18 Nov

Duel au PS pour les législatives dans le Tarn

©MaxPPP

©MaxPPP

La compétition s’annonce épique et elle est unique en Occitanie. Un ancien conseiller de François Hollande et un ex-conseiller ministériel se disputent l’investiture du PS sur la même circonscription. Dans le département du Tarn, les législatives prennent un air de « Who’s Who » version Palais Nationaux. Patrice Bédier a été le premier à se déclarer. C’est au tour de Patrick Vieu d’officialiser sa candidature. A 51 ans, cet Albigeois d’origine, fils de l’ancien PDG de l’emblématique Verrerie Ouvière fondée par Jaurés, est le 1er fédéral du parti socialiste tarnais.

Énarque de formation et docteur en philosophie, Patrick Vieu a conseillé François Hollande sur les questions de mobilité et de développement durable. Depuis son départ de l’Elysée, l’ancien collaborateur du président de la République a rejoint le ministère de l’Environnement. Sa candidature aux législatives est sa première intrusion dans l’univers électoral. En juin 2015, Patrick Vieu est devenu le premier des socialistes tarnais. Mais il s’agissait d’un scrutin interne, sans véritable compétition et qui s’est réglée sur la base de jeux de personnes et de courants.

A priori, Patrick Vieu a une longueur d’avance sur son concurrent. En tant que 1er fédéral, le candidat à la candidature dispose de l’appareil départemental. Mais ce n’est pas aussi simple. Patrice Bédier aligne des soutiens au niveau des secrétaires des sections (notamment sur Castres et à Villefranche d’Albigeois) et des militants parfois influents. Le président du département et sénateur du Tarn, Thierry Carcenac est également un proche de Patrice Bédier.

A cela, il faut ajouter des critiques sur la gestion de la fédération du PS81 et un certain absentéisme de Patrick Vieu.

Le jeu reste ouvert. Mais une chose est certaine. La qualité de 1er secrétaire fédéral du nouveau candidat (déclaré) ne « plie » pas l’affaire.

C’est un vrai duel qui s’annonce. Un duel que le député sortant de la 1ere circonscription, Philippe Folliot, va observer de loin mais examiner de prés.

Des déchirures internes c’est jamais bon pour un parti. Mais c’est toujours bien pour les adversaires.

Laurent Dubois (@laurentdub)

Suite à la publication de l’article « Duel au PS pour les législatives », le 1er fédéral du Tarn souhaite réagir. Cette réaction est l’occasion d’une précision. Le constat d’un « certain absentéisme » repose sur les témoignages de militants socialistes. Des témoignages précis, concordants, et qui pointent une absence chronique aux réunions de la section d’Albi. Une des principales sections de la fédération départementale (avec Castres et Carmaux) et dans laquelle Patrick Vieu est adhérent. Un fait est également mis en avant par un militant. Lors de la contestation de la loi El-Kohmri, des manifestants se sont présentés devant les locaux albigeois et ont trouvé porte close. Le 1er fédéral était absent.

Dernière précision. La confidentialité des sources est protégée par la Loi et la pratique du OFF est incontestablement insatisfaisante. L’identification des sources est une plus value pour le lecteur et une garantie pour la qualité de l’information. Savoir qui « parle » permet de donner plus ou moins de poids aux propos tenus. Mais le OFF reste un mal nécessaire. C’est (trop souvent) le seul moyen pour informer. Dans un parti politique, tout le monde se connaît et se fréquente. Parfois des intérêts professionnels sont en jeu. Surtout au P. Le parti socialiste détient de nombreuses collectivités et les « encartés » travaillent avec des « patrons » qui sont également des « éléphants » du parti. Dans certains cas, il faut même être « encarté » pour être recruté dans une commune ou au conseil départemental. Sans la garantie du OFF, une omerta s’installerait. L’information a un prix (précieux) dans une démocratie. Elle a aussi (parfois) un coût : le OFF.

« Depuis l’arrivée de la nouvelle équipe fédérale, en juin 2015, les dépenses de la fédération ont été drastiquement réduites afin de ramener les comptes à l’équilibre, nos statuts ont été rénovés, la transparence restaurée, la gouvernance renforcée. Chacun, au sein de notre fédération, s’accorde sur ces avancées. Je regrette donc que vous vous fassiez l’écho de « critiques » qui, tout en restant dans l’ombre, ne sont étayées par aucun argument et ne correspondent pas à la réalité.

