27 Jan

Ces député(e)s de la région qui emploient enfants et conjoints

Un énorme pavé dans la marre. Le Canard Enchaîné épingle François Fillon et déclenche un « Pénolopegate« . Un soupçon d’emploi fictif conduit à l’ouverture d’une procédure judiciaire. L’affaire réveille la question (polémique) des conjoints, enfants et parents proches salariés par les parlementaires. La pratique est légale. Mais elle choque l’opinion publique. Dans un récent sondage, 76% des français souhaitent interdire les emplois familiaux par les député(e)s. Combien de parlementaires sont concernés en Occitanie ? Fact-checking.

Assemblée Nationale. Photo MaxPPP

Assemblée Nationale. Photo MaxPPP

Depuis 2009, le Parlement Européen interdit de recruter des collaborateurs dans le cercle « familial ». La contrainte est relative.Marine Le Pen a pu employer (et rémunérer) son compagnon, Louis Aliot, à partir du moment ou ils ne sont pas mariés. En France, à l’Assemblée Nationale, la seule contrainte concerne le montant de la rémunération. Un(e) député(e) employant un(e) conjoint(e) ne peut lui attribuer plus de la moitié de l’enveloppe consacrée à la rémunération des collaborateurs. L’enveloppe (mensuelle) est de 9561 euros. La femme ou le mari d’un(e) député(e) est donc « plafonnée » à 4780 euros par mois.

Au Sénat, le recrutement est plus étroitement encadré : un seul collaborateur « familial » par parlementaire. En Occitanie, le sénateur (PS) du Tarn, Thierry Carcenac, est notamment concerné par cette disposition. Le parlementaire tarnais et président du conseil départemental emploie sa conjointe.

Dans une enquête publiée en 2014, Mediapart a chiffré le nombre de collaborateurs « familiaux ». D’après le site d’Edwy Plenel, l’Assemblée Nationale rémunére 52 épouses, 28 fils et 32 filles de députés en 2014. Le Blog Politique de France 3 actualise la liste. Cette actualisation a été réalisée à partir des déclarations d’intérêts déposées auprès de la Haute Autorité Pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP). Des déclarations qui doivent mentionner les noms de collaborateurs. Parfois la nature du contrat de travail (CDD ou CDI) et la durée du temps de travail (partiel ou temps complet).

L’enquête de Mediapart recensait 127 député(e)s (sur 577) employant un membre de leur famille. Autrement dit, 22% des parlementaires siégeant à l’Assemblée Nationale pratiquent le recrutement familial.

10 député(e)s sur 49 de la région (en ex-Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées) sont concernés : 

  • Ils (ou elles) emploient un de leurs enfants :
    • Yves Censi (LR-Aveyron),
    • Linda Gourjade (PS-Tarn),
    • Monique Iborra (DVG – Haute-Garonne),
    • Patrick Lemasle (PS-Haute-Garonne),
    • Dominique Orliac (PRG-Lot, emploie son fils et sa fille),
    • Patrick Vignal (PS- Hérault)
  • Ils (ou elles) emploient leur conjoint :
    • Philippe Folliot (UDI-Tarn),
    • Martine Martinel (PS-Haute-Garonne),
    • Philippe Martin (PS-Gers),
    • Gilbert Collard (RBM-Gard).

Mais ce chiffre  « tombe » à 9 et bientôt à 8. Contacté par France 3 Midi-Pyrénées, Philippe Martin déclare que sa conjointe n’est plus sa collaboratrice parlementaire. Le député du Gers quitte donc la « short list ». Le député du Tarn, Philippe Folliot, précise que sa conjointe cessera d’être sa collaboratrice parlementaire avant la fin du mandat c’est-à-dire dans les prochaines semaines. A ces données, il faut ajouter une précision. Le député de l’Aveyron Yves Censi a recruté son fils uniquement le temps d’un CDD d’été.

Au final, ce sont donc 8 député(e)s qui continuent à employer des membres de leur famille. Majoritairement des fils et des filles. Mais aussi des conjoints.

En Occitanie, la pratique des collaborateurs « familiaux » est donc marginale. Elle concerne près d’un député d’Occitanie sur 5. Ce chiffre est en dessous de la moyenne nationale.

