20 Jan

Carole Delga épingle Macron et Mélenchon dans une lettre aux militants PS

A 48 heures du 1er tour de la primaire, la présidente (PS) de la région Occitanie lance un appel au sursaut en direction des militants socialistes. Dans un courrier envoyé ce vendredi 20 janvier, Carole Delga parle  d’une division et d’une crise profonde de la gauche. Aucune référence à Manuel Valls même si la présidente d’Occitanie est une « valliste » convaincue. En revanche, Carole Delga épingle Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon.

Carole Delga, présidente de la Région Occitanie. Photo MaxPPP

Carole Delga, présidente de la Région Occitanie. Photo MaxPPP

Le jour et l’heure de l’envoi ne sont pas un hasard. Carole Delga a choisi la dernière ligne droite des primaires pour s’adresser aux militants socialistes. Le message est relativement court. Mais il est dense. La présidente PS d’Occitanie donne immédiatement le ton. Les premières lignes sont consacrées à un constat sans nuance et à un état des lieux sans concession :

Nous le savons : le Parti Socialiste sort incontestablement affaibli de ce quinquennat…Nous devons être à la hauteur de cette situation inédite. La gauche, dans son ensemble, est divisée. Chacune de ses composantes historiques, connait une crise profonde.

Carole Delga ne se contente pas de dresser un tableau sombre. La socialiste met en garde contre les fausses pistes. Elles portent un nom ou plutôt deux : Macron et Mélenchon.

Notre projet de société n’est pas celui de Mélenchon ou de Macron. Je ne crois ni au grand soir, ni à l’homme providentiel. Je veux le dire avec force : aucune aventure individuelle, aucun changement de trajectoire opportuniste ne sauraient, dans les conditions politiques actuelles, constituer une réponse aux défis qui nous sont collectivement posés.  Nous savons que la radicalité théâtrale, le « ni gauche, ni droite », les postures médiatiques, ne sont des réponses adaptées aux attentes de nos concitoyens. Je n’entends pas accepter l’abandon de nos idéaux collectifs pour quelques destins personnels ou quelques sièges de plus.

La fin du courrier (signé par Carole Delga) ne fait aucune référence au 1er tour de la primaire du dimanche 22 janvier. Aucune allusion (même au second degrés) au candidat soutenu par Carole Delga. La présidente de Région appartient à l’équipe de campagne de Manuel Valls. Elle était aux côtés de l’ancien premier lors de son meeting de Tournefeuille. L’avant veille du scrutin, on pouvait s’attendre à un geste (même subliminal) de soutien. Il n’en est rien.

Les dernières lignes scandent un seul message : les territoires ont besoin du PS et Carole Delga souhaite mener ce combat.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

 

Primaire de la gauche, Sylvia Pinel moins convaincante que Jean-Luc Bennhamias

Ultime débat et dernier sondage. Jeudi 19 janvier, trois jours avant le 1er tour, les 7 candidats de la primaire organisée par le PS ont débattu. Pour quel résultat ? L’hebdomadaire Le Point a commandé un sondage OpinionWay réalisé juste à la fin des 180 minutes d’échanges. La représentante du PRG et de l’Occitanie est classée en fin de série. Sylvie Pinel fait jeu égal avec Jean-Luc Bennhamias. La radicale de gauche marque le plus de points sur les questions sociales.

Sylvia Pinel et les 6 autres candidats de la Primaire Citoyenne. Photo : AFP/Eric Fefergberg/pool

Sylvia Pinel et les 6 autres candidats de la Primaire Citoyenne. Photo : AFP/Eric Fefergberg/pool

La question posée aux sondés était simple : «  Vous venez de suivre le débat entre les candidats à la primaire de la gauche. D’une manière générale, lequel vous a le plus convaincu ?« . Benoît Hamon récolte le meilleur score : 24%. Il est suivi d’Arnaud Montebourg (20%) et de Manuel Valls (19%). Sylvia Pinel arrive dernière, ex-æquo avec Jean-Luc Bennhamias. Le « joyeux animateur » de la primaire et la radicale de gauche ont convaincu 2% du panel. Un panel constitué par l’ensemble des téléspectateurs ayant regardé le débat diffusé sur France 2 et Europe 1.

