27 Jan

Un collectif pro-Palestine s’invite dans la campagne des municipales à Toulouse. Qui se trouve derrière ?

Un collectif pro-Palestine, Palestine Vaincra, s’invite dans la campagne des municipales et multiplie les actions. Qui se trouve derrière Palestine Vaincra ? Éléments de réponse.

Photo Facebook : PV

Le collectif La Palestine Vaincra fait entendre sa voix. Ce 24 janvier, une manifestation a été organisée afin d’interpeller les candidats aux municipales à Toulouse.

Ce n’est pas la première action du collectif.  Une campagne d’affichage a été lancée dans des commerces toulousains.

Que ce soit par voie d’affichage ou dans la rue, Palestine Vaincra fait la promotion d’une pétition pour demander la fin du jumelage entre Toulouse et la ville de Tel-Aviv. Le maire (sortant) de Toulouse n’est pas à l’origine des échanges économiques et culturels entre la ville Rose et la deuxième ville d’Israël. Le fait que Toulouse et Tel Aviv soient jumelées remonte, en effet, à 1962.

Mais Jean-Luc Moudenc est particulièrement ciblé et qualifié de « soutien fidèle d’Israël ». Une proximité qui passe, selon le collectif, par la présence sur sa liste de la présidente d’honneur du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (Crif) mais aussi l’accueil, en 2018, d’un ambassadeur d’Israël.

Cette référence à un membre du Crif n’est pas surprenante. Palestine Vaincra est proche d’un mouvement antisioniste : Boycott, Désinvestissement, Sanctions contre Israël (BDS).

Les liens entre Palestine Vaincra et BDS sont publics et assumés. Le collectif met à disposition, sur les réseaux sociaux, des autocollants appelant au boycott des produits israéliens. Le 19 janvier dernier, le collectif pro-Palestine a utilisé ces stickers pour mener une action dans un supermarché.

🇵🇸 Au Carrefour Ramassiers de Colomiers, des avocats de la marque israélienne Mehadrin sont en vente. Pas un centime…

Publiée par Collectif Palestine Vaincra sur Dimanche 19 janvier 2020

La proximité entre le collectif toulousain et BDS donne une indication sur l’orientation idéologique de Palestine Vaincra. En effet, BDS fédère plusieurs mouvements d’ultragauche.

Mais, surtout, plusieurs membres de BDS ont tenus des propos ouvertement antisémites sur les réseaux sociaux. Selon nos informations, le collectif toulousain n’aurait pas de contact avec des groupuscules islamistes. Mais Palestine Vaincra partage un « ennemi » commun avec les radicaux religieux : Israël.

Du côté des candidats aux municipales, la campagne de lobbying de Palestine Vaincra n’est pas vraiment bien accueillie. S’agissant d’une remise en cause du jumelage Toulouse-Tel-Aviv, la tête de liste du Rassemblement National juge « la demande inacceptable ». Pour Quentin Lamotte « le conflit israëlo-palestinien n’a pas sa place sur le territoire français et des collectifs d’extrême gauche instrumentalisent malheureusement ce conflit pour masquer un antisionisme qui confine parfois à l’antisémitisme ».

Le porte-parole d’Archipel Citoyen déclare, qu’en cas de victoire en mars prochain, «  »Archipel Citoyen maintiendra pour Toulouse une coopération équilibrée et en soutien à la paix avec le maire de Tel-Aviv ». Romain Cujives précise que, parallèlement, une coopération avec Ramallah sera maintenue et renforcée.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

24 Jan

Municipales à Toulouse : quand la Fédération du Bâtiment « vote » Jean-Luc Moudenc et Nadia Pellefigue

Les professionnels du bâtiment s’invitent dans la campagne des municipales et organisent une rencontre (sélective)  avec 2 candidats : Jean-Luc Moudenc et Nadia Pellefigue.

