19 Avr

Edito : Des Primaires secondaires ?

Thierry Solère, président de la commission nationale de la primaire de la droite et du centre (Photo Max PPP)

Thierry Solère, président de la commission nationale de la primaire de la droite et du centre (Photo Max PPP)

Je suis peut-être de la vieille école mais n’ai jamais vraiment adhéré au concept de « Primaires ». En politique, un chef ne devrait-il mieux pas s’imposer de lui-même ? Un seul antécédent pour ce type d’expérience en France : la désignation à gauche  de François Hollande en 2012. On ne peut pas dire que ça lui a porté chance ou donner une réelle assise… Quant à une nouvelle tentative de la gauche en matière de Primaires, elle reste pour l’heure en suspend.

Onze au départ, combien à l’arrivée ?

Hier donc, Thierry Solère était de passage à Toulouse pour lancer les Primaires de la droite et du centre. 11 candidats officiellement en lice, pour l’instant, sans compter Nicolas Sarkozy. « Mais ils ne seront sas doute pas tous à l’arrivée », rassure le président de la commission nationale d’organisation.

Parce qu’il y a quand même des règles, qui forcément vont institutionnaliser ce vote mais le certifier également. On ne peut pas tout avoir… 250 parrainages d’élus dont vingt parlementaires et 2500 soutiens d’adhérents issus de quinze départements. Mais est-ce que ça légitime une femme ou un homme ? Pas sûr…

Etre électeur et de droite

Ensuite qui va voter ? Des électeurs, ayant leur carte, qui devront signer un engagement dans lequel ils se revendiquent des valeurs de droite. Obligation donc d’être déjà dans la boucle civique et de se positionner politiquement.  Avis aux amateurs mais pas évident que ces critères de participation séduisent de nouveaux citoyens qui souhaitent s’investir dans la vie politique du pays.

Autre paramètre en effet qu’il ne va pas falloir éluder pour « Les Républicains » et les partis centristes, ces primaires s’annoncent aussi comme un test grandeur nature sur l’état de mobilisation de leurs troupes. On sait qu’une Présidentielle (surtout au premier tour) se gagne sur un socle d’électeurs issus des partis.

Un débat malgré tout

Référence de base pour ces Primaires à forte connotation interne sans vouloir l’être, les trois millions d’électeurs qui s’étaient prononcés en 2011 pour départager François Fillon et Jean-François Copé à la tête du parti. Ils avaient alors aussi pu voter par internet, ce qui n’est plus le cas cette fois-ci. Seul hic de cette précédente expérience, la confusion qui en était ressortie des urnes : impossible par exemple de savoir qui l’avait emporté dans les 158 bureaux de vote de la Haute-Garonne.

Élément positif tout de même de ce scrutin prévu les 20 et 27 novembre prochain : le débat qu’il amorcera. Chacun va faire valoir son premier jet de programme, ses positions sur des grands thèmes de société et ses éventuelles orientations présidentielles. C’est peut-être, selon moi, le seul vrai intérêt de ces Primaires.

Patrick Noviello

Pour Jean-Christophe Sellin, « le FN est venu pour pourrir » la réunion du Conseil régional

Jean-Christophe Sellin réagit à l’interview de France Jamet publiée sur le Blog Politique de France 3 Midi-Pyrénées. L’élu régional du Front de Gauche donne sa version des faits.

Jean-Christophe Sellin conseiller régional "Nouveau Monde".

Jean-Christophe Sellin conseiller régional « Nouveau Monde ».

Pour Jean-Christophe Sellin, « la réaction de France Jamet, pour le Front National, est révélatrice du profil de son groupe. Elle se présente comme victime alors qu’elle est venue avec un lance-flamme et ses collègues avec des bidons d’essence ». 

L’élu du Front de gauche argumente en faisant référence aux « pancartes brandies par quarante élus stigmatisant le «Delgastan», assimilant notre région à une entité à consonnance orientale qui, pour eux , est forcément antidémocratique, musulmane et intégriste (…) puis, Jean-Guillaume Remise (FN Aveyron) qui a poursuivi par des propos sexistes accusant Carole Delga de faire du «népotisme en tailleur» ( on ne parle jamais de népotisme en pantalon, n’est-ce-pas…..) ».

