17 Juin

La Jonchère et son arboretum (4): l’église

La Fête-Dieu (c) P. Colmar

(c) L. Bourdelas

(c) L. Bourdelas – La nef 

(c) L. Bourdelas – La crèche

(c) L. Bourdelas – Le coq du clocher

(c) L. Bourdelas – le vitrail de Jeanne d’Arc

(c) L. Bourdelas – Décor

(c) L. Bourdelas – Détail du bénitier

 

L’église a été détruite au XIIe siècle, mais fortement remaniée dès le XIIIe siècle et restaurée au XIXe. Elle dispose d’une nef unique de deux travées à faux transept et d’une abside polygonale.

L’intérieur. – Un porche en arc brisé neuf supporte un clocher neuf, désaxé par rapport à la nef. Les murs de la première travée sont garnis d’arcs de décharge brisés, avec quart-de-rond au départ de la voûte. A l’Ouest, les piliers sont engagés dans la maçonnerie et présentent des chapiteaux cachés en partie, avec des crochets à la corbeille. A l’Est, les piliers sont formés d’un pilastre rectangulaire et d’une colonne ronde engagée du type de Nieul. Le chapiteau est commun au pilastre el à la colonne. Les corbeilles sont sculptées, au Nord, de crochets-boules et de crochets fleur-de-lis, au Sud, de crochets-boules. Les tailloirs sont moulurés d’un cavet, d’un filet, d’un boudin et d’un filet. La voûte d’ogives est neuve. Il y a une fenêtre, sans caractère, au Sud. Dans la deuxième travée, il y a des crochets-boules sur les chapiteaux, au Nord, des crochets-boules et des crochets fleurs-de-lis, au Sud. Fenêtre au Nord et fenêtre au Sud. Après cette travée, on trouve de chaque côté une chapelle voûtée en berceau brisé transversal et éclairée par une fenêtre. Ces chapelles, qui sont modernes, constituent une sorte de transept. Le chœur, moderne, est voûté de six ogives, rayonnantes retombant sur des culots. C’est le système de l’abside de Bonlieu (Creuse), mais avec des nervures au lieu d’arêtes. L’entrée de cette abside est intéressante. Elle est formée d’un doubleau de section rectangulaire qui retombe sur des colonnes engagées. Les chapiteaux de ces colonnes paraissent anciens ; leur style indique le XIe siècle ou le début du XIIe siècle. Les pilastres doubles, en équerre, qui sont adossés aux colonnes et font raccord avec la nef, sont du XIIe siècle et sculptés de crochets-boules de la même époque que ceux de la nef. Les bases des colonnes sont anciennes. Elles sont montées sur un très haut soubassement. Les bases des pilastres sont de même hauteur. Il y a eu certainement une voûte du XIIIe siècle à laquelle faisait suite une abside romane moins large que la nef et que l’abside moderne actuelle a remplacée.

Mobilier. — Il ne présente pas grand intérêt. A noter cependant un vieux saint Jean-Baptiste en bois.

L’extérieur. — A l’Ouest, la porte est de style roman limousin à trois voussures. Il n’y a point d’encadrement à l’archivolte. Les chapiteaux ne sont pas sculptés.

L’élévation sud présente, à la deuxième travée, un reste intéressant du vieux mur roman dans lequel une fenêtre en plein cintre, très étroite et peu ébrasée indiquerait le XIe siècle. Le mur est en moellons avec pierres d’appareil à l’alentour des contreforts. L’élévation Nord présente la même fenêtre et aussi des baies carrées bouchées actuellement, lesquelles ont pu servir de fenêtres de guet pour un chemin de ronde. Il n’y a pas de contreforts en bon état de ce côté, alors qu’il y en a au Sud.

Une cloche, bénite en 1806 par M. Rogues, curé de La Jonchère, fut placée sous l’invocation de Saint Maurice et de Sainte Anne. Elle eut pour parrain M. Joseph de Léobardy de Mazan ; la marraine fut dame Marie-Pauline Chaud de la Roderie, son épouse, de la paroisse de La Jonchère. Elle fut fondue avec les fonds et selon le désir de défunte dame Marie-Anne Baillot du Queyroix, épouse de Paul Chaud de la Roderie, chevalier de Saint-Louis, mousquetaire de la garde du Roi, ses père et mère.

Dans la nuit du 8 au 9 juin 1792, la grille de la fenêtre de la sacristie est forcée et sont volés le ciboire, le soleil d’argent (où était le Saint Sacrement et qui aurait coûté 700 livres), l’enseigne (80 livres), les nappes de l’autel, les boîtes des saintes huiles et deux croix « dont une avait un morceau de la vraie croix ».

En 1884, au cours de déblais pratiqués derrière l’église, dans un terrain sur lequel, dit-on, se prolongeait autrefois le chœur, on a trouvé, pliées dans des lambeaux d’une étoffe grossière, un grand nombre de pièces d’argent d’un très bas titre et soixante ou quatre-vingts deniers d’or, agneaux d’or et royaux en parfait état de conservation, paraissant tous appartenir au règne de Charles VII.

André Lecler, dans son Dictionnaire historique et géographique de la Haute-Vienne, Limoges, 1920-1926, a publié la liste des prêtres de La Jonchère qu’il a pu retrouver.

On note aussi la présence, à l’entrée de l’église, d’un petit bénitier – avec deux anges – et d’un tronc – avec figure de Christ – pour offrandes en bronze, ensemble qui provient des productions de Ducel et du Val d’Osne. Il fut offert par Mignon, administrateur du Val d’Osne, propriétaire du château de Walmath, voisin, pour le mariage de sa fille.

Sources : Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, t.72, 1927, p.21 ; t.78, 1939, p. 136 à 143 ; t. 32, 1885, p. 316. J. de Léobardy, Une histoire de famille, auto-édition, Lavauzelle-Graphic, 1998, p. 119. E-monumen-net.

12 Juin

Histoire de La Jonchère et de son arboretum (3)

(c) L. Bourdelas

Vitrail représentant saint Maurice, à l’église.

 

Au cœur du Moyen Âge

Au XIIème siècle, les sources font mention de la prévôté ecclésiastique de la Jonchère. Le fils d’un dénommé Aumone obtient en 1188 de la part de l’évêque Sébrand Chabot (1178-1197) la charge de «prévôt » (même si les institutions d’Église ont le plus souvent opté pour le terme de « maire ») afin de coordonner l’exercice de ses exploitations agricoles sur son domaine de la Jonchère. Peut-être est-ce de cette période que date la fondation de la paroisse – durant tout l’Ancien Régime, c’est en effet l’évêque qui nomma l’intégralité des prêtres de Saint Maurice. En 1702, l’évêque de Limoges est toujours titulaire de la châtellenie de La Jonchère.[1] Parfois, elle bénéficie des largesses d’un prélat ; ainsi, à sa mort en 1272, l’évêque de Limoges Aimeric de La Serre, précise-t-il, dans son long testament, qu’il laisse vingt-cinq livres à l’église pour la bâtisse et son ornement, et la même somme pour « l’hôpital ».[2] Les évêques de Limoges vinrent d’ailleurs souvent à La Jonchère où ils avaient leur résidence d’été.

