27 Mai

Municipales : vote électronique ou par correspondance, procurations simplifiées, solutions à l’abstention ?

Dans à peine plus d’un mois, les citoyens de 474 communes de notre région seront appelés aux urnes. En période de déconfinement et alors que le coronavirus rôde encore, nombreux sont ceux qui redoutent une abstention record. Mais les votes par internet, par correspondance, ou la simplification des procurations sont-ils pour autant la solution pour redynamiser la vie démocratique ?

Premier tour des élections Municipales à Toulouse, le 15 mars dernier. Photo MaxPPP Michel Viala.

Face à la crise sanitaire « le vote par correspondance est la solution » affirme Laurent Hénard, le maire de Nancy dans une tribune publiée dans le Journal Du Dimanche. Mais pour la première concernée, La Poste, « ce n’est pas un sujet à ce jour ». « Nous nous adapterons à d’éventuelles sollicitations » précise toutefois la direction régionale. « Le vote par correspondance a été abandonné en 1975 pour lutter contre la fraude. Il n’y a pas de base légale pour le réinstaurer ». L’analyse sans appel est signée d’un spécialiste du droit électoral de l’Université Toulouse 1 Capitole.

Des risques de cyber-attaques

Mais Pierre Esplugas de préciser : « le vote électronique a toutefois été utilisé récemment pour les français de l’étranger».  Seulement l’expérience s’est arrêtée en 2017 face à des risques de cyber-attaque. « On ne maîtrise pas encore totalement la technologie et il y a bel et bien des menaces » reconnaît celui qui est aussi porte-parole Les Républicains en Haute-Garonne.

Pour sa collègue Sylvie Laval chercheuse à l’IDETCOM (1), laboratoire adossé à l’UT1,« on a là une boîte noire dont il est compliqué de savoir ce qui va en être fait ». Autrement dit un rassemblement de données sur « qui vote pour qui » ne pourrait que contribuer à renforcer la défiance du citoyen. « On a déjà vécu un certain nombre de scandales comme Cambridge analytica » rappelle la maître de conférence en sciences de l’information et de la communication.

On ne va pas voter comme on achète un livre ou un CD »

Pour elle, il faut voir cette problématique dans sa dimension globale. « En pleine crise du politique, le cheval de bataille d’Emmanuel Macron a été : il faut numériser la démocratie en instituant le vote électronique ». « Seulement on ne va pas voter comme on achète un livre ou un CD, s’agace Pascal Nakache. Ce côté dématérialisation de tout amènerait selon moi à appliquer le consumérisme à la République ».

« Le vote électronique ou par correspondance m’inspirent spontanément de la suspicion » reconnaît sans détour l’avocat qui est aussi candidat sur la liste Archipel Citoyen à Toulouse. « J’imagine tout de suite des maisons de retraite qui vont voter par wagons entiers » plaisante-il en riant jaune. « Et puis il y a aussi un côté charnel au vote. On se déplace. On va dans l’isoloir… » poursuit le président de la section toulousaine de la Ligue des Droits de l’Homme.

L’avantage du système actuel c’est sa simplicité et sa transparence »

« L’avantage du système actuel c’est sa simplicité et sa transparence » explique Sylvie Laval. « On vote et on dépouille à la vue de tous ». La chercheuse reconnaît toutefois la dimension « impressionnante » du protocole actuel. « Est-ce que certains ne vont pas voter à cause de ça ? Je le crois. Ça peut décourager » n’hésite-t-elle pas à affirmer. Parmi ces réticents : les jeunes. « Je dépouille régulièrement et je ne vois personne de moins de trente ans à mes côtés » souligne l’universitaire.

Mais doit-on pour autant essayer de se rapprocher des jeunes générations et de leur univers numérique via un vote par internet ? La question reste ouverte pour Sylvie Laval. Seulement, ces électeurs potentiels voteront-ils plus s’ils peuvent le faire de chez eux ? Là encore, rien de moins sûr. Quoi qu’il en soit la plupart des spécialistes s’accordent sur un point : le délai trop court, d’ici le 28 juin, pour envisager quelque changement que ce soit en matière de votation.

Un tel changement institutionnel en si peu de temps n’est pas souhaitable »

« Un tel changement institutionnel en si peu de temps n’est pas souhaitable. Est-ce qu’on peut imaginer les dégâts qu’occasionnerait un soupçon de fraude surtout en période de crise » prévient Sylvie Laval. « Mais il faut y penser pour l’avenir » insiste Pierre Esplugas. Aujourd’hui ou demain, « j’ai clairement peur que ça ne renforce la défiance du citoyen envers le politique » s’inquiète Pascal Nakache.

