26 Juin

Le Medef invité au 1er Forum des Jeunes Macronistes

Les Jeunes avec Macron organisent leur 1er Forum national à Toulouse. Le bras droit du patron du Medef est la seule personnalité économique invitée.

Photo : MaxPPP/Tanguy

Ce samedi 30 juin, les Jeunes avec Macron organisent leur 1er Forum national à Toulouse. L’affiche est largement politique. 6 personnalités sont annoncées et parmi elles on compte 3 députés (dont celui de la Haute-Garonne, Michaël Nogal) et le conseiller parlementaire du président de l’Assemblée Nationale.

Un seul invité est issu du milieu économique. Il s’agit du vice-président des affaires publiques et RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) d’une stars up. Depuis octobre 2017, Léonard Cox est en charge des relations publiques du moteur de recherche européen basé en France, Qwant.

Avant d’occuper ce poste, le jeune diplômé de l’école des Mines de Paris a été le chef de cabinet du président du Medef, Pierre Gattaz. Après son arrivée chez Qwant, Léonard Cox a déclaré continuer à conseiller le « patron des patrons » mais à titre bénévole.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

25 Juin

Jean-Michel Baylet sort de sa réserve et défend le « patrimoine » de…Jean Baylet

Le conseil départemental du Tarn-et-Garonne a décidé de se séparer d’un centre de vacances créé à l’époque de Jean-Baylet. Le fils de l’ancien député, Jean-Michel Baylet, s’oppose à cette vente.

Jean-Michel Baylet. Photo : AFP @MAXPPP

Depuis son départ du gouvernement, suite à l’élection d’Emmanuel Macron, Jean-Michel Baylet est en retrait. L’ex-ministre est discret et ne s’exprime plus publiquement. Mais une décision du conseil départemental du Tarn-et-Garonne le fait sortir de sa réserve.

Ce mercredi 27 juin, les élus départementaux doivent se prononcer sur la vente d’un centre de vacances situé à Mimizan, dans les Landes. Propriété du département depuis décembre 1956, le site porte le nom « Jean Baylet ». Au moment de l’acquisition, Jean Baylet est député. ll faut attendre les années 70 pour que la famille Baylet prennent les rênes du département. Le député Baylet n’est pas l’acquéreur de Mimizan. En revanche, il est intervenu auprès du secrétaire d’Etat au budget de l’époque.

A cette paternité (même indirecte), il faut ajouter de longues années au cours desquelles Evelyne Baylet a développé le centre de vacances portant le nom de son mari défunt. Des années dont le quotidien familial fait, d’ailleurs, la promotion. C’est probablement ce contexte familial qui pousse Jean-Michel Baylet à sortir de son silence  :

Resté sur ma réserve depuis l’installation de cette nouvelle assemblée, j’ai décidé, en conscience, de vous alerter sur ce « funeste » projet

Dans un courrier, adressé aux maires du département, Jean-Michel Baylet insiste sur le rôle social de la colonie :

(la vente) privera demain les enfants de familles les plus modestes, qui ne peuvent découvrir l’océan que par Mimizan

L’ancien ministre résume sa position en une phrase :

Vendre, c’est hypothéquer l’avenir et brader le patrimoine départemental

Du côté du conseil départemental et de son président, le contre-argumentaire est budgétaire. Christian Astruc évalue le déficit annuel de fonctionnement  à 312 346 euros. Le président du conseil départemental met également en avant le bénéfice de la vente, évalué à quasiment 5 millions d’euros (4 731 760 euros).

Le conseil départemental détaille les réalisations qui pourront être financées grâce à la vente de Mimizan : installations sportives à Verdun-sur-Garonne, rénovation de maisons des solidarités…

Visiblement, les arguments du conseil départemental ne suffisent pas à convaincre Jean-Michel Baylet. Ce n’est pas le seul. Deux pétitions circulent et des maires ont prévu de s’inviter au conseil départemental, lors du vote sur la vente de Mimizan.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

 

Les associations religieuses retirées de la liste des lobbies : des députés d’Occitanie s’opposent au gouvernement

Le gouvernement veut retirer les groupements religieux de la liste officielle des lobbies. La député (LaRem) du Lot, Huguette Tiegna, et ses collègues de la Haute-Garonne, Elisabeth Toutut-Picard, et de l’Hérault, Patrick Vignal, s’opposent à cette mesures et ont déposé un amendement.