Les archives concernant la justice épiscopale – et parfois ses manquements – au XIVème siècle, permettent de découvrir quelques anecdotes. Ainsi un notaire public de la Jonchère, Guillaume de la Place, avait le tort de « aconseiller appeler les gens qui soy disoient grevés » par le sénéchal de l’évêque : on le met à l’amende; il en appelle : on l’arrête, et on le jette dans un cachot. Il est vrai que ce notaire avait dit au sénéchal tenant l’assise « qu’il ne feroit pour lui mes comme pour un renart », et qu’avec ses complices il avait de nuit battu et navré un homme ; c’était en somme (au dire de l’évêque) un scélérat, et d’ailleurs on ne l’avait point fait renoncer à son appel. Une autre fois, c’est le bailli de l’évêque à la Jonchère qui défend d’exécuter un individu condamné à la potence, et le fait «ramener et donner pour mari à une pucelle qui le requist, et le li bailla sanz en fere punition ni justice » ; mais le fait est trop « général et obscur » pour que l’évêque prenne la peine d’y répondre.[3]

La tradition rapporte qu’un sac[4] de La Jonchère aurait eu lieu, sans qu’on puisse le dater avec certitude. Certains évoquent Edouard de Woodstock, le Prince Noir, supputant l’intrusion permise aux soudards du côté de la rue de la Trahison, qui porterait ainsi fort bien son nom. Il est vrai que depuis son arrivée en Aquitaine en 1355, jusqu’à son retour définitif en 1371, Edouard organisa pendant seize ans une suite de chevauchées, tant contre ses adversaires en dehors de ses provinces que contre quiconque osait contester son autorité sur ses terres. Le sac de la Cité de Limoges, en août 1370, dont l’évêque l’avait trahi, demeura dans les mémoires – d’autant plus que Froissart y dénombra 3 000 victimes, là où il n’y en eut peut-être que dix fois moins. L’abbé Pailler cite des Ephémérides écrits en 1830 par de Léobardy, où celui-ci écrit : « Le Prince Noir, à la tête d’une armée victorieuse, se rue sur le Limousin, au travers duquel il se fraie un passage, au milieu des décombres et dans le sang (…) il dirige sa marche vers Grammont, dont les immenses trésors tentent sa cupidité. Il ruine, en passant, Saint-Sylvestre ». Déduction de l’abbé : « il n’est pas téméraire de penser que Juncheria qui n’était éloignée que de quelques kilomètres de Grammont, à laquelle la reliait une vaste chaussée, ait subi le sort de sa riche voisine. » Toujours selon lui, lors de travaux de construction au sud du champ de foire des porcs, on découvrit « des débris d’habitations, pierres noircies par le feu, briques, débris de poutres calcinées », sans que l’on puisse dater le sinistre.

Le pouillé du diocèse de Limoges renseigne sur les vicairies (église ou chapelle succursale dans une paroisse que dessert un vicaire) créées à La Jonchère : «  Vicairie fondée par Bonne Arnaude, demoiselle, et ses prédécesseurs, avant 1355 [Dans la chapelle du château du Vignaud]. Autre, par noble Jean Joudrineau ou Jourdaneau, sieur du Verger, appelée de Peyrefolle. — A l’autel de saint Jean Baptiste ou de saint Giles. — P. Curé confère. Charles du Vignaud, écuyer, sieur dudit lieu, 1562. Jeanne de Nespoux, tutrice de Pierre et de Jacques, 1564, 1569. Perière, comme seigneur du fief du Vignaud, 1629. Noble Guillaume Joudrenaud, damoiseau, sieur du Vergier, 1497. [Autre, dite Malese, dans la chapelle du château du Vignaud. — P. Evêque. Autre, par Pierre de Folle, fondée dans la chapelle du château du Vignaud]. Vicairie fondée par Pierre Boudelli, damoiseau de la ville de La Jonchère, du consentement de sa fille, Marguerite Boudela et de Jean Joudrinaudi, damoiseau, son gendre, pour un prêtre séculier, son parent, ou de sa femme, le 28 mai 1458. Signé Bordas. Spiritualisée en 1497 [Appelée Les Vignauds]. — Chapelle du grand cimetière. — A l’honneur de la Sainte-Vierge et saint Maurice. A l’autel de saint Jacques et saint Michel. — P. Curé doit conférer dans quarante jours; ce temps expiré, l’évêque; héritiers et successeurs présenteront. Charles du Vignaud, écuyer, sieur de Bacheleries, 1567, 1569. Le service était transféré dans la chapelle du château du Vignault, lorsque Périère, président au présidial de de Limoges, nomma, en qualité de seigneur de ce fief, 1670. Noble Guillaume Joudrenaud ci-dessus, 1497. Autre, par M. Pierre de Alvernia. — A l’autel de saint Eloi. — P. Blaise de La Marche, damoiseau, sieur de Pierrefole, 1471. »[5]

[1]                      B.S.A.H.L., t.45, 1897, p. 565.

[2]                      B.S.A.H.L., t.4, 1852, p. 133.

[3]                      B.S.A.H.L., t. 31, 1883, p. 368.

[4]                      Saccage, pillage d’une ville.

[5]                      J. Nadaud, « Pouillé historique du diocèse de Limoges », manuscrit de 1775, B.S.A.H.L., t. 53, 1903, p. 298.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

11 Juin

Parution du Dictionnaire des rues de Limoges aux Editions Mon Limousin

Patrick Modiano, qui sait ce que veut dire arpenter une rue, a affirmé, dans son discours de réception du Prix Nobel de littérature : « À mesure que les années, passent, chaque quartier, chaque rue d’une ville, évoque un souvenir, une rencontre, un chagrin, un moment de bonheur. » Pour ma part, j’avais écrit à propos de la rue Aristide Briand, ma « rue d’enfance », qu’ « il semblerait que l’on puisse être traversé par une rue autant ou à mesure qu’on la traverse. »[1] Avant elle, il y avait eu la rue Raspail – entre le Château et la Cité –, mais c’est bien l’ancienne route d’Ambazac, aux parfums mêlés de fleurs de cerisier et d’amours adolescentes, que j’eus en partage avec Georges-Emmanuel Clancier, qui fut et demeure mon artère vitale, de la gare des Bénédictins au Bois de La Bastide, avec l’école de La Monnaie et l’église Saint-Paul Saint-Louis. Même si d’autres rues comptèrent ensuite pour moi – comme la rue de la Boucherie ou le square Jean-Marie Masse, qui me rappelle mes années Hot Club.

Modiano a donc raison et l’on peut ajouter qu’à ces souvenirs personnels, intimes, la dénomination des rues offre la transmission officielle, citoyenne, historique et contribue à tracer le portrait d’une ville et des édiles qui l’ont dirigée. C’est bien ce que le présent ouvrage nous montre. A la tradition populaire, artisanale…, s’est adjointe la volonté politique : plus d’un siècle de gauche, le socialisme municipal, l’affirmation syndicale, la franc-maçonnerie[2], la Résistance, ont laissé leur empreinte. Et la municipalité de droite élue en 2014 n’a pas été en reste dans ce travail de mémoire – elle qui a aussi fait graver le nom des « morts pour la France » au pied du monument aux morts de 1914-18, baptisé un pont Georges Guingouin et un boulevard Robert Maloubier en souvenir de résistants ou honoré la mémoire du gendarme Arnaud Beltrame.

Le dictionnaire de Lucas Destrem – jeune géographe limougeaud – témoigne de l’amour de celui-ci pour sa ville natale et de sa réflexion à propos des motivations culturelles et politiques qui sous-tendent l’aménagement des territoires, et des différents enjeux qui y sont liés. Intéressé par la néo-toponymie (argumentaires et stratégies de la dynamique de dénomination des lieux aux XXe et XXIe siècles) et la valorisation du patrimoine culturel matériel et immatériel, il livre ici une véritable et captivante histoire illustrée de notre ville, qui invite le lecteur à une déambulation érudite et plaisante. Le nom des rues de notre ville et leur histoire participent de l’identité limougeaude et offre des repères au moment-même où le Limousin s’efface au profit de la Nouvelle Aquitaine. Il est rassurant que les nouvelles générations s’y intéressent.