« Les modalités de la procuration doivent être assouplies » estime en revanche Pierre Esplugas. Pour le professeur de droit public, « commissariats et gendarmerie ne sont pas des lieux idéaux pour effectuer la démarche ». « Il faut faciliter la procuration électronique » recommande celui qui est aussi le chargé des relations presse pour la campagne de Jean-Luc Moudenc.

Retour à la normale ?

L’incantation présidentielle, et d’autres, de « numériser la démocratie » ne semble donc pas à l’ordre du jour. La crise sanitaire a-t-elle là aussi fait son œuvre ? « Aujourd’hui la télévision redevient un média de masse, fait remarquer Sylvie Laval. Les allocutions du Président ou du Premier Ministre y sont suivies. La routine fatigue parfois, mais elle rassure aussi ».

Patrick Noviello (@patnoviello)

(1) Institut de Droit de l’Espace, des Territoires, de la Culture et de la Communication.

Municipales à Albi : Muriel Roques-Etienne se retire « la mort dans l’âme »

Muriel Roques-Etienne ne participera pas au second tour des municipales. Elle invoque des raisons politiques mais aussi le contexte sanitaire.

Muriel Roques-Etienne

Le soir du 1er tour des municipales, la maire sortante est arrivée en tête avec 39.10% des voix. Muriel Roques-Etienne a obtenu 14,69 % des suffrages exprimés au 1er tour des municipales, le 15 mars dernier. La candidate, soutenue par En Marche, pouvait se maintenir au 2nd tour mais elle se retire de la compétition électorale.

Muriel Roques-Etienne justifie par des raisons politiques. « J’ai eu confirmation d’une fusion des listes de l’ultra gauche et je ne prendrai pas le risque de faire gagner l’ultra gauche. Notre électorat ne le comprendrait pas. Je ne donne pas de consigne de consigne de vote car je n’ai pas la prétention de la faire. Chacun fera ses choix en responsabilité  » précise l’ex candidate.`

Je ne donne pas de consigne de vote

Selon nos informations, l’argument  d’une fusion de liste qualifiée « d’ultra gauche » par Muriel Roques-Etienne est bien réel. La fusion des listes de Nathalie Ferrand-Lefranc (Divers Gauche. 22,02 % des voix) et de Pascal Pragnère (EELV. 13,22% des suffrages exprimés) est effectivement actée.

Muriel Roques-Etienne met également en avant le contexte très particulier d’un second tour organisé après deux mois de confinement. « Ces élections vont très peu mobiliser. Elle sont faussées par le Covid » souligne l’ex candidate.

Muriel Roque-Etienne va officialiser sa position et rendre public sa décision ce mercredi soir, lors d’un conseil municipal.

Ce sera le dernier pour celle qui fût adjointe de la maire sortante. Mais la vie politique continue pour Muriel Roques-Etienne.

La future ex élue albigeoise est toujours la suppléante du député du Tarn, Philippe Folliot.

Un député qui a précisé qu’il termine son dernier mandat en 2022.

Laurent Dubois (@laurentdub)

25 Mai

Avant le procès, des accusateurs du maire de Gaillac se rétractent et présentent des excuses

Le maire de Gaillac doit comparaître devant la justice pour corruption passive et prise illégale d’interêt. Deux de ses accusateurs, à l’origine de leur affaire, se rétractent et présentent publiquement des excuses.

Patrice Gausserand maire de Gaillac (Tarn). Photo : Facebook PG

Le 2 juillet prochain, Patrice Gausserand, va comparaître devant le tribunal correctionnel d’Albi. Le maire de Gaillac est (également) actionnaire d’une société immobilière, le Comptoir des Bastides. La  justice doit déterminer si l’élu local n’a pas mélangé les genres en faisant pression, en mai 2017, sur les gérants d’un bar dont il venait de faire l’acquisition.

Les 4 associés ont été entendus par la police. Un dépôt de plainte a même été déposé mais deux d’entre eux reviennent sur leurs accusations. Razic Aidoud et Valérie Ballester reconnaissent qu’ils n’ont jamais disposé d’un bail et que la demande de Patrick Gausserand de quitter les lieux étaient fondée.

Valérie Ballester a fait confiance au président de la société gérant le fonds de commerce, Didier Bresolles. Celui-ci affirmait disposer d’un bail. Mais, selon elle, ce n’était pas vrai. Faux statuts, absence de bail, fausses signatures. La situation juridico-administrive de l’établissement se serait révélée plus que douteuse.

