13 Nov

L’ancien ministre (PS) Martin Malvy souhaite la réussite d’Emmanuel Macron…et s’explique auprès de ses camarades socialistes

L’ancien ministre (PS) et président de Région, Martin Malvy, déclare publiquement qu’il souhaite la réussite d’Emmanuel Macron. Il contacte ensuite la Fédération socialiste du Lot et dénonce un malentendu.

Martin Malvy, ancien président de Région et ex-ministre PS. Photo : MaxPPP

Martin Malvy, ancien président de Région et ex-ministre PS. Photo : MaxPPP

Ancien ministre, président de Région pendant 18 ans, conseiller général puis député du Lot, Martin Malvy est une figure du PS. C’est même LA personnalité socialiste de Midi-Pyrénées. Après un parcours politique exemplaire et son départ du conseil régional, Martin Malvy n’est pas simplement le président d’une importante communauté de Communes, Le Grand Figeac. C’est une véritable référence pour sa famille politique. Les paroles de Martin Malvy ont forcément du poids. Son interview sur le site d’un hebdomadaire local, La Vie Quercynoise, avait toutes les chances d’attirer l’attention. Mais, vu la teneur des propos, aucun doute, les oreilles vont se dresser.

Martin Malvy déclare :

Nous sommes à un moment de notre histoire politique qui est particulier et dont personnellement je souhaite qu’il réussisse. Parce que si Emmanuel Macron devait échouer, ce n’est pas seulement l’homme politique qui échouerait, c’est le pays tout entier qui échouerait, car aujourd’hui il ne resterait d’alternative que Mélenchon ou Le Pen. Je ne confonds pas les deux, mais je ne veux ni de l’un, ni de l’autre

Ces propos n’ont rien de provocateur. Un socialiste lotois, proche de Martin Malvy, précise : « Martin Malvy ne dit pas autre chose que Bernard Cazeneuve. Macron doit réussir parce qu’il n’y a pas d’autre solution« . Visiblement cette explication de texte n’est pas évidente. En tout cas, elle a échappé au principal intéressé c’est-à-dire à Martin Malvy. Selon nos informations, l’ancien président de Région a contacté la fédération socialiste du Lot pour démentir ou du moins revenir sur ses propos. L’ancien ministre socialiste aurait été mal compris. Ses propos sont mal retranscris. Dans une autre vie, Martin Malvy a été journaliste et il serait tombé sur un ex-confrère pas très professionnel.

Cette justification démontre une chose. Pour un socialiste « historique », il n’est pas simple de dire du bien d’Emmanuel Macron.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

10 Nov

Une élue d’Occitanie, l’ex-LR Jennifer Courtois-Périssé, à la direction d’En Marche ?

Une conseillère régionale d’Occitanie, Jennifer Courtois-Périssé, est sur une liste pour composer le 1er Bureau Exécutif du nouveau parti d’Emmanuel Macron. Particularité, elle vient de quitter le parti Les Républicains.

Jennifer Courtois-Périssé. Conseillère régionale d'Occitanie

Jennifer Courtois-Périssé. Conseillère régionale d’Occitanie

Le 18 novembre prochain, à Lyon, un vote à main levée va désigner le 1er Bureau Exécutif de La République En Marche (LaReM). Quatre listes sont en compétition et toutes n’ont pas les mêmes chances. Une jeune élue d’Occitanie est sur la liste « favorite ». La conseillère régionale, Jennifer Courtois-Périssé, est sur la liste qui doit, normalement, remporter le scrutin. C’est celle du futur délégué général du parti et actuel secrétaire d’Etat en charge des relations avec le Parlement, Christophe Castaner.

Une liste élue d’avance ?

Les élections internes peuvent toujours réserver des surprises. Mais LaReM est un parti créé par et pour Emmanuel Macron. Le chef de l’Etat a désigné Christophe Castaner. Le porte-parole du gouvernement est le seul candidat au poste de délégué général. Il est élu avant le vote. Mais Christophe Castaner « tire » également une liste pour le Bureau Exécutif et ses candidats sont bien partis pour être désignés. Ce scénario écrit d’avance fait grincer des dents en interne. Selon nos informations, des adhérents demandent un vote à bulletin secret. Ils ont bien compris que le vote à « mains levées » verrouille le scrutin car il est possible de savoir « qui vote pour qui ». Les éventuels dissidents doivent avancer à visage découvert et sont facilement identifiables. La crainte d’éventuelles « représailles » (sous forme, par exemple, de « black-listage ») peut retenir et contenir les « opposants » à la la liste Castaner. Une liste qui a d’ailleurs, sur le papier, 4 concurrentes. Malgré tout, la liste Castaner reste la mieux placée. La seule représentante d’Occitanie est bien partie pour décrocher le sésame.

Une ex-LR au Bureau Exécutif d’En Marche !

La liste Castaner repose sur des équilibres politiques. Elle inclut le président du groupe En Marche ! à l’Assemblée, Richard Ferrand. Mais elle intègre également le patron des sénateurs « macronistes », l’ex-socialiste François Patriat. Au-delà de la représentation des deux chambres, les origines politiques sont également prises en comptes. Des personnalités de droite et de gauche sont présentes. Les têtes d’affiches que sont Richard Ferrand et François Patriat sont issus du parti socialiste. Mais la droite n’est pas absente. C’est le cas de Jennifer Courtois-Périssé. La jeune élue locale a décroché des mandats locaux (conseil départemental, mairie de Rieumes, conseillère régionale) sous la bannière de la droite et du centre. Elle est la suppléante d’un sénateur qui a demandé à rejoindre le groupe LR au Sénat. Mais elle a démissionné des Les Républicains.

