28 Mai

Municipales à Toulouse : Europe-Ecologie met (ouvertement) en garde le PS

Le PS et Europe-Ecologie ont 6 jours pour trouver un accord et faire liste commune. L’écologiste, David Cormand, met en garde les socialistes toulousains contre leur penchants « hégémoniques ».

David Cormand. Député européen. AFP Photo/ T. Samson

Ancien secrétaire national d’Europe Ecologie et député européen, David Cormand, s’est engagé dans les municipales. Pendant la campagne, il est venu à Toulouse soutenir l’écologiste, Antoine Maurice.

L’euro-député garde un oeil sur la ville Rose. Il suit les négociations entre son candidat et la représentante du parti socialiste, Nadia Pellefigue. Et, c’est très clair. David Cormand n’apprécie pas la tournure des événements.

Nadia Pellefigue (18,53% des voix au 1er tour) pose une condition pour fusionner avec la liste menée par Antoine Maurice (27,57% des suffrages exprimés le 15 mars dernier) : la présidence de Toulouse Métropole.

David Cormand estime que le parti socialiste renoue « avec les bonnes vieilles pratiques hégémoniques« . L’institution métropolitaine concentre les budgets et les compétences stratégiques : développement économique, aménagement du territoire, transports. Autrement dit, Nadia Pellefigue, malgré un score inférieur à celui d’Antoine Maurice, demande la plus grosse part du gâteau.

Pour David Cormand, ce n’est pas acceptable et il l’a fait savoir sur son compte Twitter.

Contacté par France 3 Occitanie, le 1er Fédéral du PS de la Haute-Garonne, Sébastien Vincini, ne souhaite pas réagir.

Dans l’entourage d’Antoine Maurice, le recadrage d’une figure nationale d’Europe-Ecologie est, évidemment, apprécié.

Une inconséquence des socialistes se paiera au centuple

« David est un fin connaisseur des rapports de force. Il fait passer un message : la mémoire des écologistes sera longue et une inconséquence des socialistes à cette élection (ndlr : les municipales à Toulouse) se paiera au centuple dans quelques mois » déclare un proche du candidat écologiste.

L’allusion est explicite. Les élections départementales et régionales doivent se tenir en mars 2020. L’absence d’accord aux municipales à Toulouse pourrait impacter les futures scrutins.

En attendant, une échéance est prévue dans moins d’une semaine. Ce 2 juin, les listes, pour le second tour, doivent être déposées en préfecture. Il reste peu de temps aux deux listes de gauche pour s’unir face au maire sortant, Jean-Luc Moudenc.

Un maire sortant qui a terminé le 1er tour en tête avec 36,66% des voix.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

27 Mai

Municipales : vote électronique ou par correspondance, procurations simplifiées, solutions à l’abstention ?

Dans à peine plus d’un mois, les citoyens de 474 communes de notre région seront appelés aux urnes. En période de déconfinement et alors que le coronavirus rôde encore, nombreux sont ceux qui redoutent une abstention record. Mais les votes par internet, par correspondance, ou la simplification des procurations sont-ils pour autant la solution pour redynamiser la vie démocratique ?

Premier tour des élections Municipales à Toulouse, le 15 mars dernier. Photo MaxPPP Michel Viala.

Face à la crise sanitaire « le vote par correspondance est la solution » affirme Laurent Hénard, le maire de Nancy dans une tribune publiée dans le Journal Du Dimanche. Mais pour la première concernée, La Poste, « ce n’est pas un sujet à ce jour ». « Nous nous adapterons à d’éventuelles sollicitations » précise toutefois la direction régionale. « Le vote par correspondance a été abandonné en 1975 pour lutter contre la fraude. Il n’y a pas de base légale pour le réinstaurer ». L’analyse sans appel est signée d’un spécialiste du droit électoral de l’Université Toulouse 1 Capitole.

