29 Juin

Elections régionales : finalement candidat, Philippe Saurel met Carole Delga dans l’embarras

Le maire divers-gauche de Montpellier Philippe Saurel a officiellement annoncé ce lundi, lors d’une conférence de presse, sa candidature aux élections régionales en Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon.

Philippe Saurel, maire DVG de Montpellier

Philippe Saurel, maire DVG de Montpellier

Après avoir longtemps fait durer le suspense, le maire de Montpellier a donc décidé de se lancer dans la bataille électorale à côté des partis politiques traditionnels, lui qui a été exclu du parti socialiste. Il continue de creuser son sillon « faire de la politique autrement » et a indiqué vouloir créer « un grand rassemblement citoyen ».

Il sera à la tête d’une liste intitulée « Citoyens du Midi », où il veut regrouper « gaullistes de gauche et gaullistes de droite, divers gauche, radicaux, écologistes, centristes, et divers droite ». Mais précise cependant que s’il n’a pas réussi à constituer ses listes dans les 13 départements avant le mois d’octobre, il se retirera de la compétition. 

Le PS a tout fait pour l’en dissuader

Ces derniers mois, le PS a tout fait pour dissuader Philippe Saurel de se « mettre sur le chemin » de la candidate socialiste à la présidence de la future grande région, la Haut-Garonnaise Carole Delga. Une réunion avait même été organisée à Matignon en présence de Manuel Valls pour demander à Philippe Saurel de ne pas se lancer. Sans succès. Selon plusieurs sources, il aurait même été envisagé un temps de faire entrer la députée de l’Hérault Anne-Yvonne Le Dain au gouvernement afin de permettre à son suppléant Philippe Saurel de décrocher un mandat de député. Option finalement abandonnée.

Samedi dernier, alors que Carole Delga lançait officiellement sa campagne à Montpellier, dans le même temps Philippe Saurel présentait et dédicaçait, toujours à Montpellier, son livre-programme « Réparer la République », un manifeste de 70 pages.

Carole Delga embarrassée

Cette candidature « à côté » du PS embarrasse la candidate socialiste Carole Delga, à 6 mois des élections régionales. D’autant qu’elle doit déjà faire face à des négociations difficiles avec les radicaux de gauche, qui exigent sa place de N°1 pour la ministre PRG du Logement, la Tarn-et-Garonnaise Sylvia Pinel, ce que les socialistes refusent catégoriquement. Le PRG menace toujours de monter une liste autonome.

« Je prends acte, a indiqué ce lundi Carole Delga à France 3 Midi-Pyrénées. Chacun est libre de se présenter. Mais il faut le faire dans la clarté et la transparence, sans opposer les gens et les territoires ». 

Dimanche, à la veille de sa candidature, le maire de Montpellier avait posté sur Twitter un message, une sorte de métaphore lunaire :

Fabrice Valéry

 

22 Juin

La vérité sur l’absentéisme de la ministre Sylvia Pinel au Conseil Régional

Sylvia Pinel (Crédit : MaxPPP)

Sylvia Pinel (Crédit : MaxPPP)

Lundi 22 juin, les deux conseils régionaux de Midi-Pyrénées et Languedoc-Rousillon organisent des Assemblées Plénières simultanées. Le même jour, à Toulouse et Montpellier, les conseillers régionaux débattent et votent 4 délibérations identiques. Sur les bords de la Garonne, dans l’hémicycle présidé par Martin Malvy, cette première est doublement « extra-ordinaire ».

C’est, en tout cas,ce que prétend un conseiller régional. Sur son compte Twitter, François Simon a posté un message

Le caractère exceptionnel de la présence de Sylvia Pinel, ministre PRG du Logement, est partagé sur tous les bancs de l’Hotel de Région. Sacha Briand, adjoint au maire de Toulouse et conseiller régional du groupe d’Opposition (Droite et Centre) déclare  : « Ni madame Pinel, ni madame Delga n’ont brillé par leur présence quand exerçant le mandat régional elle se sont vues attribuer des responsabilités ». Même son de cloche du côté d’Europe-Écologie. Pour Guillaume Cros, « Sylvia Pinel est présente au maximum 1 fois sur 3 et elle ne reste pas longtemps ».

