26 Mar

ReVue d’actu de 11h11 – lundi 26 mars 2018

La ville dans la révolution digitale. « Le XIXe siècle était un siècle d’Empires ; le XXe siècle, celui des États-Nations. Le XXIe siècle sera un siècle de villes. ». Wellington Webb, ancien maire de Denvers, en 2009.

#Ecole

x► Vos enfants seront-ils bientôt incapables d’écrire à la main ? « Quand j’ai débuté ma carrière, j’avais quatre ou cinq élèves qui présentaient une mauvaise tenue du crayon. Aujourd’hui, la proportion s’est inversée : j’ai quatre ou cinq élèves qui le tiennent correctement. On en est là. » Sylvie de Sury, directrice d’école à Mourenx (Pyrénées-Atlantiques), se fait du souci pour l’écriture manuscrite. Une inquiétude d’autant plus forte que son témoignage est loin d’être isolé. Les spécialistes observent en effet des difficultés croissantes dans l’apprentissage de l’écriture. Les écrans et tablettes sont pointés du doigt. « Ils ont moins d’occasions d’utiliser leurs mains, car les écrans sont très présents dans beaucoup de familles. Mais quand un enfant est devant un écran, ce sont les zones cérébrales de l’image qui sont sollicitées. A l’inverse, exercer ses mains demande un effort. », explique Sylvie de Sury, directrice d’école à @franceinfo. Légende image : Une élève de CM2 écrit une dictée, en juin 2007. Photo : Mychele Daniau / Afp.

#Information

► Fake news : et si la solution passait par un vaccin ? Oui, et si la solution à la désinformation passait par un vaccin provoquant des anticorps dans l’esprit des gens, comme un déclencheur qui leur dirait : « attention, vous avez déjà vu ce type de mécanisme à l’œuvre, méfiez-vous ! » Comment ? En les incitant à créer eux-mêmes des fake news afin qu’ils soient immunisés.Pour créer ces anticorps, il faudra donc s’inoculer une petite dose du virus, a expliqué vendredi23 mars à Lille le néerlandais Ruurd Oosterwoud, fondateur de DROG, qui produit des fake news à la pelle, ou plutôt apprend aux autres comment en fabriquer, à comprendre les techniques de viralité et leur impact. (@metamedia).

#LiensVagabonds

Comment faire confiance à Facebook ? Facebook se retrouve (encore) sous le feu des critiques cette semaine avec l’affaire Cambridge Analytica, une société d’influence en ligne qui a recueilli les données personnelles de 50 millions d’utilisateurs pour la campagne de Donald Trump en 2016, sans leur consentement… et avec Steve Bannon à la manoeuvre. Plus grave encore : il semblerait que les dégâts soient bien plus étendus que la seule élection US, et que Cambridge Analytica n’ait pas été la seule firme à siphonner les données de Facebook. Pire : Facebook n’est pas non plus seul à partager vos données. Quasiment tous les éditeurs en ligne le font ! La FTC a donc ouvert une enquête, mais le mal est fait : cette affaire est une conséquence directe du business model de Facebook, basé sur une gigantesque machine de surveillance, et cela fait bien longtemps que nos données personnelles sont utilisées sans que nous le sachions. Cambridge Analytica a été perquisitionnée, après quelques jours de silence, et après avoir suspendu le compte du lanceur d’alerte, Zuckerberg s’est expliqué sur CNN, au NY Times et à Wired, il parle, mais est-ce qu’il écoute ? Quoiqu’il en soit, il est temps pour lui de montrer qu’il maîtrise la situation. Mais il est vraisemblable qu’il ne va rien se passer après cette crise. Pas grand-chose à faire non plus quand on est utilisateur, hélas, car le vrai problème est que les réseaux sociaux nous ont rendus « hackables ». Quelques conseils pour mieux se protéger tout de même, et surtout vérifier les autorisations que vous avez données. Vous pouvez vous couper de Facebook mais ce n’est pas si facile. Et pour mieux comprendre le business de ces « outils d’influence », on vous conseille ce papier qui explique comment les chercheurs utilisent les likes pour influencer. Lire tous les liens vagabonds sur le site de @Metamedia.