Des risques de cyber-attaques

Mais Pierre Esplugas de préciser : « le vote électronique a toutefois été utilisé récemment pour les français de l’étranger».  Seulement l’expérience s’est arrêtée en 2017 face à des risques de cyber-attaque. « On ne maîtrise pas encore totalement la technologie et il y a bel et bien des menaces » reconnaît celui qui est aussi porte-parole Les Républicains en Haute-Garonne.

Pour sa collègue Sylvie Laval chercheuse à l’IDETCOM (1), laboratoire adossé à l’UT1,« on a là une boîte noire dont il est compliqué de savoir ce qui va en être fait ». Autrement dit un rassemblement de données sur « qui vote pour qui » ne pourrait que contribuer à renforcer la défiance du citoyen. « On a déjà vécu un certain nombre de scandales comme Cambridge analytica » rappelle la maître de conférence en sciences de l’information et de la communication.

On ne va pas voter comme on achète un livre ou un CD »

Pour elle, il faut voir cette problématique dans sa dimension globale. « En pleine crise du politique, le cheval de bataille d’Emmanuel Macron a été : il faut numériser la démocratie en instituant le vote électronique ». « Seulement on ne va pas voter comme on achète un livre ou un CD, s’agace Pascal Nakache. Ce côté dématérialisation de tout amènerait selon moi à appliquer le consumérisme à la République ».

« Le vote électronique ou par correspondance m’inspirent spontanément de la suspicion » reconnaît sans détour l’avocat qui est aussi candidat sur la liste Archipel Citoyen à Toulouse. « J’imagine tout de suite des maisons de retraite qui vont voter par wagons entiers » plaisante-il en riant jaune. « Et puis il y a aussi un côté charnel au vote. On se déplace. On va dans l’isoloir… » poursuit le président de la section toulousaine de la Ligue des Droits de l’Homme.

L’avantage du système actuel c’est sa simplicité et sa transparence »

« L’avantage du système actuel c’est sa simplicité et sa transparence » explique Sylvie Laval. « On vote et on dépouille à la vue de tous ». La chercheuse reconnaît toutefois la dimension « impressionnante » du protocole actuel. « Est-ce que certains ne vont pas voter à cause de ça ? Je le crois. Ça peut décourager » n’hésite-t-elle pas à affirmer. Parmi ces réticents : les jeunes. « Je dépouille régulièrement et je ne vois personne de moins de trente ans à mes côtés » souligne l’universitaire.

Mais doit-on pour autant essayer de se rapprocher des jeunes générations et de leur univers numérique via un vote par internet ? La question reste ouverte pour Sylvie Laval. Seulement, ces électeurs potentiels voteront-ils plus s’ils peuvent le faire de chez eux ? Là encore, rien de moins sûr. Quoi qu’il en soit la plupart des spécialistes s’accordent sur un point : le délai trop court, d’ici le 28 juin, pour envisager quelque changement que ce soit en matière de votation.

Un tel changement institutionnel en si peu de temps n’est pas souhaitable »

« Un tel changement institutionnel en si peu de temps n’est pas souhaitable. Est-ce qu’on peut imaginer les dégâts qu’occasionnerait un soupçon de fraude surtout en période de crise » prévient Sylvie Laval. « Mais il faut y penser pour l’avenir » insiste Pierre Esplugas. Aujourd’hui ou demain, « j’ai clairement peur que ça ne renforce la défiance du citoyen envers le politique » s’inquiète Pascal Nakache.

« Les modalités de la procuration doivent être assouplies » estime en revanche Pierre Esplugas. Pour le professeur de droit public, « commissariats et gendarmerie ne sont pas des lieux idéaux pour effectuer la démarche ». « Il faut faciliter la procuration électronique » recommande celui qui est aussi le chargé des relations presse pour la campagne de Jean-Luc Moudenc.

Retour à la normale ?

L’incantation présidentielle, et d’autres, de « numériser la démocratie » ne semble donc pas à l’ordre du jour. La crise sanitaire a-t-elle là aussi fait son œuvre ? « Aujourd’hui la télévision redevient un média de masse, fait remarquer Sylvie Laval. Les allocutions du Président ou du Premier Ministre y sont suivies. La routine fatigue parfois, mais elle rassure aussi ».

