15 Nov

Municipales à Toulouse : la gauche façon puzzle

PCF, PS et PRG appellent au « rassemblement des forces de gauche » à Toulouse derrière Nadia Pellefigue. Dans un communiqué, les trois partis visent clairement le récent départ en campagne de Pierre Cohen. Mais également partie prenante dans la liste Archipel Citoyen, avec Europe Ecologie Les Verts et les Insoumis, la gauche semble plus que jamais divisée dans la ville rose.

24 mars 2014 la gauche toulousaine s’unit entre les deux tours. De gauche à droite : Antoine Maurice (EELV), Pierre Cohen (alors au PS) et Pierre Lacaze (PCF). Photo Max PPP Thierry Bordas.

« C’est évidemment une réaction à notre démarrage de la semaine dernière » ne s’étonne pas Pierre Cohen. « C’est également un appel face aux difficultés que connaît Archipel mais aussi suite aux demandes de toulousains qui veulent une gauche rassemblée» explique Pierre Lacaze. « Cet appel aujourd’hui, c’est encore pour dire que notre liste n’est pas bouclée. Tout ça se finalisera en décembre-janvier » rajoute le secrétaire fédéral du PCF31.

Quelles divergences ? »

Mais qu’est-ce qui empêche l’ancien maire socialiste de Toulouse de s’entendre avec PS, PCF et PRG ? « Il y a quand même quelques défauts dans ce qu’ils proposent. Tout d’abord à Génération(s), nous pensons qu’Ecologie et égalité sociale doivent être imbriqués. Hors, il semble qu’ils aient oublié l’écologie. Ensuite, le PS s’est largement affaibli après la période Hollande et il s’est quand même octroyé la tête de liste. Il valait mieux d’abord constituer une liste puis désigner sa tête ensuite. Sébastien Vincini (NDR : premier fédéral du PS31) a changé d’avis sur ce point» rappelle Pierre Cohen.

« Nous discutons avec Pierre Cohen depuis septembre 2018 et nous avons choisi notre tête de liste en octobre 2019. Vous trouvez qu’on s’est précipité ? Oui on a avancé. Nadia Pellefigue incarne une histoire de la gauche qui a su gérer des villes. Elle a aussi le visage du renouvellement » répond le patron du PS haut-garonnais. Alors un rassemblement de la gauche est-il encore possible ? « On y avait travaillé ensemble avec le PCF après la fête de l’Huma et puis il a changé d’avis » explique Pierre Cohen, désormais leader de Génération(s) sur Toulouse.

« C’est vrai, nous avons travaillé ensemble depuis le départ » confirme Pierre Lacaze. « Nous avons choisi Nadia Pellefigue pour le renouveau qu’elle incarne mais nous avons aussi besoin de l’expérience de Pierre Cohen » reconnaît le communiste. « Rien n’est encore figé, confirme Sébastien Vincini. J’ai rencontré Génération(s) au niveau départemental et national. Pierre Cohen est un ami, on discute sincèrement. Il y a largement de la place sur notre liste pour lui et son mouvement. Nous n’avons pas de divergences majeures »

Archipel Citoyen, unis jusqu’au bout ? »

Archipel va désigner sa tête de liste ce dimanche. Alors n’est-il pas là encore trop tard pour rassembler ? « Cette désignation de tête de liste va marquer » assure Pierre Cohen. « Va-t-elle plaire à tout le monde ? Tout ça me semble fragile. Ils ont des différences programmatiques notamment avec La France Insoumise » argumente-t-il. Pierre Lacaze ne partage pas cet avis. « Depuis le début, on considère qu’EELV et LFI ne souhaitent pas le rassemblement » affirme-t-il. Et le représentant départemental du PCF de garder l’espoir d’une liste unique au moins second tour.

