11 Déc

Election à la présidence des Les Républicains : La Haute-Garonne a voté Wauquiez à 75%

Laurent Wauquiez. président de LR. Photo : Poujoulat/AFP

Laurent Wauquiez. président de LR. Photo : Poujoulat/AFP

Les chiffres viennent juste de tomber. Ce dimanche 10 décembre, en Haute-Garonne, 1847 votants ont participé à l’élection interne pour la présidence du parti Les Républicains. Cette participation est supérieure au niveau national. Et, s’agissant des scores des candidats, c’est Laurent Wauquiez qui arrive largement en tête avec 1396 suffrages et 75,6% des voix. Les concurrents du nouveau patron de la droite sont largement distancés. Florence Portelli arrive en deuxième position (299 voix, 16,2% des suffrages exprimés). Maël de Calan termine dernier (152 voix, 8,2% des suffrages exprimés).

Le résultat de Laurent Wauquiez est légèrement supérieur à son score national. Pourtant, en Haute-Garonne, Laurent Wauquiez ne disposait pas d’appuis forts parmi les personnalités de la droite départementale.

Laurent Dubois (@laurentdub)

Le député (PS) Joël Aviragnet auditionné par le juge électoral

L’élection de Joël Aviragnet fait l’objet d’un recours devant le juge électoral. Le député (PS) de la Haute-Garonne a été auditionné ce lundi 11 décembre par le conseil constitutionnel.

Joël Aviragnet (Photo : Vincent Isore / MaxPPP)

Joël Aviragnet (Photo : Vincent Isore / MaxPPP)

La procédure n’a rien d’extraordinaire. Mais elle n’est pas systématique. Tous les parlementaires dont l’élection est contestée ne sont pas forcement auditionné par le conseil constitutionnel. Mais le juge électoral a estimé utile d’entendre Joël Aviragnet. L’audition s’est déroulée cet après-midi en début d’après-midi. Les deux plaignants, Michel Monsarrat et Jean-Luc Rivière, ayant déposé le recours ont également été convoqués. Selon nos informations, la décision sera rendue en fin de semaine.

A noter que 9 recours ont été déposés, en ex-Midi-Pyrénées, s’agissant des législatives 2017. La procédure visant Joêl Aviragnet est la dernière en instance. Tous les autres dossiers ont débouché sur une validation des élections contestées.

Laurent Dubois (@laurentdub]

Lettre ouverte d’un militant à la présidente de l’ex-PRG, Sylvia Pinel : « Là Sylvia, trop, c’est trop ! »

Un militant déchire sa carte du Parti Radical de Gauche  et écrit à la présidente de l’ex PRG, Sylvia Pinel. La réunification des radicaux n’est pas la seule raison de cette démission. L’action politique de Sylvia Pinel est également épinglée.

Sylvia Pinel, députée et ex-présidente du PRG; Photo : AFP/Pavani

Sylvia Pinel, députée et ex-présidente du PRG; Photo : AFP/Pavani

La lettre fait le tour des réseaux sociaux. Postée sur Facebook, elle circule de mains en mains ou plutôt de messagerie en messagerie. Elle est signée par un adhérent du Parti Radical de Gauche ou, plus précisément, par un ex-militant du PRG. En effet, l’objet du courrier adressé à Sylvia Pinel est de présenter une démission. Après 10 ans dans les rangs des radicaux de gauche, un militant quitte le PRG. Ce départ est justifié par l’actualité du moment, à savoir la réunification des radicaux :

Nous nous sommes retrouvés à entamer des discussions « très poussées » avec le Parti Radical, nos cousins de droite. Dans la foulée de cette nouvelle apprise par la presse, nous avons su qu’un calendrier de fusion des deux partis était envisagé et qu’une date pour un « congrès de la réunification » était plus ou moins arrêtée…tu ne t’es même pas souciée du point de vue des militants. Jamais on ne nous a demandé notre avis sur ce rapprochement et/ou ses modalités. Et ce n’est pas le simulacre de consultation qui me fera dire le contraire. Là Sylvia, trop c’est trop !

