08 Déc

L’ex-présidente (PS) de la commission des Affaires Sociales, Catherine Lemorton, participe à la Refondation du parti socialiste

Ancienne présidente de la commission des affaires sociales, Catherine Lemorton, va animer un atelier de refondation du PS. L’ex-député  socialiste de la Haute-Garonne revendique une ligne « sociale-démocrate ».

Catherine Lemorton, membre du PS Photo : MaxPPP/Isorel

Catherine Lemorton, membre du PS Photo : MaxPPP/Isorel

Ce 11 décembre, dans les locaux toulousains de la Fédération du PS31, Catherine Lemorton va animer un atelier dans le cadre des « Lundis de la Refondation ». L’ex-parlementaire partage l’affiche avec l’ancien adjoint aux Finances de la mairie de Toulouse, Joël Carreiras. Le thème de la soirée justifie la composition du duo : « le modèle social à l’épreuve de la nouvelle économie« . Catherine Lemorton apporte sa réflexion sur le modèle social. Joël Carreiras est en charge des aspects économiques.

Pour Catherine Lemorton, il ne s’agit « d’apporter des solutions ». Le but de son intervention devant les militants et les cadres du parti est d’adresser un message : « Il ne faut pas se passer d’une réflexion sur l’adaptation de notre modèle social« . Proche d’Arnaud Montebourg, Catherine Lemorton a travaillé la question aux côtés de l’ancienne ministre de l’Economie. Notamment  pendant la campagne des primaires.

L’ancienne présidente de la commission des affaires sociales se revendique « sociale-démocrate« . Catherine Lemorton déclare : « nous ne sommes plus en 1945, nous devons évoluer et nous sommes des démocrates sociaux. Il faut savoir ce qu’on peut garder dans le modèle social français et ce qui doit évoluer ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

« Génération.s » : un mouvement bien né ?

Samedi 2 décembre au Mans, Benoît Hamon a lancé son mouvement. Des débats, une charte, des invités d’autres formations de gauche. Mais « Génération.s » reste un mouvement et pas un parti. Est-ce la bonne stratégie ? Et la méthode change-t-elle véritablement de la création d ‘une formation politique « classique » ? Eléments de réponse.

Benoît Hamon, lors de la création de son mouvement, samedi 2 septembre, au Mans. Photo AFP Jean-François Monnier.

Benoît Hamon, lors de la création de son mouvement, samedi 2 septembre, au Mans. Photo AFP Jean-François Monnier.

« C’était vivifiant ». Christophe Lubac, un des porte-paroles du mouvement de Benoît Hamon en Haute-Garonne ne boude pas son plaisir. « Cela faisait longtemps qu’on ne s’était pas réuni dans une telle ambiance pour débattre sereinement » reconnaît volontiers le maire socialiste de Ramonville. Même son de cloche du côté de Salah Amokrane présent aussi dans la Sarthe samedi 2 décembre. « Moi j’ai vraiment ressenti un état d’esprit, du plaisir à se remettre en politique, autour d’un projet commun » témoigne celui qui était le conseiller «justice sociale et égalité »  de Benoît Hamon pour la Présidentielle.

Ce que Christophe Lubac retient avant tout de la journée du Mans, c’est la rédaction de la charte de Génération.s à laquelle 1500 personnes ont collaboré. « Cette  charte s’inscrit dans un héritage : Jaurès, Blum, le mouvement ouvrier… Nous sommes socialistes et écologistes ». « La charte a été lue ligne par ligne, pendant deux heures, avec parfois des amendements et un vrai élan collectif. Un moment fort » retient Salah Amokrane.

Egalement invité samedi au Mans Manuel Bompard se veut plus nuancé. Pour le directeur des campagnes de La France Insoumise « c’était très classique ».  « Nous sommes tous confrontés à cela, même La France Insoumise, qui, je le dis sans arrogance, a ouvert la voie en terme de création de mouvement plutôt que de parti ». Mais l’ancien candidat aux Législatives en Haute-Garonne ne veut pas avoir de propos négatifs à l’égard de Génération.s. « Plus il y a de gens qui s’engagent face à la politique du gouvernement, mieux c’est ».

