04 Sep

Le jour où le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, a manqué devenir ministre

Emmanuel Macron a remanié son équipe gouvernementale. Aucun « heureux élu » dans la Région. Le seul « ministrable » était le toulousain Jean-Luc Moudenc et un éventuel portefeuille  remonte à …2017.

Jean-Luc Moudenc et Emmanuel Macron. Photo : AFP/Pavadi

Ils sont plusieurs à en rêver. Le député de la Haute-Garonne, Michaël Nogal et la tarnaise Marie-Christine Verdier-Jouclas se verraient bien dans les habits d’un secrétariat d’Etat.

La double mission de Nicolas Hulot et de Laura Flessel a soulevé des espoirs. Mais le téléphone n‘ a pas sonné. L’Occitanie n’aura pas de représentant au conseil des ministres. C’était possible mais en…2017.

Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, n’a pas été approché s’agissant de l’actuel remaniement. Mais une proposition est arrivée de Matignon il y a un peu plus d’un an.

À l’époque Jean-Luc Moudenc a co-signé, avec 170 élus Les Républicains, une tribune qualifiée de « la main tendue ». L’objectif est de soutenir politiquement et publiquement le nouveau premier ministre d’Emmanuel Macron. Un premier ministre issu des rangs des Républicains et que Jean-Luc Moudenc connaît personnellement.

Edouard Philippe a visiblement bien reçu et apprécié le message. Le locataire de Matignon contacte alors Jean-Luc Moudenc et lui propose d’entrer au gouvernement.

Selon l’entourage de Jean-Luc Moudenc, la proposition est déclinée. La priorité du maire de Toulouse est sa ville. Il ne souhaite pas réactiver la jurisprudence Douste-Blazy : un pied à Toulouse et un autre à Paris.

Plus d’un an après cet épisode, Edouard Philippe n’a pas renouvelé sa tentative de recrutement. Pour un député de la majorité, « c’est pas le moment de faire entrer un représentant de plus de la droite ». Le sous-entendu est évident. Emmanuel Macron subit un procès en « libéralisme » et un réquisitoires pour « déficit de fibre sociale ». Ce n’est pas avec Jean-Luc Moudenc que cette image pourrait être redressée selon ce représentant de la majorité parlementaire.

Mais, en réalité, la question ne se pose pas vraiment. Jean-Luc Moudenc prépare activement les prochaines municipales. Ce n’est vraiment pas le bon tempo pour s’embarquer dans une aventure nationale.

Laurent Dubois  (@laurentdub)

 

 

 

03 Sep

Toulouse : pour une députée En Marche ! tout est prêt pour « le prélèvement à la source »

Le gouvernement hésite au sujet du « prélèvement à la source ». Un report est évoqué. Pour une députée de la Haute-Garonne, l’application de la réforme doit intervenir comme prévu, en janvier 2019.

Corinne Vignon, députée En Marche de la Haute-Garonne. Photo : MaxPPP/isorel

Le prélèvement à la source est à l’origine d’un cafouillage gouvernemental. Le ministre des Comptes Publics affirme que tout est prêt. Mais, dans le même temps, Gérarld Darmanin n’exclut pas un arrêt de la réforme. Une réunion décisive doit se tenir ce mardi 4 septembre. Pour une députée  LaREM de la Haute-Garonne, le calendrier doit être respecté. « Je suis pour la poursuite de la mesure », déclare Corinne Vignon.

Une note interne à Bercy, dévoilée ce week-end par Le Parisien, pointe de graves dysfonctionnements. Lors de simulations informatiques, des contribuables ont été prélevés plusieurs fois et des homonymes ont été confondus. Corinne Vignon s’est rendue « avec Gérard Darmanin dans plusieurs Dgfip (ndlr : services fiscaux) qui ont déployé tous les moyens humains et techniques pour que les phases de test et les erreurs détectées permettent une parfaite efficience en janvier ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

Le PS rassemble tous ses députés à Toulouse

La rentrée parlementaire du PS se déroulera à Toulouse les 10 et 11 septembre prochains. Les 30 députés du groupe vont passer deux jours dans la ville de Jaurès.

