19 Déc

Taxes sur le loto du patrimoine : « une entourloupe » selon le sénateur LR François Bonhomme

François Bonhomme, sénateur LR de Tarn-et-Garonne

Le Sénat n’aime pas être désavoué par l’Assemblée Nationale. Ce mardi lors des questions au gouvernement le sénateur LR du Tarn et Garonne a demandé au Ministre de la Culture pourquoi, contrairement à ce qui avait été voté au Palais du Luxembourg, les revenus du loto du patrimoine ont quand même été taxés par l’Etat.

Dans l’hémicycle, face au micro, François Bonhomme n’y va pas de main morte pour dénoncer « la bercysation de l’Etat » et « son addiction aux taxes de toutes natures ». Pour lui, l’Assemblée Nationale est clairement sous influence de Bercy quand elle supprime la disposition, votée au Sénat, qui exonérait de TVA et autres taxes de toute nature les jeux en faveur du patrimoine. « Il y a là Monsieur le Ministre un véritable tour de passe-passe et même une entourloupe ».

L’Etat s’est engagé à accompagner ce mouvement en mettant aussi 21 millions d’euros » Franck Riester

« Les revenus du loto du patrimoine vont avoisiner les 21 millions d’euros (…) L’Etat s’est engagé à accompagner ce mouvement en mettant aussi 21 millions d’euros pour investir dans ce patrimoine de proximité qui est en danger » rétorque Franck Riester. Seulement pour François Bonhomme le compte n’y est pas. Résumons donc. La totalité des recettes escomptées pour la 1ère édition de ce loto est de 200 millions d’euros sur lesquelles seront bien prélevées 14 millions de taxes. Pour le reste, l’essentiel va aux gagnants et 21 millions donc à la Fondation du patrimoine.

Colère également de Stéphane Bern en charge de la mission sur le patrimoine et tête de gondole de ce loto qui affirme sur twitter : « L’Assemblée nationale fait tout pour torpiller le Loto du patrimoine à la demande du rapporteur Joël Giraud et le soutien des députés LREM ! Je me battrai pour sauver notre patrimoine en danger contre tous ces technocrates ».

Une sortie qui ne décourage pas le Ministre de la Culture qui répond au sénateur Tarn et Garonnais : « Pour 2019, si Stéphane Bern, la Fondation du Patrimoine et l’Etat décident de refaire un loto du patrimoine, l’Etat accompagnera à nouveau à hauteur des revenus générés. Pour autant, est-ce qu’on est obligé de modifier la législation en matière de loterie nationale ? » Bref si ça se refait, ce sera toujours avec les taxes.

Si les français ont participé à ce loto, ce n’est pas pour payer plus de taxes »

Mais François Bonhomme n’en démord pas : « Si les français ont participé à ce loto, ce n’est pas pour payer plus de taxes mais bien pour sauvegarder les moulins, les églises et les autres sites en péril ». Et le parlementaire de conclure opportunément, rapport à l’actualité : « Ne pensez-vous pas Monsieur le Ministre que cette méthode sournoise qui consiste à affirmer quelque chose aux français et, par derrière, l’amoindrir ou en changer les modalités, alimente et peut-être explique en grande partie le mécontentement et la défiance auxquels vous devez faire face aujourd’hui ».

Patrick Noviello (@patnoviello)

18 Déc

Le PS dénonce les atteintes à la laïcité du maire de Tarbes, Gérard Trémège

La parti socialiste des Hautes-Pyrénées appelle le maire de Tarbes au respect de la laïcité. Le PS reproche à Gérard Trémège un manque de neutralité et un affichage de ses convictions religieuses.

Gérard Trémège. maire de Tarbes. Photo : MaxPPP

Pour les socialistes de Tarbes, le maire de la ville « confond l’expression de ses convictions personnelles avec celles liées à l’exercice de son mandat public ». Le PS vise une émission radio, diffusée le 29 novembre dernier, et au cours de laquelle Gérard Trémège s’est « demandé comment certaines personnes peuvent vivre en ayant une conscience précise qu’il ne se passe rien après la mort ». « Personnellement ce n’est pas mon sentiment. La vie est un passage qui permettra ensuite de connaître, après le passage, une autre voie, la voie céleste ».

Les socialistes estiment que cette déclaration est une manifestation ostensible des « convictions religieuses » du maire de Tarbes.

