02 Nov

Municipales à Toulouse : quels sont les candidats pour la tête de liste Archipel ?

Un écologiste, un conseiller municipal et une avocate sont candidat(e)s pour prendre la tête de la liste Archipel Citoyen.

 

Le collectif Archipel Citoyen a dévoilé en octobre dernier sa liste pour les Municipales de mars prochain. La seconde étape (décisive) est de désigner une tête de liste. Cette désignation doit se dérouler le 15 novembre prochain. La méthode n’est pas encore arrêtée et des réunions de travail sont prévues afin d’arrêter un modus operandi.

Deux options sont sur la table : une investiture par (et parmi) les 70 candidats déjà investis ou un vote citoyen.

En attendant le choix du procédé, des candidatures (à la tête de liste) viennent d’être déposées. L’écologiste Antoine Maurice, l’ex socialiste Romain Cujives, l’avocate Claire Dujardin, l’ancienne figure du DAL, François Piquemal ou encore le fondateur d’Archipel Citoyen, Maxime Le Texier se sont, selon nos informations, déclarés candidats.

Cette liste n’est pas vraiment une surprise. Mais la candidature du conseiller municipal Europe Écologie-Les Verts, Antoine Maurice, mérite d’être soulignée. Les écologistes ont publiquement (et vertement) exprimé des réserves sur le mode de fonctionnement d’Archipel Citoyen. L’éventualité d’un départ des Verts a même été ouvertement évoquée lors de la dernière assemblée générale d’EELV. Le fait qu’Antoine Maurice se déclare candidat pour la tête de liste d’Archipel montre que le divorce n’est pas encore consommé.

Laurent Dubois (laurentdub)

01 Nov

Historique : pour la première fois, pas de liste PS aux municipales à Toulouse

C’est une première depuis quasiment 50 ans et la création du PS. Le Parti socialiste n’a pas de liste aux Municipales à Toulouse.

Dans les locaux du PS 31 (Photo : MaxPPP)

L’information est passée inaperçue. Mais elle est politiquement et symboliquement forte. En octobre dernier, le bureau national du PS a décidé de soutenir une liste pour les Municipales à Toulouse.

Autrement dit, pour la première fois depuis 1971, le PS ne va pas investir de candidat. Une vraie rupture dans la vie du Parti socialiste toulousain. Toulouse et le PS entretiennent une relation forte. La ville Rose a hébergé plusieurs congrès importants. Par tradition, les candidats socialistes tiennent leur dernier meeting dans la cité de Jaurès.

S’agissant des municipales, à chaque élection, un socialiste a porté les couleurs du parti. Raymond Bazerque en 1971. Alain Savary en 1977. Gérard Bapt en 1983. Jacques Levy en 1989 et 1995. François Simon en 2001. Pierre Cohen en 2008 et 2014.

Si on ajoute la période SFIO, c’est une histoire longue de 75 années qui se clôture en 2019. En juin dernier, le PS de la Haute-Garonne a essayé de maintenir la tradition. En marge de ses statuts, la fédération départementale a investi deux chefs de file.

Mais l’expérience (inédite) ne visait pas à investir une tête de liste comme dans le passé. À 6 mois du scrutin, elle se conclut par une décision de soutien à une liste allant du PS en passant par le PCF, le PRG et une composante qui se veut (conformément à la mode du moment), citoyenne.

Le patron des socialistes de la Haute-Garonne, Sébastien Vincini, se console en insistant sur le fait que cette liste est menée par une socialiste. C’est parfaitement exact. Nadia Pellefigue est membre du Parti socialiste et siège au conseil régional dans le groupe PS.  L’équipe de campagne de l’élue régionale est également (largement) composée de membres du PS.

Mais la candidate socialiste insiste elle même sur une évidence. À la différence d’un Pierre Cohen ou d’un Gérard Bapt, elle n’a pas été investie par les militants pour être la tête de liste des socialistes aux Municipales.