Laurent Dubois (@laurentdub)

26 Jan

Alain Minc juge le maire de Toulouse mal payé

Ce jeudi 26 janvier, Radio Classique a reçu, dans le cadre de sa matinale, Alain Minc. L’essayiste ultra-médiatique et nouveau soutien d’Emmanuel Macron a été interrogé sur l’affaire Pénélope Fillon. Au détour de son interview, Alain Minc a évoqué le…salaire du maire de Toulouse. L’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy n’a cité aucun chiffre et s’est contenté d’une (vague) allusion. Quelques milliers d’euros. Mais justement quel est le montant des indemnités du maire de Toulouse ? Réponse.

Jean-Luc Moudenc. Maire de Toulouse. Photo MaXPPP

Jean-Luc Moudenc. Maire de Toulouse. Photo MaxPPP

Pour Alain Minc une des explications de l’affaire Pénopole Fillon est à rechercher du côté de la sous-rémunération des élus. L’essayiste estime que les député(e)s sont mal payé(e)s et condamné(e)s à des « arrangements ». Le lien avec l’enquête visant la femme de l’ancien Premier ministre n’est pas évident. La justice s’intéresse à un éventuel emploi fictif. Pénélope Fillon a-t-elle été pendant plusieurs années une véritable collaboratrice parlementaire ? C’est la question à laquelle le parquet national financier va devoir répondre. Mais Alain Minc élargit le dossier aux rapports entre les élus et l’argent.

Dans l’atmosphère populiste, démagogique ambiante. On n’ose pas dire : le métier politique n’est pas rémunéré. Combien gagne un maire ? Un maire gagne quelques milliers d’euros, le maire d’une ville comme Toulouse. Tout cela n’a pas de sens.

Quelques milliers d’euros. Ce n’est pas précis. C’est le moins que l’on puisse dire. Cette imprécision est l’occasion d’obtenir la « feuille » de paye de Jean-Luc Moudenc.

Contacté par France 3 Midi-Pyrénées, la mairie de Toulouse livre le montant pour le mois de janvier : 5926 euros net. Le cabinet du maire précise que ce montant peut fluctuer de quelques dizaines d’euros, en fonction de prélèvements sociaux. Par an, Jean-Luc Moudenc perçoit donc : 71 112 euros net.

A noter. Cette somme comprend uniquement les mandats locaux de Jean-Luc Moudenc (mairie de Toulouse et présidence de Toulouse Métropole).

Laurent Dubois (@laurentdub)

20 Jan

Des milliers d’adhérents revendiqués par Emmanuel Macron en Occitanie : est-il possible de tricher et de gonfler les chiffres ?

1 000 adhérents dans le Tarn, 4 000 en Haute-Garonne, 3200 pour l’Hérault et 11 000 sur l’ensemble de l’Occitanie. Le mouvement En Marche ! d’Emmanuel Macron affiche ses bataillons. Ils sont nombreux, supérieurs ou équivalents (selon les départements) au plus important parti de notre région, le PS. Les chiffres reposent sur un système original : une inscription gratuite sur le web. Est-il possible de multiplier les « vraies-fausses » inscriptions et de gonfler artificiellement les chiffres ? Test.

Emmanuel Macron. Photo : MaxPPP

Emmanuel Macron. Photo : MaxPPP

Emmanuel Macron n’est pas le seul à pratiquer les E-adhésions. Le PS propose des inscriptions en ligne et le parti Les Républicains opte pour le téléchargement d’un formulaire. Mais il existe une différence entre le nouveau bolide la politique française et les partis traditionnels. L’adhésion au mouvement En Marche ! est gratuite. Une carte socialiste coûte 20 euros, minimum. Chez Les Républicains le ticket d’entrée est à 30 euros pour une personne, 40 euros s’agissant d’un couple.

Emmanuel Macron fait dans le simplicité à tous les niveaux : pas la peine de sortir une carte bleue et quelques minutes sur un clavier suffisent.

Simple et rapide

La procédure est simple et rapide. Le futur adhérent doit remplir un formulaire électronique qui se résume à moins de 20 cases. Nom. Prénom. Date de naissance. Adresse électronique. Mot de passe. Ville. Code Postal. Profession (facultatif) et centres d’intérêts (optionnel). Après avoir coché « J’adhère à la charte et j’ai pris connaissance des règles de fonctionnement d’En Marche« , il suffit de cliquer sur OK. Un mail est envoyé et une fois l’adresse électronique validée, c’est fait.