Jennifer Courtois-Périssé s’inscrit dans la mouvance de Gérald Darmanin. L’élue d’Occitanie est proche d’un ministre venant, lui aussi, des Les Républicains. C’est, d’ailleurs, cette proximité politique qui a permis à Jennifer Courtois-Périssé de gravir rapidement les échelons au sein de La République En Marche. Mais la conseillère régionale n’a pas souhaité rester dans son parti d’origine et faire jouer une « clause » des statuts d’En Marche : la double appartenance.

Laurent Dubois (@laurentdub)

26 Oct

13 députés d’Occitanie ont « oublié » de déclarer leurs assistants

En Occitanie, 13 députés n’ont pas déclaré leurs assistants parlementaires auprès de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP).

©Julien Mattia / Le Pictorium/MAXPPP - Julien Mattia / Le Pictorium - 12/07/2017 - France / Ile-de-France / Paris - Questions au gouvernement a l'assemblee Nationale. Julien Mattia / Le Pictorium - National Assembly: Questions to Government - 12/07/2017 - France / Ile-de-France (region) / Paris - Questions to the government at the National Assembly. (MaxPPP TagID: maxnewsworldfour326068.jpg) [Photo via MaxPPP]

Assemblée Nationale. Photo : MaxPPP

Les 49 députés d’Occitanie ont dû remplir une déclaration d’intérêts et d’activités. Le formulaire contient une rubrique « les collaborateurs parlementaires ». Depuis l’affaire Fillon et après le vote d’une loi interdisant les emplois familiaux, le job d’assistant est sorti d’un relatif anonymat. Avant la présidentielle de 2017, les « petites mains » de l’Assemblée n’étaient pas sous les projecteurs. Désormais, c’est un vrai sujet sensible. Dans ce contexte, on pouvait s’attendre à une certaine vigilance et à une véritable transparence. Mais plusieurs députés maintiennent une zone d’ombre. Ils ne mentionnent pas le nom et l’activité de leurs collaborateurs. Ces oublis volontaires touchent tous les partis et quasiment tous les territoires. Mais un département est particulièrement concerné : le Tarn.

Le Tarn, département le plus concerné

Les trois députés du département de Jaurès ne mentionnent pas le nom de leurs collaborateurs. Philippe Folliot, Jean Terlier, Marie-Christine Verdier-Jouclas appartiennent tous les 3 à la majorité présidentielle. Mais ce n’est pas le seul point commun. Les parlementaires du Tarn n’ont pas renseigné la case « nom » et « description des autres activités professionnelles exercées » de la rubrique « les collaborateurs parlementaires« . Cette absence d’information n’est pas synonyme d’une absence d’assistants à l’Assemblée. Ainsi, un parlementaire de la Haute-Garonne, Jean-François Portarieu, mentionne, dans sa propre déclaration, un assistant « partagé » avec le tarnais, Philippe Folliot. Il s’agit d’un collaborateur « basé » à Paris.

Dans un précédent article, Le Blog Politique a également évoqué le profil d’une assistante « locale » de Philippe Folliot : une suppléante qui est élue à la mairie d’Albi. Dans la même publication, le profil des assistants de Jean Terlier était mentionné : un couple d’enseignants. Bref, les assistants des députés tarnais existent bien…sauf dans les déclarations déposées auprès de la HATVP.

Des « oublis » dans tous les partis et quasiment tous les départements

Un département récolte la palme de l’exemplarité. Dans l’Aveyron, les trois députés (Anne Blanc, Stéphane Mazars, Arnaud Viala) ont non seulement mentionné mais également détaillé les noms et fonctions de leurs assistants. Même chose dans le Tarn-et-Garonne. En dehors de ces deux microclimats, tous les autres départements d’Occitanie sont concernés par des déclarations lacunaires. Tous les partis sont concernés. Même si La République En Marche est « bien » représentée : 9 députés sur les 13 « oublieux ». C’est paradoxal car le parti majoritaire est à l’origine d’un renforcement des règles sur la Transparence.

  • Ariège : Michel Larive (France Insoumise)
  • Aude : Danièle Hérin (La République En Marche), Alain Perea (La République En Marche), Mireille Robert (La République En Marche)
  • Gard : Annie Chapelier (La République En Marche)
  • Haute-Garonne : Elisabeth Toutut-Picard (La République En Marche), Jean-Luc Lagleize (Modem)
  • Gers : Jean-René Cazeneuve (La République En Marche)
  • Pyrénées-Orientales : Louis Aliot (Front National)
  • Hérault : Coralie Dubost (La République En Marche)

A côté de la catégorie des « mauvais élèves », on trouve une catégorie « intermédiaires ». Celle des députés ayant réduit la déclaration à sa simple expression

Des déclarations minimalistes

Un simple nom et pas de détail sur les fonctions exercées. Certains déclarants se contentent du strict minimum.