Les conditions de la Fusion entre radicaux et la création d’un nouveau Mouvement radical ne sont pas les seuls griefs. Au delà de la méthode, c’est l’idée même d’une « maison commune » qui est critiquée :

Quand on réunit deux partis avec pour seule stratégie politique la réunification à marché forcée pour permettre aux dirigeants de l’un et de l’autre de ne pas disparaître…on court à la ruine collective.

Le « démissionnaire » ne justifie pas simplement sa décision par le baptême, ce samedi 9 décembre, d’un nouveau parti radical. Un parti qui revendique d’aller « d’Alain Juppé à Manuel Valls ». L’action et le bilan de Sylvia Pinel sont visés. Dès la première phrase de son courrier, l’ex-militant confesse avoir « beaucoup d’amertume ». Cet aveu se confirme pleinement s’agissant du rôle joué par Sylvia Pinel dans la réunion de la famille radicale.

En un an, tu as détruit tout ce que tes prédécesseurs avaient patiemment construit. Tu as dilapidé ce que les militants comme moi avaient pu mettre de leur énergie et de leur temps personnel pour faire vivre nos valeurs sur le terrain, de campagne en campagne, et au quotidien. Et pour finir, tu as choisi d’enterrer un parti que des hommes et des femmes (j’ai une pensée pour Robert Fabre et Michel Crépeau) ont contribué à ancrer dans le paysage politique par le biais d’alliances naturelles pour constituer des majorités sur des idées et des valeurs communes et dans le rassemblement clairement à gauche

Evidemment, la position d’un seul militant ne constitue pas un mouvement de fond. Mais le mécontentement est réel dans les rangs du PRG. Dans le fief radical de gauche du Tarn-et-Garonne, des militants ont quitté le parti. En Haute-Garonne, la fédération a adopté à une large majorité le principe d’une Réunification des Radicaux. Mais, là aussi, des oppositions se sont exprimées. La députée européenne de l’Hérault, Virginie Rozière, a publiquement exprimé son refus d’une fusion entre radicaux de gauche et radicaux de droite.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

04 Déc

La petite « esbrouffe » d’En Marche autour de l’élection de « son » 1er maire dans le Tarn

Les instances nationales d’En Marche saluent l’élection de leur 1er maire dans le Tarn. Un « petit » détail est passé sous silence : l’heureux élu ne portait pas l’étiquette En Marche.

Photo : MaxPPP/Tanguy

Photo : MaxPPP/Tanguy

Le parti d’Emmanuel Macron rêve d’un ancrage local et un Tarnais l’a fait. A l’occasion d’une élection municipale anticipée, un représentant d’En Marche a décroché une mairie. Depuis son élection, Raphaël Bernardin a droit à des lauriers de la part de l’état major national d’En Marche. Dans un communiqué de presse, La République En Marche salue une première. A peine le dépouillement terminé, Richard Ferrand, président du groupe LREM à l’Assemblée Nationale, a félicité l’heureux élu.

Le nouveau patron de la République En Marche, Christophe Castaner, a également salué la victoire du Tarnais.

Cette avalanche de lauriers laisse à penser que le Tarn et la commune de Saint-Sulpice offrent un premier succès local à En Marche. En réalité, le tableau est « arrangé ».  La vérité est beaucoup plus nuancée. Raphaël Bernardin ne portait pas l’étiquette En Marche. Lors d’un entretien accordé au Blog Politique, Raphaël Bernardin avait précisé s’être mis en congés de ses responsabilités locales au sein d’En Marche. Mais, surtout, le candidat a précisé ne pas avoir déposé de liste En Marche en préfecture. C’est, d’ailleurs, ce que rappelle, après le résultat du scrutin, le député LREM du Tarn, Jean Terlier.

terlier

La liste « En Marche » est, en réalité une liste « Un Avenir Ensemble pour Saint-Sulpice ». Comme l’a précisé Raphaël Bernardin à France 3 Occitanie, la liste est avant tout une liste locale et elle contient 2 Marcheurs sur… 25 candidats.

La 1ère victoire locale d’En Marche est, en réalité, le succès d’une liste locale, composée de personnalités issues de la société civile et du parti socialiste. Elle est « repeinte » aux couleurs d’En Marche après la victoire électorale. Il n’est pas évident que la même opération de communication se soit produite en cas d’échec. Se revendiquer En Marche ! quand ça marche, c’est une vieille recette de « l’Ancien Monde ». Les partis politiques ont l’habitude de voler au secours d’une réussite électorale.

