21 Jan

Haute-Garonne : LaRem place l’année sous le signe des territoires. Et des élections ?

Dans ses vœux, la nouvelle référente départementale de LaREM 31 « appelle tous les hauts-garonnais qui souhaitent s’engager » à rejoindre son mouvement. Début des constitutions de liste en vue des futures élections locales ou reconstitution des troupes après une érosion des effectifs ? Interview avec Alice Dausse.

Alice Dausse, Référente Départementale LaREM 31.    Photo DR

Le Blog Politique : Où en sont vos effectifs depuis la victoire à la Présidentielle ?

Alice Dausse : Il est difficile de chiffrer précisément le nombre d’adhérents. Les vraiment actifs sont moins de mille. Les autres plusieurs milliers. Les premiers sont très présents et militants. Les autres sont « influenceurs » dans leur famille ou leur communauté comme on le dit aux Etats-Unis. Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, il n’y a pas forcément eu une baisse. Mais avec la future Présidentielle, scrutin qui intéresse le plus, ça ne va pas s’estomper au contraire.

Le Blog Politique : Revenons sur les Municipales. Un rendez-vous manqué ou un timide début d’enracinement local ?

Alice Dausse : Au niveau national, 10 000 marcheurs ont été élus conseillers municipaux, avec des nouveaux profils, des femmes et des jeunes notamment. Quand on part de zéro, c’est une victoire.

Pour gagner des élections locales, il faut un projet cohérent avec le territoire. A Toulouse par exemple, nous avions un projet en commun (NDR : avec le maire LR sortant). Et nous sommes satisfaits des postes auxquels ont eu accès les marcheurs.

Il n’y a pas que les élections pour enraciner un mouvement localement »

Le Blog Politique : Recherchez-vous réellement un ancrage local ?

Alice Dausse : La Haute-Garonne est un beau laboratoire. Nous avons une grande métropole, de la campagne, des montagnes et même une frontière. Mais il n’y a pas que les élections pour enraciner un mouvement localement. Nous sommes aussi là pour nourrir le travail des parlementaires qui font remonter nos propositions.

Le Blog Politique : Etes-vous favorable à la tenue d’élections locales en juin ?

Alice Dausse : C’est très délicat… L’an dernier, le déroulement du scrutin n’a pas été suffisamment bien expliqué. Je ne suis pas certaine qu’il y ait de bonne solution. Tout dépendra de l’avis des médecins.

On essaie de porter un projet alternatif (…) de casser les codes »

Le Blog Politique : Vous préparez-vous pour les Départementales ?

Alice Dausse : On fait un diagnostic du territoire et son bilan. On génère des solutions. Il y a des personnes chez nous qui souhaitent se présenter. On essaie de constituer des binômes (NDR : mode de scrutin de ces départementales) mais surtout de porter un projet alternatif. On veut casser les codes, faire différemment que les présidences actuelles. Le rôle du Département par ses compétences sociales est fondamental.

Le Blog Politique : Et les Régionales ?

Alice Dausse : Ça ne se joue pas à mon niveau. Il y a 13 départements à consulter et des gros marqueurs politiques : un PS très implanté et un RN qui veut progresser. A mon niveau départemental, je travaille avec des personnes que cette élection intéresse. La bataille sera rude. Ce qui est sûr, c’est que si on y va, ce sera pour gagner.

Propos recueillis par Patrick Noviello (@patnoviello)

18 Jan

Présidentielle Américaine : Veillée aux chandelles pour les Démocrates de Toulouse

Les supporters de Joe Biden vivant à Toulouse se réuniront ce mardi à 17h Place du Capitole. Objectif : « exprimer leur confiance en l’avenir de leur pays », mais aussi « commémorer les 400 000 américains décédés du coronavirus ».

Préparation de la cérémonie d’investiture de Joe Biden à Washington. Photo Joe Raedle/Getty Images/AFP

« Je ne sais pas si le mot « soulagé » est assez fort pour définir notre état d’esprit » souffle en souriant John Dahlburg. « C’est la fin d’un cauchemar national et sans doute de la pire présidence américaine. C’est aux historiens de décider » assène le porte-parole de « Democrats Abroad Toulouse ».

