02 Fév

Marc Bruimaud, un écrivain cinématographique

Marc Bruimaud (c) Serge

Marc Bruimaud (c) Serge

Avant d’habiter à Limoges, Marc Bruimaud, né à Vierzon la même année que la Vème République, a vécu à Châteauroux. Dix années à lire des comics Marvel, regarder des séries TV et des cartoons, peut-être pour échapper à l’ennui environnant. Un univers familial prolétaire, un père cheminot – mais un drôle de cheminot qui n’aimait pas les communistes et aurait voulu être légionnaire. Raciste, semble-t-il, misogyne, homophobe, traitant sa femme « comme une chienne », tout encombré de son fils. Fêlure. « Mon père se trouvait plus jeune que la moyenne. À la fin, il avait l’air d’un vieux déchet. » C’est extrait d’un texte paru dans la revue Métèque (n°2, avril 2015). L’adolescence à Limoges, du côté du Vigenal et du Puy-La-Rodas, c’est le temps de la Science-Fiction (Dick, Ballard, Malzberg, il y a pire!), de la musique de films, du punk et de la participation à divers fanzines. La fin des années 70 le voit découvrir Queneau et Pérec, devenir pataphysicien, émule de Jarry, OuLiPien. Je me souviens de l’aventure du CIDRE Raymond Queneau dont il a déjà été question sur ce blog… (CIDRE, ALCOOL pour le Centre Régional du Livre, certains avaient l’acrostiche amusant, à cette époque) – aventure qui, malheureusement, ne fut pas pérenne. Dommage queceux qui tenaient les cordons de la bourse aient laissé filé cette opportunité! Pour ma part, je me souviens d’un captivant colloque sur Queneau. Bruimaud s’est ensuite adonné à la critique littéraire et cinématographique, a collaboré à des ouvrages comme Le Dictionnaire de la Mort chez Larousse ou celui de la Méchanceté chez Max Milo, ce qui n’étonne guère lorsque l’on suit sa férocité sur les réseaux sociaux. On annonce un essai consacré à Damiano aux éditions Jacques Flament. L’écrivain et critique s’est aussi essayé à l’art contemporain, au cinéma, à la mystification littéraire (sous le nom de Guy (ou Guylaine) Misty)… mais c’est sa créativité littéraire qui attire le plus l’attention depuis quelques années et, finalement, le fait s’échapper de l’underground.Nul doute que ceux qui s’intéressent à la littérature (lecteurs, critiques, libraires…) doivent d’urgence – comme on dit – le lire!

Les éditions Jacques Flament publient en 2015, dans leur collection « Côté court Littérature », un petit livre de Marc Bruimaud, à couverture noire, d’une cinquantaine de pages, une nouvelle si l’on veut, intitulé : Makolet. Une histoire dont le narrateur n’est pas forcément celui que l’on croit, du moins au début. Un texte qu’on lit d’une traite et dont la critique aurait peut-être pu s’appeler « le freak, c’est chic ». Après tout, dans La monstrueuse parade (Freaks), Tod Browning mettait en scène, en 1932, un nain amoureux d’une belle trapéziste, Cléopâtre. Bruimaud, lui, raconte l’histoire tragique d’un nain, lui-même fasciné par la trajectoire d’un autre nain mondialement célèbre : l’acteur français Hervé Villechaize, bien connu des cinéphiles pour ses rôles dans L’homme au pistolet d’or ou L’île fantastique. Le narrateur ne le cite pas, mais on le reconnaît très vite. Surtout à sa mort : un suicide par balle après avoir regardé Le Magicien d’Oz (une histoire d’orpheline apeurée, vous vous souvenez ?). C’est sa compagne, la rousse et pulpeuse Kathy Self, qui le trouva baignant dans son sang. Cette mort surprend le narrateur : Hervé avait tout pour être heureux et imposer le respect aux autres. Oui, mais il était nain. Il y a un autre acteur disparu dans le livre : celui qui lui donne son titre. Macaulay Culkin, qui joua dans Maman j’ai raté l’avion (1990). Un gamin malheureux dont les parents voulaient récupérer l’argent. Dont la sœur Dakota est plus tard morte écrasée par un chauffard, à Los Angeles. Et dont une rumeur persistante a annoncé la mort à New York. Peu importe qu’elle soit fausse, elle parle d’un gosse malheureux. Comme celui dont il est question dans Makolet : un enfant abandonné par sa mère parce qu’il était nain, un orphelin chez les Sœurs : « à un moment de leur vie, on a pas voulu d’eux. Ca, ça dépasse tout le reste. » Un enfant très seul et différent. Qui souffre en permanence. Et, plus tard, un jeune, un adulte, frustré sentimentalement et sexuellement. Que Sarah, la jeune fille qui lui fait la charité de ses visites, ne peut contenter, pas plus que la femme qui tient le sex shop où il se rend parfois. Alors, il devient acteur porno chez Marc Dorcel, ce qui lui permet d’éprouver du plaisir, mais aussi de finir par croire que les actrices qui doivent jouer avec lui pour permettre la réalisation de films bizarres l’aiment vraiment. La désillusion vient de Rita, qui lui fait éprouver avec violence combien elle le méprise… Raconter la suite du livre de Marc Bruimaud serait priver le lecteur du plaisir du suspens de sa lecture. Mais il y est question d’un autre garçon triste, parce que loin de ses Antilles : Désiré. Avec qui le nain se lie à la vie, à la mort. L’intérêt de ce livre est multiple, c’est presque une prouesse en si peu de pages : intrigue originale, style agréablement cinématographique, moments « pornographiques », polar… Et il s’agit aussi d’un ouvrage qui aborde la question de l’écriture – qui écrit, comment, pourquoi ? On en revient au début de ces lignes. A la fêlure de l’enfance, précise dans Makolet comme dans le texte Mon père. Celle qui nourrit, depuis toujours, bon nombre d’écritures. « Mon père disait aussi : « Si t’arrêtes pas, je vais te foutre DÉ-HORS ».