Une autre intervention médiatique est également ciblée. Les socialistes épinglent un article de presse consacrée à l’inauguration d’une église.

Le PS des Hautes-Pyrénées appelle Gérard Trémège a « une attitude personnelle neutre et laïque dans l’exercice de (ses) fonctions ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

19 Nov

[Edito] Gilets jaunes : combien de divisions ?

Manifestation des gilets jaunes au péage de Muret, en Haute-Garonne. Photo MaxPPP Frédéric Charmeux

« Je n’ai pas réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants » a reconnu Emmanuel Macron avant même le 1er jour d’action des gilets jaunes ce samedi. Mais la question après ce 17 novembre où près de 300 000 personnes ont manifesté est désormais : comment le peuple français va-t-il se réconcilier avec lui-même ?

Je ne parle pas ici de division entre classes sociales ou entre ruraux et urbains, bobos et prolos, écolos et consuméristes… Je parle par exemple d’une jeune femme insultée et moquée par ceux qui se réclament du « peuple » pour être  partie gagner, samedi dernier malgré les blocages, ses 1200 euros mensuels dans un supermarché de l’agglomération toulousaine

Mais qui est ce « peuple » d’ailleurs ? Que signifie encore ce mot dans notre société si individualiste, morcelée, corporatiste ou tout simplement « libérale » comme la qualifient certains ? Je n’aurais pas la prétention de répondre ici à cette question si vaste voire insoluble.

« Un cri d’injustice ». Voilà comment plusieurs de mes confrères qualifient le mouvement des Gilets Jaunes. Mais là encore, de quelle injustice parle-t-on ? De celle qui fait que de plus en plus de personnes ne peuvent plus habiter près de leur travail et sont obligées d’utiliser chaque jour leur voiture pendant des heures (et des litres) souvent au milieu des embouteillages.

Mais à qui la faute ? Aux maires qui ne tiennent plus les loyers de leurs villes et en donnent les clés aux promoteurs ? Aux Français qui veulent à tout prix leur maison, le carré de jardin qui va avec et le calme alentour ? Aux chefs d’entreprise qui ne font pas le pari de s’installer trop loin de la métropole ou de la ville préfecture ? A l’Etat enfin, qui voit (qui fait ?) s’envoler les prix du carburant et le coût de la vie, sans rien faire, ou pire en disant : « c’est pas moi » ?

Le prix de l’essence n’est pas la seule raison de la colère des gilets jaunes. Mais la voiture individuelle, après avoir longtemps été un symbole de liberté mais aussi un marqueur social, devient aujourd’hui plus que jamais clivante, entre ceux qui peuvent s’en passer et les autres. Clivante aussi entre ceux qui pourraient s’en passer et ceux qui leur font la morale à ce sujet. Perdre sa voiture ou la possibilité de l’utiliser quand on le souhaite, au mieux inquiète, au pire peut faire sortir de ses gonds.

Ce qui semble aussi irriter les gilets jaunes, et cela revient souvent dans les discussions, c’est ce sentiment, ou cette impression, que « tout le monde n’est pas logé à la même enseigne ». Une fois de plus « les pauvres paieraient pour les riches » c’est-à-dire pour ceux qui peuvent se payer une « hybride » ou encore ceux qui ne regardent jamais les prix à la pompe. Mais là encore qu’est-ce qu’un »pauvre » et qu’est-ce qu’un « riche » ? D’ailleurs les gilets jaunes ne se réclament-ils pas, pour beaucoup d’entre eux, de « la classe moyenne », là encore un terme de plus en plus flou par les temps qui courent.

Face à autant de questions et de manques de repères fiables, comment ne pas générer affrontements et rancœurs ? « Il ne faudrait pas se tromper de cible » vitupèrent ceux qui ont laissé leurs gilets jaunes dans la boite à gants. Ceux qui les ont sur les épaules leur répondent : « Si vous n’êtes pas avec nous, alors vous êtes contre nous ». Un réservoir de protestations qui pourrait bien faire le plein de divisions.

Patrick Noviello (@patnoviello)

 

Gilets Jaunes : deux députées En Marche dénoncent une « manipulation » de La Dépêche du Midi

La Dépêche du Midi met à la Une « le coup de force des gilets jaunes » et, sur la même page, les actions du conseil régional en faveur de la mobilité. Les députées En Marche de la Haute-Garonne et du Tarn estiment que le quotidien régional surfe sur la vague des « gilets jaunes » pour faire la promotion du conseil régional.

