17 Juil

Non, la mairie de Toulouse ne va pas interdire les drapeaux étrangers pour la finale de la CAN entre Algérie et Sénégal

Le Rassemblement National a demandé au maire de Toulouse d’interdire les drapeaux étrangers pour la finale de la Coupe d’Afrique des Nations. C’est non. Voilà pourquoi.

Joie des supporters algériens. Photo : MaxPPP. M.Jegat

Pour la demi-finale, des incidents se sont produits à Toulouse. Des supporters algériens ont fêté la victoire de leur équipe nationale face au Nigéria et la soirée s’est terminée par des tirs de grenades lacrymogènes, notamment place du Capitole ou encore sur les boulevard. Aucune interpellation. La situation a été beaucoup plus calme qu’à Lyon et Paris

Mais un élu régional du Rassemblement National, candidat aux Municipales de mars 2020, Quentin Lamotte, demande au maire de Toulouse de prendre un arrêté pour la finale qui doit se dérouler vendredi soir. Quentin Lamotte demande à Jean-Luc Moudenc d’interdire « l’usage ostentatoire des drapeaux étrangers au centre ville ».

 

Selon nos informations, le sujet est pris au sérieux au Capitole. Les services juridiques de la mairie ont été consultés pour évaluer la légalité d’un tel arrêté. Une réponse « positive » aurait été surprenante. Un drapeau national est, par définition, l’emblème d’un Etat. Le fait de le brandir dans la rue n’est pas, en soi, constitutif d’un trouble à l’ordre public.

A l’extrême rigueur, et c’est encore contestable devant le juge administratif, il est possible d’interdire, dans un périmètre donné, des drapeaux. Mais l’interdiction doit porter sur tous les drapeaux, y compris Français et ceux des clubs sportifs. Dans ce cas, comme pour les bouteilles en verre, il s’agit d’éviter que des drapeaux se transforment en projectiles, en « armes par destination ».

En 2014, le maire de Nice a pris un arrêté pour interdire l’usage ostentatoire de drapeaux étrangers pendant la Coupe du Monde de foo.  La justice a suspendu l’exécution de la décision. Ce précédent a forcément pesé dans la décision du Capitole.

Interrogé par France 3, l’adjoint à la sécurité, Olivier Arsac, a indiqué :

Le candidat du Rassemblement National demande d’interdire les drapeaux étrangers dans Toulouse. Il prétend que la mairie de Nice avait pris une telle disposition avec succès. C’est tout à fait inexact. En effet, la justice administrative avait annulé cet arrêté pris par la mairie de Nice. La gestion de la 4ème ville de France commande de connaître et respecter les lois de la France. Les violer entraîne, et c’est heureux, une condamnation par les tribunaux. De quoi affaiblir la cause prétendument défendue par les mesures illégales. Si nous sommes à l’écoute de toutes les propositions, d’où qu’elles viennent, elles doivent êtres formulées avec responsabilité ».

Mais, politiquement, Quentin Lamotte a réussi son « coup ».

Il a trouvé un sujet qui lui permet de faire entendre sa voix en pleine trêve estivale. A 9 mois d’une élection, ça s’appelle faire campagne.

Laurent Dubois (@laurentdub)

08 Juil

Municipales : LaREM veut « s’ancrer dans les territoires »

La campagne des Municipales est bel et bien lancée pour le mouvement d’Emmanuel Macron. Deux initiatives qui se sont déroulées ce dimanche l’attestent. Trois « espaces citoyens » ont été inaugurés dans le pays dont un à Foix en Ariège. Parallèlement des ateliers intitulés « En Marche vers nos communes »  pour construire les futurs programmes sont organisés notamment en Haute-Garonne.

Pour préparer les Municipales, la République En Marche organise des ateliers et des débats comme ici ce dimanche à Saint-Orens. (Photo LREM 31)

« La République En Marche » cherchait-il vraiment un enracinement local ? C’est la réponse qui se posait notamment après de parcimonieuses annonces d’ « investitures » ou de « soutiens » en provenance de l’état-major parisien. Mais les actions se mettent à devenir de plus en plus locales comme ce fut le cas ce dimanche.

