18 Nov

[Brèves de non campagne] : « reprendre la campagne parait grotesque »

« Reprendre les petits jeux de campagne, me paraît grotesque. Quel décalage ». Ce cri du coeur émane d’une tête de liste départementale. Elle reflète l’esprit général. Le deuil national est terminé. Mais les Régionales n’arrivent pas à reprendre.

8441253-13253944Une tête de liste régionale confesse, par SMS, son malaise. Un malaise qui traverse les rangs de la droite comme de la gauche :  » j’ai fait le point avec mes 13 têtes de listes départementales. Dans le contexte actuel, c’est très compliqué ».

Ce matin, mercredi 18 novembre, Gérard Onesta et « Nouveau Monde » devaient envoyer un communiqué de presse. Il a demandé à son staff de reporter l’envoi après la fin de l’assaut et une vague d’interpellations menées, tout au long de la matinée, à Saint-Denis.

La campagne est totalement écrasée par les attentats de Paris. Sur le fond, comment parler logement, finances et croiser le fer avec ses adversaires alors que les électeurs ont une seule chose en tête : la terreur islamiste.

Mais, à ce problème « politique », s’ajoute des difficultés pratiques. Un communiqué de presse ou une réunion risque d’être télescopé par des rebondissements policiers. Les perquistions et les interpellations captent toute l’attention. Sans parler d’une émotion qui rend dérisoire la bataille électorale. Derrière ces questions de « timing » se trouvent de vrais enjeux politiques. Une communication mal calibrée ou qui intervient au mauvais moment peut non seulement tomber dans la vide. Mais également un sentiment de rejet.

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Loin des micros, certains ne sont pas trop gênés par le contexte dramatique du moment. Place du Capitole, mardi 17 novembre, ce sont rassemblées plus de 10 000 personnes. Parmi cette foule (rendant hommage aux victimes des attentats), se trouvaient de écharpes tricolores, des élus. Un des soutiens d’une tête de liste régionale n’a pas hésité à se « réjouir » (à haute voix) de la cure de silence imposée à son candidat. Un silence qui permet de capitaliser sans rien dire ni faire. Les calculs cyniques et la tactique politicienne ne sont (malheureusement) pas absents.

La campagne n’est pas simplement menacée par les terroristes.

Elle est également malmenée par des comportements déplacés.

Laurent Dubois

 



 

17 Nov

Fin du deuil national et l’improbable reprise de la campagne

Fin du deuil national. Retour de la campagne. Après les attentats de Paris, les candidats ont suspendu les réunions publiques et les opérations de tractages sur les marchés. A partir de demain, mercredi 18 novembre, les Régionales reprennent. C’est une reprise progressive et difficile à gérer. Etat des lieux.

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Depuis le 13 novembre et la tuerie parisienne, la campagne des Régionales est en berne. Impossible et impensable de maintenir des conférences de presse ou des réunions publiques. La France est sous le choc. Les élections ne sont pas simplement éclipsées. Elles sont littéralement englouties par une actualité sanglante et glaçante.

Face à ce drame national, un consensus régional se forme. Toutes les opérations électorales sont suspendues. Mais le mouvement n’est pas unanime. En plein deuil national, le lendemain des attaques terroristes, Dominique Reynié maintient une réunion publique à Mende. Ce qui provoque d’ailleurs une polémique sur twitter et suscite un malaise à droite.

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Le dimanche, deux jours après les attentats, Dominique Reynié « récidive ». Le candidat LR adresse un communiqué de presse aux rédactions. Un communiqué évoquant les attentats mais aussi son projet régional. Même réaction que pour la réunion de Mende (les réseaux sociaux en moins). Des dents grincent à droite et des sarcasmes fusent à gauche.

En dehors de ces «fausses notes », Dominique Reynié a rejoint le cortège des candidats. Les réunions sont décommandées et les tracts restent dans les cartons.

Carole Delga a tenu sa dernière réunion publique le vendredi 13 novembre à 18 heures. Un article, publié par le quotidien régional le 16 novembre, rend compte d’une réunion de ses soutiens à Portet-sur-Garonne. Mais le staff de Carole Delga précise que la tête de liste socialiste n’a animé ou participé à aucune manifestation depuis le soir des attentats.