Après Makolet chez Jacques Flament, est paru La vie coule, des « récits sentimentaux » sans doute autobiographiques, rejoignant avec talent les auteurs d’auto-fiction. Si le titre trouve son origine dans une sorte de long poème concluant le livre (« Parce que, avec toi, la vie coule »), on songe aussi à la vie qui s’écoule (à défaut d’être toujours cool), c’est-à-dire au fameux tempus fugit, et à Héraclite. Marc Bruimaud est ici à la recherche du temps perdu (le thème de l’enfance affleurant d’ailleurs en permanence dans son texte), mais plus sous l’égide d’Annie Ernaux que de Marcel Proust.
Il est donc question de ses amours, de ses relations – parfois adultères – avec Marie, Dolores, Rosie, Emma, Minnie et quelques autres, avant « plus personne ». Elles sont racontées avec une sorte d’objectivité où les détails ont une importance certaine: marques, lieux, objets… nourrissent précisément le discours amoureux et lui confèrent une poésie faussement prosaïque, d’autant plus que l’écrivain aiment dérouler des listes qui deviennent des sortes de poèmes. Le texte est aussi enrichi – sans jamais peser – de nombreuses références au cinéma et à la littérature, mais aussi à la musique, notamment électronique. Le tout étant situé entre Limoges et Oléron. L’humour (involontaire?) ponctue aussi ces récits, lorsque le narrateur misanthrope devient féroce avec les autres ou lorsque son autodérision fait des ravages. Car, à le lire, une chose est certaine: le sexe « faible » n’est certainement pas celui des femmes, qu’il sait aimer et dont il connaît parfaitement l’intime géographie, tout en sachant se rendre parfaitement énervant, avec ses multiples névroses. 
On note la présence de quelques « hasards objectifs » – parfois dissimulés sous l’appellation « anecdotes » – et l’ouvrage s’achève par un chapitre épistolaire lui donnant des allures de Liaisons dangereusescontemporaines. La vie coule, en effet, et le style de Marc Bruimaud aussi, qui donne envie de le lire du début jusqu’à la fin sans interruption, ce qui n’empêche pas de réfléchir avec lui à propos de la carte du tendre dans toute sa complexité, ses difficultés et ses plaisirs sans cesse recommencés. 

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L’auteur aime les petits livres objets, au graphisme étudié – avec des oeuvres de Pascal Leroux, s’intéresse à des « inutilités » qui ne le sont qu’en apparence, parfois aussi aux sentences de Jean-Claude Van Damme… faisant de l’anecdotique une oeuvre littéraire et poétique. Mais son grand oeuvre est vraisemblablement Le cycle de Catalpa, grande fresque romanesque en sept volumes – en cours de publication chez l’excellent éditeur Black-Out (Cliquer ici) – dont le narrateur désabusé vit entre le littoral amécicano-mexicain et l’île de Catalpa, ce qui n’empêche pas les escapades vers d’autres lieux. Il ne faut pas trop en dire ici pour ne pas déflorer les diverses énigmes – tout autant policières que littéraires – qui ponctuent l’histoire. Juste affirmer combien la lecture est plaisante, avec les stars hollywoodiennes que l’on y croise, plus ou moins sur le retour et en mal d’amour ou de considération, d’argent aussi, les musiciens, écrivains, artistes, sportifs, et même un producteur de séries Z et un critique littéraire plutôt imbu de lui-même. Un monde qui se délite, mystérieux et référencé, à la David Lynch. Et d’incomparables exercices littéraires – oui, oui, encore Queneau, d’une certaine manière. Un univers moite, vénéneux, comme un polar poisseux. Bruimaud fait son cinéma pour des lecteurs-spectateurs consentants. Mais l’intérêt du texte est amplifié par son édition. En effet, Fabrice Garcia-Carpintero fait de chacun des volumes de la saga une véritable oeuvre d’art (les deux magnifiques coffrets de Tijuana et Catalpa), accompagné d’illustrations ou de polaroïds de Pascal Leroux. Le lecteur bibliophile est ainsi pleinement comblé.

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(c) Editions Black-out

Vous pouvez me faire confiance: plongez-vous dans les livres de Marc Bruimaud, écrivain de grand talent, fantaisiste et original – à l’écriture prolifique, semble-t-il – : cela fait un bien fou et change de ce que l’on peut lire par ailleurs sous la plume d’autres écrivains installés dans la région.

