23 Mai

Portrait de Hollande brûlé à Albi : un syndicat réclame des excuses publiques à un ministre

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Le bûcher d’Albi désormais sur la table des polémiques. Après l’opération menée en place publique jeudi, au cours de laquelle les effigies du président de la République François Hollande, du Premier Ministre Manuel Valls, de la ministre du travail Myriam El Khomri, du ministre de l’économie Emmanuel Macron et du patron du Medef Pierre Gattaz ont été brûlées sous les applaudissements des manifestants anti-loi Travail, un syndicat (Sud-Solidaires) demandent des excuses publiques à un membre du gouvernement en l’occurrence Thierry Braillard, secrétaire d’Etat aux sports.

Vendredi 20 mai, en visite à Toulouse dans le cadre de la préparation de l’Euro 2016, Thierry Braillard est interrogé dans le 12-13 de France 3 Midi-Pyrénées au sujet de ce bûcher qui s’est déroulé la veille à Paris.

Ce lundi, le syndicat Sud de Haute-Garonne réclame donc des excuses publiques au secrétaire d’Etat. Dans un communiqué, Sud cite les propos de Thierry Braillard :

« Si c’est pour brûler l’effigie du président de la République comme jeudi à Albi, si c’est pour se faire entendre avec des méthodes proches de celles de l’État islamique… c’est la voie de l’excès », écrit le syndicat, citant le secrétaire d’Etat.

Sauf que Thierry Braillard n’a pas véritablement tenu ces propos cités entre guillemets. Les vrais mots prononcés sont les suivants :

« Je suis profondément choqué (…) La dernière fois que j’ai vu quelque chose brûler, c’était un drapeau français brûlé par l’Etat Islamique. Vous voyez le message qui est envoyé ».


Extrait 12/14 réaction Thierry Braillard

Mais pour le syndicat Sud, le rapprochement, dans la bouche du ministre, entre l’EI et cette action syndicale ne passe pas.

La voie de l’excès est bien celle de ce secrétaire d’Etat. Comparer les méthodes des manifestants contre la loi travail à celle de l’Etat islamique est une insulte, non seulement pour nos organisations syndicales, pour tous les militants, mais aussi pour les victimes de cette organisation pratiquant l’assassinat de masse.

Nous souhaitons donc obtenir des excuses publiques de ce secrétaire d’Etat et lui rappeler que nos organisations syndicales sont celles qui, à Toulouse, ont organisé les manifestations à la suite des attentats de janvier et novembre 2015. Et lui faire remarquer qu’il devrait se pencher sur la politique étrangère de la France qui de légion d’honneur en vente de rafale, est allié aux pires régimes qui soutiennent la violence fondamentaliste partout dans le monde » (communiqué Sud).

Il paraît bien improbable que le secrétaire d’Etat fasse des excuses publiques au syndicat. Quant à l’Etat, le préfet du Tarn n’a toujours pas fait s’il allait porter plainte pour outrage.

Fabrice Valéry (@fabvalery)

17 Mai

Les anti-loi El Khomri ciblent les locaux du PS et des députés socialistes

Du ciment et des truelles pour Christophe Borgel. La nouvelle journée de mobilisation contre la loi Travail ce mardi 17 mai a débuté à Toulouse par une action de la CGT qui a muré la permanence du député PS de Toulouse Christophe Borgel. 

Des militants de la CGT se sont réunis devant sa permanence, avenue de l’URSS à Toulouse, et ont entrepris mardi matin de murer la permanence du député socialiste, pour protester contre la loi El Khomri de réforme du code du travail et le recours à l’article 49-3 de la constitution pour faire passer le texte sans débat à l’Assemblée.

Dans un communiqué, le député a réagi à cette action :

Je veux condamner fermement la dégradation contre ma permanence parlementaire.  A ce jour plus de trente parlementaires ont été victimes de ce type d’agissements.  Ces actes n’ont rien à voir avec le débat démocratique. Le droit de manifester est garanti dans notre pays, je respecte le point de vue de chacun.  J’entends dire que ces actions constituent une réponse « faute de dialogue avec les organisations syndicales ». Je veux rappeler que l’ensemble des organisations syndicales ont été reçues à tous les niveaux de l’Assemblée nationale. Au plan local cet argument n’a pas de sens car j’ai toujours travaillé, depuis le début de mon mandat, avec cette volonté de dialogue, d’échange avec les personnes qui peuvent douter ou être en désaccord avec l’action gouvernementale ».