C’est hallucinant et totalement choquant. Elle n’est jamais présente » (un membre de la majorité)

En off, les propos sont plus cinglants. Un membre de la majorité déclare : « C’est hallucinant et totalement choquant. Elle n’est jamais présente. Elle est toujours absente ». Un autre ajoute : « Et quand elle vient cela dure 1 heure ».

Cette semaine, mercredi 24 juin, le parti de Sylvia Pinel doit se prononcer sur une éventuelle liste autonome face à la candidate PS, Carole Delga. Pour de nombreux élus régionaux, la subite assiduité de Sylvia Pinel est liée à cette actualité brûlante.

Sylvia Pinel est-elle réellement une élue régionale virtuelle ? François Simon et ses collègues ont-ils raison ou sont-ils de mauvaise foi ? Réponse par les chiffres.

Le Conseil Régional de Midi-Pyrénées organise (en moyenne, comme les autres collectivités régionales) 4 à 6 Assemblées Plénières par an. En 2015, Sylvia Pinel a été absente le 5 mai (une délégation a été donnée à Dominique Salomon et Michèle Guarrigues), le 7 avril (une délégation a été donnée à Dominique Salomon et Michele Guarrigues). En revanche Sylvia Pinel a été présente ce 22 juin. Elle a toutefois quitté l’hémicycle régional à 13 heures.

Tous les ans, la Commission permanente du Conseil Régional examine la présence des élus et, éventuellement, décide de retenues sur les indemnités. Les principes fondamentaux sont les suivants : une absence justifiée est dite excusée et elle n’est pas comptabilisée comme une absence ; passé un certain seuil les absences non excusées débouchent sur une retenue sur les indemnités.

Les chiffres disponibles sont ceux de 2014. Sylvia Pinel aurait dû siéger 16 fois. Elle a été physiquement présente 1 seule fois et donc absente des instances régionales 15 fois sur les 16 dates recensées par la Commission Permanente.

Néanmoins, Sylvia Pinel justifie 15 de ses 16 absences et son « total absence » (pour reprendre la terminologie administrative) est de 0 %. Elle a donc perçu l’intégralité de ses indemnités régionales.

Un praticien des arcanes régionales parle de « prouesse mathématique : 0 présence physique = 0 absence retenue ». En comparaison, pour la même période, le président du groupe PS à la Région, Thierry Suaud affiche…16 % de « total absence » alors qu’il a été présent physiquement sur 18 dates c’est-à-dire 18 fois plus que Sylvia Pinel (présente physiquement 1 seule fois en 2014). CQFD.

Laurent Dubois

DOCUMENT / présence et absence des élus au Conseil régional Midi-Pyrénées en 2014

18 Juin

[Exclusif] Elections régionales : tous les candidats du PS 31 pour figurer sur la liste départementale

®MaxPPP

®MaxPPP

Le début du commencement. Le PS 31 lance sa procédure pour la constitution des listes départementales. Les candidats viennent de déposer leur candidature. Le 29 juin prochain, les instances fédérales du parti (issues du Congrès de Poitiers) et la tête de liste régionale, Carole Delga, vont établir une liste qui sera ensuite soumise au vote des sections le 9 juillet. Conformément aux statuts du PS, la liste fédérale (issue du vote du 29 juin) peut être remplacée, dans les 48 heures, par une liste différente. Ce jeu de haies (très formaliste) est moins formel qu’il n’y paraît. Comme le dit un habitué des arcanes socialistes : « très souvent les décisions viennent d’en haut ».

Sur cette liste d’une centaine de noms, on trouve pèle-mêle un membre du cabinet du ministre de l’Agriculture (Rémi Branco), un ancien collaborateur d’Arnaud Montebourg (John Palacin) ou pas mal d’anciens adjoints de Pierre Cohen à la mairie de Toulouse, qui, lui n’est pas candidat aux régionales, comme il en avait pourtant été question ces derniers mois.

