14 Oct

« En Commun » futur parti politique s’implante en Occitanie

« En Commun » incarné médiatiquement par Barbara Pompili et censé incarner une aile plus à gauche de LREM devient ce mercredi soir à l’issue d’une AG extraordinaire, un parti politique à part entière. Son Président a un pied en Occitanie. Ce qui explique peut-être l’implantation plus rapide de l’entité dans notre région. Revue des troupes et feuille de route de cette nouvelle composante de la majorité.

Université d' »En Commun » début septembre en Bretagne, avec de gauche à droite, Jacques Maire, Hugues Renson, Barbara Pompili et à la tribune Philippe Hardouin. Photo Bernard Galéron

Philippe Hardouin est conseiller municipal d’Ivry-sur-Seine (« une liste mi société civile, mi LREM » explique-t-il) mais il passe la moitié de son temps dans l’Aude où il a notamment intégré le Conseil d’Administration d’un musée à Lasgrasses. Il a bien fait de la politique dans sa jeunesse, mais rien qui le prédestinait à devenir président d’un parti politique.

 

Une sensibilité sur la solidarité qui manquait à LREM »

 

« Nous nous sommes créé au moment du confinement, après le premier tour des élections municipales » se souvient-il. « Il y avait la nécessité de générer à nouveau des débats comme lors de l’élection Présidentielle, de sortir des carcans idéologiques et de faire aussi valoir une sensibilité sur la solidarité qui nous manquait » justifie-t-il. Une sensibilité de gauche à LREM résumeront certains, « courant social et écologiste » diront d’autres.

 

Parmi les premières actions entamées depuis leur création, une lettre envoyée à Gérald Darmanin. Les membres d’En Commun, y contestent du Ministre de l’Intérieur sur l’aide aux migrants. Mais que les choses soient claires, ils ne créeront pas de groupe à l’Assemblée Nationale.

 

46 députés mais pas un groupe à part

 

46 députés ont actuellement rejoint le mouvement qui deviendra donc ce jour un parti. Parmi eux l’élues de Haute-Garonne Elisabeth Toutut Picard ou encore celle de l’Hérault Coralie Dubost.

 « On souhaite que les débats restent au sein du groupe. Ce n’est pas en fractionnant la majorité que nous ferons avancer nos idées » assène Philippe Hardouin.

 

Mais alors pourquoi se constituer en parti ? Notamment en vue des élections prochaines pour éventuellement y soutenir ou y lancer des candidats. Et puis surtout pour constituer une entité à part entière de la future « maison commune » appelée de ses vœux par Emmanuel Macron pour repartir à la conquête d’un second mandat. « Mais on ne sait pas encore à quoi va ressembler cette maison » tempère Philippe Hardouin.

 

Contrairement à LREM, chez nous l’adhésion est payante »

 

En attendant, « En commun » se structure et annonce plus de 500 adhérents dans tout le pays (principalement en Haut de France, Grand-Est, Occitanie, lyonnais et Pays de Loire). « Première différence avec LREM, précise son Président, chez nous l’adhésion est payante ». Le futur parti a tenu sa première université d’été en septembre, sa première réunion régionale en Occitanie il y a trois semaines. Quant à son site internet, il ouvrira cette semaine.

Patrick Noviello

07 Oct

Une lotoise, ancienne plume de Macron, raconte ses « confusions » et les coulisses de la campagne

Marie Tanguy (c’est un pseudonyme) a grandi dans le Lot. Passée brièvement par le PS puis trois ans aux côtés de Laurent Berger à la CFDT, elle décide d’intégrer l’équipe de campagne d’En Marche pour y écrire les discours du candidat. Son livre, « Confusions », raconte son naufrage dans la tempête de la Présidentielle.

Marie Tanguy quittera l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron quelques jours avant le premier tour. Photo Olivier Roller

C’est l’histoire d’un burn-out, d’une erreur de parcours ou de direction. Mais c’est aussi à quelques mois d’une nouvelle campagne présidentielle, la description sans filtre et sans concession d’une machine à gagner l’élection suprême. Même si elle se défend d’avoir voulu nuire au Président, l’autrice, originaire du petit village de Gigouzac, livre un témoignage sans détour.