Maintenant, élargir la base »

Et côté terrain, comment cela se passe ?  « Il n’y a pas de véritable coordination régionale mais on sent qu’il y a une dynamique. C’est un mouvement, donc ça reste très libre » explique Christophe Lubac. Sous-entendu, comme personne n’est obligé de prendre une carte pour participer, le nombre d’adhérents n’est pas forcément représentatif. « Si on prend la Haute-Garonne, on a un bon noyau dur, principalement ceux qui se sont reconnus au moment de la Primaire et de la campagne Présidentielle » reconnaît Salah Amokrane.

Dans les colonnes de Libération ce lundi 4 décembre l’ex socialiste Pascal Cherki reconnait une faiblesse au mouvement : son homogénéité. Samedi, au Mans, « iI n’y avait pas beaucoup de couleurs dans le public, nous devons trouver le moyen d’élargir notre base ». L’analyse est partagée par Salah Amokrane : « On est effectivement sur une sociologie plutôt classe moyenne. La question de l’égalité dans tous ses aspects et d’une société française harmonieuse qui accepte son multiculturalisme c’est l’un de mes enjeux prioritaires. Maintenant il faut aller chercher les gens ».

Etre au PS et à Génération.s ? »

Le mouvement revendique nationalement 42 200 adhérents Mais alors pourquoi Génération.s réussirait là où le PS voire la gauche plurielle ont échoué ? « Il n’y a pas de vérité. Celui qui dit la détenir ment. Je dis simplement que nous sommes quatre générations en même temps, avec surtout des jeunes. Et ces jeunes ne se seraient pas forcément investis au PS, peut-être à tort d’ailleurs » explique Christophe Lubac.

Justement être encore au PS et adhérer à « Génération.s » compatible ?  « Moi je suis encore au PS et inscrit dans le mouvement Génération.s. On concourt tous à faire gagner la gauche demain » affirme Christophe Lubac qui a compris que pour son 1er Fédéral, le plus important était de « reconstruire le PS », pas d’en chasser les militants. « Le PS se veut encore la maison commune » assure Sébastien Vincini.

« Alors qu’on travaille à la refondation et que certains camarades estiment utiles de regarder ailleurs, je refuse de prendre une position fermée » tempère-t-il. Et si Génération.s devient un parti ?  « Bien entendu, il y aura une étape où il faudra clarifier. Mais à terme, personne ne gagnera seul » assure le patron du PS31.

Faire à nouveau gagner la gauche »

« Ce qui est aussi intéressant avec la création de ce mouvement c’est que certains, notamment au PS, clarifient leur position par rapport au gouvernement » reconnaît Manuel Bompard. Alors une question revient à l’esprit : combien des 7% de Benoît Hamon à la Présidentielle auraient pu voter Mélenchon ? L’ancien candidat LFI aux Législatives ne veut pas refaire le match. « On ne fait de la politique en regardant dans le rétro ». Alors quid d’un front uni de la gauche lors de prochains scrutins ?

« Nous sommes proches de Génération.s sur certaines idées comme la transition écologique, un combat que l’on peut mener ensemble » explique Manuel Bompard. D’ailleurs les mélenchonistes invitent les hamonistes à leur votation citoyenne pour sortir du nucléaire le 11 mars prochain, jour anniversaire de Fukushima.

Désunion Européenne »

En revanche, un gros point de divergence subsiste depuis la Présidentielle entre LFI et « génération.s » : l’Europe. Christophe Lubac qualifie de trop « nationaliste » la position de Jean-Luc Mélenchon. Manuel Bompard, lui, préfère voir une avancée sur la question chez Benoît Hamon. « Il s’est interrogé sur « jusqu’où peut-on rester ou sortir du jeu ». J’attends qu’il clarifie sa position. Est-il prêt à instaurer un réel rapport de force avec l’Union Européenne et sortir des déclarations d’intention non suivis d’effet de François Hollande  » s’interroge le conseiller de Jean-Luc Mélenchon.

