11 Déc

Elections professionnelles : quels enseignements ?  

 

Elles viennent de s’achever dans la Fonction Publique. Constituent-elles vraiment un indicateur des aspirations sociales et politiques des fonctionnaires ? Mettent-elles en exergue des tendances politiques ? Pas évident.

 

Quoi de neuf tout d’abord ? Une première depuis 38 ans : FO perd la majorité à la Mairie de Toulouse. Il faut dire que l’affaire Falba, du nom de son ancien leader soupçonné d’abus de confiance, a laissé des traces. La CGT en profite. Un syndicat donc plus à gauche dans une mairie qui vient de repasser à droite. Premier signe que les personnels ne suivent pas forcément la tendance politique.

 

Autre place forte où FO perd le leadership : la police. Alliance passe devant en termes de suffrages mais les deux syndicats ont au final le même nombre de sièges : quatre. Assiste-t-on à une droitisation des troupes dans une période où l’ordre public est ébranlé par une série de manifestations dures en centre-ville de Toulouse et après l’impopularité des forces de l’ordre liée au décès de Rémi Fraisse à Sivens ?

 Votes et manifs 

La CGT gagne du terrain à la mairie mais en perd chez Airbus.  Il faut dire que dans cette entreprise le « marqueur » lutte sociale est moins fort qu’ailleurs, la centrale reconnue comme particulièrement contestataire y recueille donc moins de suffrages.

 

Un théorème qui ne se vérifie pas à l’hôpital où les grèves et autres rassemblements sont incessants depuis des mois. La Confédération Générale du Travail reste majoritaire mais perd 11% de ses voix en trois ans pendant que la CFDT en gagne autant pour se placer deuxième centrale devant FO et Sud.

 

Autre zone de contestation syndicale : les collectivités locales. La nouvelle carte des régions y entraîne une crainte de suppressions de postes. C’est l’argument massue de la CGT à l’Hôtel de Région. Au Conseil Général de Haute-Garonne, Sud-Solidaire préfère pointer le spectre de la métropolisation. Argument gagnant, le syndicat remporte un siège supplémentaire et vire en tête.

 

Top et flop de participation

 

De grands écarts de participation caractérisent enfin ces élections professionnelles d’un secteur à l’autre. Les hospitaliers se sont peu déplacés aux urnes, moins d’un tiers de votants, contrairement aux Finances Publiques qui remportent la palme du civisme avec 90% de participation. Des services des impôts où la grogne a été active tout au long de l’année et largement relayée par le syndicat qui reste majoritaire : Solidaires.

 

Que retenir de tout cela ? Qu’aucun bastion n’est imprenable évidemment, mais aussi qu’on peut toujours tomber plus bas. Ensuite que dans l’ensemble, les syndicats ont peiné à mobiliser d’avantage, dans les urnes comme dans la rue. Enfin qu’il y a des secteurs comme l’Education Nationale ou les Finances Publiques où le changement n’est pas pour maintenant.

 

Patrick Noviello