[1] Des champs de fraises pour toujours, L’Harmattan, 2004, p. 31.

[2] M. Laguionie, Petit Dictionnaire maçonnique des rues du Limousin, Le Puy Fraud Editeur, 2011.

Aucune description de photo disponible.

09 Juin

La Jonchère et son arboretum (2)

La pierre branlante (c) L. Bourdelas

 

Une petite histoire de La Jonchère

 

           

            Aux origines

Situées au nord-ouest de l’arc du Taurion, La Jonchère et les environs sont le lieu d’un peuplement important pendant l’Antiquité. L’oppidum gaulois lémovice du « Chatelard », d’une superficie de 9 hectares (sur l’actuelle commune de Jabreilles-les-Bordes, au Maillorat) – Âge du fer 2, 450-25 av. J.C., apogée de la civilisation celtique –, et l’ensemble cultuel du Puy-de-Jouer (Saint-Goussaud) en sont les témoins. Avec ses 687 m d’altitude, le Puy de Jouer était un poste naturel d’observation et de surveillance grâce à l’importante trouée naturelle entre les monts d’Ambazac et les gorges abruptes du Taurion. Les Romains utilisèrent cette position en y installant, au carrefour des anciennes routes de Limoges à Argenton et de Limoges à Clermont, un centre de culte de hauteur, avec plusieurs temples et un monument identifié comme théâtre[1]. Les lieux étaient aussi sillonnés par un itinéraire de long parcours, axe économique reliant les mines d’étain de Bretagne à la Méditerranée. Un tronçon a été repéré en 1979 aux Grands et Petits Marmiers remontant vers Jabreilles et le Puy du Chatelard. Régionalement, cette voie était le seul accès aux gisements miniers du nord des Monts d’Ambazac et de Saint-Goussaud (Etain, cuivre, or). Selon l’abbé H. Pailler, qui écrivit en 1921 une sérieuse monographie à son sujet, La Jonchère « était une des villes les plus anciennes de la Basse-Marche », même si on ne connaît pas exactement la date de sa fondation[2]. Il fait part, toutefois, de la découverte sous l’ancien presbytère d’une fosse rectangulaire dans laquelle étaient « des ossements d’homme et de cheval, qui furent reconnus à l’examen remonter à l’époque gallo-romaine », et d’une « superbe urne funéraire du IVème ou Vème siècle » trouvée à Entrecolles, à quelques kilomètres de La Jonchère. Il mentionne également des « médailles, silex, pierres taillées dont l’origine gallo-romaine ne saurait faire de doute ». Nombre de caves spacieuses non datées existaient aussi. Sur le bord du sentier conduisant au sanctuaire de Sauvagnac se trouve la fontaine du sang, dont la légende attribue le nom au fait qu’un combat meurtrier aurait eu lieu entre Gaulois et Romains et que pendant plusieurs jours, de la fontaine aurait coulé du sang.

Lors de la christianisation, le pôle de peuplement autour de Jabreilles perdure. Une chapelle (détruite) dédiée à Saint Martin indique une paroisse « primitive » constituée vraisemblablement à l’époque mérovingienne. Cette entité territoriale ecclésiastique englobait les Billanges et La Jonchère – un  lieu de  culte privé existant peut-être déjà dans le bourg, le culte de Saint Maurice apparaissant dès le IVème siècle.  Avec la chapelle Saint Blaise des Petits Marmiers et Sainte-Anne des Grands Marmiers, la possibilité est réelle d’être en présence de sanctuaires liés à d’importants domaines fonciers comme c’est le cas de Feytiat ou de Salagnac[3]. L’administration carolingienne dote les comtes de supplétifs nommés les «vicaires ». Ceux-ci organisent et ordonnent la vie économique et cultuelle d’un espace géographique donné. La  Jonchère est alors intégrée dans la Vicaria de Salagnac (commune de Grand-Bourg (Creuse). Au début du XIème siècle, c’est la formation du Comté de la Marche par Boson le Vieux, dont les successeurs – plusieurs fois en conflit avec les vicomtes de Limoges – demeurent les titulaires, du moins jusqu’au mariage d’Almodis, attributaire du comté par son oncle Eudes dans les années 1095-1098, avec Roger de Montgomery[4]. Un siècle plus tard, c’est la famille de Lusignan qui devient la détentrice du comté et oscille entre les monarchies française et anglaise, jusqu’à l’entrée dans les possessions royales de France sous Philippe IV le Bel, soucieux d’accroître son pouvoir en Limousin, puis – suite à un échange opéré par son fils Charles IV le Bel – au sein de la Maison de Bourbon. La Jonchère – qui sera dite « ville » en 1508 – était le chef-lieu d’une châtellenie relevant de l’évêché de Limoges.

 

[1]                      DIREN Limousin, Les sites protégés du Limousin, la Creuse, PULIM, 2002.

[2]                      La Jonchère-Sainte-Maurice ses origines, son histoire, Imprimerie-Papèterie A. Bontemps, 1921. Une partie de nos informations non explicitement sourcées proviennent de cet opuscule de 30 pages.

[3]                      Site internet de La Jonchère-Saint-Maurice.

[4]                      Collectif, Creuse, Christine Boneton, 2007, p. 30.

08 Juin

La Jonchère-Saint-Maurice et son arboretum: une série estivale exceptionnelle sur le blog Ici c’est Limoges!

(c) photothèque Paul Colmar (cliquer pour agrandir)

 

Tout l’été 2019, nous allons sortir de Limoges – la capitale limousine – pour aller nous promener à la campagne, dans un lieu charmant: La Jonchère, qui dispose d’un magnifique arboretum.

Je vous propose une petite Histoire de La Jonchère, nourrie par de multiples sources, souvent inédites. Je remercie vivement Maurice Masdoumier, qui me donna l’idée de ce travail, et M. Bernard Gérardin, qui m’a permis de travailler chez lui sur les archives familiales. Ma reconnaissance va également à Paul Colmar, qui me permet de puiser dans sa photothèque et à Dominique Papon, qui m’a donné l’opportunité de créer ce blog. Et je salue tous ceux qui ont déjà écrit à propos de ces lieux.

(c) L. Bourdelas

 

Situé à une trentaine de kilomètres de Limoges, au cœur du Limousin et de la région Nouvelle Aquitaine, la petite ville de La Jonchère-Saint-Maurice est également à moins de dix kilomètres d’Ambazac, connue notamment pour la châsse émaillée provenant du trésor de l’abbaye de Grandmont qu’abrite son église.

Ce territoire est marqué par l’empreinte de l’Histoire depuis des temps très anciens. Au XIXème siècle, le travail à l’amélioration de la race limousine, l’exploitation du kaolin, la création de pépinières, à l’initiative de dynamiques entrepreneurs et permises par ceux qu’ils employèrent – ouvriers et paysans -, donnèrent au bourg l’opportunité de se développer et d’acquérir une renommée. Une activité renforcée par l’arrivée du chemin de fer.

 Aujourd’hui, au beau milieu de la campagne limousine, La Jonchère-Saint-Maurice offre un cadre de vie et de visite très agréable. Les chemins de V.T.T. et de randonnée pédestre permettent de très agréables promenades.

