06 Mai

Municipales à Toulouse : front uni à gauche mais jusqu’où ?

Et soudain la gauche toulousaine fit à nouveau front commun. C’était lors du dernier conseil municipal du 29 avril consacré à la crise sanitaire. Un présage d’union si un premier tour se rejouait en septembre ? Un programme commun pourrait-il s’écrire pour « l’après » ?

Le 4 avril dernier, la façade du Capitole illuminée en bleu en hommage aux personnels soignant mobilisés durant la pandémie. Photo Xavier De Fenoyl MaxPPP

Avant même le conseil municipal du 29 avril dernier, le ton était donné dans un communiqué commun. Une opposition unie, PS, EELV, Génération(s) et Communistes, déclare vouloir préparer l’assemblée dans un « esprit constructif et républicain » pour « renforcer l’action de la ville face à la crise sanitaire ». Une gauche municipale qui propose des mesures face à l’épidémie avant d’ajouter :

 

Nous ne sommes dupes de rien. Nous n’oublions pas les conséquences de six ans de gestion de la majorité de Jean-Luc Moudenc sur le tissu social, éducatif, associatif toulousain, affaibli au moment d’affronter cette crise. Nous n’oublions pas la servitude déclarée et l’alignement sur un gouvernement répressif, directif et sourd aux revendications sociales. Lorsque le temps du débat public local reviendra, nous ne manquerons pas de rappeler tout cela. »

 

Union dès un éventuel nouveau 1er tour ?

« Sans dire bien évidemment qu’il profite de la crise sanitaire, parce qu’elle ne profite à personne, Jean-Luc Moudenc joue actuellement le rôle de protecteur de la population, celui qui gère. Et il communique beaucoup là-dessus » explique Pierre Cohen. « Nous lui avons proposé de créer une cellule d’anticipation de sortie de confinement où tous les groupes seraient représentés. Mais il n’a pas donné suite » regrette le leader local de Génération(s).

En attendant le groupe toulousain de Génération(s) continue de travailler de concert avec Antoine Maurice, EELV et Archipel Citoyen que ce soit à la mairie ou au conseil de métropole. A tel point que Pierre Cohen envisage sans détour une liste commune dès le premier tour, si premier tour il devait y avoir à nouveau. Du côté d’Archipel, le processus de désignation des candidats ayant été validé très collégialement la chose n’est pas aussi simple à réaliser.

Ensemble face au virus et après ?

Mais Antoine Maurice le reconnaît volontiers : « dès le soir du 1er tour, nous avions abouti très vite à nous entendre avec Pierre Cohen ». Pour la tête de liste Archipel Citoyen, il est important d’envoyer un message de rassemblement. « Notre projet écologiste avait cette vocation et l’a permis ». Qu’en est-il des socialistes alors emmenés par Nadia Pellefigue ? « Un accord avait commencé à être posé avec elle au lendemain du 1er tour, mais nous n’avons pas eu le temps de le conclure » explique diplomatiquement Antoine Maurice. Autrement dit, Nadia Pellefigue ne se ferme aucune porte.

« Le dernier échange SMS que nous avons eu remonte à plus d’un mois » reconnaît la candidate socialiste. Pour elle, un travail de l’ensemble de la gauche actuellement au conseil municipal ne signifie en rien un rapprochement de toutes les listes de gauche. « Je ne traduirai pas nos propositions communes face à la crise sanitaire par liste commune aux municipales » précise-t-elle d’emblée. La vice-présidente en charge de l’économie au Conseil Régional se dit pour l’heure toute à sa mission d’aide aux entreprises et aux travailleurs en difficulté.

Programme commun ou pas ?

« De toute façon ce que nous serons en mesure de proposer aux citoyens en sortie de crise doit dépasser le cadre d’un simple programme » élude la candidate au Capitole. « Notre projet écologiste est plus que jamais d’actualité et il a permis déjà un large rassemblement » rappelle Antoine Maurice. « Il faudra plus que jamais se retourner vers les besoins des gens » prévient Pierre Cohen.