Nous ne disposions pas de bail, d’assurance et de licence

« Depuis 1 an, j’ai les preuves que nous ne disposions pas de bail et donc d’assurance et de licence. Je me demande même comment la société a pu être enregistrée au registre du commerce. J’ai fait une erreur. Je reviens en arrière et je reconnais mes torts » déclare Valérie Ballester.

La proximité du second tour des municipales pose, évidemment, question. Même si Patrice Gausserand est arrivé (largement) en tête du 1er tour. Pour Valérie Ballester, sa confession publique n’a rien de politique. L’ex associée a rouvert un nouveau commerce et selon elle aurait uniquement besoin de dire sa vérité.

Je le vis mal.

« Je le vis mal. On fait de fausses accusations. C’est en mon âme et conscience que je souhaite présenter mes excuses à Patrice Gausserand. Je n’ai pas à faire de procès. Je ne sais pas si la justice à d’autres choses à reprocher à Patrice Gausserand. Sur la forme, le maire de Gaillac n’a pas forcément choisi la manière la plus appropriée. Mais je sais une chose, il a raison quand il nous a dit que nous ne sommes pas en règle et que nous devons quitter les lieux » précise Valérie Ballester.

L’ex associée a contacté le SRPJ de Toulouse pour revenir sur sa déposition. Mais l’enquête est close.La rétraction de Valérie Ballester ne sera pas versée au dossier.

Le seul rebondissement possible passe par l’ouverture d’une information judiciaire.

Mais, en toute hypothèse, un procès se tiendra début juillet.

Contacté par France 3 Occitanie, le maire de Gaillac ne fait de commentaire.

Contacté par France 3 Occitanie, l’avocat de Didier Bresolles, précise que les déclarations de Valérie Ballester lui « semblent constitutive de répresailles » car son client  » a porté plainte contre elle pas plus tard que le 30 avril ».

Maître Antoine Christin insiste également sur  » le timing de déclarations faites moins d’un mois après cette plainte ». Pour l’avocat de Didier Bressolles, Valérie Ballester « utilise » les médias « dans le cadre d’une vendetta ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

Déconfinement : la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, demande la gratuité des autoroutes

La présidente (PS) du conseil régional d’Occitanie, Carole Delga, interpelle les sociétés autoroutières. Carole Delga demande la gratuité des péages pour aider les départs en vacances.

Carole Delga. Présidente du conseil régional d’Occitanie. Photo : Max PPP

Carole Delga multiplie les initiatives pour sortir le tourisme du déconfinement. La présidente de la région Occitanie propose (notamment) de créer un chèque tourisme. L’enjeu économique est essentiel. Plus de 96 000 emplois sont concernés. Le tourisme représente 10,3% du PIB régional.

Ces résultats se concentrent sur une période : l’été. Pour sauver la saison, Carole Delga demande aux Occitans de privilégier les plages et les massifs montagneux de la région. Mais la présidente du conseil régional formule une autre proposition. Carole Delga demande aux sociétés autoroutières et à l’Etat de « lever les barrières » c’est-à-dire la gratuité des péages.

Elle estime que cette mesure exceptionnelle aidera les Français à partir en vacances.

La gratuité aurait forcément un impact sur le chiffre d’affaires des sociétés d’autoroutes. Mais le budget de l’Etat serait également concerné. Les finances publiques perçoivent 40% des recettes des autoroutes concédées. Cela représente environ 5 milliards d’euros par an.

Selon nos informations, le ministère des Transports n’est pas informé de la demande de Carole Delga.

Dans le Nord et l’Est de la France, l’initiative de la présidente du conseil régional prend une autre tournure. Dans ces régions, les autoroutes ont été vendues par l’Etat. La réponse à la demande de Carole Delga ne peut venir que d’un opérateur privé.

Une source, proche de Vinci Autoroute, affirme qu’une réponse positive est « plus qu’improbable ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

14 Mai

Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, veut « Déconfiner » les Municipales et un vote en juin

[Verbatim] Pour le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, le déconfinement doit être étendu aux Municipales. Le scrutin doit pouvoir se tenir en juin prochain.

Jean-Luc Moudenc. Maire (LR) de Toulouse. Photo : MaxPPP

Les commerces sont rouverts et les Français retrouvent le chemin du travail. Le maire (LR) de Toulouse estime que le déconfinement doit également s’appliquer aux municipales. « Dès l’instant ou tout rouvre peu à peu, cela paraît curieux de ne pas pouvoir ouvrir un bureau de vote avec des mesures sanitaires » a déclaré Jean-Luc Moudenc sur le plateau de Public Sénat.

