02 Juil

« Clash » à la France Insoumise au sujet du casting des Européennes

Le casting pour les Européennes de 2019 suscite un clash au sein de la France Insoumise (FI). Liêm Hoang Ngoc suspend sa participation au mouvement de Jean-Luc Mélenchon.

Photo : MaxPPP/Morin

Membre fondateur de la France Insoumise, Liêm Hoang Ngoc se retire de la France Insoumise. L’auteur du programme économique de Jean-Luc Mélenchon n’est pas le seul à « retrouver son autonomie de parole et d’action ». L’économiste emmène avec lui son courant, les Socialistes Insoumis.

Liêm Hoang Ngoc ne figure pas dans le casting des Européennes. Les Socialistes Insoumis qualifient  cette absence de de « grossière erreur politique ». L’économiste de la France Insoumise siège, actuellement, au conseil régional d’Occitanie. Avant de devenir un élu régional, Liêm Hoang Ngoc a été député européen et il souhaite le redevenir. Mais c’est mal parti. Le conseiller régional ne figure pas parmi les « heureux élus » bénéficiant du dossard France Insoumise. Un dossard crédité, dans un récent sondage, de 11% des intentions de vote.

Le schisme est toutefois réversible. Le coup d’éclat de Liêm Hoang Ngoc et de ses camarades ressemble à une diplomatie de la canonnière.

Les Socialistes Insoumis demandent à la FI  « de reconsidérer sa liste » pour les européennes.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

28 Juin

Toulouse Métropole : les groupes Ecologistes et Métropole Citoyenne fusionnent

L’annonce officielle s’est faite ce jeudi 28 juin à l’occasion du Conseil de Métropole. Une union « pour le meilleur et pour l’avenir » qui peut ouvrir sur les futures Municipales. Mais une fusion également pour peser plus sur les débats. Explication.

Marc Péré et Michèle Bleuse ce jeudi au Conseil de Métropole Photo DR

Que ce soit pour « Métropole Citoyenne » ou « Toulouse Vert Demain » cette fusion s’imposait d’elle-même. « Elle émane du constat de nos prises de position depuis le début du mandat » explique Michèle Bleuse du groupe écologiste. « On se retrouve sur 90% des décisions » complète Marc Péré de « Métropole Citoyenne ». Et le maire Divers Gauche de l’Union de poursuivre : « En plus nous sommes complémentaires, Toulouse Vert Demain étant très toulousain et nous plutôt sur les communes autour de Toulouse ».

Un groupe qui se veut citoyen »

D’Europe Ecologie Les Verts à La France Insoumise, ce nouveau groupe de neuf membres se veut donc ouvert aux élus encartés comme aux citoyens sans affiliation à un parti. Mais pourquoi ces conseillers à forte tendance de gauche ne sont-ils pas rapprocher des autres groupes comme ceux du PS, de Génération.S ou du PC pour peser plus ? « Nous sommes un groupe citoyen. On accueille autour d’une parole libre. Nous n’avons pas de valises ou de dossier sur lesquels on pourrait nous contrer en nous disant « mais pourquoi n’avez-vous pas fait ceci ou cela quand vous étiez aux manettes » » se justifie Marc Péré. Et de donner en exemple leur dernier travail sur un projet de réseau RER métropolitain. Michèle Bleuse, elle, pointe ceux qui « appellent au rassemblement tout en se divisant, comme le PS et Génération.s ».

Dénoncer le manque de concertation »

L’un de leur cheval de bataille ? La dénonciation de « décisions souvent arbitraires » de la part de la majorité et « le manque de concertation avec les habitants ». « Ce qui se passe à la métropole est le reflet de ce qui se passe à la mairie de Toulouse où les réunions de concertation sont des formalités administratives. Jean-Luc Moudenc ne cesse de nous dire de faire des propositions mais nous ne sommes jamais entendus » regrette Michèle Bleuse qui prend pour exemple le débat public sur la troisième ligne de métro.

« Avec le maire de Brax et le collectif « Eau Toulouse », nous avons lancé aux autres maires de la métropole la proposition d’organiser un référendum d’initiative citoyenne sur la municipalisation ou pas de l’eau. Nous espérons l’organiser vers la mi-octobre. On verra bien combien de communes y participent » annonce Marc Péré.

