12 Juil

Municipales à Toulouse : « l’ambition dêtre utile » de Jean-Pierre Bel

 

Depuis plusieurs mois, l’ancien président (socialiste) du Sénat réfléchit aux Municipales à Toulouse. Fin juin, le PS a investi un tandem « homme-femme ». Mais Jean-Pierre Bel n’exclut pas une candidature. Interview

AFP PHOTO /P.Kovaric

Le Blog Politique. Ou en êtes-vous de votre réflexion ? Vous serez un acteur ou un « spectateur engagé » pour les municipales à venir ?
Jean-Pierre Bel. Depuis mes premiers engagements j’ai toujours voulu être un acteur du monde dans lequel j’évoluais. Acteur dans le monde associatif, syndical mais aussi politique et citoyen…
Pour ce qui est des échéances municipales à Toulouse, l’avenir nous le dira. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’au cours de ces derniers mois, la situation est loin de s’être clarifiée tant à gauche qu’à droite. Dans ce contexte, l’urgence est de dire d’abord ce que l’on veut pour la ville , pour les toulousain(e)s. Ensuite, il faut être capable de constituer une équipe solide, cohérente mais aussi crédible pour espérer rassembler et ensuite l’emporter. Mon ambition est d’être utile à une démarche d’alternance , porteuse des valeurs de gauche et qui irait dans ce sens .
 La situation est loin de s’être clarifiée, à droite comme à gauche
Le Blog Politique. Le PS a investi deux personnalités au terme d’un processus inédit (un vote de tous les militants de la Métropole) et dans un but précis : le rassemblement de la gauche. Que pensez-vous de cette initiative ?

Jean-Pierre Bel. La question est simple. Peut on aujourd’hui procéder comme avant, comme si rien ne s’était passé depuis les deux dernières élections ..? Peut on jouer avec les règles en semblant considérer que la fin justifie les moyens..? Et, dans le fond, a-t-on vraiment envie de faire gagner la gauche à Toulouse..? A chacun de trouver réponses à ces questions… Pour le reste, en ce qui me concerne, je n’ai pas très envie de m’attarder sur des comportements qui , malheureusement, ne sont pas à la hauteur des enjeux.
Jouer avec les règles…la fin justifie les moyens
Le Blog Politique. La gauche tente de se rassembler. C’est possible ? À quelles conditions ?
Jean-Pierre Bel. Intuitivement, j’ai toujours considéré que , face à la droite qui a gagné 6 des 7 dernières élections municipales, il fallait créer la surprise à Toulouse . La surprise se serait de retrouver rassemblées toutes les forces de la social-écologie aux côtés des initiatives citoyennes et associatives . C’est un défi considérable. D’abord se mettre d’accord sur le processus qui doit conduire à l’adoption d’un projet commun… Ce projet doit être le socle de la mandature qui s’ouvrira. Ce n’est pas gagné compte tenu d’itinéraires souvent différents, d’une histoire qui est propre à chacun. Les cultures participatives et représentatives doivent se mêler et se compléter. C’est possible mais cela suppose la capacité de se remettre en cause et de s’ouvrir à des visions nouvelles et à des modes de fonctionnement innovants. Si nous savons déterminer ce que nous voulons pour la ville et la métropole, comment nous voulons les gérer, alors le choix des personnes se fera tout naturellement. Toulouse peut être un laboratoire à l’échelon national… Nous en avons l’énergie et nous en avons aussi les talents. Avec d’autres, je ne ménagerai pas mes efforts pour y parvenir.
Je ne ménagerai pas mes efforts
Le Blog Politique. Selon vous, quels doivent être les axes forts de la campagne à venir ?

Jean-Pierre Bel. Toulouse à l’instar des autres métropoles européennes connait des problèmes que l’on pourrait qualifier d’évidents .A savoir ceux liés en priorité à la mobilité et à la sécurité des personnes .Ce ne sont pas les seuls !

Le Blog Politique. Comment jugez-vous le bilan du maire sortant, Jean-Luc Moudenc ?

Jean-Pierre Bel. Ce qui me hérisse pour une ville où j’ai grandi et fais mes études c’est que le seul questionnement effectué par le maire actuel se résume à une analyse financière et comptable ..! Dans l’augmentation des tarifs des transports en commun, de ceux des cantines scolaires, dans la ville livrée à la spéculation immobiliere, la baisse des dotations à la vie culturelle ou la considération symbolique de l’eau appréciée comme une simple marchandise je vois le triomphe de l’argent sur le vivre ensemble c’est à dire la defaite calculée et programmée sur le politique au sens le plus humaniste du terme . La mise en oeuvre d’une ambition pour Toulouse et sa métropole ne peut se départir, comme c’est le cas dans ce mandat, de son objectif essentiellement social .

