23 Juil

Baisse des APL : « Je m’y suis toujours opposée » déclare Sylvia Pinel

Sylvia Pinel et Emmanuel Macron alors dans le même gouvernement (Photo : Christophe Morin / MaxPPP)

Sylvia Pinel et Emmanuel Macron lorsqu’ils étaient dans le même gouvernement (Photo : Christophe Morin / MaxPPP)

L’ancienne Ministre du Logement met les points sur les « i » sur sa page Facebook. Comme d’anciens Ministres sous François Hollande dont celui du budget , Christian Eckert, elle souhaite contredire les affirmations du nouvel exécutif. Un responsable du Ministère de la Cohésion des Territoires parle de « l’application d’une réforme d’économie bugétaire décidée sous le quinquennat précédent ».

« Cette mesure d’économie revient régulièrement et je m’y suis toujours opposée lorsque j’étais en charge de ce dossier et elle avait d’ailleurs été systématiquement écartée par le précédent gouvernement » assure la députée PRG du Tarn et Garonne.

Une mesure injuste »

La déclaration publiée sur le réseau social ne fait que quelques lignes mais se veut directe. « Diminuer les APL à tous les bénéficiaires, c’est à dire à l’aveugle, est une mesure injuste qui aura des conséquences néfastes dans l’accès au logement et la mise en location de certains biens » explique ‘l’ancienne Ministre en charge du secteur.

Sylvia Pinel conclue en demandant à Edouard Philippe et à son gouvernement de « revenir sur cette décisions dangereuse et injuste pour les ménages modestes ». Peu de probabilité qu’elle soit entendue. Mais en tout cas cette déclaration a le mérite d’être claire. Celle qui siège désormais parmi les « non-inscrits » ne fera pas partie des « constructifs » sur ce dossier.

Patrick Noviello

12 Juil

Parti Socialiste : les priorités selon Carole Delga

La Présidente de région Occitanie a donc intégré ce week-end la direction du Parti Socialiste à l’issue du congrès national. Elle revient pour nous sur ce qui l’a poussée à cette décision, nous livre sa vision du PS aujourd’hui et nous explique en quoi les territoires peuvent aussi aider à porter cette nouvelle  politique de gauche.

Carole Delga, lors de son arrivée samedi au Conseil National du PS à Paris. Photo AFP Jacques Demarthon.

Carole Delga, lors de son arrivée samedi au Conseil National du PS à Paris. Photo AFP Jacques Demarthon.

« Quand les temps sont difficiles, c’est là qu’il faut démontrer son attachement aux valeurs, sa loyauté vis-à-vis des idées de gauche, et je souhaite donc prendre toute ma part de responsabilité, c’est pourquoi j’ai répondu positivement à la participation à cette direction collégiale de seize personnes ». Voilà comment Carole Delga justifie son implication désormais nationale dans la reconstruction du PS.

Seulement, est-ce que ça ne va pas être compliqué de décider à seize de l’avenir du parti ? « On va organiser la prise de décision. Nous allons mettre en œuvre une nouvelle façon de diriger le Parti Socialiste avec les valeurs dont j’ai toujours fait preuve sur l’engagement politique, c’est-à-dire une grande proximité avec le terrain et aussi un sens du collectif ».

Le retour des frondeurs »

Mais avant toute chose, c’est sans doute une ligne politique que va devoir se fixer le PS. Comme d’autres socialistes, Carole Delga a été pour le moins agacé ce samedi à Paris de l’attitude d’anciens frondeurs, toujours présents et toujours aussi critiques. « S’ils sont à ce point mal avec nous, pourquoi veulent-ils rester ? » s’interroge-t-elle. Quant à la future ligne politique du PS, voilà comment elle en dessine les contours.