Monique Iborra. Photo : Facebook

Ce dimanche 18 novembre, la Dépêche du Midi a titré sur « le coup de force des gilets jaunes ». Un jour après la mobilisation de quasiment 300 000 manifestants dans toute la France, rien de surprenant. Mais, sur la même page, le quotidien régional a inséré un encart, en rouge et jaune, intitulé « La région agit pour les mobilités et le pouvoir d’achat !« .  Un bandeau « 2,5 millions de billets de train à petits prix » et le logo du conseil régional d’Occitanie complètent le « visuel ».

Cette Une (mixant « actu chaude » et publicité) n’est pas passée inaperçue. Elle est même restée en travers de la gorge de deux députés En Marche. La proximité politique entre le quotidien et le conseil régional socialiste est évidente. La Dépêche du Midi est la propriété d’une famille Baylet encartée chez les Radicaux depuis les années 30 et les Radicaux appartiennent à la majorité de Carole Delga. Les rapports commerciaux entre le conseil régional et le quotidien sont également réels. Comme de nombreuses autres collectivités, la Région achète des espaces publicitaires dans les colonnes du quotidien et fait imprimer son journal sur les rotatives de l’entreprise Baylet.

Tous ces faits sont parfaitement connus et appartiennent au domaine public.

Les députés En Marche auraient pu jouer l’indifférence. Mais Monique Iborra et Marie-Christine Verdier-Jouclas ont décidé de marquer le coup et réagir publiquement.

La députée de la Haute-Garonne a choisi comme « angle d’attaque » Carole Delga. Monique Iborra estime que la présidente de Région « se fait payer » une « page de pub » dans les colonnes du quotidien régional. Une page payée « grâce à la taxe sur les produits pétroliers que lui verse le gouvernement ».

 

Marie-Christine Verdier-Jouclas reprend les arguments de sa collègue toulousaine. Mais elle les reformule différemment.

 

Dans l’entourage de Carole Delga, un seul commentaire, en forme de question : « les députées sont-elles contre des tarifs réduits sur le TER ? ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

12 Nov

Gilets jaunes : récupération politique ou « populisme » pour les députés En Marche !

Les appels au blocage se multiplient. Pour les députés En Marche de la Haute-Garonne, du Gers et des Hautes-Garonne, le mouvement est politique.

Photo : MaxPPP/Charmeux

Les gilets jaunes occupent massivement les réseaux sociaux. Mais la vraie étape et l’heure de vérité, c’est ce samedi 17 novembre. Les chiffres diront si la grogne contre la hausse des carburants est une vague de fond. En attendant, pour plusieurs députés En Marche ! de notre région, le mouvement révèle d’abord d’une récupération politique. Pour la députée de la Haute-Garonne, Corinne Vignon, il s’agit d’une « initiative de la société civile (qui) pourrait être compréhensible si elle n’avait pas été reprise par les partis politiques nationalistes qui font de ce mécontentement une manifestation anti-Macron ».

Le député « macroniste » des Hautes-Pyrénées, Jean-Bernard Sempastous, est sur la même ligne que sa collègue toulousaine : « normal qu’il y ait de la grogne !!! les oppositions jouent seulement sur les restrictions (ndlr : les hausses de taxe) et non pas les compensations qui sont proposées, sans parler des avancées environnementales ».

Pour le député du Gers, « de plus en plus le mouvement apparaît comme « populiste » : RN et LFI en soutien ». Jean-René Cazeneuve reconnaît toutefois que que des gilets jaunes viennent d’horizons « très partagés ». Sur l’éventuel succès du mouvement, le parlementaire gersois estime qu’on « va avoir du mal à mesurer car peu de voitures suffisent à bloquer » Jean-René Cazeneuve s’interroge sur la méthode « bloquer un pays est-ce un succès ? ». Mais le député En Marche est certain du résultat. Cela ne changera « nos objectifs, ni notre trajectoire » même si « le gouvernement va faire quelques annonces ».

Laurent Dubois (laurentdub)

09 Nov

Toulouse Métropole : le putsch qui fait « pschitt » d’En Marche !