L’institut de sondage OpinionWay a également testé un échantillon plus restreint. Un échantillon de personnes ayant l’intention de voter à la primaire. Le résultat de Sylvia Pinel est encore plus faible : 1%. Mais, là encore, la radicale de gauche partage le même score que Jean-Luc Bennahmias.

S’agissant de la catégorie « enjeux », Sylvia Pinel parvient à distancer le candidat « écologiste ex-Modem » auprès de l’ensemble des téléspectateurs. La radicale de gauche décroche 5% d’opinions favorables sur les questions sociales. Ce score est supérieur à celui de Jean-Luc Bennahamias (2%) mais aussi de François de Rugy (4%). En revanche, sur l’international, Sylvia Pinel « retrouve » Jean-Luc Bennahmias. Les deux candidats obtiennent un petit 2% d’opinions favorables.

Toujours dans la rubrique « enjeux » mais dans le panel « personnes qui ont l’intention de voter à la primaire« , Sylvia Pinel obtient 2% de bonnes opinions sur le social, 1% sur l’économie, 1% pour l’international.

S’agissant des sondés ayant l’intention de voter, Sylvia Pinel est derrière Jean-Luc Bennhamias. L’écart le plus important concerne l’économie (1% Pinel, 3% Bennhamias).

Evidemment, un sondage est une simple photographie, dépourvue de caractère prédictif.

Mais cela reste une photographie.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

Sondage OpinionWay pour Le Point. Échantillon de 1767 téléspectateurs ayant regardé le débat de la primaire du Parti socialiste et de ses alliés, diffusé le 19 janvier sur France 2 et Europe 1, issu d’un échantillon national représentatif de 7002 personnes inscrites sur les listes électorales. L’échantillon a été interrogé par questionnaire auto-administré en ligne sur système CAWI (Computer Assisted Web Interview). Les interviews ont été réalisées du 19 janvier dès la fin du débat du 20 janvier 2017. Les résultats de ce sondage doivent être lus en tenant compte des marges d’incertitudes : 1 à 2,2 points au plus pour un échantillon de 2 000 répondants.

 

 

Des milliers d’adhérents revendiqués par Emmanuel Macron en Occitanie : est-il possible de tricher et de gonfler les chiffres ?

1 000 adhérents dans le Tarn, 4 000 en Haute-Garonne, 3200 pour l’Hérault et 11 000 sur l’ensemble de l’Occitanie. Le mouvement En Marche ! d’Emmanuel Macron affiche ses bataillons. Ils sont nombreux, supérieurs ou équivalents (selon les départements) au plus important parti de notre région, le PS. Les chiffres reposent sur un système original : une inscription gratuite sur le web. Est-il possible de multiplier les « vraies-fausses » inscriptions et de gonfler artificiellement les chiffres ? Test.

Emmanuel Macron. Photo : MaxPPP

Emmanuel Macron. Photo : MaxPPP

Emmanuel Macron n’est pas le seul à pratiquer les E-adhésions. Le PS propose des inscriptions en ligne et le parti Les Républicains opte pour le téléchargement d’un formulaire. Mais il existe une différence entre le nouveau bolide la politique française et les partis traditionnels. L’adhésion au mouvement En Marche ! est gratuite. Une carte socialiste coûte 20 euros, minimum. Chez Les Républicains le ticket d’entrée est à 30 euros pour une personne, 40 euros s’agissant d’un couple.

Emmanuel Macron fait dans le simplicité à tous les niveaux : pas la peine de sortir une carte bleue et quelques minutes sur un clavier suffisent.

Simple et rapide

La procédure est simple et rapide. Le futur adhérent doit remplir un formulaire électronique qui se résume à moins de 20 cases. Nom. Prénom. Date de naissance. Adresse électronique. Mot de passe. Ville. Code Postal. Profession (facultatif) et centres d’intérêts (optionnel). Après avoir coché « J’adhère à la charte et j’ai pris connaissance des règles de fonctionnement d’En Marche« , il suffit de cliquer sur OK. Un mail est envoyé et une fois l’adresse électronique validée, c’est fait.

L’adhérent est alors dirigé vers une carte de géolocalisation. Le nouveau « macronien » voit apparaître les cercles locaux correspondant à son adresse postale.

On a testé pour vous !

Le Blog Politique a testé la procédure et suivi le processus. Premier enseignement, cela permet de connaître le nombre d’adhérents dans sa ville. La ville test est une ville moyenne : Albi.