28 Jan

Une histoire du théâtre à Limoges et en Limousin (1)

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Augustoritum: en haut l’amphithéâtre, en bas, près de la Vienne, le théâtre (c) Musée B.A.L.

Doit-on remonter jusqu’à l’Antiquité dans un post sur le théâtre en Limousin ? Peut-être se souvenir que dans la ville gallo-romaine d’Augustoritum, deux monuments d’envergure étaient destinés aux divertissements. D’abord le grand amphithéâtre, au nord-ouest de la ville, visible de loin par les voyageurs. Il pouvait accueillir environ 25 000 spectateurs assis, ce qui le classerait au 4ème rang en Gaule. On ne sait malheureusement rien de précis sur les spectacles et les fêtes qui s’y déroulaient. Les archéologues ont néanmoins trouvé certains objets où sont représentés un lion, des gladiateurs. De l’autre côté de la ville, au débouché du pont et à l’entrée du cardo maximus, se situait le théâtre antique, d’un diamètre d’au moins 82 mètres. On imagine la population venant y applaudir l’atellane (courte farce), le mime ou la pantomime, la fabula.

Mais c’est au Moyen Âge, aux abords de la magnifique abbaye Saint-Martial de Limoges que se développe le théâtre. Ainsi a-t-on mention, en mai 1290 et juin 1302, de représentations de miracles dans le cimetière, près de la croix en pierre – les auteurs étant cadurciens. Il y a surtout les mentions du Sponsus ou Mystère des vierges sages et des vierges folles, drame liturgique anonyme bilingue (40 vers en occitan, 47 vers en latin) du 11ème siècle qui provient de l’abbaye Saint-Martial de Limoges. Il semblerait que ce soit la première manifestation de la dramaturgie en langue vernaculaire. Le texte, s’inspirant de la parabole des vierges sages et des vierges folles (Evangile de Matthieu, XXV, 1-13), est composé de strophes de types variés, avec ou sans refrain, accompagnées d’un jeu de mélodies. Il montre les habitudes du milieu aquitain, partagé entre monde latin et monde occitan. Nadine Henrard a mené l’enquête à propos de ce spectacle inspiré de la parabole des dix vierges qui exhorte à la vigilance dans l’attente du Jugement ; elle note qu’il est « hasardeux » d’affirmer que le Sponsus a été représenté dans l’église, lors d’un office. Dans le drame, ce sont les mercatores (les marchands) qui s’expriment en langue vulgaire ; par ailleurs, « le Sponsus offre également la première diablerie du répertoire […] Cette intervention des diables suppose une forme de mise en scène et elle impliquait probablement l’utilisation d’un décor adéquat. » Après avoir été « redécouvert », le mystère fut interprété le 26 avril 1984 en l’église Saint-Michel-des-Lions de Limoges par l’ensemble Organum.

En 1743 à Limoges, un théâtre était installé dans une ancienne et vaste écurie près de la porte Montmailler. L’année suivante, des représentations étaient données dans une salle de l’hôtel de ville. En 1772, on a trace d’un projet avorté de construction d’une salle de spectacle par Turgot. Au début de 1784, la société d’amateurs présente une pièce de théâtre jouée par des membres de la bonne société limougeaude, parmi lesquelles des femmes. Le clergé s’en émeut mais il est accusé de fanatisme. On songe alors à la création d’une salle (par exemple au Collège royal), mais les avis divergent : y accueillir seulement théâtre et concerts ou envisager aussi un restaurant-brasserie, des salles de jeux, une bibliothèque. Finalement, rien n’aboutit. En 1775, un nommé Besse a aménagé un local rue Banc-Léger en vue de représentations scéniques. Celui-ci étant détruit par un incendie en 1790, Besse achète le couvent des Récollets Saint-François et y établit un théâtre de 525 places. Notons que pendant la Révolution, le goût pour la théâtralisation s’empare de la rue et les fêtes civiques se multiplient. La Société Populaire fait jouer des pièces à sujets militaires et patriotiques. En 1799, la ville de Limoges prend la salle Besse en location – en 1802, la troupe est dirigée par Hébert, à qui succède Nortier Duberneuil puis Mademoiselle Zelmer et Monsieur Beauval. En 1807, les départements de la Haute-Vienne, Corrèze, Dordogne, Charente et de la Vienne forme le 9ème arrondissement théâtral de France. Les 8 et 9 juillet, Madame et Monsieur François-Joseph Talma, comédiens de l’empereur, fort réputés, se produisent à Limoges. En 1813, dans un courrier au maire, le préfet écrit : « les spectacles sont nécessaires pour occuper les oisifs, imposer le goût des Beaux-Arts et de l’instruction, et surtout pour épurer et l’accent et la langue dans les pays où l’on parle un idiome corrompu ».

