12 Mar

Livre : radiographie des élus macronistes

L’ouvrage est présenté comme « la première véritable enquête sur le mouvement macronien et ses représentants ». Une enquête dans laquelle sont forcément évoqués ou cités certains députés de notre région.

Photo Robert Laffont

« Le problème avec les costumes, c’est qu’ils anonymisent encore plus les inconnus ». La première phrase du livre est assassine mais plante bien le décor. Comme la plupart des députés LREM présents ce jour de juin 2017 dans les jardins de l’Assemblée Nationale, Manon Rescan est toute nouvelle, elle aussi, mais comme journaliste au service politique du Monde. Elle vient de raconter la campagne présidentielle et va maintenant suivre La République En Marche pour ses premiers pas au pouvoir.

Elle consacre aussi une partie de son livre à la campagne des Législatives. Elle évoque notamment « un panel parfait », « digne d’une campagne de pub Benetton », le 6 avril 2017 sur le plateau de l’Emission Politique de France2. Figurent parmi ses premiers candidats officiels au poste de député, Elisabeth Toutut-Picard, future parlementaire de Haute-Garonne ou encore Mireille Robert qui sera élue dans l’Aude.

Cette deuxième campagne, après celle de la Présidentielle, sonne déjà la fin pour certains pionniers du mouvement.  « Qu’importe qu’il y ait sur la circonscription un comité local d’En Marche avec d’autres aspirants à l’investiture » fait remarquer la journaliste quand elle évoque la candidature de Bruno Bonnell à Villeurbanne face à Najat Vallaud Belkacem. Plus proche de nous, on se souvient des fondateurs d’EM 32 qui ont quitté le navire, écoeurés, avant même que l’aventure de la gouvernance du pays ne commence vraiment.

Nouveau monde ? Pas vraiment…

En Marche, la politique autrement ? Pas vraiment si l’on en croit l’auteur qui dénonce un « renouvellement en trompe-l’œil ». Lors de sa première année à suivre l’Assemblée, elle se dit notamment frappée par « la quantité de membres du Parti Radical de Gauche » qu’elle rencontre dans les rangs de la majorité. Parmi eux, le député de l’Aveyron Stéphane Mazars. « Dans sa vie, cet élu nouveau monde ne s‘est pas contenté d’être sénateur. Auparavant, il fut adjoint au maire de Rodez, candidat aux législatives en 2012 sous l’étiquette PRG-Modem et conseiller départemental de l’Aveyron ».

Cité également comme « recalé du Parti Socialiste » ayant intégré LREM, M’Jid El Guerrab que nous avions connu ici alors qu’il avait intégré le cabinet de l’ariégeois Jean-Pierre Bel quand ce dernier était Président du Sénat. Manon Rescan s’appuie enfin sur le sociologue Luc Rouban qui « conclut que sur les trois cent huit députés La République en Marche élus en juin 2017, les deux tiers ont déjà eu une expérience politique ou « para-politique » ».

« Ils n’ont pas les codes », un agent de l’Assemblée Nationale

Pour les vrais nouveaux en revanche, la campagne n’est pas forcément une partie de plaisir. « Les premiers visages des futurs députés En Marche qui se font connaître sont en effet ceux de ces femmes tétanisées sur les plateaux télé, qui perdent leurs moyens, bafouillent, ânonnent et deviennent la risée des réseaux sociaux ». Dans cette veine, la deuxième partie de l’ouvrage s’intitule « les amateurs de la République ». « Je ne sais pas ce que je trouve le plus risible commente l’auteur : ces députés qui se comportent en touristes dans le Palais de la République ou cette institution déboussolée par des fenêtres ouvertes et des trognons de pommes (semés dans le jardin) ».

Pour les guider dans leurs nouvelles fonctions, ces débutants peuvent toutefois s’appuyer sur celui qui est surnommé dans le livre « le caporal-chef », Richard Ferrand, qui « a conservé une pointe d’accent aveyronnais ». Interdiction de déposer des amendements en son seul nom, relecture de toutes les questions écrites avant leur dépôt, limiter ses contacts avec les journalistes… Les troupes sont semble-t-il tenues par celui qui opte pour « la loi du bâton ».

