04 Mai

Meeting de Hollande – Le temps des promesses

Une chose que n’auront pas à envier les socialistes au meeting de Jean-Luc Mélenchon, c’est l’ambiance estivale qui règne sur la place du Capitole en cette fin de journée d’un « joli mois de mai », comme dira un peu plus tard Jean-Pierre Bel. Autre avantage que s’est octroyé le PS et le maire Pierre Cohen sur le Front de gauche, c’est un écran géant au pied des Allées Jean Jaurès. L’affluence est là, entre 30.000 et 40.000 personnes, beaucoup de bobos mais pas seulement. Axel Bauer n’aura jamais eu un auditoire aussi nombreux mais il sait bien que la star est en coulisse.
Celui que l’on attend, c’est le maire qui l’accueille en premier : « François, tu es ici chez toi en terre jaurésienne ». Pierre Cohen appelle de ses vœux ce président normal, qui ne stigmatise pas, « surtout après les crimes odieux que nous avons connus ici ». « Face au candidat au doigt pointé, il faut faire le choix du candidat à la main tendue », assène-t-il.
Au pied de la tribune, ils sont venus, ils sont tous là : tous les caciques du parti mais aussi d’autres figures de proue de la gauche. Tous sauf « Jean-Luc », comme le nommera plus tard François Hollande. Ils sont venus, ils sont tous là mais restent bien sagement dans leur espace réservé.  La seule qui s’offrira un bain de foule avant le début des discours, c’est Ségolène Royal. La candidate défaite en 2007 révèle ainsi, quoi qu’on en dise, qu’aucun socialiste n’aura épargné ses efforts durant cette campagne.
Un autre ancien battu va donner de sa personne ce soir, c’est Lionel Jospin. L’ancien premier ministre et conseiller général de Cintegabelle, est attendu par la foule, on le sent. Avant cela, c’est Jean-Pierre Bel qui harangue la place à présent remplie, « un enfant de la cité Empalot aujourd’hui président du Sénat », comme il se définit lui-même. « Je sens ce soir encore souffler le vent de l’espoir (…).Après un bel automne, je vous promets un  joli mois de mai ».
Retour du chauffeur de salle, « le régional de l’étape » comme il dit. Avec Aurélie Filipetti, c’est Kader Arif qui fait office de chef d’orchestre du meeting. Le député européen est visiblement ému, avant d’accueillir « celui qui fut son maitre et qui est aujourd’hui son ami » : Lionel Jospin.
Quand l’ancien Premier ministre commence à égrainer ses souvenirs de meeting du second tour à Toulouse, certains se demandent comment il va évoquer le sien et forcément sa défaite. Virage bien négocié, qu’il conclut en déclarant que « la gauche a su garder ses forces intactes ». Il salue aussi cette union que François Hollande a su réaliser autour de lui, un rassemblement que lui n’avait pas réussi à concrétiser.
Aux alentours de 19 heures, François Hollande fait enfin son entrée sur scène. « Avant même de savoir si je serai le candidat, je savais que je ferais mon dernier meeting à Toulouse. Toulouse parce c’est la ville rose reconquise par Pierre Cohen. Toulouse parce c’est une ville qui a souffert, marquée par AZF et par ces meurtres commis dans une école juive. Ce soir, je dois m’incliner devant les familles des victimes de cette école et de Montauban ».
Le député de Corrèze salue le bilan de Jospin et enchaîne : « Si nous l’emportons le 6 mai, je veux que ça efface le 21 avril 2002 ». Le candidat socialiste va alors répondre point par point aux arguments nationaux mis en avant par Nicolas Sarkozy lors de son meeting toulousain de dimanche. « Nous refusons de mettre l’immigration au cœur de cette campagne (…). Nous aussi nous aimons la France ».
Et puis là encore pour contrer son adversaire, Hollande veut rassurer : « On nous dit que si nous arrivons au pouvoir ce sera le chaos, or chaque fois que la gauche est venue aux responsabilités du pays, elle l’a redressé ». Et de conclure : « Je n’ai rien promis que je ne pourrais tenir ». Les premiers spectateurs commencent à quitter la place du Capitole. Un policier leur précise : « Vous savez que si vous sortez, vous ne pourrez plus revenir ». Une consigne à laquelle  la gauche n’a jamais cru en pensant à l’Elysée.