Laurent Dubois (@laurentdub)

29 Nov

« RiFiFi » syndical au conseil départemental de la Haute-Garonne

Proche du parti socialiste, le syndicat Unsa accuse Sud-Solidaires de mensonges et de propos diffamatoires. Le conflit porte sur le financement des réceptions organisées par le président (PS) du département, Georges Méric.

Photo : Tardivon/MaxPPP

Photo : Tardivon/MaxPPP

Ce vendredi 24 novembre, le syndicat Sud-Solidaires a diffusé un tract portant sur l’augmentation des cocktails au conseil départemental de la Haute-Garonne. Le syndicat, majoritaire aux dernières élections professionnelles, insiste surtout sur le financement des réceptions.

Selon le syndicat, c’est une ligne du budget social du personnel qui finance les petits fours et les bouteilles de vin. Sud-Solidaires utilise le mot « scandaleux » et trouve anormal que le budget « communication » ne soit pas utilisé.

Cette position ne plaît pas du tout à un autre syndicat. Dans un courrier adressé à France 3 Occitanie, le responsable de l’Unsa, Alain Javazzo, qualifie Sud-Solidaires de « source d’information en partie mensongère et diffamatoire ».

L’Unsa défend clairement la position du conseil départemental. Ce n’est pas surprenant. Selon un vieux routier de l’hôtel du département : « l’Unsa est le « faux-nez » du PS ». Un « historique » du PS précise : « la déclaration de l’Unsa contre Sud provient directement du cabinet de Georges Méric. On peut en être certain ».

Un fait accrédite ces propos. Selon nos informations, plusieurs cadres et adhérents de l’Unsa sont également membres du parti socialiste. C’est le cas de son responsable, Alain Javazzo. Un adhérent appartenant à la section socialiste de Villefranche-de-Laurageais. Une syndicaliste Unsa est également une ancienne conseillère municipale du maire PS de Toulouse, Pierre Cohen.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

 

27 Nov

Sylvia Pinel victime d’un « putsch » au sein du comité directeur du PRG

Une motion de défiance a été votée contre la présidente des radicaux de gauche, Sylvia Pinel.

Sylvia Pinel, présidente du PRG. Photo : MaxPPP

Sylvia Pinel, présidente du PRG. Photo : MaxPPP

Officiellement, tout va bien. Le 15 novembre dernier, le PRG s’est réuni en comité directeur. Sur le site du parti, le compte rendu n’évoque absolument pas l’incident. Mais il est de taille. Une motion visant la présidente du PRG a été présentée par le numéro 2 du Parti, Guillaume Lacroix. Selon nos informations, elle a recueilli plus de 80 voix. Son but était de proposer un changement à la tête du PRG. L’ordre du jour était la fusion des radicaux. Le cas de Sylvia Pinel est venu se greffer sur cette actualité brûlante puisque dans 3 semaines un congrès doit sceller la réunification de la famille radicale.

Selon une source, le texte de la motion anti-Pinel peut se résumer à une idée : « Sylvia Pinel n’est pas à la hauteur ». Pour un cadre du parti, les auteurs de la motion ont avancé un argument de circonstance : les « Valoisiens » viennent de réélire leur président, Laurent Hénart. Le PRG pourrait en faire autant et remettre le mandat de Sylvia Pinel en jeu. La fusion des Radicaux est l’occasion de rebattre les cartes.

Un participant du comité directeur parle d’un « mini-putsch ». Pour aboutir, la motion devait réunir 2/3 des voix. Selon nos informations, le match s’est soldé par un quasi équilibre entre pro et anti-Pinel.

Un acteur de l’épisode évoque une réunion très « chaude ». Mais rien n’a transpiré en dehors du cénacle du PRG. Tout a été soigneusement calfeutré. En apparence, le calme est revenu et les « putschistes » n’ont pas obtenu la tête de Sylvia Pinel.

Néanmoins, la confrontation va laisser des traces. Dans plusieurs fédérations PRG, la fusion des radicaux fait grincer des dents. Ainsi, en Haute-Garonne, malgré une forte majorité en faveur de la réunification, des cartes n’ont pas été reprises ou ont été rendues. D’autres ont été acquises uniquement pour dire « non » au processus de fusion. Même chose dans le département de Sylvia Pinel, le Tarn-et-Garonne.

