29 Août

Quand la rentrée des classes était plus tardive, le « niveau » était-il moins bon?

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Le jour de la rentrée à son école des Pénitents blancs – détruite pour édifier le bâtiment actuel de la CNASEA – (années 1960), un petit écolier pose au jardin de l’Evêché. (c) J.M. Bourdelas

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L’école de la Monnaie, rue Aristide Briand, en 1973. A cette époque, elle est réservée aux garçons – souvent fils de cheminots – et celle du Grand Treuil, aux filles… L’excellent directeur d’alors est M. Chevalier. (c) J.M. Bourdelas

Z - Enseignement - Rentrée scolaire - 27.09.1965

27 septembre: jour de la rentrée 1965, un évènement qui ne fait pas la joie de tous! (c) Paul Colmar

 

Prenons le calendrier scolaire de 1965-1966, pour notre Académie. On est surpris par les dates de la rentrée – que l’on avait oubliées:

Pour les enseignements
pré-élémentaires,
élémentaires et de fin
d’études primaires :
le lundi
27-09-1965
Pour les autres
enseignements relevant
de la direction générale
de la Pédagogie, des
Enseignements scolaires
et de l’Orientation, à
l’exclusion des classes
préparatoires aux
concours d’entrée aux
grandes écoles :
le vendredi
01-10-1965
Pour les classes
préparatoires aux
concours d’entrée aux
grandes écoles :
le lundi
20-09-1965
Les vacances d’été avaient commencé entre le 7 et le 10 juillet. Il semblerait que ces presque trois mois de vacances estivales n’aient cependant pas abaissé le « niveau » des élèves d’alors….
A titre de comparaison, les vacances 2015 ont débuté le 5 juillet et la rentrée des classes des élèves s’effectue le 1er septembre.

23 Août

L’Evangélisation et les premiers bâtiments chrétiens

Saint Martial Montjovis

Statue de saint Martial au Montjovis

Au moment où les archéologues fouillent à nouveau la place de la République, il est utile de se souvenir de saint Martial…

Sans doute originaire d’Orient, saint Martial serait arrivé en Limousin vers la fin du IIIème siècle ou au début du IVème siècle, accompagné par Alpinien (réputé exorciser les possédés) et Austriclinien. Il se serait ensuite fixé dans la cité dont il aurait converti la population au christianisme, devenant le premier évêque de Limoges – le siège épiscopal étant attesté en 475. C’est à ce moment qu’aurait été construite une ecclesia primitive, sans doute sous l’actuelle cathédrale.

En 2005, une fouille archéologique a permis la découverte d’un des plus vastes baptistères des Gaules (290 m2), composé d’une salle hexagonale de plus de dix mètres de diamètre – au centre de laquelle se trouvait une piscine baptismale de forme circulaire – et de six pièces périphériques quadrangulaires ouvrant sur l’hexagone central. Ce monument fut transformé en église dans le courant du haut Moyen Âge.

Une église Sainte-Marie allait devenir l’église Sainte-Marie-de-la-Règle.

Entre 2004 et 2007, des fouilles conduites par l’I.N.R.A.P. sur le site du Musée des Beaux-Arts proche de la cathédrale ont mis à jour des vestiges d’époques très diverses. Parmi eux, un four antique, des thermes antiques chauffés par hypocauste, des caves médiévales.

Un récit liturgique du Xème siècle sur la vie de saint Martial fait d’Aurélien le successeur du saint comme évêque de Limoges. Son corps fut solennellement élevé de terre en 1316 dans l’église Saint-Cessateur de la ville et conservé ensuite par la corporation des bouchers dans la chapelle qui porte son nom.

Selon Mgr Duchesne, leur aurait succédé Rurice, Rurice II (son neveu ?), Exocius, Ferréol, Saint Loup, dont les reliques (une partie de son crâne) se situent à Saint-Michel-des-Lions. Sans doute peut-on voir en Rurice le premier écrivain limousin. Né vers 440-445, il semble apparenté à l’aristocratie impériale romaine. Sa femme, Iberia, issue d’une grande famille auvergnate, lui donna six enfants. De culture « classique », il aurait commencé sa carrière comme juriste et possédait des propriétés vers Gourdon, dans le Quercy. L’influence de Faustus de Riez l’aurait conduit à se consacrer à la religion. Il fréquentait la société littéraire de son temps, qui tentait de perpétuer une culture gallo-romaine face à la barbarisation. Evergète, grand bâtisseur, Rurice fut protecteur des arts et des artistes. Il serait mort vers 510. On le connaît par sa correspondance.

