03 Mai

Législatives : bataille en Haute-Garonne autour de l’étiquette « majorité présidentielle »

Des candidats PS aux législatives sont prêts à endosser l’étiquette « majorité présidentielle » en cas de victoire d’Emmanuel Macron.

Photo Max PPP

Photo Max PPP

Les batailles électorales, c’est toujours une affaire d’image. Et ça commence par les affiches électorales. En Haute-Garonne, des socialistes sont prêts à associer au traditionnel logo du PS l’expression « majorité présidentielle ». En langage courant, cela s’appelle un « parapluie » ou un « bouclier ». En effet, l’idée a germé après la défaite (cuisante) de Benoît Hamon. Elle est (surtout) populaire dans les rangs des « Vallsistes ». Selon une source (bien introduite rue de Solférino), le futur ex premier ministre de François Hollande défend cette stratégie. Bernard Cazeneuve serait même à l’origine d’une prochaine réunion (parisienne) pour formaliser l’opération « majorité présidentielle ».

En bord de Garonne, l’affaire prend une tournure particulière.

Une députée « macroniste », Monique Iborra, a saisi les instances nationales d’En Marche ! Pour la parlementaire (exclue du PS au moment des régionales), pas question de laisser ses anciens camarades réaliser une OPA. La contre-attaque n’est pas évidente. Juridiquement, « majorité présidentielle » n’est pas une marque déposée. Elle est libre de droit.

Les candidats de gauche, de droite et du centre, peuvent parfaitement jouer les « coucous ».

Un risque de récupération n’inquiète pas le représentant d’Emmanuel Macron en Haute-Garonne. Michaël Nogal déclare :

Si confusion il doit y avoir alors on clarifie les choses. Mais c’est très clair. Les candidats de la majorité présidentielle seront les candidats investis par En Marche ! On fera en sorte que nos candidats soient bien identifiés. on organisera une conférence de presse pour les présenter nos. Franchement ça ne pose pas de problème si Christophe Borgel sur la 9ème ou Martine Martinel sur la 4ème sont clairement identifiés comme des socialistes. Une étiquette ‘majorité présidentielle » ne changera rien.

Le camp d’Emmanuel Macron est au moins tranquille sur un point. Au sein du PS, tous les candidats ne souhaitent pas brandir la bannière « majorité présidentielle ». Et ceux qui envisagent la manoeuvre  vont attendre les résultats du 2nd de la présidentielle pour se décider. La taille de la vague (rose) des « macronistes » non « macronistes » tout en étant « macronistes » sera fonction du score d’Emmanuel Macron.

Laurent Dubois (@laurentdub)

Présidentielle : déjà l’heure des comptes à Debout La France

Sur les huit présidents de fédérations de Midi-Pyrénées, seul celui de l’Aveyron a démissionné suite au ralliement de Nicolas Dupont-Aignan à Marine Le Pen. Mais les dissensions s’installent d’ores et déjà au sein du parti dans notre région.

Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen, lors de leur conférence de presse de samedi dernier. Photo AFP GEOFFROY VAN DER HASSELT

Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen, lors de leur conférence de presse de samedi dernier. Photo AFP GEOFFROY VAN DER HASSELT

« Ce n’est absolument pas un ralliement mais un choix de second tour entre deux projets » tempère Damien Lempereur ancien tête de liste Debout La France aux régionales en Occitanie. Selon ce très proche de l’Etat-major parisien (prendra-t-il une des trois places de vice-président du parti laissées vacantes), « DLF reste 100% indépendant ».

Une courte-échelle pour le FN »

Ralliement ou pas, le rapprochement avec Marine Le Pen a d’ores et déjà crée des fractures. L’un des premiers à s’être désolidarisé de Nicolas Dupont-Aignan est Olivier Arsac. L’adjoint au maire de Toulouse en charge de la sécurité a même purement et simplement renoncé à son investiture DLF pour les prochaines Législatives. « Je désapprouve l’attitude consistant à faire la courte échelle au FN » assènera-t-il sans détour dans un communiqué.

