19 Mar

Coronavirus et confinement : des conseils municipaux quand même…

Si le second tour des élections municipales se dessine désormais en pointillés pour le 21 juin prochain, des maires ont d’ores et déjà été élus dimanche dernier. Alors comment vont-ils s’organiser en pleine épidémie de coronavirus et en période de confinement pour convoquer leur premier conseil municipal ?

PHOTOPQR/LA MONTAGNE/MAXPPP

Marc Péré a vérifié. Dans les communes de plus de 10 000 habitants, seul Jean-François Copé, à Meaux, a fait mieux que lui, d’un point, avec 76% des voix. Il doit donc comme tous les maires élus dès dimanche, s’atteler à l’organisation du conseil municipal, même si l’urgence est aussi ailleurs.

Réunion sans public mais avec la presse

A ce titre la salle des fêtes de l’Union est actuellement préemptée pour accueillir un pôle médical coronavirus d’ici ce vendredi. C’est donc dans une salle encore plus spacieuse, la Grande Halle, qu’aura finalement lieu le conseil municipal d’installation du maire. Ce sera pour dimanche à 17h30. « Y participeront les 33 élus et seulement sept administratifs » précise le maire Divers Gauche réélu.

En revanche, comme le préconisent déjà les Préfectures dans leurs recommandation « la réunion du conseil municipal se tiendra sans public ; seule la presse peut y avoir accès ». Ainsi n’est pas enfreinte, malgré le confinement, l’inaliénable obligation de publicité des débats.

Un quorum à réunir

A l’Union, comme ailleurs, les mesures barrière notamment celle de distance d’un mètre entre chaque personne seront respectées. Mais dans certains villages, aux installations plus restreintes, ce sera difficile. Cintegabelle n’aura pas ce problème.  « Nous serons 23 élus dans la salle des fêtes dans une configuration où on aurait pu rentrer 190 personnes » assure Sébastien Vincini.

Le nouveau maire socialiste est clair : « ceux qui ne se sentent pas de venir, ont des problèmes de santé ou autre ne sont pas obligés d’être là (une procuration est toujours possible). J’espère juste que le quorum sera réuni soit au moins la moitié, treize personnes ». Si ce n’était pas le cas il faudrait convoquer à nouveau  le conseil municipal avant mardi prochain.

Effectivement certaines voix s’élèvent déjà, comme ce conseiller municipal élu ce week-end en Tarn et Garonne : « Vous vous rendez compte qu’il y a eu 30 000 maires élus ce dimanche ! Ça veut dire 30 000 réunions organisées dans les trois jours qui viennent en France. Moi je suis convoqué samedi. Je m’en serais bien passé… »

Mais après…

Les conseils municipaux ont l’obligation légale de se réunir au moins une fois par trimestre. « On espère que dans trois mois la situation aura changé » espère Sébastien Vincini. Seulement une autre difficulté se présente pour les nouveaux maires : le vote du budget. Il doit se faire avant fin avril. « Et le débat d’orientation doit le précéder de 48 heures » précise Marc Péré. Mais la loi est la loi. Les nouveaux élus devront donc organiser tout ça là encore malgré le confinement.

Ultime défi qui attend ces élus du premier tour : la tenue des futurs conseils intercommunaux ou métropolitain en avril. Avec là encore du jamais vu : des assemblées mêlant nouveaux venus et anciens  élus en sursis ou pas.

Patrick Noviello (@patnoviello)

17 Mar

Coronavirus : comment s’organisent nos parlementaires ?

Valérie Rabault, présidente du groupe socialiste à l’Assemblée siégera à nouveau dès ce jeudi. PHOTO PQR/LE PARISIEN/MAXPPP

Valérie Rabault est remontée sur Paris juste avant l’annonce du confinement. La députée de Tarn et Garonne a décidé de passer cette période dans la capitale pour pouvoir y assurer son rôle de présidente du groupe PS à l’assemblée nationale. « Pour l’heure nous en sommes à la conférence téléphonique. J’en ai eu une d’une heure et demie ce matin avec tous les collaborateurs. On va maintenant passer en mode visio pour rendre la chose plus conviviale » explique-t-elle.