D’autres tentatives ont été menées dans la foulée, notamment à la permanence de la députée PS de Toulouse Cathy Lemorton, mais la présence de policiers a dissuadé les cgétistes de murer l’entrée du local.

En Ariège, c’est la permanence du député PS Alain Fauré à Pamiers qui a été murée.

Dans le Tarn, enfin, le local de la fédération départementale du Parti Socialiste a été à la mi-journée la cible des anti-loi El Khomri. Des bâches noires ont été installées autour des locaux et des affiches y ont été collées, dans une ambiance « bon enfant ».

FV

12 Mai

Une seule députée (tarnaise) de la Région a signé la motion de censure des gauches

La frondeuse monte d’un cran. Septembre 2014, Linda Gourjade s’abstient et refuse de voter la confiance au deuxième gouvernement Valls. Mai 2016, la députée PS du Tarn donne sa signature et endosse une motion de censure. Le geste est symbolique. Il manque deux noms pour déposer la motion et même déposée il n’existait pas de majorité (de  gauche) pour l’adopter. Néanmoins, le franchissement du Rubicon ne sera  pas sans conséquence. Au plan national, le Haut Comité Ethique est saisi. L’addition présentée aux frondeurs par les instances nationales du PS risque d’être salée. Des menaces de sanction et d’exclusion planent. Localement, la seule et unique apprentie-censeure de l’ex midi-pyrénées  risque (également) de payer une facture politique dans son département.

Linda Gourjade, députée PS du Tarn Photo : @LGourjade

Linda Gourjade, députée PS du Tarn Photo : @LGourjade

« C’est vraiment du spectacle; Il n’y avait pas la volonté d’aller jusqu’au bout« . La coordinatrice de la loi El-Khomri au sein du groupe PS, la députée de Haute-Garonne Monique Iborra relativise la portée et l’importance du casus belli. Mais la tentative de présenter une motion de censure de gauche marque une vraie rupture. C’est une première. C’est la première fois que les dissidents socialistes vont aussi loin.

Linda Gourjade justifie cette « escalade » par un projet de loi comportant des « propositions libérales et régressives » et la volonté de « marquer (un) refus« . Contacté par France 3 Midi-Pyrénées, son très présent et influent collaborateur parlementaire enfonce le clou en disant : « il s’agit de marquer un désaccord profond« . Selon les mots de Marc Gauché, « les loups ont été lâchés et les pressions très fortes avec notamment un chantage aux investitures« . Mais la député socialiste tarnaise a franchi un pas de plus dans l’escale des tensions. en approuvant le recours à l’arsenal nucléaire.

A quelques mois des investitures, cette dissidence va forcement laisser des traces.

Au sein du PS 81, les législatives sont déjà lancées. Une nouvelle candidature de Jacques Valax (député sortant de la 2ème) anime les dîners en ville et les discussions entre camarades. Sur sa circonscription, Linda Gourjade pourrait affronter une concurrence. Une concurrence pas vraiment sérieuse. Sur la 2eme circonscription, le nom d’une figure socialiste locale circule beaucoup.  La Graulhétoise Claire Fita (nouvellement élue au conseil régional) est, selon plusieurs sources, tentée par une candidature. Face à elle, Linda Gourjade ne doit pas redouter un(e) opposant(e) interne de poids. Sur ses terres, il n’existe pas une « Claire Fita »  Mais, même un poids plume, peut suffire à faire perdre une investiture.

Dans ce contexte, Linda Gourjade va-t-elle ressortir affaiblie de l’épisode tumultueux de la motion de censure ?

Pour le 1er Fédéral du Tarn (à qui on prête d’ailleurs des ambitions législatives), cela ne va pas être simple pour la frondeuse. Patrick Vieu déclare : « Je sens monter une forte réaction, trop de divisions ça suffit. Les militants n’aiment pas l’idée qu’un élu socialiste puisse voter une censure et que ceux qui tapent le plus sur le gouvernement soient de gauche. Cela risque de tendre les relations avec elle et sa motion. Après, sur le fond,  le projet de loi peine à rassembler. Les militants ont du mal à avaler la couleuvre. Mais je ne pense pas que cela suffise à racheter le geste de Linda Gourjade ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

06 Mai

Un militant socialiste de Haute-Garonne traite Manuel Valls de « national socialiste »

