11 Oct

Municipales Toulouse : « ce sera un combat difficile » pour le sénateur (PS) Claude Raynal

Claude Raynal est le premier socialiste a s’être officiellement lancé dans la course aux Municipales. Le sénateur de la Haute-Garonne revient sur les raisons de sa candidature. Il évoque également la campagne qui l’attend et il dresse un premier bilan du « sortant », Jean-Luc Moudenc.

Claude Raynal, sénateur de la Haute-Garonne. Photo : Facebook

Le Blog Politique. Commençons par le commencement. Pourquoi êtes-vous candidat à la candidature au sein du PS ?

Claude Raynal. Il y a deux réponses car en réalité il y a deux questions. Je suis candidat à la candidature dans mon parti parce que je suis socialiste et je respecte les règles. Comme je l’ai toujours fait. L’autre question concerne ma candidature aux Municipales. J’estime tout simplement que c’est de ma responsabilité de le faire. J’ai envie de mener ce combat. J’ai parfaitement conscience que ce sera un combat difficile. Mon parti n’est pas au meilleur de sa forme, la gauche aussi. D’ailleurs, pour être complet, il n’y a pas beaucoup de partis en forme actuellement. Nous sommes dans une période de trouble et d’incertitude. Mais justement j’ai une longue expérience militante. Je suis sénateur et j’ai été le numéro 2 de la Métropole au temps de Pierre Cohen. En tant qu’ancien maire de Tournefeuille, j’ai également été totalement associé à la vie de la Métropole. Je connais le fonctionnement et les besoins de la Métropole. Je reste modeste. Mais je suis un de ceux qui peut apporter au débat toulousain et à Toulouse

Je connais le fonctionnement et les besoins de la Métropole.

Le Blog Politique. Comment allez-vous mener votre campagne au sein du PS ?

Claude Raynal. Il est de tradition de mener campagne. J’entends le discours « sénateur=notable ». Mais ce n’est pas ma manière d’être et d’agir. Je suis avant tout un militant. J’ai l’habitude de défendre des positions au sein du parti qui n’ont pas toujours été majoritaire. Je suis habitué au débat. Je vais donc mener la campagne en militant. Mon objectif est de rassembler. Il faut commencer par rassembler les siens avant de pouvoir rassembler la gauche.

Il faut commencer par rassembler les siens

Le Blog Politique. Quand vous évoquez un rassemblement de la gauche, vous pensez à des partenaires particuliers ?

Claude Raynal. On se connaît tous. Toulouse est un petit monde. Les défaites, aux dernières municipales mais aussi à la Présidentielle et aux législatives, a conduit à un morcellement de la gauche. On peut espérer un rapprochement. On sait qu’un parti (Ndlr : France Insoumise) ne veut pas travailler avec nous. Mais on ne sait jamais. Les choses peuvent évoluer.

Le Blog Politique. Quels sont les sujets que vous souhaitez mettre en avant si vous obtenez l’investiture du PS ?

Claude Raynal. La campagne des municipales, c’est dans 18 mois. Avant d’aller au contact des Toulousains, il faut que les militants m’accordent leur confiance. Mais plusieurs sujets me tiennent à cœur. Mais j’ai une préoccupation essentielle. Ce n’est pas l’innovation ou le développement. économique. Ce sont des sujets fondamentaux. Mais ce qui manque le plus à Toulouse, c’est « unir la ville ». Toulouse est totalement fragmentée entre les habitants qui vont bien et ceux qui vont moins bien. On a trop mis l’accent sur la métropolisation ou les dossiers économiques. Pas assez sur le « vivre ensemble ».

Le Blog Politique. Quel bilan dressez-vous du mandat de Jean-Luc Moudenc ?

Claude Raynal. Encore une fois, je ne veux pas rentrer en campagne 18 mois en avance. Je suis encore dans le temps de la campagne interne au PS. Mais ce que je déplore le plus, c’est l’absence de continuité et de continuité en matière de transport. Je souligne une évidence tellement tout le monde partage le sentiment que Toulouse et sa Métropole n’ont pas de politique de transport à la hauteur. Mais c’est pour moi essentiel. L’autre point concerne la crédibilité de la parole publique le « Je dis et je ne fais pas » ou « je dis et je fais le contraire » en matière de fiscalité. Jean-Luc Moudenc a parlé de fiscalité zéro pendant sa campagne puis il y a eu une augmentation de 15%. Ce n’est pas raisonnable. Personnellement, je suis très attaché à la crédibilité de la parole publique.