Questions au gouvernement en comité restreint »

Mais si Valérie Rabault a choisi d’être physiquement sur Paris, c’est que l’Assemblée Nationale va siéger à nouveau dès jeudi. La journée s’ouvrira par les questions au gouvernement où chaque groupe sera représenté par trois de ses membres puis examinera un projet de loi de finance rectificative pour débloquer des crédits liés à la crise sanitaire. « Le lendemain, nous examinerons le projet de loi sur les mesures d’urgence liées à la crise du coronavirus » précise Valérie Rabault.

Si ce projet de loi ne sera examiné que vendredi à l’Assemblée, c’est parce qu’il le sera d’abord au Sénat. Christian Bonhomme, lui, « attend des instructions ». Le sénateur L.R de Tarn et Garonne est redescendu dans sa circonscription. Il ne sait pas s’il peut se déplacer à nouveau vers Paris. Mais élu conseiller municipal à Caussade ce dimanche, il ne cache pas que sa semaine sera bien remplie de toute façon pour faire face à la crise sanitaire.

L’inconnue des Sénatoriales »

Pierre Médevielle, lui, a eu par téléphone son président de groupe UDI au Sénat et la consigne est claire : ne pas remonter à Paris. « Nous avons été consultés sur les trois textes et notre approbation est totale les concernant ». Pour le reste du travail, « nous avons des consultations par internet, et ça fonctionne bien » explique le sénateur de Haute-Garonne. En ce qui concerne les élections sénatoriales qui devaient se tenir en septembre, en revanche, c’est le flou le plus total.

« On devait être en campagne depuis début mars mais maintenant nous sommes en stand-by jusqu’au 21 juin, si le second tour des Municipales a lieu à cette date » explique l’ancien maire de Boulogne sur Gesse dont le siège de sénateur est renouvelable. Si les Municipales devait être encore repoussées en revanche, les sénatoriales le seraient aussi faute de grands électeurs.

Un contre-pouvoir à assurer »

Quoi qu’il en soit, le travail parlementaire ne sera pas totalement stoppé pendant les, au moins, quinze jours de confinement. « Il faut qu’il y ait un contrôle du gouvernement » rappelle Valérie Rabault. Comme le patron du PS l’avait indiqué ce matin sur C-News « la démocratie, même en temps de crise sanitaire, n’est pas intermittente ». Pour Olivier Faure, « il faut que les oppositions puissent exercer leur contre-pouvoir, et que nous ne passions pas dans une forme de gouvernement d’un seul ».

Patrick Noviello (@patnoviello)

16 Mar

Municipales Toulouse : plutôt que le second tour, la mobilisation face au coronavirus

Dès ce dimanche soir, l’ensemble des candidats qualifiés pour le second tour ou en position de fusionner, n’y croyaient plus vraiment. Ce lundi pour eux, ça ne fait plus aucun doute : oublions le second tour et pensons à la sécurité de tous.

Jean-Luc Moudenc lors du vote dimanche matin. Photo MaxPPP Xavier De Fenoyl

« Pour ma part, plus que jamais, avec les élus du Conseil municipal et les agents de la collectivité, je continue à me consacrer à la gestion municipale et métropolitaine des conséquences de la crise, afin de protéger les Toulousains. C’est mon unique préoccupation. » Le titre du communiqué du maire de Toulouse est clair : « on ne doit pas jouer avec la santé des personnes ». Le candidat Jean-Luc Moudenc n’est plus vraiment en campagne mais au travail pour protéger sa population.

La protection de nos concitoyens est la priorité absolue »

Du côté de ses adversaires sur ces Municipales, même démarche. Pierre Cohen et Antoine Maurice qui se sont réunis ce lundi matin n’ont pas parlé fusion de liste mais bel et bien riposte face à l’épidémie de coronavirus. « La protection de nos concitoyens est la priorité absolue. Nous avons souhaité tenir une première réunion au sujet des mesures à prendre pour permettre le bon fonctionnement des services publics et organiser les solidarités » explique Archipel Citoyen (27% des voix ce dimanche soir) dans un communiqué commun avec Pierre Cohen.

