22 Mar

Présidentielle : la Métropole veut une campagne propre

Les partis sont désormais prévenus. Toute affiche à leur effigie collée illicitement et retirée par les services de la Métropole leur sera facturée 12 euros pièce. Détail de la mesure et réactions.

Seuls les panneaux officiels seront autorisés à accueillir des affiches. Photo MaxPPP

Seuls les panneaux officiels seront autorisés à accueillir des affiches. Photo MaxPPP

« Les campagnes électorales sont des temps forts de notre démocratie. Elles doivent donc être exemplaires à tous les niveaux. Le respect du cadre de vie des habitants et du travail des agents de propreté doit être une préoccupation importante pour les partis qui font vivre notre démocratie. » Ainsi Romuald Pagnucco, Vice-président de Toulouse Métropole en charge de la Propreté, explique sa démarche.

Le courrier a été envoyé à tous les partis en lice pour la Présidentielle ou leurs partenaires : Les Républicains, Modem, Union des Démocrates Indépendants, « Résistons », Union Populaire Républicaine, Front National, Parti Socialiste, Parti Communiste, Les Verts, En Marche, Front de Gauche, Radicaux de Gauche, Lutte Ouvrière, Solidarité et Progrès, Nouveau Parti Anticapitaliste, Debout La France sans oublier Les Républicains (voir le courrier ci-joint).

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Il rappelle entre autre l’article de loi régissant cette interdiction d’affichage sauvage mais s’avère aussi très ferme : « ce courrier n’est pas un rappel à la loi, il fait surtout office de mise en demeure. En conséquence, si un affichage illicite est constaté, Toulouse Métropole procédera à un enlèvement systématique, à vos frais. »

Mais alors ce courrier est-il  la mesure écolo de la campagne ? «On est plutôt d’accord sur le principe, c’est la méthode qui nous heurte. D’autant que la vraie question est : y-a-t-il suffisamment d’espace d’affichage légal ou libre sur la voie publique ?» commente Antoine Maurice. Pour l’élu écologiste « prévenir c’est bien, mais permettre à tous, associations comprises, d’avoir un espace d’affichage libre c’est mieux ».

Patrick Noviello (@patnoviello)

16 Mar

Contours et détours de l’accord PS-PRG sur les législatives

C’est signé. Le PRG et le PS se sont mis d’accord pour les législatives de 2017. 40 circonscriptions sont réservées aux radicaux de gauche.

Sylvia Pinel et Benoît Hamon. Photo MaxPPP

Sylvia Pinel et Benoît Hamon. Photo MaxPPP

Le comité directeur du 15 mars devait se prononcer sur la présidentielle. Finalement seul un accord sur les législatives a fait l’objet d’un vote. Le contenu de l’accord a été présenté, à la tribune, par le négociateur du PRG, Guillaume Lacroix. Le n°2 du parti, ancien collaborateur de Manuel Valls à Matignon, a insisté sur les gains obtenus. Lors des précédentes législatives, en 2012, 32 circonscriptions sont tombées dans l’escarcelle des radicaux de gauche.

Cinq ans plus tard, en 2017, le chiffre passe à 40. Entre les Écologistes de Yannick Jadot et les radicaux de gauche de Sylvia Pinel, le PS laisse donc 80 circonscriptions à ses alliés.

S’agissant des radicaux de gauche, certains départements ne sont pas « servis ». Aucune circonscription réservée en Haute-Garonne ou en Bretagne. Mais, en revanche, tous les sortant(e)s sont « préservé(e)s ». Le PRG compte 12 député(e)s sur les bancs de l’Assemblée. Les socialistes ne présenteront pas de candidat(e)s face à ces parlementaires. Les candidat(e)s PRG pourront arborer la double étiquette socialiste et radicale de gauche. Evidemment, cette règle s’applique en Occitanie. Sylvia Pinel, dans le Tarn-et-Garonne, Jeannine Dubié pour les Hautes-Pyrénées et la lotoise, Dominique Orliac n’auront pas de candidat(e) socialiste en face.

Le gain du PRG ne se limite pas à 40 circonscriptions. Les radicaux de gauche pourront présenter (en dehors des circonscriptions réservées) des candidat(e)s face à des socialistes. Dans ce cas, c’est la logique d’une primaire qui joue. Le soir du 1er tour, candidat le moins bien placé doit se désister au profit du candidat arrivé en tête.