Dans ce contexte, une motion de défiance envers la présidente du PRG rajoute du trouble à un malaise de fond.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

13 Nov

L’ancien ministre (PS) Martin Malvy souhaite la réussite d’Emmanuel Macron…et s’explique auprès de ses camarades socialistes

L’ancien ministre (PS) et président de Région, Martin Malvy, déclare publiquement qu’il souhaite la réussite d’Emmanuel Macron. Il contacte ensuite la Fédération socialiste du Lot et dénonce un malentendu.

Martin Malvy, ancien président de Région et ex-ministre PS. Photo : MaxPPP

Martin Malvy, ancien président de Région et ex-ministre PS. Photo : MaxPPP

Ancien ministre, président de Région pendant 18 ans, conseiller général puis député du Lot, Martin Malvy est une figure du PS. C’est même LA personnalité socialiste de Midi-Pyrénées. Après un parcours politique exemplaire et son départ du conseil régional, Martin Malvy n’est pas simplement le président d’une importante communauté de Communes, Le Grand Figeac. C’est une véritable référence pour sa famille politique. Les paroles de Martin Malvy ont forcément du poids. Son interview sur le site d’un hebdomadaire local, La Vie Quercynoise, avait toutes les chances d’attirer l’attention. Mais, vu la teneur des propos, aucun doute, les oreilles vont se dresser.

Martin Malvy déclare :

Nous sommes à un moment de notre histoire politique qui est particulier et dont personnellement je souhaite qu’il réussisse. Parce que si Emmanuel Macron devait échouer, ce n’est pas seulement l’homme politique qui échouerait, c’est le pays tout entier qui échouerait, car aujourd’hui il ne resterait d’alternative que Mélenchon ou Le Pen. Je ne confonds pas les deux, mais je ne veux ni de l’un, ni de l’autre

Ces propos n’ont rien de provocateur. Un socialiste lotois, proche de Martin Malvy, précise : « Martin Malvy ne dit pas autre chose que Bernard Cazeneuve. Macron doit réussir parce qu’il n’y a pas d’autre solution« . Visiblement cette explication de texte n’est pas évidente. En tout cas, elle a échappé au principal intéressé c’est-à-dire à Martin Malvy. Selon nos informations, l’ancien président de Région a contacté la fédération socialiste du Lot pour démentir ou du moins revenir sur ses propos. L’ancien ministre socialiste aurait été mal compris. Ses propos sont mal retranscris. Dans une autre vie, Martin Malvy a été journaliste et il serait tombé sur un ex-confrère pas très professionnel.

Cette justification démontre une chose. Pour un socialiste « historique », il n’est pas simple de dire du bien d’Emmanuel Macron.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

10 Nov

Une élue d’Occitanie, l’ex-LR Jennifer Courtois-Périssé, à la direction d’En Marche ?

Une conseillère régionale d’Occitanie, Jennifer Courtois-Périssé, est sur une liste pour composer le 1er Bureau Exécutif du nouveau parti d’Emmanuel Macron. Particularité, elle vient de quitter le parti Les Républicains.

Jennifer Courtois-Périssé. Conseillère régionale d'Occitanie

Jennifer Courtois-Périssé. Conseillère régionale d’Occitanie

Le 18 novembre prochain, à Lyon, un vote à main levée va désigner le 1er Bureau Exécutif de La République En Marche (LaReM). Quatre listes sont en compétition et toutes n’ont pas les mêmes chances. Une jeune élue d’Occitanie est sur la liste « favorite ». La conseillère régionale, Jennifer Courtois-Périssé, est sur la liste qui doit, normalement, remporter le scrutin. C’est celle du futur délégué général du parti et actuel secrétaire d’Etat en charge des relations avec le Parlement, Christophe Castaner.

Une liste élue d’avance ?