« C’est une gauche qui est au centre, c’est une gauche de responsabilité, c’est une gauche progressiste qui doit remettre en place un débat d’idée, être force de proposition, démontrer que l’éducation nationale est une priorité, que sur la fiscalité, on ne peut pas par exemple être d’accord avec l’augmentation de la CSG. Par rapport également au service public, aux fonctionnaires, reconnaître que le service public c’est ce qui est indispensable pour qu’il y ait une égalité Républicaine ».

Politique de gauche aussi à l’échelle des territoires »

Certains prêtent déjà à la Présidente de Région des ambitions nationales, et donc personnelles. Carole Delga s’en défend : « Non, moi mon ambition elle est très forte pour la Région Occitanie, je travaille pleinement avec l’ensemble de ma majorité, avec l’ensemble de mes équipes pour créer cette région de l’innovation, que ce soit notamment dans le cadre de l’innovation citoyenne et pour incarner aussi les politiques de gauche. A la Région la gratuité des manuels scolaires, la gratuité des équipements professionnels pour les apprentis, c’est à la rentrée, et ça c’est une politique de gauche ».

Alors justement que peuvent faire les « territoires » comme elles les appellent dans la reconstruction d’un parti national ? « Il est bien entendu qu’on doit démontrer qu’il y a cette gauche qui est pro-européenne clairement, qui est aussi dans une dynamique auprès des entreprises mais qui met en avant l’égalité d’accès à l’éducation, à la santé, également être dans la complémentarité des territoires, c’est-à-dire on ne peut pas être sur le tout-métropole ou sur le tout-urbain mais de démontrer qu’il faut plus investir dans les territoires ruraux, dans les territoires de montagne et c’est pourquoi au sein du Parti Socialiste, je prône des assises citoyennes de la gauche qui partent de la base, il faut arrêter avec les querelles d’égo, il faut avoir le sens du collectif »

Ces assises devraient se tenir à la rentrée. En attendant, la nouvelle direction nationale du PS, dans laquelle figure aussi la députée de Tarn et Garonne Valérie Rabault, devrait se réunir à Paris lundi prochain. Une direction de seize personnespour l’instant mais qui pourrait être resserrée vers quatre membres plus décisionnaires.

Patrick Noviello (@patnoviello)

11 Juil

LGV Toulouse-Paris : Mézard temporise

Jacques Mézard, hier, dans le Gers. Photo MaxPPP

Jacques Mézard, lundi, dans le Gers. Photo MaxPPP

Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des Territoires, était lundi en visite dans le Gers et en Haute-Garonne. Au programme : l’équilibre entre les territoires avec des « accords de réciprocité entre le pays de Gascogne et la métropole toulousaine » ainsi que la politique de la ville concernant les quartiers dits « prioritaires. Même s’il n’est pas Ministre des Transports, l’occasion était trop belle de lui poser une question sur la LGV, et sa vocation d’aménagement du territoire.

Il va falloir prioriser »

Le Ministre le reconnaît volontiers, cette question « préoccupe beaucoup de monde ». « Des arbitrages devront être faits parce que l’Etat n’a pas les possibilités financières de dire oui à tous les projets sur tous les territoires. Il va falloir prioriser ».

Jean-Luc Moudenc était également associé à la visite ministérielle d’hier. A-t-il eu le temps de discuter du dossier LGV avec Mézard ? En tout cas, sur cette priorisation, il n’y a pas de doute pour le maire LR de Toulouse qui ne cesse de répéter ces derniers jours que l’Etat s’est déjà engagé et qu’il ne doit pas oublier que les collectivités de la Région ont financé le tronçon Tours-Bordeaux.

Des assises de la mobilité à la rentrée »

Argument massue opposé par le chef de l’Etat, « ne pas oublier les trains du quotidien ». Le Ministre de la Cohésion des Territoires abonde dans ce sens. « Nous avons aussi un objectif, c’est de faire en sorte que les lignes ferroviaires non LGV puissent être entretenues. Il y a un équilibre à trouver et cet équilibre nous sommes en train de les chercher et de travailler là-dessus ».