Propos recueillis par Laurent Dubois (@laurentdub)

05 Oct

Le Toulousain Nicolas Tissot quitte le PS et « sulfate »

Figure toulousaine du PS, Nicolas Tissot claque la porte du PS. Une démission en forme de réquisitoire et sur fond de municipales.

Nicolas Tissot

C’est l’ultime étape d’un divorce consommé. En novembre 2016, Nicolas Tissot a abandonné ses dernières responsabilités au sein du PS. Après 23 ans de militantisme, le Toulousain quitte le parti. Nicolas Tissot incarnait l’aile gauche du PS. Son départ risque d’entraîner de nouvelles démissions au niveau de secrétaires de sections et dans les rangs des militants.

La démission de l’ex-députée Catherine Lemorton est symboliquement lourd. Celle de Nicolas Tissot est politiquement sensible. Et l’impact ne se limite pas au nombre de carte. Le départ de Nicolas Tissot prend la forme d’un véritable réquisitoire contre le fonctionnement de la Fédération.

Nicolas Tissot dénonce « un niveau de confusion dément entre le niveau fédéral et le département ». Autrement dit, c’est le tandem « 1er Fédéral/Président du conseil départemental » qui mène la danse et monopolise les manettes. La mise en orbite de Claude Raynal pour les municipales illustre cette mainmise « Vincini-Méric ».

« Sébastien Vincini demande à toute le monde de se taire et ensuite on assiste à une déclaration en conseil fédéral en faveur de Claude Raynal » déplore Nicolas Tissot. Au delà de la méthode, l’ex socialiste déplore le choix du sénateur de la Haute-Garonne. Nicolas Tissot n’a « rien contre Claude Raynal. Mais l’image qu’il renvoie, c’est catastrophique ».

Le côté « sénateur » et « notable installé » de Claude Raynal incarne « l’incapacité du PS à se renouveler » selon l’ex socialiste. Pour NicolasTissot, le PS de la Haute-Garonne est véritablement en danger. « Il est possible que la gauche soit unie pour les prochaines municipales mais sans le PS ».

S’agissant des municipales, Nicolas Tissot a d’ailleurs fait son choix : « Je soutiendrai Nadia Pellefigue ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

Municipales à Montauban : le PS tend la main à toute la gauche

Les socialistes de Montauban lancent un appel au rassemblement de la gauche.

Photo : MaxPPP

Ce lundi 1er octobre, la section socialiste de Montauban a constitué une délégation pour préparer les municipales. Le PS veut rassembler toute la gauche. Pour le 1er Fédéral, Olivier Fournet, il n’y a pas « d’exclusive dans la démarche. La main est ouverte à qui veut la saisir ».

L’initiative d’une ouverture émane de la section de Montauban. Son secrétaire, Arnaud Hilion, évoque un « consensus au sein de militants, indépendamment de leur position au sein du parti ».

Selon Olivier Fournet, il existe déjà des bases : « on se parle. On a des contacts ». Le représentant de la section montalbanaise va dans le même sens. Arnaud Hilion est conseiller municipal et met en avant ses relations avec un collègue communiste.

Ce rapprochement des gauches pourrait déboucher sur une liste aux municipales. « Si on a une liste, j’en serai très heureux » déclare Arnaud Hilion. Une liste qui, d’ailleurs, aurait vocation à dépasser le cadre des partis et à intégrer des associations.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

02 Oct

Municipales à Toulouse : la fusion du département et de la Métropole va-t-elle bouleverser le jeu ?

En Haute-Garonne, le département risque de disparaître au profit de Toulouse Métropole. Cette fusion aurait un impact sur le scrutin municipal en dédoublant l’élection du maire et du président de la Métropole. Ce « Big Bang » politique peut-il intervenir pour les prochaines municipales, en 2020 ?

La Capitole à Toulouse - Copyright : MaxPPP

Le chantier avance. Emmanuel Macron a réuni, pour la seconde fois, les présidents de Métropole. La perspective d’une disparition des départements sur l’aire métropolitaine se concrétise. Le scénario concerne la Haute-Garonne. Le président de Toulouse Métropole était autour de la table, à l’Elysée.

