20 Oct

Tobie Nathan : face à la radicalisation, produire de la pensée

En plein procès d’Abdelkader Merah jugé pour « complicité » dans les tueries de son frère et alors qu’Emmanuel Macron annonce un nouveau plan national contre la radicalisation, l’ouvrage de Tobie Nathan apporte des éléments de réflexion. Eclairage.

Tobie Nathan, professeur de psychologie et auteur des "âmes errantes". PHOTO AFP JOEL SAGET

Tobie Nathan, professeur de psychologie et auteur des « âmes errantes ». PHOTO AFP JOEL SAGET

« Etre radical écrivait Marx, c’est prendre les choses par la racine » affirme en introduction de son ouvrage Tobie Nathan. Et Marx de rajouter : « Or pour l’homme, la racine, c’est l’homme lui-même ». Mais pour les radicalisés explique Nathan, « la racine n’est pas l’homme, mais Dieu, pas n’importe quel Dieu, mais Allah ! Je reste interloqué : comment peut-on penser ainsi ? Mais je me reprends aussitôt : penser ce n’est pas « penser la même chose que moi !»

Nathan nous invite donc à modifier notre façon de penser pour faire face au fléau de la radicalisation. Pour réinstaurer un dialogue, nous devons nous « donner les moyens de penser les êtres en devenir ». Et ce livre s’adresse non seulement « aux autorités et aux humanistes » précise l’essayiste mais aussi à « ces mêmes enfants, égarés, à l’âme capturée, soumise aux forces délétères, pour leur baliser un éventuel chemin de retour… »

Des forces religieuses qui ont capturé ces jeunes gens »

Loin de Tobie Nathan, l’idée de stigmatiser l’Islam. « La loi de 1905 (NDLR : de séparation de l’Eglise et de l’Etat) signe non seulement l’échec de la République mais aussi la faillite des religions », des religions qui « avaient échoué dans leurs tentatives de maîtriser leurs dieux ». Ces « forces » religieuses qui ont « capturé » ces jeunes gens nous concernent aussi selon l’auteur.

« Et si la laïcité ne parvenait plus à endiguer la guerre des dieux ? Disposons-nous d’une solution de rechange ? » s’interroge le professeur de psychologie. « Compassion et recours à  la loi se révèlent aussi inefficace l’une que l’autre(…) Dans le cas des jeunes gens radicalisés, il nous faudra d’abord constater l’intelligence des êtres et des forces, évaluer la puissance des enjeux et surtout : produire de la pensée ».

Comprendre le sens des mots »

Facile à dire mais comment faire ? Tout d’abord Tobie Nathan invite son lecteur à bien saisir le sens des mots et y compris, ou surtout, leur sens religieux. Ainsi, dans un chapitre il raconte l’histoire d’une jeune fille de 14 ans qui « aime la pensée et la parole » et porte un voile. A travers la définition du mot « ‘hijab, il nous livre ses clés de compréhension et de dialogue avec elle. D’autres termes emblématiques sont également décortiqués tel « apocalypse » ou encore haschich (assassin) où il est question du lien drogues et dieux.

A défaut de profil type, qui est évidemment inexistant en matière de radicalisés, Tobie Nathan trouve une « fragilité au djihadisme » : « une appartenance culturelle défaillante à la première génération, une filiation flottante à la suivante ». Ainsi commence-t-il à utiliser le terme-titre d’ « âmes errantes », « cet être bon à prendre, à soumettre – c’est une proie pour les chasseurs d’âmes. »

Pas que des âmes errantes, mais aussi des curieux, avides de sens

S’il sait tout ça, qu’il arrive à l’analyser ou qu’il s’y est tout simplement intéressé, c’est parce que Tobie Nathan a lui-même été une « âme errante », descendant de migrants, « désaffilié » et attiré par des « forces » qui contrairement à celles qui recrutent les radicaux aujourd’hui, « ne s’intéressaient pas à nous » à l’époque.

Mais attention prévient Nathan : « les jeunes radicalisés ne sont pas seulement des « âmes errantes » capturées par des gourous pervers, des politiques calculateurs ou des tyrans fous d’apocalypse. Ce sont aussi des curieux, avides de sens, en quête de réponse à des questions de philosophie fondamentale ». D’où l’usage de la pensée comme instrument de riposte ou, si le terme est trop guerrier, d’instrument de dialogue. A noter toutefois que pour l’auteur, et cela est dit dès les premières pages de l’ouvrage : « les assassins relèvent d’un traitement judiciaire sans compromis ».

Quand la terreur crée des terroristes »

Tobie Nathan aborde l’affaire Merah dans le chapitre qu’il consacre à « la terreur ». Répandre cette dernière était évidemment selon l’auteur, comme pour la majeure partie des experts, l’objectif principal du tueur au scooter. Et Nathan de souligner une théorie peu entendue jusqu’à présent : « Dans un tel contexte où chacun est une cible potentielle, les plus fragiles tentent d’échapper à la terreur en s’affiliant paradoxalement aux terroristes ». Et une question glaçante surgit dans la tête du lecteur : Merah par la terreur qu’il a instillée a-t-il fait naître d’autres terroristes ?

Il est enfin question de politique également dans cet ouvrage, à travers la visée des « prises de guerre » des djihadiste à l’Occident, notamment les filles converties et si possibles venues du christianisme. « Car si ses propres filles s’engagent en « djihadisme », comment l’Occident ne viendrait-il pas à douter de ses options, de ce qu’il appelle « ces valeurs » ? » La radicalisation est donc un enjeu politique.