Une ville livrée à la spéculation immobilière

Le Blog Politique. Quel est le profil du meilleur adversaire de Jean-Luc Moudenc ?

Jean-Pierre Bel. Le meilleur profil serait celui ou celle capable de s’approprier l’ensemble des objectifs, des ambitions exprimées et d’incarner une ville qui a sa personnalité, son histoire, à la fois gasconne et méditerranéenne… Incarner la ville du futur et de la technologie, incarner les valeurs de générosité et de solidarité qui sont inscrites dans ses gènes, incarner la volonté de promouvoir une ville dans laquelle il fait bon vivre…Il faut quelqu’un(e) qui travaille sur le fond et qui sache concilier la créativité et l’innovation avec la crédibilité et le sens des responsabilités, concilier une ambition forte pour Toulouse avec la proximité et l’écoute de tous

Propos recueillis par Laurent Dubois (@laurentdub)


			

11 Juil

Conseil départemental de la Haute-Garonne : 14 000 euros pour mettre à l’ombre les petits fours

Le conseil départemental de la Haute-Garonne a dépensé 14 000 euros pour déployer des parapluies éphémères. But de l’opération : protéger du soleil (ou de la pluie) un banquet.

conseil départemental de la Haute-Garonne.

Le réchauffement climatique coûte cher et pas uniquement à la flore. Le contribuable est également mis à contribution. Le conseil départemental a du recouvrir sa cour de parapluie pour protéger du soleil le banquet républicain qu’elle organise pour le 14 juillet.

La facture s’élève à 14 000 euros. C’est le chiffre officiel. Mais, selon plusieurs sources, le montant de l’opération (pose comprise) est en réalité de 18 000 euros. Et, détail cocasse, la dépense a été imputée au budget « maintenance et sécurité ».

Les 3000 inscrits peuvent se rassurer. La météo annonce un bon « 30 degrés » pour le jour de la Fête Nationale. Mais, afin de lutter contre les insolations ou  éviter un coup de chaud sur le buffet, un toit éphémère de parapluies a été installé.

Le déploiement de parapluies, entre les murs de l’hôtel du Département, est inédit. En revanche, depuis 2017, l’organisation d’un banquet républicain, est une tradition. L’édition 2019 coûtera d’ailleurs plus cher que la précédente. Selon le conseil départemental, la facture s’élève cette année à 70 000 euros.

Laurent Dubois (@laurentdub)

10 Juil

Toulouse : un universitaire dénonce « une offense à la Laïcité » de la part d’Emmanuel Macron

Emmanuel Macron a modifié le logo de l’Elysée. Pour un professeur de droit toulousain, l’introduction d’une croix d’Anjou constitue une « offense à la Laïcité ».

Emmanuel Macron à l’Elysée. Photo Ludovic Marin AFP

Ce n’est pas vraiment une attaque. Il s’agit plutôt d’un constat argumenté et reposant sur une analyse juridico-historique. Pour un professeur de droit toulousain, Emmanuel Macron a offensé la Laïcité. Le chef de l’Etat a intégré la croix d’Anjou dite croix de Lorraine dans les armoiries de la présidence de la République.

Mathieu Touzeil-Divina précise qu’il « s’agit là d’un clin d’oeil appuyé au général Charles de Gaulle qui en avait fait son emblème personnel et celui de la Résistance ». Mais le juriste souligne surtout un point : « la croix de Lorraine si elle évoque de Gaulle est aussi un symbole ecclésiastique…même symbolique, même employé par la Présidence de la République, cette croix n’est pas laïque..Une représentation de la mort du Christ est intégrée au coeur du blason républicain ».

Pour le juriste, le verdict est sans appel : « cette croix, présente officiellement sur le logotype du président Macron lors de la présentation du plan dit « pauvreté » est une offense à la Laïcité ».

Mathieu Touzeil-Divina épingle le chef de l’Etat dans son dernier essai, Dix mythes du droit public (éditions LGDJ). Dans le chapitre consacré à la Laïcité, Emmanuel Macron n’est pas le seul à être ciblé. Les « crèches de la nativité » de Laurent Wauquiez sont également passées au crible.