« Convaincre tous les américains »

Comme lui, les 600 Démocrates de Midi-Pyrénées espèrent maintenant un « recommencement » lancé par celui qui se veut le « président de tous ». « Tous les gens qui ont voté Trump ne sont pas des extrémistes » assure John Dahlburg. « C’est le challenge de la nouvelle équipe que de convaincre tous les américains ».

L’amateur de foie gras et de vin qu’il est se veut aussi confiant quant à l’amélioration des relations commerciales entre nos deux pays. « Même si nous sommes parfois rivaux sur certains marchés, nous sommes surtout des alliés, des partenaires et des pays amis. Face à la Russie ou la Chine, nous pouvons compter l’un sur l’autre. Biden est beaucoup plus au courant de ces enjeux » reconnaît le patron des démocrates régionaux.

« Pas de manifestation de masse mais un symbole fort »

Demain, au-delà du dispositif de sécurité après les événements du Capitole,  l’investiture de Joe Biden sera évidemment marquée par des mesures sanitaires drastiques. Les mêmes qui prévaudront au rassemblement toulousain. « Ce ne sera pas une manifestation de masse. Peut-être ne serons-nous qu’une douzaine mais le symbole sera fort » conclut John Dahlburg.

Patrick Noviello (@patnoviello)

Régionales : le numéro 3 des Républicains, Aurélien Pradié, dit « non » à un report après la présidentielle de 2022

Député du Lot et secrétaire général de LR (Les Républicains), Aurélien Pradié, n’est pas favorable à un nouveau report des Régionales, après la présidentielle de 2022.

Aurélien Pradié, député (LR) du Lot. Crédit Photo IP3 PRESS/ MAX PPP

Le patron du PCF ouvre la porte à un nouveau report des élections départementales et régionales. En raison du contexte sanitaire, une échéance, différente du calendrier initial, a déjà été fixé : juin prochain. Un projet de loi, en ce sens, doit être examiné en conseil des ministres le 7 Février. Mais Fabien Rousset, est favorable à un nouveau décalage dans le temps.  « Je serais plutôt favorable que rapidement, au vu de l’évolution de la pandémie et on va bien voir d’ici février quand la loi va arriver au Parlement (…) si le virus circule« , on décide « de reporter ce scrutin » après 2022, a expliqué sur France 3 le député du Nord.

 « Ça ne peut pas se tenir en septembre, on ne va pas faire campagne au mois d’août, donc si c’est après 2022, c’est après 2022« , a-t-il ajouté. « Ce qui me choquerait, ce serait d’imposer un scrutin aux gens en pleine pandémie comme on l’a vu pendant les municipales, donc ça ne me choque pas que ce soit reporté après 2022« , a précisé M. Roussel.

Le numéro 3 des Républicains n’est pas sur cette ligne. Pour Aurélien Pradié, « reporter les élections, c’est risqué d’affaiblir la démocratie. On ne joue pas avec les rendez-vous démocratiques. »

Reporter les élections, c’est risqué d’affaiblir la démocratie. Aurélien Pradié

Le député du Lot est favorable à un maintien du vote en juin prochain..En fait, Aurélien Pradié réaffirme la solution défendue dans le rapport remis par l’ancien président du conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré.

La démocratie doit s’exercer. Carole Delga

La présidente (sortante) du conseil régional d’Occitanie ne souhaite pas également un report en 2022. Contactée par France 3 Occitanie, Carole Delga précise : « ce n’est pas ma priorité de débattre chaque jour du calendrier. Pour autant, la démocratie doit s’exercer et nous devons en temps de crise avoir des exécutifs locaux en place, opérationnels et forts ». 

Laurent Dubois (@laurentdub)

15 Jan

Régionales et départementales : l’équation insoluble de l’union de la gauche

Les premiers sondages commencent à tomber. Les listes ou binômes de candidats se constituent. Mais tous les accords ne sont pas encore signés. Même si une ligne se dessine : PS et ses alliés traditionnels d’un côté, EELV et LFI de l’autre.