Quant à mon supposé « absentéisme », notre conseil fédéral s’est réuni sept fois depuis l’été 2015, précédé d’autant de bureaux fédéraux, tous en présence de l’auteur de ces lignes. Je n’évoque pas les nombreuses réunions du secrétariat fédéral et les nombreuses animations assurées dans la même période. Je ne vois donc pas à quel « certain absentéisme » vous faites allusion, du moins pour ce qui me concerne.

Il me semble que l’éthique journalistique commande de vérifier ses sources, à défaut de les dévoiler, et que la véracité des « faits » que vous rapportez aurait gagné à un examen contradictoire auquel vous auriez pu procéder si vous aviez bien voulu m’interroger avant de les publier. Je regrette que vous n’ayez pas jugé utile de prendre cette peine ».

Patrick Vieu

 

17 Nov

Le maire (PS) de Rodez Christian Teyssèdre rejoint Emmanuel Macron

Christian Teyssèdre, maire de Rodez. Photo : @AFP Eric Cabanis

Christian Teyssèdre, maire de Rodez. Photo : @AFP Eric Cabanis

INFO-BLOG POLITIQUE FRANCE 3 MIDI-PYRENEES. C’est le premier soutien de poids parmi les maires d’Occitanie. Le premier magistrat de Rodez et président de Rodez Agglomération, Christian Teyssèdre rejoint Emmanuel Macron. Ce n’est pas une surprise. Christian Teyssèdre ne cachait pas son intérêt pour la personnalité et le parcours de l’ancien ministre de l’Economie. Mais le maire de Rodez franchit un pas supplémentaire après l’officialisation de la candidature d’Emmanuel Macron. Christian Teyssèdre déclare au Blog Politique de France 3 Midi-Pyrénées :

Je soutiens Emmanuel Macron et je participerai à sa campagne

Christian Teyssèdre a donné sa signature dans le cadre des fameux « 500 parrainages ». Des parrainages indispensables pour participer à l’élection présidentielle. Selon nos informations, Emmanuel Macron dispose, pour le moment et sur l’ensemble de la France, de 200 parrainages.

Laurent Dubois (@laurentdub)

Un corbeau menace de mort les élus de Verdun-sur-Garonne (82)

Menaces de mort. Lettres anonymes. Insultes et agressions physiques. Dégradations. Dans le Tarn-et-Garonne, une commune vit dans un climat délétère. La nouvelle équipe municipale de Verdun-sur-Garonne subit, depuis plus d’un an et demi, des pressions permanentes. Des plaintes ont été déposées. La justice est saisie. Mais malgré des appels aux secours répétés, le préfet et le procureur de la République refusent de se saisir du dossier. Plusieurs demandes de rendez-vous ont été adressées à la préfecture et au parquet de Montauban. Elles sont restées lettres mortes. Enquête sur une drôle d’histoire.

La tour de l'horloge à Verdun sur Garonne (Photo : Google)

La tour de l’horloge à Verdun sur Garonne (Photo : Google)

Verdun-sur-Garonne, avec sa halle et sa tour de l’horloge, a toutes les apparences d’une cité paisible. Et, pourtant, derrière les murs et les façades se cachent de vives tensions. Depuis mars 2015, un « corbeau » déverse des lettres anonymes dans les boîtes aux lettres. Elus municipaux et habitants de la commune reçoivent des missives contenant des injures. Un cap est franchi avec un courrier manuscrit adressé le 30 septembre 2016 au maire de la commune, Aurélie Corbineau. Le texte est sans ambiguïté : « Tu vas me le payerJe vais te crever… J’attends le moment fatidique« .

Une préfecture et un parquet étonnamment silencieux

Des menaces aussi claires contre une élue de la République devrait mobiliser préfecture et parquet. En fait, le préfet du Tarn-et-Garonne estime que l’affaire n’est pas de son ressort. Aurélie Corbineau a sollicité plusieurs rendez-vous. Sans succès. Contactés par France 3 Midi-Pyrénées, les services préfectoraux déclarent : « les faits évoqués par la maire de Verdun-sur-Garonne relèvent du parquet. La préfecture accompagne par ailleurs les projets de la commune et la maire a été reçue à plusieurs reprises dans ce cadre ces derniers mois« .

