22 Juin

5 signes qui prouvent que Jean-Luc Moudenc est déjà candidat à la mairie de Toulouse (même s’il prétend le contraire)

Il le dit à l’envi depuis des mois : Jean-Luc Moudenc n’est pas (encore) candidat à sa succession au Capitole. A 9 mois des élections municipales, il est pourtant déjà candidat. Non déclaré, mais candidat. La preuve.

Copyright : @jlmoudenc / Twitter

On a fini par arrêter de lui poser la question. « Vous êtes candidat aux municipales de 2020 ? ». Roublard, ces derniers mois, Jean-Luc Moudenc n’a jamais répondu par oui ou par non à cette question pourtant simple.

Début 2019, sa réponse était encore sur le mode…

Si je dis que je suis candidat, je lance la campagne. Si je dis que je ne suis pas candidat, j’ouvre ma succession et donc je lance aussi la campagne »

Cette semaine, lors d’une conférence de presse-bilan de son action, il a eu cette phrase :

L’offre politique n’est pas stabilisée. On suppute que je serai candidat. Dans quelques mois, je ferai connaître ma position »

Puisque l’on « suppute », voyons donc sur quoi reposent ces « supputations ».

1) L’obsession du calendrier

Même si personne ne doute qu’il va briguer un nouveau mandat, le maire de Toulouse veut rester le maître des horloges. Et justement, cette obsession à vouloir ne pas se faire imposer un calendrier est aussi un signe de sa future candidature.

Avant l’heure, ce n’est pas l’heure. C’est d’ailleurs une attitude très répandue chez les sortants : rester maire jusqu’au bout, ne pas se laisser embringuer par les autres candidats dans une campagne longue et épuisante…

Le calendrier 2019 et le contexte politique national et local sont d’ailleurs plutôt favorable à Jean-Luc Moudenc : il n’a pas face à lui de candidat qui s’impose, contrairement à ce qu’il fut lui-même dès sa défaite en 2008 face à Pierre Cohen. En outre, ses relations avec La République en Marche au niveau national lui assure que le parti du Président Macron va lui épargner la présence d’une liste En Marche. Mais cette annonce étant repoussée, le temps joue en sa faveur.

2) Un agenda de candidat

Ces dernières semaines, l’agenda « officiel » du maire de Toulouse et président de la Métropole s’est considérablement alourdi. Pas un jour sans un passage à un vide-grenier, un repas des aînés, un tournoi de sport, une rencontre avec des associations, etc… Autant d’occasion de voir du monde, de serrer des mains, d’être vu et d’échanger avec les habitants.

Certes pendant les 5 premières années de son mandat, Jean-Luc Moudenc a retenu la leçon de ce que les électeurs avait reproché à son prédécesseur Pierre Cohen : un maire absent du terrain, trop occupé par des réunions au Capitole, pas assez visible. Jean-Luc Moudenc a donc régulièrement tenu le décompte de ses « visites de quartiers » et n’a pas manqué de faire savoir, par sa communication notamment sur les réseaux sociaux, qu’il n’était enfermé loin des préoccupations des Toulousains.

Mais ces derniers temps, son cabinet a augmenté sa présence sur le terrain. Au point de risquer le burn-out ? En mars 2018, lors d’un interview au sujet de l’emploi de fonctionnaire de de contrôleur de 1ère classe au contrôle général économique et financier, qu’il occupe toujours, il confiait avoir une grande capacité de travail, « 7 jours sur 7 ». L’intensification de sa campagne et ses activités diverses vont finir par ne plus rentrer dans un agenda plein à craquer.

Jean-Luc Moudenc nous avait indiqué vouloir se mettre en disponibilité de la fonction publique au moment où il entrerait en campagne. Le moment approche.

3) Après la pelle et la pioche, le geste inaugural

Dans la première partie de son mandat, comme pour toute alternance, Jean-Luc Moudenc a inauguré à tour de bras les projets lancés… par son prédécesseur ! Désormais, il oeuvre à couper les rubans là où pendant des mois voire des années les pelleteuses ont régné.

C’est le jeu. Les services métropolitains ont été priés, sous le contrôle du cabinet du maire-président, à établir des rétroplannings de livraison des travaux dans la ville qui s’achevaient tous avant la fin du premier trimestre 2020, date des futures élections municipales.

