11 Jan

Rififi chez les députés En Marche au sujet du Grand débat national et du rôle des maires

Deux députés En Marche de la Haute-Garonne, Michaël Nogal et Elisabeth Toutut-Picard, estiment que des maires veulent « torpiller » le Grand débat. Une autre députée de la majorité, Monique Iborra, n’est pas d’accord et le fait savoir.

Photo : MaxPPP/Tanguy

En Haute-Garonne, le Grand débat sème la zizanie entre En Marche et les élus locaux. Le référent départemental du parti qualifie la position du maire de Toulouse d’ambiguë et de contraire à la ligne d’Emmanuel Macron. Mais deux députés montent également au créneau.

Dans les colonnes de la presse régionale, Elisabeth Toutut-Picard estime que des maires « se plaignent de ne pas avoir suffisamment entendus. Or là, on leur propose de reprendre la main et ils refusent ». Dans le même article, Michaël Nogal dresse un constat négatif : « il y en a qui veulent que ce grand débat national échoue ».

Ces déclarations n’ont pas échappé à une autre députée En Marche, Monique Iborra. La parlementaire ne partage pas du tout le point de vue de ses deux collègues. Monique Iborra parle d’un « mauvais procès bien mal venu ». La députée de la majorité estime que les élus locaux jouent le jeu. « Ayant pris contact avec les maires de ma circonscription la semaine dernière, une majorité d’entre eux ont d’ores et déjà ouvert des cahiers de doléance dans leurs mairies tel que le demande Emmanuel Macron ».

D’une manière générale, Monique Iborra estime que les maires « peuvent décider qu’ils ne sont pas co-organisateurs mais des facilitateurs sur leurs territoires ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

Clash entre Jean-Luc Moudenc et La République En Marche

Ça chauffe entre La République En Marche et Jean-Luc Moudenc. Le référent départemental d’En Marche, Pierre Castéras, accuse le maire de Toulouse de ne pas suivre les demandes d’Emmanuel Macron. Le conflit porte sur le Grand débat national organisé par le chef de l’Etat.

Jean-Luc Moudenc (Photo : Vincent Isore / MaxPPP)

Jean-Luc Moudenc s’est exprimé sur le Grand débat national organisé par Emmanuel Macron. Le maire de Toulouse est favorable à son organisation. Jean-Luc Moudenc est prêt à fournir une aide pratique, logistique. Mais il annonce également qu’il participera et fera remonter des propositions.

Pour le référent départemental d’En Marche, ce n’est pas suffisant. Pierre Castéras « s’étonne et déplore que (Jean-Luc Moudenc) ne prenne pas la dimension de la situation » et « se propose en simple intermédiaire ». Pierre Castéras estime que la position du maire de Toulouse est « contraire à la demande du président de la République ».

Le représentant d’En Marche considére, « en revanche que le maire de Bordeaux s’engage sans ambiguïté ».

Ce n’est pas la première fois que LaRem31 croise le fer avec Jean-Luc Moudenc. Pierre Castéras a déjà affronté (publiquement) le maire de Toulouse sur la question des municipales et sur le projet de métropolisation du département de la Haute-Garonne.

Laurent Dubois (@laurentdub) et Patrick Noviello (@patnoviello)

20 Déc

Sébastien Nadot, le seul député « En Marche » qui a voté contre le budget proposé par le gouvernement

Le député En Marche de la Haute-Garonne, Sébastien Nadot, s’oppose au budget défendu par le gouvernement.

Sébastien Nadot. Photo : MaxPPP

Sébastien Nadot a voté contre le budget proposé par le gouvernement d’Édouard Philippe. Ce n’est pas la première fois que le député de la Haute-Garonne marque sa différence et exprime une divergence avec la majorité. Le parlementaire a notamment critiqué la loi Asile-Immigration.

Mais Sébastien Nadot franchit un pas supplémentaire en refusant de voter la loi de Finances. Sébastien Nadot justifie sa décision par un problème de méthode et une « absence de concertation dans les phases de décision ». Le député estime que « l’action parlementaire n’a pas été suffisamment entendue pour que le budget 2019 intègre les réalités de terrain et les aspirations d’une majorité de Français ».

Sébastien Nadot précise que « le dirigisme gouvernemental n’a pas non plus épargné les collectivités territoriales et n’a pas su intégrer les aspirations des maires et conseils municipaux ».

Mais c’est surtout sur le fond que les critiques sont les plus frontales. Sébastien Nadot estime qu’Edouard Philippe et son gouvernement ont « comme seule boussole… réduire la dépense publique ». « Les grandes difficultés sociales ne sont pas suffisamment prises en compte » souligne le député de la majorité. Sébastien Nadot en tire les conséquences et il ne se contente pas d’une abstention.