D’un point de vue strictement juridique, la préfecture du Tarn-et-Garonne n’a pas (complètement) tort. L’engagement de poursuites dépend du procureur de la République. Néanmoins, le préfet est le « patron » des services déconcentrés de l’Etat dans son département. A ce titre, il peut donner des directives aux services de gendarmerie et de police. Tous les préfets de France et de Navarre le font régulièrement. Ainsi, lors de la manifestation des agriculteurs à Montauban, le 14 novembre dernier, le préfet du Tarn-et-Garonne était en première ligne. Sur le site de la préfecture, un bulletin d’information recense les effectifs de police et de gendarmerie mobilisés sur le terrain. Ce même bulletin fait un compte rendu des opérations des forces de l’ordre et notamment de l’utilisation de gaz lacrymogène

Visiblement, il existe une exception s’agissant de l’ordre public à Verdun-sur-Garonne. La préfecture du Tarn-et-Garonne se mobilise contre les cambriolages. En revanche, la protection fonctionnelle des élus (pourtant prévue par les textes) ne vaut même pas un rendez-vous entre les élus concernés et les autorités préfectorales.

Face à une menace de mort (proférée par écrit et au domicile privé d’un maire), le préfet refuse d’ouvrir sa porte ou de décrocher son téléphone et renvoie vers le parquet. Un parquet qui partage avec le préfet une même ligne de conduite : pas de communication avec la mairie. 6 plaintes et 2 mains courantes ont été déposées. Mais les demandes de rendez-vous sont classées sans suite. Contacté par France 3 Midi-Pyrénées, le parquet de Montauban ne souhaite pas s’exprimer.

Le silence du parquet n’est pas forcément synonyme d’inaction. Des enquêtes peuvent être menées en toute discrétion. D’ailleurs, selon nos informations, des analyses ont été effectuées par la gendarmerie sur la lettre proférant les menaces de mort. Néanmoins, l’attitude des pouvoirs publics est étonnante. Elle devient franchement troublante lorsque la mairie demande une protection pour la tenue d’un conseil municipal et que la gendarmerie… refuse. Mais, d’une manière générale, le « mutisme » et la « passivité » des pouvoirs publics interpellent.

Il existe peut-être une explication. En effet, Verdun-sur-Garonne est un véritable terrain miné. La gestion de la commune par l’ancienne majorité est entre les mains de la Chambre Régionale des Comptes. L’ancienne majorité est sur la sellette et son ex-patron est un proche du ministre Baylet. En langage administratif cela s’appelle une « patate chaude ».

Verdun-sur-Garonne, un terrain miné

Simple coïncidence ou conséquence ? Les premières manifestations du « corbeau » débutent avec l’intervention de la Chambre Régionale des Comptes (CRC). Le « verdict » doit tomber début 2017. Mais le rapport de la CRC risque de pointer de sérieux accrocs sur les marchés publics. Plusieurs centaines de milliers d’euros pourraient être épinglés. Le déclenchement des hostilités peut être lié à un fait : la transmission de documents aux juges financiers. Au delà d’éventuelles « représailles », il peut également s’agir d’un simple mouvement de dépit. La nouvelle majorité peut être en butte avec des soutiens de l’ex-équipe municipale.

Pendant 26 ans, la mairie a été dirigée par une figure forte du PRG départemental. Denis Roger est un proche de Jean-Michel Baylet. Fils d’un sénateur allié de la famille Baylet, l’ancien maire de Verdun-sur-Garonne a été battu aux municipales de 2014. Denis Roger reste président de la Communauté de Commune Pays de Garonne et Gascogne. Mais il a du faire le deuil de son fief. Une nouvelle équipe Sans Etiquette a conquis l’hôtel de ville. Après le décès prématuré du nouveau maire, Philippe Botkovitz, c’est une jeune élue, Aurélie Corbineau, qui prend le relais. Une telle alternance laisse forcément des traces. Des rancœurs peuvent toujours naître. De là à faire dans l’insulte et la menace… Mais la nature humaine est ainsi faite que même les comportements les plus improbables et irrationnels peuvent se produire.

D’ailleurs, les raisons pour alimenter une rancœur ne manquent pas.

L’actuelle majorité municipale a réduit des financements. La Maison des Jeunes et de la Culture (MJC) a notamment subi une sévère coupe. De 230 000 euros, le financement. est passé à 75 000 euros. Ce qui explique, probablement, que le président de la MJC a relayé lui-même (avec un mail à en-tête de son établissement) une lettre anonyme. Du côté de la mairie, Aurélie Corbineau refuse de pointer du doigt son opposition et les soutiens de l’ancien maire. Néanmoins, elle n’exclut pas complètement l’hypothèse.