Les élections internes peuvent toujours réserver des surprises. Mais LaReM est un parti créé par et pour Emmanuel Macron. Le chef de l’Etat a désigné Christophe Castaner. Le porte-parole du gouvernement est le seul candidat au poste de délégué général. Il est élu avant le vote. Mais Christophe Castaner « tire » également une liste pour le Bureau Exécutif et ses candidats sont bien partis pour être désignés. Ce scénario écrit d’avance fait grincer des dents en interne. Selon nos informations, des adhérents demandent un vote à bulletin secret. Ils ont bien compris que le vote à « mains levées » verrouille le scrutin car il est possible de savoir « qui vote pour qui ». Les éventuels dissidents doivent avancer à visage découvert et sont facilement identifiables. La crainte d’éventuelles « représailles » (sous forme, par exemple, de « black-listage ») peut retenir et contenir les « opposants » à la la liste Castaner. Une liste qui a d’ailleurs, sur le papier, 4 concurrentes. Malgré tout, la liste Castaner reste la mieux placée. La seule représentante d’Occitanie est bien partie pour décrocher le sésame.

Une ex-LR au Bureau Exécutif d’En Marche !

La liste Castaner repose sur des équilibres politiques. Elle inclut le président du groupe En Marche ! à l’Assemblée, Richard Ferrand. Mais elle intègre également le patron des sénateurs « macronistes », l’ex-socialiste François Patriat. Au-delà de la représentation des deux chambres, les origines politiques sont également prises en comptes. Des personnalités de droite et de gauche sont présentes. Les têtes d’affiches que sont Richard Ferrand et François Patriat sont issus du parti socialiste. Mais la droite n’est pas absente. C’est le cas de Jennifer Courtois-Périssé. La jeune élue locale a décroché des mandats locaux (conseil départemental, mairie de Rieumes, conseillère régionale) sous la bannière de la droite et du centre. Elle est la suppléante d’un sénateur qui a demandé à rejoindre le groupe LR au Sénat. Mais elle a démissionné des Les Républicains.

Jennifer Courtois-Périssé s’inscrit dans la mouvance de Gérald Darmanin. L’élue d’Occitanie est proche d’un ministre venant, lui aussi, des Les Républicains. C’est, d’ailleurs, cette proximité politique qui a permis à Jennifer Courtois-Périssé de gravir rapidement les échelons au sein de La République En Marche. Mais la conseillère régionale n’a pas souhaité rester dans son parti d’origine et faire jouer une « clause » des statuts d’En Marche : la double appartenance.

Laurent Dubois (@laurentdub)

26 Oct

13 députés d’Occitanie ont « oublié » de déclarer leurs assistants

En Occitanie, 13 députés n’ont pas déclaré leurs assistants parlementaires auprès de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP).

©Julien Mattia / Le Pictorium/MAXPPP - Julien Mattia / Le Pictorium - 12/07/2017 - France / Ile-de-France / Paris - Questions au gouvernement a l'assemblee Nationale. Julien Mattia / Le Pictorium - National Assembly: Questions to Government - 12/07/2017 - France / Ile-de-France (region) / Paris - Questions to the government at the National Assembly. (MaxPPP TagID: maxnewsworldfour326068.jpg) [Photo via MaxPPP]

Assemblée Nationale. Photo : MaxPPP

Les 49 députés d’Occitanie ont dû remplir une déclaration d’intérêts et d’activités. Le formulaire contient une rubrique « les collaborateurs parlementaires ». Depuis l’affaire Fillon et après le vote d’une loi interdisant les emplois familiaux, le job d’assistant est sorti d’un relatif anonymat. Avant la présidentielle de 2017, les « petites mains » de l’Assemblée n’étaient pas sous les projecteurs. Désormais, c’est un vrai sujet sensible. Dans ce contexte, on pouvait s’attendre à une certaine vigilance et à une véritable transparence. Mais plusieurs députés maintiennent une zone d’ombre. Ils ne mentionnent pas le nom et l’activité de leurs collaborateurs. Ces oublis volontaires touchent tous les partis et quasiment tous les territoires. Mais un département est particulièrement concerné : le Tarn.

Le Tarn, département le plus concerné

Les trois députés du département de Jaurès ne mentionnent pas le nom de leurs collaborateurs. Philippe Folliot, Jean Terlier, Marie-Christine Verdier-Jouclas appartiennent tous les 3 à la majorité présidentielle. Mais ce n’est pas le seul point commun. Les parlementaires du Tarn n’ont pas renseigné la case « nom » et « description des autres activités professionnelles exercées » de la rubrique « les collaborateurs parlementaires« . Cette absence d’information n’est pas synonyme d’une absence d’assistants à l’Assemblée. Ainsi, un parlementaire de la Haute-Garonne, Jean-François Portarieu, mentionne, dans sa propre déclaration, un assistant « partagé » avec le tarnais, Philippe Folliot. Il s’agit d’un collaborateur « basé » à Paris.