Intégrer la différence »

Migrant lui-même lors de sa jeunesse, Tobie Nathan évoque aussi le facteur migratoire. « Les jeunes radicalisés reviennent à une origine malgré tout, peut-être plus lointaine, sans doute en partie imaginaire, une origine qu’ils brandissent à la face de leurs parents, les accusant d’être défaillants, non pas seulement en « francité », mais aussi en « arabité », en « islamité »… Quelle parade alors ? « Contre l’idéologie djihadiste qui prône une identité en prêt-à-porter, il est indispensable de renouer avec l’identité ancestrale ».

Et l’auteur de conclure dans son épilogue : « Je suis certain aujourd’hui que la radicalité des jeunes gens que j’ai rencontrés résulte de la difficulté grandissante de nos sociétés à intégrer la différence – non pas celle du « semblable » dont on nous rabat les oreilles, mais de l’autre, vraiment autre, radicalement autre. Si nous persistons à partager un monde de « semblables », il faut nous attendre à ces conflits sans fin. »

Patrick Noviello (@patnoviello)

« Les âmes errantes », Tobie Nathan, L’Iconoclaste.

A lire également : Toujours en lien avec cette actualité, Séraphin Alava, professeur des universités à Toulouse-Jean Jaurès, pose la question dans un article pour le site « The Conversation » de l’accueil des mères et des enfants revenants de Syrie. Pour lui, « la question du retour des familles combattantes est un défi politique, policier, juridique, mais aussi éthique, philosophique et éducatif. »

 

Comment le député En Marche ! Michaël Nogal a gonflé son CV

Un député En Marche de la Haute-Garonne se présente comme un ancien cadre dirigeant d’une multinationale. En réalité, Michaël  Nogal était un « simple » salarié du service de communication.

Michaël Nogal. Député de la Haute-Garonne. Photo MaxPPP/Isorel

Michaël Nogal. Député de la Haute-Garonne. Photo MaxPPP/Isorel

Sur le réseau professionnel Linkedln ou dans la presse, Michaël Nogal met en avant son statut d’ancien responsable des relations institutionnelles d’un grand groupe agroalimentaire. Selon nos informations, lors de sa candidature à l’investiture, l’actuel député de la Haute-Garonne a également insisté sur son parcours au sein de l’équipe dirigeante d’Orangina Suntory France. Face aux instances nationales du parti « macroniste », Michaël Nogal, a évoqué son activité dans un groupe présent sur les 4 continents et fort de 42 000 collaborateurs.

Sans titre

Un tel pedigree ne manque pas de poids. Un profil de « top manager » correspond à l’ADN de La République En Marche. La « culture d’entreprise » est ouvertement revendiquée et de nombreux Marcheurs sont issus de l’encadrement de grandes entreprises. Le fait de valoriser un CV de cadre dirigeant présente un autre avantage s’agissant du cas particulier de Michaël Nogal. L’actuel député de la Haute-Garonne est un des plus jeunes élus de la nouvelle Assemblée. Un pedigree prestigieux permet de « contrebalancer » un manque d’expérience et d’incarner un vieux proverbe : la valeur n’attend pas le nombre des années.

« Mini » salaire pour un poste de « direction »

Problème, la mise en scène n’est pas vraiment conforme à la réalité des faits. Michaël Nogal vient de déclarer ses revenus pour ses années Orangina Suntory France à la Haute Autorité Pour la Transparence de la Vie Publique  (HATVP).  Les sommes en question représentent,  pour les années 2015 et 2017, 3750 euros brut annuel. Michaël Nogal précise que ces sommes correspondent à deux mois de travail. L’ex salarié a travaillé 1 an et 4 mois pour la multinationale spécialisée dans les boissons. Les 2 fois 3750 euros sont les premiers et les derniers versements d’un contrat de travail qui débute en décembre 2015 et s’achève en janvier 2017.

Le plus important est le montant de la rémunération mensuelle : 2903 euros net.

C’est un bon salaire surtout pour un jeune salarié. Un jeune salarié qui, de surcroît, ne peut pas monnayer le diplôme d’une grande école de commerce ou de communication. Orangina Suntory France recrute parmi les diplômés d’HEC ou de Sciences Po, des anciens élèves de Sup de Co. Michaël Nogal a fait sa scolarité dans une établissement privé toulousain, l‘ISCOM.

L’ancien collaborateur d’Orangina a côtoyé les cénacles socialistes. Avant d’intégrer l’entreprise, Michaël Nogal a notamment été l’assistant parlementaire de l’ex numéro 2 du PS, Christophe Borgel. C’est d’ailleurs le parrainage avec cette figure socialiste, qui lui permet de décrocher un poste à l’exposition universelle de Milan et, « à titre dérogatoire et exceptionnel« , la médaille du Mérite Agricole.

Grace à ce parcours, Michaël Nogal peut « vendre » à Orangina un carnet d’adresse, des entrées dans le milieu politique, une expérience d’un peu plus d’un an dans une agence de communication et 6 mois dans les arcanes d’une exposition universelle.

Le parcours du jeune député est plutôt réussi. Un militant politique, qui ne passe pas par l’ascenseur d’une grande école  et qui finit par décrocher un contrat dans un grand groupe, c’est une vraie trajectoire. Mais, au regard des règles du marché du travail, ce profil ne permet pas de décrocher la lune :  intégrer, à 25 ans, le top management d’une multinationale.