A peine inscrit, le macronien (albigeois) en herbe apprend qu’il existe, dans sa commune, trois cercles. Le plus important comporte 44 membres et le plus petit 2.

Petit détail qui a son importance. Le nouvel adhérent peut se rattacher à un cercle existant ou… créer le sien. C’est le statut d’auto-entrepreneur appliqué au militantisme.

Mieux que le PS

Evidemment, l’essentiel est de savoir si le système Macron est fiable. Emmanuel Macron revendique 149 211 adhérents dans l’Hexagone. Alors que tous les partis traditionnels subissent une hémorragie de militants, c’est un excellent score et même un véritable exploit. Le mouvement En Marche ! a moins d’un an. Il a été lancé le 6 avril 2016 et il franchit la barre des 100 000 adhérents. Il ne s’agit pas vraiment de militants qui donnent de leur argent et sont supposés être capables de coller des affiches et de distribuer des tracts. Mais, à titre de comparaison, le PS annonce, en mai 2016, 111 450 cartes. En quelques mois, le mouvement d’Emmanuel Macron dépasse donc son vieux rival.

Une sécurisation des inscriptions très faible

Néanmoins, la procédure d’adhésion pose question. Une même adresse IP (permettant d’identifier un ordinateur) peut servir à plusieurs adhésions. Mais, surtout, avec un même nom, une même date de naissance, un même numéro de téléphone mais avec des adresses électroniques différentes, il est possible de procéder à plusieurs inscriptions. En réalité, la sécurité des inscriptions est faible (pour ne pas dire inexistante) et, par voie de conséquence, le compteur des adhésions est parfaitement falsifiable.

La facilité de la procédure d’inscription favorise la volatilité des adhésions. Inscrire ne coûte pas d’argent et se fait rapidement. Il est possible d’agir sur un coup de tête ou de cœur et  de zapper, sans s’investir réellement dans le mouvement. Mais, surtout, les équipes d’Emmanuel Macron peuvent multiplier les vraies-fausses adhésions. Le test réalisé par le Blog Politique est édifiant. Attention. Rien n’indique que des bidouillages existent. Mais c’est possible.

Tous les partis retouchent (plus ou « honnêtement ») les chiffres. A gauche, avant chaque élection interne, des cartes sont « achetées » par les candidats. La cotisation est payée à la place du « vrai-faux » militant. Ces cartes sont comptabilisés dans les livres de la Fédération départementale. Mais elles sont artificielles. La tentation de tricher sur le nombre d’adhérents peut également se traduire par une confusion volontaire entre les adhérents à jour de cotisation et les inscrits sur les listings.

Bref, la bataille autour du « plus grand nombre de militants » est une réalité aussi vieille que la politique. Le mouvement En Marche ! veut renouveler les pratiques. Mais il n’est pas certain qu’il résiste à la mauvaise pente des chiffres retouchés.

En tout cas, à défaut de le vouloir, il en a la possiblité.

Laurent Dubois (@laurentdub)

Juliette Méadel, secrétaire d’Etat chargée de l’aide aux victimes : « La France a changé de monde le 19 mars 2012 à Toulouse »

Juliette Méadel dépose une gerbe en hommage aux victimes des attentats, à l'école Orh Torah de Toulouse. Photo S.Compan/France3 Midi-Pyrénées

Juliette Méadel dépose une gerbe en hommage aux victimes des attentats, à l’école Orh Torah de Toulouse. Photo S.Compan/France3 Midi-Pyrénées

La secrétaire d’Etat chargée de l’aide aux victimes était ce jeudi à Toulouse. Elle est allée se recueillir à l’école Orh Torah en mémoire des victimes des attentats de mars 2012. Juliette Méadel a aussi évoqué l’ouverture du troisième procès de la catastrophe d’AZF.

Rappelant une à une le nom des victimes de Mohamed Mérah, Juliette Meandel a déclaré que s’attaquer à elles et à l’enfance notamment «c’était une attaque contre l’humanité ». « La France a donc changé de monde le 19 mars 2012, ici, à Toulouse. Nous sommes maintenant dans une époque où nous devons d’abord protéger les français. C’est ce que nous faisons tous les jours. Nous devons aussi faciliter leur retour à une vie normale ».

