23 Jan

Foulards rouges : quelle mobilisation à Toulouse ?

Le mouvement se veut « apolitique ». Il ne souhaite pas défendre le Président Macron mais les institutions face au mouvement des gilets jaunes. Les foulards rouges marcheront dimanche à 14h à Paris. Mais qu’en est-il de la mobilisation à Toulouse où manifestations des gilets jaunes et exactions des casseurs se succèdent ? Dominique, l’un des représentants de ces foulards rouges nous répond.

Dominique, Foulard Rouge toulousain. Photo Luc Truffert

 

Le Blog Politique : Quelles sont vos motivations ?

Dominique : L’idée a été lancée le 10 décembre dernier par Laurent, un toulousain, suite aux manifestations des gilets jaunes via un message sur les réseaux sociaux : « stop, ça suffit ». C’est une des nombreuses pages qui se sont créées sur Facebook. Nous trouvions que la parole était monopolisée par les gilets jaunes. Il n’y a pas qu’eux qui représentent le peuple.

Pas une marche pro-Macron »

Le Blog Politique : Comment fonctionnez-vous ?

Dominique : Beaucoup par les réseaux sociaux et par conférence. Nous avons deux représentants nationaux, Corinne Chabert d’Annecy et Théo Poulard de Quimper. Sur Toulouse, le groupe s’est constitué il y a deux semaines, nous sommes entre 110 et 120, mais ce chiffre monte depuis le début de notre médiatisation. Nous pensons regrouper environ 40 000 personnes en France. D’après l’estimation de la Préfecture de Paris, la moitié devrait nous rejoindre dans la capitale.

Le Blog Politique : Comment mobilisez-vous ici à Toulouse alors que votre marche aura lieu à Paris ?

Dominique : L’idée est d’abord avant tout de nous faire connaître et éventuellement de faire monter des gens sur Paris. Il est faux de dire que ce sera une marche pro-Macron. Ce serait un autre gouvernement, on l’aurait fait quand même. On n’est pas pro ou anti-gilets jaunes mais leurs formes d’actions sont devenues selon nous illégitimes pour deux raisons. D’abord dans une démocratie, on a le droit de manifester mais s’il y a impossibilité de dialoguer avec le gouvernement en place. Du moment où il y a eu des réponses et un canal de communication d’ouvert, il faut que cela cesse. Ensuite, ces manifestations, on a la preuve par dix, si j’ose dire, qu’elles dégénèrent systématiquement. Et je peux vous dire que nous sommes extrêmement bien accueillis chez les commerçants. C’est de pire en pire et pas qu’à Toulouse. Les organisateurs de ces manifestations sont incapables de les contrôler. On appelle à ce qu’ils arrêtent de manifester.

Nous n’avons absolument pas vocation à devenir un parti politique »

Le Blog Politique : Et s’ils arrêtaient ?

Dominique : Nous n’avons absolument pas vocation à devenir un parti politique mais on pourrait rester une association de citoyens vigilants.

Le Blog Politique : Et les politiques dans tout ça justement ?

Dominique : Un certain nombre d’élus nous soutiennent et nous ont contactés. On leur a demandé de ne pas afficher leur étiquette politique et de se présenter dans notre rassemblement sans leur écharpe d’élus. D’ailleurs la décision de LREM de ne pas appeler à marcher avec nous nous va très bien. Notre mouvement regroupe des personnes de sensibilités politiques différentes mais nous nous voulons apolitique.

Le Blog Politique : Comptez-vous vous investir dans le grand débat national ?

Dominique : A priori, oui. Il n’est pas exclu non plus qu’on en organise.

Le Blog Politique : Pourriez-vous un jour appeler à une marche sur Toulouse ?

Dominique : Nous avons eu un débat interne pour organiser des rassemblements à Paris et en province. Nous finançons nous-même notre service d’ordre. Or ce n’était pas possible financièrement d’organiser plusieurs événements. Assurer la sécurité du cortège n’est pas simple. Nous avons des consignes très précises de la Préfecture de Police de Paris en cas d’infiltration ou de provocations lors de notre marche. Mais il n’est pas impossible que nous organisions, un jour, le même type de marche sur Toulouse.

Propos recueillis par Patrick Noviello (@patnoviello)

11 Jan

Rififi chez les députés En Marche au sujet du Grand débat national et du rôle des maires

Deux députés En Marche de la Haute-Garonne, Michaël Nogal et Elisabeth Toutut-Picard, estiment que des maires veulent « torpiller » le Grand débat. Une autre députée de la majorité, Monique Iborra, n’est pas d’accord et le fait savoir.

