait depuis plusieurs semaines. Mais elle se concrétise. Le Parisien livre l’information. Une information confirmée à France 3 Occitanie par une source. Comme l’indique le quotidien parisien, Manuel Bompard doit former un tandem avec l’architecte du programme européen de la France Insoumise, Charlotte Girard.

Formellement, il n’existe une seule place de « numéro 1 ». Manuel Bompard peut se retrouver, en seconde position, derrière sa collègue. Mais, en toute hypothèse, l’affiche aura des couleurs toulousaines.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

19 Juin

Municipales : le Rassemblement National (ex FN) prépare des listes communes avec la droite dans le Tarn-et-Garonne

Dans le Tarn-et-Garonne, le parti de Marine Le Pen travaille à des alliances et des listes communes avec la droite départementale.

Marine Le Pen, présidente du Rassemblement National. Photo : MaxPPP

Du côté de Moissac et Castelsarrasin, la campagne des municipales est lancée. Le Rassemblement National (ex FN) laboure le terrain et multiplie les contacts. L’objectif est clair : nouer des alliances avec la droite départementale. Romain Lopez est à la manœuvre : « j’essaye de faire commune par commune. Je prends des contacts avec des élus Républicains et je vois si on peut monter des listes que l’on pourra baptiser divers droite« .

Pour le moment, rien n’est signé. Mais des tractations existent. Le parti de Marine Le Pen sera présent à Castelsarrasin et Moissac. Valence et Beaumont de Lomagne sont également ciblées.

Dans une commune, Romain Lopez estime que les négociations sont bien engagées et peuvent aboutir à une liste avec des élus Républicains.

La stratégie d’alliance du Rassemblement National se résume, pour le moment, à une intention affichée. Elle est également circonscrite géographiquement : seule la 2nde circonscription du Tarn-et-Garonne est concernée. Mais la ligne est claire : construire des tickets et élargir l’horizon du parti de Marine Le Pen. C’est une véritable rupture par rapport à la ligne « historique » de l’ex FN. Le tournant a été amorcé au moment des Régionales et accentué au second tour de la présidentielle de 2017.

Mais les municipales doivent renforcer cette inflexion. A condition, bien sûr, que le Rassemblement National trouve des alliés en dehors de son partenaire « traditionnel », Debout La France.

Le Tarn-et-Garonne ne sera pas le seul laboratoire politique. En Haute-Garonne, le Rassemblement National souhaite également nouer des alliances.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

 

18 Juin

Limogeage de Virginie Calmels par Laurent Wauquiez : « on lave le linge sale en famille » pour le maire (LR) de Lavaur Bernard Carayon

Le président des Républicains, Laurent Wauquiez, s’est séparé de la numéro 2 de son parti, Virginie Calmels. Le maire (LR) de Lavaur, dans le Tarn, soutient cette décision. Pour Bernard Carayon, ce divorce n’est pas lié à un problème de ligne politique.

Bernard Carayon, maire de Lavaur.

Le divorce est consommé. La rupture était prévisible après les critiques publiques adressées par Virginie Calmels au président des Républicains. Mais le couperet est tombé ce dimanche 17 juin. Laurent Wauquiez a débarqué l’adjointe au maire de Bordeaux. Alain Juppé a immédiatement exprimé son soutien à Virginie Calmels.

 

En Occitanie, la décision de Laurent Wauquiez est soutenu par le maire LR de Lavaur, Bernard Carayon. Ce n’est pas une surprise. L’ex-député du Tarn a dirigé la campagne de Laurent Wauquiez en Occitanie.

Pour l’élu tarnais, Virginie Calmels, n’a pas respecté une règle de base :  » quand on est en conflit avec son chef, on le règle en vis-à-vis et pas en public. Virginie Calmels a travaillé dans le monde de l’entreprise. Elle sait qu’il existe un mode de fonctionnement hiérarchique. C’est valable aussi dans le milieu politique et a fortiori dans un parti comme le notre. Un parti qui est gaulliste ».

L’élu tarnais évoque et invoque un vieux dicton : « on lave son linge sale en famille ». Bernard Carayon explique l’attitude de Virginie Calmels par son profil. Virginie Calmels est issue de « la société civile » et elle ne connait pas les codes de la politique. C’est toujours le problème avec la société civile, on le voit bien avec En Marche ! ils ne savent pas comment ça fonctionne ».