« Ne pas confondre renouvellement et prétention », Monique Iborra

Un « caporal-chef » qui va ensuite lâcher la bride à ses troupes pour briguer le perchoir. Et malheur à ses imprudents concurrents à ce poste, à l’image de Yaël Braun-Pivet ! La présidente de la commission des lois ne sera pas épargnée y compris dans son propre camp comme l’atteste cette petite phrase de Monique Iborra. « La situation politique aujourd’hui mérite aussi de l’expérience… ne pas confondre renouvellement et prétention » assénera la députée de Haute-Garonne pour légitimer la candidature de Richard Ferrand pas vraiment symbolique du « nouveau monde ».

Certains talents émergent toutefois comme la députée de l’Essonne Amélie de Montchalin dans le style « contrôleurs de gestion » comme les classifient l’auteur. « Elle fait l’unanimité de la socialiste Valérie Rabault (NDR : présidente du groupe PS et députée de Tarn et Garonne) qui a tressé ses louanges dans un portrait pour l’Obs, à l’ancien président de la commission des finances Gilles Carrez. Elle les a tous bluffés par sa capacité, non seulement à apprendre vite la mécanique législative, mais aussi, assure Valérie Rabault, à transformer la technique budgétaire en discours politique ».

« Transformer la technique budgétaire en discours politique », Valérie Rabault

Inexpérience politique, un « ni de droite ni de gauche » qui quoi qu’il en soit peut être source de division, les « soldats de la macronie » ne s’illustrent effectivement pas par leurs idées. « Bon nombre de députés sont même convaincus que l’idéologie est un poison dans lequel ils ne doivent pas tremper leur lèvres (…)  Eux dont les valeurs se sont durement affrontées par le passé ».

La journaliste ne se résout toutefois pas à « juger sévèrement ces députés débutants ». Certains n’espéraient-ils pas comme l’élu de Haute-Garonne, Sébastien Nadot venu du mouvement de Robert Hue, que « la politique ne devait plus être une profession mais l’affaire de tous » ? Comme l’auteur, il constate des querelles d’ego parmi certains de ses collègues ambitieux. « On vit probablement une nouvelle génération Mitterrand » soupire le prof de sport.

« Une grande trahison » pour Sébastien Nadot

Lui « a renoncé à être un bon petite soldat de la macronie ».  Sa rupture avec LREM est racontée dans le chapitre intitulé « une grande trahison ». « Il y a eu un changement des personnes, une féminisation sans précédent mais sur les pratiques où sont les nouveautés ». Et il sait de quoi il parle, lui qui a voté contre le projet de loi de budget 2019 et qui a déposé une proposition de résolution demandant une commission d’enquête sur les ventes d’armes de la France à l’Arabie Saoudite.

L’ouvrage s’achève sur un épilogue consacré aux gilets jaunes, « une terrible remise en question » pour les macronistes. L’auteur évoque les actes de vandalisme et intrusions dans leurs lieux de résidence dont ont été victimes certains députés LREM comme Mireille Robert dans l’Aude. « Avec son accent du Midi, ses rondeurs et son franc-parler, Mireille Robert, quoique femme de vigneron, avait tout pour montrer que la Macronie n’était pas qu’une famille politique urbaine, CSP+ et prônant la start-up nation. Mais ce ne sont pas ces femmes qui écument les plateaux télé pour incarner le pouvoir ».

Patrick Noviello (@patnoviello)

« Les grandes illusions-Enquête sur les soldats de la macronie », Manon Rescan, Robert Laffont

 

20 Déc

Sébastien Nadot, le seul député « En Marche » qui a voté contre le budget proposé par le gouvernement

Le député En Marche de la Haute-Garonne, Sébastien Nadot, s’oppose au budget défendu par le gouvernement.

Sébastien Nadot. Photo : MaxPPP

Sébastien Nadot a voté contre le budget proposé par le gouvernement d’Édouard Philippe. Ce n’est pas la première fois que le député de la Haute-Garonne marque sa différence et exprime une divergence avec la majorité. Le parlementaire a notamment critiqué la loi Asile-Immigration.