Patrick Noviello (@patnoviello)

(1) Institut de Droit de l’Espace, des Territoires, de la Culture et de la Communication.

Municipales à Albi : Muriel Roques-Etienne se retire « la mort dans l’âme »

Muriel Roques-Etienne ne participera pas au second tour des municipales. Elle invoque des raisons politiques mais aussi le contexte sanitaire.

Muriel Roques-Etienne

Le soir du 1er tour des municipales, la maire sortante est arrivée en tête avec 39.10% des voix. Muriel Roques-Etienne a obtenu 14,69 % des suffrages exprimés au 1er tour des municipales, le 15 mars dernier. La candidate, soutenue par En Marche, pouvait se maintenir au 2nd tour mais elle se retire de la compétition électorale.

Muriel Roques-Etienne justifie par des raisons politiques. « J’ai eu confirmation d’une fusion des listes de l’ultra gauche et je ne prendrai pas le risque de faire gagner l’ultra gauche. Notre électorat ne le comprendrait pas. Je ne donne pas de consigne de consigne de vote car je n’ai pas la prétention de la faire. Chacun fera ses choix en responsabilité  » précise l’ex candidate.`

Je ne donne pas de consigne de vote

Selon nos informations, l’argument  d’une fusion de liste qualifiée « d’ultra gauche » par Muriel Roques-Etienne est bien réel. La fusion des listes de Nathalie Ferrand-Lefranc (Divers Gauche. 22,02 % des voix) et de Pascal Pragnère (EELV. 13,22% des suffrages exprimés) est effectivement actée.

Muriel Roques-Etienne met également en avant le contexte très particulier d’un second tour organisé après deux mois de confinement. « Ces élections vont très peu mobiliser. Elle sont faussées par le Covid » souligne l’ex candidate.

Muriel Roque-Etienne va officialiser sa position et rendre public sa décision ce mercredi soir, lors d’un conseil municipal.

Ce sera le dernier pour celle qui fût adjointe de la maire sortante. Mais la vie politique continue pour Muriel Roques-Etienne.

La future ex élue albigeoise est toujours la suppléante du député du Tarn, Philippe Folliot.

Un député qui a précisé qu’il termine son dernier mandat en 2022.

Laurent Dubois (@laurentdub)

25 Mai

Avant le procès, des accusateurs du maire de Gaillac se rétractent et présentent des excuses

Le maire de Gaillac doit comparaître devant la justice pour corruption passive et prise illégale d’interêt. Deux de ses accusateurs, à l’origine de leur affaire, se rétractent et présentent publiquement des excuses.

Patrice Gausserand maire de Gaillac (Tarn). Photo : Facebook PG

Le 2 juillet prochain, Patrice Gausserand, va comparaître devant le tribunal correctionnel d’Albi. Le maire de Gaillac est (également) actionnaire d’une société immobilière, le Comptoir des Bastides. La  justice doit déterminer si l’élu local n’a pas mélangé les genres en faisant pression, en mai 2017, sur les gérants d’un bar dont il venait de faire l’acquisition.

Les 4 associés ont été entendus par la police. Un dépôt de plainte a même été déposé mais deux d’entre eux reviennent sur leurs accusations. Razic Aidoud et Valérie Ballester reconnaissent qu’ils n’ont jamais disposé d’un bail et que la demande de Patrick Gausserand de quitter les lieux étaient fondée.

Valérie Ballester a fait confiance au président de la société gérant le fonds de commerce, Didier Bresolles. Celui-ci affirmait disposer d’un bail. Mais, selon elle, ce n’était pas vrai. Faux statuts, absence de bail, fausses signatures. La situation juridico-administrive de l’établissement se serait révélée plus que douteuse.