A Saint-Orens par exemple où la maire sortante, Dominique Faure est officiellement soutenue par LREM, une trentaine de marcheurs se sont réunis. Au programme des ateliers qui se sont déroulés de 9h à 17h autour de thématiques locales classiques comme le logement, la mobilité ou la sécurité. « C’est le deuxième étage de la fusée commente Pierre Casteras. On a  d’abord formulé des projets. Nous en sommes maintenant aux propositions ».

Instaurer un dialogue »

Le référent de la Haute-Garonne explique que la démarche a été entreprise dans toutes les communes de plus de 9000 habitants de son département : Muret, Castanet, Toulouse, Colomiers ou encore Balma. Objectif : « instaurer un dialogue ». A Toulouse, par exemple, ce sont le député Jean-François Portbarrieu et le directeur de cabinet du Président de l’Assemblée Nationale, Jean-Marie Girier qui sont chargés des échanges avec Jean-Luc Moudenc.

A Castanet, le maire sortant Arnaud Lafon ayant annoncé qu’il ne se représentera pas, les discussions sont en cours avec le Modem. De manière générale, trois cas de figures s’offrent au mouvement présidentiel : soit une tête de liste LREM, soit une liste portée par un autre membre de la majorité présidentielle, soit un accord avec un élu non issu de la majorité présidentielle mais avec qui le projet est partagé.

« Nous avançons » se satisfait Pierre Casteras. « On a lancé un appel aux bonnes volontés. On a des demandes de création de comités locaux. On retrouve ce qui fait notre essence ». Nul doute que LREM avait grand besoin d’ « s’ancrer dans les territoires ». Pour la Haute-Garonne, les Législatives avaient facilité l’opération. Mais quid des départements où En Marche ne compte pas de parlementaires ?

Espaces citoyens »

Là, le mode opératoire est différent avec la mise en place d’ « espaces citoyens » comme ce fut le cas  ce week-end à Foix. L’annonce a été faite avec emphase évoquant « un forum d’un genre nouveau » avec comme tête d’affiche Raphaël Bernardin, le maire de Saint-Sulpice-La-Pointe dans le Tarn, premier maire élu sous les couleurs LaREM à l’automne 2017.

Dans le bâtiment de 150 m² sur trois étages, « il y a une zone d’accueil où tous nos visiteurs pourront se renseigner sur nos activités et trouver des informations sur les réformes en cours, un espace dédié à l’écosystème local » précise Jérôme Azéma dans un communiqué. Et le référent départemental de s’enthousiasmer : « On a des projets plein la tête et on met la main à la pâte pour leur donner corps ». Pas de doute, en Ariège comme ailleurs, la campagne des Municipales est bel et bien lancée.

Patrick Noviello (@patnoviello)

 

 

 

28 Juin

Municipales : Quentin Lamotte, candidat du RN  à Toulouse

Quentin Lamotte (au centre) entouré de Julien Léonardelli délégué départemental du RN 31 et de Maïthé Carsalade, conseillère régionale RN ce matin, place du Capitole (Photo RN31)

Il s’était révélé lors de son élection au conseil régional dont il est le benjamin. Quentin Lamotte, 31 ans, vient d’être investi par le Rassemblement National pour briguer la Mairie de Toulouse.

Le délégué départemental du RN sourit. A l’heure où d’autres partis se déchirent pour désigner leur candidat, le sien se targue d’être « discipliné ». « Nous avons tout simplement une commission nationale d’investiture » déroule Julien Léonardelli.

D’autres candidats ont également voulu participer au débat mais je soutenais Quentin Lamotte qui était le candidat légitime » (Julien Léonadelli).

