21 Juin

Parti Socialiste : Vers quel renouveau ?

Photo AFP

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33 Premiers secrétaires Fédéraux du PS dont ceux de l’Aveyron et de l’Ariège ont signé ce mardi 20 juin une tribune dans le journal Libération. Pour eux, « le renouveau du PS doit passer par les militants ». Explication et état d’esprit par l’un des signataires de notre région l’aveyronnais Bertrand Cavalerie et un autre premier fédéral qui, lui, n’a pas signé mais a aussi son idée sur la question, le haut-garonnais Sébastien Vincini.

En préambule de la tribune, les jeunes premiers secrétaires disent ne pas vouloir se faire voler leur refondation. Mais voler par qui ? « On ne vise personne. C’est une tribune consensuelle » tempère Bertrand Cavalerie ». Le 1er Fédéral de l’Aveyron explique que « les socialistes ont besoin de se retrouver ». « Il ne faut pas que regarder dans le rétro. On a pris une grande claque, moi le premier aux Législatives, mais il faut maintenant regarder vers l’avenir, on ne peut que remonter ».

« Pour moi, cette tribune est justement trop consensuel » assène Sébastien Vincini. Le patron du PS 31, n’a pas « voulu signer un papier qui dit que pour que tout change, il faut que rien ne change ». « Je ne veux pas rentrer dans de nouvelles querelles de personnes. Il y a nécessité de rebâtir plus en profondeur ».

Décentraliser »

Pour les signataires de la tribune, le premier écueil à éviter est celui de retomber dans une centralisation du Parti. « On a parfois l’impression que nos dirigeants ne sont pas connectés aux territoires. Moi, je ne veux pas la tournée des grands mouvements ou des chapelles qui ne rassemblent chacun qu’un demi-point de l’opinion française» développe Bertrand Cavalerie.

Sébastien Vincini le rejoint sur ce point. « Plus rien ne remontait à la direction. Nous sommes devenus un parti très parlementaire où il n’y avait d’échanges qu’entre Solferino (NDR : siège parisien du PS) et l’Assemblée Nationale. Il faut repartir des aspirations des territoires sur des thèmes comme la vitalité de la ruralité, la question du péri-urbain et la ghettoïsation des faubourgs des métropoles par exemple ».

Parole aux militants »

Les signataires de la tribune veulent également remettre les militants au centre de la réflexion. En Aveyron, ils sont environ 500. « Certains ont trahi, comme Marie-Lou Marcel (NDR : ancienne députée PS qui ne se représentait pas), ex-frondeuse aujourd’hui macroniste. Mais ce phénomène a été vu dans à peu près toutes les fédérations » commente Bertrand Cavalerie. « Mais le cœur des militants est resté là. Le problème aujourd’hui est qu’il ne correspond plus forcément à la société française. »

« Il faut aller plus large qu’à nos simples militants. Si on reste sur notre corps actuel, on va retomber dans nos mêmes querelles. Il faut une vraie consultation citoyenne. Alors on ne va pas distribuer des tracts dans des boîtes aux lettres, on ne va pas aller agresser les gens » assure Sébastien Vincini. Pour le 1er Fédéral de Haute-Garonne, il faut mettre en place « un vrai processus avec des outils collaboratifs permettant des rencontres et des débats ». « Quand les Indignés sont passés à Podemos, ils ont organisé des forums avec des grandes questions à trancher. Aujourd’hui on parle écologie mais on ne tranche pas sur le diesel ou le nucléaire par exemple ».

La ligne »

« Il faut définir une ligne et la tenir. L’étalage de nos divisions à Paris ces dernières années a été nocif » analyse le premier fédéral de l’Aveyron. « A gauche, un parti social-démocrate est capable de rassembler » poursuit-il. Mais la première force de gauche actuelle dans les urnes n’est-elle pas La France Insoumise ? « Je pense qu’il faut travailler avec tout le monde, mais en ont-ils envie ? Je ne crois pas » avoue sans détour Bertrand Cavalerie.