En Haute-Garonne, les socialistes refusent d’appliquer ce principe. Le PS 31 a réagi à la signature de l’accord « Jadot-Hamon ». Il demande que les écologistes retirent leurs candidat(e)s en cas de concurrence avec un(e) socialiste. Ce cas de figure se dessine notamment sur la 6ème circonscription. Malgré la réservation (au profit d’EELV) de la 5ème circonscription, l’écologiste Patrick Jimena se prépare à affronter la candidate socialiste.

Le PRG peut imiter, dans toute la France, les écologistes de la Haute-Garonne. Les radicaux de gauche peuvent présenter (y compris face à des socialistes) des candidats dans les 537 circonscriptions (métropolitaines) non couvertes par l’accord Hamon-Pinel.

Evidemment, cette possibilité est conditionnée à une chose : la capacité à présenter des candidat(e)s.

Laurent Dubois (@laurentdub)

15 Mar

Travaux Publics : pas de « clause Molière » et de « préférence nationale » au Conseil régional

Imposer la langue française sur les chantiers de commandes publiques en invoquant des raisons de sécurité mais surtout pour privilégier les entreprises nationales. Le débat fait polémique après que plusieurs collectivités, régions et départements de droite (Ile de France, Rhône-Alpes-Auvergne notamment), ont pris cette option. En Occitanie, pas de « clause Molière » en vue mais plusieurs propositions pour ne pas laisser les entreprises locales au bord de la route.

 

Photo MaxPPP

Photo MaxPPP

 

Du côté de la présidence de région, cette prise de position de collectivités de droite est qualifiée de « très politicienne » en pleine campagne présidentielle.  « Je ne suis pas sûr qu’on ait parlé de ça en assemblée. En plus, je ne crois qu’il y ait une base légale » ajoute Gérard Onesta (EELV). « On ne peut pas favoriser une entreprise par rapport à une autre. La règlementation européenne l’interdit » précise l’ancien vice-président du parlement de Strasbourg.

De l’enfumage selon le FN

« Cette clause « Molière », c’est de l’enfumage » sourit Julien Léonardelli. Pour l’élu régional FN « ceux qui l‘ont voté ne pourront jamais la mettre en application car la loi leur interdit et les régions ne sont pas autonomes ». « En arriver là c’est décevant » soupire Elisabeth Pouchelon, conseillère régionale LR de Haute-Garonne. « Je ne vois pas comment on peut obliger les personnes à parler français sur un chantier. Pour moi, on ne prend pas le problème à la racine. Le vrai sujet, c’est qu’il y ait une concurrence loyale entre les grands groupes et les sociétés locales et que nos entreprises soient compétitives».

Pour cela, le président du bureau de l’assemblée régionale explique que des critères peuvent être mis en place. « Par exemple, une Région qui a une politique environnementale, peut exiger lors de la passation de marché des clauses d’empreintes environnementales ». Autrement dit si l’entreprise vient de loin avec son personnel et son matériel, elle sera forcément moins compétitive. « Mais l’entreprise étrangère peut aussi avoir une succursale dans la Région» tempère Gérard Onesta.

Choisir le mieux-disant

Du côté de la Présidence de Région, on confirme que des dispositifs spécifiques existent dans le cadre du « plan Marshall ». « Nous avons également décidé d’avoir une commande régionale avec des « petits lots » » explique Carole Delga. Objectif : que les entreprises locales candidatent aux appels d’offre et les emportent. « C’est le cas pour l’entretien des lycées par exemple ». Les marchés publics sont également ouverts à des groupements de PME. Mais l’essentiel pour la Présidente de région est de choisir le « mieux-disant ». « On doit choisir l’entreprise qui a la meilleure offre en termes de qualité et pas systématiquement la moins chère. C’est comme ça qu’on peut aider nos entreprise » .

« Ces garde-fous ne sont pas suffisants pour éviter que les grands groupes prennent le dessus sur les entreprises locales» selon Elisabeth Pouchelon.  « Personnellement, je suis pour la libre circulation des travailleurs mais on n’a pas les moyens légaux d’empêcher la concurrence déloyale. C’est plus au niveau européen que des régions que cela se joue ». « Il faut réinstaurer un état fort pour pouvoir contrer les directives européennes. Ces dernières empêchent de favoriser les entreprises nationales et donc locales » argumente Julien Léonardelli pour le FN.