L’adhérent est alors dirigé vers une carte de géolocalisation. Le nouveau « macronien » voit apparaître les cercles locaux correspondant à son adresse postale.

On a testé pour vous !

Le Blog Politique a testé la procédure et suivi le processus. Premier enseignement, cela permet de connaître le nombre d’adhérents dans sa ville. La ville test est une ville moyenne : Albi.

A peine inscrit, le macronien (albigeois) en herbe apprend qu’il existe, dans sa commune, trois cercles. Le plus important comporte 44 membres et le plus petit 2.

Petit détail qui a son importance. Le nouvel adhérent peut se rattacher à un cercle existant ou… créer le sien. C’est le statut d’auto-entrepreneur appliqué au militantisme.

Mieux que le PS

Evidemment, l’essentiel est de savoir si le système Macron est fiable. Emmanuel Macron revendique 149 211 adhérents dans l’Hexagone. Alors que tous les partis traditionnels subissent une hémorragie de militants, c’est un excellent score et même un véritable exploit. Le mouvement En Marche ! a moins d’un an. Il a été lancé le 6 avril 2016 et il franchit la barre des 100 000 adhérents. Il ne s’agit pas vraiment de militants qui donnent de leur argent et sont supposés être capables de coller des affiches et de distribuer des tracts. Mais, à titre de comparaison, le PS annonce, en mai 2016, 111 450 cartes. En quelques mois, le mouvement d’Emmanuel Macron dépasse donc son vieux rival.

Une sécurisation des inscriptions très faible

Néanmoins, la procédure d’adhésion pose question. Une même adresse IP (permettant d’identifier un ordinateur) peut servir à plusieurs adhésions. Mais, surtout, avec un même nom, une même date de naissance, un même numéro de téléphone mais avec des adresses électroniques différentes, il est possible de procéder à plusieurs inscriptions. En réalité, la sécurité des inscriptions est faible (pour ne pas dire inexistante) et, par voie de conséquence, le compteur des adhésions est parfaitement falsifiable.

La facilité de la procédure d’inscription favorise la volatilité des adhésions. Inscrire ne coûte pas d’argent et se fait rapidement. Il est possible d’agir sur un coup de tête ou de cœur et  de zapper, sans s’investir réellement dans le mouvement. Mais, surtout, les équipes d’Emmanuel Macron peuvent multiplier les vraies-fausses adhésions. Le test réalisé par le Blog Politique est édifiant. Attention. Rien n’indique que des bidouillages existent. Mais c’est possible.

Tous les partis retouchent (plus ou « honnêtement ») les chiffres. A gauche, avant chaque élection interne, des cartes sont « achetées » par les candidats. La cotisation est payée à la place du « vrai-faux » militant. Ces cartes sont comptabilisés dans les livres de la Fédération départementale. Mais elles sont artificielles. La tentation de tricher sur le nombre d’adhérents peut également se traduire par une confusion volontaire entre les adhérents à jour de cotisation et les inscrits sur les listings.

Bref, la bataille autour du « plus grand nombre de militants » est une réalité aussi vieille que la politique. Le mouvement En Marche ! veut renouveler les pratiques. Mais il n’est pas certain qu’il résiste à la mauvaise pente des chiffres retouchés.

En tout cas, à défaut de le vouloir, il en a la possiblité.

Laurent Dubois (@laurentdub)

22 Déc

Le FN accuse Carole Delga de jouer la Mère Noël avec des migrants : les dessous d’une campagne douteuse

« La Mère Noël Delga offre des téléviseurs et des ordinateurs à des clandestins« . C’est le nom de la campagne choc menée par le Front National. Caricature à l’appui, le groupe FN de la région Occitanie dénonce des cadeaux faits, avec de l’argent régional, à des migrants résidents dans une commune ariégeoise. Des migrants qualifiés de « personnes issues de l’immigration économique massive économique et illégale« .