Pour cela, la secrétaire d’état est venue présenter au Service d’Aide aux Victimes d’Information et médiation (Savim) son guichet unique d’aide aux victimes. « Moi, je veux que partout en France, les victimes de terrorisme aient accès à ce guichet ». 5500 en France, 50 d’entre elles vivent à Toulouse selon la Ministre, frappées à Toulouse évidemment, Nice, Paris, ou encore Ouagadougou.

Eviter d’ajouter de la douleur à la douleur »

Pour aider ces victimes, la Préfecture coordonne l’ensemble des acteurs afin, comme le rappelle Juliette Méadel, « d’éviter d’avoir à ajouter de la douleur à la douleur par des démarches administratives parfois complexes ». Douze pour l’instant en France, l’objectif est d’installer un de ces guichets uniques dans chaque département d’ici la fin du quinquennat.

Il y a l’administration mais il y a aussi la justice et ses décisions que les victimes ont parfois du mal à comprendre. La secrétaire d’état a donc évidemment abordé le dossier du troisième procès AZF. « Ce procès va se tenir à Paris parce que c’est d’abord l’application d’une décision de la cour de cassation. Nous appliquons bien évidemment le droit mais nous facilitons la vie aux victimes en prenant en charge l’ensemble des frais ».

Et Juliette Méadel de préciser : « Pour que les victimes aient accès à la vérité, il faut que le procès puisse se tenir dans les meilleurs conditions possibles, et c’est donc dans ces conditions-là que le procès se tiendra à Paris ». Premier jour d’audience : mardi.

Patrick Noviello

19 Jan

Le maire de Montpellier, Philippe Saurel, soutient Emmanuel Macron

Philippe Saurel soutient Emmanuel Macron. Le maire de Montpellier est un proche de Manuel Valls. Mais son choix politique est fait. L’annonce vient d’être rendue publique ce jeudi 19 janvier lors d’un point presse.

Philippe Saurel, maire de Montpellier, et Emmanuel Macron. Photo : AFP/Pascal Guyot

Philippe Saurel, maire de Montpellier, et Emmanuel Macron. Photo : AFP/Pascal Guyot

Philippe Saurel se plait à rappeler une donnée « géopolitique » : c’est le seul maire de gauche d’une grande ville dans tout le Grand Sud. Un Grand Sud qui va de Bordeaux à Nice. Depuis ce jeudi 19 janvier, 11 heures 30, Emmanuel Macron peut compter sur le soutien politique du maire de Montpellier. L’annonce a été faite lors d’une conférence de presse relayée sur le compte Twitter de Philippe Saurel. L’ex-socialiste ne se contente pas d’officialiser son appui. Il met en avant une concertation avec les élus de son agglomération.

Contacté par France 3 Midi-Pyrénées, Philippe Saurel précise que ses relations avec Emmanuel Macron sont déjà anciennes :

Cela fait longtemps que nous sommes en contact. Cela remonte à l’époque ou Emmanuel Macron était ministre de l’Industrie. Je l’ai rencontré à Bercy et il m’a demandé comment est née l’expérience hors parti politique à Montpellier.

Philippe Saurel est un proche de Manuel Valls. Un Manuel Valls dont l’inimitié avec Emmanuel Macron est de notoriété publique et frontale. Pour Philippe Saurel, ce n’est pas un sujet :

Rien ne pourra m’empêcher d’être ami. Après il (Manuel Valls) m’a demandé de me retirer des régionales. Parfois des chemins se séparent.

Visiblement, les régionales de 2015 et  l’intervention de Manuel Valls en faveur de Carole Delga a laissé des traces. Mais Philippe Saurel insiste sur les qualités (intrinsèques) du présidentiable Macron. Pour le maire de Montpellier, son choix est un choix mûri et réfléchi. Une décision qui dépasse (totalement) les questions de personnes. En tout cas, l’annonce de Philippe Saurel est « raccord » avec l’actualité de l’ancien ministre de l’Economie. Pendant que le maire de Montpellier officialisait (dans sa ville) son soutien, Emmanuel Macron, à Paris, franchissait un pas de plus dans son aventure présidentielle : le lancement de candidatures pour les législatives.

A quelques heures du dernier débat (télévisé) de la primaire organisée par le PS, ce tir croisé porte un nom : un parasitage.