  Le Front National est venu pour pourrir l’Assemblée Plénière

Pour lui, « le bilan, c’est que le FN était venu pour pourrir l’Assemblée Plénière mais au fur et à mesure de la journée et notamment après mon intervention sur l’orientation budgétaire, l’éthique de l’emprunt et les aventures au Panama avec l’argent public, le Front National a été secoué, déstabilisé et a complètement perdu pied ».

  Le fascisme est un courant politique et non une insulte

« Finalement, poursuit Jean-Christophe Sellin, c’est Julien Sanchez, conseiller régional et maire de Beaucaire qui a tenté de reprendre la main et de ressouder les rangs fascistes (je rappelle que le fascisme est un courant politique et non une insulte).
Il a mené la bronca pendant la présentation du voeu sur l’accueil des réfugiés avec hurlements et bruyants sarcasmes à l’encontre de ceux qui fuient la guerre, la misère, le dérèglement climatique avec puis a craché sa haine sur tout ce qui bouge. Pour ceux qui en doutaient, cette journée a très clairement prouvé que le FN ne sert en rien l’intérêt général. Il ne sert à rien. Sinon à distiller la haine ».

On savait que la composition de la nouvelle assemblée régionale avec le Front National comme premier groupe d’opposition (en nombre d’élus) amènerait des tensions. On en en eu la preuve avec les incidents de vendredi à Montpellier.

On sait aussi maintenant que l’attitude des élus FN peut être un moyen de souder une majorité de gauche, plurielle et parfois frondeuse. Jean-Christophe Sellin et trois de ses camarades de « Nouveau Monde » se sont abstenus lors de l’élection de Carole Delga à la présidence de la Région, en janvier dernier. La préparation du budget et le dossier de la LGV risquent de créer de nouvelles tensions entre la présidente socialiste et la « gauche de sa gauche ». Mais, le temps d’une « plénière » houleuse, Carole Delga peut se « féliciter » de l’action du FN.

Le Front National lui « offre » un front uni.

Laurent Dubois (@laurentdub) et Fabrice Valéry (@FabValery)

 

16 Avr

Conseil régional : les « méthodes de voyous » de certains élus

Montpellier est connue pour sa Place de la Comédie. Depuis le vendredi 15 avril, la ville peut revendiquer le titre de la Cité du « Grand Guignol ». La première assemblée plénière montpelliéraine est passée du sketch au mauvais gag. A la fin de la séance, menaces physiques et insultes ont manqué de faire basculer l’assemblée régionale dans la rubrique fait-divers. Des élus Front National ont fait physiquement pression sur un élu d’opposition.

Les élus du FN vendredi à Montpellier

Les élus du FN vendredi à Montpellier

Vendredi 15 avril. La séance de l’assemblée plénière n’a encore pas débuté. La présidente de la région, Delga Carole demande s’il est possible de mettre la « clim’ ». C’est prémonitoire. Rapidement, une fois session ouverte, la température monte.

Conditions de travail

Au début, les échauffourées sont « normales ». Deux élus de l’opposition (Thierry Deville et Sacha Briand) mettent en cause les conditions de travail dans l’auditorium qui héberge l’assemblée plénière. Les mots sont sévères : « conditions de travail indignes et manque de respect ». Un mouvement d’humeur secoue les rangs. Mais on reste dans le cadre habituel d’un débat démocratique : des piques et des répliques.

Une bronca et les premières huées arrivent lorsque le président du groupe PS, Christian Assaf, défend la tenue des « plénières » à Montpellier. Le climat devient tendu. Dominique Reynié, visiblement agacé, se lève et appelle ses collègues à « la dignité ».

La réunion a commencé depuis moins d’une heure. Mais ce n’est que le début. Un épisode folklorique va intervenir avant que l’atmosphère devienne franchement délétère.

Le sketch du Panama

L’épisode folklorique a pris la forme d’un sketch organisé par un élu du Front de Gauche, Jean-Christophe Sellin. Lors du débat budgétaire, l’élu régional lance aux élus du Front National : « La France, aimez la fiscalement ou quittez-la ». A la fin de son discours, Jean-Christophe Sellin se lève, traverse l’auditorium, et offre un chapeau « Panama » à la présidente du groupe FN !

Il s’agit d’une allusion évidente au scandale « Panama Papers » et à des affaires d’évasion fiscale dans lesquelles le nom de Jean-Marie Le Pen est cité.