L’Europe, alliée ou ennemie ?

Pour Gérard Onesta, « si on veut justement lutter contre le dumping social, on a quand même des jugements européens qui ont fait jurisprudence ». L’ancien député européen fait notamment référence à une décision de la cour européenne de justice du 17 novembre 2015 qui reconnaît la compatibilité avec le droit de l’UE de dispositions impératives de protection sociale minimale. « Cela signifie qu’une collectivité peut dans ses appels d’offres prévoir par exemple une clause obligeant les entreprises à respecter la législation sur le Smic »

En Occitanie, toujours dans le cadre du plan Marshall, la Région veut mettre en avant des clauses sociales censées soutenir l’emploi de proximité mais aussi des savoir-faire spécifiques. « Alors pourquoi est-ce une entreprise espagnole qui a construit la nouvelle caserne de pompiers de Perpignan ? » s’interroge Julien Léonardelli.  « Toutes ces mesures du plan Marshall, c’est beaucoup de com’ mais il faut des actes » assène l’élu frontiste.

Autre reproche faite à la majorité, cette fois-ci par Elisabeth Pouchelon : «Le mieux-disant au départ ne l’est pas toujours forcément après un ou deux avenants ». « Il faut reconsidérer la procédure des appels d’offre et ne pas hésiter à déposer des recours en cas de dépassement ou de contrefaçon » explique l’élue Les Républicains. Revoir la législation sur l’attribution des marchés publics : encore une prérogative qui n’est pas du ressort de la Région…

Nos entreprises travaillent aussi à l’étranger

« Fermer notre territoire aux entreprises étrangères est une responsabilité dangereuse économiquement » selon Carole Delga. « Je rappelle que nous avons de nombreuses entreprises françaises de la région qui travaillent à l’étranger dans les filières de ‘aéronautique, du spatial ou encore de l’agro-alimentaire ». Quant à la langue française imposée à tous les ouvriers, le mot de la fin revient à l’architecte de métier : « il se parle de très nombreuses langues sur les chantiers et ce depuis des siècles. Cela n’a pas empêché les cathédrales de s’élever haut » conclue Gérard Onesta.

Patrick Noviello (@patnoviello)

08 Mar

La maire de Montauban, Brigitte Barèges revoit sa position et déclare : Tous derrière Fillon

Le 2 mars, Brigitte Barèges cosigne un appel demandant à François Fillon de se retirer en cas de mise en examen. Six jours plus tard, le 8 mars, la maire de Montauban déclare : Tous derrière Fillon.

Brigitte Barèges (photo : AFP)

Brigitte Barèges (photo : AFP)

Après le reflux, le flux. Mercredi 1er mars, l’annonce par François Fillon de sa prochaine mise en examen a suscité une vague de défection. Le directeur de campagne et le porte-parole du candidat de la droite ont démissionné. Dans la foulée, plus de 200 élus on retiré leur soutien à François Fillon. Les centristes de l’UDI ont également claqué la porte.

Mais, depuis la manifestation du Trocadéro et la disparition d’un plan B avec Alain Juppé, les anciens « séparatistes » reviennent dans le giron de François Fillon. Thierry Solère a été le plus rapide à effectuer la manœuvre. 72 heures après avoir lâché François Fillon, l’ex porte-parole a renouvellé son soutien au candidat de la droite.

En Occitanie, deux élues LR  se sont éloignées de François Fillon : la députée de la Haute-Garonne, Laurence Arribagé et la maire de Montauban, Brigitte Barèges.

La parlementaire n’a pas revue sa position. Mais Brigitte Barèges se range derrière François Fillon.

L’heure est maintenant au rassemblement derrière notre candidat François Fillon. J’appelle l’ensemble des élus et des militants de la droite et du centre à faire fi des divisions passées et à se rassembler derrière un homme qui a su montrer son courage et sa résistance devant l’acharnement inouï dont il a été la cible.