« Le collectif départemental (NDLR : de Haute-Garonne) va continuer à travailler avec tout le monde en proposant des débats ouverts » assure Christophe Lubac.  Une alliance avec LFI ok mais pour quoi faire ? Notre question primordiale aujourd’hui c’est quelle maison commune veut-on créer pour faire regagner la gauche. Le mouvement c’est d’abord construire un socle commun. Un parti, c’est présenter des candidats aux élections. Ça, ça viendra en 2019 » conclut Christophe Lubac.  En revanche, pas évident que les Européennes constituent le meilleur scrutin pour resserrer les troupes à gauche…

Patrick Noviello (@patnoviello)

07 Déc

L’ex-ministre Roselyne Bachelot s’engage dans une élection du Medef dans le Tarn

L’ex-ministre Roseline Bachelot a arrêté la politique. Mais la chroniqueuse télé soutient une candidate à la présidence du Medef dans le Tarn.

Roselyne Bachelot, ancienne ministre. Photo : Jacquot/PhotoMaxPPP

Roselyne Bachelot, ancienne ministre. Photo : Jacquot/PhotoMaxPPP

Fini l’hémicycle de l’Assemblée Nationale et les séances de questions au gouvernement. Depuis 2012, Roselyne Bachelot fréquente les plateaux de télévision et les studios radios. Après 3 portefeuilles ministériels (Santé, Ecologie et Cohésion Sociale), un mandat de députée européenne et au Palais-Bourbon, l’ex-femme politique est devenue une professionnelle des médias. Et, pourtant, Roselyne Bachelot revient dans l’arène électorale. L’ex-ministre ne brigue pas un mandat. Elle soutient la candidature d’une tarnaise à la présidence du Medef.

Dans un édito accompagnant la profession de foi de la candidate, Roselyne Bachelot défend la place des femmes dans les entreprises. La plaidoirie se termine par un appel à voter pour une candidate, Julie Rouanet-Berry.

Ce soutien affiché est né d’une sollicitation. Comme l’indique Julie Rouanet-Berry, « J’ai tout simplement contacter Roselyne Bachelot, c’est une icône politique et je partage les mêmes valeurs qu’elle. J’ai eu très rapidement une réponse et il y a eu des échanges pendant plusieurs mois ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

27 Nov

Haute-Garonne, un maire soupçonné de revendre du matériel communal sur le « Bon Coin »

Le maire de Ponlat-Taillebourg (31) doit comparaître, en mars prochain devant le tribunal correctionnel de Saint-Gaudens. Motif : du matériel revendu sur le « Bon Coin » sous le pseudonyme Doudou31.

Photo MaxPPP

Photo MaxPPP

L’affaire n’est pas banale. Dans le jargon juridique, l’histoire se résume à des poursuites pour « soustraction, détournement ou destruction de biens d’un dépôt public et usage de faux en écriture publique« .

Cette qualification pénale traduit des faits bien plus « cocasses ». Le maire, toujours en exercice, de Ponlat-Taillebourg est soupçonné d’avoir revendu sur le « Bon Coin » du matériel communal. Sous le pseudonyme de « Doudou 31 », le premier magistrat se livrait à un commerce lucratif. Dans une commune rurale, les services municipaux doivent disposer d’une débroussailleuse ou de matériel de chantier. Le maire achetait cet équipement avec l’argent public. Mais il le déclarait « volé » et le revendait sur un site de petites annonces gratuites.

Selon une source proche du dossier, le pot aux roses a été découvert par un agent municipal. Après avoir constaté la disparition d’un matériel (il s’agirait d’une épareuse c’est-à-dire d’un micro-tracteur), il alerte la mairie. Par hasard, un habitant de la commune croise le matériel qui s’est volatilisé sur « Le Bon Coin ». C’est exactement le modèle « volé ». Poussée par la curiosité, la personne contacte le vendeur et, au bout du fil, il tombe sur…le maire de la commune.

Evidemment, le maire de Ponlat-Taillebourg est présumé innocent. La justice devra se prononcer sur la réalité des faits et l’étendue des éventuels préjudices.Un point va probablement peser dans la balance. Patrick Doucède est un ancien policier. En cas de condamnation, le fait d’avoir appartenu à la police nationale peut renforcer la sévérité de la sentence.