C’est la vertu des « vraies » critiques, non partisanes et « charpentées ». Elles n’épargnent personne.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

Municipales à Toulouse : Génération.s vote sa participation aux discussions avec les autres forces de gauche

Le mouvement fondé par Benoît Hamon a validé lundi le processus de discussions avec les autres partis de gauche pour concourir à une liste d’union en vue des municipales à Toulouse.

Ils sont huit. Quatre femmes et quatre hommes, désignés par leur mouvement, Génération.s, pour participer aux négociations avec les partis de gauche à Toulouse. Parmi eux, l’ancien maire de Toulouse Pierre Cohen, la conseillère municipale Isabelle Hardy ou encore Salah Amokrane, qui figurait sur la liste de Benoît Hamon aux élections européennes.

Lundi 8 juillet, les adhérents du mouvement ont désigné ces représentants par un vote. Avec un objectif : participer aux négociations pour tenter d’aboutir à une liste commune de la gauche aux prochaines élections municipales à Toulouse.

Génération.s s’engage résolument dans le rassemblement des forces de gauche et écologistes pour qu’en 2020 Toulouse soit le symbole de la transition écologique, d’une véritable solidarité et d’une démocratie réinventée » (Isabelle Hardy)

La tâche n’est pas aisée. Il y a d’un côté ceux qui adhèrent à la démarche lancée par le collectif citoyen Archipel : les écologistes, le conseiller municipal PS Romain Cujives, la France Insoumise... Il y a aussi le PS, qui malgré la fonte de ses adhérents, tente toujours d’être au centre du jeu, après avoir désigné, avec moult rebondissements, la conseillère régionale Nadia Pellefigue comme tête de liste.

Génération.s Toulouse a aussi validé il y a plusieurs semaines déjà la stratégie de ne pas entrer dans le processus d’Archipel, qui prévoit notamment la désignation des candidats représentant les partis par un vote sur internet mais aussi qu’un tiers de la liste soit constitué par des Toulousains… tirés au sort !

En revanche, le mouvement de Benoît Hamon à Toulouse compte bien peser dans les discussions avec les autres mouvements de gauche, dont Archipel, pour arriver à trouver une plateforme programmatique commune. En cas d’accord, viendra alors le temps de constituer une liste commune et de trouver une tête de liste qui fasse l’unanimité. Et ce ne sera pas le plus simple à faire !

FV (@fabvalery)

08 Juil

Municipales : LaREM veut « s’ancrer dans les territoires »

La campagne des Municipales est bel et bien lancée pour le mouvement d’Emmanuel Macron. Deux initiatives qui se sont déroulées ce dimanche l’attestent. Trois « espaces citoyens » ont été inaugurés dans le pays dont un à Foix en Ariège. Parallèlement des ateliers intitulés « En Marche vers nos communes »  pour construire les futurs programmes sont organisés notamment en Haute-Garonne.

Pour préparer les Municipales, la République En Marche organise des ateliers et des débats comme ici ce dimanche à Saint-Orens. (Photo LREM 31)

« La République En Marche » cherchait-il vraiment un enracinement local ? C’est la réponse qui se posait notamment après de parcimonieuses annonces d’ « investitures » ou de « soutiens » en provenance de l’état-major parisien. Mais les actions se mettent à devenir de plus en plus locales comme ce fut le cas ce dimanche.

A Saint-Orens par exemple où la maire sortante, Dominique Faure est officiellement soutenue par LREM, une trentaine de marcheurs se sont réunis. Au programme des ateliers qui se sont déroulés de 9h à 17h autour de thématiques locales classiques comme le logement, la mobilité ou la sécurité. « C’est le deuxième étage de la fusée commente Pierre Casteras. On a  d’abord formulé des projets. Nous en sommes maintenant aux propositions ».

Instaurer un dialogue »

Le référent de la Haute-Garonne explique que la démarche a été entreprise dans toutes les communes de plus de 9000 habitants de son département : Muret, Castanet, Toulouse, Colomiers ou encore Balma. Objectif : « instaurer un dialogue ». A Toulouse, par exemple, ce sont le député Jean-François Portbarrieu et le directeur de cabinet du Président de l’Assemblée Nationale, Jean-Marie Girier qui sont chargés des échanges avec Jean-Luc Moudenc.