Le Front National est passé maître dans les opérations « limites ». Des opérations qui virent (parfois) à la désinformation et relèvent (tout bonnement) de la manipulation. Très organisé et actif sur les réseaux sociaux, le parti de Marine Le Pen franchit (parfois) la ligne jaune. La campagne visant ,à quelques jours de Noël, Carole Delga relève clairement de cette catégorie. Fact-checking.

Carole Delga, présidente de la Région Occitanie Photo MaxPPP

Carole Delga, présidente de la Région Occitanie Photo MaxPPP

Pour le Front National, l’argent du contribuable va permettre d’offrir des cadeaux de Noël à des clandestins logés dans une commune ariégeoise. En réalité, les clandestins sont des migrants d’origine afghane. Ils sont âgés de 13 à 17 ans. Comme tous les migrants ils sont suivis par les services sociaux et l’administration. Mais, surtout, le conseil régional ne va pas leur offrir de cadeau de Noël sous forme de MacBook de PC, d’I Pad ou de Samsung Tab.

La subvention visée par le Front National et votée par le conseil régional s’élève à 1 664 euros.

Il s’agit d’une subvention exceptionnelle et qui a  été demandée par la commune. Selon nos informations, la somme n’a pas été encore versée.

Mais surtout elle ne profitera pas directement aux migrants. Les 1 664 euros vont permettre d’acheter un ordinateur et une imprimante. D’ailleurs le montant de l’enveloppe ne permet pas d’aller au-delà de ces achats. Précision. Un I Mac (entrée de gamme) coûte (prix catalogue décembre 2016) : 1249 euros. Un PC (entrée de gamme et sans écran) coûte dans le 300 euros. Si, comme le prétend le Front National, une subvention régionale offrait des ordinateurs aux migrants, le montant alloué ne serait pas de 1 664 euros.

De plus, l’équipement financé par le Conseil Régional n’est pas destiné aux 29 mineurs isolés qui séjournent dans la commune ariégeoise. L’ordinateur et l’imprimante vont être utilisés par les éducateurs et la responsable du centre d’accueil.

Le Front National évoque également l’achat de téléviseurs. Selon nos informations, il existe bien une télévision (et une parabole) dont bénéficient les migrants.

Mais cette installation a été financée sur les fonds privés de la députée Frédérique Massat.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

14 Déc

L’Occitanie, une terre anti-Mélenchon… chez les communistes !

La base contre l’appareil. Le 26 novembre dernier, les militants communistes ont contredit les instances nationales du PCF. Ils ont voté en faveur d’un soutien de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle de 2017. En Occitanie, les deux plus importants départements de la Région (la Haute-Garonne et l’Hérault) sont à rebours de la tendance nationale et se sont massivement exprimés contre une candidature du tribun de la gauche de la gauche.

Jean-Luc Mélenchon à Toulouse. Photo MaxPPP

Jean-Luc Mélenchon à Toulouse. Photo MaxPPP

La Haute-Saône offre son plus beau score (national) à Jean-Luc Mélenchon :  82,31 %. Dans les 13 départements d’Occitanie, 2527 militants communistes ont voté « pour » l’option Mélenchon. Mais les votes « contre » sont plus nombreux : 2 796. L’Ariège (65,41%), l’Aude (51,82%), l’Aveyron (77,72%), le Gard (66,91%), le Gers (54,45%), le Lot (55,08%), la Lozère (70,19%), le Tarn (64,39%) et le Tarn-et-Garonne (56,7%) placent Jean-Luc Mélenchon en tête.

Mais les deux plus importantes fédérations communistes d’Occitanie font basculer la Région dans le vote anti-Mélenchon. Le PCF 31 s’est prononcé à 72,46% pour une candidature issue du parti communiste et le PCF 34 est sur la même ligne avec 57,81%.

Ces résultats étaient prévisibles. Le patron des communistes en Haute-Garonne, Pierre Lacaze est un « anti-mélenchon » notoire. Mais, sur le fond, les conséquences sont limitées ; Jean-Luc Mélenchon a réuni plusieurs dizaines milliers

personnes place du Capitole, lors d’un meeting en 2012. Le « capital » médiatique et l’équation personnelle de Jean-Luc Mélenchon sont réels. Le tribun n’a pas besoin pour exister d’une force militante, prête à coller des affiches et à porter la bonne parole.

