15 Nov

Municipales à Toulouse : la gauche façon puzzle

PCF, PS et PRG appellent au « rassemblement des forces de gauche » à Toulouse derrière Nadia Pellefigue. Dans un communiqué, les trois partis visent clairement le récent départ en campagne de Pierre Cohen. Mais également partie prenante dans la liste Archipel Citoyen, avec Europe Ecologie Les Verts et les Insoumis, la gauche semble plus que jamais divisée dans la ville rose.

24 mars 2014 la gauche toulousaine s’unit entre les deux tours. De gauche à droite : Antoine Maurice (EELV), Pierre Cohen (alors au PS) et Pierre Lacaze (PCF). Photo Max PPP Thierry Bordas.

« C’est évidemment une réaction à notre démarrage de la semaine dernière » ne s’étonne pas Pierre Cohen. « C’est également un appel face aux difficultés que connaît Archipel mais aussi suite aux demandes de toulousains qui veulent une gauche rassemblée» explique Pierre Lacaze. « Cet appel aujourd’hui, c’est encore pour dire que notre liste n’est pas bouclée. Tout ça se finalisera en décembre-janvier » rajoute le secrétaire fédéral du PCF31.

Quelles divergences ? »

Mais qu’est-ce qui empêche l’ancien maire socialiste de Toulouse de s’entendre avec PS, PCF et PRG ? « Il y a quand même quelques défauts dans ce qu’ils proposent. Tout d’abord à Génération(s), nous pensons qu’Ecologie et égalité sociale doivent être imbriqués. Hors, il semble qu’ils aient oublié l’écologie. Ensuite, le PS s’est largement affaibli après la période Hollande et il s’est quand même octroyé la tête de liste. Il valait mieux d’abord constituer une liste puis désigner sa tête ensuite. Sébastien Vincini (NDR : premier fédéral du PS31) a changé d’avis sur ce point» rappelle Pierre Cohen.

« Nous discutons avec Pierre Cohen depuis septembre 2018 et nous avons choisi notre tête de liste en octobre 2019. Vous trouvez qu’on s’est précipité ? Oui on a avancé. Nadia Pellefigue incarne une histoire de la gauche qui a su gérer des villes. Elle a aussi le visage du renouvellement » répond le patron du PS haut-garonnais. Alors un rassemblement de la gauche est-il encore possible ? « On y avait travaillé ensemble avec le PCF après la fête de l’Huma et puis il a changé d’avis » explique Pierre Cohen, désormais leader de Génération(s) sur Toulouse.

« C’est vrai, nous avons travaillé ensemble depuis le départ » confirme Pierre Lacaze. « Nous avons choisi Nadia Pellefigue pour le renouveau qu’elle incarne mais nous avons aussi besoin de l’expérience de Pierre Cohen » reconnaît le communiste. « Rien n’est encore figé, confirme Sébastien Vincini. J’ai rencontré Génération(s) au niveau départemental et national. Pierre Cohen est un ami, on discute sincèrement. Il y a largement de la place sur notre liste pour lui et son mouvement. Nous n’avons pas de divergences majeures »

Archipel Citoyen, unis jusqu’au bout ? »

Archipel va désigner sa tête de liste ce dimanche. Alors n’est-il pas là encore trop tard pour rassembler ? « Cette désignation de tête de liste va marquer » assure Pierre Cohen. « Va-t-elle plaire à tout le monde ? Tout ça me semble fragile. Ils ont des différences programmatiques notamment avec La France Insoumise » argumente-t-il. Pierre Lacaze ne partage pas cet avis. « Depuis le début, on considère qu’EELV et LFI ne souhaitent pas le rassemblement » affirme-t-il. Et le représentant départemental du PCF de garder l’espoir d’une liste unique au moins second tour.