A Castanet, le maire sortant Arnaud Lafon ayant annoncé qu’il ne se représentera pas, les discussions sont en cours avec le Modem. De manière générale, trois cas de figures s’offrent au mouvement présidentiel : soit une tête de liste LREM, soit une liste portée par un autre membre de la majorité présidentielle, soit un accord avec un élu non issu de la majorité présidentielle mais avec qui le projet est partagé.

« Nous avançons » se satisfait Pierre Casteras. « On a lancé un appel aux bonnes volontés. On a des demandes de création de comités locaux. On retrouve ce qui fait notre essence ». Nul doute que LREM avait grand besoin d’ « s’ancrer dans les territoires ». Pour la Haute-Garonne, les Législatives avaient facilité l’opération. Mais quid des départements où En Marche ne compte pas de parlementaires ?

Espaces citoyens »

Là, le mode opératoire est différent avec la mise en place d’ « espaces citoyens » comme ce fut le cas  ce week-end à Foix. L’annonce a été faite avec emphase évoquant « un forum d’un genre nouveau » avec comme tête d’affiche Raphaël Bernardin, le maire de Saint-Sulpice-La-Pointe dans le Tarn, premier maire élu sous les couleurs LaREM à l’automne 2017.

Dans le bâtiment de 150 m² sur trois étages, « il y a une zone d’accueil où tous nos visiteurs pourront se renseigner sur nos activités et trouver des informations sur les réformes en cours, un espace dédié à l’écosystème local » précise Jérôme Azéma dans un communiqué. Et le référent départemental de s’enthousiasmer : « On a des projets plein la tête et on met la main à la pâte pour leur donner corps ». Pas de doute, en Ariège comme ailleurs, la campagne des Municipales est bel et bien lancée.

Patrick Noviello (@patnoviello)

 

 

 

02 Juil

Le point sur les futures municipales à Toulouse, dans Politic Café #81 (la dernière de la saison)

Pour la dernière de la saison de notre module vidéo, on fait le point sur le dossier des futures élections municipales à Toulouse. Et il y en a des choses à dire !

Au menu :

  • dans les cuisines du Parti socialiste
  • Jean-Moudenc, candidat sans le dire
  • tous (déjà) en campagne !

Bon été à tous et retour de Politic Café en septembre !

 

01 Juil

Municipales à Toulouse : les « anti-mariage pour Tous » peuvent-ils faire capoter les négociations « Moudenc-Macron » ?

Un élu de l’équipe de Jean-Luc Moudenc est membre de Sens Commun, le mouvement né en opposition au « mariage pour Tous ». En Marche conditionne un éventuel accord aux municipales à un « débarquement » de cet élu.

Jean-Luc Moudenc et Emmanuel Macron. Photo : AFP/Pavadi

Le député En Marche de la Haute-Garonne, Michaël Nogal, est très investi dans les municipales à Toulouse. En mai dernier, au lendemain des Européennes, le jeune parlementaire s’est déclaré candidat. Mais son intérêt dépasse le cadre de sa propre candidature. Michaël Nogal pose des conditions s’agissant d’un accord entre le maire (sortant) Jean-Luc Moudenc et le parti d’Emmanuel Macron.

Michaël Nogal demande à Jean-Luc Moudenc de « débarquer » un de ses élus, Jean-Baptiste de Scorraille. L’élu toulousain appartient au mouvement Sens Commun. Pour le député En Marche, cela barre la route à une éventuelle alliance. Michaël Nogal n’est pas en charge des négociations entre le Capitole et En Marche.

Selon nos informations, Michaël Nogal s’est porté volontaire lors de la visite toulousaine du délégué général d’En Marche, Stanislas Guérini. Mais il n’a pas obtenu un poste de négociateur.

Cela ne l’empêche pas de formuler publiquement des conditions.

Il s’agit d’une position personnelle. Mais elle n’est pas forcément isolée. Selon nos informations, l’adjoint de Stanislas Guérini, le député Pierre Person est sur la même ligne que son collègue de la Haute-Garonne. Pas question de « dealer » avec une liste intégrant un représentant de Sens Commun, un mouvement anti-Mariage pour Tous et anti-PMA.

Du côté de Jean-Luc Moudenc, pas de commentaire. Avant les Européennes, le maire de Toulouse a ouvertement dénoncé un chantage de la part d’En Marche. Mais, s’agissant de Jean-Baptiste de Scoraille et de Sens Commun, c’est silence radio. Dans l’entourage du président de Toulouse Métropole, l’agacement est toutefois perceptible et on dénonce un prétexte pour faire échouer les négociations.