Mais Sébastien Nadot franchit un pas supplémentaire en refusant de voter la loi de Finances. Sébastien Nadot justifie sa décision par un problème de méthode et une « absence de concertation dans les phases de décision ». Le député estime que « l’action parlementaire n’a pas été suffisamment entendue pour que le budget 2019 intègre les réalités de terrain et les aspirations d’une majorité de Français ».

Sébastien Nadot précise que « le dirigisme gouvernemental n’a pas non plus épargné les collectivités territoriales et n’a pas su intégrer les aspirations des maires et conseils municipaux ».

Mais c’est surtout sur le fond que les critiques sont les plus frontales. Sébastien Nadot estime qu’Edouard Philippe et son gouvernement ont « comme seule boussole… réduire la dépense publique ». « Les grandes difficultés sociales ne sont pas suffisamment prises en compte » souligne le député de la majorité. Sébastien Nadot en tire les conséquences et il ne se contente pas d’une abstention.

Pour marquer la profondeur de son désaccord avec la ligne budgétaire du gouvernement, le parlementaire a voté contre le budget 2019. Il est même le seul de son groupe parlementaire dans ce cas.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

13 Sep

Carnet de route d’une députée européenne communiste

Elle était la suppléante de Jean-Luc Mélenchon. Les ambitions nationales de ce dernier l’ont conduite en juin dernier à devenir parlementaire européenne. Dans «Bruxelles ne répond plus », Marie-Pierre Vieu livre un récit sans concession de son expérience ainsi que sa vision de l’Europe qu’elle voudrait voir renaître.

Marie-Pierre Vieu au Parlement Européen à Strasbourg en octobre 2017. Photo AFP Patrick Hertzog.

« La fille sans parole qui venait voler son pain au candidat Parti de Gauche qui me suivait sur la liste Front de Gauche ». Voilà comment s’estime « ouvertement désignée » Marie-Pierre Vieu quand elle prend son mandat européen alors que  le Front de Gauche se déchire, il y a un peu plus d’un an. Qu’il soit donc clair que rien ni personne ne sera épargné à travers ces lignes. C’est aussi l’avantage de se faire publier par sa propre maison d’édition.

Une critique radicale de l’Union, ni anti-européenne, ni nationaliste »

Bilan d’étape ? Programme de campagne ? Carnet de bord ? Cet ouvrage est un peu tout cela à la fois. Mais une phrase résume l’intention de l’auteure : « Porter une critique radicale de l’Union qui n’est ni anti-européenne, ni nationaliste, sans dissocier celle-ci de l’objectif de construire le rassemblement le plus large à gauche pour l’imposer ».

La gauche justement, la députée européenne en fait une revue des troupes détaillée et sans concessions, de La France Insoumise au PS en passant par son propre parti et Génération(s). Cette « gauche fracturée en deux » est ainsi décrite telle des « forces de transformation (…) atrophiées par leurs dissensions, incapable d’affronter en semble un pouvoir, une droite et une extrême droite auxquelles nous laissons de fait le terrain de la perspective ». Le réel enjeu politique de ces Européennes à venir n’est-il pas là d’ailleurs ? Quelle représentation aura la gauche à l’issue du scrutin de 2019 ?

Une Europe des peuples »

Mais au-delà de la politique, Marie-Pierre Vieu livre « 36 propositions-chocs pour une Europe des Peuples » dont la première préconise la renégociation du traité de Lisbonne. Le maître-mot général est la solidarité. L’auteure considère notamment le combat pour les migrants comme prioritaire. L’élue des Hautes-Pyrénées préconise également une « PAC de proximité » marquée par « un protectionnisme solidaire ».

Marie-Pierre Vieu s’interroge enfin sur la façon de reconnecter les citoyens avec l’institution Europe et son « assemblée conventionnelle ». « L’Europe meurt du pragmatisme étriqué de ses dirigeants incapables de porter une vision ou un projet au-delà des rigidités budgétaires » analyse l’élue communiste. La députée européenne attend donc beaucoup des élections de juin prochain, « l’occasion parfaite de débattre publiquement d’une réorientation ambitieuse, des moyens dont on souhaite doter l’Europe et de la stratégie pour y arriver ».

« Bruxelles ne répond plus », Marie Pierre Vieu, Arcane 17.