Et leur adversaire sortant peut-il lui aussi revoir sa copie ? « Jean-Luc Moudenc engage actuellement des actions nécessaires. A cette étape, s’il s’en tient à son rôle, il ne pose pas de vision » commente Nadia Pellefigue. Alors peut-il y avoir un programme commun, forcément modifié, à opposer par la gauche à celui de l’actuel maire ?

Sans certitude, Antoine Maurice se dit toutefois « confiant ». Il faudra évidemment en discuter avec l’Assemblée militante d’Archipel qui pour l’heure se réunit en visioconférence toutes les trois semaines. Mais qu’en est-il des rapports difficiles, voire inexistants, entre Pierre Cohen et Nadia Pellefigue ? « On fonctionne bien avec Archipel Citoyen. En dehors des conseils municipaux et communautaires, nous avons moins de relations avec le PC et le PS » reconnaît volontiers Pierre Cohen.

Un électorat incertain

Et les électeurs dans tout ça ? Ceux qui s’étaient rendus aux urnes en mars, moins nombreux que d’habitude, coronavirus oblige, avaient placé Antoine Maurice en deuxième position derrière le maire sortant. Difficile de dire si la crise sanitaire aura un effet sur un scrutin au déroulement et à la date encore inconnus. Nadia Pellefigue ne se prononce pas. Antoine Maurice et Pierre Cohen s’accordent sur un point. Pour eux, la balance peut pencher dans les deux sens : soit une prise de conscience citoyenne de l’impérieuse nécessité de changer de méthode, soit au contraire l’option de repartir comme avant, pour ne pas plus bousculer les choses qu’elles ne le sont.

Patrick Noviello (@patnoviello)

 

17 Mar

Coronavirus : comment s’organisent nos parlementaires ?

Valérie Rabault, présidente du groupe socialiste à l’Assemblée siégera à nouveau dès ce jeudi. PHOTO PQR/LE PARISIEN/MAXPPP

Valérie Rabault est remontée sur Paris juste avant l’annonce du confinement. La députée de Tarn et Garonne a décidé de passer cette période dans la capitale pour pouvoir y assurer son rôle de présidente du groupe PS à l’assemblée nationale. « Pour l’heure nous en sommes à la conférence téléphonique. J’en ai eu une d’une heure et demie ce matin avec tous les collaborateurs. On va maintenant passer en mode visio pour rendre la chose plus conviviale » explique-t-elle.

Questions au gouvernement en comité restreint »

Mais si Valérie Rabault a choisi d’être physiquement sur Paris, c’est que l’Assemblée Nationale va siéger à nouveau dès jeudi. La journée s’ouvrira par les questions au gouvernement où chaque groupe sera représenté par trois de ses membres puis examinera un projet de loi de finance rectificative pour débloquer des crédits liés à la crise sanitaire. « Le lendemain, nous examinerons le projet de loi sur les mesures d’urgence liées à la crise du coronavirus » précise Valérie Rabault.

Si ce projet de loi ne sera examiné que vendredi à l’Assemblée, c’est parce qu’il le sera d’abord au Sénat. Christian Bonhomme, lui, « attend des instructions ». Le sénateur L.R de Tarn et Garonne est redescendu dans sa circonscription. Il ne sait pas s’il peut se déplacer à nouveau vers Paris. Mais élu conseiller municipal à Caussade ce dimanche, il ne cache pas que sa semaine sera bien remplie de toute façon pour faire face à la crise sanitaire.

L’inconnue des Sénatoriales »

Pierre Médevielle, lui, a eu par téléphone son président de groupe UDI au Sénat et la consigne est claire : ne pas remonter à Paris. « Nous avons été consultés sur les trois textes et notre approbation est totale les concernant ». Pour le reste du travail, « nous avons des consultations par internet, et ça fonctionne bien » explique le sénateur de Haute-Garonne. En ce qui concerne les élections sénatoriales qui devaient se tenir en septembre, en revanche, c’est le flou le plus total.

« On devait être en campagne depuis début mars mais maintenant nous sommes en stand-by jusqu’au 21 juin, si le second tour des Municipales a lieu à cette date » explique l’ancien maire de Boulogne sur Gesse dont le siège de sénateur est renouvelable. Si les Municipales devait être encore repoussées en revanche, les sénatoriales le seraient aussi faute de grands électeurs.