En revanche, la maire de Verdun-sur-Garonne insiste sur des détails troublants. L’envoi des lettres anonymes et les menaces ont été adressées au domicile des élus. Par définition, ces données ne sont pas publiques. Elles sont confinées dans des fichiers. De même, un des courriers contient des éléments issus d’un rapport interne aux services municipaux. Aurélie Corbineau ne tire pas de conséquences de ce fait. C’est un mystère de plus dans cette (ténébreuse) affaire.

Laurent Dubois (@laurentdub)

Primaire de la droite et du centre : comment trouver votre bureau de vote ?

Vouloir voter pour la primaire de la droite et du centre (premier tour le dimanche 20 novembre) c’est une chose. Mais encore faut-il savoir où se rendre ! On vous donne ici quelques tuyaux.

Illustration primaires de le droite bulletins de vote et enveloppe pour le scrutin du dimanche 20 novembre 2016

10 228 bureaux de vote seront ouverts dimanche en France pour choisir parmi les 7 candidats celui ou celle qui représentera cette famille politique à l’élection présidentielle de 2017. 10 228 cela peut paraître beaucoup, mais c’est bien moins que pour une élection normale. Et votre bureau de vote ne sera sans doute pas le même que d’habitude. Il n’y a pas de bureau de vote dans toutes les communes.

Par exemple si vous habitez Vicdessos en Ariège, il vous faudra prendre la route et aller voter à Tarascon, distant… d’une quinzaine de kilomètres.

Pour que les électeurs s’y retrouvent, le site internet de la Primaire a mis en ligne un moteur de recherche dans lequel vous entrez le nom de votre commune et si besoin, pour les grandes villes, le nom de votre rue.

Capture d'écran du moteur de recherche de bureaux de vote du site de La Primaire.

Capture d’écran du moteur de recherche de bureaux de vote du site de La Primaire.

Vous serez ainsi guidé vers le bureau de vote, souvent des salles municipales, dans lequel vous devrez vous rendre, avec pièce d’identité et deux euros (à chaque tour) et sans omettre d’y signer la charte « de l’alternance ». 

En cas de difficulté, un numéro est même à la disposition du public (0 821 20 2016) de 8h à 19h tous les jours.

FV (@fabvalery)

Macron : « Il ne dépassera pas les 2% » pour le PC 31

Pierre Lacaze, secrétaire départemental du PCF en Haute-Garonne. Photo Laurent Dubois.

Pierre Lacaze, secrétaire départemental du PCF en Haute-Garonne. Photo Laurent Dubois.

« Macron est-il le candidat d’un patronat éclairé qui veut en finir avec la gauche et cherche la mise en place d’un parti démocrate à l’américaine après la constitution des républicains ou la marionnette d’un François Hollande qui cherche à diviser le plus possible pour sortir en sauveur de sa toute petite majorité regroupant PRG et une partie du PS? »

Voilà la question que se pose Pierre Lacaze. Pour le secrétaire départemental du PCF 31, Macron « ne dépassera pas les 2%  ou ne sera pas au bout dans les candidats de la présidentielle ».

Pour le leader des communistes de la Haute-Garonne, cette candidature est « soutenue par de grands groupes capitalistes, une partie non négligeable du MEDEF à la sauce Parisot ». Pour Pierre Lacaze, Emmanuel Macron  « cherche à supplanter Bayrou dans le paysage politique ».

Il qualifie cette candidature de « plutôt à droite ». « Elle rompt avec toute la gauche » conclut l’élu d’opposition à la mairie de Toulouse.

Patrick Noviello

 

16 Nov

Candidature Macron : Monique Iborra « Il faut une autre gauche ! »

Emmanuel Macron et la députée de la Haute-Garonne, Monique Iborra à Lyon

Emmanuel Macron et la députée de la Haute-Garonne, Monique Iborra à Lyon

Soutien de la première heure d’Emmanuel Macron, exclue du PS pour avoir appelé à voter Philippe Saurel aux Régionales, la députée Divers Gauche Monique Iborra nous explique pourquoi elle croit dans l’ancien Ministre l’Economie aujourd’hui candidat à la Présidentielle.