Investi au RN sur la ville et le département depuis une dizaine d’année, Quentin Lamotte y pense en se rasant depuis une bonne année. Depuis douze mois, en effet, le Rassemblement National dit avoir « maillé » le territoire toulousain avec des référents pour chaque quartier. Un maillage qui va désormais servir pour les prochaines Municipales.

Je n’ai jamais caché mon appartenance politique »

« Contrairement à d’autres, je n’ai jamais caché mon appartenance politique. Ma liste sera clairement identifiée Rassemblement National. Maintenant, je n’oblige aucune personnalité de la société civile qui nous a rejoint ou nous rejoindra à prendre sa carte au RN » affirme sans détour la tête de liste. Une liste qui se veut « ouverte » mais qui se revendiquera du parti de Marine Le Pen.

Seulement Toulouse n’a jamais vraiment réussi au Rassemblement National aux municipales. « Même si Toulouse est une grande ville et que la bataille y sera aussi politique, il y a un enjeu local » tempère le délégué départemental du RN 31. Julien Léonardelli ne cesse de le marteler : «la politique, c’est pas des mathématiques ! ».

L’objectif ? Etre au second tour ! »

De son côté Quentin Lamotte a quand même fait ses calculs. « Notre objectif est clairement d’être au second tour. On a le socle électoral pour ça, entre 15 et 20 000 voix. Depuis 2014, hormis lors des Législatives de 2017 (NDLR : où il était aussi candidat sur Toulouse), on a régulièrement franchi le nombre de voix pour avoir les 10%. »

Mais le jeune courtier en crédits immobiliers ne veut pas s’en tenir à une logique comptable. « Maintenant, notre travail va être de mobiliser notre électorat mais aussi de lancer un appel aux électeurs LR qui ne sont pas partis chez LREM ».

Ces bulletins qui les feraient basculer au second tour, le candidat RN compte aussi aller les chercher dans les quartiers qu’il qualifie de « sensibles » et où il dit avoir « des marges de progressions ». Pour cela, la thématique de la sécurité sera forcément encore très présente dans le futur programme. « Jean-Luc Moudenc avait des bonnes intentions en la matière. Mais les résultats ne sont pas là . Il avait pourtant les relations politiques pour obtenir des policiers nationaux supplémentaires. Mais on ne peut rien faire si on est défaitiste».

Stop à la densification massive ! »

Autre grief à l’encontre du maire sortant, urbanistique celui-ci : la densification « massive ». « La métropole accueille 7000 nouveaux logements par an dont la moitié à Toulouse. Mais les transports publics ne suivent pas. Prenez le quartier Malepère. 1200 logements vont y être construits et il n’y a qu’une ligne de bus. Que vont faire ces nouveaux arrivants ? Se déverser avec leurs voitures sur une rocade déjà saturée» assure Quentin Lamotte.

Son programme doit encore être affiné. « Nous le consoliderons en juillet-août, avant de le présenter en septembre » précise-t-il. L’agenda semble déjà bien ficelé. Premier sur la ligne de départ ne signifie pas forcément premier sur la ligne d’arrivée. Mais le RN a d’ores et déjà lancé sa campagne et ne compte pas attendre les autres pour conquérir l’électorat toulousain qui lui fait défaut pour atteindre ses objectifs.

Patrick Noviello (@patnoviello)

27 Juin

Réforme des retraites : le groupe de travail présidé par Corinne Vignon rend ses propositions

La députée LREM de Haute-Garonne a présidé pendant trois mois les travaux du groupe transpartisan sur la mise en place d’un système universel de retraite. Auditionnée le 26 juin par la commission des Affaires Sociales de l’Assemblée Nationale, elle a rendu ses préconisations.