Un signe avant les Municipales ? »

Dans leur communiqué commun, les deux groupes évoquent enfin « une ambition politique commune » et une union « pour le meilleur et pour l’avenir ». Doit-on y voir une rampe de lancement pour les prochaines Municipales ? « On ne l’exclut pas mais il est encore trop tôt » tempère Michèle Bleuse. « Mais nous unir maintenant permet d’expérimenter d’ici ce scrutin ». « On envoie un petit signe » retient Marc Péré. « Je me garderai bien de dire qu’on trace un chemin. On veut juste montrer qu’autour d’un rassemblement citoyen, on peut réussir ».

Patrick Noviello (@patnoviello)

Les élus de ce nouveau groupe : Michèle Bleuse, Régis Godec, Patrick Jiména, François Lépineux, Antoine Maurice, Marc Péré, Cécile Ramos, Bernard Sancré, Nathalie Simon-Labric

25 Juin

Pierre Esplugas, le porte-parole de LR31 devient référent du mouvement « Libres » de Valérie Pécresse.

Pierre Esplugas et Valérie Pécresse lors du séminaire de « Libres » dimanche 24 juin à Orléans. Photo DR.

Le mouvement « Libres » de Valérie Pécresse tenait ce dimanche 24 juin son premier séminaire de travail à Orléans. le porte-parole de LR31 Pierre Esplugas-Labatut a été désigné comme référent territorial sur la Haute-Garonne. Il nous explique en quoi consiste ce mouvement et quelle va être sa mission à l’heure où son parti connaît des turbulences.

Le Blog Politique : En quoi consiste le mouvement « Libres » ?

Pierre Esplugas-Labatut : Ses valeurs se veulent libérales au plan économique, ouvertes sur les questions sociétales et profondément européennes mais fermes en matière régalienne. Par exemple sur la sécurité, nous pensons que l’exécution des peines doit être plus effective. Emmanuel Macron poursuit en la matière la politique de François Hollande et de Christine Taubira en termes de substitution aux peines privatives de liberté.

Ouverts sur les questions sociétales, fermes en matière régalienne »

Le Blog Politique : Et en terme de politique migratoire, thématique chaude actuellement ?

Pierre Esplugas-Labatut : La politique de Gérard Collomb en la matière se veut ferme mais elle doit faire ses preuves. Cette politique migratoire doit être définie au niveau européen. Elle doit être ferme mais doit aussi laisser place à de l’humanité et de l’humanisme.

Le Blog Politique : Comment passe-t-on d’Alain Juppé que vous avez soutenu à la Primaire à Valérie Pécresse ?

Pierre Esplugas-Labatut : Il y a une continuité.Mon choix est d’incarner ce courant de droite modérée. J’avais également soutenu Maël de Calan lors de sa candidature à la présidence de LR. Il est aussi sur cette ligne. L’idée est de ne pas laisser dériver ma famille politique vers un courant populiste ou une droite des extrêmes.

L’exclusion de Virginie Calmels ? Ça rassure les plus durs, ça fait douter ceux qui prônent l’ouverture »

Le Blog Politique : Comment avez-vous vécu l’éviction de Virginie Calmels, ex-proche d’Alain Juppé elle aussi ?

Pierre Esplugas-Labattut : Ça n’est pas l’événement de l’année… Mais ce n’est jamais un bon signal que d’exclure. Je crains un rétrécissement du socle traditionnel de LR. En excluant, on fait plaisir aux militants mais pas aux éventuels sympathisants.

Le Blog politique : Justement quelle répercussion cela a eu chez Les Républicains ?

Pierre Esplugas-Labattut : Ça rassure les plus durs et ça fait douter ceux qui prônent l’ouverture.

Au séminaire, pas une seule fois ou presque n’a été évoqué le nom de Wauquiez. Ce n’est pas le propos. »

Le Blog Politique : Wauquiez/Pécresse ? Quelles sont leurs relations, leur compatibilité ?

Pierre Esplugas-Labattut : Ça les regarde, c’est leur problème. Mon choix est de rester à L.R 31. Ce qui m’a plu hier à Orléans, c’est l’idée de cette droite de solution, une droite qui fait un travail de fond et des propositions. Au séminaire, pas une seule fois ou presque n’a été évoqué le nom de Wauquiez. Ce n’est pas le propos.

