03 Juil

Régions.news #430 – Edition du vendredi 3 juillet 2020

La ville dans la transformation digitale et la transition écologique. « Le XIXème siècle était un siècle d’Empires ; le XXème siècle, celui des États-Nations. Le XXIème siècle sera un siècle des villes. ». Wellington Webb, ancien maire de Denvers (Etats-unis) en 2009.

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Légende image. Imaginez une grande ferme sur le toit du pavillon 6 du parc des Expositions de Paris. Initié par la société Nature Urbaine, cette ferme urbaine de 14.000 m² qui produira à terme 300 kilos de fruits et de légumes de saison par jour, vient d’ouvrir ses portes. Deux techniques de cultures sont utilisées. La première, l’hydroponie, consiste à faire pousser les légumes dans un bac, sur un substrat de fibre de coco régulièrement irrigué par une solution nutritive. La seconde, l’aéroponie, est sans doute la plus emblématique des fermes urbaines les plus « high-tech » puisqu’il s’agit de colonnes verticales, de plusieurs mètres de haut, trouées et dans chaque trou est placée une plante, dont les racines sont aspergées d’eau et de solution nutritive, nuit et jour. (Photo : Stéphane Compoint).

#Alimentation

► « Plus les villes grandissent, plus les campagnes s’éloignent pour ceux qui vivent en leur centre. Je propose de rétablir la relation entre la ville et sa région, et d’introduire l’espace de production de nourriture dans la ville. L’Europe est pleine d’espaces inefficaces structurés par le béton, qui pourraient devenir productifs. Nombre de terrains pourraient être convertis en jardins, vergers, fermes communaux. Bien entendu, cela ne pourra jamais nourrir la ville dans sa totalité mais ça peut redonner aux gens accès à la nature », explique Carolyn Steel, l’architecte urbaniste britannique plaide pour une réorganisation de la ville à partir des besoins en alimentation dans son dernier livre paru en mars 2020, « Sitopia. How Food Can Save the World (« Sitopie. Comment la nourriture peut sauver le monde ». À lire aussi : Comment se mettre au vert quand on est citadin.

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► Le magasin de producteurs La belle campagne ouvrira ses portes le 7 juillet 2020 à Vandœuvre-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle). Ce sont trente-et-un agriculteurs lorrains qui se sont associés pour réaliser ce projet avec une règle stricte : tout est produit à moins de 70 km, et vendu par les agriculteurs eux-mêmes. La clientèle est surtout locale ou rurale. Ainsi pour s’ouvrir à une clientèle citadine, il faut s’adapter à leur mode de vie, autrement dit être ouvert tous les jours ou presque, y compris entre midi et deux, le samedi et le soir, en bref, se calquer sur les horaires de supermarchés. À lire : Circuits courts en Côte d’Or. Les producteurs s’interrogent sur l’avenir : « On se doutait bien qu’on ne garderait pas tous les clients ».

► La société Nielsen Concept implantée à Rezé (Loire-Atlantique), propose de transformer des conteneurs maritimes en abris pour les vélos et les trottinettes. « On s’est rendu compte que le premier besoin, ce n’était pas les pistes cyclables, c’était d’abord de quoi sécuriser son vélo mais aussi surtout un besoin de service autour de l’usage du vélo. La première demande était d’avoir la tranquillité d’esprit de retrouver son vélo. On a commencé à concevoir un espace sécurisé et du service attenant avec un espace de réparation, des compresseurs et des douches aussi pour les entreprises », explique Nicolas Salmon, co-fondateur de Nielsen Concept.

Légende image. Et si toute la politique économique de la ville d’Amsterdam s’inspirait de la « théorie du donut » ? Ce concept, défendu par Kate Raworth, économiste à Oxfam, schématise le développement économique idéal et durable pour respecter les limites naturelles. Il s’agit notamment pour une municipalité d’orienter ses investissements au strict nécessaire, en privilégiant l’économie circulaire, le recyclage et le partage d’énergie. « L’idée est de revoir notre façon de consommer et de produire, tout en favorisant la création de nouveaux emplois », résume Marieke van Doorninck, l’adjointe au maire de la capitale néerlandaise.

#Et_Maintenant

► « En économie, l’outil le plus puissant n’est pas l’argent, ni même l’algèbre. C’est un crayon. Parce qu’avec un crayon vous pouvez redessiner le monde. », explique Kate Raworth dans son livre « La Théorie du Donut, l’économie de demain en 7 principes », paru dans sa version française en novembre 2018. L’économiste britannique se livre à un détricotage des mythes qui fondent nos croyances économiques et guident nos politiques. Pourquoi le donut ? Parce que sa forme, en anneau, aide à se représenter ces buts. L’anneau représente un « espace juste et sûr pour l’humanité » où les besoins de tous sont satisfaits. Ils sont basés sur les douze besoins fondamentaux tels qu’ils sont décrits par les Nations unies (santé, éducation, nourriture, accès à l’eau…). Le cercle extérieur représente le « plafond écologique » à ne pas franchir si l’on veut assurer la soutenabilité des ressources naturelles. Les populations auxquelles on n’assure pas le minimum social se trouvent à l’intérieur du trou central.

► Kate Raworth explique dans un entretien sur le site Usbek & Rica : « Je suis pour l’économie régénérative par dessein. Passer d’une pensée linéaire à une pensée circulaire. Similaire au cercle du monde vivant. Et passer d’un système qui concentre les ressources produites dans les mains de 1 % de la population à un système distributif. Ce sont pour moi les deux dynamiques à mettre en place. Elles seraient accompagnées par l’extraordinaire transformation à l’œuvre dans les technologies : la blockchain, l’automatisation, l’imprimante 3D, les fablabs, le retour des communs, les entreprises sociales et collectives… »

#Ville

► La Smart City doit-elle se penser par les usages ? « Quand on regarde toutes les Apps censées simplifier la vie des citoyens du tri des déchets, à sa carte transport, à son parcours touristique… Aucune ne sont interopérables entre elles, les données quand on peut les récupérer sont peu exploitables et multiplient les interfaces numériques pour les citoyens d’un même territoire, explique Jérémie Nestel, directeur du territoire intelligent et de l’innovation de la Ville de Nevers. « Chaque maire adjoint a son application du cimetière connecté au prêt de livre du futur, le service public se morcelle en silo, et les expériences UX préparent à mon sens la privatisation du service public, incapable de se penser en globalité ». À lire aussi : À quoi ressemblera la Smart City de demain ?

#LiensVagabonds publiés par le site Métamedia.

► Facebook touché au portefeuille, de très gros annonceurs commencent à fuir. À retenir cette semaine : – Comment les médias de service public peuvent survivre à la guerre du streaming ; – Étude : mener une campagne de communication d’éducation aux médias numériques permettrait d’accroître la résilience des internautes face aux fake news aux États-Unis et en Inde ; – Aux États-Unis, un homme noir arrêté à tort à cause d’un logiciel de reconnaissance faciale ; – Une IA sexiste et raciste peut entraîner des arrestations injustifiées, moins de possibilités d’emploi ou même la mort. Pour y remédier, Il faut une prise de conscience de toute la société ; – Comment l’éco-conception web peut aider à lutter contre le changement climatique.

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26 Juin

Régions.news #429 – Edition du vendredi 26 juin 2020

La ville dans la transformation digitale et la transition écologique. « Le XIXème siècle était un siècle d’Empires ; le XXème siècle, celui des États-Nations. Le XXIème siècle sera un siècle des villes. ». Wellington Webb, ancien maire de Denvers (Etats-unis) en 2009.

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Légende image. À Ancy sur Moselle (Moselle), la cabane Bacole peut accueillir quatre personnes en vacances (Photo : Yves Kreidl, France Télévisions). Grimper aux arbres pour dormir dans une cabane, c’est un rêve d’enfant qui se réalise dans la petite commune d’Ancy-sur-Moselle à quelques kilomètres de Metz (Moselle). Là, Pomottes, Bacole et Folies, les trois Cabanes en Lorraine sont installées au pied des vignes du Domaine les Béliers. Depuis le 11 mai ces passionnés font à nouveau le bonheur des touristes en demande d’expériences inédites comme une cabane dans les arbres, une péniche ou une galerie d’artiste. Rencontre avec les propriétaires de ces lieux qui aiment partager leur mode de vie.

#RevueDActu [Consulter la ReVue d’actu quotidienne publiée sur le blog Régions FTV.]