Photo : MaxPPP

La Fédération Française du Bâtiment (FFB) s’intéresse aux municipales à Toulouse. Elle a invité, les 23 et 24 janvier, deux candidats à une rencontre avec ses adhérents. L’initiative n’est pas, en elle même, très originale. A Lorient, l’organisation professionnelle a organisé une grand oral avec les candidats.

Mais, à Toulouse, la forme est plus surprenante. Seuls deux candidats ont été sélectionnés : le maire sortant, Jean-Luc Moudenc, et la candidate socialiste, Nadia Pellefigue. Les 6 autres candidats au Capitole ont été laissé de côté. Contacté par France 3 Occitanie, le président de la FFB, Emile Noyer,  n’a pas souhaité s’exprimer sur les raisons de ce casting sélectif. Mais, la FFB a des raisons objectives pour ouvrir ses portes aux deux candidats sélectionnés.

Jean-Luc Moudenc et Nadia Pellefigue, compatibles avec la filière du bâtiment

Jean-Luc Moudenc a, sur sa liste, une représentante de la construction. Mais surtout, il est le promoteur du plus important projet immobilier de Toulouse : la tour d’Occitanie. Du côté de Nadia Pellefigue, il s’agit également d’une candidat « FFB-compatible ». En effet, la tête de liste socialiste n’est pas favorable au projet de la tour d’Occitanie. Mais elle insiste sur la nécessité de « signatures architecturales » (c’est-à-dire de grands projets immobiliers) pour la 4ème ville de France.

Un choix « politique »

Selon nos informations, le choix de Jean-Luc Moudenc et de Nadia Pellefigue  repose également sur une conviction : l’élection se fera entre le maire sortant et son adversaire socialiste.

Lors d’un conseil d’administration de la Fédération, la question d’inviter d’autres candidat a été soulevée. Mais, après de vifs échanges, les représentants de l’organisation professionnelle ont « voté » pour les deux candidats qui, selon eux, seront présents au second tour des Municipales.

Exit donc le Rassemblement National ou encore Archipel Citoyen. Pour cette dernière liste, le passage à la trappe était encore plus évident. Selon une source proche de la FFB, Antoine Maurice et ses colistiers sont considérés comme hostiles à la filière du bâtiment.

Agent immobilier de profession, Franck Biasotto n’a pas été retenu. Mais il précise qu’il « entend bien obtenir un rendez-vous individuel comme Nadia Pellefigue et Jean-Luc Moudenc ».

La politique, sélective, de la FFB n’est pas partagée par l’ensemble du milieu économique. La CPME organise également une rencontre avec les candidats aux municipales.Mais le panel est beaucoup plus large. 5 candidats sont invités, début février, à répondre à 9 questions.

Le débat sera filmé et accessible sur les réseaux sociaux.

Laurent Dubois (@laurentdub)

Après la publication de l’article, le président de la FFB, Emile Noyer,  précise que l’ensemble des candidats vont être invités.

 

 

 

 

 

 

Municipales Toulouse : le « zéro fiscalité » de Jean-Luc Moudenc soutenu par le président de la CCI, Alain di Crescenzo

Le maire (sortant) de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, propose une exonération de fiscalité pour les start-up.  Le président de la CCI d’Occitanie, Alain di Crescenzo, soutient le projet.

Alain di Crescenzo. Président de la CRCI d’Occitanie. Photo : MaxPPP

Jean-Luc Moudenc et les start-up, c’est quasiment un rituel de campagne. Lors des précédentes municipales, en 2014, le maire sortant et candidat à sa succession, a « ciblé » les entreprises innovantes. Pour les municipales de 2020, Jean-Luc Moudenc propose une exonération de fiscalité locale. Pendant 7 ans, pas de contribution foncière (CFE) ou de contribution sur la valeur ajoutée (CVAE) pour les start-up.

Une proposition d’autant plus intéressante que la métropole toulousaine est une des plus chères de France s’agissant de la CFE.