Dans ces conditions, le salaire, proche des 3000 euros net, est plus que convenable. Selon un professionnel de la communication, le salaire pour un communiquant junior se situe dans une fourchette entre 1500 et 2200 euros. Mais, en revanche, elle ne cadre pas avec les déclarations de Michaël Nogal sur un poste de manager. Surtout dans un grand groupe international.

Selon le magazine Challenge, la rémunération brute annuelle d’un responsable de la communication dans une grande entreprise est de 133 600 euros. Le salaire mensuel moyen (en net) est de 11 333 euros.

Les revenus déclarés par le député de la Haute-Garonne sont très nettement inférieurs à ce seuil. L’ancien salarié d’Orangina a peut-être mal négocié son embauche et a cassé les prix du marché. Si c’est le cas, l’ancien « directeur » des relations institutionnelles (en charge selon ses dires du lobbying) a été le manager le moins bien rémunéré de France.

A moins que l’explication de cette « bizarrie » ne se trouve ailleurs.

Un « simple » poste de chargé de communication

Une source confirme les évidences inscrites dans les chiffres communiqués par Michaël Nogal à la HATVP. Le jeune député a été stagiaire au sein du groupe Orangina Suntory France. Mais cette même source indique que le stage a débouché sur un contrat de travail. Contrairement aux affirmations de Michaël Nogal, il ne s’agit pas de la direction des affaires institutionnelles et encore moins d’un travail de lobbyste. Et pour cause. Orangina Suntory France n’emploie pas de lobbystes. Le groupe recourt uniquement à des prestataires extérieurs réputés et expérimentés.

Michaël Nogal a vu rouge lorsque son passé de lobbyste a été rappelé dans la presse. Mais, en vérité, il n’a pas pu exercer une fonction qui n’existe pas dans l’organigramme du groupe dont il a été le salarié.

Sans titre

Avant de démissionner pour se consacrer à la politique, Michaël Nogal travaillait, selon nos informations, au sein d’un service composé de deux adjoints, un pour la presse et un autre s’agissant des relations institutionnelles. Il a été recruté dans un service dirigé par la directrice des Relations Extérieures et du Développement Durable, Héloïse Tarraud. Il a, d’ailleurs, laissé un bon souvenir de son passage dans l’entreprise et sa démission (sous forme de rupture conventionnelle) a surpris sa hiérarchie.

Selon nos informations, après son départ, Michaël Nogal a maintenu un contact avec son ex-employeur. La direction d’Orangina est plutôt satisfaite de compter dans son entourage un vice-président de la commission Economique. Cela peut toujours être utile. Mais, s’agissant de l’ancien poste occupé par le nouveau député aucun doute : un salarié, sans responsabilité managériale ni budget à gérer ou équipe a coaché.

Cette version des faits est conforme à la rémunération déclarée par le parlementaire : 45 000 euros annuel brut pour 2016. Cette rémunération correspond à un salaire mensuel net de 2888 euros. C’est un salaire supérieur à la rémunération d’un chargé de communication junior. Mais on est très largement en dessous d’un salaire pour un cadre dirigeant.

Michaël Nogal ne s’est pas inventé un diplôme. Il n’a pas menti sur son passage dans un grand groupe. Il a simplement « gonflé » son CV.

C’est un simple « pêché » d’orgueil. Mais il fait tâche lorsque l’on appartient à un parti qui vante le renouvellement des pratiques politiques. Comme l’immense majorité des députés de la nouvelle majorité, Michaël Nogal doit son élection à une étiquette Macron. Les électeurs n’ont pas été séduits par un parcours professionnel. Il était inutile d’en rajouter.

Toute cette affaire a, comme le dirait Emmanuel Macron, un côté « croquignolesque ».

Michaël Nogal est rattrapé par ses propres déclarations à la Haute Autorité.

Des déclarations publiques et consultables en ligne. Ca s’appelle un « effet boomerang ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

 

19 Oct

« Génération Identitaire » : enquête sur l’ultra-droite toulousaine

Le parti d’ultra-droite, « Génération Identitaire » lance une campagne d’affichage sur l’agglomération toulousaine. Qui sont les « Identitaires » ? Combien sont-ils ?

Affichage dans le quartier de l'Hers, Toulouse. Photo : L/Dubois

Affichage dans le quartier de l’Hers, Toulouse. Photo : L/Dubois

Depuis plusieurs jours, les toulousains croisent de drôles d’affiches. Le message est clair : Défendons l’Europe, Face aux Islamistes. En revanche, l’identité des auteurs est assez mystérieuse. Il faut avoir un bon œil et un peu de mémoire.Il y a quelques mois, les « Identitaires » ont connu leur heure de gloire médiatique.

Eté 2017, ils affrètent un bateau et lancent une campagne « anti-migrants’L’aventure maritime en Méditerranée a tourné court. Le navire est immobilisé à Chypre. Au final, l’escapade navale dure une petite semaine. Mais l‘opération attire les projecteurs sur le micro-parti. Le navire est immobilisé à Chypre. Au final, l’escapade navale aura duré un mois. Mais la tempête médiatique et les remous suscités offrent une publicité « géante » à un mouvement confidentiel.

« Génération Identitaire » est fondé en septembre 2012. Il est actuellement présidé par Arnaud Delrieux.