« Il peut y avoir deux offres de gauche qui vont jusqu’au bout » confirme Sébastien Vincini. Colistier Archipel, Romain Cujives salut l’appel au rassemblement mais précise que chez eux il a déjà eu lieu. « Un rassemblement inédit en France par son ampleur, une nouvelle façon de penser la politique et la construction d’un projet qui transformera véritablement la vie des gens et lancera la transition écologique dont la ville a besoin » s’enflamme l’ancien candidat à la tête de liste PS. Et EELV justement ? Que pense de cet appel au rassemblement de la gauche son leader toulousain qui vise la tête de liste Archipel Citoyen ? « Je n’ai pas envie de parler ou de réagir pour l’instant » explique Antoine Maurice. Prudence quand tu nous tiens…

Pierre Cohen, lui, croit dans un rapprochement avec d’éventuels déçus d’Archipel Citoyen, où se trouvent d’ailleurs quelques-uns de ses anciens adjoints à la mairie.  « Nous discutions encore ensemble il n’y a pas si longtemps et puis chacun s’est autocentré. Mais c’est quand même dommage de réussir un texte commun sur la mobilité comme celui que nous avons réalisé dans l’opposition municipale et de ne pas travailler ensemble ».

Ce ne sont pas que les partis qui composent la gauche »

« C’est dommage oui, mais nous avons choisi un rassemblement de partis. Nous travaillons à ce rassemblement pour affronter la liste des droites, LR et LREM, de Jean-Luc Moudenc » rétorque Pierre Lacaze. « Après ce ne sont pas que les partis qui composent la gauche. Cet appel à rassemblement nous allons aussi le faire passer aux syndicats comme aux associations toulousaines » précise l’actuel élu d’opposition à la mairie.

« Je n’ai jamais vu de campagne aussi tardive. Elle démarrera réellement en janvier. Le paysage n’est encore figé dans aucune ville de France » conclut Pierre Cohen pour qui rien n’est encore bouclé sur Toulouse. « On a quelques semaines devant nous, on n’en est pas encore au dépôt des listes » assure également Sébastien Vincini en prévenant toutefois : « il faut régler ça maintenant parce qu’il faut être clair avec nos concitoyens ». Peu de probabilités toutefois que les divisions à gauche aient été aplanies d’ici début 2020 quand la campagne devrait vraiment démarrer.

Patrick Noviello (@patnoviello)

26 Août

VIDEO – Nicole Belloubet soutiendra « pleinement » Jean-Luc Moudenc aux municipales à Toulouse « s’il y a un accord avec LaREM »

La garde des Sceaux a appelé de ses voeux ce lundi sur BFM un accord local entre En marche et le maire sortant LR Jean-Luc Moudenc. Cocasse pour l’ancienne première adjointe de son adversaire Pierre Cohen.

©Julien Mattia / MaxPPP

Le message est clair : si un accord est trouvé entre La République en Marche et le maire LR sortant de Toulouse Jean-Luc Moudenc, la garde des Sceaux et ministre de la justice, la Toulousaine Nicole Belloubet soutiendra le maire sortant.

« Il faut forcément qu’il y ait un accord »

Longuement interrogée sur le sujet par Jean-Jacques Bourdin sur BFM TV ce lundi 26 août, Nicole Belloubet a appelé de ses vœux cet accord entre LREM et le maire sortant de la 4ème ville de France.

Il y a des discussions et cet accord, s’il a lieu, évidemment je le respecterai pleinement (…) Il faut forcément qu’il y ait un accord à un moment donné parce que dans les grandes villes soit nous avons des candidats assez puissants pour porter l’étiquette LREM soit nous avons des accords avec les maires sortants. C’est sans doute le cas à Toulouse’.

La Garde des Sceaux s’est exprimée sur le sujet en fin d’interview (à partir de 18’50 » dans cette vidéo) :

La Garde des Sceaux a depuis longtemps fait savoir qu’elle ne serait pas elle-même candidate. Elle reconnaît maintenant qu’il n’y a pas de personnalités « assez puissante » pour porter l’étiquette En Marche à Toulouse, malgré les vaines tentatives des certains députés de tenter de monter une liste.

Jean-Luc Moudenc, porté par son amitié avec le Premier Ministre Edouard Philippe, s’est assuré de son côté que cela n’arriverait pas.

Adversaire en 2008, soutien en 2020 ?

Quant à Nicole Belloubet, ancienne première adjointe PS de Pierre Cohen au Capitole (avant de rejoindre le conseil régional), elle pourrait donc se retrouver à soutenir celui contre qui elle faisait campagne en 2008 aux côtés du candidat socialiste.