Laurent Dubois (@laurentdub)

Primaire de la gauche : les adresses des bureaux de vote en Haute-Garonne

Nombre et  localisation des bureaux de vote pour la Primaire Citoyenne. La participation à une élection se mesure en kilomètres. Plus les bureaux de vote sont nombreux, plus les isoloirs sont accessibles et plus les électeurs se déplacent. C’est loi de base des primaires. Evidemment l’intérêt du scrutin est un élément clé de la mobilisation. Mais la localisation et le nombre de bureaux de vote sont déterminants. Combien de bureaux de vote en Haute-Garonne ? Où sont-ils situés ? Etat des lieux.

Photo MaxPPP

Photo MaxPPP

En novembre 2016, la primaire de la droite a mobilisé 80 231 votants au 1er tour (82 862 au 2nd) sur la Haute-Garonne. Ce résultat reposait sur 158 bureaux de vote sur l’ensemble du département. Du côté de la Primaire Citoyenne organisée par le PS, les prévisions de mobilisation sont modérément optimistes. Pour ne pas dire pessimistes. Un membre du Comité Départemental d’Organisation de la Primaire (CDOP) exprime clairement sa conviction : la mobilisation pour la primaire de 2017 ne sera pas du niveau de la primaire de 2011. A l’époque, 85 000 Haut-Garonnais ont participé. Mais c’était une autre époque. Nicolas Sarkozy était sortant et le PS profitait d’un vent porteur.

Néanmoins, sur le papier, l’organisation peut permettre les hautes eaux de 2011. C’est quasiment le même nombre de bureaux de vote : 200 bureaux. Pour la précédente primaire le chiffre était de 213.

Le principe « 1 site= plusieurs bureaux de vote » est également d’actualité. Dans certains cas, les électeurs trouveront, dans un même endroit, plusieurs bureaux.

Enfin, dernière permanence, les horaires. Dans les quartiers urbains toulousains ou les cantons ruraux du Lauragais les votants pourront glisser un bulletin dans l’urne de 9 heures à 19 heures.

Les syndicats du Conseil Régional dénoncent une rupture du dialogue social

La grogne syndicale monte d’un cran au conseil régional. Ces derniers mois, plusieurs syndicats ont diffusé plusieurs tracts pointant des problèmes de gestion du personnel et épinglant le processus de Fusion. Un cap est franchi depuis le 18 janvier. Une inter-syndicale allant de la CGT en passant par la CFDT, Sud et Unsa se retire du Comité Technique Paritaire (équivalent d’un Comité d’Entreprise). Un seul syndicat reste en dehors du mouvement : Force Ouvrière. Motif de ce front commun : l’absence de dialogue social.

Hôtel de Région Occitanie à Toulouse. Photo MaxPPP

Hôtel de Région Occitanie à Toulouse. Photo MaxPPP

La CGT et la CFDT expriment, depuis plusieurs mois, un malaise. Début janvier, le syndicat majoritaire au conseil régional a demandé un entretien à Carole Delga. Une demande de dialogue qui est restée lettre morte. Quelques jours après cette requête, une inter-syndicale appelle au respect du dialogue. Dans un courrier collectif, la CFDT, Sud et Unsa rappellent les engagements de la présidence de Région :

Lors de la rencontre du 17 février 2016, la présidente Carole Delga s’est engagée sur un dialogue social respectueux des représentants du personnel et sur la concertation des agents sur leur devenir. Ce discours a été répété lors des voeux aux personnels les 9 et 10 janvier derniers et martelé sans cesse dans toutes les communications à destination des agents.

Selon l’inter-syndicale, les promesses d’un dialogue social ne sont pas tenues :

Il n’est pas tenu compte dans les instances des avis quasi-unanimes des représentants du personnel et des retours des agents directement concernés par la réorganisation de la collectivité.

Les syndicats du conseil régional lancent donc un appel à Carole Delga :

Nous appelons l’autorité territoriale à respecter ses engagements et de rétablir un dialogue social.

L’inter-syndicale ne se contente pas de paroles. Elle passe aux actes et décide de pratiquer « la chaise vide » dans le Comité Technique Paritaire (CTP). Un comité qui doit obligatoirement être consulté s’agissant de l’organisation du conseil régional et de certaines mesures concernant le personnel.

La participation des syndicats au CTP est suspendue. Mais une main est tendue. L’inter-syndicale demande à être reçue « rapidement par madame la présidente de région Occitanie« .