Le maire-candidat inaugure désormais à tour de bras et les engins de chantier quittent la ville. Les Ramblas des allées Jean Jaurès seront livrées fin 2019. L’équipe du maire veut que dans les derniers mois de campagne

4) L’heure du bilan et de la communication

Suffisamment tôt pour ne pas avoir à l’intégrer à des futurs comptes de campagne. Suffisamment tard pour que les électeurs s’en souviennent. Jean-Luc Moudenc est actuellement en mode bilan.

« 5 ans de progrès » c’est le thème autour duquel il décline, semaine après semaine, une série de conférences de presse où il tire le bilan de son action. C’est le jeu du sortant de mettre en avant son propre bilan à quelques mois des échéances municipales.

Mais Jean-Luc Moudenc met dans cet exercice un telle énergie qu’on ne peut pas douter que ce bilan sera aussi la plateforme sur laquelle reposera son projet pour 2020-2016.

L’intensification de sa communication, notamment sur les réseaux sociaux avec l’usage de plus en plus fréquent de la vidéo, est aussi un signe qui ne trompe pas. On n’est pas seulement visible dans la rue. Il faut aussi aller chercher les citoyens sur facebook par exemple.

Cette volonté de s’afficher partout peut aussi parfois se retourner contre lui. Sur les réseaux sociaux, il lui a été reproché de « récupérer » à son compte le titre du Stade Toulousain en Top 14. De même, sa venue sur scène lors de la soirée de clôture du festival Rio Loco lui a valu de copieux sifflets. Pas simple d’être à la fois le maire et… en campagne !

 

5) Tiens, un meeting de lancement de campagne (oups !), un slogan et un mouvement politique !

Le bras armé municipal de Jean-Luc Moudenc, son « parti » personnel, à côté des Républicains dont il est toujours membre, c’est « Toulouse Ensemble ». L’association, qui porte le même nom que le groupe politique majoritaire au Capitole et à la Métropole, n’a pas eu, ces dernières années, une activité très intense.

Mais elle ne s’est jamais vraiment endormie. La voilà qui reprend du service, à quelques mois des municipales. Ce samedi 22 juin, c’était la première grande réunion publique (buffet campagnard inclus), salle Jean Mermoz. Jean-Luc Moudenc et son équipe municipale l’ont scénarisé comme un meeting de lancement de la campagne de 2020. Sans lui donner ce nom.

Entre deux discours, une tartine de pâté et un verre de vin, l’occasion ce samedi de rebooster les militants et adhérents, de relancer la machine pour qu’elle ne s’arrête plus qu’en mars 2020.

Et lors de cette réunion publique, Jean-Luc Moudenc a aussi mis sur orbite un slogan et une mouvement politique « 100 % Toulousain » qui sera celui de sa campagne : « Pour Toulouse » qui se substitue, l’a-t-il annoncé, à Toulouse Métropole Ensemble.

Mais ne comptez (toujours) pas sur lui pour se déclarer. Dans son discours, il a commencé par fustiger les partis (de gauche et de la majorité nationale) qui s’agitent localement pour les municipales.

Toute cette agitation, je n’y participe pas. Je continue à bosser pour Toulouse (Jean-Luc Moudenc, 22 juin 2019)

Bonus : il sort un livre !

Jean-Luc Moudenc veut laisser dans l’histoire de Toulouse, une trace similaire à celle de Dominique Baudis. L’urbanisme, le métro… Les livres aussi ? Baudis était un auteur prolixe, féru d’histoire. Jean-Luc Moudenc publie fin juin « Promenades toulousaines au fil des quartiers » (Editions Privat).

Tout cela n’a aucun lien avec la campagne des municipales, non vraiment aucun, on vous dit !

FV (@fabvalery)

Municipales à Toulouse : Jean-Luc Lagleize n’exclut pas de mener une liste Modem

Une liste « Modem-Majorité Présidentielle » à l’affiche des Municipales à Toulouse. Jean-Luc Lagleize n’exclut pas l’hypothèse et annonce une décision dans les prochaines semaines.