Une position qui a fait bondir des anciens membres de sa majorité à la mairie. Notamment Jean-Christophe Sellin, membre du Parti de gauche et de la France Insoumise et conseiller régional :

Face à cette probable alliance, la gauche tente de s’unir. Certains, comme La France Insoumise, les écologistes ou encore le socialiste Romain Cujives, ont rejoint la démarche initiée par Archipel Citoyen pour aboutir à un programme et à une liste de gauche uniques.

D’autres comme Génération.s et le Parti socialiste discutent avec les autres membres de la gauche, dont Archipel, pour déboucher sur cette union. Le PS qui s’est choisi Nadia Pellefigue comme chef de file. La vice-présidente de la région qui est aussi… la belle-fille de Nicole Belloubet.

FV @fabvalery

12 Mar

Livre : radiographie des élus macronistes

L’ouvrage est présenté comme « la première véritable enquête sur le mouvement macronien et ses représentants ». Une enquête dans laquelle sont forcément évoqués ou cités certains députés de notre région.

Photo Robert Laffont

« Le problème avec les costumes, c’est qu’ils anonymisent encore plus les inconnus ». La première phrase du livre est assassine mais plante bien le décor. Comme la plupart des députés LREM présents ce jour de juin 2017 dans les jardins de l’Assemblée Nationale, Manon Rescan est toute nouvelle, elle aussi, mais comme journaliste au service politique du Monde. Elle vient de raconter la campagne présidentielle et va maintenant suivre La République En Marche pour ses premiers pas au pouvoir.

Elle consacre aussi une partie de son livre à la campagne des Législatives. Elle évoque notamment « un panel parfait », « digne d’une campagne de pub Benetton », le 6 avril 2017 sur le plateau de l’Emission Politique de France2. Figurent parmi ses premiers candidats officiels au poste de député, Elisabeth Toutut-Picard, future parlementaire de Haute-Garonne ou encore Mireille Robert qui sera élue dans l’Aude.

Cette deuxième campagne, après celle de la Présidentielle, sonne déjà la fin pour certains pionniers du mouvement.  « Qu’importe qu’il y ait sur la circonscription un comité local d’En Marche avec d’autres aspirants à l’investiture » fait remarquer la journaliste quand elle évoque la candidature de Bruno Bonnell à Villeurbanne face à Najat Vallaud Belkacem. Plus proche de nous, on se souvient des fondateurs d’EM 32 qui ont quitté le navire, écoeurés, avant même que l’aventure de la gouvernance du pays ne commence vraiment.

Nouveau monde ? Pas vraiment…

En Marche, la politique autrement ? Pas vraiment si l’on en croit l’auteur qui dénonce un « renouvellement en trompe-l’œil ». Lors de sa première année à suivre l’Assemblée, elle se dit notamment frappée par « la quantité de membres du Parti Radical de Gauche » qu’elle rencontre dans les rangs de la majorité. Parmi eux, le député de l’Aveyron Stéphane Mazars. « Dans sa vie, cet élu nouveau monde ne s‘est pas contenté d’être sénateur. Auparavant, il fut adjoint au maire de Rodez, candidat aux législatives en 2012 sous l’étiquette PRG-Modem et conseiller départemental de l’Aveyron ».

Cité également comme « recalé du Parti Socialiste » ayant intégré LREM, M’Jid El Guerrab que nous avions connu ici alors qu’il avait intégré le cabinet de l’ariégeois Jean-Pierre Bel quand ce dernier était Président du Sénat. Manon Rescan s’appuie enfin sur le sociologue Luc Rouban qui « conclut que sur les trois cent huit députés La République en Marche élus en juin 2017, les deux tiers ont déjà eu une expérience politique ou « para-politique » ».

« Ils n’ont pas les codes », un agent de l’Assemblée Nationale

Pour les vrais nouveaux en revanche, la campagne n’est pas forcément une partie de plaisir. « Les premiers visages des futurs députés En Marche qui se font connaître sont en effet ceux de ces femmes tétanisées sur les plateaux télé, qui perdent leurs moyens, bafouillent, ânonnent et deviennent la risée des réseaux sociaux ». Dans cette veine, la deuxième partie de l’ouvrage s’intitule « les amateurs de la République ». « Je ne sais pas ce que je trouve le plus risible commente l’auteur : ces députés qui se comportent en touristes dans le Palais de la République ou cette institution déboussolée par des fenêtres ouvertes et des trognons de pommes (semés dans le jardin) ».

