22 Jan

Réforme de la constitution : une universitaire toulousaine auteure du rapport sur la Corse

Wanda Mastor enseigne à l'Université Toulouse 1 Capitole (Photo UT1)

Wanda Mastor enseigne à l’Université Toulouse 1 Capitole (Photo UT1)

C’est à cette professeur agrégée de droit public de l’université Toulouse-Capitole que Jean-Guy Talamoni a demandé le rapport qu’il présente aujourd’hui et demain à Paris. Wanda Mastor nous explique le but de son travail pour que les spécificités corses soient prises en compte lors de la prochaine révision de la constitution.

Le Blog Politique : Pourquoi le président de l’assemblée de Corse a-t-il fait appel à vous ?

Wanda Mastor : Tout d’abord pour mes compétences constitutionnelles. J’ai effectué un travail de comparaison sur des exemples étrangers éclairants. J’ai co-rédigé en 2013 le rapport Carcassonne pour l’assemblée de Corse. Et puis enfin, je suis corse d’origine, je suis née sur l’île et y ai vécu jusqu’à mes 20 ans. J’ai donc une connaissance évidente de ce territoire et un attachement pour lui  également. C’est la plus belle mission de ma vie, mais je reste une scientifique.

Le Blog Politique : Scientifique donc indépendante ?

Wanda Mastor : Le fait qu’un politique commande un rapport à un scientifique, ça c’est toujours fait. Jean-Guy Talamoni m’a laissé totalement libre d’écrire dans le sens où je l’entendais. De toute façon, je ne peux pas défendre quelque chose en quoi je ne crois pas. J’ai toujours agi ainsi. Et puis sur le plan politique justement, avec la victoire des nationalistes en Corse et le pacte girondin proposé par Emmanuel Macron, c’était le moment d’écrire un tel rapport.

L’autonomie interne d’une région n’entraîne pas la violation du principe de l’indivisibilité de la République »

Le Blog Politique : Quel est le but premier de ce rapport ?

Wanda Mastor : Inscrire la Corse dans la Constitution.  Savez-vous que le mot « Corse » ne figure pas dans la constitution alors que celui de l’île de Clipperton y est ? C’est une contradiction de fond sachant que de plus en plus de spécificités ont été accordées à l’île depuis les années 70. La Corse bénéficie déjà d’un statut législatif. J’essaie de résoudre cette contradiction. Je préconise un nouvel article spécifique à la Corse dans la constitution. L’autonomie interne d’une région n’entraîne pas la violation du principe de l’indivisibilité de la République. D’ailleurs je n’ai travaillé en rien sur les pouvoirs régaliens de l’état comme l’Armée.

Le Blog Politique : Justement sur les domaines d’autonomisation, vous en ciblez trois : le foncier, la fiscalité et la langue. Pourquoi ces trois-là ?

Wanda Mastor : Parce qu’ils ont une incidence directe sur la vie de l’île. C’est la beauté de l’île qui fait son bonheur mais aussi son malheur. L’accession à la propriété est difficile pour les corses. Ils ne peuvent même plus s’offrir une sépulture. Concernant la fiscalité, le rapport Carcassonne avait déjà soulevé la spécificité d’un régime. Il appartient à une loi organique de le définir.  Enfin, la langue Corse cristallise des tensions. Elle est de plus en plus parlée et enseignée dans les écoles. La définir dans la constitution permettrait de détailler certains de ses domaines.

Le Portugal n’a accordé d’autonomie à aucune de ses régions si ce n’est ses deux îles Madère et Les Açores »

Le Blog Politique : Vous évoquiez tout à l’heure l’opportunité politique d’une prise en compte des spécificités corses dans la constitution avec la victoire des nationalistes et l’appel d’Emmanuel Macron à un « pacte girondin ». Mais en sens inverse, est-ce que le spectre catalan n’a pas plané sur votre travail ou ne peut-il pas échaudé  certains décisionnaires ?

Wanda Mastor : Vous noterez que je n’ai jamais utilisé le mot « catalan » dans mon rapport. La Catalogne n’est pas un bon exemple. L’attitude des politiques catalans a brouillé le débat. Et puis l’Espagne a accordé l’autonomie à nombre de ses régions. Je me suis inspiré principalement du Portugal qui est le pays qui ressemble le plus à la France constitutionnellement. Il n’a accordé d’autonomie à aucune de ses régions si ce n’est à ses deux îles Madère et Les Açores.