Jean-Luc Lagleize, député (LREM) de la Haute-Garonne. Photo : MaxPPP

Les grandes manoeuvres s’accélèrent. A gauche, La France Insoumise, les écologistes et le socialiste Romain Cujives se sont rapprochés.

En revanche, du côté de la droite et du centre, ce n’est pas le rapprochement qui est d’actualité. C’est plutôt une « offre alternative » qui se dessine. Depuis quelques semaines, des informations « remontaient » au sujet des démarches entreprises par le député Modem, Jean-Luc Lagleize.

Contacté par France 3 Occitanie, le centriste confirme l’hypothèse d’une liste aux Municipales. « La question de la participation ou de la conduite d’une liste aux municipales sera abordée à partir de la rentrée » déclare le parlementaire. Jean-Luc Lagleize consacre principalement son temps à « la mission confiée par le Premier ministre, sur la lutte contre la spéculation foncière ».

la question de la participation ou de la conduite d’une liste aux municipales sera abordée à la rentrée

Le député de la Haute-Garonne « souhaite un bel à tous les toulousains, qui en ont bien besoin après un premier trimestre » et fixe donc rendez-vous en septembre.

L’officialisation d’une éventuelle liste « Modem-Majorité présidentielle » intervient alors que le maire (sortant) de Toulouse travaille à un accord avec La République En Marche.

Selon nos informations, Emmanuel Macron a personnellement donné son « feu vert » et les négociations sont ouvertes.

Elles portent, bien sur, sur la composition de la liste aux municipales. Mais des engagements pour les prochaines échéances électorales (sénatoriales ou législatives) sont également sur la table.

Plusieurs députés En Marche de la Haute-Garonne (notamment Jean-François Portarieu) sont toujours hostiles à un accord. Michaël Nogal a même rendu public sa candidature.

Jean-Luc Lagleize et le Modem pourront donc compter sur les « anti-Moudenc » d’En Marche en Haute-Garonne.

En revanche, l’éruption  d’une liste estampillée « majorité présidentielle » est suspendue à un éventuel accord « Moudenc-Macron ».

Si c’est signé, difficile d’imaginer que la liste Modem puisse voir le jour.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

 

 

21 Juin

Municipales à Toulouse : Romain Cujives reste socialiste mais rejoint le mouvement Archipel citoyen

Romain Cujives s’est retiré du processus d’investiture au PS. Mais le jeune élu toulousain ne quitte pas la scène des Municipales. Romain Cujives élargit son horizon politique. Il reste socialiste et il s’engage aux côtés d’un mouvement citoyen, réunissant la France Insoumise et Europe Ecologie. Interview.

Romain Cujives. Photo : R/Cujives

Le Blog Politique. Pourquoi rejoignez-vous Archipel Citoyen ?

Romain Cujives. Nous faisons le choix de nous inscrire dans la démarche d’Archipel citoyen parce qu’elle est la seule à pouvoir unir et les engagements citoyens, et les écologistes et les gauches. Cette initiative vise à répondre à l’impérieuse nécessiter de faire de la politique différemment. Archipel c’est un vent de fraîcheur sur la politique Toulousaine qui conjugue le sérieux et l’ambition. Je retrouve dans cette démarche les mêmes objectifs fondamentaux que ceux que l’association Toulouse Idées Neuves et moi-même défendons dans notre livre Un chemin Pour Toulouse à savoir de répondre aux trois grands enjeux de notre temps : le défi climatique, l’impératif démocratique et l’urgence sociale. Ensemble, on doit tout réinventer !

Faire de la politique autrement

Le Blog Politique. quel sera votre place dans ce mouvement ?

Romain Cujives. Il ne s’agit pas ici de reproduire les erreurs du passé. Notre inscription dans cette démarche est sans condition. Nous souhaitons la réussite de ce mouvement parce que nous croyons en ses vertus et ses aspects novateurs. Tous les membres de notre association et les 50 premiers signataires veulent participer à l’écriture d’un projet ambitieux pour Toulouse.

  Une démarche sans condition

Le Blog Politique. La France Insoumise et les Ecologistes sont également partie prenante d’Archipel Citoyen. Et vous restez socialiste même si votre parti va désigner, de son côté, une tête de liste ?