Du côté de Philippe Saurel, on insiste sur l’annulation de toutes les opérations électorales. Le leader des « Citoyens du Midi » a ceint son écharpe de 1er magistrat de Montpellier. Mais il a raccroché sa casquette de candidat. Des déplacements et 3 réunions ont été supprimées.

Louis Aliot a dégainé un tweet polémique. Mais, après cet épisode, la tête de liste FN a suspendu sa campagne. Louis Aliot annonce la suppression de 4 déplacements et de 4 réunions dont 1 à Béziers.

S’agissant de Gérard Onesta, le message est clair : « aucun tract distribué, aucun communiqué de presse envoyé, pas de réunion ou de meeting ». Le samedi 14 novembre, « Nouveau Monde » a publié une lettre publique pour convier Carole Delga, Dominique Reynié et Philippe Saurel à une réunion. Une réunion pour « une fin de campagne apaisée ».

En dehors de cette irruption (le lendemain des attentats) de la campagne des régionales, Gérard Onesta et « Nouveau Monde » ont respecté un « black out ».

L’immense majorité des candidats a compris que le moindre faux pas serait plus qu’une erreur. Une véritable faute. Face aux morts et aux blessés, la plus petite allusion à la campagne électorale aurait été sanctionnée.

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Comme le déclare un responsable du PS : « une seule à faire : se taire ». Cela n’empêche pas les arrières pensées et la tentation de l’instrumentalisation. Mais la période de deuil national exigeait le silence.

Il n’y aurait pas de retour à la « normale ». L’impact profond des attentats interdit de reprendre la campagne là ou elle a été suspendue. La reprise pose des « casse-têtes » logistiques : impossible d’organiser des réunions publiques ou des meetings qui n’ont pu être annoncés.

Mais c’est surtout un problème de fond qui agite les états-majors politiques. Comment trouver le bon ton ? Quels mots faut-il employés et quelle forme doit prendre le retour en campagne ?

Carole Delga a choisi d’organiser une conférence de presse. Demain, mercredi 18 novembre, à 14 heures 30 à sa permanence toulousaine. Philippe Saurel (mercredi 18 novembre à 14 heures) et Louis Aliot (jeudi 19 novembre à Montpellier) ont choisi la même formule.

Le 17 novembre à 19 heures 22, Dominique Reynié a envoyé une newsletter à ses soutiens et sympathisants. La partie « agenda » mentionne une réunion publique le mercredi 18 novembre à 18 heures 30 à Béziers. En dehors d’un édito (reprenant le communiqué de presse envoyé aux médias le 15 novembre) les attentats ne sont pas mentionnés et le calendrier ne mentionne pas des modifications suite au deuil national.

Gérard Onesta parle d’une reprise « soft ». Une grande réunion publique est annulée malgré la fin du deuil national. Le leader de « Nouveau Monde » sera sur le terrain dans le Comminges. Il commencera à distribuer des documents siglés « nous sommes Paris ». Un sigle qui figurera désormais sur le matériel de campagne.

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La méthode progressive de Gérard Onesta est révélatrice. Dans le contexte actuel, la cuisine politique est totalement indigeste. Elle est source de haut-le-coeur et même de rancoeur. Des blessés sont encore hospitalisés. Quasiment tous les jours, les médias évoquent des perquisitions de nuit dans le milieu islamiste.

Des discours sur la LGV ou les routes risquent de paraître non seulement déconnectés. Mais surtout « déplacés ». Les électeurs peuvent être indifférents aux dossiers régionaux. Mais également agacés par des querelles électorales.

Les candidats sont confrontés à une vraie difficulté. La campagne n’a pas vraiment débuté. Mais elle va se terminé dans un climat « hostile ».

Les medias ont également beaucoup de mal à retrouver le chemin des Régionales 2015.

Un seul exemple. « Sud Radio » devait organiser, vendredi prochain, un grand débat avec les têtes de listes.

Il est reporté.

Laurent Dubois

 

 

 

 

 

 

 

16 Nov

Des Régionales en Etat d’Urgence

Une situation totalement inédite. C’est la première fois, sous la Ve République, qu’une élection va se dérouler sous le régime de l’Etat d’Urgence. Trois jours après les attentats de Paris, François Hollande vient d’annoncer un projet de loi pour prolonger, durant les trois prochains mois, cette mesure exceptionnelle. Quel impact sur le déroulement de la campagne ? Des meetings ou des réunions publiques vont-ils être annulés ? Un renforcement de la sécurité est-elle prévue ? Eléments de réponse.