► Son nom, la « Security Bubble Covid-19 », ou bulle de sécurité Covid-19 en Français, c’est un bracelet qui vous apprend à garder ses distances de sécurité. Il s’allume si on est trop proche d’un autre porteur. Il a été mis au point par la société Insight SIP de Sophia-Antipolis, dans les Alpes-Maritimes. « Un clignotement rapide indique qu’on est trop proche. Et si on s’éloigne un peu, voilà il va ralentir, il a changé de mode », explique Michel Beghin, directeur d’Insight SIP. Le dispositif permet de garantir un niveau de précision de quelques centimètres. ». Il précise que « même en dehors du Covid, c’est quelque chose qui est demandé pour des notions de sécurité. Dans les chantiers, dans le monde des mines… »

► Depuis le 12 juin la RATP a décidé de suspendre temporairement l’utilisation des caméras permettant la détection automatique du port du masque par les usagers, expérimentation menée dans la station Châtelet-les-Halles du métro parisien, où six caméras étaient activées. Selon la CNIL, le « développement incontrôlé » de cette technologie « présente le risque de généraliser un sentiment de surveillance chez les citoyens, de créer un phénomène d’accoutumance et de banalisation de technologies intrusives, et d’engendrer une surveillance accrue, susceptible de porter atteinte au bon fonctionnement de notre société démocratique ». À lire : Quand l’intelligence artificielle traque le port du masque.

► Depuis le déconfinement, les plastiques pullulent au large du littoral des Alpes-Maritimes d’après les observations de Maria-Luiza Pedrotti, chercheuse CNRS à l’Institut de la mer de Villefranche-sur-Mer, experte mondiale des microplastiques en mer. Elle constate qu’à « partir du 11 mai nous avons pu reprendre les prélèvements en mer. J’ai été étonnée de voir quantité de plastiques, et surtout les catégories de plastiques que normalement on trouve très peu en Méditerranée, comme les granulés que l’on appelle les « larmes de sirènes ». Ce sont des cylindres de 1 à 10mm de plastique préfabriqué pour fabriquer d’autres plastiques. Ils n’ont rien à faire en mer. » Elle ajoute : « on dirait que les gens se sont lâchés pendant le confinement ! ». À lire aussi sur franceinfo junior : comment lutter contre la pollution dans les océans ?

Légende image. « Une main pour échanger » par le graffeur Milouz, rue Ferdinand Lesseps à Saint Brieuc. (Photo : C. Bazille – francetv). Une main sortie d’une façade, le regard ému presque implorant d’un macareux, un cerisier du Japon tout de rose habillé, et le portait d’un vieux marin. Le collectif de graffeurs TSF Crew invite au voyage et à la réflexion, sur les façades de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor). Ces artistes ont voulu partager leur art, tandis que le festival qu’ils organisent, Just Do Paint, devait se terminer ce dimanche 21 juin. Il est repoussé à la rentrée, du 24 au 27 septembre 2020.

#Municipales2020

► La crise sanitaire a accéléré la conversion des candidats au numérique. Privés de meetings, priés de garder leurs distances sur les marchés, ils ont dû trouver d’autres moyens de faire connaître leurs propositions et d’échanger avec leurs potentiels électeurs. Alors, Facebook est apparu comme l’une des solutions miracles. Dans de nombreuses villes, cette nouvelle passion pour les réseaux sociaux a été l’occasion d’expérimentations démocratiques innovantes. Mais dans certaines communes, la campagne des municipales sur les réseaux sociaux a carrément viré au Far West. Ainsi la ville de Sète (Hérault) a même acquis une réputation mondiale en la matière à cause de graves dérives sur Facebook. Le réseau social a dû fermer pas moins de 51 comptes, neuf pages et neuf comptes Instagram dans la région. Une décision rare. Qui se cache derrière ces faux comptes ? Les concurrents au scrutin se renvoient la balle.

#Et_Maintenant

► « Dans les dix prochaines années, je pense que l’on va voir le jeu vidéo devenir la première activité sociale. De plus en plus de gens décident de s’y réunir, avec leurs amis, et décident ensuite à quoi ils vont jouer. Ça veut dire que le jeu va devenir une plateforme de communication autant qu’un endroit où on s’amuse », prédit depuis des années Tim Sweeney, fondateur d’Epic Games, le studio qui a créé le jeu vidéo gratuit Fortnite devenu phénomène de société. Dès sa sortie de Fortnite, le studio américain qui emploie 2 000 salariés, a engrangé 2,4 milliards de bénéfices pour l’année 2018. Les joueurs paient pour améliorer leurs avatars. Les stratèges d‘Epic Games se sont offert les services d’une psychologue française pour les aider à retenir leurs joueurs le plus longtemps possible. Ils sont 350 millions dans le monde. À voir l’émission de France 2 « Complément d’enquête » du 11 juin 2020 : « Et si c’était la fin de la télé ? ».

#LiensVagabonds publiés par le site Métamedia.

► Sur la politique, Facebook essaie de se racheter une image. À retenir cette semaine : – Comment la VR aide les soignants à combattre le coronavirus ; – La Covid-19 pourrait accélérer le remplacement des jobs humains par des robots ; – « L’intelligence artificielle peut combattre les nouvelles maladies » : Interview avec Yann Le Cun, responsable de la recherche en intelligence artificielle chez Facebook ; – Médias : la crise du coronavirus a dopé les abonnements numériques ; – La Covid-19 pourrait accélérer le remplacement des jobs humains par des robots ; – Condamnation de la journaliste Maria Ressa, bête noire du pouvoir philippin ; – La Chine recueille l’ADN d’hommes et de garçons pour constituer une vaste base de données génétiques qui renforcera ses capacités de surveillance.

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19 Juin

Régions.news #428 – Edition du vendredi 19 juin 2020

La ville dans la transformation digitale et la transition écologique. « Le XIXème siècle était un siècle d’Empires ; le XXème siècle, celui des États-Nations. Le XXIème siècle sera un siècle des villes. ». Wellington Webb, ancien maire de Denvers (Etats-unis) en 2009.

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Légende image. Cabines de plage à Cayeux-sur-mer dans la Somme. (Photo Nicolas Bryant / Smbs-glp). Emblématiques de la Côte picarde, les cabines de plages de Cayeux-sur-Mer accueillent touristes et estivants depuis le 15 juin. Ces cabines sont près de 200 installées le long du chemin de planches le plus long d’Europe. Ces petites maisons en bois sont un véritable symbole de la ville. « C’est un héritage de la tradition balnéaire de la Belle Époque. Ça permet d’habiller le chemin de planche le long du littoral », explique Matthieu Blin, directeur général de la ville de Cayeux.

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► Quantum Surgical a développé son robot pour opérer les tumeurs du foie en images 3D en un temps record. Ce dispositif, qui combine robotique et analyse d’image, assiste le praticien pour la mise en œuvre de traitements oncologiques plus sûrs, plus efficaces et moins invasifs. Grâce à ce dispositif le Professeur Boris Guiu du CHU Saint-Eloi de Montpellier a pu planifier l’intervention sur les images 3D du patient, puis réaliser le geste avec précision, guidé par le robot pour enlever une tumeur du foie. « Nous n’aurions pas pu faire mieux. Le patient va très bien. Il est rentré à domicile dès le lendemain pour reprendre une vie normale », annonce le Professeur.

► A Longvic (Côte-d’Or), le robot « Nonno » a permis de maintenir le lien entre les résidents d’un Ehpad et leurs familles éloignées pendant le confinement par l’intermédiaire d’appels vidéo entre les personnes âgées et leurs proches. Une solution vite adoptée, notamment par les plus âgés, même si elle ne remplace pas le plaisir d’une visite. « C’est sensationnel, se félicite la directrice de l’établissement. Les personnes n’ont rien à faire et c’est comme si les familles rentraient dans l’établissement. »

► En Ile-de-France, des entreprises réfléchissent à généraliser le télétravail pour leurs salariés. « On voit bien que dans un premier temps, les salariés peuvent être très contents notamment parce que les transports sont longs et coûteux et peuvent trouver que c’est agréable de rester chez eux. Mais cela ne va pas sans poser de nombreux problèmes, analyse Dominique Lhuilier, professeure de psychologie du travail au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam). J’ai toujours pensé que le télétravail était sous-utilisé avant la crise. Il est notamment bénéfique pour les gens qui ont des problèmes de santé et qui veulent maintenir leur activité professionnelle. Mais le télétravail total, c’est l’isolement et c’est aussi la solitude. Cela peut créer de nombreux problèmes de santé »

► Avec la crise sanitaire, beaucoup ont constaté une montée de la précarité chez les étudiants et beaucoup d’entre eux ont perdu leur travail et donc une partie de leurs ressources. Face à cette situation la région Centre-Val de Loire a mis en place, en partenariat avec le Centre National des Œuvres Universitaires et Scolaires (CNOUS), une déclinaison régionale de la plateforme JOBAVIZ qui met en relation directe les employeurs avec les étudiants.

Légende image. Manifestation du personnel soignant de l’hôpital Gregorio Maranon de Madrid (Espagne), le 8 juin 2020. (Photo : Pierre-Philippe Marcou / Afp). Covid-19, crise écologique et révoltes urbaines seront à l’agenda de la 32ème édition de Visa pour l’image qui se déroulera du 29 août au 13 septembre à Perpignan. La « dimension physique » de ce rendez-vous s’est imposée « à un moment où beaucoup de photojournalistes rament, quasiment sans commandes depuis deux mois », a souligné Jean-François Leroy, directeur du festival. Cette édition sera « très féminine » et c’est un « hasard » a relevé le directeur expliquant que les photos ont été choisies « en fonction de leur qualité ». À voir les expositions de Visa pour l’image 2020.