Un contre-pouvoir à assurer »

Quoi qu’il en soit, le travail parlementaire ne sera pas totalement stoppé pendant les, au moins, quinze jours de confinement. « Il faut qu’il y ait un contrôle du gouvernement » rappelle Valérie Rabault. Comme le patron du PS l’avait indiqué ce matin sur C-News « la démocratie, même en temps de crise sanitaire, n’est pas intermittente ». Pour Olivier Faure, « il faut que les oppositions puissent exercer leur contre-pouvoir, et que nous ne passions pas dans une forme de gouvernement d’un seul ».

Patrick Noviello (@patnoviello)

16 Mar

Municipales Toulouse : plutôt que le second tour, la mobilisation face au coronavirus

Dès ce dimanche soir, l’ensemble des candidats qualifiés pour le second tour ou en position de fusionner, n’y croyaient plus vraiment. Ce lundi pour eux, ça ne fait plus aucun doute : oublions le second tour et pensons à la sécurité de tous.

Jean-Luc Moudenc lors du vote dimanche matin. Photo MaxPPP Xavier De Fenoyl

« Pour ma part, plus que jamais, avec les élus du Conseil municipal et les agents de la collectivité, je continue à me consacrer à la gestion municipale et métropolitaine des conséquences de la crise, afin de protéger les Toulousains. C’est mon unique préoccupation. » Le titre du communiqué du maire de Toulouse est clair : « on ne doit pas jouer avec la santé des personnes ». Le candidat Jean-Luc Moudenc n’est plus vraiment en campagne mais au travail pour protéger sa population.

La protection de nos concitoyens est la priorité absolue »

Du côté de ses adversaires sur ces Municipales, même démarche. Pierre Cohen et Antoine Maurice qui se sont réunis ce lundi matin n’ont pas parlé fusion de liste mais bel et bien riposte face à l’épidémie de coronavirus. « La protection de nos concitoyens est la priorité absolue. Nous avons souhaité tenir une première réunion au sujet des mesures à prendre pour permettre le bon fonctionnement des services publics et organiser les solidarités » explique Archipel Citoyen (27% des voix ce dimanche soir) dans un communiqué commun avec Pierre Cohen.

Et la liste de proposer un ensemble de mesures qu’elle prendrait au niveau de la municipalité si le second tour était maintenu ou si elle l’emportait : transformer Allô Toulouse en service d’aide et d’écoute contre la solitude, continuité des services publics municipaux de protection et de propreté, organisation des solutions de garde d’enfants pour les personnels des services publics essentiels, renforcement du service de portage de repas à domicile pour les personnes empêchées…

Le gouvernement doit prendre la mesure de l’angoisse des français »

« En attendant la tenue du second tour, nous nous tenons à la disposition de Jean-Luc Moudenc afin de contribuer à la mise en place de ces mesures » conclut Archipel dans son communiqué. « C’est à lui de voir s’il a besoin de discuter avec la liste qui se constitue » explique Pierre Cohen. Mais avec qui pourrait discuter Jean-Luc Moudenc ? Sa liste rivale ou ses conseillers municipaux d’opposition ? Du côté de la mairie, comme du candidat Moudenc, on dit ne pas avoir été contacté. « Une belle phrase dans un communiqué qui ressemble à une opération de com' » commente-t-on dans l’entourage du candidat sortant.

Quoi qu’il en soit, ces candidats toulousains comme l’ensemble de ceux qualifiés pour le second tour ce dimanche soir ont tous un point en commun. Ils attendent l’allocution du président ce soir à 20h. « Le Gouvernement doit prendre la mesure de l’angoisse des Français et la conviction (que seuls les scientifiques peuvent confirmer ou infirmer) d’une majorité croissante d’entre eux que voter dimanche c’est se mettre en danger : on ne doit pas jouer avec la santé des personnes ! » prévient le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc, candidat à sa succession.