21 Jan

La radio à Limoges

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C’est au début de 1926, grâce à l’alliance entre un afficheur publicitaire, M. Canet et un radio électricien, M. Lamoureux, qu’un premier poste émetteur T.S.F., Radio Limoges, s’installe boulevard Montmailler, puis dans un grenier de la caserne Beaublanc avant de gagner le 2 de la rue Saint-Paul. Les studios prenant place rue du Consulat, puis rue Adrien-Dubouché, boulevard Victor Hugo et enfin rue des Anglais. Au départ, on utilise un phonographe manuel pour la musique. La radio est gérée par une association qui compte 40 adhérents en 1927 et 3 000 en 1933 ! Son président est d’abord Georges Avryl (Gaston Charlet), auteur de pièces radiophoniques ; Georges Lagueny dirige le bulletin hebdomadaire des programmes Limoges-Radio ; le chef de station était Joly et le speaker, Jarraud. Parmi les intervenants : Lucien Dumazaud qui réalise des chroniques folkloriques. Dès 1927, la radio devient d’Etat et prend le nom de Radio Limoges P.T.T. Son programme est le plus souvent constitué du relais de Paris P.T.T., mais elle réussit néanmoins à produire quelques émissions propres et à s’entourer d’artistes, de comédiens et de musiciens qui donnent vie à ses programmes. La troupe de théâtre déjà constituée de  » l’Avant-scène  » devient sa troupe régulière pour les émissions de théâtre radiophonique très prisées. La radio réussit même à constituer un orchestre symphonique de 22 musiciens et diffuse des concerts en direct. En 1934, on y croise M. Pailler, professeur au conservatoire et de musique à l’Ecole Normale de garçons du Lycée Gay-Lussac ou M. Schmidt, également professeur au conservatoire. Alfred Sarre, aussi, le délégué de la S.A.C.E.M. En 1938, 60% des programmes sont consacrés à la musique. Roger Blanc y anime une émission de jazz New Orleans. Pendant la dictature du maréchal Pétain, c’est Radio Vichy qui émet à sa place, à partir du nouvel et puissant émetteur de Nieul – à la Libération, celui-ci est sauvegardé par les résistants. C’est Georges Lamousse (commandant F.F.I.) qui la dirige, Marc Bernard et Georges-Emmanuel Clancier s’occupant des programmes – pour l’écrivain, il s’agit de poursuivre le combat mené pendant la guerre en faveur de la diffusion de la littérature et de la culture. Il avait d’ailleurs déjà participé à quelques émissions littéraires avant la guerre, avec R. d’Etiveaud. L’écrivain trouve l’expérience exaltante : il crée des émissions d’information, s’occupe de la revue de presse, fonde le Magazine des Arts et des Lettres – Couleurs du temps, diffusé chaque lundi (avec pour indicatif la Valse de Ravel). Clancier s’occupe de l’activité littéraire régionale et nationale et s’adjoint deux limougeauds : Bernard de Vergèze, pour les spectacles, et Jean-Marie Masse pour le cinéma et le jazz (celui-ci anime des émissions sur le jazz, mais aussi, à partir de 1951, Le manteau d’Arlequin, des entretiens avec les artistes de variétés se produisant à Limoges). En 1947, un émetteur clandestin est découvert à Limoges et arrêté en vertu du monopole d’Etat. Lors de l’éclatement de l’O.R.T.F., Radio Limoges est rattachée, comme toutes les radios de région, à F.R.3. La direction régionale de F.R.3 est à l’époque commune pour les deux régions Limousin et Poitou-Charentes. Dans les années 40-50, des orchestres se produisent en direct : celui de Pierre Guyot, avec Jean-Marie Masse à la batterie, un orchestre symphonique dirigé par Charles Servigès ou bien encore Jean Ségurel et ses troubadours. A la fin des années 60, Serge Solon est à l’origine – avec l’aide d’un professeur du conservatoire – d’un orchestre à cordes (qui devient l’Orchestre de Chambre du Limousin) puis d’une chorale. En 1982, après son rattachement à Radio-France, la radio devient Radio France Centre-Ouest puis Radio France Limoges en 1984. C’est dans ces années que Jean-Marie Masse – encore sur la suggestion de Solon – réalise ses « Entrées libres », où il accueille des musiciens en direct, et des émissions consacrées au jazz. A partir de cette date, elle devient une véritable station avec une grille qui couvre l’ensemble de la journée et plus seulement quelques heures de décrochage. En 2000, elle prend pour nom France Bleu Limousin et joue au maximum la carte de la proximité, séduisant près de 80 000 auditeurs par jour. Radio Trouble-Fête est la plus ancienne des radios associatives du Limousin. Créée au printemps 1980, la première émission « en pirate » a eu lieu le 26 septembre de la même année dans l’atmosphère particulière qui allait conduire à la victoire des socialistes et de François Mitterrand. Alors qu’elle ne diffusait que deux fois par semaine début 1981, les émissions sont devenues quotidiennes dès le 1er octobre 1981. Son style alternatif, ses programmes ouverts aux jeunes, aux minorités ethniques ou sociales et à divers styles de musique, certaines émissions culturelles très « pointues » (Le Mandarin), en ont fait une radio intéressante notamment des années 1980 et 90. Au début et au milieu des années 1980, deux radios se partageaient l’audience : HPS Diffusion, rue de Maupassant à Limoges, et Radio Porcelaine, à Boisseuil (où officia, parmi d’autres, Jean-Marie Masse qui avait quitté Radio France). La première – où plusieurs jeunes animateurs et futurs professionnels de l’audiovisuel firent leurs armes, dont l’auteur de ces lignes… – était installée dans un garage et émit très rapidement 24 heures sur 24, avec ses platines et ses magnétophones Revox, dans une ambiance souvent bon enfant (on mangeait parfois dans le studio ou on y petit déjeunait après les nuits blanches où un animateur pouvait garder le micro en direct 6 à 7 heures), ce qui ne l’empêcha pas de programmer des émissions musicales, cinématographiques, littéraires, ou culturelles de qualité. Elle participa également (comme Radio Trouble-Fête) à divers évènements musicaux ou culturels limougeauds et régionaux. Il exista aussi, de 1983 à 1987, Radio Luttes, proche de la C.G.T., sise à l’étage de la Maison du Peuple, animée par des travailleurs, préoccupée à la fois de politique et de culture, programmant de la chanson française, occitane, étrangère, de l’accordéon, du rock. Parmi ses animateurs : Jean-Louis Escarfail, cheminot, militant syndical, qui devint éditeur de théâtre et de poésie par la suite (Le Bruit des Autres). Elle réalisa pour contribuer à son financement un magnifique portfolio carré regroupant des reproductions d’œuvres de divers artistes et participa à des fêtes du quotidien communiste L’Echo du Centre, au Mazeau, à Saint-Priest-Taurion. Il y eut un temps une radio Limoges Fréquence Plus, rue des Arènes. En 1987, des jeunes du quartier périphérique de Beaubreuil créèrent Beaub F.M. Elle « se veut avant tout une radio de proximité et d’intégration, en refusant le stigmate du « quartier difficile » et en renforçant l’image d’un dynamisme collectif ou chacun pense construire positivement. » Elle appartient au réseau Férarock qui regroupe des radios associatives qui ont pour finalité commune de diffuser principalement les musiques actuelles en émergence ou peu exposées sur les radios nationales. Elles accordent un regard particulier à la scène française et à l’espace Francophone. En 1989, Martine Jacob propose à Jean-Marie Masse la fréquence de Radio Porcelaine pour créer une émission diffusant du jazz 24 heures sur 24 : Jazz F.M. En 1991, c’est Swing F.M. qui lui succède, sur une idée de Claude-Alain Christophe, du Hot Club – il a raconté cette aventure dans un livre. De 1992 à 1996 exista une Radio Campus Limoges, plutôt destinée aux étudiants. Dans les années 90 est apparue, affiliée au réseau des Radios Chrétiennes de France, R.C.F. Email Limousin : un programme chrétien, généraliste et grand public, dont la diversité s’adresse à tous les auditeurs, un large décrochage régional de 5 heures permettant la réalisation d’émissions à forte tonalité culturelle et patrimoniale, ouvertes musicalement, ainsi qu’une émission destinée aux prisonniers et à leurs familles. Bien entendu, diverses antennes commerciales nationales disposent de relais en Limousin – mais c’est une autre histoire.