Nous ne disposions pas de bail, d’assurance et de licence

« Depuis 1 an, j’ai les preuves que nous ne disposions pas de bail et donc d’assurance et de licence. Je me demande même comment la société a pu être enregistrée au registre du commerce. J’ai fait une erreur. Je reviens en arrière et je reconnais mes torts » déclare Valérie Ballester.

La proximité du second tour des municipales pose, évidemment, question. Même si Patrice Gausserand est arrivé (largement) en tête du 1er tour. Pour Valérie Ballester, sa confession publique n’a rien de politique. L’ex associée a rouvert un nouveau commerce et selon elle aurait uniquement besoin de dire sa vérité.

Je le vis mal.

« Je le vis mal. On fait de fausses accusations. C’est en mon âme et conscience que je souhaite présenter mes excuses à Patrice Gausserand. Je n’ai pas à faire de procès. Je ne sais pas si la justice à d’autres choses à reprocher à Patrice Gausserand. Sur la forme, le maire de Gaillac n’a pas forcément choisi la manière la plus appropriée. Mais je sais une chose, il a raison quand il nous a dit que nous ne sommes pas en règle et que nous devons quitter les lieux » précise Valérie Ballester.

L’ex associée a contacté le SRPJ de Toulouse pour revenir sur sa déposition. Mais l’enquête est close.La rétraction de Valérie Ballester ne sera pas versée au dossier.

Le seul rebondissement possible passe par l’ouverture d’une information judiciaire.

Mais, en toute hypothèse, un procès se tiendra début juillet.

Contacté par France 3 Occitanie, le maire de Gaillac ne fait de commentaire.

Contacté par France 3 Occitanie, l’avocat de Didier Bresolles, précise que les déclarations de Valérie Ballester lui « semblent constitutive de répresailles » car son client  » a porté plainte contre elle pas plus tard que le 30 avril ».

Maître Antoine Christin insiste également sur  » le timing de déclarations faites moins d’un mois après cette plainte ». Pour l’avocat de Didier Bressolles, Valérie Ballester « utilise » les médias « dans le cadre d’une vendetta ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

Déconfinement : la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, demande la gratuité des autoroutes

La présidente (PS) du conseil régional d’Occitanie, Carole Delga, interpelle les sociétés autoroutières. Carole Delga demande la gratuité des péages pour aider les départs en vacances.

Carole Delga. Présidente du conseil régional d’Occitanie. Photo : Max PPP

Carole Delga multiplie les initiatives pour sortir le tourisme du déconfinement. La présidente de la région Occitanie propose (notamment) de créer un chèque tourisme. L’enjeu économique est essentiel. Plus de 96 000 emplois sont concernés. Le tourisme représente 10,3% du PIB régional.

Ces résultats se concentrent sur une période : l’été. Pour sauver la saison, Carole Delga demande aux Occitans de privilégier les plages et les massifs montagneux de la région. Mais la présidente du conseil régional formule une autre proposition. Carole Delga demande aux sociétés autoroutières et à l’Etat de « lever les barrières » c’est-à-dire la gratuité des péages.

Elle estime que cette mesure exceptionnelle aidera les Français à partir en vacances.

La gratuité aurait forcément un impact sur le chiffre d’affaires des sociétés d’autoroutes. Mais le budget de l’Etat serait également concerné. Les finances publiques perçoivent 40% des recettes des autoroutes concédées. Cela représente environ 5 milliards d’euros par an.

Selon nos informations, le ministère des Transports n’est pas informé de la demande de Carole Delga.

Dans le Nord et l’Est de la France, l’initiative de la présidente du conseil régional prend une autre tournure. Dans ces régions, les autoroutes ont été vendues par l’Etat. La réponse à la demande de Carole Delga ne peut venir que d’un opérateur privé.

Une source, proche de Vinci Autoroute, affirme qu’une réponse positive est « plus qu’improbable ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

14 Mai

Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, veut « Déconfiner » les Municipales et un vote en juin

[Verbatim] Pour le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, le déconfinement doit être étendu aux Municipales. Le scrutin doit pouvoir se tenir en juin prochain.