La promesse de campagne de Jean-Luc Moudenc n’aura pas de mal à se concrétiser. En effet, il s’agit tout simplement d’appliquer un dispositif gouvernemental en vigueur depuis le 31 décembre 2019.

Il suffit qu’une collectivité vote une délibération pour bénéficier du dispositif. Le président de la chambre de commerce et d’industrie d’Occitanie est favorable à ce scénario. Alain di Crescenzo soutient la proposition de Jean-Luc Moudenc car « tout ce qu’un maire peut faire en faveur des entreprises est positif ».

Et, pour le président de la CCI, une exonération fiscale des start-up est particulièrement judicieuse. « Pour une entreprise innovante, tout ce qui ne passe pas dans l’investissement » insiste Alain di Crescenzo.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

23 Jan

Grand Débat, un an après : des chercheurs toulousains ont analysé les contributions

Un laboratoire de sciences sociales toulousain, le LERASS, a non seulement traité des données issues du Grand Débat mais a également analysé celles issues du « Vrai Débat » initié lui par les Gilets Jaunes. Un bon moyen de faire la synthèse des préoccupations mais aussi un début de comparaison entre les stratégies du gouvernement et des Gilets Jaunes.   

Edouard Philippe lors de la restitution du Grand Débat National, en avril dernier, à Paris. Photo Philippe LOPEZ / AFP

« Au départ nous étions partenaires de la Commission Nationale du Débat Public avec qui nous avions déjà travaillé lors du débat sur l’Identité Nationale. Puis la CNDP a été désinvestie au profit de deux Ministres et cinq garants » explique Pascal Marchand. « Les Gilets Jaunes ont alors suspecté une récupération et ont dit « on va organiser notre propre débat. Comme ils ont vu que nous étions cité comme organisme de référence par la CNDP, ils nous ont sollicité » poursuit celui qui dirige le Laboratoire d’Etudes et de Recherches Appliquées aux Sciences Sociales.

Il faut dire que le LERASS installé sur le campus de l’université Paul Sabatier de Toulouse possède les outils adéquats. « Si on prend le Grand Débat National, c’est 167 millions de mots. Ce n’est pas le plus gros que l’on ait eu à traiter avec nos logiciels et notre technologie. Il manque des données mais on peut en sortir quelque chose » précise le chercheur.

L’exploitation des cahiers de doléances sera très difficile voire impossible »

Mais alors pourquoi ces données n’ont-elles pas encore été traitées ? « Nous sommes piégés par un appel d’offre de l’Agence Nationale de la Recherche et du CNRS qui n’a toujours pas été lancé » précise Pascal Marchand. Plusieurs laboratoires et une cinquantaine de chercheurs sont sur les rangs pour y répondre. Faute d’appel d’offre pour l’instant, aucun d’entre eux ne va se lancer dans ce travail colossal sans un budget dédié.

Une partie des données issues du Grand Débat National, sont pour l’instant consultables dans leur ensemble sur un site du gouvernement dédié. Elles sont principalement issues des réunions publiques. L’exploitation des cahiers de doléances sera, elle, très difficile voire impossible. Ces documents ont été numérisés en format image sur des fichiers qui sont désormais très lourds. Et encore, un certain nombre pas tous. Plusieurs ont été égarés, d’autres ont rejoint des services d’archives locaux.

Il existe beaucoup plus de données à exploiter en revanche sur « le vrai débat » organisé principalement en « Agora 2.0 » par les Gilets Jaunes. De là à dire que le Grand Débat National n’a pas été organisé pour être utilisé mais pour « refroidir les ardeurs », il n’y a qu’un pas que certains n’hésitent pas à franchir.

