01 Avr

Carnet de confinement (3) : la confiance règne…

Peut-on encore parler politique par les temps qui courent ? Plus que jamais. C’est l’objet de cette chronique.

Conférence de presse du Premier Ministre et du Ministre de la Santé le 28 mars dernier à Paris (Photo Geoffroy Van Der Hasselt/AFP.

Selon un sondage commandé la semaine dernière par France Info, plus d’un citoyen sur deux estiment que le gouvernement n’a pas pris la mesure de la gravité de la situation. Et ils sont près de 8 sur 10 à considérer que l’exécutif ne sait pas où il va. Paradoxe à relever, ce dimanche, le JDD, lui, publiait un autre sondage dans lequel la côte de popularité d’Emmanuel Macron bondit de 11 points et celle de son Premier Ministre de 6.

Une méfiance contagieuse

En période difficile, plus que jamais, la France se cherche peut-être un ou des Hommes providentiels… Enfin, et je m’arrêterai là pour les sondages, une dernière étude, elle, annonce que plus d’un quart des Français sont persuadés que le Covid-19 a été fabriqué en laboratoire. Bref la méfiance semble, elle aussi, contagieuse.

D’ailleurs plus le temps passe, plus l’union sacrée qui semblait se dessiner autour de l’état d’urgence sanitaire se fissure. La Ligue des Droits de l’Homme par exemple surveille la police après le vote du Parlement. « La Cellule de veille urgence sanitaire de Toulouse regrette l’installation d’un climat de défiance et d’une logique de répression, en lieu et place d’une réelle volonté d’apaisement et de pédagogie » explique son antenne locale dans un communiqué.

« En raison des restrictions drastiques apportées à nos libertés fondamentales dans la situation actuelle, la section de Toulouse de la Ligue des droits de l’Homme entend maintenir une vigilance rigoureuse à l’égard des mesures et décisions prises par les pouvoirs publics. Elle a en conséquence décidé de mettre en place une cellule de veille pour collecter toutes informations relatives à des mesures et décisions qui ne respecteraient pas scrupuleusement ces principes » poursuit la LDH.

(A nouveau) médecin malgré lui

Alors en qui avoir encore confiance ? La médecine ? Même là tout est contesté, jusqu’aux procédures elles-mêmes. L’appel de Philippe Douste-Blazy en atteste. L’ancien maire de Toulouse est aussi membre de la fondation de l’IHU de Marseille où l’infectiologue Didier Raoult a lancé des essais cliniques de traitement du Covid19 par chloroquine.

Philippe Douste-Blazy qui vient de renfiler sa blouse à Garche, lance un appel au Président de la République et au Ministre de la Santé pour l’utilisation de ce traitement. « Nous n’avons pas le temps d’attendre des essais cliniques qui seraient parfaits certes, mais qui arriveraient beaucoup trop tard pour beaucoup trop de malades ».

A l’opposé, le chef du service des maladies infectieuses au CHU de Toulouse est beaucoup plus mesuré. « Il y a eu un emballement très important sur des données virologiques de l’équipe de Marseille de niveau de preuve faible, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’intérêt mais cela veut dire que la démonstration est insuffisante pour l’instant » relativise le professeur Pierre Delobel.

Une grève et ça repart ?

Pas facile dans ce climat ambiant de défiance de rester un confiné serein. D’autant que le redémarrage ne s’annonce pas des plus guillerets. La CGT Service-Public a déposé un préavis de grève d’un mois en avril « contre les mesures antisociales de l’état d’urgence sanitaire », une façon aussi de rappeler que la réforme des retraites n’a pas eu le temps d’être adoptée.

« La situation de crise sanitaire ne doit pas servir à affaiblir les droits et protections des salariés. Au contraire, elle met en avant que rien ne sera plus comme avant et qu’il est plus que jamais urgent de donner satisfaction aux revendications des travailleuses et des travailleurs » précisent dans un communiqué la CGT Haute-Garonne, FSU et l’Union Syndicale Solidaire

Une fin de confinement qui démarrerait par une grève… Comme si la vie pourrait reprendre comme avant ? Je crois que je deviens méfiant moi aussi…

Patrick Noviello (@patnoviello)

27 Mar

Carnet de Confinement (2) : A la guerre comme à la guerre…

Peut-on encore parler politique par les temps qui courent ? Plus que jamais. C’est l’objet de cette chronique.