Pour marquer la profondeur de son désaccord avec la ligne budgétaire du gouvernement, le parlementaire a voté contre le budget 2019. Il est même le seul de son groupe parlementaire dans ce cas.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

19 Déc

Taxes sur le loto du patrimoine : « une entourloupe » selon le sénateur LR François Bonhomme

François Bonhomme, sénateur LR de Tarn-et-Garonne

Le Sénat n’aime pas être désavoué par l’Assemblée Nationale. Ce mardi lors des questions au gouvernement le sénateur LR du Tarn et Garonne a demandé au Ministre de la Culture pourquoi, contrairement à ce qui avait été voté au Palais du Luxembourg, les revenus du loto du patrimoine ont quand même été taxés par l’Etat.

Dans l’hémicycle, face au micro, François Bonhomme n’y va pas de main morte pour dénoncer « la bercysation de l’Etat » et « son addiction aux taxes de toutes natures ». Pour lui, l’Assemblée Nationale est clairement sous influence de Bercy quand elle supprime la disposition, votée au Sénat, qui exonérait de TVA et autres taxes de toute nature les jeux en faveur du patrimoine. « Il y a là Monsieur le Ministre un véritable tour de passe-passe et même une entourloupe ».

L’Etat s’est engagé à accompagner ce mouvement en mettant aussi 21 millions d’euros » Franck Riester

« Les revenus du loto du patrimoine vont avoisiner les 21 millions d’euros (…) L’Etat s’est engagé à accompagner ce mouvement en mettant aussi 21 millions d’euros pour investir dans ce patrimoine de proximité qui est en danger » rétorque Franck Riester. Seulement pour François Bonhomme le compte n’y est pas. Résumons donc. La totalité des recettes escomptées pour la 1ère édition de ce loto est de 200 millions d’euros sur lesquelles seront bien prélevées 14 millions de taxes. Pour le reste, l’essentiel va aux gagnants et 21 millions donc à la Fondation du patrimoine.

Colère également de Stéphane Bern en charge de la mission sur le patrimoine et tête de gondole de ce loto qui affirme sur twitter : « L’Assemblée nationale fait tout pour torpiller le Loto du patrimoine à la demande du rapporteur Joël Giraud et le soutien des députés LREM ! Je me battrai pour sauver notre patrimoine en danger contre tous ces technocrates ».

Une sortie qui ne décourage pas le Ministre de la Culture qui répond au sénateur Tarn et Garonnais : « Pour 2019, si Stéphane Bern, la Fondation du Patrimoine et l’Etat décident de refaire un loto du patrimoine, l’Etat accompagnera à nouveau à hauteur des revenus générés. Pour autant, est-ce qu’on est obligé de modifier la législation en matière de loterie nationale ? » Bref si ça se refait, ce sera toujours avec les taxes.

Si les français ont participé à ce loto, ce n’est pas pour payer plus de taxes »

Mais François Bonhomme n’en démord pas : « Si les français ont participé à ce loto, ce n’est pas pour payer plus de taxes mais bien pour sauvegarder les moulins, les églises et les autres sites en péril ». Et le parlementaire de conclure opportunément, rapport à l’actualité : « Ne pensez-vous pas Monsieur le Ministre que cette méthode sournoise qui consiste à affirmer quelque chose aux français et, par derrière, l’amoindrir ou en changer les modalités, alimente et peut-être explique en grande partie le mécontentement et la défiance auxquels vous devez faire face aujourd’hui ».

Patrick Noviello (@patnoviello)

18 Déc

Le PS dénonce les atteintes à la laïcité du maire de Tarbes, Gérard Trémège

La parti socialiste des Hautes-Pyrénées appelle le maire de Tarbes au respect de la laïcité. Le PS reproche à Gérard Trémège un manque de neutralité et un affichage de ses convictions religieuses.

Gérard Trémège. maire de Tarbes. Photo : MaxPPP

Pour les socialistes de Tarbes, le maire de la ville « confond l’expression de ses convictions personnelles avec celles liées à l’exercice de son mandat public ». Le PS vise une émission radio, diffusée le 29 novembre dernier, et au cours de laquelle Gérard Trémège s’est « demandé comment certaines personnes peuvent vivre en ayant une conscience précise qu’il ne se passe rien après la mort ». « Personnellement ce n’est pas mon sentiment. La vie est un passage qui permettra ensuite de connaître, après le passage, une autre voie, la voie céleste ».

Les socialistes estiment que cette déclaration est une manifestation ostensible des « convictions religieuses » du maire de Tarbes.