Le Blog Politique : Quel est le destin de votre rapport à présent ?

Wanda Mastor : Beaucoup de mensonges et d’attaques à son sujet ont circulé sur les réseaux sociaux. Je l’ai remis en fin de semaine dernière à Jean-Guy Talamoni qui n’en a pas changé une ligne. Il l’a ensuite fait parvenir aux présidents de groupe de l’assemblée de Corse. Je l’ai aussi moi-même transmis à Matignon. L’heure maintenant est politique. Moi, j’ai fait mon travail. Certains à l’assemblée de Corse auraient préféré un débat. Mais c’est toujours comme ça qu’on a procédé. Mon rapport n’est qu’une base de discussion. Tout dépendra maintenant des rencontres de ce jour et demain à Paris entre Gilles Simeoni, Jean-Guy Talamoni et le Premier Ministre ainsi que les Présidents de l’Assemblée Nationale et du Sénat. Il revient à eux de les convaincre d’inscrire la Corse dans le projet de loi constitutionnel.

Propos recueillis par Patrick Noviello (@patnoviello)

23 Déc

Démission à la mairie d’Albi, Muriel Roques-Etienne a « voulu marquer (sa) rupture »

C’est un véritable coup de tonnerre à la mairie d’Albi. Le dernier conseil municipal de l’année  a été marqué par la démission d’une adjointe de Stéphanie Guiraud-Chaumeil. Muriel Roques-Etienne quitte son poste à l’urbanisme et décoche une volée de flèches. L’élue albigeoise explique sa décision et s’exprime sur le dessous des cartes.

Sa démission est-elle concertée avec le mouvement En Marche ? Ce soudain claquement de porte est-il un  tremplin pour une candidature aux prochaines municipales ? Interview

Muriel Roque-Etienne. Photo : MaxPPP

Muriel Roque-Etienne. Photo : MaxPPP

Le Blog Politique. Pourquoi avez-vous démissionné de votre poste d’adjointe à la mairie d’Albi ?

Muriel Roques-Etienne. Pour faire une référence littéraire, je parlerai de la fable de La Fontaine: La cigale et la Fourmi. Je me sens plutôt Fourmi et j’étais en désaccord avec une méthode de gestion Cigale. J’ai mûrement réfléchi ma décision de démissionner de mon poste d’adjointe, mais j’ai pris mes responsabilités et j’ai voulu marquer ma rupture tant sur le fond que sur la forme.Sur le fond, je désapprouve la hausse d’impôt locaux globale de plus de 6% sur 2018 et 2019. Nous sommes dans une période où nous souhaitons rendre du pouvoir d’achat au français et cette hausse de la fiscalité locale va à l’encontre de cette volonté.
De même, en évoquant la gestion cigale de la municipalité, j’évoque une hausse conséquente des charges de personnel sur 2017 qui ne correspond pas à un contexte national. En effet, au lieu d’avoir une maîtrise des frais, il a été créé un organigramme lourd et coûteux. C’est à mon sens une méthode de gestion révolue, alors qu’aujourd’hui nous devons faire preuve de souplesse, de modernité et de réactivité, par la mutualisation par exemple. Il faut savoir que la hausse d’impôt compensera à presque l’euro prêt la hausse des charges de personnels engagés par la Ville d’Albi. Sur la forme, les délibérations telles qu’elles étaient rédigées pour le Conseil Municipal entraînaient une opacité sur les objectifs d’augmentations des taux de plus de 6% et je ne pouvais que désapprouver le fait de cacher la vérité aux Albigeois. La Ville aujourd’hui tourne le dos à une gestion moderne de nos communes, où la souplesse et le redéploiement des moyens seront les solutions à l’avenir.

J’ai mûrement réfléchi ma décision de démissionner. J’ai voulu marquer ma rupture

Le Blog Politique. Peu de temps après votre démission, le représentant départemental d’En Marche, Clément Baller, a publié un communiqué de presse qui reprend quasiment mot pour mot vos propos. La décision de démissionner a-t-elle été concertée avec La République En Marche ?