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Restrictions à la liberté d’aller et de venir. Interdiction de réunions publiques. L’Etat d’Urgence (appliqué en vertu de la loi du 5 avril 1955) renforce les pouvoirs de la police en permettant des perquisitions de nuit. Mais il peut concerner le quotidien des français et impacter le déroulement de la campagne régionale.

Samedi 14 novembre, Manuel Valls a annoncé le maintien des élections les 6 et 13 décembre prochains . Mais l’éruption du terrorisme (moins d’un mois avant le 1er tour) modifie complètement le contexte électoral. Sur le plan politique, les conséquences vont être majeures. C’est une nouvelle élection qui débute avec un drame national aussi inattendu que brutal. Mais, sur le terrain (pratico-pratique) des opérations électorales, c’est un véritable coup de tonnerre.

Samedi 14 novembre, le préfet de Région, Pascal Mailhos a réuni des parlementaires et le président de Midi-Pyrénées, Martin Malvy. Cette réunion n’a pas abordé les conséquences de l’Etat d’Urgence sur les élections régionales.

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D’après nos informations, le représentant de l’Etat a évoqué le renforcement de la surveillance de certains lieux : salles de spectacles, magasins…Un long exposé a également été consacré à la manifestation du mardi 17 novembre. Une manifestation en forme de marche et qui doit réunir politiques, syndicalistes et citoyens.

Mais aucun élément sur la campagne électorale.

Contacté par téléphone, la préfecture de Région n’a pas communiqué d’informations.

Evidemment, la situation peut évoluer d’un moment à l’autre.

La campagne va reprendre à la fin du deuil national. Mercredi 18 novembre, Gérard Onesta et « Nouveau Monde » annulent un meeting prévu dans le Comminges. Le même jour, Louis Aliot envisage une double conférence de presse : le matin à Montpellier et l’après-midi à Toulouse. De son côté, Carole Delga réfléchit.

Le retour en campagne va se faire progressivement.

Cela laisse le temps au préfet de s’ajuster en fonction des évènements. Mais la question va se poser rapidement

Selon nos informations, les têtes de listes régionales n’ont pas encore été contactées par la préfecture. D’ailleurs, certaines s’interrogent : des réunions publiques ou des meetings pourraient-ils être interdits par l’Etat ?

Le responsable d’un des staff de campagne est convaincu que cela ne se produira pas : « personne n’a réservé des salles de 10 000 personnes ». Autrement dit, faute de meetings de masse des mesures de sécurité doivent suffire. Même en période d’Etat d’Urgence, un précepte fondamental demeure : la liberté de réunion est le principe et l’interdiction l’exception.

Le préfet doit pouvoir garantir le bon déroulement de la campagne et donc la tenue des meetings ou des manifestations publiques. C’est « juste » une question de cars de CRS et de « bleu marine » autour des salles. Quitte à « brutaliser » des syndicats policiers qui dénoncent régulièrement l’épuisement des forces de l’ordre. Des forces de l’ordre qui, avant les attentats de Paris, étaient déjà hyper-sollicitées.

Du côté des candidats, pas de renforcement de la sécurité au programme.

Pour Gérard Onesta, « ce n’est pas un gars avec un badge à l’entrée qui va arrêter un terroriste avec une kalachnikov ». Bref, pas de vigiles ou de service d’ordre du PC en renfort.

S’agissant de Carole Delga : aucun commentaire et encore moins de détails. La campagne est suspendue. La reprise (y compris sous l’angle de la sécurité) n’est pas à l’ordre du jour.

Louis Aliot a interpellé le ministère de l’Intérieur au sujet du meeting toulousain de Marion Maréchal. Le leader du FN attend une réponse. Mais c’est un bureau exécutif qui mardi 18 novembre, à 10 heures, doit aborder la question de la sécurisation de la campagne.

Dans l’équipe de Philippe Saurel, c’est une réunion qui doit prochainement mettre le dossier sur la table. Mathilde Tolsan, tête de liste en Haute-Garonne et en charge du grand meeting de Toulouse, insiste sur le fait que « les élections sont maintenues et la campagne doit continuer après un drame qui a nous a complétement occuper. Au delà du drame national, on a des copains et des amis qui ont été touchés ».