Cette situation est inédite à l’Hôtel de Région de Toulouse. Sous la présidence de Martin Malvy, des syndicats ont menacé de quitter le CTP. Mais cette menace n’a jamais été mise en oeuvre. Comme le précise un fin connaisseur des arcanes régionales, « il n’y a jamais eu un début de commencement d’exécution de la menace« .

Contacté par France 3 Midi-Pyrénées, le conseil régional n’a pas souhaité s’exprimer.

Laurent Dubois (@laurentdub)

17 Jan

Des capotes dans le kit électoral de la primaire de la gauche !

La grande crainte, c’est que ça capote. Tous les regards seront braqués, dimanche 22 janvier, sur la participation à la primaire de la gauche. C’est la vigueur du corps électoral et le flux de votants qui seront examinés sous toutes coutures. Pour se préserver, le PS a mis en place une solide organisation et pour remercier les petites mains, un cadeau est prévu : des préservatifs.

Photo : MaxPPP

Photo : MaxPPP

Une fédération socialiste de la région Occitanie a reçu, en plus des traditionnels briquets et autres gadgets, des préservatifs estampillés « Les primaires citoyennes ». Les destinataires ont d’abord cru à une blague. Mais les objets du délire (et peut être du délice) sont arrivés au milieu des kits électoraux, dans un carton expédié par le parti.

A chaque scrutin, des articles de merchandising sont distribués : casquettes, tee-shirt. La primaire de 2017 est (simplement) l’occasion d’enrichir et d’approfondir le catalogue. Le PS n’est pas le seul à explorer la voie du 7ème ciel. En son temps, Nicolas Sarkozy a organisé une caravane de jeunes pops qui écumaient les plages et a laissé derrière elle des tongs et des préservatifs aux couleurs de l’UMP.

Avec ses préservatifs, le PS montre qu’il n’est pas au fond du trou. L’humour et l’esprit décalé sont toujours d’actualité malgré les turbulences traversées par le parti. Les initiateurs des « capotes de la primaires » envoient d’ailleurs un message très politique aux candidats de la primaire.

Les premiers débats ne sont pas vraiment des ébats. Ils manquent de souffle. C’est peut-être un clin d’oeil.

Les préservatifs étaient dans le même colis que des bonnets. Cela montre également qu’au PS la précaution ne connait pas de limite et concerne également une partie anatomique sensible : la tête.

Laurent Dubois (@laurentdub)

Primaire de la gauche : l’organisation c’est maintenant

En Haute-Garonne, la primaire est dans les starting-blocks. Cinq jours avant le 1er tour, les organisateurs ont présenté, ce mardi 17 janvier, le dispositif. La grande inconnue et le vrai enjeu reste la participation. Mais, côté intendance, tout est prêt pour accueillir les votants.

Aude Lumeau-Preceptis et Christophe Lubac, organisateurs de la primaire de la Belle Alliance en Haute-Garonne; Photo : L.Dubois/France3MidiPy

Aude Lumeau-Preceptis et Christophe Lubac, organisateurs de la primaire de la Belle Alliance en Haute-Garonne; Photo : L.Dubois/France3MidiPy

Lors de la précédente primaire, en 2011, 85 000 Haut-Garonnais se sont déplacés. Ce score reposait sur 213 bureaux de vote, repartis sur l’ensemble du département. Six ans plus tard, le maillage est quasiment identique : 200 bureaux. Lors d’un point presse organisé au siège du PS 31, les responsables de l’organisation (Aude Lumeau-Préceptis et Christophe Lubac) insistent sur une chose : pas de zone blanche.

Des bureaux de vote sur l’ensemble du territoire départemental

Une seule commune, Baziège, a refusé de mettre à disposition des salles. La municipalité n’a pas « participé » à la primaire organisée, en novembre dernier, par la droite. Elle souhaitait respecter une égalité de traitement et, comme le dit Christophe Lubac, « un parallélisme des formes« .

Partout ailleurs, les collectivités ont joué le jeu. Y compris à Toulouse, dans la ville du Les Républicains Jean-Luc Moudenc. Comme en 2011 et lors de la (récente) primaire de la droite, un même site peut accueillir plusieurs bureaux de vote. Aude Lumeau-Préceptis cite l’exemple des Allées de Barcelone.