Jean-Luc Moudenc a trouvé « le président de la République déterminé ». La rencontre a permis « d’exprimer des problématiques dont le financement du social ».

Au delà des aspects territoriaux et institutionnels, une « métropolisation » des départements pose une question politique. Les règles du jeu électoral vont-elles évoluer ? Les électeurs vont-ils glisser dans l’urne deux bulletins : un pour élire le maire et un autre pour désigner le président de la Métropole. Pour le moment, ce dernier n’est pas élu au suffrage universel direct. La montée en puissance des Métropoles s’accompagnerait d’une « démocratisation » de l’élection du patron de la Métropole.

Deux bulletins, deux élections et donc deux « heureux élus ». Une interdiction de cumul des mandats conduirait à une séparation des rôles.

Si ce schéma se met en place en 2020, un candidat a de quoi dresser l’oreille. Pour le moment, le PS a un seul candidat (véritablement) officiel : Claude Raynal. Avant de se lancer dans l’aventure, le sénateur de la Haute-Garonne plaidait, selon nos informations, pour un partage : à lui la présidence de la Métropole et une autre personnalité pour la mairie.

La réforme Macron permettrait de réaliser ce scénario. Même si c’est un peu tard, puisque Claude Raynal a révisé sa position. Il affirme désormais publiquement qu’il est candidat à la mairie mais aussi à la Métropole.

En réalité, les états d’âmes ne sont pas forcément d’actualité. En effet, pour Jean-Luc Moudenc, il ne fait aucun doute que l’élection de 2020 va se dérouler comme les précédentes : « ce qui est certain c’est que rien ne changera pour 2020 ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

27 Sep

Municipales à Toulouse : le premier pas d’une candidature Pellefigue…

Nadia Pellefigue bientôt candidate. Et si ce le premier pas de cette candidature (encore) virtuelle était programmée pour ce samedi ?

Nadia Pellefigue. Photo : MaxPPP/Esdourrubailh

Pour certains, le doute n’est pas permis. Nadia Pellefigue va entrer dans la course aux Municipales. C’est évident et la seule question est de savoir comment. La candidature va-t-elle se faire hors PS ou sein du parti ? Pour une personnalité de la gauche toulousaine, ce sera (forcément) « sans le PS ». La route est barrée par le candidat (quasi officiel) de la Fédération du PS31, Claude Raynal, et la seule issue est de court-circuité l’appareil socialiste.

Ce scénario reste de la politique fiction. Pour le moment, Nadia Pellefigue n’est pas formellement candidate. Dans les instances fédérales du PS, tout se passe comme si c’était fait. Un front anti-Pellefigue existe et s’exprime (plus ou moins ouvertement) lors des bureaux ou conseils fédéraux. Des incidents se sont mêmes produits; Une sombre histoire d’enregistrement « pirate » lors d’une réunion a attisé les tensions. Mais si on se contente des faits, la vice-présidente de Carole Delga ne s’est pas exprimée. Il n’existe pas non plus d’indices (subliminaux ou frontaux) d’une entrée en (pré)campagne.

Le Landerneau a bruissé d’un événement fin septembre. Nous y sommes et effectivement Nadia Pellefigue sera sur le terrain municipal ce samedi. Un collectif, « Ô Toulouse »,  organise une mobilisation s’agissant de la gestion de l’eau à Toulouse. Des syndicats, la France Insoumise et plusieurs partis de gauche font faire du porte-à-porte pour collecter des signatures.

Cet événement (qui s’étale sur tout le week-end et sera clôturé dimanche par un concert) est-il un « caillou blanc » le terrain des Municipales ?

Pour Nadia Pellefigue, c’est clair : « ce n’est pas un premier pas. C’est ma conviction. Je suis pour une gestion publique de l’eau ».

 

Nadia Pellefigue insiste sur son attachement aux consultations citoyennes  et précise : « quand j’étais première fédérale déléguée au PS31 , nous avions activement participé à l’organisation de votation citoyenne qui avait été un vrai succès sur le statut de la Poste ». A défaut d’un positionnement sur les municipales, Nadia Pellefigue montre au moins une chose : elle s’intéresse aux problèmes des toulousains.