Des fouilles pratiquées de 1960 à 1974 avaient permis de découvrir le tombeau de saint Martial et de ceux qui l’accompagnaient (grands sarcophages en granit et mosaïque probablement du IXème siècle sur laquelle deux oiseaux de couleur sombre boivent à une large et haute coupe, symbole d’éternité), endroit vite devenu lieu de pèlerinage et, selon la tradition, de miracles. Très tôt, cette sépulture en attira d’autres, comme celle dite du « duc Etienne ». Plus tard, peut-être à l’époque mérovingienne, un autre tombeau fut placé non loin, celui dit de sainte Valérie. Située place de la République, la crypte archéologique conserve également les vestiges de deux chapelles (Saint-Pierre-du-Sépulcre et Saint-Benoît) appartenant autrefois à l’ancienne abbaye Saint-Martial de Limoges.

Selon la médiéviste Bernadette Barrière, une origine martialienne peut sans doute être attribuée au cimetière près du pont, associé à une église de la Sainte-Trinité puis Sainte-Félicité, ainsi qu’à la vaste nécropole dont les abords fixèrent à la fois l’église Saint-Pierre-du-Queyroix et une tradition baptismale – peut-être une église Sainte-Marie perpétuée par la chapelle Sainte-Marie-de-la-Courtine, en plus du tombeau du saint.

La légende de saint Martial et sainte Valérie et les œuvres d’art
(d’après la Vita prolixior sancti Martialis)

A Limoges, saint Martial aurait reçu l’hospitalité de Suzanne et de sa fille Valérie qu’il aurait converties après avoir accompli des miracles. Emprisonnés puis libérés miraculeusement de prison, le saint et ses compagnons ressuscitent les morts. Devant ce prodige, tous les habitants embrassent la religion chrétienne. A la mort de sa mère, Valérie fait vœu de virginité et donne ses biens à l’Eglise, ce qui rend furieux le « duc Etienne », son fiancé, qui la fait décapiter. C’est alors qu’un miracle se produit, l’écuyer ayant sacrifié la vierge est touché par la foudre divine et meurt. Valérie ramasse sa tête et marche jusqu’au puy Saint-Étienne où saint Martial célèbre la messe. Le saint homme prie alors pour l’âme de la jeune fille qui meurt dans la paix de Dieu. D’autres miracles sont attribués au saint : guérisons, arrêts d’incendie et de tempête, exorcismes divers.
De nombreuses œuvres ont transmis cette tradition ; parmi elles : des vitraux, enluminures, émaux, châsses-reliquaires, un tableau du XVIIème siècle attribué à Claude François, divers panneaux sculptés des églises limousines. Il existe également de nombreuses statues de saint Martial et de sainte Valérie, dont celle, très élégante, en bois polychrome, du début du XVème siècle, conservée à l’église Saint-Michel-des-Lions de Limoges. A genou, Valérie présente délicatement sa tête aux longs cheveux bruns. Une impression de sérénité se dégage de l’ensemble. Ce qui n’est pas le cas de la statuette en bois polychrome du XVIIème siècle conservée à l’église Saint-Léger de La Bazeuge : le corps est penché en arrière et un amateur de sensationnalisme (postérieur ?) a inondé le corps, la tête et le socle de nombreuses coulures de sang. Un magnifique buste-reliquaire médiéval de sainte Valérie, en argent, émaux et pierres précieuses, est conservé à l’église Sainte-Valérie de Chambon-sur-Voueize. En 1911, une réplique en a été exécutée en bronze et laiton dorés et argentés, avec des émaux champlevés et des verres colorés, pour recueillir un morceau de la mâchoire de la sainte, provenant de l’abbaye Saint-Martial de Limoges et attribuée à l’église Saint-Michel-des-Lions. En 2005-2006, la fresque de la chapelle Saint-Martial, au deuxième étage de la tour Saint-Jean du Palais des Papes d’Avignon, a été restaurée. Elle avait été commandée en 1344 par Clément VI, originaire du Limousin. Le décor peint a été réalisé sous la direction de Matteo Giovannetti, formé à Sienne.