#Reconnaissance_Faciale

► La reconnaissance faciale est une technologie qui n’a plus le vent en poupe aux États-Unis. Adoptée par de nombreuses polices pour identifier et trouver plus rapidement des suspects, est aujourd’hui accusée d’aggraver les discriminations et de menacer la vie privée. Les associations qui en dénonçaient les biais depuis plusieurs années ont eu gain de cause cette semaine dans le sillage du mouvement #BlackLivesMatter. IBM, Amazon et Microsoft ont toutes annoncé la suspension ou l’arrêt de projets dans ce domaine et notamment leur collaboration avec les polices américaines. Joy Buolamwini, fondatrice de l’Algorithmic Justice League, « s’est spécialisée sur ces questions [de biais algorithmiques] et il se trouve qu’elle est une femme et noire, explique Caroline Lequesne Roth, maître de conférences en droit public à l’université de Côte d’Azur. Elle a vu que les systèmes de reconnaissance faciale ne l’identifiaient pas. Ces logiciels faisaient moins d’1% d’erreur sur un homme blanc, mais 35 à 38% pour une femme de couleur. Cela crée évidemment une discrimination et tend les relations avec la police avec le risque d’être arrêté, emmené au poste, etc. »

► Revue de liens : – « Ces logiciels, comme beaucoup de technologies, peuvent avoir une utilisation néfaste », estime Jean-Gabriel Ganascia, expert en intelligence artificielle ; – La Californie étudie un projet de loi controversé qui permettrait l’utilisation de la reconnaissance faciale par des entreprises et des agences gouvernementales.

#Et_Maintenant

► « En montrant les limites du système actuel et l’aspiration des citadins à une ville plus durable, plus inclusive, la crise va obliger les métropoles à se réinventer. Dans les villes comme Lyon ou Paris, par exemple, qui ont commencé à se végétaliser et à développer les mobilités actives (marche, vélo…), elle va jouer un rôle de catalyseur, explique Lise Bourdeau-Lepage, géographe et économiste. Quant à celles qui ne le faisaient pas, elles n’auront pas d’autre choix que de s’y mettre, au risque d’être montrées du doigt. La manière dont elles vont s’y prendre fait l’objet de discussions entre chercheurs. » Elle ajoute que « le bien-être des habitants doit être au cœur de l’aménagement urbain ; un aménagement centré autour du piéton, et pas seulement autour du cycliste. Tout le monde marche et c’est excellent pour la santé physique et mentale. » La chercheuse vient de publier un guide : « Evaluer le bien-être sur un territoire. Comprendre pour agir sur les facteurs d’attractivité territoriaux ».

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► Les réseaux sociaux au coeur de l’activisme Black Lives Matter. À retenir cette semaine : – Manifestations Black Lives Matter sur les réseaux – Sur les plateformes, les activistes font passer leur message de manière créativeLes jeunes rafraîchissent le militantisme sur TikTok avec des challenges qui permettent d’évaluer ses privilègesGoogle Docs devient une plateforme de résistanceLes manifestants se servent massivement de la messagerie cryptée Signal et des outils émergent pour protéger l’identité des manifestants sur les photosDes journalistes américains dénoncent le racisme qu’ils ont subi au sein des rédactions. Ces accusations entraînent des démissions. La presse US est en train de se détruire ; – Interview avec Hamid Khan, l’activiste qui démantèle les algorithmes racistes utilisés dans la technologie de surveillance policière.

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12 Juin

Régions.news #427 – Edition du vendredi 12 juin 2020

La ville dans la transformation digitale et la transition écologique. « Le XIXème siècle était un siècle d’Empires ; le XXème siècle, celui des États-Nations. Le XXIème siècle sera un siècle des villes. ». Wellington Webb, ancien maire de Denvers (Etats-unis) en 2009.

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Légende image. Le Northabout, capable de fendre la glace, lors de son expédition en 2017. (Photo : Uno Mondo). Le Northabout, un voilier spécialement conçu pour le monde polaire, appareillera pour l’Arctique le 15 juin, avec à son bord, toute une équipe de 9 personnes, deux skippers, trois scientifiques, un photographe et un artiste, pour mener l’expédition Uno Mondo. « Le but c’est parler des changements climatiques, et de passer à l’action pour la planète. » Sophie est l’un des skippers du Northabout. À quai à Saint-Malo depuis quelques jours, ce voilier est le seul à avoir rejoint, deux fois, le cercle polaire Arctique.

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► Au large des falaises normandes de Fécamp (Seine-Maritime), 71 éoliennes offshore se dresseront à l’horizon dès 2023 a révélé EDF mardi 2 juin. Ce chantier marque un nouveau pas pour l’éolien offshore français, à la traîne par rapport à ses voisins, notamment allemands et britanniques. « C’est une première mondiale une usine éolienne dans laquelle on construit à la fois les nacelles et les pales, ça ne se fait nulle part ailleurs au monde. Ce sera au Havre que l’on verra les composants principaux d’une éolienne sous le même toit », Filippo Cimitan, PDG France Siemens Gamesa. Pales et nacelles des éoliennes seront fabriquées dans un même bâtiment, puis assemblées à Cherbourg avant d’être installées à Fécamp et le port du Havre recrutera le personnel en local pour cette future usine d’éoliennes offshore. Ce chantier mobilisera plus de 1 400 emplois locaux et les 25 années d’exploitation génèreront une centaine d’emplois locaux pérennes dans le port de Fécamp,
► Geotrend est une jeune entreprise toulousaine qui fait de la veille numérique à forte valeur ajoutée pour les entreprises. Dans le contexte actuel de crise économique exceptionnelle, elle rassemble pour ses clients des données dans le monde entier et leur fournit des informations cruciales pour rebondir. « Ça nous évite d’aller chercher l’information manuellement de droite à gauche, et de passer à côté de la moitié. C’est un premier gain de temps, mais en plus ça va cartographier cette information, et donc en un clin d’œil je vais savoir qui est présent sur ce secteur », explique la responsable du suivi des clients chez Geotrend. « Nos entreprises clientes veulent se préparer au monde d’après : il va falloir travailler différemment, vendre différemment, les cartes vont être redistribuées. Dans cette optique, cartographier sa chaîne de production c’est essentiel », détaille le créateur de Géotrend.
► En Ile-de-France, des entreprises réfléchissent à généraliser le télétravail pour leurs salariés. « On voit bien que dans un premier temps, les salariés peuvent être très contents notamment parce que les transports sont longs et coûteux et peuvent trouver que c’est agréable de rester chez eux. Mais cela ne va pas sans poser de nombreux problèmes, analyse Dominique Lhuilier, professeure de psychologie du travail au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam). J’ai toujours pensé que le télétravail était sous-utilisé avant la crise. Il est notamment bénéfique pour les gens qui ont des problèmes de santé et qui veulent maintenir leur activité professionnelle. Mais le télétravail total, c’est l’isolement et c’est aussi la solitude. Cela peut créer de nombreux problèmes de santé ». À lire aussi : L’entreprise ne doit plus être vue comme une pyramide mais un réseau social, une tribune de Yann-Maël Larher, avocat et cofondateur de okaydoc.fr.

Légende image. Un paquebot de croisière géant le 9 juin 2019 dans la lagune de Venise, où, une semaine auparavant, un paquebot similaire avait heurté un quai et un bateau touristique. (Photo : Miguel Medina / Afp). #Et_Maintenant. « La pandémie a été terrible socialement et économiquement mais elle a révélé aussi nos failles, notre manque de clairvoyance. Venise ne peut continuer à accueillir autant de monde, nous sommes devenus les artisans de sa destruction. Le postulat de croire que plus il y a de touristes, plus on fait de l’argent, est une sottise », reconnaît Giovanni De Luca qui tient une galerie du quartier du Dorsoduro. Le Parlement européen sous la houlette de Karima Delli s’active pour réduire le tourisme de masse et inventer « le tourisme de demain en Europe ».

#Ville

► Créé à Angers (Maine-et-Loire), en 2018, sous l’impulsion de l’association PAVIC (Projet Angers Ville Intelligente et Connectée), le webmagazine Ville Intelligente va progressivement implanter des antennes sur le territoire français afin de mieux le couvrir et ainsi enrichir son contenu. La première sera installée à Orsay Paris-Saclay, sous la conduite de Tony Cañadas, président de l’association La Ville Intelligente et Citoyenne. En juin 2017 à Nantes, Carlos Moreno expliquait que « la ville est un être vivant, il leur faudra donc en connaître son métabolisme. C’est de votre responsabilité d’hybrider l’homme technologiquement, mais avec une approche sociale, pour que l’intelligence de la ville soit collaborative et vivante. L’intelligence d’une ville est uniquement celle de ses citoyens, avec la qualité de vie et le bonheur de vivre ensemble ». Et c’est suivant ce principe inclusif que le webmagazine donne la parole aux « entreprises qui font avancer la technologie, l’environnement, les rapports humains, mais aussi aux citoyens qu’ils soient indépendants ou regroupés en association et qui mettent tout en œuvre pour que nos territoires soient plus agréables ». Pour sa part Tony Cañadas vient de publier le 12 juin la seconde édition de son livre « Environnement et Numérique – Opérer le changement engagé sur les questions environnementales, sociales et numériques pour inspirer et vivre dans un monde plus durable ».

