21 Avr

Lutte contre l’affichage « sauvage » à Toulouse : une procédure de sanction longue et compliquée

Jean-Luc Moudenc, le président de Toulouse Métropole avait créé la surprise en annonçant vouloir lutter contre l’affichage sauvage des partis politiques dans la campagne. Dans les faits, la procédure est longue avant d’encaisser l’amende de 12 euros par affiche illégalement collée.

Un exemple d'affichage illégal (Photo : F. Valéry / France 3)

Un exemple d’affichage illégal (Photo : F. Valéry / France 3)

Malgré la volonté de Toulouse Métropole de sanctionner les candidats aux élections (présidentielle et législatives) qui ne respectent pas les emplacements d’affichages légaux (panneaux électoraux officiels et d’affichage libre), on a vu fleurir ces derniers jours des centaines d’affiches « illégales » sur les murs, des ponts, des poteaux électriques, etc.

1061 affiches enlevées… 3 facturées

« A la date du 16 avril, explique Romuald Pagnucco, vice-président de la Métropole en charge de la propreté, nous avons enlevé 1061 affiches exactement. Mais seulement 3 ont été facturées aux partis concernés ». 

Pourquoi une telle distorsion ? Parce la procédure est assez compliquée. Il faut dans un premier temps que l’affiche collée au mauvais endroit soit signalée aux services de la métropole, soit par un riverain soit par les fonctionnaires qui travaillent sur le terrain. Les représentants du candidat concerné sont allés « mis en demeure » par la Métropole d’enlever l’affiche dans les meilleurs délais. Mais comme l’explique Romuald Pagnucco, « on doit laisser un délais raisonnable aux partis pour enlever les affiches ». Ce temps étant écoulé, les services de la Métropole doivent alors enlevé l’affiche eux-même. C’est seulement à ce moment que la facture peut être éditée.

Mais là encore, difficile de trouver le(s) véritable(s) auteur(s) du collage illégal. Il peut s’agir de militants du parti en question, ou de sympathisants, ou d’une association connexe… La Métropole saisit alors le Trésor Public qui doit se charger de faire procéder au paiement de la facture.

Le plus dur reste à venir

« A 12 euros l’affiche, calcule Romuald Pagnucco, on en est déjà à plus de 12 000 euros ». Mais cet argent n’est pas encore, comme nous l’expliquons ci-dessus, dans les caisses de la Métropole. La procédure est longue. Et le plus dur reste à venir.

« Ce sont dans les jours qui viennent, et sans doute encore plus dans l’entre-deux tours de la présidentielle, que les colleurs vont être le plus actifs, explique Romuald Pagnucco. Et en plus les candidats aux législatives (NDLR : 11 et 18 juin) vont aussi s’y mettre. On ne va pas manquer de travail ». 

FV (@fabvalery)

20 Avr

Benoît Hamon termine sa campagne à Carmaux (Tarn), patrie de Jaurès

C’est une surprise : le candidat socialiste, en difficultés dans les sondages, sera au pied de la statue de Jean-Jaurès vendredi 21 avril à 17 heures, à quelques heures de la fin de la campagne officielle.

Benoît Hamon (photo : Michel Labonne/ MaxPPP)

Benoît Hamon (photo : Michel Labonne/ MaxPPP)

Benoît Hamon en appelle à l’illustre figure du socialisme français. Le candidat socialiste qui était déjà en Occitanie mardi 18 avril avec son meeting au Zénith de Toulouse qui a réuni 6000 personnes, vient de faire savoir qu’il ajoute à son programme une nouvelle étape inattendue. Vendredi 21, Benoît Hamon sera à Carmaux, dans le Tarn, au pied de la statue de Jean Jaurès, pour, selon son entourage, « une déclaration solennelle »

Alors qu’il est distancé dans les sondages, y compris dans une région très marquée à gauche comme l’Occitanie, selon notre dernière étude des intentions de vote Ipsos-Stéria/Cevipof pour les régions de France 3, Benoît Hamon et ses soutiens, nombreux dans la région, espèrent un sursaut dans les urnes dimanche. La statue (ou la stature) de Jaurès ne sera donc pas de trop.

FV (@fabvalery)

 

14 Avr

Expulsés du meeting (toulousain) de François Fillon pour cause de… « manque d’enthousiasme »

Des participants au meeting de François Fillon ont été reconduits vers la sortie. Motif invoqué par le service de sécurité du candidat : « pas assez d’applaudissements ».