Laurent Dubois

Pendant la suspension de la campagne, le débat sur la sécurité continue

Unanimement, l’ensemble des candidats a décidé ce week-end de suspendre la campagne. Ce qui ne veut pas dire pour autant que le débat s’est arrêté. Il repart même de plus belle, forcément plus axé sur les questions de sécurité.

Photo : Rémy Gabalda / AFP

Photo : Rémy Gabalda / AFP

Samedi, Dominique Reynié avait bien expliqué qu’il suspendait sa campagne mais qu’il demandait à ses colistiers de maintenir les réunions prévues avec les concitoyens « afin de partager nos pensées et nos sentiments sur le drame que vit notre pays ». L’idée pouvait paraître alors plutôt cohérente.

Mais, dimanche, le leader LR-UDI qui avait invité, à Onet-le-Château, les treize binômes têtes de liste départementaux, n’a pas hésité à rentrer à nouveau dans le détail de son programme. Il est revenu notamment sur ses propositions en matière de « sécurité des personnes et des bien dans les lycées, les communes rurales, les trains et les gares ». Il a rappelé aussi qu’il avait préconisé régionalement « la mise en place de dispositifs de soutien et de solidarité vis-à-vis de nos soldats et de leur famille ».

Le discours de Dominique Reynié reste toutefois loin des polémiques que suscitent les propos d’autres candidats LR aux Régionales comme Christian Estrosi en PACA qui demande un « Patriot Act » à l’américaine et qui explique qu’il faut accepter de restreindre certaines libertés. Quant à Laurent Wauquiez tête de liste en Auvergne-Rhône Alpes, lui préconise sans détour des « centres d’internement antiterroristes spécifiquement dédiés », ce que certains interprètent déjà comme des « Guantanamo » sur le sol français.

Le PRG veut rappeler les réservistes

A sa sortie de l’Elysée hier, reçu comme tous les chefs de partis, Jean-Michel Baylet a formulé également ses propositions pour sécuriser le territoire. Le patron du PRG a souhaité le rappel des réservistes de l’armée et de la gendarmerie. L’élu Tarn et garonnais a par ailleurs suggéré « que le cadre légal de la légitime défense et du port d’arme hors des temps de service soit réétudié pour les forces de l’ordre ». Enfin le PRG rappelle qu’il avait été le premier, dès juillet dernier, à demander la fermeture « des lieux de culte convaincus de radicalisation ».

A droite comme à gauche, chacun veut donc se positionner sur la question désormais primordiale de la sécurité des citoyens. Une question, de même que celle de l’immigration que le FN avait mis en sourdine ici en début de campagne, mais que parti n’a pas tardé à reprendre à son compte. Louis Aliot n’a pas résisté dès samedi à interpeler Manuel Valls sur les réseaux sociaux le qualifiant même d’ « irresponsable » face à des mesures de protection du territoire que le Front National juge insuffisantes et trop tardives.

Une campagne qui devra être exemplaire

La campagne ne devrait officiellement pas reprendre avant mercredi matin, fin de la période de deuil national. Mais déjà certains craignent qu’elle ne s’envenime. Ainsi Gérard Onesta tête de liste EELV-FG a écrit une lettre ouverte à Carole Delga ainsi que MM Saurel et Reynié pour « définir en commun les bases d’une fin de campagne qui devra être exemplaire de dignité et détermination démocratique ».

Gérard Onesta dit vouloir s’adresser à un « arc républicain » dont il exclue le FN. Dominique Reynié, lui a déjà fait savoir  « qu’il ne répondrait favorablement à cette demande que si les onze listes candidates étaient représentées ». Du côté des autres candidats interpellés, pas de réponse officielle pour l’instant.

Patrick Noviello

14 Nov

Manuel Valls maintient les élections régionales en décembre prochain

Le premier ministre vient de confirmer le maintien des élections régionales les 6 et 13 décembre prochains. Elles ne seront pas reportées suite aux attentats à Paris. Manuel Valls a  écarté un éventuel report en déclarant : « ce serait donner raison aux terroristes ».

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La question d’un report des Régionales s’est posée toute la journée. Des voix se sont élévées pour demander  de nouvelles dates.