02 Mai

Meeting de Nicolas Sarkozy – Aux frontières du second tour

« Vous êtes le peuple de France ». La phrase est emblématique, et fait mouche.
Il y a encore peu, c’est ainsi que Marine Le Pen s’adressait à son assistance. C’est ainsi aujourd’hui, dans ce parc des Expos de Toulouse, que Nicolas Sarkozy s’adresse à ses militants.

Et le président-candidat de développer sa réflexion : « Les pays qui gagnent aujourd’hui sont les pays qui croient en l’esprit national(…) Le sentiment national est largement respectable et ne doit pas être confondu avec le nationalisme. Ils n’ont rien compris ».
« Ils » ce sont évidemment ses adversaires socialistes qui lui reprochent de ne plus faire campagne que sur des thématiques chères au FN.

Brigitte Barèges, comme beaucoup d’autres à l’UMP, n’apprécie guère que l’on fasse ce reproche à son leader. Et la députée-maire de Montauban de se fendre d’un communiqué où elle rappelle que « les relations entre François Mitterrand et l’extrême droite sont plus que  troublantes », espérant ainsi toucher François Hollande.
Retour sur l’ile du Ramier… « Mon projet, c’est de remettre la frontière au centre du débat », énonce clairement Nicolas Sarkozy. Après la fracture sociale de Chirac, sa priorité à l’emploi en 2007, il s’est donc fixé sur ce thème majeur de campagne. « On a voulu effacer les frontières économiques, culturelles, morales, ce fut une erreur. On a eu tort ».
Le mot frontière sera ainsi repris plus d’une dizaine de fois durant le meeting de Toulouse avec plus ou moins de réussite : « La frontière, ce n’est pas un repliement(sic)(…)Effacez les frontières et nous perdrons notre langue ». Au-delà de ces considérations de syntaxe, certains militants centristes ont dû peu goûter ce discours marqué à droite toute.
Mais c’est avec un accent très gaulliste que le président sortant poursuivra et conclura son allocution : « Il nous faut réaliser une multitude de résistances, petites et grandes, pour rester ce que nous sommes. « Oh, je n’ai pas tout réussi (…) Mais aucun d’entre vous n’a perdu un centime d’épargne parce que je vous ai protégé ». Une façon à peine voilée de dire aux Français : « Attention, faites le bon choix, sinon après moi le déluge ».

Patrick Noviello

26 Avr

Un second tour de choix


Un second tour de choix, par Patrick Noviello par france3midipyrenees

Ça y est nous y sommes !
Hollande/Sarkozy : le duel annoncé a bien lieu.

Seulement, pas mal d’électeurs se retrouvent orphelins pour ce second tour.

Où vont aller les 17% du vote FN ?
Les Centristes du Modem vont-ils choisir ?
Tous les militants de gauche donneront-ils leur voix au PS ou vont-ils s’abstenir pour certains ?

D’ailleurs combien de bulletins seront déposés dans les urnes avec une véritable conviction ?

Bref beaucoup de questions ?

A tel point qu’électeurs comme citoyens, de droite comme de gauche, se demandent aujourd’hui une chose :
Est-ce que la problématique du vote utile n’est pas plus présente au second tour qu’au premier finalement ?

Entre « une France forte » et un « changement maintenant », il y aura bien un vainqueur.
Les écarts donnés par les premiers sondages me semblent personnellement exagérés.

Alors qu’est-ce qui fera la différence ?
Peut-être les derniers jours de campagne que nous sommes en train de vivre.
Pour ceux qui n’auraient pas encore choisi, n’en ratez pas une miette !