« Il peut y avoir deux offres de gauche qui vont jusqu’au bout » confirme Sébastien Vincini. Colistier Archipel, Romain Cujives salut l’appel au rassemblement mais précise que chez eux il a déjà eu lieu. « Un rassemblement inédit en France par son ampleur, une nouvelle façon de penser la politique et la construction d’un projet qui transformera véritablement la vie des gens et lancera la transition écologique dont la ville a besoin » s’enflamme l’ancien candidat à la tête de liste PS. Et EELV justement ? Que pense de cet appel au rassemblement de la gauche son leader toulousain qui vise la tête de liste Archipel Citoyen ? « Je n’ai pas envie de parler ou de réagir pour l’instant » explique Antoine Maurice. Prudence quand tu nous tiens…

Pierre Cohen, lui, croit dans un rapprochement avec d’éventuels déçus d’Archipel Citoyen, où se trouvent d’ailleurs quelques-uns de ses anciens adjoints à la mairie.  « Nous discutions encore ensemble il n’y a pas si longtemps et puis chacun s’est autocentré. Mais c’est quand même dommage de réussir un texte commun sur la mobilité comme celui que nous avons réalisé dans l’opposition municipale et de ne pas travailler ensemble ».

Ce ne sont pas que les partis qui composent la gauche »

« C’est dommage oui, mais nous avons choisi un rassemblement de partis. Nous travaillons à ce rassemblement pour affronter la liste des droites, LR et LREM, de Jean-Luc Moudenc » rétorque Pierre Lacaze. « Après ce ne sont pas que les partis qui composent la gauche. Cet appel à rassemblement nous allons aussi le faire passer aux syndicats comme aux associations toulousaines » précise l’actuel élu d’opposition à la mairie.

« Je n’ai jamais vu de campagne aussi tardive. Elle démarrera réellement en janvier. Le paysage n’est encore figé dans aucune ville de France » conclut Pierre Cohen pour qui rien n’est encore bouclé sur Toulouse. « On a quelques semaines devant nous, on n’en est pas encore au dépôt des listes » assure également Sébastien Vincini en prévenant toutefois : « il faut régler ça maintenant parce qu’il faut être clair avec nos concitoyens ». Peu de probabilités toutefois que les divisions à gauche aient été aplanies d’ici début 2020 quand la campagne devrait vraiment démarrer.

Patrick Noviello (@patnoviello)

24 Oct

Municipales : la valse des étiquettes ?

Photo Alexandre Marchi (Max PPP)

Verra-t-on les logos des partis politiques sur les panneaux d’affichage en mars prochain ? Rien de moins sûr à l’heure où listes citoyennes, de société civile ou sans-étiquette semblent faire l’unanimité.

« Quand je me suis présenté pour la première fois, il y a 32 ans, j’ai mis l’étiquette, et je ne le referai plus ». Jean-Louis Puissegur le dit en souriant mais il s’en souvient encore. Celui qui se dit toujours socialiste, « ça fera plaisir aux copains », reconnait qu’afficher son étiquette « ce n’est pas porteur de voix quand on se présente sur des communes petites et moyennes ».

Campagne des villes et campagne des champs »

Comme beaucoup d’élus, le vice-président de l’AMF estime qu’il y a bien deux géographies politiques différentes en fonction des terres d’élection : celles des métropoles et les autres. Dans le premier cas, la stratégie est forcément plus politique, dans les villages, le candidat à la mairie se doit de faire consensus et de réunir le maximum de bonnes volontés pour son équipe et de voix pour la cohésion.

En ce sens, le Sénat qui a adopté le 15 octobre dernier  l’amendement de la loi « engagement et proximité » mettant fin au « nuançage politique » pour les communes de moins de 3500 habitants a vu juste. En effet jusqu’à présent, les  élus pourtant déclarés sans étiquette se voient systématiquement attribués une « couleur » politique : Divers Gauche ou Divers Droite.

Sans étiquette, indépendant ou non-inscrit »

Mais certains voudraient aller encore plus loin. Quand Denis Wattebled, sénateur du Nord, interpelle Christophe Castaner lors des questions au gouvernement, il évoque notamment un seuil pouvant aller jusqu’à 9000 habitants. Les nuances « sans étiquette », « indépendant » ou « non-inscrit » pourraient ainsi être rajoutées dans les grilles de classement des préfectures.

Du côté d’En Marche, le débat est clos. « Nous avons tranché. Au-dessus de 9000 habitants c’est la commission nationale d’investiture qui arbitre le soutien ou l’investiture, en dessous nos marcheurs s’organisent » explique le référent d’En Marche en Haute-Garonne. « Nous on travaille sur un socle de valeurs et propositions » assure-t-il. Mais alors en est-ce fini des partis politiques ? « Oui, si c’est pour tout bâtir autour d’une idéologie ou d’un dogme, c’est mort » assène Pierre Casteras.