Pour les guider dans leurs nouvelles fonctions, ces débutants peuvent toutefois s’appuyer sur celui qui est surnommé dans le livre « le caporal-chef », Richard Ferrand, qui « a conservé une pointe d’accent aveyronnais ». Interdiction de déposer des amendements en son seul nom, relecture de toutes les questions écrites avant leur dépôt, limiter ses contacts avec les journalistes… Les troupes sont semble-t-il tenues par celui qui opte pour « la loi du bâton ».

« Ne pas confondre renouvellement et prétention », Monique Iborra

Un « caporal-chef » qui va ensuite lâcher la bride à ses troupes pour briguer le perchoir. Et malheur à ses imprudents concurrents à ce poste, à l’image de Yaël Braun-Pivet ! La présidente de la commission des lois ne sera pas épargnée y compris dans son propre camp comme l’atteste cette petite phrase de Monique Iborra. « La situation politique aujourd’hui mérite aussi de l’expérience… ne pas confondre renouvellement et prétention » assénera la députée de Haute-Garonne pour légitimer la candidature de Richard Ferrand pas vraiment symbolique du « nouveau monde ».

Certains talents émergent toutefois comme la députée de l’Essonne Amélie de Montchalin dans le style « contrôleurs de gestion » comme les classifient l’auteur. « Elle fait l’unanimité de la socialiste Valérie Rabault (NDR : présidente du groupe PS et députée de Tarn et Garonne) qui a tressé ses louanges dans un portrait pour l’Obs, à l’ancien président de la commission des finances Gilles Carrez. Elle les a tous bluffés par sa capacité, non seulement à apprendre vite la mécanique législative, mais aussi, assure Valérie Rabault, à transformer la technique budgétaire en discours politique ».

« Transformer la technique budgétaire en discours politique », Valérie Rabault

Inexpérience politique, un « ni de droite ni de gauche » qui quoi qu’il en soit peut être source de division, les « soldats de la macronie » ne s’illustrent effectivement pas par leurs idées. « Bon nombre de députés sont même convaincus que l’idéologie est un poison dans lequel ils ne doivent pas tremper leur lèvres (…)  Eux dont les valeurs se sont durement affrontées par le passé ».

La journaliste ne se résout toutefois pas à « juger sévèrement ces députés débutants ». Certains n’espéraient-ils pas comme l’élu de Haute-Garonne, Sébastien Nadot venu du mouvement de Robert Hue, que « la politique ne devait plus être une profession mais l’affaire de tous » ? Comme l’auteur, il constate des querelles d’ego parmi certains de ses collègues ambitieux. « On vit probablement une nouvelle génération Mitterrand » soupire le prof de sport.

« Une grande trahison » pour Sébastien Nadot

Lui « a renoncé à être un bon petite soldat de la macronie ».  Sa rupture avec LREM est racontée dans le chapitre intitulé « une grande trahison ». « Il y a eu un changement des personnes, une féminisation sans précédent mais sur les pratiques où sont les nouveautés ». Et il sait de quoi il parle, lui qui a voté contre le projet de loi de budget 2019 et qui a déposé une proposition de résolution demandant une commission d’enquête sur les ventes d’armes de la France à l’Arabie Saoudite.

L’ouvrage s’achève sur un épilogue consacré aux gilets jaunes, « une terrible remise en question » pour les macronistes. L’auteur évoque les actes de vandalisme et intrusions dans leurs lieux de résidence dont ont été victimes certains députés LREM comme Mireille Robert dans l’Aude. « Avec son accent du Midi, ses rondeurs et son franc-parler, Mireille Robert, quoique femme de vigneron, avait tout pour montrer que la Macronie n’était pas qu’une famille politique urbaine, CSP+ et prônant la start-up nation. Mais ce ne sont pas ces femmes qui écument les plateaux télé pour incarner le pouvoir ».

Patrick Noviello (@patnoviello)

« Les grandes illusions-Enquête sur les soldats de la macronie », Manon Rescan, Robert Laffont

 

20 Déc

Sébastien Nadot, le seul député « En Marche » qui a voté contre le budget proposé par le gouvernement

Le député En Marche de la Haute-Garonne, Sébastien Nadot, s’oppose au budget défendu par le gouvernement.