  • Haute-Garonne : Michaël Nogal (La République En Marche)
  • Haute-Garonne : Monique Iborra (La République En Marche)
  • Haute-Garonne : Sandrine Mörch (La République En Marche)
  • Tarn-et-Garonne : Sylvia Pinel (PRG)
  • Lozère : Pierre Morel-A-L’Huissier (UDI)
  • Pyrénées-Orientales : Sébastien Cazenove (La République En Marche)
  • Hérault : Philippe Huppé (La République En Marche)
  • Gers : Gisèle Biémouret (PS)
  • Gard : Olivier Gaillard (La République En Marche)

Tous les déclarants ne se contentent pas de remplir une case. Certains détaillent les activités professionnelles qu’exercent leurs assistants. Une activité parallèle à leur travail à l’Assemblée. Un député va plus loin et mentionne un lointain lien de parenté.

Les déclarations les plus complètes

Dans le Gard, Philippe Berta (La République En Marche) mentionne l’activité professionnelle de son assistant : professeur d’histoire. Même chose dans le Lot. La députée (LREM) Huguette Tiegna précise que sa collaboratrice est assistante de direction à mi temps et que son autre assistant est PDG d’une maison d’édition juridique. Toujours dans le secteur privé, la députée de l’Hérault Patricia Mirallès (La République En Marche) mentionne un assistant parisien inscrit au Barreau et avocat de profession. Le député héraultais, Christophe Euzet, indique employer comme assistant un chef d’entreprise. Dans le même département, ce sont un agent immobilier et un employé d’une société informatique qui sont déclarés par le député Nicolas Dumoulin.

Du côté du secteur public, on trouve plusieurs élus locaux qui exercent des fonctions d’assistant auprès d’un député :

  • Haute-Garonne : Joël Aviragnet (PS)
  • Hérault : Patricia Mirallès (La République En Marche)
  • Hérault : Emmanuel Ménard (Apparentée FN)
  • Pyrénées Orientales : Romain Grau (La République En Marche)

A noter que Romain Grau est le plus gros employeur d’élus locaux. Ses deux assistants sont maire-adjoint (Perpignan et Toulouges) et un des collaborateurs cumule un mandat municipal avec un mandat départemental.

La déclaration des assistants est née d’une volonté de transparence. Mais elle repose sur un principe : l’interdiction des emplois familiaux. Avant l’entrée en vigueur de cette disposition (en décembre prochain).Gilbert Collard continue à salarier sa femme. Mais deux parlementaires anticipent non seulement l’application de la nouvelle loi. Ils respectent scrupuleusement l’esprit de la nouvelle règle.

Le député (LR) de l’Aveyron, Arnaud Viala mentionne que l’un de ses assistants à un lointain lien de parenté avec lui : un cousin au…5ème degré. La députée (PS) du Tarn-et-Garonne, Valérie Rabault, mentionne dans sa déclaration que ses assistants n’ont avec elle aucun lien familial ou de parenté.

Enfin, dernière catégorie, la précision des fonctions. Le député (LR) Aurélien Pradié est incontestablement le « champion » en la matière. Le parlementaire lotois publie la fiche de poste de chacun de ses collaborateurs  : gestion de la permanence parlementaire en circonscription, gestion de l’agenda, accueil du public, administratif général, requêtes des citoyens, de projets des Collectivités et des dossiers d’actualité, communication, de l’information des citoyens, des actions participatives d’information sur la travail du député.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

23 Oct

A l’Assemblée , la députée (PS) du Tarn-et-Garonne, Valérie Rabault, épingle le « lobbying » d’un député En Marche !

Valérie Rabault a interpellé, en séance publique, un député auteur d’amendements favorables aux experts-comptables. Motif : le député en question préside la Fédération Nationale des…experts-comptables.

Valérie Rabault, Députée (PS) du Tarn-et-Garonne; Photo : MaxPPP

Valérie Rabault, Députée (PS) du Tarn-et-Garonne; Photo : MaxPPP

Jeudi 19 octobre 2017, les députés débattent du projet du loi de finances. Un amendement arrive en discussion. Il porte sur les Centres de Gestion Agréés et il vise à établir une nouvelle prérogative. Un contrôle des organismes sur leurs adhérents. En soi, l’amendement n°I-782 pose déjà question. Les services des impôts ont le monopole des contrôles fiscaux. Une délégation à des organismes privés est totalement contestable. Mais c’est surtout l’identité de l’auteur de l’amendement qui va déclencher un tir de barrage. Mohamed Laqhila est député des Bouches-du-Rhône. Mais, depuis 1991, il est surtout expert-comptable et président de la Fédération Nationale des experts-comptables et des commissaires aux comptes.

C’est, en tout cas, ce que précise la fiche Wikipédia du député En Marche. Le parcours professionnel de Mohamed Laqhila n’a pas échappé à Valérie Rabault. En pleine séance, la parlementaire socialiste a demandé à son collègue de la majorité d’éclaircir sa situation personnelle et professionnelle :

Monsieur Laqhila, je suis embêtée par les amendements que vous déposez. Je voudrais savoir si vous vous exprimez ici en tant que député ou en tant que président de la Fédération nationale des experts-comptables ! Nous avons tous eu un passé professionnel et cela est heureux, car je maintiens qu’il est souhaitable que les députés ne soient pas des apparatchiks, mais vous déposez des amendements qui ne portent que sur les OGA (ndlr : Organismes de Gestion Agrées) , et je voudrais savoir à quel titre vous le faites.