Ce jeudi 23 novembre, le maire de Ponlat-Taillebourg était convoqué devant le tribunal correctionnel de Saint-Gaudens. L’avocat de Patrick Doucède n’a pu être présent à l’audience. Le procès est reporté au 1er mars 2018. Il va falloir attendre 4 mois avant de connaître l’épilogue judiciaire

Contacté par France 3 Occitanie, Patrick Doucède n’a pas souhaité s’exprimer. Son avocat n’a pas donné suite à une sollicitation.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

20 Nov

Gers : des fidèles à Macron toujours En Marche mais en ordre dispersé     

Christophe Castaner élu à la tête de LREM ce samedi à Lyon. Et après ? PHOTO AFP JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

Christophe Castaner élu à la tête de LREM ce samedi à Chassieu, près de Lyon. Et après ? PHOTO AFP JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

A l’image de la contestation qui est montée dans les rangs du mouvement à la veille du congrès national, certains marcheurs gersois n’hésitent pas à faire part de leur déception. Mais côté état-major, on nuance en parlant de « fronde » menée par des « déçus qui voulaient des postes et ne les ont pas eus ». Alors LREM, un mouvement toujours En Marche ? Les avis divergent.

Sylvie Theye ne s’est pas « désinscrite » d’En Marche Gers mais elle considère qu’elle n’y est plus. L’ancienne référente du mouvement dans le département n’a toujours pas digéré d’avoir été démise de ses fonctions en octobre dernier. « On m’a juste dit qu’il y avait des problèmes à régler avec certains adhérents et que quelqu’un d’autre s’en chargerait mieux que moi. Mais vu qu’on n’a pas de pouvoir, même en temps que référent, je ne vois pas comment ils vont faire ».

Rien ne fonctionne réellement. On est toujours dans le bluff ».

Jean-Luc Davezac, toujours En Marche, fait sans doute partie de ces adhérents qui posent problèmes. Il ne se cache d’ailleurs pas d’avoir contribué au départ de Sylvie Theye et confirme une gestion flottante du mouvement. « Rien ne fonctionne réellement. On est toujours dans le bluff ». Et ce rocardien socio-démocrate revendiqué de dénoncer une structure verticale qui l’a poussée à se présenter lors des Législatives face à Christopher Soccio pourtant investi sur la deuxième circonscription. « On a écrit des lettres recommandées notamment à Richard Ferran (NDLR : alors secrétaire général d’En Marche) pour lui dire que nous ne voulions pas de ce candidat. Nous n’avons eu aucune réponse» explique Jean-Luc Davezac.

Le nouveau référent du mouvement dans le Gers évoque des « attaques pas du tout acceptables sur le plan éthique à l’encontre de Christopher Soccio». « A En Marche, nous avons une charte de valeur et il faut qu’ils se conforment à notre ADN » prévient Bertrand Gonthiez. Jean-Luc Davezac estime pourtant représenter la majorité des adhérents, avec ses comités alliés, soit 70% des 400 marcheurs du Gers. « Complètement faux » rétorque son référent départemental préférant parler d’ «une poignée de frondeurs ». « Il  y a forcément des déçus, des personnes qui visaient des postes par ambition personnelle. Je suis prêt à discuter mais maintenant, s’ils veulent partir, qu’ils partent ».

Christopher Soccio, candidat officiel à la députation, battu après le ralliement de Davezac et de ses 5% à la candidate socialiste sortante Gisèle Biémouret, ne comprend pas ceux qui critiquent le mouvement. « Tous ceux qui veulent s’engager aujourd’hui peuvent le faire. Jeudi dernier encore, nous tractions dans les rues d’Auch pour expliquer le projet présidentiel ». Celui qui se décrit comme issu de la société civile et délégué syndical, ne trouve aucune justification au mouvement des Marcheurs en colère. « Ils se servent du congrès de ce week-end pour faire parler d’eux. D’ailleurs leur leader veut monter son propre parti. »

Un stock de main d’œuvre pour distribuer les tracts et coller les affiches »