Assemblée Nationale. Photo AFP/Lopez

Depuis 2016, les associations cultuelles doivent se déclarer auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. A priori, le lobbying est associé à l’industrie du tabac et aux laboratoires pharmaceutiques. Mais les groupements religieux sont également très actifs et en pointe sur les questions bio-éthiques, de fin de vie ou sociétales. Pendant le débat sur le « Mariage pour Tous », des associations catholiques sont intervenues auprès des députés pour influencer la rédaction de la loi.

A partir de la loi Sapin 2, les associations religieux sont donc soumises au même régime que les autres groupes d’intérêts économiques.Elles doivent déclarer la nature de leur activité mais aussi (et surtout) leur interaction avec les acteurs publics.

Le gouvernement d’Edouard Philippe veut supprimer ce dispositif. Ce n’est pas le seul « avantage » offert aux groupes religieux. Le projet de loi prévoit de « renforcer les ressources » des religions.

La réforme voulue par le gouvernement déclenche une levée de bouclier dans les rangs de la majorité. Deux députés d’Occitanie, Huguette Tiegna et Elisabeth Toutut-Picard, ont co-signé un amendement maintenant les groupes religieux dans la liste officielle des lobbies. Elles ont reçu, sur Facebook, le soutien d’un autre député de la majorité présidentielle : Jean-Luc Lagleize.

Le député (Modem) de la Haute-Garonne lance une mise en garde :

Attention à ne pas égratigner la loi de 1905. La France est l’un des 5 seuls pays de l’ONU à avoir inscrit la laïcité dans sa Constitution. N’abimons pas ce legs du siècle des Lumières …

Plusieurs associations laïques sont également montées au créneau pour un maintien de la législation actuelle. L’amendement des députés a été rejeté, le 7 juin dernier, en commission spéciale. Après une navette au Sénat, il sera de nouveau discuté le 26 juin prochain.

Laurent Dubois (@laurentdub)

Pierre Esplugas, le porte-parole de LR31 devient référent du mouvement « Libres » de Valérie Pécresse.

Pierre Esplugas et Valérie Pécresse lors du séminaire de « Libres » dimanche 24 juin à Orléans. Photo DR.

Le mouvement « Libres » de Valérie Pécresse tenait ce dimanche 24 juin son premier séminaire de travail à Orléans. le porte-parole de LR31 Pierre Esplugas-Labatut a été désigné comme référent territorial sur la Haute-Garonne. Il nous explique en quoi consiste ce mouvement et quelle va être sa mission à l’heure où son parti connaît des turbulences.

Le Blog Politique : En quoi consiste le mouvement « Libres » ?

Pierre Esplugas-Labatut : Ses valeurs se veulent libérales au plan économique, ouvertes sur les questions sociétales et profondément européennes mais fermes en matière régalienne. Par exemple sur la sécurité, nous pensons que l’exécution des peines doit être plus effective. Emmanuel Macron poursuit en la matière la politique de François Hollande et de Christine Taubira en termes de substitution aux peines privatives de liberté.

Ouverts sur les questions sociétales, fermes en matière régalienne »

Le Blog Politique : Et en terme de politique migratoire, thématique chaude actuellement ?

Pierre Esplugas-Labatut : La politique de Gérard Collomb en la matière se veut ferme mais elle doit faire ses preuves. Cette politique migratoire doit être définie au niveau européen. Elle doit être ferme mais doit aussi laisser place à de l’humanité et de l’humanisme.

Le Blog Politique : Comment passe-t-on d’Alain Juppé que vous avez soutenu à la Primaire à Valérie Pécresse ?

Pierre Esplugas-Labatut : Il y a une continuité.Mon choix est d’incarner ce courant de droite modérée. J’avais également soutenu Maël de Calan lors de sa candidature à la présidence de LR. Il est aussi sur cette ligne. L’idée est de ne pas laisser dériver ma famille politique vers un courant populiste ou une droite des extrêmes.

L’exclusion de Virginie Calmels ? Ça rassure les plus durs, ça fait douter ceux qui prônent l’ouverture »

Le Blog Politique : Comment avez-vous vécu l’éviction de Virginie Calmels, ex-proche d’Alain Juppé elle aussi ?

Pierre Esplugas-Labattut : Ça n’est pas l’événement de l’année… Mais ce n’est jamais un bon signal que d’exclure. Je crains un rétrécissement du socle traditionnel de LR. En excluant, on fait plaisir aux militants mais pas aux éventuels sympathisants.