« Si la sincérité de Nicolas Dupont-Aignan ne doit pas être remise en cause, (…) les valeurs essentielles qui liaient mon engagement auprès du mouvement ont été bafouées par cet accord contracté avec Marine Le Pen, que je ne peux cautionner » s’explique, dès le vendredi 28 au soir sur les réseaux sociaux, le secrétaire départemental aveyronnais démissionnaire. Et Fabien Lombard de poursuivre : «  Je souhaite à Nicolas Dupont-Aignan de se rendre compte assez tôt de l’échec annoncé d’une telle orientation, je lui souhaite très sincèrement de s’en remettre car il s’agit d’une personne d’une très grande qualité qui a eu pour seul défaut d’être sans doute bien mal conseillé. »

Nicolas Dupont-Aignan a obtenu des amendements importants à mes yeux au projet de Marine Le Pen »

« Nicolas Dupont-Aignan a obtenu des amendements importants à mes yeux au projet de Marine Le Pen » tempère Nicolas Dupont-Aignan (NDR : sur la monnaie unique, la scolarisation des enfants étrangers, importation et vente de produits venant de l’étranger). Mais les tractations ne sont pas terminées, loin de là… Pour les Législatives, Debout La France comptait présenter des candidats dans toutes les circonscriptions.

Alors, des candidats DLF face à des candidats FN de manière systématique ? Non mais l’hypothèse sera probable dans de nombreux territoires. Selon l’Agence France Presse, le FN passerait toutefois une série d’appels ces derniers jours pour voir dans quelles circonscriptions ses candidats investis pourraient laisser la place à des candidats Debout La France. Pour aller à l’essentiel et toujours selon l’AFP, sur les 577 circonscriptions à pourvoir, cinquante verraient le candidat FN laisser sa place à celui de DLF et vice et versa pour cinquante autres.

En attendant, il faut d’abord faire des mises au point fédération par fédération. Hier soir c’était celle de l’Hérault qui se réunissait, ce soir c’est celle de la Haute-Garonne. Laurent Casbas, secrétaire départemental de DLF 31 qui a lui aussi choisi de rester fidèle à Nicolas Dupont-Aignan, s’attend à une soirée animée.

Patrick Noviello (@patnoviello)

La drôle d’idée de Pierre Cohen : parler des municipales en pleine…présidentielle !!!

Le printemps 2017 est totalement dédié aux élections phares de notre vie politique : la présidentielle et les législatives. Mais, à Toulouse, l’ancien maire (PS) de la ville se projette en 2018 et dans les municipales.

Pierre Cohen, ancien maire (PS) de Toulouse; Photo MaxPPP

Pierre Cohen, ancien maire (PS) de Toulouse. Photo MaxPPP

Dans la ville Rose, il règne un micro-climat. Sur le plan national, tous les regards sont tournés vers l’Elysée et le Palais Bourbon. A gauche, à droite et au centre, tous les esprits sont obnubilés par la présidentielle et les législatives. Mais, pour un élu socialiste toulousain, les municipales, c’est maintenant.

L’ancien maire (PS) de Toulouse n’exclut pas de se représenter. Pierre Cohen annonce (dans les colonnes d’un hebdomadaire toulousain) qu’il rendra sa décision publique en 2018. Cette déclaration ne bouleverse pas vraiment le Capitole. L’entourage de l’actuel maire de Toulouse se contente d’un « on verra ça plus tard« .

Cette réaction prudente est parfaitement normale. Stop ou encore, Jean-Luc Moudenc n’a strictement aucune raison de s’exprimer et encore moins de se précipiter. C’est la même attitude du côté du PS. Silence radio. Plusieurs noms circulent. Nadia Pellefigue, Catherine Lemorton, François Briançon, Claude Raynal.

Mais, pour le moment, les ambitions restent confinées. Le mot d’ordre est d’attendre.

Pour un cadre du PS, le contre-pieds de Pierre Cohen est à la fois tactique et lié à la concurrence d’une candidate socialiste :

Pour Pierre Cohen, c’est toujours la vielle tradition du PS qui consiste à s’exprimer le lendemain d’une élection. Mais il a surtout compris que son ancienne garde rapprochée pousse Catherine Lemorton.

Pour un autre camarade de Pierre Cohen, ce sont les résultats de la présidentielle qui expliquent l’attitude de Pierre Cohen :

Pierre Cohen a soutenu Hamon. Il voyait Hamon président de la République et lui maire de Toulouse. Une victoire de Hamon lui aurait permis de reprendre la main au sein du PS car les militants ne le soutiennent pas vraiment. En dehors de 3 personnes (ndlr Isabelle Hardy, Giselle Verniole et Christine Stébenet), il est isolé. Il avait vraiment besoin d’une victoire Hamon ou du moins d’une « jolie » défaite avec un bon score. Ce n’est pas le cas et il a besoin de reprendre la main.