Pierre Painblanc est unanimement reconnu comme celui qui a lancé le mouvement dans le département en 2016. Ce citoyen belge, installé dans le Gers depuis une dizaine d’années, estime avoir désormais un certain recul sur les choses. « Quand les comités ont commencé à travailler, nous nous réunissions tous les quinze jours pour débattre autour de thèmes définis par la direction nationale. Nous devions ensuite faire remonter les éléments de notre réflexion pour alimenter le programme présidentiel. Mais on s’est aperçu que Paris ne tenait absolument pas compte de nos travaux. L’objectif réel de ces thèmes imposés était simplement de créer un sentiment d’appartenance et d’avoir un stock de main d’œuvre pour distribuer les tracts et coller les affiches ».

Et une question de tarauder d’autres marcheurs : « peut-on émettre des critiques contre le mouvement sans passer pour des pestiférés ? » Cette question, Jean Pierre Laurens se la pose plus que jamais. «Dans la philosophie de LREM, il y a « la bienveillance ». Un mot terrible car si vous êtes critique vous n’êtes plus bienveillant ». « Ce parti est complètement démocratique » répond le référent LREM du Gers. « On peut bien entendu débattre  chez nous. Quant à la verticalité du parti, je ne suis pas du tout d’accord. On fait régulièrement remonter les problématiques de notre territoire au Conseil National dont je fais partie » assure Bertrand Gonthiez.

« On distingue bien Macron et sa politique de son appareil. Du côté de l’appareil, ça ne va plus du tout » alerte Pierre Painblanc. L’initiateur du mouvement dans le Gers n’hésite pas à parler aujourd’hui de « deux clans qui se haïssent » dans ce département. « Gonthiez est le plus petit dénominateur commun. Il est arrivé avec un grand vœu de réconciliation œcuménique mais je lui ai dit que ça ne marcherait pas comme ça» affirme sans détour celui qui dit qu’il suffirait de peu de choses pour qu’il envoie balader son engagement.

On peut bien entendu débattre  chez nous »

Lui n’en est peut-être pas encore là mais Jean-Pierre Laurens s’interroge sur « le fonctionnement démocratique particulier » du mouvement. Pour lui, l’élection à la Présidence du mouvement de Christophe Castaner en est l’illustration. « Mais en même temps c’est logique » sourit-il avant d’enchaîner : « la logique n’empêche pas la critique ». « Nous ne sommes pas obligés de fonctionner comme un parti politique classique » explique Bertrand Gonthiez. « Notre projet collectif est de faire en sorte de placer les citoyens au cœur de l’action. Nous voulons faire émerger des initiatives pour l’amélioration de leur vie quotidienne à l’échelle d’une commune ou d’un quartier ».

Tout en voyant en son nouveau référent «un gars très bien», Jean-Pierre Laurens se permet toutefois d’émettre  des réserves et de revenir aux fondamentaux. « L’objectif d’un parti politique c’est d’avoir un maximum d’élus à chaque scrutin, mais aussi de développer un corpus idéologique. A En Marche, il n’y en a pas. » « LREM est obligé de gagner les Municipales parce que, pour l’instant, le mouvement n’a pas d’assise dans la population » prévient Pierre Painblanc. Vu le climat actuel, pas évident que LREM retrouve, pour les prochaines échéances électorales, sa « main d’œuvre » comme certains se qualifient.

Patrick Noviello (@patnoviello)

09 Nov

L’ex homme fort du Conseil Régional nouveau « patron » du département du Tarn

L’ancien homme fort de l’ex Conseil Régional de Midi-Pyrénées, Joël Neyen, devient le nouveau « patron » des services du conseil départemental du Tarn.

Joël Neyen. Photo : FaceBook

Joël Neyen. Photo : FaceBook

L’annonce doit être faite demain, vendredi 10 novembre, au groupe majoritaire du conseil départemental du Tarn. Un nouveau Directeur Général des Services va prendre la tête de l’administration départementale. Il arrive directement des ministères de Finances où il occupait, jusqu’à la semaine dernière, les fonctions de Contrôleur Général des Finances. Mais, pour Joël Neyen, cette arrivée dans le Tarn est surtout un retour. D’octobre 1998 à 2004, le futur DGS tarnais a été le directeur de cabinet du président de Région, Martin Malvy. De 2004 à 2015, Joël Neyen a dirigé l’administration régionale. Il a la réputation d’un homme totalement dévoué à Martin Malvy et d’une entière disponibilité. Il répondait nuit et jour aux appels d’un président de Région auprès duquel il a connu ses heures de gloires.