Le R.I.C toujours un enjeu majeur pour les Gilets Jaunes ou leurs sympathisants »

Le LERASS a d’ores et déjà publié un rapport sur l’interprétation des données du « vrai débat » lancé à l’initiative des Gilets Jaunes. Parmi plus de 92000 arguments énoncés, « les contributions visent à établir une négociation voire à l’imposer ». Plus dans le détail voici les thématiques principalement évoquées :

  • 27% concernent l’économie, les fiances, le travail et les comptes publics
  • 17% la démocratie, les institutions, le référendum d’initiative citoyenne
  • 15% l’expression libre et les sujets de société
  • 14% la transition écologique solidaire, l’agriculture et l’alimentation

Même s’il n’arrive pas en tête des thématiques citées, le RIC s’inscrit toutefois comme un enjeu majeur pour contrôler les lois et le respect des engagements électoraux mais aussi pour revitaliser la démocratie « via l’introduction de procédures directes de décision collective ».

Les élus pointés du doigt, pas le système »

Autre constat qui ressort de cette analyse du « vrai débat », « la contestation porte moins sur le système lui-même que sur la légitimité des élus, leur procès en compromission ou en incompétence ». Le citoyen reste donc « la dernière figure collective  légitime afin de rediscuter le contrat social de départ » selon le rapport du LERASS.

Parmi les enseignements tirés du « vrai débat » des Gilets Jaunes une phrase qui prend un sens particulier alors que le mouvement de contestation sociale face à la réforme des retraites notamment se durcit : « le débat a commencé avant, a continué pendant et se poursuivra après ». Une assemblée des assemblées de Gilets Jaunes devrait d’ailleurs se réunir prochainement pour faire émerger une synthèse des propositions.

Sondage façon XXème siècle contre Agora 2.0″

Le LERASS, de son côté, n’abandonne pas l’idée de synthétiser le Grand Débat National. Ses chercheurs devraient même publier dans les mois qui viennent une comparaison entre les deux formules. Quelques faits marquants émergent déjà. « Si on prend la couverture dans la presse par exemple, pour un article qui parlait du « Vrai Débat » des Gilets Jaunes, 800 traitaient du Grand Débat National »  assène sans détour Pascal Marchand.

Les publics ayant participé aux deux contributions sont aussi très différents. « Le Grand Débat National a été réalisé sous la forme d’un sondage modèle XXème siècle, sans savoir qui répond vraiment. La population y est plus hétérogène que dans le « Vrai Débat » des Gilets Jaunes » commente Pascal Marchand. Le premier rassemble des propos plus techniques, le second réfléchit plus particulièrement à « comment remettre du fonctionnement démocratique ». Une problématique qui apparemment reste plus que jamais d’actualité.

Patrick Noviello (@patnoviello)

 

 

Municipales à Toulouse : la candidate PS, Nadia Pellefigue, « retire » la présidence de la Métropole à son binôme, Claude Raynal

Le binôme de Nadia Pellefigue, le sénateur Claude Raynal, à la tête de la Métropole en cas de victoire ? La candidate PS dit « non ».

Photo : Facebook

Nadia Pellefigue dément avoir fait la moindre promesse. Pour la tête de liste PS-PC-PRG, il n’a jamais été question que son binôme, le sénateur Claude Raynal, préside Toulouse Métropole. Le parlementaire n’a pourtant jamais caché son intérêt pour la présidence de la Métropole. Un intérêt qui ne date pas des municipales de 2020.

En janvier 2015, lors de vœux à la presse, Claude Raynal disait « prendre date pour la Métropole ». Depuis cette déclaration, Le sénateur a dû renoncer à une tête de liste pour les Municipales. Claude Raynal a toutefois été investi, par les militants socialistes, chef de file aux côtés de Nadia Pellefigue.

Pour un membre du PS, cette formule originale reposait sur une distribution des rôles : la mairie pour la vice-présidente du conseil régional et Toulouse Métropole pour le parlementaire.

Selon une source, un accord aurait même reçu l’imprimatur de deux autorités socialistes : le président du conseil départemental de la Haute-Garonne et le patron du PS 31. Un membre du parti socialiste évoque même une réunion dans le bureau de Georges Méric pour formaliser les choses.