Toulouse. Photo : MaxPPP/Charmeux

Toulouse va accueillir la rentrée parlementaire « Nouvelle Gauche ». La présidente du groupe, Valérie Rabault, a choisi la ville Rose pour réunir les 30 députés socialistes et apparentés. Le choix de Toulouse est doublement symbolique : ce n’est pas Paris et c’est la ville de Jaurès. Une délocalisation toulousaine permet d’aller en région et sur une terre historiquement socialiste.

Un seul député socialiste a survécu, en Haute-Garonne, à la vague Macron. Mais le PS est à la tête du département et du conseil régional.

Selon nos informations,les 10 et 11 septembre prochains, seront rythmés par des débats mais aussi des visites d’entreprises.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

Toulouse : démission sur la liste des Européennes de Jean-Luc Mélenchon

C’est le deuxième départ en moins de deux mois. Une jeune toulousaine se retire de la liste de Jean-Luc Mélenchon pour les élections européennes.

Jean-Luc Mélenchon. MaxPPP

En juillet dernier, un proche de Jean-Luc Mélenchon a claqué la porte. Le conseil régional d’Occitanie, Liêm Hoang Ngoc conteste la composition de la liste de Jean-Luc Mélenchon pour les prochaines Européennes. L’économiste de la France Insoumise s’est retiré du casting. Une jeune toulousaine, Ninon Gillet, fait de même. La composition n’est pas arrêtée. Cet automne, un comité électoral doit désigner la tête de liste et se prononcer sur 13 candidatures d’ouverture. Mais les listes « hommes » et « femmes » ont été adoptées par les adhérents de la France Insoumise.

Une jeune toulousaine figure en 26ème position dans ces désignations. C’est une première investiture pour Ninon Gillet. Mais l’expérience s’arrête avant d’avoir débuter.

Ninon Gillet ne sera pas candidate. La jeune femme met en cause le fonctionnement de la France Insoumise : « un groupe tire la barque et ne laisse pas de place aux autres. Il n’y pas de débat interne. On subit sans avoir un mot à dire « . Ninon Gillet, pointe également la ligne politique de Jean-Luc Mélenchon :  » dans le discours tenu à Marseille, on nous parle de mettre « une claque démocratique à Macron » mais l’Europe est laissée de côté ».

Laurent Dubois @laurentdub

 

26 Juil

Macron à Bagnères-de-Bigorre : drôle de com’

Emmanuel Macron, mercredi 25 juillet à Bagnères-de-Bigorre dans les Hautes-Pyrénées

Emmanuel Macron a semble-t-il été élu pour casser les codes, il continue à le faire. L’affaire Benalla n’a hélas rien de neuf dans ce que les arcanes du pouvoir peuvent produire de plus glauque. Mais la façon dont le Président répond à ce scandale, pas forcément d’état selon certains, dépasse toutes les fictions possibles et imaginables.

Et un des nouveaux chapitres de ce « storytelling » comme il aurait été appelé en d’autres temps, se joue dans notre région. Premier acte : le Président se défile et ne vient pas affronter le peuple du Tour de France. Acte 2 : il vient quand même sur ses terres familiales des Hautes-Pyrénées pour un « dîner républicain » et privé à l’Abbaye d’Escaladieu puis va inaugurer les nouvelles installations du Pic du Midi. Bref une abbaye ainsi qu’un site touristique et scientifique perché au plus haut, on ne pouvait rêver plus hermétiques citadelles pour éviter les médias.

Chacun le sait, notamment dans notre profession, en politique comme en d’autres domaines, il y a l’agenda officiel et puis « ce que l’on peut gratter ». Hier soir s’est donc écrit un nouvel acte de ce vaudeville politico-médiatique : Emmanuel Macron s’est promené dans les rues de Bagnères de Bigorre. Et là ? Tiens, voilà que deux chaînes info y étaient aussi pour l’interpeller sur l’affaire Benalla.

« Seules BFM et CNEWS pour enregistrer la parole présidentielle dans son biotope bagnérais ?» s’interroge Pierre Challier dans « La Dépêche du Midi ». Pour savoir ce qui s’est dit dans ces interviews à bâton-rompue, je vous renvoie chez mes confrères.  Si l’on en croit l’Agence France Presse, le Président suit alors « une stratégie offensive en invectivant des journalistes de BFMTV et CNEWS ».  L’ambiance est plus feutrée en revanche pendant que France Bleue Béarn questionne Emmanuel Macron, en vidéo, dans une boutique du centre-ville bagnérais. Ça alors, si on peut plus faire ses courses tranquilles….