Cela paraît curieux de ne pas pouvoir ouvrir un bureau de vote

La tenue du 1er tour, en mars dernier, a laissé des traces. Des scrutateurs ont été infectés. Des maires ont été emportés par le Covid. Plusieurs recours ont été déposés pour demander une annulation du vote.

Le contexte épidémique a changé. Mais un nouveau vote n’est pas évident.

Selon Jean-Luc Moudenc, les esprits sont prêts.

Le maire de Toulouse (et candidat aux muncipales) préside l’association des élus des grandes villes. Pour lui, « une majorité d’élus de France Urbaine ( ndlr : l’association présidée par Jean-Luc Moudenc) considère que ce second tour doit se tenir en juin« .

Le second tour doit se tenir en juin

Le président de France Urbaine précise toutefois que « la condition absolue » est « la sécurité sanitaire« . Jean-Luc Moudenc souligne un point : « tout est suspendu à l’avis du conseil scientifique annoncé pour le 23 mai ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

10 Mai

Haute-Garonne : quand le Déconfinement exacerbe les tensions politiques

La ville de Cugnaux prépare le déconfinement dans une ambiance électrique. Majorité et opposition municipales se déchirent. La distribution des masques attisent également les tensions entre la présidente du conseil régional et la majorité parlementaire.

Photo : MaxPPP

La commune de Cugnaux prépare activement le déconfinement. «  Nous avons commandé plus de 18 000 masques. Chaque habitant recevra nominativement son masque par courrier dès la semaine prochaine prochaine. Nous rouvrirons les 5 groupes scolaires, soit 10 écoles dès la semaine prochaine. Nous avons mis en oeuvre de gros moyens pour accueillir les élèves dans le cadre du protocole sanitaire  » souligne l’adjointe au maire, Alexandra Arabia.

La logistique se met en place pour le jour J, le 11 mai prochain. Mais, pour l’opposition, il manque une chose : la concertation. La préparation  de l’envoi des masques a mis le feu aux poudres.

L’opposition s’indigne. Elle se dit exclue. Un des représentants, Philippe Guérin parle de « petitesse » et de « sectarisme ».

« Depuis le début du confinement, nous proposons notre aide au maire et lui demandons de nous informer des mesures prisesAprès avoir longuement insisté nous avons reçu deux mails d’informations succincts. Et nous apprenons sur Facebook que la majorité communique sur la mise sous plie des masques aux côtés du personnel personnel. N’étant pas candidat aux municipales nous ne pouvons pas être taxé de récupération » déclare Philippe Guérin.

Pour la majorité, il s’agit d’une fausse polémique. « Notre priorité est totalement centrée sur la gestion de crise. Je trouve regrettable que, comme à l’accoutumé Monsieur Guérin se positionne dans une posture de politique politicienne » estime Alexandra Arabia.

Les masques attisent les tensions et pas uniquement dans les communes. En version  lavable ou chirurgicale, ils déclenchent des escarmouches entre la majorité parlementaire et la présidente socialiste du conseil régional.

 


Au niveau régional comme à Cugnaux,  les protections en tissus ou chirurgicales font tomber les masques sur des tensions qui existaient…avant le confinement.

Laurent Dubois (@laurentdub)

09 Mai

Hautes-Pyrénées : démission d’une responsable « historique » d’En Marche

Marie-Agnès Staricky a fondé le comité local d’En Marche à Lourdes. Elle démissionne car elle ne se reconnait plus dans les valeurs d’un mouvement qu’elle a contribué à créer dans les Hautes-Pyrénées.

Photo : MaxPPP/Tanguy

Une responsable « historique » d’En Marche dans les Hautes-Pyrénées claque la porte de son parti.

 » J’ai rejoint En Marche dès l’été 2016, à cette époque nous étions très peu à croire au projet d’Emmanuel Macron. Dans la foulée, j’ai créé à Lourdes, le premier comité local. Pour les législatives 2017, j’ai été investie par LREM et j’ai obtenu un score très honorable de 54% sur Lourdes  » souligne Marie-Agnès Staricky.

Nous étions très peu à croire au projet d’Emmanuel Macron

Mais ce parcours appartient au passé. Marie-Agnès Staricky démissionne.  » Le mouvement lancé par Emmanuel Macron s’est éloigné de sa vocation d’être le fer de lance de cette promesse de « Révolution » (ndlr : titre du livre programme du candidat Macron). Il semble s’être transformé en machine politique qui déconcerte ceux qui aspiraient à être acteurs…et se retrouvent spectateurs de décisions prises par d’autres selon des méthodes et des logiques…contraires aux valeurs originelles  » explique la désormais ex-Marcheuse.