Brigitte Barèges a signé un texte dans lequel les déboires judiciaires de François Fillon (et sa possible mise en examen) exigeaient un retrait de sa candidature. Mais, pour la maire de Montauban, ce n’est plus d’actualité.  Même si le 15 mars prochain le candidat de la droite est convoqué devant les juges et risque d’être mis en examen. Brigitte Barèges invoque la situation de la France :

Le projet porté par François Fillon est le seul capable de mener vers le redressement national, loin du miroir aux alouettes que représentent les programmes de Marine Le Pen et Emmanuel Macron. L’hésitation ne nous est plus permise. Pour l’avenir de la France et son redressement votons Fillon.

Nous sommes à 50 jours du 1er tour de la présidentielle. Ce n’est pas la dernière ligne droite mais presque. Malgré l’étroitesse du calendrier et la proximité du scrutin, la candidature de François Fillon peut connaître de nouveaux rebondissements judiciaires. Les nouveaux ralliements des anciens « dissidents » vont-ils résister ?

A suivre.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

03 Mar

La présidente LR de la Haute-Garonne, Laurence Arribagé, plaide pour un remplacement de François Fillon

François Fillon est au cœur d’une violente tempête. Les défections se multiplient et l’hypothèse d’un remplacement par Alain Juppé est, plus que jamais, d’actualité. Au terme d’une folle semaine, la présidente LR de la Haute-Garonne entre dans la mêlée. Laurence Arribagé demande la tenue d’un congrès extraordinaire de la Droite et du Centre. Cet appel contient (en creux mais très clairement) une autre demande : le débarquement de François Fillon.

Laurence Arribagé, députée de la Haute-Garonne. Photo AFP/Pascal Pavani

Laurence Arribagé, députée de la Haute-Garonne. Photo AFP/Pascal Pavani

La déclaration de Laurence Arribagé se présente comme une demande de réunion pour trouver « dans les plus brefs délais une issue responsable et digne ». Mais, derrière cet appel à l’unité et ce souhait d’un congrès extraordinaire, c’est à une véritable remise en cause de la candidature Fillon qui se dessine :

Nous ne gagnerons cette élection qu’en étant unis autour d’un homme et d’un projet. Or ces conditions ne sont plus remplies depuis la dernière conférence de presse de François Fillon. Je refuse que nous offrions, par des abondons individuels ou des entêtements dangereux, une qualification pour le second tour au Front National.

L’expression « entêtements dangereux » est sans équivoque. C’est bien François Fillon qui est visé. Le candidat de la droite continue à affirmer que ses déboires judiciaires ne l’empêcheront pas d’aller jusqu’au bout de sa candidature. Mais la référence au Front National n’est pas non plus innocente. La déclaration de Laurence Arribagé intervient quelques heures après un sondage testant (pour la première fois) un remplacement de François Fillon par Alain Juppé. Le maire de Bordeaux élimine du second tour Marine Le Pen.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

Brigitte Barèges demande à François Fillon de se retirer en cas de mise en examen

Une vingtaine de maires et d’élus locaux demande à François Fillon de se retirer en cas de mise en examen. La maire (LR) de Montauban, Brigitte Barèges est parmi les signataires de l’appel.

Brigitte Barèges. maire de Montauban. Photo AFP/Remy Gabalda

Brigitte Barèges. maire de Montauban. Photo AFP/Remy Gabalda

« Nous élus de droite et du centre demandons solennellement à François Fillon de se retirer en cas de mise en examen« . Le texte de l’appel est clair. Plusieurs maires rappellent son engagement à François Fillon. Au début du Penelope Gate, après les premières révélations du Canard Enchaîné, le candidat de la droite a été catégorique. Une mise en examen le conduira à se retirer de la course à la présidentielle. Mais, depuis cette déclaration, François Fillon a changé d’avis. Il réaffirme sa volonté d’aller au bout de sa candidature, quelles que soient ses déboires judiciaires.

L’hypothèse mise en examen reste encore virtuelle. Mais elle se rapproche. Lors de sa dernière conférence de presse, ce mercredi 1er mars, François Fillon a ouvertement évoqué une prochaine mise en examen. Le député de Paris a même donné une date : le 15 mars, dans le cadre d’une convocation judiciaire.

Bruno Le Maire a immédiatement tiré les conséquences de la déclaration de François Fillon. Il a démissionné de l’équipe de campagne du candidat.