Alors à quand les premières conclusions et donc les « priorités » ? « Des assises de la mobilité sont programmées à la rentrée » explique Jacques Mézard. Quant à la LGV Toulouse-Paris, « cette question n’est pas encore tranchée » insiste-t-il, comme pour laisser une porte encore ouverte.

Patrick Noviello (avec Delphine Gérard)

28 Juin

Montauban : Brigitte Barèges sanctionne un de ses élus à la mairie

La maire de Montauban, Brigitte Barèges, retire ses délégations à l’un de ses élus. Motif officiel : manque de loyauté.

Brigitte Barèges. maire de Montauban. Photo AFP/Remy Gabalda

Brigitte Barèges. maire de Montauban. Photo AFP/Remy Gabalda

La décision est tombée ce mardi 27 juin. Un adjoint de Brigitte Barèges perd ses délégations municipales. Jean Garrocq ne représentera plus la ville de Montauban dans plusieurs établissements scolaires (école Jean Moulin, Centre de Formation des Apprentis). L’élu montalbanais devra céder son siège au Syndicat Mixte de la Chaussée de Sapiac. Jean Garrocq quittera également la Commission Développement Durable et Sécurité des Bâtiments.

Pour la maire de Montauban, la « rétrogradation-dégradation » de Jean Garrocq n’est absolument pas politique :

Pas du tout. C’est juste une question de fidélité et de loyauté. C’est une affaire qui n’est pas nouvelle et qui remonte à plusieurs mois. Jean Garrocq n’a pas arrêté de nous critiquer. Cela ne pouvait plus durer. Si on n’est pas avec nous, on est contre nous

Dans les couloirs de la mairie de Montauban, une autre version circule. La sanction de Jean Garrocq serait liée à son soutien au mouvement En Marche ! Pendant la campagne des législatives, l’élu montalbanais s’est activement engagé aux côté du candidat « macroniste » sur la 1ère circonscription du Tarn-et-Garonne, Pierre Mardegan.

L’hostilité entre Brigitte Barèges et Pierre Mardegan est de notoriété publique. Le dernier éclat remonte à moins d’une semaine. Mardi 22 juin, sur l’antenne d’une radio locale, la maire (LR) de Montauban a dévoilé son vote aux législatives. Brigitte Barèges a préféré son adversaire socialiste, Valérie Rabault, à Pierre Mardegan.

Ce passif pourrait justifier des représailles par personnes interposées. Jean Garrocq victime de sa proximité avec Pierre Mardegan ?

Pour un élu d’opposition, l’effet domino dépasserait même le cas Garrocq. Le 1er adjoint aux Finances de Brigitte Barèges serait implicitement visé. Pierre-Antoine Lévi est également proche d’En Marche ! et de Pierre Mardegan. Le coup de feu visant Jean Garrocq résonnerait comme un avertissement. Attention, pas de compromission avec En Marche et un de ses représentants locaux.

Contacté par France 3 Occitanie, Jean Garrocq est catégorique. Le retrait de ses délégations est lié à son engagement aux côtés de Pierre Mardegan.

Brigitte Barèges peut inventer ce qu’elle veut. C’est lié à mon soutien à Pierre Mardegan. J’ai reçu une lettre m’annonçant, sans indiquer le motif, que l’on allait me retirer mes délégations juste après le 1er meeting de Mardegan. Brigitte Barèges ne supporte pas qu’on ne la suive pas. Elle veut tout contrôler et diriger

Jean Garrocq n’est pas traumatisé par sa mésaventure. L’élu montalbanais est même positif : « Brigitte Barèges m’a rendu ma liberté« .

Politiquement, Jean Garrocq ne tire pas de conséquences. Il reste centriste et membre de l’UDI 82. Jean Garrocq ne prévoit pas d’adhérer à la République En Marche.

Laurent Dubois (@laurentdub)

21 Juin

Parti Socialiste : Vers quel renouveau ?