Patrick Noviello (@patnoviello)

Second Tour des Municipales : Aurélien Pradié convaincu qu’il faut reporter

Aurélien Pradié, secrétaire général de L.R et député du Lot. Crédit Photo IP3 PRESS/ MAX PPP

Alors que le Président de la République doit à nouveau prendre la parole ce soir à 20h, pour le secrétaire général des Républicains il n’y a plus de question à se poser : le scrutin doit être reporté. « On prend des risques inconsidérés. Comment voulez-vous expliquer aux gens de se confiner alors qu’on leur demande de se rendre dans les bureaux de vote » affirme ce lundi le député du Lot.

On prend des risques inconsidérés »

Aurélien Pradié ne mâche pas ses mots : « On est collectivement responsable de la banalisation de cette crise liée au coronavirus ». Mais il explique également pourquoi le parti qu’il administre a souhaité ce premier tour. « Nous avons eu deux réunions à Matignon les 27 février et 12 mars. Tous les experts présents nous ont alors assuré qu’il n’y avait aucun risque quant à la tenue de ces élections » assure-t-il.

Le Premier Ministre, lui-même aurait plaidé pour que ses élections se tiennent selon le député. « C’est à ce moment-là que Gérard Larcher (Président LR du Sénat) a lui aussi soutenu le maintien des élections » précise Aurélien Pradié.

Samedi soir, un cap de franchi »

Seulement avant le premier tour, samedi soir, Edouard Philippe prend la parole pour annoncer un renforcement des mesures sanitaires notamment la fermeture des bars et restaurants. On franchit alors un cap dans le dispositif sanitaire face au coronavirus et à l’image du député du Lot de nombreux élus LR revoient leurs positions.

En attendant l’allocution présidentielle de ce soir, et une éventuelle annonce de report du second tour, Aurélien Pradié assistera à 17h à une réunion en Préfecture du Lot. Objectif : faire le point sur l’épidémie de coronavirus et la situation localement.

Patrick Noviello (@patnoviello)

Second tour des Municipales : de plus en plus de voix s’élèvent chez les socialistes pour demander son report

Premier tour des élections Municipales à Toulouse; Photo Xavier De Fenoyl MAX PPP

Comme elle le laissait déjà entendre ce dimanche soir sur notre plateau, la présidente socialiste de la région Occitanie est catégorique. « Je demande l’annulation immédiate du second tour des élections municipales » déclare Carole Delga dans un communiqué. « Face à l’urgence sanitaire, relayée par de nombreux médecins, le président de la République doit prononcer dès demain (ce lundi) l’annulation du second tour des élections municipales. »

Le temps n’est plus au débat politique électoral »

Le président du département de Haute-Garonne ne dit pas autre chose. « Le temps n’est plus au débat politique et électoral, il est à la nécessaire mobilisation collective afin de préserver la santé et la vie de dizaines de milliers de nos concitoyens » explique Georges Méric qui est aussi médecin de formation.

Arrivée troisième du premier tour à Toulouse, la candidate socialiste Nadia Pellefigue travaille ce lundi à une liste d’union mais ne souhaite pas de second tour pour autant. « Je refuse de choisir entre la santé de nos citoyens et la démocratie. Je refuse qu’ils aient individuellement à opérer ce choix » explique celle qui est aussi vice-présidente en charge de l’économie à la Région. Comme tous, elle scrute la décision du gouvernement : « il y a urgence à savoir s’il s’obstine à maintenir le second tour ».

Comment faire concrètement ? »

Sur son compte Twitter, Valérie Rabault, elle, indique comment pourrait s’effectuer ce report des élections. Pour la députée du Tarn et Garonne « Il faut reporter le 2nd tour des municipales, en gardant acquis le résultat du 1er tour. Pour les communes concernées, le maire sortant voit son mandat prolongé. Pour les communes avec des listes élues dès le 1er tour, les nouveaux élus prennent leur fonction » demande la présidente du groupe socialiste à l’Assemblée Nationale.

Le Président de la République s’exprimera à nouveau ce soir à 20h sur les nouvelles mesures de lutte contre l’épidémie de coronavirus qui s’étend. Nul doute qu’il  s’exprimera aussi sur la suite du processus électoral.