Les signataires de l’appel des maires laissent visiblement du temps au temps. A la différence de Bruno Le Maire, ils attendent un acte (officiel) de la justice pour en tirer des conséquences politiques.

Mais le ton est très clair. Brigitte Barèges et ses co-signataires déclarent :

Si, hier, la primaire légitimait un homme et son programme, aujourd’hui un pacte moral a été rompu. Nous, élus de la droite et du centre, demandons solennellement à François Fillon de retirer sa candidature en cas de mise en examen.

A noter que Brigitte Barèges a été mise en examen en juin 2015. Une mise en examen que conteste la maire de Montauban. Mais, évidemment, elle n’est pas candidate à l’élection présidentielle.

Laurent Dubois (@laurentdub)

La fille de la députée (DVG) de la Haute-Garonne, Monique Iborra, démissionne de son poste d’assistante parlementaire

Un député sur six emploie un membre de sa famille. 103 parlementaires sur les 577 élus du Palais-Bourbon ont un fils, une fille, une épouse ou un cousin comme collaborateur. Depuis le jeudi 2 mars, le compteur affiche un emploi familial de moins. La fille de la députée (ex PS) de la Haute-Garonne, Monique Iborra, démissionne.

Monique Iborra, député de la Haute-Garonne, et Emmanuel Macron. Photo MaxPPP

Monique Iborra, député de la Haute-Garonne, et Emmanuel Macron. Photo MaxPPP

En Occitanie, comme ailleurs en France, des député(e)s salarient des membres de leur famille pour les assister au Parlement. Dans le Lot, la radicale de gauche, Dominique Orliac a (notamment) employé ses deux enfants, son fils et sa fille. Une députée de la Haute-Garonne sort de la « catégorie » emploi familial. Monique Iborra emploie sa fille depuis 2012. D’un commun accord l’ex-employeur et l’ancienne collaboratrice ont décidé d’interrompre le contrat de travail qui les liait.

La parlementaire met en avant son engagement aux côtés d’Emmanuel Macron :

La suppression des emplois familiaux est une des préconisations du Mouvement En Marche ! J’ai toujours anticipé l’application de la loi. Avant la loi sur la limitation des mandats, j’ai démissionné, trois mois avant les législatives et au risque de me retrouver sans mandat du conseil régional. J’ai également rendu public l’utilisation de ma réservation parlementaire avant que la loi ne le prévoit. C’est la même chose s’agissant des emplois familiaux.

Sophie Iborra tient le même discours :

J’étais en charge à mi-temps de l’ensemble de la communication depuis 5 ans, j’ai décidé de démissionner pour être en cohérence avec les propositions d’Emmanuel Macron et du mouvement En Marche !

Pour la députée et son ex-assistante parlementaire, ce n’est pas l’affaire Fillon qui explique la fin de la collaboration entre la mère et la fille. Mais c’est tout de même Le Pénélope Gate qui a conduit Emmanuel Macron à se positionner sur une question (les emplois familiaux au Parlement) qui existe depuis des années. Un question brutalement mise sur la place publique et qui aurait pu rester en suspens sans les révélations autour du couple Fillon.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

02 Mar

Jean-Michel Baylet et la piste du Dragon Tatoué

Une chaîne de télévision offre une récréation au milieu du Penelope Gate et des déboires judiciaires de Marine Le Pen. Selon C8, Jean-Michel Baylet s’est fait tatouer un dragon chinois par un tatoueur réputé, Tin-tin.

Jean-Michel Baylet ministre de l'Aménagement du Territoire Photo MaxPPP

Jean-Michel Baylet ministre de l’Aménagement du Territoire Photo MaxPPP

L’actualité politique de ces dernières semaines est particulièrement lourde et pesante. Mais la Nouvelle Edition de C8 livre une information souriante et décalée au sujet d’un ministre de la République. Nos confrères sont catégoriques. Jean-Michel Baylet s’est fait tatouer sur l’épaule gauche un énorme dragon chinois. Cette information (non démentie par l’intéressé) résulte d’une enquête et d’une série de déductions.

Le tatoueur a livré des indices : entre 2 heures et demi et 3 heures de travail et l’opération s’est déroulée le mardi 28 février.