Sur son site, Génération Identitaire, se présente comme un mouvement de résistance :

Nous appelons la jeunesse à relever la tête : face à la racaille, face à ceux qui veulent fliquer notre vie et nos pensées, face à l’uniformisation des peuples et des cultures, face au raz de marée de l’immigration massive, face à une Ecole qui nous cache l’histoire de notre peuple pour nous empêcher de l’aimer, face à un prétendu vivre-ensemble qui vire au cauchemar…

En Haute-Garonne, sur sa page Facebook, Génération Identitaire a 40606 likes. Mais, selon nos informations, le nombre de militants est d’une cinquantaine sur Toulouse. Ils ont entre 16 et 25 ans. Il s’agit majoritairement d’étudiants mais aussi de salariés. Le responsable toulousain, Adrien Dominguez, appartient, d’ailleurs, à cette dernière catégorie.  Depuis plusieurs années, le mouvement essaye de se structurer et de se développer. Mais il est victime d’un important turn over. Les jeunes Identitaires sont majoritairement des étudiants, parfois des salariés.

Un connaisseur du mouvement précise : « au fur et à mesure qu’ils deviennent plus sages et prennent de l’âge, les militants prennent leur distance ».

Selon nos informations, des ex-Générations Identitaires finissent au Front National. Cela reste marginal au niveau du FN31. Moins d’une demi-douzaine d’adhérents Identitaires ont pris une carte au Front National. Il suivent l’exemple d’une figure Identitaire, Philippe Vardon. L’ex-dirigeant du Bloc Identitaire sera d’ailleurs l’invité, le 26 octobre prochain, de la fédération de la Haute-Garonne.

S’agissant des relations entre Génération Identitaire et le FN31, le secrétaire départemental du parti Frontiste, Julien Léonardelli précise :

Je connais 2 ou 3 membres de Génération Identitaire. Mais nous n’avons pas de contact et il n’y a pas de rencontres. En revanche, je l’ai dit publiquement et ouvertement. J’ai soutenu leur action en Méditerranée. C’était une action de bon sens et humanitaire. Il s’agissait d’éviter des drames humains en récupérant des  migrants et en les ramenant sur leur côte.

Le départ de Florian Philippot du Front National, pourrait faire bouger les lignes. L’ancien lieutenant de Marine Le Pen s’est toujours opposé à une porosité entre les Identitaires et le parti Frontiste. Sa disparition de l’organigramme du FN peut créer un appel d’air favorable à un rapprochement.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

18 Oct

Police de sécurité du quotidien : le cas toulousain

Emmanuel Macron ce mercredi après-midi, lors de son discours aux forces de sécurité. AFP PHOTO / POOL / PHILIPPE WOJAZER

Emmanuel Macron ce mercredi après-midi, lors de son discours aux forces de sécurité. AFP PHOTO / POOL / PHILIPPE WOJAZ

Ce mercredi après-midi, Emmanuel Macron a réuni les représentants des forces de l’ordre à l’Elysée. Accompagné de ses Ministres de la Défense, de l‘Intérieur et de la Justice, le Président de la République a expliqué aux forces de sécurité ce qu’il attendait d’elles. Notamment la mise en place de la « police de sécurité du quotidien » qui pourrait être expérimentée à Toulouse.

Dès le 7 septembre dernier, le maire de Toulouse  écrivait au Ministre de l’Intérieur pour demander des effectifs supplémentaires. « Il nous manque actuellement 100 à 150 policiers. C’est le constat toulousain au regard des moyens déployés par exemple dans une ville comme Bordeaux pour comparaison » argumente Didier Martinez, secrétaire régional Unité SGP Police FO.

Dans ce même courrier à Gérard Colomb, Jean-Luc Moudenc fait aussi acte de candidature pour que Toulouse expérimente le projet gouvernemental de Police Nationale du quotidien : « Toute avancée en matière de sécurité est bonne à prendre dans l’intérêt des toulousains » écrivait alors le maire LR de la métropole.

Renforts policiers annoncés »

« Ces nouvelles missions doivent être assorties d’effectifs » martèle Didier Martinez. « Le label, on l’aura mais sans moyens, au bout de trois mois, ça redeviendra du police secours. Ce serait un effet d’annonce illusoire » prévient-il.

Présent ce mercredi à l’Elysée lors des annonces présidentielles, le député LREM de Haute-Garonne Mickaël Nogal s’est « réjouis que ce dispositif soit accompagné de renforts policiers et d’un effort budgétaire sans précédent ». « En effet le budget du Ministère de l’Intérieur augmentera en 2018 de 6,8% et 10 000 postes de policiers et gendarmes seront crées sur le quinquennat, dont 7000 d’ici 2020 » a-t-il affirmé.

Pas le retour pur et simple de la police de proximité »

Emmanuel Macron l’a déclaré ce mercredi après-midi cette police du quotidien « ne sera pas le retour pur et simple à la police de proximité ». « On partage l’idée du recueil de renseignement. Mais est-ce qu’il faut revenir à la police de proximité quinze ans après ? Non ! Ça mettra beaucoup de temps car il faut regagner la confiance de gens qui se sentent trahis par une police qui est devenue celle du chiffre et du résultat » met en garde Didier Martinez.

Pour ce qui est de réinvestir les quartiers en revanche, les avis sont unanimes. « Dans certains quartiers, les dealers ont pignon sur rue et revendiquent leur territoire. L’Etat donne donc, sans le vouloir, l’impression aux gens d’être absent de ces zones alors qu’elles sont classées en zones de sécurité prioritaires » insistait en septembre dernier le maire de Toulouse.