23 Avr

« Premier tour d’horizon »

Heureux mais sans plus, serein et pas enflammé… Le PS a le succès modeste ce soir dans sa fédération haut-garonnaise de la rue Lejeune. Peut-être cache-t-il bien son jeu ou alors porte-t-il déjà sur ses épaules la pression de l’entre-deux tours ?
Justement apparaît sur l’écran géant Jean-Luc Mélenchon. Son appel à « battre Sarkozy » et donc à voter Hollande au second tour récolte une clameur dans la salle. « Il n’y a jamais eu de problème avec Mélenchon. On a toujours été sûr du report de voix » précise Bertrand Monthubert, secrétaire national en charge de l’enseignement supérieur et futur président de l’université Paul Sabatier.
Ce qui a surpris les socialistes de Toulouse en revanche, c’est le score de Marine Le Pen et encore plus sa localisation. En Haute-Garonne, on s’étonne notamment de ses plus de 20% à Cintegabelle, l’ancien fief de Jospin ou encore à Gémil. « J’ai même entendu parler d’un canton de Corse communiste depuis toujours où elle serait arrivé en tête » lâche un militant.
Marine Le Pen la voilà aussi à l’écran tout à coup mais rue Gabriel Péri, au siège de l’UMP31. La leader du FN provoque indifférence et au mieux ricanements. Les « Jeunes étudiants avec Sarkozy » en profitent même pour sortir faire une photo et hurler dans la rue d’insolites « On va Gagner ! ». L’UMP se la joue requinqué ou au moins ressuscité à l’image de son porte-parole Pierre Esplugas : « C’est pas plié au 1er tour, contrairement à ce qu’on redoutait. »
« Je crois au second tour » s’enthousiasme même Bertrand Serp candidat aux Législatives. « Maintenant, il va falloir parler aux 20% du Front National » précise-t-il en guise de stratégie pour remonter la pente. Jean-Luc Moudenc en appelle même à « une coalition de citoyens et non de partis ». Bref à l’UMP, on se prend à vouloir encore lutter ou du moins à faire semblant.
Chez Europe-Ecologie Les Verts, en revanche, plus aucune illusion depuis longtemps. L’ambiance est même à l’autodérision. Quelques rares militants regardent la soirée télévisée, autour de Gérard Onesta, François Simon et Régis Godec. Hollande y parle de « transition énergétique » et de « république exemplaire ». « Tiens, ça il nous l’a repris ! » rigole une écolo. « On va l’aider » poursuit une autre.
Plus sérieuses en revanche, les discussions sur la suite, Législatives mais aussi bien après second tour. Quand on demande à François Simon, candidat officiel de la gauche sur la 3ème circonscription, s’il pense que les accords avec le PS vont tenir malgré le score du Front de Gauche, il répond sans hésiter : « Ils tiendront ! ».
Gérard Onesta s’inquiète du score du FN et de ce qu’il peut entraîner pour le prochain scrutin. Régis Godec appelle à « un rempart républicain ». Un sympathisant abonde dans son sens et va même plus loin : « si la gauche passe, elle n’aura pas le droit à l’erreur sinon en 2017 tout peut arriver…. »
Au Front de Gauche, on ne se projette pas si loin. On savoure la victoire dans un bar-restaurant à tapas en fumant des Havanes « en soutien au peuple cubain » (qu’on ne s’y méprenne pas). On savoure aussi « cette belle campagne, ce mouvement qui s’est affirmé avec la parole de Mélenchon qui a redonné du sens à la politique. Regardez le nombre de jeunes présents ici ce soir. C’est chouette, non ? ». Le soutien à Hollande ne fait ici aucun doute : « Mais qu’on ne compte pas sur nous pour des meetings communs » tonne Jean-Christophe Sellin.
Quand on interroge le porte parole du Parti de Gauche sur l’absence à leur côté des communistes qui ont choisi leur local de Basso-Cambo pour cette soirée présidentielle, la réponse des partisans de Mélenchon est cinglante : « Ils vont pas nous lâcher. Ils n’ont pas intérêt. On a fait tout le boulot, on les a fait passer de 2 à 12 ». Quant à une éventuelle entrée au gouvernement, réponse toute aussi ferme : « Personne n’y entrera ».
22h45 L’ambiance retombe dans les QG de campagne. Chacun veut rester lucide et frais pour la suite justement. Voici venue l’heure des tractations, des retrouvailles pour certains et du retour dans l’anonymat pour d’autres.
Patrick Noviello

08 Mar

30 ans de décentralisation


30 ans de décentralisation par france3midipyrenees

30 ans de décentralisation et après ?

Aujourd’hui plus de 70% de l’investissement public est assuré par les collectivités locales.