De nouvelles formes de militantisme

« Il y a aujourd’hui de nouvelles formes de militantisme, notamment chez les jeunes et autour d’une fibre écolo et environnementale ». Et le marcheur de reconnaître que de toute façon  son mouvement n’est pas en mesure d’emporter une majorité municipale sous ses seules propres couleurs. Ce qui est le cas de bon nombre de partis actuellement.

Patrick Noviello (@patnoviello)

« Elections Municipales : avec ou sans étiquettes ? », ce sera le thème de Dimanche en Politique cette semaine.

24 Sep

Grand débat retraites à Rodez : « Diversion » pour les uns, « explication nécessaire» pour les autres

Emmanuel Macron lors d’un grand débat autour des maires le 18 janvier 2019 à Souillac dans le Lot (Photo PQR La Montagne/MaxPPP)

Le premier grand débat national sur les retraites se tiendra donc jeudi 26 septembre à Rodez en présence d’Emmanuel Macron. Retour sur ce qui a prévalu à ce choix et réactions politiques sur place.

Pourquoi Rodez ?

Emmanuel Macron avait terminé sa campagne présidentielle dans la préfecture de l’Aveyron.  « La visite était prévue de longue date » confirme le maire de la ville proche du chef de l’Etat. Christian Teyssedre candidat à sa réélection et soutenu par En Marche, sera d’ailleurs décoré de la Légion d’Honneur par le Président.

Rodez incarne une certaine idée de la France et de la ruralité même si son agglomération regroupe 60 000 habitants et qu’elle est aussi vue d’ici par certains comme la « métropole de l’est midi pyrénéen ». Mais pour Guilhem Serieys, conseiller régional LFI, l’Aveyron est aussi une terre de contestation sociale où  « des milliers d’emplois sont menacés à court terme ». « Il n’est pas concevable en venant ici qu’Emmanuel Macron ne s’exprime pas sur la situation d’entreprises comme la SAM ou Bosch ».

« Il est passé sur le site de la Bosch d’Onet-Le-Château, il y a trois ans, alors que son mouvement n’était pas encore construit. Il y avait déclaré que le diesel était une filière d’avenir » rappelle non sans ironie Bertrand Cavalerie, le premier secrétaire fédéral du PS en Aveyron.

Un Grand Débat pour quoi faire ?

Corinne Vignon est présidente du groupe de travail transpartisan sur les retraites. La députée de la Haute-Garonne a déjà réalisé plus d’une vingtaine d’ateliers dans le pays sur le dossier. Pour elle, ce grand débat a un objectif majeur : « il va faire apparaître les points d’achoppement et de doutes ». Pour Guilhem Serieys, conseiller régional LFI de l’Aveyron, « comme lors du mouvement des gilets jaunes, ce grand débat va servir à faire diversion ». « Au lieu de créer les conditions d’un vrai débat pour répondre aux urgences sociales, Emmanuel Macron va focaliser l’attention pendant des mois sur le dossier des retraites ».

Pour la parlementaire En Marche, il va falloir être pédagogique et dire les choses. « Les régimes spéciaux par exemple… La majorité des français disent qu’il va falloir faire quelque chose là-dessus. Ensuite, il y a des mises aux point à faire : avec 1300 euros mensuels en moyenne, la France est le pays de l’OCDE où le montant des retraites est le plus élevé ». « L’entrée d’Emmanuel Macron sur le dossier est biaisée » rétorque Guilhem Serieys. « Il veut nous faire croire que pour financer le régime des retraites on est obligé de travailler plus. C’est une tromperie parce que le travail produit aujourd’hui beaucoup plus de richesses que par le passé » assure l’Insoumis.

Concernant le Grand débat, Bertrand Cavalerie ne souhaite pas crier au loup. « On a suffisamment reproché à Emmanuel Macron de ne pas être à l’écoute. Mais j’espère que cette fois-ci le public invité sera représentatif et pas uniquement composé d’élus comme ce fut le cas dans le Lot à Souillac ». Le premier fédéral du PS aveyronnais redoute toutefois que l’événement se résume à « une sortie médiatique ».