Laurent Dubois (@laurentdub)

24 Sep

Municipales à Toulouse : Romain Cujives (PS) « j’attends le calendrier de la Fédération pour déposer ma candidature »

Romain Cujives est le premier à avoir lancé les municipales à Toulouse au travers d’un feuilleton vidéo intitulé « station Capitole ». Mais le jeune socialiste n’a pas encore officialiser sa candidature. Ce sera fait dès que la fédération socialiste aura arrêté son calendrier.

Romain Cujives, conseiller municipal (PS) à Toulouse. Photo : Facebook. RCujives

Romain Cujives a été le premier à dégainer. Pour le moment, seul Claude Raynal a officialisé sa candidature en la rendant publique. Mais le terrain est occupé par le jeune conseiller municipal dès la fin du mois d’août. Une série de vidéos, intitulée « Station Capitole », traduit, de manière évidente et transparente, les intentions de Romain Cujives.

Mais, pour le moment, l’élu d’opposition n’a pas formellement dévoilé sa candidature. Contacté par France 3 Occitanie, Romain Cujives précise qu’il ‘ »attends le calendrier proposé par la Fédération avant de déposer (sa) candidature ». La question du calendrier n’est pas uniquement pratique. Il s’agit d’une question stratégique et qui suscite un débat interne.

Romain Cujives a une idée sur le sujet. Le patron du PS31, Sébastien Vincini, veut un calendrier rapproché, entre la fin 2018 et le début 2019. Romain Cujives « n’a pas de problème avec le principe d’une accélération du moment que cette dernière ne remet pas en cause la qualité (des) débats ». Mais le (presque) candidat estime qu’une « désignation entre février et mars » lui « semble idéale ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

21 Sep

Municipales à Toulouse : Carole Delga s’oppose à la fédération du PS sur le calendrier

Les socialistes de la Haute-Garonne débattent du calendrier pour les prochaines municipales. Les instances fédérales  du parti et le président (PS) du département veulent désigner le candidat socialiste le plus rapidement possible. La présidente du conseil régional, Carole Delga, est sur une autre ligne. Derrière ces questions de « timing », c’est le « casting » et des querelles de personnes qui se joue.

Carole Delga, présidente (PS) de la Région Occitanie. Photo : MaxPPP

Le parti socialiste de la Haute-Garonne a tenu son dernier conseil fédéral ce jeudi 20 septembre. La réunion a été consacré aux prochaines municipales à Toulouse. C’est notamment la question du calendrier pour les investitures qui était à l’ordre du sujet. Le président du département a renouvelé son soutien à la candidature de Claude Raynal. Le candidat à l’investiture soutenu par Georges Méric a également pris la parole.

Mais c’est le timing pour désigner le candidat socialiste qui a accaparé le débat. Selon nos informations, Carole Delga a exprimé sa position sa position. Ce n’est pas celle de Sébastien Vincini et de Georges Méric. La patron de la fédération et le président du conseil départemental souhaitent un calendrier rapproché. Les sections toulousaines pourraient se prononcer en décembre 2018 ou janvier 2019.

Sébastien Vincini a, une nouvelle fois, précisé qu’aucune date n’est encore arrêtée. Le 1er Fédéral reste sur un principe : « le plus tôt est le mieux ».

Selon plusieurs sources, ce n’est pas la position de Carole Delga. Après un rappel sur l’importance du respect des militants et des règles internes, la présidente de région a exprimé son point de vue. Carole Delga plaide pour un calendrier plus tardif que celui défendu par Sébastien Vincini et Georges Méric.

La question n’a pas été mise au vote et rien n’est encore tranché. Un seul point est avéré : les approches divergent. Plusieurs membres du PS estiment que, derrière cette opposition, se dessine une véritable confrontation politique. A la différence de Georges Méric, Carole Delga n’a pas publiquement choisit son candidat. La présidente de Région a toutefois déclaré (il y a plusieurs mois) que Nadia Pellefigue ferait une bonne candidate.

Un calendrier « tardif » permettrait une entrée en piste de la vice-présidente du conseil régional. Une entrée en piste et une candidature qui, pour le moment, restent virtuelles et se limitent à une vague « information » sur un événement fin septembre.