Des pétitions, des motions, une vague de contestation. Les adversaires du projet de loi El-Khomri se mobilisent tous azimuts et tiennent le haut du pavé. Y compris au sein du camp de François Hollande. Mardi 3 mai, ce sont 5500 courriers électroniques qui sont partis du PS pour demander aux parlementaires socialistes de ne pas voter le texte. C’est surtout la voix des « anti » qui résonne. Mais la fronde est plus globale et une accumulation de griefs (loi Macron, déchéance de nationalité) transforme Manuel Valls en véritable tête de turc. En Haute-Garonne, un militant socialiste traite le premier ministre de…national socialiste et fait un parallèle avec Adolphe Hitler. Une parlementaire est choquée et demande aux instances fédérales de se positionner.

Monique Iborra a envoyé un sms au premier fédéral du PS31, Sébastien Vincini, et au numéro 3 du parti, Christophe Borgel pour demander si une exclusion est envisagée. 

Manuel Valls, premier ministre

Manuel Valls, premier ministre

L’anniversaire des 4 ans de présidence Hollande se déroule dans un climat très particulier. Le gâteau a un goût amer. Il souffle sur les bougies un air de schisme. Le projet de réforme du code du travail divise la famille socialiste. Manuel Valls est au milieu du jeu du quille et concentre les critiques. Mais, pour la députée Iborra, il y a des limites. Sur sa page facebook, un militant socialiste et ancien secrétaire de section lance :  » Valls ton grand-père était un banquier franquiste catalan…tu n’aimes pas le mot socialiste, tu aimes Clemenceau, sabre peuple nationaliste, pro guerre en 1914. Je résume nationaliste socialiste  pro guerre anti arabe ? A.H un national socialiste, tu connais ? »

Valls A.H un national socialiste, tu connais ?

Référence au fascisme et allusion (transparente) à Adolphe Hitler (A.H), c’est trop pour Monique Iborra. La députée demande si les instances du PS vont prendre des mesures.

Mais derrière cette affaire en cache une autre.

Monique Iborra fait, elle même, l’objet d’une demande d’exclusion. Une demande qui reste lettre morte malgré la pression (insistante) de Carole Delga et qui remonte à sa dissidence au moment des régionales. La députée de Haute-Garonne a, en effet, soutenu l’adversaire politique de la candidate socialiste : Philippe Saurel. En fait, Monique Iborra ne défend pas seulement Manuel Valls. Elle pointe un « deux poids, deux mesures » et interpelle les instances du PS pour savoir si Carole Delga va demander l’exclusion d’un militant qui franchit la ligne rouge. Ou plutôt la ligne brune. Et qui ne se « contente » pas de violer la discipline de vote au moment d’un scrutin.

A quelques jours du 8 mai, ce n’est vraiment pas l’heure de l’armistice.

Laurent Dubois (@laurentdub)

03 Mai

Cérémonie du 8 mai à Toulouse : polémique autour du « risque » terroriste

Les cérémonies du 8 mai « victimes » de l’état d’urgence. Dans certains quartiers, les commémorations pourraient être réduites à un « fleurissement ». Motif : protéger les enfants des écoles des…attaques terroristes. 

Cette version des faits peut faire sourire. Les gerbes du 8 mai ciblées par Daesh dans le quartier de Saint Aubin ou à Saint Simon, cela ne semble pas très sérieux et largement excessif. Mais, c’est l’explication fournie par la mairie et reprise par un élu socialiste. Retour sur une drôle de polémique.

Cérémonie du 8 mai à Toulouse

Cérémonie du 8 mai à Toulouse

De simples dépôts de fleurs au pied des monuments aux morts célébrant la victoire sur le nazisme. L’affaire a fait du bruit dans le milieu des anciens combattants. Le président de la plus emblématique des associations a pris plume et a adressé un courrier au maire de Toulouse.

Le vice-président en charge des anciens combattants au conseil départemental, Jean-Jacques Mirassou a  également écrit à Jean-Luc Moudenc : « personne ne saurait nier les contraintes justifiées en matière de sécurité mais pour autant, il est évident que l’attachement du Monde Combattant, des Toulousains et des Toulousaines, à cette date emblématique mérite une véritable organisation« .