Le Blog politique : Justement vous restez porte parole de L.R 31. En quoi va consister donc votre mission de référent territorial de « Libres » ?

Pierre Esplugas-Labattut : Principalement à faire des réunions thématiques. Par exemple, était présent, hier à Orléans, Bruno Sire (NDLR : ancien président de l’Université Toulouse Capitole). Nous tiendrons avec lui la première de ces réunions dès septembre à Toulouse sur le thème de l’université. On en aura également une avec Marc Ivaldi (NDLR : économiste à la TSE et membre de L.R) sur les transports et la politique industrielle. Demain, nous animerons également un apéro « Libres » avec Guillaume Brouquieres (NDLR : ancien patron des jeunes UMP31) qui m’assistera en tant que référent jeune pour faire vivre ce mouvement également sur les réseaux sociaux.

Propos recueillis par Patrick Noviello (@patnoviello)

07 Juin

Visite d’Edouard Philippe : Georges Méric refuse la tutelle de Bercy et défend le département

Georges Méric accueille ce jeudi midi le 1er Ministre à l’hôtel de département de Haute-Garonne. Photo CD31 Aurélien Ferreira

Dans sa longue journée de visite de ce jeudi, le 1er Ministre s’est arrêté déjeuner au Conseil Départemental de Haute-Garonne. Son président socialiste ne veut toujours pas contractualiser avec l’Etat et a tenté de faire la preuve de l’indispensable maillon territorial que constitue le Département. Interview.

Le Blog Politique : Avez-vous expliqué au 1er Ministre pourquoi vous ne vouliez pas contractualiser avec l’état sur la maîtrise de la dépense locale ?

Georges Méric : D’une part, nous ne voulons pas de la tutelle du Préfet. Pour nous c’est un retrait par rapport à la loi de décentralisation de 1982. Le 1er Ministre a contesté toute mise sous tutelle. D’autre part, vues nos dépenses sociales, une augmentation annuelle de 1,2% n’est pas tenable. Si on enlève ce qui n’est pas dû à notre fonctionnement normal (NDLR : en dehors des missions que le département gère pour l’Etat), on pourrait le faire. Depuis que je suis président, nous n’avons pas augmenté les impôts, et cette année nous avons augmenté nos investissements de 17%. Les efforts budgétaires, nous les faisons déjà. Donc cette tutelle de Bercy et du Préfet qui nous est proposée est une position de force que nous n’acceptons pas. On sera jugé par les citoyens pas par le 1er Ministre.

Sans département pas de solidarité et d’équilibre territorial »

Le Blog Politique : Avez-vous également évoqué la menace qui plane sur l’entité département qui dans d’autres villes de France comme à Lyon a dû fusionner avec la Métropole ?

Georges Méric : Nous avons eu un échange franc et constructif à ce sujet. J’avais invité mes quinze vice-présidents. Jean-Luc Moudenc le Président de la métropole et Jean-Louis Puissegur pour l’Association des Maires de France étaient également là. J’ai dit à Edouard Philippe que nous étions prêts à contractualiser avec la Métropole, que la coopération entre nous était déjà faite. Mais le département c’est le trait d’union entre les zones riches et les zones pauvres. Notre action sociale, nous la menons d’ailleurs également dans la métropole où il n’y a pas que des foyers aisés. Si le département n’est pas là, il n’y a pas de solidarité et encore moins d’équité territoriale.

Le Blog Politique : Autre thème abordé, celui de la gestion des ressources en eau. Pourquoi avoir voulu mettre cette thématique en exergue ?

Georges Méric : Nous avons pris le leadership régional sur ce dossier. Nous travaillons sur les ressources de la Garonne amont pour les trente prochaines années. Au rythme où vont les choses, il manquera un milliard de mètres cube d’eau d’ici 2050. C’est un vrai problème non seulement pour les agriculteurs et les zones rurales mais aussi pour l’alimentation de Toulouse. Nous faisons œuvre de courage de prendre ce problème à bras-le-corps après ce qu’on a  connu à Sivens.