Et la liste de proposer un ensemble de mesures qu’elle prendrait au niveau de la municipalité si le second tour était maintenu ou si elle l’emportait : transformer Allô Toulouse en service d’aide et d’écoute contre la solitude, continuité des services publics municipaux de protection et de propreté, organisation des solutions de garde d’enfants pour les personnels des services publics essentiels, renforcement du service de portage de repas à domicile pour les personnes empêchées…

Le gouvernement doit prendre la mesure de l’angoisse des français »

« En attendant la tenue du second tour, nous nous tenons à la disposition de Jean-Luc Moudenc afin de contribuer à la mise en place de ces mesures » conclut Archipel dans son communiqué. « C’est à lui de voir s’il a besoin de discuter avec la liste qui se constitue » explique Pierre Cohen. Mais avec qui pourrait discuter Jean-Luc Moudenc ? Sa liste rivale ou ses conseillers municipaux d’opposition ? Du côté de la mairie, comme du candidat Moudenc, on dit ne pas avoir été contacté. « Une belle phrase dans un communiqué qui ressemble à une opération de com' » commente-t-on dans l’entourage du candidat sortant.

Quoi qu’il en soit, ces candidats toulousains comme l’ensemble de ceux qualifiés pour le second tour ce dimanche soir ont tous un point en commun. Ils attendent l’allocution du président ce soir à 20h. « Le Gouvernement doit prendre la mesure de l’angoisse des Français et la conviction (que seuls les scientifiques peuvent confirmer ou infirmer) d’une majorité croissante d’entre eux que voter dimanche c’est se mettre en danger : on ne doit pas jouer avec la santé des personnes ! » prévient le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc, candidat à sa succession.

Patrick Noviello (@patnoviello)

Second Tour des Municipales : Aurélien Pradié convaincu qu’il faut reporter

Aurélien Pradié, secrétaire général de L.R et député du Lot. Crédit Photo IP3 PRESS/ MAX PPP

Alors que le Président de la République doit à nouveau prendre la parole ce soir à 20h, pour le secrétaire général des Républicains il n’y a plus de question à se poser : le scrutin doit être reporté. « On prend des risques inconsidérés. Comment voulez-vous expliquer aux gens de se confiner alors qu’on leur demande de se rendre dans les bureaux de vote » affirme ce lundi le député du Lot.

On prend des risques inconsidérés »

Aurélien Pradié ne mâche pas ses mots : « On est collectivement responsable de la banalisation de cette crise liée au coronavirus ». Mais il explique également pourquoi le parti qu’il administre a souhaité ce premier tour. « Nous avons eu deux réunions à Matignon les 27 février et 12 mars. Tous les experts présents nous ont alors assuré qu’il n’y avait aucun risque quant à la tenue de ces élections » assure-t-il.

Le Premier Ministre, lui-même aurait plaidé pour que ses élections se tiennent selon le député. « C’est à ce moment-là que Gérard Larcher (Président LR du Sénat) a lui aussi soutenu le maintien des élections » précise Aurélien Pradié.

Samedi soir, un cap de franchi »

Seulement avant le premier tour, samedi soir, Edouard Philippe prend la parole pour annoncer un renforcement des mesures sanitaires notamment la fermeture des bars et restaurants. On franchit alors un cap dans le dispositif sanitaire face au coronavirus et à l’image du député du Lot de nombreux élus LR revoient leurs positions.

En attendant l’allocution présidentielle de ce soir, et une éventuelle annonce de report du second tour, Aurélien Pradié assistera à 17h à une réunion en Préfecture du Lot. Objectif : faire le point sur l’épidémie de coronavirus et la situation localement.

Patrick Noviello (@patnoviello)

Second tour des Municipales : de plus en plus de voix s’élèvent chez les socialistes pour demander son report

Premier tour des élections Municipales à Toulouse; Photo Xavier De Fenoyl MAX PPP

Comme elle le laissait déjà entendre ce dimanche soir sur notre plateau, la présidente socialiste de la région Occitanie est catégorique. « Je demande l’annulation immédiate du second tour des élections municipales » déclare Carole Delga dans un communiqué. « Face à l’urgence sanitaire, relayée par de nombreux médecins, le président de la République doit prononcer dès demain (ce lundi) l’annulation du second tour des élections municipales. »

Le temps n’est plus au débat politique électoral »

Le président du département de Haute-Garonne ne dit pas autre chose. « Le temps n’est plus au débat politique et électoral, il est à la nécessaire mobilisation collective afin de préserver la santé et la vie de dizaines de milliers de nos concitoyens » explique Georges Méric qui est aussi médecin de formation.

Arrivée troisième du premier tour à Toulouse, la candidate socialiste Nadia Pellefigue travaille ce lundi à une liste d’union mais ne souhaite pas de second tour pour autant. « Je refuse de choisir entre la santé de nos citoyens et la démocratie. Je refuse qu’ils aient individuellement à opérer ce choix » explique celle qui est aussi vice-présidente en charge de l’économie à la Région. Comme tous, elle scrute la décision du gouvernement : « il y a urgence à savoir s’il s’obstine à maintenir le second tour ».