Emmanuel Macron à l’hôpital de Mulhouse mercredi 26 mars. Photo Mathieu CUGNOT / POOL / AFP

Opération Résilience

J’ai craint un moment qu’il apparaisse en treillis tel Georges W Bush en son temps. Emmanuel Macron s’est à nouveau exprimé, cette fois-ci de l’hôpital de Mulhouse, mercredi 25 mars, au beau milieu de tentes militaires. Je m’imagine les conseillers qui ont préparé cette sortie : « Cette fois-ci, il faut parler du terrain, plus de l’Elysée Monsieur le Président ! Mulhouse c’est bien ! » Ceux qui attendaient des informations sur la durée probable du confinement en seront pour leurs frais. La grande annonce du soir était « un plan massif d’investissement pour l’hôpital » après cette crise sanitaire.

Attribuer la décrépitude des moyens affectés aux hôpitaux à la seule mandature Macron serait malhonnête. Mais quand certaines voix se sont élevées pour demander un changement de cap, elles ont œuvré dans le vide. Y compris des élus du groupe majorité présidentielle à l’Assemblée Nationale. Le député de Haute-Garonne Sébastien Nadot, désormais « Non Inscrit » s’en souvient encore.

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25 Mar

Carnets de confinement (1) : « Quelle histoire ! »

Peut-on encore parler politique par les temps qui courent ? Plus que jamais. Ce sera l’objet de cette chronique.

Place du Capitole quasi-déserte, entre confinement et état d’urgence sanitaire. Photo Xavier De Fenoyl MaxPPP

Drôle de période… « Quelle histoire » comme avait dit Mitterrand quand il s’est retrouvé élu Président de la République. Voilà quelques jours je présentais une soirée électorale en me demandant ce que je foutais là à parler résultats, réactions et analyses à des téléspectateurs qui ne comprenaient pas plus que moi ce qui leur arrivait. Et me voilà maintenant « placé en quatorzaine » à la maison ne croisant que par intermittence femme et enfants.

A défaut de carnet de campagne…

Si tout s’était passé normalement, j’aurais préféré vous faire un carnet de campagne mais à défaut… N’ayez crainte, je ne vais pas rédiger le énième cahier de confinement et vous donner mes meilleures recettes de cuisine ! D’autres s’en chargeront mieux que moi.

Nous allons continuer à parler politique même si elle semble plus lointaine que jamais. Lointaine comme ce Parlement dont la grande majorité des élus sont retournés à leurs circonscriptions alors que leurs chambres votaient l’une des lois les plus importantes de ces dernières années.

Ils viennent de se prononcer, par procuration pour la plupart d’entre eux, sur un durcissement des sanctions pour ceux qui enfreignent le confinement. C’est le moment de donner l’exemple même si certains veulent continuer à agir, comme ils peuvent. Jean-Luc Lagleize député Modem de Haute-Garonne ouvre carrément son standard pour répondre aux questions de ses concitoyens.

Un parfum d’union sacrée autour de l’état d’urgence sanitaire ?

Pas exactement. « Ok, on vote tous mais on reste vigilants ». Voilà en substance le message de l’opposition qui veut qu’un contre-pouvoir persiste comme nous l’expliquait dans un article précédent Valérie Rabault chef du groupe socialiste à l’Assemblée et députée de Tarn et Garonne. En attendant députés et sénateurs de notre région (re)découvrent donc, comme nous tous, visioconférences et autres menus télétravaux quand ils ont la chance de ne pas être confinés…en zone blanche.

Au pire leur restera peut-être un bureau et sa liaison internet en mairie. Et justement tiens, ces maires que nous avions laissés perdus entre deux tours, lost in translation, que deviennent-ils ? Pas de confinement pour eux. Leur tâche ne leur en laisse pas le loisir. Après le combat contre la baisse des dotations de l’Etat, la suppression de la taxe d’habitation, les gilets jaunes et le grand débat, les voilà à nouveau en première ligne. Pas même le temps d’une campagne pour se reposer qu’on en retrouve certains se filmant pour les réseaux sociaux en train d’édicter les gestes barrières et autres mesures prises sur leur commune pour trier les malades.

 

A Castanet-Tolosan, Arnaud Lafon qui selon son propre compte à rebours (il ne se représentait pas) n’aurait plus été maire aujourd’hui fait un live Facebook  pour répondre aux questions de ses, toujours, administrés. Un peu plus loin au sud, à Saverdun, Ariège, Philippe Calleja, médecin généraliste de son état et maire de la commune s’y colle aussi.