Le Blog politique : Justement quelle répercussion cela a eu chez Les Républicains ?

Pierre Esplugas-Labattut : Ça rassure les plus durs et ça fait douter ceux qui prônent l’ouverture.

Au séminaire, pas une seule fois ou presque n’a été évoqué le nom de Wauquiez. Ce n’est pas le propos. »

Le Blog Politique : Wauquiez/Pécresse ? Quelles sont leurs relations, leur compatibilité ?

Pierre Esplugas-Labattut : Ça les regarde, c’est leur problème. Mon choix est de rester à L.R 31. Ce qui m’a plu hier à Orléans, c’est l’idée de cette droite de solution, une droite qui fait un travail de fond et des propositions. Au séminaire, pas une seule fois ou presque n’a été évoqué le nom de Wauquiez. Ce n’est pas le propos.

Le Blog politique : Justement vous restez porte parole de L.R 31. En quoi va consister donc votre mission de référent territorial de « Libres » ?

Pierre Esplugas-Labattut : Principalement à faire des réunions thématiques. Par exemple, était présent, hier à Orléans, Bruno Sire (NDLR : ancien président de l’Université Toulouse Capitole). Nous tiendrons avec lui la première de ces réunions dès septembre à Toulouse sur le thème de l’université. On en aura également une avec Marc Ivaldi (NDLR : économiste à la TSE et membre de L.R) sur les transports et la politique industrielle. Demain, nous animerons également un apéro « Libres » avec Guillaume Brouquieres (NDLR : ancien patron des jeunes UMP31) qui m’assistera en tant que référent jeune pour faire vivre ce mouvement également sur les réseaux sociaux.

Propos recueillis par Patrick Noviello (@patnoviello)

22 Juin

Fête de la Musique à l’Elysée : un « zoo » pour une élue du Rassemblement National (ex-FN)

DJ et stars de l’Electro. LElysée a organisé une fête de la Musique insolite. Une élue du Rassemblement National (ex-FN) compare la mise en scène à un « zoo ».

Fête de la Musique à l’Elysée. Photo : AFP/Tesson

Spots multicolores et danseurs. De 20 heures à minuit, ce 21 juin, l’Elysée a fêté la musique. Emmanuel Macron a ouvert, pour la première fois, le palais présidentiel au public. Mais c’est surtout la programmation et le style de la fête qui bouscule les habitudes. Les marches de l’Elysée ont été transformées en scène . DJ Kiddy Smile et l’ancien manager des Daft Punk, Pedro Winter alias Busy étaient à la platine.

Une photo souvenir de la manifestation déchaîne les critiques de l’opposition de droite.

Mais c’est du côté du parti de Marine Le Pen que les quolibets fusent le plus. Le porte parole du Rassemblement National (RN) exprime son dépit.

Une conseillère régionale (RN) d’Occitanie va plus loin.L’élue parle d’un « zoo ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

Municipales : la maire (DVD) d’Albi soutenue par En Marche…enfin presque

Guerre d’influence et bataille autour des investitures à En Marche dans le Tarn. La maire (DVD) d’Albi est la candidate d’une partie du Mouvement. Mais une élue municipale, estampillée En Marche, est également en piste et bénéficie du soutien de personnalités de la majorité présidentielle.

Stéphanie Guiraud-Chaumeil, maire d’Albi Photo : France3

Philippe Folliot, député du Tarn et président d’Alliance Centriste, estime « qu’il est beaucoup trop tôt pour s’exprimer sur cette question car LREM comme Alliance Centriste n’ont pas arrêté leurs positions. En tout état de cause une décision collective sera prise dans quelques semaines pour Albi comme pour Castres ». Le référent départemental d’En Marche, Raphaël Bernardin, est sur la même ligne : « pas de positionnement actuel sur Albi ».

En attendant, depuis plusieurs semaines, les grandes manœuvres sont lancées.

Le sponsor de la députée Verdier-Jouclas

Contacté par France 3 Occitanie, Marie-Christine Verdier-Jouclas, ne souhaite pas répondre. Mais, selon nos informations, la députée est très active sur le dossier. Plusieurs sources internes à En Marche évoquent un lobbying intense en faveur de la maire (sortante) d’Albi. Marie-Christine Verdier-Jouclas présente cette option comme le seul choix possible. Un membre de son entourage estime que la parlementaire a conscience de ses limites. Si Paris et les instances nationales d’En Marche formulent un autre choix, elle se pliera à la décision.