Détail révélateur. Lors de sa dernière opération de tracatage, le logo du PS ne figurait pas sur les documents de campagne de Nadia Pellefigue. Socialiste lorsqu’elle siège au conseil régional, Nadia Pellefigue cultive sa propre marque de fabrique quand elle fait campagne pour les Municipales.

Depuis des décennies, Toulouse et la Haute-Garonne sont considérées commme un fief du PS. Les législatives de 2017 et la perte de la quasi totalité des sièges, a déjà marqué un tournant. Les Municipales de 2020 constituent une nouvelle étape dans l’éclipse du Parti socialiste.

 

 

30 Oct

Municipales : Les Républicains de Toulouse contraints de recadrer une photo pour masquer une affiche anti-Macron

En annonçant l’investiture de Jean-Luc Moudenc par son parti pour les municipales, la présidente départementale des Républicains a publié une photo où l’on voyait une affiche anti-Macron, qui faisait tâche après l’annonce du soutien de LREM au maire sortant.

Capture d’écran de la photo sur Twitter avant sa suppression

Oh, la boulette ! Apparemment, l’alliance entre La République en Marche (LREM) et Les Républicains (LR) pour les élections municipales de Toulouse n’est pas encore entrée dans toutes les têtes des militants.

« Avec Macron c’est vous qui payez l’addition »

Mardi 29 octobre, la présidente des Républicains de Haute-Garonne, Laurence Arribagé, a annoncé que le maire sortant (et membre de LR) Jean-Luc Moudenc a obtenu l’investiture de son parti par la commission nationale d’investiture (CNI). Son compte Twitter publie alors une photo où on la voit aux côtés de la sénatrice Brigitte Micouleau.

Derrière les deux femmes, attablées, une affiche au mur :

Avec Macron, c’est vous qui payez l’addition

Il s’agit d’un slogan lancé en 2018 par le parti Les Républicains (présidé à l’époque par Laurent Wauquiez) qui lançait alors une offensive au sujet du pouvoir d’achat visant les mesures prises par le gouvernement et Emmanuel Macron.

Oui mais voilà, depuis, de l’eau (de la Garonne) a coulé sous le Pont-Neuf !

LREM et LR désormais alliés derrière Jean-Luc Moudenc

Lundi (la veille donc), comme prévu, La République en Marche (LREM) a annoncé son soutien à Jean-Luc Moudenc pour les municipales de mars prochain.

Les opposants d’hier sont donc les alliés de demain. Les opposants nationaux sont les alliés locaux. De quoi devenir schizophrènes !

Et là, forcément, l’affiche anti-Macron, c’était une boulette. Le tweet a donc été supprimé puis republié avec une photo recadrée, dans laquelle on ne voit plus qu’un petit bout de l’affiche (et accessoirement plus la sénatrice Micouleau).

Mais internet a de la mémoire et la photo même supprimée est facile à retrouver. C’est celle qui figure en haut de cet article.

Contactée, Laurence Arribagé reconnaît que c’était bien une boulette. Mais relativise.

L’essentiel du message n’était pas là, je pense (Laurence Arribagé).

Certes. Ce petit accident montre bien cependant que travailler ensemble localement quand on se combat politiquement au niveau national est un exercice compliqué.

FV (@fabvalery)

24 Oct

Municipales : la valse des étiquettes ?

Photo Alexandre Marchi (Max PPP)

Verra-t-on les logos des partis politiques sur les panneaux d’affichage en mars prochain ? Rien de moins sûr à l’heure où listes citoyennes, de société civile ou sans-étiquette semblent faire l’unanimité.

« Quand je me suis présenté pour la première fois, il y a 32 ans, j’ai mis l’étiquette, et je ne le referai plus ». Jean-Louis Puissegur le dit en souriant mais il s’en souvient encore. Celui qui se dit toujours socialiste, « ça fera plaisir aux copains », reconnait qu’afficher son étiquette « ce n’est pas porteur de voix quand on se présente sur des communes petites et moyennes ».