Romain Cujives. J’ai toujours défendu l’idée, au sein même du Parti socialiste, de rechercher le plus large rassemblement de la gauche possible, et de dépasser le seul cadre restreint des partis politiques traditionnels. Je continuerai à le faire au sein de ma famille politique, comme auparavant en appelant tous les socialistes qui se reconnaissent dans cet impératif à nous rejoindre.

   Un appel à tous les socialistes à rejoindre Archipel citoyen

Aujourd’hui Archipel Citoyen propose une méthode originale pour atteindre ce but. La présence en un même lieu et une même dynamique d’Europe Écologie Les Verts, de la France Insoumise et des citoyens qui ont fondé Archipel est une formidable nouvelle. Il s’agit aussi de fonder à Toulouse le laboratoire des forces qui ne supportent plus les conséquences humaines et écologiques de la mondialisation, l’incapacité de la politique à changer concrètement la vie, le fait que les citoyens soient sans cesse méprisés dans les processus décisionnels. C’est avec un enthousiasme débordant que nous allons commencer ce travail commun !

Propos recueillis par Laurent Dubois (@laurentdub)

Municipales à Toulouse : la France Insoumise rejoint le mouvement citoyen « Archipel citoyen »

Info France 3 Occitanie. La France Insoumise ne présentera pas de liste autonome aux Municipales à Toulouse. Le parti de Jean-Luc Mélenchon rejoint le mouvement citoyen « Archipel Citoyen ». Un mouvement auprès duquel Europe Ecologie s’est également engagé.

MaxPPP

Une assemblée générale a validé le principe ce 20 juin. La France Insoumise se lance dans les Municipales aux côté du mouvement Archipel citoyen. Cette décision, formalisée par le vote d’une motion, fait suite à 2 rencontres. Une délégation des Insoumis, dans laquelle se trouvait également l’écologiste Antoine Maurice, a entamé, depuis plusieurs semaines, un dialogue.

La France Insoumise « ne souhaite pas bricoler une liste entre quelques forces politiques mais favoriser au contraire des dynamiques qui fédèrent les forces citoyennes, sociales, citoyennes, écologiques qui partagent (ses) objectifs ». Pour les Insoumis toulousains, « Archipel citoyen » répond à cet objectif. « On ne fait plus de la politique comme avant, ni sur le fond, ni sur la forme. Il faut trouver une réponse aux urgences sociales et climatiques. C’est un moyen pour fédérer des luttes citoyennes qui existent sur Toulouse et qui n’ont pas encore trouvé de traduction politique » explique la France Insoumise.

Les écologistes font la même analyse. Ils ont également rejoint Archipel Citoyen. Ce 21 juin, l’ex candidat à l’investiture PS, Romain Cujives, a annoncé qu’il s’inscrit dans la même démarche. Selon nos informations, le parti de Benoît Hamon, Génération-s, pourrait suivre le mouvement. 


 
C’est donc une « unité des gauches » qui se dessine.

Contacté par France 3 Occitanie, Jean-Christophe Sellin soutient la stratégie de ses camarades Insoumis et répond : « banco ». Le conseiller régional va participer au processus « pour chasser Jean-Luc Moudenc et ce qu’il incarne à savoir les 3 P : Privatisations, Pollution et Passé ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

17 Juin

Municipales : Brigitte Barèges et Bernard Carayon refusent la main tendue de Marine Le Pen

Marine Le Pen propose une alliance aux élus Les Républicains pour les Municipales. Les deux principaux maires LR de notre région, Brigitte Barèges et Bernard Carayon, refusent la main tendue.

Brigitte Barèges, maire (LR) de Montauban (photo : AFP)

Après son succès aux Européennes, Marine Le Pen prépare activement les municipales. Ce dimanche, à l’issue du conseil national de son parti, la présidente du Rassemblement Nationale s’est dit «  prêt(e) à discuter avec »  les militants et les élus LR afin de  « mettre en oeuvre des plateformes d’action communes ». Marine Le Pen a enfoncé le clou en précisant  : « nous sommes prêts à le faire dès les élections municipales ».

Cette stratégie d’alliance  n’est pas complètement nouvelle. Elle a été expérimentée, en Occitanie, par le numéro du Rassemblement. Lors des précédents régionales, Louis Aliot a lancé des filets vers la droite.