Le blason de la ville de Limoges fut orné du buste du saint : « De gueules, au chef de Saint Martial de carnation, orné à l’antique d’or, ombré de sable, entre deux lettres gothiques d’or S et M ; au chef d’azur, chargé de trois fleurs de lis d’or. »

30 Juil

Ils sont fous, ces Romains! (suite et fin)

Je vous ai déjà parlé des thermes à Augustoritum. Il y avait un autre monument d’envergure : le grand amphithéâtre, au nord-ouest de la ville, visible de loin par les voyageurs. Il pouvait accueillir environ 25 000 spectateurs assis, ce qui le classerait au 4ème rang en Gaule. Xavier Darcos a parlé de l’amphithéâtre romain comme « lieu typique et décisif de l’Antiquité romaine (…) C’est là que le peuple se sent uni et assiste au simulacre de sa propre puissance. » On ne sait malheureusement rien de précis sur les spectacles et les fêtes qui se déroulaient dans celui d’Augustoritum. Les archéologues ont néanmoins trouvé certains objets où sont représentés un lion, des gladiateurs. De l’autre côté de la ville, au débouché du pont et à l’entrée du cardo maximus, se situait le théâtre antique, d’un diamètre d’au moins 82 mètres.
Le forum, situé là où plus tard fut – par un malicieux hasard – construit l’Hôtel de Ville, était au cœur de la ville, à la croisée des deux artères principales et il exploitait politiquement le relief pour mettre en valeur les aménagements monumentaux. Trois esplanades le composaient, avec de nombreuses boutiques, une place publique centrale, des portiques, sans doute une basilique civile, peut-être un temple du culte impérial (mais ce n’est pas assuré), peut-être aussi un macellum, place close réservée aux foires et marchés. Des statues de notables locaux ornaient le forum.
Une vaste nécropole était située au nord-ouest de l’amphithéâtre. Les découvertes des archéologues ne font mention que d’incinérations, avec deux types de sépultures, en fosse et en coffre. Certaines tombes étaient signalées par des stèles ou des cippes de granit. 33 épitaphes ont été retrouvées, dont celle du professeur de grammaire Blaesianus, originaire de Bourges. Trois célèbres lions de pierre limougeauds avait une destination funéraire : celui qui fut longtemps près d’une porte de la basilique Saint-Martial (aujourd’hui au Musée des Beaux-Arts) et ceux qui encadrent le portail de l’église Saint-Michel-des-Lions. Par ailleurs, le seul cippe monumental complet, monolithe, se trouve au chevet de la cathédrale. Un cimetière de moindre importance se situait Square des Emailleurs et les archéologues ont aussi recensé des tombes isolées. Au Bas-Empire, d’autres firent leur apparition, dont la nécropole Saint-Martial, en partie fouillée à l’occasion d’un chantier de construction en 2012, entre la place de la République et la rue de la Courtine. Les recherches archéologiques entreprises ont montré une utilisation dense de cet espace funéraire, du IVème au IXème siècle, avec des superpositions de tombes.
Les travaux des archéologues montrent un abandon progressif de la ville à partir de la fin du IIIème siècle, lorsque l’Empire romain d’Occident entre dans une phase de crise politique, économique et sociale. C’est ainsi à cette époque que les thermes semblent cesser leur fonctionnement. Le ressenti de l’insécurité pousse certains à enfouir et dissimuler leurs richesses. Des bâtiments publics ou privés sont démantelés dans le but de récupérer des blocs de grand appareil ainsi que du calcaire et du marbre pour confectionner de la chaux. Les familles fortunées s’installent plus durablement dans leurs domaines ruraux. L’essentiel de la population enfin, se déplace de la ville (une partie demeurant cependant toujours près du pont) vers un possible castrum au Puy Saint-Etienne surplombant la Vienne, dès le Bas Empire. C’est la naissance de la Civitas Lemovicum – la médiéviste Bernadette Barrière notant toutefois qu’ « il n’est d’ailleurs nullement certain que la Cité ait été constituée et individualisée dès ce temps. »

Chers lecteurs, rendez-vous fin août, les historiens aussi ont besoin de vacances!

24 Juil

Les frères Popelier, des gars de ch’Nord

Association Nord

Dans les années 1950, l’Amicale Nord-Limousin réunissait les habitants de la région originaires du Nord, certains étant par exemple venus s’installer au moment de l’Exode de 1940. Sur cette photo, l’homme en costume à droite, portant des lunettes, est l’artiste Roch Popelier, connu pour ses céramiques, ses tableaux, tapisseries, etc. A sa gauche sur le cliché, Marcel et Rose Vinoy, des Caves du Centre, place des Bancs.