Après une pseudo-conférence de presse filmée au téléphone par les députés de la majorité mardi soir, et amplement relayée, l’Elysée a donc choisi un autre mode de communication : la balade impromptue où l’on croise des médias. C’est un peu ce qui s’était passé à La Mongie lors de la précédente visite présidentielle pyrénéenne l’hiver dernier, non ? Hier au moins, pas de risque qu’un journaliste soit rabroué par Alexandre Benalla, d’autant que ceux qui étaient là semblaient être attendus.

Patrick Noviello (@patnoviello)

12 Juil

Décès de l’ancien député socialiste de l’Ariège Alain Fauré : les réactions

Alain Fauré, à l’Assemblée Nationale le 23 novembre 2016. Photo Léon Tanguy/MAXPPP

L’ancien député socialiste de l’Ariège Alain Fauré est décédé à son domicile des Pujols, dans la nuit du 11 au 12 juillet. Le chef d’entreprise avait succédé à Henri Nayrou en 2012 avant d’être battu cinq ans plus tard puis de se retirer de la vie politique. Il avait 56 ans.

« C’est le choc. Une grande stupéfaction mais aussi une grande tristesse ». Le secrétaire fédéral du PS ariégeois est affecté. Jean-Christophe Bonrepaux se souvient d’un homme « toujours plein d’enthousiasme et qui avait son franc-parler ». « Alain, ce n’était pas le genre à pratiquer la langue de bois ».

Une franchise qui faisait parfois des étincelles mais qui avait le mérite de faire avancer le débat. Ainsi l’ancien président des MJS ariégeois se souvient d’Alain Fauré. « Nous étions rarement d’accord Alain et moi, et avions des débats passionnés mais je dois reconnaître qu’il était un homme fidèle à ses valeurs et de conviction » commente sur tweeter Dorian Lhez qui a désormais rejoint Génération.s.

« Nous avions siégé ensemble durant 5 ans à l’Assemblée Nationale. Il apportait son énergie à notre collectif » se souvient également Christophe Borgel, ancien député socialiste de Haute-Garonne et à l’époque secrétaire national en charge des élections au PS. Alain Fauré avait notamment siégé à la commission des finances. Il avait aussi participé à une commission d ‘enquête sur les conséquences de la baisse des dotations d’état sur les services publics de proximité.

Autre ancienne députée socialiste à avoir siégé à ses côtés, la Présidente de Région salue dans un communiqué « cet homme reconnu de tous qui a consacré sa vie aux autres et à l’Ariège ». Carole Delga évoque aussi une relation particulière avec Alain Fauré : « J’ai tissé avec lui au fil des années des liens forts, personnels, qui allaient au-delà de notre engagement commun. Nous étions « amis pour la vie », comme il me l’avait si joliment affirmé et encore rappelé lors de notre conversation en juin. »

Alain Fauré avait également été candidat à la mairie de Pamiers en 2014. Il avait échoué face au sortant DVD André Trigano qui briguait là son quatrième mandat. « J’ai le souvenir d’un opposant à la communauté de communes, qui, quand il n’était pas d’accord, avait toujours des projets à proposer. Ça n’était pas un destructeur. C’était un homme efficace et loyal » explique avec de la tristesse dans la voix André Trigano.

En Ariège, l’émotion est très vive comme le souligne Kamel Chibli. « Le département a perdu quelqu’un qui a beaucoup donné pour son territoire » insiste le vice-Président du Conseil Régional. Egalement très attristée l’ancienne députée socialiste de l’Ariège Frédérique Massat évoque sur son compte tweeter « un ami engagé, bosseur, dévoué à son terroir, conscient de la fragilité de l’existence, blessé, et on le comprend, par la vie politique ».

Patrick Noviello (@patnoviello)

 

05 Juil

Conseil départemental du Tarn-et-Garonne : le préfet saisi de la vente du centre de vacances de Mimizan

Le conseil départemental du Tarn-et-Garonne a vendu une base de loisirs dont il était propriétaire. L’opposition saisit le préfet et s’interroge sur la légalité de l’opération.