Emmanuel Macron a annoncé ce mercredi que la concertation sur cette police de séurité du quotidien débuterait dès lundi prochain. Pour l’heure une trentaine de villes se sont portées candidates à son expérimentation, seules une quinzaine seront retenus. Toulouse en sera-t-elle ? Réponse d’ici à la fin de l’année.

Patrick Noviello (@patnoviello) avec AFP

17 Oct

Haute-Garonne : l’armée mexicaine des députés En Marche !

Cinq députés de la Haute-Garonne sont membres du groupe d’amitié France-Mexique à l’Assemblée. Un groupe présidé par le toulousain, Jean-François Portarrieu.

Photo : MaxPPP/Isorel

Photo : MaxPPP/Isorel

La Haute-Garonne compte 10 députés. La moitié se retrouve dans le même groupe d’amitié, France Mexique. Ce n’est pas tout. Ce gros bataillon est  très majoritairement constitué d’une même famille politique : La République En Marche. Michaël Nogal, Corinne Vignon, Jean-Luc Lagleize (Modem), Sébastien Nadot, Jean-François Portarieu vont traverser l’océan Atlantique. Un autre député de la majorité présidentielle, le tarnais Philippe Folliot, fera également partie du voyage.

Les groupes d’amitiés parlementaires sont une tradition et une véritable institution. Une institution qui souffre d’une mauvaise image. Celle d’un « Club Med » financé par l’argent public.

Un ancien parlementaire relativise :

ça sert à faire voyager les parlementaires. C’est l’Assemblée ou le Sénat qui payent. Il y a un côté désagréable, on voyage aux frais de la Princesse. Mais, en même temps, cela permet de créer des liens. On est reçu par l’ambassadeur de France. On fait le tour des Alliances Françaises. On voit des ministres. Franchement, c’est utile. Il ne faut pas croire que l’on voyage tout le temps. Les déplacements, c’était un tous les 2 ou 3 ans dans le groupe auquel j’appartenais. En revanche, une fois par mois, il y avait une réunion et des rencontres.

Pour le groupe France-Mexique, les dossiers ne manquent pas. Le « pays ami » souffre d’une violence endémique et d’une véritable gangrène : le trafic de drogue. Les meurtres se comptent par milliers et des régions entières sont sous la coupe des Narcos. Mais, pour la députée Corinne Vignon, les questions de sécurité ne sont pas les seules :

Je pense que notre expérience du champ social peut permettre des échanges positifs auprès des autorités mexicaines afin de les inciter aux bonnes pratiques en matière de santé et de politique familiale. Je souhaite connaître les efforts fournis par le gouvernement mexicain en matière de politique environnementale.

Jean-Luc Lagleize insiste sur les enjeux géopolitiques :

On se polarise trop souvent sur l’Europe, les Etats-Unis et la Chine. Je souhaite que nous établissions des relations fortes également avec l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud.

L’amitié parlementaire n’est pas exclusive. L’attrait pour le Mexique n’empêche pas de cultiver des rapports amicaux avec d’autres pays. Le tarnais, Philippe Folliot, est également inscrit dans les groupes France -Allemagne et France-Espagne.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

16 Oct

Haute-Garonne : démissions en série et exclusion chez Les Républicains

Le parti Les Républicains traverse des turbulences en Haute-Garonne. Des délégués de circonscriptions démissionnent. De son côté, la fédération départementale se prépare à exclure un délégué « historique ».

Jean-Luc Moudenc maire (LR) de Toulouse et Laurence Arribagé présidente de LR31. Photo : MaxPPP

Jean-Luc Moudenc maire (LR) de Toulouse et Laurence Arribagé présidente de LR31. Photo : MaxPPP

La série noire continue chez LR31. Six mois après le départ de l’une de ses figures, la droite toulousaine subit une nouvelle série de démissions. Après la démission du maire de Balma, Vincent Terrail-Novès, c’est au tour de cadres du parti de quitter le navire. La déléguée de la 9ème circonscription, Mathilde Iclanzan, vient d’adresser aux adhérents. Elle quitte ses fonctions. Dans les prochaines semaines, sur les 5ème et 1ère circonscription, deux autres démissions doivent suivre.

Dans le même temps, la fédération départementale, présidée par Laurence Arribagé, s’apprête à exclure un autre délégué. Une figure « historique » qui milite à droite depuis le RPR de Jacques Chirac. Cette « démission d’office » soulève une vague d’indignation dans les rangs des militants de la 2ème circonscription.

Laurence Arribagé précise :

Roger n’assurant plus sa mission depuis plus de 18 mois, 16 membres de son comité de circonscription (sur 20) nous ont contactés par courrier en nous demandant la nomination d’un chargé de mission pour assurer l’intérim jusqu’aux prochaines élections internes. En effet, depuis plus d’un an, Roger ne souhaitant plus s’occuper de la mission pour laquelle il a sollicité la confiance de ses adhérents, il ne participe plus aux réunions et ne souhaite plus nous rencontrer. Cette situation regrettable ne doit pas impacter la volonté de ses adhérents de rester actifs et mobilisés. Il n’y a donc aucune exclusion mais un constat simple d’un abandon de poste que nous regrettons forcément.