En Marche s’est éloigné de sa vocation

Cette décision n’est pas vraiment une surprise. Au moment des municipales, la responsable d’En Marche à Lourdes a écrit aux délégué général de son parti, Stanislas Guérini. Marie-Agnès Staricky dénonçait l’opacité de la procédure pour les candidatures au scrutin de mars dernier.

Ce n’est pas le première fois que le parti d’Emmanuel Macron subit le départ d’un responsable local. Il existe un précédent dans le Tarn avec la démission du référent. Une démission qui a, d’ailleurs, été suivie de la démission collective de l’ensemble du comité départemental.

Outre le caractère « massif » des défections, il existe une autre différence entre la situation tarnaise et celle des Hautes-Pyrénées.

La décision de l’ex responsable du comité de Lourdes intervient dans un contexte national particulièrement compliqué pour En Marche. La création d’un groupe parlementaire « dissident » à l’Assemblée Nationale pourrait faire perdre la majorité absolue à Emmanuel Macron.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

06 Mai

Municipales à Toulouse : front uni à gauche mais jusqu’où ?

Et soudain la gauche toulousaine fit à nouveau front commun. C’était lors du dernier conseil municipal du 29 avril consacré à la crise sanitaire. Un présage d’union si un premier tour se rejouait en septembre ? Un programme commun pourrait-il s’écrire pour « l’après » ?

Le 4 avril dernier, la façade du Capitole illuminée en bleu en hommage aux personnels soignant mobilisés durant la pandémie. Photo Xavier De Fenoyl MaxPPP

Avant même le conseil municipal du 29 avril dernier, le ton était donné dans un communiqué commun. Une opposition unie, PS, EELV, Génération(s) et Communistes, déclare vouloir préparer l’assemblée dans un « esprit constructif et républicain » pour « renforcer l’action de la ville face à la crise sanitaire ». Une gauche municipale qui propose des mesures face à l’épidémie avant d’ajouter :

 

Nous ne sommes dupes de rien. Nous n’oublions pas les conséquences de six ans de gestion de la majorité de Jean-Luc Moudenc sur le tissu social, éducatif, associatif toulousain, affaibli au moment d’affronter cette crise. Nous n’oublions pas la servitude déclarée et l’alignement sur un gouvernement répressif, directif et sourd aux revendications sociales. Lorsque le temps du débat public local reviendra, nous ne manquerons pas de rappeler tout cela. »

 

Union dès un éventuel nouveau 1er tour ?

« Sans dire bien évidemment qu’il profite de la crise sanitaire, parce qu’elle ne profite à personne, Jean-Luc Moudenc joue actuellement le rôle de protecteur de la population, celui qui gère. Et il communique beaucoup là-dessus » explique Pierre Cohen. « Nous lui avons proposé de créer une cellule d’anticipation de sortie de confinement où tous les groupes seraient représentés. Mais il n’a pas donné suite » regrette le leader local de Génération(s).

En attendant le groupe toulousain de Génération(s) continue de travailler de concert avec Antoine Maurice, EELV et Archipel Citoyen que ce soit à la mairie ou au conseil de métropole. A tel point que Pierre Cohen envisage sans détour une liste commune dès le premier tour, si premier tour il devait y avoir à nouveau. Du côté d’Archipel, le processus de désignation des candidats ayant été validé très collégialement la chose n’est pas aussi simple à réaliser.

Ensemble face au virus et après ?

Mais Antoine Maurice le reconnaît volontiers : « dès le soir du 1er tour, nous avions abouti très vite à nous entendre avec Pierre Cohen ». Pour la tête de liste Archipel Citoyen, il est important d’envoyer un message de rassemblement. « Notre projet écologiste avait cette vocation et l’a permis ». Qu’en est-il des socialistes alors emmenés par Nadia Pellefigue ? « Un accord avait commencé à être posé avec elle au lendemain du 1er tour, mais nous n’avons pas eu le temps de le conclure » explique diplomatiquement Antoine Maurice. Autrement dit, Nadia Pellefigue ne se ferme aucune porte.

« Le dernier échange SMS que nous avons eu remonte à plus d’un mois » reconnaît la candidate socialiste. Pour elle, un travail de l’ensemble de la gauche actuellement au conseil municipal ne signifie en rien un rapprochement de toutes les listes de gauche. « Je ne traduirai pas nos propositions communes face à la crise sanitaire par liste commune aux municipales » précise-t-elle d’emblée. La vice-présidente en charge de l’économie au Conseil Régional se dit pour l’heure toute à sa mission d’aide aux entreprises et aux travailleurs en difficulté.

Programme commun ou pas ?