Laurent Dubois (@laurentdub)

10 Sep

Jean-Luc Moudenc : « Si je dis que je suis candidat, je lance la campagne et si je dis que je ne le suis pas, je la lance aussi »

A moins de 18 mois des élections municipales, le maire de Toulouse ne souhaite toujours pas indiquer ses intentions… même si personne ne doute de sa candidature.

Jean-Luc Moudenc (Photo : Vincent Isore / MaxPPP)

Avant l’heure, c’est pas l’heure, pour Jean-Luc Moudenc. Interrogé (une nouvelle fois) ce lundi 10 septembre lors de sa conférence de presse de rentrée au sujet de ses intentions pour les élections municipales de 2020, le maire LR de Toulouse a usé (encore une fois) de sa pirouette favorite, repoussant ainsi les questions sur son éventuelle (et évidente) candidature à un nouveau mandat, en voulant rester le maître des horloges :

Si je vous dis que je ne suis pas candidat, je lance la campagne et ma succession. Si je vous dis que je suis candidat, je lance aussi la campagne ».

Le maire ne manque pas, pour autant, de noter avec espièglerie que parmi ses adversaires politiques la course (interne) est déjà lancée, notamment au PS. Mais lui ne démarrera que quand il l’aura décidé, sans doute pas avant les élections européennes (26 mai 2019). Et d’entamer, comme les « sortants » le font souvent, le refrain classique :

Moi je suis maire jusqu’au bout de mon mandat, je ne suis pas en campagne électorale. Les Toulousains, quand je les rencontre, ne me parlent pas de cela, ils me parlent de leurs problèmes et des solutions que l’on peut y apporter.

Jean-Luc Moudenc sait que le temps joue en sa faveur. Les Européennes permettront de fixer les positions des uns et des autres, notamment de savoir si Les Républicains, dont il est toujours membre, adoptent une ligne pro-européenne ou au contraire euro-sceptique sous l’impulsion de leur président Laurent Wauquiez.

Surtout, Jean-Luc Moudenc, reste « Macron-compatible » même s’il critique (prudemment) de temps en temps quelques mesures du gouvernement. Jean-Luc Moudenc joue la montre pour tenter de bâtir une nouvelle majorité encore plus large que celle (déjà étendue) de 2014 en y adjoignant La République en Marche. Candidate (presque) naturelle du parti d’Emmanuel Macron, la Garde des Sceaux toulousaine Nicole Belloubet a finalement dit qu’elle n’irait pas.

Une candidature aux municipales titille des « Marcheurs » toulousains mais Jean-Luc Moudenc peut compter sur son ami, le Premier ministre Edouard Philippe, pour faire la police (ou le vide) autour de lui. En attendant, pas question de lancer la campagne trop tôt. Avant l’heure, c’est pas l’heure.

FV (@fabvalery)

06 Sep

Pierre Laurent : « On sent qu’on peut se diriger vers une rentrée politique combative. »

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF. Photo AFP Jean-François Monier.

Le secrétaire national du PCF sera ce jeudi soir à Toulouse. Il poursuit ainsi sa tournée des fédérations pour mobiliser ses troupes alors que la gauche tente de se reconstruire et que de nouvelles échéances électorales arrivent.

Le Blog politique : Tout d’abord, pourquoi cette visite aux étudiants et enseignants de l’université Jean Jaurès ?

Pierre Laurent : Parce que la bataille de Parcoursup’ continue. On sait que beaucoup d’étudiants n’ont pas d’affectation ou n’ont pas obtenu ce qu’ils avaient demandé. Ce système a créé beaucoup d’angoisse. Nous sommes inquiets par ce dispositif qui instaure une sélection alors que les besoins de la société ne sont pas ceux-là. Dans l’avenir, on aura besoin de personnes qualifiées.

Le Blog politique : Vous venez aussi rencontrer à Toulouse les communistes de Haute-Garonne. Qu’allez-vous vous dire ?

Pierre Laurent : On sent qu’on peut se diriger vers une rentrée politique combative. Les réformes et les luttes sociales du printemps ont laissé des traces. Ce gouvernement est affaibli et moins sûr de lui. Des brèches nouvelles peuvent s’ouvrir. Beaucoup de besoins sociaux remontent du terrain. Cette rencontre avec les communistes de Haute-Garonne va nous permettre de faire le point sur tout cela.