Photo : MaxPPP/Tanguy

En Haute-Garonne, le Grand débat sème la zizanie entre En Marche et les élus locaux. Le référent départemental du parti qualifie la position du maire de Toulouse d’ambiguë et de contraire à la ligne d’Emmanuel Macron. Mais deux députés montent également au créneau.

Dans les colonnes de la presse régionale, Elisabeth Toutut-Picard estime que des maires « se plaignent de ne pas avoir suffisamment entendus. Or là, on leur propose de reprendre la main et ils refusent ». Dans le même article, Michaël Nogal dresse un constat négatif : « il y en a qui veulent que ce grand débat national échoue ».

Ces déclarations n’ont pas échappé à une autre députée En Marche, Monique Iborra. La parlementaire ne partage pas du tout le point de vue de ses deux collègues. Monique Iborra parle d’un « mauvais procès bien mal venu ». La députée de la majorité estime que les élus locaux jouent le jeu. « Ayant pris contact avec les maires de ma circonscription la semaine dernière, une majorité d’entre eux ont d’ores et déjà ouvert des cahiers de doléance dans leurs mairies tel que le demande Emmanuel Macron ».

D’une manière générale, Monique Iborra estime que les maires « peuvent décider qu’ils ne sont pas co-organisateurs mais des facilitateurs sur leurs territoires ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

La députée (PS) Valérie Rabault lance une plateforme « Rétablissons l’ISF »

La présidente du groupe PS à l’Assemblée, Valérie Rabault, lance une plateforme pour collecter des signatures. Des signatures indispensables à l’organisation d’un référendum sur le rétablissement de l’ISF.

Valérie Rabault, députée du Tarn-et-Garonne

Les gilets jaunes ont popularisé le référendum d’initiative citoyenne. Le RIC est quasiment devenu l’emblème du mouvement. La présidente du groupe PS à l’Assemblée, Valérie Rabault, plaide pour un autre outil référendaire : le référendum partagé. Introduit dans notre constitution en 2008, cette consultation n’a jamais été utilisée. Et pour cause. Ses conditions d’utilisation sont particulièrement contraignantes : la signature de 185 parlementaires et celles de 4,7 millions de Français.

Malgré ce parcours d’obstacle, Valérie Rabault et ses collègues socialistes estiment que c’est le seul moyen pour obtenir un rétablissement de l’ISF. Le PS estime qu’Emmanuel Macron « n’entend pas l’exigence de justice fiscale qui monte dans le pays » et « ne veut pas rétablir l’impôt de Solidarité pour la fortune ».

Pour contraindre le gouvernement à un référendum, Valérie Rabault lance une campagne de collecte de signatures. Une plateforme est ouverte.

Pour le moment, la première étape n’est pas franchie. 103 parlementaires soutiennent le projet de référendum. Il manque 82 députés ou sénateurs pour franchir le premier cap et ensuite passer aux 4,7 millions de signatures « citoyennes ». Mais la député socialiste sollicite les Français dès maintenant afin que les citoyens interpellent les parlementaires.

Laurent Dubois (@laurentdub)

 

 

Clash entre Jean-Luc Moudenc et La République En Marche

Ça chauffe entre La République En Marche et Jean-Luc Moudenc. Le référent départemental d’En Marche, Pierre Castéras, accuse le maire de Toulouse de ne pas suivre les demandes d’Emmanuel Macron. Le conflit porte sur le Grand débat national organisé par le chef de l’Etat.

Jean-Luc Moudenc (Photo : Vincent Isore / MaxPPP)

Jean-Luc Moudenc s’est exprimé sur le Grand débat national organisé par Emmanuel Macron. Le maire de Toulouse est favorable à son organisation. Jean-Luc Moudenc est prêt à fournir une aide pratique, logistique. Mais il annonce également qu’il participera et fera remonter des propositions.

Pour le référent départemental d’En Marche, ce n’est pas suffisant. Pierre Castéras « s’étonne et déplore que (Jean-Luc Moudenc) ne prenne pas la dimension de la situation » et « se propose en simple intermédiaire ». Pierre Castéras estime que la position du maire de Toulouse est « contraire à la demande du président de la République ».

Le représentant d’En Marche considére, « en revanche que le maire de Bordeaux s’engage sans ambiguïté ».

Ce n’est pas la première fois que LaRem31 croise le fer avec Jean-Luc Moudenc. Pierre Castéras a déjà affronté (publiquement) le maire de Toulouse sur la question des municipales et sur le projet de métropolisation du département de la Haute-Garonne.