13 Jan

Adieu France Gall

Z - Spectacles - Chanteurs - France Gall - Gala des Etoiles - Grand Théâtre - 02.12

La chanteuse France Gall est venue plusieurs fois en concert à Limoges. Ici, elle est photrographiée par Paul Colmar lors d’un Gala des Etoiles (années 60).

(c) Limoges années 1950, 1960, 1970, Geste Editions

08 Jan

Musique à Limoges (3) Rock & Baroque

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Christophe Coin, Violoncelliste, gambiste, chef d’orchestre, fondateur du Quatuor Mosaïques et directeur artistique de l’Ensemble baroque de Limoges

Limoges n’est cependant pas qu’une ville de jazz – loin s’en faut. Elle a toujours abrité en son sein des groupes de différents styles. Ainsi, dès la deuxième moitié des années 1950, des chanteurs et musiciens de rock’n roll. Gérard Frugier s’en est souvenu pour moi : ainsi, à l’occasion de Noël 1956, les Nouvelles Galeries accueillent-ils une vitrine animée sur ce thème. L’année suivante a lieu un concours exhibition au Cirque-Théâtre. En 57 : le rock débarque au lycée des jeunes filles avec l’orchestre de Pierre Guyot ; la même année est organisé un championnat de rock à l’amicale des Carmes. En 63, les Black Birds sont à l’école immobilière. En 65 a lieu une conférence sur les groupes anglais. Dans le même temps, chanteurs rock mais aussi yéyés se produisent dans divers endroits de la ville (notamment au Paris ou à la Locomotive), comme Johnny Hallyday, Eddy Mitchell et les Chaussettes noires, Danyel Gérard et les Champions, Gene Vincent et les Sunligths, Richard Anthony, Françoise Hardy, Sylvie Vartan, Ronnie Bird, Dany Logan (sans les Pirates), Sheila et les Guitares, moustique et les Pénitents, Frankeinstein and the Monsters, et d’autres. Gérard Frugier note l’existence, dans les années 60-70, d’une trentaine de groupes locaux, avec « personnel souvent interchangeable », reprenant des succès anglo-saxons, généralement de façon instrumentale.