Pour Myriam Martin conseillère régionale « il est encore temps de converger avec LFI » Photo : Facebook M.Martin

Pour Myriam Martin conseillère régionale « il est encore temps de converger avec LFI »

 

« On est toujours ouvert à la discussion ». Malgré cette phrase qui revient souvent, rien n’indique que la gauche avance unie pour les prochains scrutins. Sébastien Vincini qui est à la manœuvre pour la majorité départementale en Haute-Garonne annonce un « large rassemblement de gauche, citoyen et écologiste » autour de Georges Méric. Mais manquent à l’appel EELV et LFI.

Cuisine électoraliste »

« Quand on a rencontré le PS, explique l’animateur de l’équipe de pilotage d’EELV, on n’a constaté que le souhait de leur côté de travailler sur les cartes électorales et les postes. Une cuisine électoraliste… » « Tant qu’on n’est pas d’accord sur la politique et la gouvernance, ça nous paraissait prématuré » explique Pascal Barbier.

A l’opposé Sébastien Vincini évoque, dans un communiqué, les « bases d’une plateforme programmatique commune nourrie au cours de multiples rencontres ». Le vice-président socialiste sortant de Haute-Garonne décrit « une démarche qui a permis de faire naître un projet qui nous ressemble et qui nous rassemble ».

Chaque formation politique porte une grande responsabilité quant à la position qu’elle choisira de prendre aujourd’hui »

Et la majorité sortante haut-garonnaise et ses partenaires[1] de prévenir à travers un communiqué : « le mode de scrutin de ces élections est binominal par canton et ne permet pas la fusion entre les deux tours. De fait chaque formation politique porte une grande responsabilité quant à la position qu’elle choisira de prendre aujourd’hui, pour rassembler largement la gauche et les écologistes dès le premier tour ».

Du côté de la Région, chacun à gauche a bien observé le sondage tombé cette semaine, notamment LFI. « Il existe un espace politique pour les prochaines élections régionales pour une majorité écologique et sociale » selon Manuel Bompard et Myriam Martin les chefs de file régionaux pour le prochain scrutin. « EELV écarte toute discussion avec tout le monde, c’est irresponsable ! Il faut arrêter es bêtises. On peut discuter et mettre fin au sectarisme » prévient Myriam Martin.

Changer de braquet »

D’autant qu’EELV et LFI ont sans doute un objectif commun par rapport aux exécutifs départementaux et régionaux : « changer de braquet ». « Il faut une vraie rupture dans la gestion du département parce que les électeurs nous l’ont demandé » assure Pascal Barbier. « On souhaite faire une famille rassemblée autour de l’écologie et de la solidarité » avance l’animateur EELV en Haute-Garonne.

Selon lui, les discussions se poursuivent en Haute-Garonne. « On reviendra d’ici un mois vers nos militants pour voir avec quels partenaires nous partirons en campagne ». Au niveau régional « on a un peu de temps » explique Myriam Martin. « Mais avant fin février il faudra travailler sur la constitution de la liste ». Quant aux dates officielles des scrutins, on les attend toujours…

Patrick Noviello (@patnoviello)

[1] Génération(s), PS, PRG, PCF, Nouvelle Donne, Place Publique

15 Déc

Haute-Garonne : En Marche remplace son référent départemental et désigne une femme

En Marche change de tête en Haute-Garonne. Une femme, Alice Dausse, remplace l’actuel référent départemental, Pierre Casteras.

Photo : MaxPPP/Tanguy

Ce lundi 14 décembre, le bureau exécutif de La République En Marche a désigné un nouveau référent départemental en Haute-Garonne. Diplômée de l’IEP Toulouse et cadre dans l’industrie aéronautique, Alice Dausse prend la tête du mouvement pendant les deux prochaines années.

La jeune femme est un « pur produit » d’En Marche. Alice Dausse a découvert la politique en s’engageant dans la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron, en 2017. Son unique expérience électorale remonte aux dernières municipales et à une place sur la liste du maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc.

Depuis plus d’un an, l’actuel référent départemental était sur la sellette. Son action et son bilan étaient contestés par plusieurs députés de la majorité. A plusieurs reprises, des interventions locales sont remontées à Paris, auprès des instances nationales d’En Marche, afin de demander son « débarquement ».