Une autre intervention médiatique est également ciblée. Les socialistes épinglent un article de presse consacrée à l’inauguration d’une église.

Le PS des Hautes-Pyrénées appelle Gérard Trémège a « une attitude personnelle neutre et laïque dans l’exercice de (ses) fonctions ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

19 Nov

[Edito] Gilets jaunes : combien de divisions ?

Manifestation des gilets jaunes au péage de Muret, en Haute-Garonne. Photo MaxPPP Frédéric Charmeux

« Je n’ai pas réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants » a reconnu Emmanuel Macron avant même le 1er jour d’action des gilets jaunes ce samedi. Mais la question après ce 17 novembre où près de 300 000 personnes ont manifesté est désormais : comment le peuple français va-t-il se réconcilier avec lui-même ?

Je ne parle pas ici de division entre classes sociales ou entre ruraux et urbains, bobos et prolos, écolos et consuméristes… Je parle par exemple d’une jeune femme insultée et moquée par ceux qui se réclament du « peuple » pour être  partie gagner, samedi dernier malgré les blocages, ses 1200 euros mensuels dans un supermarché de l’agglomération toulousaine

Mais qui est ce « peuple » d’ailleurs ? Que signifie encore ce mot dans notre société si individualiste, morcelée, corporatiste ou tout simplement « libérale » comme la qualifient certains ? Je n’aurais pas la prétention de répondre ici à cette question si vaste voire insoluble.

« Un cri d’injustice ». Voilà comment plusieurs de mes confrères qualifient le mouvement des Gilets Jaunes. Mais là encore, de quelle injustice parle-t-on ? De celle qui fait que de plus en plus de personnes ne peuvent plus habiter près de leur travail et sont obligées d’utiliser chaque jour leur voiture pendant des heures (et des litres) souvent au milieu des embouteillages.

Mais à qui la faute ? Aux maires qui ne tiennent plus les loyers de leurs villes et en donnent les clés aux promoteurs ? Aux Français qui veulent à tout prix leur maison, le carré de jardin qui va avec et le calme alentour ? Aux chefs d’entreprise qui ne font pas le pari de s’installer trop loin de la métropole ou de la ville préfecture ? A l’Etat enfin, qui voit (qui fait ?) s’envoler les prix du carburant et le coût de la vie, sans rien faire, ou pire en disant : « c’est pas moi » ?

Le prix de l’essence n’est pas la seule raison de la colère des gilets jaunes. Mais la voiture individuelle, après avoir longtemps été un symbole de liberté mais aussi un marqueur social, devient aujourd’hui plus que jamais clivante, entre ceux qui peuvent s’en passer et les autres. Clivante aussi entre ceux qui pourraient s’en passer et ceux qui leur font la morale à ce sujet. Perdre sa voiture ou la possibilité de l’utiliser quand on le souhaite, au mieux inquiète, au pire peut faire sortir de ses gonds.

Ce qui semble aussi irriter les gilets jaunes, et cela revient souvent dans les discussions, c’est ce sentiment, ou cette impression, que « tout le monde n’est pas logé à la même enseigne ». Une fois de plus « les pauvres paieraient pour les riches » c’est-à-dire pour ceux qui peuvent se payer une « hybride » ou encore ceux qui ne regardent jamais les prix à la pompe. Mais là encore qu’est-ce qu’un »pauvre » et qu’est-ce qu’un « riche » ? D’ailleurs les gilets jaunes ne se réclament-ils pas, pour beaucoup d’entre eux, de « la classe moyenne », là encore un terme de plus en plus flou par les temps qui courent.

Face à autant de questions et de manques de repères fiables, comment ne pas générer affrontements et rancœurs ? « Il ne faudrait pas se tromper de cible » vitupèrent ceux qui ont laissé leurs gilets jaunes dans la boite à gants. Ceux qui les ont sur les épaules leur répondent : « Si vous n’êtes pas avec nous, alors vous êtes contre nous ». Un réservoir de protestations qui pourrait bien faire le plein de divisions.

Patrick Noviello (@patnoviello)

 

Gilets Jaunes : deux députées En Marche dénoncent une « manipulation » de La Dépêche du Midi

La Dépêche du Midi met à la Une « le coup de force des gilets jaunes » et, sur la même page, les actions du conseil régional en faveur de la mobilité. Les députées En Marche de la Haute-Garonne et du Tarn estiment que le quotidien régional surfe sur la vague des « gilets jaunes » pour faire la promotion du conseil régional.