EXCLUSIF –  Les candidats du PS 31 pour figurer sur la liste départementale des régionales :

  • ACOLAS Monia
  • ADJELOUT  Fatiha
  • ADROIT  Sophie
  • ALLEMANE  Jean-Claude
  • ANDRIEU  Cédric
  • ARSEGUET  Andrée
  • AUGER Emmanuel
  • AUGER Maryse
  • BALESTAN Sylvie
  • BAKIRI  Nadia
  • BEZ   Jean-Marie
  • BLANC  Paul-Marie
  • BOULANGER   Mathieu
  • BORDERIES Alexandre
  • BORIES Sylvie
  • BOUSSATON  Michel
  • BRANCO  Rémi
  • BRIANCON Philippe
  • BUYS Danielle
  • CADAUX  Pierre-Henri
  • CALESTROUPAT Gilles
  • CAPEL  Nicole
  • CARRAL Alain
  • CARREIRAS  Joël
  • CHAINET  Julien
  • CHEVALIER Patrick
  • CHEVALIER Yannick
  • CRAYSSAC Anne
  • DAVID Guy
  • DEMERSSEMAN-PRADEL  Rémi
  • DES ROCHETTES  Michel
  • DIAW  Ousseynou
  • DREUILHE Michel
  • DUPIN  Jean-Louis
  • DURAND  William
  • FAGES  Marie-Laure
  • FELLAH Mourad
  • FERRE   Louis
  • FONTALIRAND  Jean-Luc
  • GANDRIEAU  Marie-Agnès
  • GASQUET   Etienne
  • GAUDON  Philippe
  • HIRIGOYEN  Hervé
  • HONORAT  Yannick
  • HOUADEC  Virginie
  • IASSAMEN Alia
  • LANGE  Régine
  • LASSERRE  Jean-Jacques
  • LAURINE  Michel
  • LEPINAY  Jean-Raymond
  • LUBAC  Christophe
  • LUCAZEAU  Rachida
  • LUKUSA-MUKENA  Jean-Barthélémy
  • LUMEAU-PRECEPTIS   Aude
  • LUNTADILA   Yannick
  • MAAFRI  Mohamed
  • MADER  Nathalie
  • MALAVAL  Chantal
  • MARTIN Yannick
  • MAZZOUJ  Ismaël
  • MBENGALACK  Elias
  • MERIC  Laurent
  • MIMAR  Saliha
  • MIRASSOU  Jean
  • MOLINA  Daniel
  • MURAWSKI  Mireille
  • NABET  Guy
  • NEMIR  Alix
  • NEUMAN Jean-Pierre
  • NICOLAS-DUCROQ  Brigitte
  • NGUMBU  Gauthier
  • PALACIN  John
  • PELLEFIGUE  Nadia
  • PETIOT Jean-Paul
  • PETRACHI  Hugo
  • POUGET Françoise
  • PRAT  François
  • PRODHON Patrick
  • REGIS  Daniel
  • RIVAT  Olivier-Ronan
  • RIVOAL  Faustine
  • RUEDA  Michel
  • SAVIGNY  Thierry
  • SEGURA  Elisabeth
  • SERIEYS Alain
  • SNELA  Damien
  • SOULA  Serge
  • SUAUD Thierry
  • SZTULMAN   Marc
  • TEMPESTA  Marie-Caroline
  • TISSOT  Nicolas
  • TOLSAN  Mathilde
  • TOSI  Julie
  • TOUZET  Sophie
  • TRAORE   Aboubacar
  • VERNIOL   Gisèle
  • VIGNEAUX  Laure
  • VITRICE   Fabienne

Laurent Dubois

16 Juin

Régionales : « Les Républicains » désigne ses chefs de files départementaux

617188714 noms pour les 13 départements de la Grande Région. La Commission Nationale d’Investiture (CNI) des Républicains vient d’adouber ses chefs de files départementaux pour les Régionales de décembre prochain. La désignation (finale) des têtes de listes départementales interviendra après des discussions avec les partenaires (UDI, Modem). Voici le casting :

Dominique Reynié (Aveyron)

Bernard Carayon (Tarn)

Michel Py (Aude)

Gérard Trémège (Hautes-Pyrénées)

Calleja Philippe (Ariège)

Vincent Terrail-Novès, Elisabeth Pouchelon (Haute-Garonne)

Thierry Deville (Tarn-et-Garonne)