Un attrait renforcé par la présence d’un magnifique arboretum fondé par Henri Gérardin et André Laurent, aujourd’hui propriété de l’Office National des Forêts. Il fait bon l’arpenter en toute saison, découvrir de magnifiques espèces d’arbres, mais aussi de végétaux et, avec un peu de chance, d’animaux – en particulier des oiseaux. Il est très agréable de s’asseoir sur le muret longeant l’étang et d’y méditer ou d’y lire. Un bon moyen de se souvenir d’ailleurs que l’arbre et la forêt sont des sources constantes d’inspiration pour les auteurs limousins.

 

 

Le nom de La Jonchère-Saint-Maurice

 

            Jonchaie, Joncheraie, Jonchère : substantif féminin. Le mot jonchière est attesté dès 1150 et signifie : « lieu où croissent les joncs ». En 1776, la jonchaie est aussi « l’endroit où croissent les joncs ». En 1808, la jonchère est la touffe de joncs. En 1926, la joncheraie est aussi « le lieu où poussent les joncs ». Le nom de jonc est donné à plusieurs plantes. Au sens strict, ce nom désigne les espèces appartenant au genre Juncus, dans la famille des Juncaceae. Le verbe joncher, que l’on rencontre déjà vers 1080 dans La Chanson de Roland, signifie d’abord : « parsemer de branchages, de feuillages ou de fleurs » – ce qui était fréquent, par exemple, dans les vastes pièces des châteaux médiévaux ou dans les chaumières au sol de terre battue. A partir de la fin du Moyen Âge, enfin, la jonchée est un petit panier de jonc dans lequel on fait égoutter le lait caillé et aussi le petit fromage de vache, chèvre ou de brebis fait dans ce panier.

En Limousin, la Junchéria est bien le pays des joncs. Même si certains l’ont fait dériver de junctio (réunion) parce que plusieurs voies importantes s’y croisaient. Le 7 juillet 1918, le conseil municipal de La Jonchère prit connaissance du vœu émis par La Chambre de Commerce de Paris, qui souhaitait qu’un complément de nom soit donné aux communes portant une dénomination identique. Cette modification permettrait de faciliter les transmissions postales et télégraphiques. Le conseil, après en avoir délibéré, jugea tout à fait opportun de répondre favorablement à cette demande, et décida qu’à l’avenir, la commune serait désignée sous le nom de La Jonchère-Saint-Maurice. Cette adjonction était liée au fait, qu’avant la guerre, la fête patronale se célébrait le jour de la Saint-Maurice, patron des soldats, et avait un grand relief auprès des communes avoisinantes. C’est par décret ministériel du 16 août 1919 que ce changement de nom fut autorisé[1].

 

[1]                      Site internet de La Jonchère-Saint-Maurice.

02 Juin

Forêt limousine

 

Arboretum de La Jonchère (c) L. Bourdelas

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, au début du XXème siècle, la forêt limousine avait considérablement reculé. « Un guide de 1890 assure qu’entre Gentioux et Pigerolles, il n’y avait à cette époque qu’ « un seul arbre, un chêne très vieux et rabougri, dans toute la région. » Il était célèbre dans tout le pays, et connu sous le nom « d’arbre à cocu ».  Mais elle a aujourd’hui regagné beaucoup de terrain perdu, notamment sur les hauteurs. Eliane Palluet, professeur à l’Ecole forestière de Meymac, indique que « si localement (Plateau de Millevaches, bordure nord-est du département de la Corrèze), les résineux dominent nettement le paysage, les deux tiers de la surface occupée par la forêt limousine sont composés de feuillus (hêtres, chênes, châtaigniers, etc.). »

Le châtaignier, jadis travaillé par les feuillardiers (activité ayant décliné après la dernière guerre mondiale) et recherché comme bois d’œuvre (cercueils, charpentes), occupe encore 13% de la surface boisée, généralement en dessous de 700 mètres d’altitude, abondant à l’ouest de la région, dans « la châtaigneraie limousine ». Le chêne pédonculé a progressé sur l’ensemble du Limousin en s’installant sur les terres abandonnées par l’agriculture – aidé par le magnifique et coloré geai des chênes, oiseau planteur friand de glands. La chênaie limousine représente environ 40% de la surface forestière régionale. Le hêtre apparaît au-dessus de 500 mètres, souvent associé au chêne ; mais n’étant plus vraiment utilisé comme combustible, il n’occupe que 6% à peu près de la forêt.

Au sud-est de la région essentiellement, le pin sylvestre couvrait, au début du XXIème siècle, 54 000 hectares. Dans les reboisements, on lui a préféré l’épicéa commun, en particulier dans les parties les plus élevées et fraîches. Mais à la fin du XXème siècle, c’est le douglas vert qui est devenu la première essence de reboisement – son bois est recherché pour la construction et la menuiserie.

Il est évident qu’aujourd’hui, la forêt et l’arbre participent de l’attractivité touristique de la région. Lorsque Christian Beynel, professeur d’histoire et géographie à Limoges, consacre une thèse à la forêt et à la société de la montagne limousine à la fin des années 1990, il cite, parmi ses exemples de valorisation, l’arboretum de La Jonchère, dont le succès « a donné aux responsables de cette municipalité l’idée de mettre en valeur ce massif à des fins touristiques. L’école forestière de Meymac a réalisé au printemps 1996 un parcours de découverte, les essences sont présentées par des panneaux. La signalétique est essentielle ainsi que la confection d’un guide, car reconnaître des essences rares, surtout d’arbres adultes n’est pas toujours aisé. »

Lorsqu’au milieu du XIXème siècle, Henri Alexandre Flour de Saint-Genis décrit la Haute-Vienne, il précise qu’ « à mesure que les montagnes s’abaissent et s’étendent vers l’ouest, elles se couvrent de forêts ; on voit sur leurs crêtes et les penchants les plus élevés le bouleau et le hêtre ; viennent ensuite le charme et le chêne qui demandent une exposition moyenne. Le châtaignier occupe ordinairement les coteaux. »  Quant à Matthieu, le libraire parisien réfugié en Creuse dans le roman Une lointaine Arcadie de Jean-Marie Chevrier, lorsqu’il escalade Le Puy, près de La Faye, où « la forêt avait repris possession des lieux », il embrasse au sommet le Berry au nord, le Bourbonnais vers l’est, l’Auvergne au sud et vers l’ouest « la vue était arrêtée par une forêt immense qui se perdait dans les replis ombrageux ». Enfin, dans Miette de Pierre Bergounioux, cette description corrézienne : « L’arbre a conquis les vallons, gravi les pentes, coiffé les sommets. Les hauteurs ont perdu leur nuance gris-bleu – le noir épais des vieilles photographies. Elles portent le vaste manteau des forêts, d’un vert sombre, profond, immuable »

On pourrait multiplier les exemples littéraires qui montrent que depuis longtemps, la forêt, l’arbre, sont en partie constitutifs du paysage limousin. Ils sont sources d’inspiration des poètes et des écrivains du Limousin, dans leur riche diversité. A les lire, on pourrait presque écrire sans exagérer que ce sont même des marqueurs identitaires de cette littérature néanmoins ouverte sur l’universel. Ainsi, lorsque Jean-Pierre Thuillat concocte en 1980 un dossier sur les poètes d’Occitanie d’expression française et occitane pour la revue Poésie 1, il publie notamment un poème de Georges-Emmanuel Clancier intitulé « Arbre mon univers », dans lequel l’auteur du Pain noir écrit : « Arbre je crois en toi », un véritable manifeste. Dans le poème suivant, « Terre secrète », il poursuit : «Mon pays de crépuscule est là/Derrière l’arbre de tous les jours ». Un autre grand écrivain limousin, Alain Galan, a livré une possible clef du mystère limousin : autant que de bois, ce pays impossible où les chemins ne mènent nulle part, serait celui des lisières.