Le Blog Politique : Pourquoi le choix de soutenir Emmanuel Macron ?

Monique Iborra : D’abord ce choix ne date pas d’aujourd’hui puisque dès qu’il a démissionné du gouvernement fin août, il m’a sollicitée ainsi que d’autres députés. J’ai réfléchi et en me déplaçant pour aller l’écouter, entendre ce qu’il avait à dire, j’ai décidé en effet que c’était lui que j’allais suivre.

C’est l’anti-conservateur

Le Blog Politique : Pourquoi est-ce le meilleur candidat pour la gauche selon vous ?

Monique Iborra : C’est le meilleur candidat parce que quand on regarde déjà l’offre politique aujourd’hui malheureusement on y voit quoi ? On y voit une droite qui est de plus en plus conservatrice et classique qui promet surtout du sang et des larmes, il faut bien le dire. D’ailleurs avec brutalité et un certain mépris puisqu’ils sont déjà sûrs de leur victoire, ce en quoi, selon moi, ils ont tort. On a également une extrême droite qui est une menace évidente qui produira d’abord beaucoup de désillusion et surtout qui débouchera sur une guerre civile

Le Blog Politique : Et pour revenir à la gauche…

Monique Iborra : Quand on regarde la gauche, et évidemment c’est ma famille la gauche, je n’entends pas la renier, elle est complètement fragmentée et elle a explosé à l’épreuve du pouvoir comme à chaque fois. Et ensuite on a du mal à faire entendre les réformes que l’on veut faire alors que les partis de gauche et les socialistes en particulier devraient être des partis réformateurs.

Emmanuel Macron est le meilleur candidat de la gauche aujourd’hui. Il est courageux, il est déterminé et il est audacieux. Vous savez, le courage,  c’est pas ce qui caractérise le plus le personnel politique. Donc avoir quelqu’un de courageux qui s’engage mais en dehors de l’offre politique que l’on nous fait aujourd’hui. L’offre d’Emmanuel macron qui est un réformateur, un progressiste, donc qui s’inscrit dans la tradition de gauche. C’est l’anti-conservateur et c’est la raison pour laquelle je le suis parce que c’est lui de mon point de vue qui peut donner un nouvel espoir et qui quand même devrait interroger les citoyens par l’audace qu’il développe.

Il faut la troisième voie

Le Blog Politique : François Hollande appelle à l’union de la gauche. Est-elle possible selon vous cette union, notamment derrière Emmanuel Macron ?

Monique Iborra : Je pense que l’union de la gauche telle que la décrit François Hollande pour lequel j’ai beaucoup de respect, à mon avis, elle n’est plus possible, parce que c’est l’union de la social-démocratie. C’est la gauche qui est dépassée dans tous les pays européens. C’est la gauche qui ne correspond plus à la réalité de ce qu’attendent nos concitoyens aujourd’hui. Et donc c’est une gauche telle qu’il la prévoit qui me parait impossible à rassembler tel qu’il veut le faire. On ne peut pas appeler au rassemblement de la gauche pour gagner les élections et ensuite assister à une certaine passivité. Parce que c’est quand même ce qui s’est passé au gouvernement, je sais quand même de quoi je parle et ce qu’on a vécu pendant quatre ans à l’assemblée. On ne peut pas accepter avec une certaine passivité ou tolérance que la gauche explose sous les yeux de nos concitoyens. On ne peut plus prononcer ce rassemblement là au nom de la gauche. Ce n’est plus possible. Il faut une autre gauche. Il faut la troisième voie que les gauches gouvernementales, même celle de Jospin, avaient déjà évoqué sans arriver à la mettre en place. Moi, je souhaite qu’avec Emmanuel Macron nous puissions la mettre en place.

Il faut avoir le courage de ses opinions

Le Blog Politique : Vous parliez du gouvernement à l’instant. L’ancienne ministre et actuelle patronne du PRG Sylvia Pinel dit que Macron candidat, c’est l’élimination de la gauche pour le second tour. Qu’est-ce que vous lui répondez ?

Monique Iborra : Je lui réponds que je ne sais pas qui lui a soufflé ce qu’elle a dit mais ça me paraît non seulement contre-productif mais également à côté des réalités. Aujourd’hui, je ne sais pas si Sylvia Pinel ira ou pas à la Primaire mais ce que je sais, c’est qu’à l’assemblée, je rencontre beaucoup de députés PRG qui sont convaincus du contraire.