Le président du groupe En Marche à l’Assemblée, Richard Ferrand, a commenté les soubresauts au sein des Républicains.

Bernard Carayon considère qu’il n’a pas « de leçon de démocratie de la part d’En Marche ». Le maire de Lavaur insiste surtout sur un point. Selon lui, le débarquement de Virginie Calmels ne traduit absolument pas « un problème de ligne politique ». « Notre ligne politique est claire. Elle a été clarifié au moment de l’élection de Laurent Wauquiez. C’est une ligne gaulliste, souverainiste. Nous ne sommes pas des libéraux ».

Laurent Dubois (@laurentdub

 

1 an à l’Assemblée pour des députés En Marche ça vaut bien une fête

Trois députés En Marche ! fêtent leur 1 an au Palais-Bourbon. Les styles divergent et l’éventail des options va d’une brochure à un cocktail dînatoire dans un hôtel.

Assemblée Nationale. Photo : MaxPPP

18 juin 2017-18 juin 2018. Un an après son élection, la nouvelle assemblée nationale souffle sa première bougie. Trois parlementaire En Marche ont décidé de fêter l’anniversaire. En Haute-Garonne, Michaël Nogal se contente d’une publication sur Facebook. Le nouveau député fait d’un choix d’un bilan d’étape. A grand renfort de photos avec Emmanuel Macron et des ministres, Michaël Nogal met en avant son action.

Dans le Lot, Huguette Tiegna est dans le même état d’esprit que son collègue toulousain. La députée fait sonner « anniversaire » avec « bilan ». Hugette Tiegna ajoute toutefois une note conviviale. Les lotois sont conviés à une réunion publique au Palais des Congrès de Souillac, ce lundi 18 juin.

 

La tarnaise Marie-Christine Verdier-Jouclas  se démarque de ses camarades. Son « voisin », Jean Terlier, se contente d’un apéritif dans sa permanence castraise.

La parlementaire préfère une « vraie » fête à Carmaux, ce dimanche 24 juin. Dans un hôtel avec parc et terrasse, la nouvelle députée offre à ses amis et soutiens un cocktail dînatoire. Le carton, envoyé aux invités, est intitulé « Invitation Premier Anniversaire de mon élection« . Mais l’appellation n’exclut pas forcément, entre deux petits fours, des échanges sur l’action de Christine Verdier-Jouclas.

Laurent Dubois (@laurentdub)

12 Juin

Le député (En Marche) Sébastien Nadot rend public son compte de campagne

Le député En Marche ! de la Haute-Garonne, Sébastien Nadot, rend public son compte de campagne.

Sébastien Nadot, député de LREM de la Haute-Garonne. Photo : MaxPPP/TBordas

Les comptes de campagne des candidats aux législatives ne sont pas publics. Une version simplifiée est consultable en ligne. Il ne s’agit que d’une version simplifiée. Et, de surcroît, seules les législatives 2012 sont accessibles sur le site de la Commission Nationale des Comptes de Campagne et des Financements Politiques (CNCCFP). Le député de la Haute-Garonne, Sébastien Nadot, a décidé de communiquer à France 3 Occitanie son compte de campagne mais aussi la décision de la CNCCFP, une attestation fiscale et une déclaration s’agissant de sa situation patrimoniale.

Le compte de campagne de Sébastien Nadot retrace des dépenses et recettes du 19 mai 2017 au 19 juillet 2017. Les dernières opérations correspondent à des versement d’En Marche. Versements qui correspondent à des remboursements de frais.

Le montant total des dépenses s’élève à 21 176 euros.

Ce niveau de dépense situe le compte de Sébastien Nadot parmi les campagnes les moins chères. A titre de comparaison, un collègue de Sébastien Nadot a dépensé plus de 30 000 euros. Mais il faut relativiser et, surtout, comparer des choses comparables.

Sébastien Nadot n’est pas sortant. Comme une majorité de « macronistes », le nouveau député a mené une campagne courte. Mais, surtout, il s’est épargné une dépense lourde : la location d’un local de campagne.

L’essentiel des dépenses de Sébastien Nadot concerne des tracts et ses affiches : 9238 euros.