Muriel Roques-Etienne. Le terme de concertation est excessif mais le mouvement a été très mécontent de la manière avec laquelle a été préparée cette augmentation d’impôt massive, c’est à dire augmenter sans fondement la fiscalité locale de 6%, priver les albigeois du pouvoir d’achat qui leur est rendu grâce à la suppression de la Taxe d’Habitation pour grand nombre d’entre eux et surtout ne pas être transparent en ne disant pas la vérité aux Albigeois sur les montants exacts et les causes réelles de ces augmentations. Voilà pourquoi le Référent Départemental d’En Marche Clement Baller a souhaité faire ce communiqué de presse suite à ma démission

Le terme de concertation (ndlr avec En Marche) est excessif. Mais le mouvement a été très mécontent de la manière avec laquelle a été préparée cette augmentation d’impôt massive

Le Blog Politique : Quel sera désormais votre rôle au sein du conseil municipal ? 

Muriel Roques-Etienne. Comme indiqué dans ma prise de parole, je resterai une Conseillère Municipale constructive, attentive et positive.

Le Blog Politique Politique. Votre démission est-elle le premier acte vers une candidature au prochaines municipales ?

Muriel Roques-Etienne. Je vois et discute avec beaucoup de monde, comme je l’ai toujours fait et continuerai à le faire, dans la perspective d’une construction collective des choses.

Propos recueillis par Laurent Dubois (@laurentdub)

 

21 Déc

Gers : Des Marcheurs critiques menacés d’exclusion de LREM

Le mouvement LREM dirigée par Christophe Castaner va-t-il procéder à des exclusions ? Photo Julien Mattia MAXPPP -

Le mouvement LREM dirigé par Christophe Castaner va-t-il procéder à des exclusions ? Photo Julien Mattia MAXPPP 

Nous avions relaté dans ce blog leurs doutes et leurs critiques à l’égard des options prises localement et nationalement par la direction de leur mouvement. Des marcheurs en colère du Gers sont aujourd’hui menacés de sanctions et devront répondre devant la commission des conflits au siège parisien de LREM à Paris, le 9 janvier prochain.

Formulés dans la convocation, les griefs sont clairs : « avoir dans le cadre des élections législatives 2017, publiquement invité les électeurs par le biais d’un communiqué de presse à ne pas voter pour Monsieur Christopher Soccio, unique candidat investi par la commission nationale d’investiture de LaREM dans la 2nde circonscription du Gers. »

Accusés d’instiller la discorde »

Il est également reproché aux convoqués « d’instiller la discorde au sein du mouvement, en dénonçant son organisation et remettant en cause de façon répétitive et appuyée son fonctionnement ». Alors que risquent-ils ? « L’exclusion, la mise en garde, le rappel à l’ordre, le blâme, ou toute autre mesure proportionnée aux faits reprochés ».

Le courrier qui leur est adressé stipule en conclusion : « En cas d’absence ou d’empêchement, vous vous exposez à ce que la Commission statue au vu des seuls éléments dont elle dispose et qu’une sanction soit prononcée à votre encontre». Certains des Marcheurs convoqués ont déjà annoncé qu’ils ne se rendront pas à Paris le 9 janvier prochain. Pour eux, la fracture avec le mouvement semble déjà être consommée.

Patrick Noviello (@patnoviello)

08 Déc

L’ex-présidente (PS) de la commission des Affaires Sociales, Catherine Lemorton, participe à la Refondation du parti socialiste

Ancienne présidente de la commission des affaires sociales, Catherine Lemorton, va animer un atelier de refondation du PS. L’ex-député  socialiste de la Haute-Garonne revendique une ligne « sociale-démocrate ».

Catherine Lemorton, membre du PS Photo : MaxPPP/Isorel

Catherine Lemorton, membre du PS Photo : MaxPPP/Isorel

Ce 11 décembre, dans les locaux toulousains de la Fédération du PS31, Catherine Lemorton va animer un atelier dans le cadre des « Lundis de la Refondation ». L’ex-parlementaire partage l’affiche avec l’ancien adjoint aux Finances de la mairie de Toulouse, Joël Carreiras. Le thème de la soirée justifie la composition du duo : « le modèle social à l’épreuve de la nouvelle économie« . Catherine Lemorton apporte sa réflexion sur le modèle social. Joël Carreiras est en charge des aspects économiques.