La députée de la plus toulousaine des circonscriptions hautes-garonnaises, Martine Martinel, s’étonne de la tournure des événements. « Les terroristes ont des cibles plus fortes et symboliques que les cérémonies du 8 mai. Il y a l’Euro dans quelques semaines avec des centaines de milliers de personnes et les terroristes s’attaqueraient  à des monuments aux morts  » déclare la parlementaire. Mais ce qui l’étonne le plus, c’est l’absence d’information :  » je voudrais bien comprendre et que l’on m’explique« . Comme son collègue Jean-Jacques Mirassou, Martine Martinel a pris sa plume et a envoyé un mail à l’élu municipal en charge de la mémoire et des anciens combattants, Jean-Baptiste de Scorraille.

Contacté par France 3 Midi-Pyrénées, Jean-Baptiste de Scorraille s’explique.  L’élu municipal dénonce une polémique pitoyable :  » Aucune annulation. Il y aura 27 cérémonies et 5 dépôts de fleurs pour des raisons de sécurité en raison de la venue des enfants. C’est à la demande des enseignants, de l’Académie et d’une association qui organise les cérémonies. Quand le gouvernement dit que nous sommes en guerre, il faut bien tenir compte de la sécurité. Je suis très en colère contre Jean-Jacques Mirassou qui se livre à une polémique pitoyable. Quand on est dans un état de guerre, il faut soutenir les armées et penser à nos morts ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

24 Avr

EDITO – Fête de la musique à Toulouse : la polémique inutile

A Toulouse, « même les mémés aiment la castagne » et une fois encore l’histoire montre que Nougaro ne s’était pas trompé. Une référence musicale pour une polémique inutile. Une de plus.

Lors de la fête de la musique 2015 à Toulouse (Photo : Rémy Gabalda / AFP)

Lors de la fête de la musique 2015 à Toulouse (Photo : Rémy Gabalda / AFP)

Pour résumer la situation à ceux qui auraient passé ses derniers jours sur une autre planète ou au fond d’une grotte en Ariège, la mairie de Toulouse a annoncé que l’accès à la place du Capitole se ferait le 21 juin prochain exclusivement sur accréditation, les Toulousains souhaitant y assister devant s’inscrire sur internet. La ville avance des raisons de sécurité. Cris d’orfraie pour une partie (seulement) de la gauche. Un groupe facebook lance une opération de boycott. Une partie (seulement) de la presse locale s’égosille contre cette « privatisation » de la soirée et sort même Jack Lang, l’inventeur de la Fête de la Musique, de sa retraite à l’Institut du Monde arabe pour exhorter Jean-Luc Moudenc à changer d’avis.

La polémique enfle artificiellement et le community manager du maire de Toulouse, qu’on a vu souvent plus inspiré, répond sur Twitter à l’ancien ministre de la culture usant d’une référence hasardeuse au logement de l’ancien ministre de la culture. 

Une maladresse, sans doute, car si l’on devait ausculter les habitations des élus toulousains on tomberait, sans aucun doute, sur quelques « appartements luxueux ». La meilleure défense c’est l’attaque. Pour le coup, l’intervention de Jack Lang n’appelait peut-être pas de réponse.

La soirée du 21 juin place du Capitole, ce n’est pas la Fête de la Musique, c’est une émission de télé ! »

Le problème dans cette affaire c’est que tout le monde se trompe de sujet. La Fête de la Musique c’est quoi ? C’est l’occasion pour des artistes amateurs de s’installer dans la rue, devant des terrasses de cafés, dans leur quartier, dans leur ville, et de jouer leur musique librement, jusqu’au bout de la nuit. On peut d’ailleurs s’étonner de la proportion que prend cette polémique concernant la Place du Capitole, alors que l’an passé peu de voix se sont élevées contre la décision de la ville de Toulouse de limiter les concerts à une heure du matin. Circulez saltimbanques, à une heure du mat’ on remballe ! En l’occurrence, une mesure qui, elle, n’était pas dans l’esprit de la Fête de la Musique voulue par Jack Lang.

Pour les spectateurs, la Fête de la Musique, c’est l’occasion en tournant le coin d’une rue de passer de Bach à du Heavy Metal, de découvrir des papys reprenant du Brassens à 50 mètres d’adolescents jouant du rock des années 80. D’accélérer le pas quand un groupe « massacre » gentiment, mais dans l’esprit, quelques standards. La Fête de la Musique, c’est ça !