Campagne des villes et campagne des champs »

Comme beaucoup d’élus, le vice-président de l’AMF estime qu’il y a bien deux géographies politiques différentes en fonction des terres d’élection : celles des métropoles et les autres. Dans le premier cas, la stratégie est forcément plus politique, dans les villages, le candidat à la mairie se doit de faire consensus et de réunir le maximum de bonnes volontés pour son équipe et de voix pour la cohésion.

En ce sens, le Sénat qui a adopté le 15 octobre dernier  l’amendement de la loi « engagement et proximité » mettant fin au « nuançage politique » pour les communes de moins de 3500 habitants a vu juste. En effet jusqu’à présent, les  élus pourtant déclarés sans étiquette se voient systématiquement attribués une « couleur » politique : Divers Gauche ou Divers Droite.

Sans étiquette, indépendant ou non-inscrit »

Mais certains voudraient aller encore plus loin. Quand Denis Wattebled, sénateur du Nord, interpelle Christophe Castaner lors des questions au gouvernement, il évoque notamment un seuil pouvant aller jusqu’à 9000 habitants. Les nuances « sans étiquette », « indépendant » ou « non-inscrit » pourraient ainsi être rajoutées dans les grilles de classement des préfectures.

Du côté d’En Marche, le débat est clos. « Nous avons tranché. Au-dessus de 9000 habitants c’est la commission nationale d’investiture qui arbitre le soutien ou l’investiture, en dessous nos marcheurs s’organisent » explique le référent d’En Marche en Haute-Garonne. « Nous on travaille sur un socle de valeurs et propositions » assure-t-il. Mais alors en est-ce fini des partis politiques ? « Oui, si c’est pour tout bâtir autour d’une idéologie ou d’un dogme, c’est mort » assène Pierre Casteras.

De nouvelles formes de militantisme

« Il y a aujourd’hui de nouvelles formes de militantisme, notamment chez les jeunes et autour d’une fibre écolo et environnementale ». Et le marcheur de reconnaître que de toute façon  son mouvement n’est pas en mesure d’emporter une majorité municipale sous ses seules propres couleurs. Ce qui est le cas de bon nombre de partis actuellement.

Patrick Noviello (@patnoviello)

« Elections Municipales : avec ou sans étiquettes ? », ce sera le thème de Dimanche en Politique cette semaine.

23 Oct

Nouvelle direction de LR : Aurélien Pradié nommé secrétaire général

Le député du Lot intègre l’un des postes-clé de la nouvelle direction du parti de droite. Une droite qu’il veut désormais « sociale et non plus ultra-libérale ».

Aurélien Pradié, hier, au siège des Républicains à Paris. Photo Christophe Morin IP3/Max PPP

« Je dois vous avouer que je n’ai pas fait campagne pour ce poste. Il y a donc un effet de surprise » reconnaît avec humilité le lotois. « Je n’ai pas le profil type car très jeune (NDR : 33 ans) et je n’ai pas grandi dans le parti » argumente-t-il. Et pourtant c’est bien sur lui ainsi que sur Guillaume Peltier qui avait renoncé à se présenter face à lui que Christian Jacob le patron des Républicains va s’appuyer.

« J’ai confiance en lui comme lui a confiance dans la nouvelle génération» affirme Aurélien Pradié. Et l’ancien maire de Labastide-Murat d’expliquer que s’il a accepté cette fonction c’est parce que « la direction a été profondément remaniée ». Son crédo : « une droite sociale en rupture avec une droite ultra-libérale ».

Le chantier est juste colossal »

« Le chantier est juste colossal » admet sans détour le nouveau secrétaire général de LR qui veut remettre tout le monde au travail « avec discrétion et beaucoup d’humilité ». « Il faut montrer aux français qu’on a compris le message qu’ils nous ont adressé dans les urnes ». Les Républicains souhaitent désormais s’emparer de thématiques plus sociales. Parmi elles, certains sur lesquelles il a déjà travaillé contre le handicap ou les violences conjugales.

Le nouvel état-major cogitera aussi sur l’alimentation, les salaires ou encore le logement. « Pour cela, nous ferons aussi rentrer des gens qui vont nous perturber dans notre réflexion » n’hésite pas à préciser le député du Lot. D’ici le printemps un congrès fondateur sur les idées devrait d’ailleurs être organisé.