2020 c’est encore loin. Pierre Cohen a encore le temps. En revanche, les législatives c’est demain. Leur résultat impactera (directement) le principal concurrent de l’ancien maire de Toulouse : la députée de la 1ère circonscription, Catherine Lemorton.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

01 Mai

L’appel de Paul Quilès au futur Président de la République pour un monde sans armes nucléaires.

Un ancien Ministre de la Défense qui réclame un désarmement mondial nucléaire. Le maire socialiste de Cordes sur Ciel l’a fait, signataire, avec vingt autres personnalités dont Yannick Jadot, l’ancien candidat Europe Ecologie Les Verts,  d’un appel au futur Président de la République .

Paul Quilès, ancien Ministre de la Défense aujourd'hui maire socialiste de Cordes sur Ciel. PHOTO AFP / BERTRAND GUAY

Paul Quilès, ancien Ministre de la Défense aujourd’hui maire socialiste de Cordes sur Ciel. PHOTO AFP / BERTRAND GUAY

« Dès le jour de votre investiture, vous disposerez à cet effet des codes nucléaires que vous transmettra votre prédécesseur ». Dès le début de l’appel, le décor est planté. Parmi les responsabilités du futur résident de l’Elysée celle-ci est loin d’être anodine.

Une arme obsolète et inadaptée »

Premier argument évoqué par les signataires pour un monde sans armes nucléaires : l’obsolescence et l’inadaptation de ce type d’arsenal à notre époque. « En effet, les principales menaces à notre sécurité proviennent aujourd’hui du terrorisme, des cyber-attaques, de la criminalité organisée, des pandémies, du changement climatiques et ne sauraient être dissuadées par un arsenal nucléaire ».

Selon les signataires, toutefois, « 15 000 armes continuent de faire peser sur la planète tout entière la menace d’une destruction catastrophique ». D’ailleurs sur son blog, Paul Quilès rappelle à travers la publication de divers textes, les risques existants : tensions entre les Etats-Unis et la Corée du Nord ou entre l’OTAN et la Russie. « Sans parler de la menace invisible de cyber attaques et du danger d’explosion nucléaire terroriste ou accidentelle » précise l’appel d’Initiative pour Désarmement Nucléaire (IDN) que préside l’élu tarnais.

132 pays déjà à l’oeuvre »

Les auteurs de l’appel s’interrogent aussi sur le fait que la France ait défendu des conventions pour l’interdiction d’armes biologiques chimiques, des traités d’interdiction des mines antipersonnel mais n’ait pas encore pris position contre l’arme nucléaire : « Comment croire encore que la sécurité de notre pays repose sur la capacité d’anéantissement de millions de civils innocents ? »

Beaucoup d’arguments exposés dans cet appel figurent déjà dans un livre que Paul Quilès a écrit voilà plus de trois ans avec Jean-Marie Collin, expert et Bernard Norlain, général d’armée aérienne, tous deux également signataires de l’appel (« Arrêtez la bombe », Cherche Midi éditions). « Nous ne préconisons pas le désarmement unilatéral de France, mais (…) un désarmement négocié, vérifiable et universel en se joignant aux quelques 132 Etats qui négocient actuellement à l’ONU un traité d’interdiction des armes nucléaires » conclue l’appel.

Patrick Noviello (@patnoviello)

 

27 Avr

Législatives : Sylvia Pinel se « macronise »…un tout petit peu

Sylvia Pinel est candidate à sa succession sur la 2ème circonscription du Tarn-et-Garonne. Selon  nos informations, son suppléant est « macron-compatible ». Il s’agit du maire de Beaumont-de-Lomagne, Jean-Luc Deprince.

Sylvia Pinel et Emmanuel Macron Photo MaxPPP

Sylvia Pinel et Emmanuel Macron Photo MaxPPP

La présidente du PRG, Sylvia Pinel, a misé sur Benoît Hamon pour la présidentielle. Le socialiste a été sévèrement éliminé et c’est Emmanuel Macron qui est qualifié pour le second. Pour « compenser » cet erreur de casting, la patronne des radicaux de gauche propose une coalition au candidat d’En Marche !  Cette proposition a très peu de chance d’aboutir. Mais la présidente du PRG et candidate aux législatives parvient toutefois à se « macroniser ».