Le spectacle présenté par Garou qui aura lieu le 21 juin prochain place du Capitole, ce n’est pas la Fête de la Musique. C’est une émission de télévision, organisée par une chaîne nationale, à l’occasion de la Fête de la Musique. Mais c’est avant tout… une émission de télé !

Que l’on prenne des précautions, en plein état d’urgence, pour assurer la sécurité de cet événement retransmis dans le monde entier (via TV5) et devant des millions de téléspectateurs sur France 2, ne devrait choquer personne.

Même ceux qui s’emparent de l’affaire pour défendre l’esprit « Jack Lang » savent que la Fête de la Musique, la vraie, l’authentique, ne sera pas Place du Capitole ce soir-là. Elle sera à Saint-Cyprien, aux Carmes, aux Minimes, aux Argoulets, à Bellefontaine, à Esquirol et partout où des groupes ou des musiciens vont tirer un câble électrique pour brancher les guitares ou poser un siège et jouer pour leur plaisir et celui des spectateurs. Elle sera dans ces petits bistrots où les patrons auront poussé quelques tables pour laisser la place à des musiciens qui ne se produisent que rarement en public. Loin de Garou et de ses invités.

Que les milliers de personnes qui se seront inscrites pour voir une « émission musicale en direct » place du Capitole en profitent. Les autres ne seront pas pour autant empêchés de vivre leur Fête de la Musique ailleurs dans la ville. 

Fabrice Valéry (@fabvalery)

19 Avr

Edito : Des Primaires secondaires ?

Thierry Solère, président de la commission nationale de la primaire de la droite et du centre (Photo Max PPP)

Thierry Solère, président de la commission nationale de la primaire de la droite et du centre (Photo Max PPP)

Je suis peut-être de la vieille école mais n’ai jamais vraiment adhéré au concept de « Primaires ». En politique, un chef ne devrait-il mieux pas s’imposer de lui-même ? Un seul antécédent pour ce type d’expérience en France : la désignation à gauche  de François Hollande en 2012. On ne peut pas dire que ça lui a porté chance ou donner une réelle assise… Quant à une nouvelle tentative de la gauche en matière de Primaires, elle reste pour l’heure en suspend.

Onze au départ, combien à l’arrivée ?

Hier donc, Thierry Solère était de passage à Toulouse pour lancer les Primaires de la droite et du centre. 11 candidats officiellement en lice, pour l’instant, sans compter Nicolas Sarkozy. « Mais ils ne seront sas doute pas tous à l’arrivée », rassure le président de la commission nationale d’organisation.

Parce qu’il y a quand même des règles, qui forcément vont institutionnaliser ce vote mais le certifier également. On ne peut pas tout avoir… 250 parrainages d’élus dont vingt parlementaires et 2500 soutiens d’adhérents issus de quinze départements. Mais est-ce que ça légitime une femme ou un homme ? Pas sûr…

Etre électeur et de droite

Ensuite qui va voter ? Des électeurs, ayant leur carte, qui devront signer un engagement dans lequel ils se revendiquent des valeurs de droite. Obligation donc d’être déjà dans la boucle civique et de se positionner politiquement.  Avis aux amateurs mais pas évident que ces critères de participation séduisent de nouveaux citoyens qui souhaitent s’investir dans la vie politique du pays.

Autre paramètre en effet qu’il ne va pas falloir éluder pour « Les Républicains » et les partis centristes, ces primaires s’annoncent aussi comme un test grandeur nature sur l’état de mobilisation de leurs troupes. On sait qu’une Présidentielle (surtout au premier tour) se gagne sur un socle d’électeurs issus des partis.

Un débat malgré tout

Référence de base pour ces Primaires à forte connotation interne sans vouloir l’être, les trois millions d’électeurs qui s’étaient prononcés en 2011 pour départager François Fillon et Jean-François Copé à la tête du parti. Ils avaient alors aussi pu voter par internet, ce qui n’est plus le cas cette fois-ci. Seul hic de cette précédente expérience, la confusion qui en était ressortie des urnes : impossible par exemple de savoir qui l’avait emporté dans les 158 bureaux de vote de la Haute-Garonne.

Élément positif tout de même de ce scrutin prévu les 20 et 27 novembre prochain : le débat qu’il amorcera. Chacun va faire valoir son premier jet de programme, ses positions sur des grands thèmes de société et ses éventuelles orientations présidentielles. C’est peut-être, selon moi, le seul vrai intérêt de ces Primaires.