Comment faire concrètement ? »

Sur son compte Twitter, Valérie Rabault, elle, indique comment pourrait s’effectuer ce report des élections. Pour la députée du Tarn et Garonne « Il faut reporter le 2nd tour des municipales, en gardant acquis le résultat du 1er tour. Pour les communes concernées, le maire sortant voit son mandat prolongé. Pour les communes avec des listes élues dès le 1er tour, les nouveaux élus prennent leur fonction » demande la présidente du groupe socialiste à l’Assemblée Nationale.

Le Président de la République s’exprimera à nouveau ce soir à 20h sur les nouvelles mesures de lutte contre l’épidémie de coronavirus qui s’étend. Nul doute qu’il  s’exprimera aussi sur la suite du processus électoral.

Patrick Noviello (@patnoviello)

10 Mar

Municipales : face au coronavirus, les meetings migrent sur les réseaux sociaux

Plusieurs candidats qui ont annulé leurs réunions publiques d’avant premier tour ont décidé de les déplacer…sur les réseaux sociaux. Alors comment s’organisent ces événements d’un genre nouveau ? La claque ne va-t-elle pas venir à manquer ? Quel impact peut avoir un tel événement ?

Photo MaxPPP/Christophe Petit Tesson

« Suite à notre décision d’annuler notre meeting physique au Metronum, nous organiserons un meeting numérique » stipule le tweet de la liste de Pierre Cohen candidat toulousain. C’est donc l’option d’une retransmission en direct sur Facebook à partir de 20h qui a été prise par l’équipe de « Pour la Cohésion-L’autre Choix ». Mais combien seront-ils à s’y connecter ? Autant que si l’événement avait eu lieu au Metronum ? Plus ?

Un meeting chez vous »

Après avoir été la première à annuler sa réunion publique prévue salle Mermoz le 10 mars, Nadia Pellefigue promet carrément « un meeting chez vous ». Le communiqué de la candidate socialiste scande même : « Invitez des amis, préparez un moment convivial avec des produits #FabricatATolosa, et mettez-vous à l’aise : on s’occupe du reste ! » Jusqu’à la livraison des pizzas ? La liste « Une nouvelle énergie » invite aussi les internautes à se manifester : « Montrez-vous avec vos amis devant le meeting, et réagissez sur ce que diront les intervenants. »

Autre stratégie du côté d’ « Archipel Citoyen ». La liste emmenée par Antoine Maurice se verrait bien prendre l’air plutôt que la route des réseaux sociaux, ou plutôt encore que limiter les places d’une salle à moins de mille personnes : « Ne souhaitant pas opter pour un format réduit suivant le principe du « premier arrivé, premier servi » et pour poursuivre la dynamique de la campagne, nous proposons de le remplacer par une grande action en plein air ». Pas plus d’infos pour l’heure.

Meeting en plein air ou débat entre candidats »

Le candidat de l’union de la gauche à Montauban Arnaud Hillion a lui aussi annulé son meeting prévu le 12 mars et le propose en ligne le même jour. « Nous le faisons en responsabilité, du fait des premiers cas de coronavirus dans le département et face à la géométrie variable des décisions du gouvernement qui ne conduit pas à rassurer nos concitoyens ». Mais le socialiste propose toutefois un débat avec les cinq autres listes en lice pour le scrutin montalbanais. S’il a lieu, les candidats se serreront ils la main ? Curieuse campagne décidément…

Patrick Noviello (@patnoviello)

23 Jan

Grand Débat, un an après : des chercheurs toulousains ont analysé les contributions

Un laboratoire de sciences sociales toulousain, le LERASS, a non seulement traité des données issues du Grand Débat mais a également analysé celles issues du « Vrai Débat » initié lui par les Gilets Jaunes. Un bon moyen de faire la synthèse des préoccupations mais aussi un début de comparaison entre les stratégies du gouvernement et des Gilets Jaunes.   