Stéphan Rossignol (Hérault)

Pierre Morel A l’Huissier (Lozère)

Christophe Rivenq (Gard)

Gérard Dubrac (Gers)

Bernard Dupont (Pyrénées Orientales)

Aurélien Pradier (Lot)

 

Laurent Dubois

15 Juin

Régionales : réunion autour de Manuel Valls, l’hypothèse Saurel toujours d’actualité

Manuel Valls, premier ministre

Manuel Valls, premier ministre

Les Régionales se sont délocalisées à Matignon. Ce lundi 15 juin, à partir de 18 heures et pendant une heure, l’agenda de Manuel Valls a pris les couleurs (électorales) de Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. Le premier ministre a reçu les présidents des deux régions, Martin Malvy et Damien Alary, le maire de Montpellier, Philippe Saurel, et la tête de liste PS aux prochaines régionales, Carole Delga.

Objet de la rencontre : le cas Saurel.

Ce n’est pas la première fois que le maire de Montpellier discute avec Manuel Valls des régionales. Mais, ce lundi, l’auditoire est élargi. Et surtout le calendrier avance. Carole Delga entre pleinement en campagne après sa démission du gouvernement (rendue officielle mardi) et (point essentiel) les listes du PS seront bouclées dans moins d’un mois.

Les négociations, c’est maintenant. Une fois les listes votées (le 9 juillet prochain), impossible d’offrir des places.

Pourtant, Carole Delga n’espérait pas un ralliement en cette mi-juin. La candidate socialiste reconnaît qu’il faut laisser du temps au temps et offrir une porte de sortie honorable à Philippe Saurel. Dans son entourage, on parle même d’un « jeu du chat et de la souris qui peut durer jusqu’en septembre ».

Carole Delga estime que « la réunion s’est déroulée de manière cordiale, l’ambiance était sereine et Philippe Saurel attentif ». Ce que confirme, par ailleurs, l’entourage de Philippe Saurel. Mais surtout, la candidate socialiste refuse de parler d’un échec : « un échec cela aurait été de refuser un échange et une absence de dialogue, ce n’est absolument pas le cas ».

Comme le dit Carole Delga, « Philippe Saurel continue sa réflexion ». Il n’a pas rendu les armes ou entonné le champ du départ (pour les régionales). C’était prévisible. Sa candidature éventuelle soulève des questions politiques et pratiques : 158 candidats à trouver dans les 13 départements de la Grande Région, un budget (environ 900 000 euros) à boucler, les conséquences sur ses (récents) élus départementaux…

Mais, en réalité, le rendez-vous de Matignon reposait sur une équation personnelle.

C’est la personnalité de Philippe Saurel qui « interdisait » une issue rapide. Comme le dit un responsable du PS, « Philippe Saurel a le gout de l’impossible ». Ce n’est pas une réunion, sous les dorures de la République, qui peut le brider, encore moins l’impressionner. Les arguments (rationnels) de Martin Malvy, la détermination (affichée) de Carole Delga ou le rappel à l’ordre de Manuel Valls, ne pèsent pas face à un tempérament « sauvage ». Le maire de Montpellier s’est fait (dernièrement) tatoué un léopard sur l’avant-bras. Le symbole lui va bien. Il se veut indomptable.

Bien évidemment, il y a une part de mise en scène. Philippe Saurel reconnaît lui même qu’il est pragmatique et qu’il sait être prudent. Mais, en revanche, il ne pouvait pas transformer l’invitation de Manuel Valls en acte de reddition.

En définitive, la question posée par le rendez-vous de Matignon n’est pas : un rendez-vous manqué ? La véritable interrogation est : quelle sera son utilité ? La table ronde ne pouvait pas servir de tremplin à une annonce. Mais est-ce qu’elle amorce une union entre Philippe Saurel et Carole Delga ?

Laurent Dubois

 

05 Juin

Régionales : Dominique Reynié demande la suppression du processus de fusion jusqu’à l’élection.

Dominique Reynié ce matin en conférence de presse à Toulouse. Photo Laurent Dubois.

Dominique Reynié ce matin en conférence de presse à Toulouse. Photo Laurent Dubois.