De élus En Marche qui boycottent une promesse de campagne d’Emmanuel Macron. C’est le scénario qui a manqué se produire à Toulouse Métropole. Il a fallu une intervention de Matignon et du secrétariat d’Etat en charge des Relations avec le Parlement pour remettre de l’ordre dans les rangs.

Photo : MaxPPP/Tanguy

Jean-Luc Moudenc a organisé un vote sur la fusion entre Toulouse Métropole et le conseil départemental. Le président de la collectivité toulousaine est favorable au projet. Un projet issu d’une promesse de campagne d’Emmanuel Macron et défendu par le gouvernement. La délibération a été adoptée avec une large majorité : 75 « Pour » sur les 79 votants.

Le vote s’est déroulé à « bulletin secret ». Mais les 75 « Pour » intègrent les 7 voix Modem et LaRem. Ce n’était pas gagné.

La veille du scrutin le référent départemental d’En Marche ! a appelé à un boycott du vote. Dans la presse régionale, Pierre Castéras a annoncé que les élus « macronistes » ne participeront pas au scrutin. Une déclaration surprenante. En Marche ne soutenant pas une réforme directement portée par…Emmanuel Macron, ce n’est pas banal

La manœuvre était bien « jouée » localement. Une fissure dans la majorité métropolitaine aurait affaibl Jean-Luc Moudenc. Visiblement, le maire de Toulouse ne s’attendait pas à ce coup de Trafalgar. Mais le président de Toulouse Métropole a pu compter sur l’aide involontaire du référent En Marche. La sortie médiatique de Pierre Castéras a permis de préparer une contre-attaque.

Matignon et le secrétariat en charge des relations avec le Parlement sont intervenus. Les 7 « Frondeurs » ont été contactés les uns après les autres. Le conseiller politique d’Emmanuel Macron, Stéphane Séjourné, a également été mis dans la boucle.

Les coups de téléphone ont pris la forme d’un recadrage. Ce mercredi, en fin d’après midi, Pierre Castéras a du rentre les armes. Selon une source, quelques heures avant le vote, il contacte les élus métropolitains pour leur demander de voter le vœux présenté par Jean-Luc Moudenc. Une heure avant le vote, élus En Marche et Modem rentrent dans le rang. Le président de Toulouse Métropole est passé très près d’un sérieux accident politique.

L’incident n’est pas clos. Jean-Luc Moudenc a fait un geste en direction du Modem, en amendant la délibération adoptée. Mais, du côté d’En Marche, il reste un goût amer. Le référent départemental ressort affaibli de l’épisode. Désavoué par Paris, Pierre Castéras a du corriger le tir sous la contrainte. La (fausse) manœuvre de l’ex élu PS est perçue comme une alliance objective avec le conseil départemental présidé par le socialiste, Georges Méric.

Pierre Castéras était déjà contesté en interne, s’agissant notamment de sa gestion de la législative (partielle) dans le Comminges. Selon nos informations, il y a plusieurs mois, sa tête a été demandée auprès du nouveau ministre de l’Intérieur et ancien patron d’En Marche, Christophe Castaner.

La mésaventure à Toulouse Métropole ne va pas arranger la situation.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

07 Nov

Hommage national à Pétain : « et pourquoi pas un hommage à Hitler ? » s’indigne le conseiller régional (FI), Guilhem Seyries

Emmanuel Macron rend hommage au maréchal Pétain. Le conseil régional (France Insoumise), Guilhem Seyries, est furieux et rappelle que Philippe Pétain a été frappé d’indignité nationale.

Guihem Serieys

Philippe Pétain va recevoir un hommage national aux Invalide. Il figure dans la liste des maréchaux de la Grande Guerre qui vont être honoré ce samedi 10 novembre. Emmanuel Macron défend ce choix et salue en Philippe Pétain « un grand soldat ».

Un élu régional de la France Insoumise condamne cette prise de position. « Cela me rend fou parce que je suis en colère. Emmanuel Macron fait totalement l’impasse sur le fait que Philippe Pétain a été condamné en 1945 à l’indignité nationale » fulmine Guilhem Seyries. Le conseiller régional a réagit sur les réseaux sociaux : « et pourquoi pas un hommage à Hitler, « un grand peintre ».

Guilhem Seyries dénonce un calcul politique d’Emmanuel Macron; « Ce n’est pas de l’amateurisme ou de la méconnaissance historique. Emmanuel Macron a passé les concours de la haute fonction publique. Il ne peut pas ignorer que Pétain a été condamné et que cette condamnation frappe une collaboration et  la déportation de 75 000 français. Emmanuel Macron veut renforcer l’extrême droite pour ensuite se présenter comme un rempart ».