A l’époque, l’actuel député (RN) des Pyrénées-Orientales a obtenu des soutiens. Mais, s’agissant des prochaines municipales, le Rassemblement National essuie un refus de la part de la maire de Montauban. Une ville située dans un département ou le vote « Le Pen » est traditionnellement élevé.

Contactée par France 3 Occitanie, la maire (sortante) de Montauban affirme : « c’est la même réponse que pour Macron et Philippe ». Avant la main tendue de Marine Le Pen, il y a eu un appel du pied du Premier ministre d’Emmanuel Macron. Brigitte Barèges a catégoriquement refusé toute possibilité de rapprochement.

La maire Les Républicains de Montauban réaffirme sa fidélité à LR et renvoie dos-à-dos En Marche et Rassemblement National.

Bernard Carayon est sur la même ligne. Le maire Carayon affirme qu’il n’est pas « à vendre » et déplore la « mise en place d’un totalitarisme soft ». Proche de Laurent Wauquiez, le maire tarnais estime que l’on assiste à un « polarisation » qui ferait de Marine Le Pen et d’Emmanuel Macron les deux seules options possibles.

Bernard Carayon refuse de s’inscrire dans ce schéma.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

Municipales : 3 élus d’Occitanie parmi les premières investitures d’En Marche

La République En Marche vient d’annoncer les premières investitures pour les Municipales. 3 élus d’Occitanie figurent dans la liste : 2 sortants dans le Tarn (Raphaël Bernardin) et en Haute-Garonne (Dominique Faure),1 « entrant » avec le député des Pyrénées-Orientales, Romain Grau.

Raphaël Bernardin, maire de Saint-Sulpice (81). Photo : MaxPPP/Boria

La République En Marche entre dans le dur s’agissant des Municipales. Le parti d’Emmanuel Macron a rendu public ses premières investitures pour les Municipales 2020. Une seconde « vague » doit intervenir dans une dizaine de jours, vers le 27 juin et une autre liste sera annoncée fin juillet. Les investitures marqueront ensuite une pause avant de reprendre en septembre.

En Marche voulait respecter une chronologie : d’abord les sortants puis les « nouvelles têtes ».

Ce timing est respecté s’agissant de l’Occitanie. Des maires sortants et portant déjà l’étiquette En Marche ont été investis. Il s’agit du maire de Saint-Sulpice (81) Raphaël Bernardin et de la maire de Saint-Orens (31), Dominique Faure. Mais un « primo-candidat » est également investi. Le député des Pyrénées-Orientales, Romain Grau, va porter les couleurs d’En Marche pour les municipales à Perpignan.

L’ex socialiste affrontera le candidat du Rassemblement National (donné favori dans les sondages), Louis Aliot.

Laurent Dubois (@laurentdub)

07 Juin

Municipales à Toulouse -Crise au PS : l’ex 1er Fédéral de la Haute-Garonne, Bertrand Auban n’a « jamais connu une telle situation »

Les municipales à Toulouse secouent le PS. Bertrand Auban a été à la tête de la Fédération de la Haute-Garonne entre 1992 et 1997. L’ancien sénateur, proche de Lionel Jospin puis de François Hollande, a passé 4 décennies dans les rangs du parti à la Rose. Il revient sur la crise qui secoue sa famille politique.

Bertrand Auban (à gauche) aux côtés de François Hollande et l’ex Premier ministre Jean-Marc Ayrault

Le Blog Politique. Les investitures pour les Municipales à Toulouse suscitent de vives tensions au sein du PS de la Haute-Garonne. Avez-vous connu des crises similaires ? 

Bertrand Auban. Après plus de 40 ans au parti socialiste, je n’ai jamais vu une telle situation pour une investiture. Le parti socialiste a vécu de grands moments . 1981 avec l’élection de François Mitterrand. 1988 avec le second mandat du 1er président socialiste de la Ve République. En 1997 avec la victoire de Lionel Jospin ou encore en 2012 avec l’arrivée de François Hollande à l’Elysée. Mais le parti a également traversé des périodes sombres. Et à chaque fois le PS a toujours su rebondir grâce au respect des militants, de leurs choix, de leurs votes internes. Tout cela en accord et dans le respect des statuts. Le respect des statuts est une « règle d’or ». Il est parfois apparu des tensions dans des fédérations. Mais le respect des statuts a donné au parti socialiste une force et un socle militant extraordinaires.