« On peut être progressiste et défendre des acquis sociaux. La social-démocratie a fait beaucoup mais au XXème siècle. La question aujourd’hui est de savoir comment élargit-on les acquis sociaux à une société ubérisée » resitue Sébastien Vincini. « Je ne vais pas vous dire aujourd’hui quelle est la ligne précise. Si on l’avait eu, les français l’auraient vue. Mais entre Macron qui a une image moderne du libéralisme et La France Insoumise dans la contestation systématique de la mondialisation, il y a une voie ».

« En Marche », c’est du vent ! »

Seul problème, c’est qu’actuellement cette gauche socio-démocrate, vantée par Bertrand Cavalerie et à faire évoluer selon Sébastien Vincini, est partie vers « En Marche ». «Pour moi, Macron c’est Giscard. Il va dériver vers le centre-droit et dans cinq ans ce sera un libéral » prévoit Bertrand Cavalerie. « En Marche, c’est du vent. Sur quoi repose ce mouvement ? Avez-vous vu des grandes manifestations de joie citoyenne le soir de l’élection d’Emmanuel Macron ? » insiste le leader du PS Aveyronnais. « Je ne sais pas sur quoi le mouvement du Président repose. Nous, on sait sur quoi se retrouver. »

Premier test grandeur nature pour se retrouver : samedi. Le Parti Socialiste tiendra un conseil national à Paris. Jeudi soir à Toulouse, Sébastien Vincini animera, lui, un conseil Fédéral. Il a notamment dans l’idée de créer une plateforme de consultation numérique. Il en débattra avec ses troupes. Il réfléchit aussi avec Carole Delga, la Présidente Socialiste d’Occitanie, à une synergie entre les forces socialistes du territoire. La reconstruction commence.

Patrick Noviello (@patnoviello)

14 Juin

Législatives dans le Tarn : un candidat « majorité présidentielle » demande au FN de se retirer pour battre Philippe Folliot

Dans le Tarn, un candidat « majorité présidentielle » demande au FN de se retirer.

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Dans l’Aveyron, un candidat de la droite (qualifié pour le 2nd tour) s’est retiré au profit de La République En Marche. A 100 kilomètres de Decazeville, dans le département (voisin) du Tarn, c’est un tout autre scénario qui se déroule. Un candidat « majorité présidentielle » (éliminé au 1er tour) veut à tout prix se maintenir et demander au FN de laisser sa place.

Cerise sur le gâteau, le candidat « majorité présidentielle » justifie cette demande par la volonté d’éliminer un candidat…majorité présidentielle.

Le soir du 1er tour, dimanche 11 juin, le candidat du Front National apprend qu’il est qualifié pour le 2nd tour. Mais ce n’est pas tout. Vers 22 heures 30, Frédéric Cabrolier reçoit un sms d’un candidat éliminé au 1er tour, Pierre Laporte. Ce dernier demande au candidat du FN de se retirer à son profit.

Surprise et stupéfaction du côté de Frédéric Cabrolier. Le représentant du Front National n’a pas l’intention d’offrir sa place. Et, de toute manière, cette interpellation n’a strictement aucun sens. Une législative n’est pas un bus. Les candidats ne peuvent pas échanger leur place au motif qu’ils préfèrent le côté fenêtre ou couloir.

Il faut passer la barre des 12,5% des inscrits pour se maintenir. Pierre Laporte a obtenu 13,23% des exprimés. La messe (électorale) est dite.

Dans une autre vie, Pierre Laporte a travaillé dans le service juridique des laboratoires Pierre Fabre. L’expérience a été de courte durée et l’entreprise tarnaise a rapidement mis fin à la collaboration. Mais, visiblement, le juriste de formation a des lacunes s’agissant du code électoral.

Une lacune qui peut s’expliquer par la hargne que Pierre Laporte voue à Philippe Folliot.

En effet, l’échange de place (proposé au FN) repose sur un seul motif : battre l’autre qualifié du 2nd tour, le député sortant Philippe Folliot.