Préfecture du Tarn-et-Garonne

Les vacances à Mimizan, c’est fini. Le conseil départemental du Tarn-et-Garonne disposait d’un centre de loisirs depuis les années 50. Mais il a été vendu. L’opération déclenche une levée de bouclier. Une pétition a été lancée. Des courriers, pour dénoncer le projet, ont été adressés aux maires et aux directeurs d’école du département. Le jour du vote de la délibération les débats ont été animés. Mais c’est acté. Le centre de vacances de Mimizan n’appartient plus au patrimoine patrimonial. Mais le feuilleton n’est pas terminé et le nouvel épisode se joue à la préfecture.

Le représentant de l’Etat est saisi par la présidente du groupe PS au conseil départemental, Dominique Sardeing-Rodriguez.

La conseillère départementale interroge le préfet sur la régularité de la vente de Mimizan. Le préfet est en charge du contrôle de légalité. A ce titre, il doit se livrer à un expertise juridique et il peut, s’il le juge utile, saisir le tribunal administratif.

Dominique Sardeing-Rodriguez interroge le préfet sur la procédure ayant permis la cession du centre de loisirs. L’élue socialiste souhaite savoir si la consultation du Comité Technique (CT) n’était pas obligatoire. Mais elle s’interroge aussi sur l’acquéreur à savoir la mairie de Mimizan :

à aucun moment en conseil municipal de la commune de Mimizan, le sujet de l’achat (du terrain sur lequel se trouve le centre de Loisirs) n’a été abordé et (la) lettre d’intention n’est assise sur aucun crédit disponible ou visé dans le budget municipal pour un tel achat

Au delà des questions de forme, Dominique Sardeing-Rodriguez interpelle le préfet sur l’équation économique de la vente de Mimizan :

Quelle peut-être la justification d’un prix de vente à 110 m2, alors que l’avis des domaines est de 78,28 euros le m2 ? En poussant le raisonnement à l’absurde pourquoi Mimizan achèterait-il si cher au dessus du prix des domaines ? et pourquoi 110 euros le m2 et pas 120 ou 150 euros le m2 ?

Le préfet du Tarn-et-Garonne va devoir se prononcer sur ce point comme sur les autres aspects soulevés par Dominique Sardeing-Rodiguez.

Laurent Dubois (@laurentdub)

04 Juil

La justice confirme qu’il n’y a jamais eu de devis pour l’agrandissement de l’hôtel de région à Toulouse

Des plénières à Toulouse supposent des travaux et coûtent des millions d’euros. C’est le discours de la présidence de Région, Carole Delga. L’opposition demande des devis. Pour la justice administrative, ces documents n’existent pas.

Assemblée Plénière du conseil régional d’Occitanie. MaxPPP/Esdourrubailh

Depuis deux ans et demi, le conseil régional organise ses « assemblées plénières » à Montpellier. Les hémicycles dans les hôtels de Région des deux ex-régions (Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon) sont trop petits. Il faut les agrandir pour qu’ils puissent accueillir les 158 élus régionaux de conseil régional version Grande Région. Carole Delga estime que les travaux sont trop onéreux et préfère l’option d’une location de salles en périphérie de Montpellier.

L’opposition conteste ce choix. Le groupe des élus de la Droite et du Centre estime que la formule la plus économique est celle d’un agrandissement de l’hémicycle toulousain. Pour appuyer leur position, ils ont demandé communication des études et devis s’agissant d’un éventuel chantier. A plusieurs reprises, la présidente de Région a avancé des chiffres : 8 à 10 millions d’euros. Mais l’élue en pointe sur le dossier, Elisabeth Pouchelon, souhaitait disposer de preuves comptables. Elle ne se satisfaisait pas de la parole et du « chiffrage » de Carole Delga.

La conseillère régionale s’est d’abord tournée vers la commission d’accès aux documents administratifs (CADA) puis vers le tribunal administratif de Toulouse.