Néanmoins, le soutien des communistes est vital pour Jean-Luc Mélenchon. La Belle Epoque du PCF est révolue. Fini les bataillons d’élus, les bastions de banlieue et le quadrillage du terrain syndical ou associatif. Mais, dans toutes les batailles électorales, le nerf de la guerre reste intendance et les relais locaux. Sans parler du fameux sésame des 500 signatures pour participer à l’élection présidentielle. Sur ces points, Jean-Luc Mélenchon est fort…dépourvu.

Les relations entre le leader de la « France Insoumise » et le PC ressemble à un mariage de raison.

Jean-Luc Mélenchon apporte son image et les communistes fournissent l’intendance.

Laurent Dubois (@laurentdub)

Le PS de Haute-Garonne continue de perdre des militants

Hémorragie de cartes et fuite d’adhérents. Le PS perd des militants. La Région Occitanie n’est pas épargnée. Mais il existe un autre indicateur de « santé ». Celui de la participation aux scrutins internes et notamment au dernier vote en date : l’investiture pour les législatives de 2017. France 3 Midi-Pyrénées s’est procuré le procès verbal des votes dans la plus importante fédération PS d’Occitanie, la Haute-Garonne. Les chiffres sont sans appel. Avec moins de 4000 inscrits et 2500 votants, c’est un PS historiquement faible qui s’est lancé dans les législatives de 2017. 

Photo MaxPPP

Photo MaxPPP

Le patron des élections du PS le reconnait. Dans l’émission Dimanche En Politique, diffusée dimanche 11 décembre sur l’antenne de France 3 Midi-Pyrénées, Christophe Borgel confesse une chute du nombre d’adhérents au PS. Plusieurs dizaines de milliers. Cet aveu devient concret lorsqu’il s’agit d’évaluer le corps électoral de la puissante fédération de la Haute-Garonne : 3 898 inscrits. Ce chiffre est très loin de la « Belle Epoque » des années 90. Selon nos informations, le nombre de carte était deux fois plus important. Le 1er fédéral du PS31, Sébastien Vincini, apporte une précision : « il ne faut pas confondre les adhérents et les inscrits. Nous avons 4 806 adhérents. Pour être inscrit, il faut être sur les nos listes électorales et être inscrit avant le mois de juin 2016« .

Néanmoins, la baisse des effectifs est plus sensible que les chiffres le (dé)montre. En effet, comme le précise un socialiste « historique » :

« pour le vote des investitures, des personnes ont repris une carte pour l’occasion et ils ne la reprendront pas ensuite. En plus des candidats aux législatives arrivent avec des gros paquets de cartes ».


C Borgel et le nombre d’adhérents au PS

Adhérents de fraîche date ou militants assidus, sur les 3 898 adhérents à jour de cotisation en Haute-Garonne, 2 559 se sont déplacés. Le taux de participation est donc de : 65,64%

Meilleure participation dans le Comminges

La circonscription qui bénéficie de la plus forte mobilisation est la 8ème, dans le Comminges : 78,31 %. Cette circonscription est, par ailleurs, la plus « peuplée » de la Haute-Garonne : 550 inscrits. En queue de peloton, on trouve la 1ère circonscription. La terre d’élection de la présidente de la commission des affaires sociales, Catherine Lemorton, obtient un petit 44,75%.

Entre les deux « extrêmes » (plus forte et plus faible participation), on trouve une circonscription qui passe la barre des 70% (75,15% dans la 5eme). Quatre circonscriptions se situent autour des 60 % et une dépasse les 50 points. Au delà de la mobilisation, un autre indicateur permet de mesurer la vitalité et la dynamique des résultats. Il s’agit du nombre de votants.

Des investitures votées par quelques centaines de militants

Catherine Lemorton investit par 142 voix. L’ancien ministre, Kader Arif, élu avec 260 voix. Le patron des élections du PS, Christophe Borgel, désigné par 172 militants. Gérard Bapt décroche une investiture en obtenant 158 suffrages exprimés. Les têtes d’affiche du PS font mieux que la majorité des autres candidats. La palme des « petits scores » revient à une ancienne élue municipale. Isabelle Hardy (3eme circonscription) obtient 65 voix.