Laurent Dubois (@laurentdub) et Patrick Noviello (@patnoviello)

09 Jan

Gilets jaunes : « Emmanuel Macron est coupable et responsable » pour le président (PS) de l’Ariège, Henri Nayrou

Le président (PS) du conseil départemental de l’Ariège lance une véritable le charge contre Emmanuel Macron. Pour Henri Nayrou, Emmanuel Macron « est coupable et responsable » de la crise des gilets jaunes. Le socialiste ariégeois est formel :  » l’incompétence, l’arrogance et la suffisance » du gouvernement empêchent une sortie de crise.

Henri Nayrou. président du conseil départemental de l’Ariège. Photo : MaxPPP/HDagues

C’est un véritable réquisitoire. Pour Henri Nayrou, notre pays est secoué par « une insurrection populaire » et « le président Macron est coupable et responsable » de cette situation « très dangereuse ». Le socialiste ariégeois  estime que le chef de l’Etat récolte ce qu’il a semé. Emmanuel Macron a « méprisé les derniers de cordée…les gens de peu…qui lui font payer la note ».

Henri Nayrou s’inquiète du climat actuel. »Les politiques sont déconsidérés, les journalistes menacés, la société éclatée. Tout cela n’augure de rien de bon » s’alarme le socialiste. Le président du conseil départemental porte un jugement sévère sur l’action d’Emmanuel Macron : « en termes de gestion de crise, on ne pouvait pas faire plus mal ».

Pour le socialiste ariégeois l’horizon est bouché. « Suffisance, arrogance, incompétence et Grand débat » ne vont pas « ramener l’ordre républicain ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

08 Jan

La fédération LR 31 veut participer au Grand débat national d’Emmanuel Macron mais oup’s les partis ne sont pas invités

En Haute-Garonne, le parti Les Républicains est prêt à participer au Grand débat national.

Photo : MaxPPP

Des doutes et une vraie perplexité. Le Grand débat national organisé par Emmanuel Macron suscite des interrogations. Y compris dans le rang de la majorité. Comment va se dérouler la consultation ? Les attentes et les remarques formulées vont-elles se traduite en actes ? Pour la fédération Les Républicains de la Haute-Garonne, les doutes ne sont pas d’actualité.

Le parti de Laurent Wauquiez estime que « l’heure est désormais à l’apaisement ». Les Républicains de la Haute-Garonne sont prêts à se mettre autour d’une table dans le cadre du Grand débat. La droite haute-garonnaise « entend participer au dialogue républicain voulu par le gouvernement et ainsi faire remonter les aspirations ».

Cette proposition est une (pure) déclaration de principe. Pour le moment, en Haute-Garonne comme dans le reste de la France, on ne sait rien sur l’organisation du Grand débat. Mais, selon un représentant de la majorité, une chose est certaine : les partis ne sont pas invités. Ce n’est (même) pas leur place. « Si LR participe, pourquoi pas le PS ou La France Insoumise ? Le but c’est de donner la parole aux citoyens. Ils n’ont rien compris » s’exclame ce membre d’En Marche.

Il reste une solution pour Les Républicains de la Haute-Garonne et d’ailleurs. Mettre de côté leur étiquette politique et aller remplir des cahiers de doléances en mairie ou sur internet.

Laurent Dubois (@laurentdub)

07 Jan

Emmanuel Macron à Souillac, dans le Lot, le 18 janvier

Emmanuel Macron va se rendre dans le Lot, le 18 janvier; Le chef de l’Etat va rencontrer des élus à Souillac.

Emmanuel Macron. Photo MaxPPP

L’agenda se précise. Emmanuel va passer deux jours en Occitanie. L’Elysée vient de confirmer un déplacement sur la base du 1er Régiment de Train Parachutiste (RTP). Cette séquence correspondra à des « voeux aux armées ». Mais, le lendemain, le 18 janvier le président se rendra dans le Lot.

Selon nos informations, c’est Souillac qui a été retenue. Emmanuel Macron a tenu un meeting dans le ville, en 2017, pendant la campagne des présidentielles. Tous les députés En Marche d’Occitanie sont invités. Emmanuel Macron consacrera son déplacement à une réunion avec des maires. Dans l’entourage du chef de l’Etat, cette rencontre est présentée comme un épisode du Grand débat national.

Un débat initié par Emmanuel Macron et qui doit permettre de sortir de la crise des gilets jaunes.