Les Municipales : une étape importante parce qu’elles marquent l’ancrage territorial »

Première échéance électorale sur laquelle Aurélien Pradié étrennera sa nouvelle fonction : les élections municipales en mars prochain. « Elles seront une étape importante parce qu’elles marquent l’ancrage territoriale » souligne-t-il. A ce sujet, il l’assure, nommé secrétaire général du parti, il ne compte pas pour autant oublier sa terre d’élection : « je ne passerai jamais plus de temps à Paris que dans le Lot ». Une démarche que bon nombre d’anciens dirigeants de LR n’avaient sans doute pas suffisamment appliquée.

Patrick Noviello (@patnoviello)

Municipales à Toulouse : qui se trouve derrière les « démocrates musulmans » ?

L’union des démocrates musulmans français (UDMF) veut présenter une liste aux Municipales à Toulouse. Qui représente ce parti localement ? Quels sont les liens avec les Frères musulmans égyptiens ? Éléments de réponse.

UDMF

 

 

Les « démocrates musulmans » sont présents à Toulouse. Ils préparent une liste pour les municipales. Une implantation locale qui repose sur une figure toulousaine au parcours chaotique.

Un représentant local au parcours chaotique

Mhamdi Taoufik gère une société de garde du corps. Mais, entre deux contrats, le Toulousain, originaire du quartier du Mirail, milite activement au sein de l’UDMF. il travaille à la constitution d’une liste aux Municipales.

Avant de fonder, en janvier 2019, une PME spécialisée dans la protection rapprochée, Mhamdi Taoufik a passé 17 ans comme agent de sécurité à l’aéroport de Toulouse-Blagnac. Mais, en avril 2015, il est licencié « pour cause sérieuse et réelle ». Un licenciement qui intervient 5 mois après une perquisition menée, dans le cadre de l’état d’urgence, à son domicile toulousain. L’opération n’a pas eu de suite judiciaire.

Après la perte de son emploi, l’ex agent de sécurité s’est reconverti en se mettant à son propre compte. Selon nos informations, il s’investit dans les quartiers. Pendant un temps, Mhamdi Taoufik est proche d’un mouvement politique, Tous pour Toulouse. Son fondateur, Ahmed Darhour, envisage de participer aux municipales de 2020. Le mouvement est décrit comme un mouvement des « quartiers » qui porte des revendications sociales. Mais il n’a pas de connotation confessionnelle ou communautaire.

Mhamdi Taoufik a pris ses distances avec Tous pour Toulouse. Il est maintenant un membre actif d’un parti qui officiellement se veut laïque et républicain. Mais qui est considéré, par les services de renseignement, comme proche de la confrérie des Frères Musulmans.

 

« les démocrates musulmans », vitrine des Frères Musulmans

Contacté par France 3 Occitanie, Mhamdi Taoufik dément toute proximité entre son parti et les Frères Musulmans :  » je ne connais pas la politique des frères musulmans et nous avons aucun lien.  Ni subvention ni communication avec ce mouvement politique ». Le Toulousain ajoute :  » qui nous prouve que nous avons des liens avec ce parti qui se trouve à plus de 3500 km de Paris ? »

En revanche, pour les services de renseignement, les liens ne font aucun doute. Une source évoque des « faits objectifs établissant une proximité ». L’UDMF applique, selon un policier, les méthodes des Frères Musulmans : se faire passer pour des démocrates et arriver au pouvoir légalement comme en Egypte en 2011. Le but inavoué de l’UDMF serait identique aux objectifs des Frères Musulmans. A savoir, la volonté d’instaurer un califat et la charia, tout en se dissimulant derrière des apparences démocratiques et républicaines.

A l’image des Frères Musulmans, l’UDMF est qualifiée de danger par les services de renseignements . Non pas en terme de risque terroriste. Les Frères Musulmans ne prônent pas l’action violente. Mais ils sont assimilés à un « faux nez » des islamistes cherchant à influencer la société avec un objectif principal : faire sauter la digue de la laïcité.