Dans les rangs d’En Marche ! le risque d’un mélange des genres est présent dans les esprits. Plusieurs parlementaires de la majorité rejoignent la préoccupation de la députée socialiste. D’ailleurs, selon nos informations, des députés soutiennent la démarche de Valérie Rabault et l’ont exprimé par Sms ou dans les couloirs de l’Assemblée . Les députés « macronistes » comptent dans leurs rangs de nombreux cadres d’entreprise ou des professions libérales. Le risque d’entrisme et de lobbying (plus ou moins avoué) est intégré par certains parlementaires de la majorité.


Valérie Rabault

A noter que l’amendement défendu par le « député-expert-comptable » a été rejeté.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

 

20 Oct

Comment le député En Marche ! Michaël Nogal a gonflé son CV

Un député En Marche de la Haute-Garonne se présente comme un ancien cadre dirigeant d’une multinationale. En réalité, Michaël  Nogal était un « simple » salarié du service de communication.

Michaël Nogal. Député de la Haute-Garonne. Photo MaxPPP/Isorel

Michaël Nogal. Député de la Haute-Garonne. Photo MaxPPP/Isorel

Sur le réseau professionnel Linkedln ou dans la presse, Michaël Nogal met en avant son statut d’ancien responsable des relations institutionnelles d’un grand groupe agroalimentaire. Selon nos informations, lors de sa candidature à l’investiture, l’actuel député de la Haute-Garonne a également insisté sur son parcours au sein de l’équipe dirigeante d’Orangina Suntory France. Face aux instances nationales du parti « macroniste », Michaël Nogal, a évoqué son activité dans un groupe présent sur les 4 continents et fort de 42 000 collaborateurs.

Sans titre

Un tel pedigree ne manque pas de poids. Un profil de « top manager » correspond à l’ADN de La République En Marche. La « culture d’entreprise » est ouvertement revendiquée et de nombreux Marcheurs sont issus de l’encadrement de grandes entreprises. Le fait de valoriser un CV de cadre dirigeant présente un autre avantage s’agissant du cas particulier de Michaël Nogal. L’actuel député de la Haute-Garonne est un des plus jeunes élus de la nouvelle Assemblée. Un pedigree prestigieux permet de « contrebalancer » un manque d’expérience et d’incarner un vieux proverbe : la valeur n’attend pas le nombre des années.

« Mini » salaire pour un poste de « direction »

Problème, la mise en scène n’est pas vraiment conforme à la réalité des faits. Michaël Nogal vient de déclarer ses revenus pour ses années Orangina Suntory France à la Haute Autorité Pour la Transparence de la Vie Publique  (HATVP).  Les sommes en question représentent,  pour les années 2015 et 2017, 3750 euros brut annuel. Michaël Nogal précise que ces sommes correspondent à deux mois de travail. L’ex salarié a travaillé 1 an et 4 mois pour la multinationale spécialisée dans les boissons. Les 2 fois 3750 euros sont les premiers et les derniers versements d’un contrat de travail qui débute en décembre 2015 et s’achève en janvier 2017.

Le plus important est le montant de la rémunération mensuelle : 2903 euros net.

C’est un bon salaire surtout pour un jeune salarié. Un jeune salarié qui, de surcroît, ne peut pas monnayer le diplôme d’une grande école de commerce ou de communication. Orangina Suntory France recrute parmi les diplômés d’HEC ou de Sciences Po, des anciens élèves de Sup de Co. Michaël Nogal a fait sa scolarité dans une établissement privé, l‘ISCOM.

L’ancien collaborateur d’Orangina a côtoyé les cénacles socialistes. Avant d’intégrer l’entreprise, Michaël Nogal a notamment été l’assistant parlementaire de l’ex numéro 2 du PS, Christophe Borgel. C’est d’ailleurs le parrainage avec cette figure socialiste, qui lui permet de décrocher un poste à l’exposition universelle de Milan et, « à titre dérogatoire et exceptionnel« , la médaille du Mérite Agricole.

Grace à ce parcours, Michaël Nogal peut « vendre » à Orangina un carnet d’adresse, des entrées dans le milieu politique, une expérience d’un peu plus d’un an dans une agence de communication et 6 mois dans les arcanes d’une exposition universelle.

Le parcours du jeune député est plutôt réussi. Un militant politique, qui ne passe pas par l’ascenseur d’une grande école  et qui finit par décrocher un contrat dans un grand groupe, c’est une vraie trajectoire. Mais, au regard des règles du marché du travail, ce profil ne permet pas de décrocher la lune :  intégrer, à 25 ans, le top management d’une multinationale.

Dans ces conditions, le salaire, proche des 3000 euros net, est plus que convenable. Selon un professionnel de la communication, le salaire pour un communiquant junior se situe dans une fourchette entre 1500 et 2200 euros. Mais, en revanche, elle ne cadre pas avec les déclarations de Michaël Nogal sur un poste de manager. Surtout dans un grand groupe international.

Selon le magazine Challenge, la rémunération brute annuelle d’un responsable de la communication dans une grande entreprise est de 133 600 euros. Le salaire mensuel moyen (en net) est de 11 333 euros.

Les revenus déclarés par le député de la Haute-Garonne sont très nettement inférieurs à ce seuil. L’ancien salarié d’Orangina a peut-être mal négocié son embauche et a cassé les prix du marché. Si c’est le cas, l’ancien « directeur » des relations institutionnelles (en charge selon ses dires du lobbying) a été le manager le moins bien rémunéré de France.

A moins que l’explication de cette « bizarrie » ne se trouve ailleurs.