Visiblement, du côté du Capitole, il existe une contre-attaque. Une source précise que Jean-Baptiste de Scoraille a pour délégation les anciens combattants. Autrement dit, l’élu n’est pas en charge des questions de sociétés. A demi-mot, le message est clair : Jean-Baptiste de Scoraille est membre de Sens Commun mais cela n’interfère pas avec ses fonctions municipales.

Cet argument peut-il « sauver » les négociations en cours ?

Un membre d’En Marche se veut rassurant. « Je ne crois pas que tout puisse échouer à cause de l’étiquette d’un élu municipal ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

Municipales à Toulouse – Parti socialiste : possible annulation de l’investiture du duo « Pellefigue-Raynal »

Les militants du PS  ont investi un duo pour les municipales à Toulouse. Mais le nombre de votants est inférieur au quorum exigé par les statuts.

Nadia Pellefigue et Claude Raynal, chefs de file pour le PS. Photo : Facebook.

Pour les municipales à Toulouse, la fédération du PS 31 a inventé un vote « métropolitain » et l’investiture de « chefs de file ». Ce mode de désignation n’est pas prévu par les statuts du parti socialiste. Mais ce n’est pas le seul arrangement statutaire. Ce samedi 29 juin, un vote militant a investi un duo, Nadia Pellefigue et Claude Raynal.

La Fédération n’a pas communiqué la ventilation des votes et le nombre de voix obtenues par les candidats.

Mais le nombre d’inscrits a été rendu public : 528. Or, au regard des statuts, ce chiffre pose problème.

L’article 5.1.4 des statuts mentionne un quorum. Pour qu’une investiture soit valide,  » le nombre d’adhérents inscrits doit être égal à un cinq centième au moins du nombre d’électeurs inscrits dans la commune intéressée« . Autrement dit, pour des municipales à Toulouse, il faut au moins 760 inscrits puisque la métropole toulousaine compte 380 000 électeurs.

Le PS toulousain en annonçant 528 inscrits précise, lui-même, que le seuil n’est pas atteint.

Les considérations statutaires pèsent peu face à la volonté (affichée par la présidente de Région, Carole Delga et les autres ténors du PS) de faire gagner le duo « Pellefigue-Raynal » .

A moins d’une improbable recours devant les instances nationales du PS, les statuts resteront juste un bout de papier.

Laurent Dubois (@laurentdub)

« L’amer de Toulouse », « Un si grand Saurel » : ces comptes parodiques qui veulent pimenter la campagne des municipales à Toulouse, Montpellier, Lavaur…

On a connu par le passé des journaux ou des blogs satiriques qui ont mis du sel dans les campagnes électorales locales. La campagne des municipales 2020 s’annonce piquante grâce à quelques comptes sur Twitter qui ne ménagent pas les candidats (et surtout les maires sortants de Toulouse et Montpellier).

Photo : F. Sommer / MaxPPP

Ils se nomment « L’amer de Toulouse » en référence au maire LR de Toulouse Jean-Luc Moudenc, « Un si grand Saurel », jeu de mots entre la série de France 2 tournée à Montpellier et le maire de la deuxième ville d’Occitanie, ou encore « Bernard Racayon », anagramme sans ambiguïté du nom du maire LR de Lavaur (Tarn) Bernard Carayon…

Tous ont fait leur apparition sur le réseau social Twitter ces derniers mois, voire ces dernières semaines. Avec en ligne de mire les municipales de mars 2020…

Tous sont anonymes mais n’ont pas forcément le même objectif. On a essayé d’en savoir un peu plus.

« L’amer de Toulouse » : dans la tête de Jean-Luc Moudenc

De tous, c’est sans doute le compte le plus caustique. Il fait parler Jean-Luc Moudenc à la première personne et lui prête des propos qu’il ne tiendra jamais. C’est le jeu de la satire. D’ailleurs le profil du compte sur Twitter affiche clairement la couleur : « Compte parodique qui dit à voix haute ce que personne n’oserait penser ». 

Qui se cache derrière ce compte, suivi, entre autres, sur Twitter par… le propre directeur de cabinet du (vrai) maire de Toulouse ?