Le Blog Politique : Commet va s’organiser la campagne ici en Occitanie, terre de gauche socialiste ?

Monique Iborra : C’est un peu tôt pour le dire. On va travailler. Vous savez, moi, j’ai l’habitude d’être minoritaire dans la fédération de la Haute-Garonne puisque j’ai soutenu Ségolène Royal très minoritaire au moment des primaires, j’étais la seule députée de Haute-Garonne à soutenir Hollande et là encore très minoritaire et il a gagné. Donc j’ai l’habitude et c’est pas une stratégie me concernant, c’est parce que j’adhère. Et je pense que quand on adhère, il faut avoir le courage de ses opinions. Je fais confiance à Emmanuel Macron. C’est un homme qui est très déterminé, mais sans brutalité, il sera très organisé et méthodique. Et donc on organisera les choses en fonction de ce qu’il nous demandera.

Propos recueillis par Patrick Noviello

Edito : Macron est-il « Occitanie-compatible » ?

Emmanuel Macron est donc candidat officiellement à l’élection présidentielle depuis ce mercredi. Mais sa campagne est déjà lancée depuis plusieurs semaines partout en France. Alors quel écho peut-elle recevoir dans notre région, terre de socialisme ?

Emmanuel Macron lors de sa déclaration de candidature (Photo : AFP)

Emmanuel Macron lors de sa déclaration de candidature (Photo : AFP)

Macron sur les terres de Jaurès, quel pronostic ? Bien malin qui pourrait le dire aujourd’hui… Frondeurs affirmés face à la loi travail, les Socialistes hauts-garonnais restent déboussolés. Les anciens chefs de file de la candidature Hollande de 2012 sont désormais silencieux voire ont disparu. Les Aubryistes tâtonnent et restent attentifs aux sirènes vallsistes.

Déjà exclue du PS, suite à son soutien à Philippe Saurel pour les Régionales, la députée Monique Iborra avance bien seule pour « En marche ». Il se murmure toutefois que le maire socialiste de Rodez Christian Teyssèdre serait intéressé pour rejoindre Emmanuel Macron. Mais, pour l’heure, il ne s’est pas prononcé.

La fin du clivage droite/gauche ?

Côté PRG, pour Sylvia Pinel, la candidature Macron signifie que la gauche est éliminée d’office du second tour. Mais paradoxalement à cette position tranchée de la Présidente du Parti, la bannière Macron rallie de nombreux radicaux de gauche. Avant même le scrutin, il y a donc là pour lui un sillon à creuser, notamment déjà en vue des fameuses 500 signatures.

Quel écho du côté de la droite tendance centriste ? Lors de son dernier passage à Toulouse, l’ancien Ministre de l’Economie a été reçu au salon rouge du Capitole par Jean-Luc Moudenc. Le maire LR de Toulouse conviant même la presse à immortaliser cette rencontre. Macron veut « faire se retrouver tous les progressistes ». Il prend donc bien soin de laisser la porte ouverte et rappelle fréquemment qu’il n’y a plus de clivage droite-gauche qui vaille. Reste maintenant à voir qui sera le candidat de la droite et du centre pour connaître la marge de progression de Macron dans cet électorat notamment en Occitanie.

Quid de l’électorat rural ?

Quid enfin de l’électorat rural (ou des grands électeurs) ? Emmanuel Macron a fait son annonce en région parisienne, passe son temps à sillonner les salons de l’innovation et autres locaux de start-up mais quel enracinement réel a-t-il dans nos campagnes ? « Je n’ai pas changé de méthode depuis que je ne suis plus ministre : je vais au contact de la réalité et des Français » nous assurait-il en interview la veille de son passage à Toulouse.

Le vrai test restera donc les urnes. Et ça, même Emmanuel Macron qui veut renouveler le genre et faire de la politique autrement, n’y pourra rien changer. Jusqu’à preuve du contraire évidemment, les urnes d’Occitanie sont résolument restées jusque-là d’un rose très socialiste. Les derniers scrutins comme celui des Régionales le montrent. Mais face à toute nouveauté, il peut y avoir des surprises.

Patrick Noviello

15 Nov

Gérard Bapt (PS) candidat à sa propre succession aux législatives

INFO LE BLOG POLITIQUE DE FRANCE 3 – Le député de Haute-Garonne, plus ancien député de France, a mis fin au suspense : il est candidat à l’investiture PS sur la deuxième circonscription et à sa propre succession à l’Assemblée Nationale. Face à lui, dans son propre camp, ça se bouscule.