Guilhem Seyries évoque « un retour en arrière ». Jacques Chirac qui « n’est (un de ses) amis politiques » a fait « un grand pas en reconnaissant la responsabilité de l’Etat Français dans la collaboration » avec les nazis. Pour l’élu de la France Insoumise, La position d’Emmanuel Macron remet en cause cette avancée.

Une expression a particulièrement choqué Guilhem Seyries. « Emmanuel Macron parle d’un grand soldat malgré des choix funestes. Choix funestes pour 75 000 Français déportés et dont la quasi totalité n’est jamais revenue », s’indigne le conseiller régional.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

Chèque carburant : Carole Delga dit NON à Emmanuel Macron

Face à  à la hausse de l’essence, Emmanuel Macron veut favoriser un dispositif inventé par la région Haut-de-France : un chèque carburant. La présidente du conseil régional, Carole Delga, refuse d’appliquer la mesure en Occitanie.

Carole Delga et Emmanuel Macron. Photo : MaxPPP

Emmanuel Macron assume la hausse des taxes sur les carburants. Mais, face à la colère des automobilistes, le chef de l’Etat propose de défiscaliser un dispositif inventé et appliqué par Xavier Bertrand dans sa région des Hautes-de-France. Il ne s’agit pas à proprement parler d’une extension. Le gouvernement ne peut pas imposer aux autres régions d’appliquer le chèque carburant.

Mais il s’agit clairement d’une incitation. Pour la présidente du conseil régional d’Occitanie, pas question, de reprendre la balle au bond.

Carole Delga « connai(t) et partage la colère des gens ». Mais elle dénonce « l’amateurisme flagrant du gouvernement ». Pour la présidente de Région, « les régions ne régulent pas le prix du carburant alors pourquoi devraient-elles assumer financièrement des mesures d’aides générées par la décision d’Emmanuel Macron d’augmenter le prix du carburant ? C’est une ineptie ! Que le gouvernement assume ! Celui qui encaisse doit payer. L’Etat en appelle encore une fois aux Régions alors qu’elles sont déjà en difficulté à cause des coupes budgétaires subies et de son désengagement croissant ».

Laurent Dubois (@laurentdu)

18 Oct

Campagne #Balance Ton Maire : le député (En Marche) du Gers, Jean-René Cazeneuve, dit STOP

La République En Marche (LaRem) a lancé une campagne #BalanceTonMaire et publie la liste des communes ayant augmenté leur fiscalité. Le député (En Marche) du Gers, Jean-René Cazeneuve prend ses distances et dénonce une dérive populiste.

Jean-René Cazeneuve, député En Marche du Gers. Photo : MaxPPP

Les contribuables bénéficient d’un abattement de 30% sur leur taxe d’habitation 2018. C’est un prélude à une disparition étalée sur 3 ans.  Cette réforme fiscale butte toutefois sur un obstacle. Des communes ont augmenté leur fiscalité locale. Dans certaines localités, cette hausse annule le cadeau fiscal du gouvernement.

Gérald Darmanin a réagi en publiant la liste des communes concernées.

LaRem est allée plus en loin. Le parti d’Emmanuel Macron a lancé un hastag #BalanceTonMaire. L’opposition pointe un parallèle avec la campagne #BalanceTonPorc. Une campagne lancée en octobre 2017 pour dénoncer les agressions sexuelles.

Le député du Gers, Jean-René Gers, est un Marcheur. Mais il n’apprécie pas non plus l’initiative de ses compagnons de parti. Le parlementaire « condamne fermement ». Jean-René Cazeneuve assimile #BalanceTonMaire » à du populisme.

 

Le parlementaire Gersois n’est pas le seul membre de la majorité à prendre ses distances. Le président du groupe LaRem à l’Assemblée, Gilles Legendre, parle d’une « erreur » et d’une initiative « de militants marginaux ».  La nouvelle ministre des Collectivités, Jacqueline Gourault, a également fait un mea culpa.

Les relations sont très tendues entre la « macronie » et les élus locaux. Le gouvernement et une partie de la majorité ont compris qu’il est inutile de jeter de l’huile sur le feu.