Philippe Folliot s’affiche « majorité présidentielle » et revendique le soutien d’Emmanuel Macron. Pierre Laporte s’affiche « majorité présidentielle » et revendique le soutien d’Emmanuel Macron.

Mais peu importe. Pierre Laporte veut décaniller Philippe Folliot.

Ce n’est pas une question politique. C’est une affaire personnelle. Pierre Laporte estime que Philippe Folliot ne mérite pas d’être député et bafoue les règles éthiques.

Visiblement, Pierre Laporte estime que le Front National n’est pas en mesure de « sortir » le député sortant.

C’est d’ailleurs ce que l’ex-candidat a dit à Frédéric Cabrolier. Face à son refus, Pierre Laporte a accusé le candidat du FN de collusion avec…Philippe Folliot.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

Législatives en Haute-Garonne : le maire de Montpellier, Philippe Saurel, nargue Carole Delga dans son fief

La venue du maire de Montpellier, ce jeudi 15 juin dans le Comminges prend une dimension particulière : un duel (par candidats interposés) avec Carole Delga.

Philippe Saurel, maire de Montpellier, Photo : MaxPPP/Morel

Philippe Saurel, maire de Montpellier, Photo : MaxPPP/Morel

Le maire de Montpellier vient soutenir, ce jeudi 15 juin, le candidat La République En Marche dans le Comminges. Philippe Saurel s’est investi dans les investitures LREM. Il a « sponsorisé » plusieurs candidats à la candidature. Y compris en ex-Midi-Pyrénées et dans le Tarn avec Marie-Christine Verdier-Jouclas. Une fois la campagne ouverte, avant le 1er tour, le maire de Montpellier a poursuivi son investissement en soutenant (au travers de déplacements) les candidats d’Emmanuel Macron.

Une visite dans la 8ème circonscription de la Haute-Garonne est un (simple) épisode supplémentaire. Sauf que la 8ème de la Haute-Garonne n’est pas un territoire comme les autres.

C’est la dernière circonscription gagnable pour le PS, en Haute-Garonne. Mais c’est surtout le fief de Carole Delga. Ce dernier point change tout.

C’est une sorte de « match retour » des Régionales. Philippe Saurel a défié Carole Delga dans les urnes en décembre 2015. Moins de deux ans plus tard, un soutien public au concurrent de Joël Aviragnet sonne comme une revanche. Joël Aviragnet est le candidat officiel de Carole Delga. La présidente de Région a véritablement dirigé le campagne de son dauphin. Un échec au 2nd tour va être interprété comme un échec personnel de Carole Delga.

Philippe Saurel a bien compris cet enjeu. Dans le Comminges, les législatives de 2017 prennent un air de 3ème tour des régionales.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

Législatives : le parti socialiste perd 72% de ses voix en Midi-Pyrénées

La déroute historique du PS se résume à un chiffre. En Midi-Pyrénées, entre 2012 et 2017, le parti socialiste a perdu 72% de ses voix.

Photo MaxPPP/MBoyer

Photo MaxPPP/MBoyer

En Midi-Pyrénées, les législatives de 2017 sont marquées par un véritable séisme. Le PS perd son hégémonie et des figures socialistes ont été balayées dès le 1er tour. En Haute-Garonne, tous les députés sortants sont battus. En Ariège, une terre historiquement socialiste, le PS est éliminé. Dans le Tarn, le pays de Jaurès, aucun candidat socialiste ne sera présent au second tour. Ce grand chamboulement repose sur une réalité chiffrée : une véritable hémorragie des voix.

Entre les législatives de 2012 et de 2017, le PS a perdu 311 236 voix.

Au 1er tour, en 2012, les socialistes ont obtenu 437 229 suffrages de la part des électeurs. Cinq ans plus tard, le stock passe à 125 993 voix. Cet étiage est dans les mêmes eaux que le 1er tour de la présidentielle 2017 : 129 894 voix.