Selon nos informations, le suppléant de Sylvie Pinel doit être Jean-Luc Deprince. Le maire de Beaumont-de-Lomagne est une figure du PRG et un proche de Jean-Michel Baylet. Mais l’élu local a parrainé Emmanuel Macron. Ce signe de « macronisme » est très relatif. Emmanuel Macron rappelle, en boucle, une condition de base pour les « macronistes » : une seule étiquette En Marche ! et pas de double appartenance.

Mais, dans le contexte du moment, c’est toujours mieux que rien.

Jean-Michel Baylet cherche à se rapprocher d’Emmanuel Macron. Le (futur ex) ministre de François Hollande souhaite « sécuriser » les législatives. Jean-Michel Baylet veut éviter que les candidats PRG se retrouvent en face des représentants d’Emmanuel Macron. Plusieurs sources concordantes affirment qu’il n’existe aucune négociation dans ce sens.

Dans quelques jours, une seconde vague d’investitures d’En Marche ! doit intervenir. Le Tarn-et-Garonne risque d’être dans la liste.

Face à cette tombée du rideau, le fait d’avoir un « parrain » d’Emmanuel Macron comme suppléant sauve un peu les apparences.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

25 Avr

Edito : Macron, vote d’espoir ou de crainte ?

Emmanuel Macron, dimanche soir au Parc des Expositions de Paris. photo Eric Feferberg/AFP.

Emmanuel Macron, dimanche soir au Parc des Expositions de Paris. photo Eric Feferberg/AFP.

Un vent nouveau soufflerait-il sur la politique française et régionale ? Un candidat de 39 ans, jamais élu, jamais encarté, au second tour de la Présidentielle, qui l’aurait cru ? Certes les sondages nous annoncent le duo de tête depuis des mois. Depuis les Régionales, le Front National est d’ailleurs donné comme le parti leader des premiers tours (ce qui n’a pas été le cas dimanche soir d’où une certaine déception au F.N).

Les partis traditionnels, et surtout le PS, y compris en Occitanie, sortent exsangues de ce premier tour. Mais pour en revenir aux sondages et aux analyses, à force d’annoncer les défaites de Fillon et de Hamon, l’électeur n’a-t-il pas été sous influence ? Ou assiste-t-on réellement à la fin d’une époque et au poing sur la table des électeurs ?

« En Marche » se présente comme un mouvement nouveau, entretenu par des militants jusque-là en dehors du champ de la politique traditionnelle, un mouvement qui veut casser le dogme droite-gauche et porter un espoir. Mais cette qualification en tête du 1er tour d’Emmanuel Macron est-elle le fruit de cette espérance ? Ou au contraire est-elle le résultat d’une crainte de n’avoir à choisir qu’entre la leader frontiste et un candidat de droite empêtré dans les affaires ou un candidat de gauche trop « Insoumis » pour certains ?

Quoi qu’on en dise, Emmanuel Macron reste pour beaucoup de citoyens le choix du saut dans l’inconnu. Un inconnu préféré au chaos annoncé par les détracteurs de Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon. Alors crainte ou espoir ? Vote de conviction ou vote « contre » ? Les urnes ont livré un premier verdict mais n’ont pas répondu à ces questions. Ce n’est d’ailleurs pas leur rôle.

A moins, qu’en attendant bien évidemment le résultat du second tour, les Législatives nous amènent plus d’éléments d’informations sur le pourquoi de ce vote Macron et par là-même sur ce bouleversement historique de l’échiquier politique chez nous en ex-Midi-Pyrénées comme partout en France.

Patrick Noviello (@patnoviello)

23 Avr

Les « mélenchonistes » d’Occitanie se projettent déjà vers les législatives

Jean-Luc Mélenchon n’est pas qualifié pour le 2nd tour. Mais il obtient un bon score au niveau national (entre 19 et 20%) et finit en tête dans les deux principales villes d’Occitanie : Toulouse et Montpellier.