Dois-je préciser qu’à En Marche, j’ai rencontré de la bienveillance, de l’indulgence, de la politesse, camouflée en gentillesse, de louables intentions. Mais j’y ai rarement trouvé de l’humanité pure. Et comme c’est une chose dont j’ai besoin à fortes doses, c’est sans doute cela aussi dont j’ai crevé »

Marie Tanguy évoque sa fragilité, se rabaisse souvent face aux cerveaux brillants qui composent l’équipe du « candidat » qu’elle ne cite jamais. Sans doute peut-on aussi voir poindre entre les lignes un complexe d’infériorité entre Paris et la province. Mais cette ancienne militante décrit surtout une armée de génies totalement déconnectés du réel et souvent sans la moindre idéologie.

 C’est dans le rapport au doute que je me suis sentie le plus loin d’eux. J’ai toujours eu des convictions profondes tout en n’étant jamais sûre de rien. Pour eux en revanche, la vérité ne faisait pas débat : il suffisait juste de la mettre en œuvre. Une démonstration de force et de volonté, voilà ce que devait être une réforme à leurs yeux.

– On va niquer les régimes spéciaux, disait David. »

« Accélération de la dépolitisation du débat public », « impression qu’on parle plus de marketing que de politique », la radiographie du mouvement est sans appel. Mais la confusion règne aussi selon Marie Tanguy dans « l’absence d’organisation, la hiérarchie incertaine » qui caractérisent EM. « Aujourd’hui encore, je ne sais précisément qui est en charge de quoi » écrit-elle. Une seule certitude en revanche : celle qu’elle a fait fausse route. Elle le sait, à peine une journée après son arrivée au « pôle idée » dans « un bureau dangereux ».

L’un des passages clés à ce sujet : l’élaboration du « projet » préalable au « programme » qui, lui, mettra plus de temps à naître, on s’en souvient.

J’ai vu des impôts, des crédits d’impôts, des droits sociaux, des règles et des agences, naître, prendre leur élan et mourir sous mes yeux pour la plupart, tandis que d’autres parvenaient à résister à l’épreuve des filtres, des arbitrages, des revirements stratégiques ou des volte-face irrationnelles, pour se frayer un chemin vers le Graal d’une inscription sur un livret de 32 pages signé par le candidat ».

Mais cette méthode est-elle vraiment propre au « Nouveau Monde » ? Comme cette tendance du candidat à « promettre à son audience ce qu’elle a envie d’entendre ». Nul doute que Marie Tanguy, elle, ne se fera plus prendre aux sirènes de la politique.

Patrick Noviello

« Confusions » de Marie Tanguy, collection « La grenade », éditions JC Lattès.

05 Oct

Régionales 2021 : fin d’une « candidature » du ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, en Occitanie ?

Julien Denormandie, tête de liste aux régionales en Occitanie. L’hypothèse circule depuis plusieurs semaines. Mais le ministre de l’Agriculture, comme d’ailleurs tous les ministres du gouvernement, ne se lancera pas dans la bataille électorale. L’annonce a été faite en interne.

Julien Denormandie. Ministre de l’Agriculture. Photo : LeParisien/MaxPPP

Julien Denormandie n’a jamais exprimé publiquement ses ambitions régionales. Mais son nom circule beaucoup. Y compris d’un point de vue « géographique ». Une candidature du ministre de l’Agriculture a été évoquée par voie de presse en Île-de-France, en Normandie et en Occitanie. Dans cette dernière région, dont est originaire le jeune ministre, un vrai lobbying s’est mis en place.

Des courriers et des contacts avec des piliers de la « macronie » (notamment Richard Ferrand mais aussi Christophe Castaner) ont eu lieu. Il s’agissait de plaider une candidature Denormandie face à la présidente socialiste sortante, Carole Delga. Selon nos informations, le ministre a également été directement « sondé » pour connaître ses intentions.

Mais, finalement, il n’y aura pas de ministre-candidat dans la région la plus étendue de France. En tout cas, c’est ce qu’affirment plusieurs sources internes à La République En Marche (LaRem). L’annonce aurait été faite par les instances nationales du parti. D’ailleurs, Julien Denormandie ne serait pas le seul ministre à passer le tour des régionales. La ligne d’En Marche est de préserver les membres du gouvernement en évitant de les exposer dans des élections régionales qui s’annoncent difficiles pour la majorité présidentielle.