Le soutien de Marie-Christine Verdier-Jouclas repose sur des  raisons objectives. Depuis son élection la députée cherche à asseoir (avec le soutien de Pierre Verdier) son leadership politique sur le département. Son activisme sur les municipales albigeoises est également lié à une volonté : travailler avec la maire de la ville préfecture.

Pour justifier son choix, Marie-Christine Verdier-Jouclas, peut mettre en avant le profil de son candidate ou plutôt la composition de son conseil municipal. Stéphanie Guiraud-Chaumeil est sans étiquette. Mais, surtout, elle a des Marcheurs dans son équipe. Le torchon brûle avec l’un d’entre eux, Bruno Crusel. Sa reconduction sur la liste, en 2020, est remise en question. Mais il reste deux membres d’En Marche ! (Sylvie Bascoul-Vialard, Naïma Marengo) aux côtés de Stéphanie Guiraud-Chaumeil.

Un point peut toutefois gripper une investiture En Marche. La garde rapprochée de Stéphanie Guiraud-Chaumeil (notamment son 1er adjoint Michel Franques) est membre du parti de Laurent Wauquiez. Pendant la présidentielle, Stéphanie Guiraud-Chaumeil était au premier rang d’un meeting de François Fillon. Bref, la maire d’Albi penche à droite. Cette inclinaison agace une partie des Marcheurs albigeois. Des Marcheurs qui sont majoritairement des ex-socialistes.

Au delà des susceptibilités politiques et des sensibilités partisanes, la côté « droitier » de Stéphanie Guiraud-Chaumeil pose un problème tactique. Une investiture En Marche peut-elle conduire à la constitution d’une liste LR ? Selon un membre de la droite locale, la question embarrasse les membres LR de l’équipe municipale : « ils sont très e…ils ne veulent pas perdre la mairie ».

Un proche de Laurent Wauquiez estime que la présence de LR sur une liste estampillée En Marche n’est pas une difficulté. « Le vrai problème, c’est pour les têtes de liste LR qui se retrouveraient avec une étiquette En Marche, ça ce n’est pas possible. En revanche, des Républicains sur une liste En Marche ce n’est pas choquant. On a toujours pratiqué l’ouverture et la diversité sur nos listes municipales ».

En réalité, le vrai obstacle a un ticket « Guiraud-Chaumeil/En Marche » est interne. Le choix de la députée Verdier-Jouclas se heurte à une candidature issue des rangs d’En Marche : Muriel Roques-Etienne.

La concurrence d’une candidature interne à En Marche

A Toulouse, les velléités locales se heurtent à l’absence d’un candidat naturel. Des députés de la Haute-Garonne et le référent départemental veulent constituer une liste face à Jean-Luc Moudenc. Dans le Tarn, le terrain est a priori déblayé. En Marche dispose d’une candidature interne. Muriel Etienne-Roques est une « historique » du mouvement. L’élue municipale a adhéré à En Marche dès sa création, plusieurs mois avant l’élection d’Emmanuel Macron.

Avant et après sa démission du poste d’adjoint à la mairie d’Albi, Muriel Etienne-Roque a participé à la vie du mouvement « macroniste ». Suppléante du député Philippe Folliot, l’élue albigeoise est également très présente sur la 1ere circonscription. Une circonscription qui intègre la cité albigeoise. Une investiture de Muriel Etienne Roque bénéficie également de points d’appui. Dans l’appareil départemental du parti, l’élue En Marche peut bénéficier du soutien (indirect) du référent départemental (Raphaël Bernardin) et du secrétaire général du mouvement (Jean-Paul Pradalié). Ces deux responsables sont proches du député Jean Terlier. Le représentant de la 3ème circonscription ne s’implique pas vraiment dans les municipales albigeoises. Mais il entretient des relations cordiales avec Muriel Roques-Etienne.

L’élue albigeoise bénéficie également du soutien du sénateur, Philippe Bonnecarrère. Il existe une vraie proximité politique entre l’ancien maire d’Albi et Muriel Roques-Etienne.