Patrick Noviello (@patnoviello)

 

10 Mai

Université Jean-Jaurès : Jean-Luc Moudenc attaque l’opposition pour son soutien aux bloqueurs ou son « silence complice »

Dans une série de tweets, le maire LR de Toulouse s’est félicité mercredi de l’intervention des forces de l’ordre pour débloquer le site de l’université Jean Jaurès à Toulouse mais a surtout fustigé l’attitude de toute son opposition municipale accusée de soutien aux bloqueurs ou de « silence complice ». Les représentants de l’opposition s’indignent de cette attaque.

Jean-Luc Moudenc (Photo : Vincent Isore / MaxPPP)

On a connu Jean-Luc Moudenc plus en rondeurs, parfois ferme et viril vis-à-vis de son opposition, mais (la proximité des des élections municipales en 2020 y serait-elle pour quelque chose ?), c’est un Jean-Luc Moudenc très offensif, agressif diront certains, qui s’est exprimé sur les réseaux sociaux mercredi 9 mai, le jour de l’intervention de la police pour débloquer le campus de l’université Jean-Jaurès au Mirail.

Dans une série de tweets, le maire de Toulouse se félicite de cette intervention policière mais en profite, et c’est le sujet qui nous intéresse sur ce blog politique, pour « tancer » l’ensemble de son opposition au conseil municipal dans une phrase sans ambiguïté :

Nous n’oublierons pas de sitôt le soutien ou le silence complice de toute l’opposition face à ce blocage, indignes de notre République » (Jean-Luc Moudenc)

Frappée ainsi d’indignité par le maire de la ville, l’opposition a réagi aussitôt. Pour le nouveau président du groupe socialiste au conseil municipal, François Briançon, il s’agit d’une attaque « inutile, agressive et hors sujet ». L’élu recommande au maire de « prendre un peu de repos ».

La présidente du nouveau groupe Génération(s) Isabelle Hardy a également vivement réagi reprenant à son compte le mot « indignité » :

« Indignité ! Jean-Luc Moudenc devrait mesurer ses propos. Nous n’avons pas pour habitude de faire de l’ingérence dans n’importe quel mouvement social ». (Isabelle Hardy)

Même condamnation de la part des élus communistes ou écologistes, les autres composantes de l’opposition municipale : l’élu écologiste Régis Godec ironise sur le thème « Ma fac est cassée, c’est la faute de l’opposition ».

Mais Jean-Luc Moudenc a aussi reçu le soutien de sa majorité : le groupe Toulouse Ensemble a publié un communiqué fustigeant « l’irresponsabilité » des élus de l’opposition.

Ambiance campagne électorale à mois de deux ans de l’échéance !

FV (@fabvalery)

08 Mar

Un proche de Stéphane Le Foll lâche un commentaire sur Benoît Hamon

Le chef de cabinet de Stéphane Le Foll, le toulousain Rémi Branco est un serial sniper sur Facebook et Twitter. Ses posts et ses tweets font mouche. La dernière mise en ligne cible l’état de la gauche et un duel Hamon-Macron.

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Le commentaire est court : deux phrases. Mais il est fleuri :

Mon ostéo ce matin : ah…dès qu’on tourne vers la gauche, ça chie dans la colle.

Ces mots sont visiblement liés à des maux de dos. Mais ils sont postés sous un article de presse qui évoque une charge de Benoît Hamon contre Emmanuel Macron.

L’ostéo de Remi Branco n’est pas un commentateur comme on en trouve dans les salles d’attentes, les salons de coiffure ou sur les terrasses de café. Le professionnel de santé s’est contenté de poser un diagnostic. Et c’est le patient qui lui donne une tournure politique. Une tournure qui reflète de manière décalée une opinion exprimée (le plus sérieusement du monde) par un Claude Bartelone et d’autres caciques du PS. Certains socialistes estiment que la campagne de Benoît Hamon penche trop à gauche.

Le patron de Remi Branco n’est pas aussi clair. Stéphane Le Foll n’exclut pas un rapprochement avec Emmanuel Macron.

Mais il plaide la patience avant de prendre (ouvertement) ses distances avec la ligne « gauchière » de Benoît Hamon.