Ce passage de plus 430 000 voix à moins de 130 000 traduit une chute de 72%

Le reflux le plus sensible se situe en Haute-Garonne : – 137 723 voix entre 2012 et 2014. La baisse la moins importante concerne le Tarn-et-Garonne : -11 765

Laurent Dubois (@laurentdub) avec Julien Leroy (@Julienl17)

 

 

13 Juin

Haute-Garonne : enquête sur un nouveau Comité Citoyen pour la Transparence Publique

Un Comité Local et Citoyen pour la Transparence de la Vie Publique est apparu en Haute-Garonne. Qui est-il ? Comment fonctionne-t-il ? Enquête.

Photo : MaxPPP

Photo : MaxPPP

Les législatives 2017 ne bouleversent pas uniquement le paysage politique. Elles sont marquées, en Haute-Garonne, par l’émergence d’un nouvel acteur de la scène politico-médiatique. Le 2 juin dernier, les lecteurs de la presse toulousaine ont découvert un Comité Local et Citoyen pour la Transparence de la Vie Publique. Cette première sortie médiatique portait sur le profil d’une candidate La République En Marche. Le Comité dénonce un mensonge concernant le statut professionnel de Corinne Vignon.

La démarche du Comité est claire. Il s’agit de pointer le comportement d’une candidate aux législatives. Mais l’article de presse servant de support à ces « révélations » laisse dans l’ombre un point essentiel : l’identité des « justiciers masqués ».

La transparence est au goût du jour. Le grand déballage autour de l’affaire Fillon et le « laver plus blanc que blanc » d’Emmanuel Macron créent un vrai mouvement de fond. Les révélations se multiplient et les candidats aux législatives sont passés au scanner. C’est salutaire. Mais le danger est de passer d’un extrême à l’autre. Après la tolérance et le silence, le risque est de verser dans les dénonciations tous azimuts. Dans ce contexte, l’émergence d’un Comité Local de Transparence pose question.

Contacté par France 3 Occitanie, un fondateur du Comité joue la transparence : « on ne va pas travailler à la transparence et ne pas être nous même transparent« .

Ce responsable préfère rester anonyme. Mais, selon lui, c’est uniquement pour des raisons internes : éviter de « court-circuiter » les membres du Comité Toulousain. Originaire des Hautes-Pyrénées, le « porte-parole »  revendique uniquement un rôle de mise en relation avec la presse. C’est d’ailleurs lui qui est à l’origine de la brève publiée dans un média toulousain.

En revanche, la composition du comité doit être révélée prochainement. Actuellement, le comité est composé de 4 personnes. Ce nombre doit évoluer. Le porte-parole du Comité lance un appel aux adhésions. Une exigence : l’absence d’appartenance politique. Cette précaution (élémentaire) est indispensable. Le risque d’un noyautage et d’une instrumentalisation est réel.

S’agissant de la philosophie du Comité son porte-parole revendique le parrainage de Tocqueville : « la démocratie repose sur des contre-pouvoirs« .

Au niveau des moyens, le Comité n’exclut pas de saisir la justice si nécessaire. L’association ANTICOR (créée en 2002 par le juge Halphen) saisit régulièrement les tribunaux. Son dernier fait d’arme porte sur l’affaire Ferrand et un dépôt de plainte visant un ministre du nouveau gouvernement Macron. Ce genre d’action est spectaculaire. Mais elle suppose des ressources juridiques (avocat) et une expertise.

Le Comité Citoyen de la Haute-Garonne aura-t-il les moyens pour se lancer dans des procédures judiciaires ? La question reste entière.

De manière beaucoup plus simple, un Blog doit être créé prochainement. Ce support sera un lieu d’expression. Mais il sera également un outil. Les internautes pourront contacter le Comité. Ce contact débouchera sur une collecte d’informations. Le Comité devra faire preuve d’une capacité de tri et d’une vigilance extrême. Le Blog du Comité ne doit pas devenir « Radio Corbeau », avec de fausses révélations et de vraies diffamations.

Cet aspect est d’ailleurs capital pour l’avenir du Comité Citoyen. C’est une question de crédibilité et même de survie. Des dérapages incontrôlés peuvent conduire à des actions en justice et au paiement de dommages et intérêts.