#Santé

► « Si on peut utiliser IA [l’intelligence artificielle] pour sauver des vies alors je dis oui. Il y a un domaine encore sous-exploité, c’est l’ADN. Ce sont des pures statistiques sur des millions de combinaisons. C’est purement de l’IA. C’est un terrain de jeu extraordinaire. Sur le cancer, on va pouvoir trouver beaucoup plus de choses en amont. Ça va nous ouvrir des portes fantastiques mais il faut faire attention à ne pas permettre à des gens de l’utiliser de façon malveillante. C’est à nous d’être responsables. L’IA est un simple outil. Et comme tous les outils, l’IA ne nous apportera rien toute seule. Prenons l’analogie du marteau. C’est un outil super jusqu’à ce qu’on l’utilise pour frapper quelqu’un. L’IA, c’est pareil : ce n’est pas autre chose qu’un marteau. Ça dépend de ce qu’on en fait », explique Luc Julia, ingénieur et informaticien spécialisé dans l’intelligence artificielle.

#LiensVagabonds publiés par le site Métamedia.

► #BlackLivesMatter, les protestations enflamment les réseaux. À retenir cette semaine : – Dans une Amérique équipée massivement de caméras de surveillance, les vidéos témoignant de la violence policière deviennent vite viralesSur les réseaux sociaux, l’initiative Instagram #BlackoutTuesday fait débat et les adolescentes se mobilisent sur TikTok. La désinformation sur les événements est un réel enjeu pour les médias sociaux. Ces événements sont l’occasion de réévaluer les liens qu’entretiennent les géants de la tech avec les autorités policières

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05 Juin

Régions.news #426 – Edition du vendredi 5 juin 2020

La ville dans la transformation digitale et la transition écologique. « Le XIXème siècle était un siècle d’Empires ; le XXème siècle, celui des États-Nations. Le XXIème siècle sera un siècle des villes. ». Wellington Webb, ancien maire de Denvers (Etats-unis) en 2009.

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Légende image. Double exposition de femme regardant le paysage urbain, Shenzhen, Chine. (Photo : Jasper James / Getty). L’épidémie a mis au centre la question de l’espace privé comme public. Faut-il y voir une formidable opportunité pour se réapproprier les espaces urbains ? Patrick Bouchain, grand prix de l’urbanisme 2019, explique que « toute personne ou architecture doit pouvoir laisser une trace de son locataire précédent. Il faut la réversibilité de l’architecture et repenser l’architecture de ces lieux avec les personnes vivant dans ses logements. »

#Ville

► Travailler à 15 minutes de chez soi, ne pas tous arriver ou partir du bureau à la même heure, pistes cyclables temporaires… Ainsi la crise du Covid-19 a remis l’approche temporelle au cœur des politiques publiques. À Rennes, avec son « bureau des temps », la ville cherche un nouveau rythme pour vivre une mobilité plus sereine. Ainsi la municipalité a réussi depuis 2012 à désencombrer sa ligne de métro en repoussant d’un quart d’heure l’horaire d’arrivée à la fac de 8.000 de ses étudiants. La stratégie de déconfinement repose en partie sur cette « mobilité apaisée » en lissant les flux aux heures de pointe. « Il est étonnant de voir à quel point on a toujours joué sur l’espace en agrandissant les voies d’accès et en augmentant la capacité des transports et pensé si tardivement à ce jeu sur le temps », relève Guy Baudelle, géographe et professeur à Rennes 2. Dans une tribune du 23 mai publiée par l’association Tempo Territorial, qui appelle à développer un urbanisme des temps.

► Le chercheur franco-colombien Carlos Moreno explique que « le coronavirus remet en cause notre manière de vivre dans la ville ». Il estime que le recours massif au télétravail est « l’un des tournants majeurs de cette crise ». Et quand il avait proposé « le concept de «chrono-urbanisme», popularisé au travers de « la ville du quart d’heure » [des commodités accessibles autour de chez soi] », on lui avait répondu : « c’est impossible, on ne pourra jamais ramener le travail près des gens ». Aujourd’hui, il explique que « le coronavirus a fait plus en un jour que tous les plans de transformation digitale jamais conçus. Par exemple, chez PSA, le télétravail sera désormais la norme, et aller au bureau l’exception. »

#RevueDActu [Consulter la ReVue d’actu quotidienne publiée sur le blog Régions FTV.]

► Depuis le 11 mai, des masques chirurgicaux et des gants en latex sont retrouvés au large des côtes azuréennes. C’est le constat que fait le lanceur d’alerte Laurent Lombard, fondateur de l’association Opération Mer Propre, « Il y a une semaine, je ne voyais qu’un gant de temps en temps, ensuite, j’ai commencé à en voir de plus en plus, déplore le plongeur. Quand il va y avoir un gros orage, tous les masques et les gants jetés sur les trottoirs ou dans les égouts vont se retrouver en mer ».

► Anaëlle Marot, 26 ans, est partie de Marseille le 31 mai à vélo pour le « Projet Azur ». 1 000 km à bicyclette et en kayak pour ramasser une tonne de déchets autour de la Méditerranée. Autour d’elle, des citoyens et associations locales, effarés par la multiplication du plastique depuis le coronavirus.

Légende image. Le 24 avril, une femme à vélo portant un masque circule dans le parking vide à Ocean City, Maryland. (Photo de Samuel Corum / Getty Images). « Oui, les piétons sont au fondement de l’urbanité. Ce sont eux qui animent la ville et la rendent plus sûre. Ce sont eux, aussi, les plus vertueux : vraiment aucune nuisance. Ils doivent être au sommet de la hiérarchie des modes de déplacement et le vélo ne vient qu’après, puis les transports publics et enfin la voiture », explique Frédéric Héran, économiste des transports.

#Et_Maintenant

► Avec le déconfinement, les trottoirs ont retrouvé leurs passants. Alors que la crise sanitaire pousse les citadins à se détourner des transports en commun, les trottoirs gagnent du terrain pour accueillir davantage de piétons dans de bonnes conditions. Leur élargissement est un enjeu important pour donner envie aux citadins de préférer la marche à pied à la voiture. Une belle revanche pour cette infrastructure, qui, depuis sa réinvention au XVIIIème siècle, a beaucoup servi, dans l’histoire, à débarrasser la chaussée du piéton. La création du trottoir a été « aussi et surtout un moyen de mettre de l’ordre dans la ville, afin de faciliter la circulation des voitures et des marchandises », souligne Virginie Milliot, maîtresse de conférences en anthropologie urbaine à l’université Paris-Nanterre. Depuis 1900, les trottoirs parisiens ont perdu plus de la moitié de leur surface. Pourtant, la situation est en train de modifier. Par exemple, des rues piétonnières ont été mises en place dans de nombreux centres villes en France. Est-ce-que le trottoir peut devenir une « zone de rencontre » ? Ainsi le déconfinement est « un laboratoire grandeur nature pour imaginer de nouvelles solutions afin d’élargir l’espace accordé au piéton », souligne Benoît Hiron. responsable au Cerema, centre d’études qui vient de publier un guide « piéton et aménagement ». À lire : « La marche est le ciment de la ville », tribune dans laquelle la géographe Sonia Lavadinho montre qu’avec un travail en profondeur, une ville peut gommer la présence des voitures.

#Travail

La semaine de 4 jours est-elle une bonne idée pour relancer l’économie ? La première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern aurait suggéré le 20 mai, lors d’un live sur Facebook, la mise en place de la semaine de 4 jours, notamment pour relancer le tourisme dans le pays. Les citoyens néo-zélandais pourraient, grâce à ce temps libre, faire plus de week-ends prolongés et nourrir ce secteur économique essentiel pour le pays (5,6% du PIB). Pas de loi en vue, ce n’est qu’une suggestion pour inspirer peut-être les entreprises ? Au Japon, en août 2019, Microsoft a expérimenté la semaine de 4 jours pendant 5 semaines et auprès de 2 300 employés. Le résultat est que les employés auraient été plus productifs et plus efficaces en réunion. La société aurait observé une hausse de 40% de la productivité et des ventes réalisées par les employés par rapport à la même période l’année passée.

#LiensVagabonds publiés par le site Métamedia.

Twitter défie Trump, son meilleur client . À retenir cette semaine : – La révolution de la production dans tous les secteurs du cinéma et de la télévision ; – Comment les 16-22 ans se projettent-ils d’ici 2030 ? Une étude issue d’un partenariat entre Vice et l’institut Kantar aborde le sujet à travers un mini-site très réussi ; – Le bureau vous manque ? Plusieurs compagnies construisent des répliques virtuelles de leurs salles de réunion ; – La VR sera-t-elle la technologie qui nous rassemblera après la pandémie ?