Edouard Philippe lors de la restitution du Grand Débat National, en avril dernier, à Paris. Photo Philippe LOPEZ / AFP

« Au départ nous étions partenaires de la Commission Nationale du Débat Public avec qui nous avions déjà travaillé lors du débat sur l’Identité Nationale. Puis la CNDP a été désinvestie au profit de deux Ministres et cinq garants » explique Pascal Marchand. « Les Gilets Jaunes ont alors suspecté une récupération et ont dit « on va organiser notre propre débat. Comme ils ont vu que nous étions cité comme organisme de référence par la CNDP, ils nous ont sollicité » poursuit celui qui dirige le Laboratoire d’Etudes et de Recherches Appliquées aux Sciences Sociales.

Il faut dire que le LERASS installé sur le campus de l’université Paul Sabatier de Toulouse possède les outils adéquats. « Si on prend le Grand Débat National, c’est 167 millions de mots. Ce n’est pas le plus gros que l’on ait eu à traiter avec nos logiciels et notre technologie. Il manque des données mais on peut en sortir quelque chose » précise le chercheur.

L’exploitation des cahiers de doléances sera très difficile voire impossible »

Mais alors pourquoi ces données n’ont-elles pas encore été traitées ? « Nous sommes piégés par un appel d’offre de l’Agence Nationale de la Recherche et du CNRS qui n’a toujours pas été lancé » précise Pascal Marchand. Plusieurs laboratoires et une cinquantaine de chercheurs sont sur les rangs pour y répondre. Faute d’appel d’offre pour l’instant, aucun d’entre eux ne va se lancer dans ce travail colossal sans un budget dédié.

Une partie des données issues du Grand Débat National, sont pour l’instant consultables dans leur ensemble sur un site du gouvernement dédié. Elles sont principalement issues des réunions publiques. L’exploitation des cahiers de doléances sera, elle, très difficile voire impossible. Ces documents ont été numérisés en format image sur des fichiers qui sont désormais très lourds. Et encore, un certain nombre pas tous. Plusieurs ont été égarés, d’autres ont rejoint des services d’archives locaux.

Il existe beaucoup plus de données à exploiter en revanche sur « le vrai débat » organisé principalement en « Agora 2.0 » par les Gilets Jaunes. De là à dire que le Grand Débat National n’a pas été organisé pour être utilisé mais pour « refroidir les ardeurs », il n’y a qu’un pas que certains n’hésitent pas à franchir.

Le R.I.C toujours un enjeu majeur pour les Gilets Jaunes ou leurs sympathisants »

Le LERASS a d’ores et déjà publié un rapport sur l’interprétation des données du « vrai débat » lancé à l’initiative des Gilets Jaunes. Parmi plus de 92000 arguments énoncés, « les contributions visent à établir une négociation voire à l’imposer ». Plus dans le détail voici les thématiques principalement évoquées :

  • 27% concernent l’économie, les fiances, le travail et les comptes publics
  • 17% la démocratie, les institutions, le référendum d’initiative citoyenne
  • 15% l’expression libre et les sujets de société
  • 14% la transition écologique solidaire, l’agriculture et l’alimentation

Même s’il n’arrive pas en tête des thématiques citées, le RIC s’inscrit toutefois comme un enjeu majeur pour contrôler les lois et le respect des engagements électoraux mais aussi pour revitaliser la démocratie « via l’introduction de procédures directes de décision collective ».

Les élus pointés du doigt, pas le système »

Autre constat qui ressort de cette analyse du « vrai débat », « la contestation porte moins sur le système lui-même que sur la légitimité des élus, leur procès en compromission ou en incompétence ». Le citoyen reste donc « la dernière figure collective  légitime afin de rediscuter le contrat social de départ » selon le rapport du LERASS.

Parmi les enseignements tirés du « vrai débat » des Gilets Jaunes une phrase qui prend un sens particulier alors que le mouvement de contestation sociale face à la réforme des retraites notamment se durcit : « le débat a commencé avant, a continué pendant et se poursuivra après ». Une assemblée des assemblées de Gilets Jaunes devrait d’ailleurs se réunir prochainement pour faire émerger une synthèse des propositions.

Sondage façon XXème siècle contre Agora 2.0″

Le LERASS, de son côté, n’abandonne pas l’idée de synthétiser le Grand Débat National. Ses chercheurs devraient même publier dans les mois qui viennent une comparaison entre les deux formules. Quelques faits marquants émergent déjà. « Si on prend la couverture dans la presse par exemple, pour un article qui parlait du « Vrai Débat » des Gilets Jaunes, 800 traitaient du Grand Débat National »  assène sans détour Pascal Marchand.