Patrick Noviello

Pour Jean-Christophe Sellin, « le FN est venu pour pourrir » la réunion du Conseil régional

Jean-Christophe Sellin réagit à l’interview de France Jamet publiée sur le Blog Politique de France 3 Midi-Pyrénées. L’élu régional du Front de Gauche donne sa version des faits.

Jean-Christophe Sellin conseiller régional "Nouveau Monde".

Jean-Christophe Sellin conseiller régional « Nouveau Monde ».

Pour Jean-Christophe Sellin, « la réaction de France Jamet, pour le Front National, est révélatrice du profil de son groupe. Elle se présente comme victime alors qu’elle est venue avec un lance-flamme et ses collègues avec des bidons d’essence ». 

L’élu du Front de gauche argumente en faisant référence aux « pancartes brandies par quarante élus stigmatisant le «Delgastan», assimilant notre région à une entité à consonnance orientale qui, pour eux , est forcément antidémocratique, musulmane et intégriste (…) puis, Jean-Guillaume Remise (FN Aveyron) qui a poursuivi par des propos sexistes accusant Carole Delga de faire du «népotisme en tailleur» ( on ne parle jamais de népotisme en pantalon, n’est-ce-pas…..) ».

  Le Front National est venu pour pourrir l’Assemblée Plénière

Pour lui, « le bilan, c’est que le FN était venu pour pourrir l’Assemblée Plénière mais au fur et à mesure de la journée et notamment après mon intervention sur l’orientation budgétaire, l’éthique de l’emprunt et les aventures au Panama avec l’argent public, le Front National a été secoué, déstabilisé et a complètement perdu pied ».

  Le fascisme est un courant politique et non une insulte

« Finalement, poursuit Jean-Christophe Sellin, c’est Julien Sanchez, conseiller régional et maire de Beaucaire qui a tenté de reprendre la main et de ressouder les rangs fascistes (je rappelle que le fascisme est un courant politique et non une insulte).
Il a mené la bronca pendant la présentation du voeu sur l’accueil des réfugiés avec hurlements et bruyants sarcasmes à l’encontre de ceux qui fuient la guerre, la misère, le dérèglement climatique avec puis a craché sa haine sur tout ce qui bouge. Pour ceux qui en doutaient, cette journée a très clairement prouvé que le FN ne sert en rien l’intérêt général. Il ne sert à rien. Sinon à distiller la haine ».

On savait que la composition de la nouvelle assemblée régionale avec le Front National comme premier groupe d’opposition (en nombre d’élus) amènerait des tensions. On en en eu la preuve avec les incidents de vendredi à Montpellier.

On sait aussi maintenant que l’attitude des élus FN peut être un moyen de souder une majorité de gauche, plurielle et parfois frondeuse. Jean-Christophe Sellin et trois de ses camarades de « Nouveau Monde » se sont abstenus lors de l’élection de Carole Delga à la présidence de la Région, en janvier dernier. La préparation du budget et le dossier de la LGV risquent de créer de nouvelles tensions entre la présidente socialiste et la « gauche de sa gauche ». Mais, le temps d’une « plénière » houleuse, Carole Delga peut se « féliciter » de l’action du FN.

Le Front National lui « offre » un front uni.

Laurent Dubois (@laurentdub) et Fabrice Valéry (@FabValery)

 

18 Avr

Incidents au Conseil régional : « On est en pays soviétique » pour la présidente du groupe FN France Jamet

Insultes, bousculade, désordre organisé et un coupable pointé du doigt : le Front National. La « Plénière » du Conseil Régional du 15 avril a viré au mauvais théâtre de boulevard. La mise en scène est attribuée à un acteur : les élus FN. La présidente du groupe, France Jamet conteste cette version des faits et parle d’une « riposte » au traitement infligé par Carole Delga au Front National. Interview.

France Jamet  (Crédit : AFP)

France Jamet (Crédit : AFP)

Le Blog Politique. Une séance sabordée par le Front National et des comportements indignes. C’est le souvenir que laisse la Plénière de Montpellier. Vous partagez cette vision des événements ? 