Patrick Noviello (@patnoviello)

A noter que « Dimanche en Politique » sera consacrée cette semaine à la réforme des retraites et reviendra sur ce grand débat mené à Rodez. Rendez-vous donc dimanche à 11h25 sur France3 Midi-Pyrénées

18 Sep

Procès des responsables de La France Insoumise : le toulousain Manuel Bompard livre sa version des faits

Tout le monde se souvient de ces images de Jean-Luc Mélenchon et de la perquisition au siège de LFI en octobre dernier. Six responsables du mouvement politique comparaissent ces jeudi et vendredi devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour « actes d’intimidation contre l’autorité judiciaire, rébellion et provocation ».

Manuel Bompard. Photo : MaxPPP

« Les faits qui se sont déroulés en octobre ne méritaient pas un tel déferlement judiciaire. Mais maintenant, il est là ce procès et ça va être l’occasion pour nous de faire la démonstration qu’il est utilisé à des fins politiques et que la démocratie ne porte pas bien quand on utilise la justice à des fins politiques » confie avec combativité le député européen.

Procès politique ? Pas seulement pour les Insoumis »

« Ça n’est pas le cas que pour La France Insoumise. Ça a été vrai dans la mobilisation des gilets jaunes, c’est vrai face à ces jeunes qui se mobilisent contre l’inaction climatique et qui vont décrocher les portraits du Président de la République ». Pour Manuel Bompard, « quand on a  des divergences politiques, on doit les régler par le vote, le débat, l’argument, le respect de la démocratie, pas en utilisant la justice »

Autre argument avancé par l’insoumis : l’enquête n’a pas été diligentée par des juges d’instruction indépendants mais par le Parquet, dans le cadre d’une enquête préliminaire. «C’est le Parquet donc directement placé sous la hiérarchie du Ministère de la Justice qui a organisé cette opération de la perquisition » assène-t-il.

Manuel Bompard nie s’être opposé, ainsi que ses camarades, à ce que la perquisition puisse se tenir. « Les responsables de La France Insoumise ont souhaité pouvoir assister au déroulement des opérations comme la loi le leur permet. » Or pour LFI cette loi n’a pas été respectée. Le député européen explique que les responsables du mouvement présents veillaient notamment à ce que le fichier des adhérents de LFI ne soit pas emporté.

L’image de LFI »

Quand on lui demande s’il n’a pas peur qu’après ce fameux « La République c’est moi » lancé par Jean-Luc Mélenchon, l’image du mouvement soit écornée pour la campagne des Municipales, voici ce qu’il répond :

« On a été médiatiquement condamné par avance avec ces quatre minutes de vidéo sur quarante où on a tourné. Cette minute d’incompréhension qui a conduit à ce que le ton puisse un peu monter a été diffusée en boucle depuis un an dans notre pays sans qu’on puisse voir l’ensemble de la bande vidéo. J’essaie de dire aux gens de ne pas s’arrêter à cette minute. » C’est sans doute ce qu’il essaiera aussi de dire au juge.

Patrick Noviello (@patnoviello)

30 Avr

Valery Giscard d’Estaing (royalement) subventionné par le département de l’Aveyron

Valery Giscard d’Estaing est propriétaire d’un château dans l’Aveyron. L’entretien de la bâtisse est onéreux. Mais l’ancien chef de l’Etat peut compter sur les subventions publiques.

Valéry Giscard d’Estaing. Photo : AFP/GSouvant

Le Canard Enchaîné lance un pavé dans la mare. Les éclaboussures frappent un « patrimoine » historique : Giscard d’Estaing. L’ancien chef de l’Etat disposait d’une bâtisse d’origine médiévale, avec chapelle et jardin à la Française sur ses terres auvergnates. Mais, en 2005, la famille étend ses propriétés à un château aveyronnais, situé sur la commune d’Estaing.

 

L’ex président a bénéficié pour l’entretien et le fonctionnement de la bâtisse d’abondantes subventions publiques. Des subventions versées, sur une douzaine d’années, par l’Etat mais aussi le département de l’Aveyron. La facture s’élève à 225 000 euros. Selon le Canard Enchaîné, la collectivité aveyronnaise a versé 120 000 euros dont 20 000 euros pour financer une exposition au titre évocateur : « Valéry Giscard d’Estaing, un homme au service de la France et de l’Europe ».