Les années 1970 puis 1980 virent l’apparition de plusieurs groupes et chanteurs de rock et/ou de variétés, qui bénéficièrent parfois de l’aide de certains disquaires d’alors, comme Point Show et Arpèges, de studios comme celui de David Mascunan, de l’arrivée des premières radios dites libres, du travail d’associations – L’e-music box, précieux site web de la Bibliothèque francophone multimédia de Limoges en a recensé une grande partie sur une frise avec extraits musicaux je renvoie le lecteur.  Il faut toutefois signaler Pascal Leroux, docteur en pharmacie, un des musiciens les plus talentueux de Limoges (également plasticien sous le nom de Xuorel) qui possédait un groupe de renommée nationale, Médikao – dont la chanson Détective était un modèle du cold wave underground (publié par Radio Trouble-Fête). La compilation Des jeunes gens modernes (Naïve 2008) l’a placé aux côtés de Taxi Girl, Marquis de Sade ou Etienne Daho. Leroux est par la suite devenu la Veuve electro faisant des performances electro post punk ; il est aussi à l’origine de Diamants éternels. Le groupe Les Ejectés qui débuta en grosse formation en 1988 dans un style festif, ska, reggae, rock. Au fil des années et des albums, Steff Tej auteur/compositeur et créateur du groupe a épuré sa formation, qui devient un trio (guitare/basse/batterie), un vrai groupe rocksteady, style dérivé du ska qui donna ensuite naissance au reggae. De belle qualité musicale, avec des chansons créant une atmosphère cinématographique, Les Ejectés ont sorti plusieurs disques et tournent toujours en France et à l’étranger. Leur leader a aussi été celui du groupe punk-rock Raff (où joua le comédien Philippe Labonne). Denis Violet qui est, sur Limoges, un des musiciens électro très créatif. Il a démarré dans les années 90 avec un groupe nommé Fjord (où il chantait ses compositions accompagné d’Anne-Sophie Michaud), puis, en solo, il a créé le groupe Saint-Louis dont il fut pendant plusieurs années le seul membre, et désormais, avec Christophe Deloménie, il a fondé Ramirez.

Plusieurs chanteurs ont aussi ponctué la vie musicale limougeaude ; parmi eux, dans des styles différents : Jacques-Emile Deschamps, remarqué par la critique en 1972, dont les disques sont édités par Vogue ; il compose des musiques de films publicitaires et de sitcoms, collabore avec divers magazines à la fois comme critique de jazz et de musique classique et comme spécialiste des soins énergétiques, puis se consacre à l’écriture. L’auteur-compositeur-interprète Joël Barret, est aussi un guitariste et parolier de talent, poète de l’intime. Il y eut encore Eric Erday ou André Gauchon qui, au début des années 1980, mit en musique et chanta des poètes limougeauds. Issu du Conservatoire de Limoges, Dominique Desmons est chanteur lyrique et de variétés, excellent comédien, pianiste et auteur-compositeur. Il se consacre à la chanson, au cabaret et au music-hall en fondant, avec Marie-Françoise Rabetaud, en 1978, le duo Rabetaud et Desmons, parrainé en 1989 par les Frères Jacques, qui se spécialise dans le répertoire de Jean Villard dit Gilles du duo Gilles et Julien, chansonnier suisse vaudois ainsi que des chansons d’auteurs du milieu du XIXe siècle à nos jours. Martin Mazo, C.P.E. au Lycée Gay-Lussac, a également écrit nombre de chansons interprétées en concert et sur disques. Dans les générations plus jeunes, se remarquent Philippe Lars, qui débuta en 1995 – également comédien –, Valérie Costa, ou le groupe La Java des Gaspards (théâtre musical).

Marc-Antoine Million, Frédéric Bousquet, Maëlle Vivares, Xavier Blumh-Soubira et Sae-Jung Kim sont les musiciens actuels de l’Ensemble Hope, structure à géométrie variable. Le Cristal et les Sculptures Sonores Baschet sont la base du parc instrumental et les créations produites sont axées autour de ce patrimoine encore méconnu. Hope travaille régulièrement en partenariat avec les sociétés Structures Sonores et Titanium Sound, ainsi qu’avec différents organismes de recherche acoustique fondamentale (CNRS/LAM/IRCAM).

De 1995 à 2004, Limoges accueillit un festival expérimental hors du commun : Artooz, à l’initiative du collectif Wild Shores, comprenant Evelyne Hebey, Fred Nouveau et Marc Roques. Différentes formes d’expressions artistiques – performance, écriture, lecture, musique, lumières et images – coexistent dans les réalisations du collectif de musiciens-plasticiens créé au début des années 90 à Limoges, toujours en activité, comme en atteste la liste de leurs créations et activités. Le festival, à dimension internationale, accueillit expositions et créations, installations et créations electro, projections, d’artistes renommés ou à découvrir, notamment à la galerie Res Reï et au Centre culturel John Lennon. Il est particulièrement regrettable que cette manifestation printanière, qui contribua à donner de la ville une image résolument contemporaine, n’ait put se maintenir faute de moyens suffisants et que le collectif se soit installé à Paris.