La mise en scène de l’élu de gauche est moyennement appréciée sur les rangs de l’opposition. Un élu de droite lance : « nous sommes dans une salle de spectacle (NDLR l’auditorium du Corum) mais on ne doit pas tomber dans le théâtre de bouffon ». Et encore Sacha Briand n’a pas tout vu et entendu.

Carole Delga insultée

La suite et surtout la fin de la séance vont carrément basculer dans la « chienlit ». Un élu du Front National va insulter la présidente Delga («Toi je te respecte pas !»). Le maire FN de Beaucaire, Julien Sanchez, s’est montré particulièrement véhément.

Aux propos tenus dans les travées ou au micro s’ajoutent de « l’agit-prop» : « aller-retour » pour prendre en plein débats des photos postées ensuite sur Twitter, cris « Cahuzac » couvrant l’intervention du président de groupe PS, pancartes « Delgastan » brandies à bout de bras au sujet du nom de la région…

Un élu de droite physiquement intimidé

Un élu LR a été particulièrement visé. Aurélien Pradié est en conflit ouvert avec le Front National dans son département, le Lot. Le conflit s’est déplacé dans l’assemblée régionale. Aurélien Pradié a été empêché physiquement de retourner à sa place : « j’ai dû joué des coudes et c’était vraiment très tendu ».

Un élu socialiste, Michel Boussaton confirme : « Coté PS on s’est vraiment demandé si on ne devait pas s’interposer et intervenir. Ce sont des méthodes de voyous ».

« Méthodes de voyous », « hystérie », « grand n’importe quoi »

L’ensemble des événements laisse un gout amer. L’assemblée plénière a duré plus de 8 heures. Des dossiers ont été traités et des votes sont intervenus. Les incidents de séance, vociférations et autres altercations n’ont pas complètement « tué » la réunion du Conseil Régional.

Mais la première assemblée plénière à Montpellier est vraiment (au mauvais sens du terme) extra-ordinaire et totalement stupéfiante. Pour ne pas dire délirante. Plusieurs élus de droite comme de gauche parlent d’un « grand n’importe quoi et d’une véritable hystérie« .

Cette première montpelliéraine laisse un goût amer.

Comme le déclare une personnalité qui a connu les chaudes assemblées du temps de Georges Frêche : «Perso, je n’ai vu jamais cela ».

Laurent Dubois (@laurentdub) et Fabrice Valery (@FabValery)

29 Juil

Colère agricole : tout à revoir ?

Opération escargot des agriculteurs sur l'A20 dans le Lot samedi dernier. Image France3 V.Galy

Opération escargot des agriculteurs sur l’A20 dans le Lot samedi dernier. Image France3 V.Galy

Les touristes n’auront jamais vu autant de tracteurs sur la route des vacances. Pourtant nous savons tous depuis longtemps ce que représentent les agriculteurs dans notre pays. Acteurs essentiels pour l’économie locale, aménageurs du territoire et avant tout fournisseurs d’aliments à la population.

« Avant tout » ai-je dit ? Peut-être me suis-je tromper ? Nous nourrir ne serait plus la vocation première des paysans et le cœur du conflit actuel est sans doute là. Nous semblons désormais consommer de nombreux aliments ou produits venus de pays voisins voire de l’autre bout du monde. Et ce alors que ces denrées pourraient se trouver beaucoup plus facilement aux portes de nos villes.

Ceci nous ramène à la réflexion qu’avait eu dans une de nos émissions un candidat Europe Ecologie les Verts. Il se déclarait reconnaissant à jamais envers les paysans même s’il n’était pas toujours d’accord avec certains modes de cultures. Il leur vouait le plus grand respect car disait-il “si la France avait pu manger sous l’occupation, c’était uniquement grâce à eux”. Une dette désormais soldée ou oubliée. Du moins par certains représentants des pouvoirs publics qui ne commandent même plus français pour leurs cantines.

Depuis ces heures sombres qu’a connu notre nation, les temps ont évidemment bien changé. Les français découvrent donc des barrages plus ou moins filtrants et nos téléspectateurs s’aperçoivent (ou pas) que nos produits agroalimentaires de consommation courante sont loin d’être tous issus de nos terroirs. Ce que tout le monde sait en revanche depuis un moment, c’est que les prix ne baissent pas, au contraire, et que les éleveurs n’arrivent plus à se dégager un véritable salaire.