Sébastien Nadot. Photo : MaxPPP

Sébastien Nadot a voté contre le budget proposé par le gouvernement d’Édouard Philippe. Ce n’est pas la première fois que le député de la Haute-Garonne marque sa différence et exprime une divergence avec la majorité. Le parlementaire a notamment critiqué la loi Asile-Immigration.

Mais Sébastien Nadot franchit un pas supplémentaire en refusant de voter la loi de Finances. Sébastien Nadot justifie sa décision par un problème de méthode et une « absence de concertation dans les phases de décision ». Le député estime que « l’action parlementaire n’a pas été suffisamment entendue pour que le budget 2019 intègre les réalités de terrain et les aspirations d’une majorité de Français ».

Sébastien Nadot précise que « le dirigisme gouvernemental n’a pas non plus épargné les collectivités territoriales et n’a pas su intégrer les aspirations des maires et conseils municipaux ».

Mais c’est surtout sur le fond que les critiques sont les plus frontales. Sébastien Nadot estime qu’Edouard Philippe et son gouvernement ont « comme seule boussole… réduire la dépense publique ». « Les grandes difficultés sociales ne sont pas suffisamment prises en compte » souligne le député de la majorité. Sébastien Nadot en tire les conséquences et il ne se contente pas d’une abstention.

Pour marquer la profondeur de son désaccord avec la ligne budgétaire du gouvernement, le parlementaire a voté contre le budget 2019. Il est même le seul de son groupe parlementaire dans ce cas.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

13 Sep

Carnet de route d’une députée européenne communiste

Elle était la suppléante de Jean-Luc Mélenchon. Les ambitions nationales de ce dernier l’ont conduite en juin dernier à devenir parlementaire européenne. Dans «Bruxelles ne répond plus », Marie-Pierre Vieu livre un récit sans concession de son expérience ainsi que sa vision de l’Europe qu’elle voudrait voir renaître.

Marie-Pierre Vieu au Parlement Européen à Strasbourg en octobre 2017. Photo AFP Patrick Hertzog.

« La fille sans parole qui venait voler son pain au candidat Parti de Gauche qui me suivait sur la liste Front de Gauche ». Voilà comment s’estime « ouvertement désignée » Marie-Pierre Vieu quand elle prend son mandat européen alors que  le Front de Gauche se déchire, il y a un peu plus d’un an. Qu’il soit donc clair que rien ni personne ne sera épargné à travers ces lignes. C’est aussi l’avantage de se faire publier par sa propre maison d’édition.

Une critique radicale de l’Union, ni anti-européenne, ni nationaliste »

Bilan d’étape ? Programme de campagne ? Carnet de bord ? Cet ouvrage est un peu tout cela à la fois. Mais une phrase résume l’intention de l’auteure : « Porter une critique radicale de l’Union qui n’est ni anti-européenne, ni nationaliste, sans dissocier celle-ci de l’objectif de construire le rassemblement le plus large à gauche pour l’imposer ».

La gauche justement, la députée européenne en fait une revue des troupes détaillée et sans concessions, de La France Insoumise au PS en passant par son propre parti et Génération(s). Cette « gauche fracturée en deux » est ainsi décrite telle des « forces de transformation (…) atrophiées par leurs dissensions, incapable d’affronter en semble un pouvoir, une droite et une extrême droite auxquelles nous laissons de fait le terrain de la perspective ». Le réel enjeu politique de ces Européennes à venir n’est-il pas là d’ailleurs ? Quelle représentation aura la gauche à l’issue du scrutin de 2019 ?

Une Europe des peuples »

Mais au-delà de la politique, Marie-Pierre Vieu livre « 36 propositions-chocs pour une Europe des Peuples » dont la première préconise la renégociation du traité de Lisbonne. Le maître-mot général est la solidarité. L’auteure considère notamment le combat pour les migrants comme prioritaire. L’élue des Hautes-Pyrénées préconise également une « PAC de proximité » marquée par « un protectionnisme solidaire ».