C’est la guerre ou quoi ?

La mobilisation générale oui en tout cas. Comme celle des Régions. Dès le 15 mars au soir, Carole Delga était sur notre plateau pour annoncer son plan d’aide aux entreprises touchées de plein fouet par le confinement à venir. Depuis elle a échangé avec ses collègues présidents et opte, elle aussi, pour les réseaux sociaux, pour impliquer la Région dans la prévention. Et dernière initiative en date, elle appelle les producteurs locaux prêts à livrer leurs marchandises à se faire connaître pour monter une plateforme.

 

Une idée, à condition qu’elle se mette en place rapidement, a priori plus sensée que celle de notre Ministre de l’Agriculture. Didier Guillaume enjoint les français sans activité à aller travailler dans les champs et ce en pleine période de confinement :

Je veux lancer un grand appel à l’armée des ombres, un grand appel aux femmes et aux hommes qui aujourd’hui ne travaillent pas, un grand appel à celles et ceux qui sont confinés chez eux dans leur appartement, dans leur maison. A celles et ceux qui sont serveurs dans un restaurant, hôtesses d’accueil dans un hôtel, aux coiffeurs, à celles et ceux qui n’ont plus d’activité, je leur dis rejoignez la grande armée de l’agriculture française, rejoignez celles et ceux qui vont nous permettre de nous nourrir de façon propre, saine » Didier Guillaume, Ministre de l’agriculture

Une déclaration qui a valu cette réaction à un internaute de notre région, toujours décapant sur les réseaux sociaux : « Le gouvernement, lui, fait sa part du boulot : il est déjà aux fraises ».

Patrick Noviello (@patnoviello)

19 Mar

Municipales et Coronavirus : un élu de la Haute-Garonne refuse de siéger en plein confinement

Un conseiller municipal, élu dimanche dernier à Plaisance-du-Touch, refuse de participer à l’installation de la nouvelle municipalité. En plein confinement, ce serait, selon lui, « irresponsable ».

Rémi Démersseman. Conseiller municipal. Photo : RD

6 jours après le 1er tour des municipales, Plaisance-du-Touch organise son conseil municipal d’installation ce samedi. Les 33 élus de la commune doivent ce réunir. Mais il y aura (au moins) 1 absent. Le socialiste Rémi Démersseman s’est déplacé en 2008 lors d’une précédente « installation ».

Mais, cette fois-ci, l’élu local va rester chez lui. « Je refuse d’aller siéger, en plein confinement. C’est une mesure irresponsable alors que l’on demande aux Français de ne pas se regrouper » déclare Rémi Démersseman.

Je refuse d’aller siéger en plein confinement. C’est irresponsable alors que l’on demande au Français de ne pas se regrouper

Rémi Démersseman appartient à l’opposition municipale. Sa liste n’a pas réussi à sortir le maire sortant. La décision de l’élu  ne va pas « gripper » la machine et empêcher la réunion de samedi prochain. Mais, selon nos informations, d’autres élus locaux et parfois des maires envisagent de ne pas se déplacer.

Dans les communes qui maintiennent leur premier conseil municipal des mesures sont prises pour assurer une sécurité sanitaire.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

Tarbes et Confinement : polémique autour des conférences de presse (physiques) du Préfet et du maire

Le préfet des Hautes-Pyrénées et le maire de Tarbes continuent à organiser des conférences de presse en présence de journalistes, dans des lieux publics. Un media local dénonce une violation des règles de confinement.

Mairie de Tarbes

Le préfet des Hautes-Pyrénées a réuni la presse ce jeudi. Une rencontre « physique »  avec des journalistes sous la halle du Marché Brauhbant qui fait « tousser » un média local. Un site d’information tarbais pointe l’organisation de la conférence de presse : « nulle protection et nulle de distance…au risque de diffuser virus et microbes ».

Le média local s’interroge sur l’opportunité de réunir physiquement des journalistes : « indispensable à l’heure d’internet et des réseaux sociaux ? ».

Le maire de Tarbes, Gérard Trémèges, est également ciblé. « Mercredi, le maire de Tarbes tenait lui aussi une conférence de presse pour annoncer verbalement des mesures ensuite distribuées par communiqué ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

Coronavirus et confinement : des conseils municipaux quand même…

Si le second tour des élections municipales se dessine désormais en pointillés pour le 21 juin prochain, des maires ont d’ores et déjà été élus dimanche dernier. Alors comment vont-ils s’organiser en pleine épidémie de coronavirus et en période de confinement pour convoquer leur premier conseil municipal ?