Du côté de Nadia Pellefigue, c’est clair. Elle n’a jamais dit que Claude Raynal pourrait, en cas de victoire, présider Toulouse Métropole. C’est, en tout cas, ce qu’elle affirme, ce jeudi 23 janvier, dans les colonnes de la presse régionale. Claude Raynal n’est pas étonné par cette déclaration. Au contraire. « Aujourd’hui les titres m’importent peu. Je partage le propos de Nadia Pellefigue pour des raisons démocratiques (Toulouse représente 2/3 des électeurs de la Métropole) et pour des raisons de gouvernance le (la) maire de Toulouse doit assumer les deux fonctions politiques (ndlr maire de Toulouse et président de la Métropole) » souligne le colistier de la socialiste.

Je partage les propos de Nadia Pellefigue

Claude Raynal précise toutefois :

Par contre, mon expérience de maire et ma connaissance des rouages et négociations entre les 37 élus de la métropoles peuvent être utilement employés

Le colistier de Nadia Pellefigue a, visiblement, fait son « deuil » de Toulouse Métropole. Mais il lance une véritable offre de service avec un espoir : continuer à peser.

Laurent Dubois (@laurendtub)

 

19 Jan

Municipales à Toulouse : quels sont les revenus des têtes de listes ?

La tête de liste Archipel-Citoyen a dévoilé le montant de son salaire. Quels sont les revenus des autres têtes de liste ?

Mairie de Toulouse. Photo : MaxPPP

1419 euros de salaire et 1118 euros d’indemnités. La tête de liste Archipel Citoyen a rendu public ses revenus. Antoine Maurice a également dévoilé son patrimoine immobilier (un appartement de 70 m2) et son « parc » automobile à savoir une Ford Fiesta auquel s’ajoute un vélo.

Cette transparence intervient en pleine polémique sur les revenus de Jean-Luc Moudenc et un cumul entre un traitement de haut-fonctionnaire à Bercy et des indemnités municipales à Toulouse.

Les candidats aux Municipales n’ont aucune obligation de déclaration de revenu et de patrimoine. Seuls les élus sont concernés et encore. S’agissant des conseillers régionaux, la législation s’applique uniquement aux président(e)s et aux vice-président(e)s  disposant d’une délégation de signature.

Pour les candidats, c’est clair. Il s’agit d’une initiative personnelle. France 3 Occitanie a donc sollicité l’ensemble des têtes de liste. Voici le résultat du « sondage ».

Jean-Luc Moudenc : 4519 euros nets

Jean-Luc Moudenc ne perçoit pas d’indemnités en tant que président de Toulouse Métropole. En revanche, il bénéficie d’une indemnité de 6097 euros au titre de son mandat de maire de Toulouse. Depuis le prélèvement à la source, il touche, après impôt, 4519 euros net. Le maire de Toulouse perçoit également un traitement de haut-fonctionnaire à Bercy. Jean-Luc Moudenc précise que, depuis fin septembre, il est en disponibilité et ne perçoit plus de rémunération du ministère des Finances depuis plus de 4 mois.

Pierre Cohen : 3400 euros de pension et 1170 euros d’indemnités

Pierre Cohen « n’aime pas rentrer dans le dévoilement un peu populiste de la vie privée, même des élus ». Mais l’ancien maire de Toulouse et ex député de la Haute-Garonne accepte de révéler ses revenus : une pension de retraite au titre de ses 3 mandats de députés (3400 euros) et une indemnité pour ses actuels mandats locaux à la maire de Toulouse et à la Métropole.

Pierre Cohen précise que ces revenus sont uniquement liés à « sa vie publique d’élu ». Le candidat aux Municipales de 2020 a également eu une activité professionnelle : enseignant dans le supérieur. A ce titre, il bénéficie d’une retraite dont il n’a pas communiqué le montant.

Nadia Pellefigue : 2575 euros nets et une indemnité supplémentaire ?