C’est un 1er Ministre à l’écoute. J’ai essayé d’être constructif »

Le Blog Politique : Ces réserves d’eau, vous savez déjà où vous allez les construire ?

Georges Méric : Nous nous sommes donnés quinze mois pour étudier la question, notamment pour savoir quels modèles de réserves seront choisis. Et puis nous le ferons aussi en concertation avec les populations.

Le Blog Politique : Au menu du déjeuner également, le numérique. Qu’aviez-vous à mettre en valeur auprès d’Edouard Philippe ?

Georges Méric : Nous lui avons expliqué que notre département luttait contre la fracture numérique. Notre objectif est d’installer la fibre optique partout d’ici 2022.

Le Blog Politique : A votre niveau, quel bilan tirez-vous de la visite d’Edouard Philippe ?

Georges Méric : C’est un 1er Ministre à l’écoute. De mon côté, j’ai essayé d’être constructif.

Propos recueillis par Patrick Noviello (@patnoviello)

05 Juin

Edouard Philippe en Haute-Garonne : « de la com…et de la com » pour le PS

Le premier ministre s’installe pour 48 heures en Haute-Garonne. Pour le parti socialiste, le déplacement d’Edouard Philippe se résume à une opération de communication.

Edouard Philippe. Photo : AFP/Pavani

Edouard Philippe va passer deux jours à Toulouse et dans sa région. Le séjour débute le mercredi 6 juin par un accueil républicain au Capitole. Le programme prévoit (notamment) une visite à la Médiathèque du Mirail, la remise d’un rapport sur la vie associative, des rencontres avec le milieu économique. Le ministre de l’Education Nationale, Jean-Michel Blanquer, la ministre du Travail, Muriel Penicaud, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, et la garde des Sceaux, Nicole Belloubet sont du déplacement.

Pour le PS31 ce déploiement sur le terrain est « une nouvelle opération de communication où vont s’enchaîner les habituels éléments de langage bien construits et une campagne de communication bien huilée, à l’image de ses précédents déplacements ».

En novembre 2017, Edouard Philippe a délocalisé Matignon dans le Lot. La présidente (PS) du conseil régional, Carole Delga, avait déjà évoqué un coup de com’.

Laurent Dubois (@laurentdub)

24 Mai

Haute-Garonne : En Marche ! dans la rue face aux anti-Macron

Samedi 26 mai, les anti-Macron vont défiler à Toulouse. En Marche ! ne veut pas le pavé aux manidestants et organise une opération de tractage.

Photo : MaxPPP/Tanguy

La France Insoumise, le PCF et les écologistes vont rejoindre, dans la rue, la CGT et des associations. Ce samedi 26 mai, des manifestations (baptisées « Marée Humaine ») vont se dérouler dans toute la France. Le mot d’ordre se résume à un mot d’ordre « faire reculer le gouvernement ». A Toulouse, comme dans d’autres villes d’Occitanie, un cortège est prévu.

Mais, dans la ville Rose, En Marche ! ne veut pas laisser le champs libre aux opposants à la politique d’Emmanuel Macron.

Le responsable départemental du mouvement, Pierre Castéras, organise une opération de tractage. La « Marée Humaine » épingle l’action  d’Emmanuel Macron. Les marcheurs veulent défendre « 1 an au service des français ». Ce « bilan contre bilan » ne tournera pas forcément au choc frontal.

Les tracts seront distribués le matin. Les manifestant se mettront…en marche à partir de 14 heures.

Laurent Dubois (@laurentdub)

03 Mai

Contractualisation avec l’Etat : Delga dit non à Macron

Alors qu’il est Président de la République depuis un an, la tension ne semble pas retomber entre Emmanuel Macron et les collectivités territoriales. Dernier épisode en date, le non de Carole Delga à un pacte budgétaire avec le gouvernement. Mais parallèlement d’autres collectivités, comme la Métropole toulousaine, ont contractualisé avec l’Etat.

Carole Delga, présidente de la Région Occitanie. Photo : MaxPPP/Isorel

L’intention avait déjà été relayée officieusement mais elle est désormais affirmée : « Je ne signerai pas de pacte budgétaire avec le gouvernement » annonce ce jeudi matin la Présidente socialiste de la Région Occitanie. Dans ce même tweet, Carole Delga s’explique : « je n’accepte pas que l’on demande aux collectivités de faire plus d’efforts que l’Etat lui-même ».