Corinne Vignon, députée En Marche de la Haute-Garonne et présidente du groupe de travail transpartisan sur la réforme des retraites. Photo : MaxPPP/isorel

Le constat de la députée est sans appel : « notre système de retraite est dépassé ». Autrement dit, il « n’est plus adapté aux réalités des situations de chacun et laisse certains de nos concitoyens sur le bord du chemin ». Mais attention un système universel ne signifie pas unique. Pour Corinne Vignon, « ce nouveau contrat social permettra de redonner confiance aux français dans notre système de retraite et contribuera à mieux prendre en charge les diversités et les spécificités des parcours de vie et professionnels de chacun ».

Un départ à quel âge ? »

Mais dans le détail que disent exactement les conclusions du groupe de travail ? Ces propositions ont pour but de « venir nourrir le débat national dont les parlementaires se saisiront prochainement ». N’y cherchez donc pas une préconisation précise sur l’âge légal de départ à la retraite. Ce point, sans doute le plus chaud de cette réforme, ne sera véritablement abordé que dans l’hémicycle. Mi-juin, Edouard Philippe avait évoqué « la possibilité d’un départ à 62 ans » mais avait également parlé d’ « un âge d’équilibre » pour inciter à « travailler plus longtemps ».

Quoi qu’il en soit, le groupe de travail formule d’ores et déjà 18 propositions. Parmi celles mises en avant : l’extension du dispositif de la réversion aux pacsés, qui en sont aujourd’hui exclus. Les députés souhaitent également instaurer un système de bonus-malus pour encourager les seniors. « Le coût de la mise hors emploi d’un salarié de plus de 55 ans serait alourdi par une contribution supplémentaire » explique le rapport. Enfin dans le cadre d’une entrée de plus en plus tardive des jeunes dans la vie active, les parlementaires veulent permettre aux stagiaires de constituer des droits à la retraite.

Un bonus/malus pour encourager l’embauche des seniors »

Comment ses propositions, et les quinze autres, ont-elles été établies ? Le groupe de travail a organisé des tables-rondes avec les syndicats de personnel et d’employeurs mais aussi avec des associations de familles ou encore des structures luttant pour l’égalité femmes/hommes. Experts et représentants d’administrations ainsi que fédérations de retraités ont également été entendus. Les « aidants » ainsi que certaines professions dites « à risque » comme gendarmes, pompiers ou encore personnels pénitentiaires ont aussi été consultés.

Que vont devenir ces propositions ? Même si elle a rencontré à plusieurs reprises Jean-Paul Delevoye, Corinne Vignon n’a pas eu d’engagement précis du haut-commissaire à la réforme. Ce jeudi, le ministre en charge des Relations avec le Parlement a indiqué que le projet de loi serait déposé à l’horizon de la fin d ‘année. La réforme des retraites devait initialement être débattue après les Européennes. Pour Jean-Paul Delevoye, « un ou deux mois de plus, ce n’est pas un souci (…) si le délai consiste à enrichir les débats ». « Si le délai consiste à enterrer le sujet, je demanderai à ce moment-là que les choses soient clarifiées » a-t-il cependant rajouté.

Patrick Noviello (@patnoviello) avec AFP

06 Juin

Départ de Valérie Pécresse des Républicains : le référent de son mouvement en Haute-Garonne réagit

C’était il y a tout juste un an, le mouvement « Libre » de Valérie Pécresse tenait son premier séminaire de travail et Pierre Esplugas-Labatut y était désigné référent territorial pour la Haute-Garonne. L’échec de LR à la Présidentielle était encore dans toutes les têtes. Mais qui pouvait imaginer la crise qu’allait vivre le parti aujourd’hui ?

Pierre Esplugas-Labatut et Valérie Pécresse lors du premier séminaire de travail de « Libre » en juin dernier à Orléans (Photo DR)

Pierre Esplugas-Labatut ne s’en cache pas, il ne s’attendait pas au départ de Valérie Pécresse. Il n’est pas pour autant pris de cours quand on lui demande s’il va quitter Les Républicains à son tour : « La différence entre elle et moi, c’est qu’elle est sur une trajectoire nationale, moi je suis pleinement engagé sur les Municipales à venir et ne compte pas déstructurer d’avantage Les Républicains, notamment en Haute-Garonne ».