Je suis lui en-dedans de sa tête »

Nous sommes un petit groupe de citoyens toulousains et non-toulousains, précise notre contact. Nous avons accès à un bon nombre d’informations sur les pratiques politiques, les mensonges, les alliances, qui permettent de mieux comprendre les comportements des uns et des autres ».

Etre « en dedans de (la) tête » de Jean-Luc Moudenc, c’est bien pratique pour sulfater bien comme il faut ses adversaires politiques et rappeler au passage quelques vérités sur ses alliés, passés, actuels ou futurs.

Parmi les cibles favorites de « L’amer de Toulouse », Sophie Iborra, fille de la députée LREM (ex-PS) Monique Iborra et dont le compte parodique dénonce régulièrement le rapprochement avec Jean-Luc Moudenc en vue des prochaines municipales.

D’autres élus locaux prennent régulièrement cher : le député LREM Mickaël Nogal, plusieurs adjoints au maire dont Christophe Alvès ou Olivier Arsac, l’élu PS candidat déclaré aux municipales Romain Cujives…

« L’amer de Toulouse » dit ne vouloir privilégier personne et au contraire « dénoncer les faux comptes parodiques qui préparent les campagnes de l’un ou l’autre des candidats« .

Qui d’autre dit cela aujourd’hui ? Ce sont des informations indispensables pour juger en conscience et voter (L’amer de Toulouse)

Mais alors pourquoi utiliser la parodie et ne pas être tout simplement un compte d’infos sur la campagne des municipales à Toulouse ?

Nous voulons donner un dessous des cartes qui ne soit pas anxiogène, la parodie ça fait marrer, ce qui aide à écouter et donne envie de revenir voir les nouvelles infos. L’objectif c’est d’empêcher de mentir, faire craindre la parution de la vérité, pour contraindre les candidats à plus de probité. On sait, on rêve. Mais on fait notre part ».

La limite de l’exercice, comme souvent dans la politique hyper-locale, c’est que pour comprendre les tweets de ce compte, il faut parfois être initié, bien connaître les protagonistes, leur histoire, leur parcours. Les auteurs sont très bien informés, très bon connaisseurs du PPT (le paysage politique toulousain) mais ce n’est pas forcément le cas de tous les Twittos…

« Un si grand Saurel » : haro sur le maire !

A Montpellier, le compte Un si grand Saurel est tenu officiellement par « quelques copains avec des sensibilités politiques diverses qui trouvaient que les réseaux sociaux montpelliérains étaient politiquement trop uniformes à l’image du cher grand leader Philippe Saurel ».

Là, il ne s’agit pas de faire parler le maire de Montpellier à la première personne mais plutôt de tirer à boulets rouges sur son action.

Le contact du compte estime que ce n’est donc pas la perspective des municipales en 2020 qui a décidé ces « quelques copains » à passer à l’action sur Twitter mais plutôt la communication de Philippe Saurel :

Les municipales pour l’instant n’occupent pas plus que cela le compte mais cela va bien entendu monter en puissance. L’origine c’est surtout la communication façon Grosse Bertha du Maire de Montpellier, sans retenue et sans nuance. Heureusement on se marre en faisant cela car la cible est vraiment un bon client avec sa cohorte d’affiliés (La Saurélie) dont l’absence de subtilité politique n’a d’égale que leur vanité !

La vraie raison d’existence de ce compte serait donc, selon notre contact anonyme, « d’introduire un regard critique (parfois humoristique et parfois non) sur l’action du cher grand leader Philippe Saurel qui exerce le pouvoir sans partage à la manière des leaders soviétiques et russes qu’il affectionne tant ! »

Bernard Racayon :

La parodie n’est pas réservée aux deux grandes métropoles d’Occitanie. A Lavaur, dans le Tarn, un compte tout nouveau vient d’ouvrir renommant le maire LR de la commune, Bernard Carayon en Bernard Racayon. Comme avec L’Amer de Toulouse (dont les auteurs tarnais indiquent s’inspirer), le maire parodique parle à la première personne.

Le duo qui anime ce compte avoue s’inspirer surtout des propres tweets du maire de Lavaur, connu pour son franc-parler et ses punchlines parfois surprenantes.