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22 Mai

Régions.news #425 – Edition du vendredi 22 mai 2020

La ville dans la transformation digitale et la transition écologique. « Le XIXème siècle était un siècle d’Empires ; le XXème siècle, celui des États-Nations. Le XXIème siècle sera un siècle des villes. ». Wellington Webb, ancien maire de Denvers (Etats-unis) en 2009.

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Légende image. La Janjan sur la Loire en janvier. (Photo : François Guillement). Le 8 janvier, quand il embarque sur la Janjan, un rafiot de moins de 7 m, Anthony, artiste polymorphe, prévoit une navigation d’un mois pour faire 400 km sur la Loire. Elle va durer trois mois. « La Loire, elle rappelle l’homme, dit Anthony. Et depuis que je navigue, je me suis toujours dit que je remonterai le fleuve à contre-courant au gré des vents ». L’essentiel pour le navigateur solitaire c’est « de se dire que c’est possible, d’arrêter de s’empêcher de faire et de prendre le temps… parce que ce n’est pas une aventure réservée aux riches mais une aventure riche offerte à tout le monde ». À regarder le replay du documentaire « À contre-courant » ou l’éloge de la lenteur sur le site de France 3 Auvergne-Rhône-Alpes.

#RevueDActu [Consulter la ReVue d’actu quotidienne publiée sur le blog Régions FTV.]

► Une trentaine de pêcheurs de la Baie de Saint-Brieuc sont allés à la rencontre du Geo Ocean IV, le navire de la société hollandaise GEO XYZ, missionnée par RTE, Réseau de Transport d’ Électricité, pour effectuer des sondages sur les fonds marins. Il s’agit de réaliser des études préparatoires à l’enfouissement des câbles électriques qui doivent assurer le raccordement des futures éoliennes. Des prospections vues d’un très mauvais œil par le monde de la pêche. Pour Grégory Métayer, patron du bateau de pêche le Black Pearl II, « on nous met au pied du mur. Le but c’est de les dissuader de faire ces analyses. Ils risquent de nous priver de poissons qui peuvent partir ou mourir à cause de ces travaux. Ils risquent de bousiller nos fonds marins. Et nous empêcher de travailler. On attend toujours les études ! »

► « Nous développons des caméras intelligentes qui analysent les trajectoires des personnes dans un espace physique, par exemple, un restaurant, un magasin ou un entrepôt. Si deux personnes sont trop proches l’une de l’autre, une alerte est diffusée, via une enceinte connectée. L’idée n’est pas de sanctionner les personnes, mais de les aider à prendre de nouvelles habitudes. (…) Aucune image n’est envoyée sur un cloud ou par Internet », explique Cécile Schmollgruber, co-fondatrice et PDG de la société StereoLabs. À lire aussi : À Brest, une équipe de roboticiens viennent de développer un premier prototype de respirateur artificiel qui pourra détecter automatiquement les besoins en oxygène des patients.

► Les cinémas sont encore fermés mais il est possible de sortir pour voir un film grâce au « drive in ». Ainsi ces projections en plein air sont organisées dans plusieurs villes de la région Provence Alpes et Côte d’Azur. Cette pratique importée des Etats-Unis dans les années 1960 avait presque disparu en France. Avec la crise sanitaire, elle revient à la mode. L’un des premiers drives de France était installé à La Farlède, dans le Var, en 1967. Au lieu d’aller dans une salle obscure, il suffit de prendre sa voiture pour aller regarder un film sur un parking, en restant dans son véhicule. Le 12 mai dans la Drôme, les habitants de Crest ont pu assister à une première séance de cinéma en drive-in. Pour la Fédération Nationale des Cinémas Français (FNCF), la priorité après le confinement est « la réouverture des salles ». Elle a publié un communiqué dans lequel elle s’inquiète du danger économique que représentent ces cinémas de plein air. À lire aussi :  Après le confinement, le grand retour des cinémas drive-in ?

Légende image. Les oiseaux devenus très présents durant le confinement dans les rues de la préfecture de l’Aveyron. (Photo de Jocelyn Calac).Le photographe Jocelyn Calac a parcouru les rues de Rodez, sa ville natale, chaque jour pendant une heure et durant 58 jours pour témoigner de la période particulière du confinement. Un travail documentaire qui représente 700 photos est publié sur le Web sous le titre Carnet de bord Covid-19.

#Travail

► Une vaste expérimentation conduite par l’État finlandais conclut que les chômeurs ayant bénéficié d’un revenu de base inconditionnel sont en meilleure santé physique et mentale et retrouvent même un peu plus de travail que les autres chômeurs. Ainsi le 6 mai, une équipe de chercheurs finlandais publiait les résultats d’une étude menée sur deux années (2017-18). Durant cette période, 2 000 chômeurs finlandais âgés de 25 à 58 ans tirés au sort ont reçu chaque mois 560 euros. L’étude visait à observer le comportement de ces personnes vis-à-vis du retour à l’emploi mais aussi en termes de bien-être en comparaison d’un groupe témoin de 173 000 autres chômeurs « Les destinataires du revenu de base ont connu moins de stress, moins de symptômes dépressifs et ont de meilleurs fonctions cognitives que le groupe de contrôle », écrivent les chercheurs dans leur rapport.

#Données

► Début avril, Facebook annonçait la mise à disposition de jeux de données inédits sur les déplacements de la population, à destination d’équipes de chercheurs partout dans le monde. Agrégées et anonymisées, ces données, issues des informations enregistrées par l’application mobile du réseau social, devraient permettre de mieux prévoir l’apparition de prochains pics épidémiques, ou d’ajuster les politiques de santé publique, estimait alors Facebook. « A partir de ces données, combinées à des données de santé, nous pensons qu’on peut construire des modèles pour mieux comprendre la propagation de la pandémie, et avoir des algorithmes et des modèles qui auront un pouvoir prédictif plus élevé que les modèles actuels », explique Jamal Atif, professeur à l’Université Paris-Dauphine-PSL et coordinateur de l’initiative.

#EtMaintenant

► « Le monde d’après sera d’abord comme le monde d’avant. Mais on a appris une chose fondamentale qui est que l’humanité s’est sauvée parce qu’elle coopère et qu’on a remis les frontières. Comment avec ça on refait de la politique ? Là c’est le numérique qui va structurer les liens. Et dans l’espace, le mouvement de quitter les grandes villes pour aller à la campagne est vrai. On a envie d’habiter ailleurs. Et le télétravail va augmenter ce phénomène des gens qui veulent habiter hors des grandes métropoles », explique le sociologue Jean Viard sur le site @franceculture.

#LiensVagabonds publiés par le site Métamedia.

► Télétravail à vie ? Les GAFAs, lanceurs de tendances. À retenir cette semaine : – Les Américains affirment dans un sondage que les deux sources principales de désinformation Covid-19 sont les réseaux sociaux et Donald Trump ; – Google et Facebook sont en train de devenir les patrons de l’industrie journalistique ; – La Converse, un nouveau média québécois « propulsé par un journalisme de dialogue » ; – Naomi Klein : Comment la big tech prévoit-elle de profiter de la pandémie ; – Après l’annonce du maintien du télétravail pour la majorité des entreprises de la tech nombreux sont les employés qui songent à aller vivre là où la vie est moins chère.

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15 Mai

Régions.news #424 – Edition du vendredi 15 mai 2020

La ville dans la transformation digitale et la transition écologique. « Le XIXème siècle était un siècle d’Empires ; le XXème siècle, celui des États-Nations. Le XXIème siècle sera un siècle des villes. ». Wellington Webb, ancien maire de Denvers (Etats-unis) en 2009.

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Légende image. Un nid de goéland observé sur la plage de galets de Nice le 27 avril durant le confinement ! (Photo : Valery Hache / Afp). En huit semaines, cette expérience mondiale induite par la crise du covid-19 a signifié une air moins polluée et une faune qui réinvestit des villes désertées par les humains confinés. Samira Karrach, co-directrice d’INVENT@UCA, programme de l’Université Côte d’Azur, a constaté que « nous avons tous vu passer ces photos, ces petites vidéos, ces articles de presse, ces petits événements nés du confinement. Pourquoi ne pas en faire un album, où la famille serait le monde entier, où chacun pourrait observer ou contribuer ? » Ainsi de ce constat est né le projet Open map of the global pause, Lancée samedi 9 mai, cette carte compte déjà des contributions des quatre coins de la planète.

#RevueDActu [Consulter la ReVue d’actu quotidienne publiée sur le blog Régions FTV.]

► Le vélo urbain est  grand gagnant de la crise sanitaire. « C’est un mouvement de fond, analyse Dominique Riou, chargé d’études au département Mobilité Transport de L’Institut Paris Région. Il est à la fois lié à la sortie de crise, aux conditions sanitaires, et c’est une opportunité. C’est difficile de dire que c’est grâce au covid…Mais il est clair que l’opportunité est grande ». Pour Stein van Oosteren, porte-parole du collectif Vélo Ile-de-France, c’est un changement spectaculaire. « C’est extraordinaire ce qu’il se passe. On est loin d’une région 100 % cyclable mais je peux vous dire qu’en dix jours on a fait plus qu’on aurait fait en dix ans, en temps normal. » Et toutes les grandes villes, Montpellier, Marseille, Rennes, Nantes, Toulouse, Lyon, Lille, Dijon, Rouen, Paris, Tours, Clermont-Ferrand et bien d’autres s’y mettent, en lançant leur propre plan vélo et en construisant des pistes cyclables temporaires.