Ce « parrainage » a toutefois une contrepartie. Elle transforme l’investiture de Muriel Roques-Etienne en duel à distance. Philippe Bonnecarrère est désormais en guerre ouverte avec celle qu’il a installé à la maire d’Albi.  Le fait de défendre la candidature de Muriel Roques-Etienne réactive et renforce le conflit avec Stéphanie Guiraud-Chaumeil.

Au final, l’issue viendra de Paris. En Marche est une structure hyper-centralisée. Les acteurs locaux peuvent jouer de leur influence. Mais la décision finale appartient au staff Macron. Le conseiller politique du chef de l’Etat, Stéphane Séjourné, joue un rôle central. Il a d’ailleurs été « approché » par la député Verdier-Jouclas. Mais le résultat relève quasiment de la « boite noire ». Difficile de mesurer l’impact du lobbying des uns et des autres.

A priori, Muriel Roques-Etienne peut compter sur le sens de la diplomatie et la finesse politique de Philippe Bonnecarrère. Elle bénéficie également du poids politique du président d’Alliance Centriste, Philippe Folliot. Mais, en face, elle trouve le tempérament de « bulldozer » de la députée Verdier-Jouclas. La députée tarnaise agace parfois son président de groupe parlementaire, Richard Ferrand, et ses collègues députés. Ils lui reprochent principalement une « agitation » tous azimuts : cascades damendements qui ne sont pas ensuite défendus, exigence d’intervention sur l’apprentissage alors que Marie-Christine Verdie-Jouclas n’appartient pas à la commission compétente à savoir les affaires sociales…

Malgré tout, Marie-Christine Verdier-Jouclas fait profiter sa candidate, Stéphanie Guiraud-Chaumeil, de son statut de parlementaire de la majorité. Ce n’est pas rien.Est-ce suffisant ?

A suivre.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

 

20 Juin

Une année à l’Assemblée : deux députés livrent leurs regards.

L’une est une élue sortante qui en plus préside le groupe socialiste au Palais Bourbon : Valérie Rabault. L’autre effectue son premier mandat, dans le Gers, sous l’étiquette En Marche. Comment ont-ils vécu cette année 1 du gouvernement Macron ? Comment se sont-ils organisés entre Paris et leurs circonscriptions ? Et puis comment envisagent-ils leur mission ? Regards croisés.

L’Assemblée Nationale lors des questions au gouvernement, le 20 juin dernier. Photo Philippe Lopez/AFP

« Je ne suis pas assez en circo et je ne suis pas assez à l’assemblée ». L’affirmation en forme de boutade de Jean-René Cazeneuve symbolise une année parlementaire hors du commun, notamment pour les néo-députés. L’élu LREM du Gers reconnaît la charge de travail importante de ces douze derniers mois d’exercice mais ne se plaint pas : « On a été élu pour changer la France ».

Un bloc de la majorité  qui vote sans se poser de questions »

« Un bloc de la majorité  qui vote sans se poser de questions » selon Valérie Rabault. « Dans le fond, l’exécutif n’en a rien à faire du parlement » affirme sans détour la députée du Tarn et Garonne. « Je suis même allée interroger les uns et les autres pour savoir si on était comme ça quand on était dans la majorité. On m’a répondu que non » s’amuse la chef de file du groupe PS.

Et Valérie Rabault de noter un deuxième point marquant pour cette année 1 d’une assemblée aux couleurs LREM. « Il y a un manque flagrant d ‘organisation dans l’agenda. Les deux premiers mois, nous n’avons presque rien eu à faire. Puis on est passé à une série de loi à voter notamment sur l’agriculture et l’apprentissage. Nous n’avons pas eu suffisamment de temps pour une bonne écriture de la loi ».

Je ne comprends pas comment faisaient ceux qui cumulaient »

« C’est vrai que même si on choisit les textes dans lesquels on s’investit, il y a beaucoup de travail » tempère Jean-René Cazeneuve. « Si vous voulez bien faire les choses, et peser, travailler en amont avec les ministères pour infléchir la loi, ça demande beaucoup d’investissement » explique le néo-député. « Je ne comprends pas comment faisaient ceux qui cumulaient. La loi qui a mis fin au cumul a été une réforme extrêmement saine et positive » reconnaît le député gersois.