Association Nord 001

Sur cette photographie du même banquet (à la Toque Blanche, rue Haute-Vienne), le 4ème en partant de la droite est son frère Xavier (et son épouse), né le 2 décembre 1929, ancien joueur de basket, devenu ensuite le président emblématique du C.S.P. Limoges à partir de 1961. Sous sa direction, le club a d’abord connu une ascension fulgurante, passant du championnat d’excellence régionale en 1972 à la Nationale 1 en 1978, au terme de plusieurs montées successives. Xavier Popelier tenait le magasin La lainière limousine, rue Haute-Vienne.

Photos (c) Françoise Bourdelas.

21 Juil

Années 1960: au temps de la boucherie traditionnelle à Limoges…

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En ces temps de crise de l’élevage, de l’agriculture et même de certains commerces artisanaux, il faut se souvenir du Limoges d’avant la grande distribution (le premier supermarché installé aux Casseaux étant Euromarché, au milieu des années 1970). Sur cette photographie (J.M. Bourdelas), un couple de bouchers de la rue Raspail, Mme et M. Baurianne, et leur fils Roger. A droite l’étal (non réfrigéré), à gauche la chambre froide, dans la cour, le laboratoire. Les habitants du quartier se souviennent encore de cette habitude de réaliser des vitrines très décorées à l’occasion de Noël à laquelle ils participaient. Il y avait une tradition, chez les petits commerçants de ces années-là, qui consistait à préparer de magnifiques vitrines « animées ». Ainsi de René Juge, coiffeur rue Aristide Briand, dont l’attaque d’un château-fort réjouissait les garçons sortant de l’école de la Monnaie (alors non mixte, nous y reviendrons). Donc, à cette époque, les bouchers s’approvisionnaient directement auprès de l’éleveur dont ils connaissaient les bêtes… Le consommateur savait précisément d’où venait la viande qui, certes, était plus chère qu’à l’hyper, mais bien meilleure (d’ailleurs, on n’en mangeait pas à chaque repas).

Un temps, au débouché de la rue du Grand Treuil sur la rue Aristide Briand, au milieu d’autres petits commerces de proximité, il y avait deux boucheries et charcuteries. Mais ces boutiques disparurent après l’implantation des supermarchés…

Et les bouchers qui furent très puissants au Moyen Âge dans la ville du Château, ont progressivement quitté la rue qui leur devait son nom. On peut toujours y visiter la maison traditionnelle de la boucherie, et surtout la chapelle Saint Aurélien où le petit Jésus mangerait, selon la tradition, un rognon… ou même déguster une bonne pièce de viande aux Petits Ventres, dont le nom est inspiré d’une recette de panse farcie aux pieds de mouton. Et se souvenir que les bouchers habitaient dans leurs maisons médiévales, préparaient la viande et la vendaient au rez-de-chaussée, faisaient sécher les peaux sous les combles et abattaient les animaux place de la Barreyrette, aujourd’hui magnifiquement restaurée mais où s’écoulèrent jadis des litres et des litres de sang. Demeure de ces anciens bouchers le vert et le blanc de leur corporation, devenues les couleurs du C.S.P., le club de basket.

Boucherie (rue de la) 122-3 - n° 48 boucherie Plainemaison - n° 46 triperie Tramont - Photothèque P. Colmar

(c) Photothèque Paul Colmar

n° 48, rue de la Boucherie: boucherie Plainemaison (avec les fameux girauds, boudins de veau et de mouton); n° 46, triperie Tramont (vers 1950-60)

On note que les « normes » étaient moins rigoureuses qu’aujourd’hui…

17 Juil

Au jardin de l’Evêché dans les années 1960

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Sur cette photographie (de Jean-Marie Bourdelas), on voit bien un petit garçon rêveur jouant avec son camion miniature, mais on aperçoit surtout, à l’arrière-plan, le grand arbre abattu par la suite, près du bassin où voguaient les voiliers…

A droite, l’Hôtel-de-Ville.

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Sur ce cliché des années 1960, on admire la cathédrale St-Etienne, dont les travées (plus claires) entre le clocher et le reste de la nef furent achevées en 1888. On distingue également le jardin botanique souhaité par le maire Louis Longequeue, pour l’édification des étudiants de la Faculté de pharmacie. Ce qui explique la présence de son buste à l’entrée dudit jardin aujourd’hui.