La question d’une tête de liste pour le scrutin de mars prochain reste donc entière. Elle vire au casse-tête en raison d’une absence (criante) de ressources humaines. Pour tenter de trouver une solution, le délégué général d’En Marche, Stanislas Guérini, a mandaté deux parlementaires pour faire remonter des candidatures.

Ce vendredi, une réunion doit concerner l’Occitanie.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

29 Sep

« Archipel citoyen » se fissure à Toulouse Métropole : fracture entre Insoumis et écologistes

Les élus écologistes et Insoumis, issus de la liste « Archipel Citoyen », devaient constituer un groupe à Toulouse Métropole. Les Verts prennent leur distance et préparent un autre groupe, sans la France Insoumise.

La première fracture est apparue au lendemain des municipales, en juin dernier. Deux conseillers d’opposition, élus sur la liste Archipel Citoyen, ont constitué un groupe autonome au Capitole. Après le PS et le PC, c’est au tour des écologistes de prendre le large.

Cette semaine, les groupes doivent se constituer à Toulouse Métropole. La composante Verte de l’ex liste des municipales est en passe de constituer un groupe autonome, en laissant sur le « rivage » leurs camarades Insoumis et d’autres anciens colistiers.

Parmi ces derniers figure le fondateur d’Archipel, Maxime Le Texier.

Ces 11 élus réagissent et  « regrettent que certain-e-s élues et élus, pourtant signataires de la charte commune du groupe et ayant participé à de nombreuses réunions pour sa constitution aient fait le choix d’en partir pour des raisons qui (leur) échappent ».

Selon nos informations, les raisons du divorce sont liées à des tensions. Les écologistes reprochent à leurs ex colistiers – et particulièrement aux Insoumis- leur comportement « hégémonique ». Un comportement qualifié par un membre d’EELV  » d’habituel avec les traditionnelles méthodes de noyautage afin de récupérer tous les leviers« .

Un schisme à la Métropole aura forcément des conséquences au niveau du conseil municipal toulousain. Difficile d’imaginer que des élus siègent dans le même groupe au Capitole et dans deux groupes distincts lorsqu’il s’agit du conseil métropolitain.

La politique révèle souvent de l’acrobatie. Mais les pirouettes ont des limites.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

28 Sep

Le Tarn département le plus « macroniste » de France : 100% des députés et sénateurs membres de la majorité présidentielle

Un sénateur, proche de la majorité présidentielle, vient d’être élu dans le Tarn. Avec cette élection, tous les parlementaires du département de Jaurès sont membres d’En Marche ou appartiennent au camp « macroniste ».

Emmanuel Macron dans le Tarn . Photo : MaxPPP/DDM/ECayre

Le Tarn a élu, en 2017, le premier maire de l’hexagone a être soutenu par En Marche. Au terme des sénatoriales 2020, le département de Jean Jaurès devient également le seul territoire (métropolitain et ultra-marin) à avoir une représentation parlementaire 100 % « macroniste ».

Avant le renouvellement de ce dimanche 27 septembre, le PS disposait d’un siège. Mais le sénateur sortant, Thierry Carcenac, ne s’est pas représenté. C’est un député, membre de la majorité, présidentielle qui succède au socialiste. L’autre siège était déjà occupé par un sénateur « Macron-compatible ». Philippe Bonnecarrère (Union Centriste) a été réélu.

Au final, les deux sièges du département reviennent donc au camp d’Emmanuel Macron. Mais ce n’est pas tout. Le député nouvellement élu sénateur va devoir laisser son siège à l’Assemblée à sa suppléante. Une suppléante, Murielle Roques-Etienne, qui est membre de…La République En Marche (LaRem).

La nouvelle députée va rejoindre, sur les bancs du Palais Bourbon, les deux autres élu(e)s tarnais qui, eux aussi, portent l’étiquette de…LaRem.

Le conseil départemental est toujours entre les mains du PS. Il semble, d’ailleurs, bien parti pour le rester. Comme pour les Municipales, En Marche manque de ressources humaines pour placer ses pions.

Mais, au niveau des parlementaires, c’est « carton plein ».

La sociologie du « macronisme » est du côté des CSP+ et des métropoles. Mais c’est un territoire rural qui offre sa plus forte implantation territoriale au chef de l’Etat.