A Paris, c’étaient les conservateurs qui avaient pris le pouvoir »

« J’ai acquis la conviction que la refondation de la droite ne pourra se faire à l’intérieur et qu’elle doit se faire à l’extérieur du parti » a expliqué Valérie Pécresse ce mercredi soir au 20H de France 2. Mais alors que ce soit dans le parti actuel ou en en créant un autre que peut-il advenir d’un courant de droite modérée que veut incarner la présidente de la Région Île de France et auquel adhère Pierre Esplugas-Labatut ?

« Ce courant de droite modérée il était déjà incarné dans ma fédération locale. C’est un élément de plus pour que je ne parte pas. Mais à Paris, dans la structure nationale c’étaient des conservateurs qui avaient pris le pouvoir » analyse le porte-parole de LR 31.

Je sentais que ça allait craquer »

Un courant conservateur à qui il attribue l’échec des Européennes et une crise qu’il avait vu venir. « Oui, je sentais que ça allait craquer car les résultats aux élections sont têtus et ce résultat marque l’échec du courant conservateur». Espère-t-il pour autant un futur président tendance droite modérée ?

« Peu importe. Les prochains patrons ce seront ceux qui porteront la droite dans les futures élections locales, municipales, départementales, régionales » affirme sans détour celui qui est aussi adjoint au maire de Toulouse. « Il faut d’abord un réseau d’élus locaux pour incarner la droite sinon là le parti peut vraiment mourir ». Et le porte-parole de LR en Haute-Garonne de se dire prêt à parier que les résultats des Municipales ne seront pas ceux des Européennes.

Pierre Esplugas-Labatut ainsi que Brigitte Barèges, Aurélien Pradié et Arnaud Viala seront les invités de « Dimanche en Politique » cette semaine. « Quel avenir pour Les Républicains ? » c’est dimanche à 11h25 sur France3 Midi-Pyrénées

Patrick Noviello (@patnoviello)

27 Mai

Européennes : Hamon prend du recul, ses troupes continuent

Au lendemain de son score décevant aux Européennes, le fondateur de Génération.s a annoncé qu’il allait prendre du recul. Mais ses représentants toulousains, eux, comptent bien continuer à structurer la formation et à travailler à des alliances en vue des Municipales.

Benoît Hamon, le 11 avril dernier, en débat à la Mutualité à Paris. (Photo Anne-Christine POUJOULAT / AFP)

« C’est une prise de recul médiatique. Il ne se retire pas » tempère Salah Amokrane. L’ex colistier de Benoît Hamon se satisfait d’avoir passé la barre des 3%. « Avec ce remboursement de nos frais de campagne par l’Etat, notre jeune mouvement va pouvoir continuer à se construire » souffle l’ex Motivé-e-s.

« C’est normal que Benoît Hamon ait besoin de se ressourcer. C’est un recul sans disparaître » rassure aussi Isabelle Hardy. La Présidente du groupe Génération.s à la mairie de Toulouse annonce que la formation va rentrer dans une nouvelle période « où de plus en plus de responsabilités vont être données aux comités locaux ».

Si c’est pour envisager les choses dans les mêmes conditions qu’aux Européennes, on se trompe d’avance »

Le bras droit de Benoît Hamon prévient : « Génération.s entend jouer un rôle pour les municipales, après un score qui n’est pas ridicule. Et Guillaume Balas d’annoncer la couleur : « nous sommes disponibles pour des alliances ». Plus facile à dire qu’à faire mais chacun veut y croire. « Il va falloir faire des efforts sur nous-mêmes, les uns les autres. Si c’est pour envisager les choses dans les mêmes conditions qu’aux Européennes, on se trompe d’avance » affirme sans détour Salah Amokrane.