Dans les services de l’Hôtel de Région, l’ex DGS et ancien directeur de cabinet laisse le souvenir d’un bon technicien, sachant s’entourer de collaborateurs chevronnés. Les mémoires conservent également traces de colères homériques.

Après le retrait politique de Martin Malvy et avant l’élection de la nouvelle présidente de Région, Joël Neyen a quitté Midi-Pyrénées pour intégrer le ministère des Finances. La parenthèse parisienne aura duré 2 ans.

Contacté par France 3 Occitanie, l’ancien homme fort du Conseil Régional, n’a pas souhaité s’exprimer sur ses motivations. Mais il est évident qu’en reprenant un poste opérationnel, Joël Neyen, retrouve son terrain de prédilection. A Bercy, le nouveau DGS du Tarn se contentait de vérifier les comptes, dans l’anonymat des couloirs d’une grande administration. Dans les prochains jours, il va retrouver les leviers du pouvoir local. Le nouveau président du département Tarn, Christophe Ramond, va pouvoir profiter de l’expérience d’un vieux routier des rouages politico-administratifs.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

 

Ariège : le retour des Jeunes Socialistes

Dorian Lhez, animateur fédéral des jeunes Socialiste de l'Ariège.

Dorian Lhez, animateur fédéral des jeunes Socialiste de l’Ariège.

Les Jeunes Socialistes d’Ariège se reforment après sept années de sommeil. Curieuse période pour une renaissance. Dorian Lhez, l’animateur fédéral des Jeunes Socialistes de l’Ariège nous explique le pourquoi et le comment de cette résurrection.

 

 

Le Blog Politique : Pourquoi le MJS ariégeois est resté aussi longtemps en sommeil ?

Dorian Lhez : Depuis 2010, il n’y avait plus assez de membres pour composer un bureau soit cinq personnes. A la suite de la Présidentielle, j’ai demandé à pouvoir en reconstituer un. Mais vous savez, même aujourd’hui, les jeunes socialistes se comptent sur les doigts de deux mains.

Le Blog Politique : Jusqu’à quel âge est-on un jeune Socialiste ?

Dorian Lhez : Officiellement, vous pouvez être aux MJS de 15 à 29 ans.

Le MJS a toujours été à gauche de la gauche

Le Blog politique : Vous dites que suite à la campagne présidentielle de Benoît Hamon, de nombreux jeunes ont eu l’envie de s’investir. Comment vous situez-vous aujourd’hui face à lui qui n’est plus au PS ?

Dorian Lhez : Le MJS a toujours été à la gauche de la gauche donc a priori plutôt « hamoniste » aujourd’hui. Mais benoît Hamon, comme le PS national n’influent pas sur nous. Aujourd’hui, on n’est pas obligé d’être encarté au PS pour être aux MJS. Mais on peut faire partie du mouvement du 1er juillet de Benoît Hamon. Si en revanche, il devient un parti, ça changera.

Le Blog Politique : Vous souhaitez entamer des réflexions avec toutes les forces de gauche. Quels sont vos rapports avec La France Insoumise qui tire à boulets rouges sur le PS et qui dans votre département a raflé les deux siège de députés à votre parti ?

Dorian Lhez : Aujourd’hui, clairement, le PS souhaite retrouver les électeurs qu’il a perdus. Nous aux MJS, nous avons vocation à ouvrir nos portes à tous les jeunes. Nous sommes assez proches d’Europe Ecologie Les Verts comme du PC. C’est évidemment un peu plus complexe avec La France Insoumise du fait de la guerre des ego Hamon/Melenchon pendant la Présidentielle. Mais ici en Ariège, la plupart des jeunes Insoumis sont venus nous rencontrer et ça c’est bien passé. Même s’ils n’adhèrent pas à toutes nos idées, on a pu débattre.