Laurent Dubois (@laurentdub)

22 Déc

Gilets jaunes : une députée (En Marche) de la Haute-Garonne référente Occitanie pour le Grand débat national

La députée (En Marche) Elisabeth Toutut-Picard est la référente des députés de la majorité dans le cadre du Débat national organisé par le gouvernement.

Elisabeth Toutut-Picard, députée de la Haute-Garonne. Photo : MaxPPP

Face à la crise des gilets jaunes, le gouvernement a décidé d’organiser un Grand débat national. Les modalités pratiques sont en cours de concrétisation. Edouard Philippe a notamment annoncé que des citoyens seront tirés au sort pour participer à des conférences régionales.

Un autre aspect du dispositif émerge. Les députés de la majorité vont être associés au Grand débat. Le groupe En Marche à l’Assemblée a constitué un comité de pilotage et des référents régionaux ont été désignés. En Occitanie, il s’agit de la députée de la Haute-Garonne, Elisabeth Toutut-Picard.

La parlementaire va assumer un rôle d’interface entre ses collègues des 13 départements d’Occitanie et le « national ». Comme l’indique un cadre d’En Marche, Elisabeth Toutut-Picard va être « chargée de faire remonter les initiatives des députés vers le groupe et son comité de pilotage. C’est un rôle opérationnel et technique ».

Laurent Dubois (@laurentdub)

20 Déc

Le député de la Haute-Garonne, Sébastien Nadot, exclu du groupe En Marche à l’Assemblée

Le député de la Haute-Garonne, Sébastien Nadot, vient d’être exclu du groupe La République En Marche à l’Assemblée Nationale après avoir été le seul député de la majorité à voter contre le budget.

Sébastien Nadot. Photo : MaxPPP

Le bureau de La République En Marche vient d’exclure du groupe majoritaire le député de la Haute-Garonne, Sébastien Nadot. La décision a été prise à l’unanimité et sanctionne le vote du parlementaire contre le budget présenté par le gouvernement.

Selon nos informations, plusieurs députés ont essayé de plaider la cause de Sébastien Nadot. Mais le fait qu’il s’agisse d’un vote contre (et non d’une abstention) et que ce vote porte sur le budget ont lourdement pesé dans la balance.

Sébastien Nadot n’est pas membre du parti d’Emmanuel Macron. Le député est membre du Mouvement des Progressistes.  L’exclusion ne concerne donc que l’appartenance au groupe parlementaire de La République En Marche.

Selon nos informations, le groupe Liberté et Territoire (auquel appartient Sylvia Pinel) a contacté le député de la Haute-Garonne. Mais ce dernier a décliné la proposition. Sébastien Nadot rejoint donc le « groupe » des non-inscrits.

Laurent Dubois (@laurentdub)

Sébastien Nadot, le seul député « En Marche » qui a voté contre le budget proposé par le gouvernement

Le député En Marche de la Haute-Garonne, Sébastien Nadot, s’oppose au budget défendu par le gouvernement.

Sébastien Nadot. Photo : MaxPPP

Sébastien Nadot a voté contre le budget proposé par le gouvernement d’Édouard Philippe. Ce n’est pas la première fois que le député de la Haute-Garonne marque sa différence et exprime une divergence avec la majorité. Le parlementaire a notamment critiqué la loi Asile-Immigration.

Mais Sébastien Nadot franchit un pas supplémentaire en refusant de voter la loi de Finances. Sébastien Nadot justifie sa décision par un problème de méthode et une « absence de concertation dans les phases de décision ». Le député estime que « l’action parlementaire n’a pas été suffisamment entendue pour que le budget 2019 intègre les réalités de terrain et les aspirations d’une majorité de Français ».

Sébastien Nadot précise que « le dirigisme gouvernemental n’a pas non plus épargné les collectivités territoriales et n’a pas su intégrer les aspirations des maires et conseils municipaux ».

Mais c’est surtout sur le fond que les critiques sont les plus frontales. Sébastien Nadot estime qu’Edouard Philippe et son gouvernement ont « comme seule boussole… réduire la dépense publique ». « Les grandes difficultés sociales ne sont pas suffisamment prises en compte » souligne le député de la majorité. Sébastien Nadot en tire les conséquences et il ne se contente pas d’une abstention.

Pour marquer la profondeur de son désaccord avec la ligne budgétaire du gouvernement, le parlementaire a voté contre le budget 2019. Il est même le seul de son groupe parlementaire dans ce cas.

Laurent Dubois (@laurentdub)