En attendant cette clarification Stéphane Le Foll peut compter sur son chef de cabinet pour poster des commentaires.

Au moment de la primaire, un tweet de Remi Branco a suscité une envie de « baston » chez Julien Dray.

Le commentaire sur Benoît Hamon est scatologique. Mais, l’atmosphère reste pacifique.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

28 Sep

« Il va se taire le roquet ? » lance Christophe Borgel (PS) au FN Nicolas Bay

Le député PS de Haute-Garonne et numéro du parti socialiste Christophe Borgel, s’est emporté mardi sur le plateau de La Chaîne Parlementaire (LCP) où il débattait avec l’eurodéputé FN Nicolas Bay au sujet des migrants.

Christophe Borgel (Photo : AFP)

Christophe Borgel (Photo : AFP)

Comme l’a relevé le Lab d’Europe 1, la tension était forte sur le plateau de LCP et le député de la Haute-Garonne s’est emporté, reprochant à son adversaire de lui couper en permanence la parole :

– Nicolas Bay : Faites un référendum, vous verrez. Vous verrez si les Français sont d’accord.

– Christophe Borgel : Nan mais…

– Nicolas Bay : Faites un référendum.

– Christophe Borgel : Il va se taire, le roquet ? Non mais c’est incroyable ça. Depuis tout à l’heure, vous n’êtes pas capable d’écouter deux phrases »


Le mot « roquet » fait rarement son apparition dans les débats politiques à la télé. Il a été notamment utilisé en 1986 par Jacques Chirac face à Laurent Fabius qui était alors Premier ministre.

Fabrice Valéry (@fabvalery)

12 Sep

Législatives, Christophe Borgel en partance pour une nouvelle circonscription ?

Christophe Borgel, numéro 3 du PS et député de Haute-Garonne MaxPPP

Christophe Borgel, numéro 3 du PS et député de Haute-Garonne MaxPPP

Dimanche 11 septembre, première émission pour le nouveau magazine politique de France 3. Et première « petite phrase ». Deux membres du PS (Christophe Borgel, Pierre Cohen) et une ex-socialiste, la députée Monique Iborra étaient les invités de « Dimanche en Politique ». Au détour d’une question, le numéro 3 du PS, Christophe Borgel a ouvertement évoqué sa candidature pour les législatives de 2017.


Christophe Borgel repart pour les législatives

Rien de surprenant. Le député de la Haute-Garonne brigue un nouveau mandat. Comme le précise, Christophe Borgel, « que je déclare ma candidature, cela n’a rien d’un scoop« . Mais Christophe Borgel n’a pas précisé sur quelle circonscription. La réponse semble aller de soi. Une nouvelle candidature c’est évidemment sur la 9eme de la Haute-Garonne.

Par principe et en dehors de quelques exceptions (Jack Lang, Alain Juppé, Paul Quilès), les députés sortants rempilent sur leur « circo ». Selon plusieurs sources, cette évidence n’est pas évidente s’agissant de Christophe Borgel. Le patron des élections au PS et ancien conseiller régional d’Ile-de-France, serait intéressait par une circonscription « des français de l’étranger ». Un sortant ne souhaite pas se représenter. Sur les 11 députés représentants l’Asie, l’Europe de l’Est et l’Océanie ou encore l’Amérique du Nord, le Canada, le Maghreb et le Moyen-Orient, 5 sont socialistes

Contacté par France 3 Midi-Pyrénées, Christophe Borgel dément : « absolument pas« .

C’est donc la 9eme circonscription de la Haute-Garonne qui reste d’actualité. Les investitures vont être attribuées par les fédérations départementales les deux premières semaines de décembre. Cette (première) étape risque de « secouer ». Lors de son arrivée en Haute-Garonne, en 2012, Christophe Borgel a été confronté à des résistances internes. La violente secousse de la loi El-Khomri et la contestation du bilan comme de la candidature Hollande par la gauche du PS vont venir se greffer sur le « passif » des précédentes législatives. La « Fédé 31 » est sur la ligne « Montebourg-Aubry ». Une ligne qui n’est pas celle défendue et incarnée par Christophe Borgel. La ligne du numéro 3 du PS est celle de Cambadélis-Valls-Hollande.