« De toute façon ce que nous serons en mesure de proposer aux citoyens en sortie de crise doit dépasser le cadre d’un simple programme » élude la candidate au Capitole. « Notre projet écologiste est plus que jamais d’actualité et il a permis déjà un large rassemblement » rappelle Antoine Maurice. « Il faudra plus que jamais se retourner vers les besoins des gens » prévient Pierre Cohen.

Et leur adversaire sortant peut-il lui aussi revoir sa copie ? « Jean-Luc Moudenc engage actuellement des actions nécessaires. A cette étape, s’il s’en tient à son rôle, il ne pose pas de vision » commente Nadia Pellefigue. Alors peut-il y avoir un programme commun, forcément modifié, à opposer par la gauche à celui de l’actuel maire ?

Sans certitude, Antoine Maurice se dit toutefois « confiant ». Il faudra évidemment en discuter avec l’Assemblée militante d’Archipel qui pour l’heure se réunit en visioconférence toutes les trois semaines. Mais qu’en est-il des rapports difficiles, voire inexistants, entre Pierre Cohen et Nadia Pellefigue ? « On fonctionne bien avec Archipel Citoyen. En dehors des conseils municipaux et communautaires, nous avons moins de relations avec le PC et le PS » reconnaît volontiers Pierre Cohen.

Un électorat incertain

Et les électeurs dans tout ça ? Ceux qui s’étaient rendus aux urnes en mars, moins nombreux que d’habitude, coronavirus oblige, avaient placé Antoine Maurice en deuxième position derrière le maire sortant. Difficile de dire si la crise sanitaire aura un effet sur un scrutin au déroulement et à la date encore inconnus. Nadia Pellefigue ne se prononce pas. Antoine Maurice et Pierre Cohen s’accordent sur un point. Pour eux, la balance peut pencher dans les deux sens : soit une prise de conscience citoyenne de l’impérieuse nécessité de changer de méthode, soit au contraire l’option de repartir comme avant, pour ne pas plus bousculer les choses qu’elles ne le sont.

Patrick Noviello (@patnoviello)

 

05 Mai

Déconfinement : « chaque Toulousain recevra gratuitement un masque » affirme le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc

Les écoles toulousaines sont-elles prêtes à rouvrir ? Quelles mesures dans les transports ? Les habitants de Toulouse vont-ils recevoir des masques et quand ? 6 jours avant le 11 mai, le maire de Toulouse répond aux (nombreuses) questions posées par le déconfinement. Maire (sortant), Jean-Luc Moudenc est également un candidat qui va devoir refaire campagne. Quel est son regard sur son score du  1er tour et son analyse sur un calendrier électoral bousculé par le coronavirus. Interview.

Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse. Photo : MaxPPP

Le Blog Politique. Plusieurs candidats aux municipales attaquent l’Etat en justice au sujet du 1er tour des Municipales. Ils estiment que l’organisation du vote en mars dernier, en pleine épidémie, les a exposés à un danger sanitaire. Fallait-il maintenir le scrutin du 15 mars  ?

Jean-Luc Moudenc. Il est toujours très facile de donner des leçons après coup !  Bien sûr qu’au regard de ce que nous savons aujourd’hui, il eût été sans doute préférable de reporter la tenue du 1er tour. Je rappelle simplement que le Conseil scientifique avait apparemment donné son assentiment au gouvernement, quelques jours avant l’élection, sous réserve de respecter les gestes barrières et d’un certain nombre de précautions, qui ont été prises par les maires de France. Et que toutes les forces politiques de notre pays étaient alors d’accord avec cette décision de maintien. Toutefois, beaucoup de nos concitoyens ont ensuite ressenti une contradiction à l’annonce subite, formulée par le Premier ministre, à peine 12h avant l’ouverture des bureaux de vote, de fermer tous les restaurants et bars.

Il eût été sans doute préférable de reporter la tenue du 1er tour

Le Blog Politique. Vous êtes en tête du 1er tour mais avec un score relativement bas, en dessous de la barre des 40% Comment analysez-vous votre score?

Jean-Luc Moudenc. Certes, il faudra analyser l’expression des électeurs de premier tour et notre score, qui reste plutôt bon par rapport aux autres sortants dans les grandes villes. Mais ce n’est pas le moment : comme tous les maires et leurs équipes, depuis plus d’un mois et demi, je suis mobilisé à 100%, 7 jours sur 7, par la gestion de la crise du covid. Les élections municipales me semblent quelque peu hors sujet…

Un score plutôt bon par rapport aux autres sortants

Le Blog Politique. Les deux candidats qualifiés, face à vous, pour le 2nd tour des municipales, sont favorables à une remise à zéro du compteur électoral et à un nouveau 1er tour. Quelle est votre position ?