PHOTOPQR/LA MONTAGNE/MAXPPP

Marc Péré a vérifié. Dans les communes de plus de 10 000 habitants, seul Jean-François Copé, à Meaux, a fait mieux que lui, d’un point, avec 76% des voix. Il doit donc comme tous les maires élus dès dimanche, s’atteler à l’organisation du conseil municipal, même si l’urgence est aussi ailleurs.

Réunion sans public mais avec la presse

A ce titre la salle des fêtes de l’Union est actuellement préemptée pour accueillir un pôle médical coronavirus d’ici ce vendredi. C’est donc dans une salle encore plus spacieuse, la Grande Halle, qu’aura finalement lieu le conseil municipal d’installation du maire. Ce sera pour dimanche à 17h30. « Y participeront les 33 élus et seulement sept administratifs » précise le maire Divers Gauche réélu.

En revanche, comme le préconisent déjà les Préfectures dans leurs recommandation « la réunion du conseil municipal se tiendra sans public ; seule la presse peut y avoir accès ». Ainsi n’est pas enfreinte, malgré le confinement, l’inaliénable obligation de publicité des débats.

Un quorum à réunir

A l’Union, comme ailleurs, les mesures barrière notamment celle de distance d’un mètre entre chaque personne seront respectées. Mais dans certains villages, aux installations plus restreintes, ce sera difficile. Cintegabelle n’aura pas ce problème.  « Nous serons 23 élus dans la salle des fêtes dans une configuration où on aurait pu rentrer 190 personnes » assure Sébastien Vincini.

Le nouveau maire socialiste est clair : « ceux qui ne se sentent pas de venir, ont des problèmes de santé ou autre ne sont pas obligés d’être là (une procuration est toujours possible). J’espère juste que le quorum sera réuni soit au moins la moitié, treize personnes ». Si ce n’était pas le cas il faudrait convoquer à nouveau  le conseil municipal avant mardi prochain.

Effectivement certaines voix s’élèvent déjà, comme ce conseiller municipal élu ce week-end en Tarn et Garonne : « Vous vous rendez compte qu’il y a eu 30 000 maires élus ce dimanche ! Ça veut dire 30 000 réunions organisées dans les trois jours qui viennent en France. Moi je suis convoqué samedi. Je m’en serais bien passé… »

Mais après…

Les conseils municipaux ont l’obligation légale de se réunir au moins une fois par trimestre. « On espère que dans trois mois la situation aura changé » espère Sébastien Vincini. Seulement une autre difficulté se présente pour les nouveaux maires : le vote du budget. Il doit se faire avant fin avril. « Et le débat d’orientation doit le précéder de 48 heures » précise Marc Péré. Mais la loi est la loi. Les nouveaux élus devront donc organiser tout ça là encore malgré le confinement.

Ultime défi qui attend ces élus du premier tour : la tenue des futurs conseils intercommunaux ou métropolitain en avril. Avec là encore du jamais vu : des assemblées mêlant nouveaux venus et anciens  élus en sursis ou pas.

Patrick Noviello (@patnoviello)

18 Mar

Municipales 2020 : un électeur de l’Aveyron lance une pétition pour obtenir l’annulation du 1er tour

Un électeur de l’Aveyron lance une pétition pour obtenir l’annulation du 1er tour des Municipales. Motif de la démarche : une forte abstention qui affecterait la sincérité du vote.

Un électeur aveyronnais (et ancien conseiller municipal) lance une pétition en ligne demandant l’annulation du 1er tour des municipales. Christian Caviale comprend le report du vote prévu dimanche prochain « face à la situation actuelle ». En revanche, l’habitant d’Espalion estime que le vote du 15 mars dernier s’est déroulé dans « des conditions discutables ».

Un 1er tour dans des conditions discutables

Christian Caviale pointe  » une baisse significative » de la participation en raison de l’épidémie qui frappe le pays. L’électeur aveyronnais cite l’exemple de sa commune : « un écart de 20,97 en moins est à enregistrer sur les résultats à Espalion…et vise un électorat de personnes âgées, qui est très important à Espalion ».