« On a déjà commencé à y travailler depuis plus d’un an »rappelle Isabelle Hardy avec notamment des réunions unitaires sur la mobilité. La chef de file du mouvement à la mairie de Toulouse évoque « une responsabilité à se rassembler ». Même si elle relève les 4,8% de son mouvement dans la ville rose, elle aurait évidemment « préféré une liste d’union de la gauche sur ces Européennes ».

Nous sommes un mouvement horizontal qui se co-construit avec les militants »

Le grand vainqueur à gauche de ce scrutin reste donc, à Toulouse comme ailleurs, EELV. Guillaume Balas ne s’y trompe pas qui déclare que Génération.s est « disponible » pour bâtir avec EELV une « maison commune ». « Dans cette campagne et dans une ville comme Toulouse, l’écologie reste un sujet déterminant. Mais j’aurais de par mon parcours et mon histoire, le devoir de ne pas oublier la question sociale. Les écologistes d’ici le savent. Je veux croire qu’on peut trouver des solutions » explique Salah Amokrane.

La tête d’affiche Hamon s’efface donc pour quelques temps mais « des gens vont émerger » assure Isabelle Hardy. « Nous sommes un mouvement horizontal qui se co-construit avec les militants » explique-t-elle. Et d’annoncer un séminaire de Génération.s à Toulouse le 15 juin prochain.

Patrick Noviello (@patnoviello)

 

10 Mai

Privatisation d’ADP : deux députés d’Occitanie fer de lance de l’opposition

Le conseil constitutionnel ouvre la porte à un référendum sur la privatisation d’Aéroport  de Paris (ADP). Deux députés d’Occitanie sont à l’origine de cette décision historique.

Photo : MaxPPP/Piermont

Le conseil constitutionnel donne son feu vert pour un référendum sur la privatisation d’ADP. Ce n’est qu’une première étape. Pour parvenir à une consultation référendaire, la proposition, lancée par l’opposition, devra obtenir 4,7 millions de signatures. Mais la décision du juge constitutionnel est historique, unique sous la Ve République.

Deux députés d’Occitanie sont à l’origine de ce coup d’éclat. Un coup d’éclat et un coup d’arrêt à la privatisation voulue par le gouvernement. L’exécutif a dû suspendre la procédure de vente des actifs. 248 députés et sénateurs, issus de tous les rangs de l’opposition (LR, LFI, PS, PCF), ont déposé la proposition de la loi à l’origine de cette (spectaculaire) reculade. Mais un noyau dur de parlementaires a été particulièrement actif et deux sont élus à Toulouse et Montauban.

La Tarn-et-Garonnaise, Valérie Rabault a été une force motrice sur le dossier.

 

Le poids et la détermination de la présidente du groupe PS à l’Assemblée sont connus et reconnus. Mais un autre acteur « régional » a également joué un rôle déterminant. Le député de la Haute-Garonne a déposé des observations devant le conseil constitutionnel. Sébastien Nadot a plaidé en faveur d’un référendum en s’appuyant sur l’exemple toulousain.  » Il existe un retour d’expérience malheureux s’agissant de la privatisation partielle de Toulouse-Blagnac et on veut faire pire et à plus grande échelle » précise le parlementaire, récemment « viré » du groupe En Marche à l’Assemblée.

Sébastien Nadot ne préjuge pas de la suite des opérations. « On avance sur quelque chose d’inédit et on crée un précédent » estime le député de la Haute-Garonne.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

10 Avr

Sécurité Routière : deux amendements suite à l’accident mortel d’une collaboratrice parlementaire

Il y a quasiment un an, le 20 avril 2018, disparaissait tragiquement Armelle Cizeron, jeune collaboratrice parlementaire. Armelle a été fauchée par un poids-lourds alors qu’elle se rendait à vélo à l’Assemblée Nationale. Des députés ont donc déposé deux amendements pour que ce dramatique accident ne soit pas oublié et que la sécurité des deux roues face aux poids-lourds soit renforcée.