Photo AFP

Photo AFP

33 Premiers secrétaires Fédéraux du PS dont ceux de l’Aveyron et de l’Ariège ont signé ce mardi 20 juin une tribune dans le journal Libération. Pour eux, « le renouveau du PS doit passer par les militants ». Explication et état d’esprit par l’un des signataires de notre région l’aveyronnais Bertrand Cavalerie et un autre premier fédéral qui, lui, n’a pas signé mais a aussi son idée sur la question, le haut-garonnais Sébastien Vincini.

En préambule de la tribune, les jeunes premiers secrétaires disent ne pas vouloir se faire voler leur refondation. Mais voler par qui ? « On ne vise personne. C’est une tribune consensuelle » tempère Bertrand Cavalerie ». Le 1er Fédéral de l’Aveyron explique que « les socialistes ont besoin de se retrouver ». « Il ne faut pas que regarder dans le rétro. On a pris une grande claque, moi le premier aux Législatives, mais il faut maintenant regarder vers l’avenir, on ne peut que remonter ».

« Pour moi, cette tribune est justement trop consensuel » assène Sébastien Vincini. Le patron du PS 31, n’a pas « voulu signer un papier qui dit que pour que tout change, il faut que rien ne change ». « Je ne veux pas rentrer dans de nouvelles querelles de personnes. Il y a nécessité de rebâtir plus en profondeur ».

Décentraliser »

Pour les signataires de la tribune, le premier écueil à éviter est celui de retomber dans une centralisation du Parti. « On a parfois l’impression que nos dirigeants ne sont pas connectés aux territoires. Moi, je ne veux pas la tournée des grands mouvements ou des chapelles qui ne rassemblent chacun qu’un demi-point de l’opinion française» développe Bertrand Cavalerie.

Sébastien Vincini le rejoint sur ce point. « Plus rien ne remontait à la direction. Nous sommes devenus un parti très parlementaire où il n’y avait d’échanges qu’entre Solferino (NDR : siège parisien du PS) et l’Assemblée Nationale. Il faut repartir des aspirations des territoires sur des thèmes comme la vitalité de la ruralité, la question du péri-urbain et la ghettoïsation des faubourgs des métropoles par exemple ».

Parole aux militants »

Les signataires de la tribune veulent également remettre les militants au centre de la réflexion. En Aveyron, ils sont environ 500. « Certains ont trahi, comme Marie-Lou Marcel (NDR : ancienne députée PS qui ne se représentait pas), ex-frondeuse aujourd’hui macroniste. Mais ce phénomène a été vu dans à peu près toutes les fédérations » commente Bertrand Cavalerie. « Mais le cœur des militants est resté là. Le problème aujourd’hui est qu’il ne correspond plus forcément à la société française. »

« Il faut aller plus large qu’à nos simples militants. Si on reste sur notre corps actuel, on va retomber dans nos mêmes querelles. Il faut une vraie consultation citoyenne. Alors on ne va pas distribuer des tracts dans des boîtes aux lettres, on ne va pas aller agresser les gens » assure Sébastien Vincini. Pour le 1er Fédéral de Haute-Garonne, il faut mettre en place « un vrai processus avec des outils collaboratifs permettant des rencontres et des débats ». « Quand les Indignés sont passés à Podemos, ils ont organisé des forums avec des grandes questions à trancher. Aujourd’hui on parle écologie mais on ne tranche pas sur le diesel ou le nucléaire par exemple ».

La ligne »

« Il faut définir une ligne et la tenir. L’étalage de nos divisions à Paris ces dernières années a été nocif » analyse le premier fédéral de l’Aveyron. « A gauche, un parti social-démocrate est capable de rassembler » poursuit-il. Mais la première force de gauche actuelle dans les urnes n’est-elle pas La France Insoumise ? « Je pense qu’il faut travailler avec tout le monde, mais en ont-ils envie ? Je ne crois pas » avoue sans détour Bertrand Cavalerie.