Dans ce contexte chahuté, Christophe Borgel conserve (malgré tout) un atout stratégique. Le 16 décembre, après les investitures départementales, les instances nationales du PS doivent ratifier. Des instances dans lesquelles siège, en tant que patron des élections, Christophe Borgel.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

07 Juil

Paul Quilès : « On n’est pas obligé de dire des horreurs sur Mitterrand pour canoniser Michel Rocard »

Un cascade d’hommages. Un torrent de filiations posthumes. Le décès de Michel Rocard suscite une vague de « rocardisme ».

Certaines réactions sont sincères. Mais la tentation de la récupération et de l’instrumentalisation existe. La disparition de l’ancien premier ministre tombe en pleine convulsion au sein du PS. Frondeurs qui dégoupillent la grenade (à charge creuse) d’une motion de censure. Division autour de la réforme El Khomri. Polémique autour de l’utilisation du « 49-3 ». Abîme d’impopularité pour le couple Hollande-Valls. Dans ce contexte trouble, les socialistes sont déboussolés. Michel Rocard devient (subitement) une valeur refuge.

Lors de la cérémonie d’hommage (national) aux Invalides, François Hollande n’a pas hésité à revendiquer l’héritage de l’ancien premier ministre de François Mitterrand.

Dans ce contexte de « rocard mania« , Paul Quilès revient sur le réformisme prêté à Michel Rocard. L’actuel maire de Cordes a été un des ministres de Michel Rocard. Paul Quilès a mené une importante réforme des postes et télécommunications lors du passage de Michel Rocard à Matignon. Mais Paul Quilès a été également un des artisans de la victoire du meilleur adversaire de l’ancien premier ministre : François Mitterrand. Celui qui fut le directeur de campagne de François Mitterrand en 1981 s’exprime sur les filiations rocardienne qui fleurissent. Interview.

Paul Quilès, maire de Cordes et ancien mlnistre. Photo : MaxPPP

Paul Quilès, maire de Cordes et ancien mlnistre. Photo : MaxPPP

Le Blog Politique. Vous avez été plusieurs fois ministres à la Défense, à l’Intérieur, de l’Espace et du Logement. Et vous avez exercé un de vos portefeuilles dans les deux gouvernements Rocard (1988-1991). Vous avez notamment mené à son terme la double réforme des postes et des télécommunications. Comment s’est déroulée cette réforme ? 

Paul Quilès. Michel Rocard m’a laissé faire. Il n’a pas eu à la regretter. 9 mois de concertation et de dialogue et c’est seulement à ce terme que j’ai présenté un projet de loi. Nous n’avions pas de majorité absolue et nous n’avons pas eu besoin de passer par la voie autoritaire du 49.3 (ndlr : adoption sans vote d’un texte). J’ai mené un débat et c’est uniquement ensuite, après la concertation, que j’ai rédigé le projet de loi en tenant compte du débat. La réforme a pu aboutir grâce à cette méthode. Une méthode qui alliait à la fois le fond et la forme.

Le Blog Politique. En tant que « mitterrandiste », vous vous êtes opposés à Michel Rocard. Quel opposant a été Michel Rocard ?

Paul Quilès. Michel Rocard a été très anti-communiste et anti-union de la gauche. Il n’a jamais voulu reconnaître que son positionnement n’était pas le bon. En 1981, François Mitterrand a été élu grâce à la stratégie que combattait Michel Rocard. On n’est pas obligé de dire des horreurs sur François Mitterrand pour canoniser Michel Rocard.

Le Blog Politique. On assiste à une captation de l’héritage rocardien. Votre réaction ?

Paul Quilès. Je connais trop l’histoire des hommes, du parti socialiste et de la France pour ne pas contester certaines filiations.

Propos recueillis par Laurent Dubois (@laurentdub)

19 Avr

Pour Jean-Christophe Sellin, « le FN est venu pour pourrir » la réunion du Conseil régional

Jean-Christophe Sellin réagit à l’interview de France Jamet publiée sur le Blog Politique de France 3 Midi-Pyrénées. L’élu régional du Front de Gauche donne sa version des faits.

Jean-Christophe Sellin conseiller régional "Nouveau Monde".