 

Le candidat tête de liste de la droite et du centre organisait ce matin sa première rencontre avec les journalistes de Midi-Pyrénées. S’il reproche le manque de préparation technique de l’actuelle majorité, il demande que le processus politique de fusion, lui, soit stoppé. « C’est aux citoyens de décider  et à la future majorité de le mettre en place ».

« Je demande le retour aux affaires courantes » poursuit Dominique Reynié. « La localisation de la nouvelle capitale par exemple, c’est au futur conseil régional de la décider, pas à Madame Delga ou Monsieur Alary. C’est aux électeurs de décider ».

Autre reproche fait par le professeur d’université-candidat aux sortants : « c’est une erreur de croire qu’on va faire pareil en plus grand. Il faut réinvestir la fonction de Président de Conseil Régional. » A ce sujet, si jamais il ne parvenait pas à cette fonction, retournerait-il à ses chères analyses politiques et sociétales ? « Je fais un chemin sans retour ! Je ne reviendrai pas au commentaire de l’actualité » affirme-t-il.

Patrick Noviello

21 Mai

EXCLUSIF : Le Conseil Régional à Montpellier. Carole Delga explique sa proposition

Carole Delga, tête de liste PS pour les prochaines régionales

Carole Delga, tête de liste PS pour les prochaines régionales

Tourbillon médiatique pour Carole Delga. Dans les colonnes de « Midi Libre », la candidate propose que la capitale (politique) de la future Grande Région se situe à Montpellier. Dans le camp midi-pyrénéen, c’est une levée de bouclier. Des socialistes parlent d’une « abdication » en rase campagne. Des élus régionaux déplorent un alignement (sans condition) sur la position du président du Languedoc, Damien Alary. Un président languedocien qui est, par ailleurs, son colistier. Les soutiens de Carole Delga sont surpris par la violence de la polémique et ne comprennent pas ce « procès » d’intention. Dans un entretien exclusif , Carole Delga précise ses propos.  

 Pour l’équilibre de territoires et l’équilibre entre les deux grandes métropoles que sont Toulouse et Montpellier, le Conseil Régional devra siéger à Montpellier. Les Assemblées plénières (NDRL 1 par trimestre actuellement en Midi-Pyrénées, 4 par an) devront se dérouler à Montpellier. Mais il n’est pas question de supprimer l’Hôtel de Région en Midi-Pyrénées. Il y aura deux sites avec une ventilation des services. C’est normal. On ne va pas demander à une entreprise du Gard de venir faire ses formalités à Toulouse ou à un entreprise toulousaine d’aller à Montpellier. J’ai bien précisé que le Directeur Général des Services devra être à Toulouse et que des services resteront à Toulouse. Il n’est pas question d’imposer aux agents toulousains de partir à Montpellier et inversement. En fait, à Montpellier pourra se trouver le délibératif et l’administratif pourra être à Toulouse. Dans ce sens, je suis favorable à ce que le Conseil Régional siège à Montpellier mais cela ne signifie absolument pas que l’Hôtel de Région disparaisse à Toulouse. D’autre part, je précise que c’est l’assemblée nouvelle élue (NDLR : issue du scrutin de décembre prochain) qui devra décider au travers d’un vote avant le 30 juin 2016 ».

Laurent Dubois

12 Mai

Grande région agricole : une question capitale

Début de Jacquerie ? Hier, Damien Alary a réuni ses cinq présidents de Chambre d’Agriculture. Objectif : « que Montpellier reste la capitale agricole de la future Grande Région ».Pas sûr que nos agriculteurs l’entendent de cette oreille même si le terme de « Capitale agricole » ne signifie pas grand chose.

Photo MAXPPP

Photo MAXPPP

« Je souhaite que Montpellier reste la capitale agricole et je demande que la Nouvelle Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt soit ici ». Le président de Languedoc Roussillon n’y est pas allé par quatre chemins hier lors d’une conférence de presse. Le décor est planté et Damien Alary laboure déjà le terrain des revendications des compétences. Le partage des pouvoirs entre Toulouse et Montpellier se négociera encore plus durement que les prix dans une foire à bestiaux.