Une baisse significative de la participation

Christian Caviale reconnait que l’abstention n’est pas un motif juridique permettant d’obtenir l’annulation d’un scrutin. Néanmoins, il considère que la sincérité du 1er tour des municipales est atteinte. Le décalage dans le temps, décidé par le gouvernement, entre le vote du 15 mars et le 2nd tour pose également, selon lui, problème. « Les municipales forment un bloc…un délai bref (ndlr entre le 1er et le 2nd tour) demeure un gage d’égalité s’agissant des circonstances et du contexte électoral…(et) ne sera plus respecté « .

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

17 Mar

Coronavirus : comment s’organisent nos parlementaires ?

Valérie Rabault, présidente du groupe socialiste à l’Assemblée siégera à nouveau dès ce jeudi. PHOTO PQR/LE PARISIEN/MAXPPP

Valérie Rabault est remontée sur Paris juste avant l’annonce du confinement. La députée de Tarn et Garonne a décidé de passer cette période dans la capitale pour pouvoir y assurer son rôle de présidente du groupe PS à l’assemblée nationale. « Pour l’heure nous en sommes à la conférence téléphonique. J’en ai eu une d’une heure et demie ce matin avec tous les collaborateurs. On va maintenant passer en mode visio pour rendre la chose plus conviviale » explique-t-elle.

Questions au gouvernement en comité restreint »

Mais si Valérie Rabault a choisi d’être physiquement sur Paris, c’est que l’Assemblée Nationale va siéger à nouveau dès jeudi. La journée s’ouvrira par les questions au gouvernement où chaque groupe sera représenté par trois de ses membres puis examinera un projet de loi de finance rectificative pour débloquer des crédits liés à la crise sanitaire. « Le lendemain, nous examinerons le projet de loi sur les mesures d’urgence liées à la crise du coronavirus » précise Valérie Rabault.

Si ce projet de loi ne sera examiné que vendredi à l’Assemblée, c’est parce qu’il le sera d’abord au Sénat. Christian Bonhomme, lui, « attend des instructions ». Le sénateur L.R de Tarn et Garonne est redescendu dans sa circonscription. Il ne sait pas s’il peut se déplacer à nouveau vers Paris. Mais élu conseiller municipal à Caussade ce dimanche, il ne cache pas que sa semaine sera bien remplie de toute façon pour faire face à la crise sanitaire.

L’inconnue des Sénatoriales »

Pierre Médevielle, lui, a eu par téléphone son président de groupe UDI au Sénat et la consigne est claire : ne pas remonter à Paris. « Nous avons été consultés sur les trois textes et notre approbation est totale les concernant ». Pour le reste du travail, « nous avons des consultations par internet, et ça fonctionne bien » explique le sénateur de Haute-Garonne. En ce qui concerne les élections sénatoriales qui devaient se tenir en septembre, en revanche, c’est le flou le plus total.

« On devait être en campagne depuis début mars mais maintenant nous sommes en stand-by jusqu’au 21 juin, si le second tour des Municipales a lieu à cette date » explique l’ancien maire de Boulogne sur Gesse dont le siège de sénateur est renouvelable. Si les Municipales devait être encore repoussées en revanche, les sénatoriales le seraient aussi faute de grands électeurs.

Un contre-pouvoir à assurer »

Quoi qu’il en soit, le travail parlementaire ne sera pas totalement stoppé pendant les, au moins, quinze jours de confinement. « Il faut qu’il y ait un contrôle du gouvernement » rappelle Valérie Rabault. Comme le patron du PS l’avait indiqué ce matin sur C-News « la démocratie, même en temps de crise sanitaire, n’est pas intermittente ». Pour Olivier Faure, « il faut que les oppositions puissent exercer leur contre-pouvoir, et que nous ne passions pas dans une forme de gouvernement d’un seul ».

Patrick Noviello (@patnoviello)

16 Mar

Municipales Toulouse : plutôt que le second tour, la mobilisation face au coronavirus

Dès ce dimanche soir, l’ensemble des candidats qualifiés pour le second tour ou en position de fusionner, n’y croyaient plus vraiment. Ce lundi pour eux, ça ne fait plus aucun doute : oublions le second tour et pensons à la sécurité de tous.

Jean-Luc Moudenc lors du vote dimanche matin. Photo MaxPPP Xavier De Fenoyl

« Pour ma part, plus que jamais, avec les élus du Conseil municipal et les agents de la collectivité, je continue à me consacrer à la gestion municipale et métropolitaine des conséquences de la crise, afin de protéger les Toulousains. C’est mon unique préoccupation. » Le titre du communiqué du maire de Toulouse est clair : « on ne doit pas jouer avec la santé des personnes ». Le candidat Jean-Luc Moudenc n’est plus vraiment en campagne mais au travail pour protéger sa population.