Patrick Noviello (@patnoviello)

10 Mar

Municipales : face au coronavirus, les meetings migrent sur les réseaux sociaux

Plusieurs candidats qui ont annulé leurs réunions publiques d’avant premier tour ont décidé de les déplacer…sur les réseaux sociaux. Alors comment s’organisent ces événements d’un genre nouveau ? La claque ne va-t-elle pas venir à manquer ? Quel impact peut avoir un tel événement ?

Photo MaxPPP/Christophe Petit Tesson

« Suite à notre décision d’annuler notre meeting physique au Metronum, nous organiserons un meeting numérique » stipule le tweet de la liste de Pierre Cohen candidat toulousain. C’est donc l’option d’une retransmission en direct sur Facebook à partir de 20h qui a été prise par l’équipe de « Pour la Cohésion-L’autre Choix ». Mais combien seront-ils à s’y connecter ? Autant que si l’événement avait eu lieu au Metronum ? Plus ?

Un meeting chez vous »

Après avoir été la première à annuler sa réunion publique prévue salle Mermoz le 10 mars, Nadia Pellefigue promet carrément « un meeting chez vous ». Le communiqué de la candidate socialiste scande même : « Invitez des amis, préparez un moment convivial avec des produits #FabricatATolosa, et mettez-vous à l’aise : on s’occupe du reste ! » Jusqu’à la livraison des pizzas ? La liste « Une nouvelle énergie » invite aussi les internautes à se manifester : « Montrez-vous avec vos amis devant le meeting, et réagissez sur ce que diront les intervenants. »

Autre stratégie du côté d’ « Archipel Citoyen ». La liste emmenée par Antoine Maurice se verrait bien prendre l’air plutôt que la route des réseaux sociaux, ou plutôt encore que limiter les places d’une salle à moins de mille personnes : « Ne souhaitant pas opter pour un format réduit suivant le principe du « premier arrivé, premier servi » et pour poursuivre la dynamique de la campagne, nous proposons de le remplacer par une grande action en plein air ». Pas plus d’infos pour l’heure.

Meeting en plein air ou débat entre candidats »

Le candidat de l’union de la gauche à Montauban Arnaud Hillion a lui aussi annulé son meeting prévu le 12 mars et le propose en ligne le même jour. « Nous le faisons en responsabilité, du fait des premiers cas de coronavirus dans le département et face à la géométrie variable des décisions du gouvernement qui ne conduit pas à rassurer nos concitoyens ». Mais le socialiste propose toutefois un débat avec les cinq autres listes en lice pour le scrutin montalbanais. S’il a lieu, les candidats se serreront ils la main ? Curieuse campagne décidément…

Patrick Noviello (@patnoviello)

04 Jan

Municipales à Montauban : le candidat soutenu par En Marche réserve 20% de sa liste à des candidatures « spontanées »

« Vous avez envie de vous impliquer pour Montauban ? Rejoignez notre liste ! » L’annonce ne passe pas inaperçu sur les réseaux sociaux. Pierre Mardegan tête de liste « Osons Montauban » s’explique.

Pierre Mardegan souhaite « marquer un changement fort avec la gouvernance de l’actuelle municipalité ». Photo DR

« En offrant ainsi des places à la société civile, on voulait marquer un changement fort avec la gouvernance de l’actuelle municipalité » se justifie celui qui est aussi le chef de pôle des urgences de l’hôpital. Et peu lui importe que ses adversaires le brocardent déjà en avançant qu’il a fait cela parce qu’il avait du mal à boucler sa liste.

Je vais recevoir chacune des personnes »

« Aujourd’hui, on a reçu une quinzaine de candidatures. Je vais recevoir chacune des personnes » promet la tête de liste « Osons Montauban ». C’est, en tout, une dizaine de places qui seront ainsi pourvues et pas que des strapontins se défend Pierre Mardegan : « Certains d’entre eux pourraient se voir confier des responsabilités en fonction de leurs compétences particulières ».

« On a fait pareil avec deux jeunes à qui nous avons réservé deux places » assure l’ancien candidat En Marche aux Législatives en Tarn et Garonne. Mais cette fois-ci pas d’étiquette insiste-t-il. Il n’est que « soutenu » par le mouvement présidentiel. « On a voulu installer un équilibre politique avec une sensibilité centriste qui regroupe avec nous notamment l’UDI et le Modem ».