Nadia Pellefigue estime que « la transparence est désormais nécessaire ». Même si la tête de liste PS-PC-PRG « regrette la suspicion généralisée qui s’installe à l’égard de l’ensemble des élus qui, pour leur grande majorité perçoivent de très modestes indemnités ».

Nadia Pellefigue ne donne pas de chiffre. Mais le principal élément de sa rémunération est accessible sur le site du conseil régional d’Occitanie : 2575,07 euros par mois.

La candidate aux Municipales évoque également une indemnité en tant qu’administratrice d’un satellite du conseil, l’agence de développement économique régionale, Ad’OCC.  La somme devrait figurer dans la déclaration effectuée annuellement par les élus régionaux d’Occitanie. Visiblement, il s’agit d’un oubli.

Quentin Lamotte : 1737 euros d’indemnités régionales

Tête de liste pour le Rassemblement National, Quentin Lamotte, renvoie, s’agissant de ses revenus, à sa déclaration de conseiller régional. Ses indemnités s’élèvent à 1737,42 euros. A ces revenus, liés au seul mandat détenu par Quentin Lamotte, il faut ajouter une rémunération de courtier en prêt immobilier.

Quentin Lamotte ne souhaite pas les communiquer et précise qu’il s’en tient « à la loi en ce qui concerne la publication du patrimoine des élus ».

Frank Biasotto : 3427 euros d’indemnités municipales

Enfin, s’agissant de la dernière tête de liste (Toulouse Belle et Forte), Franck Biasotto ne communique aucun chiffre ou élément. Mais le candidat précise qu’il doit prochainement dévoiler publiquement ses revenus. Les seuls données disponibles se trouvent, pour le moment, dans une déclaration effectuée auprès de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP).

Elle mentionne 18 000 euros annuels net pour une activité d’agent immobilier.

L’autre chiffre accessible concerne les indemnités de Franck Biasotto. Le site de la mairie de Toulouse précise qu’il perçoit 1795 euros à la mairie et 1632 euros s’agissant de la métropole.

Laurent Dubois (@laurentdub)

16 Jan

Municipales à Albi : l’ex patron du PS tarnais rejoint la liste En Marche

L’ancien patron des socialistes tarnais (toujours encarté au PS) rejoint la liste En Marche pour les Municipales

Patrick Vieu, ex premier fédéral du Tarn et membre du PS 81

Les discussions remontent à plusieurs semaines. Mais c’est officiel depuis quelques heures. L’ancien patron de la Fédération du PS tarnais rejoint la liste d’En Marche. La place de Patrick Vieu n’est pas encore définie. Elle le sera prochainement au terme de discussions. Néanmoins, c’est un fait acquis. Un socialiste et pas n’importe lequel va participer, au scrutin de mars prochain sous les couleurs du parti « macroniste ».

Patrick Vieu n’est plus actif au sein du PS tarnais. Depuis plus d’un an, le socialiste est absent des réunions. Mais il reste l’ancien 1er Fédéral du PS tarnais et l’ex conseiller de François Hollande à l’Elysée. A ce CV, il faut ajouter une candidature aux législatives de 2017.

Depuis plusieurs mois, Patrick Vieu a remis les pieds dans la vie albigeoise. Le haut fonctionnaire, en poste à Paris, a constitué un collectif ViV’Albi. Cette initiative pouvait être un premier pas vers la constitution d’une liste.

Finalement, le socialiste rejoint  En Marche. Muriel Roques Etienne est pleinement satisfaite de cette alliance. « L’idée était de rassembler le centre droit et le centre gauche, c’est fait. On est au complet » déclare la tête de liste LaRem.

Du côté du PS tarnais, le ton est forcément moins positif. « Pas surpris. Nous savions que (Patrick Vieu) n’était pas de gauche. Ce n’est qu’une confirmation. Cela clarifie les choses » estime le 1er des socialistes, Vincent Recoules.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

14 Jan

Municipales Toulouse : combien coûte une place sur une liste ?