C’est désormais chose faite. Malgré le soutien de deux parlementaires, Michaël Nogal et Corinne Vignon, Pierre Casteras n’a pas obtenu un renouvellement de son mandat. Sa remplaçante a sur son agenda deux échéances électorales : les départementales et les régionales.

S’agissant des régionales, une tête de liste, Vincent Terrail-Novès, a été trouvée. Elle sera officialisée en janvier prochain. En revanche, le chantier des départementales en Haute-Garonne est encore largement à défricher. Il s’agit notamment de mettre en musique, comme pour les dernières municipales à Toulouse, un accord entre En Marche et Les Républicains

Laurent Dubois (@laurentdub)

09 Déc

Municipales : Toulouse « pas assez bobo pour passer aux Verts » ?

C’est la question que pose une note éditée par la Fondation Jean Jaurès. Jerôme Fourquet et Sylvain Manternach livrent, six mois après, leur analyse « socioculturelle de ce non-basculement ». Instructif quant aux causes avancées de la défaite de la liste écologiste et citoyenne.

Antoine Maurice et Jean-Luc Moudenc lors de la campagne des Municipales en juin dernier. Photo Nathalie Saint-Affre/MaxPPP

Pourquoi Lyon, Strasbourg, Besançon ou encore Poitiers, Tours et Bordeaux et pas Toulouse ? Comment une ville qui, à la Présidentielle, a accordé 29,2% à Jean-Luc Mélenchon au 1er tour en 2017 et 62,5% à François Hollande au second en 2012, a-t-elle vu la droite l’emporter ?

Première élément d’explication : « Une gauche archipélisée » au premier tour (avec six listes) face à une droite unie et qui plus est soutenue par LREM. Avantage donc Moudenc pour ce qui est d’un départ groupé.

Qui vote qui ?

Mais Fourquet et Manternach rentrent également dans le profil des électorats respectifs des listes de gauche. Ainsi le vote Archipel Citoyen « se superpose assez bien avec la carte de la densité de population ainsi que la desserte en métro et un aménagement favorable au vélo. Bref un électorat dans la partie centrale de la ville, l’hyper centre très bourgeois restant clairement à droite.

Autre liste de gauche, celle de Pierre Cohen. « Elle apparaît comme un négatif assez parfait du vote pour l’Archipel Citoyen » nous explique la Fondation Jean Jaurès. « Mais surtout c’est dans les cités toulousaines que cette liste enregistre ses meilleurs résultats », plus de 10% au Mirail, Empalot ou encore aux Izards. Les métropolitains à Archipel, les cités populaires à Génération(s).

Pellefigue et Maurice se sont disputés un électorat similaire »

Quid du PS ? Nadia Pellefigue (18,5% contre 27,6 à Antoine Maurice au 1er tour) prospecte son électorat sur les mêmes terres qu’Archipel.  Plus on se rapproche du centre-ville, plus l’écart se creuse entre les deux listes. Dans la périphérie, l’écart est plus faible voire rarement à l’avantage de la socialiste.

« Au total, il apparaît que les trois listes de gauche se sont adressées à des segments électoraux, non seulement différents sur certaines orientations politiques mais également divers en termes socioculturels ». Mais, mécaniquement, l’ensemble des voix conquises au premier tour ne se sont pas agrégées au second. Résultat d’une union trop tardive et ratée.

« Une clientèle fidélisée de longue date» pour Moudenc

L’étude relève en revanche que Jean-Luc Moudenc, lui, a su construire sa victoire dans « les quartiers de l’hyper-centre les plus aisés » mais aussi sur « certains quartiers pavillonnaires excentrés ». Son implantation de conseiller départemental puis de député sur ces deux zones n’y est pas étrangère. « Une clientèle fidélisée de longue date » comme l’appelle Fourquet et Manternach.

Derrière une opposition gauche/droite, ce sont également deux visions de la ville et deux façons de la vivre qui se sont fait face au second tour »

Phoning et procurations par milliers ont aussi permis au maire sortant de creuser l’écart selon l’étude. Dans les quartiers plus périphériques où les déplacements se font encore en voiture, le candidat LR prend aussi l’avantage. L’électorat d’Archipel, lui, se retrouve le long des stations de vélos et du tracé du métro.