Il ne suffit pas de brandir l’étendard de la Transparence pour tenir la route.

Que ce soit au niveau de sa composition comme de son fonctionnement, le nouveau Comité Citoyen va devoir faire ses preuves.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

 

06 Juin

Législatives : enquête sur un « vrai-faux » tract En Marche ! en Haute-Garonne

Un tract circule sur la 1ère circonscription de la Haute-Garonne. Il porte l’estampille En Marche ! Mais le parti « macroniste » dément être à l’origine du document. Enquête.

 

© Juliette Meurin / France 3 Occitanie

© Juliette Meurin / France 3 Occitanie

Rien de flashy. Le tract est en noir et blanc et se réduit à une feuille A4. C’est le message qui attire le regard : « Il n’y a plus de candidats En Marche ! sur la 1ère circonscription de la Haute-Garonne« . Ce texte est complété (en recto) par la reproduction d’un dépêche AFP annonçant le retrait de l’investiture à l’ancien candidat En Marche !, Pierre Cabaré.

A première vue, le tract est parfaitement identifiable. Il porte le label En Marche ! et il comporte une adresse mail ainsi qu’un numéro de téléphone. Ces coordonnées renvoient (également) au parti d’Emmanuel Macron. Seul problème, les instances nationales et locales de La République En Marche n’ont jamais rédigé et encore moins distribué le fameux tract.

Il est apparu, ce dimanche 4 juin, sur les pare-brises des véhicules garés rue Matabiau. On devine l’intérêt politique du tractage : dégonfler les voix de l’ex-candidat LREM.

En insistant (publiquement) sur la perte d’investiture de Pierre Cabaré, il s’agit d’affaiblir un candidat qui reste (toujours) en piste.

Sans le « booster » LREM, l’ex-candidat « macroniste » perd un précieux atout.

Et cela débouche (forcément) sur un effet de vases communicants. Les concurrents de gauche et de droite peuvent profiter du « déclassement » de Pierre Cabaré.

Cette évidence semble signer le « vrai-faux » tract. Les concurrents de Pierre Cabaré ont intérêt à diffuser l’information sur sa perte d’investiture.

Côté PS, c’est un démenti formel. Dans le staff de Catherine Lemorton, on affirme ne pas être dans les coups « tordus ».

Un source livre une piste. Proche d’En Marche ! elle affirme avoir vu des militants Les Républicains distribuer des tracts. Des tracts mettant en avant la perte d’investiture de Pierre Cabaré. Cette information est confirmée par…le candidat de la droite et du centre. François Chollet déclare :

 Pierre Cabaré maintient une ambiguïté en continuant de se dire investi. Cette attitude nous a poussé à produire un document à destination du public reprenant cette information et renvoyant vers les sites LREM afin que chaque citoyen puisse avoir la possibilité de vérifier

Evidemment, l’affaire du « vrai-faux » tract est anecdotique.

Mais elle est révélatrice. Elle montre et démontre que les législatives 2017 se focalisent autour du label « macroniste ».

Emmanuel Macron n’a pas encore de majorité parlementaire. Il manque un point : le vote des électeurs.

Mais, avant le verdict des urnes, le nouveau président a déjà remporté une chose : son parti est au centre des préoccupations et de la mêlée.

Même si cela tourne (parfois) au théâtre de boulevard et au sketch de gare.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

 

 

 

 

Législatives : le PRG tarnais refuse de soutenir la députée (PS) sortante, Linda Gourjade

Le PRG a signé un accord électoral avec le PS. Mais, dans le Tarn, les radicaux de gauche refusent de soutenir une candidate socialiste, la députée sortante Linda Gourjade.

Linda Gourjade, député (sortante) du Tarn. Photo : MaxPPP/VincentIsorel

Linda Gourjade, député (sortante) du Tarn. Photo : MaxPPP/VincentIsorel

Sur le papier, le PRG et le PS sont des partenaires. Mais, dans les faits, certains radicaux de gauche jouent ouvertement contre leurs « alliés ». C’est le cas dans le Tarn. Le PRG 81 soutient publiquement l’adversaire de la candidate socialiste, Linda Gourjade.