Pour Catherine Lemorton, il ne s’agit « d’apporter des solutions ». Le but de son intervention devant les militants et les cadres du parti est d’adresser un message : « Il ne faut pas se passer d’une réflexion sur l’adaptation de notre modèle social« . Proche d’Arnaud Montebourg, Catherine Lemorton a travaillé la question aux côtés de l’ancienne ministre de l’Economie. Notamment  pendant la campagne des primaires.

L’ancienne présidente de la commission des affaires sociales se revendique « sociale-démocrate« . Catherine Lemorton déclare : « nous ne sommes plus en 1945, nous devons évoluer et nous sommes des démocrates sociaux. Il faut savoir ce qu’on peut garder dans le modèle social français et ce qui doit évoluer ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

« Génération.s » : un mouvement bien né ?

Samedi 2 décembre au Mans, Benoît Hamon a lancé son mouvement. Des débats, une charte, des invités d’autres formations de gauche. Mais « Génération.s » reste un mouvement et pas un parti. Est-ce la bonne stratégie ? Et la méthode change-t-elle véritablement de la création d ‘une formation politique « classique » ? Eléments de réponse.

Benoît Hamon, lors de la création de son mouvement, samedi 2 septembre, au Mans. Photo AFP Jean-François Monnier.

Benoît Hamon, lors de la création de son mouvement, samedi 2 septembre, au Mans. Photo AFP Jean-François Monnier.

« C’était vivifiant ». Christophe Lubac, un des porte-paroles du mouvement de Benoît Hamon en Haute-Garonne ne boude pas son plaisir. « Cela faisait longtemps qu’on ne s’était pas réuni dans une telle ambiance pour débattre sereinement » reconnaît volontiers le maire socialiste de Ramonville. Même son de cloche du côté de Salah Amokrane présent aussi dans la Sarthe samedi 2 décembre. « Moi j’ai vraiment ressenti un état d’esprit, du plaisir à se remettre en politique, autour d’un projet commun » témoigne celui qui était le conseiller «justice sociale et égalité »  de Benoît Hamon pour la Présidentielle.

Ce que Christophe Lubac retient avant tout de la journée du Mans, c’est la rédaction de la charte de Génération.s à laquelle 1500 personnes ont collaboré. « Cette  charte s’inscrit dans un héritage : Jaurès, Blum, le mouvement ouvrier… Nous sommes socialistes et écologistes ». « La charte a été lue ligne par ligne, pendant deux heures, avec parfois des amendements et un vrai élan collectif. Un moment fort » retient Salah Amokrane.

Egalement invité samedi au Mans Manuel Bompard se veut plus nuancé. Pour le directeur des campagnes de La France Insoumise « c’était très classique ».  « Nous sommes tous confrontés à cela, même La France Insoumise, qui, je le dis sans arrogance, a ouvert la voie en terme de création de mouvement plutôt que de parti ». Mais l’ancien candidat aux Législatives en Haute-Garonne ne veut pas avoir de propos négatifs à l’égard de Génération.s. « Plus il y a de gens qui s’engagent face à la politique du gouvernement, mieux c’est ».

Maintenant, élargir la base »

Et côté terrain, comment cela se passe ?  « Il n’y a pas de véritable coordination régionale mais on sent qu’il y a une dynamique. C’est un mouvement, donc ça reste très libre » explique Christophe Lubac. Sous-entendu, comme personne n’est obligé de prendre une carte pour participer, le nombre d’adhérents n’est pas forcément représentatif. « Si on prend la Haute-Garonne, on a un bon noyau dur, principalement ceux qui se sont reconnus au moment de la Primaire et de la campagne Présidentielle » reconnaît Salah Amokrane.

Dans les colonnes de Libération ce lundi 4 décembre l’ex socialiste Pascal Cherki reconnait une faiblesse au mouvement : son homogénéité. Samedi, au Mans, « iI n’y avait pas beaucoup de couleurs dans le public, nous devons trouver le moyen d’élargir notre base ». L’analyse est partagée par Salah Amokrane : « On est effectivement sur une sociologie plutôt classe moyenne. La question de l’égalité dans tous ses aspects et d’une société française harmonieuse qui accepte son multiculturalisme c’est l’un de mes enjeux prioritaires. Maintenant il faut aller chercher les gens ».