Marie-Pierre Vieu s’interroge enfin sur la façon de reconnecter les citoyens avec l’institution Europe et son « assemblée conventionnelle ». « L’Europe meurt du pragmatisme étriqué de ses dirigeants incapables de porter une vision ou un projet au-delà des rigidités budgétaires » analyse l’élue communiste. La députée européenne attend donc beaucoup des élections de juin prochain, « l’occasion parfaite de débattre publiquement d’une réorientation ambitieuse, des moyens dont on souhaite doter l’Europe et de la stratégie pour y arriver ».

« Bruxelles ne répond plus », Marie Pierre Vieu, Arcane 17.

Patrick Noviello (@patnoviello)

 

10 Mai

Université Jean-Jaurès : Jean-Luc Moudenc attaque l’opposition pour son soutien aux bloqueurs ou son « silence complice »

Dans une série de tweets, le maire LR de Toulouse s’est félicité mercredi de l’intervention des forces de l’ordre pour débloquer le site de l’université Jean Jaurès à Toulouse mais a surtout fustigé l’attitude de toute son opposition municipale accusée de soutien aux bloqueurs ou de « silence complice ». Les représentants de l’opposition s’indignent de cette attaque.

Jean-Luc Moudenc (Photo : Vincent Isore / MaxPPP)

On a connu Jean-Luc Moudenc plus en rondeurs, parfois ferme et viril vis-à-vis de son opposition, mais (la proximité des des élections municipales en 2020 y serait-elle pour quelque chose ?), c’est un Jean-Luc Moudenc très offensif, agressif diront certains, qui s’est exprimé sur les réseaux sociaux mercredi 9 mai, le jour de l’intervention de la police pour débloquer le campus de l’université Jean-Jaurès au Mirail.

Dans une série de tweets, le maire de Toulouse se félicite de cette intervention policière mais en profite, et c’est le sujet qui nous intéresse sur ce blog politique, pour « tancer » l’ensemble de son opposition au conseil municipal dans une phrase sans ambiguïté :

Nous n’oublierons pas de sitôt le soutien ou le silence complice de toute l’opposition face à ce blocage, indignes de notre République » (Jean-Luc Moudenc)

Frappée ainsi d’indignité par le maire de la ville, l’opposition a réagi aussitôt. Pour le nouveau président du groupe socialiste au conseil municipal, François Briançon, il s’agit d’une attaque « inutile, agressive et hors sujet ». L’élu recommande au maire de « prendre un peu de repos ».

La présidente du nouveau groupe Génération(s) Isabelle Hardy a également vivement réagi reprenant à son compte le mot « indignité » :

« Indignité ! Jean-Luc Moudenc devrait mesurer ses propos. Nous n’avons pas pour habitude de faire de l’ingérence dans n’importe quel mouvement social ». (Isabelle Hardy)

Même condamnation de la part des élus communistes ou écologistes, les autres composantes de l’opposition municipale : l’élu écologiste Régis Godec ironise sur le thème « Ma fac est cassée, c’est la faute de l’opposition ».

Mais Jean-Luc Moudenc a aussi reçu le soutien de sa majorité : le groupe Toulouse Ensemble a publié un communiqué fustigeant « l’irresponsabilité » des élus de l’opposition.

Ambiance campagne électorale à mois de deux ans de l’échéance !

FV (@fabvalery)

08 Mar

Un proche de Stéphane Le Foll lâche un commentaire sur Benoît Hamon

Le chef de cabinet de Stéphane Le Foll, le toulousain Rémi Branco est un serial sniper sur Facebook et Twitter. Ses posts et ses tweets font mouche. La dernière mise en ligne cible l’état de la gauche et un duel Hamon-Macron.

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Le commentaire est court : deux phrases. Mais il est fleuri :

Mon ostéo ce matin : ah…dès qu’on tourne vers la gauche, ça chie dans la colle.

Ces mots sont visiblement liés à des maux de dos. Mais ils sont postés sous un article de presse qui évoque une charge de Benoît Hamon contre Emmanuel Macron.

L’ostéo de Remi Branco n’est pas un commentateur comme on en trouve dans les salles d’attentes, les salons de coiffure ou sur les terrasses de café. Le professionnel de santé s’est contenté de poser un diagnostic. Et c’est le patient qui lui donne une tournure politique. Une tournure qui reflète de manière décalée une opinion exprimée (le plus sérieusement du monde) par un Claude Bartelone et d’autres caciques du PS. Certains socialistes estiment que la campagne de Benoît Hamon penche trop à gauche.