François Fillon au meeting de Toulouse; Photo : M.Labonne/MaxPPP

François Fillon au meeting de Toulouse; Photo : M.Labonne/MaxPPP

C’est vraiment une drôle de campagne. Jeudi 13 avril, François Fillon a tenu un meeting au Zénith de Toulouse. Quelques minutes après le début, un groupe de trois personnes quitte le bâtiment et traverse le parking. Sur leur route, ils croisent une équipe de France 3 Occitanie et racontent une histoire étonnante. Ils viennent d’être expulsés du Zénith. Selon leur témoignage, la sécurité leur a demandé de quitter les lieux. Pour les 3 « indésirables », c’est l’organisation du Zénith (sur ordre de l’équipe de François Fillon) qui a demandé leur expulsion.

Avant d’être raccompagnés vers la sortie, les 3 compagnons d’infortune ont demandé une explication. Elle a fini par tomber : « pas d’assez d’applaudissements« .

Les 3 expulsés reconnaissent eux-mêmes qu’ils ne débordaient pas d’enthousiasme. Simples curieux, ils souhaitaient simplement se faire un avis.  Au moment de leur « interpellation », la sécurité a demandé si les 3 « trublions » sont encartés chez Les Républicains. Ce n’est pas le cas. Il s’agit de 3 curieux, professions libérales dans la vie et à la ville. Ils souhaitaient juste « voir et écouter ».

Visiblement, ce n’est pas suffisant.

Le père de l’un des « refoulés » était présent dans la salle du meeting. Il confirme les faits et il ne cache pas sa colère.

Comme son fils, il n’a pas souhaité témoigner à visage découvert, face caméra.

Mais, quelques minutes après l’incident, le père a bombardé son entourage de sms rageurs.

Du côté de l’équipe toulousaine de François Fillon, la première réaction est : « c’est du délire« . La seconde est : « aucun écho de cette affaire. Faut voir avec l’équipe nationale« .

Contacté par France 3 Occitanie, l’entourage de François Fillon reconnait avoir procéder à l’exfiltration de 3 participants. L’attitude des expulsés et une question de sécurité sont invoquées :

Les 3 personnes se trouvaient dans un endroit dangereux pour la sécurité du candidat. Ils avaient effectivement une attitude de neutralité qui pouvaient les rendre suspects.

Les futurs participants aux meetings de François Fillon sont prévenus. Pour leur tranquillité, il est préférable d’applaudir et évidemment des deux mains.

Laurent Dubois (@laurentdub)

13 Avr

Soupçons d’emplois fictifs au FN : Louis Aliot ironise et contre attaque sur le terrain judiciaire

Le Nouvel Ob’s révèle l’existence d’une enquête visant l’assistant parlementaire de Louis Aliot. Entre juillet 2014 et février 2015, le député européen a échangé un seul sms avec son collaborateur de l’époque. Les policiers soupçonnent un emploi fictif. Louis Aliot porte plainte pour violation du secret de l’instruction et ironise.

Louis Aliot, député européen et numéro 2 du FN. Photo : MaxPPP

Louis Aliot, député européen et numéro 2 du FN. Photo : MaxPPP

C’est le dernier avatar de l’enquête concernant de présumés emplois fictifs au Front National. Le compagnon de Marine Le Pen et numéro 2 du FN, Louis Aliot est mis en cause. Le Nouvel Ob’s publie des faits nouveaux. Citant une source policière, l’hebdomadaire révèle que le député européen a échangé un seul sms avec son collaborateur parlementaire, Laurent Salles. Un collaborateur rémunéré 31 000 euros pour un emploi qui a duré de juillet 2014 à février 2015.

En dehors de ce sms (dont on ignore le contenu), les enquêteurs n’auraient pas trouvé trace de courrier ou d’email.

Toujours selon le Nouvel Ob’s, les enquêteurs estiment que ces faits sont « susceptibles de caractériser une activité fictive« .

Contacté par France 3 Occitanie, Louis Aliot relativise les sommes publiés dans la presse :

Les 31 000 euros, c’est sur sept mois et deux périodes d’essai et il s’agit de salaires chargés, avec les charges. En net cela doit faire dans les 2 200 net.