La carte des bureaux de vote a été établie en fonction des résultats électoraux des deux derniers scrutins : municipales et régionales. Le seuil est de 1500 voix. Au dessus de cet étiage, un bureau est prévu. A la différence de la droite, le parti socialiste et ses alliés disposent d’assises sur l’ensemble du territoire départemental. Lors de la primaire de la droite, des échanges animés ont eu lieu pour savoir si des bureaux tests, placés dans des zones « vierges », devaient être installés. Par exemple au Mirail, un quartier populaire et qui vote à gauche.

La commission départementale d’organisation de la primaire (CDOP) n’a pas été confrontée à ce genre de questionnement. Le PS et ses alliés sont confrontés à une poussée de l’abstention. Lors des municipales de 2014 et des régionales de 2015, des quartiers « populaires » ou des secteurs (traditionnellement) ancré à gauche ont boudé les urnes. Malgré ce signe (inquiétant) de désaffection, la gauche est toutefois mieux lotie que la droite haute-garonnaise. Elle dispose d’un socle territorial.

Au delà de la géographie, la primaire de 2017 c’est d’abord une machinerie. Une fois dans le bureau de vote, les électeurs vont devoir suivre quelques étapes avant de glisser un bulletin dans l’urne

Une charte à signer, 1 euro à donner et éventuellement des coordonnées à laisser…

Les électeurs vont devoir faire un effort d’information. Les bureaux de vote ne sont pas les bureaux de vote habituels, ceux utilisés pour les départementales, les régionales ou les législatives. Un site est ouvert et permet aux votants d’aller voter. Aude Lumeau-Preceptis ne peut pas donner de chiffres. La responsable de la Haute-Garonne ne dispose pas de chiffres départementalisés et uniquement de données nationales. Mais le nombre de clics indiquerait un intérêt pour le scrutin.

En toute hypothèse, ce n’est pas la seule démarche que doivent accomplir les électeurs potentiels. Christophe Lubac insiste sur un point essentiel : les personnes inscrites sur les listes électorales après le 31 décembre 2015 et avant le 31 décembre 2016 doivent disposer d’une attestation d’inscription sur les listes électorales. Une attestation qui est délivrée par la mairie.

Tous les votants (dotés ou non d’une attestation) devront commencer par signer une charte des valeurs de la gauche. C’est une simple formalité. Comme le précise, avec humour, Aude Lumeau-Preceptis, « même si Jean-Luc Moudenc accepte de signer la charte, c’est avec plaisir que nous accepterons son vote« .

Une fois la charte signée, vient le moment de sortir le portefeuille. Chaque électeur devra s’acquitter d’un droit de participation : 1 euro pour chacun des deux tours du scrutin. Les organisateurs de la primaire de la droite demandaient (pour un montant identique) de prévoir l’appoint. La primaire de la gauche est plus « ouverte ». Les pièces de 2 euros, 1 euro, 50 centimes, 20 et 10 centimes sont acceptés. Mais également tous les billets.

Les plus généreux peuvent même sortir un carnet de chèque pour profiter de la primaire et faire un don. Les présidents de bureau de vote peuvent même indiquer aux donateurs que les reçus fiscaux (permettant une défiscalisation des dons) arriveront dans les boites à lettres des généreux bienfaiteurs au printemps 2018.

Pour les électeurs qui préfèrent les dons en nature et acceptent de faire don de leur temps et de leur personne une autre option existe. Les volontaires pourront laisser leurs coordonnées. Cette inscription sur les fichiers va permettre de recevoir mails et newsletters. Jean-Luc Moudenc a fait la même chose en novembre dernier, au moment de la primaire de la droite. L’opération était menée sous le manteau, discrètement et de manière un peu « honteuse ». Les instances nationales de LR ne souhaitaient pas mélanger les choses et l’initiative toulousaine a agacé Paris et certains cadres départementaux.

A gauche, la « manoeuvre » est transparente. La primaire peut également de renforcer le fichier d’un parti qui a perdu beaucoup de militants.

Après la signature de la charte des valeurs, le paiement d’1 euros, une éventuelle inscription (volontaire et accessoire) dans un fichier, les électeurs pourront enfin se rendre dans l’isoloir et glisser dans l’urne le nom de l’un des 7 candidats en compétition.

L’opération pourra se dérouler de 9 heures à 19 heures.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

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