La protection de nos concitoyens est la priorité absolue »

Du côté de ses adversaires sur ces Municipales, même démarche. Pierre Cohen et Antoine Maurice qui se sont réunis ce lundi matin n’ont pas parlé fusion de liste mais bel et bien riposte face à l’épidémie de coronavirus. « La protection de nos concitoyens est la priorité absolue. Nous avons souhaité tenir une première réunion au sujet des mesures à prendre pour permettre le bon fonctionnement des services publics et organiser les solidarités » explique Archipel Citoyen (27% des voix ce dimanche soir) dans un communiqué commun avec Pierre Cohen.

Et la liste de proposer un ensemble de mesures qu’elle prendrait au niveau de la municipalité si le second tour était maintenu ou si elle l’emportait : transformer Allô Toulouse en service d’aide et d’écoute contre la solitude, continuité des services publics municipaux de protection et de propreté, organisation des solutions de garde d’enfants pour les personnels des services publics essentiels, renforcement du service de portage de repas à domicile pour les personnes empêchées…

Le gouvernement doit prendre la mesure de l’angoisse des français »

« En attendant la tenue du second tour, nous nous tenons à la disposition de Jean-Luc Moudenc afin de contribuer à la mise en place de ces mesures » conclut Archipel dans son communiqué. « C’est à lui de voir s’il a besoin de discuter avec la liste qui se constitue » explique Pierre Cohen. Mais avec qui pourrait discuter Jean-Luc Moudenc ? Sa liste rivale ou ses conseillers municipaux d’opposition ? Du côté de la mairie, comme du candidat Moudenc, on dit ne pas avoir été contacté. « Une belle phrase dans un communiqué qui ressemble à une opération de com' » commente-t-on dans l’entourage du candidat sortant.

Quoi qu’il en soit, ces candidats toulousains comme l’ensemble de ceux qualifiés pour le second tour ce dimanche soir ont tous un point en commun. Ils attendent l’allocution du président ce soir à 20h. « Le Gouvernement doit prendre la mesure de l’angoisse des Français et la conviction (que seuls les scientifiques peuvent confirmer ou infirmer) d’une majorité croissante d’entre eux que voter dimanche c’est se mettre en danger : on ne doit pas jouer avec la santé des personnes ! » prévient le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc, candidat à sa succession.

Patrick Noviello (@patnoviello)

Second Tour des Municipales : Aurélien Pradié convaincu qu’il faut reporter

Aurélien Pradié, secrétaire général de L.R et député du Lot. Crédit Photo IP3 PRESS/ MAX PPP

Alors que le Président de la République doit à nouveau prendre la parole ce soir à 20h, pour le secrétaire général des Républicains il n’y a plus de question à se poser : le scrutin doit être reporté. « On prend des risques inconsidérés. Comment voulez-vous expliquer aux gens de se confiner alors qu’on leur demande de se rendre dans les bureaux de vote » affirme ce lundi le député du Lot.

On prend des risques inconsidérés »

Aurélien Pradié ne mâche pas ses mots : « On est collectivement responsable de la banalisation de cette crise liée au coronavirus ». Mais il explique également pourquoi le parti qu’il administre a souhaité ce premier tour. « Nous avons eu deux réunions à Matignon les 27 février et 12 mars. Tous les experts présents nous ont alors assuré qu’il n’y avait aucun risque quant à la tenue de ces élections » assure-t-il.

Le Premier Ministre, lui-même aurait plaidé pour que ses élections se tiennent selon le député. « C’est à ce moment-là que Gérard Larcher (Président LR du Sénat) a lui aussi soutenu le maintien des élections » précise Aurélien Pradié.

Samedi soir, un cap de franchi »

Seulement avant le premier tour, samedi soir, Edouard Philippe prend la parole pour annoncer un renforcement des mesures sanitaires notamment la fermeture des bars et restaurants. On franchit alors un cap dans le dispositif sanitaire face au coronavirus et à l’image du député du Lot de nombreux élus LR revoient leurs positions.

En attendant l’allocution présidentielle de ce soir, et une éventuelle annonce de report du second tour, Aurélien Pradié assistera à 17h à une réunion en Préfecture du Lot. Objectif : faire le point sur l’épidémie de coronavirus et la situation localement.

Patrick Noviello (@patnoviello)

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