05 Juil

Sur les bords rafraîchissants de la Vienne

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Photo: Jean-Marie Bourdelas

Dans les années 1960, au premier plan, en partie submergé, un célèbre bateau à fond plat, un bateu, que les ponticauds manoeuvraient à l’aide du conte, une perche de châtaignier durcie au feu, prenant appui au fond de la rivière. A l’arrière, un vivier où l’on plaçait les poissons capturés.

Le bateau pouvait aussi servir à passer un promeneur d’une rive à l’autre contre rétribution.

En arrière-plan: le pont et la cathédrale St-Etienne.

03 Juil

Canicule, 1976

1976 camping naturiste

Dans Le Populaire du Centre, Anne-Sophie Pédegert a brossé le portrait de Kiki, Marie-Christine Resnikow, qui tint la boutique Touchatout à Limoges et se souvint bien de la canicule 1976…

Le mot canicule, selon Météo-France, «désigne un épisode de températures élevées, de jour comme de nuit, sur une période prolongée». Les seuils ne sont pas les mêmes d’une région à l’autre et la chaleur doit durer au moins trois jours.

L’année scolaire 1975-76 s’acheva le mercredi 30 juin 1976 – Limoges étant dans la zone B.

De la fin juin à la mi-juillet, tous les records de chaleur sont battus. Il faut remonter jusqu’en 1921 pour trouver de semblables conditions climatiques. En termes d’impact sanitaire, une vingtaine de départements ont vu leur mortalité s’élever de près de 10%, selon Météo-France. En juin, à Limoges-Bellegarde, le thermomètre monte jusqu’à 32° et en juillet à 31°.

Depuis l’hiver, la France souffrait d’un déficit pluviométrique dont les conséquences sur l’agriculture furent désastreuses.  L’indemnisation des victimes de la sécheresse, qui s’éleva à 6 milliards de francs, fut financée en partie par une majoration exceptionnelle de l’impôt sur le revenu: « l’impôt-sécheresse ».

Le bassin d’été de la piscine de Beaublanc fut pris d’assaut, et l’on se baignait dans les rivières et étangs de la Haute-Vienne. Ainsi des Limougeauds fréquentaient-ils la Sablière, au Palais-sur-Vienne, d’autres poussant jusqu’à Saint-Priest-Taurion, transformant le stade de foot en plage et se baignant au confluent de la Vienne et du Taurion. Marie-Christine Resnikow, qui tint la boutique Touchatout à Limoges (celle que son beau-père a surnommé affectueusement « Kiki ») se souvint en 2012, pour Le Populaire : « Nous habitions un petit appartement, avenue Baudin et pour prendre un peu le frais, nous allions nous baigner, le soir, à Saint-Hilaire-les-Places ». Ceux qui eurent la chance de partir en vacances cet été-là (les Limougeauds affectionnant particulièrement Royan sa région) bénéficièrent de baignades très agréables – ce fut mon cas à Port-Louis, dans le Morbihan.

L’année 1976 est par ailleurs celle de la création du lac de Saint-Pardoux, pour créer une activité de loisirs en Haute-Vienne, sur le piémont nord-occidental des Monts d’Ambazac. La zone perdait alors population et activités.

 

 

27 Juin

Inquiétudes pour la place des Bancs

place des Bancs

Place des Bancs, années 60-70 (collection particulière)

Il y a peu, des rumeurs (démenties par la Municipalité) ont circulé en centre-ville, annonçant la disparition du marché de la place des Bancs après travaux. Bien entendu, cela aurait été une grave erreur, la place ayant une vocation commerciale depuis l’époque médiévale et contribuant agréablement au dynamisme du centre-ville…

Bancs (pl des) 063-4 - marchande allumant brasero - Photothèque P. Colmar

Marchande allumant un brasero (photothèque Paul Colmar)

La place des Bancs a été intégrée à l’enceinte du Château (la ville autour de l’abbaye Saint-Martial et de la motte du vicomte) au début du XIIIe siècle. A la même époque, la place du Marché devint la place du Vieux-Marché (place du Poids-Public) et la place des Bancs lui succèda dans sa fonction commerçante. Les bouchers étaient désormais tenus d’y vendre leur marchandise. Ils quittèrent les abords de l’étang de Palvézy et le faubourg Boucherie (rue Raspail et rue du Collège) et s’installèrent rue Torte, aujourd’hui rue de la Boucherie, à côté de la place des Bancs. Cette place servira longtemps de marché à la viande et au pain.