Sur 2 des 3 circonscriptions tarnaises les radicaux de gauche jouent le jeu. Les candidats socialistes (Patrice Bédier et Claire Fita) ont droit à un franc soutien. Et même à de vraies éloges. Patrice Bédier est qualifié de « réelle chance de renouvellement et d’oxygénation » et le candidat PS possède, selon le PRG81, « toutes les compétences et les connaissances pour porter l’avenir des circonscriptions« .

En revanche, pas un mot sur Linda Gourjade. La députée sortante est bien candidate et elle est toujours socialiste, malgré sa ligne Frondeuse.

Ce silence n’est pas un vrai silence. Le PRG 81 évoque bien, dans un communiqué de presse, la circonscription de la socialiste. Mais c’est pour afficher son soutien au concurrent de Linda Gourjade, Jean Terlier.

Ce dernier est le candidat de la République En Marche ! En temps « normal », cette violation d’un accord électoral pourrait surprendre. Mais, dans le contexte actuel, c’est (simplement) une illustration supplémentaire du chaos ambiant. Depuis des mois, le PRG est sans gouvernail. La présidente du parti, Sylvia Pinel, a d’abord refusé toute candidature à la présidentielle avant d’être candidate. L’opération s’est soldée par un retrait en rase campagne. S’agissant de la primaire, le PRG a refusé de participer puis a participé. Sylvia Pinel a ensuite soutenu le vainqueur, Benoît Hamon. Mais sans vraiment le soutenir.

Enfin, dernière étape de ce rodéo politique, Sylvia Pinel a rejoint Emmanuel Macron. Petite précision. Moins de deux mois auparavant, les « macronistes » du PRG étaient menacés d’exclusion.

En foulant aux pieds l’accord avec le PS, le PRG tarnais reste dans la « ligne » nationale du parti. Un positionnement à géométrie variable.

S’agissant des conséquences pratiques et politiques, la déclaration du PRG 81 est relative. L’impact sur l’électorat est loin d’être évident.

Le poids des radicaux de gauche est faible.

Au pays de Jaurès, le PRG compte 11 élus locaux dont seulement 2 maires. Et encore certains de ces élus doivent leur mandat à un accord avec…le PS.

C’est, d’ailleurs, le cas du président du PRG 81. Le siège de conseiller régional de Vincent Garel repose sur…un partenariat PS/PRG.

Mais, en réalité, c’est le climat national qui est déterminant.

Dans le Tarn, sur la 1ère, la 2nde ou la 3ème circonscription, les législatives risquent de se transformer en simple « réplique » de la présidentielle.

Le jeu (électoral) peut se réduire à un vote d’étiquette. Un vote avec une prime pour les représentants d’Emmanuel Macron.

Dans ce contexte, le sponsor ou l’embargo du PRG se réduit à ce qu’il est : un communiqué de presse.

Laurent Dubois (@laurentdub)

31 Mai

Législatives Haute-Garonne : Pierre Cabaré, le candidat LREM sur la 1ère circonscription devrait être débarqué

La suspension doit se transformer en retrait pur et simple. Selon nos informations, Pierre Cabaré doit perdre son investiture sur la 1ère circonscription de la Haute-Garonne.

Pierre Cabaré Photo : MaxPPP

Pierre Cabaré Photo : MaxPPP

Le candidat La République En Marche en Haute-Garonne, Pierre Cabaré va être auditionné par la Commission Nationale d’Investiture. Motif de la convocation : une condamnation à une peine d’éniligibilité. Une condamnation (vieille de 14 ans) que le candidat de la Haute-Garonne a omis de mentionner lors de son investiture. La révélation, dans la presse, du passé de Pierre Cabaré a conduit à une suspension. Selon nos information, la CNI se dirige vers un retrait du candidat.