 

L’hebdomadaire (satirique) rajoute une couche en précisant que  » de tous les anciens présidents de la République, Valéry Giscard d’Estaing est celui qui coûte le plus cher, 3,9 millions d’euros par an pour son secrétariat, sa voiture, ses gardes du corps et 15 gendarmes chargés de surveiller ses logis ».

S’agissant de cette belle facture, le département de l’Aveyron n’est pas comptable. En revanche, les Aveyronnais versent, comme tous les contribuables de France et de Navarre, leur obole. Une fois par an, lors de la journée du Patrimoine, ils ont droit à un retour sur investissement : un accueil au château par le propriétaire des lieux.

Laurent Dubois (@laurentdub)

22 Avr

Le député (En Marche) Michaël Nogal justifie l’arrestation du journaliste Gaspar Glanz

Le journaliste Gaspar Glanz a été interpellé et placé en garde en vue alors qu’il couvrait l’Acte 23 des Gilets jaunes. L’arrestation fait polémique. Le député (En Marche) de la Haute-Garonne, Michaël Nogal se pose en défenseur des forces de l’ordre et justifie l’interpellation du journaliste.

Interpellation du journaliste Gaspar Glanz. Photo : AFP/Abdelkaf

Ce samedi le journaliste Gaspar Glanz a été interpellé puis placé en garde à vue pendant plus de 48 heures. Il doit prochainement être déféré devant un procureur. Un autre journaliste indépendant a élégamment été arrêté lors de la manifestation parisienne des Gilets jaunes.

Le député (En Marche) de la Haute-Garonne approuve la réaction des forces de l’ordre. Michaël Nogal justifie l’interpellation et les poursuites visant le journaliste.

 

Reporter Sans Frontière (RSF) a réagi l’arrestation de Gaspar Glanz mais aussi d’un autre journaliste indépendant, Alexis Kraland.

 

Une pétition de soutien a été lancée en faveur de Gaspar Gantz. Elle a recueilli 12000 signataires. Cette vague de soutien traduit la notoriété dont bénéficie le journaliste indépendant. Un journaliste qui s’est fait un nom en couvrant plusieurs mouvements sociaux.

Gaspar Gantz a une marque de fabrique : être au plus près des événements. Cette « spécialité » lui vaut d’être (parfois) qualifié de « militant ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

05 Avr

Forum « Toulouse + Verte » : « véritable démarche citoyenne » ou « campagne de communication » ?

Le forum censé faire participer et débattre les citoyens pour plus de nature en ville débute aujourd’hui, avec notamment des tables-rondes. Mais plusieurs associations de défense de l’environnement bien implantées à Toulouse n’y sont pas invitées selon le mouvement Action Non-Violente COP 21.

Marche pour le climat du 15 mars dernier à Toulouse. Photo Frédéric Charmeux Max PPP

« Avons-nous vraiment affaire à une réelle démarche démocrate et citoyenne de concertation en faveur de l’environnement ou sommes-nous face à une énième campagne de communication au service de l’image verte qu’essaie de se donner Moudenc ?». Le communiqué d’ANV Cop 21 pose d’emblée la polémique.

Des associations absentes

Plus précisément le mouvement regrette le fait que seul WWF « acteur emblématique de l’écologie » mais qui « n’a pas d’antenne à Toulouse » est « l’unique partenaire et principal intervenant de tous les débats et tables-rondes » de « Toulouse + Verte ». ANV COP21 dénonce notamment l’absence d’associations comme 2Pieds 2Roues, Toulouse en transition ou encore Le Collectif du Ramier.

Pour la mairie, « la diversité des acteurs présents dans les tables-rondes et stands (Nature en Occitanie, le conservatoire des Espaces Naturels de Midi-Pyrénées, DIRE, la ferme Bio, le FReDD, Sens Actifs, France Nature Environnement…) témoigne de la volonté de co-construire des réponses innovantes, adaptées à l’ampleur du défi écologique ».

Un débat ouvert à tous sans exclusive

Autre acteurs non conviés aux débat selon ANV Cop21 : « Collectif pour Le Climat ou Alternatiba qui rassemblent des milliers de personnes lors des marches pour le climat ». A noter d’ailleurs que ce vendredi sera encore une journée d’action en ce sens avec une troisième grève pour le climat dans laquelle de nombreux jeunes devraient à nouveau s’investir.

Pour la Ville de Toulouse, le débat « reste ouvert à tous, sans exclusive ». « Toutes les voix qui veulent participer sont les bienvenues : leurs contributions seront entendues, débattues et prises en compte ».