Le Blog Politique : Quelle particularité cela comporte de faire de la politique en milieu rural comme vous vous revendiquez de la faire ?

Dorian Lhez : Nous avons à débattre de problématiques très spécifiques et parfois clivantes comme celles de l’ours ou du loup. Dans le pays d’Olmes, il y a aussi la question de l’eau et du lac de Montbel. C’est en cela que je dis que nous n’avons pas forcément les mêmes préoccupations qu’en ville.

J’ai toujours hésité à prendre ma carte au PS, surtout pendant le quinquennat Hollande »

Le Blog Politique : Vous avez 20 ans. Vous êtes étudiant en géographie et économie. Plus personnellement, qu’est-ce qui vous a poussé à vous investir en politique et à prendre la tête du MJS 09 ?

Dorian Lhez : Mon engagement n’est pas récent. J’ai toujours hésité à prendre ma carte au PS, surtout pendant le quinquennat Hollande. Mais quand j’ai vu l’élan provoqué lors de la Présidentielle, je me suis décidé à m’investir.

Le Blog Politique : Malgré cette raclée historique ?

Dorian Lhez : Oui malgré ce résultat historiquement bas. De nombreux militants non affiliés à des partis ont été séduits par les propositions de Benoît Hamon. Certains nous ont rejoints. Les 2 et 3 décembre le mouvement de Benoît Hamon décidera ou pas de devenir un parti. Il devrait le devenir. A ce moment-là alors, il faudra choisir.

Le Blog Politique : Vous dites « nous devons nous mobiliser et ne faire qu’un pour peser sur l’échiquier politique ». Qu’entendez-vous par là ? Fini les frondeurs ? Retour aux fondamentaux et à une ligne, une seule ?

Dorian Lhez : Revenir à une ligne unique ne sera pas possible. Les socialistes sont désormais divisés entre sociaux-libéraux et une autre ligne plus à gauche. Notre future orientation politique doit être claire tout en convenant à ces deux tendances.

Propos recueillis par Patrick Noviello (@patnoviello)

08 Nov

Déserts médicaux : « un scandale d’état » selon Michel Gabas

Michel Gabas, maire d'Eauze et conseiller général du Gers. Photo Max PPP Michel Amat

Michel Gabas, maire d’Eauze et conseiller général du Gers. Photo Max PPP Michel Amat

Maire d’Eauze et pharmacien de son état, Michel Gabas écrit à Edouard Philippe. Il dénonce la politique de l’Etat et demande au Premier Ministre d’écouter « les élus d’en bas ».

Comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, Michel Gabas commence d’abord à parler des pharmaciens. Ceux qui étaient, rappelle-t-il, surnommés « les hussards verts de la santé, les premiers au contact de la population » par Jacques Barrot quand ce dernier était Ministre de la Santé. « Le numerus clausus à l’entrée des facultés légèrement assoupli mais extrêmement sélectif laisse sur le carreau bon nombre d’étudiants qui auraient pu être d’excellents praticiens » commente-t-il.

Des ARS sans vision à long terme »

Pour aborder plus généralement le problème des déserts médicaux, le maire de droite d’Eauze n’hésite pas à parler de « scandale d’état ». Il pointe les Agences Régionales de Santé qui agissent « sans discernement, sans vision à long terme, sans connaissance approfondies des réalités territoriales ».

Il évoque aussi des collègues maires « affolés de voir les médecins non remplacés qui consacrent un budget conséquent pour recruter des médecins étrangers par le biais d’agences de « chasseurs de tête » ». « Ils dépensent des millions d’euros pour construire des maisons de santé qui ne nous garantissent pas l’arrivée de médecins ».

A Eauze, 20 000 euros déjà dépensés pour rencontrer dix candidats »

Puis Michel Gabas de prendre l’exemple de sa commune de 4200 habitants sur un bassin de vie de 10000 âmes et autant de dossiers médicaux. « Six médecins, il y a trois ans, tous saturés (population âgée, rurale, etc.) Aujourd’hui trois médecins seulement car les autres sont partis à la retraite ». Il a déjà rencontré 10 candidats, tous étrangers, a dépensé 20 000 euros d’acomptes prévisionnels sur son budget communal pour les honoraires de recherches qui, en cas de réussite, s’élèveront à 18 000 euros par médecins. Le tout pour un projet de centre médical qui avoisinera le million d’euros.