En 1984 débuta une belle aventure musicale, portée par des passionnés, des mécènes, des subventionneurs institutionnels : la création de l’Ensemble Baroque de Limoges par Michel Kiener avec le musicien Jean-Michel Hasler. A partir de 1991, c’est le violoncelliste et gambiste Christophe Coin qui dirigea cet orchestre international qui explorait, diffusait et fit partager l’univers musical de l’époque allant de Marin Marais au XIXème siècle. L’E.B.L. Est invité des grands rendez-vous internationaux (Salzburg, Leipzig, Innsbruck, Londres, Madrid, Berlin, Lisbonne, Bruxelles, Vienne, Eisenstadt, Graz, Tokyo, Bremen, Cologne), des grandes scènes françaises et de nombreux festivals européens. Implanté en Limousin et résident permanent du château de La Borie, ses sorties dis­cographiques furent régulièrement récompensées par des prix comme les Victoires de la musique classique, Choc du Monde de la Musique, ffff de Télérama. Les amateurs conservent le souvenir de concerts exceptionnels et émouvants. Des travaux de recherche, d’édition, de diffusion et d’enregistrement de manuscrits inédits des XVII, XVIII et XIXème siècles furent aussi l’occasion d’organiser des rencontres fructueuses entre musiciens et chercheurs, au travers de colloques internationaux. Le dynamisme de l’E.B.L. et de l’équipe de direction permit d’étendre les activités dans le cadre de la Fondation La Borie : concerts jazz, baroque, musique traditionnelle, musique d’aujourd’hui ; label discographique ; studio d’enregistrement ; lieu accueillant des résidences d’artistes (chaque année, 250 artistes venus du monde entier) ; lieu de spectacle vivant ; sonothèque de plus de 40 000 sons, enregistrés par le concepteur et designer sonore Louis Dandrel ; mise en sons et en lumières des jardins. Malheureusement, en juin 2013, Christophe Coin et la Fondation La Borie ont mis fin à leur collaboration, entraînant de facto la disparition de L’Ensemble Baroque de Limoges.

29 Déc

Musique à Limoges (2): le jazz!

Chuck Green- Panama Francis « Take the A Train » à Limoges

Après avoir été un pôle majeur de la musique médiévale, Limoges est devenue, à partir de la fin des années 1940, l’une des villes européennes qui comptent pour le jazz. En dehors de Jean Marcland cité plus haut, on peut écouter, dans les années 1930, l’orchestre Marcel’s jazz de Marcel Lalue, ou celui de Christian Beaubrun qui propose diverses animations jazz : bals (notamment à la préfecture), mariages ou arbres de Noël. Progressivement, les jeunes s’intéressent à ce genre de musique, également diffusée à la radio. Ray Ventura se produit plusieurs fois à Limoges, devant 2000 personnes en 1938 ; Josephine Baker vient en 1934 et en 1938. Jean-Marie Masse, jeune homme né en 1921, qui baigne dans une atmosphère artistique et musicale, qui expose ses toiles pour la première fois à 18 ans, découvre le jazz. Il achète des disques chez Lagueny boulevard Carnot et, dès avant la guerre, entre en relation avec Hugues Panassié, grand gourou du Hot Club de France. Le conflit mondial marque d’abord un coup d’arrêt mais, dès 1941, c’est la reprise des concerts dans les brasseries, les cafés, les restaurants, sous réserve d’autorisation préfectorale. Les musiciens doivent être en tenue sombre, le jazz est « sous surveillance ». En 1943, il est officiellement interdit, mais on continue à en jouer en francisant les titres. Les zazous qui osent se promener en ville sont critiqués par L’Appel du Centre, journal collaborationniste. Pourtant, dès 1941, Jean-Marie Masse donne des conférences-auditions au Théâtre Berlioz place de la République, devant un public nombreux, grâce à Jean Fouquet, président de l’Office de lectures théâtrales, qui y organisait des conférences sur de multiples sujets. A l’occasion de la troisième prestation de Masse, de jeunes extrémistes firent une échauffourée en lançant des insultes contre les Juifs, les Noirs et le jazz, « musique de pourris ». En 1943, Jean-Marie Masse expose à la galerie Magadoux, avant de rejoindre le S.T.O. puis de s’en évader. Il revient à Limoges avec un déguisement pour une jam-session ! Puis il rejoint Panassié à Montauban. Pendant l’Occupation, des Manouches installés dans des caravanes et des roulottes au Champ Dorat ou dans l’actuelle avenue Jean Gagnant jouent du jazz. Parmi eux : les Ortica, les Villerstein et quelques Reinhardt. Certains jeunes limougeauds viennent les écouter, les rencontrer, apprendre. Parmi eux : Robert (Bob) Aubert, qui partit à Paris ou Raymond Beau, artiste be bop dans la capitale dans les années 1950. A la Libération, l’orchestre de Bob Dixon anime le bal de Limoges avec ses treize musiciens. En mai 45, Hugues Panassié donne à son tour une conférence au Théâtre Berlioz. Le jazz retrouve droit de cité, au Café Riche, au Central, au faisan, avec l’orchestre Jazz sans nom, lors de bals nocturnes. Parmi les musiciens de ce style de musique à l’époque : Georges Suchot (futur commerçant d’instruments) à la guitare, Lucien Dufour, Elie Labesse au saxo, Daniel Faure à la clarinette, Jean-Pierre Bruneau et Raymond Thomas au piano. D’autres orchestres existent, celui d’Alex Cosaï et son quintette, de Camille Lorotte, qui joue au Lion d’Or, l’orchestre Carenzi, avec lequel joue Joseph Reinhardt en 1946, celui encore de Pierre Guyot. La famille Christophe ouvre un magasin de disques et de partitions en 1948. Victor Ronzeau ouvre quant à lui un atelier d’instruments de jazz rue du Balcon. Limoges devient donc un haut-lieu du jazz en France. A partir de la Libération, Jean-Marie Masse – qui s’est mis à la batterie et devient professionnel – anime chez lui des réunions consacrées à ce style musical avec des jeunes, des lycéens de Gay-Lussac, des étudiants. Trente années plus tard, collégien puis lycéen, j’ai moi-même assisté à ces réunions où l’on écoutait religieusement les disques passés par Masse, barbe et crinière blanches, pas très grand mais imposant par sa belle voix, vêtu de costumes en velours : les plus avertis y allaient de leurs commentaires très érudits ; comme beaucoup fumaient, notamment la pipe, il fallait régulièrement aérer en ouvrant les fenêtres sur la rue François Chénieux plongée dans la nuit, sous peine de suffoquer. Des piles de disques vinyles tapissaient les murs. En janvier 1948, on accueille à la gare des Bénédictins (cela va devenir une tradition) Rex Stewart, soliste de Duke Ellington, salle Berlioz, place de la République, à guichets fermés. Le 26 du même mois, c’est la création du Hot Club de Limoges et des concerts sont régulièrement organisés dans des lieux variés : Don Byas, Bill Coleman, Buck Clayton ou bien encore Willie Smith « le Lion ». Masse loge les musiciens à domicile. Dès lors, le Hot Club ne cessa pas d’organiser de fabuleux concerts : 1200 entrées en 1971-72, 4250 en 1976-77, plus de 5000 en 1981-82 – tout en demeurant indépendant, fonctionnant sans autres subventions que la mise à disposition des salles municipales, et défendant « une certaine idée du jazz » (disons historique).