Jean-Luc Moudenc. Maire (LR) de Toulouse. Photo : MaxPPP

Les commerces sont rouverts et les Français retrouvent le chemin du travail. Le maire (LR) de Toulouse estime que le déconfinement doit également s’appliquer aux municipales. « Dès l’instant ou tout rouvre peu à peu, cela paraît curieux de ne pas pouvoir ouvrir un bureau de vote avec des mesures sanitaires » a déclaré Jean-Luc Moudenc sur le plateau de Public Sénat.

Cela paraît curieux de ne pas pouvoir ouvrir un bureau de vote

La tenue du 1er tour, en mars dernier, a laissé des traces. Des scrutateurs ont été infectés. Des maires ont été emportés par le Covid. Plusieurs recours ont été déposés pour demander une annulation du vote.

Le contexte épidémique a changé. Mais un nouveau vote n’est pas évident.

Selon Jean-Luc Moudenc, les esprits sont prêts.

Le maire de Toulouse (et candidat aux muncipales) préside l’association des élus des grandes villes. Pour lui, « une majorité d’élus de France Urbaine ( ndlr : l’association présidée par Jean-Luc Moudenc) considère que ce second tour doit se tenir en juin« .

Le second tour doit se tenir en juin

Le président de France Urbaine précise toutefois que « la condition absolue » est « la sécurité sanitaire« . Jean-Luc Moudenc souligne un point : « tout est suspendu à l’avis du conseil scientifique annoncé pour le 23 mai ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

10 Mai

Haute-Garonne : quand le Déconfinement exacerbe les tensions politiques

La ville de Cugnaux prépare le déconfinement dans une ambiance électrique. Majorité et opposition municipales se déchirent. La distribution des masques attisent également les tensions entre la présidente du conseil régional et la majorité parlementaire.

Photo : MaxPPP

La commune de Cugnaux prépare activement le déconfinement. «  Nous avons commandé plus de 18 000 masques. Chaque habitant recevra nominativement son masque par courrier dès la semaine prochaine prochaine. Nous rouvrirons les 5 groupes scolaires, soit 10 écoles dès la semaine prochaine. Nous avons mis en oeuvre de gros moyens pour accueillir les élèves dans le cadre du protocole sanitaire  » souligne l’adjointe au maire, Alexandra Arabia.

La logistique se met en place pour le jour J, le 11 mai prochain. Mais, pour l’opposition, il manque une chose : la concertation. La préparation  de l’envoi des masques a mis le feu aux poudres.

L’opposition s’indigne. Elle se dit exclue. Un des représentants, Philippe Guérin parle de « petitesse » et de « sectarisme ».

« Depuis le début du confinement, nous proposons notre aide au maire et lui demandons de nous informer des mesures prisesAprès avoir longuement insisté nous avons reçu deux mails d’informations succincts. Et nous apprenons sur Facebook que la majorité communique sur la mise sous plie des masques aux côtés du personnel personnel. N’étant pas candidat aux municipales nous ne pouvons pas être taxé de récupération » déclare Philippe Guérin.

Pour la majorité, il s’agit d’une fausse polémique. « Notre priorité est totalement centrée sur la gestion de crise. Je trouve regrettable que, comme à l’accoutumé Monsieur Guérin se positionne dans une posture de politique politicienne » estime Alexandra Arabia.

Les masques attisent les tensions et pas uniquement dans les communes. En version  lavable ou chirurgicale, ils déclenchent des escarmouches entre la majorité parlementaire et la présidente socialiste du conseil régional.

 


Au niveau régional comme à Cugnaux,  les protections en tissus ou chirurgicales font tomber les masques sur des tensions qui existaient…avant le confinement.

Laurent Dubois (@laurentdub)

09 Mai

Hautes-Pyrénées : démission d’une responsable « historique » d’En Marche

Marie-Agnès Staricky a fondé le comité local d’En Marche à Lourdes. Elle démissionne car elle ne se reconnait plus dans les valeurs d’un mouvement qu’elle a contribué à créer dans les Hautes-Pyrénées.