Etre au PS et à Génération.s ? »

Le mouvement revendique nationalement 42 200 adhérents Mais alors pourquoi Génération.s réussirait là où le PS voire la gauche plurielle ont échoué ? « Il n’y a pas de vérité. Celui qui dit la détenir ment. Je dis simplement que nous sommes quatre générations en même temps, avec surtout des jeunes. Et ces jeunes ne se seraient pas forcément investis au PS, peut-être à tort d’ailleurs » explique Christophe Lubac.

Justement être encore au PS et adhérer à « Génération.s » compatible ?  « Moi je suis encore au PS et inscrit dans le mouvement Génération.s. On concourt tous à faire gagner la gauche demain » affirme Christophe Lubac qui a compris que pour son 1er Fédéral, le plus important était de « reconstruire le PS », pas d’en chasser les militants. « Le PS se veut encore la maison commune » assure Sébastien Vincini.

« Alors qu’on travaille à la refondation et que certains camarades estiment utiles de regarder ailleurs, je refuse de prendre une position fermée » tempère-t-il. Et si Génération.s devient un parti ?  « Bien entendu, il y aura une étape où il faudra clarifier. Mais à terme, personne ne gagnera seul » assure le patron du PS31.

Faire à nouveau gagner la gauche »

« Ce qui est aussi intéressant avec la création de ce mouvement c’est que certains, notamment au PS, clarifient leur position par rapport au gouvernement » reconnaît Manuel Bompard. Alors une question revient à l’esprit : combien des 7% de Benoît Hamon à la Présidentielle auraient pu voter Mélenchon ? L’ancien candidat LFI aux Législatives ne veut pas refaire le match. « On ne fait de la politique en regardant dans le rétro ». Alors quid d’un front uni de la gauche lors de prochains scrutins ?

« Nous sommes proches de Génération.s sur certaines idées comme la transition écologique, un combat que l’on peut mener ensemble » explique Manuel Bompard. D’ailleurs les mélenchonistes invitent les hamonistes à leur votation citoyenne pour sortir du nucléaire le 11 mars prochain, jour anniversaire de Fukushima.

Désunion Européenne »

En revanche, un gros point de divergence subsiste depuis la Présidentielle entre LFI et « génération.s » : l’Europe. Christophe Lubac qualifie de trop « nationaliste » la position de Jean-Luc Mélenchon. Manuel Bompard, lui, préfère voir une avancée sur la question chez Benoît Hamon. « Il s’est interrogé sur « jusqu’où peut-on rester ou sortir du jeu ». J’attends qu’il clarifie sa position. Est-il prêt à instaurer un réel rapport de force avec l’Union Européenne et sortir des déclarations d’intention non suivis d’effet de François Hollande  » s’interroge le conseiller de Jean-Luc Mélenchon.

« Le collectif départemental (NDLR : de Haute-Garonne) va continuer à travailler avec tout le monde en proposant des débats ouverts » assure Christophe Lubac.  Une alliance avec LFI ok mais pour quoi faire ? Notre question primordiale aujourd’hui c’est quelle maison commune veut-on créer pour faire regagner la gauche. Le mouvement c’est d’abord construire un socle commun. Un parti, c’est présenter des candidats aux élections. Ça, ça viendra en 2019 » conclut Christophe Lubac.  En revanche, pas évident que les Européennes constituent le meilleur scrutin pour resserrer les troupes à gauche…

Patrick Noviello (@patnoviello)

07 Déc

L’ex-ministre Roselyne Bachelot s’engage dans une élection du Medef dans le Tarn

L’ex-ministre Roseline Bachelot a arrêté la politique. Mais la chroniqueuse télé soutient une candidate à la présidence du Medef dans le Tarn.