Cela veut-il dire pour autant qu’on ne voit plus les députés en circonscription, notamment ceux d’En Marche ? « Je ne peux pas vous répondre. Je fais partie d’un des seuls départements de France où les deux sortantes ont été reconduites (NDLR : elle-même pour le PS et Sylvia Pinel pour les Radicaux) » sourit Valérie Rabault. « La circonscription c’est l’essence même du travail. J’ai été élue pour avoir ce contact-là avec les citoyens. Les amendements que je dépose portent tous le nom de personnes que j’ai rencontrées sur le terrain » précise la présidente du groupe PS.

On ne fait pas bien la loi si on n’est pas sur le terrain »

Même si parfois c’est un peu périlleux niveau agenda, à l’image de la semaine dernière où la députée était en visite vendredi à Réalville jusqu’à 19h avant de s’envoler pour Paris, de siéger dans l’hémicycle pour la loi logement jusqu’au samedi 4 heures du matin et de redécoller vers sa terre d’élection pour le week-end. « Moitié en circo, moitié à Paris, je n’en démordrai pas » insiste Valérie Rabault. « On ne fait pas bien la loi si on n’est pas sur le terrain. L’amendement sur la revitalisation des zones rurales que j’ai déposé et qui a été accepté m’a été inspiré de la situation à Laguépie ».

Jean-René Cazeneuve sillonne également sa circonscription. « En amont des textes de loi, j’organise des tables rondes (formation professionnelle, agriculture) pour faire comprendre aux acteurs des secteurs concernés les enjeux spécifiques des lois. C’est un vrai travail de partage avec les concitoyens. » A l’occasion, une fois la loi votée, il assure aussi le service après-vente, pour « expliquer de façon pédagogique l’action du gouvernement ». Pour tout cela, il délocalise régulièrement sa permanence parlementaire à travers sa moitié de département.

Un boulot à temps plein à l’Assemblée et un boulot à temps plein dans sa circonscription »

Alors maintenant que le rythme est plus ou moins pris pour chacun d’entre eux, comment voient-ils l’année à venir ? « Je n’ai pas trop de perspectives » avoue Valérie Rabault. « Il y a plein de sujets qui pourraient arriver mais pour l’instant il n’y a rien sur la table. Nous allons nous pencher sur le vote de la loi de finance comme chaque année et puis il est aussi question d’une réforme constitutionnelle qu’on ne voit toujours pas arriver ».

Jean-René Cazeneuve, qui doit avoir des informations que n’a pas sa collègue socialiste, affirme en revanche : « quand on voit les lois qui arrivent, on voit le travail qui est devant nous ». « Après vous avez des implications très différentes d’un député à l’autre. L’hémicycle n’est pas toujours rempli. Certains sont déjà en logique de réélection… » Avant de conclure : « ce qui est sûr pour moi c’est qu’il y a un boulot à temps plein à l’Assemblée et un boulot à temps plein dans sa circonscription ».

Patrick Noviello (@patnoviello)

Européennes : le toulousain, Manuel Bompard, tête de liste pour la France Insoumise

Le casting se dessine pour les Européennes de 2019. C’est le toulousain, Manuel Bompard, qui sera la tête de liste nationale pour la France Insoumise.

Manuel Bompard. France Inoumise. Photo : MaxPPP

Les prochaines Européennes ne ressembleront pas aux précédentes. Elles sont organisées sur une nouvelle base : des listes nationales. C’est la fin du scrutin régional et des 8 circonscriptions allant du Sud Est au Nord Ouest. Pour la France Insoumise, le casting se dessine.

La tête de liste nationale doit être toulousaine. Manuel Bompart a dirigé la campagne européenne de Jean-Luc Mélenchon en 2014. C’est maintenant à son tour de viser Bruxelles. Ce n’est pas un baptême du feu électoral pour Manuel Bompart. Le jeune ingénieur de 32 ans a été candidat aux législatives en Haute-Garonne.

 L’hypothèse Bompard circulait depuis plusieurs semaines. Mais elle se concrétise. Le Parisien livre l’information. Une information confirmée à France 3 Occitanie par une source. Comme l’indique le quotidien parisien, Manuel Bompard doit former un tandem avec l’architecte du programme européen de la France Insoumise, Charlotte Girard.

Formellement, il n’existe une seule place de « numéro 1 ». Manuel Bompard peut se retrouver, en seconde position, derrière sa collègue. Mais, en toute hypothèse, l’affiche aura des couleurs toulousaines.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

19 Juin

Municipales : le Rassemblement National (ex FN) prépare des listes communes avec la droite dans le Tarn-et-Garonne

Dans le Tarn-et-Garonne, le parti de Marine Le Pen travaille à des alliances et des listes communes avec la droite départementale.