Comment l’aéronautique et la LGV ont plombé Maurice

Au-delà des profils électoraux des deux listes, deux dossiers ont également fait la différence : l’aéronautique et la LGV. Antoine Maurice affronte un premier trou d’air, accusé d’avion-bashing par son adversaire. Opposé également à une nouvelle ligne TGV entre Toulouse et Bordeaux (il prône un réaménagement de l’existant), l’écologiste voit une différence programmatique insurmontable le priver d’un report de voix suffisants avec la liste de Nadia Pellefigue.

Une LGV Sud-ouest qui, paradoxe, a amené de Paris un électorat plus favorable à EELV à Bordeaux, Poitiers, Tours. Une LGV qui a aussi amené des « bobos » à Strasbourg, Lyon et même Marseille, faisant basculer ces métropoles du côté des Verts ou de la gauche version citoyenne. Au même titre, relève l’étude, qu’historiquement « l’arrivée du chemin de fer » et des activités économiques qui vont avec avait « favorisé l’implantation précoce et durable du Parti Communiste ».

L’absence d’une LGV a donc sans doute structurellement pénalisé Antoine Maurice et favorisé Jean-Luc Moudenc en freinant le changement sociétal et la boboïsation de la ville rose »

En fin de note, Fourquet et Manternach, aidés de Céline Collange, expliquent comment ils ont mis au point leur « indice de boboïsation », loin des catégories décrites par l’Insee. Ils assurent que « Bordeaux surclasse nettement Toulouse » en la matière.

Patrick Noviello (@patnoviello)

03 Déc

Décès de Valery Giscard d’Estaing : l’hommage des centristes de la région

Midi-Pyrénées, l’Aveyron mais aussi Toulouse furent des terres centristes, dirigées par des élus UDF, le parti de Giscard. Ses anciens membres se souviennent. Quant à la nouvelle génération, elle rend aussi hommage à l’ancien président.

Valéry Giscard d’Estaing en juin 2019 lors d’une conférence consacrée au 50ème anniversaire de l’élection de Georges Pompidou (Photo Jacques Demarthon AFP)

L’UDF fut  fondée en 1978 en soutien à Valéry Giscard d’Estaing. Jean-Luc Moudenc l’intégra dès sa création. Il avait 17 ans. « C’est  l’élection de Valery Giscard d’Estaing qui m’a fait m’engager en politique pour des idées forces : l’Europe, la majorité à 18 ans, l’idée de gouverner au Centre pour rassembler les français » témoigne l’actuel maire de Toulouse sur le site internet de France3 Occitanie.

Philippe Douste-Blazy intégra l’UDF plus tard. Mais  l’ancien maire de Lourdes et de Toulouse rend aussi un hommage appuyé au Président disparu. Ce qu’il retient aujourd’hui de VGE :

La profonde intelligence, un immense européen, un grand réformateur, le modernisateur de la vie politique française et européenne »

« Il fut ce qu’on peut appeler mon mentor politique dès les années 70» avoue sans retenue Marc Censi. « J’avais pour lui une grande admiration. J’ai eu l’occasion de le côtoyer à l’association des présidents de régions » se souvient celui qui dirigea Midi-Pyrénées de 1988 à 1998.

« Mon regret est qu’il n’ait pas pu effectuer un deuxième mandat. Je crois que c’est Borloo qui a dit de lui qu’il était un homme qui avait eu raison trop tôt » regrette l’ancien maire UDF de Rodez.

L’UDI 31 a le cœur gros

Aujourd’hui, l’UDF n’est plus mais les militants de l’UDI se souviennent aussi du dernier centriste encarté à avoir été Président.

« Comme il l’avait si bien su le dire en 1974, personne n’a le monopole du cœur mais ce soir la famille centriste a le cœur gros » écrit sur son compte Twitter Sophie Lamant, la présidente de l’UDI 31.