Un « simple » poste de chargé de communication

Une source confirme les évidences inscrites dans les chiffres communiqués par Michaël Nogal à la HATVP. Le jeune député a été stagiaire au sein du groupe Orangina Suntory France. Mais cette même source indique que le stage a débouché sur un contrat de travail. Contrairement aux affirmations de Michaël Nogal, il ne s’agit pas de la direction des affaires institutionnelles et encore moins d’un travail de lobbyste. Et pour cause. Orangina Suntory France n’emploie pas de lobbystes. Le groupe recourt uniquement à des prestataires extérieurs réputés et expérimentés.

Michaël Nogal a vu rouge lorsque son passé de lobbyste a été rappelé dans la presse. Mais, en vérité, il n’a pas pu exercer une fonction qui n’existe pas dans l’organigramme du groupe dont il a été le salarié.

Sans titre

Avant de démissionner pour se consacrer à la politique, Michaël Nogal travaillait, selon nos informations, au sein d’un service composé de deux adjoints, un pour la presse et un autre s’agissant des relations institutionnelles. Il a été recruté dans un service dirigé par la directrice des Relations Extérieures et du Développement Durable, Héloïse Tarraud. Il a, d’ailleurs, laissé un bon souvenir de son passage dans l’entreprise et sa démission (sous forme de rupture conventionnelle) a surpris sa hiérarchie.

Selon nos informations, après son départ, Michaël Nogal a maintenu un contact avec son ex-employeur. La direction d’Orangina est plutôt satisfaite de compter dans son entourage un vice-président de la commission Economique. Cela peut toujours être utile. Mais, s’agissant de l’ancien poste occupé par le nouveau député aucun doute : un salarié, sans responsabilité managériale ni budget à gérer ou équipe a coaché.

Cette version des faits est conforme à la rémunération déclarée par le parlementaire : 45 000 euros annuel brut pour 2016. Cette rémunération correspond à un salaire mensuel net de 2888 euros. C’est un salaire supérieur à la rémunération d’un chargé de communication junior. Mais on est très largement en dessous d’un salaire pour un cadre dirigeant.

Michaël Nogal ne s’est pas inventé un diplôme. Il n’a pas menti sur son passage dans un grand groupe. Il a simplement « gonflé » son CV.

C’est un simple « pêché » d’orgueil. Mais il fait tâche lorsque l’on appartient à un parti qui vante le renouvellement des pratiques politiques. Comme l’immense majorité des députés de la nouvelle majorité, Michaël Nogal doit son élection à une étiquette Macron. Les électeurs n’ont pas été séduits par un parcours professionnel. Il était inutile d’en rajouter.

Toute cette affaire a, comme le dirait Emmanuel Macron, un côté « croquignolesque ».

Michaël Nogal est rattrapé par ses propres déclarations à la Haute Autorité.

Des déclarations publiques et consultables en ligne. Ca s’appelle un « effet boomerang ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

 

17 Oct

Haute-Garonne : l’armée mexicaine des députés En Marche !

Cinq députés de la Haute-Garonne sont membres du groupe d’amitié France-Mexique à l’Assemblée. Un groupe présidé par le toulousain, Jean-François Portarrieu.

Photo : MaxPPP/Isorel

Photo : MaxPPP/Isorel

La Haute-Garonne compte 10 députés. La moitié se retrouve dans le même groupe d’amitié, France Mexique. Ce n’est pas tout. Ce gros bataillon est  très majoritairement constitué d’une même famille politique : La République En Marche. Michaël Nogal, Corinne Vignon, Jean-Luc Lagleize (Modem), Sébastien Nadot, Jean-François Portarieu vont traverser l’océan Atlantique. Un autre député de la majorité présidentielle, le tarnais Philippe Folliot, fera également partie du voyage.

Les groupes d’amitiés parlementaires sont une tradition et une véritable institution. Une institution qui souffre d’une mauvaise image. Celle d’un « Club Med » financé par l’argent public.

Un ancien parlementaire relativise :

ça sert à faire voyager les parlementaires. C’est l’Assemblée ou le Sénat qui payent. Il y a un côté désagréable, on voyage aux frais de la Princesse. Mais, en même temps, cela permet de créer des liens. On est reçu par l’ambassadeur de France. On fait le tour des Alliances Françaises. On voit des ministres. Franchement, c’est utile. Il ne faut pas croire que l’on voyage tout le temps. Les déplacements, c’était un tous les 2 ou 3 ans dans le groupe auquel j’appartenais. En revanche, une fois par mois, il y avait une réunion et des rencontres.

Pour le groupe France-Mexique, les dossiers ne manquent pas. Le « pays ami » souffre d’une violence endémique et d’une véritable gangrène : le trafic de drogue. Les meurtres se comptent par milliers et des régions entières sont sous la coupe des Narcos. Mais, pour la députée Corinne Vignon, les questions de sécurité ne sont pas les seules :

Je pense que notre expérience du champ social peut permettre des échanges positifs auprès des autorités mexicaines afin de les inciter aux bonnes pratiques en matière de santé et de politique familiale. Je souhaite connaître les efforts fournis par le gouvernement mexicain en matière de politique environnementale.

Jean-Luc Lagleize insiste sur les enjeux géopolitiques :

On se polarise trop souvent sur l’Europe, les Etats-Unis et la Chine. Je souhaite que nous établissions des relations fortes également avec l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud.