Tin-tin (c’est le nom du tatoueur) a accepté de dire quels ministres ne sont pas ses clients. Et, après vérification de l’agenda de Jean-Michel Baylet, c’est le ministre de l’aménagement du Territoire qui « décroche » le tatouage. Le 28 février, après une matinée au salon de l’Agriculture, Jean-Michel Baylet est passé (selon C8) sous l’aiguille de Tin-Tin.

Jean-Michel Baylet a posé, pour la Une de Libération, sur sa Harley Davidson avec un blouson de cuir. Ce n’est pas une preuve (supplémentaire) de tatouage.

Mais cela montre que, sous son costume de ministre, Jean-Michel Baylet n’hésite pas à afficher son côté Rock N’Roll.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

01 Mar

Fillon candidat malgré tout : réactions.

François Fillon lors de sa déclaration ce matin à Paris. Photo MaxPPP

François Fillon lors de sa déclaration ce matin à Paris. Photo MaxPPP

Il sera convoqué le 15 mars (deux jours avant la clôture des candidatures) par les juges en vue de sa mise en examen dans l’affaire des emplois présumé fictifs. Mais il ne renoncera pas. Le candidat Les Républicains appelle ceux qui le suivent à « résister ». Alors ces soutiens locaux ont-ils entendus le message ?

Il y a évidemment les inconditionnels à l’image de Jean-Marie Belin, président du comité de soutien Fillon bien avant le premier tour de la Primaire. Ceux-là sont confortés dans leur choix et plus que jamais convaincus de la pugnacité et du bon droit de leur candidat. Et quand on demande à ces partisans de la première heure si la campagne ne va pas être encore plus difficile sur le terrain, ils contestent.

«Je crois que les gens en ont marre, sur le terrain on le voit bien. Ils ont changé d’avis. Il y a deux semaines, ils étaient réticents. Là, ils sont revenus vers François Fillon et ils disent trop c’est trop, c’est de l’acharnement» explique Jean-Marie Belin. Malgré tout, nombreux sont ceux chez Les Républicains à estimer qu’il sera difficile d’aller chercher des électeurs au-delà de leurs sympathisants habituels.

Trop tard pour changer de toute façon

Qu’est-devenue l’hypothèse d’un autre candidat ou le fameux plan B ? « Trop tard à 15 jours du dépôt de candidature » et puis « rien n’était prévu dans les statuts » s’accordent à dire des élus LR. Y compris ceux qui étaient pro-Juppé comme Pierre Esplugas, porte-parole de LR31 : «Les juges n’ont pas laissé à François Fillon d’autres choix que de se maintenir. Soit il se retire et c’est déjà trop tard puisque la période des parrainages a déjà commencé, la clôture des candidatures c’est le 17 mars, on voit mal comment se retourner, et l’essentiel est que les français aient un véritable choix, soit il continue et ça permet justement ce véritable choix ».

Bref élus et militants LR devront faire avec, qu’ils le veuillent ou pas. C’est le cas de Damien Laborde candidat LR sur la 6ème circonscription de Haute-Garonne pour les Législatives. « Pour ce scrutin, je me suis engagé auprès de mes militants, et sur le plan financier, et puis je ne suis pas tenté par Macron».

Pas de commentaires sur le départ de Le Maire

Damien Laborde avait soutenu Bruno le Maire lors de la Primaire de la droite. « Je prends acte de sa démission. Il avait dit qu’en cas de mise en examen il se retirerait, il l’a fait ». L’élu columérin n’ira pas plus loin dans le commentaire reconnaissant toutefois ironiquement que « nous avons une justice extrêmement rapide ».

A noter que les investitures pour les Législatives ne sont pas totalement bouclées, toutes les paroles ne sont donc pas libérées. Et puis autre élément de calendrier électoral, c’est demain qu’Emmanuel Macron communiquera son programme. Militants et élus de la droite traditionnelle y verront donc plus clair quant à savoir s’ils sont macron-compatibles et suivront avec attention le détail du projet de l’ancien Ministre de l’Economie…