Les colistiers participent au financement de la campagne des Municipales. Combien ça coûte à Toulouse ? Tour d’horizon des « tarifs ».

Il ne faut pas payer pour figurer sur une liste municipales. Mais cela a un coût car les colistiers participent au financement de la campagne. A Toulouse, les « tarifs » sont très variables. Sur la liste de Jean-Luc Moudenc le plafond est fixé à 4800 euros. Des colistiers peuvent verser moins mais ils ne peuvent pas dépasser cette somme.

Un plafond de 4800 euros pour Jean-Luc Moudenc

Une solidarité est, toutefois, organisée entre colistiers afin de permettre une péréquation. Les plus aisés peuvent compenser le manque de moyen financier de l’un de leur camarade.

Ce système est justifié par l’absence de financement par des partis nationaux (Les Républicains ou En Marche) et d’emprunt bancaire. Mais le porte-parole de la campagne, Pierre Esplugas, insiste également sur le fait que « c’est un moyen de responsabiliser les colistiers ».

La liste PS-PRG-PC de Nadia Pellefigue est quasiment sur le même schéma que Jean-Luc Moudenc : une contribution financière mais une modulation en fonction des revenus. Le montant est, cependant, moins élevé : 1000 euros. A cela s’ajoute un don de 500 euros.

1500 euros pour la liste de Nadia Pellefigue

D’autres listes ne livrent pas de chiffres. Pierre Cohen confirme que ses colistiers vont contribuer financièrement à la campagne mais il précise  : « on n’a pas encore décidé quel niveau. Ce sera en fonction des moyens ». La tête de liste du Rassemblement National, Quentin Lamotte, se contente de préciser que ses colistiers « le font librement pour alimenter les comptes de campagne électorale ».

Du côté d’Archipel Citoyen, la transparence est mise en avant. La liste des gros donateurs (1000 euros et plus) sera publiée. S’agissant des colistiers, des financements peuvent intervenir. Mais il n’y a pas de montant fixé et aucun caractère obligatoire. Un appel aux micro-dons (5, 10 ou 20 euros) doit être adressée à la population.

Contactée par France 3 Occitanie, la liste de Franck Biasotto (Toulouse, Belle et Forte) ne s’est pas exprimée.

Laurent Dubois (@laurentdub)

10 Jan

Municipales à Toulouse : Archipel Citoyen interpelle Jean-Luc Moudenc sur la réforme des retraites

La liste Archipel Citoyen s’engage sur le terrain de la réforme des retraites et demande au maire (sortant) de Toulouse de se positionner.

Photo : MaxPPP/NSaintAffre

Archipel Citoyen participe  à la mobilisation contre la réforme des retraites. Lors de la dernière manifestation, ce jeudi 9 janvier, les représentants de la liste ont battu le pavé aux côtés des salariés et des syndicats. Une présence qui a d’ailleurs pris un air de campagne municipale avec la distribution de tracts.

Depuis le début de la contestation, en décembre 2019, Archipel descend dans la rue. Mais la liste citoyenne a également pris la plume en écrivant aux agents de la mairie et de Toulouse Métropole sur le sujet des retraites. Dans une lettre ouverte, Archipel évoque implicitement les municipales en qualifiant le maire (sortant) d’incarnation locale d’Emmanuel Macron.

Le directeur de campagne d’Archipel Citoyen est plus direct et demande au maire de Toulouse de se positionner sur le dossier (chaud) des retraites. Pour Romain Cujives, »Jean-Luc Moudenc ne peut pas rester silencieux sur un sujet aussi important pour les Français et les Françaises ».