France Jamet. Non. Cela ne correspond pas du tout à ce que j’ai vécu personnellement. Nous avons été agressés verbalement, traité de « fascistes » et d’assassins. Par exemple un élu communiste (ndrl : Jean-Christophe Sellin) qui a commencé par nous provoquer en m’offrant un chapeau « Panama » (ndrl : une référence au scandale des paradis fiscaux révélés par l’affaire « Panama Papers »). Nous n’avons rien à voir avec cela ni de prés ni de loin et Marine (ndlr : Le Pen) a dit qu’elle attaquerait systématiquement en justice toutes les personnes qui associeraient le Front National à « Panama Papers ». J’ai demandé à Carole Delga un droit de réponse suite à la provocation de l’élu communiste. Il a été refusé.

Le Blog Politique. La séance a été enregistrée et une vidéo, disponible sur le site du Conseil Régional, montre pourtant que des incidents à répétition ont émaillé la « Plénière ».

France Jamet. Il manque des extraits. Il y a des coupures avec des passages dans lesquels il manque le son. On est en pays soviétique. Comme par hasard, on n’entend pas les insultes que l’on nous adresse et les demandes répétées de droit de réponse que Carole Delga nous refuse. Ses méthodes sont totalement autocratiques et dictatoriales.

Le Blog Politique. Le fait de brandir des pancartes « Delgastan » et de se lever pour chanter la « Marseillaise », ce n’est pas de la provocation ?

France Jamet. Les pancartes « Delgastan », c’est aussi humoristique que d’offrir un chapeau « Panama ». Un chapeau que j’ai accepté de prendre avec le sourire. S’agissant de la « Marseillaise » a cappella, ce n’était pas prémédité. Nous ne sommes levés spontanément face au refus de Carole Delga de faire chanter l’hymne national. Nous avons été très dignes.

Le Blog Politique. Un élu d’opposition, le conseiler régional LR du Lot Aurélien Pradié, parle de pression physique et d’une tentation d’intimidation.

France Jamet. Il est de notoriété publique qu’Aurélien Pradié et notre représentant dans le Lot ont de vieux contentieux.. Mais c’est Aurélien Pradié qui a d’abord bousculé notre élu. On aussi entendu du côté des rangs communistes des provocations du genre : « viens ici si tu es un homme ».

Le Blog Politique. Le spectacle donné par le Front National ne va-t-il pas ternir l’image d’un parti qui cherche à gagner en respectabilité ?

France Jamet. Sur le fond, nous sommes droit dans nos bottes. Nous n’avons pas été élu pour nous asseoir sagement et attendre silencieusement la fin de la classe. Sur la forme, si ce spectacle parait discutable à certains, c’est simplement en réponse et à la hauteur de ce que nous subissons à longueur de temps. Carole Delga se comporte en militante depuis le premier jour. Nous sommes systématiquement exclus des débats et des décisions. On nous refuse la parole. Nous sommes exclus des organismes, des conseils d’administration, des débats et des décisions. On nous refuse la parole. On refuse tous nos amendements et toutes nos propositions. Dans une interview donnée à Midi-Libre, Carole Delga nous range dans les 7 plaies d’Egypte à coté de l’insécurité et du chômage. Elle nie notre représentativité. Ce n’est pas tolérable. Ce n’est pas conforme à notre conception de la démocratie dans un état républicain. Nous sommes sérieux et nous travaillons. Nous avons fait des interventions sérieuses et même brillantes sur les orientations budgétaires. Nous avons fait une contre-proposition sur le nom de la région : Languedoc-Roussillon. Mais, comme d’habitude, notre proposition a été écartée d’un revers de main. Nous sommes des élus systématiquement mis à part alors que nous sommes des élus à part entière. Dans les commissions, des élus refusent de nous serrer la main.

Le Blog Politique. Les élus de droite comme de gauche pointent une duplicité : une passivité totale dans les commissions sectorielles et une agitation stérile lors des assemblées plénières. Que répondez-vous à cette accusation ? Vos élus refusent de voter en commission. Pourquoi ?

France Jamet. Les commissions sectorielles, lieu de débats et d’échanges, sont des endroits où l’on pose des questions et tous nos élus posent des questions et participent activement, contrairement aux élus LR. Nous ne prenons pas part aux votes car nous arrêtons ensuite collégialement, après débats au sein du groupe, nos positions sur chaque dossier. C’est aussi la preuve qu’en matière de démocratie nous sommes exemplaires et irréprochables et que nous n’avons de leçon à recevoir de personne, surtout pas de nos adversaires politiques et de Madame Delga.