Sur le fond et l’existence d’un seul échange par Sms, Louis Aliot ironise :

Maintenant dans les échanges professionnels, la voix ne suffit plus. C’est connu, dans une même entreprise, on s’envoie des sms entre les bureaux. C’est assez rigolo. Les salariés français doivent être prévenus. Dans les entreprises, ne pas oublier d’envoyer des sms à des employeurs et en nombre suffisant ! Sinon c’est considéré par les médias comme un sous emploi. C’est une plaisanterie mais c’est pour faire remarquer que conditionner un emploi à des sms c’est extravagant. Honnêtement, avec ces titres tapageurs la presse se décrédibilise.

Dans l’entourage de Louis Aliot, ce ne sont pas seulement les médias qui sont ciblés. Un proche s’interroge sur le fait que le dossier des enquêteurs se retrouve dans la presse. La réponse de Louis Aliot prend la forme d’un dépôt de plainte pour violation du secret de l’information.

Laurent Dubois (@laurentdub)

06 Avr

Appel à l’unité autour de Benoît Hamon : des socialistes d’Occitanie parmi les signataires

Le 1er secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, se mobilise derrière Benoît Hamon et lance un appel à l’unité et à la loyauté. Parmi les 100 premiers signataires figurent plusieurs socialistes d’Occitanie.

Benoît Hamon et Jean-Christophe Cambadélis; Photo AFP/Bureau

Benoît Hamon et Jean-Christophe Cambadélis; Photo AFP/Bureau

L’initiative est inédite. Ce n’est pas la première fois que le PS lance un appel à l’unité. Benoît Hamon a jeté (sans succés) plusieurs filets du côté de Jean-Luc Mélenchon. Mais, trois semaines avant le 1er tour, un appel à l’unité derrière le candidat (officiel) du PS, c’est du jamais vu. A situation exceptionnelle, mesure extra-ordinaire. Plusieurs personnalités socialistes de premier rang ont basculé chez Emmanuel Macron. Après le ralliement de Jean-Yves Le Drian et Manuel Valls, Stéphane Le Foll laisse planer, ce jeudi 6 avril. la possibilité de ne pas voter Hamon.

Le risque d’une élimination du socialiste (dès le 1er tour) est réel. Mais, surtout, une possible victoire d’Emmanuel Macron peut conduire à une explosion du parti de Jaurès.

C’est dans ce contexte, face à une fragilisation du PS et de son candidat à la présidentielle, que Jean-Christophe Cambadélis demande à ses camarades de serrer les rangs :

Par la primaire citoyenne, ce sont plus de deux millions de nos concitoyens qui se sont prononcés pour désigner le candidat de la gauche et des écologistes, Benoît Hamon. Cette légitimité qui dépasse le Parti socialiste, nul ne peut la nier ni la renier. C’est une légitimité démocratique qui impose la loyauté. Et qui nous engage tous.

100 premiers signataires soutiennent cet appel. Parmi eux, on compte le député de la Haute-Garonne, Christophe Borgel, le 1er fédéral de l’Hérault, Hussein Bourgi, le député européen, Eric Andrieu. La présidente de région, Carole Delga, a également signé le texte de Jean-Christophe Cambadélis. La participation de la présidente d’Occitanie n’a rien de surprenant. Carole Delga était présente aux côtés de Benoît Hamon lors de son meeting à Montpellier, le 30 mars dernier. Elle a affirmé et affiché, à la tribune, son soutien envers le candidat du PS.

Laurent Dubois (@laurentdub)

Jean-Michel Baylet pronostique une victoire d’Emmanuel Macron

Le parti de Jean-Michel Baylet soutient Benoît Hamon. Mais pour l’ancien président du PRG et toujours ministre de François Hollande, aucun doute. C’est Emmanuel Macron qui va gagner la présidentielle.

Jean-Michel Baylet et Emmanuel Macron. Photo Max PPP

Jean-Michel Baylet et Emmanuel Macron. Photo Max PPP

Plusieurs membres du PRG le rapportent. Sylvia Pinel a une formule bien à elle pour qualifier Jean-Michel Baylet. L’actuelle présidente du PRG présente son prédécesseur comme le « président historique et éternel » du parti. Visiblement, Jean-Michel Baylet a été à la hauteur de ce qualificatif digne de la Chine Impériale. En effet, Jean-Michel Baylet a profité (mercredi 5 avril) d’un bureau national du PRG pour livrer sa vision de l’avenir politique du pays. Le visionnaire Baylet n’a pas simplement lu dans la boule de cristal et pronostiqué une victoire du candidat En Marche ! Il a dessiné le visage de la future présidence Macron. Une présidence marquée par le retour en force des partis.