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Cette solution posait des problèmes  juridiques : rallongement du mandat des conseillers régionaux sortants, fusion des régions au 1er janvier, allongement du financement des campagnes, convocation (inscrite dans la Loi) des nouveaux conseils régionaux le 4 janvier 2016. À tout cela s’ajoute un autre « verrou ». La réforme régionale a déjà conduit à un prorogation du mandat des élus régionaux. Or la jurisprudence du Conseil Constitutionnel fixe une limite maximale : 6 mois. Une limite atteinte après le vote de la fusion des régions.

Mais, visiblement, ce ne sont pas (simplement) les contraintes constitutionnelles et pratiques qui ont déterminé l’Exécutif. François Hollande et Manuel Valls ont souhaité adresser un message de détermination face  à la menace terroriste. De manière moins avouable et plus électoraliste, l’espoir de bénéficier d’une mobilisation derrière un président devenu chef de guerre a également pu jouer.

Ce matin, samedi 14 novembre, les instances nationales du PS n’excluaient rien. Mais, d’après nos informations,à 18 heures, au sein d’un Bureau National extraordinaire, la ligne était unanime: maintien des élections à la date prévue. Parmi les défenseurs de cette position, on compte notamment le patron des élections, le député de Haute-Garonne, Christophe Borgel.

Christophe Borgel, député de Haute-Garonne et numéro 3 du PS

Christophe Borgel, député de Haute-Garonne et numéro 3 du PS

Bien évidemment, le PS n’est pas décideur en la matière.

Un éventuel report exigeait le vote d’une loi. Plus précisemment, un projet de loi c’est-à-dire un texte présenté par le gouvernement. Sans parler d’une consultation des autres partis. Une telle décision suppose un consensus républicain.

Lundi 17 novembre, François Hollande va réunir en Congrès les deux Chambres. Députés et sénateurs vont sièger à Versailles.

Cette formule(extra-ordinaire) est (normalement) réservée aux révisions constitutionnelles. Mais, faute de réforme à l’ordre du jour, elle va « simplement » servir d’écrin à un discours solennel et à des annonces. Un discours et des annonces qui se concentreront sur la lutte anti-terroriste et non sur un nouveau calendrier électoral.

Laurent Dubois

Attentats de Paris : les élus de notre région réagissent.

L’unité nationale, notre objectif commun

Quelques heures après les attentats qui ont frappé la capitale, les réactions des élus de toute la région se multiplient. Martin Malvy affirme que « dans une telle épreuve, au-delà de l’unanime compassion, c’est l’unité nationale qui doit être notre objectif commun. Tout ceux qui y dérogeraient affaiblirait la France au moment où elle est attaquée et avec elle les valeurs qui constituent le fondement de notre société ».

 

La République restera debout

 

Le Président de Région socialiste est suivi sur cette volonté par  le président PS du département de la Haute-Garonne : « cette nuit, comme il y a 10 mois à peine, ce sont nos valeurs de liberté et d’humanisme qui ont été violemment attaquées. » Pour Georges Méric, « nous ne céderons pas, la République restera debout ».

 

Nous, nous sommes des hommes libres

 

Colère et indignation prennent aussi le dessus dans d’autres communiqués officiels. « Nous, Hommes libres, traquerons ces sauvages où qu’ils soient, sans relâche, parce qu’ils veulent nous imposer la peur et contrainte. Et nous, nous sommes des Hommes libres » déclare Jean-Luc Moudenc, le maire L.R de Toulouse.

 

Forts du sang versé, résistons dans l’unité

 

D’autres comme Jean Iglésis et Laurence Massat, responsables de l’UDI 31 appellent à résister : « Français de toutes origines et de toutes confessions, héritiers de vingt siècles d’histoire, fiers de ce que nous sommes, forts du sang versé, résistons dans l’unité ».

 

Pas de liberté pour les ennemis de la liberté

 

Pour le PRG « la République est attaquée et doit se défendre ». « Toutes les lois en vigueur permettant de faire taire et punir les ennemis de la liberté doivent être appliquées avec sévérité. Il n’y a pas de liberté pour les ennemis de la libertés » poursuivent les Radicaux de Gauche.