Notre principale source d’inspiration est Carayon lui-même. Au début, c’est de la déconne autour d’un verre en rigolant des tweets du parodié. Mais nous espérons clairement favoriser l’alternance politique à Lavaur et que le compte permettra d’animer la campagne sur un ton humoristique, stimuler les électeurs en caricaturant le parcours, la gestion municipale faiblarde, son attitude hautaine et méprisante pour les électeurs, ses positions très à droite »

 

Ici, notre contact assume l’aspect politique et se place en adversaire du maire de Lavaur. Il souligne aussi les limites de l’exercice caricatural :

Idéalement il faudra que notre duo s’élargisse. Caricaturer nécessite d’avoir du temps, de l’esprit et le sens de la formule. C’est pas évident. On pourrait plutôt aussi parler des limites (respect de la laïcité et respect de la famille) difficiles dans ce cas de figure car Carayon brandit à tout bout de champ ses convictions catholiques et son fils lui succède au GUD en animant de manière assez vigoureuse l’UNI à la Fac d’Assas. Plus sérieusement, si la caricature politique contribue à réduire l’abstention, on ne va pas se plaindre ! »

Caricature, parodie, liberté d’expression…

De tout temps les politiques ont été parodiés, caricaturés. L’époque n’y échappe pas. Avec internet et les réseaux sociaux, la tendance est même au développement. Tant que la caricature ne franchit pas les lignes blanches de la légalité, les élus concernés font plutôt le dos rond.

Pour les besoins de cet article, on a renoncé à demander aux élus concernés ce qu’ils pensent de ces comptes qui les parodient. Histoire d’éviter les réponses garantie 100 % langue de bois (« Je suis pour la liberté d’expression ») ou bien préparées par les services de communication.

Chaque lecteur se fera donc sa propre opinion sur les comptes parodiques que nous citons aussi. Les parodiés ont sans doute leur (vrai) avis là-dessus. Mais nous, nous ne sommes dans « en dedans de leur tête » !

FV @fabvalery

29 Juin

Municipales à Toulouse-Parti socialiste : les vrais chiffres de l’investiture « Pellefigue-Raynal »

Le PS vient d’investir une conseillère régionale et un sénateur pour les Municipales à Toulouse. Une double investiture marquée par une faible participation et un nombre limité de votants.

Siège du PS de la Haute-Garonne à Toulouse; Photo : MaxPPP

Le « premier fédéral » se félicite du résultat. Sébastien Vincini est satisfait du score mais aussi de la participation. « Nadia Pellefigue et Claude Raynal ont obtenu le soutien des militants à la hauteur de 95,1% des voix. Une participation de 66% a été constatée » déclare le patron des socialistes de la Haute-Garonne.

95 % des voix mais uniquement 311 votes

Les chiffres officiels sont flatteurs. Mais la réalité est moins reluisante. Pour les Municipales 2020, le PS a inauguré un vote élargi à l’ensemble des sections de la Métropole toulousaine. Malgré cette montée en puissance, on est très loin des scores des précédentes municipales : 705 voix pour Pierre Cohen. Et il s’agissait uniquement de votes toulousains, sans l’appui des 36 communes de Toulouse Métropole : Tournefeuille, Colomiers, Brax, Blagnac…

Nadia Pellefigue et Claude Raynal ont obtenu 311 votes sur les 349 votants. Le reste des suffrages se répartit entre les « blancs et les nuls » (22 ) et les 16 voix obtenues par le seul concurrent du tandem.

Afin d’éviter un décompte entre vote « toulousain » et « métropolitain » une seule urne était prévue. Il est impossible de dire combien de toulousains ont voté pour le tandem. C’était, d’ailleurs, le but de la manoeuvre. Une estimation évoque toutefois entre 120 et 140 militants toulousains ayant voté pour le ticket « Pellefigue-Raynal ».

66% de participation (version officielle) ou 71% d’abstention ?

Sébastien Vincini donne le chiffre de 528 militants, représentant la section de Toulouse et les 36 autres sections de la Métropole. C’est sur cette base que le 1er fédéral calcule le taux de participation. Mais il existe un autre chiffre : 1230. C’est le nombre d’inscrits et là le taux de participation est beaucoup plus faible…29,1%.

34 ou 71,69 % d’abstention, ce n’est pas vrai pareil. Avec une abstention largement au dessus de 50%, difficile de parler de « vitalité ».

A noter que pour le dernier Congrès, la participation était de 48% sur l’ensemble de la Fédération du PS 31. 856 militants s’étaient déplacés. S’agissant des Municipales de 2014, 742 militants de la section de Toulouse ont participé à la désignation de Pierre Cohen.

Laurent Dubois (@laurentdub)

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