« On peut être progressiste et défendre des acquis sociaux. La social-démocratie a fait beaucoup mais au XXème siècle. La question aujourd’hui est de savoir comment élargit-on les acquis sociaux à une société ubérisée » resitue Sébastien Vincini. « Je ne vais pas vous dire aujourd’hui quelle est la ligne précise. Si on l’avait eu, les français l’auraient vue. Mais entre Macron qui a une image moderne du libéralisme et La France Insoumise dans la contestation systématique de la mondialisation, il y a une voie ».

« En Marche », c’est du vent ! »

Seul problème, c’est qu’actuellement cette gauche socio-démocrate, vantée par Bertrand Cavalerie et à faire évoluer selon Sébastien Vincini, est partie vers « En Marche ». «Pour moi, Macron c’est Giscard. Il va dériver vers le centre-droit et dans cinq ans ce sera un libéral » prévoit Bertrand Cavalerie. « En Marche, c’est du vent. Sur quoi repose ce mouvement ? Avez-vous vu des grandes manifestations de joie citoyenne le soir de l’élection d’Emmanuel Macron ? » insiste le leader du PS Aveyronnais. « Je ne sais pas sur quoi le mouvement du Président repose. Nous, on sait sur quoi se retrouver. »

Premier test grandeur nature pour se retrouver : samedi. Le Parti Socialiste tiendra un conseil national à Paris. Jeudi soir à Toulouse, Sébastien Vincini animera, lui, un conseil Fédéral. Il a notamment dans l’idée de créer une plateforme de consultation numérique. Il en débattra avec ses troupes. Il réfléchit aussi avec Carole Delga, la Présidente Socialiste d’Occitanie, à une synergie entre les forces socialistes du territoire. La reconstruction commence.

Patrick Noviello (@patnoviello)

14 Juin

Législatives dans le Tarn : un candidat « majorité présidentielle » demande au FN de se retirer pour battre Philippe Folliot

Dans le Tarn, un candidat « majorité présidentielle » demande au FN de se retirer.

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Dans l’Aveyron, un candidat de la droite (qualifié pour le 2nd tour) s’est retiré au profit de La République En Marche. A 100 kilomètres de Decazeville, dans le département (voisin) du Tarn, c’est un tout autre scénario qui se déroule. Un candidat « majorité présidentielle » (éliminé au 1er tour) veut à tout prix se maintenir et demander au FN de laisser sa place.

Cerise sur le gâteau, le candidat « majorité présidentielle » justifie cette demande par la volonté d’éliminer un candidat…majorité présidentielle.

Le soir du 1er tour, dimanche 11 juin, le candidat du Front National apprend qu’il est qualifié pour le 2nd tour. Mais ce n’est pas tout. Vers 22 heures 30, Frédéric Cabrolier reçoit un sms d’un candidat éliminé au 1er tour, Pierre Laporte. Ce dernier demande au candidat du FN de se retirer à son profit.

Surprise et stupéfaction du côté de Frédéric Cabrolier. Le représentant du Front National n’a pas l’intention d’offrir sa place. Et, de toute manière, cette interpellation n’a strictement aucun sens. Une législative n’est pas un bus. Les candidats ne peuvent pas échanger leur place au motif qu’ils préfèrent le côté fenêtre ou couloir.

Il faut passer la barre des 12,5% des inscrits pour se maintenir. Pierre Laporte a obtenu 13,23% des exprimés. La messe (électorale) est dite.

Dans une autre vie, Pierre Laporte a travaillé dans le service juridique des laboratoires Pierre Fabre. L’expérience a été de courte durée et l’entreprise tarnaise a rapidement mis fin à la collaboration. Mais, visiblement, le juriste de formation a des lacunes s’agissant du code électoral.

Une lacune qui peut s’expliquer par la hargne que Pierre Laporte voue à Philippe Folliot.