Je dois mentionner Jean Nesmy, de son vrai nom Henri Surchamp (1876-1959), qui fut un homme des bois et en nourrit son œuvre : il appartenait à une famille terrienne et accomplit ses études au collège de Brive, puis à l’Institut national agronomique, avant d’entrer à l’administration des Eaux et Forêts. Il fut un apôtre du retour à la terre. Connu dès avant la Première Guerre mondiale, collaborateur de revues littéraires, il est l’auteur de romans publiés chez Plon ou Grasset. Il publie à Paris en 1927 Les Quatre saisons de la forêt et La féérie des bois. Le premier ouvrage est superbe, avec 66 illustrations gravées sur bois de G. Dardaillon. Primé et salué par la critique, ce texte est poétique, beau et lyrique. En 1929, A l’ombre des châtaigniers met en scène des Limousins avec beaucoup de justesse. Dans les Contes limousins, Jean Nesmy rend hommage aux châtaigniers, qui « sont pour le promeneur le relais d’ombre après l’étape à la lumière ; pour le poète, le lieu le plus exquis pour y mener son rêve ; pour le paysan, l’arbre à pain qui toujours fait crédit, et jamais ne se lasse et jamais ne demande (…) Ce sont pourtant leurs bois qui font par-dessus tout la douceur limousine, la douceur limousine plus douce qu’aucune autre douceur. »

 

26 Mai

En 1969, j’étais vraiment dans la lune!


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1969, je vais entrer au Cours Elémentaire 1ère année de l’école primaire de la Monnaie, le long des voies de chemin de fer. Nous avons quitté le quartier de la cathédrale, là-bas, au-dessus de la Vienne, pour nous rapprocher de la gare des Bénédictins, et du dépôt des trains que conduit mon père. J’ai perdu mes copains de maternelle et, au mois de juin, on m’a ouvert le ventre pour m’y enlever je ne sais pas trop quoi. Peut-être que c’est cette année que nous sommes partis à Bidart, au Pays Basque, voir tous les bateaux, tous les oiseaux. J’y perdais systématiquement mon maillot de bain dans les vagues et j’avais peur de manger du saucisson d’âne, parce que moi, j’aime bien les ânes. C’est aussi cette année, que nous sommes partis quelques jours à La Gaillardie, la belle propriété d’un colonel à la retraite, ami de ma grand-mère Rose. Nous allions avec Patricia et les chiens faire de grandes promenades à travers la campagne limousine. C’était un an après les grèves où papa déploya le grand drapeau rouge au sommet du campanile de la gare. Je croyais que c’était uniquement grâce à lui que tous les travailleurs de France avaient obtenu une quatrième semaine de congés payés. Au transistor posé sur le frigo, j’écoutais, avec maman, des chansons auxquelles je ne comprenais rien : Ob-la-di, Ob-la-da ou Sympathy for the devil. On roulait en Ami 6 et le président avait de gros sourcils. Les gens criaient : « Pompidou, des sous ! ».

1969, une année qui va révolutionner le monde. Dans le petit magasin papeterie librairie de la rue Aristide Briand tenu par une dame vénérable qui passe le plancher à l’encaustique et vend les crayons à l’unité, c’est l’apparition soudaine d’un objet magique : le Bic 4 couleurs, qui nous permet de « changer de couleur d’encre sans changer de stylo » ! Jusque là, dans nos classes de garçons, on écrivait au porte-plume, avec deux couleurs d’encre : bleu et rouge. On s’évertuait à bien tracer nos lettres sur les lignes et les carreaux, sans faire de tâches, et l’on utilisait des buvards pour sécher nos exercices. Au tableau, le maître écrivait chaque matin la « morale » du jour : « Je dois respecter ma famille et mes camarades ». De l’autre côté de la rue, l’église Saint Paul Saint Louis – église de mission en terre cheminote – élevait sa triste façade sans clocher vers le Ciel. Le Bic 4 couleurs, c’est un peu comme Le Métèque que chante alors Georges Moustaki. Un véritable arc-en-ciel ! Un étranger ! Un objet ludique : 4 mines ! Du rouge, du bleu, du vert, du noir ! Très vite, nous allons nous amuser à faire claquer les poussoirs. Et puis c’est super : c’est du plastique, c’est gros dans la main ; rien à voir avec le bois fin du porte-plume. Voilà, en 69, le grand évènement, c’est le stylo Bic 4 couleurs. Enfin, il n’y a pas que cela ! Il y a aussi l’arrivée à la maison de Tex, un croisé de beagle et d’épagneul breton, posé par mes parents sur la table en formica de la cuisine le jour de ma fête, où il fit pipi en me voyant. On pouvait difficilement faire plus, cette année-là, pour me surprendre. Joe Dassin se promenait Aux Champs Elysées, Jacques Brel à Vesoul et Michel Delpech du côté de l’Île de Wight. Dans notre ancienne Indochine, l’armée américaine massacra plusieurs centaines de vietnamiens dans le village de My Lai, au sud du Viêt Nam, mais ça, je n’en savais rien. Le lieutenant William Calley a tué des petits enfants comme moi, qui n’ont jamais eu de Bic 4 couleurs, et Richard Nixon l’a gracié. Bientôt, au collège, j’aurai pour amie Marie-Christine, aux longs cheveux noirs et brillants, aux yeux noirs subtilement bridés, dont la mère, venue d’Indochine, tenait un restaurant asiatique près de chez nous. Mon père n’était pas du genre hippie, ni à écouter Led Zep ou les Bee Gees, mais plutôt Sinatra.

Pendant qu’il allait chercher au dépôt son train de fer bruyant et sentant l’acier chaud, d’autres hommes revêtirent leurs combinaisons blanches avec la bannière étoilée – celle-là même que portaient les massacreurs du Viêt Nam – et des casques en forme de bocaux à poissons rouges, et ils embarquèrent dans une fusée comme celle de Tintin à Cap Canaveral. Parce que le grand jeu, désormais, entre la Russie et l’Amérique, se déroulait dans l’espace, où, à notre grand étonnement, on envoyait des tas de choses et d’êtres vivants que j’essayais d’apercevoir la nuit en clignant des yeux : des spoutniks avec leurs drôles d’antennes, des chimpanzés, des chiens, Youri Gagarine. Je m’imaginais qu’il y avait plein d’objets de métal en orbite, peut-être même des Bic 4 couleurs ! Ma mère fredonnait C’est extra et sur l’écran vacillant d’une énorme poste de télévision, on vit en noir et blanc s’allumer les moteurs de Saturn V, puis le décollage dans une colonne de flammes, la disparition de la fusée. Les types de la station de contrôle. Et puis l’alunissage. Je crois bien que je les ai vraiment vus, cette nuit-là, debout sous le cerisier du jardin, en fixant la boule ronde à 384 402 kilomètres de là. Bien sur, ils étaient tout petits, alors je ne sais pas si c’était vraiment eux. J’avais mon Bic 4 couleurs dans la poche et la lune ressemblait un peu à Hô Chi Minh.

17 Mai

La passerelle du Chinchauvaud à Limoges

Cette poétique passerelle assure pour les piétons la continuité de la rue du Chinchauvaud, coupée par la voie ferrée.