Roselyne Bachelot, ancienne ministre. Photo : Jacquot/PhotoMaxPPP

Roselyne Bachelot, ancienne ministre. Photo : Jacquot/PhotoMaxPPP

Fini l’hémicycle de l’Assemblée Nationale et les séances de questions au gouvernement. Depuis 2012, Roselyne Bachelot fréquente les plateaux de télévision et les studios radios. Après 3 portefeuilles ministériels (Santé, Ecologie et Cohésion Sociale), un mandat de députée européenne et au Palais-Bourbon, l’ex-femme politique est devenue une professionnelle des médias. Et, pourtant, Roselyne Bachelot revient dans l’arène électorale. L’ex-ministre ne brigue pas un mandat. Elle soutient la candidature d’une tarnaise à la présidence du Medef.

Dans un édito accompagnant la profession de foi de la candidate, Roselyne Bachelot défend la place des femmes dans les entreprises. La plaidoirie se termine par un appel à voter pour une candidate, Julie Rouanet-Berry.

Ce soutien affiché est né d’une sollicitation. Comme l’indique Julie Rouanet-Berry, « J’ai tout simplement contacter Roselyne Bachelot, c’est une icône politique et je partage les mêmes valeurs qu’elle. J’ai eu très rapidement une réponse et il y a eu des échanges pendant plusieurs mois ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

27 Nov

Haute-Garonne, un maire soupçonné de revendre du matériel communal sur le « Bon Coin »

Le maire de Ponlat-Taillebourg (31) doit comparaître, en mars prochain devant le tribunal correctionnel de Saint-Gaudens. Motif : du matériel revendu sur le « Bon Coin » sous le pseudonyme Doudou31.

Photo MaxPPP

Photo MaxPPP

L’affaire n’est pas banale. Dans le jargon juridique, l’histoire se résume à des poursuites pour « soustraction, détournement ou destruction de biens d’un dépôt public et usage de faux en écriture publique« .

Cette qualification pénale traduit des faits bien plus « cocasses ». Le maire, toujours en exercice, de Ponlat-Taillebourg est soupçonné d’avoir revendu sur le « Bon Coin » du matériel communal. Sous le pseudonyme de « Doudou 31 », le premier magistrat se livrait à un commerce lucratif. Dans une commune rurale, les services municipaux doivent disposer d’une débroussailleuse ou de matériel de chantier. Le maire achetait cet équipement avec l’argent public. Mais il le déclarait « volé » et le revendait sur un site de petites annonces gratuites.

Selon une source proche du dossier, le pot aux roses a été découvert par un agent municipal. Après avoir constaté la disparition d’un matériel (il s’agirait d’une épareuse c’est-à-dire d’un micro-tracteur), il alerte la mairie. Par hasard, un habitant de la commune croise le matériel qui s’est volatilisé sur « Le Bon Coin ». C’est exactement le modèle « volé ». Poussée par la curiosité, la personne contacte le vendeur et, au bout du fil, il tombe sur…le maire de la commune.

Evidemment, le maire de Ponlat-Taillebourg est présumé innocent. La justice devra se prononcer sur la réalité des faits et l’étendue des éventuels préjudices.Un point va probablement peser dans la balance. Patrick Doucède est un ancien policier. En cas de condamnation, le fait d’avoir appartenu à la police nationale peut renforcer la sévérité de la sentence.

Ce jeudi 23 novembre, le maire de Ponlat-Taillebourg était convoqué devant le tribunal correctionnel de Saint-Gaudens. L’avocat de Patrick Doucède n’a pu être présent à l’audience. Le procès est reporté au 1er mars 2018. Il va falloir attendre 4 mois avant de connaître l’épilogue judiciaire

Contacté par France 3 Occitanie, Patrick Doucède n’a pas souhaité s’exprimer. Son avocat n’a pas donné suite à une sollicitation.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

20 Nov

Gers : des fidèles à Macron toujours En Marche mais en ordre dispersé     

Christophe Castaner élu à la tête de LREM ce samedi à Lyon. Et après ? PHOTO AFP JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

Christophe Castaner élu à la tête de LREM ce samedi à Chassieu, près de Lyon. Et après ? PHOTO AFP JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

A l’image de la contestation qui est montée dans les rangs du mouvement à la veille du congrès national, certains marcheurs gersois n’hésitent pas à faire part de leur déception. Mais côté état-major, on nuance en parlant de « fronde » menée par des « déçus qui voulaient des postes et ne les ont pas eus ». Alors LREM, un mouvement toujours En Marche ? Les avis divergent.