En effet, l’échange de place (proposé au FN) repose sur un seul motif : battre l’autre qualifié du 2nd tour, le député sortant Philippe Folliot.

Philippe Folliot s’affiche « majorité présidentielle » et revendique le soutien d’Emmanuel Macron. Pierre Laporte s’affiche « majorité présidentielle » et revendique le soutien d’Emmanuel Macron.

Mais peu importe. Pierre Laporte veut décaniller Philippe Folliot.

Ce n’est pas une question politique. C’est une affaire personnelle. Pierre Laporte estime que Philippe Folliot ne mérite pas d’être député et bafoue les règles éthiques.

Visiblement, Pierre Laporte estime que le Front National n’est pas en mesure de « sortir » le député sortant.

C’est d’ailleurs ce que l’ex-candidat a dit à Frédéric Cabrolier. Face à son refus, Pierre Laporte a accusé le candidat du FN de collusion avec…Philippe Folliot.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

Législatives en Haute-Garonne : le maire de Montpellier, Philippe Saurel, nargue Carole Delga dans son fief

La venue du maire de Montpellier, ce jeudi 15 juin dans le Comminges prend une dimension particulière : un duel (par candidats interposés) avec Carole Delga.

Philippe Saurel, maire de Montpellier, Photo : MaxPPP/Morel

Philippe Saurel, maire de Montpellier, Photo : MaxPPP/Morel

Le maire de Montpellier vient soutenir, ce jeudi 15 juin, le candidat La République En Marche dans le Comminges. Philippe Saurel s’est investi dans les investitures LREM. Il a « sponsorisé » plusieurs candidats à la candidature. Y compris en ex-Midi-Pyrénées et dans le Tarn avec Marie-Christine Verdier-Jouclas. Une fois la campagne ouverte, avant le 1er tour, le maire de Montpellier a poursuivi son investissement en soutenant (au travers de déplacements) les candidats d’Emmanuel Macron.

Une visite dans la 8ème circonscription de la Haute-Garonne est un (simple) épisode supplémentaire. Sauf que la 8ème de la Haute-Garonne n’est pas un territoire comme les autres.

C’est la dernière circonscription gagnable pour le PS, en Haute-Garonne. Mais c’est surtout le fief de Carole Delga. Ce dernier point change tout.

C’est une sorte de « match retour » des Régionales. Philippe Saurel a défié Carole Delga dans les urnes en décembre 2015. Moins de deux ans plus tard, un soutien public au concurrent de Joël Aviragnet sonne comme une revanche. Joël Aviragnet est le candidat officiel de Carole Delga. La présidente de Région a véritablement dirigé le campagne de son dauphin. Un échec au 2nd tour va être interprété comme un échec personnel de Carole Delga.

Philippe Saurel a bien compris cet enjeu. Dans le Comminges, les législatives de 2017 prennent un air de 3ème tour des régionales.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

Législatives : le parti socialiste perd 72% de ses voix en Midi-Pyrénées

La déroute historique du PS se résume à un chiffre. En Midi-Pyrénées, entre 2012 et 2017, le parti socialiste a perdu 72% de ses voix.

Photo MaxPPP/MBoyer

Photo MaxPPP/MBoyer

En Midi-Pyrénées, les législatives de 2017 sont marquées par un véritable séisme. Le PS perd son hégémonie et des figures socialistes ont été balayées dès le 1er tour. En Haute-Garonne, tous les députés sortants sont battus. En Ariège, une terre historiquement socialiste, le PS est éliminé. Dans le Tarn, le pays de Jaurès, aucun candidat socialiste ne sera présent au second tour. Ce grand chamboulement repose sur une réalité chiffrée : une véritable hémorragie des voix.

Entre les législatives de 2012 et de 2017, le PS a perdu 311 236 voix.