Patrick Noviello (@patnoviello)

26 Nov

Régionales Occitanie : le maire de Balma, Vincent Terrail-Novès, tête de liste pour En Marche

[Exclusif] La République En marche a trouvé sa tête de liste pour les Régionales de 2021 en Occitanie. Il s’agit d’un maire( ex-LR), soutenu par le parti présidentiel lors des dernières municipales : Vincent Terrail-Novès.

Vincent Terrail-Novès, maire de Balma

Vincent Terrail-Novès sera la tête de liste d’En Marche pour les prochaines régionales. Plusieurs noms de députés et d’élus locaux circulaient. Mais, finalement, c’est le maire d’une commune de la métropole toulousaine et un conseiller régional (sortant) qui va représenter les couleurs « macronistes ». Vincent Terrail-Novès n’est pas membre du parti présidentiel. Mais il a bénéficié du soutien d’En Marche lors des municipales de juin dernier.

Vincent Terrail-Novès a eu des responsabilités au sein des Républicains : responsable des Jeunes Populaires sous la présidence Sarkozy, tête de liste départementale aux Régionales de 2010 et 2015.

Laurent Dubois (@laurentdub)

Régionales 2021 : le « ministre » de la Justice de Marine Le Pen future tête de liste en Occitanie ?

Marine Le Pen présente Jean-Paul Garraud comme son futur ministre de la Justice en cas de victoire à la présidentielle. L’ancien magistrat et actuel euro-député est candidat pour être tête de liste aux Régionales en Occitanie.

Marine Le Pen et Jean-Paul Garraud. Photo MaxPPP/IP3

Le casting des Régionales bouge du côté du Rassemblement National. Le maire de Beaucaire semblait s’imposer (naturellement) pour devenir la tête de liste du parti de Marine Le Pen. Mais, selon nos informations, une autre candidature s’invite dans le jeu. Pas n’importe laquelle puisque le concurrent de Julien Sanchez bénéficie d’un appui de poids : la présidente du RN.

C’est plus qu’un atout. En effet,  mi-janvier,  Marine Le Pen et les instances nationales du Rassemblement National décideront si…Jean-Paul Garraud sera (ou non) le leader de la liste des Régionales en Occitanie.Et  la future candidate à la présidentielle de 2022, ne cache pas son enthousiasme envers sa nouvelle recrue. Une recrue qui est arrivée dans les rangs du RN en 2019, lors des dernières Européennes.

 Magistrat de profession et député spécialisé sur les questions de Justice

Marine Le Pen a annoncé que l’ancien magistrat sera son ministre de la Justice en cas de conquête de l’Elysée. Le RN est toujours et encore en recherche de respectabilité et surtout de…crédibilité. Et, sur ce terrain, Jean-Paul Garraud est un « bon client ». Ancien numéro 2 de l’Ecole Nationale de la Magistrature, ex vice président du TGI de Paris, Jean-Paul Garraud a également occupé un poste d’avocat général et de juge à la cour de justice de la République.

Ce parcours professionnel se double d’une expérience politique. Député de Gironde de 2002 à 2012, Jean-Paul Garraud a pris le siège une figure locale à dimension nationale, Gilbert Mitterrand, le fils cadet de l’ancien président (socialiste) de la République. Une fois élu parlementaire, Jean-Paul Garraud est resté sur son terrain judiciaire en étant rapporteur de texte et en siégeant au sein de la commission Outreau.

Que se soit professionnellement ou politiquement, Jean-Paul Garraud est une « prise de choix » pour Marine Le Pen. Pas uniquement en terme de carte de visite et de CV. Issu des rangs de l’UMP, une candidature Garraud en Occitanie permettrait de « braconner » sur les terres de la droite.

Un ancien soutien de François Fillon

Jean-Paul Garraud siège actuellement au sein du groupe RN au Parlement Européen. Mais l’euro-député est issu de la droite. Lors de la présidentielle de 2017, Jean-Paul Garraud a soutenu François Fillon. Il a également occupé des responsabilités nationales au sein de l’UMP. A la différence du maire de Beaucaire, il peut donc élargir l’assise du vote RN lors des prochaines régionales.