Et les experts de s’interroger : produit-on trop ? N’est-ce pas le système dans sa globalité qu’il faut revoir ? Fin juin, nous réalisons une de nos dernières émissions de la saison sur cette problématique. Un des représentants de la filière bovine assénait un constat sans appel : “On a un produit beaucoup trop cher par rapport au consommateur et qui ne nourrit pas l’homme qui l’a produit. C’est paradoxal. C’est un enjeu important qu’il faut revoir. Il faut tout raser et recommencer”.

Patrick Noviello

03 Juil

Régionales : sondage en terre inconnue

Conseil Régional de Midi-Pyrénées Archives MaxPPP

Conseil Régional de Midi-Pyrénées Archives MaxPPP

 Comme presque toujours, ils auront dégainé les premiers. Nos confrères de la Presse Quotidienne Régionale (La Dépêche du Midi, Centre-Presse, L’Indépendant, Midi Libre) sortent avec Ifop le premier sondage élections Régionales. Résultat : à l’ouest (et à l’est) rien de nouveau. On agite la menace FN, on montre une gauche incapable de gagner désunie et entre les deux un Dominique Reynié perdant mais dignement.

 

27% pour la liste FN au premier tour ? Plausible si l’on se réfère aux résultats des dernières européennes sur un territoire Grand Sud-Ouest où Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées étaient déjà réunies. Quant à ce chiffre qui ne s’enrichirait que de deux points entre les deux tours, cela parait également vraisemblable. Mais la scission entre l’électeur Frontiste et celui de la droite dite « traditionnelle » sera-t-elle aussi franche en décembre prochain ?

 

Concernant les intentions de voix en direction de Dominique Reynié, le changement de territoire électoral et l’union avec l’UDI dès le premier tour semblent porter leurs fruits pour une droite régionale qui n’aurait jamais été aussi près du Graal. Mais la donnée FN met fin à tout espoir de bascule et aucun mariage de déraison n’est envisageable.

 

Du grand mystère des sondages… Comment attribuer 9% à un candidat de deux jours (Philippe Saurel), que la plupart des habitants de Midi-Pyrénées découvrent ? Un maire de Montpellier qui quoi qu’il arrive, selon ce sondage, ne l’emporterait pas, voire se hisserait limite au second tour. Mais bon, la campagne démarre à peine pour lui sans que l’on sache s’il ira à son terme.

 

Les Verts, eux, abandonnent peu à peu le capiton de leurs fauteuils de vice-présidents pour reprendre le chemin qui mène à l’électeur. Ils sont gratifiés d’un score-plancher de 7 loin de l’espoir d’un douze enivrant tel l’hydromel. Une sorte de classement ATP moyen, histoire de ne pas vendre la peau de l’ours des Pyrénées avant de l’avoir tué. Europe Ecologie nous a habitué à des surprises, bonnes comme mauvaises pour eux.

 

Plus surprenant c’est un 9% qui est attribué à la liste Front de Gauche soit autant qu’à celle de Saurel et plus que les cologistes. Les sondeurs surfent-ils sur la tendance « alternative » et « citoyenne » ? Une pincée de Syriza et un zest de « Podemos ». Une démocratie participative prônée à l’unisson à gauche qui aurait trouvé le chemin des urnes ? Je demande à voir…

 

Quoi qu’il en soit la socialiste Carole Delga est donnée gagnante dans tous les cas de figure, triangulaire ou quadrangulaire. Même si dans cette dernière hypothèse, la marge d’erreur de 2 points ne suffit pas à garantir l’issue du scrutin. Mais un Saurel au second tour, qui se maintiendrait alors qu’il ne décidera qu’en octobre s’il présente définitivement une liste. Avec des si…

 

En résumé, ce premier sondage juste avant la pause estivale donne des repères. Chacun y prêtera attention ou pas. La campagne s’annonce aussi vaste et riche que le territoire qu’elle va couvrir. Pour beaucoup de ses têtes de liste, elle constitue une première, avec une notoriété à se construire, des alliances à conclure et des électeurs à convaincre. Difficile pour ces élections plus que pour toutes autres de faire un pronostic. En tout cas, les régionales 2015 sont el et bien lancées sans lauriers sur lesquels s’endormir.