Laurent Dubois (@laurentdub)

09 Oct

Fusillade de Toulouse : la Police de Sécurité du Quotidien dans le viseur des politiques

D’une réaction à l’autre, soit elle fera partie intégrante des solutions contre les fusillades en série, soit elle ne résoudra rien. Mais ce qui est sûr c’est que la PSQ et les moyens policiers reviennent au cœur du débat politique après le décès d’un homme abattu dans le quartier Papus à Toulouse.

La bar où s’est déroulé la fusillade ce lundi dans le quartier de Papus à Toulouse. Photo MaxPPP Nathalie Saint-Affre

« Face à ce déferlement de violence, délinquance et trafics doivent être combattus sans relâche, avec des moyens adéquats, en particulier la nouvelle « police de sécurité du quotidien » ». Pour le maire L.R de Toulouse, pas de doute, la PSQ sera au cœur du dispositif, comme Jean-Luc Moudenc l’annonce sur page Facebook.

« La police nationale à Toulouse fait un travail exemplaire et l’Etat, avec la Police de Sécurité du Quotidien et les Quartiers de Reconquête Républicaine (dont le Mirail fait partie), met plus de moyens humains et matériels pour mieux accompagner nos policiers au quotidien » assure de son côté le député LREM toulousain Mickael Nogal, toujours sur Facebook.

Reconquête Républicaine »

Joint au téléphone entre deux séances à l’Assemblée, il complète ses propos déposés sur les réseaux sociaux sur l’efficacité des forces de l’ordre: « il n’y a qu’à voir les saisies de ces derniers mois. Ce sont aussi elles qui créent cette tension et donc parfois des règlements de compte ».

Côté syndicats policiers l’analyse diverge. « L’impuissance des forces de Police se caractérise par le paradoxe des 30 policiers affectés sur le quartier du Mirail il y a un mois, et cette continuité d’insupportables scènes de violences, alors même que les offensives policières ne représentent qu’une goutte d’eau face à l’ampleur de ces inquiétants phénomènes qui exaspèrent la population et entretiennent le sentiment grandissant d’une insécurité de plus en plus marquée » déclare dans un communiqué Didier Martinez, secrétaire régional Unité SGP Police FO.

Vider l’océan à la petite cuillère »

Luc Escoda, son homologue d’Alliance, ne dit pas le contraire : « Les policiers ont aujourd’hui le sentiment de vider l’océan avec une petite cuillère et seul un véritable plan Marshall pour la police et la justice en moyens, en effectifs mais aussi en dispositions légales permettra de lutter efficacement contre cette criminalité galopante ».

« J’invite les syndicats de policiers à regarder ce qui s’est fait par le passé » tempère Mickael Nogal. « En 2007 et 2012, avec Nicolas Sarkozy, ce sont plus de 10 000 postes de gendarmes et de policiers qui ont été supprimés. La PSQ n’est pas une nouvelle police mais une nouvelle organisation. Il peut y avoir trente hommes de plus comme à Toulouse mais nous avons également déployé plus de policiers également sur le volet judiciaire ».

Une mobilisation générale »

« La fusillade qui a fait un mort et deux blessés dont un grave ce lundi dans le quartier de Papus, confirme la nécessité du récent déploiement de la Police de sécurité du quotidien (PSQ), fléchée par le gouvernement vers les quartiers sensibles » déclare également sur les réseaux sociaux l’adjoint au maire en charge du quartier Papus. Joint au téléphone, Franck Biasotto y apporte toutefois un complément : « Il faut continuer la rénovation urbaine que nous avons organisé sur ce quartier, continuer à le transformer profondément pour éviter justement ce que nous venons de vivre ».

« Se cacher derrière la responsabilité sécuritaire et la PSQ, c’est insuffisant » assure Salah Amokrane qui fut le conseiller quartiers de Benoît Hamon. « Ce n’est pas simplement une question de manque de moyen » analyse celui habite les quartiers nord de Toulouse. « Le nombre de fusillades devrait appeler à une mobilisation générale à l’échelle du pays sur quels rôles peuvent avoir les citoyens et les habitants. Un écart s’est creusé entre eux et les politiques publiques. Ils ne s’y reconnaissent plus donc ne contribuent plus. La solution passe aussi par la citoyenneté » conclut le responsable de l’association « Tactikollectif ».

Patrick Noviello (@patnoviello)