Mais, d’une manière générale, la faiblesse du socle militant interpelle. Le PS détient, en Haute-Garonne, le conseil départemental et de nombreuses communes. C’est la commingeoise Carole Delga qui préside la nouvelle Grande Région, l’Occitanie. Malgré tous ces points d’appuis et ses places fortes, le parti socialiste n’est plus une force militante.

La droite et le centre connaissent également une crise des « vocations ». Malgré la forte mobilisation de la primaire de novembre dernier, les militants ne se bousculent pas au portillon chez Les Républicains.

En Haute-Garonne, les élections régionales et les scrutins internes ont débouché sur une augmentation des cotisations. Mais un cadre de la fédération LR31 évoque une baisse de 7% des adhésions par rapport à 2015. Mais les difficultés de la droite n’efface pas le « trou d’air » que traverse le PS.

Laurent Dubois(@laurentdub)

05 Déc

Sylvia Pinel a-t-elle les moyens financiers de se présenter à l’Elysée ?

La candidature à l’élection présidentielle de Sylvia Pinel soulève un certain  scepticisme. Des élus socialistes et même du PRG s’interrogent sur un point : le PRG peut-il financer les ambitions élyséennes de sa présidente ?

Sylvia Pinel, présidente du PRG et candidate à l'Elysée. MaxPPP

Sylvia Pinel, présidente du PRG et candidate à l’Elysée. MaxPPP

Dans la propre famille de Sylvia Pinel, des radicaux de gauche évoquent des difficultés financières. Un parlementaire PRG estime qu’une multiplication des candidatures aux législatives peut permettre de sortir de l’ornière. En effet, 50 candidats sur 50 circonscriptions permettent d’obtenir, pendant 5 ans et pour chaque voix obtenu, un financement de l’Etat.

Mais, en attendant, les radicaux de gauche ont-ils les reins assez solides ? Une présidentielle peut coûter jusqu’à 20 millions. Pour être rembourser par l’Etat (à la hauteur de 800 000 euros), il faut passer les 5 % des suffrages exprimés.

Quelles sont les finances du PRG ?

Selon le compte de résultat déposé en 2014 auprès de la Commission Nationale des Comptes de Campagne et des financements politiques (CNCCFP), le PRG a perçu 1 557 040 euros au titre des aides publiques.

Cette somme représente l’essentiel des produits du PRG. 1 557 040 euros proviennent de l’Etat et le total des produits du PRG est de 2 137 053 euros. Autrement dit, 73% des produits du parti des radicaux de gauche sont issus d’un financement public.

Le PS donne 28 000

A cela, il faut ajouter 28 243 euros versés par un parti partenaire. Ce n’est mentionné dans le compte de résultat déposé auprès de la CNCCFP. Mais il s’agit du Parti Socialiste.

Les ressources propres au PRG, internes au parti, proviennent de 4 sources :

  • Cotisations des adhérents : 149 540 euros
  • Contribution des élus : 204 865 euros.
  • Dons de personnes physiques : 106 611 euros.
  • Facturation de services rendus pour les candidats en campagne électorale : 39 939 euros.

Dans la colonne des dettes, le PRG affiche 318 316 euros. Mais, au final, cela n’empêche pas un équilibre des comptes. Cette situation financière ne suffit pas à assumer le coût d’une campagne électorale. En revanche, cela permet d’actionner un levier : l’emprunt.

Laurent Dubois (@laurentdub)

16 Sep

Nicolas Sarkozy cite Dominique Baudis… à la place de DSK !

Nicolas Sarkozy sur le plateau du nouveau magazine politique de Franceé. MaxPPP

Nicolas Sarkozy sur le plateau du nouveau magazine politique de France 2. MaxPPP

Jeudi 15 septembre, Nicolas Sarkozy a inauguré la nouvelle émission politique de France 2. L’ancien chef de l’Etat a parlé économie, immigration mais aussi justice. L’affaire Bygmalion et la mise en examen de Nicolas Sarkozy pour « financement illégal de campagne électorale » ont été mis sur la table. Mais, suite à une question de la journaliste Léa Salamé, l’ex président de la République et actuel candidat à la primaire de la droite s’est également exprimé sur la jurisprudence Balladur-Jospin : un ministre mis en examen doit-il quitter le gouvernement ?