Emmanuel Macron à l’Elysée

Pour « le président historique et éternel » du PRG Emmanuel Macron va être présent au 2nd tour. Il va éliminer François Fillon, Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon et tous les petits candidats. Le candidat En Marche ! va même gravir le perron de l’Elysée et s’installer dans l’actuel fauteuil de François Hollande.

Ce pronostic risque de déplaire à Benoît Hamon. Sur le papier (en vertu d’un accord électoral) le PRG est derrière le candidat socialiste. Pourtant, le « président historique et éternel » des radicaux de gauche enterre vivant son allié. Il jette même une pelletée de terre sur le cercueil. Ce n’est pas très joyeux. Mais Benoît Hamon a une source de consolation. Le mandat d’Emmanuel Macron va débuter par un reniement.

Jean-Michel Baylet prophétise une reculade majeure. Emmanuel Macron va devoir ravaler son refrain sur la mort des partis. Le candidat d’En Marche ! le répète sur tous les tons. C’est sa marque de fabrique et son marqueur politique : Emmanuel Macron est au dessus des partis. Son mouvement et sa candidature transcendent le clivage multiséculaire entre la droite et la gauche. Jean-Michel Baylet estime que ce discours et ce positionnement sont condamnés à disparaître.

Le président Macron va se heurter à un principe de réalité : les partis sont incontournables et… perpétuels.

La revanche des partis

Le PRG a un « président historique et éternel« . Mais ce sont tous les partis qui sont éternels et constituent un horizon… historique indépassable.

Emmanuel Macron prétend transcender des partis dépassés et rejetés. Mais Jean-Michel Baylet en est convaincu. C’est un simple positionnement tactique, permettant de glaner les voix des électeurs. Un positionnement valable uniquement le temps de la campagne.

Une fois la victoire acquise, les partis vont redevenir indispensables pour gouverner. Parmi les partis, Jean-Michel Baylet classe (évidemment) le PRG en tête du hit parade des incontournables.

Le « président historique et éternel » des radicaux de gauche ne se contente pas de se projeter dans l’avenir. Jean-Michel Baylet estime que le PRG doit anticiper les choses. Le « président historique et perpétuel » appelle à lancer des manœuvres d’approche.

Le téléphone d’Emmanuel Macron risque de sonner dans les prochains jours. Les appels du pied vont devoir rester discrets.

Autrement, cela peut créer de la friture sur une autre ligne. La ligne Hamon-Pinel.

Laurent Dubois (@laurentdub)

05 Avr

Marine Le Pen déplace son meeting de Toulouse à Perpignan pour des raisons politiques

Le 15 avril prochain Marine Le Pen tiendra bien un meeting en Occitanie. Mais le lieu change. Prévu initialement à Toulouse, il se déroulera à Perpignan.

Marine Le Pen. Photo MaxPPP

Marine Le Pen. Photo MaxPPP

Huit jour avant le 1er tour, Marine Le Pen devait réunir ses troupes au Zénith de Toulouse. La candidate (FN) à la présidentielle viendra dans la ville rose. Mais la date change et le meeting se transforme en déplacement thématique. C’est Perpignan et les Pyrénées-Orientales qui accueilleront (le 15 avril) la favorite des sondages pour un meeting. Comme l’explique le numéro 2 du Front National, Louis Aliot, ce changement est lié à une question d’agenda. Mais pas uniquement.

Bordeaux et Toulouse étaient trop proches alors qu’aucun meeting n’était prévu en Languedoc-Roussillon, pourtant région plus forte. Il a fallu rééquilibrer et faire ce choix.

Perpignan est la terre d’élection du compagnon de Marine Le Pen. Mais ce n’est pas vraiment le sujet et l’objet du déplacement. Marine Le Pen a prévenu. En cas de victoire, Louis Aliot ne sera pas un de ses ministres. De son côté, Louis Aliot a déclaré qu’il prendra sa retraite politique en cas d’entrée de sa compagne à l’Elysée. Bref, un ticket Aliot-Marine Le Pen sur la même tribune, à Perpignan, ce n’est pas l’image recherchée.