Jean-Christophe Sellin conseiller régional « Nouveau Monde ».

Pour Jean-Christophe Sellin, « la réaction de France Jamet, pour le Front National, est révélatrice du profil de son groupe. Elle se présente comme victime alors qu’elle est venue avec un lance-flamme et ses collègues avec des bidons d’essence ». 

L’élu du Front de gauche argumente en faisant référence aux « pancartes brandies par quarante élus stigmatisant le «Delgastan», assimilant notre région à une entité à consonnance orientale qui, pour eux , est forcément antidémocratique, musulmane et intégriste (…) puis, Jean-Guillaume Remise (FN Aveyron) qui a poursuivi par des propos sexistes accusant Carole Delga de faire du «népotisme en tailleur» ( on ne parle jamais de népotisme en pantalon, n’est-ce-pas…..) ».

  Le Front National est venu pour pourrir l’Assemblée Plénière

Pour lui, « le bilan, c’est que le FN était venu pour pourrir l’Assemblée Plénière mais au fur et à mesure de la journée et notamment après mon intervention sur l’orientation budgétaire, l’éthique de l’emprunt et les aventures au Panama avec l’argent public, le Front National a été secoué, déstabilisé et a complètement perdu pied ».

  Le fascisme est un courant politique et non une insulte

« Finalement, poursuit Jean-Christophe Sellin, c’est Julien Sanchez, conseiller régional et maire de Beaucaire qui a tenté de reprendre la main et de ressouder les rangs fascistes (je rappelle que le fascisme est un courant politique et non une insulte).
Il a mené la bronca pendant la présentation du voeu sur l’accueil des réfugiés avec hurlements et bruyants sarcasmes à l’encontre de ceux qui fuient la guerre, la misère, le dérèglement climatique avec puis a craché sa haine sur tout ce qui bouge. Pour ceux qui en doutaient, cette journée a très clairement prouvé que le FN ne sert en rien l’intérêt général. Il ne sert à rien. Sinon à distiller la haine ».

On savait que la composition de la nouvelle assemblée régionale avec le Front National comme premier groupe d’opposition (en nombre d’élus) amènerait des tensions. On en en eu la preuve avec les incidents de vendredi à Montpellier.

On sait aussi maintenant que l’attitude des élus FN peut être un moyen de souder une majorité de gauche, plurielle et parfois frondeuse. Jean-Christophe Sellin et trois de ses camarades de « Nouveau Monde » se sont abstenus lors de l’élection de Carole Delga à la présidence de la Région, en janvier dernier. La préparation du budget et le dossier de la LGV risquent de créer de nouvelles tensions entre la présidente socialiste et la « gauche de sa gauche ». Mais, le temps d’une « plénière » houleuse, Carole Delga peut se « féliciter » de l’action du FN.

Le Front National lui « offre » un front uni.

Laurent Dubois (@laurentdub) et Fabrice Valéry (@FabValery)

 

18 Avr

Incidents au Conseil régional : « On est en pays soviétique » pour la présidente du groupe FN France Jamet

Insultes, bousculade, désordre organisé et un coupable pointé du doigt : le Front National. La « Plénière » du Conseil Régional du 15 avril a viré au mauvais théâtre de boulevard. La mise en scène est attribuée à un acteur : les élus FN. La présidente du groupe, France Jamet conteste cette version des faits et parle d’une « riposte » au traitement infligé par Carole Delga au Front National. Interview.

France Jamet  (Crédit : AFP)

France Jamet (Crédit : AFP)

Le Blog Politique. Une séance sabordée par le Front National et des comportements indignes. C’est le souvenir que laisse la Plénière de Montpellier. Vous partagez cette vision des événements ? 

France Jamet. Non. Cela ne correspond pas du tout à ce que j’ai vécu personnellement. Nous avons été agressés verbalement, traité de « fascistes » et d’assassins. Par exemple un élu communiste (ndrl : Jean-Christophe Sellin) qui a commencé par nous provoquer en m’offrant un chapeau « Panama » (ndrl : une référence au scandale des paradis fiscaux révélés par l’affaire « Panama Papers »). Nous n’avons rien à voir avec cela ni de prés ni de loin et Marine (ndlr : Le Pen) a dit qu’elle attaquerait systématiquement en justice toutes les personnes qui associeraient le Front National à « Panama Papers ». J’ai demandé à Carole Delga un droit de réponse suite à la provocation de l’élu communiste. Il a été refusé.