La liste annoncée avant fin janvier »

Alors qui seront ces « candidats spontanés » ? Réponse d’ici fin janvier quand la liste sera annoncée officiellement. En attendant, les équipes d’ « Osons Montauban » sont déjà sur le terrain explique son leader qui prévoit déjà six réunions publiques.

Patrick Noviello (@patnoviello)

 

 

15 Nov

Municipales à Toulouse : la gauche façon puzzle

PCF, PS et PRG appellent au « rassemblement des forces de gauche » à Toulouse derrière Nadia Pellefigue. Dans un communiqué, les trois partis visent clairement le récent départ en campagne de Pierre Cohen. Mais également partie prenante dans la liste Archipel Citoyen, avec Europe Ecologie Les Verts et les Insoumis, la gauche semble plus que jamais divisée dans la ville rose.

24 mars 2014 la gauche toulousaine s’unit entre les deux tours. De gauche à droite : Antoine Maurice (EELV), Pierre Cohen (alors au PS) et Pierre Lacaze (PCF). Photo Max PPP Thierry Bordas.

« C’est évidemment une réaction à notre démarrage de la semaine dernière » ne s’étonne pas Pierre Cohen. « C’est également un appel face aux difficultés que connaît Archipel mais aussi suite aux demandes de toulousains qui veulent une gauche rassemblée» explique Pierre Lacaze. « Cet appel aujourd’hui, c’est encore pour dire que notre liste n’est pas bouclée. Tout ça se finalisera en décembre-janvier » rajoute le secrétaire fédéral du PCF31.

Quelles divergences ? »

Mais qu’est-ce qui empêche l’ancien maire socialiste de Toulouse de s’entendre avec PS, PCF et PRG ? « Il y a quand même quelques défauts dans ce qu’ils proposent. Tout d’abord à Génération(s), nous pensons qu’Ecologie et égalité sociale doivent être imbriqués. Hors, il semble qu’ils aient oublié l’écologie. Ensuite, le PS s’est largement affaibli après la période Hollande et il s’est quand même octroyé la tête de liste. Il valait mieux d’abord constituer une liste puis désigner sa tête ensuite. Sébastien Vincini (NDR : premier fédéral du PS31) a changé d’avis sur ce point» rappelle Pierre Cohen.

« Nous discutons avec Pierre Cohen depuis septembre 2018 et nous avons choisi notre tête de liste en octobre 2019. Vous trouvez qu’on s’est précipité ? Oui on a avancé. Nadia Pellefigue incarne une histoire de la gauche qui a su gérer des villes. Elle a aussi le visage du renouvellement » répond le patron du PS haut-garonnais. Alors un rassemblement de la gauche est-il encore possible ? « On y avait travaillé ensemble avec le PCF après la fête de l’Huma et puis il a changé d’avis » explique Pierre Cohen, désormais leader de Génération(s) sur Toulouse.

« C’est vrai, nous avons travaillé ensemble depuis le départ » confirme Pierre Lacaze. « Nous avons choisi Nadia Pellefigue pour le renouveau qu’elle incarne mais nous avons aussi besoin de l’expérience de Pierre Cohen » reconnaît le communiste. « Rien n’est encore figé, confirme Sébastien Vincini. J’ai rencontré Génération(s) au niveau départemental et national. Pierre Cohen est un ami, on discute sincèrement. Il y a largement de la place sur notre liste pour lui et son mouvement. Nous n’avons pas de divergences majeures »

Archipel Citoyen, unis jusqu’au bout ? »

Archipel va désigner sa tête de liste ce dimanche. Alors n’est-il pas là encore trop tard pour rassembler ? « Cette désignation de tête de liste va marquer » assure Pierre Cohen. « Va-t-elle plaire à tout le monde ? Tout ça me semble fragile. Ils ont des différences programmatiques notamment avec La France Insoumise » argumente-t-il. Pierre Lacaze ne partage pas cet avis. « Depuis le début, on considère qu’EELV et LFI ne souhaitent pas le rassemblement » affirme-t-il. Et le représentant départemental du PCF de garder l’espoir d’une liste unique au moins second tour.