En revanche, ce n’est pas un hasard si Louis Aliot s’est installé à Perpignan. L’Ariégeois d’origine a trouvé dans les Pyrénées-Orientales un terreau électoral. Que ce soit pour les Européennes, les municipales ou les régionales, Louis Aliot a obtenu de bons scores électoraux. Des scores largement supérieurs aux résultats obtenus par le FN dans son ancien berceau midi-pyrénéen.

Un meeting à Perpignan c’est l’assurance d’une salle pleine et d’un public acquis. C’est la garantie d’un meeting sans manifestant devant les portes comme cela arrive parfois.

Comme cela aurait pu arriver à Toulouse, la « rouge ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

03 Avr

Manuel Bompard, directeur de campagne de Mélenchon : « le chantage à l’unité ne fonctionne plus »

Deuxième présidentielle pour Jean-Luc Mélenchon et son directeur de campagne, le Toulousain Manuel Bompard. Quelle différence entre la cuvée 2012 et l’épopée de 2017 ? Sur quoi repose la percée de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages ? Quelles réactions face aux accusations de division de la gauche ? Réponses de l’homme-orchestre, en charge de l’organisation et de la communication du leader de la France Insoumise.

Manuel Bompard (photo : MaxPPP)

Manuel Bompard (photo : MaxPPP)

Le Blog Politique. C’est votre première campagne en tant que directeur. Mais vous étiez déjà aux côtés de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle de 2012. Quelle différence entre 2012 et la présidentielle de 2017 ?

Manuel Bompard. La campagne de 2017 est beaucoup plus mouvante et incertaine que la campagne de 2012. En 2012, en avril, on connaissait déjà les deux candidats qui avaient le plus de chance de se qualifier. En 2017, toutes les hypothèses sont ouvertes. La campagne est incertaine. Des hypothèses que l’on croyait impossible, ce sont réalisées. Comme par exemple la victoire de Hamon ou de Fillon aux primaires.

Le Blog Politique. Quelle différence entre le Mélenchon de 2012 et le Mélenchon de 2017 ?

Manuel Bompard. Nous avons désormais l’expérience d’une campagne présidentielle. Trois semaines avant le 1er tour, nous étions émoussés en 2012. Nous avons mieux planifié les choses. Du coup, Jean-Luc a encore de l’énergie. Nous avons également mieux géré les ressources financières pour pouvoir organiser des réunions publiques et des meetings. Nous avons mieux anticipé.

Le Blog Politique. Un proche de Benoît Hamon qualifie Jean-Luc Mélenchon de showman. Comment réagissez-vous à ce genre de critique ? Jean-Luc Mélenchon s’est juste du spectacle ?

Manuel Bompard. Nos meetings sont pleins et les gens qui se déplacent viennent écouter pour apprendre. Ils ne se déplacent pas pour applaudir en cadence. Nous faisons une campagne pédagogique, instructive. Parler de spectacle, c’est assez méprisant.

Le Blog Politique. La presse parle du phénomène Mélenchon, avec une percée et une poupée dans les sondages. Comment expliquez-vous ce phénomène Mélenchon ?

Manuel  Bompard. Il y a un effet Mélenchon. C’est factuel. C’est inscrit dans les sondages, même si nous faisons toujours un retour critique s’agissant des études d’opinions. Mais il y a des signes qui ne trompent pas. Sur notre site, nous avons 350 000 appuis citoyens. Ce n’est pas rien. Le chiffre est important. Mais il y a aussi le succès des meetings. Cela fait plus d’un an que nous sommes en campagnes. Ce travail de fond porte ses fruits.

Le Blog Politique. Benoît Hamon estime que vous avez refusé la main tendue. Il estime que l’absence d’une union à gauche est de votre responsabilité. Une réaction ?

Manuel Bompard. La main tendue de Hamon, c’est la veille tactique consistant à faire endosser le mistigri de la désunion à un autre. C’est une erreur. C’est la vieille tactique du chantage à l’unité. Elle est démonétisée. Elle ne fonctionne plus après un quinquennat et la présidence de François Hollande.

Le Blog Politique. Le PS vous accuse d’être animé par une obsession : tuer le parti socialiste. Une réaction ?

Manuel Bompard. ça ne correspond pas à notre état d’esprit. La présidentielle de 2017 est la plus importante élection présidentielle de la Ve République. Notre objectif n’est pas de régler des comptes. Nous sommes à la 4ème place dans les intentions de vote. Notre objectif est de passer à la 3ème puis en tête de la présidentielle.