 

Patrick Noviello

26 Juin

Ligne blanche et série noire

©JEAN-PHILIPPE-KSIAZEK-AFP

©JEAN-PHILIPPE-KSIAZEK-AFP

Si nous avions encore eu une émission à l’antenne en ce début d’été, nous vous aurions certainement parlé de la violence routière, violence volontaire ou involontaire. Comme les homicides…

Ces derniers jours ont été terribles sur les rubans d’asphalte de notre région. Tout a démarré, sur les chapeaux de roue, un vendredi en fin de journée, avec un Go Fast au péage de Labège, une course poursuite avec la police au milieu du trafic, des tirs et un véhicule finalement intercepté. Des kilos de drogue ont été retrouvés dans la voiture.

Mais pas besoin d’être un trafiquant pour foncer sur la police, la chose s’effectue de plus en plus fréquemment de la part des contrevenants. Jeudi après-midi à Toulouse, c’est un chauffard ayant grillé un feu rouge qui fonce sur deux fonctionnaires de police pour les renverser et les trainer sur plusieurs mètres. Les syndicats n’hésitent pas, à cette occasion, à rappeler la terrible mort de leur collègue de Decazeville lors d’un banal contrôle routier.

Et alors que l’uniforme bleu ne semble plus dissuader les fous du volant, les autres accidents, plus banaux mais hélas non moins mortels, se poursuivent. Comme sur la route Castres-Toulouse où une femme de 38 ans a perdu la vie mercredi en fin de journée dans une collision frontale avec un véhicule qui semble s’être déporté involontairement sur sa voie.

Nous allons dans les jours qui viennent nous retrouver des millions sur cette route synonyme de liberté et de vacances mais aussi de drames humains au quotidien. Oui la voiture, de manière volontaire ou involontaire, peut devenir une arme par procuration. Que personne ne l’oublie. Elle tue le plus souvent des innocents comme ces trois jeunes columérins décédés jeudi matin alors qu’ils avaient la vie devant eux. « A vingt ans, c’est pas le moment d’y aller » déclarait sur notre antenne un encadrant de leur club de foot.

Si le terme de « vivre ensemble » a connu son heure médiatique au moment des drames de janvier à Charlie Hebdo et dans l’Hyper Casher, il est plus que jamais d’actualité alors que les fêtes estivales et les chassés-croisés de vacanciers vont débuter. A chacun maintenant de ne pas franchir la ligne blanche pour ne pas poursuivre la série noire que l’on vient de vivre.

 

Patrick Noviello

05 Mai

Républicains ? Un droit et des devoirs.

En fin d’après-midi, l’avocat toulousain Christophe Lèguevaques, ancien candidat à la primaire PS à Toulouse, va officiellement demander un recours en nullité contre la marque « Les Républicains » déposée par l’UMP. Il en a le droit bien évidemment. Mais cette polémique met aussi tous les partis face à leurs devoirs.

 

Christophe Lèguevaques

Christophe Lèguevaques

 

Christophe Lèguevaques dénonce une tentative de « ripolinage destiné à masquer l’implication d’un parti impliqué dans de nombreuses et scabreuses affaires politico-financières ». Pour lui, l’expression « républicains » ne doit pas se limiter à une partie de l’hémicycle.

 

« On rappellera simplement qu’aux États-Unis, un des deux principaux partis s’appelle « Les Républicains ». En France, le parti auquel appartenait Valéry Giscard d’Estaing s’appelait « Les Républicains Indépendants » transformé à partir de 1977 en « Parti Républicain ». A partir de 1976, le parti gaulliste s’appelait « Le Rassemblement Pour la République »… Toutes ces appellations ont été adoptées sans que cela, à bon droit, n’émeuve quiconque » précise Pierre Esplugas, le porte-parole de l’UMP31 dans un communiqué.

 

Jetons d’ailleurs un coup d’œil sur la définition de « République » dans Le Robert : « Forme de gouvernement où le pouvoir, qui n’est pas héréditaire, est exercé par un Président et un Parlement élus. » La formule est effectivement applicable à droite comme à gauche, pas de doute.

 

Alors ne seraient Républicains que les membres de l’ancienne UMP ? Bien sûr que non. Alors pourquoi s’arroger cette appellation ? Ils sont nombreux, y compris au sein du parti à ne pas comprendre la démarche. « Nous ne sommes pas les seuls Républicains, j’en connais beaucoup dans les rangs adverses » reconnaît un élu UMP.