Un vélo blanc en hommage à Armelle Cizeron a été posé ce mardi devant l’Assemblée Nationale. Photo DR

Un vélo blanc déposé à l’angle du pont de La Concorde et du quai d’Orsay, mardi 9 avril, en début d’après-midi. Voilà comment concrètement ses proches, ses anciens collègues mais aussi Elisabeth Borne ont tenu à rendre hommage à Armelle qui fut notamment la collaboratrice de Jeanine Dubié. « Elle a été cinq ans à mes côtés. Ça a été un choc. Vous savez, dans le cadre de notre mission, on vit en symbiose, on partage beaucoup de choses. Elle me manque encore » reconnaît l’élue.

« Ce sont ses parents qui ont été à l’initiative de cette action. Ils ont rencontré Elisabeth Borne, la Ministre des Transports ainsi que François De Rugy quand il était encore Président de l’Assemblée Nationale. Ils ont également eu des contacts avec la mairie de Paris » précise la députée PRG des Hautes-Pyrénées.

Attirer l’attention des cyclistes sur le risque

Au-delà de cette cérémonie, face à ce vélo blanc, de l’autre côté de l’Avenue qui jouxte l’Assemblée, deux amendements ont été déposés dans l’hémicycle. Ils visent sensibiliser et prévenir les dangers de la circulation à vélo. Le premier préconise de « matérialiser par des autocollants, les angles morts sur les poids lourds pour les rendre visibles par les usagers vulnérables ». « Bien sûr que ça ne suffit pas, mais cela peut au moins attirer l’attention des cyclistes » explique Jeanine Dubié.

Le second amendement donne la possibilité aux maires de restreindre la circulation en ville des poids-lourds dépourvus de dispositifs de détection des usagers vulnérables. « Ce dispositif existe, coûte 1500 euros mais il n’est pas encore obligatoire. Il devrait le devenir mais seulement pour les véhicules neufs suite au vote d’une directive européenne le 16 avril prochain » précise encore la députée PRG.

Des chances d’être adoptés ?

« Ce sont deux amendements transpartisans » assure Jeanine Dubié. « D’ailleurs le premier signataire en est Matthieu Orphelin, député LREM. 180 députés de tous les groupes politiques l’ont signé pour l’instant ». Ils seront donc discutés d’ici trois semaines au cours de l’examen du projet de loi d’orientation des mobilités.

Autre argument qui pourrait amener à l’adoption de ces amendements : les très mauvais chiffres de l’accidentologie de ces dernières semaines notamment chez les deux roues. L’accident d’Armelle Cizeron n’est pas sans rappeler celui qui avait causé la mort d’une jeune avocate en novembre dernier près du Palais de Justice de Toulouse.

Patrick Noviello (@patnoviello)

08 Avr

Hautes-Pyrénées : la France Insoumise fait le buzz en exhumant les conflits d’intérêts du président du département

La France Insoumise dénonce le système « Pélieu » dans les Hautes-Pyrénées. Un véritable réquisitoire qui s’appuie sur des rapports de la Cour des Comptes. Depuis sa mise en ligne, la vidéo fait le buzz sur les réseaux sociaux.

Michel Pélieu. Photo : AFP

Le débit est celui d’une mitraillette. Mais le contenu relève plutôt de la charge explosive. Dans une vidéo mise en ligne sur You Tube, un représentant de la France Insoumise dégaine et vise les conflits d’intérêts entourant le président du conseil départemental des Hautes-Pyrénées, Michel Pélieu.

Un marché public attribué à l’épouse de Michel Pélieu et sous-traité par une structure présidée par….Michel Pelieu. C’est la pique la plus affûtée. Mais c’est loin d’être la seule. Les Insoumis des Hautes-Pyrénées soulignent également les écarts importants entre les subventions attribuées aux communes et au canton de…Michel Pélieu. Le fonctionnement et le financement de la structure de Tourisme (Hautes-Pyrénées Tourisme Environnement) est également passée au crible.