Ça tombe bien puisqu’ANV COP21 souhaite tout de même s’investir dans « Toulouse + verte ». Le mouvement espère y remettre ses propositions notamment à Jean-Luc Moudenc. Parmi elles : un investissement de 40 millions d’euros par an sur 10 ans pour la mise en place de 1000 km de pistes cyclables.

Patrick Noviello (@patnoviello)

 

04 Avr

Edito : Européennes, l’impossible débat ?

Combien seront-ils ce soir en plateau sur France 2 ? Qui aura gagné ou pas devant la justice le droit d’être là ? Impensable de se poser ce type de question et pourtant… Sous couvert de pertinence éditoriale ou de démocratie, l’exercice du débat devient de plus en plus difficile face à un échiquier politique éclaté.

Les journalistes Thomas Sotto et Alexandra Bensaïd, le 3 avril 2019, pendant les répétitions du débat qui se tiendra le 4 avril 2019 sur France 2. (FRANCE TELEVISIONS)

Pour ceux à qui cela aurait échappé, les Européennes constituent désormais un scrutin de liste nationale. Ne vous étonnez donc pas de ne pas voir de débat ou de soirée électorale organisée sur notre chaîne régionale. Aux confrontations d’idées et de programmes directes, nous avons donc choisi de vous proposer, depuis un mois, des émissions « thématiques » sur la PAC, le Brexit et la politique migratoire au regard de notre territoire.

Plus de dix candidats et 2 h d’antenne

Mais revenons au débat sur le débat. France2, avec 12, 13 ou 15 candidats, n’aura pas assez de 2h30 pour aller au fond des choses, sans parler de la forme et du rythme. Alors imaginez notre « Dimanche en Politique » régional sur 27 minutes (créneau qui nous est octroyé au milieu d’une grille de programme nationale). Prenons un exemple. Nous avons longtemps envisagé de proposer un débat « Européennes » entre les différentes forces politiques de gauche.

Ainsi nous aurions pu envisager d’inviter à minima des représentants des listes suivantes : PS/Place Publique, Génération(s), le PC (avec une députée européenne sortante), E.E.L.V, La France Insoumise. Soit 5 candidats en plateau qui auraient dû confronter leurs idées en moins de 30 minutes, et ce uniquement pour les forces de gauche. Sans évoquer les autres listes, plus modestes, en cours de constitution, qui auraient pu, elles aussi, nous attaquer devant des tribunaux pour participer. Bref une équation impossible que nous avons renoncé à résoudre.

A qui donner raison ?

Alors à qui donner raison ? A ceux qui se lancent dans la campagne sous une étiquette que le CSA n’oblige pas à prendre en compte, puisque vierge de tout scrutin précédent, et qui souhaitent participer au débat démocratique comme les autres ? Aux journalistes qui défendent le droit de choisir librement leurs invités ? A ceux qui disent que le modèle du débat télévisé est éculé et n’intéresse plus personne ?

Selon moi cet exercice est encore vivant et reste un bon moyen d’opposer un programme à un autre et d’argumenter sur des idées. Mais il reste clairement de plus en plus difficile à organiser, et ce bien évidemment à condition qu’il garde du sens et que tous les critères soient réunis pour le rendre intelligible. Une question qui ne va pas tarder à se poser à nouveau. Les Municipales arrivent dans un an.

Patrick Noviello (@patnoviello)

12 Mar

Livre : radiographie des élus macronistes

L’ouvrage est présenté comme « la première véritable enquête sur le mouvement macronien et ses représentants ». Une enquête dans laquelle sont forcément évoqués ou cités certains députés de notre région.

Photo Robert Laffont

« Le problème avec les costumes, c’est qu’ils anonymisent encore plus les inconnus ». La première phrase du livre est assassine mais plante bien le décor. Comme la plupart des députés LREM présents ce jour de juin 2017 dans les jardins de l’Assemblée Nationale, Manon Rescan est toute nouvelle, elle aussi, mais comme journaliste au service politique du Monde. Elle vient de raconter la campagne présidentielle et va maintenant suivre La République En Marche pour ses premiers pas au pouvoir.