« Il peut y avoir deux offres de gauche qui vont jusqu’au bout » confirme Sébastien Vincini. Colistier Archipel, Romain Cujives salut l’appel au rassemblement mais précise que chez eux il a déjà eu lieu. « Un rassemblement inédit en France par son ampleur, une nouvelle façon de penser la politique et la construction d’un projet qui transformera véritablement la vie des gens et lancera la transition écologique dont la ville a besoin » s’enflamme l’ancien candidat à la tête de liste PS. Et EELV justement ? Que pense de cet appel au rassemblement de la gauche son leader toulousain qui vise la tête de liste Archipel Citoyen ? « Je n’ai pas envie de parler ou de réagir pour l’instant » explique Antoine Maurice. Prudence quand tu nous tiens…

Pierre Cohen, lui, croit dans un rapprochement avec d’éventuels déçus d’Archipel Citoyen, où se trouvent d’ailleurs quelques-uns de ses anciens adjoints à la mairie.  « Nous discutions encore ensemble il n’y a pas si longtemps et puis chacun s’est autocentré. Mais c’est quand même dommage de réussir un texte commun sur la mobilité comme celui que nous avons réalisé dans l’opposition municipale et de ne pas travailler ensemble ».

Ce ne sont pas que les partis qui composent la gauche »

« C’est dommage oui, mais nous avons choisi un rassemblement de partis. Nous travaillons à ce rassemblement pour affronter la liste des droites, LR et LREM, de Jean-Luc Moudenc » rétorque Pierre Lacaze. « Après ce ne sont pas que les partis qui composent la gauche. Cet appel à rassemblement nous allons aussi le faire passer aux syndicats comme aux associations toulousaines » précise l’actuel élu d’opposition à la mairie.

« Je n’ai jamais vu de campagne aussi tardive. Elle démarrera réellement en janvier. Le paysage n’est encore figé dans aucune ville de France » conclut Pierre Cohen pour qui rien n’est encore bouclé sur Toulouse. « On a quelques semaines devant nous, on n’en est pas encore au dépôt des listes » assure également Sébastien Vincini en prévenant toutefois : « il faut régler ça maintenant parce qu’il faut être clair avec nos concitoyens ». Peu de probabilités toutefois que les divisions à gauche aient été aplanies d’ici début 2020 quand la campagne devrait vraiment démarrer.

Patrick Noviello (@patnoviello)

13 Nov

Municipales à Toulouse : Archipel Citoyen teste ses candidats à la tête de liste

Toujours plus participatif ? Avant de désigner sa tête de liste, Archipel Citoyen organise ce mercredi 13 novembre une soirée de confrontation de ses candidats avec les toulousains, entre ateliers et questions/réponses avec la salle. Explication.

Claire Dujardin, Michel Kaluszynski, Maxime Le Texier, Antoine Maurice, François Piquemal : voici les cinq candidats qui briguent la tête de liste d’Archipel Citoyen pour les élections municipales à Toulouse. « Le but n’est pas de les mettre en mode compétition ce mercredi soir » explique la porte-parole Caroline Honvault.  Exit donc la recette traditionnelle du débat à cinq.

Pas en mode compétition »

« Chaque candidat se présentera et pourra donner son avis en fonction des questions posées par le public». Et quid des grands dossiers (transports, urbanisme,…) ? « Nous n’avons pas encore de positions. En revanche quand nous les aurons, nous les tiendrons » insiste Carole Honvault. « On ne veut pas faire le catalogue du père Noël des promesses non tenues. Notre ambition est de renouer la confiance avec les citoyens ».

Lors de la première heure de cette soirée, les candidats participeront à des tables-rondes en petits groupes où ils pourront être appuyés par l’ensemble de la liste. « Je n’ai pas préparé quelque chose de spécial avoue François Piquemal. Je suis prêt depuis un moment. Là c’est une présentation à un public plus élargi que les colistiers, je donnerai mon avis quand j’en aurai un mais j’aurai aussi la lucidité d’écouter le collectif ».