 

En janvier j’étais Charlie, aujourd’hui je suis Paris

 

Enfin Christophe Borgel, député PS de Haute-Garonne s’adresse aux terroristes : « Ils doivent savoir que l’effroi de ce drame ne conduira notre pays ni dans la peur, ni dans le repli. Fort de ces valeurs, la France fera face. En, janvier, j’étais Charlie, aujourd’hui je suis Paris. »

 

Patrick Noviello

 

 

 

Edito : l’effroi mais après ?

Ce goût amer au fond de la gorge, cette aigreur qui monte et donne envie de crier. Nous l’avions déjà ressentie. C’était en mars 2012. Mohamed Mérah, celui qui était qualifié alors de « loup solitaire » abattait, lui aussi froidement, des enfants, des militaires, des êtres humains. « Aujourd’hui, qu’on ne nous parle pas de loup solitaire » s’emportait ce matin un criminologue sur France Info. Il a bien évidemment raison. La France semble désormais plongée, au-delà de l’Etat d’Urgence, dans une situation de terreur qui peut être amenée s’installer.

 

Oui nous avons peur, ne nous le cachons pas. Mais comme lors des évènements qui ont visé « Charlie Hebdo » et l’hypermarché Casher en janvier dernier, une certaine forme de solidarité nationale doit prendre le pas. A peine le temps de réfléchir sur les valeurs que doit brandir la République, que l’horreur nous oblige à nous pencher à nouveau sur ce qui doit faire les fondations de notre société. Les frontières vont se refermer, ici entre nous et l’Espagne notamment, une appréhension va s’insinuer et pourtant…

 

Si nous cessons de vivre, ils auront gagné. Mais désormais plus rien ne sera vraiment comme avant, avouons-le. De nombreuses voix s’élèvent pour parler de « guerre » sur notre propre territoire. La dernière déclaration de l’Etat d’urgence sur l’ensemble du territoire remonte à 1961 lors du putsch des généraux lors de la guerre d’Algérie. A Toulouse, nous avons vécu le plan Vigipirate « écarlate », les enfants interdits de récréation lorsque la cour de leur école donnait sur la rue. Nous avons passé des heures sous la menace d’un mystérieux « tueur au scooter », à nous retourner dans la rue, méfiants, lorsque qu’un deux-roues nous frôlait. Ce qui se passe aujourd’hui n’est donc hélas pas nouveau pour nous.

 

Alors évidemment pour l’instant, nous sommes faibles car tristes pour toutes les victimes parisiennes et leurs familles. Mais nous devons trouver en nous les ressources pour faire face. Et cela doit passer par la poursuite du processus démocratique. Aujourd’hui, la campagne est logiquement suspendue. Lors de l’affaire Mérah, nous étions en pleine bataille pour la Présidentielle, les candidats d’alors avaient su mettre leur adversité sous silence pour s’unir, notamment dans la cour de la caserne de Montauban lors de l’hommage rendu aux trois soldats assassinés et leur camarade grièvement blessé.

 

Maintenant, la donne est différente. Le scrutin régional est proche. Il aura lieu dans à peine trois semaines. Le risque évident est qu’il se nationalise mais, d’un autre côté, comment faire comme s’il ne s’était rien passé ? Les urnes devront également être certainement sécurisées, alors que les rues des villes seront remplies pour les achats de fin d’année. Ne parlons pas aujourd’hui des conséquences politiques que pourrait avoir le drame que nous venons de vivre. Le 1er tour arrive mais laissons-nous encore un temps de recueillement.

 

Patrick Noviello

 

Après les attentats de Paris : campagne suspendue

Copyright : AFP

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Peu après minuit, le communiqué de Carole Delga parvient sur les boîtes mail. La candidate socialiste qui vient de passer la journée à Mende déclare qu’elle suspend sa campagne jusqu’à nouvel ordre. « Je suis horrifiée par ces attaques à Paris. Mes pensées vont aux victimes, à leurs familles, à nos policiers et à l’ensemble des services des forces de l’ordre. J’appelle l’ensemble des citoyens de Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées à se rassembler autour des valeurs de notre République ». L’ancienne secrétaire d’Etat devait se déplacer dans le quartier populaire de La Paillade ce matin à Montpellier. Elle a annulé sa visite.

Même volonté du côté de Dominique Reynié. « Je demande à tous mes colistiers de suspendre les actions de campagne » déclare le candidat de la droite et du centre. Avec une nuance : « Si les conditions d’application de l’état d’urgence le permettent, je leur demande de maintenir les réunions prévues avec nos concitoyens afin de partager nos pensées et nos sentiments sur le drame que vit notre pays ». Et de conclure : « Pleurons nos victimes, pensons à leur famille et soutenons nos forces engagées dans le combat contre l’abomination ».

