04 Oct

Régions.news #396 – Edition du vendredi 4 octobre 2019

La ville dans la révolution digitale. « Le XIXe siècle était un siècle d’Empires ; le XXe siècle, celui des États-Nations. Le XXIe siècle sera un siècle de villes.». Wellington Webb, ancien maire de Denvers, en 2009.0715

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Conception et rédaction : Patrick Damien

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Légende image. Vue aérienne, le 1er septembre 2019, de Malé, capitale des Iles des Maldives.. Après un rapport sur les manières de limiter le réchauffement à 1,5 °C, en octobre 2018, et un document alarmant sur la dégradation des terres et l’alimentation en août, les experts du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) se sont penchés sur les océans et la cryosphère (les pôles, les glaciers de montagne et le pergélisol, ou permafrost, qui désigne les terres gelées). Ce troisième rapport spécial en un an, a été présenté mercredi 25 septembre par les scientifiques à Monaco. Crédits photo : Chine Nouvelle / Sipa.

#RevueDActu [Consulter la ReVue d’actu quotidienne publiée sur le blog Régions FTV.]

► Une société où les salariés espèrent se faire virer. C’est le concept de l’entreprise éphémère qui vient de s’installée à Nanterre. Pendant sept semaines, cinquante demandeurs d’emploi unissent leurs forces pour tenter de décrocher un travail. « La plupart des participants sont des chômeurs longue durée qui commencent à perdre espoir. Le but est de leur redonner confiance », explique Sandrine Gineste, chef du projet chez BPI Group, partenaire du projet. Comme une entreprise classique, les activités des associés sont organisées par services, communication, commercial, ressources humaines…

► Laurent Tulpan est le créateur de « Bouge Ma Ville », une application censée rétablir le lien entre les citoyens et leur municipalité. « J’ai créé cette application simple pour remonter les problèmes vers une mairie en utilisant la géolocalisation, les photos et les commentaires des citoyens de la ville, explique Laurent Tulpan. La collectivité est plus réactive et elle y gagne. Ses services peuvent se concentrer sur les moyens à mettre à disposition en proposant des solutions à moindre coût et qui sont réellement adaptés aux usages. ».

 ► Un escape game (Jeu d’évasion grandeur nature) a ouvert ses portes samedi 28 septembre à Bordeaux, sur le thème du réchauffement climatique. Cette expérience ludique, nommée Gaïactica, a pour objectif « d’offrir aux joueurs la capacité de prendre les bonnes décisions, de dire ‘je joue’ mais aussi de provoquer une prise de conscience », selon son concepteur, L’objectif est d’essayer de sauver la planète en moins de 60 minutes, en prenant les bonnes décisions. Un jeu basé sur des données scientifiques vérifiées par un climatologue.

► A Bordeaux, Microsoft ouvre sa dixième école d’intelligence artificielle, le jeudi 26 septembre, à la Cité du numérique. L’objectif est de former chaque année vingt-cinq techniciens de l’intelligence artificielle, un secteur en plein développement, mais qui manque de main-d’œuvre en France. À cette occasion, Laurent Schlosser, directeur de la division Secteur public chez Microsoft, a également annoncé la création d’un Experience Lab avant la fin de l’année. « Le but de ce laboratoire est de promouvoir les bénéfices que cette technologie peut apporter dans les secteurs de l’agriculture et de la viticulture par exemple ».

► Une piste cyclable solaire est en service le long du Canal de l’Ourcq à Bobigny (Seine-Saint-Denis) depuis janvier. Sur une longueur d’une dizaine de mètres et une surface de 52m² des dalles photovoltaïques recouvrent le sol. La piste accueille les vélos, les marcheurs et joggeurs. L’électricité produite grâce à ces panneaux solaires alimente l’éclairage sous le pont. L’énergie qui n’est pas consommée est stockée dans des batteries. Cette piste aurait produit depuis le mois de janvier l’équivalent de la consommation électrique annuelle, hors chauffage, de 440 foyers.

Légende image. Un enfant regarde vers le ciel au sein du Central Park de Songdo en Corée du Sud. Crédits : travel oriented, Flickr.

#Ville

► Songdo, la « ville du futur » se trouve face à ses contradictions. Elle alimente fantasmes et caricatures. Lancée au début des années 2000, la ville numérique de Songdo, en Corée du Sud. Pour les instigateurs du projet, l’objectif est faire de Songdo un modèle à exporter. « C’est le même processus avec les villes nouvelles du monde entier, en particulier dans les pays en cours de développement : des élites veulent construire un espace qui soit le reflet de leur réussite à l’international, explique le professeur de géographie et d’études urbaines à la London School of Economics. Elles préfèrent construire cet espace à partir de rien plutôt qu’à partir d’une ville déjà existante parce que les coûts sont moins chers. »

#Travail

► Diffusé le mardi 24 septembre sur France 2, l’émission Cash Investigation,  « Au secours, mon patron est un algorithme » revient sur les plateformes numériques des sociétés comme Google, Facebook et Uber qui ont révolutionné le quotidien de chacun. Mais la réalité est beaucoup moins reluisante. Pour faire tourner leurs applications, ces géants de l’économie numérique emploient une armée de petites mains invisibles. Des travailleurs jetables, sous-payés, sans contrat de travail et sans protection sociale. L’équipe de Cash Investigation est partie à la rencontre de ces forçats du clic, qui partout dans le monde, pour quelques cents la tâche, nourrissent les systèmes d’intelligence artificielle. À lire aussi : Les nouveaux prolétaires du Web : sélection d’articles à lire en complément de Cash Investigation sur le site @lemondefr.

► « On nous a laissé croire que les gens qui allaient adopter ce statut [de micro-entrepreneur] allaient devenir de vrais entrepreneurs. Or un vrai entrepreneur choisit sa clientèle, définit ses tarifs, la manière dont il travaille… il est complètement libre. […] Avec ce statut d’auto-entrepreneur, on ne devient pas un véritable entrepreneur ; les travailleurs des plateformes n’ont quasiment aucune liberté », explique Dominique Méda philosophe et sociologue sur le site @franceculture.

► « Pour que leur labeur devienne ouvrage, les travailleurs doivent rejeter les bullshit jobs de l’économie de masse et embrasser l’artisanat. Certains veulent travailler de leurs mains. D’autres souhaitent simplement s’éloigner du one best way tayloriste, pour exprimer leur créativité au travail. D’autres, enfin, rêvent d’autonomie et se mettent à leur compte », explique Laetitia Vitaud dans son ouvrage Du labeur à l’ouvrage (2019).

► Pourquoi le travail est-il devenu absurde ? L’anthropologue américain David Graeber dans son livre Bullshit Jobs (2018) expliquait que « La répartition du travail telle que nous la connaissons aujourd’hui n’a donc rien à voir avec de quelconques facteurs économiques, ni même avec la nature humaine. Elle répond exclusivement à des considérations politiques. »

#LiensVagabonds publiés par le site Métamedia.

► Netflix en difficulté dans la guerre aux abonnés et aux productions locales. À retenir cette semaine : – Téléphonie : les Suisses se mobilisent contre la 5G ; – L’ IA change notre perception du monde réel ; – Sur YouTube, l’INA transforme ses archives vidéos en or ; – Pourquoi les jeunes préfèrent louer plutôt que d’acheter ; – A Manchester, des voies lentes pour les piétons qui consultent leur smartphones.

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