Jean-Luc Moudenc ne peut pas rester silencieux

Contacté par France 3 Occitanie, Jean-Luc Moudenc déclare :

Cela montre bien l’intention de mes opposants : confisquer le débat municipal aux toulousains et dévoyer le vote de l’élection municipale pour en faire une question de politique nationale. Je ne me prêterait pas à la manœuvre car, chacun le sait, ce ne sont pas les maires actuels ou futurs qui sont décideurs sur l’avenir des retraites des Français. Mal à l’aise pour contester notre bilan et proposer un projet vrai et crédible, l’opposition tente une grossière diversion Parlons plutôt de Toulouse et des Toulousains

Du côté du parti socialiste, pas d’interpellation de Jean-Luc Moudenc sur la question des retraites. La candidate PS (également soutenue par le PC et le PRG), Nadia Pellefigue, participe, toutefois, aux manifestations.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

Municipales à Toulouse : l’improbable soutien de Ségolène Royal à la candidate (PS) Nadia Pellefigue

Ségolène Royal aux côtés de la candidate socialiste aux municipales à Toulouse, Nadia Pellefigue. Une affiche improbable au regard des relations (politiques) entre les deux femmes et les récentes critiques d’une colistière de Nadia Pellefigue envers l’ambassadrice des Pôles.

Ségolène Royal. Photo : AFP/EricPiermont

Ce samedi, Ségolène Royal vient délivrer un brevet de « vertitude » à Nadia Pellefigue.  Des doutes existent sur la comptabilité de cette démarche avec le statut d’ambassadrice des Pôles de l’ex ministre. Mais un retour sur la scène électorale n’a rien d’étonnant. Ségolène Royal a annoncé la couleur en juin dernier. Elle va s’impliquer dans la campagne des municipales. Une implication qui doit se traduire par un engagement aux côtés candidats ayant une fibre « écolo ».

En revanche, le choix de Nadia Pellefigue est plus surprenant. Les deux femmes n’ont pas vraiment d’atomes crochus. Elles se sont même combattues au sein du PS.

Un combat frontal au sein du PS

Nadia Pellefigue a été la numéro 2 d’une fédération socialiste qui s’est durement opposée à Ségolène Royal. Proche de Benoit Hamon et de l’aile gauche du PS, Nadia Pellefigue a ensuite rejoint Arnaud Montebourg. Mais Ségolène Royal et son courant « Désirs d’avenir » ont toujours constitué pour la socialiste toulousaine un adversaire politique.

Nadia Pellefigue n’était pas la seule à s’opposer à Ségolène Royal. La fédération de la Haute-Garonne était très majoritairement hostile. Pour un socialiste, « c’était quasiment de la haine. Le nom de Ségolène Royal était littéralement vomi et pas uniquement par Nadia Pellefigue ». Un épisode rappelle l’intensité du conflit. En 2011, dans le cadre des Primaires citoyennes organisées par le PS, Ségolène Royal est venue à Toulouse : aucun cadre ou élu  pour l’accueillir.

Seule l’ancienne députée, Catherine Lemorton, a assuré le service minimum.

Tout ce passif appartient au passé. La page semble tournée. Nadia Pellefigue a même intégré dans son équipe une « Royaliste » historique : Régine Lange. Mais cette dernière critique, désormais, « vertement » Ségolène Royal.

Une charge anti-Royal de la part d’une colistière

Le déplacement toulousain de Ségolène Royal s’inscrit dans un contexte très particulier. L’ambassadrice des Pôles, nommée par Emmanuel Macron, est au cœur d’une polémique.

Ségolène Royal est accusée de mélanger les genres et d’utiliser les moyens du ministère des Affaires Etrangères à des fins personnelles. Ce grand déballage n’a pas échappé à la colistière de Nadia Pellefigue. Sur les réseaux sociaux, Régine Lange a ouvertement pris ses distances avec l’Ambassadrice des Pôles.

L’équipe de Nadia Pellefigue présente la venue de Ségolène Royal comme « s’inscrivant dans une démarche nationale ». Cette présentation relativise l’importance de l’événement. Ça tombe bien car il risque d’y avoir des sourires forcés et des arrières pensées.

Laurent Dubois (@laurentdub)