La majorité présidentielle vient de subir une série de revers lors de législatives partielles. Le Tarn et les dernières sénatoriales offre à l’Elysée un « lot » de consolation.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

25 Sep

Robert Ménard : « nous partageons des idées » avec la maire (LR) de Montauban, Brigitte Barèges

Le maire de Béziers, Robert Ménard, va participer à une conférence organisée par la maire de Montauban, Brigitte Barèges. Cette rencontre, entre une élue LR et un maire élu avec le soutien du RN,  fait couler de l’encre sur le thème de « l’union des droites » [Interview].

Robert Ménard; maire de Béziers. Photo : PQR/MidiLibre/SBron

Le Blog Politique. Pourquoi avoir accepté l’invitation de la maire de Montauban, Brigitte Barèges ?

Robert Ménard. On se connait. Je l’aime beaucoup. Nous avons déjeuné ensemble à Béziers et c’est avec beaucoup de plaisir que j’ai accepté l’idée d’une conférence.

Le Blog Politique. Quel est le programme de cette conférence commune ?

Robert Ménard. On va parler sécurité, immigration et des dossiers sur lesquels les maires sont les plus compétents pour apporter des réponses. Béziers et Montauban ne se ressemblent pas. Mais il s’agit de villes moyennes qui ont des points communs. L’autre chose qui nous réunit, Brigitte Barèges et moi, c’est la conviction que les solutions viennent du local.

Le Blog Politique. Selon le quotidien Le Parisien, un autre sujet sera abordé : les régionales. Vous confirmez ?

Robert Ménard. On va parler de problèmes de maires mais aussi d’autres sujets. Ce qui hallucinant, c’est la réaction offusquée du Rassemblement National et de Louis Aliot. Même si je m’en fous car je ne me suis pas membre du RN. Il faudrait ériger des murs de Berlin ou, c’est à la mode actuellement, mettre en quarantaine.La réaction des partis politiques est incroyable. Il ne faut qu’ils s’étonnent s’ils perdent  toutes les élections.  Avec Brigitte Barèges nous partageons des idées et peu importe que je ne sois chez Lr (ndlr : Les Républicains).

Propos recueillis par Laurent Dubois (@laurentdub)

24 Sep

Régionales 2021 : le retour d’Archipel Citoyen pour affronter la présidente (socialiste) sortante, Carole Delga ?

La France Insoumise, avec des syndicalistes et des responsables associatifs tend la main aux écologistes pour les prochaines régionales. La formule rappelle l’expérience des municipales à Toulouse avec une « maison commune » réunissant LFI, EELV et des citoyens.

Carole Delga. Présidente du conseil régional d’Occitanie. Photo : Max PPP

L’appel a été lancée ce lundi 21 septembre. Selon une des initiatrices, la conseillère régionale (LFI) Miryam Martin, il a recueilli plus de 1000 signatures. 100 noms ont été rendus publics parmi lesquels figurent l’euro-député Manuel Bompard mais aussi des élus locaux, des responsables d’associations et des gilets jaunes.

Les signataires s’inscrivent clairement dans le calendrier électoral. Les départementales sont visées mais aussi, et même surtout, les régionales de 2021. L’objectif est clair : fédérer  » les citoyennes et les citoyens engagés dans les combats écologiques, sociaux et démocratiques, avec les gilets jaunes, les membres des associations, ONG, syndicats et avec les forces politiques qui partagent…une autre ambition pour la région ».

Cela ressemble à une formule expérimentée à Toulouse, lors des municipales de juin dernier, à savoir la création d’un « Archipel » . Un Archipel baptisé Citoyen et comprenant écologistes, syndicalistes, LFI, associatifs et gilets jaunes. Il manque à la « version régionale » une composante essentielle : Europe Ecologie Les Verts. L’appel, initié par la France Insoumise, vise précisément à tendre la main aux ex-partenaires des municipales à Toulouse.

Les Verts sont (actuellement) sur une logique « autonomiste », comme aux régionales de 2015. De plus, l’expérience des municipales a laissé des traces. Des écologistes reproche à la tête de liste (EELV) d’Archipel Citoyen, Antoine Maurice, d’avoir laisser de trop de places aux Insoumis. Les relations entre LFI et les écolos ne sont pas au beau fixe. Mais une proposition d’alliance est mise sur la place publique par une partie de la gauche.