Jean-Luc Moudenc. Ce n’est ni aux autres candidats, ni à moi d’en décider. C’est au gouvernement, dans le respect du droit et de nos règles démocratiques, en lien avec le Conseil d’Etat or, cette institution a expliqué que reporter seulement le 2nd tour n’est  possible que dans un « délai raisonnable » après le 1er. Il appartient donc au gouvernement et au Législateur d’apprécier cet avis. Quand je vois tout ce que nous, les élus locaux, avons à gérer autour de la sortie du confinement (masques, écoles, crèches, services publics, relance de l’économie, renforcement de la solidarité locale…) je doute que nos concitoyens aient l’esprit à des élections dans quelques semaines.

Je doute que nos concitoyens aient l’esprit à des élections

Le Blog PolitiqueDepuis quelques jours, il y a plus de voitures sur la rocade et de personnes dans les rues de Toulouse. Craignez-vous un relâchement ?

Jean-Luc Moudenc. En effet, j’ai moi-même constaté une forme de relâchement depuis quelques jours, et le fait que notre territoire soit aujourd’hui dans la catégorie « verte » risque de ne pas aider. J’insiste, la Police municipale reste entièrement mobilisée et le demeurera pour éviter toutes formes d’abus, y compris après le 11 mai. La menace d’une nouvelle vague de contamination doit être prise très au sérieux.

Un relâchement du confinement

Le Blog Politique.  Vous avez interpellé l’Etat sur le respect du confinement dans certains quartiers. Avez-vous été entendu ?

Jean-Luc Moudenc. La responsabilité de faire respecter le confinement relève avant tout de la Police nationale, placée sous l’autorité du Préfet, représentant du Gouvernement. Même si la Police municipale y contribue. J’ai effectivement, peu après l’instauration du confinement, alerté l’Etat quant à l’attention qu’il faudrait porter à ce que celui-ci soit respecté dans tous les quartiers, sans distinction. Les événements survenus dès le 2 avril, et au sujet desquels certains de vos confrères m’ont interrogé, m’ont malheureusement très vite donné raison. Comment expliquer aux Toulousaines et aux Toulousains qui s’astreignent à rester chez eux que des poignées de personnes continuent à se regrouper au mépris du confinement ? Ils mettent en danger notre système de soins et s’adonnent à des trafics en tous genres. C’est inadmissible ! Il s’agit non pas d’une critique à l’encontre des agents de la Police nationale, comme certains ont feint de le penser, mais bien d’un constat et d’un appel solennel, pressant, à l’Etat. 

Des poignées de personnes continuent à se regrouper

Le Blog Politique. Le déconfinement doit intervenir à partir du 11 mai. Les Toulousains vont-ils avoir les masques nécessaires ? Combien et comment vont-ils être distribués ?

Jean-Luc Moudenc. Nous l’avons tous compris : il va nous falloir apprendre à vivre avec le virus un certain temps, indéterminé. En complément des gestes barrières, le masque sera indispensable dans les transports en commun et sans doute dans certains lieux publics au sens large. Il m’a semblé nécessaire, parce qu’il en va de la santé des Toulousaines et des Toulousains, d’amorcer le mouvement. J’ai demandé, dès la mi-avril que soient commandés 480 000 masques dits grand public ou alternatifs, répondant aux normes d’homologation fixées par l’AFNor. J’ai proposé à mes collègues maires de la Métropole de se regrouper et nous avons passé ensemble une commande de 900 000 masques pour nos 37 communes .Chaque Toulousain recevra donc gratuitement un masque lavable et réutilisable jusqu’à 50 fois pour accompagner le déconfinement.  A Toulouse, grâce à un partenariat avec la Poste, la Caisse primaire d’Assurance Maladie, la Mutualité Sociale Agricole et la MGEN, ces masques seront directement acheminés chez les habitants, en nombre nécessaire à la protection de tous les membres de chaque foyer. Permettez-moi de profiter de l’occasion pour remercier nos partenaires, sans l’aide desquels cela aurait été autrement plus compliqué.La distribution devrait s’effectuer entre le 11 et le le 23 mai. Mes collègues maires et moi souhaitons que, dans un second temps, l’Etat, le secteur marchand et les initiatives associatives prennent le relais ; dans cette période charnière du déconfinement, nous avons voulu être facilitateurs pour nos concitoyens, qui ne sont pas habitués à ce port généralisé, et alors que certains prix flambent tant que la production n’est pas stabilisée au niveau des besoins. En cela, nous avons voulu faire un acte fort de solidarité. 