Gérard Bapt (photo : MaxPPP)

Gérard Bapt (photo : MaxPPP)

Gérard Bapt repart au combat. Le député de la 2ème circonscription de la Haute-Garonne a indiqué au Blog Politique de France 3 Midi-Pyrénées qu’il va solliciter une nouvelle fois l’investiture du parti socialiste pour les législatives de 2017. Le dépôt des candidatures auprès de la fédération départementale du PS s’est ouvert lundi 14 novembre et sera clos le vendredi 18 novembre.

Malgré une résolution « anti-Bapt »

Elu depuis 1978 (avec une interruption entre 1993 et 1997), Gérard Bapt va donc solliciter l’investiture pour son 9ème mandat (après ses victoires en 1978, 1981, 1986, 1988, 1997, 2002, 2007 et 2012). Pourtant, parmi ses « amis » socialistes, beaucoup l’auraient bien poussé vers une « retraite parlementaire bien méritée ».

Ainsi, en septembre dernier, le PS de Haute-Garonne avait-il adopté une « résolution anti-Bapt ». Un texte qui exige des candidats à l’investiture PS dans le département qu’ils s’engagent à ne faire que 3 mandats (15 ans). Mais le texte n’est pas très clair : il ne peut s’appliquer rétroactivement.

De plus, le texte de la fédération du PS 31 est une simple résolution, sans portée statutaire. Pour acquérir une portée « normative », impérative ou simplement contraignante, la résolution adoptée en conseil fédéral doit être validée au niveau national. Selon nos informations, Gérard Bapt a eu une discussion avec les instances nationales de son parti. Le député de la Haute-Garonne a obtenu des garanties. La résolution du PS 31 va rester lettre morte. Un proche de Jean-Christophe Cambadélis précise : « si on doit appliquer cette prétendue règle, Jean-Marc Ayrault, Jean-Marie Le Guen ou même Camba ne pourraient pas être candidats en Haute-Garonne. Ceux qui ont poussé ce texte se croient dans le cadre d’une élection départementale« .

Etienne Morin, candidat « officiel » ?

En coulisses, des socialistes au bras long se sont activés pour pousser la candidature d’Etienne Morin, prof d’économie. C’est lui qui sera en quelques sortes le « candidat officiel » face à Gérard Bapt dans la bataille pour l’investiture socialiste. Un candidat officiel qui est dans la ligne majoritaire de la fédération haute-garonnaise : le courant Montebourg. Etienne Morin bénéficie également du soutien précieux et puissant d’un membre du cabinet du président du département de la Haute-Garonne : Henri Matéos.

Depuis l’élection du nouveau conseil départemental, en 2015, les affaires du PS 31 se règlent (largement) au sein de l’hôtel du département. L’appui d’Henri Matéos vaut « label » fédéral.

Dans l’entourage du député sortant, on s’est inquiété de voir se multiplier ces derniers mois les nouvelles cartes d’adhérents dans les sections de la circonscription. De quoi « gonfler » le vote Morin ? Mais Gérard Bapt semble avoir fait ses comptes et ne pas être trop inquiet de l’issue : il compte de nombreux fidèles parmi les militants socialistes dont beaucoup saluent sa force de travail parlementaire, notamment sur les dossiers de la santé.

Selon l’entourage du député de la Haute-Garonne, les instances nationales sont également favorables à une nouvelle candidature de Gérard Bapt. Deux raisons. La première est liée au bilan. Gérad Bapt est connu et reconnu pour son assiduité mais surtout pour son action sur des dossiers médicaux médiatiques : Mediator, Bisphénol…

La seconde raison est beaucoup plus politique. Gérard Bapt est proche de Manuel Valls. Il assiste aux déjeuner des « Réformateurs », le courant du premier ministre. Pour le locataire de Matignon, ce n’est pas le moment de perdre un soutien. Manuel Valls se prépare à une éventuelle candidature à la présidentielle. Emmanuel Macron va entrer dans la course à l’Elysée. L’officialisation de sa candidature est une question de jour et ses troupes reçoivent déjà le matériel de campagne pour aller sur les marchés. Dans ce contexte, Gérard Bapt peut espérer un de Paris… contre les instances départementales du PS 31.