Le Blog Politique. La séance a été enregistrée et une vidéo, disponible sur le site du Conseil Régional, montre pourtant que des incidents à répétition ont émaillé la « Plénière ».

France Jamet. Il manque des extraits. Il y a des coupures avec des passages dans lesquels il manque le son. On est en pays soviétique. Comme par hasard, on n’entend pas les insultes que l’on nous adresse et les demandes répétées de droit de réponse que Carole Delga nous refuse. Ses méthodes sont totalement autocratiques et dictatoriales.

Le Blog Politique. Le fait de brandir des pancartes « Delgastan » et de se lever pour chanter la « Marseillaise », ce n’est pas de la provocation ?

France Jamet. Les pancartes « Delgastan », c’est aussi humoristique que d’offrir un chapeau « Panama ». Un chapeau que j’ai accepté de prendre avec le sourire. S’agissant de la « Marseillaise » a cappella, ce n’était pas prémédité. Nous ne sommes levés spontanément face au refus de Carole Delga de faire chanter l’hymne national. Nous avons été très dignes.

Le Blog Politique. Un élu d’opposition, le conseiler régional LR du Lot Aurélien Pradié, parle de pression physique et d’une tentation d’intimidation.

France Jamet. Il est de notoriété publique qu’Aurélien Pradié et notre représentant dans le Lot ont de vieux contentieux.. Mais c’est Aurélien Pradié qui a d’abord bousculé notre élu. On aussi entendu du côté des rangs communistes des provocations du genre : « viens ici si tu es un homme ».

Le Blog Politique. Le spectacle donné par le Front National ne va-t-il pas ternir l’image d’un parti qui cherche à gagner en respectabilité ?

France Jamet. Sur le fond, nous sommes droit dans nos bottes. Nous n’avons pas été élu pour nous asseoir sagement et attendre silencieusement la fin de la classe. Sur la forme, si ce spectacle parait discutable à certains, c’est simplement en réponse et à la hauteur de ce que nous subissons à longueur de temps. Carole Delga se comporte en militante depuis le premier jour. Nous sommes systématiquement exclus des débats et des décisions. On nous refuse la parole. Nous sommes exclus des organismes, des conseils d’administration, des débats et des décisions. On nous refuse la parole. On refuse tous nos amendements et toutes nos propositions. Dans une interview donnée à Midi-Libre, Carole Delga nous range dans les 7 plaies d’Egypte à coté de l’insécurité et du chômage. Elle nie notre représentativité. Ce n’est pas tolérable. Ce n’est pas conforme à notre conception de la démocratie dans un état républicain. Nous sommes sérieux et nous travaillons. Nous avons fait des interventions sérieuses et même brillantes sur les orientations budgétaires. Nous avons fait une contre-proposition sur le nom de la région : Languedoc-Roussillon. Mais, comme d’habitude, notre proposition a été écartée d’un revers de main. Nous sommes des élus systématiquement mis à part alors que nous sommes des élus à part entière. Dans les commissions, des élus refusent de nous serrer la main.

Le Blog Politique. Les élus de droite comme de gauche pointent une duplicité : une passivité totale dans les commissions sectorielles et une agitation stérile lors des assemblées plénières. Que répondez-vous à cette accusation ? Vos élus refusent de voter en commission. Pourquoi ?

France Jamet. Les commissions sectorielles, lieu de débats et d’échanges, sont des endroits où l’on pose des questions et tous nos élus posent des questions et participent activement, contrairement aux élus LR. Nous ne prenons pas part aux votes car nous arrêtons ensuite collégialement, après débats au sein du groupe, nos positions sur chaque dossier. C’est aussi la preuve qu’en matière de démocratie nous sommes exemplaires et irréprochables et que nous n’avons de leçon à recevoir de personne, surtout pas de nos adversaires politiques et de Madame Delga.

Propos recueillis par Laurent Dubois (@laurentdub)