Elle consacre aussi une partie de son livre à la campagne des Législatives. Elle évoque notamment « un panel parfait », « digne d’une campagne de pub Benetton », le 6 avril 2017 sur le plateau de l’Emission Politique de France2. Figurent parmi ses premiers candidats officiels au poste de député, Elisabeth Toutut-Picard, future parlementaire de Haute-Garonne ou encore Mireille Robert qui sera élue dans l’Aude.

Cette deuxième campagne, après celle de la Présidentielle, sonne déjà la fin pour certains pionniers du mouvement.  « Qu’importe qu’il y ait sur la circonscription un comité local d’En Marche avec d’autres aspirants à l’investiture » fait remarquer la journaliste quand elle évoque la candidature de Bruno Bonnell à Villeurbanne face à Najat Vallaud Belkacem. Plus proche de nous, on se souvient des fondateurs d’EM 32 qui ont quitté le navire, écoeurés, avant même que l’aventure de la gouvernance du pays ne commence vraiment.

Nouveau monde ? Pas vraiment…

En Marche, la politique autrement ? Pas vraiment si l’on en croit l’auteur qui dénonce un « renouvellement en trompe-l’œil ». Lors de sa première année à suivre l’Assemblée, elle se dit notamment frappée par « la quantité de membres du Parti Radical de Gauche » qu’elle rencontre dans les rangs de la majorité. Parmi eux, le député de l’Aveyron Stéphane Mazars. « Dans sa vie, cet élu nouveau monde ne s‘est pas contenté d’être sénateur. Auparavant, il fut adjoint au maire de Rodez, candidat aux législatives en 2012 sous l’étiquette PRG-Modem et conseiller départemental de l’Aveyron ».

Cité également comme « recalé du Parti Socialiste » ayant intégré LREM, M’Jid El Guerrab que nous avions connu ici alors qu’il avait intégré le cabinet de l’ariégeois Jean-Pierre Bel quand ce dernier était Président du Sénat. Manon Rescan s’appuie enfin sur le sociologue Luc Rouban qui « conclut que sur les trois cent huit députés La République en Marche élus en juin 2017, les deux tiers ont déjà eu une expérience politique ou « para-politique » ».

« Ils n’ont pas les codes », un agent de l’Assemblée Nationale

Pour les vrais nouveaux en revanche, la campagne n’est pas forcément une partie de plaisir. « Les premiers visages des futurs députés En Marche qui se font connaître sont en effet ceux de ces femmes tétanisées sur les plateaux télé, qui perdent leurs moyens, bafouillent, ânonnent et deviennent la risée des réseaux sociaux ». Dans cette veine, la deuxième partie de l’ouvrage s’intitule « les amateurs de la République ». « Je ne sais pas ce que je trouve le plus risible commente l’auteur : ces députés qui se comportent en touristes dans le Palais de la République ou cette institution déboussolée par des fenêtres ouvertes et des trognons de pommes (semés dans le jardin) ».

Pour les guider dans leurs nouvelles fonctions, ces débutants peuvent toutefois s’appuyer sur celui qui est surnommé dans le livre « le caporal-chef », Richard Ferrand, qui « a conservé une pointe d’accent aveyronnais ». Interdiction de déposer des amendements en son seul nom, relecture de toutes les questions écrites avant leur dépôt, limiter ses contacts avec les journalistes… Les troupes sont semble-t-il tenues par celui qui opte pour « la loi du bâton ».

« Ne pas confondre renouvellement et prétention », Monique Iborra

Un « caporal-chef » qui va ensuite lâcher la bride à ses troupes pour briguer le perchoir. Et malheur à ses imprudents concurrents à ce poste, à l’image de Yaël Braun-Pivet ! La présidente de la commission des lois ne sera pas épargnée y compris dans son propre camp comme l’atteste cette petite phrase de Monique Iborra. « La situation politique aujourd’hui mérite aussi de l’expérience… ne pas confondre renouvellement et prétention » assénera la députée de Haute-Garonne pour légitimer la candidature de Richard Ferrand pas vraiment symbolique du « nouveau monde ».

Certains talents émergent toutefois comme la députée de l’Essonne Amélie de Montchalin dans le style « contrôleurs de gestion » comme les classifient l’auteur. « Elle fait l’unanimité de la socialiste Valérie Rabault (NDR : présidente du groupe PS et députée de Tarn et Garonne) qui a tressé ses louanges dans un portrait pour l’Obs, à l’ancien président de la commission des finances Gilles Carrez. Elle les a tous bluffés par sa capacité, non seulement à apprendre vite la mécanique législative, mais aussi, assure Valérie Rabault, à transformer la technique budgétaire en discours politique ».