Le Blog Politique. Jean-Luc Mélenchon va tenir son dernier meeting à Toulouse. Il a débuté son année politique, en septembre dernier, à Toulouse. C’est vous, le toulousain, qui « vendait » la ville Rose à Jean-Luc Mélenchon ?

Manuel Bompard. Toulouse est une ville avec un climat et une ambiance. C’est une ville très politique. Elle est bercée par l’histoire des républicains espagnols. Elle a également un passé syndical. Jean-Luc Mélenchon a toujours été très bien accueilli et nous avons fait des scores électoraux importants. Jean-Luc Mélenchon aime bien Toulouse.

Propos recueillis par Laurent Dubois (@laurentdub)

Depuis 1965, Toulouse a (presque) toujours voté à gauche à la présidentielle

On dit que Toulouse vote à gauche pour les scrutins nationaux et à droite pour les élections locales. Info ou intox ? Nous avons vérifié en nous plongeant dans les résultats de la ville pour les 9 élections présidentielles qui ont eu lieu depuis 1965.

Lors du débat Mitterrand-Chirac en 1998 (photo : AFP)

Lors du débat Mitterrand-Chirac en 1998 (photo : AFP)

Si Toulouse était la France, le pays aurait été dirigé par 8 présidents de la République de gauche sur les 9 qui ont été élus. Si Toulouse était la France, Mitterrand aurait été élu président dès 1965 et Lionel Jospin dès 1995. Si Toulouse était la France, le général De Gaulle, Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy ne l’auraient jamais été. Si Toulouse était la France, le pays se serait doté pour la première fois d’une femme présidente en 2007… 

Mais Toulouse n’est pas la France…

Pour autant ce que révèle la plongée dans les résultats des élections présidentielles successives à Toulouse, c’est qu’effectivement, depuis 1965 et l’instauration de l’élection au suffrage universel du chef de l’Etat, la ville a toujours choisi le candidat de gauche, à une exception près : en 1969. Même en 2002, la ville rose avait placé Lionel Jospin en tête au premier tour.

Mitterrand a battu De Gaulle en 1965

En 1965, pour la première élection du Président de la République au suffrage universel, De Gaulle paraît imbattable. François Mitterrand le pousse pourtant à un second tour inattendu. Alors que la France porte Charles de Gaulle à l’Elysée avec plus de 55 % des voix, Toulouse, dirigée alors par un maire socialiste , Louis Bazerque, inverse la tendance :

  • François Mitterrand : 55, 38 %
  • Charles de Gaulle : 44, 62 %

En 1969, Toulouse choisit Pompidou contre Poher

Après la démission de De Gaulle, désavoué lors d’un référendum, la gauche ne parvient pas à s’organiser divisée en le communiste Jacques Duclos, le SFIO Gaston Deferre et le PSU Michel Rocard. Le second tour oppose donc le Premier ministre Georges Pompidou et le président du Sénat Alain Poher. Pompidou est élu avec 58,61 % des voix. C’est la seule fois dans l’histoire que Toulouse choisit un président de droite. Et pour cause, il n’y a pas de candidat de gauche au second tour.

  • Georges Pompidou : 52,36 %
  • Alain Poher : 47,64 %

Mitterrand plutôt que Giscard en 1974

Après la mort de Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing s’impose à droite face à Jacques Chaban Delmas. A gauche, Mitterrand est presque en mesure de l’emporter mais s’incline de justesse (49,19 %) face au jeune ministre de l’Economie (50,81 %). A Toulouse, où Pierre Baudis a été élu maire en 1971, Mitterrand est largement devant.

  • François Mitterrand : 53,75 %
  • Valéry Giscard d’Estaing : 46,25 %

Le raz de marée Mitterrand en 1981

François Mitterrand tient sa revanche en 1981 en devenant enfin Président de la République (51,76 %) face au président sortant (48,24 %). A Toulouse, Miterrand lamine Giscard dans les urnes :

  • François Mitterrand : 58,54 %
  • Valéry Giscard d’Estaing : 41,46 %

Mitterrand face à Chirac en 1988

7 ans plus tard, le président PS est réélu largement avec 54,02 % des voix face à son premier ministre de cohabitation Jacques Chirac (45,98 %). Toulouse, qui compte un maire de centre-droit après l’élection de Dominique Baudis en 1983, choisit encore largement Mitterrand, avec cependant un écart moindre avec le score national.