 

« On est dans le jeu politique. On a vu le maire de Montpellier mettre la pression. Damien Alary veut montrer qu’il soutient sa capitale et l’Hérault. Mais au final ce n’est ni lui ni moi qui choisirons » tempère Jean-Louis Cazaubon. « Quand il dit « capitale » parle-t-il d’implantation de la chambre régionale ou de la DRAAF, parce que la DRAAF c’est l’Etat ! Nous chambres régionales, pour l’heure, on travaille ensemble à construire un projet » poursuit le président des agriculteurs de Midi-Pyrénées.

Capitale agricole

Souvenons-nous de cet échange courtois mais à fleuret moucheté entre les deux présidents régionaux de Chambre d’Agriculture lors de l’émission que nous avions réalisée au salon de la Porte de Versailles. Nous avions rendu l’antenne sur une saillie du languedocien Denis Carretier qui avait déclaré que Montpellier serait la capitale agricole de la future grande région. « C’est nous qui amenons la viticulture notamment, c’est normal qu’on soit la capitale. Vous verrez… » avait-il déclaré en substance.

 

En termes de chiffres, en revanche, Jean-Louis Cazaubon s’avère plus virulent. « Les chiffres qu’Alary avance sont faux. Pour ce qui est de l’agro-alimentaire, ou produit transformé, on est devant. Mais tout ça n’a pas d’importance. A l’arrivée, nous représentons 164 000 emplois et 14 milliards de chiffre d’affaire annuel »

 

L’agriculture un enjeu majeur en termes d’économie et d’emploi mais aussi de compétence au niveau de la gestion de la future grande région. Midi-Pyrénées s’affiche certes plus diversifiée mais les filières languedociennes sont fortes et bien implantées sur l’ensemble du pays. Il faudra aussi trouver des synergies, pourquoi pas sur l’élevage notamment et le vin bien sûr.

Sud de France

Un début de coopération qui pourrait débuter sous l’égide de « Sud de France ». La marque languedocienne à laquelle n’était pas adossée notre région (associée jusqu’à présent avec Aquitaine sous le nom de « Sud-Ouest de France ») semble tenir la corde. « 3000 produits sont aujourd’hui labellisés par cette bannière. En comparaison, la marque Sud Ouest de France, n’en représente que 300 » insiste Damien Alary.

 

Ce terme de « Sud de France » a aussi ressurgi hier dans la bouche de Martin Malvy pour toute autre chose. Alors qu’il présentait la nouvelle campagne des grands sites touristiques de Midi-Pyrénées, le président de Midi-Pyrénées a évoqué un possible rassemblement des cinquante lieux à voir sur la future grande région sous cette appellation : « nous sommes le Sud de la France. C’est comme cela que l’on nous voit à Lille ou à Brest. Et c’est comme cela que l’on nous identifie aussi bien en Europe qu’ailleurs « .

Carcassonne ou Castelnaudary ?

« On va bâtir un projet régional et on va l’expliquer d’abord aux candidats puis aux futurs élus. Ça c’est plus important que la politique » conclut Jean-Louis Cazaubon. Ne parlons pas de capitale agricole. Quand il faudra se retrouver, on le fera dans un point central, Carcassonne ou Castelnaudary. »

 

Bref le terrain se prépare. La question agricole ne devrait pas rester longtemps en jachère d’ici décembre prochain. Mais là encore pas de grandes économies d’échelle à attendre dans la gestion. Les Chambres départementales devraient rester, proximité oblige. Quant aux identités des terroirs, pas question de les voir se faner. Tous ensemble mais chacun avec son identité, l’adage est valable en agriculture plus qu’ailleurs en vue de la fusion de fin d’année.

Patrick Noviello

 

21 Jan

Elections régionales : Carole Delga démissionnera du gouvernement pour faire campagne

Carole Delga et Damien Alary ont lancé ce mercredi à Castelnaudary (Aude) leur campagne pour l’investiture socialiste aux élections régionales de 2015, rappelant que c’est la secrétaire d’Etat qui sera seule tête de liste et présidente de région en cas de victoire. Elle annonce aussi qu’elle quittera le gouvernement pour mener campagne. Face à eux le maire PS de Rodez, Christian Teyssèdre indique ne pas être le candidat « de l’appareil ». Et le PRG met la pression.