  • Impression 10 000 tracts A5 : 700 euros
  • Impression 2000 tracts A5 Événements : 110 euros
  • Impression 200 bandeaux Fluo Jaune : 108 euros
  • Impression 200 affiches 82×105 : 344 euros
  • Impression 200 affiches 594×841 : 408 euros
  • Facture 44 affiches Imprim 33 : 51,31 euros

Le second poste de dépense concerne les frais de déplacement : 4280 euros.

Les repas et buffets représentent 602,91 euros.

  • Pot des Marcheurs : 12,60 euros
  • Pique-nique Marcheurs Castanet : 40,05 euros
  • Apéro Marcheur Ferme de Periole : 175,30 euros
  • Repas de Marcheurs Fin de campagne Castanet : 96,90 euros
  • Buffet Marcheurs Fin de Campagne Péchabou : 278,06 euros

Dans la rubrique « recette » Sébastien Nadot déclare un chèque remis par le candidat lui-même (2000 euros) et un virement (du compte du candidat) pour un montant de 3000 euros. Le candidat a bouclé son budget grâce à  un emprunt.

En Marche aura contribué à la hauteur de 2039 euros. La CNCCFP n’a pas remboursé 1142 euros à Sébastien Nadot.

Laurent Dubois (@laurentdub)

Haute-Garonne : l’improbable candidature de Laurence Arribagé aux Européennes

Adjointe au maire de Toulouse et ex-députée de la Haute-Garonne, Laurence Arribagé pourrait être candidate pour les Européennes de 2019. Mais une investiture par Les Républicains est improbable.

Laurence Arribagé. Présidente LR 31 Photo : MaxPPP/TBordas

Après le Capitole et le Palais Bourbon, Bruxelles et le Parlement Européen. Laurence Arribagé est intéressée par les élections européennes. Plusieurs sources, internes aux Républicains, évoque l’intérêt de l’élue toulousaine pour un mandat européen. Contactée par France 3 Occitanie, Laurence Arribagé ne confirme pas mais…ne dément pas.

En toute hypothèse, une délocalisation européenne s’annonce compliquée. Les relations (distantes) entre Laurence Arribagé et le nouveau patron de LR ne sont pas en cause. C’est, tout simplement, une question de place éligible. La liste doit comporter 79 noms mais seules les 15 premières places peuvent constituer un « ticket » pour Bruxelles. Ces places sont chères car elles sont réservées. Les sortants sont prioritaires. En Occitanie, Franck Proust est quasiment assuré de retrouver une place (éligible) sur la liste. Son statut de sortant lui garanti quasi automatiquement une investiture. Un seul obstacle se dresse sur sa route : une mise en examen pour trafic d’influence et favoritisme. En mai 2018, la cour d’appel de Nîmes a d’ailleurs rejeté un recours visant à annuler cette mise en examen.

Mais, a priori, Franck Proust est investi avant même d’avoir déposer sa candidature.

Des sortants ne vont pas se représenter. Selon nos informations, cela pourrait être le cas en Provence-Alpes-Côte d’Azur et dans le Nord de la France. Mais ces places ne sont pas, pour autant, libres. Un critère « géographique » doit être respecté. Les nouveaux venus doivent être issus du même territoire que les sortants qui ne se représentent pas.

Autrement dit, Laurence Arribagé ne pourra pas profiter d’un jeu de chaises musicales.

Dans ce contexte, l’élue toulousaine n’est pas favorite. Elle se lance dans la course avec un handicap. Un handicap qui n’est pas politique ou lié à sa personne mais qui est réel. Un cadre (national) des Républicains : « il est écrit nulle part que les députés battus doivent être recyclés aux européennes ». Mais l’obstacle pour Laurence Arribagé est d’abord « structurel ». Les Européennes 2019 vont se dérouler dans un nouveau cadre : une circonscription unique sur toute la France et donc une liste nationale.

Plus que jamais, les places vont être chères et les critères géographiques sont « calculé » sur l’ensemble de l’Hexagone.