Ce dernier a rendu sa décision le 26 juin dernier. Le juge administratif rejette la requête de la conseillère régionale. Il n’y a pas violation des règles d’accès aux documents administratifs. Le conseil régional obtient donc gain de cause : il n’a pas refusé de communiquer les devis et autres études. Et pour cause :  les documents demandés… n’existent pas. Le juge précise que cet aveu provient du conseil régional lui-même :

Considérant que la région Occitanie, pour justifier de son refus de communiquer les documents relatifs aux travaux pour l’aménagement des hémicycles à Montpellier et à Toulouse, fait savoir qu’elle a informé Mme Pouchelon…de l’inexistence de tels documents ; que par suite, Mme Pouchelon, qui ne conteste pas utilement cette inexistence, n’est pas fondée à demander l’annulation de la décision de refus (de communication) qui lui a été opposé

Contacté par France 3 Occitanie, le conseil régional « prend acte que la requête de Mme Pouchelon a été rejetée par le tribunal administratif » et souligne que « deux depuis an et demi, les attaques du FN et Mme Pouchelon en justice ont toutes été rejetées, preuve de la bonne gestion, et dans les règles, de Carole Delga.

Laurent Dubois (@laurentdub)

Haute-Garonne : le « conseil des Territoires » d’En Marche ! fait « pschitt »

La République En Marche devait fédérer les élus locaux de la Haute-Garonne au sein d’un « Conseil des Territoires ». Mais, faute de candidats, le « Conseil des Territoires » est devenu une sorte d’assemblée générale, ouverte à tous les adhérents.

Toulouse. Photo : MaxPPP/Charmeux

En mai dernier, La République En Marche de la Haute-Garonne a annoncé la création d’un « conseil des territoires ». Ce samedi, le 7 juillet, cette nouvelle structure doit être inaugurée à Muret. Mais, entre les intentions initiales et le résultat final, il existe un  « gouffre ». La création du référent départemental, Pierre Castéras, devait permettre de réunir des élus locaux. L’horizon était double : un enracinement territorial et une préparation des prochaines municipales. Pour un membre d’En Marche, c’est d’ailleurs ce second aspect qui prédomine : « c’est fait pour préempter les municipales ».

Après deux mois de tractations, le « conseil des Territoires » est simplement une réunion de la « Macronie » en Haute-Garonne. Les ambitions ont dû être revues à la baisse. Preuve de la réduction de voilure, les statuts ont été modifiés. Désormais, la porte est ouverte à tous les adhérents. Selon nos informations, Jean-Luc Moudenc, n’a jamais été formellement invité. Mais En Marche ! espérait sa présence. A l’image de plusieurs autres élus locaux, le maire de Toulouse ne se déplacera pas à Muret.

L’initiative de Pierre Castéras est soutenue par trois députés : Michaël Nogal, Jean-François Portarieu et Corinne Vignon. Selon nos informations, cette dernière aurait été très active dans la campagne de recrutement. La parlementaire, entourée d’une équipe, a décroché son téléphone et contacté des élus locaux. Mais les refus ont été nombreux. Des élus se sont même plaints d’une méthode « musclée » et d’une forme de « chantage » à la réélection : « si vous n’êtes pas avec nous vous êtes contre nous et vous perdrez votre mairie ».

Contacté par France 3 Occitanie, Pierre Castéras ne communique la liste des élus locaux qui, finalement, ont franchi le pas. Le référent départemental évoque uniquement une prochaine conférence de presse. Mais le changement de statut du « conseil des Territoires » (passé d’une fédération d’élus à une réunion de tous les adhérents) signe un échec. Il est peut-être relatif et l’approche des municipales va modifier la donne.

Mais, en attendant, le constat est résumé par un membre d’En Marche : « ça bat de l’aile ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

03 Juil

Municipales à Toulouse : le PCF appelle à l’union de la gauche

Pour le secrétaire départemental du PCF, nul doute, si la gauche veut gagner, elle doit être unie. Le PCF organise donc ce mardi 3 juillet à 18h30 dans ses locaux une rencontre où il convie toute la gauche pour débattre et notamment préparer cette campagne.

Lors de la fête de l’Humanité à Toulouse le 10 juin dernier, les forces de gauche s’étaient déjà rassemblées sous la houlette du PC. Photo DR

La démarche avait débuté lors de la dernière fête de l’Humanité à Toulouse. Déjà, les représentants de différentes composantes de la gauche s’y étaient retrouvés pour débattre sous la houlette des communistes. Il n’était alors pas encore question des Municipales mais depuis le calendrier s’est accéléré. « Si la gauche toulousaine était unie en 2020, elle aurait ses chances » explique Pierre Lacaze, le secrétaire départemental du PC. Même son de cloche au PS qui participera à la réunion. « Si nous ne nous unissons pas, il n’y aura qu’un seul vainqueur : Jean-Luc Moudenc » assure François Briançon. « Notre stratégie c’est l’union » confirme Pierre Cohen qui sera là également. « Quand nous étions unis en 2008, on a gagné » rappelle l’ancien maire socialiste de Toulouse désormais passé à Génération.s.