Cette analyse est confirmée par un spécialiste de l’Islamisme, Mahomed Sifaoui. Pour le journaliste, auteur d’un récent ouvrage sur les Frères Musulmans, « la proximité entre l’UDMF et les Frères Musulmans est évidente. Il s’agit d’une proximité idéologique qui se traduit par des marqueurs communs notamment la promotion du voile, l’antisionisme et une critique de la laïcité ».

des proches des Frères Musulmans en campagne à Toulouse?

Les « démocrates musulmans » vont-ils s’implanter à Toulouse à l’occasion des municipales? Pour une source, c’est parfaitement possible car la ville Rose est considérée comme un terreau propice aux thèses communautaires. Un acteur des quartiers toulousains est beaucoup plus sceptique et invoque des contraintes pratiques : le manque de ressources humaines et matérielles.

Le vrai obstacle viendra (peut-être) du sénat et d’une proposition de loi visant à interdire les listes confessionnelles.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

22 Oct

Impôts locaux à Toulouse : pour la socialiste Nadia Pellefigue, Jean-Luc Moudenc insulte l’intelligence des toulousains

Passe d’armes entre le maire LR (sortant) de Toulouse et la candidate du PS au sujet de la fiscalité locale.

Nadia Pellefigue

Cinq mois avant le scrutin des Municipales, Jean-Luc Moudenc démine le terrain. Le maire sortant de Toulouse tente de désamorcer le principal passif de son bilan : une augmentation de la fiscalité locale. Une augmentation justifiée, selon Jean-Luc Moudenc, par un héritage de la précédente municipalité.

Pour effacer les ardoises, Jean-Luc Moudenc met avant la suppression (progressive), décidée par le gouvernement, de la taxe d’habitation. La hausse votée à Toulouse est compensée, selon lui, par la décision venue de Paris. L’argument est douteux. Sans une augmentation des impôts locaux, le gain pour les Toulousains aurait été plus net. Mais, surtout, une partie de la population (dont le revenu fiscal est supérieur à 27 432 euros pour une personne seule) n’est pas concernée par l’allègement de la taxe d’habitation.

Ce dernier point a été soulignée par l’opposition municipale socialiste. Mais c’est de l’extérieur du conseil municipal (mais toujours de l’intérieur du PS) qu’est venue la critique la plus cinglante.

La candidate socialiste aux prochaines municipales, Nadia Pellefigue, estime que Jean-Luc Moudenc « insulte l’intelligence et la mémoire des toulousains ». L’élue régionale insiste sur le fait que l’augmentation des impôts locaux, décidée en avril 2015, était contraire à une promesse de campagne de Jean-Luc Moudenc.

La socialiste ne met pas en avant des arguments chiffrés ou « fiscaux ». Nadia Pellefigue se place sur le terrain éthique : « Faire ce qui est dit et dire ce qui est fait est le premier respect dû aux habitants. Le reniement de la parole donnée abîme la démocratie et contribue à la défiance des citoyens envers les citoyens ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

Une « première » pour des Municipales à Toulouse : une liste musulmane

Une liste « union des démocrates musulmans » est en cours de constitution pour les Municipales à Toulouse.

UDMF

C’est une première dans la ville Rose. L’Union des Démocrates Musulmans Français (UDMF) est en train de constituer une liste pour les Municipales de 2020. Toulouse a connu (et expérimente encore) des listes citoyennes ou alternatives. En 2001, les Motivé-e-s ont (notamment) bousculé le jeu politique. Aujourd’hui, c’est Archipel Citoyen qui essaie de casser les codes. Mais, jusqu’à présent, les couleurs confessionnelles ont été absentes.

Cela peut changer pour les Municipales de 2020. Une liste, revendiquant une identité musulmane, se prépare. Un de ses promoteurs, Mhamdi Taoufik, annonce : « nous aurons 70 noms, 35 hommes et 35 femmes ».