Photo : MaxPPP/Tanguy

Une responsable « historique » d’En Marche dans les Hautes-Pyrénées claque la porte de son parti.

 » J’ai rejoint En Marche dès l’été 2016, à cette époque nous étions très peu à croire au projet d’Emmanuel Macron. Dans la foulée, j’ai créé à Lourdes, le premier comité local. Pour les législatives 2017, j’ai été investie par LREM et j’ai obtenu un score très honorable de 54% sur Lourdes  » souligne Marie-Agnès Staricky.

Nous étions très peu à croire au projet d’Emmanuel Macron

Mais ce parcours appartient au passé. Marie-Agnès Staricky démissionne.  » Le mouvement lancé par Emmanuel Macron s’est éloigné de sa vocation d’être le fer de lance de cette promesse de « Révolution » (ndlr : titre du livre programme du candidat Macron). Il semble s’être transformé en machine politique qui déconcerte ceux qui aspiraient à être acteurs…et se retrouvent spectateurs de décisions prises par d’autres selon des méthodes et des logiques…contraires aux valeurs originelles  » explique la désormais ex-Marcheuse.

En Marche s’est éloigné de sa vocation

Cette décision n’est pas vraiment une surprise. Au moment des municipales, la responsable d’En Marche à Lourdes a écrit aux délégué général de son parti, Stanislas Guérini. Marie-Agnès Staricky dénonçait l’opacité de la procédure pour les candidatures au scrutin de mars dernier.

Ce n’est pas le première fois que le parti d’Emmanuel Macron subit le départ d’un responsable local. Il existe un précédent dans le Tarn avec la démission du référent. Une démission qui a, d’ailleurs, été suivie de la démission collective de l’ensemble du comité départemental.

Outre le caractère « massif » des défections, il existe une autre différence entre la situation tarnaise et celle des Hautes-Pyrénées.

La décision de l’ex responsable du comité de Lourdes intervient dans un contexte national particulièrement compliqué pour En Marche. La création d’un groupe parlementaire « dissident » à l’Assemblée Nationale pourrait faire perdre la majorité absolue à Emmanuel Macron.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

06 Mai

Municipales à Toulouse : front uni à gauche mais jusqu’où ?

Et soudain la gauche toulousaine fit à nouveau front commun. C’était lors du dernier conseil municipal du 29 avril consacré à la crise sanitaire. Un présage d’union si un premier tour se rejouait en septembre ? Un programme commun pourrait-il s’écrire pour « l’après » ?

Le 4 avril dernier, la façade du Capitole illuminée en bleu en hommage aux personnels soignant mobilisés durant la pandémie. Photo Xavier De Fenoyl MaxPPP

Avant même le conseil municipal du 29 avril dernier, le ton était donné dans un communiqué commun. Une opposition unie, PS, EELV, Génération(s) et Communistes, déclare vouloir préparer l’assemblée dans un « esprit constructif et républicain » pour « renforcer l’action de la ville face à la crise sanitaire ». Une gauche municipale qui propose des mesures face à l’épidémie avant d’ajouter :

 

Nous ne sommes dupes de rien. Nous n’oublions pas les conséquences de six ans de gestion de la majorité de Jean-Luc Moudenc sur le tissu social, éducatif, associatif toulousain, affaibli au moment d’affronter cette crise. Nous n’oublions pas la servitude déclarée et l’alignement sur un gouvernement répressif, directif et sourd aux revendications sociales. Lorsque le temps du débat public local reviendra, nous ne manquerons pas de rappeler tout cela. »

 

Union dès un éventuel nouveau 1er tour ?

« Sans dire bien évidemment qu’il profite de la crise sanitaire, parce qu’elle ne profite à personne, Jean-Luc Moudenc joue actuellement le rôle de protecteur de la population, celui qui gère. Et il communique beaucoup là-dessus » explique Pierre Cohen. « Nous lui avons proposé de créer une cellule d’anticipation de sortie de confinement où tous les groupes seraient représentés. Mais il n’a pas donné suite » regrette le leader local de Génération(s).