#Commerce

► La livraison en zone urbaine, nouveau terrain de jeu des distributeurs. Après la guerre des prix, la livraison à domicile alimentaire en zone urbaine est devenue le nouveau terrain de jeu des enseignes de la grande distribution alimentaire. Leclerc entre dans la danse à Paris, le 26 mars, après avoir effectué une phase de test pendant quinze jours auprès de ses salariés. Son nouveau service à domicile, « Leclerc chez moi », sera d’abord lancé dans le nord de Paris, puis dans le sud de la capitale, à partir du 15 mai. Il promet des tarifs inférieurs de 15 % à 20 % à la concurrence, pour des courses alimentaires livrées en vingt-quatre heures, et compte générer le chiffre d’affaires d’un grand hypermarché dès la première année. (@LeMondefr).

► Commerce en ligne : le revers de la médaille. À l’origine de changements profonds et durables dans nos modes de vie, le commerce en ligne a donné naissance à de nouveaux géants, Amazon en tête. Mais malgré les nouvelles opportunités économiques offertes, l’e-commerce se révèle malheureusement être aujourd’hui une activité aux externalités négatives nombreuses. Ce n’est en aucun cas une fatalité, mais ce constat provient plutôt du comportement attentiste que les pouvoirs publics ont adopté jusqu’à maintenant à son égard. Ils disposent pourtant d’un puissant levier : la prérogative régalienne de décider de la réglementation et de la fiscalité. (@LesEchos).

► L’offensive de Leclerc en centre-ville sème la zizanie. «La division Leclerc arrive à Paris.» «Paris livré, Paris libéré!» En lançant ce lundi son service de livraison à domicile dans la capitale avec force slogans guerriers, le distributeur alimentaire crée un branle-bas de combat chez ses concurrents. Depuis des années, ces derniers font flèche de tout bois pour se faire une place à Paris. Non seulement ses habitants ont un pouvoir d’achat plus élevé que la moyenne nationale, mais ce marché clé annonce l’évolution des pratiques d’achats alimentaires dans les autres grandes agglomérations de l’Hexagone. Les consommateurs renâclent à faire leurs courses à l’hypermarché de périphérie ; ils privilégient les supérettes de proximité et la livraison à domicile. Preuve de la tension créée par l’approche de l’arrivée à Paris de Leclerc, qui a jusqu’ici boudé les centres-villes: en fin de semaine, Carrefour a fait monter au front Marie Cheval, patronne de la transformation digitale du groupe, pour fustiger «les effets d’annonce Leclerc». L’enseigne a rappelé dans une campagne de pub sa présence historique dans la capitale. «Ici c’est Paris, martèle Carrefour, imitant les cris de ralliements des supporteurs du PSG. Paris sera toujours Paris.»  (@Figaro_Economie).

► À pied, en vélo, en camionette… des armées de livreurs profitent du boom de l’e-commerce. Livrer le plus vite, et surtout le plus précisément possible. Tel est le nerf de la guerre pour se faire une place dans les grands nœuds urbains. Pour aider les enseignes à relever le défi, une société de transport s’est fait ces dernières années une place de choix: Star Service, qui revendique 65 % du marché de la livraison alimentaire à domicile à Paris. Le groupe, qui convoie également des pièces auto de rechange, des colis non alimentaires ou des prélèvements médicaux réalise 180 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 100 millions dans les courses alimentaires. Un secteur en forte croissance, notamment à Paris.  (@Figaro_Economie).