La baisse des dépenses publiques va en effet se poursuivre. Au programme d’action gouvernemental pour les mois à venir figure même « un encadrement des dépenses des grandes collectivités locales ». Pas question donc pour la Présidente d’Occitanie de s’y résoudre ou tout du moins de concéder encore des sacrifices budgétaires. « Le Président de la république n’est pas un décentralisateur, pourtant c’est le cours de l’histoire » a-t-elle également ce jeudi matin à Toulouse devant 250 chefs d’entreprises lors d’un petit-déjeuner organisé par nos confrères de la Lettre M.

Climat tendu entre l’exécutif et les régions

Il faut dire que le climat entre l’exécutif et les régions s’est déjà largement refroidi sous l’impulsion d’une autre réforme : celle de la formation professionnelle et de l’apprentissage, deux missions dévolues aux conseils régionaux. « Le projet gouvernemental va affaiblir l’apprentissage et la formation de nos jeunes » avait affirmé Carole Delga en février dernier.

Occitanie, région de fronde face à la politique de l’actuel gouvernement et du Président Macron mais parallèlement d’autres collectivités locales, elles, signent avec l’Etat. Avant même la première conférence nationale des territoires en juillet dernier, le maire LR de Toulouse plaidait pour la contractualisation. La métropole que Jean-Luc Moudenc préside également a donc logiquement fait partie des premières à voter cette contractualisation avec l’Etat en avril dernier. Elle s’est ainsi imposé une hausse limitée de ses dépenses de fonctionnement à 1,35% d’ici 2020.

Le « oui » de la métropole toulousaine

« Dans l’intérêt de tous, et en premier ses habitants, la collectivité a choisi la meilleure option pour préserver ses ressources financières et protéger les services publics qu’elle assure au quotidien » expliquait alors celui qui préside aussi France Urbaine, l’association des élus des grandes villes et communautés. Mais dans un entretien au quotidien L’Opinion, le 15 avril dernier, Jean-Luc Moudenc disait malgré tout « comprendre les réserves des régions et des départements qui sont confrontés à des problématiques spécifiques.

De son côté, l’opposition socialiste à Toulouse Métropole a dénoncé « une baisse de dotation déguisée qui va à l’encontre du maintien des services publiques et de l’autonomie des collectivités ». Il semble donc bien, qu’au-delà de la réflexion budgétaire, un clivage politique est en train de s’instaurer. Les deux autres métropoles en France à avoir contractualisé ainsi avec l’Etat, Bordeaux et Nice, ont également des majorités de droite.

Patrick Noviello (@patnoviello)

 

22 Jan

Réforme de la constitution : une universitaire toulousaine auteure du rapport sur la Corse

Wanda Mastor enseigne à l'Université Toulouse 1 Capitole (Photo UT1)

Wanda Mastor enseigne à l’Université Toulouse 1 Capitole (Photo UT1)

C’est à cette professeur agrégée de droit public de l’université Toulouse-Capitole que Jean-Guy Talamoni a demandé le rapport qu’il présente aujourd’hui et demain à Paris. Wanda Mastor nous explique le but de son travail pour que les spécificités corses soient prises en compte lors de la prochaine révision de la constitution.

Le Blog Politique : Pourquoi le président de l’assemblée de Corse a-t-il fait appel à vous ?

Wanda Mastor : Tout d’abord pour mes compétences constitutionnelles. J’ai effectué un travail de comparaison sur des exemples étrangers éclairants. J’ai co-rédigé en 2013 le rapport Carcassonne pour l’assemblée de Corse. Et puis enfin, je suis corse d’origine, je suis née sur l’île et y ai vécu jusqu’à mes 20 ans. J’ai donc une connaissance évidente de ce territoire et un attachement pour lui  également. C’est la plus belle mission de ma vie, mais je reste une scientifique.

Le Blog Politique : Scientifique donc indépendante ?