  • François Mitterrand : 56,61 %
  • Jacques Chirac : 43,38 %

En 1995, Jospin bat Chirac

Elu de Haute-Garonne, Lionel Jospin, candidat PS face à Chirac en 1995 aurait été élu Président de la République si la France avait voté comme Toulouse. Le candidat socialiste est pourtant largement battu au niveau national avec 47,36 % contre 52,64 % à Jacques Chirac. Un résultat inversé à Toulouse :

  • Lionel Jospin : 51,78 %
  • Jacques Chirac : 48,21 %

2002 : Jospin en tête au premier tour

Comme le reste de la France, Toulouse a voté Chirac (86,06 %) au second tour de l’élection présidentielle de 2002, face à Jean-Marie Le Pen (13,94 %). Mais ce qui est intéressant, c’est de regarder le résultat du premier tour… A Toulouse, ou l’UDF Philippe Douste-Blazy a succédé à Dominique Baudis au Capitole en 2001, Lionel Jospin sort en tête :

  • Lionel Jospin : 20,23 %
  • Jacques Chirac : 17,34 %
  • Jean-Marie Le Pen : 14,65 %

En 2007, Royal plutôt que Sarkozy

Alors que la France choisit Nicolas Sarkozy (53,06 %) plutôt que Ségolène Royal (46,94 %), Toulouse, dont Jean-Luc Moudenc est le maire après le départ de Philippe Douste-Blazy en 2004, inverse le résultat et donne la majorité de ses voix à la candidate socialiste.

  • Ségolène Royal : 57,6 %
  • Nicolas Sarkozy : 42,4 %

En 2012, Hollande dépasse les 60 %

Même rejet du candidat Sarkozy, président sortant en 2012. Cette fois, Toulouse a un maire de gauche, le socialiste Pierre Cohen élu en 2008 et offre à François Hollande, élu président, l’un de ses meilleurs scores en France :

  • François Hollande : 62,54 %
  • Nicolas Sarkozy : 37,46 %

Et en 2017 ?

Impossible de se projeter, à partir de ces résultats, sur ce que sera le scrutin présidentiel de 2017. D’autant que la situation sur l’échiquier politique est loin d’être clair. Rendez-vous au soir du second tour, le 7 mai, pour savoir si Toulouse a de nouveau fait entendre sa voix.

FV (@fabvalery) avec J. Leroy

01 Avr

Le maire (LR) de Lavaur, Bernard Carayon au FN : « un poisson d’avril »

Ce 1er avril, Le Figaro évoque de possibles ralliements d’élus de droite au Front National. Le nom du maire de Lavaur, dans le Tarn, est cité par le quotidien national. Bernard Carayon réagit et parle d’un « poisson d’avril ».

Bernard Carayon ©MaxPPP

Bernard Carayon @MaxPPP

Des approches informelles et des ralliements surprises. Le Figaro publie un article sur un rapprochement et des contacts entre des représentants de la droite et le parti de Marine Le Pen.

Le quotidien national ne se contente pas de dévoiler des tractations et des rapprochements. Le Figaro publie une liste d’élus LR qui pourraient basculer au FN. Parmi les noms cités, celui du maire de Lavaur, Bernard Carayon.

Contacté par France 3 Occitanie, l’ancien député du Tarn et candidat (LR) aux législatives fait part de sa surprise :

Je suis très surpris. J’ai cru que c’était un poisson d’avril. Je n’ai rien à démentir.

Bernard Carayon rappelle ses rapports avec le FN :

Les deux seules fois où j’ai été battu le FN a appelé à voter contre moi. Je ne suis vraiment pas habitué à ce que le FN me fasse de cadeau. En revanche, s’ils deviennent enfin des gens de bon sens et qu’ils acceptent de voter pour moi, je ne vais pas refuser leur suffrage. Comme d’ailleurs je suis prêt à accueillir les voix de gauche ou celles des macronistes repentis. Je fais mienne la phrase de Clemenceau. Les voix ne se pèsent pas. Elles se comptent.

Dans l’entourage de Bernard Carayon, la présence du nom de maire de Lavaur dans la liste des « transfuges » possibles provient du…FN. Cette « fuite » téléguidée viserait un objectif : déstabiliser la droite.

Laurent Dubois (@laurentdub)