Candidature En Marche ou pas ? »

Ces derniers temps, notamment lors de la venue du Premier Ministre à Toulouse, la proximité de Jean-Luc Moudenc avec la politique gouvernementale pouvait laisser penser qu’En Marche ne lui opposerait pas de candidat. Mais rien n’est figé. « Ceux issus du PS ne l’entendent pas de cette oreille nationalement. Ce n’est pas pour rien que le nom de Nicole Belloubet a circulé » commente Pierre Cohen. « Il y a dans l’électorat d’En Marche des compagnons de route. Aujourd’hui, ce sont eux qui ont mal à la tête, pas moi. Je les vois mal avaler des couleuvres continuellement » analyse François Briançon. Mais candidature d’En Marche ou pas aux Municipales toulousaines, ça ne change rien pour la gauche qui devra éviter la multiplication de candidatures si elle veut l’emporter.

Tout est sur la table concernant la tête de liste »

Sans brûler les étapes, la question de la tête de liste n’est pas non plus éludée. « Personne ne fait l’unanimité actuellement, y compris dans chacune de nos formations. Nous, on est déjà contents que les gens commencent à se parler » affirme sereinement Pierre Lacaze. « Tout est sur la table concernant la tête de liste » concède-t-on modestement côté PS. « On se connaît tous, on est dans la politique depuis vingt ans. On arrivera à discuter ensemble. Moi je suis super-optimiste » affirme sans détour François Briançon. « Avant de parler d’un nom, d’une équipe ou d’un parti, il faut discuter » tempère Pierre Cohen.

Ce qui réunit en premier lieu ces composantes de la gauche, c’est une opposition commune à la majorité actuelle, municipale ou métropolitaine, avec en ligne de mire Jean-Luc Moudenc. « On se retrouve sur différents débats. Celui de l’eau par exemple réunit toute la gauche jusqu’aux Insoumis » explique Pierre Cohen. Parmi les composantes de cette opposition au maire LR de Toulouse et Président de Métropole, Europe Ecologie Les Verts participera au débat de ce mardi mais pas « Archipel Citoyen ». « On n’arrivera pas à se mettre d’accord sur tout. Mais sans hégémonie de personnes et en acceptant les différences des autres, c’est possible » note le socialiste François Briançon.

Sans La France Insoumise et le Parti de Gauche

Seul hic dans ce dispositif, l’absence au débat de ce mardi soir de La France Insoumise. « Manuel Bompard nous a très poliment expliqué que LFI ne pourrait pas se faire représenter. Il viendra peut-être à un autre moment » déclare l’organisateur Pierre Lacaze. La réponse est moins diplomatique du côté du Parti de Gauche, autre partenaire de LFI. »On ne participera pas parce qu’on n’est plus dans cette démarche de l’addition de la vieille gauche et de ses logos » se justifie sans détour Jean-Christophe Sellin. Et le représentant du PG de préciser qu’il n’est pas dans le moment des Municipales mais dans celui des Européennes.

« Attention, ça ne veut pas dire que ça ne nous intéresse pas. Avec La France Insoumise, nous avons formé le Groupe d’Action Municipale et Métropolitaine. Notre méthode est celle de la fédération des peuples avec des collectifs citoyens. A Toulouse, nous sommes pour une liste LFI ou une liste soutenue par LFI ». Autre partenaire de La France Insoumise, « Ensemble » sera, elle, du débat de ce soir. « On y va pour débattre pas pour s’engager » relativise Myriam Martin. La conseillère régionale prévient : « on est bien placé pour savoir que des accords peuvent être passés et non tenus » (NDLR : Ensemble, Le Parti de Gauche et La France Insoumise ne font plus partie du même groupe que le PCF et EELV à la région, communistes et écologistes en ayant formé un nouveau.). Et Myriam Martin de conclure : « l’unité pour l’unité, ça ne suffit pas. Créer un rapport de force c’est bien mais il faut surtout créer un espoir ».

Patrick Noviello (@patnoviello)