Wanda Mastor : Le fait qu’un politique commande un rapport à un scientifique, ça c’est toujours fait. Jean-Guy Talamoni m’a laissé totalement libre d’écrire dans le sens où je l’entendais. De toute façon, je ne peux pas défendre quelque chose en quoi je ne crois pas. J’ai toujours agi ainsi. Et puis sur le plan politique justement, avec la victoire des nationalistes en Corse et le pacte girondin proposé par Emmanuel Macron, c’était le moment d’écrire un tel rapport.

L’autonomie interne d’une région n’entraîne pas la violation du principe de l’indivisibilité de la République »

Le Blog Politique : Quel est le but premier de ce rapport ?

Wanda Mastor : Inscrire la Corse dans la Constitution.  Savez-vous que le mot « Corse » ne figure pas dans la constitution alors que celui de l’île de Clipperton y est ? C’est une contradiction de fond sachant que de plus en plus de spécificités ont été accordées à l’île depuis les années 70. La Corse bénéficie déjà d’un statut législatif. J’essaie de résoudre cette contradiction. Je préconise un nouvel article spécifique à la Corse dans la constitution. L’autonomie interne d’une région n’entraîne pas la violation du principe de l’indivisibilité de la République. D’ailleurs je n’ai travaillé en rien sur les pouvoirs régaliens de l’état comme l’Armée.

Le Blog Politique : Justement sur les domaines d’autonomisation, vous en ciblez trois : le foncier, la fiscalité et la langue. Pourquoi ces trois-là ?

Wanda Mastor : Parce qu’ils ont une incidence directe sur la vie de l’île. C’est la beauté de l’île qui fait son bonheur mais aussi son malheur. L’accession à la propriété est difficile pour les corses. Ils ne peuvent même plus s’offrir une sépulture. Concernant la fiscalité, le rapport Carcassonne avait déjà soulevé la spécificité d’un régime. Il appartient à une loi organique de le définir.  Enfin, la langue Corse cristallise des tensions. Elle est de plus en plus parlée et enseignée dans les écoles. La définir dans la constitution permettrait de détailler certains de ses domaines.

Le Portugal n’a accordé d’autonomie à aucune de ses régions si ce n’est ses deux îles Madère et Les Açores »

Le Blog Politique : Vous évoquiez tout à l’heure l’opportunité politique d’une prise en compte des spécificités corses dans la constitution avec la victoire des nationalistes et l’appel d’Emmanuel Macron à un « pacte girondin ». Mais en sens inverse, est-ce que le spectre catalan n’a pas plané sur votre travail ou ne peut-il pas échaudé  certains décisionnaires ?

Wanda Mastor : Vous noterez que je n’ai jamais utilisé le mot « catalan » dans mon rapport. La Catalogne n’est pas un bon exemple. L’attitude des politiques catalans a brouillé le débat. Et puis l’Espagne a accordé l’autonomie à nombre de ses régions. Je me suis inspiré principalement du Portugal qui est le pays qui ressemble le plus à la France constitutionnellement. Il n’a accordé d’autonomie à aucune de ses régions si ce n’est à ses deux îles Madère et Les Açores.

Le Blog Politique : Quel est le destin de votre rapport à présent ?

Wanda Mastor : Beaucoup de mensonges et d’attaques à son sujet ont circulé sur les réseaux sociaux. Je l’ai remis en fin de semaine dernière à Jean-Guy Talamoni qui n’en a pas changé une ligne. Il l’a ensuite fait parvenir aux présidents de groupe de l’assemblée de Corse. Je l’ai aussi moi-même transmis à Matignon. L’heure maintenant est politique. Moi, j’ai fait mon travail. Certains à l’assemblée de Corse auraient préféré un débat. Mais c’est toujours comme ça qu’on a procédé. Mon rapport n’est qu’une base de discussion. Tout dépendra maintenant des rencontres de ce jour et demain à Paris entre Gilles Simeoni, Jean-Guy Talamoni et le Premier Ministre ainsi que les Présidents de l’Assemblée Nationale et du Sénat. Il revient à eux de les convaincre d’inscrire la Corse dans le projet de loi constitutionnel.