 

Pour accorder tout le monde, Nicolas Sarkozy a décidé de faire voter les militants. Mais selon un sondage Odoxa pour I-Télé, 56% d’entre eux estiment que l’UMP ne devrait pas changer de nom. Pour les convaincre le président du parti devrait leur envoyer jeudi une lettre leur expliquant pourquoi « la priorité aujourd’hui est de rétablir les principes de la République ».

 

D’ailleurs tout n’est-il pas parti de là ? Au lendemain des attentats parisiens de janvier, l’emblème républicain est revenu sur le devant de la scène, et avec lui toutes les valeurs qu’il porte. Ce qui était scandé, au départ lors d’une trêve politique ne risque-t-il pas d’être repris à son compte par un seul parti ? C’est peut-être cela qui passe mal aujourd’hui à droite comme à gauche.

 

La République est à tous ceux qui veulent en défendre les principes. Est donc « Républicain » celui qui s’y engage, carte d’un parti en poche ou pas. Un droit commun certes mais aussi des devoirs à respecter. Notamment celui de ne pas s’arroger un nom qui se veut universel ? Ce sera à la justice de trancher. Christophe Lèguevaques dépose sa demande judiciaire en nullité cet après-midi.

 

Patrick Noviello

08 Avr

Départementales : Sans Étiquette, possible ?

 

Christian Astruc, nouveau président sans Étiquette de Tarn et Garonne. Photo PQR La dépêche du Midi

Christian Astruc, nouveau président, Sans Étiquette, de Tarn et Garonne. Photo PQR La dépêche du Midi

Une exception… Une petite touche de couleur ni rose, ni bleue sur la carte de France. Un département ni à droite ni à gauche, voilà ce qu’est- devenu le Tarn et Garonne. Mais est-ce que ça peut marcher et est-ce que ça veut dire quelque chose ?

 

« Un candidat « sans étiquette », moi, je ne sais pas ce que c’est ! Pour moi, c’est un candidat de droite. » La réplique de Georges Méric, socialiste, désormais patron du conseil départemental 31, à Christian Astruc est cinglante ce samedi en plateau de « La Voix est Libre ».

 

Le nouveau président de Tarn et Garonne a l’habitude d’essuyer ce type de remarque. Il relève à peine : « Je suis maire depuis 20 ans. Dans mon conseil municipal, je n’ai jamais regardé si une personne était à droite ou à gauche. Pour moi l’important, c’est la personne, les idées, les propositions qu’il fait ».

 

Pour lui, les partis politiques sont là pour s’autoalimenter, en ayant le plus d’élus possible pour assurer leurs finances. Quand on lui fait remarquer qu’il a été proche du PRG de Jean-Michel Baylet, il répond : « Mais je n’ai jamais été encarté ! Nulle part d’ailleurs ! ».

 

Oui mais la droite ou la gauche, il faut bien se positionner, non ? « Aujourd’hui on ne peut plus se payer le luxe de faire de la politique politicienne vu l’état dans lequel est notre pays : si une proposition est bonne on doit la soutenir qu’elle soit de gauche ou de droite. » A noter que la politisation du scrutin n’a bénéficié ni à Manuel Valls au niveau national, ni à la droite midi-pyrénéenne défaite malgré tout.

 

Nid de droite, ni de gauche, d’accord mais quoi alors ? « Indépendant » voilà un autre terme qui revient souvent dans la bouche de Christian Astruc. « Nous nous sommes toujours déclarés en tant que tels, et malgré cela la Préfecture m’a répertorié en « Divers Gauche ». C’est inacceptable, nous contestons cela ».  Pour le maire de Dune, c’est donc cette indépendance qui l’a emporté, cette indépendance qui a été choisie par l’électeur.

 

Seulement ce mouvement qui s’amorce peut-il se fédérer alors qu’on commence surtout à parler de tripartisme en France (UMP, PS, FN) ? « Moi qui suis contre les partis, je ne vais quand même pas en fonder un des « Sans Etiquettes » » ironise en guise de conclusion Christian Astruc.

 

Patrick Noviello

25 Juil

Sacrée famille !

 

Apparemment, ça ne gêne personne, surtout pas les principaux concernés évidemment…10 à 15% des parlementaires français emploient un membre de leur famille, bien souvent leur conjointe. Ce sont leurs déclarations d’intérêts connues officiellement cette semaine qui nous révèlent cela.