En toute hypothèse, Laurence Arribagé a un rendez-vous électoral dans les prochains mois. En octobre prochain, la présidente de LR31 devra remettre en jeu son mandat. Selon nos informations, elle va devoir affronter un concurrent.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

11 Juin

Haute-Garonne : la fédération du Mouvement Radical mise sous tutelle et l’élection de son nouveau président annulée

Les instances nationales du parti Radical placent sous tutelle la fédération de la Haute-Garonne. Cette décision est liée à des anomalies lors de l’élection du nouveau président départemental, Jean-Jacques Bolzan.

Jean-Jacques Bolzan, président du parti Radical en Haute-Garonne

Ce dimanche 10 mai, la commission de conciliation du parti Radical s’est réunie. Les instances nationales des radicaux ont été saisies dans le cadre de l’élection d’un nouveau président départemental en Haute-Garonne. Un des  deux candidats en lice, Pierre-Nicolas Bapt, dénonce l’utilisation du fichier d’adhérents par son concurrent.

Selon nos informations, la commission a prononcé la mise sous tutelle de la fédération de la Haute-Garonne. L’assemblée générale qui a permis l’élection de Jean-Jacques Bolzan est annulée. Des anomalies ont été relevées. Une enquête est ouverte. Le fichier des adhérents doit notamment être examinés.

Lors du vote, ce vendredi 8 juin, des témoins rapportent le vote de plusieurs adhérents, portant le blouson siglé d’un restaurant-boîte de nuit toulousain. Selon des témoins de la scène, ces votants (facilement identifiables) ne sont pas identifiés comme des militants.  Contacté par France 3 Occitanie, Jean-Jacques Bolzan, précise qu’il « s’agit simplement de 2 ou 3 serveurs venus avant de prendre leur service ». Adjoint en charge du commerce à la mairie de Toulouse, Jean-Jacques Bolzan reconnait qu’il a fait des adhésions dans les restaurants et commerce toulousains.

Une source confirme l’importance des commerçants dans le fichier des adhérents et donne le chiffre de 80%.

Un nouveau scrutin devrait se dérouler en septembre prochain. Entre-temps, l’enquête interne aura apporter des réponses. Un épisode judiciaire risque également d’alimenter le feuilleton.

Selon nos informations, Jean-Jacques Bolzan, pourrait déposer une plainte en diffamation.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

08 Juin

Ce qu’Edouard Philippe a raconté aux Marcheurs en OFF

Edouard Philippe a rencontré les Marcheurs de la Haute-Garonne. Le premier ministre a appelé les adhérents du parti d’Emmanuel Macron

Photo : Jeunes Avec Macron. Haute-Garonne

Jeudi 7 juin Edouard Philippe a rencontré les Marcheurs de la Haute-Garonne. De 20 heures 15 à environ 21 heures 30, le Premier ministre a mis son agenda officiel entre parenthèses. Pendant plus d’une heure, Edouard Philippe a pris la parole et répondu à des questions. L’exercice est atypique. Le Premier ministre n’est pas membre d’En Marche. L’escapade de Grenade-sur-Garonne est inédite. Mais Edouard Philippe est resté dans ses habits « matignonesques ».

Selon plusieurs participants, il a demandé aux Marcheurs de soutenir l’action du gouvernement et de se mobiliser sur le terrain.

Face à la quasi totalité des députés du département, Edouard Philippe a demandé aux Marcheurs d’être des relais locaux. Lors d’un mot d’accueil, le député Jean-François Portarieu s’est présenté comme « un député-philosophe ». Le Premier ministre est resté beaucoup plus prosaïque et s’est comporté en…Premier ministre.

Pas de propos politiques et encore de référence à un sujet qui agite les Marcheurs et deux députés (Michaël Nogal, Jean-François Portarrieu) haut-garonnais : les Municipales.

La seule référence politico-politique d’Edouard Philippe concerne Emmanuel Macron. Le Premier ministre a rappelé qu’il n’est pas un « macroniste » de souche. Mais Edouard Philippe a souligné qu’il est un soutien de la première heure ou plutôt, selon son expression, « d’avant premier tour » de la présidentielle.

Les questions posées par la salle ont d’ailleurs respecté la ligne primo-ministérielle d’Edouard Philippe . 7 questions qui ont porté sur les entrepreneurs-handicapés, les infirmiers ou encore la compensation de la suppression de la taxe d’habitation.