L’amitié parlementaire n’est pas exclusive. L’attrait pour le Mexique n’empêche pas de cultiver des rapports amicaux avec d’autres pays. Le tarnais, Philippe Folliot, est également inscrit dans les groupes France -Allemagne et France-Espagne.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

16 Oct

Haute-Garonne : démissions en série et exclusion chez Les Républicains

Le parti Les Républicains traverse des turbulences en Haute-Garonne. Des délégués de circonscriptions démissionnent. De son côté, la fédération départementale se prépare à exclure un délégué « historique ».

Jean-Luc Moudenc maire (LR) de Toulouse et Laurence Arribagé présidente de LR31. Photo : MaxPPP

Jean-Luc Moudenc maire (LR) de Toulouse et Laurence Arribagé présidente de LR31. Photo : MaxPPP

La série noire continue chez LR31. Six mois après le départ de l’une de ses figures, la droite toulousaine subit une nouvelle série de démissions. Après la démission du maire de Balma, Vincent Terrail-Novès, c’est au tour de cadres du parti de quitter le navire. La déléguée de la 9ème circonscription, Mathilde Iclanzan, vient d’adresser aux adhérents. Elle quitte ses fonctions. Dans les prochaines semaines, sur les 5ème et 1ère circonscription, deux autres démissions doivent suivre.

Dans le même temps, la fédération départementale, présidée par Laurence Arribagé, s’apprête à exclure un autre délégué. Une figure « historique » qui milite à droite depuis le RPR de Jacques Chirac. Cette « démission d’office » soulève une vague d’indignation dans les rangs des militants de la 2ème circonscription.

Laurence Arribagé précise :

Roger n’assurant plus sa mission depuis plus de 18 mois, 16 membres de son comité de circonscription (sur 20) nous ont contactés par courrier en nous demandant la nomination d’un chargé de mission pour assurer l’intérim jusqu’aux prochaines élections internes. En effet, depuis plus d’un an, Roger ne souhaitant plus s’occuper de la mission pour laquelle il a sollicité la confiance de ses adhérents, il ne participe plus aux réunions et ne souhaite plus nous rencontrer. Cette situation regrettable ne doit pas impacter la volonté de ses adhérents de rester actifs et mobilisés. Il n’y a donc aucune exclusion mais un constat simple d’un abandon de poste que nous regrettons forcément.

Le principale concerné, Roger Savoye, n’a pas le même vision faits et met ouvertement en cause Laurence Arribagé  :

La présidente  et la nouvelle secrétaire départementale ont systématiquement fait obstacle à mes actions…le candidat que nous avions préparé et avec lequel nous travaillions intensivement depuis 5 ans pour les législatives a été soudainement écarté au profit de la secrétaire départementale elle-même. J’ai reçu dans diverses réunions des signes de mépris quant à mon action et quant à mes positions. Je considère que, depuis leur arrivée, je n’avais plus les moyens d’assurer ma mission de délégué de circonscription. Mais j’ai tenu bon. J’étais membre du comité de soutien de François Fillon, et peut-être est-ce ce que je paie aujourd’hui. La présidente et la secrétaire départementale ont mis en place des pratiques très contestables en supprimant la concertation et la discussion, en empêchant aux délégués de circonscription de jouer leur rôle, en refusant de se remettre en question. De nombreux militants de la 2ème circonscription nous ont quitté. Même les délégués de circonscription s’en vont.

Samedi 15 octobre, le comité départemental de LR31 s’est réuni. Une soixantaine de participants sur plus de 200 membres.Ce chiffre résume la situation.

Le parti est démobilisé. Cadres et militants sont désorientés. Ce malaise est lié à la dernière séquence électorale. En juin 2017, les candidats de la droite sur les circonscriptions de la Haute-Garonne n’ont pas seulement été éliminés. Ils ont réalisé des scores inférieurs à 10%. La main tendue de Jean-Luc Moudenc envers Emmanuel Macron a également déboussolé les troupes.

Mais le contexte national et le comportement du maire (LR) de Toulouse n’expliquent pas tout. La direction départementale est ouvertement critiquée. Verrouillage et absence de remise en cause. La gestion du parti par Laurence Arribagé et sa secrétaire départementale, Christine Gennaro-Saint, est pointée du doigt. Dans ce tableau plutôt sombre, il existe toutefois un peu de lumière. Selon un cadre du parti, la 3ème circonscription, gérée par Johnny Dunal, fonctionne et ne connait pas de fuite des adhérents.

Une consolation relative. Un « incident » révèle la profondeur du mal-être. Une hypothèse a circulé dans les rangs du parti. Un élu de la fédération, Damien Laborde, rejoindrait le groupe municipal d’En Marche à Colomiers. Ce ralliement ne susciterait aucune réaction de la part de la direction départementale. Il n’y aurait pas de sanction et le « converti » pourrait conserver l’étiquette LR. Damien Laborde dément catégoriquement et rejette toute velléité de soutien au parti d’Emmanuel Macron. Mais l’existence et la persistance d’un « vrai-faux » départ de Damien Labord montre une chose : le trouble qui règne au sein de la droite toulousaine.

Laurence Arribagé réfute tout malaise interne et précise, s’agissant de Damien Laborde :

Damien Laborde est entré en contact avec notre Secrétaire départementale, Christine Gennaro-Saint, pour évoquer la possibilité de s’associer avec le groupe « En Marche » au sein du Conseil municipal de Colomiers. Damien s’interrogerait sur la compatibilité d’un tel choix avec son statut d’adhérent de notre Mouvement. Nous l’avons informé clairement et sans ambiguïté que s’il faisait un tel choix, nous lui demanderions de prendre ses responsabilités en quittant notre Mouvement. Il est parfaitement faux d’écrire que la Fédération n’aurait aucune réaction. Si Damien ne prenait pas ses responsabilités, la Fédération demanderait son exclusion du Mouvement.