Elle fut construite après la mise en service de la gare Montjovis (1875) et de la ligne d’Angoulême, au-dessus de la voie (en « fer à cheval »), qui relie cette gare des Charentes à celle des Bénédictins.

La gare de Limoges-Bénédictins a 90 ans – Le train et le Limousin

L’histoire de la gare des Bénédictins a déjà été faite sur ce blog, mais je vous propose, en ce temps anniversaire, quelques images (que vous pouvez agrandir en cliquant dessus) ainsi que quelques lignes à propos du train en Limousin… Sauf précisions, les photos sont issues de la photothèque de Paul Colmar et ont été publiées dans notre livre Limoges années 1950 1960 1970 (Geste Editions).

Plan de la gare et du quartier, 1937 (BNF)

Le Buffet de la gare est une vieille institution. Sur cette photographie, un banquet – masculin ! – de 1950. On admirera le triptyque peint par Varenne en décor. Aujourd’hui, malheureusement, le buffet est fermé et il manque un panneau peint.

Dans les années 1960, le bassin du Champ de Juillet accueille une barque pour les marins d’eau douce et une carriole tirée par un âne promène les enfants sages. Des jardiniers municipaux facétieux dessinent les parterres de fleurs en forme de papillons. On flirte sur les bancs publics.

Les arbres de la place Maison-Dieu, en contrebas de la gare, sont bien alignés et une statue de faune – depuis disparue – agrémente les lieux. Dans leur prolongement, le bâtiment du centre de tri des P.T.T. Au centre de la photographie, au débouché de la rue Aristide Briand (la plus longue de la ville) : le store bleu du bar-restaurant « La baleine bleue », jadis très visité par les cheminots. Non loin, à l’arrière, la silhouette grise et sans clocher de l’église Saint-Paul Saint-Louis, construite en 1907 et ornée, comme la gare, de vitraux de Chigot.

Sur la gauche, les entrepôts. En hauteur, la cathédrale et le quartier de la Cité. Un train qui part vers le tunnel traversant la ville en direction du sud et le panache de fumée de la locomotive à vapeur. A droite, l’avenue de la gare (Charles de Gaulle), ses hôtels (celui du Faisan, par exemple), restaurants, bars et commerces.  Au bout de celle-ci, la place Jourdan. En haut à droite, l’Hôtel-de-Ville.

 

En 1956, la gare des Bénédictins est pavoisée pour le centenaire de l’arrivée du train à Limoges, et l’on accueille les vieilles machines. Le 2 juin 1856, le premier train, un convoi de marchandises en provenance d’Argenton-sur-Creuse, était en effet arrivé en gare de Limoges –à l’époque une simple baraque de planches. La gare photographiée a été construite en 1929.

A gauche, l’hôtel du Faisan (1928).

Le Capitole était un train reliant Paris-Austerlitz à Toulouse par la ligne Paris-Toulouse qui circula de 1960 jusqu’au début des années 1990. Première relation ferroviaire régulière à 200 km/h en France, il est longtemps resté l’un des fleurons du rail français.

 

En mai 1968, les cheminots CGT en grève font réaliser par une couturière de la cité des Coutures un drapeau rouge qui est accroché au campanile. (c) J.M. Bourdelas

Un trolleybus CB.60 dans la boucle du terminus de la ligne 5 à la Gare des Bénédictins dans les années 150. La ligne 5 reliait la gare à la rue François Perrin. Un moyen propre et pratique de se déplacer à travers la vive, très populaire chez les Limougeauds.

A la fin des années 1960, on a accroché des panneaux modernes « arrivée » et « départ », mots qui étaient pourtant déjà bien visibles sculptés dans la façade. Les voitures stationnent sur l’esplanade et une station de taxis attend les clients. Quant à l’horloge du campanile – haut de 67 mètres – elle donne l’heure aux habitants et aux voyageurs qui ont pris l’habitude de jeter un regard vers l’un des quatre cadrans de quatre mètres de diamètre. On remarque que figure un IIII et non un IV. Certains ont dit que les aiguilles ont eu longtemps deux minutes d’avances pour presser les voyageurs.

La gare des Bénédictins a été inaugurée en juillet 1929 ; c’est une œuvre de l’architecte Roger Gonthier. Sur la photographie, on découvre le mobilier et les structures Art Déco en bois massif, les guichets, la consigne. Ils restèrent dans le hall jusqu’en 1978. Les murs du hall, dans chaque angle, supportent quatre sculptures allégoriques réalisées par Henri-Frédéric Varenne, des caryatides représentant quatre provinces françaises : le Limousin, la Bretagne, la Gascogne et la Touraine, quatre provinces desservies par la compagnie du Paris-Orléans. Au-dessus du hall s’élève la coupole haute de 26 mètres.

Une fois franchi le contrôle, on débouchait sur les escaliers descendant vers les quais. Un kiosque à journaux leur faisait face.

L’entrepôt avait été construit à l’emplacement d’un stade. Il y avait encore l’économat S.N.C.F. et la cantine des personnels. A gauche, la rue Aristide Briand et l’église Saint-Paul Saint-Louis (sans clocher), construite en 1907 pour évangéliser les cheminots.

Champ de Juillet vers 1960.

Avenue de la gare vers 1965.

Piste d’éducation à la sécurité routière, Champ de Juillet vers 1975.

La gare, vers 2018 (c) L. Bourdelas

 

Fils de cheminot, j’aime particulièrement ce texte écrit dans les années 1920 par Jean-Richard Bloch, « Locomotives », paru dans son ouvrage Les chasses de Renaut, qui décrit l’arrivée du train à La Jonchère : « Le halètement de la machine n’a pas ici le son formé, arrondi qu’on lui prête de loin ; on est trop mélangé aux forces qui le suscitent ; il émane de nous-mêmes comme notre souffle propre. Son creux et sa précipitation expriment la violence terrible de notre marche. Le seuil de La Jonchère atteint, le terrain nous manque tout à coup : rampe de dix, à nouveau, mais en notre faveur. Nous nous lançons à corps perdu. La hâte devient frénétique. Un halo de lueurs se forme en avant de nous. Il monte et nous descendons ; nous l’atteignons, mais il nous attend maintenant trop haut pour nous. Nos proportions fondent sous les ombrelles de lumière qu’élargissent les interminables pylônes de béton. La majesté passe de nous à eux. Tout à l’heure, notre mouvement concentrait en lui une puissance souveraine. Voici que l’immobilité de ces grands lampadaires en hérite. Le calme l’emporte sur la furie. Cet express, qui tranchait la nuit comme un dieu, court à présent comme un rat, un rat à ras de terre. C’est en vain que le frein retrouve son crachement de bête venimeuse : notre entrée en gare a quelque chose de rabougri et de pelotonné. »

Dès le milieu du XIXème siècle, avec la Compagnie du Paris-Orléans, le train a contribué à façonner le Limousin, son développement économique et ses paysages. C’était un temps où l’on se réjouissait de l’arrivée de ce mode de transport. Ainsi, à Brive, en 1860, l’inauguration donna lieu à une cérémonie et des festivités sur le site de la gare et en ville, sur l’estrade installée au centre de la gare se succèdent les discours des officiels, notamment le préfet et Barthélemy Eyrolles, maire de Brive, avant la bénédiction de l’évêque de Tulle, devant une foule estimée à 20 000 personnes. En Creuse, Guéret était également au centre d’un véritable nœud ferroviaire. Le Limousin était quadrillé par les rails qui conduisaient voyageurs, marchandises et bestiaux à destination de toute la France, il était quadrillé de « stations » et de gares. Qui ne sait que celle de Limoges-Bénédictins, œuvre de l’architecte Roger Gonthier, avec les magnifiques verrières à motifs végétaux de Francis Chigot, les diverses statues qui l’ornent – mais pourquoi celle de la Gascogne montre-t-elle ses fesses ? – parfois décriée lors de son inauguration en 1929, est considérée aujourd’hui comme l’une des plus belles de France et, parfois, du monde ? C’est en tout cas l’avis du magazine Vanity fair et c’est pour cette raison que Jean-Pierre Jeunet l’a choisie comme point de départ de son film publicitaire pour le n°5 de Chanel, avec Audrey Tautou.