Nous voulons une Europe de la solidarité »

Le Blog politique : Cette saison politique va aussi être marquée par les Européennes. Quels sont les thèmes que vous allez mettre en avant dans cette campagne ?

Pierre Laurent : Il y aura pour nous deux questions centrales. Nous voulons en finir avec une Europe où les travailleurs, les entreprises et les services publics sont poussés à la concurrence à outrance et les salaires tirés vers le bas en facilitant les délocalisations à l’intérieur de l’Union Européenne. Nous défendons une Europe qui protège contre une Europe qui divise les salariés.

Nous voulons aussi une Europe de la solidarité. Nous sommes inquiets de l’ultralibéralisme et du populisme de l’extrême droite. Nous allons travailler à porter la voix d’une gauche sociale.

Le Blog politique : Une gauche qui doit se reconstruire après la séquence Présidentielle/Législatives. Comment vous situez-vous par rapport aux autres formations de gauche ?

Pierre Laurent : On est effectivement rentré dans une période de reconstruction. La victoire d’Emmanuel Macron a semé le trouble. Le « ni droite, ni gauche » a mis la gauche devant ses responsabilités de devoir se reconstruire de manière claire. Cette reconstruction se fait aussi sur une opposition à la politique d’Emmanuel Macron. Ce qui peut nous rapprocher aussi c’est la définition d’objectifs de progrès sociaux. C’est ce travail de propositions qu’il nous faut entreprendre. Mais ça ne se fera pas simplement entre personnalités politiques nationales.

Les Municipales vont être l’occasion de construire des rassemblements à gauche »

Le Blog politique : Localement justement, est-ce que les futures élections municipales peuvent favoriser ces rapprochements à gauche ?

Pierre Laurent : C’est certain. Les élections municipales vont être l’occasion de construire de tels rassemblements, larges, mais avec une forte dimension citoyenne. Des millions de gens en France se reconnaissent dans les valeurs de la gauche mais n’ont plus la certitude d’être les électeurs de telle ou telle de ses formations. Ils doivent se réunir pour constituer des majorités de progrès dans les communes.

Le Blog politique : La semaine prochaine devraient être présentés par le gouvernement les plans pauvreté et hôpitaux. Vous avez fait un tour de France des établissements hospitaliers. Qu’attendez-vous de ces plans ?

Pierre Laurent : Il y a des situations d’urgence. Notre tour de France nous l’a montré. Beaucoup de personnels sont en souffrance, notamment à cause des regroupements hospitaliers encouragés par le gouvernement. Il faut repenser l’ensemble du système de santé. On manque de médecins en zone rurale mais aussi dans les quartiers populaires. Il faut des centres médicaux de proximité pour ceux qui ont peu de moyens. Il faut aussi repenser la couverture à 100%.

En matière de pauvreté, nous craignons aussi que le guichet unique que le gouvernement veut mettre en place débouche sur des pertes de prestations. Nous suivrons donc les annonces avec attention.

Propos recueillis par Patrick Noviello (@patnoviello)

 

03 Juil

Municipales à Toulouse : le PCF appelle à l’union de la gauche

Pour le secrétaire départemental du PCF, nul doute, si la gauche veut gagner, elle doit être unie. Le PCF organise donc ce mardi 3 juillet à 18h30 dans ses locaux une rencontre où il convie toute la gauche pour débattre et notamment préparer cette campagne.

Lors de la fête de l’Humanité à Toulouse le 10 juin dernier, les forces de gauche s’étaient déjà rassemblées sous la houlette du PC. Photo DR

La démarche avait débuté lors de la dernière fête de l’Humanité à Toulouse. Déjà, les représentants de différentes composantes de la gauche s’y étaient retrouvés pour débattre sous la houlette des communistes. Il n’était alors pas encore question des Municipales mais depuis le calendrier s’est accéléré. « Si la gauche toulousaine était unie en 2020, elle aurait ses chances » explique Pierre Lacaze, le secrétaire départemental du PC. Même son de cloche au PS qui participera à la réunion. « Si nous ne nous unissons pas, il n’y aura qu’un seul vainqueur : Jean-Luc Moudenc » assure François Briançon. « Notre stratégie c’est l’union » confirme Pierre Cohen qui sera là également. « Quand nous étions unis en 2008, on a gagné » rappelle l’ancien maire socialiste de Toulouse désormais passé à Génération.s.