La République En Marche se dirige vers un profil « centriste ». A droite, la candidature d’un Aurélien Pradié est toujours d’actualité. C’est quasiment (l’anti-macronisme et le « gaullisme social » en plus) le même positionnement. Dans ce contexte, Jean-Paul Garraud peut bénéficier d’un espace politique :  les voix d’une droite républicaine « dure ».

Toutes les « planètes » sont alignées pour que la tête de liste du RN s’appelle, en janvier prochain, Jean-Paul Garraud.

 

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

25 Nov

Projet de loi contre la glottophobie : pour Claude Sicre « le problème plus général c’est le rapport Paris-Province »

Jeudi 26 novembre à l’initiative du député de l’Hérault, Christophe Euzet (Agir) , l’Assemblée Nationale va examiner un projet de loi contre la discrimination par l’accent. L’auteur toulousain Claude Sicre également fondateur du Forom des Langues réagit à ce projet mais plus largement à ce qu’il qualifie de « maladie de l’unitarisme ».

Claude Sicre, poète, chanteur et auteur de « Notre Occitanie ». Photo MaxPPP Frédéric Charmeux

« Je suis pour faire semblant d’être pour cette loi ». A travers cette affirmation toute la malice et l’ironie du « Fabulous Trobadors ». « C’est la seule façon d’en faire parler par beaucoup de monde » reconnaît volontiers le fervent défenseur de la langue occitane.

C’est aussi présent et invisible que l’air qu’on respire » Félix Castan

Mais de quels maux la glottophobie est-elle le nom ? «Le problème plus général, plus profond, c’est le rapport Paris-Province » martèle Claude Sicre. « Ça n’est pas nouveau, ça date de la Renaissance. Je l’analyse dans mon livre (1) et je suis le premier à pousser le raisonnement jusqu’au bout » insiste-t-il.

Et l’auteur de citer l’un de ses maîtres à penser l’écrivain occitan Félix Castan qui disait de ce rapport Paris-Province « c’est aussi présent et invisible que l’air qu’on respire ». « Quand Montesquieu disait « peut-on être persan » il voulait en fait dire « peut-on être gascon » » fait également remarquer Claude Sicre.

L’unitarisme et la pensée française

« L’unitarisme est la maladie numéro un de la pensée française » explique l’artiste. « Il est à l’oeuvre depuis des siècles dans la littérature, l’histoire, toutes les sciences humaines, les arts, l’humour, la chanson, le cinéma, la radio, la télé, les comportements politiques, sociaux, économiques des français. Mais on ne le voit pas. Tellement il est enraciné dans notre façon de pensée ».

Pas besoin d’aller chercher bien loin dans les archives politiques pour tomber sur des réminiscences de cette discrimination indémodable. On se souvient de la mésaventure d’une de nos consoeurs raillée par Jean-Luc Mélenchon lors d’une interview. Mésaventure qui avait même valu à la députée LREM Laetitia Avia la (mauvaise ?) blague de proposer une loi sur le sujet. Mais aujourd’hui nous y sommes.

Pas besoin de loi ou de règlement, on va mettre tout le monde d’accord » Claude Sicre

Pour Claude Sicre « si la question est bien posée, en profondeur, tout le monde va mesurer l’énormité de ce que cela soulève, et il n’y aura pas besoin d’alourdir notre justice d’une énième loi victimaire ». Selon lui, pas besoin de loi, de règlement, ou encore de sanctions.

« Si les politiques lisent quelques livres, si les intellectuels sortent de leur carcan parisien, si les journalistes donnent la parole sans s’arrêter aux anecdotes en allant en profondeur, il y aura un déclic » assure ce féru de langue qui lance un appel à cette même presse.

Un Premier Ministre plus sensible à la question ?

Reste à savoir maintenant ce qu’il adviendra de ce projet de loi. Emportera-t-il l’adhésion de la majorité LREM ? Donnera-t-il lieu comme le souhaite Claude Sicre à un débat plus large ? Sera-t-il appuyé en hauts lieux par un Jean Castex venu de province ? Premier Ministre qui se souvient sans doute encore de la façon dont avait été accueilli son accent du sud-ouest lors de son arrivée à Matignon.

(1)« Notre Occitanie » de Claude Sicre aux éditions « Anagraphis »

Patrick Noviello (@patnoviello)