La radiale Paris – Limoges – Brive – Toulouse constitua avec sa voie double (très tôt électrifiée), une des artères majeures du réseau ferré national. Le Limousin devint même, dans les années 1960, l’une des premières régions françaises à bénéficier des débuts de la grande vitesse. L’emblématique Capitole et, dans une moindre mesure, les ETG / RTG (considérés comme les ancêtres du TGV) qui circulaient sur les liaisons transversales – assurant des relations d’envergure comme Genève (ou Turin) – Lyon – Bordeaux, ou Vichy – Nantes – s’inscrivaient dans l’épopée du chemin de fer moderne. 1967 marqua la naissance du premier train européen « à grande vitesse » circulant à 200 km/h en vitesse commerciale ; le Capitole (du nom de la célèbre place toulousaine) annonçait le désir de modernité de la SNCF avec un matériel roulant très confortable et l’affichage de ses ambitions ; le « design » et la nouvelle livrée rouge s’affirmèrent dans le paysage. La capitale limousine peut alors se targuer, bien plus que Toulouse, de figurer parmi les cinq villes les mieux desservies de France depuis Paris, avec une vitesse commerciale des liaisons supérieure à celle qui concerne des métropoles telles que Lille, Strasbourg, Marseille, Grenoble et bien d’autres. Le Capitole obtient le label Trans Europ Express (TEE) en 1970 et entre alors dans le cercle fermé et prestigieux des grands trains européens. Nous sommes nombreux à conserver la nostalgie de cet âge d’or du train en Limousin et de regretter les rendez-vous manqués qui suivirent. Dans la France modifiée par la métropolisation et la mondialisation, la région a progressivement perdu de son importance dans le réseau ferroviaire. En 2003, le gouvernement Raffarin lâche le projet d’une ligne à grande vitesse sur l’axe Paris Orléans Limoges Toulouse (POLT). Par la suite, c’est celui d’une Ligne à Grande Vitesse entre Limoges et Poitiers qui est enterré, après une intense mobilisation des opposants et le constat par l’Etat des contraintes budgétaires. Pourtant, comme l’écrit le géographe Pascal Desmichel, « le Limousin est toujours au cœur des plans de circulation dans l’Europe du Sud-Ouest [et il affirme] l’évident rôle potentiel de carrefour de l’espace limousin. »

Alors, quel est l’avenir ? En 2017, Carlos et Manuel Diaz, deux entrepreneurs du numérique originaires de Limoges, dont l’un est installé à San Francisco, ont déclaré qu’avec la LGV, les politiques avaient un train de retard et milité en faveur d’un projet radicalement moderne : « Il y a un centre de recherche qui se créé à Toulouse » (…) un Hyperloop sur la ligne Paris-Toulouse, on est en plein milieu, ça peut changer complètement le visage et le paysage économique de la Région ». Dans son concept initial, porté par Elon Musk, l’Hyperloop consiste en un double tube surélevé dans lequel se déplacent des capsules transportant des voyageurs et/ou des marchandises[1]. On constate que le projet, qui nécessite de relever un certain nombre de défis techniques, ne peut que séduire les amateurs de science-fiction – enfin réalisée – et ferait basculer autoroutes et aéroports dans le passé. L’Hyperloop serait en effet un moyen de transport capable de concurrencer l’avion par sa grande vitesse en s’affranchissant du principal problème du voisinage des aéroports : la nuisance aérienne (bruit mais aussi pollution). Au moment où j’écris ces lignes, une des entreprises qui développent Hyperloop a annoncé qu’elle allait commencer la construction en février 2018 d’une piste d’essai à Toulouse. Reste à savoir si ce nouveau mode de transport pourra desservir notre région comme il se doit. Et comme, selon France Inter, il n’est « pas question pour les passagers d’être collés à leur siège comme un pilote d’avion de chasse, le but c’est que cela reste confortable, l’accélération sera plutôt aux alentours d’un G, proche de ce que l’on peut ressentir dans des montagnes russes », j’espère pouvoir l’emprunter dans mes vieux jours, si mon cœur ne défaille pas.

 

[1]                      Selon ses promoteurs, un tel système installé entre le centre de Los Angeles et le centre de San Francisco permettrait de relier les deux villes en moins de 30 minutes, soit le parcours de 551 kilomètres à plus de 1 102 km/h, plus rapide qu’un avion.

08 Mai

L’histoire des bouchers du Château de Limoges présentée à la chapelle Saint-Aurélien à Limoges

(c) tous droits réservés

 

Laurent Bourdelas publie l’Histoire des bouchers du Château de Limoges chez La Geste – Signature exceptionnelle à la chapelle Saint-Aurélien, rue de la Boucherie à Limoges, samedi 11 juin de 15 à 18 h – Les lecteurs du blog « Ici c’est Limoges » sont les bienvenus!

 

Voilà plus de trente ans, depuis Jean Hévras, qu’un ouvrage d’importance n’était pas paru à propos des bouchers de Limoges. L’écrivain et historien Laurent Bourdelas, médiéviste de formation, spécialiste de l’histoire de Limoges mais également de la culture et de la littérature des 19e et 20e siècles, a décidé d’y travailler de la manière la plus complète possible. Il a été aidé en cela par la Confrérie Saint-Aurélien, qui a mis à sa disposition des archives inédites – c’est d’ailleurs le 1er syndic, Pierre Lamige, qui signe la préface. Un livre bienvenue après l’incendie qui a durement atteint la rue de la Boucherie et montré combien les Limougeauds y étaient attachés et plus largement tous ceux qui chaque année assistent à la Frairie des Petits-Ventres.

L’auteur raconte l’histoire des bouchers depuis l’Antiquité jusqu’à leur départ de la rue. C’est à la fois l’histoire d’une corporation artisanale, celle d’une confrérie religieuse, une histoire sociologique, architecturale et politique, mais aussi une histoire littéraire et artistique. En effet, l’historien publie une anthologie de textes d’écrivains régionaux et nationaux s’étant inspirés des lieux, de même qu’il évoque les artistes (peintres et photographes) ayant fait de même. De nombreux encadrés ponctuent l’ouvrage, comme ceux consacrés aux surnoms des bouchers, à leur accueil des chefs d’Etat, à leurs tombes au cimetière de Louyat, etc. L’ensemble est accompagné par une iconographie exceptionnelle.

 

Avant-Propos

Du côté de ma famille maternelle, un grand-oncle boucher à Gennevilliers, dans les Hauts-de-Seine. Il nous reste quelques photographies en noir et blanc, des années 1930 ; belle boutique, homme à moustache décidé, avec son tablier taché de sang. Mythologie de grand saigneur. Et puis mes grands-parents, Rose et Marcel, arrivés du Nord à Limoges au moment de l’Exode de 1940, cavistes place des Bancs, à deux pas de la rue de la Boucherie où la viande était encore pendue aux crochets de fer. Ma mère Françoise, toute petite alors, s’en souvient encore. Plus tard, elle m’amena à la Frairie des Petits Ventres renaissante.