Le patron de Remi Branco n’est pas aussi clair. Stéphane Le Foll n’exclut pas un rapprochement avec Emmanuel Macron.

Mais il plaide la patience avant de prendre (ouvertement) ses distances avec la ligne « gauchière » de Benoît Hamon.

En attendant cette clarification Stéphane Le Foll peut compter sur son chef de cabinet pour poster des commentaires.

Au moment de la primaire, un tweet de Remi Branco a suscité une envie de « baston » chez Julien Dray.

Le commentaire sur Benoît Hamon est scatologique. Mais, l’atmosphère reste pacifique.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

28 Sep

« Il va se taire le roquet ? » lance Christophe Borgel (PS) au FN Nicolas Bay

Le député PS de Haute-Garonne et numéro du parti socialiste Christophe Borgel, s’est emporté mardi sur le plateau de La Chaîne Parlementaire (LCP) où il débattait avec l’eurodéputé FN Nicolas Bay au sujet des migrants.

Christophe Borgel (Photo : AFP)

Christophe Borgel (Photo : AFP)

Comme l’a relevé le Lab d’Europe 1, la tension était forte sur le plateau de LCP et le député de la Haute-Garonne s’est emporté, reprochant à son adversaire de lui couper en permanence la parole :

– Nicolas Bay : Faites un référendum, vous verrez. Vous verrez si les Français sont d’accord.

– Christophe Borgel : Nan mais…

– Nicolas Bay : Faites un référendum.

– Christophe Borgel : Il va se taire, le roquet ? Non mais c’est incroyable ça. Depuis tout à l’heure, vous n’êtes pas capable d’écouter deux phrases »


Le mot « roquet » fait rarement son apparition dans les débats politiques à la télé. Il a été notamment utilisé en 1986 par Jacques Chirac face à Laurent Fabius qui était alors Premier ministre.

Fabrice Valéry (@fabvalery)

12 Sep

Législatives, Christophe Borgel en partance pour une nouvelle circonscription ?

Christophe Borgel, numéro 3 du PS et député de Haute-Garonne MaxPPP

Christophe Borgel, numéro 3 du PS et député de Haute-Garonne MaxPPP

Dimanche 11 septembre, première émission pour le nouveau magazine politique de France 3. Et première « petite phrase ». Deux membres du PS (Christophe Borgel, Pierre Cohen) et une ex-socialiste, la députée Monique Iborra étaient les invités de « Dimanche en Politique ». Au détour d’une question, le numéro 3 du PS, Christophe Borgel a ouvertement évoqué sa candidature pour les législatives de 2017.


Christophe Borgel repart pour les législatives

Rien de surprenant. Le député de la Haute-Garonne brigue un nouveau mandat. Comme le précise, Christophe Borgel, « que je déclare ma candidature, cela n’a rien d’un scoop« . Mais Christophe Borgel n’a pas précisé sur quelle circonscription. La réponse semble aller de soi. Une nouvelle candidature c’est évidemment sur la 9eme de la Haute-Garonne.

Par principe et en dehors de quelques exceptions (Jack Lang, Alain Juppé, Paul Quilès), les députés sortants rempilent sur leur « circo ». Selon plusieurs sources, cette évidence n’est pas évidente s’agissant de Christophe Borgel. Le patron des élections au PS et ancien conseiller régional d’Ile-de-France, serait intéressait par une circonscription « des français de l’étranger ». Un sortant ne souhaite pas se représenter. Sur les 11 députés représentants l’Asie, l’Europe de l’Est et l’Océanie ou encore l’Amérique du Nord, le Canada, le Maghreb et le Moyen-Orient, 5 sont socialistes

Contacté par France 3 Midi-Pyrénées, Christophe Borgel dément : « absolument pas« .