Les centres culturels municipaux ont toujours accueilli des concerts de jazz et de blues. Depuis 2006 a lieu le très ouvert festival Eclats d’Email, animé par toute une équipe et dirigé par Jean-Michel Leygonie, qui permet de découvrir dans diverses salles d’excellents musiciens limousins, français et internationaux. Durant toute la manifestation, des « Jazz clubs » permettent aux musiciens de se rencontrer pour faire des bœufs, des rencontres et des expositions complétant le dispositif.

24 Déc

Pierre Debauche, le créateur du Festival des francophonies, est mort…

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Pierre Debauche, Jack Lang au Festival des Francophonies, Jardin d’Orsay à Limoges (c) L. Bourdelas

Pierre Debauche vient de disparaître à Agen, où il avait fondé en 1994 le Théâtre du Jour.

Né à Namur (Belgique) en 1930, Pierre Debauche avait étudié à l’Université de Louvain avant d’entamer en France une carrière de théâtre qui l’a conduit à Vincennes, où il a fondé le Théâtre Daniel Sorano (1963), puis à Nanterre, où il a fondé les Amandiers (1965) et le Centre dramatique national de la ville (1971), selon la biographie publiée sur le site de son théâtre.

Sa carrière d‘acteur, auteur, metteur en scène et enseignant – il a enseigné pendant dix ans, dans les années 70, au Conservatoire national d’art dramatique de Paris – l’a aussi vu diriger des Maisons de la Culture (Nanterre, Rennes) et des Centres dramatiques nationaux (Nanterre, Rennes, Limoges).

A Limoges, il a considérablement dynamisé le théâtre au début des années 1980.Je me souviens de sa créativité, de son amour de la poésie (il créa des rendez-vous poétiques le midi à la Visitation), des lieux insolites où il lui fallait jouer, faute de théâtre. C’est sans nul doute à la suite de son activisme et grâce à celui de l’association qui se créa dans ce but, que fut sauvé le Ciné Union menacé de destruction municipale, devenu le lieu du CDNL.

En 1984, il a fondé le festival des Francophonies en Limousin et je me souviens de l’effervescence de la conférence de presse inaugurale: c’était déjà un évènement; il s’est considérablement développé depuis, en particulier avec Monique Blin et Patrick Le Mauff.

Les Limougeauds amateurs de théâtre ne l’oublieront pas. Je propose à la municipalité, pour les y aider, de donner son nom à une rue ou une place de la ville.

23 Déc

Joyeux Noël 2017!

Je vous souhaite à tous d’excellentes fêtes de Noël et de fin d’année!

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Ci-dessus (cliquer pour agrandir), la liste des commerçants de Limoges accordant des réductions aux étudiants de la ville publiée dans l’annuaire de l’Association des étudiants en 1929…

13 Déc

Lorsque vient l’hiver…

Z - Météo - Vienne gelée - Clos Sainte-Marie - 01-1963

La Vienne gelée en janvier 1963

Z - Météo - première neige sur Limoges - 28-29.11.1964

Premières neiges sur Limoges, fin novembre 1964

Z - Météo - neige - pl Jourdan - 03.1964

Place Jourdan, mars 1964

Z - Météo - neige - pl Hôte-de-Ville - 03.1964

Place de l’Hôtel-de-Ville, mars 1964

(c) L. Bourdelas, P. Colmar, Limoges années 1950 60 70, Geste Editions

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En gare des Bénédictins sous la neige (années 70)

(c) J.M. Bourdelas

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