« L’heure n’est pas à la polémique » affirme Damien Lempereur.

Le candidat tête de liste pour « Debout La France » qui a lui aussi « suspendu toutes ses actions sur le terrain » ne semble pas avoir été entendu par toutes les formations. Louis Aliot (FN) s’en prend à Manuel Valls sur les réseaux sociaux : « Monsieur Valls, vous voyez où est le danger ? Le vrai ! Irresponsable ! » Monsieur Valls, vous voyez où est le danger ? Le vrai ! Irresponsable ! — Louis Aliot (@louis_aliot) November 13, 2015avant d’annoncer lui aussi un peu plus tard la suspension de sa campagne.

L’Union Populaire Républicaine au sujet de l’Etat d’Urgence déclare : « Ces mesures sont incompatibles avec la tenue d’élections nationales prévues dans trois semaines(…) Non seulement la suspension de la campagne ne saurait redonner vie aux victimes et aider si peu que ce soit à l’enquête, mais encore elle reviendrait à concéder une victoire à tous ceux qui veulent asservir la France ».

Autre voix discordante celle de la tête de liste Lutte Ouvrière qui partage « entièrement l’émotion de la population, et en particulier de tous les proches des victimes de ces attentats ». En revanche Sandra Torremocha explique n’avoir « aucune solidarité avec l’Etat français et avec ses dirigeants politiques ». « Ceux-ci ont une large part de responsabilité dans les guerres qui ensanglantent aujourd’hui le Moyen-Orient, des guerres dont Paris a eu un écho sanglant » précise-t-elle.

Plus d’apaisement et un appel à une réaction collective du côté du PCF. Pour Pierre Lacaze secrétaire départementale de la Haute-Garonne, soutien de Gérard Onesta : « L’Horreur nous frappe et nous savons la difficulté de faire face à ces situations. Nous sommes en contact avec l’ensemble des organisations démocratiques du département et les autorités de l’Etat pour envisager une réaction collective à ces événements et pour regarder les conséquences de la proclamation de l’Etat d’Urgence sur la campagne des élections régionales et sur les initiatives publiques à venir ».

Même projection sur la suite de la campagne du côté de la liste « Le Bien Commun ». « Elle devra s’ancrer dans le monde réel, s’imprégner de la gravité de ce nouveau contexte, dans des échanges calmes et dignes ».

Enfin, samedi matin, c’est Philippe Saurel, le maire de Montpellier, qui à son tour suspend sa campagne.

Patrick Noviello

13 Nov

[Exclusif] Christophe Cavard : « la meilleure défense est la transparence »

Une « fausse » liste et une vraie « torpille » téléguidée par le PS. Des révélations, en plein meeting, sur une colistière passée par les rangs du FN. Gérard Onesta attaque frontalement Christophe Cavard et sa liste « Bien Commun ». Le député du Gard a décidé de réagir et de jouer carte sur table. Christophe Cavard livre des détails sur le financement de sa campagne et s’explique sur ses relations avec le parti socialiste.

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Régionales 2015-Gérard Onesta vous accuse d’être aidé, en sous main, par le PS. Quelles sont vous sources de financement ?

Christophe Cavard. La meilleure défense que je puisse avoir face aux accusations est de jouer la transparence. Comme tous les autres candidats, je vais bien évidemment déposer mes comptes de campagne. On verra ainsi d’où vient l’argent. Mais j’ai décidé de rendre public mes dépenses au fur et à mesure. Je présenterai notamment publiquement la facture de mon imprimeur. Au passage, les autres peuvent faire pareil. Notamment le nombre de collaborateurs et qui est payé. De notre côté, on sera totalement transparent et on verra qu’il n’y a pas de valises de billets sous la table.

Régionales 2015-Vous avez décidé d’être totalement transparent. On peut donc connaître le nom de votre banque.

Christophe Cavard. Oui. Bien sur. C’est le Crédit Agricole d’Uzès.

Régionales 2015-On peut connaître le montant du prêt personnel que vous avez contracté pour cette campagne ?

Christophe Cavard. 80 000 euros.