La réponse de Nicolas Sarkozy est surprenante :

Non, je crois à la présomption d’innocence j’ai trop vu ce qui s’est passé avec monsieur Baudis, paix à son âme, qui a été insulté, bafoué pour s’apercevoir six mois après que ce n’est que des mensonges

Sur le fond, Nicolas Sarkozy a parfaitement raison. L’affaire Baudis a été une monstrueuse injustice. L’ancien maire de Toulouse a été victime d’une véritable machination mêlant des prostitués et un tueur en série (Patrice Allègre), sur fond de (folles) accusations de torture et de meurtres.

En revanche, l’exemple de Dominique Baudis n’est pas vraiment pas le bon s’agissant de la démission d’un ministre en prise avec la justice. En 2003, l’ancien maire de Toulouse n’était pas membre d’un gouvernement. Lors du déchaînement de l’affaire Allègre. Dominique Baudis était le patron du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel. De plus, Dominique Baudis n’a jamais été mis en examen. Le procureur de la République de l’époque révèle que le nom de Dominique Baudis est cité (suite à des faux témoignages) dans l’enquête. Mais c’est tout.

En réalité, pour illustrer ses propos, Nicolas Sarkozy n’aurait  pas dû citer l’exemple de l’ancien maire de Toulouse mais de… Dominique Strauss-Kahn. En 1999, DSK fait l’objet d’un réquisitoire supplétif pour « faux et usage de faux ». Il est alors ministre des Finances de Lionel Jospin. Il démissionne. Quelques temps plus tard, la justice classe le dossier.

Laurent Dubois (@laurentdub)

13 Sep

Primaire de la droite, Occitanie une Région « Juppéo-Copéiste »

Les 20 et 27 novembre prochains, la droite organise sa Primaire. Huit candidats ont réussi à obtenir les parrainages nécessaires. Pour être sur la ligne de départ, il fallait recueillir 250 parainnages d’élus locaux (dont 20 parlementaires) et 2 500 signatures d’adhérents. Parmi les signataires parlementaires (députés et sénateurs), qui parraine qui en Occitanie ?

La Région est-elle Sarkozyste ? Juppeiste ? Copéiste ? 

Réponse en chiffres.

Jean-François Copé. Photo MaxPPP

Jean-François Copé. Photo MaxPPP

Une Région « Copéiste »

12 parlementaires ont parrainé un des 8 candidats à la primaire. Les signatures se portent sur uniquement 4 des 8 compétiteurs : Alain Juppé, Jean-François Copé, Bruno Le Maire et Nicolas Sarkozy. Dans ce trio, c’est Jean-François Copé et Alain Juppé recueille (ex-aequo) le plus grand nombre de parrainages : 4.

1) Franck Proust (Gard).

2) Elie Aboud (Hérault).

3) François Calvet (Pyrénées Orientales).

4) Laurence Arribagé (Haute-Garonne).

Le bon score de Jean-François Copé est toutefois relatif. L’ancien ministre et député_maire de Meaux recueille quasiment la moitié des parrainages en Occitanie. Mais une signature est formelle. En effet, Laurence Arribagé parraine Jean-François Copé et lui permet ainsi (avec les autres signataires) de participer à la Primaire. Mais la députée de Haute-Garonne soutient politiquement le rival de Jean-François Copé : Nicolas Sarkozy. Laurence Arribagé a même intégré le staff de campagne de l’ancien chef de l’Etat. A noter que l’Occitanie occupe une bonne place dans le « quota » des parrainages Copé : 5 sur les 24 obtenus au niveau national.

Alain Juppé fait le plein chez les sénateurs

 Dans le hit parade des parrainages, Alain Juppé se trouve sur la seconde marche du podium : 4 signatures. Particularité (à la différence de Jean-François Copé), elles émanent toutes de sénateurs et sénatrices. Seconde spécificité, les parrains se concentrent sur la Haute-Garonne : 4 sur 5. Enfin, dernière originalité, la moitie des signataires(Alain Chatillon et Pierre Médevielle) sont issus des rangs de l’UDI.

1) Alain Chatillon (Haute-Garonne).

2) Brigitte Micouleau (Haute-Garonne).