La méthode Condorcet »

Deuxième temps fort de cette soirée après les ateliers, les candidats tireront au sort des questions posées par le public et y répondront. « Tout ce qui va se dire ce soir va nourrir chacun des 70 colistiers explique Caroline Honvault. Chaque regard se vaut ». Parce qu’au final, ce ne seront que ces 70 qui désigneront leur tête de liste dimanche. Il ne s’agira alors pas simplement de déposer un bulletin dans une urne mais de passer par la méthode Condorcet. Autrement dit un système de vote où le gagnant est le candidat qui, comparé tour à tour à chacun des autres s’avère être le préféré.

« C’est la règle qu’on s’est donnée dès le début de l’aventure rappelle François Piquemal. L’objectif étant que la tête de liste fasse l’unanimité ». C’est aussi la condition sine qua non qu’avait fixée Europe Ecologie les Verts pour rester dans le mouvement. La tête de liste d’Archipel Citoyen et l’ordonnancement de cette même liste devraient donc être connus en début de semaine prochaine. Une fois ce choix fait à 70, il sera ensuite temps, comme le revendique le mouvement, de « redonner le pouvoir aux citoyens ».

Patrick Noviello (@patnoviello)

24 Oct

Municipales : la valse des étiquettes ?

Photo Alexandre Marchi (Max PPP)

Verra-t-on les logos des partis politiques sur les panneaux d’affichage en mars prochain ? Rien de moins sûr à l’heure où listes citoyennes, de société civile ou sans-étiquette semblent faire l’unanimité.

« Quand je me suis présenté pour la première fois, il y a 32 ans, j’ai mis l’étiquette, et je ne le referai plus ». Jean-Louis Puissegur le dit en souriant mais il s’en souvient encore. Celui qui se dit toujours socialiste, « ça fera plaisir aux copains », reconnait qu’afficher son étiquette « ce n’est pas porteur de voix quand on se présente sur des communes petites et moyennes ».

Campagne des villes et campagne des champs »

Comme beaucoup d’élus, le vice-président de l’AMF estime qu’il y a bien deux géographies politiques différentes en fonction des terres d’élection : celles des métropoles et les autres. Dans le premier cas, la stratégie est forcément plus politique, dans les villages, le candidat à la mairie se doit de faire consensus et de réunir le maximum de bonnes volontés pour son équipe et de voix pour la cohésion.

En ce sens, le Sénat qui a adopté le 15 octobre dernier  l’amendement de la loi « engagement et proximité » mettant fin au « nuançage politique » pour les communes de moins de 3500 habitants a vu juste. En effet jusqu’à présent, les  élus pourtant déclarés sans étiquette se voient systématiquement attribués une « couleur » politique : Divers Gauche ou Divers Droite.

Sans étiquette, indépendant ou non-inscrit »

Mais certains voudraient aller encore plus loin. Quand Denis Wattebled, sénateur du Nord, interpelle Christophe Castaner lors des questions au gouvernement, il évoque notamment un seuil pouvant aller jusqu’à 9000 habitants. Les nuances « sans étiquette », « indépendant » ou « non-inscrit » pourraient ainsi être rajoutées dans les grilles de classement des préfectures.

Du côté d’En Marche, le débat est clos. « Nous avons tranché. Au-dessus de 9000 habitants c’est la commission nationale d’investiture qui arbitre le soutien ou l’investiture, en dessous nos marcheurs s’organisent » explique le référent d’En Marche en Haute-Garonne. « Nous on travaille sur un socle de valeurs et propositions » assure-t-il. Mais alors en est-ce fini des partis politiques ? « Oui, si c’est pour tout bâtir autour d’une idéologie ou d’un dogme, c’est mort » assène Pierre Casteras.

De nouvelles formes de militantisme

« Il y a aujourd’hui de nouvelles formes de militantisme, notamment chez les jeunes et autour d’une fibre écolo et environnementale ». Et le marcheur de reconnaître que de toute façon  son mouvement n’est pas en mesure d’emporter une majorité municipale sous ses seules propres couleurs. Ce qui est le cas de bon nombre de partis actuellement.

Patrick Noviello (@patnoviello)

« Elections Municipales : avec ou sans étiquettes ? », ce sera le thème de Dimanche en Politique cette semaine.