Jean-Luc Mélenchon photo MaxPPP

Jean-Luc Mélenchon photo MaxPPP

Une vraie déception et un nouvel élan. Jean-Luc Mélenchon a perdu son pari. Celui d’être qualifié pour le second tour de la présidentielle. Mais sa défaite repose sur son meilleur résultat pour sa seconde candidature à une élection présidentielle : autour du 20% des suffrages exprimés. Le leader de la France Insoumise double quasiment son score de 2012.

Pour son mouvement, le vote du dimanche 23 avril ne marque pas la fin de l’histoire. Au contraire. A peine la présidentielle « pliée », les Insoumis se projettent vers la prochaine échéance électorale : les législatives. Jean-Luc Mélenchon arrive en tête en Ariège et dans les deux métropoles d’Occitanie, Toulouse et Montpellier. La carte des résultats n’a pas échappé au représentant de Jean-Luc Mélenchon en Occitanie.

Liêm Hoang-Ngoc déclare :

On a fait 20% à la présidentielle. Le parti socialiste d’Epinay est mort. Il faut que l’on soit visible à l’Assemblée. Nous aurons des candidats dans toutes les circonscriptions en France et en Occitanie, bien sur. En haute-Garonne, il y a des enjeux sur 3 circonscriptions : la 4, la 1 et la 9

Liêm Hoang-Ngoc reconnaît qu’il existe une inconnue. La France Insoumise va devoir perpétuer et prolonger la mobilisation de la présidentielle. Les législatives ne sont pas une simple étape. La transformation de la dynamique de la présidentielle en poussée aux législatives est un véritable cap à franchir.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

21 Avr

Le PRG de Sylvia Pinel joue sa « peau » avec la présidentielle

Jean-Michel Baylet soutient Emmanuel Macron. La présidente du PRG, Sylvia Pinel, est derrière Benoît Hamon. La présidentielle bouscule les radicaux de gauche. Et ce n’est pas fini. Le résultat du scrutin risque de redessiner le visage du plus vieux parti de France.

Sylvia Pinel et Jean-Michel Baylet. Photo AFP/XLeoty

Sylvia Pinel et Jean-Michel Baylet. Photo AFP/XLeoty

La campagne présidentielle de 2017 ne ressemble à aucune autre. Mais l’élection elle même est hors norme. Son résultat va durablement impacter la droite et la gauche françaises. C’est une évidence. Mais on songe essentiellement à une explosion du PS en cas de victoire d’Emmanuel Macron et à une recomposition de la droite dans l’hypothèse d’une défaite de François Fillon. Un autre parti est également directement concerné par le verdict des urnes : le PRG.

Avant que débute le dépouillement, le plus vieux parti de France est dans la lessiveuse. Jean-Michel Baylet soutient Emmanuel Macron. La présidente du parti, Sylvia Pinel, est aux côtés de Benoît Hamon. Ce grand écart suscite de vives tensions au sein du PRG.

Sur le réseau intranet du parti, le dernier mail au sujet d’un candidat à la présidentielle remonte à 17 jours. Le message le plus récent date du jeudi 20 avril et il porte sur un sondage réalisé par une Chaîne Parlementaire. Pour trouver une trace de friction entre « hamonistes » et « macronistes », il faut remonter au 4 avril. Le message en question visait, d’ailleurs, Benoît Hamon.

Mais ce calme est relatif.

En coulisse, les « macronistes » attendent avec impatience les résultats de la présidentielle. Une élimination brutale de Benoît Hamon au 1er tour (sous la barre des 8%) sonnerait l’hallali.

Selon un cadre PRG, les « hamonistes » représentent entre 25 et 30% du parti. Mais, en revanche, ils sont largement majoritaires au sein du bureau national. C’est une majorité de circonstance, liée au soutien de Sylvia Pinel envers le candidat du PS. Un membre du PRG parle d’un soutien « par la signature d’un papier » à savoir un accord électoral pour les législatives. Mais, pour les « macronistes », peu importe. Pour les « macronistes » a misé sur le mauvais cheval. Peu importe que ce soit pour la bonne cause : sauver les meubles aux législatives.

Un échec cinglant de Benoît Hamon donnera lieu à un « ajustement-remaniement ». Des « macronistes » estiment que la présidence du PRG devra changer en cas de défaite de Benoît Hamon.

Autrement dit, Benoît Hamon doit entraîner dans sa chute Sylvia Pinel.

Ce scénario reste de la politique fiction. Le  PRG est un micro-parti. Il est totalement verrouillé par Sylvia Pinel. Les règles statutaires sont malléables et manipulables.