Gratuité de la cantine et des transports, remise à plat de l’attribution des subventions aux associations. Mhamdi Taoufik précise que le programme est en cours de finalisation. Mais il existe des grandes lignes.

Entre les intentions et un dépôt en préfecture, il existe parfois un fossé. L’existence d’une liste n’est pas encore acquise. Mais l’intention est claire. L’UDMF veut faire entendre sa voix sur Toulouse. Le parti, créé en 2012 par Nagib Azergui, a déjà participé à des élections : les Européennes 2019. Le score obtenu (au niveau national) est particulièrement faible : 0,13 % des voix. Dans les bureaux de vote toulousains, les « démocrates musulmans français » ont décroché 0,05% des suffrages exprimés et…68 voix.

Mais l’UDMF veut de nouveau tenter sa chance pour les municipales à Toulouse comme dans le reste de la France.

Cette participation au scrutin soulève une levée de bouclier. Le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, dénonce un parti qui « selon lui ne respecte pas les lois de la République ». Le patron des sénateurs LR, Bruno Retailleau va également déposer une proposition de loi pour interdire les listes confessionnelles.

De son côté l’UDMF  se revendique comme un mouvement « non confessionnel, laïc et profondément républicain ». Son fondateur, Nagib Azergui « compare l’UDMF à l’Union Chrétienne Démocrate en Allemagne ou au Parti chrétien-démocrate en France ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

Municipales à Toulouse : les écologistes restent au sein d’Archipel Citoyen mais…

Dysfonctionnements et dévoiement de la démarche. Les écologistes critiquent la démarche d’Archipel Citoyen. Mais ils restent…pour le moment.

Photo MaxPPP

Le rendez-vous est fixé depuis plusieurs mois. L’assemblée générale d’Europe Ecologie qui s’est déroulée ce 17 octobre a toutefois pris une tournure particulière. Le but initial était de faire un point sur l’engagement des écologistes dans la démarche d’Archipel Citoyen. La réunion s’est transformée en « stop » ou « encore ».

Les militants devaient se prononcer sur deux motions dont l’une proposait de sortir d’Archipel.

Une sortie motivée par deux constats : l’arrivée imprévue d’un ex-socialiste et le ralliement encombrant de la France Insoumise. En adhérant à la démarche d’Archipel Citoyen, les écologistes n’envisageaient de se retrouver sous le même toit que Romain Cujives.

Mais, surtout, ils doivent composer avec les Insoumis. Des écologistes vivent mal l’entrisme, les demandes (changement de nom et de procédure) et le manque de soutien financier des représentants de Jean-Luc Mélenchon.

Comme le précise un écologiste, « les gens viennent pour une vraie démarche citoyenne, ouverte et moderne. On se retrouve avec les vieilles méthodes et sur 12 candidats, ils nous en envoient 24 ».

Quelques heures avant le vote des militants, l’hypothèse d’un divorce était donc bien réelle. Mais elle s’est transformée (à l’unanimité) en un maintien… conditionnel. Antoine Maurice, conseiller municipal d’opposition et chef de files d’EELV à Toulouse, critique ouvertement et durement l’évolution d’Archipel.

« Nous observons aujourd’hui des dysfonctionnements et même un dévoiement de l’esprit de la démarche citoyenne au sein d’Archipel Citoyen » (Antoine Maurice)

Mais il précise : « Nous avons décidé de donner une dernière chance de réussir ce défi. Les jours qui viennent seront pour nous déterminants ».

Antoine Maurice ajoute : « En tout état de cause, l’écologie sera au rendez-vous ». Ces propos laissent la porte ouverte à une liste autonome et en dehors d’Archipel.

Une liste « autonomiste » ouvertement défendue par Régis Godec:

Face aux difficultés rencontrées dans la constitution de la liste participative, il ne faut pas écarter la possibilité de présenter une liste EELV aux municipales avec toutes les bonnes volontés et notamment tous ceux avec qui nous travaillons dans le projet Archipel Citoyen

Cette crise ouverte intervient à la veille de la désignation des candidats figurant sur la future liste d’Archipel Citoyen.

Laurent Dubois (@laurentdub)

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