Au 1er tour, en 2012, les socialistes ont obtenu 437 229 suffrages de la part des électeurs. Cinq ans plus tard, le stock passe à 125 993 voix. Cet étiage est dans les mêmes eaux que le 1er tour de la présidentielle 2017 : 129 894 voix.

Ce passage de plus 430 000 voix à moins de 130 000 traduit une chute de 72%

Le reflux le plus sensible se situe en Haute-Garonne : – 137 723 voix entre 2012 et 2014. La baisse la moins importante concerne le Tarn-et-Garonne : -11 765

Laurent Dubois (@laurentdub) avec Julien Leroy (@Julienl17)

 

 

13 Juin

Haute-Garonne : enquête sur un nouveau Comité Citoyen pour la Transparence Publique

Un Comité Local et Citoyen pour la Transparence de la Vie Publique est apparu en Haute-Garonne. Qui est-il ? Comment fonctionne-t-il ? Enquête.

Photo : MaxPPP

Photo : MaxPPP

Les législatives 2017 ne bouleversent pas uniquement le paysage politique. Elles sont marquées, en Haute-Garonne, par l’émergence d’un nouvel acteur de la scène politico-médiatique. Le 2 juin dernier, les lecteurs de la presse toulousaine ont découvert un Comité Local et Citoyen pour la Transparence de la Vie Publique. Cette première sortie médiatique portait sur le profil d’une candidate La République En Marche. Le Comité dénonce un mensonge concernant le statut professionnel de Corinne Vignon.

La démarche du Comité est claire. Il s’agit de pointer le comportement d’une candidate aux législatives. Mais l’article de presse servant de support à ces « révélations » laisse dans l’ombre un point essentiel : l’identité des « justiciers masqués ».

La transparence est au goût du jour. Le grand déballage autour de l’affaire Fillon et le « laver plus blanc que blanc » d’Emmanuel Macron créent un vrai mouvement de fond. Les révélations se multiplient et les candidats aux législatives sont passés au scanner. C’est salutaire. Mais le danger est de passer d’un extrême à l’autre. Après la tolérance et le silence, le risque est de verser dans les dénonciations tous azimuts. Dans ce contexte, l’émergence d’un Comité Local de Transparence pose question.

Contacté par France 3 Occitanie, un fondateur du Comité joue la transparence : « on ne va pas travailler à la transparence et ne pas être nous même transparent« .

Ce responsable préfère rester anonyme. Mais, selon lui, c’est uniquement pour des raisons internes : éviter de « court-circuiter » les membres du Comité Toulousain. Originaire des Hautes-Pyrénées, le « porte-parole »  revendique uniquement un rôle de mise en relation avec la presse. C’est d’ailleurs lui qui est à l’origine de la brève publiée dans un média toulousain.

En revanche, la composition du comité doit être révélée prochainement. Actuellement, le comité est composé de 4 personnes. Ce nombre doit évoluer. Le porte-parole du Comité lance un appel aux adhésions. Une exigence : l’absence d’appartenance politique. Cette précaution (élémentaire) est indispensable. Le risque d’un noyautage et d’une instrumentalisation est réel.

S’agissant de la philosophie du Comité son porte-parole revendique le parrainage de Tocqueville : « la démocratie repose sur des contre-pouvoirs« .

Au niveau des moyens, le Comité n’exclut pas de saisir la justice si nécessaire. L’association ANTICOR (créée en 2002 par le juge Halphen) saisit régulièrement les tribunaux. Son dernier fait d’arme porte sur l’affaire Ferrand et un dépôt de plainte visant un ministre du nouveau gouvernement Macron. Ce genre d’action est spectaculaire. Mais elle suppose des ressources juridiques (avocat) et une expertise.

Le Comité Citoyen de la Haute-Garonne aura-t-il les moyens pour se lancer dans des procédures judiciaires ? La question reste entière.