Les publics ayant participé aux deux contributions sont aussi très différents. « Le Grand Débat National a été réalisé sous la forme d’un sondage modèle XXème siècle, sans savoir qui répond vraiment. La population y est plus hétérogène que dans le « Vrai Débat » des Gilets Jaunes » commente Pascal Marchand. Le premier rassemble des propos plus techniques, le second réfléchit plus particulièrement à « comment remettre du fonctionnement démocratique ». Une problématique qui apparemment reste plus que jamais d’actualité.

Patrick Noviello (@patnoviello)

 

 

16 Jan

Grand Débat et cahiers de doléance : un an après que sont-ils devenus ?

Près de 10 000 réunions d’initiatives locales et le double de cahiers de doléance avaient été mis en place en France à l’occasion du Grand Débat organisé suite au mouvement des Gilets Jaunes. Alors que sont devenues les données et interventions recueillies ? Difficile de le savoir vraiment.

Emmanuel Macron lors d’un grand débat autour des maires le 18 janvier 2019 à Souillac dans le Lot (PhotoPQR La Montagne/MaxPPP)

A Aspet, en Haute-Garonne, Christian Boato, avait organisé un débat en tant que simple citoyen. L’évènement avait réuni une cinquantaine de personnes le 8 février dernier. « L’expérience par elle-même a été satisfaisante. Je n’en attendais pas d’autres retours »  explique-t-il. « Après, j’ai croisé quelques personnes qui étaient satisfaites pour la valeur intellectuelle de la proposition et l’échange que ça a suscité ».

Faire vivre les valeurs républicaines et le débat démocratique »

Cet ancien cadre bancaire et commerçant désormais à la retraite avait tout simplement envie de faire vivre les valeurs républicaines et le débat démocratique aujourd’hui en danger selon lui. Une expérience qui s’est terminée pour lui par…un engagement dans En Marche. « Je ne l’ai pas fait par amour pour M.Macron mais pour encourager la vision globale et l’audace de ce mouvement ».

De nombreux débats auraient toutefois donné lieu à des synthèses exploitées. Didier Gardinal en était le référent pour le département du Tarn. « En tant que membre du CESE (Conseil économique Social et Environnemental), je travaille en ce moment à un rapport sur la fiscalité verte, domaine qui fait partie des thématiques qui ont été désignées comme prioritaires à l’issue du grand débat. Nous nous inspirons directement des synthèses des débats organisés partout en France. Nous devrions rendre nos conclusions fin mars ». Un travail mené parallèlement à celui de la convention citoyenne pour le climat.

Aucun retour » pour les maires

Côté Association des Maires de France, qui avait été directement impliquée dans l’organisation des débats et le recueil des cahiers de doléances « aucun retour ». « Je n’ai même aucun maire qui m’en a parlé » commente Jean-Louis Puissegur président de l’AMF en Haute-Garonne et vice-président au niveau national.

Ce sont les Préfectures qui étaient censés faire remonter ses cahiers de doléances auprès du gouvernement. Un rapport final  a bien été mis en ligne en juin dernier. Mais quid des cahiers de doléance eux-mêmes ? « Je sais que ça a dû être archivé quelque part. Mais je n’ai rien vu ni lu qui me laisse penser qu’il en a été fait quelque chose » reconnaît Didier Gardinal.

On a presque perdu un an »

« Beaucoup de choses se sont perdues en route » regrette également Aurélien Michel. « Regardez où nous en sommes aujourd’hui. Tout augmente. On a presque perdu un an » assène celui qui est resté Gilet Jaune mais qui a aussi réintégré plus activement son syndicat, la CGT. « Ce qu’ils font aujourd’hui avec le retrait provisoire de l’âge pivot, c’est ce qu’ils nous avaient fait à l’époque avec la taxe carburant ».

De toute façon, de nombreuses voix s’accordent à dire qu’en plein mouvement social sur les retraites, l’urgence n’est pas à envisager de nouvelles réformes. Emmanuel Macron s’est pourtant dit prêt, la semaine dernière, à soumettre à référendum certaines propositions de la conférence citoyenne pour le climat.

Patrick Noviello (@patnoviello)

04 Jan

Municipales à Montauban : le candidat soutenu par En Marche réserve 20% de sa liste à des candidatures « spontanées »

« Vous avez envie de vous impliquer pour Montauban ? Rejoignez notre liste ! » L’annonce ne passe pas inaperçu sur les réseaux sociaux. Pierre Mardegan tête de liste « Osons Montauban » s’explique.