Dans un précédent article, Le Blog Politique a également évoqué le profil d’une assistante « locale » de Philippe Folliot : une suppléante qui est élue à la mairie d’Albi. Dans la même publication, le profil des assistants de Jean Terlier était mentionné : un couple d’enseignants. Bref, les assistants des députés tarnais existent bien…sauf dans les déclarations déposées auprès de la HATVP.

Des « oublis » dans tous les partis et quasiment tous les départements

Un département récolte la palme de l’exemplarité. Dans l’Aveyron, les trois députés (Anne Blanc, Stéphane Mazars, Arnaud Viala) ont non seulement mentionné mais également détaillé les noms et fonctions de leurs assistants. Même chose dans le Tarn-et-Garonne. En dehors de ces deux microclimats, tous les autres départements d’Occitanie sont concernés par des déclarations lacunaires. Tous les partis sont concernés. Même si La République En Marche est « bien » représentée : 9 députés sur les 13 « oublieux ». C’est paradoxal car le parti majoritaire est à l’origine d’un renforcement des règles sur la Transparence.

  • Ariège : Michel Larive (France Insoumise)
  • Aude : Danièle Hérin (La République En Marche), Alain Perea (La République En Marche), Mireille Robert (La République En Marche)
  • Gard : Annie Chapelier (La République En Marche)
  • Haute-Garonne : Elisabeth Toutut-Picard (La République En Marche), Jean-Luc Lagleize (Modem)
  • Gers : Jean-René Cazeneuve (La République En Marche)
  • Pyrénées-Orientales : Louis Aliot (Front National)
  • Hérault : Coralie Dubost (La République En Marche)

A côté de la catégorie des « mauvais élèves », on trouve une catégorie « intermédiaires ». Celle des députés ayant réduit la déclaration à sa simple expression

Des déclarations minimalistes

Un simple nom et pas de détail sur les fonctions exercées. Certains déclarants se contentent du strict minimum.

  • Haute-Garonne : Michaël Nogal (La République En Marche)
  • Haute-Garonne : Monique Iborra (La République En Marche)
  • Haute-Garonne : Sandrine Mörch (La République En Marche)
  • Tarn-et-Garonne : Sylvia Pinel (PRG)
  • Lozère : Pierre Morel-A-L’Huissier (UDI)
  • Pyrénées-Orientales : Sébastien Cazenove (La République En Marche)
  • Hérault : Philippe Huppé (La République En Marche)
  • Gers : Gisèle Biémouret (PS)
  • Gard : Olivier Gaillard (La République En Marche)

Tous les déclarants ne se contentent pas de remplir une case. Certains détaillent les activités professionnelles qu’exercent leurs assistants. Une activité parallèle à leur travail à l’Assemblée. Un député va plus loin et mentionne un lointain lien de parenté.

Les déclarations les plus complètes

Dans le Gard, Philippe Berta (La République En Marche) mentionne l’activité professionnelle de son assistant : professeur d’histoire. Même chose dans le Lot. La députée (LREM) Huguette Tiegna précise que sa collaboratrice est assistante de direction à mi temps et que son autre assistant est PDG d’une maison d’édition juridique. Toujours dans le secteur privé, la députée de l’Hérault Patricia Mirallès (La République En Marche) mentionne un assistant parisien inscrit au Barreau et avocat de profession. Le député héraultais, Christophe Euzet, indique employer comme assistant un chef d’entreprise. Dans le même département, ce sont un agent immobilier et un employé d’une société informatique qui sont déclarés par le député Nicolas Dumoulin.

Du côté du secteur public, on trouve plusieurs élus locaux qui exercent des fonctions d’assistant auprès d’un député :

  • Haute-Garonne : Joël Aviragnet (PS)
  • Hérault : Patricia Mirallès (La République En Marche)
  • Hérault : Emmanuel Ménard (Apparentée FN)
  • Pyrénées Orientales : Romain Grau (La République En Marche)

A noter que Romain Grau est le plus gros employeur d’élus locaux. Ses deux assistants sont maire-adjoint (Perpignan et Toulouges) et un des collaborateurs cumule un mandat municipal avec un mandat départemental.