Candidature En Marche ou pas ? »

Ces derniers temps, notamment lors de la venue du Premier Ministre à Toulouse, la proximité de Jean-Luc Moudenc avec la politique gouvernementale pouvait laisser penser qu’En Marche ne lui opposerait pas de candidat. Mais rien n’est figé. « Ceux issus du PS ne l’entendent pas de cette oreille nationalement. Ce n’est pas pour rien que le nom de Nicole Belloubet a circulé » commente Pierre Cohen. « Il y a dans l’électorat d’En Marche des compagnons de route. Aujourd’hui, ce sont eux qui ont mal à la tête, pas moi. Je les vois mal avaler des couleuvres continuellement » analyse François Briançon. Mais candidature d’En Marche ou pas aux Municipales toulousaines, ça ne change rien pour la gauche qui devra éviter la multiplication de candidatures si elle veut l’emporter.

Tout est sur la table concernant la tête de liste »

Sans brûler les étapes, la question de la tête de liste n’est pas non plus éludée. « Personne ne fait l’unanimité actuellement, y compris dans chacune de nos formations. Nous, on est déjà contents que les gens commencent à se parler » affirme sereinement Pierre Lacaze. « Tout est sur la table concernant la tête de liste » concède-t-on modestement côté PS. « On se connaît tous, on est dans la politique depuis vingt ans. On arrivera à discuter ensemble. Moi je suis super-optimiste » affirme sans détour François Briançon. « Avant de parler d’un nom, d’une équipe ou d’un parti, il faut discuter » tempère Pierre Cohen.

Ce qui réunit en premier lieu ces composantes de la gauche, c’est une opposition commune à la majorité actuelle, municipale ou métropolitaine, avec en ligne de mire Jean-Luc Moudenc. « On se retrouve sur différents débats. Celui de l’eau par exemple réunit toute la gauche jusqu’aux Insoumis » explique Pierre Cohen. Parmi les composantes de cette opposition au maire LR de Toulouse et Président de Métropole, Europe Ecologie Les Verts participera au débat de ce mardi mais pas « Archipel Citoyen ». « On n’arrivera pas à se mettre d’accord sur tout. Mais sans hégémonie de personnes et en acceptant les différences des autres, c’est possible » note le socialiste François Briançon.

Sans La France Insoumise et le Parti de Gauche

Seul hic dans ce dispositif, l’absence au débat de ce mardi soir de La France Insoumise. « Manuel Bompard nous a très poliment expliqué que LFI ne pourrait pas se faire représenter. Il viendra peut-être à un autre moment » déclare l’organisateur Pierre Lacaze. La réponse est moins diplomatique du côté du Parti de Gauche, autre partenaire de LFI. »On ne participera pas parce qu’on n’est plus dans cette démarche de l’addition de la vieille gauche et de ses logos » se justifie sans détour Jean-Christophe Sellin. Et le représentant du PG de préciser qu’il n’est pas dans le moment des Municipales mais dans celui des Européennes.

« Attention, ça ne veut pas dire que ça ne nous intéresse pas. Avec La France Insoumise, nous avons formé le Groupe d’Action Municipale et Métropolitaine. Notre méthode est celle de la fédération des peuples avec des collectifs citoyens. A Toulouse, nous sommes pour une liste LFI ou une liste soutenue par LFI ». Autre partenaire de La France Insoumise, « Ensemble » sera, elle, du débat de ce soir. « On y va pour débattre pas pour s’engager » relativise Myriam Martin. La conseillère régionale prévient : « on est bien placé pour savoir que des accords peuvent être passés et non tenus » (NDLR : Ensemble, Le Parti de Gauche et La France Insoumise ne font plus partie du même groupe que le PCF et EELV à la région, communistes et écologistes en ayant formé un nouveau.). Et Myriam Martin de conclure : « l’unité pour l’unité, ça ne suffit pas. Créer un rapport de force c’est bien mais il faut surtout créer un espoir ».

Patrick Noviello (@patnoviello)