Sylvie Theye ne s’est pas « désinscrite » d’En Marche Gers mais elle considère qu’elle n’y est plus. L’ancienne référente du mouvement dans le département n’a toujours pas digéré d’avoir été démise de ses fonctions en octobre dernier. « On m’a juste dit qu’il y avait des problèmes à régler avec certains adhérents et que quelqu’un d’autre s’en chargerait mieux que moi. Mais vu qu’on n’a pas de pouvoir, même en temps que référent, je ne vois pas comment ils vont faire ».

Rien ne fonctionne réellement. On est toujours dans le bluff ».

Jean-Luc Davezac, toujours En Marche, fait sans doute partie de ces adhérents qui posent problèmes. Il ne se cache d’ailleurs pas d’avoir contribué au départ de Sylvie Theye et confirme une gestion flottante du mouvement. « Rien ne fonctionne réellement. On est toujours dans le bluff ». Et ce rocardien socio-démocrate revendiqué de dénoncer une structure verticale qui l’a poussée à se présenter lors des Législatives face à Christopher Soccio pourtant investi sur la deuxième circonscription. « On a écrit des lettres recommandées notamment à Richard Ferran (NDLR : alors secrétaire général d’En Marche) pour lui dire que nous ne voulions pas de ce candidat. Nous n’avons eu aucune réponse» explique Jean-Luc Davezac.

Le nouveau référent du mouvement dans le Gers évoque des « attaques pas du tout acceptables sur le plan éthique à l’encontre de Christopher Soccio». « A En Marche, nous avons une charte de valeur et il faut qu’ils se conforment à notre ADN » prévient Bertrand Gonthiez. Jean-Luc Davezac estime pourtant représenter la majorité des adhérents, avec ses comités alliés, soit 70% des 400 marcheurs du Gers. « Complètement faux » rétorque son référent départemental préférant parler d’ «une poignée de frondeurs ». « Il  y a forcément des déçus, des personnes qui visaient des postes par ambition personnelle. Je suis prêt à discuter mais maintenant, s’ils veulent partir, qu’ils partent ».

Christopher Soccio, candidat officiel à la députation, battu après le ralliement de Davezac et de ses 5% à la candidate socialiste sortante Gisèle Biémouret, ne comprend pas ceux qui critiquent le mouvement. « Tous ceux qui veulent s’engager aujourd’hui peuvent le faire. Jeudi dernier encore, nous tractions dans les rues d’Auch pour expliquer le projet présidentiel ». Celui qui se décrit comme issu de la société civile et délégué syndical, ne trouve aucune justification au mouvement des Marcheurs en colère. « Ils se servent du congrès de ce week-end pour faire parler d’eux. D’ailleurs leur leader veut monter son propre parti. »

Un stock de main d’œuvre pour distribuer les tracts et coller les affiches »

Pierre Painblanc est unanimement reconnu comme celui qui a lancé le mouvement dans le département en 2016. Ce citoyen belge, installé dans le Gers depuis une dizaine d’années, estime avoir désormais un certain recul sur les choses. « Quand les comités ont commencé à travailler, nous nous réunissions tous les quinze jours pour débattre autour de thèmes définis par la direction nationale. Nous devions ensuite faire remonter les éléments de notre réflexion pour alimenter le programme présidentiel. Mais on s’est aperçu que Paris ne tenait absolument pas compte de nos travaux. L’objectif réel de ces thèmes imposés était simplement de créer un sentiment d’appartenance et d’avoir un stock de main d’œuvre pour distribuer les tracts et coller les affiches ».

Et une question de tarauder d’autres marcheurs : « peut-on émettre des critiques contre le mouvement sans passer pour des pestiférés ? » Cette question, Jean Pierre Laurens se la pose plus que jamais. «Dans la philosophie de LREM, il y a « la bienveillance ». Un mot terrible car si vous êtes critique vous n’êtes plus bienveillant ». « Ce parti est complètement démocratique » répond le référent LREM du Gers. « On peut bien entendu débattre  chez nous. Quant à la verticalité du parti, je ne suis pas du tout d’accord. On fait régulièrement remonter les problématiques de notre territoire au Conseil National dont je fais partie » assure Bertrand Gonthiez.