Le principale concerné, Roger Savoye, n’a pas le même vision faits et met ouvertement en cause Laurence Arribagé  :

La présidente  et la nouvelle secrétaire départementale ont systématiquement fait obstacle à mes actions…le candidat que nous avions préparé et avec lequel nous travaillions intensivement depuis 5 ans pour les législatives a été soudainement écarté au profit de la secrétaire départementale elle-même. J’ai reçu dans diverses réunions des signes de mépris quant à mon action et quant à mes positions. Je considère que, depuis leur arrivée, je n’avais plus les moyens d’assurer ma mission de délégué de circonscription. Mais j’ai tenu bon. J’étais membre du comité de soutien de François Fillon, et peut-être est-ce ce que je paie aujourd’hui. La présidente et la secrétaire départementale ont mis en place des pratiques très contestables en supprimant la concertation et la discussion, en empêchant aux délégués de circonscription de jouer leur rôle, en refusant de se remettre en question. De nombreux militants de la 2ème circonscription nous ont quitté. Même les délégués de circonscription s’en vont.

Samedi 15 octobre, le comité départemental de LR31 s’est réuni. Une soixantaine de participants sur plus de 200 membres.Ce chiffre résume la situation.

Le parti est démobilisé. Cadres et militants sont désorientés. Ce malaise est lié à la dernière séquence électorale. En juin 2017, les candidats de la droite sur les circonscriptions de la Haute-Garonne n’ont pas seulement été éliminés. Ils ont réalisé des scores inférieurs à 10%. La main tendue de Jean-Luc Moudenc envers Emmanuel Macron a également déboussolé les troupes.

Mais le contexte national et le comportement du maire (LR) de Toulouse n’expliquent pas tout. La direction départementale est ouvertement critiquée. Verrouillage et absence de remise en cause. La gestion du parti par Laurence Arribagé et sa secrétaire départementale, Christine Gennaro-Saint, est pointée du doigt. Dans ce tableau plutôt sombre, il existe toutefois un peu de lumière. Selon un cadre du parti, la 3ème circonscription, gérée par Johnny Dunal, fonctionne et ne connait pas de fuite des adhérents.

Une consolation relative. Un « incident » révèle la profondeur du mal-être. Une hypothèse a circulé dans les rangs du parti. Un élu de la fédération, Damien Laborde, rejoindrait le groupe municipal d’En Marche à Colomiers. Ce ralliement ne susciterait aucune réaction de la part de la direction départementale. Il n’y aurait pas de sanction et le « converti » pourrait conserver l’étiquette LR. Damien Laborde dément catégoriquement et rejette toute velléité de soutien au parti d’Emmanuel Macron. Mais l’existence et la persistance d’un « vrai-faux » départ de Damien Labord montre une chose : le trouble qui règne au sein de la droite toulousaine.

Laurence Arribagé réfute tout malaise interne et précise, s’agissant de Damien Laborde :

Damien Laborde est entré en contact avec notre Secrétaire départementale, Christine Gennaro-Saint, pour évoquer la possibilité de s’associer avec le groupe « En Marche » au sein du Conseil municipal de Colomiers. Damien s’interrogerait sur la compatibilité d’un tel choix avec son statut d’adhérent de notre Mouvement. Nous l’avons informé clairement et sans ambiguïté que s’il faisait un tel choix, nous lui demanderions de prendre ses responsabilités en quittant notre Mouvement. Il est parfaitement faux d’écrire que la Fédération n’aurait aucune réaction. Si Damien ne prenait pas ses responsabilités, la Fédération demanderait son exclusion du Mouvement.

En décembre prochain, Les Républicains doivent élire un nouveau président. Le scrutin est joué d’avance. L’élection de Laurent Wauquiez est plus que probable. A défaut de suspens, le vote interne présente un intérêt : compter les votants et donc évaluer le nombre d’adhérents. Cette comptabilité, hautement politique, sera valable au niveau national. Mais elle s’appliquera également à la fédération de la Haute-Garonne.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

 

« Pas de baisse de loyer suite à la baisse des APL » pour le président de Toulouse Habitat, Franck Biasotto

Adjoint au maire de Toulouse, Franck Biasotto, préside le plus important office HLM de la métropole toulousaine : 16 000 logements. L’élu toulousain revient sur les conséquences de la baisse des aides personnalisées au logement (APL). Il s’exprime notamment sur une déclaration d’Emmanuel Macron concernant les bailleurs sociaux et s’agissant d’une baisse des loyers liée à la baisse des APL.

Franck Biasotto, maire adjoint de Toulouse et président de Toulouse Habitat. Photo : FBiasotto

Franck Biasotto, maire adjoint de Toulouse et président de Toulouse Habitat. Photo : FBiasotto

Le Blog Politique. Le gouvernement baisse le montant des aides personnalisées au logement (APL). La mesure est effective depuis le 1er octobre. Votre réaction.

Franck Biasotto. C’est une mesure qui s’applique à tous les allocataires qu’ils soient locataires du parc social ou du parc privé… c’est le signal, certes un peu rapide, donné pour contenir le budget global des aides à la personne qui ne cesse de croître… Soit !

Emission spéciale « Un Logement pour Tous »


Dimanche en politique en Midi-Pyrénées

Le Blog Politique. Le gouvernement justifie cette mesure par un effet inflationniste sur les loyers. Vous êtes d’accord?