Une question sur la LGV était prévisible et elle a été posée. La réponse d’Edouard Philippe a pris la forme d’un renvoi : c’est au Parlement de décider.

Laurent Dubois (@laurentdub)

07 Juin

Visite d’Edouard Philippe : Georges Méric refuse la tutelle de Bercy et défend le département

Georges Méric accueille ce jeudi midi le 1er Ministre à l’hôtel de département de Haute-Garonne. Photo CD31 Aurélien Ferreira

Dans sa longue journée de visite de ce jeudi, le 1er Ministre s’est arrêté déjeuner au Conseil Départemental de Haute-Garonne. Son président socialiste ne veut toujours pas contractualiser avec l’Etat et a tenté de faire la preuve de l’indispensable maillon territorial que constitue le Département. Interview.

Le Blog Politique : Avez-vous expliqué au 1er Ministre pourquoi vous ne vouliez pas contractualiser avec l’état sur la maîtrise de la dépense locale ?

Georges Méric : D’une part, nous ne voulons pas de la tutelle du Préfet. Pour nous c’est un retrait par rapport à la loi de décentralisation de 1982. Le 1er Ministre a contesté toute mise sous tutelle. D’autre part, vues nos dépenses sociales, une augmentation annuelle de 1,2% n’est pas tenable. Si on enlève ce qui n’est pas dû à notre fonctionnement normal (NDLR : en dehors des missions que le département gère pour l’Etat), on pourrait le faire. Depuis que je suis président, nous n’avons pas augmenté les impôts, et cette année nous avons augmenté nos investissements de 17%. Les efforts budgétaires, nous les faisons déjà. Donc cette tutelle de Bercy et du Préfet qui nous est proposée est une position de force que nous n’acceptons pas. On sera jugé par les citoyens pas par le 1er Ministre.

Sans département pas de solidarité et d’équilibre territorial »

Le Blog Politique : Avez-vous également évoqué la menace qui plane sur l’entité département qui dans d’autres villes de France comme à Lyon a dû fusionner avec la Métropole ?

Georges Méric : Nous avons eu un échange franc et constructif à ce sujet. J’avais invité mes quinze vice-présidents. Jean-Luc Moudenc le Président de la métropole et Jean-Louis Puissegur pour l’Association des Maires de France étaient également là. J’ai dit à Edouard Philippe que nous étions prêts à contractualiser avec la Métropole, que la coopération entre nous était déjà faite. Mais le département c’est le trait d’union entre les zones riches et les zones pauvres. Notre action sociale, nous la menons d’ailleurs également dans la métropole où il n’y a pas que des foyers aisés. Si le département n’est pas là, il n’y a pas de solidarité et encore moins d’équité territoriale.

Le Blog Politique : Autre thème abordé, celui de la gestion des ressources en eau. Pourquoi avoir voulu mettre cette thématique en exergue ?

Georges Méric : Nous avons pris le leadership régional sur ce dossier. Nous travaillons sur les ressources de la Garonne amont pour les trente prochaines années. Au rythme où vont les choses, il manquera un milliard de mètres cube d’eau d’ici 2050. C’est un vrai problème non seulement pour les agriculteurs et les zones rurales mais aussi pour l’alimentation de Toulouse. Nous faisons œuvre de courage de prendre ce problème à bras-le-corps après ce qu’on a  connu à Sivens.

C’est un 1er Ministre à l’écoute. J’ai essayé d’être constructif »

Le Blog Politique : Ces réserves d’eau, vous savez déjà où vous allez les construire ?

Georges Méric : Nous nous sommes donnés quinze mois pour étudier la question, notamment pour savoir quels modèles de réserves seront choisis. Et puis nous le ferons aussi en concertation avec les populations.

Le Blog Politique : Au menu du déjeuner également, le numérique. Qu’aviez-vous à mettre en valeur auprès d’Edouard Philippe ?

Georges Méric : Nous lui avons expliqué que notre département luttait contre la fracture numérique. Notre objectif est d’installer la fibre optique partout d’ici 2022.

Le Blog Politique : A votre niveau, quel bilan tirez-vous de la visite d’Edouard Philippe ?

Georges Méric : C’est un 1er Ministre à l’écoute. De mon côté, j’ai essayé d’être constructif.

Propos recueillis par Patrick Noviello (@patnoviello)