Propos recueillis par Patrick Noviello (@patnoviello)

23 Déc

Démission à la mairie d’Albi, Muriel Roques-Etienne a « voulu marquer (sa) rupture »

C’est un véritable coup de tonnerre à la mairie d’Albi. Le dernier conseil municipal de l’année  a été marqué par la démission d’une adjointe de Stéphanie Guiraud-Chaumeil. Muriel Roques-Etienne quitte son poste à l’urbanisme et décoche une volée de flèches. L’élue albigeoise explique sa décision et s’exprime sur le dessous des cartes.

Sa démission est-elle concertée avec le mouvement En Marche ? Ce soudain claquement de porte est-il un  tremplin pour une candidature aux prochaines municipales ? Interview

Muriel Roque-Etienne. Photo : MaxPPP

Muriel Roque-Etienne. Photo : MaxPPP

Le Blog Politique. Pourquoi avez-vous démissionné de votre poste d’adjointe à la mairie d’Albi ?

Muriel Roques-Etienne. Pour faire une référence littéraire, je parlerai de la fable de La Fontaine: La cigale et la Fourmi. Je me sens plutôt Fourmi et j’étais en désaccord avec une méthode de gestion Cigale. J’ai mûrement réfléchi ma décision de démissionner de mon poste d’adjointe, mais j’ai pris mes responsabilités et j’ai voulu marquer ma rupture tant sur le fond que sur la forme.Sur le fond, je désapprouve la hausse d’impôt locaux globale de plus de 6% sur 2018 et 2019. Nous sommes dans une période où nous souhaitons rendre du pouvoir d’achat au français et cette hausse de la fiscalité locale va à l’encontre de cette volonté.
De même, en évoquant la gestion cigale de la municipalité, j’évoque une hausse conséquente des charges de personnel sur 2017 qui ne correspond pas à un contexte national. En effet, au lieu d’avoir une maîtrise des frais, il a été créé un organigramme lourd et coûteux. C’est à mon sens une méthode de gestion révolue, alors qu’aujourd’hui nous devons faire preuve de souplesse, de modernité et de réactivité, par la mutualisation par exemple. Il faut savoir que la hausse d’impôt compensera à presque l’euro prêt la hausse des charges de personnels engagés par la Ville d’Albi. Sur la forme, les délibérations telles qu’elles étaient rédigées pour le Conseil Municipal entraînaient une opacité sur les objectifs d’augmentations des taux de plus de 6% et je ne pouvais que désapprouver le fait de cacher la vérité aux Albigeois. La Ville aujourd’hui tourne le dos à une gestion moderne de nos communes, où la souplesse et le redéploiement des moyens seront les solutions à l’avenir.

J’ai mûrement réfléchi ma décision de démissionner. J’ai voulu marquer ma rupture

Le Blog Politique. Peu de temps après votre démission, le représentant départemental d’En Marche, Clément Baller, a publié un communiqué de presse qui reprend quasiment mot pour mot vos propos. La décision de démissionner a-t-elle été concertée avec La République En Marche ?

Muriel Roques-Etienne. Le terme de concertation est excessif mais le mouvement a été très mécontent de la manière avec laquelle a été préparée cette augmentation d’impôt massive, c’est à dire augmenter sans fondement la fiscalité locale de 6%, priver les albigeois du pouvoir d’achat qui leur est rendu grâce à la suppression de la Taxe d’Habitation pour grand nombre d’entre eux et surtout ne pas être transparent en ne disant pas la vérité aux Albigeois sur les montants exacts et les causes réelles de ces augmentations. Voilà pourquoi le Référent Départemental d’En Marche Clement Baller a souhaité faire ce communiqué de presse suite à ma démission

Le terme de concertation (ndlr avec En Marche) est excessif. Mais le mouvement a été très mécontent de la manière avec laquelle a été préparée cette augmentation d’impôt massive

Le Blog Politique : Quel sera désormais votre rôle au sein du conseil municipal ? 

Muriel Roques-Etienne. Comme indiqué dans ma prise de parole, je resterai une Conseillère Municipale constructive, attentive et positive.

Le Blog Politique Politique. Votre démission est-elle le premier acte vers une candidature au prochaines municipales ?

Muriel Roques-Etienne. Je vois et discute avec beaucoup de monde, comme je l’ai toujours fait et continuerai à le faire, dans la perspective d’une construction collective des choses.

Propos recueillis par Laurent Dubois (@laurentdub)