► Dans cette période de déconfinement, le vélo électrique est plébiscité par les urbains. À Lys-Lez-Lannois, près de Lille (Nord), l’activité tourne à plein régime pour un fabricant de vélos électriques. « Au total, il y a près de 20 vélos qui vont sortir dans la journée de l’entrepôt. L’entreprise en a vendu par exemple 500 au mois d’avril, alors que l’année dernière, à la même période, il s’en écoulait 200 », précise Madjid Khiat, journaliste de France Télévisions. « Nous avons décuplé nos effectifs, en passant de deux employés à 20 en l’espace de deux semaines. Nous avons commandé une autre chaîne de production et nous avons embauché des CDD principalement », explique le responsable de l’atelier. Si le prix d’un vélo électrique reste plus élevé qu’un vélo classique, ceux qui souhaitent en acquérir un, peuvent bénéficier d’aides de la part de l’État ou des municipalités.

#Travail

► « Le télétravail n’est pas le travail comme avant. Mais c’est un travail quand même. Des études montrent que les personnes travaillent aussi bien sinon mieux qu’au bureau. Ils sont moins dispersés, moins dérangés. Et puis c’est une libération psychologique. Quand on est dans un open space, on est obligé de montrer qu’on travaille. Et cette représentation permanente occupe et accapare une partie de l’esprit qui explique pourquoi le télétravail est très efficace. », explique la philosophe Julia de Funès sur le site @franceculture.

Légende image. À Singapour, un chien-robot baptisé Spot parcourt le parc Bishan-Ang Mo Kio depuis le 8 mai dernier. Celui-ci s’assure que les promeneurs respectent les règles de distanciation sociale en diffusant un message audio. Selon les autorités, le chien-robot ne cible pas des visages particuliers et « aucune donnée personnelle ne sera collectée ». Le chien n’est pas seul, un agent veille sur lui et est prêt à intervenir au moindre problème. (Photo : Roslan Rahman / Agence France-Presse).

#Robotique

► Testé depuis le début d’avril au Médipôle de Lyon-Villeurbanne, le robot Nova aide à décontaminer les chambres des malades du Covid-19 grâce à son système de rayons ultra-violets capable d’éliminer tout élément pathogène : « bactéries, virus qui se trouvent à moins de 4 mètres », explique le coordinateur des urgences. L’efficacité de ces UV a été prouvée sur des coronavirus comme le Mers ou le Sras mais pas encore sur le Covid.

► La pandémie de coronavirus a un effet inattendu : elle favorise l’exploitation intensive de toutes sortes de robots, notamment en milieu médical. Dans l’hôpital Circolo de Varèse, en Lombardie, le robot Tommy se déplace de chambres en chambres au chevet des malades et il permet aux médecins de recueillir à distance des informations sur l’état de santé des patients et de communiquer avec eux. En Inde, à Chennai, le même genre de petits robots est utilisé, cette fois, pour apporter de la nourriture et des médicaments aux malades dans leurs chambres. En Allemagne et en France, dans des supermarchés ou des administrations, des robots sont utilisés pour accueillir et informer sur les consignes à suivre. À Tunis, des robots de fabrication locale sont chargés de faire respecter le confinement en patrouillant dans les rues et en diffusant des messages sonores. Des robots sont utilisés à Wuhan pour livrer des médicaments aux patients diagnostiqués comme atteints par le Covid-19, ce qui réduit les contacts humains.

#Littérature

► Le second tome de S.A.R.R.A. paru en mars, est un « polar bioéthique sur l’intelligence artificielle » et il se déroule en grande partie dans la région des Hauts-de-France d’où est originaire son auteur, David Gruson. L’histoire se déroule en 2026. Une pandémie d’Ebola menace la planète. SARRA, une intelligence artificielle, doit sauver le monde en découvrant un vaccin contre ce fléau. « J’aurais préféré me tromper mais c’est vrai que ce récit trouve aujourd’hui beaucoup de résonances, en tout cas c’est ce que me renvoient les professionnels de santé. Et puis, certains détails vont au-delà du troublant : dans S.A.R.R.A., l’Europe est mise sous tutelle numérique avec un logiciel appelé… Pangolink, dont le logo est un pangolin. Dans le livre, on a recours à des robots drones, ce qu’on retrouve aujourd’hui avec les débats sur le data tracking… », explique l’auteur dans un entretien sur le site de France 3 Hauts-de-France. S.A.R.R.A est l’anagramme de la ville d’Arras (Pas-de-Calais).

#LiensVagabonds publiés par le site Métamedia.

► Le moment de rendre des comptes pour Amazon ?. À retenir cette semaine :  – Pour réduire des émissions de gaz à effet de serre, les décideurs politiques et les entreprises devraient continuer à encourager le télétravail même après la crise ; – L’impression 3D a finalement trouvé un marché avec la pandémie Covid-19 ; – Emmanuel Durand, PDG de Snapchat France, explique comment le réseau social s’est adapté à la crise du coronavirus ; – Open-space et pandémie de Covid-19 ne font pas bon ménage. Le recul temporaire de l’open space pourrait-il entraîner sa disparition ?

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07 Mai

Régions.news #423 – Edition du jeudi 7 mai 2020

La ville dans la transformation digitale et la transition écologique. « Le XIXème siècle était un siècle d’Empires ; le XXème siècle, celui des États-Nations. Le XXIème siècle sera un siècle des villes. ». Wellington Webb, ancien maire de Denvers (Etats-unis) en 2009.

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Légende image. Le réalisateur Alexandre Zanetti projette ses « Zoologrammes » en 3D dans les rues de Paris, deux soirs par semaine et pendant la durée du confinement. Son dispositif consiste en un camion, une toile et un projecteur 3D. (Photo : Etieta Attali).

#RevueDActu [Consulter la ReVue d’actu quotidienne publiée sur le blog Régions FTV.]

► « Le confinement a ouvert la réflexion sur nos modes de vie. À commencer par nos déplacements que l’on a été contraint de restreindre durant ces deux mois. Grâce au numérique, on s’est rendu compte qu’on peut interagir à distance. Sans prendre l’avion, on peut par exemple participer à une conférence n’importe où dans le monde. Le télétravail s’est développé dans des proportions inédites jusqu’à devenir la règle. Ce sont des choses qu’on savait, que certains espéraient mais l’actualité en a fait la démonstration. Il est clair que (…) les circuits courts d’approvisionnement de denrées alimentaires ont beaucoup fonctionné. J’espère sincèrement qu’on est au seuil d’une réelle transformation de nos vies », explique le climatologue Jean Jouzel, engagé au sein de la Convention citoyenne pour le climat, dans un entretien sur le site de France 3 Bretagne.

► Pour leur documentaire « Agriculteurs 3.0 », diffusé sur France 3 Pays de la Loire, les réalisateurs sont partis en immersion dans le monde agricole, pour se rendre compte des impacts des technologies numériques sur les pratiques agricoles. Leur constat est que l’agriculture est devenue numérique avec l’entrée dans les fermes d’ordinateurs, de logiciels, d’Internet et de production massive de datas. Une question de fond se pose de voir un secteur déjà dépendant de l’industrie de la chimie et du machinisme agricole, devenir lié de surcroît et de façon irréversible aux éditeurs de logiciels.

► En Occitanie, les abeilles profitent du confinement qui a réduit de manière drastique l’activité humaine. Dans la commune de Saint-Affrique en Aveyron, les apiculteurs ont constaté que le département ne fauche plus les bords de route. « Du coup, il y a plein de ressources pour les pollinisateurs, explique Bruno, apiculteur à L’Arc-en-Miel. De la même façon, les villes ne tondent plus les ronds-points donc il y a plus de fleurs et les abeilles trouvent davantage à manger ». De quoi nourrir une réflexion pour les pratiques à adopter dans les années à venir. « Si j’ai 2 000 m² de terrain, au lieu de tout ratiboiser, pour « faire propre » comme on entend souvent, pourquoi ne pas en laisser un peu ? Est-ce que j’ai vraiment besoin de mes 2 000 m² ? », plaide Nadia, apicultrice.

► « L’avantage d’une monnaie locale bien implantée, c’est qu’elle peut véritablement permettre de s’organiser pour vendre en circuits courts sur un territoire donné », explique Vincent, agriculteur dans le Loiret et co-fondateur de la monnaie locale « le Passeur ». Avec la mise en place du confinement, cet agriculteur est particulièrement sollicité pour la vente directe de ses produits, au même titre que de nombreux producteurs locaux de France.

► L’artiste Vyrüs est connu pour avoir réalisé plusieurs fresques à Calais comme dans le monde entier. Depuis plusieurs semaines, il offre régulièrement des toiles, qu’il a déposé dans les rues de sa ville natale. Une façon pour lui, de remettre un peu d’art et de couleurs dans le quotidien des habitants et de revenir à la source de son travail, l’art éphémère.