Je n’ai jamais vu une telle situation pour une investiture

Le Blog Politique. La Fédération est accusée, par un des candidats aux Municipales, Romain Cujives, de ne pas respecter les statuts. Votre point de vue ? 

Bertrand Auban.  En 2012, déjà sous le mandat à la Fédération de Sébastien Vincini, un véritable hold-up a été commis sur la 9ème circonscription de la Haute-Garonne. Le secrétaire national des élections, Christophe Borgel, a récupéré une circonscription qu’il avait lui même réservée à une femme. Christophe Borgel s’est auto-proclamé candidat avec la complicité coupable du 1er secrétaire fédéral Sébastien Vincini. Au PS de la Haute-Garonne, on a donc déjà des arrangements avec les statuts. Aujourd’hui, pour les municipales à Toulouse, on atteint des sommets avec l’autorisation du 1er secrétaire national, Olivier Faure. Avec ce nouvel épisode, Sébastien Vincini restera définitivement, dans la mémoire des socialistes, comme celui qui a « bidouillé » les statuts.

Sébastien Vincini restera comme celui qui a « bidouillé » les statuts

Le Blog Politique. En dénonçant le comportement du 1er Fédéral, vous soutenez en fait Romain Cujives ?

Bertrand Auban. Absolument pas. Je connais les candidats mais je ne prends aucun parti, pour aucun d’entre eux. Même si, pour la plupart, j’ai une réelle sympathie. D’ailleurs aujourd’hui je ne suis plus au PS depuis quelques mois et je n’appartiens plus à la moindre organisation ou mouvement politique. Je dis simplement que le parti socialiste est en très très grande difficulté et son image est sévèrement écornée. Dans ce contexte, ce qui passe pour les municipales à Toulouse est non seulement pathétique mais surtout désastreux. Je pense que le mail est fait et ça se payera très cher auprès des militants et des toulousains. Peut-être pas demain ou après-demain mais un jour c’est certain.

ça se payera très cher auprès des militants et des toulousains

Le Blog Politique. La Fédération ne veut pas simplement changer les règles d’investitures. Elle innove en invoquant un statut de « chef de file » et pas uniquement de « tête de liste », comme cela existe habituellement pour les élections locales. Que pensez-vous de cette idée ?

Bertrand Auban. Le « chef de file » sera élu pour la mairie de Toulouse par un collège électoral de la Métropole, sans réciprocité. Les militants toulousains ne vont pas désigner le candidat à la mairie de Colomiers ou de Saint-Jeau ou Ramonville. C’est un arrangement, une entorse et tout simplement un bidouillage. Le but n’est pas d’associé les militants à la désignation du ou de la candidate socialiste. Tout cela n’a aucune réalité statutaire C’est juste un moyen pour verrouiller le vote et assurer la désignation du candidat ou de la candidate (NDLR : Nadia Pellefigue) choisie dans les bureaux de la Fédération. Franchement, c’est nul, archi-nul. Mais, dans le fond, le but de cette manœuvre n’a-t-elle pas tout simplement pour but de préparer le prochain congrès et non de conquérir Toulouse.  C’est un manque total de respect pour les militants. Encore une fois, je ne cherche pas à défendre un candidat ou une candidature. Mais, sincèrement, comment peut-on tomber aussi bas ?

Propos recueillis par Laurent Dubois (@laurentdub)

06 Juin

Départ de Valérie Pécresse des Républicains : le référent de son mouvement en Haute-Garonne réagit

C’était il y a tout juste un an, le mouvement « Libre » de Valérie Pécresse tenait son premier séminaire de travail et Pierre Esplugas-Labatut y était désigné référent territorial pour la Haute-Garonne. L’échec de LR à la Présidentielle était encore dans toutes les têtes. Mais qui pouvait imaginer la crise qu’allait vivre le parti aujourd’hui ?