Du côté paternel, cette petite feuille quadrillée, calligraphiée à l’encre par mon père, enfant, rapportant une tradition colportée par sa grand-mère Jeanne : « Histoire de Limoges – La porte de l’église Saint Aurélien fut sculptée par Monsieur Delage, un des aïeux de Jean Bourdelas vers le XVIIIe siècle. » Malheureusement, nous n’en savons pas plus – le mystère n’en est que plus fécond. Enfin, en 1984, Jean Hévras, auteur du beau-livre Les bouchers de Limoges (Lucien Souny), m’écrivait cette dédicace : « Avec tous les bons souvenirs de jeunesse passés avec feu mon ami Bourdelas dans le vieux quartier du Pont Saint-Martial, « lou poun San Marceau » comme avait l’habitude de le dire les Ponticauds, Jean Hévras a l’espoir que son petit-fils Laurent Bourdelas apprendra à mieux connaître une communauté de six familles de bouchers qui ont, pendant des siècles, animé et senti avec foi et ardeur notre vieille cité limougeaude, si chère à tous ses habitants… » Je l’ai entendu puisque, à l’invitation de Pierre Lamige, son 1er syndic, j’ai rejoint la Confrérie Saint-Aurélien et me suis intéressé à mon tour à l’histoire des bouchers et de leur rue.

Depuis plusieurs années, les historiens travaillent sur ce qui a constitué l’identité du Limousin  et j’ai moi-même apporté ma pierre à l’édifice. Il me semble que l’histoire des bouchers de Limoges, de leur rue et de leur chapelle, a très largement contribué à l’identité de la ville, du Moyen Âge à nos jours. Comme j’essaie de le montrer en utilisant et en citant diverses sources (dont de nombreuses oubliées ou inédites), elle est à la croisée de la sociologie, de l’artisanat et du corporatisme, de la politique, de la religion et du goût des Limousins pour les ostensions, de l’architecture, de la gastronomie ; elle est au cœur du « sentiment d’appartenance » – celui des bouchers et de leurs familles d’abord, mais aussi des Limougeauds qui prennent plaisir à participer rituellement par milliers à la Frairie des Petits Ventres et se sont sentis affligés lorsqu’un incendie d’ampleur détruisit des immeubles de la rue. Celle-ci est aussi devenue, depuis les années 1970, l’une des « vitrines » touristiques de Limoges, l’un des endroits par lesquels elle se donne à voir. Le mythe a d’ailleurs nourri une abondante littérature spécifique dont je donne ici un aperçu fourni. De même qu’il a inspiré peintres et photographes. Face à l’abandon du quartier par les commerces de boucherie, au recul de la pratique religieuse, face aux revendications des « vegans », dont certains ont même voulu débaptiser la rue, face au sentiment diffus de se perdre dans une région trop grande et parfois même dans la mondialisation et la course en avant technologique, la construction et les efforts pour faire perdurer l’identité de ce quartier et donc de la ville, constituent un recours à l’échelle humaine.

 

En conclusion

J’aime assez cette phrase de Paul Claudel : « Une rue, c’est ce qui va quelque part. Ça marche de chaque côté de nous comme une procession. » Ensemble, avec cet ouvrage, nous avons processionné rue de la Boucherie, avec le souvenir de ceux qui l’ont habitée depuis des siècles, de ceux qui y ont travaillé, vécu, prié. Le souvenir, aussi, des animaux qu’on y a abattu pour nourrir les hommes, des chiens qui la gardaient, près des reliques d’un saint vénéré. Nous avons marché dans cette rue en compagnie d’historiens et d’écrivains qui en ont fait plus qu’une simple rue. Aujourd’hui, les anciennes familles, les anciens bouchers sont ailleurs, mais leur mémoire est demeurée vive, réveillée chaque année à l’automne par une fête qui fait vibrer les pierres et les cœurs. L’âme de la rue, on la perçoit dès que l’on pénètre dans la belle chapelle que la confrérie séculaire fait toujours resplendir. On la devine aussi, lors des ostensions, lorsque les cocardes, les bannières, les châsses sont sorties avec fierté.

La rue est restée la même dans les mémoires – c’est pourquoi elle attire autant de touristes – mais elle est aussi devenue autre au fil du temps, avec de nouvelles boutiques, des restaurants, un bar qui attire du monde sur sa terrasse face à la pietà… La rue de la Boucherie est bien vivante, c’est l’une des artères primordiales, où se confondent passé et présent pour irriguer la ville.

 

Table des matières

Préface de Pierre Lamige, 1er syndic de la Confrérie Saint-Aurélien

Avant-Propos

La boucherie au temps des Gaulois et des Romains

La boucherie gauloise

La boucherie dans la Gaule et le Limousin romains

Etymologie

Moyen Âge

Les bouchers de la Cité

Les bouchers de la ville du Château

Le consulat et la corporation des bouchers

La naissance de la confrérie Saint-Aurélien

La chapelle Saint-Aurélien, du Moyen Âge à nos jours

La chapelle Saint-Aurélien vue par Albert de Laborderie en 1882

Des Temps modernes au XIXème siècle

Transaction entre les bouchers de Limoges et les consuls (1535)

L’accueil d’Henri IV par les bouchers

Henri IV visite Limoges

Des halles et une rue

Une corporation rétive aux taxes

Le cadre de vie des bouchers

Dans la tourmente révolutionnaire

Les fêtes religieuses des bouchers

Noms et surnoms de bouchers

Dix-neuvième siècle et début du vingtième

Etre « de la rue »

L’évolution religieuse : une confrérie active face à l’anticléricalisme municipal

La Confrérie de Saint-Aurélien en 1923

1930, les fêtes du Millénaire

Spécialités culinaires de la rue de la Boucherie

Le Cercle Saint-Aurélien, entre corporatisme, religion et loisirs, de 1887 aux années 1960

L’inauguration du Cercle, dans l’esprit corporatiste

Le Cercle, siège du Syndicat de la boucherie

La charte coopérative du métier de boucher sous le régime de l’Etat Français de Philippe Pétain

Un local bien entretenu et un lieu de distraction

Mentions d’activités religieuses et charitables dans les archives du Cercle

Le pavillon frigorifique du Verdurier

L’abattoir de Roger Gonthier

Au cimetière de Louyat

La Confrérie Saint-Aurélien et la rue de la Boucherie des années 1960 aux années 2020

1973 : Sauver le quartier – le passage d’une rue de bouchers à une artère touristique

La tradition « immémoriale » de l’accueil des chefs d’Etat

1982 : La visite de François Mitterrand, président de la République

La destruction de la pietà

1ers syndics de la Confrérie de Saint-Aurélien

L’incendie du 17 février 2017

Une « figure obligée » : écrire sur les bouchers et leur rue

Un portrait à charge dans le Contribuable du 18 avril 1832, par Léon Dubois

Jules Clarétie, Journées de vacances, 1886

Un extrait de lettre d’Henri Alexandre Flour de Saint-Genis, écrite en août 1856

Un article de Victorine Vallat, 1899

La Rue de la Boucherie par Louis Bouty, 1901

Le Boucher, par Edouard Michaud, 1901

Extrait de Le Limousin par André Thérive, 1927

La Frairie des Petits Ventres par Bernard Cubertafond, 1987

Nicolas Bouchard, La Ville noire, 2006

Peindre et photographier la Boucherie et les ostensions

En conclusion

Références

Remerciements