Franck Biasotto. Il semblerait qu’il y ait une confusion sur ce sujet. Pour le Logement social, la hausse des APL n’a aucune incidence sur la hausse des loyers puisque le montant des loyers du logement social est réglementé indépendamment et les organismes HLM n’ont donc aucune liberté à ce sujet. Donc pas d’effet inflationniste sur les loyers du coté du logement social. Pour le parc privé au contraire, l’APL étant distribuée sans contrepartie de modération des loyers, les propriétaires ont toute latitude pour ajuster à la hausse soit 4.98€ leur loyer résiduel. Ici donc, l’effet inflationniste peut jouer d’autant que sur les 18 Milliards d’€ du budget « aides à la personne », le parc privé en capte plus de 50%.Donc je pense qu’il faudrait éclairer le débat sur ce sujet qui est quelque peu tronqué. De ce fait, notre interrogation porte sur le fait que le budget « aides à la personne » de 18 M€ aurait pu être appréhendé dans sa globalité dans la continuité de la baisse des 5 € en créant notamment un statut du « logement privé abordable » pour le parc existant et à venir,  assorti d’incitation fiscale qui aurait pu avoir pour effet d’offrir rapidement des loyers moins chers tout en diminuant et contenant le budget.

La hausse de l’APL n’a aucune incidence sur la hausse des loyers dans le logement social

Le Blog Politique. Emmanuel Macron affirme que la baisse de l’APL sera compensée par une baisse des loyers dans le parc social. Allez vous baisser les loyers?

Franck Biasotto. Le président de la République a affirmé hier effectivement que la baisse de l’APL sera compensée par une baisse des loyers dans le parc social. Cette mesure a un impact très lourd sur l’ensemble des bailleurs sociaux. Pour l’exemple de Toulouse Métropole Habitat cela représente une baisse d’environ 10% de son chiffre d’affaires. Ce qui, de prime abord induit un très fort ralentissement de sa politique d’investissement,voire à un arrêt total en sachant que l’organisme investit 165 M€/an  avec les répercussions sur l’économie locale. Egalement, l’impact serait très lourd pour la politique de la ville notamment pour la poursuite du programme du renouveau urbain puisque 58% des logements de Toulouse Métropole Habitat sont dans les quartiers prioritaire . A noter aussi que Toulouse Métropole Habitat a un taux d’allocataires APL de 62% qui est supérieur à la moyenne nationale plus proche des 50%. Le président Macron a, hier soir,  nuancé ses propos en évoquant « les bailleurs riches » (en faisant référence aux 2.2 milliards de trésorerie disponible) qui devront aider ceux qui construisent, ont des quartiers difficiles et des locataires plus pauvres. Nous espérons avoir été entendus sur les particularités de nos territoires et que la redistribution évoquée sera à la hauteur du lourd impact de la baisse des loyers imposée.

Propos recueillis par Laurent Dubois (@laurentdub)

 

Conseil Régional : 114 309 euros HT pour une seule journée de réunion, l’opposition demande des comptes

La dernière Assemblée Plénière (AP) du Conseil Régional a coûté 114 309 euros HT pour une seule journée de réunion.

Carole Delga, présidente de la Région Occitanie lors d'une AP à Montpellier. Photo MaxPPP

Carole Delga, présidente de la Région Occitanie lors d’une AP à Montpellier. Photo MaxPPP

Vendredi 16 octobre, la commission permanente du Conseil Régional s’est réunie. La création de Maisons de la Région dans les départements était à l’ordre du jour. Mais un « vieux » dossier est également remonté à la surface. Celui de la tenue des AP à Montpellier. La dernière assemblée plénière a explosé les coûts avec une facture HT de 114 309 euros. Cette somme correspond à une seule journée de réunion.

En avril 2015, Carole Delga évaluait le coût (incluant location de la salle, sono, sécurité, restauration) à 60 000 euros. L’AP du 30 juin est largement au dessus de cette évaluation. Selon un membre de la commission permanente, la présidente de Région justifie l’explosion de la note par une simple contingence. La réunion a duré plus longtemps que prévu. En conséquence, le démontage  des installations a du être fait le lendemain et cela a entraîné une journée supplémentaire de location.

Ce n’est pas la première fois que le prix des « Plénières » est soulevé.

Il existe un bâtiment, propriété du Conseil Régional, qui pourrait héberger les AP. Il s’agit de l’Hôtel de Région toulousain. Mais cette formule est contraire à une promesse de campagne de Carole Delga. Avant son élection, la présidente de Région s’est engagée : les Plénières se tiendront à Montpellier.

Interrogée par l’opposition sur les 114 309 euros de la dernière AP, Carole Delga a rappelé ce principe. Le choix de Montpellier est un choix politique. Il est assumé et interdit tout retour en arrière. Carole Delga justifie également sa position par un argument « économique ». La location est moins chère que les travaux nécessaires pour héberger les conseilles régionaux à Toulouse. Carole Delga avance le chiffre de 2 à 3 millions d’euros.

L’opposition de droite a demandé les devis permettant de justifier ce chiffrage. La présidente de Région a refusé de communiquer les éventuelles pièces. Le tribunal administratif est saisi.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

13 Oct

L’ex-préfet de Midi-Pyrénées limogé par le gouvernement

Le préfet du Rhône a été démis de ses fonctions ce mercredi 11 octobre. Avant d’être muté à Lyon, Henri-Michel Comet a représenté l’Etat en Midi-Pyrénées.

Avant de devenir préfet de Région, Henri-Michel Comet a également été préfet du Tarn-et-Garonne.