De manière beaucoup plus simple, un Blog doit être créé prochainement. Ce support sera un lieu d’expression. Mais il sera également un outil. Les internautes pourront contacter le Comité. Ce contact débouchera sur une collecte d’informations. Le Comité devra faire preuve d’une capacité de tri et d’une vigilance extrême. Le Blog du Comité ne doit pas devenir « Radio Corbeau », avec de fausses révélations et de vraies diffamations.

Cet aspect est d’ailleurs capital pour l’avenir du Comité Citoyen. C’est une question de crédibilité et même de survie. Des dérapages incontrôlés peuvent conduire à des actions en justice et au paiement de dommages et intérêts.

Il ne suffit pas de brandir l’étendard de la Transparence pour tenir la route.

Que ce soit au niveau de sa composition comme de son fonctionnement, le nouveau Comité Citoyen va devoir faire ses preuves.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

 

06 Juin

Législatives : enquête sur un « vrai-faux » tract En Marche ! en Haute-Garonne

Un tract circule sur la 1ère circonscription de la Haute-Garonne. Il porte l’estampille En Marche ! Mais le parti « macroniste » dément être à l’origine du document. Enquête.

 

© Juliette Meurin / France 3 Occitanie

© Juliette Meurin / France 3 Occitanie

Rien de flashy. Le tract est en noir et blanc et se réduit à une feuille A4. C’est le message qui attire le regard : « Il n’y a plus de candidats En Marche ! sur la 1ère circonscription de la Haute-Garonne« . Ce texte est complété (en recto) par la reproduction d’un dépêche AFP annonçant le retrait de l’investiture à l’ancien candidat En Marche !, Pierre Cabaré.

A première vue, le tract est parfaitement identifiable. Il porte le label En Marche ! et il comporte une adresse mail ainsi qu’un numéro de téléphone. Ces coordonnées renvoient (également) au parti d’Emmanuel Macron. Seul problème, les instances nationales et locales de La République En Marche n’ont jamais rédigé et encore moins distribué le fameux tract.

Il est apparu, ce dimanche 4 juin, sur les pare-brises des véhicules garés rue Matabiau. On devine l’intérêt politique du tractage : dégonfler les voix de l’ex-candidat LREM.

En insistant (publiquement) sur la perte d’investiture de Pierre Cabaré, il s’agit d’affaiblir un candidat qui reste (toujours) en piste.

Sans le « booster » LREM, l’ex-candidat « macroniste » perd un précieux atout.

Et cela débouche (forcément) sur un effet de vases communicants. Les concurrents de gauche et de droite peuvent profiter du « déclassement » de Pierre Cabaré.

Cette évidence semble signer le « vrai-faux » tract. Les concurrents de Pierre Cabaré ont intérêt à diffuser l’information sur sa perte d’investiture.

Côté PS, c’est un démenti formel. Dans le staff de Catherine Lemorton, on affirme ne pas être dans les coups « tordus ».

Un source livre une piste. Proche d’En Marche ! elle affirme avoir vu des militants Les Républicains distribuer des tracts. Des tracts mettant en avant la perte d’investiture de Pierre Cabaré. Cette information est confirmée par…le candidat de la droite et du centre. François Chollet déclare :

 Pierre Cabaré maintient une ambiguïté en continuant de se dire investi. Cette attitude nous a poussé à produire un document à destination du public reprenant cette information et renvoyant vers les sites LREM afin que chaque citoyen puisse avoir la possibilité de vérifier

Evidemment, l’affaire du « vrai-faux » tract est anecdotique.

Mais elle est révélatrice. Elle montre et démontre que les législatives 2017 se focalisent autour du label « macroniste ».

Emmanuel Macron n’a pas encore de majorité parlementaire. Il manque un point : le vote des électeurs.

Mais, avant le verdict des urnes, le nouveau président a déjà remporté une chose : son parti est au centre des préoccupations et de la mêlée.

Même si cela tourne (parfois) au théâtre de boulevard et au sketch de gare.

Laurent Dubois (@laurentdub)