Le PS est ouvertement désigné pour l’adversaire à battre.

Le nom et l’étiquette politique de la présidente (PS) sortante ne sont pas mentionnés. Mais c’est (totalement) transparent. C’est bien Carole Delga qui est visée.  « Notre démarche vise à bâtir une alternative à la politique menée aujourd’hui par le conseil régional d’Occitanie » précise les signataires de l’appel.

Cette déclaration s’appuie sur un bilan critique de l’action de Carole Delga. « Comment cautionner le choix d’augmenter le temps de travail des agents régionaux sans hausse de salaire ? Comment comprendre le refus d’introduire de véritables contreparties sociales et écologiques aux aides publiques dispensées par la région ? Comment partager le soutien à des projets ruineux et désastreux pour l’environnement, comme l’extension du port de Port-La-Nouvelle, la gare de la Mogère à Montpellier ou à l’autoroute privatisée Castres-Toulouse ? Comment admettre la passivité de l’institution régionale face à la crise sociale qui frappe durement notre région, en particulier dans le domaine aéronautique » soulignent les signataires de l’appel.

Un appel qui s’adresse aux écologistes mais aussi au PC, à Génération-s, à la gauche républicaine et socialiste (GRS) et à la gauche démocratique et sociale (GDS).

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

23 Sep

Brigitte Barèges invite Robert Ménard à Montauban : Valérie Rabault demande aux élus de droite de se désolidariser

Brigitte Barèges, maire LR de Montauban,  invite dans sa ville  Robert Ménard son homologue biterrois, proche du RN. La députée du Tarn-et-Garonne, Valérie Rabault, appelle les élus de la majorité municipale à prendre leur distance avec cette initiative.

Robert Ménard. maire de Béziers. Photo : SCambon/MaxPPP

La première magistrate de Montauban organise une conférence intitulée « les maires en 1er ligne ». Brigitte Barèges promet des échanges « sans complaisance » et « sans langue de bois« . Rien d’étonnant. La maire de Montauban est connue pour ses propos « cash » et même parfois « trash ». En revanche, Brigitte Barèges va partager l’affiche et le micro avec un invité qui déclenche de vives réactions.

La maire de Montauban sera aux côtés de son collègue de Béziers, Robert Ménard. Pour la députée socialiste du Tarn-et-Garonne, Brigitte Barèges « est parfaitement libre d’inviter qui elle souhaite. Cependant, avec cette réunion politique, elle assume une ligne qui ne souffre d’aucune ambiguïté. Elle se rapproche du Rassemblement National« .

Brigitte Barèges se rapproche du Rassemblement National

Robert Ménard n’est pas membre du parti de Marine Le Pen. Mais il existe une vraie proximité entre le maire de Béziers et le Rassemblement. Selon plusieurs sources, Robert Ménard est critique sur la personnalité de la présidente du RN. Il émet également de sérieuses réserves sur la nièce de Marine Le Pen, Marion Maréchal-Le Pen. Le maire de Béziers a parfois croisé le fer avec le nouveau maire (RN) de Perpignan, Louis Aliot.

Néanmoins, au-delà des personnes, Robert Ménard affiche et assume une communauté d’idées sur les questions de sécurité et l’immigration.

La députée du Tarn-et-Garonne fait un parallèle entre le passé chiraquien de la maire de Montauban et l’invitation lancée à Robert Ménard. « Nous avons dévoilé à l’Assemblée nationale une plaque en l’honneur du président Chirac qui, lui, a toujours eu le courage de ne pas frayer avec l’extrême droite. Manifestement, Mme Barèges ne s’inscrit pas dans ses pas » souligne Valérie Rabault.

La présidente du groupe socialiste à l’Assemblée interpelle l’équipe municipale de Brigitte Barèges :

J’appelle les élus de la majorité municipale à avoir le courage de se désolidariser. Si les élus de sa majorité restent silencieux, ceci signifiera qu’ils et elles cautionnent et approuvent cette orientation politique (ndlr : un rapprochement avec le RN) qui ne représente pas à mes yeux l’idée que je que je me fais de la droite républicaine

La conférence organisée par Brigitte Barèges est prévue le 1er Octobre prochain.