Dans les dernières années du XVIe siècle, une halle est construite au-dessus des bancs charniers (ils sont à l’origine du nom de la place). En 1743, celle-ci est démolie sur ordre de l’intendant Tourny (1730-1743), qui souhaite assainir le centre-ville. Pour embellir la place, qu’il renomme place Royale, il fait édifier une fontaine dont le trop-plein est conduit à la fontaine de l’hôpital en 1768. Lors du pavage de la place des Bancs en 1843, la fontaine est supprimée ; des bornes-fontaines, rue Jauvion et rue de la Loi lui sont substituées.

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La place au début du 20ème siècle (collection particulière)

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Quand le musicien russe Modeste Moussorgski compose en 1874 ses Tableaux d’une exposition, il s’inspire des toiles de son ami décédé, le peintre Victor Hartmann, qui est passé par Limoges vers 1860 et a peint la place des Bancs. Le Marché de Limoges est la septième des dix pièces de cette suite pour piano, orchestrée par Maurice Ravel en 1922 et l’une des plus célèbres avec La Grande Porte de Kiev.

Les détails sur le site Géoculture

A la Révolution, les Girondins, et leur chef de file Vergniaud, fréquentaient, dans l’ancienne maison Marmignon (XIVe siècle), un café, qui ne s’appelait pas encore Café des Girondins (il portera ce nom à partir de 1847). L’édifice est démoli puis reconstruit entre 1914 et 1918 par l’architecte Claude Lamargue. Certains éléments de l’ancienne façade sont intégrés à la nouvelle : les trois arcs brisés incorporés dans le mur du premier étage et les modillons soutenant le bandeau séparant le rez-de-chaussée de l’étage. Le magnifique café tel qu’il est aujourd’hui date de la reconstruction de l’immeuble et sa décoration n’a pas bougé depuis 1918 (la place mériterait qu’il soit plus actif…). Acheté en 1937 par Mme veuve Lazare, l’établissement, qui a pris le nom de Café 1900, 12 place des Bancs, a été revendu par sa belle-fille en 2005 (elle avait épousé M. Lazare, juriste qui avait exercé à Paris avant la guerre avant de revenir sur Limoges après sa captivité).

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L’avocat Pierre Vergniaud, né en 1753, guillotiné en 1793 (suite à une accusation de Robespierre)

Pharmacie Brunot

Carte postale de la pharmacie Brunot retrouvée par Le Populaire du Centre

L’ancienne pharmacie Brunot, au 22-24, se signale par le caducée d’Hygie qui orne sa façade. La présence d’une pharmacie à cet emplacement est attestée dès le milieu du XIXe siècle.

A la place de l’actuelle pâtisserie se trouvait autrefois le magasin de vin Les Caves du Centre dont le gérant, Marcel Vinoy, aménagea durant la Seconde Guerre une imprimerie de faux-papiers dans les caves, en liaison avec Lecomte-Chaulet.

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Marcel, Françoise et Rose Vinoy dans leur magasin

En face, l’ancienne boutique de tissus de Lecomte-Chaulet  est agrémentée de belles mosaïques qu’il conviendrait de restaurer/entretenir. A partir de 1942, le mouvement de résistance Franc-Tireur s’organise sous la direction D’Edgar-Eugène Lecomte-Chaulet, avec l’aide de son fils Robert-Jean. Parmi les membres du réseau, Arsène Bonneaud, professeur à l’Ecole de médecine de Limoges révoqué par Vichy (mort en déportation à Buchenwald), secondé par Maurice Rougerie, instituteur – père de René, lui-même résistant et futur célèbre éditeur de poésie. Pierre Lavaurs, entrepreneur, gère la réception du journal Franc-Tireur (2 000 exemplaires distribués en 1943).

Sur cette photo de l’immédiat après-guerre, avec Lecomte-Chaulet (il est en béret): son épouse, Rose Vinoy et la petite Françoise Vinoy.

Lecomte Chaulet

L’histoire de la place mérite d’être poursuivie, j’y reviendrai dans ce blog car il y a encore beaucoup à raconter et à montrer à son sujet! Et l’on attend avec impatience le retour du marché, qui vaut bien celui de « Brive-la-Gaillarde »!

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