#Social

► Face aux grèves, covoiturage et télétravail sont de mise dans les entreprises. Ce jeudi 22 mars comme les autres jours de grèves programmées par les syndicats de cheminots, les entreprises s’organisent avec deux outils: le covoiturage et le télétravail. La journée de RTT est aussi est une solution en cette journée noire. Mais elle n’est pas tenable pendant toute la durée du conflit, soit 36 jours de perturbation jusqu’au 28 juin. La grande distribution est rodée à ce genre de désagréments. Comme les équipes en magasin et en entrepôts travaillent souvent en horaires décalés, les salariés, en majorité, utilisent leur voiture personnelle pour se rendre sur leur lieu de travail. En revanche, au siège de Carrefour, desservi par le RER B à Massy-Palaiseau (Essonne), covoiturage et télétravail seront de mise. Chez le concurrent Casino (Franprix, Leader Price, Cdiscount et Monoprix), les managers doivent s’organiser à leur échelle pour que le service soit assuré en magasin. Les équipes de Monoprix ont ainsi mis en place une application pour favoriser le covoiturage. Toujours dans le commerce de détail, l’enseigne d’habillement Kiabi, leader de l’habillement en France, a aussi incité ses salariés, au siège, dans le Nord, comme dans les magasins à anticiper leurs déplacements et à mettre en place du covoiturage. Cette solution devrait d’autant mieux fonctionner ce jeudi qu’elle est déjà encouragée et très pratiquée dans cette entreprise en temps normal. «Certains ont même prévu d’arriver dès ce mercredi soir sur leur lieu de travail ou de rendez-vous, afin de ne pas être bloqué, jeudi, dans les embouteillages», affirme un porte-parole de l’enseigne. (@Figaro_Economie).

#Data

► Les blockchains confrontées au RGPD : 6 questions à se poser. Si le RGPD entre en application le 25 mai 2018, il apparaît que de nombreuses entités ne seront que pour partie ou pas du tout conforme aux nouvelles exigences. Qu’en est-il des organisations qui utilisent des blockchains (BC) ? À quoi doivent penser les utilisateurs (et les fournisseurs) de cette technologie pour atteindre la conformité et respecter « l’accountability » ? Diverses questions se posent. Le point avec l’avocat Eric Caprioli. Lorsque la Blockchain (BC) est Publique, il n’y a pas d’intermédiaire et l’ensemble des participants a accès à la base de données distribuée et décentralisée. Ils ont la possibilité de la copier et de la modifier. Les BC hybride, de consortium ou privées réintroduisent un intermédiaire de confiance. Ainsi, dans une BC de consortium, si tout le monde a accès à une version de la base de données, les contributions et modifications doivent être autorisées, alors que dans une BC privée, l’accès et les modifications sont restreints aux seules personnes désignées, par ex. dans le cadre d’une organisation fermée. Dans une BC non publique, une seule personne assure la gouvernance et les responsabilités (y compris celles de responsable de traitement) contrairement aux BC publiques. (@LUsineDigitale). A lire aussi : – Le chemin vers la conformité en cinq étapes ; – Pour une stabilité normative et réglementaire ; – Du CIL au Délégué à la protection des données : cap vers la conformité.

► Les données personnelles ne sont ni à prendre ni à vendre. A quelques mois de l’application du Règlement européen de protection des données personnelles  (RGPD), voilà que se développe l’idée que la meilleure manière de protéger les données  serait de les rendre payantes. On entend bien l’argument qui séduit au premier abord. Si c’est cher, les grandes plates-formes n’achèteront que l’utile et arrêteront de collecter le superflu. Et surtout, les producteurs des données, c’est-à-dire nous tous, seront financièrement rétribués pour toutes nos données. Mais gardons-nous d’une telle tentation. Les géants du numérique qui veulent collecter le maximum de données personnelles pour nourrir des services qu’ils savent incontournables, pourront imposer leurs conditions tarifaires dans des contrats qu’aucun internaute n’aura jamais la liberté de négocier.  (@LesEchos).

#FaitDivers

► Elizabeth Holmes, sang pour sang arnaqueuse. On lui donnait le bon Dieu sans confession. Visage d’ange, plastique de star et discours de rêve: pendant quinze ans, Elizabeth Holmes a bien trompé son monde. Du grand art. En 2003, alors qu’elle n’a pas 20 ans, elle fonde Theranos, une société qui promet de révolutionner le marché du test sanguin (estimé à 75 milliards annuels rien qu’aux États-Unis). Installée dans la Silicon Valley, comme il se doit, la jeune pousse affirme pouvoir procéder à plus de 370 analyses différentes avec quelques gouttes de sang, soit entre cent et mille fois moins que les quantités habituellement nécessaires. Le «pitch» (argumentaire dans la novlangue des start-up) est vendeur. Les investisseurs se bousculent au portillon. Chacun veut être de l’aventure. Dix ans plus tard, Theranos est valorisée à 9 milliards de dollars!! (@FigaroTech).