Carole Delga et Damien Alary (photo F. Valéry / France 3)

Carole Delga et Damien Alary (photo F. Valéry / France 3)

La campagne commence pour désigner celui ou celle qui sera tête de liste socialiste aux prochaines élections régionales, prévues pour le moment fin 2015. Carole Delga, secrétaire d’Etat au commerce et à l’artisanat et Damien Alary, le président sortant de Languedoc-Roussillon, ont lancé ce mercredi leur campagne commune, un binôme, mais c’est la secrétaire d’Etat qui sera candidate à la présidence.

Delga sera numéro 1

Pour ce lancement de campagne de ce binôme, le lieu choisi est symbolique : Castelnaudary, dans l’Aude, à la frontière des deux régions. Pas de concurrence donc entre les deux, mais la hiérarchie est établie : c’est bien Carole Delga qui sera en tête de la liste en cas de victoire, comme l’a rappelé Damien Alary lui-même. La candidate du « renouvellement » selon lui, qui souligne à plusieurs reprises sa jeunesse. Et fait aussi un clin d’oeil à Martin Malvy qui a renoncé en raison de son âge.

Teyssèdre « candidat militant »

Face au « ticket Delga-Alary », un seul autre candidat s’est déclaré : le maire PS de Rodez et conseiller régional sortant Christian Teyssèdre. Et dans ses premières déclarations, les piques ont déjà fusé face à ses camarades et néanmoins adversaires. «Je suis un candidat militant, pas un candidat de l’appareil » a déclaré Christian Teyssèdre en officialisant sa candidature la semaine dernière.

Carole Delga, dont la candidature semble poussée par l’Elysée et par la rue de Solférino, apprécie. « Je suis très impliquée sur Midi-Pyrénées, répond Carole Delga. Je ne suis pas une candidate de l’appareil, je suis avant tout une militante socialiste, de base, même si je suis maintenant membre du gouvernement ». 

Delga démissionnera du gouvernement pour la campagne

Carole Delga indique que si elle est investie par le PS elle quittera le gouvernement pour mener campagne. Elle ne précise pas de date, mais indique seulement, « au moment où la campagne démarrera vraiment, sans doute à la rentrée de septembre« . Avant de préciser : « Je ferai le choix de la grande région » en cas de victoire aux élections. Comprenez : elle ne retournera pas au gouvernement.

Le PRG veut la tête de liste pour Sylvia Pinel, Delga ne veut pas « la guerre de personnes »

Autre problème à esquiver pour les candidats socialistes, la tentative de putsch menée par le parti radical de gauche (PRG) de Jean-Michel Baylet, qui revendique la tête de liste PS-PRG pour la ministre du logement Sylvia Pinel. « Il n’y aura pas de guerre de personnes entre Sylvia et moi, indique Carole Delga, précisant que Sylvia Pinel et « une amie« .

EN VIDEO / le reportage de Christophe Neidhardt et Jean-Pierre Jauze :

Fabriquer la grande région

Le binôme Delga-Alary n’a eu de cesse durant sa conférence de presse de ce mercredi de s’éloigner du débat purement politique pour le ramener sur le terrain de la construction de cette nouvelle grande région issue de la réforme territoriale. L’une des plus grandes de France, rappelle Damien Alary.

Une longue, très longue campagne

Le PS a imposé un calendrier qui fait grincer des dents : désigner la tête de liste près d’un an avant le scrutin et en pleine campagne des élections départementales qui se dérouleront fin mars, c’est, pour certains assez incompréhensible. Sauf à vouloir écarter certains prétendants, comme Philippe Martin, en pleine campagne de réélection sur le département du Gers et qui a déclaré forfait pour la région.

La droite attendra le printemps

A droite, d’ailleurs, Jean-Luc Moudenc, maire UMP de Toulouse, qui ne sera pas candidat lui-même mais qui organise l’union entre droite et centre au niveau des deux régions, ironise sur la volonté des socialistes de « partir » si tôt en campagne. Droite et centre ne devraient désigner leur propre tête de liste qu’au printemps prochain. Après les élections départementales.

Fabrice Valéry