Légende image. Bogotá, la capitale colombienne, a déployé 35 kilomètres de pistes cyclables temporaires à l’occasion de la crise sanitaire du covid-19. (Photo : Juan Barreto / AFP). Ne faut-il pas s’inspirer de l’urbanisme tactique pour adapter les villes à la distanciation physique. « l’urbanisme tactique », concept américain qui consiste à mettre en place, selon une définition d’urbanistes canadiens, « des aménagements temporaires qui utilisent du mobilier facile à installer (et à désinstaller) pour démontrer les changements possibles à l’aménagement d’une rue, d’une intersection ou d’un espace public. On peut ainsi montrer comment l’aménagement peut influencer le comportement des usagers. »

#Europe

► Le Danemark a rouvert le 15 avril dernier les portes de ses écoles à ses plus jeunes élèves. Au programme : pupitres éloignés d’au moins 2 mètres, interdiction des adultes (autres que les profs) dans les établissements, et cours en plein air dans la mesure du possible.

► Les employés du port d’Anvers (Belgique) sont tenus de porter, depuis mai, un bracelet connecté pour s’assurer que la distanciation sociale est respectée.

► A Vilnius, capitale de la Lituanie, la plupart des commerces ont été autorisés à rouvrir le 27 avril. Le maire a décidé de céder l’espace public aux cafés et restaurants pour qu’ils puissent fonctionner. Et le centre de Vilinus s’est transformé en un gigantesque café en plein air, d’autant que la météo est printanière..

#Surveillance

► La ville de Cannes n’a pas attendu la fin du confinement pour mener une expérimentation pour repérer dans l’espace public les personnes qui portent ou non un masque. Ainsi les marchés de la ville sont équipés, depuis le 23 avril, de caméras intelligentes capables de détecter automatiquement le port du masque. De tels dispositifs doivent, selon la ville, être aussi testés dans des bus de la commune. Les équipes municipales « peuvent aller au-devant des Cannois pour une action pédagogique, bienveillante et citoyenne, les incitant au port du masque ou, le cas échéant, en distribuant des masques à celles et ceux qui n’en ont pas », explique la municipalité.

#IA

► « On ne combat pas une pandémie avec une application, aussi performante soit elle. Il faut mettre des gens sur le terrain. Pour savoir comment les personnes ont été contaminées. Pour remonter les contacts, identifier les porteurs possibles. Une application peut être utile dans ce contexte, mais elle ne sera en aucun cas l’arme absolue. Le gouvernement fédéral allemand est en train de déployer une force sanitaire de 20 000 personnes. En Grande Bretagne, 18 000, 2 000 en Belgique. (…) StopCovid cristallise un débat légitime. Toute cette agitation détourne toutefois l’attention de ce qui devrait être la priorité absolue du gouvernement : recruter des milliers d’enquêteurs de terrain, les former. Le temps presse. Le numérique peut précisément aider à recruter, former, encadrer, outiller ses milliers d’enquêteurs. », explique Benoît Thieulin, fondateur de la Netscouade.

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► Les grands festivals de cinéma se tiendront en ligne sur YouTube. À retenir cette semaine : – L’Europe, toujours divisée sur les applis de traçage ; – La CNIL n’est pas convaincue par l’application StopCovid mais lui laisse sa chance ; – Mobilisation générale pour développer l’application StopCovid – Facebook débauche le haut fonctionnaire de l’organisme britannique de surveillance qui préparait la réglementation des réseaux sociaux.

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30 Avr

Régions.news #422 – Edition du jeudi 30 avril 2020

La ville dans la transformation digitale et la transition écologique. « Le XIXème siècle était un siècle d’Empires ; le XXème siècle, celui des États-Nations. Le XXIème siècle sera un siècle des villes. ». Wellington Webb, ancien maire de Denvers (Etats-unis) en 2009.

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Légende image. Un couloir dédié aux cyclistes et leurs vélos quai de la Prévalaye à Rennes (Ille-et-Vilaine). (Photo : D. Adémas / Maxppp). Le 11 mai, il y a fort à parier que les bus, métros et tramways seront délaissés, du fait de la promiscuité et pour éviter une recrudescence de la circulation automobile, le vélo pourrait bien s’imposer comme le moyen de déplacement idéal. Bilan carbone zéro, et coût faible au kilomètre, il pourrait conquérir de nouveaux adeptes si la sécurité des cyclistes est renforcée. Ainsi à quoi ressembleront les pistes cyclables provisoires à Paris lors du déconfinement ?

#RevueDActu [Consulter la ReVue d’actu quotidienne publiée sur le blog Régions FTV.]

► Le Doume, créée en 2013 par un collectif de citoyens pour contribuer à l’essor d’une économie alternative non spéculative, est une monnaie locale mise en service dans le Puy-de-Dôme. Elle se définit comme un outil au service du bien commun qui en cette période de confinement, vient en soutien à tous ceux qui connaissent des difficultés économiques. Ainsi l’ADML 63, l’association pour le développement des monnaies locales du Puy-de-Dôme, propose aux professionnels qui connaissent des difficultés un dispositif d’avances de trésorerie grâce au fonds de réserve de la Doume. Pour une sortie de crise, les monnaies locales sont-elles une solution ?. Dans la ville de Santa Marina (Campanie) en Italie, le maire a décidé d’imprimer et de distribuer sa propre monnaie locale, pour aider ses habitants les plus précaires.

► Avec le confinement, les produits alimentaires sont livrés à domicile, ou le plus souvent via un « drive », service de retrait qui permet de retirer ses achats sans descendre de sa voiture. Mais pour aider les commerces indépendants du centre-ville, de plus en plus de villes ont ouvert des « drives-piétons » pour les achats en petit volume. À l’exemple des commerçants du Puy-en-Velay (Haute-Loire) qui ont développé un site baptisé « Achetezaupuy » où les consommateurs peuvent commander et payer en ligne, retirer en magasin ou se faire livrer à domicile. Sur le même principe, il y a la ville de Ham (Somme), 5 000 habitants, qui a lancé une plateforme de e-commerce intitulé « Les commerçants de l’Est ». Le maire voulait même l’appeler au début « hamazone.fr » mais cela n’a pas plu à tout le monde. En juin 2019, plusieurs villes ont lancé leur plateforme de vente depuis le site de commerce local et participatif « ma ville, mon shopping » avec l’aide du groupe La Poste. À lire aussi : – Une plateforme Internet regroupe les artisans, commerçants, entrepreneurs du Sud Vienne pour consommer local ; – « Riposte Créative territoriale » est une plateforme d’initiatives citoyennes née de la crise du Covid-19.

Revue de liens : – À Nantes, startupers, ingénieurs, médecins et chercheurs s’unissent pour créer un respirateur artificiel ; – En Hauts-de-Seine, les imprimantes 3D d’établissements scolaires tournent à plein régime ; – Pendant le confinement, les libraires indépendantes s’organisent dans le Grand Est comme en Auvergne et à Limoges, des drives pour les libraires sont mis en place ; – Pour le déconfinement, des associations réclament des pistes cyclables temporaires à Grenoble et Annecy ; – Apiculteur depuis 20 ans dans les Vosges, Pierre Stephan témoigne : « Mes abeilles n’ont jamais produit autant de miel »

Légende image. Au Burkina Faso, Poupémania est une entreprise qui conçoit des poupées faites à la main. Dès le mois de mars, les artisans leur ont confectionné des masques. Exposées dans le magasin de Ouagadougou, elles rencontrent un vif succès et permettent ainsi de faire passer les messages de prévention. (Photo Olympia de Maismont / Afp). L’Afrique de l’Ouest au temps du coronavirus en photo.

#Industrie

► Aujourd’hui, les makers rivalisent de créativité pour imaginer des solutions à la pénurie d’équipements liée à la crise du coronavirus et, fait inédit, infusent de leur esprit les industriels. Ces expériences menées par les makers de concert avec les industriels pourraient-elles pérenniser une troisième voie de la production ? L’urgence est-elle en train de faire passer au mouvement maker son épreuve du feu ? Épreuve du feu dont il pourrait sortir grandi… et peut-être avec un modèle économique et social ? Lire l’entretien de la sociologue Isabelle Berrebi-Hoffmann, qui observe depuis plusieurs années le monde des fablabs et qui a notamment coécrit Makers. Enquête sur les laboratoires du changement social, (Seuil, 2018).