Laurent Dubois (@laurentdub)

22 Sep

Haute-Garonne – sénatoriales 2020 : Myriam Martin (LFI), « nous aussi nous sommes capables d’avoir des candidats »

La France Insoumise présente une liste aux sénatoriales en Haute-Garonne. C’est une première depuis la création du parti.

Myriam Martin. Tête de liste LFI aux sénatoriales en Haute-Garonne. Photo : Facebook MMartin

Ce dimanche 27 septembre, en Haute-Garonne, 8 listes se présentent pour le renouvellement de 5 sièges. La France Insoumise participe pour la première fois à ce renouvellement sénatorial. En soi cette participation (inédite) n’a rien de remarquable. Le parti de Jean-Luc Mélenchon n’existait pas (encore) au moment du précédent scrutin, en 2014. La présence d’une liste pourrait tout simplement se réduire à une question chronologique et d’histoire interne à LFI.

Mais, en réalité, ce n’est pas aussi simple. Le fondateur de LFI, Jean-Luc Mélenchon, a siégé au Palais du Luxembourg pendant 20 ans. En revanche, les Insoumis découvrent un mode de scrutin atypique : une élection au suffrage indirect.

Pour la tête de liste en Haute-Garonne, « le premier objectif était de montrer que nous (ndlr : LFI) sommes capables d’avoir des candidats ». L’objectif est atteint. La liste a été déposée en préfecture. Il reste maintenant un autre obstacle : faire campagne. Une sénatoriale suppose d’aller à la rencontre des fameux grands électeurs, maires, délégués, conseillers municipaux, départementaux et régionaux, parlementaires du département.

L’exercice est évident lorsque les candidats aux sénatoriales sont implantés dans les collectivités locales. C’est beaucoup plus compliqué lorsque, à l’image de LFI, on compte sur les doigts d’une main les élus locaux et nationaux membres ou proches du parti. Myriam Martin reste toutefois confiante. La tête de liste LFI organise des meetings virtuels (Covid oblige). Des militants mobilisent leurs contacts et des maires sympathisants jouent les relais.

Face aux réseaux du PS et de LR cela n’est pas certain (du tout) que cela suffise.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

 

 

21 Sep

Régionales 2021 : Antoine Maurice tête de liste pour Europe-Ecologie Les Verts ?

Antoine Maurice est l’actuel leader de l’opposition municipale à Toulouse; Mais il prépare la prochaine échéance : les Régionales.

Antoine Maurice. Photo : MaxPPP/XdeFenoyl

Quatre mois après les municipales, l’agenda politique d’Antoine Maurice prend une tournure régionale. Officiellement, c’est un non sujet. Contacté par France 3 Occitanie, Antoine Maurice déclare :

Je m’exprimerai en temps utile et l’heure n’est pas venue.

Selon nos informations, l’élu toulousain a toutefois évoqué (ouvertement) sa candidature aux régionales en interne. Antoine Maurice est intéressé par la tête de liste Europe-Ecologie-Les Verts. Ce positionnement est assez récent. Il remonte à peine à quelques semaines. Le conseiller municipal de Toulouse bénéficierait notamment de l’appui de  Cécile Dufflot.

En toute hypothèse, Il ne s’agit que d’une candidature à la candidature. Les militants doivent voter pour investir leur tête de liste. Les réactions sont mitigées et parfois franchement négatives. Les nouvelles ambitions régionales d’Antoine Maurice sont perçues comme prématurées et déplacées : 4 mois après les municipales et en contradiction avec l’engagement d’un mandat unique. Le mouvement Archipel Citoyen a permis l’élection d’Antoine Maurice et de 15 autres co-listiersEt, pour des militants, le fait de « courir » après un nouveau mandat ne respecte pas l’esprit et la promesse d’un mouvement qui veut rompre avec les « vieilles » pratiques politiques.

Un malaise est également perceptible au niveau du groupe politique que préside Antoine Maurice au Capitole. L’inquiétude porte notamment sur l’avenir du groupe si son président est accaparé par la campagne des régionales.

Pour le moment, toutes ces réserves et ces réticences restent virtuelles. Antoine Maurice n’a pas encore rendu publique sa candidature.

Mais une chose est certaine; La campagne interne est déjà belle et bien lancée.

Laurent Dubois (@laurentdub)