C’est donc la 9eme circonscription de la Haute-Garonne qui reste d’actualité. Les investitures vont être attribuées par les fédérations départementales les deux premières semaines de décembre. Cette (première) étape risque de « secouer ». Lors de son arrivée en Haute-Garonne, en 2012, Christophe Borgel a été confronté à des résistances internes. La violente secousse de la loi El-Khomri et la contestation du bilan comme de la candidature Hollande par la gauche du PS vont venir se greffer sur le « passif » des précédentes législatives. La « Fédé 31 » est sur la ligne « Montebourg-Aubry ». Une ligne qui n’est pas celle défendue et incarnée par Christophe Borgel. La ligne du numéro 3 du PS est celle de Cambadélis-Valls-Hollande.

Dans ce contexte chahuté, Christophe Borgel conserve (malgré tout) un atout stratégique. Le 16 décembre, après les investitures départementales, les instances nationales du PS doivent ratifier. Des instances dans lesquelles siège, en tant que patron des élections, Christophe Borgel.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

07 Juil

Paul Quilès : « On n’est pas obligé de dire des horreurs sur Mitterrand pour canoniser Michel Rocard »

Un cascade d’hommages. Un torrent de filiations posthumes. Le décès de Michel Rocard suscite une vague de « rocardisme ».

Certaines réactions sont sincères. Mais la tentation de la récupération et de l’instrumentalisation existe. La disparition de l’ancien premier ministre tombe en pleine convulsion au sein du PS. Frondeurs qui dégoupillent la grenade (à charge creuse) d’une motion de censure. Division autour de la réforme El Khomri. Polémique autour de l’utilisation du « 49-3 ». Abîme d’impopularité pour le couple Hollande-Valls. Dans ce contexte trouble, les socialistes sont déboussolés. Michel Rocard devient (subitement) une valeur refuge.

Lors de la cérémonie d’hommage (national) aux Invalides, François Hollande n’a pas hésité à revendiquer l’héritage de l’ancien premier ministre de François Mitterrand.

Dans ce contexte de « rocard mania« , Paul Quilès revient sur le réformisme prêté à Michel Rocard. L’actuel maire de Cordes a été un des ministres de Michel Rocard. Paul Quilès a mené une importante réforme des postes et télécommunications lors du passage de Michel Rocard à Matignon. Mais Paul Quilès a été également un des artisans de la victoire du meilleur adversaire de l’ancien premier ministre : François Mitterrand. Celui qui fut le directeur de campagne de François Mitterrand en 1981 s’exprime sur les filiations rocardienne qui fleurissent. Interview.

Paul Quilès, maire de Cordes et ancien mlnistre. Photo : MaxPPP

Paul Quilès, maire de Cordes et ancien mlnistre. Photo : MaxPPP

Le Blog Politique. Vous avez été plusieurs fois ministres à la Défense, à l’Intérieur, de l’Espace et du Logement. Et vous avez exercé un de vos portefeuilles dans les deux gouvernements Rocard (1988-1991). Vous avez notamment mené à son terme la double réforme des postes et des télécommunications. Comment s’est déroulée cette réforme ? 

Paul Quilès. Michel Rocard m’a laissé faire. Il n’a pas eu à la regretter. 9 mois de concertation et de dialogue et c’est seulement à ce terme que j’ai présenté un projet de loi. Nous n’avions pas de majorité absolue et nous n’avons pas eu besoin de passer par la voie autoritaire du 49.3 (ndlr : adoption sans vote d’un texte). J’ai mené un débat et c’est uniquement ensuite, après la concertation, que j’ai rédigé le projet de loi en tenant compte du débat. La réforme a pu aboutir grâce à cette méthode. Une méthode qui alliait à la fois le fond et la forme.

Le Blog Politique. En tant que « mitterrandiste », vous vous êtes opposés à Michel Rocard. Quel opposant a été Michel Rocard ?

Paul Quilès. Michel Rocard a été très anti-communiste et anti-union de la gauche. Il n’a jamais voulu reconnaître que son positionnement n’était pas le bon. En 1981, François Mitterrand a été élu grâce à la stratégie que combattait Michel Rocard. On n’est pas obligé de dire des horreurs sur François Mitterrand pour canoniser Michel Rocard.

Le Blog Politique. On assiste à une captation de l’héritage rocardien. Votre réaction ?

Paul Quilès. Je connais trop l’histoire des hommes, du parti socialiste et de la France pour ne pas contester certaines filiations.

Propos recueillis par Laurent Dubois (@laurentdub)