#IA

► L’initiative COVID-IA, qui réunit des médecins, des informaticiens et des mathématiciens, travaille bénévolement sur un modèle d’intelligence artificielle destiné à aider les responsables politiques et les chefs d’entreprises à gérer le « déconfinement » à partir du 11 mai. Patrick Joubert, co-fondateur de COVID-IA explique que l’objectif « est de faire une cartographie de l’épidémie en France et de simuler son évolution en fonction des décisions qui seront prises. Nous partons des données disponibles notamment sur data.gouv.fr et nous y ajoutons ce que nous savons sur la manière dont le virus se propage afin de bâtir un modèle. À l’arrivée, nous espérons proposer une carte de France avec des codes couleur qui indiqueront la propagation du virus dans le temps, en fonction des choix de déconfinement, à la manière du jeu vidéo Sim City. »

#Internet

► « Il faut prendre conscience de l’incidence qu’ont nos usages sur l’avenir connecté. Ces dernières années, nous avons compris que nous ne participons pas au même avenir si nous nous nourrissons avec une alimentation issue de l’agriculture industrielle ou issue des filières bio et durable. Et bien, c’est la même chose concernant Internet : lorsque j’utilise un logiciel, une appli ou un outil, je dois me demander si je participe à quelque chose qui au fil du temps va contribuer à me rendre accro et porter atteinte à mes libertés et celles de mes proches ou bien si je participe à faire grandir et émerger une société où internet est véritablement un outil d’émancipation collective et où la connaissance est redistribuée », explique Maxime Gued, ancien entrepreneur, sur le site @franceinfo. Il est co-auteur avec la journaliste Anne-Sophie Jacques, du livre « Déclic ».

#LiensVagabonds publiés par le site Métamedia.

Netflix, plus puissant que jamais. À retenir cette semaine : – Covid-19 : les leçons pour la couverture de la crise climatique ; – Les conférences virtuelles de WIRED sur l’avenir du travail et de la collaboration après Covid-19 ; – La future décennie sera décisive pour la liberté de la presse, la pandémie accentue les menaces pesant déjà sur les journalistes dans le monde entier ; – La foi en un Internet meilleur est surtout due au fait que c’est la seule chose qui nous reste actuellement…et elle s’estompe à mesure que les semaines de confinement s’écoulent.

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24 Avr

Régions.news #421 – Edition du vendredi 24 avril 2020

La ville dans la transformation digitale et la transition écologique. « Le XIXème siècle était un siècle d’Empires ; le XXème siècle, celui des États-Nations. Le XXIème siècle sera un siècle des villes. ». Wellington Webb, ancien maire de Denvers (Etats-unis) en 2009.

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Conception et rédaction : Patrick Damien

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Légende image. L’artiste Pony Wave a peint ces amoureux au temps du coronavirus sur un mur de Venice Beach, en Californie (Etats-Unis) avant le confinement décrété par le gouverneur de l’État pour faire face à la pandémie de Covid-19. (Photo : Mario Tama / Getty Images North America). Face à l’avancée du coronavirus, les street-artistes donnent à voir toute leur expressivité sur les murs de la planète. Voir le tour du monde des plus belles œuvres de street art face à la pandémie (réalisées avant confinement).

#RevueDActu [Consulter la ReVue d’actu quotidienne publiée sur le blog Régions FTV.]

► En janvier 2019, Arvieu, petite bourgade de moins de 800 habitants dans l’Aveyron, a ouvert une ZAN, zone d’activité numérique. Avec le haut-débit, l’espace de co-working, le fab-lab, le village est devenu le point de rendez-vous des makers et des travailleurs à distance. Un an après, cette commune près de Rodez est ainsi passée en 6 ans de 787 à 822 habitants. « J’habite au centre du village, je fais toutes mes courses à pied, tout en respectant les règles de sécurité sanitaire, confie un jeune entrepreneur. Boucher, boulanger, épicerie, tabac-presse, association de producteurs et plats à emporter des deux restaurants. On trouve de tout ici sans se déplacer. » Toute cette offre « résulte de la volonté d’équipes municipales successives qui ont misé sur le développement grâce aux services et aux commerces de proximité, aux circuits courts, et ont su jouer sur la complémentarité d’Internet et des réseaux sociaux, explique le maire de la commune depuis 2014, Ces choix s’avèrent judicieux pendant la période actuelle de confinement car près de 350 personnes peuvent vivre et travailler sur place. »

► On clique, on achète, on réceptionne. Une nouvelle habitude que l’on prend au fur et à mesure que le confinement dure. Les déplacements étant limités, il est parfois difficile pour certains de faire des courses alimentaires comme en zone rurale. C’est dans ce contexte que s’est lancé la plateforme Fibshop. Elle s’appuie sur 360 relais de journaux et bureaux de tabac en Côte-d’Or et en Saône-et-Loire qui sont approvisionnés chaque jour par les commandes des habitants. « Le e-commerce fonctionne mais nous croyons à la relation humaine. On ré-humanise le e-commerce en quelque sorte, explique Edouard, logisticien de Fibshop. De la plateforme au commerçant, puis du commerçant au client, il y a un lien qui s’installe. Et le service est apprécié par les consommateurs. » Ainsi « On peut continuer à consommer local, dans des commerces de proximité qu’on a déjà l’habitude de fréquenter ». À lire : Confinement : la révolution des circuits courts en Provence-Alpes-Côte d’Azur

► Dans les rues d’un quartier de Washington (Etats-Unis), un petit robot blanc à six roues assure les livraisons d’une supérette locale, pour éviter tout contact entre les commerçants et les clients. Une flotte de 10 robots réalise entre 30 et 35 livraisons par jour dans un rayon d’un kilomètre et demi. Le tout à une vitesse de 6 km/h. Les robots sont capables de détecter des obstacles comme les piétons et de traverser les rues sans encombre.

Légende image. Un troupeau de chèvres profite des rues tranquilles près de Trinity Square, à Llandudno, au nord du Pays de Galles, le 31 mars. (Photo : Byrne Peter / PA Photos / ABACA). Avec le confinement, les animaux sont-ils partis à la conquête des villes ? « Cette plus forte présence des animaux est réversible : ils retourneront se cacher dès que les activités humaines reprendront », explique Magali Charmet, directrice régionale Île-de-France de l’Office français de la biodiversité. En Argentine, les otaries ont profité du confinement imposé aux humains pour prendre possession de la station balnéaire de Mar del Plata.

#Ville

► Les villes françaises ont perdu en densité humaine depuis un mois. De nombreux citadins ont préféré aller vivre leur confinement dans des zones moins peuplées. Cet exode, ajouté à la désertion des espaces publics par ceux qui sont restés, a eu pour effet d’encourager les animaux et les plantes à s’y exprimer comme jamais, preuve que le milieu urbain est capable d’accueillir la biodiversité. Mais voilà que le coronavirus vient perturber cette idée selon laquelle le verdissement des villes serait une solution et qu’il suffirait d’imiter la nature, pour se prémunir des dérèglements environnementaux. Ainsi la nature est-elle faite pour vivre en ville ?

#Transport

► Étudier les mécanismes de propagation des virus est crucial pour tenter de freiner les épidémies. Ces travaux peuvent parfois trouver des applications en dehors du champ médical. Ainsi la revue américaine Wired relate comment un modèle censé décrire la diffusion d’un virus pourrait être utilisé pour mettre fin aux embouteillages dans les grandes villes. Le 7 avril, une équipe de scientifiques d’Australie, des États-Unis et d’Iran ont publié dans la revue Nature les résultats de leur étude, menée dans six villes : Chicago, Londres, Melbourne, Montréal, Paris et Sydney. Les scientifiques se sont appuyés sur un modèle compartimental (SIR : sain, infecté et rétabli). Ce modèle permet d’estimer la vitesse de propagation d’un bouchon dans une ville donnée. A partir du pourcentage de voies qui bouchonnent les autorités peuvent imaginer un ajustement des feux de signalisation. Si les virus peuvent être stoppés grâce à des vaccins, ce n’est malheureusement pas le cas pour les embouteillages. A lire aussi : à Comprendre les bases des modèles mathématiques des épidémies et à Les mathématiques peuvent nous sauver des embouteillages.

#Climat

►  « Nous devons circonscrire le changement climatique tout autant que la pandémie », réclame Petteri Taalas, secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale. L’Organisation des Nations unies a demandé, mercredi 22 avril, aux pays de lutter contre le changement climatique avec la « même détermination » que contre la pandémie de Covid-19, les vagues de chaleur constituant depuis 2015 l’aléa météorologique le plus meurtrier. « Certes, le Covid-19 a provoqué une grave crise sanitaire et économique au plan mondial, mais si nous ne luttons pas contre le changement climatique, le bien-être humain, les écosystèmes et les économies pourraient être menacés pendant des siècles », a averti Petteri Taalas.

#LiensVagabonds publiés par le site Métamedia.

► Le COVID-19 dévaste aussi la plupart des médias. À retenir cette semaine : – La pandémie accélère l’automatisation robotique dans de nombreuses industries. Cela va-t-il mener à des changements permanents post-coronavirus ? ; – Rapport : comment l’Argentine, l’Allemagne, la Corée du Sud, l’Espagne, le Royaume-Uni et les États-Unis évaluent l’info COVID-19 ; – Coronavirus : les 10 plus belles couvertures de magazine ; – Instagram aide les petits commerces et restaurants en introduisant de nouveaux stickers qui permettent aux utilisateurs de commander des repas et de faire des dons ; – Pourquoi des antennes 5G sont-elles vandalisées en Europe ?

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