Monique Iborra. Photo : Facebook

Ce dimanche 18 novembre, la Dépêche du Midi a titré sur « le coup de force des gilets jaunes ». Un jour après la mobilisation de quasiment 300 000 manifestants dans toute la France, rien de surprenant. Mais, sur la même page, le quotidien régional a inséré un encart, en rouge et jaune, intitulé « La région agit pour les mobilités et le pouvoir d’achat !« .  Un bandeau « 2,5 millions de billets de train à petits prix » et le logo du conseil régional d’Occitanie complètent le « visuel ».

Cette Une (mixant « actu chaude » et publicité) n’est pas passée inaperçue. Elle est même restée en travers de la gorge de deux députés En Marche. La proximité politique entre le quotidien et le conseil régional socialiste est évidente. La Dépêche du Midi est la propriété d’une famille Baylet encartée chez les Radicaux depuis les années 30 et les Radicaux appartiennent à la majorité de Carole Delga. Les rapports commerciaux entre le conseil régional et le quotidien sont également réels. Comme de nombreuses autres collectivités, la Région achète des espaces publicitaires dans les colonnes du quotidien et fait imprimer son journal sur les rotatives de l’entreprise Baylet.

Tous ces faits sont parfaitement connus et appartiennent au domaine public.

Les députés En Marche auraient pu jouer l’indifférence. Mais Monique Iborra et Marie-Christine Verdier-Jouclas ont décidé de marquer le coup et réagir publiquement.

La députée de la Haute-Garonne a choisi comme « angle d’attaque » Carole Delga. Monique Iborra estime que la présidente de Région « se fait payer » une « page de pub » dans les colonnes du quotidien régional. Une page payée « grâce à la taxe sur les produits pétroliers que lui verse le gouvernement ».

 

Marie-Christine Verdier-Jouclas reprend les arguments de sa collègue toulousaine. Mais elle les reformule différemment.

 

Dans l’entourage de Carole Delga, un seul commentaire, en forme de question : « les députées sont-elles contre des tarifs réduits sur le TER ? ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

12 Nov

Gilets jaunes : récupération politique ou « populisme » pour les députés En Marche !

Les appels au blocage se multiplient. Pour les députés En Marche de la Haute-Garonne, du Gers et des Hautes-Garonne, le mouvement est politique.

Photo : MaxPPP/Charmeux

Les gilets jaunes occupent massivement les réseaux sociaux. Mais la vraie étape et l’heure de vérité, c’est ce samedi 17 novembre. Les chiffres diront si la grogne contre la hausse des carburants est une vague de fond. En attendant, pour plusieurs députés En Marche ! de notre région, le mouvement révèle d’abord d’une récupération politique. Pour la députée de la Haute-Garonne, Corinne Vignon, il s’agit d’une « initiative de la société civile (qui) pourrait être compréhensible si elle n’avait pas été reprise par les partis politiques nationalistes qui font de ce mécontentement une manifestation anti-Macron ».

Le député « macroniste » des Hautes-Pyrénées, Jean-Bernard Sempastous, est sur la même ligne que sa collègue toulousaine : « normal qu’il y ait de la grogne !!! les oppositions jouent seulement sur les restrictions (ndlr : les hausses de taxe) et non pas les compensations qui sont proposées, sans parler des avancées environnementales ».

Pour le député du Gers, « de plus en plus le mouvement apparaît comme « populiste » : RN et LFI en soutien ». Jean-René Cazeneuve reconnaît toutefois que que des gilets jaunes viennent d’horizons « très partagés ». Sur l’éventuel succès du mouvement, le parlementaire gersois estime qu’on « va avoir du mal à mesurer car peu de voitures suffisent à bloquer » Jean-René Cazeneuve s’interroge sur la méthode « bloquer un pays est-ce un succès ? ». Mais le député En Marche est certain du résultat. Cela ne changera « nos objectifs, ni notre trajectoire » même si « le gouvernement va faire quelques annonces ».

Laurent Dubois (laurentdub)

09 Nov

Toulouse Métropole : le putsch qui fait « pschitt » d’En Marche !

De élus En Marche qui boycottent une promesse de campagne d’Emmanuel Macron. C’est le scénario qui a manqué se produire à Toulouse Métropole. Il a fallu une intervention de Matignon et du secrétariat d’Etat en charge des Relations avec le Parlement pour remettre de l’ordre dans les rangs.

Photo : MaxPPP/Tanguy

Jean-Luc Moudenc a organisé un vote sur la fusion entre Toulouse Métropole et le conseil départemental. Le président de la collectivité toulousaine est favorable au projet. Un projet issu d’une promesse de campagne d’Emmanuel Macron et défendu par le gouvernement. La délibération a été adoptée avec une large majorité : 75 « Pour » sur les 79 votants.