Nadia Copé, Véronique Bartolone, Valérie Dupont-Aignan….Que leurs conjoints continuent à nous servir des leçons de démocratie, mais qu’ils donnent alors l’exemple avant. Phrase stupéfiante attribuée au Président de l’Assemblée Nationale lors d’une interview accordée au Lab : «Je n’ai pas embauché ma femme, j’ai épousé ma collaboratrice».

Je n’ai pas embauché ma femme, j’ai épousé ma collaboratrice

Vous trouvez ça normal, vous ? Eh bien pas moi. Dans l’image d’Epinal, le travail en famille, c’est en générale l’entreprise fondée par le patriarche transmis de génération en génération : « Ets Untel et fils  (ou fille) ». Cela peut également être une fratrie qui décide d’œuvrer côte à côte, un mari et femme qui tiennent un commerce etc…

Elu du peuple, payé par les deniers publics, la donne n’est pas exactement la même. Prenez un député qui dispose de 9000 euros par mois pour payer ses assistants et qui décide d’en verser la moitié à un membre de sa famille. Non seulement c’est légal, mais en plus ces messieurs-dames viendront vous expliquer que « c’est plus facile », « il s’agit d’une relation de confiance », « il (ou elle) a les compétences ».

Là n’est pas la question allai-je dire. C’est une affaire de principe. Tout cela a beau maintenant être transparent, cela n’en pas pour autant, selon moi, acceptable.

Patrick Noviello

13 Juin

Cheminots, intermittents : borderline ?

Ce matin, Frédéric Cuvillier l’admet : la première journée du Bac pourrait être « menacée » par la grève des cheminots. A cette annonce, difficile pour les lycéens et leurs parents, de rester philosophes (ça tombe mal c’est la première matière  au programme…). « Les grèves, c’est le seul moment où la SNCF parle d’usagers et non de clients » scandait hier dans le Grand Soir 3 un leader de la CGT. Pas sûr que ça console les clients, oups les usagers, restés à quai.

Eux ont eu droit à un service presque normal et gratuit après une première soirée annulée. Les spectateurs de Rio Loco ont enfin pu faire la fête hier soir à Toulouse, Prairie des Filtres, entre deux annonces sur le conflit des intermittents. Des intermittents qui disent avoir tout tenté pour éviter le blocage (manifestation, occupation du siège du PS, de la direction régionale du travail, etc…) mais doivent aujourd’hui « se faire mal » comme ils le reconnaissent, autrement dit saborder leur propre travail.

Et celui qui écrit ce billet d’humeur sait de quoi ils parlent. Voilà trois semaines, il a eu droit, en raison d’une grève, à l’annulation au dernier moment d’une émission. Sans oublier les invités qui avaient fait des kilomètres pour y participer  voire posé un jour de congé. Et ce triste spectacle pourrait être joué encore plusieurs fois dans les studios télé ou dans les festivals cet été.

Loin de moi l’idée de critiquer les revendications ou la justification de ces conflits sociaux. Le droit de grève est sacré et respecté en France, surtout dans cette année du centième anniversaire de la mort de Jaurès. Ce droit a été gagné de haute lutte et c’est justement pour cela que nous, médias, le traitons avec autant d’acuité.

Cependant l’humeur française est plus sensible que jamais dans cette période où l’emploi bat de l’aile. Un emploi de plus en plus dur à conquérir voire à conserver. Un travail qui ne doit pas être négocié au rabais à l’heure où il est plus cher que jamais à chacun d’entre nous.

En visite en Andorre ce matin, François Hollande s’est adressé aux cheminots : « Maintenant, la réforme doit être présentée au Parlement et elle doit être votée et à un moment, et le moment est arrivé, un mouvement doit s’arrêter, ça ne veut pas dire que le dialogue ne puisse pas continuer. »

Dialoguer plutôt que bloquer, au risque de peser moins dans les négociations ? C’est l’éternelle question qui trotte dans la tête des syndicats. « S’ils font grève, c’est qu’ils doivent avoir des raisons » répliquent souvent les passants interrogés. Politesse de façade ou réelle empathie ? Les mouvements longs ont souvent tendance à durcir les positions. A bon entendeur.

Patrick Noviello