Les maisons de santé ? La télémédecine ? « Une vison urbaine de la médecine » balaie celui qui est aussi conseiller départemental d’opposition. Après cette lourde charge, l’élu gersois formule toutefois des propositions comme desserrer le numerus clausus à l’entrée des facultés et raccourcir les études de médecine générale, de pharmacie ou encore de chirurgie dentaire hors spécialisations.

Les syndicats de médecins libéraux sont les fossoyeurs de la santé en France »

Autre proposition : instaurer un numerus clausus d’installations quitte à comme il le préconise « contrarier les syndicats de médecins libéraux fossoyeurs de la santé en France puisque opposés à ce type de mesure au nom de la sacro-sainte liberté d’installation ». Dans la même veine, le maire d’Eauze évoque aussi l’instauration d’un bonus/malus sur la tarification des médecins en fonction de leur zone d’installation.

L’ordonnance est dressée. Reste à savoir si le Premier Ministre et sa Ministre de la Santé vont suivre le diagnostic.

Patrick Noviello (@patnoviello)

06 Nov

La députée du Tarn-et-Garonne, Valérie Rabault future « patronne » du PS ?

La députée du Tarn-et-Garonne, Valérie Rabault, à la tête du PS. C’est une option défendue par le patron des députés socialistes, Olivier Faure.

Valérie Rabault, députée PS du Tarn-et-Garonne. Photo MaxPPP

Valérie Rabault, députée PS du Tarn-et-Garonne. Photo MaxPPP

Sur l’antenne de La Chaîne Parlementaire, le président du groupe Nouvelle Gauche à l’Assemblée a dressé le profil du futur 1er secrétaire du PS. Pour Olivier Faure, le candidat idéal est une candidate. Elle doit être totalement disponible pour s’occuper de la direction du parti. Autrement dit, la patronne du PS ne doit pas cumuler de mandat. Olivier Faure estime qu’un siège de députée est compatible. Mais c’est tout. Pas de présidente de Région ou de département. Pas de maire ou de responsable d’exécutifs locaux.

Ce portrait exclut une candidate quasiment déclarée : la présidente d’Occitanie Carole Delga. Mais, une autre socialiste de la Région répond aux critères d’Olivier Faure. Il s’agit de la députée du Tarn-et-Garonne, Valérie Rabault. D’ailleurs le patron des députés PS a cité le nom de la parlementaire dans la « short list » des « 1ères secrétables ».

Contacté par France 3 Occitanie, Valérie Rabault n’officialise pas sa candidature :

La question ne se pose pas comme ça. On ne doit surtout pas entrer dans les « guéguerres » de personnes comme on sait faire. Les gens en ont ras-le-bol d’une absence de proposition et d’une opposition stérile. C’est pour cela que nous sommes plusieurs à faire le tour des fédérations pour présenter un « contre-budget

Le 13 novembre prochain, Valérie Rabault va aller à la rencontre des militants de la Haute-Garonne. Le week-end dernier, l’ex-rapporteure du Budget, était à Rennes. Hasard des agendas, la réunion qu’elle a animé s’est déroulée en même temps qu’une réunion organisée par…Benoit Hamon. Ce tour de France des fédérations peut avoir un faux air de pré-campagne, d’avant congrès. Mais la députée du Tarn-et-Garonne affirme avoir une seule priorité  :

Ce qui me fait le plus peur, c’est le réseau sur le terrain. C’est la priorité du moment, maintenir les fédérations et les réseaux locaux de militants. Si des fédérations ferment ou disparaissent, on va rester 15 ans dans l’opposition. La priorité du moment, c’est d’aller à la rencontre des militants

La date du prochain Congrès n’est pas encore arrêtée. Une seule certitude, il ne se déroulera pas avant février-mars 2018. Cela laisse du temps pour rencontrer les fédérations et (éventuellement) annoncer une candidature.

Laurent Dubois (@laurentdub)