Le vote s’est déroulé à « bulletin secret ». Mais les 75 « Pour » intègrent les 7 voix Modem et LaRem. Ce n’était pas gagné.

La veille du scrutin le référent départemental d’En Marche ! a appelé à un boycott du vote. Dans la presse régionale, Pierre Castéras a annoncé que les élus « macronistes » ne participeront pas au scrutin. Une déclaration surprenante. En Marche ne soutenant pas une réforme directement portée par…Emmanuel Macron, ce n’est pas banal

La manœuvre était bien « jouée » localement. Une fissure dans la majorité métropolitaine aurait affaibl Jean-Luc Moudenc. Visiblement, le maire de Toulouse ne s’attendait pas à ce coup de Trafalgar. Mais le président de Toulouse Métropole a pu compter sur l’aide involontaire du référent En Marche. La sortie médiatique de Pierre Castéras a permis de préparer une contre-attaque.

Matignon et le secrétariat en charge des relations avec le Parlement sont intervenus. Les 7 « Frondeurs » ont été contactés les uns après les autres. Le conseiller politique d’Emmanuel Macron, Stéphane Séjourné, a également été mis dans la boucle.

Les coups de téléphone ont pris la forme d’un recadrage. Ce mercredi, en fin d’après midi, Pierre Castéras a du rentre les armes. Selon une source, quelques heures avant le vote, il contacte les élus métropolitains pour leur demander de voter le vœux présenté par Jean-Luc Moudenc. Une heure avant le vote, élus En Marche et Modem rentrent dans le rang. Le président de Toulouse Métropole est passé très près d’un sérieux accident politique.

L’incident n’est pas clos. Jean-Luc Moudenc a fait un geste en direction du Modem, en amendant la délibération adoptée. Mais, du côté d’En Marche, il reste un goût amer. Le référent départemental ressort affaibli de l’épisode. Désavoué par Paris, Pierre Castéras a du corriger le tir sous la contrainte. La (fausse) manœuvre de l’ex élu PS est perçue comme une alliance objective avec le conseil départemental présidé par le socialiste, Georges Méric.

Pierre Castéras était déjà contesté en interne, s’agissant notamment de sa gestion de la législative (partielle) dans le Comminges. Selon nos informations, il y a plusieurs mois, sa tête a été demandée auprès du nouveau ministre de l’Intérieur et ancien patron d’En Marche, Christophe Castaner.

La mésaventure à Toulouse Métropole ne va pas arranger la situation.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

07 Nov

Hommage national à Pétain : « et pourquoi pas un hommage à Hitler ? » s’indigne le conseiller régional (FI), Guilhem Seyries

Emmanuel Macron rend hommage au maréchal Pétain. Le conseil régional (France Insoumise), Guilhem Seyries, est furieux et rappelle que Philippe Pétain a été frappé d’indignité nationale.

Guihem Serieys

Philippe Pétain va recevoir un hommage national aux Invalide. Il figure dans la liste des maréchaux de la Grande Guerre qui vont être honoré ce samedi 10 novembre. Emmanuel Macron défend ce choix et salue en Philippe Pétain « un grand soldat ».

Un élu régional de la France Insoumise condamne cette prise de position. « Cela me rend fou parce que je suis en colère. Emmanuel Macron fait totalement l’impasse sur le fait que Philippe Pétain a été condamné en 1945 à l’indignité nationale » fulmine Guilhem Seyries. Le conseiller régional a réagit sur les réseaux sociaux : « et pourquoi pas un hommage à Hitler, « un grand peintre ».

Guilhem Seyries dénonce un calcul politique d’Emmanuel Macron; « Ce n’est pas de l’amateurisme ou de la méconnaissance historique. Emmanuel Macron a passé les concours de la haute fonction publique. Il ne peut pas ignorer que Pétain a été condamné et que cette condamnation frappe une collaboration et  la déportation de 75 000 français. Emmanuel Macron veut renforcer l’extrême droite pour ensuite se présenter comme un rempart ».

Guilhem Seyries évoque « un retour en arrière ». Jacques Chirac qui « n’est (un de ses) amis politiques » a fait « un grand pas en reconnaissant la responsabilité de l’Etat Français dans la collaboration » avec les nazis. Pour l’élu de la France Insoumise, La position d’Emmanuel Macron remet en cause cette avancée.

Une expression a particulièrement choqué Guilhem Seyries. « Emmanuel Macron parle d’un grand soldat malgré des choix funestes. Choix funestes pour 75 000 Français déportés et dont la quasi totalité n’est jamais revenue », s’indigne le conseiller régional.

Laurent Dubois (@laurentdub)