En décembre prochain, Les Républicains doivent élire un nouveau président. Le scrutin est joué d’avance. L’élection de Laurent Wauquiez est plus que probable. A défaut de suspens, le vote interne présente un intérêt : compter les votants et donc évaluer le nombre d’adhérents. Cette comptabilité, hautement politique, sera valable au niveau national. Mais elle s’appliquera également à la fédération de la Haute-Garonne.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

 

13 Oct

L’ex-préfet de Midi-Pyrénées limogé par le gouvernement

Le préfet du Rhône a été démis de ses fonctions ce mercredi 11 octobre. Avant d’être muté à Lyon, Henri-Michel Comet a représenté l’Etat en Midi-Pyrénées.

Avant de devenir préfet de Région, Henri-Michel Comet a également été préfet du Tarn-et-Garonne.

L'ancien préfet, Pierre-Henri Comet (au centre) avec l'ancien président de Région, Martin Malvy, et l'ancien maire de Toulouse, Pierre Cohen. Photo : MaxPPP

Henri-Michel Comet (au centre) avec l’ancien président de Région, Martin Malvy, et l’ancien maire de Toulouse, Pierre Cohen. Photo : MaxPPP

Henri-Michel Comet est resté 7 mois en poste. Le double meurtre de la gare Saint-Charles et une enquête administrative accablante ont conduit à son remplacement. Le limogeage d’un préfet de Région n’a rien d’exceptionnel. En 2009, Nicolas Sarkozy a muté d’office le représentant de l’Etat à Calais suite à une visite présidentielle mouvementée. De son côté, François Hollande a poussé vers la sortie le préfet de police de Paris, Michel Gaudin. Un préfet considéré comme « sarkozyste ».

Il existe des précédents au limogeage d’Henri-Michel Comet. L’affaire Comet présente uniquement deux particularités. La nature des faits ayant conduit à la sanction : un meurtrier en situation irrégulière, arrêté la veille pour vol et laissé en liberté. Autre spécificité, la méthode. Un limogeage avec tambours et trompettes, annoncé face caméras par le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb.

Avant d’arriver à la préfecture de Lyon, en mars 2017, Henri Michel Comet, est passé par Nantes. Mais il est surtout resté 3 ans en Midi-Pyrénées, de mai 2011 à mai 2014.

Place Saint-Etienne, à Toulouse, Henri Michel Comet a géré une des suites de l’explosion d’AZF. Il a annulé le  transfert de l’aéroport de Toulouse-Blagnac. En matière de sécurité, Henri-Michel Comet a milité pour le classement en Zone de Sécurité Prioritaire (ZSP) de plusieurs quartiers toulousains. Dans le domaine économique, l’ancien préfet s’est particulièrement soucié des entreprises en difficultés.

Un proche de l’ancien président de Région, Martin Malvy, déclare :

Un grand commis de l’Etat, à l’aise avec ses dossiers. Moins avec les élus ruraux de type commingeois. Il s’est cogné dans le Tarn-et-Garonne à l’exercice difficile de la gestion de Jean-Michel Baylet. Henri-Michel Comet a réussi à prévenir ou dégonfler pas mal de contentieux.

L’ancien maire (PS) de Toulouse, Pierre Cohen, garde un excellent souvenir du passage du préfet Comet :

Très bon souvenir en tant que maire de Toulouse. Très bon haut-fonctionnaire et surtout très attentionné et compétent sur tous les dossiers que nous avons traité ensemble. Humainement un homme charmant et très agréable dans le cadre institutionnel.

Même tonalité positif pour la députée (PS) du Tarn-et-Garonne, Valérie Rabault :

Le préfet Comet a eu un impact très positif pour nous, dans le 82, à la fois en tant que préfet du 82 puis préfet de Région. Sans son implication personnelle le centre d’art de la cuisine de Négrepelisse n’aurait jamais vu le jour. Il a mobilisé les moyens budgétaires de l’Etat ce qui a divisé par 3 la facture pour le département. Je garde l’imagine d’un préfet visionnaire et amoureux de la culture ce qui est assez rare dans la préfectorale. Je pense que son passage dans le 82 fait qu’il a toujours gardé un œil vigilant pour le 82 quand il était préfet de région.

Actuel adjoint au maire de Jean-Luc Moudenc, en charge du logement, Franck Biasotto se souvient également d’un préfet « cordial et efficace ». Conseiller régional à l’époque, Gérard Onesta évoque des échanges courtois autour du dossier de l’eau en Midi-Pyrénées. Même si, comme le précise l’actuel président du Bureau de l’assemblée régionale, « le préfet ne voulait pas aborder la question des usages agricoles et que l’échange fort courtois à tourner court ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

09 Oct

Jean-Luc Moudenc marche sur les plates-bandes du département de la Haute-Garonne

Toulouse Métropole a signé, en juillet dernier, un partenariat avec des communes gersoises. Jean-Luc Moudenc souhaite étendre le dispositif.