La déclaration des assistants est née d’une volonté de transparence. Mais elle repose sur un principe : l’interdiction des emplois familiaux. Avant l’entrée en vigueur de cette disposition (en décembre prochain).Gilbert Collard continue à salarier sa femme. Mais deux parlementaires anticipent non seulement l’application de la nouvelle loi. Ils respectent scrupuleusement l’esprit de la nouvelle règle.

Le député (LR) de l’Aveyron, Arnaud Viala mentionne que l’un de ses assistants à un lointain lien de parenté avec lui : un cousin au…5ème degré. La députée (PS) du Tarn-et-Garonne, Valérie Rabault, mentionne dans sa déclaration que ses assistants n’ont avec elle aucun lien familial ou de parenté.

Enfin, dernière catégorie, la précision des fonctions. Le député (LR) Aurélien Pradié est incontestablement le « champion » en la matière. Le parlementaire lotois publie la fiche de poste de chacun de ses collaborateurs  : gestion de la permanence parlementaire en circonscription, gestion de l’agenda, accueil du public, administratif général, requêtes des citoyens, de projets des Collectivités et des dossiers d’actualité, communication, de l’information des citoyens, des actions participatives d’information sur la travail du député.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

23 Oct

A l’Assemblée , la députée (PS) du Tarn-et-Garonne, Valérie Rabault, épingle le « lobbying » d’un député En Marche !

Valérie Rabault a interpellé, en séance publique, un député auteur d’amendements favorables aux experts-comptables. Motif : le député en question préside la Fédération Nationale des…experts-comptables.

Valérie Rabault, Députée (PS) du Tarn-et-Garonne; Photo : MaxPPP

Valérie Rabault, Députée (PS) du Tarn-et-Garonne; Photo : MaxPPP

Jeudi 19 octobre 2017, les députés débattent du projet du loi de finances. Un amendement arrive en discussion. Il porte sur les Centres de Gestion Agréés et il vise à établir une nouvelle prérogative. Un contrôle des organismes sur leurs adhérents. En soi, l’amendement n°I-782 pose déjà question. Les services des impôts ont le monopole des contrôles fiscaux. Une délégation à des organismes privés est totalement contestable. Mais c’est surtout l’identité de l’auteur de l’amendement qui va déclencher un tir de barrage. Mohamed Laqhila est député des Bouches-du-Rhône. Mais, depuis 1991, il est surtout expert-comptable et président de la Fédération Nationale des experts-comptables et des commissaires aux comptes.

C’est, en tout cas, ce que précise la fiche Wikipédia du député En Marche. Le parcours professionnel de Mohamed Laqhila n’a pas échappé à Valérie Rabault. En pleine séance, la parlementaire socialiste a demandé à son collègue de la majorité d’éclaircir sa situation personnelle et professionnelle :

Monsieur Laqhila, je suis embêtée par les amendements que vous déposez. Je voudrais savoir si vous vous exprimez ici en tant que député ou en tant que président de la Fédération nationale des experts-comptables ! Nous avons tous eu un passé professionnel et cela est heureux, car je maintiens qu’il est souhaitable que les députés ne soient pas des apparatchiks, mais vous déposez des amendements qui ne portent que sur les OGA (ndlr : Organismes de Gestion Agrées) , et je voudrais savoir à quel titre vous le faites.

Dans les rangs d’En Marche ! le risque d’un mélange des genres est présent dans les esprits. Plusieurs parlementaires de la majorité rejoignent la préoccupation de la députée socialiste. D’ailleurs, selon nos informations, des députés soutiennent la démarche de Valérie Rabault et l’ont exprimé par Sms ou dans les couloirs de l’Assemblée . Les députés « macronistes » comptent dans leurs rangs de nombreux cadres d’entreprise ou des professions libérales. Le risque d’entrisme et de lobbying (plus ou moins avoué) est intégré par certains parlementaires de la majorité.


Valérie Rabault

A noter que l’amendement défendu par le « député-expert-comptable » a été rejeté.

Laurent Dubois (@laurentdub)