Mais l’intention est réelle. Les « macronistes » font leur compte et s’organisent.

Le ralliement de Jean-Michel Baylet à Emmanuel Macron ne change rien. Pour un « macroniste » du PRG, c’est un « sans aucun intérêt, tardif et un peu pathétique« .

Pour appuyer ce jugement sans appel, un « macroniste » de la première heure précise :

Emmanuel Macron n’a pas réagi publiquement, pas la moindre petite phrase ou le moindre geste, c’est dire que pour Emmanuel Macron, le ralliement de Baylet c’est un non événement

Au-delà des questions de personnes et du destin de Sylvia Pinel, c’est l’avenir du PRG qui est en jeu.

Avant le verdict des urnes, c’est simplement le début du commencement. Avec, d’ailleurs, des retrouvailles historiques (lors d’un repas) entre les radicaux de gauche et les radicaux « Valoisiens ».

Le soir du 1er tour débuteront les vraies manœuvres.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

 

20 Avr

Carole Delga excusée pour la dernière visite de François Hollande en Occitanie

Ce jeudi 20 avril, trois jours avant le 1er tour, François Hollande est en Occitanie. La présidente de Région a « squeezé » cette ultime visite présidentielle dans le Lot. Problème d’agenda.

François Hollande et Carole Delga, AFP/R Gabalda

François Hollande et Carole Delga, AFP/R Gabalda

François Hollande continue sa tournée d’adieu. Après Aubervilliers et avant Guingamp, le président sortant a réservé une de ses dernières sorties pour le Lot. Cette visite n’a rien de particulier. Visite d’usine et inauguration d’un groupe scolaire. Mais, en marge de l’agenda officiel, une étape gastronomique revêt une dimension (quasiment) politique.

François Hollande n’a pas seulement salué la réussite économique d’un fleuron lotois, l’entreprise Andros. Avant de filer vers Luzech pour couper un ruban, le chef de l’Etat a pu profiter d’un déjeuner organisé par le sénateur lotois, Gérard Miquel. L’ancien président de Région, Martin Malvy, était autour de la table. Une table dressée au domicile de Gérard Miquel, à Laburgade.

Une bonne assiette dans le Lot n’a rien de particulièrement « appétissant ». Sauf quand un chef de l’Etat (socialiste) passe à table et (cerise sur le gâteau) que l’hôte soutient l’adversaire du candidat investi par…le PS. La scène aiguise les papilles. François Hollande invité par un macroniste notoire, ça aiguise forcement les commentaires.

Mais, dans le Lot, ce ne sont pas les éventuelles confidences entre la poire et le fromage qui font jazzer. C’est l’absence (remarquée) de la présidente de Région qui alimente les conversations.

Plusieurs sources locales prétendent que Carole Delga n’a pas fait le déplacement pour éviter de se retrouver en terre « macroniste ».

L’hôte de François Hollande, le sénateur Miquel, est un soutien d’Emmanuel Macron. C’est certain. Plusieurs autres personnalités lotoises (de premier plan) sont également en marche aux côtés de l’ancien ministre de l’Economie, c’est évident. Du côté de l’ancienne ministre de François Hollande, c’est tout aussi évident qu’après avoir fortement soutenu Manuel Valls, Carole Delga s’est engagée fermement derrière Benoît Hamon.

Une « hamoniste » au milieu de « macronistes », le menu peut coincer.

Malgré cela, il est impossible de vérifier la thèse d’un boycott de la part de Carole Delga.

Contacté par France 3 Occitanie, l’hôtel de Région confirme l’invitation lancée à la présidente de Région. Le contraire aurait été surprenant. C’est une simple question de protocole.

Mais, le cabinet de Carole Delga, précise un point essentiel. La visite de François Hollande coïncide avec un rendez-vous important : le Parlement de la Mer.

Un parlement qui se tient à 300 kilomètres du Lot, à la Grande-Motte, dans l’Hérault. 350 personnes sont invitées et les invitations sont lancées depuis 1 mois.

A moins d’utiliser un hélicoptère, Carole Delga pouvait difficilement faire un « touch and go » uniquement pour un déjeuner.

L’indisponibilité de la présidente de Région est parfaitement justifiable.

Cela étant, une vraie excuse peut être également une excuse opportune.

Laurent Dubois (@laurentdub)