3) Pierre Médevielle (Haute-Garonne)

4) Jean-Pierre Grand (Hérault)

Nicolas Sarkozy en outsider

Nicolas Sarkozy est le président des Républicains. Il bénéficie d’une bonne (et forte) cote chez les militants. Mais ce n’est pas le préféré des parlementaires de la Région. Il arrive en dernière position. Ses sponsors se concentrent dans le Gard.

1) Vivette Lopez (Gard)

2)Jean-Paul Fournier (Gard)

Bruno Le Maire grand perdant

Un  seul parlementaire d’Occitanie (Fernand Sire, Pyrénées-Orientales) a donné sa signature à l’ancien ministre des Affaires Etrangères. C’est peu mais c’est mieux que François Fillon. Le député de Paris ne déchaîne pas l’enthousiasme des députés et sénateurs de la Région. François Fillon peut toutefois se consoler. La Primaire ne mobilise pas. De nombreux parlementaires de la droite et du centre (Yves Censi, Alain Marc, Philippe Folliot) n’ont parrainé aucun des candidats déclarés.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

12 Sep

Insécurité : Jean-Luc Moudenc atteint par le syndrome Cohen ?

Les maires se succèdent et l’insécurité perdure. Ce lundi 12 septembre, Jean-Luc Moudenc a tenu son point presse de rentrée. Un point presse largement axé sur la sécuritéLe maire de Toulouse a  déclaré : « La police municipale ne doit pas être dans une logique de substitution ou de subsidiarité par rapport à la police nationale. La lutte contre la délinquance appartient à la police nationale. Je rappelle que la police municipale est en charge des incivilités, des nuisances ou des infractions« . En 2008, le prédécesseur de Jean-Luc Moudenc au Capitole, Pierre Cohen déclare : « Vous me parlez d’agressions, de racket. C’est de la délinquance. Ce n’est pas de la compétence de la police municipale mais de la police nationale. Il n’est pas question que la police municipale supplée la  police nationale« .

Jean-Luc Moudenc maire de Toulouse, MaxPPP

Jean-Luc Moudenc maire de Toulouse, MaxPPP

2008-2016. Deux maires et quasiment (au mot près) les mêmes propos sur le même sujet. Pierre Cohen et Jean-Luc Moudenc ne se sont pas simplement opposés sur la question de l’insécurité. L’actuel maire de Toulouse a axé sa campagne sur une rupture avec Pierre Cohen. La victoire de Jean-Luc Moudenc est (en partie) acquise grâce à  un volontarisme (affiché) en matière de lutte contre l’insécurité.

Après deux ans de mandat, Jean-Luc Moudenc est-il atteint du syndrome Cohen ?

Pendant la campagne des municipales, Pierre Cohen souffre d’une mauvaise image : manque de lucidité sur la « plaie » toulousaine de la petite et de la grande délinquance, mollesse dans la gestion de la police municipale avec un refus d’armement et la suppression des patrouilles de nuit…En 2014Jean-Luc Moudenc dresse (pendant des semaines, à longueur de discours et d’interviews) un véritable réquisitoire contre le bilan Cohen. Des propositions chocs sont formulées. Armement de la police municipale. Création d’une brigade d’intervention rapide motorisée. Doublement des effectifs et renforcement de la vidéo-surveillance.

Le sens des responsabilités à la place de l’angélisme. L’efficacité au lieu du laxisme. Le pragmatisme et le refus du dogmatisme. En matière d’insécurité (comme d’ailleurs budgétaire) Jean-Luc Moudenc se veut l’anti-Cohen. Après 2 ans de mandat, Jean-Luc Moudenc « rejoint » pourtant (dans les mots) Pierre Cohen. Dans les faits, Jean-Luc Moudenc a pris des mesures que Pierre Cohen refusait d’adopter et même combattait. Il y a une rupture entre le mandat du socialiste et celui de l’actuel maire Les Républicains.

Mais tout cela pour quel résultat ? Le même constat. Un constat qui se résume à une évidence : un maire reste un maire. Ce n’est pas un ministre de l’Intérieur. La seule solution pour franchir le fossé entre le Capitole et la place Beauvau est de devenir le prochain « Bernard Cazeneuve » du prochain président de la République.

Laurent Dubois (@laurentdub)