Allocations dépendance, RSA, Route, TER, lycées, collèges etc.

Oui les collectivités ont pris la main.

A tel point qu’aujourd’hui quand l’Etat exige des économies dans les finances publiques, il les demande aussi aux collectivités locales.

Et ces mêmes régions, départements et communes de rappeler au pouvoir central d’arrêter de lui transférer des compétences sans leur donner les moyens de les assurer.

Bref ça a décentralisé.
Reste maintenant à peaufiner la communication entre Paris et la province.

La prochaine étape c’était peut-être la réforme territoriale.
« Elle sera abrogée si Hollande passe » annonce sans détour Jean-Pierre Bel dans Le Monde.

«Pas facile de réformer quand on détient la majorité au sein de la plupart des collectivités.
Car comme le dit un conseiller socialiste :
« Quelque soit les décisions elles mécontenteront forcément un ami ».

02 Mar

La saison des manifs


La saison des manifs par france3midipyrenees

1800 selon la police, 3000 selon les syndicats…
Rien à voir avec les manifestations contre la réforme des retraites.

La journée de mobilisation européenne contre l’austérité n’a pas attiré les foules à Toulouse comme ailleurs.

On peut se demander pourquoi.

Est-ce que la contestation est déjà dans les intentions de vote ?

Est-ce que les citoyens sont résignés et préfèrent attendre le prochain quinquennat ?

Ou alors dernière hypothèse :
La situation catastrophique de la Grèce et l’Europe n’intéressent pas les français ?

Une explication certaine : la désunion des syndicats en période électorale.
FO et CFDT n’ont pas participé au cortège.

Pas de panique donc pour le sortant…
Quand on parle « traité européen », une manif même suivie est toujours moins dangereuse qu’un référendum.

27 Fév

Comment faire campagne pour Sarkozy sans perdre son poste ?


Comment faire campagne contre Sarkozy sans… par france3midipyrenees

« Comment faire campagne pour Sarkozy sans perdre son siège ? »
C’est le titre d’un article du Monde paru mardi dernier.

Difficile effectivement voire impossible ici comme ailleurs de trouver des porte-paroles locaux du gouvernement ou du président.

Dernier exemple en date.
Certains se sont peut-être étonnés voilà 15 jours de ne pas voir de représentants de l’UMP dans notre émission.

Nous avions pourtant lancé de nombreuses invitations, solliciter les états-majors.

Mais là : personnes pour venir nous parler politique de logements.

Motifs invoqués : l’agenda bien sûr mais aussi parfois plus honnêtement la connaissance du dossier et le fait de ne pas être aux manettes.

Pas simple donc d’être dans l’opposition locale et dans la majorité nationale.

Une occasion de remonter la pente : la campagne enfin lancée pour Nicolas Sarkozy.
Une campagne qui ne se gagnera pas sans un soutien de terrain.

13 Fév

4ème visite de Nicolas Sarkozy dans notre région en à peine un peu plus de deux mois.


4ème visite de Nicolas Sarkozy dans notre région… par france3midipyrenees

4ème visite de Nicolas Sarkozy dans notre région en à peine un peu plus de deux mois.

En novembre il ouvrait sa tournée au CNES de Toulouse.
Objectif non pas lune, pas encore présidentielle mais rassurer.
Rassurer les ingénieurs :
« La politique spatiale ne sera pas sacrifiée sur l’autel de la rigueur budgétaire » assure le chef de l’état.

Une semaine plus tard revoilà le président, dans le Gers.
Cette fois-ci sur un sujet plus terre à terre : l’agriculture.
A Gimont, comme ailleurs, interlocuteurs et spectateurs sont triés sur le volet.
Le président veut rassurer les agriculteurs : « on a besoin d’eux ».

Et pour enfoncer le clou rebelote en Ariège à la mi-janvier.
Intervention orale sur la ruralité de demain et, plus loin, intervention physique des CRS sur des manifestants dans les rues de Pamiers.

Enfin dernier passage en date ce mardi à Lavaur pour parler de politique familiale.
Et là les attaques sont plus ciblées vers le candidat Hollande et ses réflexions sur le quotient familial.

Après tout ça si on nous dit que le Président n’est pas en campagne. C’est à n’y rien comprendre.