Régionales 2015-Pour être remboursé, il faut passer la barre des 5% des suffrages exprimés. Vous pouvez être sous ce seuil. Comment pouvez-vous assumer ce risque financier ?

Christophe Cavard. Je pense que la barre des 5% est parfaitement atteignable. Mais, si nous faisons 4,98%, c’est la règle nous ne serons effectivement pas rembourser. Dans ce cas nous avons un accord avec François de Rugy (NDLR député ex EELV). Son nouveau mouvement «  Ecologistes ! » viendra en renfort. Je suis un des 10 parlementaires à avoir adhérer à ce nouveau parti. Comme tous les partis, il va avoir des moyens financiers.

Régionales 2015-Gérard Onesta vous soupçonne d’être instrumentalisé par le PS et notamment par le patron des élections et n°3 du parti, Christophe Borgel. Quelles sont vos relations avec Christophe Borgel ?

Christophe Cavard. Je croise Christophe Borgel, mais sans plus. 

Régionales 2015-Et vos contacts avec le PS ? Vous êtes député mais vous avez été conseiller général pendant 14 ans. A ce titre, vous avez été membre de la majorité PS au conseil départemental du Gard. Vous avez donc eu des contacts fréquents et privilégiés avec vos camarades socialistes?

Christophe Cavard. Je le reconnais. Je suis membre de la majorité du PS au conseil général. Mais je suis un trublion. Si j’ai quitté Europe-Ecologie, c’est précisément parce que je ne supporte pas les positions sectaires et autoritaires. Je suis pour une écologie autonome. Il existe un espace pour une écologie qui ne passe par des accords avec le PS où le Front de Gauche.

Régionales 2015-Les accusations de Gérard Onesta repose sur un précédent. Georges Frêche a téléguidé une « vraie-fausse » liste écologiste pour éparpiller le vote écolo. Si cela a été possible pour les Régionales de 2010 pourquoi ce serait impossible pour les Régionales 2015 ?

Christophe Cavard. Vous parlez de la liste « Drevet » (NDLR du nom de son leader régional). Mais à l’époque on s’est aperçu de la manœuvre en découvrant des noms qui montraient que certaines personnes ont été mises à disposition. On peut parcourir nos listes, on verra bien que les noms qui s’y trouvent sont ceux de vrais candidats. Certains de nos candidats ont des relations houleuses avec le PS. C’est le cas de notre tête de liste dans le Gers, Alexandre Boudaud. Vous pouvez poser la question à Philippe Martin (NDLR ancien ministre et président PS du département).

Propos recueillis par Laurent Dubois

La justice rejette le recours de la liste « Ecologistes, Citoyens, Catalans »

C’est désormais officiel : il n’y aura bien que 11 listes aux élections régionales en Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon les 6 et 13 décembre prochains. Le tribunal administratif de Toulouse a rejeté ce vendredi le recours de la liste des « Ecologistes, citoyens et catalans » contre sa non-validation par la préfecture. 

Jordi Vera (© MaxPPP)

Jordi Vera (© MaxPPP)

Les recours sont épuisés et la liste ne sera donc pas en lice pour les régionales. « C’est une énorme déception », explique Jordi Vera, le leader de Convergence Démocratique de Catalogne (CDC), principale composante de cette liste. « Nous sommes sanctionnés pour une malheureuse erreur (NDLR : parité non-respectée sur la liste de Haute-Garonne où trois hommes se suivent) qui est due à de nombreux changements que nous a imposé la préfecture et à la difficulté de récupérer les documents en bonne et due forme dans les mairies des petites communes. Et on en nous a pas donné l’occasion de corriger cette erreur ».

Cette liste s’était déclarée la veille de la limite du dépôts des candidatures en préfecture de région à Toulouse. Constituée principalement de la CDC avec l’Alliance Ecologiste Indépendante (AEI), elle devait être conduite par Nicolas Canzian (AEI).

« Cette élimination est pour nous l’image des difficultés administratives d’être candidats dans une région aussi énorme et dans un pays centralisé » réagit Jordi Vera qui regrette que la Catalogne ne soient pas représentée dans cette élection régionale.

Convergence Démocratique de Catalogne doit se réunir pour prendre position pendant la campagne, mais selon Jordi Vera elle ne devrait appeler à voter pour aucune des onze autres listes.

FV