Marine Le Pen, présidente du Rassemblement National. Photo : MaxPPP

Du côté de Moissac et Castelsarrasin, la campagne des municipales est lancée. Le Rassemblement National (ex FN) laboure le terrain et multiplie les contacts. L’objectif est clair : nouer des alliances avec la droite départementale. Romain Lopez est à la manœuvre : « j’essaye de faire commune par commune. Je prends des contacts avec des élus Républicains et je vois si on peut monter des listes que l’on pourra baptiser divers droite« .

Pour le moment, rien n’est signé. Mais des tractations existent. Le parti de Marine Le Pen sera présent à Castelsarrasin et Moissac. Valence et Beaumont de Lomagne sont également ciblées.

Dans une commune, Romain Lopez estime que les négociations sont bien engagées et peuvent aboutir à une liste avec des élus Républicains.

La stratégie d’alliance du Rassemblement National se résume, pour le moment, à une intention affichée. Elle est également circonscrite géographiquement : seule la 2nde circonscription du Tarn-et-Garonne est concernée. Mais la ligne est claire : construire des tickets et élargir l’horizon du parti de Marine Le Pen. C’est une véritable rupture par rapport à la ligne « historique » de l’ex FN. Le tournant a été amorcé au moment des Régionales et accentué au second tour de la présidentielle de 2017.

Mais les municipales doivent renforcer cette inflexion. A condition, bien sûr, que le Rassemblement National trouve des alliés en dehors de son partenaire « traditionnel », Debout La France.

Le Tarn-et-Garonne ne sera pas le seul laboratoire politique. En Haute-Garonne, le Rassemblement National souhaite également nouer des alliances.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

 

18 Juin

Limogeage de Virginie Calmels par Laurent Wauquiez : « on lave le linge sale en famille » pour le maire (LR) de Lavaur Bernard Carayon

Le président des Républicains, Laurent Wauquiez, s’est séparé de la numéro 2 de son parti, Virginie Calmels. Le maire (LR) de Lavaur, dans le Tarn, soutient cette décision. Pour Bernard Carayon, ce divorce n’est pas lié à un problème de ligne politique.

Bernard Carayon, maire de Lavaur.

Le divorce est consommé. La rupture était prévisible après les critiques publiques adressées par Virginie Calmels au président des Républicains. Mais le couperet est tombé ce dimanche 17 juin. Laurent Wauquiez a débarqué l’adjointe au maire de Bordeaux. Alain Juppé a immédiatement exprimé son soutien à Virginie Calmels.

 

En Occitanie, la décision de Laurent Wauquiez est soutenu par le maire LR de Lavaur, Bernard Carayon. Ce n’est pas une surprise. L’ex-député du Tarn a dirigé la campagne de Laurent Wauquiez en Occitanie.

Pour l’élu tarnais, Virginie Calmels, n’a pas respecté une règle de base :  » quand on est en conflit avec son chef, on le règle en vis-à-vis et pas en public. Virginie Calmels a travaillé dans le monde de l’entreprise. Elle sait qu’il existe un mode de fonctionnement hiérarchique. C’est valable aussi dans le milieu politique et a fortiori dans un parti comme le notre. Un parti qui est gaulliste ».

L’élu tarnais évoque et invoque un vieux dicton : « on lave son linge sale en famille ». Bernard Carayon explique l’attitude de Virginie Calmels par son profil. Virginie Calmels est issue de « la société civile » et elle ne connait pas les codes de la politique. C’est toujours le problème avec la société civile, on le voit bien avec En Marche ! ils ne savent pas comment ça fonctionne ».

Le président du groupe En Marche à l’Assemblée, Richard Ferrand, a commenté les soubresauts au sein des Républicains.

Bernard Carayon considère qu’il n’a pas « de leçon de démocratie de la part d’En Marche ». Le maire de Lavaur insiste surtout sur un point. Selon lui, le débarquement de Virginie Calmels ne traduit absolument pas « un problème de ligne politique ». « Notre ligne politique est claire. Elle a été clarifié au moment de l’élection de Laurent Wauquiez. C’est une ligne gaulliste, souverainiste. Nous ne sommes pas des libéraux ».

Laurent Dubois (@laurentdub