Dès le début du réquisitoire, la France Insoumise précise se baser « exclusivement sur les documents publics certifiés par la Chambre régionale des comptes ». Cette précision peut éviter des frais de justice. Les Insoumis 65 se protègent contre toute action en diffamation. Et, vérification faite, les propos tenus reposent effectivement sur des observations du juge financier.

Il s’agit de deux rapports, rendus publics en mars et décembre 2017. S’agissant de Hautes-Pyrénées Tourisme Environnement (une association présidée par Michel Pélieu et dirigée par sa fille) la Chambre régionale des comptes pointe le recours, sans mise en concurrence, aux même prestataires. Les magistrats financiers pointent ouvertement un conflit d’intérêt.

Ces observations et bien d’autres ont été formulées, il y a maintenant plus de deux ans. Mais La France Insoumise exhume ces « vieux » dossiers et les remet à la Une de l’actualité (politique) des Hautes-Pyrénées. Sa vidéo comptabilise plusieurs milliers de vues.

Michel Pélieu a répliqué dans les colonnes de la presse régionale. Le président du conseil départemental récuse les accusations de la France Insoumise. Mais il ne demande pas le retrait de la vidéo mise qui suscite sa colère.

Suite à la publication de l’article, les réponses de Michel Pélieu :

Laurent Dubois (@laurentdub)

05 Avr

Forum « Toulouse + Verte » : « véritable démarche citoyenne » ou « campagne de communication » ?

Le forum censé faire participer et débattre les citoyens pour plus de nature en ville débute aujourd’hui, avec notamment des tables-rondes. Mais plusieurs associations de défense de l’environnement bien implantées à Toulouse n’y sont pas invitées selon le mouvement Action Non-Violente COP 21.

Marche pour le climat du 15 mars dernier à Toulouse. Photo Frédéric Charmeux Max PPP

« Avons-nous vraiment affaire à une réelle démarche démocrate et citoyenne de concertation en faveur de l’environnement ou sommes-nous face à une énième campagne de communication au service de l’image verte qu’essaie de se donner Moudenc ?». Le communiqué d’ANV Cop 21 pose d’emblée la polémique.

Des associations absentes

Plus précisément le mouvement regrette le fait que seul WWF « acteur emblématique de l’écologie » mais qui « n’a pas d’antenne à Toulouse » est « l’unique partenaire et principal intervenant de tous les débats et tables-rondes » de « Toulouse + Verte ». ANV COP21 dénonce notamment l’absence d’associations comme 2Pieds 2Roues, Toulouse en transition ou encore Le Collectif du Ramier.

Pour la mairie, « la diversité des acteurs présents dans les tables-rondes et stands (Nature en Occitanie, le conservatoire des Espaces Naturels de Midi-Pyrénées, DIRE, la ferme Bio, le FReDD, Sens Actifs, France Nature Environnement…) témoigne de la volonté de co-construire des réponses innovantes, adaptées à l’ampleur du défi écologique ».

Un débat ouvert à tous sans exclusive

Autre acteurs non conviés aux débat selon ANV Cop21 : « Collectif pour Le Climat ou Alternatiba qui rassemblent des milliers de personnes lors des marches pour le climat ». A noter d’ailleurs que ce vendredi sera encore une journée d’action en ce sens avec une troisième grève pour le climat dans laquelle de nombreux jeunes devraient à nouveau s’investir.

Pour la Ville de Toulouse, le débat « reste ouvert à tous, sans exclusive ». « Toutes les voix qui veulent participer sont les bienvenues : leurs contributions seront entendues, débattues et prises en compte ».

Ça tombe bien puisqu’ANV COP21 souhaite tout de même s’investir dans « Toulouse + verte ». Le mouvement espère y remettre ses propositions notamment à Jean-Luc Moudenc. Parmi elles : un investissement de 40 millions d’euros par an sur 10 ans pour la mise en place de 1000 km de pistes cyclables.

Patrick Noviello (@patnoviello)