Jean-Luc Moudenc (Photo : MaxPPP)

Jean-Luc Moudenc (Photo : MaxPPP)

Samedi 7 octobre, l’association des maires de la Haute-Garonne a tenu son Assemblée Générale. La fiscalité et les annonces budgétaires du gouvernement se sont invitées à la tribune. Mais un autre sujet, moins brûlant mais hautement stratégique, a alimenté les discussions. Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, a évoqué une expérience pilote menée dans le Gers. Toulouse Métropole a signé le 10 juillet dernier un partenariat avec une structure intercommunale gersoise, le Pôle d’Équilibre Territorial et Rural (PETR) Pays Portes de Gascogne.

Cette structure regroupe notamment les communes de Gimont, L’Isle Jourdain, Samatan, Lectoure, Saint Clar.

La convention entre Toulouse Métropole et Portes de Gascogne est unique en France. Elle permet une collaboration sur l’agriculture raisonnée, la mobilité, la transition énergétique, l’action culturelle ou l’économie.

Jean-Luc Moudenc a ouvert les bras à d’autres partenariats. Les communes de la Haute-Garonne sont les bienvenues pour une initiative à la Gersoise. Cet appel remet en cause les « potentats » départementaux. En ouvrant les portes aux maires de la Haute-Garonne, Jean-Luc Moudenc « concurrence » le conseil départemental de la Haute-Garonne. Mais la quasi totalité des autres départements sont potentiellement concernés.

L’aire urbaine toulousaine s’étend dans le Tarn-et-Garonne, le Tarn, le Gers et l’Ariège. Des travailleurs toulousains vivent à Montauban, Saint Sulpice, Rabastens, Pamiers ou Saverdun. Des coopérations peuvent se justifier. Mais il existe une différence de taille entre la Haute-Garonne et ses voisins : Emmanuel Macron envisage de supprimer les départements qui cohabitent avec une métropole. Dans toute l’Occitanie, il en existe deux : l’Héraut et la Haute-Garonne.

Selon une source proche du gouvernement, il n’existe pas de calendrier. Mais le chantier reste d’actualité.

Dans ce contexte, le discours de Jean-Luc Moudenc prend une résonance particulière. Celle d’un démembrement anticipé.

Laurent Dubois (@laurentdub)

06 Oct

Les écologistes toulousains réclament le dossier financier de la LGV à Jean-Luc Moudenc

Les écologistes toulousains veulent avoir accès au plan de financement de la LGV. Un plan de financement présenté par la mairie de Toulouse et le conseil régional d’Occitanie auprès du ministère des Transports. Jean-Luc Moudenc refuse de communiquer le document réalisé par un cabinet d’experts internationaux.

Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse. Photo : MaxPPP

Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse. Photo : MaxPPP

Mardi 5 septembre, le maire de Toulouse et la présidente d’Occitanie ont rencontré la ministre des Transports, Elisabeth BorneJean-Luc Moudenc et Carole Delga ont mis sur la table un plan de financement innovant. Un plan qui, selon le maire de Toulouse, permet d’assurer « 77% du financement de l’annuité de l’emprunt ». Quelques détails se sont retrouvés dans la presse. Il s’agit de transposer le système du « Grand Paris ». Des ressources fiscales nouvelles sont également évoquées : taxes sur les bureaux et sur les produits énergétiques. Dans le modèle « francilien », il existe une taxe foncière sur la cession de terrains par les particuliers et les entreprises. Selon les services de l’Hôtel de Région, Carole Delga exclut de recourir à cette recette fiscale. Une source confirme. La taxe foncière ne fait pas partie des propositions soumises au ministère des transports. Cette même source précise, en revanche, que le principe d’une « éco-taxe » (prélevée sur le transport routier) a été défendu par le maire de Toulouse et la présidente de Région auprès de la ministre des Transports.

Contacté par France 3 Midi-Pyrénées, le conseil régional précise qu’il s’agit de ‘ »la création d’une taxe poids lourds en transit européen« .

Les « écologistes » ne veulent pas se satisfaire de ces quelques d’informations. Dans un courrier en date du 15 septembre, la présidente du groupe écologiste à Toulouse Métropole, Michèle Bleuse demande communication de l’expertise à l’origine du plan « innovant » défendu par la mairie de Toulouse :

Je vous demande de bien vouloir communiquer à l’ensemble des élus métropolitains et municipaux l’étude que vous avez présentée (ndlr à la ministre des transports), afin qu’il puisse juger de la pertinence et des implications du schéma proposé et d’organiser à brève échéance à l’occasion d’un Conseil de la Métropole.

Huit jours après le courrier de l’écologiste, le 22 septembre, Jean-Luc Moudenc oppose une fin de non recevoir :

Aucune décision n’engageant notre collectivité n’a été formulée et ll ne s’agit donc que d’une étude réalisée par le Cabinet International Ernst & Young, commanditée et financée par les régions Nouvelles Aquitaine et Occitanie et qui contribue à la réflexion du gouvernement.

La réflexion gouvernementale ne va, d’ailleurs, pas se limiter à une expertise internationale. Des Assises Nationales de la Mobilité sont lancées depuis septembre dernier. Elle vont se dérouler jusqu’en décembre prochain. Une loi d’orientation sera présentée au cours du 1er semestre 2018. Mais, selon une source proche du gouvernement, la LGV n’est pas au programme. La préfecture de Région Occitanie aurait même reçue une consigne : éviter que le sujet s’invite à la table des concertations.

Laurent Dubois (@laurentdub)