Ce devrait également être le cas des centristes de l’UDI. Jean-Christophe Lagarde a décidé de suspendre leur participation à la campagne de François Fillon. Le président de l’UDI 31, lui, reste diplomate. A l’origine soutien d’Alain Juppé, une fois Fillon sorti de la Primaire, il reconnaît avoir plutôt soutenu un programme plus qu’un homme. Et Pierre Médevielle de parler d’une Présidentielle de plus en plus compliquée…

Patrick Noviello (@patnoviello)

27 Fév

Présidentielle : Insoumission, mode d’emploi

Jean-Luc Mélenchon et Liêm Hoang Ngoc conseiller régional NGS et auteur de "Un insoumis devrait dire ça..." Photo Max PPP

Jean-Luc Mélenchon et Liêm Hoang Ngoc conseiller régional NGS et auteur de « Un insoumis devrait dire ça… » Photo Max PPP

« Un bréviaire clé en main », c’est ainsi que Liêm Hoang Ngoc, conseiller régional Nouvel Gauche Socialiste en Occitanie, décrit son ouvrage. Mais l’économiste de formation au-delà de livrer des éléments de langage souvent imparables, porte un regard acéré sur les finances publiques et les choix politiques qui les ont régies ces dernières années.

A l’heure où la rupture semble être consommée entre Mélenchon, dont l’auteur est le conseiller économique, et Hamon, le constat est sans appel : « l’horizon de la plupart d’entre eux n’est plus le socialisme, c’est-à-dire le contrôle de la production et de la répartition des richesses par les salariés, pour les salariés. La recomposition politique du pays a commencé ».

Le revenu universel coulé

Un peu plus loin dans le livre, Liêm Hoang Ngoc explique aussi comment la réforme de l’impôt façon Hollande n’a pas eu lieu et appelle au « grand soir fiscal ». Une fois Hollande essoré, le manuel de l’insoumission économique n’épargne pas non plus Benoît Hamon. Son cheval de bataille de « revenu universel » est descendu en flamme. « Allouer à chaque citoyen (qu’il soit riche ou pauvre) un revenu universel de 750 euros (…) en supprimant la protection sociale obligatoire permettrait même de supprimer une fois pour toute la cotisation sociale considérée comme une « charge », d’augmenter substantiellement les profits et de concéder des miettes aux pauvres ».

Je vous laisse découvrir également le chapitre sur « le salaire à vie et la sécurité sociale intégrale » où l’on apprend au passage que 68% des ayants droits au RSA n’y ont pas recours… Un chapitre où l’auteur formule en revanche des options très claires notamment sur « l’Etat employeur en dernier ressort » ou la réorientation du CICE.

La France n’a plus de politique industrielle

Autre phrase définitive mais qui fait réfléchir : « la vérité est que la France n’a plus de politique industrielle » et qu’elle a renoncé à aménager le territoire. « Les Pôles de compétitivité régionaux ont pris le relais, dans une logique purement girondine où l’interaction entre PME innovantes et universités rendues « autonome » devait accoucher de régions en concurrence les unes avec les autres. Las, les flux financiers consacrés aux pôles de compétitivité sont constamment restés faibles et le financement des universités autonomes n’intéresse aucune entreprise privée. »

Comment créer de l’emploi alors ? Le temps de travail reste encore trop élevé selon le conseiller régional NGS. Les 35h façon Aubry auraient créés 350 000 emplois. Mais aujourd’hui, « la France reste bloquée au-dessus de 40 heures. Cela est dû au recours aux heures supplémentaires.» « Pour enclencher une dynamique de créations d’emplois, seule une baisse substantielle de la durée effective est de nature à libérer les plages horaires nécessaires pour l’embauche massive de travailleurs supplémentaires ». Et le « plein-emploi » de surgir dans la conclusion.

Utopies ou solutions ?

Je rassure ceux qui auraient peur de tomber sur une retranscription du programme économique de Jean-Luc Mélenchon, même si quelques concepts pourront fleurer bon l’utopie pour « certains éditorialistes ou économistes non hétérodoxes », cet ouvrage ouvre des perspectives et les idées développées le sont suffisamment clairement pour faire réfléchir. Bref ce petit livre peut largement éclairer tout un chacun sur les politiques économiques publiques en général. Mais « un insoumis devrait dire ça » au format très pratique va surtout rapidement être dans toutes les poches des militants pro-Mélenchon en campagne. C’était le but.

 

Patrick Noviello (@patnoviello)