L'ancien préfet, Pierre-Henri Comet (au centre) avec l'ancien président de Région, Martin Malvy, et l'ancien maire de Toulouse, Pierre Cohen. Photo : MaxPPP

Henri-Michel Comet (au centre) avec l’ancien président de Région, Martin Malvy, et l’ancien maire de Toulouse, Pierre Cohen. Photo : MaxPPP

Henri-Michel Comet est resté 7 mois en poste. Le double meurtre de la gare Saint-Charles et une enquête administrative accablante ont conduit à son remplacement. Le limogeage d’un préfet de Région n’a rien d’exceptionnel. En 2009, Nicolas Sarkozy a muté d’office le représentant de l’Etat à Calais suite à une visite présidentielle mouvementée. De son côté, François Hollande a poussé vers la sortie le préfet de police de Paris, Michel Gaudin. Un préfet considéré comme « sarkozyste ».

Il existe des précédents au limogeage d’Henri-Michel Comet. L’affaire Comet présente uniquement deux particularités. La nature des faits ayant conduit à la sanction : un meurtrier en situation irrégulière, arrêté la veille pour vol et laissé en liberté. Autre spécificité, la méthode. Un limogeage avec tambours et trompettes, annoncé face caméras par le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb.

Avant d’arriver à la préfecture de Lyon, en mars 2017, Henri Michel Comet, est passé par Nantes. Mais il est surtout resté 3 ans en Midi-Pyrénées, de mai 2011 à mai 2014.

Place Saint-Etienne, à Toulouse, Henri Michel Comet a géré une des suites de l’explosion d’AZF. Il a annulé le  transfert de l’aéroport de Toulouse-Blagnac. En matière de sécurité, Henri-Michel Comet a milité pour le classement en Zone de Sécurité Prioritaire (ZSP) de plusieurs quartiers toulousains. Dans le domaine économique, l’ancien préfet s’est particulièrement soucié des entreprises en difficultés.

Un proche de l’ancien président de Région, Martin Malvy, déclare :

Un grand commis de l’Etat, à l’aise avec ses dossiers. Moins avec les élus ruraux de type commingeois. Il s’est cogné dans le Tarn-et-Garonne à l’exercice difficile de la gestion de Jean-Michel Baylet. Henri-Michel Comet a réussi à prévenir ou dégonfler pas mal de contentieux.

L’ancien maire (PS) de Toulouse, Pierre Cohen, garde un excellent souvenir du passage du préfet Comet :

Très bon souvenir en tant que maire de Toulouse. Très bon haut-fonctionnaire et surtout très attentionné et compétent sur tous les dossiers que nous avons traité ensemble. Humainement un homme charmant et très agréable dans le cadre institutionnel.

Même tonalité positif pour la députée (PS) du Tarn-et-Garonne, Valérie Rabault :

Le préfet Comet a eu un impact très positif pour nous, dans le 82, à la fois en tant que préfet du 82 puis préfet de Région. Sans son implication personnelle le centre d’art de la cuisine de Négrepelisse n’aurait jamais vu le jour. Il a mobilisé les moyens budgétaires de l’Etat ce qui a divisé par 3 la facture pour le département. Je garde l’imagine d’un préfet visionnaire et amoureux de la culture ce qui est assez rare dans la préfectorale. Je pense que son passage dans le 82 fait qu’il a toujours gardé un œil vigilant pour le 82 quand il était préfet de région.

Actuel adjoint au maire de Jean-Luc Moudenc, en charge du logement, Franck Biasotto se souvient également d’un préfet « cordial et efficace ». Conseiller régional à l’époque, Gérard Onesta évoque des échanges courtois autour du dossier de l’eau en Midi-Pyrénées. Même si, comme le précise l’actuel président du Bureau de l’assemblée régionale, « le préfet ne voulait pas aborder la question des usages agricoles et que l’échange fort courtois à tourner court ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

Fusion des communes : l’Occitanie y va tranquille

L’Insee vient de rendre un aperçu de l’application de la loi du 16 mars 2015 relative à l’amélioration du régime de la commune nouvelle.  A l’échelle du pays, l’Occitanie n’a pas multiplié les fusions à outrance si l’on en croit le bulletin d’information statistique de la Direction Générale des Collectivités Locales.

Photo Alexandre Marchi (Max PPP)

Photo Alexandre Marchi (Max PPP)

Dans notre grande région, 119 communes se sont regroupées pour former 42 communes nouvelles. Elles représentent moins d’un dixième des communes nouvelles françaises. Pour ordre d’idée, le nombre total de communes de France métropolitaine et des DOM a diminué de 3% en deux ans, passant de 36685 à 35416.

Majoritairement des regroupements entre deux communes »

La dernière fois que notre pays avait connu une baisse similaire, c’était entre 1971 et 1975 sous l’impulsion de la loi « Marcellin ».  En Occitanie, la Lozère, le Lot et l’Aveyron regroupent près des trois quarts des fusions. A l’opposé, quatre départements ne sont absolument pas concernés par ce remodelage : Le Gers, Les Pyrénées Orientales, l’Hérault et le Gard. A l’échelle nationale, seuls 23 autres départements sont dans le même cas.

Comme dans l’ensemble du territoire, la majorité de ces fusions ne concerne que 2 communes, et le nombre de communes se regroupant n’excède jamais 6 dans notre région. Dans de rares cas, des fusions se produisent entre des communes rurales et des communes urbaines.

Patrick Noviello (@patnoviello)

RSS