Pierre Mardegan souhaite « marquer un changement fort avec la gouvernance de l’actuelle municipalité ». Photo DR

« En offrant ainsi des places à la société civile, on voulait marquer un changement fort avec la gouvernance de l’actuelle municipalité » se justifie celui qui est aussi le chef de pôle des urgences de l’hôpital. Et peu lui importe que ses adversaires le brocardent déjà en avançant qu’il a fait cela parce qu’il avait du mal à boucler sa liste.

Je vais recevoir chacune des personnes »

« Aujourd’hui, on a reçu une quinzaine de candidatures. Je vais recevoir chacune des personnes » promet la tête de liste « Osons Montauban ». C’est, en tout, une dizaine de places qui seront ainsi pourvues et pas que des strapontins se défend Pierre Mardegan : « Certains d’entre eux pourraient se voir confier des responsabilités en fonction de leurs compétences particulières ».

« On a fait pareil avec deux jeunes à qui nous avons réservé deux places » assure l’ancien candidat En Marche aux Législatives en Tarn et Garonne. Mais cette fois-ci pas d’étiquette insiste-t-il. Il n’est que « soutenu » par le mouvement présidentiel. « On a voulu installer un équilibre politique avec une sensibilité centriste qui regroupe avec nous notamment l’UDI et le Modem ».

La liste annoncée avant fin janvier »

Alors qui seront ces « candidats spontanés » ? Réponse d’ici fin janvier quand la liste sera annoncée officiellement. En attendant, les équipes d’ « Osons Montauban » sont déjà sur le terrain explique son leader qui prévoit déjà six réunions publiques.

Patrick Noviello (@patnoviello)

 

 

20 Déc

Municipales : quand un maire prépare le budget de sa commune avec les candidats à sa succession

Il l’avait dit, il le fait. Après trois mandats successifs de maire de Castanet-Tolosan en Haute-Garonne, Arnaud Lafon (LR) ne se représente pas. Et il va plus loin puisqu’il prépare la suite. Ainsi il a reçu mercredi en mairie trois prétendants à sa succession pour établir avec eux le prochain budget de la commune.

Arnaud Lafon, maire (LR) de Castanet-Tolosan. Photo Pascal Pavani/AFP

« Tous les trois se sont prêtés au jeu » explique sereinement Arnaud Lafon. Le maire sortant explique toutefois que sur les 8,6 millions d’euros de budget, 600 000 seulement restaient à arbitrer. Si la pratique est peu courante, elle consiste, selon celui qui fut élu pour la première fois à 25 ans, à « assurer la continuité républicaine ».

Des choix qui ont fait consensus

Concrètement des choix ont largement fait consensus comme la réfection du toit d’un groupe scolaire ou encore le gel des travaux d’embellissement de la piscine pour y résoudre seulement les problèmes de fuite. Mais le futur maire aura au moins une vision fiable des chantiers lancés,  comme l’école de musique ou le centre de loisir, et connaîtra précisément les fonds à sa disposition.

Depuis 2001, début de la mandature Lafon, la capacité d’investissement de la commune a été multipliée par quatre. Une évolution largement corrélée à celle de la population passée, selon la dernière notification Insee, de 10 400 à 13 700 habitants. Soit 30% de population en plus.

Si l’Etat tient ses engagements, ils bénéficieront de deux millions d’euros supplémentaires

« Nous avons aussi bénéficié d’un élargissement de nos foyers fiscaux de 4200 à 6500 » analyse aussi le maire actuel. Toujours au chapitre des finances, Castanet attend une compensation de l’Etat de deux millions d’euros après la disparition de la taxe d’habitation voulue par Emmanuel Macron. « Là encore si les engagements de l’Etat sont tenus, le futur maire disposera de cette recette supplémentaire ».

Arnaud Lafon s’abstient bien en revanche de choisir un candidat entre les trois successeurs potentiels qu’il a reçu : Bernard Bagnéris (PS) « Castanet avec nous », Thomas Berger (Soutenu par LREM) « Ensemble Castanet Vivant » et Xavier Normand (EELV) « Castanet en Commun ». Mais il leur laissera plus que les clés puisqu’une une restitution d’audit sur les comptes publics de la commune aura également lieu en janvier.

Patrick Noviello (@patnoviello)