En attendant le groupe toulousain de Génération(s) continue de travailler de concert avec Antoine Maurice, EELV et Archipel Citoyen que ce soit à la mairie ou au conseil de métropole. A tel point que Pierre Cohen envisage sans détour une liste commune dès le premier tour, si premier tour il devait y avoir à nouveau. Du côté d’Archipel, le processus de désignation des candidats ayant été validé très collégialement la chose n’est pas aussi simple à réaliser.

Ensemble face au virus et après ?

Mais Antoine Maurice le reconnaît volontiers : « dès le soir du 1er tour, nous avions abouti très vite à nous entendre avec Pierre Cohen ». Pour la tête de liste Archipel Citoyen, il est important d’envoyer un message de rassemblement. « Notre projet écologiste avait cette vocation et l’a permis ». Qu’en est-il des socialistes alors emmenés par Nadia Pellefigue ? « Un accord avait commencé à être posé avec elle au lendemain du 1er tour, mais nous n’avons pas eu le temps de le conclure » explique diplomatiquement Antoine Maurice. Autrement dit, Nadia Pellefigue ne se ferme aucune porte.

« Le dernier échange SMS que nous avons eu remonte à plus d’un mois » reconnaît la candidate socialiste. Pour elle, un travail de l’ensemble de la gauche actuellement au conseil municipal ne signifie en rien un rapprochement de toutes les listes de gauche. « Je ne traduirai pas nos propositions communes face à la crise sanitaire par liste commune aux municipales » précise-t-elle d’emblée. La vice-présidente en charge de l’économie au Conseil Régional se dit pour l’heure toute à sa mission d’aide aux entreprises et aux travailleurs en difficulté.

Programme commun ou pas ?

« De toute façon ce que nous serons en mesure de proposer aux citoyens en sortie de crise doit dépasser le cadre d’un simple programme » élude la candidate au Capitole. « Notre projet écologiste est plus que jamais d’actualité et il a permis déjà un large rassemblement » rappelle Antoine Maurice. « Il faudra plus que jamais se retourner vers les besoins des gens » prévient Pierre Cohen.

Et leur adversaire sortant peut-il lui aussi revoir sa copie ? « Jean-Luc Moudenc engage actuellement des actions nécessaires. A cette étape, s’il s’en tient à son rôle, il ne pose pas de vision » commente Nadia Pellefigue. Alors peut-il y avoir un programme commun, forcément modifié, à opposer par la gauche à celui de l’actuel maire ?

Sans certitude, Antoine Maurice se dit toutefois « confiant ». Il faudra évidemment en discuter avec l’Assemblée militante d’Archipel qui pour l’heure se réunit en visioconférence toutes les trois semaines. Mais qu’en est-il des rapports difficiles, voire inexistants, entre Pierre Cohen et Nadia Pellefigue ? « On fonctionne bien avec Archipel Citoyen. En dehors des conseils municipaux et communautaires, nous avons moins de relations avec le PC et le PS » reconnaît volontiers Pierre Cohen.

Un électorat incertain

Et les électeurs dans tout ça ? Ceux qui s’étaient rendus aux urnes en mars, moins nombreux que d’habitude, coronavirus oblige, avaient placé Antoine Maurice en deuxième position derrière le maire sortant. Difficile de dire si la crise sanitaire aura un effet sur un scrutin au déroulement et à la date encore inconnus. Nadia Pellefigue ne se prononce pas. Antoine Maurice et Pierre Cohen s’accordent sur un point. Pour eux, la balance peut pencher dans les deux sens : soit une prise de conscience citoyenne de l’impérieuse nécessité de changer de méthode, soit au contraire l’option de repartir comme avant, pour ne pas plus bousculer les choses qu’elles ne le sont.

Patrick Noviello (@patnoviello)

 

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