Pierre Esplugas-Labatut et Valérie Pécresse lors du premier séminaire de travail de « Libre » en juin dernier à Orléans (Photo DR)

Pierre Esplugas-Labatut ne s’en cache pas, il ne s’attendait pas au départ de Valérie Pécresse. Il n’est pas pour autant pris de cours quand on lui demande s’il va quitter Les Républicains à son tour : « La différence entre elle et moi, c’est qu’elle est sur une trajectoire nationale, moi je suis pleinement engagé sur les Municipales à venir et ne compte pas déstructurer d’avantage Les Républicains, notamment en Haute-Garonne ».

A Paris, c’étaient les conservateurs qui avaient pris le pouvoir »

« J’ai acquis la conviction que la refondation de la droite ne pourra se faire à l’intérieur et qu’elle doit se faire à l’extérieur du parti » a expliqué Valérie Pécresse ce mercredi soir au 20H de France 2. Mais alors que ce soit dans le parti actuel ou en en créant un autre que peut-il advenir d’un courant de droite modérée que veut incarner la présidente de la Région Île de France et auquel adhère Pierre Esplugas-Labatut ?

« Ce courant de droite modérée il était déjà incarné dans ma fédération locale. C’est un élément de plus pour que je ne parte pas. Mais à Paris, dans la structure nationale c’étaient des conservateurs qui avaient pris le pouvoir » analyse le porte-parole de LR 31.

Je sentais que ça allait craquer »

Un courant conservateur à qui il attribue l’échec des Européennes et une crise qu’il avait vu venir. « Oui, je sentais que ça allait craquer car les résultats aux élections sont têtus et ce résultat marque l’échec du courant conservateur». Espère-t-il pour autant un futur président tendance droite modérée ?

« Peu importe. Les prochains patrons ce seront ceux qui porteront la droite dans les futures élections locales, municipales, départementales, régionales » affirme sans détour celui qui est aussi adjoint au maire de Toulouse. « Il faut d’abord un réseau d’élus locaux pour incarner la droite sinon là le parti peut vraiment mourir ». Et le porte-parole de LR en Haute-Garonne de se dire prêt à parier que les résultats des Municipales ne seront pas ceux des Européennes.

Pierre Esplugas-Labatut ainsi que Brigitte Barèges, Aurélien Pradié et Arnaud Viala seront les invités de « Dimanche en Politique » cette semaine. « Quel avenir pour Les Républicains ? » c’est dimanche à 11h25 sur France3 Midi-Pyrénées

Patrick Noviello (@patnoviello)

L’ex numéro 3 du PS, Christophe Borgel, veut intégrer « l’aile gauche » de Macron et essuie un refus de…l’Elysée

L’ancien député (PS) de la Haute-Garonne, Christophe Borgel, était candidat pour intégrer un nouveau mouvement, incarnant l’aile gauche du Macronisme. L’ex numéro du PS a essuyé un refus de l’Elysée.

Christophe Borgel, Député de Haute-Garonne et numéro 3 du PS

Emmanuel Macron veut renforcer sa « jambe » gauche. Le « rééquilibrage » prend la forme d’un nouveau mouvement. L’ancien numéro 3 du PS, Christophe Borgel est prêt à participer à l’opération. Une opération menée par le ministre des Affaires Etrangères, Jean-Yves Le Drian, et des ex-députés socialistes dont Christophe Caresche.

Selon nos informations, Christophe Borgel a essuyé un refus de la part…d’Emmanuel Macron. Le chef de l’Etat a donné son « feu vert » pour la création d’une « aile gauche ». Mais c’est un « carton rouge » et mise hors jeu pour l’ex patron des élections au PS.

Christophe Borgel a quitté la vie politique. Mais, selon une source, l’ancien 3 du parti socialiste « grenouille intensément ». Christophe Borgel a été vu à France Urbaine, l’association des grandes villes de France. Il continue à fréquenter l’Assemblée Nationale.  Christophe Borgel participe à des petits déjeuners, parfois aux côté d’ex socialistes devenus députés En Marche. Il y a quelques mois, l’ancien député socialiste a également participé à une réunion organisée autour du ministre de l’Intérieur de l’époque, Gérard Collomb.

Mais, s’agissant d’un vrai retour, ça ne passera pas par un satellite d’En Marche.

Laurent Dubois (@laurentdub)

05 Juin

[Fact-Cheking] Municipales à Toulouse : le PS a-t-il violé ses statuts internes ?