La décision doit être formalisée ce mercredi 31 mai, au plus tard jeudi 1er juin. Mais, selon plusieurs sources, le verdict est arrêté. Le parti d’Emmanuel Macron ne présenterait donc plus de candidat dans une circonscription emblématique. Une circonscription actuellement détenue par l’ancienne présidente (PS) de la commission des affaires sociales, Catherine Lemorton.

Les candidatures sont closes et le guichet (préfectoral) est  fermé. Impossible de changer de candidat. En décidant de retirer son investiture à Pierre Cabaré, LREM se condamne à disparaître du paysage politique de la 1ère de la Haute-Garonne. De son côté, Pierre Cabaré évoque un maintien.

Régulièrement inscrit en préfecture, le futur ex-candidat LREM peut parfaitement rester en piste. Seule limite : la suppléante doit accepter de se lancer dans l’aventure.

Un détail qui « tue » peut aider la suppléante de Pierre Cabaré a franchir le Rubicon;

Les professions de foi ont été envoyées. Les tracts et les affiches sont imprimés. Tout ce matériel de campagne porte l’estampille LREM et arrive dans les boîtes à lettres.

Ce télescopage entre la décision de LREM et le timing de la campagne joue en faveur de Pierre Cabaré.

Deux autres candidats peuvent également profiter (très directement) de la situation : les deux principaux rivaux de LREM, Catherine Lemorton et François Chollet.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

 

 

03 Mai

Législatives : bataille en Haute-Garonne autour de l’étiquette « majorité présidentielle »

Des candidats PS aux législatives sont prêts à endosser l’étiquette « majorité présidentielle » en cas de victoire d’Emmanuel Macron.

Photo Max PPP

Photo Max PPP

Les batailles électorales, c’est toujours une affaire d’image. Et ça commence par les affiches électorales. En Haute-Garonne, des socialistes sont prêts à associer au traditionnel logo du PS l’expression « majorité présidentielle ». En langage courant, cela s’appelle un « parapluie » ou un « bouclier ». En effet, l’idée a germé après la défaite (cuisante) de Benoît Hamon. Elle est (surtout) populaire dans les rangs des « Vallsistes ». Selon une source (bien introduite rue de Solférino), le futur ex premier ministre de François Hollande défend cette stratégie. Bernard Cazeneuve serait même à l’origine d’une prochaine réunion (parisienne) pour formaliser l’opération « majorité présidentielle ».

En bord de Garonne, l’affaire prend une tournure particulière.

Une députée « macroniste », Monique Iborra, a saisi les instances nationales d’En Marche ! Pour la parlementaire (exclue du PS au moment des régionales), pas question de laisser ses anciens camarades réaliser une OPA. La contre-attaque n’est pas évidente. Juridiquement, « majorité présidentielle » n’est pas une marque déposée. Elle est libre de droit.

Les candidats de gauche, de droite et du centre, peuvent parfaitement jouer les « coucous ».

Un risque de récupération n’inquiète pas le représentant d’Emmanuel Macron en Haute-Garonne. Michaël Nogal déclare :

Si confusion il doit y avoir alors on clarifie les choses. Mais c’est très clair. Les candidats de la majorité présidentielle seront les candidats investis par En Marche ! On fera en sorte que nos candidats soient bien identifiés. on organisera une conférence de presse pour les présenter nos. Franchement ça ne pose pas de problème si Christophe Borgel sur la 9ème ou Martine Martinel sur la 4ème sont clairement identifiés comme des socialistes. Une étiquette ‘majorité présidentielle » ne changera rien.

Le camp d’Emmanuel Macron est au moins tranquille sur un point. Au sein du PS, tous les candidats ne souhaitent pas brandir la bannière « majorité présidentielle ». Et ceux qui envisagent la manoeuvre  vont attendre les résultats du 2nd de la présidentielle pour se décider. La taille de la vague (rose) des « macronistes » non « macronistes » tout en étant « macronistes » sera fonction du score d’Emmanuel Macron.

Laurent Dubois (@laurentdub)