Des candidats déclarés, d’autres qui renoncent, des incertitudes

Y aura-t-il d’autres candidats socialistes face à Gérard Bapt et à Etienne Morin ? Certains s’étaient déclarés candidats, comme Emmanuel Auger, ancien président du Comité de Ville (le regroupement de toutes les sections socialistes de Toulouse) et proche collaborateur de Jacques Oberti, le président du Sicoval (communauté de communes du sud-est toulousain). Mais il indique ce mardi au Blog Politique qu‘il se range derrière la candidature de Gérard Bapt qu’il soutiendra, « le seul à pouvoir sauver la circonscription pour la gauche ». 

Didier Cujives, le maire de Paulhac et conseiller départemental, confirme ce mardi au Blog Politique qu’il va se lancer dans la bataille. Ce proche d’Arnaud Montebourg se dit « plus que jamais candidat ».

Jean-Jacques Mirassou (ancien élu à la mairie de Toulouse et ancien sénateur) ménage quant à lui le suspense : « Je ferai connaître ma position aux militants socialistes avant d’en parler à la presse » a-t-indiqué au Blog Politique ce mardi. Selon nos informations, Jean-Jacques Mirassou faisait dépendre sa candidature d’un retrait de Gérard Bapt. L’ancien sénateur pourrait se redéployer sur la 7ème circonscription.

Enfin de son côté, Jean-Paul Makengo, ancien adjoint de Pierre Cohen au Capitole et ex-conseiller régional, un temps très intéressé, indique au Blog Politique ce mardi qu’il renonce à briguer l’investiture PS en raison de ses nouvelles activités professionnelles.

Fabrice Valéry (@fabvalery) et Laurent Dubois (@laurentdub)

14 Nov

Législatives : le retrait surprise de la députée PS de l’Ariège Frédérique Massat

Une nouvelle surprenante. La députée de l’Ariège et présidente de la commission des Affaires Economiques n’est pas candidate à sa propre succession. Frédérique Massat quitte la scène parlementaire. Après l’Aveyronnaise. Marie-Lou Marcel, c’est la seconde députée PS de la région qui renonce à un mandat législatif en une semaine.

Frédérique Massat (Photo : MaxPPP)

Frédérique Massat (Photo : MaxPPP)

L’annonce prend la forme d’une lettre aux militants. Une lettre dans laquelle la future-ex députée invoque « un renouvellement…nécessaire (et) bénéfique (qui) contribuera à dissuader nos concitoyens de se laisser tenter par des candidatures populistes« .

Les motifs du retrait alimentent les commentaires et intriguent. Dans les rangs des député(e)s socialistes de Midi-Pyrénées, la surprise est totale. Le député de la Haute-Garonne, Gérard Bapt est très étonné. Même réaction du côté du Tarn-et-Garonne et de la rapporteure du budget. Valérie Rabault doit venir, dans les prochains jours, présenter aux militants de l’Ariège le budget. Elle n’a eu connaissance d’aucun signe annonciateur d’un (quelconque) retrait de Frédérique Massat.

La semaine dernière, la députée (ex-socialiste) de la Haute-Garonne, Monique Iborra a voyagé aux côtés de l’autre député PS de l’Ariège, Alain Fauré. Mais là encore aucun indice pendant l’heure de vol entre Toulouse et Paris.

La permanence parlementaire de Frédéric Massat confirme l’existence de la lettre adressée aux militants et l’annonce d’un retrait de la vie parlementaire. Sans donner de détail. Le portable de la députée de l’Ariège est sur « boite vocale ». Il faut donc se contenter (pour le moment) de la version officielle.

Une version officielle qui peine à convaincre. Comme le précise, en OFF, un élu de gauche : « le renouvellement dans l’Ariège, ce serait nouveau« . Un autre, toujours en OFF, s’interroge à haute voix : « Il doit y avoir une autre raison. C’est pas possible. Généralement, on se retire quand on a peur d’être battu. Mais là dans l’Ariège, même si les élections départementales ont été difficiles pour le PS et que Frédérique Massat a été battue,  je ne vois pas le risque« .

Dans la droite ariégeoise, c’est la même tonalité : « le renouvellement et le risque populiste, c’est du pipot ».

La décision de Frédérique Massat conserve une part de mystère. Mais une chose est certaine. La nouvelle ne laisse pas indifférent et un autre fait est transparent : le parti socialiste perd une de ses figures.

Laurent Dubois (@laurentdub)