« On distingue bien Macron et sa politique de son appareil. Du côté de l’appareil, ça ne va plus du tout » alerte Pierre Painblanc. L’initiateur du mouvement dans le Gers n’hésite pas à parler aujourd’hui de « deux clans qui se haïssent » dans ce département. « Gonthiez est le plus petit dénominateur commun. Il est arrivé avec un grand vœu de réconciliation œcuménique mais je lui ai dit que ça ne marcherait pas comme ça» affirme sans détour celui qui dit qu’il suffirait de peu de choses pour qu’il envoie balader son engagement.

On peut bien entendu débattre  chez nous »

Lui n’en est peut-être pas encore là mais Jean-Pierre Laurens s’interroge sur « le fonctionnement démocratique particulier » du mouvement. Pour lui, l’élection à la Présidence du mouvement de Christophe Castaner en est l’illustration. « Mais en même temps c’est logique » sourit-il avant d’enchaîner : « la logique n’empêche pas la critique ». « Nous ne sommes pas obligés de fonctionner comme un parti politique classique » explique Bertrand Gonthiez. « Notre projet collectif est de faire en sorte de placer les citoyens au cœur de l’action. Nous voulons faire émerger des initiatives pour l’amélioration de leur vie quotidienne à l’échelle d’une commune ou d’un quartier ».

Tout en voyant en son nouveau référent «un gars très bien», Jean-Pierre Laurens se permet toutefois d’émettre  des réserves et de revenir aux fondamentaux. « L’objectif d’un parti politique c’est d’avoir un maximum d’élus à chaque scrutin, mais aussi de développer un corpus idéologique. A En Marche, il n’y en a pas. » « LREM est obligé de gagner les Municipales parce que, pour l’instant, le mouvement n’a pas d’assise dans la population » prévient Pierre Painblanc. Vu le climat actuel, pas évident que LREM retrouve, pour les prochaines échéances électorales, sa « main d’œuvre » comme certains se qualifient.

Patrick Noviello (@patnoviello)

09 Nov

L’ex homme fort du Conseil Régional nouveau « patron » du département du Tarn

L’ancien homme fort de l’ex Conseil Régional de Midi-Pyrénées, Joël Neyen, devient le nouveau « patron » des services du conseil départemental du Tarn.

Joël Neyen. Photo : FaceBook

Joël Neyen. Photo : FaceBook

L’annonce doit être faite demain, vendredi 10 novembre, au groupe majoritaire du conseil départemental du Tarn. Un nouveau Directeur Général des Services va prendre la tête de l’administration départementale. Il arrive directement des ministères de Finances où il occupait, jusqu’à la semaine dernière, les fonctions de Contrôleur Général des Finances. Mais, pour Joël Neyen, cette arrivée dans le Tarn est surtout un retour. D’octobre 1998 à 2004, le futur DGS tarnais a été le directeur de cabinet du président de Région, Martin Malvy. De 2004 à 2015, Joël Neyen a dirigé l’administration régionale. Il a la réputation d’un homme totalement dévoué à Martin Malvy et d’une entière disponibilité. Il répondait nuit et jour aux appels d’un président de Région auprès duquel il a connu ses heures de gloires.

Dans les services de l’Hôtel de Région, l’ex DGS et ancien directeur de cabinet laisse le souvenir d’un bon technicien, sachant s’entourer de collaborateurs chevronnés. Les mémoires conservent également traces de colères homériques.

Après le retrait politique de Martin Malvy et avant l’élection de la nouvelle présidente de Région, Joël Neyen a quitté Midi-Pyrénées pour intégrer le ministère des Finances. La parenthèse parisienne aura duré 2 ans.

Contacté par France 3 Occitanie, l’ancien homme fort du Conseil Régional, n’a pas souhaité s’exprimer sur ses motivations. Mais il est évident qu’en reprenant un poste opérationnel, Joël Neyen, retrouve son terrain de prédilection. A Bercy, le nouveau DGS du Tarn se contentait de vérifier les comptes, dans l’anonymat des couloirs d’une grande administration. Dans les prochains jours, il va retrouver les leviers du pouvoir local. Le nouveau président du département Tarn, Christophe Ramond, va pouvoir profiter de l’expérience d’un vieux routier des rouages politico-administratifs.

Laurent Dubois (@laurentdub)