« Transformer la technique budgétaire en discours politique », Valérie Rabault

Inexpérience politique, un « ni de droite ni de gauche » qui quoi qu’il en soit peut être source de division, les « soldats de la macronie » ne s’illustrent effectivement pas par leurs idées. « Bon nombre de députés sont même convaincus que l’idéologie est un poison dans lequel ils ne doivent pas tremper leur lèvres (…)  Eux dont les valeurs se sont durement affrontées par le passé ».

La journaliste ne se résout toutefois pas à « juger sévèrement ces députés débutants ». Certains n’espéraient-ils pas comme l’élu de Haute-Garonne, Sébastien Nadot venu du mouvement de Robert Hue, que « la politique ne devait plus être une profession mais l’affaire de tous » ? Comme l’auteur, il constate des querelles d’ego parmi certains de ses collègues ambitieux. « On vit probablement une nouvelle génération Mitterrand » soupire le prof de sport.

« Une grande trahison » pour Sébastien Nadot

Lui « a renoncé à être un bon petite soldat de la macronie ».  Sa rupture avec LREM est racontée dans le chapitre intitulé « une grande trahison ». « Il y a eu un changement des personnes, une féminisation sans précédent mais sur les pratiques où sont les nouveautés ». Et il sait de quoi il parle, lui qui a voté contre le projet de loi de budget 2019 et qui a déposé une proposition de résolution demandant une commission d’enquête sur les ventes d’armes de la France à l’Arabie Saoudite.

L’ouvrage s’achève sur un épilogue consacré aux gilets jaunes, « une terrible remise en question » pour les macronistes. L’auteur évoque les actes de vandalisme et intrusions dans leurs lieux de résidence dont ont été victimes certains députés LREM comme Mireille Robert dans l’Aude. « Avec son accent du Midi, ses rondeurs et son franc-parler, Mireille Robert, quoique femme de vigneron, avait tout pour montrer que la Macronie n’était pas qu’une famille politique urbaine, CSP+ et prônant la start-up nation. Mais ce ne sont pas ces femmes qui écument les plateaux télé pour incarner le pouvoir ».

Patrick Noviello (@patnoviello)

« Les grandes illusions-Enquête sur les soldats de la macronie », Manon Rescan, Robert Laffont

 

26 Fév

« Sale connard », « Gaucho » : un élu France Insoumise dénonce des insultes de la part des policiers de la BAC

Un conseil régional France Insoumise a participé à la manifestation des gilets jaunes de samedi dernier. Jean-Christophe Sellin affirme avoir été la cible d’insultes de la part de policier de la BAC.

Photo MaxPPP/Lapeyrere

Ce samedi 23 février, Jean-Christophe Sellin participe à la manifestation des gilets jaunes. Ce n’est pas la première que l’élu de la France Insoumise (bien connu pour son tempérament bien trempé et ses coups de gueule au conseil régional) défile dans les rues de Toulouse.

En fin d’après-midi, Jean-Christophe Sellin se trouve dans un café situé rue Gabriel Péri. Selon lui, « après avoir été gazé place du Capitole, (il) se réfugie dans l’établissement ». Toujours selon son témoignage,  » à 18 heures 15, un groupe de la BAC fait irruption au milieu de la terrasse ou (il est) attablé avec une dizaine d’amis ».

Le conseiller régional estime alors avoir été « bousculé » par les policiers. Jean-Christophe Sellin informe les forces de l’ordre de sa qualité d’élu « en mettant (son) écharpe ».

Le conseiller régional détaille la suite des événements dans une lettre envoyée au préfet : « des policiers m’insultent avec des mots choisis : « Ta gueule », « Gaucho », « Sale connard ».

Une observatrice de la Ligue des Droits de l’Homme a déposé plainte pour insultes, lors d’une manifestation gilets jaunes dans l’Hérault. Jean-Christophe Sellin a préféré une lettre ouverte au préfet de la Haut-Garonne.

Côté policier, un syndicaliste précise : « il va falloir démontrer ces accusations ».

Laurent Dubois (@laurentdub)