Propos recueillis par Laurent Dubois (@laurentdub)

14 Avr

Le ministre Jean-Michel Baylet à l’origine d’un incident au Conseil Départemental 82

« L’argent rend fou et le vote d’un budget peut faire péter les plombs à un ministre ». C’est en tout cas ce que prétendent plusieurs conseillers départementaux du Tarn-et-Garonne. Les 12 et 13 avril dernier, le conseil départemental est en session budgétaire. Il s’agit de voter les enveloppes financières pour un département présidé pendant  30 ans par Jean-Michel Baylet. L’ex-président est dans l’hémicycle.

Il a trouvé un peu de temps dans son agenda de nouveau ministre de l’Aménagement du Territoire, de la Ruralité et des Collectivités Territoriales. Selon un élu, cette présence n’est pas heureuse : « Il aurait mieux fait de ne pas venir. Son comportement a été indigne d’un ministre« . Un incident avec le président de la commission des Finances du département a crée une polémique et un vrai malaise. Y compris dans les rangs du groupe Radical de Gauche de Jean-Michel Baylet.

Jean-Michel Baylet, ministre de l'Aménagement du Territoire et conseil départemental du Tarn-et-Garonne Photo : AFP @MAXPPP

Jean-Michel Baylet, ministre de l’Aménagement du Territoire et conseil départemental du Tarn-et-Garonne Photo : AFP @MAXPPP

Maîtrise de la dette et des impôts, subventions aux communes. La session budgétaire du Conseil Départemental du Tarn-et-Garonne ressemble à toutes les sessions budgétaires de tous les conseils départementaux. Mais, à Montauban, la séquence prend une tournure très particulière. Un ministre participe à la séance et le ministre en question a occupé pendant des décennies le fauteuil de président du département. Désormais dans l’opposition, suite à une défaite encore fraîche (avril 2015), Jean-Michel Baylet a pris le soin de se déplacer. Ce qui, d’ailleurs, surprend ses collègues Tarn-et-Garonnais. Il  passe toute la matinée à plancher sur les dossiers budgétaires.

Le ministre prend même la parole et prononce un discours qui va déclencher une bronca. Selon un participant, les premiers propos de Jean-Michel Baylet sont intéressants et même pertinents. Le ministre évoque la situation des finances départementales. Mais, d’un seul coup, c’est le dérapage. Jean-Michel Baylet attaque frontalement le président de la commission des Finances, Gérard Hébrard. Le ministre le traite d’incompétent sur un ton méprisant. 

Cette attaque frontale et personnelle déclenche l’indignation de certains conseillers départementaux et la stupéfaction des propres amis de Jean-Michel Baylet. La présidente du groupe PS intervient. Dominique Sardeing-Rodriguez précise qu’elle réagit en son nom propre et dénonce le comportement de Jean-Michel Baylet. Les socialistes ne vont pas voter le budget présenté par Gérard Hébrard. Mais, s’agissant de la sortie de Jean-Michel Baylet, leur représentante prend ses distances et soutient le président de la commission Finance.

Des applaudissements venus de la droite salue le « recadrage » de l’élue socialiste. Jean-Michel Baylet réagit immédiatement : « on sait pourquoi ». Le sous-entendu est transparent. L’ancien président du département pointe une collusion entre le PS et la droite départementale. Une collusion (en forme de trahison) qui serait à l’origine de la perte d’un département entre les mains de la famille Baylet (mère et fils) depuis 1970.

La réaction spontanée de Jean-Michel Baylet face à la « réaction-indignation » de Dominique Sardeing-Rodriguez est révélatrice. Visiblement, dans l’esprit du ministre, la page n’est pas tournée et les comptes sont loin d’être soldés.

En tout cas, le dérapage (in)contrôlé du ministre a plongé la session budgétaire du conseil départemental dans un (vrai) malaise. Un malaise qui a perduré après le départ (vers 11 heures 30) de Jean-Michel Baylet et qui s’est même invité dans les discours de clôture. L’immense majorité des orateurs (toutes tendances confondues) ont tenu à manifester leur soutien au président de la commission des Finances.

Au final, le budget (350 272 371 euros) a été voté. 17 voix « pour » dont 1 PRG. En revanche, du côté de Jean-Michel Baylet, c’est plutôt un « solde négatif » qui ressort de cette intervention au conseil départemental.

Laurent Dubois (@laurentdub)