Le parti socialiste de la Haute-Garonne modifie ses règles d’investitures pour les municipales à Toulouse. Le vote n’est plus réservé aux militants de la Ville Rose. Il est étendu aux sections de la Métropole. Cette nouvelle procédure est-elle conforme aux statuts du parti socialiste ? Réponse par le « règlement intérieur du PS ».

Sébastien Vincini, 1er fédéral du PS31

Ce mardi 4 juin, le conseil fédéral du PS 31 a validé un nouveau mode d’investiture pour les Municipales. L’enjeu est hautement stratégique. La « physionomie » du corps électoral conditionne le résultat du vote. Les sections toulousaines sont « travaillées » par le benjamin des candidats, Romain Cujives. Les militants de Colomiers sont les plus nombreux en dehors de leurs camarades de la ville Rose.  Et, surtout, la section est entre les mains de la mairie. Une mairie proche de Carole Delga et donc a priori favorable à la candidate de la présidente de Région, Nadia Pellefigue.

Or, le conseil fédéral a justement décidé que, pour la première fois, le vote ne sera pas uniquement toulousain. Les sections des communes de la Métropole (dont Colomiers) vont également participer à la consultation. Romain Cujives, dénonce une violation des statuts du parti.

Selon nos informations, lors du conseil fédéral, plusieurs personnalités socialistes ont minimisé l’importance des statuts. Selon plusieurs sources, la présidente du conseil régional, Carole Delga, n’aurait pas fait du respect des règles statutaires un enjeu essentiel. La maire de Colomiers, Karine Traval-Michelet, serait sur la même ligne : la politique et le contexte du moment priment sur les textes.

Néanmoins, les statuts existent. De plus, des militants n’excluent pas de saisir la justice ou les instances internes du PS pour les faire respecter.

Que disent-ils ? Pour le savoir, il faut se référer au titre 5. Un titre intitulé « Elections politiques et désignation des candidats ».

Aucune référence à la Métropole

L’article 5.1.3 est dédié à la désignation des candidats pour les Municipales ou la présidence de groupements de communes. Première remarque : l’expression « Métropole » n’existe pas. Les métropoles ont été crées par la loi du 16 décembre 2010. Les statuts du PS ont été modifiées en 2015, au Congrès de Poitiers. Les socialistes pouvaient faire référence à cette importante structure de coopération intercommunale. En parlant d’un vote « métropolitain », Sébastien Vincini ne peut pas s’appuyer sur la lettre du règlement intérieur. C’est évident.

Au mieux, le 1er Fédéral peut invoquer l’esprit des statuts du PS. La référence explicite à la présidence des groupements de commune peut être synonyme de Métropole puisque, juridiquement, une Métropole est un établissement de coopération intercommunale. Seul un juge ou la commission des conflits peuvent « valider » cette interprétation. Mais c’est « plaidable ». Même si le terrain est fragile puisque le règlement intérieur se contente, s’agissant du vote, d’une élection « métropolitaine ».

Aucune référence à un vote métropolitain

Le règlement intérieur du PS renvoie uniquement aux élections municipales :

L’ensemble des adhérents du parti dans une commune au sens de l’article 5.1.3 du règlement intérieur national procède à la désignation du premier des socialistes dans le cadre des élections municipales

Il n’existe aucune référence aux élections métropolitaines et pour cause. Il n’existe aucun scrutin de ce type en France. En 2020, les électeurs vont pouvoir voter pour les conseillers métropolitains. Mais, pour le moment, c’est une simple perspective. Le PS de la Haute-Garonne va donc anticiper une échéance électorale qui n’existera pas avant deux ans minimum.

C’est une vraie anticipation. Il n’est pas évident que d’autres fédérations emboîtent le pas. Mais cette audace pose un problème juridique. Les statuts du PS définissent le vote des militants exclusivement au travers des communes et des élections municipales.

Encore une fois, seule un juge ou la commission des conflits du PS pourraient lever le doute. Mais il existe une vraie question et une sérieuse difficulté.

Pour les militants, toutes ses subtilités juridico-statutaires risquent de se réduire à une impression. Une impression résumée par un cadre du parti : « un bidouillage et du bricolage ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

 

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