 Chaque Toulousain recevra gratuitement un masque lavable et réutilisable

Le Blog Politique. Quels sont vos craintes ou, au contraire, les points rassurants s’agissant du déconfinement programmé dans moins d’une semaine ?

Jean-Luc Moudenc. La doctrine sanitaire communiquée par l’Etat répond d’ores et déjà à une partie importante des questionnements sur le « comment » du déconfinement. Nous sommes pleinement mobilisés pour accompagner ce déconfinement. Il ne s’agit donc pas de craindre ou de se rassurer, il s’agit de faire et de mettre en œuvre des dispositifs les plus efficaces possibles pour que les règles sanitaires soient respectées et éviter le risque d’une nouvelle vague de contamination. Nous présentons aux Toulousains cette organisation nouvelle au fur et à mesure de son  élaboration, faite en relation de travail permanente avec la Préfecture et le Rectorat, afin de permettre à chacun de se projeter dans ce déconfinement et de prévoir autant que possible son quotidien à partir du 11 mai.  Interdire l’accès à un siège sur deux dans les transports, matérialiser les distances entre passagers sur les quais et dans les files d’attente, faciliter la rotation des groupes dans les écoles et les crèches… nous y travaillons intensivement et serons prêts. 

Eviter le risque d’une nouvelle vague de contamination

Le Blog Politique. Un des enjeux du déconfinement est la remise en route du moteur économique. Comment allez-vous aider commerces et entreprises ?

Jean-Luc Moudenc. L’enjeu, c’est avant tout l’humain. Nous le savons, une crise économique à des conséquences sociales dramatiques pour beaucoup. Il nous faut impérativement agir pour limiter ces conséquences et préserver le dynamisme économique et d’emploi de notre territoire. Dès le 26 mars, j’ai annoncé un plan d’urgence économique de 30,7 millions d’euros pour venir en aide aux entreprises les plus petites basées sur le territoire de la métropole. Ce plan se décline en mesures concrètes concertées avec les acteurs économiques représentatifs (CCI, CMA, MEDEF, CPME, Fédération des commerçants). Il a été adopté à l’unanimité des exprimés par le conseil de métropole et le conseil municipal, avec des ajustements à opérer, pour lesquels nous attendons de la souplesse de la part de l’Etat. Allègements fiscaux, exonérations de droits d’occupation du domaine public et facilitation des marchés publics en constituent l’ossature. Également, nous avons repris une quinzaine de chantiers qui avaient été stoppés et allons monter en puissance, car le redémarrage économique – bien sûr sous condition de protection sanitaire des salariés – est un impératif pour préserver l’emploi du plus grand nombre.

30,7 millions pour les petites entreprises de la Métropole

Le Blog Politique. Un bailleur social de la région parisienne va annuler les loyers. Allez-vous faire de même ?

Jean-Luc Moudenc. Les bailleurs sociaux ne sont pas favorables, à ce stade, à une suspension généralisée du paiement des loyers. Ils ont pris des dispositions pour identifier les locataires les plus fragiles (analyse des problèmes de paiement au cas par cas, moratoire sur les expulsions locatives jusqu’au 31 octobre, orientation vers le dispositif d’aide financière du FSL, le Fonds de Solidarité Logement, …). Nous mêmes, avec Georges Méric, avons adapté les règles de ce FSL pour mieux aider les locataires les plus modestes confrontés à davantage de difficultés. Il faut toutefois garder à l’esprit que, cette crise étant sans précédent, d’autres actions devront peut-être envisagées. 

Le Blog Politique. Les écoles vont rouvrir dans une semaine. Êtes-vous prêts ?

Jean-Luc Moudenc. Nous le serons pour le tiers d’entre elles grâce à la mobilisation de nos agents, qui œuvrent depuis des semaines pour accueillir les enfants des personnels travaillant à la gestion de la crise et qui préparent d’ores et déjà le retour des écoliers. La condition absolue et garantie pour l’ouverture des 68 premières écoles toulousaines est l’application rigoureuse du protocole d’hygiène et de sécurité sanitaire, dans l’intérêt des enfants et des adultes travaillant dans ces établissements. Ces jours-ci, l’Education nationale informera, en lien avec nous, les parents au sujet des modalités d’accueil et de l’organisation des groupes d’élèves. Enfin, le 7 mai, la Mairie réunira le parlement éducatif municipal allégé en présence d’un parent élu par école ouverte, de représentants des CLAE, de l’Education nationale , avec pour objectif de répondre à toutes questions qui se posent. Ensuite, le dispositif montera en puissance et d’autres écoles ouvriront les semaines suivantes.

Propos recueillis par Laurent Dubois (@laurentdub)